Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !

Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


lundi 30 juin 2014

FANTÔME A VENDRE

FANTÔME A VENDRE
(The Ghost Goes West)

Réalisateur : René Clair  
Année : 1935
Scénariste : René Clair, Geoffrey Kerr, Robert E. Sherwood 
Pays : Angleterre
Genre : Comédie, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Robert Donat, Jean Parker, Eugene Pallette, Elsa Lanchester...


L'HISTOIRE : Descendant d'une noble famille écossaise, Donald se voit contraint de vendre son château à un négociant américain, qui le reconstruit à l'identique et pièce par pièce en Floride. Mais la demeure n'est pas le seul héritage du jeune homme : le fantôme de son ancêtre Murdoch, victime d'une malédiction, hante les lieux depuis deux siècles et fait le voyage avec son habitat. Il arrive aux Etats-Unis en même temps que Donald, à qui il ressemble trait pour trait, créant une série de quiproquos fort embarrassants pour son descendant...

MON AVIS : René Clair est un talentueux réalisateur français à qui l’on doit de nombreux classiques de la comédie et qui s’est également illustré dans le domaine du fantastique, avec des films tels Paris qui dort en 1924, Ma Femme est une sorcière en 1942, C’est arrivé demain en 1944, La Beauté du Diable en 1950 ou bien Les Belles de Nuit en 1952 par exemple. En 1925, il avait déjà réalisé un film mettant en vedette un fantôme avec Le Fantôme du Moulin-Rouge. Lorsqu’il quitte la France pour aller exercer son métier en Angleterre en 1935, il se voit offrir de réaliser une comédie fantastique produite par Alexander Korda, inspirée d’un récit d’Eric Keown, « Sir Tristram Goes West », et qui deviendra donc Fantôme à Vendre. L’histoire peut également être vue comme une adaptation de celle du Fantôme des Canterville d’Oscar Wilde, qui présente une trame à peu près similaire. Désireux de damner le pion à Hollywood, Alexander Korda, qui n’a pas eu une expérience très heureuse en Amérique, mise tout sur Robert Donat, star montante vue dans La Vie Privée d’Henry VIII en 1933, interprétant Edmond Dantès dans Le Comte de Monte-Cristo en 1935 et surtout célèbre pour avoir joué le personnage principal dans Les 39 Marches d’Alfred Hitchcock en 1935. Cette même année, on retrouve donc l’acteur dans le film de René Clair et dans un double-rôle qui plus est : celui du fantôme Murdoch Glourie et celui de son descendant Donald Glourie. Le début de Fantôme à Vendre se déroule au 18ème siècle et nous fait assister à la rivalité des deux clans écossais qui ne peuvent pas se voir. Cette partie « en costumes » nous permet de découvrir le personnage de Murdoch Glourie avant qu’il ne devienne une figure spectrale et permet à René Clair, par la même occasion, de peaufiner l’aspect comédie de son film et de nous offrir quelques situations cocasses qui nous font souvent sourire. Coureur de jupons invétéré, Murdoch Glourie nous apparaît hautement sympathique et on trouvera le châtiment divin de son père un peu exagéré car qui ne préférerait pas badiner avec une demoiselle plutôt que d’affronter des hordes d’anglais ? Mais que voulez-vous, on ne badine pas avec l’honneur ! Après un bond de 200 ans dans le futur, l’histoire cible un nouveau personnage, celui de Donald Glourie, toujours interprété par Robert Donat donc. Même caractéristique physique et même cœur d’artichaut qui bondit à la vue d’une jolie fille, la ressemblance frappante entre ce bon vivant et son ancêtre fantomatique va donner lieu à divers quiproquos et scène de comique de situation, faisant tourner la tête de la jeune Peggy, interprétée par Jean Parker, qui ne comprend pas toujours les réactions tarabiscotées de Donald, et pour cause ! Parlant soit à Donald, soit à Murdoch, mais sans s’en rendre compte, la pauvre demoiselle a bien du mal à mettre de l’ordre dans ses idées et ses sentiments quand celui qu’elle aime secrètement semble ne pas maîtriser lui-même son comportement. Fantôme à Vendre verse alors dans la comédie légère et très fleur-bleue et si on trouve tout ça bien romantique et souvent drôle, on ne peut s’empêcher de trouver également le spectacle un peu niais, un peu enfantin, charmant mais aussi immature. La dernière partie, quand le château se voit déconstruire pierre par pierre puis remonter à l’identique en Floride, avec palmiers et soleil alentour, se montre plus dynamique et accentue le comique de situation mais surtout la charge satirique à l’encontre des américains. Ces derniers sont incarnés par le personnage du père de Peggy (brillamment interprété par Eugene Pallette), homme très riche qui veut quasiment transformer le château écossais en attraction spectaculaire ! Exit l’histoire du château, ses traditions, sa genèse ! Place à la surenchère et au grand spectacle ! Invitant toute une foule de personnalité, dont Elsa Lanchester, qui a été la fiancée de Frankenstein la même année dans le film éponyme, le père de Peggy mise sur la légende voulant que le château soit hanté ! Comme il ne croit pas aux spectres, il demande à Donald de jouer ce rôle ! Mais Murdoch est bien présent, malgré le voyage des terres écossaises en Amérique et malgré la déconstruction/reconstruction  du château. Il va pouvoir enfin satisfaire son père et briser la malédiction. Je ne vous dirais pas comment évidemment, pour ne pas vous gâcher le plaisir de le découvrir par vous-même. Si on trouvera au final Fantôme à Vendre un peu désuet vis-à-vis de sa réputation, on appréciera néanmoins la réalisation classieuse (mais classique) de René Clair, un humour british bien en place, quelques effets-spéciaux poétiques et des personnages attachants. Un film au charme nostalgique, maîtrisé mais qui a tout de même pris un sacré coup de vieux et a perdu un peu de sa superbe...

* Disponible en DVD chez ELEPHANT FILMS

NOTE : 3/6



samedi 28 juin 2014

L'HOMME QUI POUVAIT ACCOMPLIR DES MIRACLES

L'HOMME QUI POUVAIT ACCOMPLIR DES MIRACLES
(The Man Who Could Work Miracles)

Réalisateur : Lothar Mendes, Alexander Korda 
Année : 1936
Scénariste : H.G. Wells, Lajos Biró
Pays : Angleterre
Genre : Comédie, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Roland Young, Ralph Richardson, Edward Chapman, Ernest Thesiger, Sophie Stewart...


L'HISTOIRE : George Fotheringay est un homme simple, travaillant comme drapier dans une importante entreprise. Un soir, une divinité céleste, très intéressé par le comportement des humains, lui offre le pouvoir absolu : celui de faire des miracles. Seule restriction, celle de ne pouvoir influencer le comportement émotionnel des personnes. Rapidement, la vie de Fotheringay se trouve bouleversé, pour le meilleur mais pas toujours...

