Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !

Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


jeudi 31 mai 2012

L'ORGIE DES VAMPIRES

L'ORGIE DES VAMPIRES
(Il mostro dell Opéra)

Réalisateur : Renato Polselli
Année : 1964
Scénariste : Renato Polselli, Ernesto Gastaldi, Giuseppe Pellegrini
Pays : Italie
Genre : Epouvante, Vampires
Interdiction : /
Avec : Marco Mariani, Giuseppe Addobbati, Barbara Howard, Alberto Archetti, Carla Cavalli...

L'HISTOIRE : Sandro dirige une troupe de théâtre principalement composée de jeunes demoiselles et dont Julia est la vedette. Le metteur en scène trouve un vieux théâtre à l’abandon uniquement occupé par l’ancien gardien. Il décide de s’y installer avec sa troupe pour créer sa nouvelle représentation inspirée de Cyrano de Bergerac. Le vieux gardien tente en vain de les mettre en garde et de les faire quitter les lieux, proclamant que le théâtre est maudit. Sandro et sa troupe vont découvrir qu’un vampire réside dans le théâtre abandonné et que Julia serait la réincarnation de son amour d’antan…

MON AVIS : En 1960, Renato Polselli réalise The vampire and the ballerina, qui est considéré comme le premier film de vampire italien. L’année suivante, toujours entouré des scénaristes Ernesto Gastaldi et Giuseppe Pellegrini, il reprend à peu de choses près la même thématique (les danseuses cèdent leur place à des actrices de théâtre), place à nouveau de jolies jeunes filles dans les bras d’un méchant vampire et utilise quelques éléments du célèbre fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux et même du Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde dans Il mostro dell’Opéra qui deviendra en France L’orgie des vampires. Curieux, le film l’est assurément. Déjà, ceux qui achèteront ce titre pour voir une orgie en seront pour leurs frais. On sent néanmoins que Renato Polselli est assez axé sur l’érotisme puisque son casting est majoritairement composé de bien charmantes créatures féminines qui se baladent en nuisettes ou en tenues suggestives, la caméra aimant s’attarder sur les petites culottes qu’elles dévoilent à tour de bras. De l’érotisme plus que soft (aucune nudité à l’horizon) mais bien présent, avec une scène bien appuyée où trois demoiselles laissent entendre qu’elles sont lesbiennes. De la suggestivité sans équivoque, que le réalisateur développera dans la suite de sa carrière de manière bien plus démonstrative. D’autres séquences amèneront le film à la frontière du surréalisme et augmenteront son côté curieux. Citons par exemple la scène où l’héroïne se retrouve entourée de femmes vampires attachées à un mur au fin fond d’une crypte et qui vont successivement lui mordre le cou sous l’impulsion de leur maître qui les pousse à l’hystérie collective. Ne parlons pas de l’idée totalement folle qui consiste à faire danser les actrices en détresse jusqu’à l’épuisement afin qu’elles ne deviennent pas la proie du vampire ! C’est assez hallucinant et on ne sait plus trop si on est dans le réel ou si c’est une sorte de délire fantasmagorique. Les amateurs d’étrangeté devraient apprécier. Autre élément on ne peut plus curieux (ou risible, c’est selon…) tient à l’attitude même du vampire de ces lieux. Alain Petit nous apprend que l’acteur n’avait que de petits rôles à son actif et que c’était pour lui l’occasion de montrer son talent en tant qu’acteur principal. D’où une propension à surjouer absolument incroyable ! Imaginez Francis Huster avec une paire de canines proéminentes qui passerait son temps à les montrer plus que de raison et à faire les gros yeux. Impayable ! On a ici très certainement le vampire le plus fier de ses quenottes qu’on a loisir d’admirer. Le rendu final n’est malheureusement pas très joyeux mais vu l’ambiance générale qui règne dans ce long métrage, ça ne dénote pas trop tout compte fait. On est quand même bien loin des réussites du cinéma gothique italien, la faute à un scénario somme toute assez banal, pas franchement cohérent parfois et à un manque flagrant de savoir-faire de Polselli en terme d’ambiance d’épouvante. Son long métrage est bien filmé dans l’ensemble mais il manque vraiment un travail sur l’atmosphère pour faire frissonner le spectateur. Résultat mitigé pour L’orgie des vampires en ce qui me concerne. Le charme et l’effet nostalgique de ces anciennes productions fonctionnent encore bien mais une fois l’introduction passée, il faut attendre la cinquantième minute pour voir débarquer notre vampire. Beaucoup de bla-bla et de scènes un brin inutiles viennent nous assoupir auparavant et on a vraiment hâte que le film trouve son rythme. Une fois le vampire dans la place, notre intérêt s’en trouve nettement renforcé puisqu’on assiste à toutes ces séquences bizarres citées un peu plus haut. Le réalisateur et ses scénaristes avaient-ils tout leur esprit quand ils ont couché sur le papier de telles idées ? En tout cas, si l’effet était de surprendre ou de nous faire perdre nos repères, c’est plutôt réussi à ce niveau. L’orgie des vampires n’est pas une franche réussite mais il mérite d’être découvert…

NOTE : 3/6



mardi 29 mai 2012

THE HIDEOUS SUN DEMON

THE HIDEOUS SUN DEMON
(The hideous sun démon)

Réalisateur : Robert Clarke, Tom Boutross
Année : 1959
Scénariste : E.S Seeley Jr.,
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : Tout public
Avec : Robert Clarke, Patricia Manning, Nan Peterson, Patrick Whyte, Fred la Porta...

L'HISTOIRE : Le docteur Gilbert McKenna, spécialisé dans la recherche atomique, subit une importante radiation. Durant son séjour à l'hôpital pour observation, il ne semble pas présenter de troubles inquiétants. Bénéficiant d'une sortie, il décide de se reposer, exposé au rayon du soleil. C'est alors qu'une incroyable métamorphose s'opère : sous les effets des rayons solaires, le docteur McKenna se transforme en homme lézard. Rapidement mis à l'abri, il retrouve sa forme d'être humain. Sa vie va alors devenir chaotique puisqu'il n'a plus le droit de sortir à la lumière du jour. Devant vivre la nuit, il fréquente les bars paumés et fait la rencontre d'une jeune chanteuse, Trudy. Flirtant avec elle, il ne s'aperçoit pas que le lever du jour a débuté...

MON AVIS : Petite production fauchée due à l'acteur Robert Clarke dont ce sera l'unique réalisation. Hideous sun demon est un "Craignos Monster" de science-fiction comme il en pleuvait durant les 50's, avec toujours cette mise en garde contre les radiations atomiques et les effets dévastateurs qu'elles peuvent faire subir à l'homme. Dans ce cas précis, la régression de l'homme vers l'état de reptile provoquée par les rayons solaires. Une idée pas plus bête qu'une autre et qui nous offre un monstre mi-homme, mi-lézard de toute beauté, avec peau écailleuse et grosses dents pointues en action. Si les apparitions du monstre sont le principal intérêt du film, avec une excellente séquence de poursuite lors du final, l'ensemble du métrage manque cruellement de rythme pour qu'on se rallie entièrement à sa cause. Malgré l'aspect "nostalgique" indéniable qu'on ressent à la vision de Hideous sun demon, le film ne parvient pas vraiment à décoller et on trouve le temps bien long quand notre pauvre docteur n'est pas transformé en monstre. Beaucoup de dialogues ou de séquences peu inspirées ralentissent le rythme et on n'a qu'une hâte, c'est que les rayons du soleil fassent leur petit effet pour amener un brin d'action. L'acteur principal est joué par le réalisateur lui-même et il s'en sort assez bien, parvenant à nous attrister sur sa condition de vie compliquée, ne pouvant désormais vivre que la nuit. On se demande d'ailleurs s'il ne fait pas exprès d'aller dehors et de jouer avec le feu pour pimenter sa morne existence, attendant les derniers instants avant de se dépêcher de rentrer chez lui, risquant à chaque instant une nouvelle transformation. En tout cas, voilà 74 minutes qui en semblent beaucoup plus et malgré les bons effets de maquillages, Hideous sun demon ne reste qu'un petit film banal sans génie qui ne parvient pas à se hisser plus haut que son budget. Dommage.

