Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !

Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


lundi 18 juin 2012

SCREAM 4


SCREAM 4
(Scream 4)

Réalisateur : Wes Craven
Année : 2011
Scénariste : Kevin Williamson
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Slashers
Interdiction : -12 ans
Avec : Neve Campbell, Emma Roberts, Courteney Cox, David Arquette, Hayden Panettiere...


L'HISTOIRE : Sidney Prescott tente toujours de refaire sa vie et d'oublier les affreux évènements de Woodsboro qui ont eu lieu dix ans auparavant. Elle vient de sortir un livre autobiographique et sa tournée de presse passe par Woodsboro justement. Elle retrouve le shériff Dewey et sa femme Gale Weathers et va habiter chez sa cousine Jill Kessler qu'elle ne connaît pas beaucoup. La tranquillité sera de courte durée puisqu'une nouvelle vague de meurtre survient : le Ghostface est de retour mais avec de nouvelles règles de jeu...

MON AVIS :  Après s'en être pris aux suites avec Scream 2 et Scream 3 dans les années 2000, Wes Craven est de retour onze ans plus tard avec son célèbre Ghostface et s'attaque cette fois-ci à la vague de remakes qui inondent les écrans depuis dix ans. Scream 4 va donc jouer avec les codes et les règles des remakes et ce de manière plutôt réussie. Disons-le clair et net : Scream 4 est le meilleur opus après le premier épisode réalisé en 96, rien que ça ! Avec une réalisation dynamique et intelligente, le film ne propose aucun temps morts et c'est avec grand plaisir qu'on retrouve la joyeuse équipe de la trilogie originale, toujours en proie à la folie furieuse du Ghostface. L'introduction est vraiment bien trouvée et saura surprendre le fan le plus hardcore de la saga. Le tueur au masque est toujours aussi efficace et les meurtres sont assez brutaux et plus gore que dans les précédents chapitres. Le scénario se montre en définitive assez malin et tient plutôt bien la route jusqu'à la révélation finale. Le mobile du Ghostface est peut-être un peu tiré par les cheveux mais qu'importe, Scream 4 a réussi son pari haut la main et nous en a donné pour notre argent. Divertissant, fun, angoissant, bénéficiant d'un casting solide et d'une totale maîtrise de son sujet par Wes Craven, c'est un spectacle hautement recommandable. On sent vraiment que le réalisateur évolue dans son élément et il a réussi à nous offrir du neuf avec du vieux ! Chapeau !

NOTE : 5/6



lundi 11 juin 2012

LA SOEUR DE SATAN

LA SOEUR DE SATAN
(La Sorella di Satana / The She Beast / Revenge of the Blood Beast)

Réalisateur : Michael Reeves
Année : 1966
Scénariste : Michael Reeves, F. Amos Powell
Pays : Angleterre, Italie
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : Barbara Steele, John Karlsen, Ian Ogilvy, Mel Welles, Joe "Flash" Riley...

L'HISTOIRE : Un jeune couple de mariés se rend dans un petit village des Carpathes pour y passer la nuit. Le comportement du gardien de l'auberge pousse le couple à s'en aller mais ce dernier a trafiqué la voiture des malheureux qui ont un accident et tombent dans le lac dans lequel une sorcière a péri au 18ème siècle, maudissant les villageois et jurant de revenir se venger. Seul le mari réchappe de l'accident. Quand il va voir le corps de son épouse, il ne reconnaît pas le visage de sa femme qui ressemble à celui d'une vieille sorcière. Un aristocrate excentrique de la région, expert en exorcisme, vient à sa rencontre et essaye de lui faire comprendre que le corps de sa femme est possédé par l'esprit de la sorcière et que seul un exorcisme peut la libérer et lui rendre la vie...

MON AVIS : Voici le premier film de Michael Reeves, jeune réalisateur à qui l'ont doit le célèbre Le grand inquisiteur avec Vincent Price et La créature invisible avec Boris Karloff. Il trouva la mort à l'âge de 25 ans seulement. La soeur de Satan est un bien curieux long métrage qui ne sait pas trop sur quel pied danser. Alors qu'on s'attend à un pur film d'épouvante à base de sorcellerie et de méchante sorcière revenue d'entre les morts,  on se retrouve avec une sorte de mélange hybride entre épouvante et comédie. C'est bien simple, le film m'a fait penser au Bal des Vampires de Roman Polanski certaines fois, et principalement à cause du Comte Von Helsing (vous voyez, ça commence déjà...), personnage haut en couleurs qui nous rappelle irrémédiablement le professeur Abronsius du film précité. S'ajoute à cela des répliques digne d'une parodie (Barbara Steele demandant au Comte s'il connaît les "Draculas" !!) et des séquences qui ne font aucun doute quand à l'aspect "pochade" du film : pour exemple, la faucille tenue par la sorcière qui tombe sur un marteau (hallucinant !) ou le final avec des gendarmes plus nuls que ceux de St-Tropez (!) et la course-poursuite qui m'a fait penser à ce film avec Louis de Funès ! Et puis, noyé dans ce délire parodique, on a des scènes bien plus sérieuses mettant en vedette la sorcière diabolique, comme l'introduction fort réussie se déroulant au 18ème siècle et qui ne laissait guère penser que la suite dévirait vers le comique de situation. Barbara Steele nous honore de sa présence durant vingt bonnes minutes puis disparaît pour tout le reste du temps, réapparaissant uniquement à la toute fin du métrage pour nous gratifier d'une dernière réplique fort judicieuse amenant le doute sur les spectateurs mais aussi sur les héros du film. Le maquillage de la sorcière risque fort de vous faire sourire tellement il est grossier mais je me demande si ce n'est pas volontaire de la part de Michael Reeves. Je reste donc sur un avis mitigé au final car je ne m'attendais pas vraiment à ça. Un bien étrange film...

