Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !

Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


lundi 31 août 2015

HORNS

HORNS
(Horns)

Réalisateur : Alexandre Aja 
Année : 2013
Scénariste : Keith Bunin
Pays : Etats-Unis, Canada
Genre : Fantastique, Comédie, Drame, Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Daniel Radcliffe, Juno Temple, Max Minghella, Joe Anderson...


L'HISTOIRE : Soupçonné d’avoir assassiné sa fiancée, rejeté par tous ceux qu’il connaît, Ignatius a sombré dans le désespoir. Un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Celles-ci lui donnent un étrange pouvoir, celui de faire avouer leurs plus noirs secrets aux gens qu’il croise. Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…

MON AVIS : Adaptation d'un roman de Joe Hill (alias le fils de Stephen King !), Horns est un bien curieux film, qui mélange allègrement comédie, fantastique, romance, thriller et drame. Réalisé par le talentueux Alexandre Aja (Furia, Haute Tension, La Colline a des Yeux 2006, MirrorsPiranha 3D), le film permet à l'acteur Daniel Radcliffe de s'échapper totalement de la saga Harry Potter et de confirmer son talent après le très bon La Dame en Noir en 2012. Il interprète ici un jeune homme fou amoureux qui doit surmonter la douloureuse épreuve de la mort de sa dulcinée, sauvagement assassinée. Accusé du meurtre, conspué par les habitants, il se retrouve victime d'un étrange phénomène : deux cornes lui poussent sur la tête, et, telle une créature diabolique, se doit de composer avec. La première partie du film verse joyeusement dans une sorte d'univers fantastico-comique un peu déstabilisant et on se demande où le réalisateur veut nous emmener. La présence des cornes confère au personnage un drôle de pouvoir : toutes les personnes qu'il rencontre se mettent à lui avouer leurs pensées les plus sombres ou cocasses, et n'hésitent pas à les concrétiser, ce qui nous vaut certaines séquences assez marrantes, à l'image de celle se déroulant chez le médecin, qui fantasme sur son assistante (et réciproquement) et qui va se laisser aller à la "sauter" en pleine consultation. Encore plus drôle est la scène dans laquelle le héros, pourchassé par une horde de journalistes, leur propose de se battre pour que le gagnant ait accès à ses déclarations. On assiste alors à un véritable pugilat entre reporters, qu'ils soient masculins ou féminins ! La soif de rapporter "un scoop" est la plus forte et le réalisateur ne lésine pas sur cet aspect pour mettre à mal les journalistes accrocs au spectaculaire et prêt à tout pour obtenir le reportage tant convoité. Ces passages à l'humour corrosif sont assez bien intégrés avec le reste du film, même si on ne sait pas trop sur quel pied danser parfois. Avec mon "côté fleur bleue" (si, si !), j'ai particulièrement apprécié les flashbacks concernant l'enfance du héros et sa rencontre avec sa dulcinée, la naissance de cette love-story conférant au film un pouvoir émotionnel assez fort et qui participe pleinement à augmenter son aspect dramatique lors de la seconde moitié du métrage. L'actrice Juno Temple, dans un rôle pas si facile que ça en fait, est juste magnifique, touchante et la séquence de la rupture dans le bar, cruelle et bouleversante, doit beaucoup à son interprétation. Plus le film avance et plus il bifurque lentement vers le drame et le thriller. Certain de ne pas être le responsable de la mort de sa fiancée, Ignatius utilise le pouvoir de ses cornes pour tenter de faire éclater la vérité et débusquer le véritable coupable. Certain indice nous permette de trouver rapidement de qui il s'agit mais ce n'est pas bien grave et cela ne nuit en rien à l’efficacité de Horns. La mise en scène d'Alexandre Aja fait des merveilles et la beauté picturale du film nous éclate en plein visage, nous happant totalement. L'intérêt du film s'en trouve largement rehaussé et ce qui nous semblait au départ une simple comédie fantastique un peu rock n' roll et déjantée devient un film fantastique passionnant et original. On pourra mettre un petit bémol concernant le final, qui verse un peu dans le grand-guignol. Horns est néanmoins un film surprenant, assez déroutant de par son sujet même, mais qui possède assez de qualités pour emporter l'adhésion au final. Et Dieu qu'elle est belle la révélation finale ! J'en ai versé une petite larme...