NOTE : 2/6



lundi 28 mai 2012

TERROR TRAP

TERROR TRAP
(Terror trap)

Réalisateur : Dan Garcia
Année : 2010
Scénariste : Dan Garcia
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Torture Porn
Interdiction : -12 ans
Avec : David James Elliot, Heather Marie Marsden, Jeff Fahey, Michael Madsen, Andrew Sensenig...


L'HISTOIRE :  Après avoir eu un accident de la route, un jeune couple est conduit par le sheriff du coin dans un motel pour y passer la nuit, en attendant la dépanneuse qui n’arrivera que le matin. Sans le savoir, le couple va devenir "l’objet de jeu" d’une organisation spécialisée dans le meurtre retransmis en direct…

MON AVIS : Si vous avez lu le synopsis de Terror Trap, impossible que vous n’ayez pas pensé à l’excellent Motel de Nimrod Antal, sorti lui en 2007. Dan Garcia, qui est aussi le scénariste de Terror Trap ne s’est donc pas foulé au niveau de l’histoire qui ne surprendra personne, sauf si vous n’avez pas vu le film précité. Quel est l’intérêt de nous refaire quasiment le même film, à quelques variantes près ? Et surtout, en moins bien ? Effectivement, les références à Motel sont bien trop présentes pour permettre à Terror Trap d’exister par lui-même. On retrouve le couple en période de crise circulant à bord d’une voiture, l’accident qui n’en est pas vraiment un et qui conduit nos protagonistes à se retrouver au motel où aura lieu les événements tragiques, événements qui permettront au couple de se retrouver et de lutter côte à côte. On a aussi les hommes masqués adeptes des meurtres violents, meurtres qui ne servent pas à faire des cassettes de snuff movies" comme dans Motel mais qui sont directement retransmis par vidéo dans une chambre où viendront pendre place des locaux en mal de sensations fortes, moyennant une jolie somme d’argent. Bref, rien de nouveau à l’ouest, on est en territoire ultra connu et ultra balisé et l’amateur éclairé se contentera de regarder Terror Trap en dilettante, ne trouvant dans le déroulement de l’histoire aucun élément qui ferait sortir le film des sentiers battus et mille fois vus. Là où le bât blesse, c’est que Dan Garcia n’a pas la maestria de Nimrod Antal pour créer une ambiance angoissante et stressante, comme on en trouvait dans Motel. Dans ce dernier, chaque coup entendu à travers les murs ou donné sur la porte nous faisait réagir et provoquait une sensation de malaise. Dans Terror Trap, rien de tout ça. Pas une fois on n’a de l’empathie pour le couple (on est loin du jeu d’acteur de Luke Wilson et Kate Beckinsale), pas une fois on a peur avec eux, pas une fois on voudrait qu’ils s’en sortent. La mise en scène reste bien trop classique et se contente d’aligner des clichés ou de présenter des situations dont on devine les aboutissements avant les personnages. La violence reste elle aussi très soft et ce n’est pas la vision de plusieurs jeunes filles mains attachées et dénudées qui va provoquer un léger brin de malaise. Quant aux acteurs et actrices, rien d’excitant non plus à se mettre sous la dent, malgré la présence de Michael Madsen, qui cabotine plus qu’il ne joue et se contente de nous refaire une variante de "Mr. Blonde". On appréciera plus le jeu pervers de Jeff Fahey (J.T. dans Planète Terreur) dans le rôle du shérif ripou et sans conscience, seul personnage à réellement sortir du lot. Au final, Terror Trap, qui aurait tout aussi bien pu s’appeler Motel 3, ne satisfera peut-être que ceux qui n’ont pas vu Motel. Les autres se laisseront vaguement divertir par le film dont le principal défaut reste son manque flagrant d’originalité scénaristique. Le copié-collé d’un succès en moins bien, ce n’est pas forcément très intéressant… 

NOTE : 1/6



dimanche 27 mai 2012

VIERGES POUR LE BOURREAU

VIERGES POUR LE BOURREAU
(Il boia scarlatto / The bloody pit of horror)

Réalisateur : Massimo Pupillo
Année : 1965
Scénariste :  Romano Migliorini, Roberto Natale
Pays : Italie / Etats-Unis
Interdiction : /
Avec : Mickey Hargitay, Walter Brandi, Luisa Baratto, Rita Klein, Alfredo Rizzo, Barbara Nelli...


L'HISTOIRE : Daniel Parks est un éditeur de romans horrifiques à succès. Avec sa troupe composée de quelques garçons et de plantureuses demoiselles, il parcoure le pays afin de trouver un château lugubre qui servira de décor principal aux mises en scène que son photographe va effectuer afin d’obtenir des clichés qui serviront à illustrer la couverture des romans. Coup de bol, il tombe sur un château apparemment abandonné qui abritait autrefois un célèbre bourreau, auteur d’une multitude de crimes horribles. Daniel Parks et ses amis pénètrent par effraction dans le bâtiment et se font froidement accueillir par Travis Anderson, le maître des lieux. Ce dernier désire renvoyer les intrus mais il reconnaît son ancienne petite amie parmi les membres féminins et revient sur sa décision, autorisant Parks à se servir de la chambre des tortures pour faire ses photos ; peu de temps après, un premier accident mortel survient. L’esprit du bourreau écarlate semble toujours planer sur le château…