NOTE : 3/6


dimanche 10 juin 2012

ROBOTS

ROBOTS
(Robots)

Réalisateur : Chris Wedge, Carlos Saldanha
Année : 2005
Scénariste : David Lindsay-Abaire, Lowell Ganz, Babaloo Mandel
Pays : Etats-Unis
Genre : Dessin-animé / Robots et cyborgs
Interdiction : /
Avec : /

L'HISTOIRE : Le jeune robot Rodney Copperbottom rêve de devenir inventeur et de rencontrer son idole, le génial Bigweld qui a, grâce à ses inventions, amélioré la vie quotidienne des robots. Rodney décide de quitter père et mère pour aller s’installer à Robot Ville pour réaliser ses rêves. Mais il va s’apercevoir que Bigweld a disparu et que c’est le terrible Ratchet qui domine la ville, envoyant à la casse les robots obsolètes qui ne peuvent s’offrir des pièces de rechanges de haute qualité conçues par Ratchet mais vendues à un prix prohibitif. Rodney rencontre alors Fender et sa bande de vieux robots. Ensemble, ils décident de retrouver Bigweld et de combattre Ratchet…

MON AVIS : Que voilà un film d’animation très amusant et très bien réalisé, qui plaira aux petits mais aussi aux grands. Robots et son héros rêveur et idéaliste qui va vivre de folles aventures est techniquement irréprochable. Animation fluide, précise, design savoureux, couleurs flamboyantes, tout est fait pour émerveiller les yeux des spectateurs de tout âge. Ce que le film parvient à faire régulièrement. Point d’orgue des trouvailles visuelles, le fameux trajet des deux héros dans une boule qui fait fonction de transport en commun. Une séquence virtuose dans laquelle la dite boule virevolte à n’en plus finir dans une sorte de grand huit pharaonique qui vous donnera le tournis à coup sur et qui illuminera les pupilles de vos bambins mais aussi les vôtres à n’en point douter. Derrière toutes ces belles images se cache également un message, voir plusieurs. Le point de départ de l’aventure de Rodney tient aux slogans bien connus de « bats-toi pour faire de tes rêves une réalité » et « quand on veut, on peut ! ». Le film nous parle aussi de façon imagée de la vieillesse, des conditions de travail des séniors, de la lutte des classes et de la société de consommation, s’inspirant des Temps Modernes de Chaplin ou de Metropolis de Fritz Lang. L’humour tient aussi une place prépondérante et certaines situations ou répliques donneront le sourire à toute la famille, avec quelques clins d’œil à Britney Spears ou à la comédie musicale Chantons sous la pluie par exemple. N’oublions pas de mentionner l’extraordinaire séquence des dominos, plus vraie que nature ! Malgré un petit passage à vide vers le milieu, Robots étonne réellement par le peaufinage apporté aux moindres détails. Je le reverrai avec plaisir !

NOTE : 5/6



samedi 9 juin 2012

FRISSONS

FRISSONS
(Shivers / Parasite Murders / They came from within)

Réalisateur : David Cronenberg
Année : 1975
Scénariste : David Cronenberg
Pays : Canada
Genre : Horreur / Savants fous / Infection
Interdiction : -16 ans
Avec : Paul Hampton, Joe Silver, Lynn Lowry, Barbara Steele...


L'HISTOIRE : Dans un important complexe immobilier, un savant effectue des recherches sur une nouvelle forme de parasites qui pourrait être bénéfique à l’homme. Malheureusement, ses expériences ne donnent pas le résultat escompté et les parasites provoquent une frénésie sexuelle suivie d’une forte propension à la violence chez les personnes les ayant contractées. Le médecin du complexe se retrouve rapidement démuni face à l’épidémie d’agressivité sexuelle qui se propage chez les habitants, les parasites contaminants de plus en plus de personnes…

