Légende pour la notation des films

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* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


vendredi 15 août 2014

LA COMPAGNIE DES LOUPS

LA COMPAGNIE DES LOUPS
(The Company of the Wolves)

Réalisateur : Neil Jordan
Année : 1984
Scénariste : Neil Jordan, Angela Carter
Pays : Angleterre
Genre : Fantastique, Loups-Garous
Interdiction : -12 ans
Avec : Sarah Patterson, Angela Lansbury, David Warner, Georgia Slowe...


L'HISTOIRE : Pour échapper à sa vie monotone et aux brimades de sa soeur Alice, la jeune Rosaleen préfère vivre parmi ses rêves. Dans ses songes, elle s'invente un monde à la fois merveilleux et mystérieux, peuplé de légendes, de contes de grand-mères et d'hommes-loups...

MON AVIS : Basé sur la petite nouvelle éponyme due à la romancière anglaise Angela Carter, qui a également participé au scénario, le film de Neil Jordan met en lumière, tout comme la nouvelle d'ailleurs, les thématiques "masquées" de certains contes pour enfants, à l'image de celui du Petit Chaperon Rouge par exemple. En effet, à bien y regarder, La Compagnie des Loups, à travers les rêves de sa jeune héroïne, met en avant l'éveil à l'adolescence, le passage vers la puberté, la découverte de la sexualité. Dispatchés tout au long du film, divers éléments viennent appuyer ces thématiques, comme la couleur rouge, omniprésente (le rouge à lèvres, le sang, la cape de laine), évoquant bien sûr les règles féminines qui apparaissent à la puberté ; le serpent, reptile aperçu à plusieurs endroits, symbolisant le péché ; les pommes, allégorie du fruit défendu ; le fait même d'avoir choisi le "loup" comme animal principal n'est pas anodin : tout le monde connaît bien l'expression "avoir vu le loup", qui signifie en premier lieu avoir eu des relations sexuelles pour une jeune fille. La grand-mère, interprétée par Angela Lansbury, ne cesse de mettre en garde sa petite-fille, lui adjoignant de ne pas sortir du sentier ou de faire attention aux hommes dont les sourcils se touchent. La comptine entendue lors du générique de fin est sans équivoque non plus. Bref, La Compagnie des Loups est une gigantesque allégorie en forme de contes, mélangeant féerie et épouvante de manière raffinée et intelligente. La quasi majorité du film prend vie dans les rêves de Rosaleen, premier rôle de Sarah Patterson, qui ne fera pas carrière par la suite. On saluera à juste titre le travail sur les décors réalisé par l'équipe du film car hormis la séquence du banquet des marquis, tout le reste a été réalisé en studio ! Le petit village est plus vrai que nature, et ne parlons pas de la forêt elle-même, un véritable enchantement visuel, possédant un degré de détail tout bonnement extraordinaire ! C'est véritablement avec ces décors que l'ambiance onirique, fantasmatique et érotique, développée dans le film prend vie. Un peu à la manière d'un film à sketch, mais sans vraiment en être un, La Compagnie des Loups nous présente plusieurs petites histoires imbriquées dans l'histoire elle-même. Des saynètes mettant en scène les véritables héros du film de Neil Jordan, à savoir les fameux hommes-loups. Des hommes-loups mais pas des loups-garous, d'après le responsable des effets-spéciaux Christopher Tucker ! Honnêtement, je ne fais pas trop la différence mais s'il le dit, pourquoi pas ! Toujours est-il que monsieur Tucker nous a concocté quelques effets visuels pas piqués des hannetons, et nous propose deux séquences de transformation qui risquent d'impressionner le jeune public et qui se montre particulièrement originales, ne se contentant pas de simplement copier ce qui a déjà été fait dans Le Loup-Garou de Londres ou Hurlements. Certes, certains animatroniques font peu crédibles mais participent néanmoins à l'aspect surréaliste de ces séquences horrifiques, à ne pas mettre devant tous les yeux. Vers la fin du film, Neil Jordan revisite à sa manière le célèbre conte du Petit Chaperon Rouge, passage obligatoire, et lui offrira un dénouement inattendu. Tout aussi réussi sera la saynète nous présentant une femme-louve trouvant refuge près d'une église et qui est baigné dans une atmosphère gothico-poétique de toute beauté qui trouvera très certainement grâce auprès des fans des films de la HammerLa Compagnie des Loups est donc un très beau film qui apporte une touche fantaisiste et beaucoup plus mature à l'univers des contes pour enfants. C'est véritablement un enchantement visuel, qui a certes un peu vieilli, notamment au niveau de certains effets-spéciaux, mais qui possède encore un pouvoir attractif certain. La mise en scène de Neil Jordan, les décors, les costumes et l'interprétation ont bénéficié d'une attention particulière et ça se ressent durant la vision. Très différent de ce qu'on peut attendre d'un film de loups-garous (pas taper monsieur Tucker !), La Compagnie des Loups pourra déconcerter le spectateur lambda ne sachant pas trop à quoi s'attendre. Les amateurs de cinéma fantastique ambitieux y trouveront quant à eux largement leur compte. A noter une scène finale qui mélange rêve et réalité, et qui symbolise le passage définitif de l'enfance à l'âge adulte. Un vrai film métaphorique, je vous le dis...

* Disponible en DVD et BR chez Opening / Filmedia

NOTE : 4/6




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