MON AVIS : Passionné par la réalisation de documentaires, ce n’est pas par passion que Massimo Pupillo s’est lancé dans le cinéma mais juste par opportunité. bien lui en a pris néanmoins puisqu’il a livré aux fans de cinéma d’épouvante gothique trois films de qualité : Cimetière pour morts-vivants, Vierges pour le bourreau et La vengeance de Lady Morgan, réalisés tous les trois en 1965 ! Si le premier est connu pour avoir dans son casting la belle Barbara Steele, le troisième est relativement méconnu et surtout très difficile à visionner. Messieurs d’Artus Films, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! Quand au second titre, Vierges pour le bourreau, c’est très certainement son film le plus célèbre et ce n’est que justice ! Attention mesdemoiselles, le bourreau écarlate est dans la place !! Réalisé en 1965 donc, Il boia scarlatto surfe sur la vague du cinéma d’épouvante gothique qui prédomine en Europe depuis la fin des années 50 et qui connut son âge d’or durant les 60’s. Pourtant, le film de Massimo Pupillo est très différent dans son approche de l’épouvante de tous les classiques reconnus. Au niveau de l’Italie, pour ne citer qu’elle, on est très loin de l’ambiance de Danse macabre, L’effroyable secret du docteur Hichcock, Le masque du démon ou bien encore La vierge de Nuremberg par exemple. Dans les titres précités, le but recherché par les réalisateurs étaient d’effrayer le spectateur et ils mettaient tout en œuvre pour y parvenir : décors macabres, brume, fantômes, personnages féminins hurlant de peur, musique angoissante, effets de surprise. Dans Vierges pour le bourreau, le but semble être tout autre. En effet, bien que les éléments de l’épouvante gothique soient bien présents (château lugubre, salle de tortures, passage secret et meurtrier sans état d’âme), le film s’en distingue par sa réalisation et par le traitement du scénario. Avec Vierges pour le bourreau, le spectateur a la totale impression de visionner une version cinématographique d’un Pulp’s d’époque, coloré, délirant, érotique et sanglant. Plus encore, c’est une vraie bande dessinée pour adulte "live" qu’a mis en scène Massimo Pupillo. Les amateurs des romans photos tels Satanik ou des bD de Kriminal ou Diabolik seront aux anges car ils se retrouveront en territoire connu, l’esthétique du film étant une parfaite représentation visuelle de ces ouvrages. On notera d’ailleurs que l’un des personnages du film porte le fameux costume de squelette, clin d’œil évident à Satanik. bref, sous couvert d’épouvante gothique, Massimo Pupillo nous apporte autre chose en plus : du fun, de la couleur, de l’action et bien sûr, des tortures raffinées, du sadisme et des tas de filles charmantes en petites tenues qui vont rapidement devenir la proie du bourreau écarlate ! Ce personnage devenu culte est interprété par le culturiste Mickey Hargitay (et accessoirement mari de Jane Mansfield). C’est à nouveau un élément qui différencie ce film des autres productions de l’époque. En effet, il faut voir l’acteur torse nu, tous muscles saillants (il a été monsieur univers), cagoule rouge et foulard noir autour des yeux, sautant comme un diablotin sur les divers instruments de tortures, éructant des menaces de mort auprès de la gent féminine qu’il prend plaisir à supplicier comme à la grande époque de l’inquisition ! Un vrai personnage de bande dessinée, c’est certain. Je me suis même demandé à un instant si on n’allait pas voir débarquer le célèbre catcheur mexicain Santo venir livrer un combat dantesque contre le bourreau psychopathe ! C’est pour vous dire l’ambiance de folie qui règne dans ce pur film bis, avec un grand "B". Séquence haute en couleurs, celle où une ravissante demoiselle en détresse se retrouve accrochée à une toile d’araignée métallique, attendant qu’une fausse araignée ne vienne de ses pattes mécaniques lui inoculer un poison mortel. Le délire absolu. Vous l’aurez compris, Vierges pour le bourreau est une bisserie cinq étoiles, un grand patchwork référentiel hautement jubilatoire qui, après une première partie "classique", se met à bifurquer vers un univers totalement fou, où tout va à cent à l’heure, où les couleurs baroques explosent à l’écran, où l’imagination débridée et perverse des scénaristes prend vie dans un mélange détonnant d’érotisme soft (un téton furtivement aperçu en sera le point d’orgue mais les petites tenues des actrices valent le coup d’œil !) et de folie sadique. Une œuvre vraiment hors norme qui mérite son statut de film culte ! 

NOTE : 5/6


THE BUNNY GAME

THE BUNNY GAME
(The bunny game)

Réalisateur : Adam Rehmeier
Année : 2010
Scénariste :  Adam Rehmeier, Rodleen Getsic
Pays : Etats-Unis
Interdiction : -16 ans
Avec : Rodleen Gatsic, Norwood Fisher, Gregg Gilmore, Paul Ill...


L'HISTOIRE : Bunny est une prostituée complètement accroc à la drogue. Un jour, elle est accostée par un routier qui la prend dans son véhicule. Malheureusement pour Bunny, le chauffeur est un pervers qui va la séquestrer et lui infliger de nombreux sévices, l'avilissant comme un simple objet sexuel...

MON AVIS : Voici donc le nouveau film choc qui a effrayé la censure britannique au point de faire totalement interdire le film en Angleterre. The Bunny Game se veut ultra réaliste, choquant. Un film d'horreur psychologique qui amène le spectateur aux limites de la folie humaine. Le routier va jouer avec sa victime comme le faisait la famille de Leatherface avec Sally dans Massacre à la tronçonneuse. Sans donner la moindre importance à la dignité humaine, considérant sa proie comme un simple morceau de viande qu'on peut tondre, torturer, humilier, jusqu'à la faire régresser à l'état primitif. Un concept qu'on a également vu dans Martyrs par exemple. Avec The Bunny Game, Adam Rehmeier veut aller le plus loin possible dans la torture psychologique, filmant son long métrage de façon crue, en noir et blanc, collant sa caméra au plus près de ses protagonistes. Une sorte de cinéma-vérité horrifique. On apprendra d'ailleurs dans un interview que l'actrice Rodleen Getsic a elle-même été enlevée et séquestrée et que The Bunny Game est pour elle une sorte de catharsis pour exorciser ce douloureux passé. Elle se révèle d'ailleurs assez bluffante dans le film, totalement investie dans son personnage de paumée à qui la vie ne sourit jamais, allant jusqu'à exécuter des scènes de sexes orales non simulées. Bon, mais sinon, le film est-il aussi choquant que sa réputation le laisse suggérer ? Si la réalisation est maîtrisée, avec un soin particulier apporté aux images et à l'esthétique, le résultat final est plus que mitigé. Car il faut bien reconnaître qu'on s'ennuie particulièrement longtemps et que les images proposées ne sont guère traumatisantes. Certes, le film devrait faire son petit effet sur les non-initiés mais les amateurs avertis ne seront guère bouleversés ou traumatisés. N'importe quel vidéo de spectacle sado-maso est bien plus dérangeante que The Bunny Game. Parmi les points positifs, on appréciera particulièrement la séquence où la victime se retrouve affublée du fameux déguisement de lapin, son tortionnaire portant une sorte de masque de cuir imitant la physionomie du cochon. Une séquence limite irrationnelle, comme un cauchemar sorti d'un esprit malade et qui est vraiment très réussi ! Malheureusement, elle se noie dans un océan d'ennui. The Bunny Game aura du mal à trouver son public, hormis chez les amateurs de film expérimental (il n'y a pratiquement pas de dialogues...). Adam Rehmeier malmène le spectateur aussi bien visuellement que sensoriellement, ne laisse pas indifférent mais The Bunny Game ne parvient pas non plus à se montrer réellement intéressant et se révèle assez vain en fin de compte. Y'a t'il réellement un discours derrière ces images ?

NOTE : 2/6



samedi 26 mai 2012

LE MONSTRE DES ABÎMES

LE MONSTRE DES ABÎMES
(Monster on the campus)

Réalisateur : Jack Arnold
Année : 1958
Scénariste :  David Duncan
Pays : Etats-Unis
Interdiction : /
Avec : Arthur Franz, Joanna Moore, Judson Pratt, Nancy Walters, Troy Donahue, Phil Harvey, Helen Westcott, Whit Bissell...