MON AVIS : Le triomphe des films de la Universal incite le célèbre Alexander Korda à se lancer lui aussi dans l’aventure du cinéma fantastique. L’homme fait une première collaboration avec le non moins célèbre écrivain H.G.Wells qui scénarise lui-même une de ses nouvelles pour ce qui deviendra au cinéma La Vie Future, réalisé par William Cameron Menzies en 1936. Les deux hommes décident de collaborer à nouveau la même année et adaptent un autre récit de Wells, qui le scénarise à nouveau. Mais des tensions apparaissent entre les deux hommes et Korda fait remanier le scénario par Lajos Biró. Sous la direction de Lothar Mendes, mais aussi avec des prises de vues exécutées par Korda lui-même, L’Homme qui pouvait accomplir des Miracles sort également en 1936 et se révèle être une petite comédie fantastique sans prétention autre que de divertir, tout en ayant néanmoins un discours un tantinet philosophique et moral derrière son propos, à même de faire réfléchir les spectateurs. En effet, le personnage principal, superbement interprété par Roland Young, se voit doter du don de réaliser n’importe quel miracle. Faire apparaître des fleurs, guérir une entorse, faire disparaître des tâches de rousseur, faire apparaître de la nourriture. Des petites prouesses sans grande répercussion sur le monde qui entoure notre gentil héros. Mais un tel pouvoir attire vite des convoitises et de nombreuses personnes ne tarderont pas à venir prodiguer des conseils à notre pauvre bougre, qui se voit vite dépassé par les événements. Doit-il céder aux avances de son patron et lui réserver l’exclusivité de son don, afin de faire prospérer ses entreprises et lui permettre d’avoir le monopole mondial dans l’industrie du textile ?  Doit-il suivre les conseils du vicaire, désirant éradiquer la guerre, les discriminations, les maladies et offrir l’abondance à chaque être humain, les privant du « besoin », notion nécessaire la vie en société ? Ou doit-il simplement penser à lui et faire ce qu’il lui semble juste tout en bénéficiant du côté positif de son don ? Des conflits d’intérêt apparaissent donc entre les riches, les pauvres, les vertueux, les cupides, pensant plus à eux-mêmes qu’aux autres. Ce qui semblait être un pouvoir des plus réjouissants au premier abord se transforme vite en un poids sur les épaules vulnérables de ce pauvre monsieur Fotheringay, qui comprend rapidement que chaque partie souhaite le manipuler. Avec cette critique du pouvoir, L’Homme qui pouvait accomplir des miracles se montre donc plus intelligent qu’il ne veut le faire paraître. Ce qui ne l’empêche pas de remplir sa fonction primaire, à savoir celle de nous faire rire et de nous faire passer un bon moment devant notre écran. Les miracles qu’accomplit ce brave monsieur Fotheringay jouent admirablement bien sur le comique de situation et si on ne rit pas à gorge déployée, on sourit souvent devant ces facéties fantastiques, qui bénéficient en outre d’effets-spéciaux de bonne facture. Lampe à bougie qui se retrouve la tête en bas, lit qui décolle du sol, transformation des habits d’une jeune femme en tenue de Cléopâtre, apparition/ disparition d’objets, changement d’une cave pleine de whisky en eau et ce, pour le plus grand déplaisir de son propriétaire et même envol d’un policier directement… aux Enfers ! Roland Young interprète ce faiseur de miracle de façon exemplaire, nous apparaissant presque un brin benêt  mais en tout cas, d’une gentillesse à toute épreuve. Face à lui, on trouve des têtes bien connus, comme celle de Sir Ralph Richardson, l’un des acteurs les plus réputés d’Angleterre, ou celle d’Ernest Thesiger, le célèbre docteur Prétorius vu dans La Fiancée de Frankenstein. Un casting bien en place au service d’une comédie fantastique légère mais rigoureuse, et fortement marquée par son époque, ce qui est loin d'être un point négatif si vous êtes fans des films d'antan. On appréciera la scène finale, dotée d’un monologue des plus efficaces et d’un retournement de situation qui justifie la réflexion et la thématique énoncées durant tout le film. Et vous, que feriez-vous si vous aviez le pouvoir absolu ?

* Disponible en DVD chez ELEPHANT FILMS

NOTE : 4/6



vendredi 27 juin 2014

SUPERARGO CONTRE DIABOLIKUS

SUPERARGO CONTRE DIABOLIKUS
(Superargo contro Diabolikus)

Réalisateur : Nick Nostro   
Année : 1966
Scénariste : Jaime Jesús Balcázar  
Pays : Italie, Espagne
Genre : Action, Policier, Super-héros
Interdiction : /
Avec : Giovanni Cianfriglia, Gérard Tichy, Loredana Nusciak, Francisco Castillo Escalona...


L'HISTOIRE : Lors d’un combat, le catcheur Superargo tue accidentellement son ami, le Tigre. Décidé à se retirer du ring, il est appelé par le colonel Kinski pour une dangereuse mission. En effet, une bande de pirates dirigée par le malfaisant Diabolikus sévit dans les mers des Caraïbes, voulant collecter de l’uranium dans le but de dominer le monde. Vêtu de son costume rouge et noir, et emportant ses nombreux gadgets, Superargo accepte la mission et vole à la recherche de Diabolikus, soutenu dans cette périlleuse mission par son amie Lidia...

MON AVIS : Vous êtes fans de Santo, le célèbre catcheur mexicain héros d'une pléthore de films ? Vous aimez les super-héros qui n'ont peur de rien ? Vous aimez les ambiances kitsch et les films divertissants, pas prise de tête ? Vous êtes accrocs au film d'espionnage et vous vénérez James Bond ? Alors Superargo contre Diabolikus est fait pour vous ! Co-production italo-espagnole de 1966 due à Nick Nostro, ce film est l'un des pionniers cinématographiques du genre Fumetti à base de super-héros ou de super-vilains, entendez par là "adaptation pour le cinéma d'une bande-dessinée ou d'un roman-photo italien avec des super-héros ou des super-vilains". Il partage cet honneur avec le Kriminal d'Umberto Lenzi et le Flashman contre les hommes invisibles, réalisé la même année. Trois films dont le succès ouvrira la voie à de nombreuses autres adaptations, telles Satanik, Le retour de Kriminal, Mister X, Danger Diabolik ou autres aventures des Trois fantastiques Supermen par exemple. Dans le film qui nous intéresse ici, l'hommage aux films de Santo saute aux yeux : tout comme le catcheur mexicain, Superargo est constamment revêtu de son superbe costume rouge et porte son masque en toute circonstance, que ce soit pour aller rendre visite à sa ravissante amie Lidia (Mónica Randall), pour assister à une réunion de la plus haute importance ou pour se faufiler incognito dans le repaire des ennemis ! Pas sûr que niveau discrétion, on soit dans le plus efficace mais niveau plaisir visuel, c'est le haut du panier car on imagine très bien notre super-héros prendre son bain ou aller pisser sans ôter son masque ! Bref, c'est kitsch à souhait et on savoure ce divertissement coloré et fun dans notre fauteuil comme des gamins régressifs qui en oublient toute logique. Car lorsqu'on regarde Superargo contre Diabolikus, on se fout de toute notion de rationalité, de crédibilité. On veut juste voir ce drôle de diable rouge, interprété par Giovanni Cianfriglia (mentionné sous son nom américanisé de Ken Wood), se battre, conduire son bolide, utiliser ses gadgets et mettre à mal les plans évidemment diaboliques de Diabolikus ! Ce dernier, comme tout méchant d'envergure, veut devenir le maître du Monde ! Rien que ça ! Si action il y a dans le film de Nick Nostro, avec moult bagarres (dont une très belle séquence sous-marine), elle ne prime pas tant que ça, se mettant souvent en retrait pour laisser place à une intrigue policière teintée d'espionnage qui, sans nous tenir vraiment en haleine il faut bien le reconnaître, s'avère suffisamment distrayante pour qu'on profite du spectacle sans que l'ennui ne vienne poindre le bout de son nez. On trouve en plus quelques jolies filles portant des tenues diversifiées de toute beauté et qui jouent les femmes fatales de deux côtés : déjà mentionnée, Superargo bénéficie du soutien de la charmante Lidia quand Diabolikus peut compter sur sa très méchante assistante, interprétée par Loredana Nusciak. Si Superargo contre Diabolikus apparaît le plus souvent d'une naiveté confondante, le film est traité avec un sérieux à toute épreuve, ce qui tend à rendre encore plus ahurissant le spectacle proposé et donc, encore plus jubilatoire. Le succès du film engendra d'ailleurs une suite en 1968, connu sous son titre français de L'invincible Superman ou sous son titre belge de Superargo contre les Robots.