MON AVIS : Après deux moyens-métrages et quelques réalisations pour la télévision, le canadien David Cronenberg signe avec Frissons son premier long métrage en 1975. Une première œuvre qui contient déjà les bases et les éléments que le réalisateur aura loisir de peaufiner et de traiter dans sa future filmographie, à savoir le sexe, l’altération et la dégénérescence du corps humain, l’horreur viscérale et réaliste. Avec Frissons, David Cronenberg rejoint en effet la liste des auteurs 70’s (Wes Craven, Tobe Hooper, George Romero…) qui incorporent les éléments fantastiques ou horrifiques dans un cadre réaliste, quotidien ; pas de vampires dans un lugubre manoir ou de loups-garous dans une brumeuse forêt. Non, ici, le décor est un immense complexe immobilier regroupant des centaines d’appartements, une superette ou bien encore un cabinet médical. Pas de fantômes en ces lieux mais juste un savant qui perd le contrôle sur ses recherches et ne parvient pas à enrayer la prolifération des parasites qu’il a conçu. On se retrouve donc avec des espèces de limaces de taille moyenne qui agressent toutes personnes rencontrées, provoquant de graves brûlures et pire encore quand elles parviennent à pénétrer dans le corps des victimes. Ces dernières sont prises d’une irrésistible envie de sexe associée à des accès de violence. Comme le Sida, la contamination se fait principalement par rapport sexuel. Si le film parle plus de frénésie sexuelle qu’il ne le montre à l’écran, la violence et l’horreur sont par contre bien présentes avec quelques séquences gores  assez répulsives. Voir les parasites bouger sous la peau ou sortir de la bouche des victimes est assez répugnant et l’effet choc escompté par le réalisateur fonctionne plutôt bien. Les acteurs sont bons malgré le manque de charisme du médecin, héros du film. On aura plaisir à revoir Barbara Steele toujours aussi séduisante même avec quelques années en plus au compteur. La réalisation est quant à elle solide, maîtrisée. Si Frissons à un peu vieilli, il reste néanmoins relativement efficace, intelligent et a conservé son potentiel malsain. Une réussite certaine pour un premier film.

NOTE : 4/6



vendredi 8 juin 2012

THE DEAD

THE DEAD
(The Dead)

Réalisateur : Howard Ford, Jonathan Ford
Année : 2009
Scénariste : Howard Ford, Jonathan Ford
Pays : Angleterre
Genre : Horreur / Zombies
Interdiction : -12 ans
Avec : Rob Freeman, David Dontoh, Prince David Oseia, Dan Morgan...


L'HISTOIRE : Alors que les morts se remettent à marcher et que l’Humanité court à sa perte, le lieutenant Brian Murphy, seul rescapé d’un crash d’avion sur le territoire africain, tente de survivre seul, perdu au milieu de ce paysage hostile, et de rejoindre une base militaire. En cours de route, il rencontre un soldat du coin qui recherche son fils. Tous deux vont s’entraider et affronter les morts-vivants dont le nombre ne cesse de s’accroître…

MON AVISThe Dead est le premier long-métrage des frères Ford, bien plus spécialisés dans le tournage de publicités que celui d’un film d’horreur. Ambitieux, ils décident de réaliser le premier film d’horreur entièrement tourné en Afrique (Ghana, Burkina Faso) et de rendre hommage aux films de Romero, de Fulci ou de Bruno Mattei qu’ils adorent. Un pari difficile pour un premier film, les conditions climatiques (chaleur extrême, sécheresse, eau en faible quantité) et les imprévus (maladie, infection) venant perturber leur projet, qu’ils arrivent néanmoins à mener à terme malgré de grosses frayeurs. Ce qui frappe immédiatement à la vision de The dead, ce sont les paysages africains, absolument magnifiques mais qui nous font vite comprendre que le parcours du héros principal ne sera pas de tout repos. Aridité, chaleur accablante, les immensités désertiques prennent ici toute leur ampleur et leur beauté ne fait que cacher l’hostilité des lieux pour quelqu’un qui n’a qu’une gourde d’eau et un pistolet pour survivre. La nature ne fait pas de cadeau et cerise sur le gâteau, la menace "zombies" est partout présente. Ces cabanes semblant inhabitées ne cachent-elles pas quelques morts-vivants affamés ? La végétation protégeant du soleil ne dissimule-t-elle pas des cadavres réanimés en son sein ? Les réalisateurs tirent profit des nombreux décors naturels qui s’offrent à eux et parviennent à créer une tension palpable. La mort peut surgir n’importe où, n’importe quand. Il suffit d’une minute d’inattention pour se retrouver avec une belle morsure et rejoindre la horde de zombies déjà bien nombreux. Parmi les autres points forts du film se trouvent les effets de maquillages et les effets spéciaux. L’amateur de barbaque trouvera son bonheur dans The dead qui multiplie les morsures sanglantes, les arrachages de chair humaine, les impacts de balles faisant éclater les têtes, les décapitations à la machette, voire même des roues de voiture réduisant un crâne en bouillie et j’en passe. Le gore est présent en bonne quantité et se révèle, de plus, de qualité pour un film au budget limité. Quand aux quelques mannequins qui se font écraser par le véhicule du lieutenant Murphy, on ne peut s’empêcher de penser que c’est un hommage au cinéma de Bruno Mattei. Bref, de nombreuses qualités émergent à la vision de The dead. Pourtant, le film ne parvient pas à convaincre totalement. La faute à des enjeux scénaristiques qui peinent à maintenir un rythme de croisière. Lorsque le héros rencontre Daniel, militaire africain, le film devient une sorte de road movie assez répétitif. Les nouveaux amis vont d’un point A à un point B, ont un ennui technique, se retrouvent dans une situation dangereuse, doivent abattre des zombies puis repartent et ainsi de suite. Une petite lassitude s’installe, venant affaiblir notre intérêt qui avait pourtant été aiguisé durant la première demi-heure. En dépit de cette répétition des événements, The dead mérite d’être visionné. La réalisation est solide, les décors bien mis en avant et les scènes gore sont brutales et sans concession. Pour un premier long-métrage, qui plus est réalisé dans des conditions plutôt rudes, les frères Ford peuvent être fiers de leur bébé. Le film devrait trouver son public et s’avère une option originale dans l’univers tant formaté des "zombie movies"… 