L'HISTOIRE : Le professeur Donald Blake, qui enseigne sur le campus universitaire de Dunsfield, reçoit pour ses recherches sur l’évolution des espèces un Cœlacanthe, poisson en provenance de Madagascar, qui n’a jamais évolué et qui existait déjà il y a 50 millions d’années. Ce que Blake ignore, c’est que son spécimen a été irradié avec des rayons gamma pour sa conservation. Peu de temps après la réception du poisson, d’étranges événements se produisent : un gentil chien ayant bu l’eau contenue dans la caisse où se trouvait le Cœlacanthe devient comme fou, une libellule ayant gouté le sang du poisson voit sa taille augmenter, et des meurtres se produisent sur le campus, apparemment causés par…un homme de Néanderthal !

MON AVISLe monstre des abîmes est la dernière incursion dans le cinéma fantastique du réalisateur Jack Arnold, avant que celui-ci ne se tourne vers les séries télévisées. Jack Arnold est un nom bien connu des amateurs de films de science-fiction des années 50. Il nous a livré d’excellents films comme Le météore de la Nuit en 53, L’étrange créature du lac noir en 54 et sa suite La revanche de la Créature en 55, Tarantula en 55 également et son chef-d’œuvre, L’homme qui rétrécit en 57. Des séries B de haut niveau, divertissantes, et qui sont encore aujourd’hui considérées comme des films phares des années 50. Reconnaissons-le, Le monstre des abîmes ne possède pas les qualités des films précités et n’est clairement pas à ranger parmi les œuvres les plus réussies de Jack Arnold. Ce dernier a voulu surfer sur la vague déferlante des Teen Movies qui rencontraient un certains succès auprès du jeune public dans les drive-in. Il place donc son histoire sur un campus américain qui va se retrouver livré à des phénomènes bien étranges. Comme dans ses œuvres références, des expériences scientifiques seront à l’origine des événements déroutants qui vont se produire, et on aura également la présence de créatures extraordinaires, de part leur taille ou leur apparence physique. Mais le résultat n’est pas du même niveau. Parmi les acteurs principaux, on trouve Arthur Franz, qui incarne le docteur Blake. Déjà vu dans Invaders from Mars en 53 puis dans de nombreux épisodes de séries télévisées, Arthur Franz campe, ici, un scientifique entièrement dévoué à ses recherches sur l’évolution des espèces, animales ou humaines. Ses travaux sur le Cœlacanthe vont l’amener à revoir toutes ses théories, qui vont être mises à mal par un étonnant processus de régression, processus devenu possible grâce aux rayons gamma ayant irradié le poisson préhistorique. Cette régression à l’état primitif est valable sur les animaux (le chien voyant ses canines grandir comme si c’était un ancien loup…) mais aussi sur l’homme, comme l’apprendra à ses dépens notre pauvre docteur. Blessé à la main en transportant le poisson, le sang de ce dernier va alors opérer une transformation physique et mentale sur le docteur, qui deviendra une sorte d’homme de Néanderthal le temps que cette contamination prenne fin, causant bien sûr des dégâts et des morts alentours. Mais au fait, la transformation d’un homme en monstre causée par des rayons gamma, ça ne vous rappelle rien ? Eh oui, "L’incroyable Hulk" n’est pas encore apparu mais Jack Arnold lui a déjà donné un ancêtre ! D’ailleurs, on trouve de nombreuses similitudes entre ces deux monstres : scientifique, vêtements déchirés et grande force physique sont les dominantes qu’on rencontre aussi bien chez le monstre de Jack Arnold que chez Hulk. Stan Lee a-t-il eu l’idée de son monstre vert en visionnant Le monstre des abîmes ? Mystère. Parmi les autres interprètes, figure la séduisante Joanna Moore, jolie blonde qui incarne la fiancée de Blake, et qui, en belle héroïne, se verra portée à bout de bras par le monstre lors du final, figure classique et indémodable de ce type de film. Le jeune Troy Donahue incarne l’un des élèves de Blake, tandis que Judson Pratt joue le rôle de l’inspecteur de police chargé d’élucider les mystères du campus.On a donc un réalisateur avec un potentiel certain, un casting de bonne qualité et un scénario pas plus bête qu’un autre. Et pourtant, la sauce a du mal à prendre cette fois. Il faut dire que le film est assez bavard, que l’enquête de la police vient un peu plomber un rythme déjà pas bien enlevé et que les effets spéciaux sont de piètre qualité. On s’en doute, le film n’a pas bénéficié d’un budget conséquent mais quand on voit les autres films d’Arnold, c’est quand même d’un niveau bien inférieur ici en ce qui concerne les monstres. La palme revenant à la libellule géante qui ressemble plus à une grosse mouche en plastique, et même un aveugle verra les quatre ou cinq fils qui servent à la faire voler. Concernant notre homme de Néanderthal, là non plus, ce n’est pas le bonheur. Faut dire qu’avec sa tête, il n’est pas aidé par la nature mais quand même ! Le masque de latex est d’un voyant que ça en devient presque ridicule. La transformation du docteur Blake en monstre se fait de manière classique, c’est à dire une succession d’images avec ajouts de poils et de prothèses au niveau du visage et des mains. Le monstre hirsute ne fait pas dans la finesse, détruisant tout sur son passage, allant même jusqu’à tuer. Une fois que le docteur comprendra que c’est lui-même qui se transforme à cause du sang du poisson, (plutôt que détruire son spécimen pour ne plus avoir d’ennui, eh bien non, sa quête de vérité et de savoir sur l’évolution des espèces prendra le dessus), il ira jusqu’à s’injecter consciemment ce sang contaminé par les rayons gamma dans les veines, pour prouver à la police et à ses confrères scientifiques que leurs théories sont inexactes. Le syndrome de Jekyll et Hyde en somme. Ah ces docteurs ! Malgré ses bonnes intentions, Le monstre des abîmes reste une grosse déception de la part de Jack Arnold. Le film ne laissera aucun souvenir, contrairement à ses œuvres précédentes dont certaines images sont ancrées dans la mémoire des fans. Le spectacle n’est pas déplaisant pour autant et on suivra les mésaventures du docteur Blake avec nostalgie, tout en ne pouvant réfréner de larges sourires au vu du look de la créature. A réserver avant tout aux fans de vieux films, qui ne trouveront pas non plus un grand intérêt à cette œuvre, mais tout film se doit d’être découvert… 

NOTE : 2/6



TV SHOW

TV SHOW
(Inshite miru : 7-kakan no desu gemu)

Réalisateur : Hideo Nakata
Année : 2010
Scénariste :  Satoshi Suzuki
Pays : Japon
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Tatsuya Fujiwara, Haruka Ayase, Satomi Ishihara, Tsuyoshi Abe, Aya Hirayama…


L'HISTOIRE : 10 individus répondent à une petite annonce les incitants à participer à une expérience extrêmement bien rémunérée. Ils se retrouvent enfermés dans une sorte de bunker high-tech et vont devoir participer à un jeu durant les sept prochains jours, tout en étant surveillés par un robot surnommé "le veilleur". Lorsque le matin du second jour ils découvrent que l’un des leurs a été assassiné, ils comprennent rapidement que le jeu va s’avérer mortel et qu’il va leur falloir découvrir qui est l’assassin…