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 4/6




jeudi 26 juin 2014

THE JUNGLE

THE JUNGLE
(The Jungle)

Réalisateur : Andrew Traucki   
Année : 2013
Scénariste : Andrew Traucki   
Pays : Australie
Genre : Found-footage, Horreur, Animaux dangereux
Interdiction : /
Avec : Budianthika, Rupert Reid, Agoes Widjaya Soedjarwo


L'HISTOIRE : Une équipe d’écologistes tente de retracer la route prise par l’insaisissable panthère de Java afin de la marquer et de protéger cette espèce en voie de disparition. L’expédition dans les profondeurs de la jungle indonésienne devient de plus en plus bizarre et se transforme rapidement en véritable enfer ! Traquée par un prédateur invisible et mortel, un animal hors de son milieu habituel, l’équipe se rend compte qu’il s’agit d’une nouvelle espèce qui n’a pas peur des humains, et pour cause : ceux-ci font office de nourriture…

MON AVIS : Pourquoi ? Pourquoi céder à l’appel du found-footage ? Car oui, The Jungle est un "film de documents retrouvés", entendez par là que tout le métrage est vu via les images filmées par l’un des héros, procédé censé apporter une touche de réalisme et de crédibilité au projet. Malheureusement, l’overdose des films utilisant ce mécanisme cinématographique depuis 1999 et Le projet Blair Witch est telle que bon nombre de spectateurs jette l’éponge avant même d’avoir vu les films en questions, redoutant l’effet "caméra parkinsonienne", le jeu approximatif du casting ou une réalisation hasardeuse provoquant plus un mal de crâne qu’une extase visuelle. Andrew Traucki sait manier une caméra, ça on le savait déjà en visionnant Black Water et The Reef, deux très bons films d'ailleurs. On partait donc un peu plus confiant dans le visionnage de son dernier film en date, qui nous présente un petit groupe de quatre hommes emmené par Larry, un expert en panthère, et qui est accompagné par son frère (qui tient la caméra, soit Andrew Traucki) et par deux guides locaux. Mais malgré le savoir-faire du réalisateur, tous les clichés et les poncifs inhérents au found-footage sont bel et bien présents, à notre grand regret : phase d’exposition bien trop longue, molesse de l’action, caméra qui bouge dans tous les sens lorsque le groupe se met à courir, scènes en mode vision nocturne (ça c’est sympa par contre, ça apporte une petite touche de stress supplémentaire) et intérêt lambda du spectateur devant les images qui défilent sur son écran et qui trouve le temps bien long. Par petites touches, le réalisateur tente de faire naître le suspense avec des bruitages, des grognements, des bruits de feuillages qui bougent mais honnêtement, on passe plus d’une heure sans qu’il ne se passe grand-chose d’intéressant et on a franchement l’impression de visionner un simple documentaire animalier dans lequel on aurait oublié le « héros » principal de l’aventure : le prédateur lui-même. L’engouement pour le found-footage de la part de nombreux réalisateurs indépendant vient justement du fait qu’on peut faire un film avec… rien. Il suffit de faire bouger des feuilles pour faire croire que quelque chose se cache dedans. On brode une histoire là-dessus, on place quelques cadavres d’animaux faisant penser qu’une bête plus dangereuse que les panthères se terre dans les parages et on fait attendre patiemment le spectateur qui doit être intrigué par tous ces éléments troublants, surtout quand une légende locale raconte qu’une créature monstrueuse se cache dans la jungle. Sauf que c’est plus l’ennui qui jaillit ici qu’un réel intérêt. Heureusement, le dernier quart d’heure apporte son lot de sensation et dynamise un rythme qui avait largement tendance à être soporifique. Notre petit groupe est pris à parti par « quelque chose » de très agressif et cette fois, le suspense fonctionne à plein régime, preuve qu’Andrew Traucki a du talent quand il se lance à corps perdu dans ce qu’il sait faire de mieux : le film d’agression animale. On en oubli d’un coup toute cette laborieuse première heure et on plonge dans l’action avec les protagonistes du film, bien décidé, comme eux, à savoir de quoi il en retourne. Les dernières images, dévoilant le pot-aux-roses, sont assez jouissives et permettent de conclure le film de manière positive. Mais au final, c’est bien la déception qui ressort du visionnage de The Jungle. Nul doute que le film aurait pris une autre dimension si l’aspect found-footage n’avait pas été retenu et que la violence, quasiment inexistante ici, le film pouvant être vu par tous les publics, se soit invitée dans une mise en scène traditionnelle qui aurait permis à Andrew Traucki de s’en sortir bien mieux. The Jungle est donc à réserver avant tout aux fans complétistes du réalisateur mais surtout aux amateurs de faux documentaire qui lui trouveront certainement plus de qualité que moi.

* Disponible en DVD chez WILD SIDE VIDEO

NOTE : 2/6



mercredi 25 juin 2014

LA RÉVOLTE DES TRIFFIDES

LA RÉVOLTE DES TRIFFIDES
(The Day of the Triffids)

Réalisateur : Steve Sekely, Freddie Francis  
Année : 1962
Scénariste : Bernard Gordon  
Pays : Angleterre
Genre : Science-Fiction, Extraterrestres, Film catastrophe
Interdiction : /
Avec : Nicole Maurey, Howard Keel, Janette Scott, Kieron Moore, Janina Faye...


L'HISTOIRE : Une pluie de météorites s’abat sur la Terre. L’aura multicolore provoqué par la désintégration des météorites pénétrant dans notre atmosphère donne lieu à un drame à l’échelle mondiale : la quasi majorité de la population qui regarde le spectacle est frappée de cécité. Les rares personnes ayant échappées à ce fléau vont devoir survivre à une autre menace tout aussi terrifiante : les triffides, petites plantes carnivores, se mettent à grandir de façon démesurée et à attaquer les humains. Bill Masen, aidé de la petite Susan, va tout faire pour rester en vie et tenter de gagner une zone militaire située en Espagne. Dans le même temps, isolés dans un phare transformé en laboratoire, les scientifiques Karen et Tom Goodwin tentent de percer le secret des triffides afin de trouver leur point faible et de les éradiquer…

MON AVIS : Adaptation assez libre d’un célèbre roman de John Wyndham datant de 1951 (on lui doit également en 1957 le roman ayant servi de base au film Le Village des Damnés), le film La révolte des Triffides de Steve Sekely accuse le poids des années notamment au niveau des effets-spéciaux des Triffides justement, qui feront bien sourire de nos jours. On distingue le costume de caoutchouc à cent mètres et ces drôles de créatures végétales se rapprochent plus des « Craignos Monsters » que d’une véritable réussite formelle niveau design. Ce qui n’empêche pas le film d’être un divertissement de bonne qualité et tout à fait recommandable. L’histoire (ou devrais-je dire "les histoires") est intéressante et les séquences montrant le héros interprété par Howard Keel déambuler dans un Londres dévasté, abandonné et privé de la majorité de sa population, devancent de plusieurs décennies les scènes similaires vues dans le 28 jours plus tard de Danny Boyle. L’aspect "film catastrophe" est bien mis en avant, flirtant même avec l'ambiance du "film post-apocalyptique" et les mésaventures de Bill Masen et de la petite Susan ne manquent pas de nous divertir, les catastrophes naturelles dues à la cécité des habitants (déraillement d’un train, crash d’un avion, accident de voitures…) succédant aux attaques des Triffides. Peu nombreuses au départ, les plantes se multiplient à une vitesse folle et leurs rangs ne cessent de s’accroître sans que personne ne trouve le moyen de les stopper. Insensible aux balles, au feu, ces végétaux carnivores semblent donc en passe de dominer le monde et de remplacer la vie humaine. La lutte pour la survie est donc l’un des enjeux du film, tout comme la préservation de l’humanité. Les rares survivants non aveugles tentent de se regrouper et de venir en aide à son prochain face à cette invasion aussi soudaine qu’inattendue. Parallèlement aux déambulations de Bill et de Susan, on trouve donc une seconde trame scénaristique, vraisemblablement mise en scène par Freddie Francis suite à la demande des producteurs qui ne trouvaient pas le film assez dynamique. Avec cette histoire se déroulant dans le phare et mettant en vedette un couple à la limite de la rupture, le film gagne effectivement en efficacité. Devenu alcoolique et n’ayant plus foi en son travail de biologiste, Tom Goodwin va pourtant devoir prouver qu’il en a encore dans le pantalon afin de protéger sa femme Karen des attaques de Triffides. Le décor du phare, perdu au beau milieu de la mer, transforme les scènes en un huis-clos infernal, puisque toute tentative de fuite est inutile pour les deux occupants. L’actrice qui joue Karen,  Janette Scott, nous gratifie alors de quelques hurlements de terreur bien sentis et d’une interprétation convaincante. Si les séquences faisant apparaître Bill Masen font très science-fiction, avec ces paysages dévastés, ces véhicules vides abandonnées sur la route et cette poignée de survivants qui tentent de résister, celles mettant en vedette le couple Goodwin jouent plus sur l’aspect épouvante et terreur indicible, se révélant encore plus passionnantes que le reste. Le final, qui voit les Triffides envahir l’intérieur du phare est riche en suspense et on se demande bien comment le couple va pouvoir s’en sortir. Si La révolte des Triffides n’est pas exempt de quelques menus défauts, ce film de 1962 est encore tout à fait acceptable et son côté kitsch participe grandement au plaisir ressenti durant sa vision. Considéré comme un petit classique de la science-fiction anglaise, bénéficiant d’effets-spéciaux réussis (la pluie de météorites et ses belles couleurs dans le ciel), d’une histoire originale et de monstres plus qu’intriguant, le film de Steve Sekely n’a pas à rougir de la comparaison d'avec ses voisins américains. Ceux qui ont lu le livre de  John Wyndham lui reprocheront sans doute son manque de fidélité et préféreront visionner la série éponyme réalisée en 1981 ou le téléfilm de 2009. Mais les vrais fans de film vintage se tourneront quant à eux vers le long métrage de 1962, qui leur offrira tout ce qu’ils attendent d’un film de SF de cette décennie. Et puis ne boudons pas notre plaisir de voir l'action se déplacer de l'Angleterre à la France, avec Toulon mis à feu et à sang. A redécouvrir sans hésiter !