NOTE : 3/6



mercredi 6 juin 2012

FANTÔMAS

FANTÔMAS
(Fantômas)

Réalisateur : Jean Sacha
Année : 1946
Scénariste : Jean-Louis Bouquet
Pays : France
Genre : Policier
Interdiction : /
Avec : Marcel Herrand, Simone Signoret, Alexandre Rignault, André Le Gall, Lucienne Le Marchand, Renaud Mary...

L'HISTOIRE : Le journaliste Fandor va se marier avec Hélène, qui n’est autre que la fille du prince de l’épouvante, le diabolique Fantômas. Ce dernier est contre ce mariage. Il prend l’identité du maire pour que l’union ne soit pas valable et tente de kidnapper les deux amoureux sans y parvenir. Le commissaire Juve met Fandor et Hélène à l’abri. Dans le même temps, Fantômas pose un ultimatum au Ministre de l’intérieur : si on ne lui procure pas un milliard, il exécutera un million de parisiens. Juve et Fandor mène l’enquête mais Fantômas a plus d’un tour dans son sac et on dénombre chaque jour de nouvelles victimes…

MON AVIS : Un film méconnu et assez rare que René Château a exhumé de l’oubli en l’éditant en Dvd. Inspirée des célèbres romans de Marcel Allain, cette version des aventures criminelles de Fantômas est hautement sympathique tout en s’avérant très différente de la trilogie ultra célèbre avec Louis de Funès et Jean Marais. Nous sommes en présence d’un film policier français typique des années 40 avec une toute jeune Simone Signoret au casting qui interprète la fille de Fantômas. Ce dernier tient le film sur ses épaules et apparaît comme un véritable tyran, se faisant appeler « maître » par ses subalternes, n’hésitant pas à tuer par plaisir et ne montrant quasi aucune émotion, que ce soit envers sa fille qu’il n’hésite pas à gifler ou face à Lady Beltham qui lui est entièrement dévouée. Œuvrant à visage découvert dans sa base secrète, il s’habille tout de noir et porte un masque et une cape quand il doit commettre ses méfaits en société. Une véritable représentation du mal personnifié, qui se rapproche par de nombreux aspects du tout aussi diabolique docteur Fu Manchu, autre « héros » de roman qui s’est vu maintes fois adapté à l’écran. On note par exemple une certaine propension au sadisme chez les deux personnages, tout comme l’obstination à créer des armes révolutionnaires, voir futuristes, pour accomplir leurs exactions. Dans le film de Jean Sacha, Fantômas conçoit par exemple dans une pièce un plafond qui peut monter ou descendre, très pratique pour retenir ou carrément écraser ses ennemis. Pour anéantir la population parisienne, il utilise une sorte de gros canon à rayons que son équipe de savants a construit pour lui. On est donc en présence d’un film assez dynamique, qui mêle aventure, action, enquête policière, rebondissements à gogo, jeu du chat et de la souris. Le film possède également un ton humoristique apporté par l’inspecteur Juve, qui est très lié avec le journaliste Fandor. Les amateurs de Fantômas auront donc tôt fait de se procurer ce film divertissant, bien réalisé, possédant un casting de bonne tenue et évoquant irrésistiblement la grande époque du sérial.

NOTE : 4/6



mardi 5 juin 2012

DOCTOR X

DOCTOR X
(Doctor X)

Réalisateur : Michael Curtiz
Année : 1932
Scénariste : Robert Tasker, Earl Baldwin
Pays : Etats-Unis
Genre : Épouvante, savants fous
Interdiction : /
Avec : Lionel Atwill, Fay Wray, Lee Tracy, Preston Foster, John Wray, Harry Beresford...


