Légende pour la notation des films

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* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


jeudi 24 mai 2012

LES WEEK-ENDS MALEFIQUES DU COMTE ZAROFF

LES WEEK-ENDS MALEFIQUES DU COMTE ZAROFF
(Seven women for Satan)

Réalisateur : Michel Lemoine
Année : 1976
Scénariste : Michel Lemoine
Pays : France
Interdiction : -16 ans
Avec : Michel Lemoine, Nathalie Zeiger, Howard Vernon, Joelle Coeur, Martine Azencot

L'HISTOIRE : Boris Zaroff, le descendant du comte Zaroff, se livre aux mêmes exactions sadiques que son illustre ancêtre, aidé de son majordome Karl qui lui procure de jolies femmes femmes et qui le pousse à commettre d'ignobles méfaits...

MON AVIS : Alors qu’il marche sur l’avenue des Champs-Elysées avec son ami Jean Claude Romer, Michel Lemoine entend dire par ce dernier que la personne qu’ils viennent de croiser serait un admirable descendant du Comte Zaroff. Une phrase qui va retentir dans sa tête et faire germer une idée de scénario, qui deviendra Les week-ends maléfiques du Comte Zaroff. Principal souci pour Michel Lemoine, acteur depuis les années 50 dans de nombreux films Bis italiens et réalisateur de films érotiques au début des années 70, trouver des fonds et un producteur pour faire son film. Car nous sommes en France, et si le cinéma d’horreur fait recette aux USA, en Angleterre ou en Italie, notre beau pays a lui toujours eu des difficultés avec le cinéma fantastique et horrifique. Michel Lemoine trouve néanmoins une oreille attentive et peut commencer à tourner son film, qui mêlera horreur et érotisme bien sûr. Coup du sort, lorsque le film est terminé, ce dernier va représenter la France au festival de Sitges où il remporte le trophée d’argent, mais est dans le même temps totalement interdit de diffusion au cinéma par la censure française, le privant de toute reconnaissance et rentrée d’argent. Un film français banni dans son propre pays, il faut le faire quand même ! Surtout quand on découvre ce que les censeurs lui reprochent, à savoir des scènes de sadisme et des tortures très réalistes, voire des séquences à la limite de la nécrophilie et ce, sans distanciation, ni poésie. On peut se demander si les personnes travaillant au comité de censure ont réellement visionné le long-métrage de Michel Lemoine. Un coup dur pour le réalisateur en tout cas, et un nouvel exemple de la difficulté de faire du cinéma d’horreur en France. Les week-ends maléfiques du Comte Zaroff nous présente donc Michel Lemoine lui-même dans le rôle de ce descendant du fameux chasseur d’hommes. Un rattachement familial qui n’est pas vraiment mis en avant dans le film, hormis lors de l’excellente séquence d’introduction, où le Comte, monté sur un cheval, armé d’un fouet et accompagné de son chien, traque une demoiselle entièrement nue dans les bois. Un début prometteur mais qui bifurquera vers d’autres horizons ensuite, délaissant complètement cet aspect de la chasse à l’homme. En effet, la plupart des autres méfaits commis par le Comte se dérouleront principalement à l’intérieur de son château, dans lequel se trouve une salle de torture à l’ancienne, qui sera mise à contribution dans une séquence hallucinante qui fera atteindre au film des sommets nanaresques assez élevés. Car oui, Les week-ends maléfiques du Comte Zaroff est un pur nanar à la française, mais dans le bon sens du terme. Il possède en outre des qualités, comme une certaine recherche au niveau de la poésie, et, pour les érotomanes, une bonne dose de filles nues. D’ailleurs, tout le casting féminin se retrouve dans le plus simple appareil, rappelant que Michel Lemoine est avant tout spécialisé dans le film érotique. On assiste alors à des scènes surjouées et oniriques, comme celle où la sculpturale Martine Azencot, après avoir bu un breuvage peu catholique, se met à danser devant une énorme statue d’un homme noir, qui se met à prendre vie ! Elle finira