MON AVISHideo Nakata. Un nom bien connu des fans de films d’horreurs puisque c’est à ce réalisateur japonais que l’on doit l’excellent et terrifiant Ring en 1998, ainsi que sa suite Ring 2 en 99. Il est également le metteur en scène de Dark water en 2002. Bref, un spécialiste de la terreur à l’écran, du film qui fout la frousse. Les américains lui proposèrent même de réaliser le remake de son propre film en 2005 avec Le cercle 2. Avec Tv show, Hideo Nakata change de registre et se lance dans le thriller façon Agatha Christie puisque le film se veut une sorte de version japonaise du livre "dix petits nègres". On notera que ce titre peut parfois se transformer chez nos amis anglais en "dix petits indiens", ce qui nous permettra d’identifier clairement le clin d’œil à Agatha Christie dans le film, puisque la table des participants de l’expérience se trouvant dans la salle à manger comporte dix statuettes d’indiens. Une autre influence du film provient du célèbre jeu "Cluedo". En effet, chacun des dix participants va trouver dans sa chambre un coffre renfermant une arme différente. Il leur suffira donc de trouver avec quelle arme la victime a été assassinée et à qui elle appartient. Simple en apparence mais bien plus complexe dans la réalité puisque d’habiles subterfuges vont avoir lieu, compliquant rapidement l’enquête des survivants. Le film va donc suivre le questionnement des différentes personnes présentes, chacune d’entre elles ayant une personnalité bien différente, ce qui en fait des coupables potentiels. Aux spectateurs de s’amuser à mener ses propres investigations. Ajoutons que les deux derniers survivants repartiront avec une colossale somme d’argent, ce qui, évidemment, déclenchera la convoitise de certains, qui n’hésiteront pas à incriminer leurs camarades sans aucune preuve tangible. Un petit côté Battle Royale donc, la loi du plus fort et du plus malin venant prendre part à cette drôle d’expérience. La réalisation d’Hideo Nakata se montre fluide et rondement menée. Le réalisateur a choisi de placer tous ses personnages dans un décor résolument high-tech et de pimenter le jeu avec la présence du "veilleur", robot programmé pour faire respecter les règles à la lettre. Tout le bâtiment est sous surveillance vidéo. Mais qui surveille ? A qui profitent les crimes et ce jeu mortel ? C’est là ou Tv show montre ses limites et déçoit un tantinet. Hideo Nakata avait en vue de critiquer les jeux de télé-réalité si abondants à notre époque. Mais ici, le réalisateur ne va pas au bout de son concept ou tout au moins ne le développe pas assez. Il n’y a qu’un passage dans le film où l’on voit deux personnes dans la rue regarder leurs écrans de téléphone portable qui diffuse les images filmés de l’intérieur du bunker. Est-ce comme dans Videodrome une émission que seuls les plus malins peuvent visionner ? Est-ce diffusé au plus grand nombre ? On ne le saura jamais. Si vers la fin du film quelqu’un dira "la mort d’untel était nécessaire pour faire grimper l’audience", on reste sur sa faim car on n’a aucune notion sur l’ampleur de la diffusion de ce jeu. Une diffusion confidentielle ou à grande échelle ? Il est dommage que Nakata n’ait pas développé ce point précis comme il est regrettable d’avoir fait que l’un des survivants se sépare de sa mallette remplie d’argent. Un geste qui n’est absolument pas crédible et qui nous énerve même. Avoir risqué sa vie, parvenir à sortir vivant et laisser une telle somme d’argent ?? N’importe quoi. Au final, Tv show se montre divertissant mais ne décolle vraiment jamais plus haut. Il y a pas mal de clichés, les personnages sont un peu trop stéréotypés et avec un peu d’attention, on devine facilement certaines révélations. Hideo Nakata a prouvé par le passé qu’il pouvait faire bien mieux que ce film sans réel saveur. Pas mauvais mais pas génial non plus. Juste moyen. 

NOTE : 3/6


vendredi 25 mai 2012

AMERICAN PIE 4

AMERICAN PIE 4
(American réunion)

Réalisateur : Jon Hurwitz, Hayden Schlossberg
Année : 2012
Scénariste :  Jon Hurwitz, Hayden Schlossberg
Pays : Etats-Unis
Interdiction : Tout public
Avec : Jason Biggs, Alyson Hannigan, Seann William Scott, Chris Klein, Thomas Ian Nicholas, Mena Suvari, Tara Reid, Eddie Kaye Thomas, Ali Cobrin


L'HISTOIRE : La joyeuse bande de copains décident de se retrouver à l'occasion de la fête de retrouvailles des anciens du lycée. Les quiproquos et les situations loufoques ne vont pas tarder à venir semer la zizanie dans leur projet...

MON AVIS : Après deux excellents épisodes et un troisième volet en demi-teinte, j'étais impatient de retrouver les VRAIS acteurs d'American Pie dans une VRAIE suite et pas dans un de ces succédanés médiocres qui ont suivi American Pie : marions-les. Il aura donc fallu attendre neuf ans pour revoir Jason Biggs, Alyson Hannigan, l'excellent Seann William Scott et tout le reste de l'équipe dans de nouvelles aventures. Si nos héros ont grandi, on ne peut pas dire qu'ils ont vraiment changé et c'est tant mieux pour nos zygomatiques qui vont avoir tout le loisir de s'exprimer. Evidemment, la "star" comique de la saga, j'ai nommé l’inénarrable Steve Stifler, est plus en forme que jamais et nous crédite à nouveau de répliques crues et cinglantes dont il a le secret. Car les années ont beau passé, le sexe, les filles et la fête sont toujours au programme, ce qui nous vaut quelques séquences pas piquées des hannetons. On peut même dire que ce quatrième volet est le plus trash et le plus cru de la saga : les dialogues ne font pas dans la dentelle, Jason Biggs exhibe en direct live la partie intime de son anatomie quand la sexy Ali Corbin se dénude pour le plus grand plaisir de la gent masculine. Les scénaristes n'y sont pas allés de main morte et ont voulu frapper un grand coup après tant d'années d'absence. Mission remplie puisque American Pie 4 est franchement réussi et se montre vraiment fort drôle malgré quelques petites longueurs de temps à autre. On prend un réel plaisir à retrouver cette bande de gentils fous furieux et on n'a qu'une envie une fois que défile le générique de fin : qu'un cinquième volet voit le jour et ne mette pas autant de temps à débarquer sur nos écrans ! 