L'HISTOIRE : La police traque un mystérieux assassin, surnommé "Le tueur de la pleine lune", qui a déjà fait 6 victimes. Le maniaque utilisant un scalpel bien spécifique pour commettre ses crimes, les inspecteurs chargés de l’enquête se rendent à l’Académie de Médecine du docteur Xavier, où quatre scientifiques se livrent à de curieuses expériences dans leur laboratoire. Persuadée que le meurtrier se cache parmi les scientifiques, la police désire arrêter tout le monde afin de procéder aux interrogatoires. Désirant ne pas créer un scandale pour son établissement, le docteur Xavier leur propose de mener sa propre enquête sous 48h et de démasquer le coupable parmi ses hôtes, à l’aide d’une machine de son invention. Dans le même temps, un journaliste, Lee Taylor, ayant eu vent des soupçons de la police, parvient à pénétrer dans l’Académie afin de suivre l’enquête et d’avoir un scoop…

MON AVIS : En 1931 sortent sur les écrans le Dracula de Tod Browning et le Frankenstein de James Whale, qui apportent le succès à la firme Universal et popularisent le cinéma d’épouvante, qui va inonder les écrans durant les années 30. Sentant la rentabilité de ce filon, la Warner décide de se lancer elle aussi dans la production de films d’épouvante, pour rivaliser avec la Universal. Elle confie alors à Michael Curtiz (futur réalisateur de chef d’œuvres tels Casablanca, Captain Blood, Les aventures de Robin des Bois…) le soin de réaliser un film terrifiant pour les spectateurs et lui propose d’adapter pour le cinéma une pièce de théâtre. Pour prendre un peu d’avance sur la Universal, la Warner met à la disposition de Michael Curtiz le Technicolor bichrome. Doctor X se verra donc filmé une fois en noir et blanc, avec pour directeur photo Richard Towers, et une fois en Technicolor bichrome, avec pour directeur photo Ray Rennahan. La version Technicolor fait de Doctor X le premier film d’épouvante entièrement tourné en couleur. Si l’utilisation de la bichromie peut faire penser à un simple gadget censé attirer les foules dans les salles, il n’en demeure pas moins que ce procédé apporte une certaine patine à l’œuvre, même si un simple noir et blanc aurait suffit. Michael Curtiz renouvèlera par ailleurs cette expérience l’année suivante avec son très bon Mystery on the Wax Museum, rebaptisé Masques de cire en France et en Belgique. A la lecture du scénario, on se rend compte que Doctor X joue dans la même catégorie que Frankenstein, à savoir un film mettant en scène un monstre et un savant fou. Du moins devrais-je dire "des" savants fous, puisque Michael Curtiz nous en présente quatre beaux spécimens, vivants cloîtrés dans leur laboratoire, et menant des recherches sur des thèmes aussi macabres que le cannibalisme, la greffe de cerveau ou l’effet de la lune sur les humains par exemple. Pour renforcer leur côté spécial, le réalisateur en a affublé certains de caractéristiques physiques ou d’un événement ayant eu lieu dans leur passé qui en font évidemment des suspects potentiels et des coupables tout désignés. On a le professeur Welles qui a une main en moins, qu’il remplace par une simple prothèse afin de ne pas faire peur à ses visiteurs ; le professeur Duke, qui est paraplégique et ne se déplace qu’en fauteuil roulant ; le professeur Haines, qui a survécu à un naufrage et qui a peut-être été obligé de manger un de ses camarades morts pour rester en vie (ce n’est pas clairement dit dans le film mais l’évocation de cette histoire ne peut que nous le faire penser); le docteur Rowitz, qui est borgne. A cette joyeuse galerie de personnages haut en couleurs s’ajoute l’inquiétant majordome du Docteur Xavier, qui possède bien la tête de l’emploi et qui ferait également un coupable tout désigné. Mais au fait, et si le meurtrier n’était autre que le docteur Xavier lui-même ? Doctor X met donc en place un Whodunit permettant au spectateur de mener lui aussi son enquête pour essayer de trouver sous quelle apparence se cache le Tueur de la pleine lune. Le côté policier du film est nettement mis en avant et prédomine même sur l’aspect épouvante. Policiers, enquête, meurtres, reconstitution de crime, différents tueurs possibles, suspense, autant d’éléments qui participent à la trame principale de l’histoire. En parallèle de cette intrigue policière, Michael Curtiz nous gratifie de séquences humoristiques avec le personnage du journaliste Lee Taylor, interprété par Lee Tracy. Ce personnage est un joyeux fanfaron, toujours prêt à faire des blagues et qui se met dans des situations incongrues, d’où nait le comique de situation. Malheureusement, ces séquences viennent ralentir le rythme et ne servent pas à grand chose pour ma part, si ce n’est à amener le film à la durée souhaitée, soit 76 minutes environ. Ce personnage pittoresque (mais qui devient vite énervant et épuisant à la longue) permet néanmoins de mettre en vedette la ravissante Fay Wray, fille du Docteur Xavier, qui se verra courtiser par notre Don Juan de journaliste. Rappelons pour les inattentifs que Fay Wray sera en 1933 la compagne du plus grand acteur du cinéma, le bien nommé King Kong et donnera ses lettres de noblesse aux cris féminins, inventant du même coup la Scream Queen ! Doctor X mêle donc film policier et comédie dans un ensemble qui fonctionne la plupart du temps, même si les scènes humoristiques ont tendance à desservir le film. A ces deux genres, Michael Curtiz ajoute donc l’épouvante. Et il s’en sort plutôt bien dans ce domaine, le film nous resservant quelques bonnes séquences horrifiques, comme lorsque le meurtrier se "transforme" en monstre abominable grâce à un procédé original, dont je ne vous dévoilerai pas les spécificités, pour ne pas vous gâcher la surprise. Curtiz maîtrise également très bien le suspense et sait faire naître une vraie tension, comme lors de cette excellente séquence où les docteurs sont menottés à des chaises afin de se soumettre à l’expérience du docteur Xavier destinée à prouver leur innocence et qu’impuissants, ils assistent à l’apparition du tueur, qui va s’en prendre à la belle Fay Wray, sans qu’ils aient la possibilité de l’en empêcher. Bref, de nombreux rebondissements vous attendent. On appréciera également la beauté des décors, notamment au niveau des laboratoires, qui sont criant de réalisme. Le film fait pourtant de nombreux clins d’œil au cinéma expressionniste allemand puisque jouant à plusieurs reprises sur des effets d’ombre menaçante ou censée nous faire croire qu’un danger est proche ou qu’un personnage s’avère plus machiavélique qu’il n’y paraît. Le casting est également un point fort du film, avec en tête d’affiche, Lionel Atwill dans le rôle du docteur Xavier, qui est excellent comme à son habitude. Au final, Doctor X, sans atteindre le niveau des films de la Universal, est un bon fleuron du cinéma d’épouvante des années 30, servi par une solide réalisation, un jeu d’acteurs impeccable, des situations et des rebondissements intelligents, des effets spéciaux inventifs, et un tournage en Technicolor bichrome qui apporte un certain charme à l’œuvre. On regrettera un peu les égarements humoristiques qui plombent le rythme du film mais ceux-ci sont vite rattrapés par les séquences de suspense qui fonctionnent parfaitement bien. 