* Disponible en DVD chez SIDONIS CALYSTA

NOTE : 4/6



lundi 23 juin 2014

SX TAPE

SX TAPE
(Sxtape)

Réalisateur : Bernard Rose  
Année : 2013
Scénariste : Eric Reese 
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Found-footage
Interdiction : -12 ans
Avec : Caitlyn Folley, Julie Marcus, Chris Coy


L'HISTOIRE : Jill est artiste-peintre. Voulant la révéler au public, son petit ami Adam décide de la filmer continuellement pour mettre en valeur son travail. De fil en aiguille, le jeune homme a l’idée de réaliser une « sex tape » et trouve comme décor un vieil hôpital abandonné. La jeune femme voit dans ce décor sordide un lieu qui pourrait servir à faire une future exposition. Toujours sous l’œil de la caméra d’Adam, Jill se laisse convaincre pour la « sex tape » mais des événements étranges vont se produire et transformer cette expérience excitante en un vrai cauchemar…

MON AVIS : Passionné par le cinéma dès l’âge de neuf ans, le réalisateur Bernard Rose s’est fait connaître des amateurs de fantastique en 1988 avec Paperhouse.  Quatre ans plus tard, il récidive de manière encore plus époustouflante avec le culte Candyman, créant par la même occasion une nouvelle icône de l’horreur. Il délaisse l’horreur et le fantastique durant les années suivantes pour y revenir en 2005 avec Snuff Movie puis en 2013 avec Sx Tape. Pour ce film, Bernard Rose cède à la mode du found-footage, procédé mis en avant par Le projet Blair Witch en 1999 et Rec en 2007. Dans Sx Tape, un enquêteur interroge une jeune femme et lui demande ce qu’il s’est passé dans un vieil hôpital abandonné, tout en lui annonçant que son petit ami a été retrouvé mort. L’enquêteur lui apprend que la vidéo filmée par son petit ami a été retrouvé. Et c’est donc cette vidéo qu’on va avoir le privilège de visionner. Qui dit found-footage dit caméra qui bouge dans tous les sens et mal de tête assuré. Si on retrouve quelques plans de la sorte dans le film de Bernard Rose, la majorité des images présentées est assez bien filmée et résolument posée, ce qui n’est pas un mal. Il faut savoir que c’est Bernard Rose lui-même qui tient la caméra dans la quasi-totalité du film et que l’acteur interprétant Adam n’est intervenu que très rarement à ce niveau. De l’aveu même du réalisateur, Sx Tape ne contient pas grand-chose : un couple, une caméra et un endroit sordide. Le défi étant de faire naître une tension, un malaise, de créer le suspense à partir de ces éléments. Si le début du film est passablement ennuyeux, même s’il nous permet de faire connaissance avec Jill et Adam et d’apporter une petite touche érotique assez soft, une fois dans l’hôpital à l’abandon, le rythme devient un peu plus percutant et le travail sur le son, les bruitages, parvient à créer la tension recherchée. L’ambiance devient assez anxyogène et réserve quelques petits frissons. A titre d’exemple, quand Jill est attachée sur un vieux lit et qu’elle attend le retour d’Adam, qui a laissé la caméra pointée vers sa fiancée, l’apparition d’une figure spectrale provoque un joli sursaut. Par la suite, ce sont vraiment les bruits, et le décor particulièrement sordide, qui parachèvent de faire pointer l’angoisse. Il faut dire que cet hôpital a déjà fait l’objet de plusieurs investigations paranormales car il serait véritablement hanté ! Du pain béni pour la production et l’équipe artistique du film ! Avec cette curieuse apparition, le réalisateur insinue le doute dans l’esprit du spectateur. Y’a-t’il réellement un fantôme dans ces lugubres corridors ? Est-ce l’âme perdue d’une ancienne patiente qui rôde ici et s’en prend à notre couple ? Un mystère qui finira par trouver sa solution lors d’un final qu’on peut aisément deviner si on est habitué à ce genre de scénario. L’introduction d’un couple d’amis dans l’histoire permet également à Bernard Rose de dynamiser un peu son film et d’apporter un peu de sang neuf au couple formé par Adam et Jill. Cette dernière est interprétée par Caitlyn Folley, jeune comédienne qui est aussi artiste-peintre, ce qui a bien aidé Bernard Rose. L’actrice s’en sort plutôt pas mal et assure ce qu’il faut dans les scènes de terreur. Comme souvent dans les found-footage, le personnage qui tient la caméra a parfois des comportements inacceptables, préférant continuer à filmer plutôt que d’aider sa compagne qui saigne du nez. On se demande également quel est l’intérêt de laisser la caméra allumée quand la situation devient stressante et qu’il faut réagir vite face à une menace qui semble se rapprocher. Des détails un peu gênants mais forcément, si on coupe la caméra, il n’y a plus de film ! Sans révolutionner quoi que ce soit, Bernard Rose sans sort avec les honneurs et livre avec Sx Tape un found-footage dans la bonne moyenne. Avec un titre pareil, le spectateur qui s’attendait à de nombreuses scènes coquines en sera pour ses frais, le scénario préférant bifurquer dans les profondeurs de l’âme humaine. Les réfractaires au genre passeront leur chemin, les autres se laisseront prendre par la main et devraient se laisser avoir par des effets sonores et visuels efficaces, ainsi que par l'ambiance claustrophobique bien mise en avant, prouvant qu’avec pas grand-chose à filmer, un réalisateur talentueux peut parvenir à faire naître la peur. 