par nous faire une sorte de danse lascive dans son lit, avant d’être poursuivie et agressée par le chien du Comte dans les couloirs du château, qui, pour la petite histoire, n’était autre que le propre chien de Martine Azencot. Mais la meilleure séquence reste sans conteste celle où un couple dont la voiture est tombée en panne vient demander l’hospitalité au Comte. Un couple improbable, avec un mari cartésien et une jolie blonde complètement nunuche (mais ravissante de surcroit), qui se met à danser comme une potiche dans sa chambre avant de voir par une fenêtre le corps sans vie de Martine Azencot qui s’est défenestrée pour échapper au chien du Comte. Elle appelle son mari qui lui ne voit rien, normal puisque le majordome du Comte a enlevé le corps. Pas plus troublée que ça, la blondinette reprend sa danse effrénée sans autre préoccupation. Et la situation se répète plusieurs fois, notre cruche blonde arrêtant et reprenant sa danse à chaque fois, sous l’œil halluciné du spectateur. On pensait avoir atteint le summum de la ringardise mais non, le couple va aller encore plus loin quand il acceptera d’essayer une machine de torture sous la demande du Comte ! Aucun soupçon, rien, ils foncent têtes baissées vers la mort avec une insouciance proprement stupéfiante et se permettent même de lancer quelques vannes bien futiles. Le sort tragique qui les attend restera assez jubilatoire pour le spectateur. Pour renforcer l’aspect nanar du film, il faut bien sûr parler de son casting. Michel Lemoine en fait des tonnes, avec regard insistant et gros sourcils. Un personnage de pervers sadique, qui voit même des fantômes ! La folie n’est pas loin, même si le spectre a l’apparence physique de la très jolie Joëlle Cœur, qui viendra à plusieurs reprises hanter le Comte et le faire sombrer dans les pires tourments. Dans le rôle de son majordome, on retrouve notre cher Howard Vernon, qui surjoue à n’en plus finir, avec une démarche quasi mécanique, prononciation monocorde, style le majordome de "La Famille Addams". Cerise sur le gâteau, Howard balance des répliques sorties d’on ne sait où, comme lorsque le Comte dîne et qu’il se met d’un coup à dire "la vie est éphémère". Et hop, silence. Impayable. Un drôle de personnage que ce majordome, dont le père était déjà sous les ordres de l’ancien Comte Zaroff ! Une tradition de père en fils donc ! Le but ultime d’Howard Vernon étant de faire ressortir les accès de violence du Comte afin que ce dernier perpétue la tradition liée à son illustre patronyme. Une cause ambiguë, et qui le sera encore plus lors du final où notre majordome ne viendra pas aider son maître arrivé à la limite de la folie dans un ancien mausolée, et ce, afin de regagner sa liberté et de ne plus être le domestique de quiconque. Le reste du casting se situe entre bon niveau et jeu très amateur et approximatif mais cela contribue encore plus à donner un climat étrange au film. Comme souvent dans le cinéma fantastique français, le rythme de l’action est à la fois lent et langoureux, rappelant les œuvres de Jean Rollin ou de Jess Franco, grand ami de Michel Lemoine. Les effusions de sang sont très rares mais une certaine poésie se dégage des images et font oublier ce manque d’horreur visuelle. Amateur de cinéma Bis à la française, n’hésitez pas à vous procurer Les week-ends maléfiques du Comte Zaroff, œuvre intéressante malgré ses défauts, et qui reste sans conteste l’un des fleurons du cinéma érotico-horrifique français des années 70. Le spectateur contemporain aura bien du mal à comprendre l’acharnement de la censure de l’époque vis à vis du film, qui reste quand même bien sage, que ce soit au niveau de l’érotisme que de l’horreur présentée. Le film a acquis une jolie réputation chez nos voisins anglo-saxons, comme la filmographie de Jean Rollin d’ailleurs. Nul n’est prophète en son pays… 

NOTE : 3,5/6




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