NOTE : 4/6



lundi 4 juin 2012

BLOOD CAMP

BLOOD CAMP
(Return to Sleepaway Camp)

Réalisateur : Robert Hiltzik
Année : 2008
Scénariste : Robert Hiltzik
Pays : Etats-Unis
Genre : horreur, slashers
Interdiction : -12 ans
Avec : Felissa Rose, Vincent Pastore, Michael Gibney, Isaas Hayes, Lenny Venito, Erin Broderick...


L'HISTOIRE : Le camp d’été de Manabe voit déferler une horde d’adolescents irrévérencieux venus passer un séjour haut en couleurs près du lac d’Arawak. Le directeur et le responsable des moniteurs se cachent bien de leur révéler que l’endroit a été le théâtre d’un sanglant massacre perpétré par Angela, la tueuse transsexuelle. Pendant qu’une bande d’ados prend comme souffre-douleur le balourd Alan, un mystérieux tueur s’amuse à recommencer le massacre au camp d’été…

MON AVIS : En 1983, un slasher somme toute assez quelconque et ennuyeux, se voyait hisser dans les rangs des franches réussites uniquement pour son final grandguignolesque et particulièrement tétanisant. Massacre au camp d’été, réalisé par Robert Hiltzik, voyait son tueur/tueuse Angela propulsé(e) au rang des boogeymens cultes, au même titre que Jason et Freddy. Notre meurtrière en puissance allait refaire parler d’elle dans deux suites assez lamentables mais misant néanmoins sur un humour décontracté, dans les bien nommés Massacre au camp d’été 2 et Massacre au camp d’été 3. Suivra un court métrage en 2002 intitulé Sleepaway Camp 4 : the survivor, encore plus nul que ses prédécesseurs. On pensait en avoir fini avec Angela jusqu’à ce que le réalisateur de l’original décide de retourner sur les lieux de son carnage en 2008, avec ce Return to Sleepaway Camp, rebaptisé chez nous Blood Camp. Malheureusement pour nous, Robert Hiltzik ne fait guère mieux que son film de 1983. Blood Camp s’avère assez poussif et pas très intéressant durant une bonne heure, préférant perdre son temps avec les déboires du gros Alan, ado complexé en perpétuel conflit avec les autres vacanciers qui ne cessent de le brimer mais il faut avouer qu’il le cherche bien aussi. Blagues à deux balles, moqueries, bagarres, tout ce qui lui arrive nous passe au-dessus de la tête et on aimerait bien que le réalisateur l’oublie une bonne fois pour toute et commence à charcler son casting de façon brutale parce qu’on est quand même censé être dans un slasher movie, que les ados sont crétins comme il faut et qu’on aimerait donc bien les voir se faire étriper, éventrer, massacrer. Ce qui met quand même un certain temps à arriver. Durant la première heure, on assistera à seulement deux ou trois meurtres, certes réalisés de façon sympathique, avec des effets de maquillage assez réussis mais bon, rien de bien transcendant, surtout que le premier meurtre dans de l’huile bouillante et dans la cuisine du camp nous renvoie directement à l’un des meurtres de l’original. Il faudra donc attendre la dernière demi-heure pour que Blood Camp prenne enfin son envol et nous fasse passer un bon moment, multipliant les massacres et accélérant son rythme. Franchement, cette dernière partie du film est assez jouissive et relève nettement le niveau de l’ensemble. Il y a du gore, quelques références cinéphiliques et un final en forme de clin d’œil assez bien amené, même si on avait deviné le twist depuis belle lurette. Il était temps que ça démarre en tout cas, dommage d’avoir attendu si longtemps pour enclencher la seconde. Blood Camp reste au final un slasher plus que moyen, qui déçoit par son manque de dynamisme et son quota de meurtres trop peu nombreux pour un slasher digne de ce nom. Reste une dernière demi-heure sympa et le plaisir de revoir Felissa Rose dans le rôle de son personnage culte… 