* Disponible en DVD et BR chez WILD SIDE VIDEO

NOTE : 3/6



samedi 14 juin 2014

INDEPENDENCE DAYSASTER

INDEPENDENCE DAYSASTER
(Independence Daysaster)

Réalisateur : W.D. Hogan 
Année : 2013
Scénariste : Sydney Roper, Rudy Thauberger 
Pays : Canada
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Casey Dubois, Iain Belcher, Andrea Brooks, Tom Everett Scott, Keenan Tracey, Garwin Sanford


L'HISTOIRE : Le 4 juillet, jour de la fête nationale des Etats-Unis, la planète est attaquée par des forces extraterrestres. Le seul espoir réside alors dans un duo de choc improbable : celui d'un pompier d'une petite ville et d'un scientifique un peu fou. Ensemble, ils sont les seuls à pouvoir mettre au point l'arme qui sauvera l'humanité toute entière…

MON AVIS : Réalisateur en 2005 de Soldier of God puis de Behemoth, la créature du volcan et Planète Terre en danger en 2011, trois téléfilms passés relativement inaperçus il faut bien le reconnaître, W.D. Hogan remet le couvert en 2013, après être passé par la case « série télé », avec Independence Daysaster, téléfilm de science-fiction canadien qui mange à pas mal de râteliers comme vous allez pouvoir le constater. Une invasion extraterrestre le jour de l’indépendance américaine ? Bonjour Independence Day de Roland Emmerich évidemment. Des entités extraterrestres ayant la forme de machine sortant de sous la terre pour nous anéantir ? Bonjour La Guerre des Mondes de Steven Spielberg ! Un recyclage sauvage qui ne s’arrête pas là et brasse des tonnes de clichés ad nauseam. Franchement, les films qui mettent en avant des enfants sauveurs du monde, j’en ai ras la casquette. Ok, c’est pour du divertissement familial, censé plaire aux petits comme aux grands, mais quand même ! Ici, c’est le fils du Président lui-même l’un des héros, accompagnés par une copine qui est évidemment une crack en informatique et par la sempiternelle figure du pompier (son oncle), comme s’il n’y avait que ces derniers qui sauvait des vies. Pire que tous, le Président des Etats-Unis, seul survivant d’un crash d’hélicoptère ( quelle chance quand même !), va tomber sur deux geeks perdus en pleine campagne, et qui ont la fibre optique, la 3G, la 4G, le satellite et un matériel informatique de dernier cri. Bien sûr, les deux ados se révèlent être évidemment de redoutables hackers, parvenant à détourner les codes de l’armée rien qu’en fermant les yeux et en tapotant sur le clavier ! Pratique pour mettre le Président en contact avec ses conseillers, certes, mais bon, niveau crédibilité, je ne sais pas trop, moi j’ai eu plutôt du mal à gober tout ça. Ce n’est pas que les acteurs soient mauvais, au contraire, ils font leur travail et ce, de manière plus que correcte. Mais les entendre débiter autant d’âneries ou de répliques bien lourdes, ça ne tire pas vraiment le téléfilm vers le haut. En plus, le scénariste a boosté l’aspect patriotique de l’histoire et cette mise en avant de l’Amérique toute puissante est tout aussi gonflante que dans Independence Day. On le sait déjà que l’Amérique est la seule nation qui peut sauver le monde, même sans l’intervention de Bruce Willis, donc pas la peine de nous le répéter sans cesse. Malgré ces remarques fâcheuses, tout n’est pas à jeter dans Independence Daysaster. W.D. Hogan s’en sort plutôt pas mal niveau rythme, l’action est bien présente à l’écran et ne nous laisse pas souvent le temps de nous ennuyer. L’histoire met aussi en avant la soif de pouvoir du vice-Président, qui ne prendra que des mauvaises décisions, aveuglés par son nouveau rôle à tenir et son amour de la guerre. Toute ressemblance avec un ancien Président ne serait que fortuite. Niveau effets-spéciaux, c’est le règne de l’image de synthèse comme on pouvait s’en douter. Si certaines incrustations sont assez hasardeuses ou trop voyantes, la majorité des CGI est assez bien réalisée et nous en donne pour notre argent. Les extraterrestres ont une apparence de sphères foreuses qui sortent de terre, peuvent voler, s’ouvrir en deux pour laisser apparaître une lame dentée acérée (on croirait des Golgoth dans Goldorak…), pratique pour aller exploser les avions de défense de l’armée. On assiste à pas mal de scènes de destruction, le film, comme son titre l’indique, mêlant film catastrophe et science-fiction. Les rebondissements sont multiples et les attaques des êtres venus d’ailleurs assez nombreuses. Le final dans l’espace est assez plaisant et le plan final bien dans l’esprit 80’s. Bref, Independence Daysaster est un téléfilm qui reste d’un niveau assez correct pour ce type de production SyFy, entaché par un scénario fourre-tout, passe-partout et sans originalité aucune. Contradictoirement, ça se laisse regarder sans déplaisir, en famille, tout en restant dispensable… 

* Disponible en DVD et BR chez Free Dolphin / Zylo

NOTE : 3/6


vendredi 13 juin 2014

KRIMINAL

KRIMINAL
(Kriminal)

Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1966
Scénariste : Umberto Lenzi, David Moreno, d'après les fumetti de Luciano Secchi
Pays : Italie, Espagne
Genre : Policier, Aventure
Interdiction : -12 ans
Avec : Glenn Saxson, Helga Liné, Andrea Bosic, Ivano Staccioli, Susan Baker


L'HISTOIRE : Kriminal est un redoutable criminel spécialisé dans les vols spectaculaires. Son dernier méfait, le vol de la couronne royale d'Angleterre, lui a valu son arrestation et il doit être exécuté par pendaison. Heureusement, la corde cède au moment fatidique et Kriminal parvient à s'échapper. Ce que notre super-criminel ignore, c'est que sa chance n'est due qu'à l'inspecteur Milton, qui avait préparé cette évasion afin de le faire suivre pour retrouver la couronne royale. Mais Kriminal est bien plus malin que les policiers et il parvient à leur échapper. Bon joueur, il rend la couronne à Milton tout en se moquant de lui. Quelques temps après, Kriminal apprend de son ex-femme qu'un important transport de diamants doit avoir lieu. Une aubaine pour notre super-criminel qui va rivaliser d'ingéniosité pour s'en emparer. Mais d'autres personnes ont également dans l'idée de s'approprier les diamants...

MON AVIS : Adaptation cinématographique d'un célèbre Fumetti (les bandes-dessinées italiennes, la plus connue étant Diabolik, adaptée par Mario Bava au cinéma en 1968), Kriminal est un divertissement fort enjoué, sans temps morts, du à Umberto Lenzi, qu'on ne présente plus. On peut voir dans le personnage de Kriminal l'antithèse de James Bond, même si nos deux héros ont énormément de points  communs. Kriminal est en effet un beau gosse d'une trentaine d'années, qui parvient toujours à se tirer d'affaire, utilisant moult déguisements pour passer inaperçu ou se sortir de situations impossibles. Homme à femme, Kriminal les fait toutes tomber dans ses bras et plus si affinités. Il maîtrise également l'art du combat, se montre très agile pour escalader les façades d'immeubles ou sauter sur le toit d'un train en marche. Principale différence avec le héros d'Ian Fleming, Kriminal n'agit que pour son plaisir personnel et tous ses actes sont répréhensibles par la loi. Il n'hésite pas à frapper les femmes, à tuer ses ennemis ou tout ce qui se met en travers de sa route. Bref, Kriminal est le mal incarné sous une apparence d'ange et le pire dans tout ça, c'est que nous, spectateurs, on se place de son côté, du côté du méchant, et qu'on en redemande, applaudissant quand il parvient à ridiculiser la police par des stratagèmes hors du commun. J'ai adoré son costume, en forme de squelette, et c'est un vrai plaisir que de le voir sous ce déguisement. Le film n'est pas avare en action, avec de nombreuses bagarres, les séquences prennent place en divers endroits du globe (Italie, Angleterre, Istanbul...), et les femmes que rencontrent Kriminal sont toutes d'une beauté renversante, notamment Helga Liné qui incarne deux jumelles au sourire ravageur. Aventure, dépaysement, rebondissements à tout va, action et humour, voilà donc un cocktail hautement sympathique pour un bon moment de détente avec un super-vilain charismatique, qu'on retrouvera deux ans plus tard dans Le Retour de Kriminal !

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 4/6




lundi 9 juin 2014

BEYOND THE GRAVE

BEYOND THE GRAVE
(Porto dos Mortos)

Réalisateur : Davi de Oliveira Pinheiro
Année : 2008
Scénariste : Davi de Oliveira Pinheiro
Pays : Brésil
Genre : Horreur, Post-nuke, Zombies
Interdiction : -12 ans
Avec : Rafael Tombini, Alvaro Rosacosta, Ricardo Seffner, Amanda Grimaldi...