NOTE : 4/6



ROGUE RIVER

ROGUE RIVER
(Rogue river)

Réalisateur : Jourdan McClure
Année : 2012
Scénariste : Kevin Haskin, Ryan Finnerty
Pays : Etats-Unis
Interdiction : -12 ans
Avec : Michelle Page, Bill Moseley, Lucinda Jenney, Art Alexakis, Michael Rooker


L'HISTOIRE :  Mara se rend dans la petite ville de Rogue River afin de déverser dans la rivière les cendres de son père. Sur les lieux, elle fait la connaissance de Jon Wall qui vient de perdre sa fille. Quand Mara découvre que la fourrière a embarqué sa voiture, elle accepte la proposition de Jon de venir passer la nuit dans sa maison et de faire la connaissance de sa femme, Léa. Le couple qui semble sympathique au premier abord va vite faire tomber le masque et se révéler plus que dangereux. Une course pour la survie va s’engager pour Mara qui va aller de surprise en surprise…

MON AVIS : Pour son premier long métrage, Jourdan McClure choisit de se lancer dans l’aventure du survival violent et brutal, mettant une fragile jeune femme qui vient de perdre son père entre les mains d’un couple apparemment normal mais qui cache en fait deux êtres pervers et profondément dérangés du ciboulot, vivant reclus dans une maison perdue au milieu de nulle part. Rien de bien nouveau au royaume des rednecks me direz-vous et vous n’avez pas tort. Rogue river n’est pas d’une originalité confondante, recyclant des clichés maintes fois vus auparavant. Pourtant, le film fonctionne plutôt bien. Le réalisateur a soigné son long métrage et parvient à instaurer une bonne ambiance qui montera crescendo. Le couple formé par l’extravagant Bill Moseley et Lucinda Jenney tient le haut du pavé et réserve plusieurs surprises qui permettent de maintenir un intérêt constant et qui font monter le potentiel glauque du métrage. Certaines révélations ou certains détails les concernant sont assez sympathiques au niveau de la folie humaine et augmentent l’impact psychologique de la violence. La pauvre héroïne se retrouve dans diverses situations assez tendues qu’on ne souhaiterait vivre d’aucune façon. Sans être réellement gore ou sanglant, Rogue river assène quelques effets chocs bien trouvés et bien réalisés, ce qui confère un certain réalisme à l’ensemble. La pauvre jeune femme en danger, c’est Michelle Page, charmante brunette vue dans des tas de séries télévisées. L’actrice parvient à nous faire ressentir la souffrance autant psychologique que physique qu’elle subit et son personnage se rapproche pas mal de celui de Jennifer Hills dans I spit on your grave. Le final aux abords de la rivière nous fait d’ailleurs penser à ce film, sans en atteindre l’intensité dramatique ni la violence graphique. En tout cas, Michelle Page s’en sort vraiment bien et sa confrontation avec Bill Moseley est digne d’intérêt. Rogue river saura satisfaire les amateurs et se révèle un Dtv de bonne facture. Les scénaristes ont su insuffler la folie nécessaire à leur histoire et même s’ils ne transcendent pas le genre du survival, respectant les codes sans sortir des sentiers battus, la réalisation solide, maîtrisée et le casting bien choisi font que ce premier long métrage de Jourdan McClure n’a pas à rougir de la comparaison avec ses illustres aînés.

NOTE : 3/6


jeudi 24 mai 2012

L'EFFROYABLE SECRET DU DOCTEUR HICHCOCK

L'EFFROYABLE SECRET DU DOCTEUR HICHCOCK
(L'orribile segreto del dr. Hichcock)

Réalisateur : Riccardo Freda
Année : 1962
Scénariste : Ernesto Gastaldi
Pays : Italie
Interdiction : -12 ans
Avec : Barbara Steele, Robert Flemyng, Silvano Tranquilli, Maria Teresa Vianello, Harriet Medin…


L'HISTOIRE : Le docteur Bernard Hichcock a mis au point un anesthésique ralentissant fortement les battements du cœur de ses patients, ce qui lui permet d’opérer dans de très bonnes conditions. Il se sert également de sa trouvaille pour assouvir ses fantasmes et sa déviance : faire l’amour aux morts. Sa femme Marghareta se prête volontiers au jeu et elle se laisse anesthésier dans une chambre funéraire pour laisser libre cours aux envies morbides de son mari. Mais une nuit, ce dernier force trop sur la dose et provoque la mort de sa bien-aimée. Il décide de quitter sa demeure et son travail. Douze ans plus tard, le docteur Hichcock revient dans sa maison, accompagné de Cynthia, sa nouvelle femme. Il retrouve Martha, sa domestique. Lors de sa première nuit dans sa nouvelle demeure, Cynthia aperçoit par la fenêtre une étrange silhouette féminine vêtue d’un suaire et entend des pas près de sa chambre. La nuit suivante, alors qu’elle rentre tard, elle entend des voix lui proférer des menaces de mort…

MON AVIS : Gloire à Riccardo Freda ! Ce réalisateur italien, grand amateur de films d’aventure et de cape et d’épée, ainsi que de péplums, dont il nous livra de bien belles œuvres dans ces domaines (Le Château des Amants Maudits, Spartacus, Théodora, impératrice de Byzance, Le Géant de Thésalie par exemple…) se lança dans le film d’épouvante en 1956, assisté de Mario Bava, avec Les Vampires. Tous deux réalisèrent également un film de science-fiction, Caltiki le monstre immortel en 1959. Après avoir filmé quelques aventures de Maciste, Riccardo Freda retourne dans l’univers du film d’épouvante en 1962, avec L’effroyable secret du Dr Hichcock, œuvre somptueuse et inaltérable, qui met en scène la sublime Barbara Steele, révélation du chef-d’œuvre de son confrère Mario Bava, avec Le Masque du Démon, réalisé en 1960. L’effroyable secret du Dr Hichcock est, disons-le de suite, une pure merveille et un joyau du cinéma d’épouvante gothique à l’italienne. Ni plus, ni moins. Côté casting, hormis Barbara Steele, qui incarne un personnage positif tout au long du film et à qui il arrivera bien des malheurs, on trouve dans le rôle de son mari l’acteur Robert Flemyng qu’on reverra dans le domaine de l’épouvante en 68 avec Le Vampire a soif de Vernon Sewell et en 69 avec l’inédit The Body Stealers de Gerry Levy. Robert Flemyng joue donc le docteur Hichcock (à ne pas confondre avec le célèbre réalisateur Alfred Hitchcock, même si cette nouvelle orthographe doit sûrement être en rapport avec le Maître du suspense, à qui on a voulu rendre hommage ou utiliser son aura suite au succès de Psychose en 1960…), chirurgien de génie mais dont le côté sombre nous le fait voir comme un personnage inquiétant, ce qu’il est assurément. Robert Flemyng est très bon dans ce rôle, notamment pour exprimer sa perversion et son attirance pour les corps inanimés. Personnage secondaire et peut-être pas assez développé, celui de Martha, la domestique, interprétée par Harriet Medin. Peu causante, très froide avec la nouvelle épouse de son maître, dont elle connaît l’inavouable secret, Martha ne sert en fait à pas grand-chose, si ce n’est à ajouter un personnage également inquiétant dont on se méfiera et qu’on sait être un danger potentiel pour notre belle Barbara Steele. Heureusement pour elle, elle trouvera un allié de charme en la personne du docteur Kurt Lowe, ancien assistant du docteur Hichcock, joué par Silvano Tranquilli, et qui ne restera pas de glace face à la beauté de Barbara, ce qui peut se comprendre. Notre brave docteur commencera à avoir quelques doutes sur la personnalité du docteur Hichcock quand il le surprendra dans la morgue en train d’admirer la jeune patiente morte. En plus du jeu admirable des différents acteurs, ce qui frappe avant tout dans le film, c’est réellement le côté "épouvante". Tout a été mis en œuvre pour faire frissonner le spectateur et les acteurs, Barbara Steele en tête. Bruit de pas dans le couloir, orage violent, éclairs zébrant le ciel, voix lugubre proférant des menaces de mort, comportement étrange des personnages l’entourant, changement d’attitude de son mari qui devient froid et distant, rien n’est fait pour rassurer le personnage joué par Barbara, qui se retrouve désemparée dans sa nouvelle maison, étrangère même, face à tous ces portraits de Marghareta qui se trouvent encore sur les murs de la demeure, et qui font qu’elle continue à vivre et à "hanter" de sa présence les lieux. Riccardo Freda a vraiment peaufiné son ambiance, lugubre et macabre à souhait, et la superbe photographie du film ajoute à l’atmosphère de cauchemar et à la tension qui ne cesse de monter. Les amateurs de films gothiques seront réellement aux anges devant la beauté des décors, des éclairages et la réalisation de Riccardo Freda. A cela s’ajoute bien sûr le thème même du film, qui est une ode à la nécrophilie, et ce, bien des années avant le choc Nekromantik ! Sujet tabou par excellence, l’attirance physique pour des corps morts est, comme je l’ai déjà dit, très bien rendue par l’acteur Robert Flemyng, qui, par des jeux de regards, des tressaillements, notamment lors de la séquence où il est dans la morgue devant le corps inanimé d’une jeune patiente qu’il n’a pu sauver, parvient à exprimer tout son désir morbide et contre nature. C’est d’ailleurs cette scène qui se retrouve sur l’affiche du film, et qui résume à elle seule ce mystérieux "secret" qui éveille notre intérêt. Pour la petite histoire, c’est le scénariste Ernesto Gastaldi qui eut l’idée d’explorer le thème de la nécrophilie afin, dira-t-il : "J'en avais un peu marre d'écrire des films fantastiques gothiques et je voulais en finir avec le genre. J'ai donc écrit un film répugnant prenant pour sujet la nécrophilie, dans l'espoir d'enterrer le genre". C’est plutôt raté vu les nombreux autres films d’épouvante gothiques italiens qui sortiront sur les écrans par la suite, et pas des moindres, avec Danse Macabre, Les Amants d’Outre-tombe, Le Moulin des Supplices, Les Trois Visages de la Peur ou Le Spectre du Professeur Hichcock par exemple, ce dernier, réalisé par Riccardo Freda avec Barbara Steele à nouveau, étant une fausse suite à L’effroyable secret du Dr Hichcock. Bien sûr, ne vous attendez pas à des scènes réalistes comme dans le film de Jorg Buttgereit. Nous sommes en 1962, ne l’oublions pas ! La nécrophilie du personnage principal est plus suggérée que vraiment montrée mais elle ne fait en tout cas aucun doute. Œuvre vénéneuse de ce début des années 60, le film de Riccardo Freda est un authentique film d’epouvante, touché par la grâce de ses interprètes et magnifié par l’équipe technique et son réalisateur. Sont forts ces italiens ! 