NOTE : 2/6



dimanche 3 juin 2012

DEAD SEASON

DEAD SEASON
(Dead Season)

Réalisateur : Adam Deyoe
Année : 2012
Scénariste : Joshua Klausner, Loren Semmens
Pays : Etats-Unis
Genre : horreur, zombies
Interdiction : -12 ans
Avec : Scott Peat, Marissa Merrill, James C. Burns, Corsica Wilson, Marc L. Fusco, Todd Pritchett...


L'HISTOIRE : Une épidémie a ravagé le monde et les morts se sont remis à marcher. Dans cet univers apocalyptique, Elvis tente de survivre. Il fait la connaissance de Tweeter et du jeune Cody. Tous les trois ont une porte de sortie : ils peuvent se rendre sur une petite île dans les Caraïbes. Lors de leur périple, Cody se fait mordre et Elvis doit l’abattre. Une fois débarqué, les deux survivants découvrent une communauté dirigée par le militaire Kurt Conrad, qui a établi des règles strictes pour assurer la survie de ses membres. Car l’île est elle aussi la proie des morts-vivants…

MON AVIS : Décidemment, les zombies n’en finissent plus de débarquer sur de nombreux supports. Cinéma, télévision, jeux vidéos, bandes-dessinées, on ne peut pas passer à côté et honnêtement, ça commence sérieusement à frôler l’overdose. Une invasion planétaire du zombie chez le spectateur qui en bouffe donc à toutes les sauces. Cela n’a pas refroidi l’enthousiasme du réalisateur Adam Deyoe, déjà auteur de films  tels Yeti : a love story, Street team massacre ou Psycho Sleepover par exemple. Un réalisateur a plusieurs casquettes puisqu’il est également acteur, producteur, scénariste, concepteur d’effets spéciaux et j’en passe. Un touche-à-tout dont le dernier film en date, Dead Season évidemment, a pour principal défaut d’arriver trop tard.Trop tard parce que Walking dead est déjà passé par là. Les histoires où des personnages débarquent dans une communauté, se méfient des membres en place, découvrent un inavouable secret et doivent lutter contre des zombies tout en exécutant des tâches comme nettoyer le périmètre de sécurité ou faire du repérage avant d’aller chercher des vivres, c’est du déjà-vu. Et tous ces éléments, on les retrouve tels quels dans Dead Season. Le réalisateur va jusqu’à donner à l’héroïne une machette comme arme. La référence à Michonne et son sabre ne serait-elle que pure coïncidence ? J’en doute. Evidemment, si vous ne connaissez pas l’univers de Walking dead et notamment par les bandes dessinées qui sont infiniment supérieures à la tristounette série-télévisée, Dead season pourra remplir sa fonction et vous en donner pour votre argent. Les autres trouveront le temps bien long et ne verront aucune originalité dans ce film, qui mange à tous les râteliers (citons pêle-mêle Soleil Vert pour le secret inavouable, Le jour des morts vivants pour les expériences sur les zombies et le personnage du médecin, 28 jours plus tard pour la scène d’introduction explicative, Walking dead pour tout ce qui concerne la vie de la communauté et ses règles, le jeu vidéo Dead Island pour l’ambiance et le lieu de l’action principal…). Bref, rien de bien neuf sous le ciel zombiesque. Pourtant, on aimerait l’aimer pour de bon ce film car on sent tout l’amour que lui a porté son réalisateur. Petite production indépendante à faible budget, Dead Season bénéficie d’un casting correct et d’un personnage principal hautement sympathique, interprété par Scott Peat. Un héros tout en retenu mais qui sait agir quand il le faut et qui va être confronté à une situation bien plus pénible à accomplir que le simple fait de tuer des zombies, je vous laisse la surprise. Autre élément positif, les effets spéciaux. Avec ses faibles moyens, le réalisateur a néanmoins peaufiné les maquillages de ses morts-vivants et ses effets gore, qui interviennent principalement dans la dernière partie du film, avec explosion de cervelles, arrachage de tripes, décapitations et autres artifices classiques dans ce genre de film. La réalisation elle-même est plutôt bonne, l’ensemble possède un bon rythme malgré quelques longueurs et les zombies sont en nombre suffisant pour maintenir notre intérêt en éveil, avec de nombreuses scènes de massacre. Même s’il ne s’affranchit pas de son côté « semi-amateur », avec un rendu qui fait parfois téléfilm, Dead season reste agréable à regarder si on parvient à faire abstraction de son scénario bien trop banal et des situations bien trop empruntées à Walking dead. Reste l’œuvre d’un passionné à n’en point douter, qui sait tenir une caméra et s’investit totalement sur ses projets. Rien que pour ça, il faut découvrir son film…