L'HISTOIRE : Dans un monde post-apocalyptique, dans lequel toute vie humaine a quasiment disparu au profit des zombies, un officier de police traque inlassablement le Dark Rider, un sérial-killer possédé par un esprit qui le rend immortel. Sur sa route, l'officier va rencontrer un couple d'adolescents qui va poursuivre sa quête avec lui...

MON AVIS :  Après une première annonce faite en 2005, le tournage de Beyond the Grave a débuté en 2008 et la post-production a été complète en 2010 ! Réalisation indépendante en provenance du Brésil (le pays de José Mojica Marins quand même, excusez du peu !), due à Davi de Oliveira Pinheiro, qui est également le scénariste et le producteur du film, Beyond the Grave se veut un mélange de diverses influences, mélangeant les codes du film post-nuke (avec nombreux paysages désertiques et quasi absence de présence humaine), au film de zombies (les morts-vivants déambulent deci-delà) mais aussi au western (le héros mutique, la tenue du méchant) et au film de possession et de sorcellerie (il y a un esprit qui change de corps une fois ce dernier devenu mort en récitant une incantation). Le film nous parle des sept portes de l'Enfer (bonjour Lucio Fulci), le héros rencontre une poignée de survivants réfugiée dans une école abandonnée et commandée par un noir (bonjour George Romero), il conduit une voiture de police sur de longues routes désertes et ensoleillées (bonjour Mad Max) et j'en passe. Film référentiel, ce mélange de genre aurait pu être des plus divertissants mais l'ambition affichée est clairement revue vers le bas, du au manque d'un budget conséquent pour mener le projet de façon efficace. La mise en scène est classique mais correcte, la photographie plutôt jolie. Ce qui risque le plus de décontenancer le spectateur, c'est le rythme, ou plus précisément le manque de rythme. Très contemplatif, misant sur de nombreuses séquences de dialogues qui viennent amoindrir la dynamique déjà peu enlevée, Beyond the Grave ne réserve que peu de surprises ou d'action et quand cette dernière est présente à l'écran, c'est plus l'ennui qui vient prendre le dessus, la faute à des chorégraphies exécutées au ralenti qui se révèlent peu entraînantes. De plus, la menace zombie n'est pas franchement mise en avant. Quelques spécimens viennent légèrement ennuyer la pérégrination de notre héros mais dans l'ensemble, les zombies restent plutôt tranquilles et ne se montrent guère agressifs. On notera tout de même des maquillages assez réussis. Le héros, parlons-en d'ailleurs. Interprété par Rafael Tombini, il se balade avec un sabre (Bonjour Walking Dead), il n'est pas très causant, comme le prouve une scène assez amusante dans laquelle l'adolescent se voit contraint de faire un dialogue à lui tout seul, son nouveau compagnon restant dans un mutisme total. Surtout, il est à la recherche d'un serial-killer au pouvoir surnaturel. Une idée pas plus bête qu'une autre mais il est assez dommage que le scénario ne développe pas plus cet aspect et ne donne pas toujours assez d'explications aux spectateurs pour comprendre l'intrigue principale. Que sont ces portes de l'Enfer ? Qui est le Dark Rider, quel est son but ? Pourquoi le héros en fait une affaire personnelle de longue date ? Pas mal de questionnement qui reste sans réponse et qui nous plonge souvent dans la perplexité. Il en va de même pour la majorité des personnages, qui n'ont pas réellement une véritable fonction au sein du récit. Les deux adolescents ne servent pas à grand chose si ce n'est de meubler un peu la vie du héros. On ne saura pas non plus pourquoi la jeune fille est muette. La découverte d'un groupe de survivant ne provoque pas non plus d'événements propre à faire véritablement évoluer l'histoire. Beyond the Grave brasse donc large et malgré un côté étrange et parfois intriguant (le serial-killer est accompagné par une sorte d'indien et par un homme qui, lorsqu'il joue de l'harmonica, provoque des saignements et un mal de tête atroce chez ses victimes), il ne parvient pas vraiment à convaincre car on ne sait pas trop où le réalisateur veut nous emmener. Trop de paroles, pas assez d'action, pas assez de gore et trop de mystères empêchent ce road movie horrifique et parfois poétique d'être vraiment efficace, malgré de bonnes idées. Saluons néanmoins cette tentative de faire du cinéma de genre au Brésil et souhaitons à Davi de Oliveira Pinheiro de persévérer dans cette voie...

NOTE : 2/6



dimanche 8 juin 2014

LA FEMME SCORPION 4 : LA MELODIE DE LA RANCUNE

LA FEMME SCORPION 4 : LA MELODIE DE LA RANCUNE
(Joshû sasori: 701-gô urami-bushi / Female Prisoner Scorpion: #701's Grudge Song)

Réalisateur : Yasuharu Hasebe
Année : 1973
Scénariste : Tooru Shinohara
Pays : Japon
Genre : Drame, W.I.P.
Interdiction : -16 ans
Avec : Meiko Kaji, Masakazu Tamura, Yumi Kanei, Sanae Nakahara...


L'HISTOIRE : Toujours en cavale, Nami Matsushima se faire prendre par l'inspecteur Kodama mais parvient encore à s'enfuir. Blessée, elle trouve de l'aide auprès de Yasuo Kudo, un technicien travaillant dans un cabaret de strip-tease. Ayant lui aussi subit des violences policières de par le passé, Kudo va tout faire pour que Kodama ne mette pas la main sur la femme scorpion...

MON AVIS : Déçue par la tournure qu'à fait prendre le réalisateur Shunya Ito à la saga avec l'épisode 3 (le pourtant très réussi La Tanière de la Bête), la firme Toei décide de le remplacer et de produire rapidement un quatrième volet aux aventures de Nami. Ce sera donc La Mélodie de la Rancune, mis en scène par Yasuharu Hasebe, toujours en 1973 et toujours avec l'actrice Meiko Kaji, dont ce sera la dernière participation en tant que femme scorpion. Ce nouveau metteur en scène est-il parvenu à assurer comme Shunya Ito ? La réponse est non. On assiste à la première grosse baisse de régime de la saga, la faute à une réalisation académique, sans réelle saveur ni prise de risque, auquel on ajoutera un scénario pas franchement folichon et qui en oublie presque son héroïne, au profit du personnage de Yasuo Kudo. Ce dernier, interprété par Masakazu Tamura, prend en effet une place prépondérante dans l'histoire et s'il assiste Nami, et que cette dernière en tombera même amoureuse, on regrette que Yasuharu Hasebe s'intéresse plus à lui, lui offrant de nombreuses scènes durant une bonne partie du métrage, tandis que Meiko Kaji attend patiemment son retour, restant planquée pour échapper à l'inspecteur. Résultat : baisse de rythme et scènes répétitives (la police les débusque, ils s'enfuient dans une nouvelle planque ; la police les débusque, re-fuite...). Plus intéressant est sans conteste le personnage de l'inspecteur justement ! Une vraie ordure, une pourriture de la pire espèce, qui n'hésite pas à maltraiter ceux qu'il arrête, et lors d'un flashback, on découvrira que Yasuo Kudo a déjà eu maille à partir avec lui. Une séquence très cruelle, violente et sadique, qui fera certainement grimacer de douleur la gent masculine. Ce vil monsieur versera dans la cruauté tout au long du film et on n'a qu'une envie, que Nami lui règle son compte ! Cette partie  du film mettant en avant la traque et la relation Nami / Kudo, sans être mauvaise, se montre très inférieure aux trois précédents volets, que ce soit en terme d'ambiance, de mise en scène, d'originalité ou de recherche visuelle. Une baisse de régime flagrante qui nous fait clairement comprendre que la Toei a fait le mauvais choix en évinçant Shunya Ito. Une fois Nami rattrapée et à nouveau envoyée en prison, on revient au genre du women in prison et on se dit que La Mélodie de la Rancune va peut-être enfin décoller véritablement. Manque de bol, tout est filmé sans génie aucun et le réalisateur se contente de recycler les clichés inhérents au genre, sans jamais tenter de les transcender ou d'apporter une once d'imagination aux séquences se déroulant dans la prison. Il faudra alors attendre un ultime rebondissement permettant à Nami de s'évader à nouveau pour que le film se pare d'une séquence somptueuse, nous ramenant à La Femme Scorpion de 1972. La vengeance organisée de Kodama envers Nami constitue le meilleur moment et ce ciel qui passe du rouge au bleu est de toute beauté et nous offre un vrai plaisir visuel. L'ultime scène, attendue, replonge dans le classicisme et parachève un long métrage qui se révèle au final assez décevant et qui clôture, pour un temps, une saga de très bonne qualité compte tenu des trois premiers épisodes.