NOTE : 5/6




LES WEEK-ENDS MALEFIQUES DU COMTE ZAROFF

LES WEEK-ENDS MALEFIQUES DU COMTE ZAROFF
(Seven women for Satan)

Réalisateur : Michel Lemoine
Année : 1976
Scénariste : Michel Lemoine
Pays : France
Interdiction : -16 ans
Avec : Michel Lemoine, Nathalie Zeiger, Howard Vernon, Joelle Coeur, Martine Azencot

L'HISTOIRE : Boris Zaroff, le descendant du comte Zaroff, se livre aux mêmes exactions sadiques que son illustre ancêtre, aidé de son majordome Karl qui lui procure de jolies femmes femmes et qui le pousse à commettre d'ignobles méfaits...

MON AVIS : Alors qu’il marche sur l’avenue des Champs-Elysées avec son ami Jean Claude Romer, Michel Lemoine entend dire par ce dernier que la personne qu’ils viennent de croiser serait un admirable descendant du Comte Zaroff. Une phrase qui va retentir dans sa tête et faire germer une idée de scénario, qui deviendra Les week-ends maléfiques du Comte Zaroff. Principal souci pour Michel Lemoine, acteur depuis les années 50 dans de nombreux films Bis italiens et réalisateur de films érotiques au début des années 70, trouver des fonds et un producteur pour faire son film. Car nous sommes en France, et si le cinéma d’horreur fait recette aux USA, en Angleterre ou en Italie, notre beau pays a lui toujours eu des difficultés avec le cinéma fantastique et horrifique. Michel Lemoine trouve néanmoins une oreille attentive et peut commencer à tourner son film, qui mêlera horreur et érotisme bien sûr. Coup du sort, lorsque le film est terminé, ce dernier va représenter la France au festival de Sitges où il remporte le trophée d’argent, mais est dans le même temps totalement interdit de diffusion au cinéma par la censure française, le privant de toute reconnaissance et rentrée d’argent. Un film français banni dans son propre pays, il faut le faire quand même ! Surtout quand on découvre ce que les censeurs lui reprochent, à savoir des scènes de sadisme et des tortures très réalistes, voire des séquences à la limite de la nécrophilie et ce, sans distanciation, ni poésie. On peut se demander si les personnes travaillant au comité de censure ont réellement visionné le long-métrage de Michel Lemoine. Un coup dur pour le réalisateur en tout cas, et un nouvel exemple de la difficulté de faire du cinéma d’horreur en France. Les week-ends maléfiques du Comte Zaroff nous présente donc Michel Lemoine lui-même dans le rôle de ce descendant du fameux chasseur d’hommes. Un rattachement familial qui n’est pas vraiment mis en avant dans le film, hormis lors de l’excellente séquence d’introduction, où le Comte, monté sur un cheval, armé d’un fouet et accompagné de son chien, traque une demoiselle entièrement nue dans les bois. Un début prometteur mais qui bifurquera vers d’autres horizons ensuite, délaissant complètement cet aspect de la chasse à l’homme. En effet, la plupart des autres méfaits commis par le Comte se dérouleront principalement à l’intérieur de son château, dans lequel se trouve une salle de torture à l’ancienne, qui sera mise à contribution dans une séquence hallucinante qui fera atteindre au film des sommets nanaresques assez élevés. Car oui, Les week-ends maléfiques du Comte Zaroff est un pur nanar à la française, mais dans le bon sens du terme. Il possède en outre des qualités, comme une certaine recherche au niveau de la poésie, et, pour les érotomanes, une bonne dose de filles nues. D’ailleurs, tout le casting féminin se retrouve dans le plus simple appareil, rappelant que Michel Lemoine est avant tout spécialisé dans le film érotique. On assiste alors à des scènes surjouées et oniriques, comme celle où la sculpturale Martine Azencot, après avoir bu un breuvage peu catholique, se met à danser devant une énorme statue d’un homme noir, qui se met à prendre vie ! Elle finira par nous faire une sorte de danse lascive dans son lit, avant d’être poursuivie et agressée par le chien du Comte dans les couloirs du château, qui, pour la petite histoire, n’était autre que le propre chien de Martine Azencot. Mais la meilleure séquence reste sans conteste celle où un couple dont la voiture est tombée en panne vient demander l’hospitalité au Comte. Un couple improbable, avec un mari cartésien et une jolie blonde complètement nunuche (mais ravissante de surcroit), qui se met à danser comme une potiche dans sa chambre avant de voir par une fenêtre le corps sans vie de Martine Azencot qui s’est défenestrée pour échapper au chien du Comte. Elle appelle son mari qui lui ne voit rien, normal puisque le majordome du Comte a enlevé le corps. Pas plus troublée que ça, la blondinette reprend sa danse effrénée sans autre préoccupation. Et la situation se répète plusieurs fois, notre cruche blonde arrêtant et reprenant sa danse à chaque fois, sous l’œil halluciné du spectateur. On pensait avoir atteint le summum de la ringardise mais non, le couple va aller encore plus loin quand il acceptera d’essayer une machine de torture sous la demande du Comte ! Aucun soupçon, rien, ils foncent têtes baissées vers la mort avec une insouciance proprement stupéfiante et se permettent même de lancer quelques vannes bien futiles. Le sort tragique qui les attend restera assez jubilatoire pour le spectateur. Pour renforcer l’aspect nanar du film, il faut bien sûr parler de son casting. Michel Lemoine en fait des tonnes, avec regard insistant et gros sourcils. Un personnage de pervers sadique, qui voit même des fantômes ! La folie n’est pas loin, même si le spectre a l’apparence physique de la très jolie Joëlle Cœur, qui viendra à plusieurs reprises hanter le Comte et le faire sombrer dans les pires tourments. Dans le rôle de son majordome, on retrouve notre cher Howard Vernon, qui surjoue à n’en plus finir, avec une démarche quasi mécanique, prononciation monocorde, style le majordome de "La Famille Addams". Cerise sur le gâteau, Howard balance des répliques sorties d’on ne sait où, comme lorsque le Comte dîne et qu’il se met d’un coup à dire "la vie est éphémère". Et hop, silence. Impayable. Un drôle de personnage que ce majordome, dont le père était déjà sous les ordres de l’ancien Comte Zaroff ! Une tradition de père en fils donc ! Le but ultime d’Howard Vernon étant de faire ressortir les accès de violence du Comte afin que ce dernier perpétue la tradition liée à son illustre patronyme. Une cause ambiguë, et qui le sera encore plus lors du final où notre majordome ne viendra pas aider son maître arrivé à la limite de la folie dans un ancien mausolée, et ce, afin de regagner sa liberté et de ne plus être le domestique de quiconque. Le reste du casting se situe entre bon niveau et jeu très amateur et approximatif mais cela contribue encore plus à donner un climat étrange au film. Comme souvent dans le cinéma fantastique français, le rythme de l’action est à la fois lent et langoureux, rappelant les œuvres de Jean Rollin ou de Jess Franco, grand ami de Michel Lemoine. Les effusions de sang sont très rares mais une certaine poésie se dégage des images et font oublier ce manque d’horreur visuelle. Amateur de cinéma Bis à la française, n’hésitez pas à vous procurer Les week-ends maléfiques du Comte Zaroff, œuvre intéressante malgré ses défauts, et qui reste sans conteste l’un des fleurons du cinéma érotico-horrifique français des années 70. Le spectateur contemporain aura bien du mal à comprendre l’acharnement de la censure de l’époque vis à vis du film, qui reste quand même bien sage, que ce soit au niveau de l’érotisme que de l’horreur présentée. Le film a acquis une jolie réputation chez nos voisins anglo-saxons, comme la filmographie de Jean Rollin d’ailleurs. Nul n’est prophète en son pays… 