NOTE : 3/6



samedi 2 juin 2012

THE DIVIDE

THE DIVIDE
(The divide)

Réalisateur : Xavier Gens
Année : 2011
Scénariste : Karl Mueller, Eron Sheean
Pays : Allemagne, Etats-Unis, Canada
Genre : Post-Nuke, science-fiction
Interdiction : -12 ans
Avec Michael Biehn, Lauren German, Milo Ventimiglia, Rosanna Arquette, Michael Eklund, Jennifer Blanc...

L'HISTOIRE Après de nombreuses explosions nucléaires, une poignée de survivants réfugiés dans un abri atomique tente de survivre et de s’organiser. Dans ce microcosme restreint, les tensions entre individus vont se développer et mettre en péril le petit groupe…

MON AVIS : Le principal attrait de The Divide est son casting. Les personnages et les acteurs qui les interprètent sont franchement très bons et certains délivrent une réelle performance. On pense bien sur à Michael Biehn qui trouve ici son meilleur rôle depuis Terminator et qui porte toute la première partie du film sur ses épaules. On pense aussi à Rosanna Arquette qui n’hésite pas à se mettre en danger et à interpréter un personnage jusqu’au-boutiste, trash et qui connaîtra un sort funeste, bien loin des personnages plutôt lisses et sans réelle saveur qu’elle a interprétés autrefois. Et que dire sur la transformation qui s’opère au fur et à mesure de la progression des événements sur Milo Ventimiglia et Michael Eklund ? Ces deux acteurs et leurs actions au sein du film, et notamment vers le final, resteront gravés dans nos mémoires à coup sur. Bref, The Divide fait la part belle à l’interprétation, Xavier Gens ayant laissé de grandes libertés de jeu à ses comédiens, et ceux-ci ont absolument tout donné en échange, allant même jusqu‘à perdre plus d’une dizaine de kilos pour certains. Le spectateur ressent toutes sortes d’émotions envers chacun des principaux protagonistes et se demande comment il aurait réagi en pareille situation. Car si The Divide semble être vendu comme un film de science-fiction avec ses affiches et ses costumes futuristes, il n’en est pas vraiment un. The Divide, c’est avant tout un drame humain d’une grande puissance émotionnelle qui nous questionne. On peut voir dans le film de Xavier Gens une véritable vision cinématographique du chaos, que ce soit à l’extérieur de l’abri après le cataclysme nucléaire (superbes images de paysages entièrement dévastés, ravagés) ou à l’intérieur de ce même abri. Un chaos que vont subir de plein fouet les protagonistes. Enfermés, vivant en micro société malgré eux, les personnages vont bien sûr commencer à perdre leurs repères, à faire naître des tensions qui vont progressivement venir annihiler toute notion d’espoir et les mener à vivre une déshumanisation complète, effrayante, dont certaines images ne laisseront personnes de marbre. Violence psychologique, violence physique, dégradation du corps, folie, certains héros vont sombrer dans la démence la plus totale et commettre des actes ignobles qui glacent par leur réalisme. Le tout servi par une très bonne réalisation, par des mouvements de caméra travaillés, par des décors fort réussis et par une très efficace composition musicale de Jean-Pierre Taieb qui parvient à maintenir et à faire progresser la tension. Si on pourrait peut-être reprocher à The Divide de nous laisser parfois avec des zones d’ombre qu’on aurait bien aimé voir éclaircir (qui sont les gens "du dehors" ? Que font-ils comme expérience avec les enfants ?), il n’en reste pas moins que la vision du film procure bien du plaisir et saura éveiller la curiosité des amateurs de cinéma "autre". Loin des blockbusters hollywoodiens formatés pour plaire au plus large public possible, The Divide, comme son titre l’indique d’ailleurs, divisera certainement les opinions. Le film possède pour ma part bien plus de qualités que de défauts et Xavier Gens confirme qu’il est un réalisateur talentueux sur lequel il faudra compter. Bien sûr, le thème de la déshumanisation n’est pas nouveau, le réalisateur citant d’ailleurs le roman culte Sa majesté des mouches comme source d’inspiration. Récemment, le film Affamés de Steven Hentges (2009) traitait du même thème et avec une certaine réussite d’ailleurs. Pourtant, avec la qualité de son casting et de ses images, The Divide tire son épingle du jeu et sans être parfait, se montre réellement intéressant dans ce qu’il propose. Une réussite sur bien des aspects. 

NOTE : 5/6