NOTE : 3/6



samedi 7 juin 2014

HER NAME WAS TORMENT

HER NAME WAS TORMENT
(Her Name was Torment)

- Visionné durant le Sadique Master Virtual Festival -

Réalisateur : Dustin Mills
Année : 2014
Scénariste : Dustin Mills
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Gore, Expérimental
Interdiction : -16 ans
Avec : Allison Fitzgerald, Jackie McKown, Dustin Mills, Brandon Salkil...


L'HISTOIRE : Une jeune femme est accusée de 27 meurtres. Semblant totalement déconnectée de la réalité, un psychiatre va tenter de comprendre son parcours et ses motivations...

MON AVIS : Dustin Mills est un réalisateur indépendant qui a déjà pas mal de films derrière lui quand il réalise Her Name was Torment en 2014. On citera The Puppet Monster Massacre en 2010, Zombie A-Hole en 2012, Night of the Tentacles, Easter Casket ou Skinless en 2013 par exemple. D'après certaines sources, Her Name was Torment n'aurait coûté que dans les 500 $ ! Une somme dérisoire pour un résultat qui lui est très largement supérieur ! Je peux même dire que le moyen-métrage de Dustin Mills (50 minutes environ) est un petit bijou malsain, intriguant et redoutablement efficace. Destiné à un public averti, Her Name was Torment nous entraîne avec lui pour un voyage sans retour dans la folie humaine. On suit l'interrogatoire du psychiatre qui est entrecoupé par la vision d'un des meurtres commis par la jeune femme dont on ne verra jamais le visage. Les questions posées par le médecin sont tout d'abord basiques (quel est ton nom, sais-tu pourquoi tu es ici, as-tu conscience de ce que tu as fait...) puis prennent une tournure de plus en plus intéressante en fonction des réponses fournies, plongeant le spectateur dans une ambiance sombre, glauque mais surtout qui nous interroge sur les mystères même de l'âme humaine et sa défaillance. Comment une personne "normale" peut en arriver à commettre des crimes monstrueux parce qu'elle entend des "voix" qui lui ordonnent de faire ces monstruosités ? Sur ce postulat de base, Dustin Mills peaufine sa mise en scène pour la rendre hypnotique, fascinante. Quand le médecin demande son nom à la femme, celle-ci reste muette mais le mot "Torment" apparaît en flash, tel une image subliminale, représentant la pensée de cette jeune femme. Un procédé ultra efficace qui capte notre attention d'entrée de jeu et nous laisse les yeux rivés sur notre écran, impatient d'en savoir plus. Ces entretiens sont donc fractionnés par des scènes dans lesquelles Torment (appelons-là comme ça) va torturer une de ses victimes. Torture et sadisme sont de rigueur et les yeux timorés peuvent passer leur chemin : arrachage de dents et d'ongles à la tenaille, coup de cutter, énucléation d'un globe occulaire à la petite cuillère, section des lèvres, éviscération et autres abominations sont au rendez-vous, bénéficiant d'effets-spéciaux réussis. Le plus ignoble ayant été la séquence dans laquelle elle enfonce une longue aiguille dans l'oreille du pauvre garçon ! Ca fait très mal et j'ai bien serré les dents. La majorité du film est proposée en noir et blanc mais la couleur s'invite parfois, donnant à Her Name was Torment un côté expérimental appréciable, surtout que Dustin Mills sait tenir une caméra et propose des plans travaillés et bien en place. L'ambiance délétère fonctionne à plein régime, le masque portée par Torment et le décor minimaliste créent un climat anxiogène percutant. Cerise sur le gâteau, une séquence de nécrophilie (clin d'oeil à la saga Nekromantik ?) révulsive, peu ragoûtante, et qui fait son petit effet. Si c'es séquences gores peuvent paraître gratuite, elles nous questionnent néanmoins car à chaque fois, Torment récupère ce qu'elle a prélevé de sa victime et les place dans des tubes à éprouvettes, et ce, de manière méticuleuse, comme si ces prélèvements étaient le but ultime des meurtres qu'elle commet. Une intuition qui sera confirmée par la suite. Quand au pourquoi, je vous laisse la surprise. La scène finale, dans laquelle Torment, après avoir terminé sa besogne, vient simplement manger un bol de céréales, fait froid dans le dos. La normalité derrière l'anormalité. Les derniers entretiens font un peu la lumière sur ses motivations et sur ces "voix" qu'elle entend et l'ultime question, reprenant le procédé du "flash subliminal" mais en changeant le mot, achève de nous clouer sur place, laissant à penser qu'une séquelle pourrait être engendrée ! Véritable révélation underground, Her Name was Torment fait partie de ces électrochocs inattendus dus à des réalisateurs totalement inconnus mais passionnés et qui mettent tout en oeuvre pour proposer un cinéma différent. Une vraie réussite, brillante et totalement maîtrisée.

NOTE : 5/6




vendredi 6 juin 2014

HATE CRIME

HATE CRIME
(Hate Crime)

- Visionné durant le Sadique Master Virtual Festival -

Réalisateur : James Cullen Bressack
Année : 2013
Scénariste : James Cullen Bressack, Jarret Cohen
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Home Invasion, Found footage
Interdiction : -16 ans
Avec :  Jody Barton, Nicholas Adam Clark, Debbie Diesel, Tim Moran, Ian Roberts...


L'HISTOIRE : Trois néo-nazis se faisant appeler Un, Deux et Trois, pénètrent dans la maison d'une famille juive récemment installée. Cette dernière était en train de fêter l'anniversaire du cadet. Pour les parents et leurs trois enfants, la fête va se transformer en un véritable cauchemar...