NOTE : 3,5/6




DESAXÉ

DÉSAXÉ
(Ryan Lee Driscoll's Axed)

Réalisateur : Ryan Lee Driscoll
Année : 2012
Scénariste : Ryan Lee Drsicoll
Pays : Angleterre
Interdiction : -12 ans
Avec : Jonathan Hansler, Andrea Gordon, Nicola Posener, Christopher Rithin, Henry Douthwaite

L'HISTOIRE : Kurt Wendell a consacré toute sa vie à son travail. Mais face à la crise économique, son patron Zack Petersen se voit contraint de le licencier. La vie de Kurt s’écroule en un fragment de seconde. Refusant d’en parler à sa femme et à ses deux enfants avec qui il se montre souvent sévère, il les oblige à prendre une journée de repos et les emmène loin de la civilisation, dans une petite maison de campagne pour se ressourcer. La petite famille ne se doute pas qu’il n’y a pas que sa vie de travailleur que Kurt a perdue. Sa santé mentale a elle aussi été touchée et le projet qui leur réserve en cette belle journée va vite tourner au cauchemar sanglant…

MON AVIS : En 2002, Ryan Lee Driscoll réalise Making a killing qui restera dans l’ombre dans notre pays. Dix ans plus tard, le voici de retour avec Désaxé qui prouve que le cinéma indépendant britannique se porte toujours aussi bien. Une réelle bonne surprise qui a conduit l’éditeur Emylia à le sortir chez nous en Dvd et Blu-ray. À l’instar du personnage interprété par Michael Douglas qui pétait les plombs dans Chute libre de Joel Schumacher en 1993 après avoir lui aussi perdu son emploi, Désaxé nous propose 84 minutes dans la vie anéantie de Kurt Wendell qui, niveau folie, n’a rien à envier à son prédécesseur. Ou comment la perte de son emploi peut transformer un homme somme toute ordinaire en monstre psychopathe que rien ne peut plus arrêter. Le principal attrait de Désaxé est évidemment le jeu d’acteur de Jonathan Hansler dans le rôle de Kurt Wendell. Un personnage à plusieurs facettes, à l’humeur plus que changeante et qui nous offre de véritables moments de plaisir notamment quand sa folie se place au premier plan. Répliques cinglantes envers ses enfants, petit jeu pervers avec sa femme mise devant le fait accompli (adultère avec son patron, la goutte d’eau qui fait que rien ne pourra plus revenir en arrière) et tortures sadiques sur son patron qu’il a également convié de force à cette journée de repos d’un genre spécial. Outre Jonathan Hansler, le reste du casting se montre performant et les différents acteurs parviennent à rendre les situations crédibles malgré quelques petites ficelles inhérentes au genre. Ils sont de plus servis par des dialogues qui font souvent mouche et qui participent pleinement à faire monter la tension qui ira crescendo. Par touches successives, par la révélation de petits détails, Ryan Lee Driscoll parvient à instaurer son ambiance de façon minutieuse et nous fait intégralement participer au drame familial qui va s’accomplir sous nos yeux. La scène ou Kurt offre un petit cadeau à sa femme et à ses enfants est jubilatoire et trouve une conclusion bien trouvée avec l’apparition de la fameuse hache présente sur la jaquette du film. Un instrument qui trouvera une utilisation évidemment brutale, ce qui ravira les amateurs de films d’horreur. Bien que la violence soit plus psychologique que visuelle, Désaxé nous offrira dans sa dernière partie quelques séquences d’horreurs graphiques bienvenues, le pétage de plombs du personnage principal ne pouvant se conclure que dans un bain de sang. u final, c’est une très bonne découverte que ce Désaxé qui s’avère plus que plaisant à visionner. Le réalisateur fait preuve de talent et a mené sa virée sanglante avec dynamisme et entrain, le tout saupoudré d’un humour noir efficace. Kurt Wendell est charismatique et on en vient à se mettre de son côté malgré les exactions qu’il commet. Vraiment sympa, à se procurer sans l’ombre d’un doute. 

NOTE : 4/6