MON AVIS : Amateurs de poésie et de bon goût, bienvenue dans Hate Crime ! Un film trash indépendant de 2013 qui mixe home invasion et found footage pour le plus grand plaisir des cinéphiles déviants. La lecture du synopsis et la vision de l'affiche vous a évidemment mis la puce à l'oreille : vous n'allez pas regarder un Walt Disney. Âmes sensibles s'abstenir car Hate Crime joue dans le registre de l'horreur psychologique avant tout, celle de voir une bande d'individus ultra-agressifs débarquer sans invitation dans votre petit nid douillet et semer la désolation et la mort parmi les vôtres. Typiquement le genre de film qui vous fait ajouter des verrous à toutes vos portes et fenêtres ! Le réalisateur James Cullen Bressack ajoute en plus un contexte racial, et Hate Crime pourrait très bien être un fait divers passant aux informations télévisées, la haine de l'autre, et des juifs en particulier, étant malheureusement toujours d'actualité chez nombre de nostalgiques du IIIème Reich. Si tout n'est pas crédible dans le film, il n'en reste que Hate Crime parvient sans difficulté à instaurer un certain malaise. Le réalisateur ne s'embarasse pas d'un scénario très subtil et démarre les hostilités à peine cinq minutes après le début de son long-métrage. S'ensuivent alors 70 minutes de cris, de hurlements, d'insanités raciales, de viols, de sadisme, de tortures, de meurtres, de langage ordurier, lancés à la face du spectateur qui se demande au final quel peut bien être l'intérêt d'une telle oeuvre si ce n'est de choquer et de provoquer la nausée. Relativement sage niveau gore, évocant le sexe plus qu'il ne le montre, Hate Crime se la joue parfois trop suggestif quand on aurait aimé en voir beaucoup plus. Avec un sujet pareil, autant y aller à fond quitte à choquer la planète entière. Mais James Cullen Bressack se montre prudent et ne dénude même pas son casting féminin, dont la jolie Debbie Diesel qui interprète Lindsay, ce qui amoindrit la vraisemblance de l'ensemble vu la hargne et la haine affichées verbalement par le trio de néo-nazis. Un gang de dégénérés plutôt bien interprété, notamment Trois qui possède un physique de culturiste et de sacrés biceps ! Le trio nous gratifie de certaines scènes répulsives psychologiquement (à défaut d'être réellement explicites en terme visuel), promptes à faire appuyer sur le bouton "stop" les non-initiés au cinéma extrême : viol de la mère, obligation du fils à faire l'amour à sa propre mère, balle tirée sur le cadet en guise de cadeau d'anniversaire, croix gammée chauffée à blanc appliquée sur la joue de l'adolescent et autres joyeusetés figurent au programme de cette soirée pas très festive, du moins au niveau de la famille juive bien sûr. Pourtant, on trouve un certain humour dans Hate Crime et j'avoue avoir bien rigolé lors de la séquence de "la moustache d'Hitler". C'est tellement énorme que ça en est crédible. De plus, étant donné que nos nazillons en herbe sont adeptes de la prise de drogue, leur délire morbide et excessif se montre convaincant. L'aspect choquant et réaliste est renforcé par le fait que Hate Crime joue la carte du found footage et que tout est vu via les images filmés par une petite caméra. Pas d'images léchées, travaillées comme dans un film ordinaire donc, ce qui renforce l'aspect sordide de l'entreprise. Toute cette violence totalement gratuite est justifiée par le réalisateur qui a voulu mettre en garde contre les "crimes de haine", qui ne cessent de progresser aux Etats-Unis et de par le monde. Une initiative certes fort louable mais honnêtement, je ne suis pas sûr qu'Hate Crime fasse beaucoup réfléchir les adepte du moustachu à la frange et que la morale finale fasse grand effet tant elle apparaît simpliste. Je me demande même si ce film ne va pas devenir leur film culte, qu'ils vont se repasser des centaines de fois en jubilant devant le sort tragique de cette pauvre famille qui n'a rien demandée. Il suffit de regarder certains reportages sur la mouvance néo-nazis pour vite s'aperçevoir que le trio de cinglés qui nous est présenté ici ne verse pas tant que ça dans la caricature. Bref, Hate Crime nous propose un voyage aux confins de la bêtise humaine, nous montrant que l'Homme peut être pire qu'un animal sauvage. Un voyage qui reste néanmoins "divertissant" (si on peut oser dire ça), réservé à un public bien averti évidemment même si j'en attendais beaucoup plus au niveau violence graphique. Quand à la question de savoir s'il est utile de visionner un tel film dont le seul but est de jouer la carte de la provocation, je vous laisse seul juge. Je me suis pas ennuyé en tout cas et ça m'a bien fait délirer même si cinématographiquement, ce film ne sert à rien d'autre qu'à être un défouloir...

NOTE : 3/6


jeudi 5 juin 2014

LONG PIGS

LONG PIGS
(Long Pigs)

- Visionné durant le Sadique Master Virtual Festival -

Réalisateur : Nathan Hynes, Chris Power
Année : 2007
Scénariste : Nathan Hynes, Chris Power
Pays : Canada
Genre : Comédie, Gore, Found-footage
Interdiction : -16 ans
Avec : Anthony Alviano, Jean-Marc Fontaine, Paul Fowles, Chris Power...


L'HISTOIRE : Deux réalisateurs amateurs décident de réaliser un documentaire sur Anthony McAlistar, un tueur en série cannibale de 33 ans. Ils vont suivre jour après jour Anthony afin de dévoiler sa vie et le pourquoi de son orientation alimentaire, prenant part à ses meurtres et à sa façon bien particulière de cuisiner... la viande...

MON AVIS : Réalisé en 2007 par un tandem (Nathan Hynes et Chris Power), Long Pigs joue dans la cour du found-footage et reprend le concept du culte C'est arrivé près de chez vous, avec cette équipe de caméraman qui va suivre un sérial-killer qui a ici la particularité d'être cannibale. On ne peut s'empêcher de penser au film de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde tout au long de la vision de Long Pigs et cela ne joue pas toujours en sa faveur. En tout cas, Long Pigs utilise à fond les manettes l'humour noir et le côté trash, à l'instar du film précité. On sourit souvent devant notre écran, certaines répliques font mouches, certaines références aussi (quand le cannibale pend ses victimes par les pieds, il appelle ça "la position de Gein", référence au célèbre Ed Gein justement, et ça m'a bien fait rigoler) et on trouve des scènes vraiment bien amenées qui déclenchent de nombreux fous-rires (la dénonciation au commissariat, impayable). On notera également un soin tout particulier apporté aux effets-spéciaux et aux maquillages, ceux-ci étant réalisés par Chris Bridges, qui est tout sauf un débutant en la matière. Le bonhomme a déjà à son actif une multitude de films sur lesquels il a exercé son talent et pas des moindres : Blade 2, L'armée des Morts, Silent Hill, Saw 3, 300 ou Diary of the Dead par exemple ! Le résultat à l'écran se voit et tire vers le haut cette production indépendante. Les deux séquences dans lesquelles notre sympathique cannibale nous explique comment "cuisiner" une victime avec moult détails, verse dans le gore jubilatoire et retournera certainement les estomacs les plus sensibles : mise à nu de l'anus pour le fermer et éviter les déjections malencontreuses, tranchage de la carotide pour vider la barbaque de son sang, éviscérassions et découpage en règle pour avoir de belles pièces de viande à faire cuire ! Les explications nous sont assénées de manière méthodique et la performance de l'acteur Anthony Alviano est des plus réussies, nous faisant vraiment comprendre que pour lui, ses victimes ne sont qu'un bout de viande qu'il traite comme tel, ayant une distanciation envers elles qui fait froid dans le dos. C'est là que Long Pigs marque des points : le film nous présente le sérial-killer de manière crédible, pouvant être votre voisin, et n'ayant aucune compassion ou remords vis à vis des actes horribles qu'il commet. De plus, le scénario s'amuse à nous présenter cette gastronomie particulière en mettant en avant le fait que c'est notre apprentissage de la vie par nos parents qui détermine ce qu'on va aimer ou pas et pas nos papilles gustatives. En gros, la chair humaine pourrait se révéler très bonne, encore faudrait-il que dans notre société, on lui laisse une chance, ce que réprouverait d'entrée de jeu la morale ou l'éthique. Comme déjà dit, cet aspect trash est bien mis en avant et participe à créer une ambiance aussi jouissive que malsaine. Autre point positif, le fait que les deux caméramans deviennent complices du cannibale, se mettant même à dépasser les bornes eux-mêmes, juste pour l'aspect sensationnel de leur documentaire. Pour exemple, la scène très cruelle dans laquelle ils vont ramener  le cannibale chez le père de sa première victime, une petite fille de neuf ou dix ans, et demander à ce dernier de se confier à la caméra. Une scène assez poignante mais surtout très glauque, qui parvient même à émouvoir le serial-killer lui-même ! C'est assez couillu, il faut bien le reconnaître. De bonnes idées parsèment donc Long Pigs, malheureusement gâchée par un rythme un peu faiblard, du notamment à de nombreuses séquences nous présentant des experts en serial-killer, des policiers ou un animateur radio. L'insertion de ces séquences au milieu de l'action et des journées du cannibale n'est pas des plus fameux et même si elles jouent avec les codes du "faux documentaire", j'ai trouvé qu'elles étaient ici assez superficielles et m'ont plus ennuyé qu'autre chose. Même si Long Pigs reste un projet sympa, le concept trop inspiré sur C'est arrivé près de chez vous empêche le film de se montrer vaiment original (le final était attendu) malgré une mise en avant de la personnalité du tueur plus appuyé et un côté dramatique plus marqué. Pas le film du siècle donc (ce n'était clairement pas son but de l'être je pense), une initiative à saluer pour un résultat en demi-teinte pour ma part...

NOTE : 3/6