* Disponible en DVD et BR chez Metropolitan Filmexport

NOTE : 4/6




dimanche 30 août 2015

LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE

LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE
(The Last House on the Left)

Réalisateur : Wes Craven 
Année : 1972
Scénariste : Wes Craven
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Sandra Peabody, Lucy Grantham, David Hess, Fred J. Lincoln, Jeramie Rain...


L'HISTOIRE : Mari fête ses 17 ans et reçoit une jolie chaîne avec le symbole « peace and love » de la part de ses parents. Elle sort ensuite avec son amie Phyllis. Attirées par la promesse d'avoir de la drogue, les deux filles se retrouvent prisonnières de quatre voyous psychopathes qui les emmènent en forêt pour les humilier, les torturer, les violer et les assassiner sauvagement. Les parents alertent la police mais celle-ci ne trouve aucune trace des jeunes filles. Par un heureux hasard, les tueurs se retrouvent sans le savoir chez les parents de Mari...

MON AVIS : Lorsqu'on évoque l’évolution du cinéma d’épouvante vers le cinéma d’horreur, on a tendance à citer Psychose (1960), La Nuit des Morts-Vivants (1968), L’Exorciste (1973) et Massacre à la tronçonneuse (1974). Quatre films qui ont redéfini les codes du genre et ont fait entrer l’horreur dans la réalité, reléguant cimetière, crypte et château lugubre aux oubliettes pour faire intervenir les « monstres » dans notre environnement quotidien. Il convient néanmoins d’ajouter à cette liste un film de 1972 trop facilement mis de côté, réalisé par Wes Craven, qui défraya la chronique, fit bondir la censure et participa pleinement à populariser l’horreur réaliste sur les écrans. Ce film, c’est bien sûr l’effroyable La Dernière Maison sur la Gauche. Ayant particulièrement apprécié le film La Source d’Ingmar Bergman, dans lequel la fille d’un couple de paysans se fait agresser, violer et tuer avant que ses bourreaux ne se réfugient sans le savoir chez ses parents qui vont la venger de manière cruelle, Wes Craven décide de s’inspirer librement de cette histoire tragique et livre un scénario intitulé « Night of Vengeance » au producteur Sean S. Cunningham, futur réalisateur de Vendredi 13 en 1980. Voulant dynamiter les codes du film d’horreur en misant tout sur le réalisme des situations, Cunningham et Craven acceptent, à la demande des acteurs qui trouvaient les situations déjà assez horribles comme ça, de retirer les scènes pornographiques prévues dans le scénario, tout en conservant les séquences de viols, d’humiliations et les meurtres sauvages. La mise en scène improvisée de Wes Craven (il ne connaissait rien à la mise en scène, à la direction d'acteurs), le tournage en 16mm, l’aspect presque « documentaire » des images et l’absence d’acteurs connus permettent au film de distiller une ambiance malsaine et glauque jamais vue auparavant. La première partie du film, relatant le calvaire de Mari et Phyllis, est abominable, insoutenable à regarder tant les expressions de visage, la peur et le désarroi des deux actrices semblent crédibles, réalistes. La violence et la nudité, filmées de manière frontale, parachèvent de provoquer le dégoût et la répulsion chez le public, qui aura bien du mal à s’en remettre, allant jusqu’à traiter le réalisateur de malade mental. La scène dans laquelle Krug demande à Phyllis de se pisser dessus ou celle dans laquelle il grave au couteau son nom sur le cou de Mari font toujours leur petit effet ! Les acteurs eux-mêmes n’ont pas été épargnés par les critiques, voire même par leur propre famille, pour avoir osé jouer dans ce film sortit tout droit des entrailles de l’Enfer ! La seconde partie, plus classique, place les bourreaux de Phyllis et Mari au sein de la famille de cette dernière. On assiste alors à la vengeance des parents, avec fellation castratrice, électrocution, égorgement et utilisation d’une tronçonneuse (deux ans avant le chef-d’œuvre de Tobe Hooper !). La loi du talion transforme deux gentils parents en monstre sans pitié, ce qui ne manquera pas également de faire bondir les ligues de morale. A l’époque, le film ne fonctionna pas tout de suite, et il changea souvent de titre. De Night of Vengeance, il devient Sex Crime of the Century mais cela ne marche pas non plus. Nouveau changement de titre pour Krug & Company mais rien à faire, le succès n’est toujours pas au rendez-vous. Dernière transformation : The Last House on the Left. Un titre qui n’a pas franchement de rapport avec le sujet du film mis à part sa seconde partie qui se déroule dans la maison des parents. À ce nouveau titre s’ajoute un slogan particulièrement efficace : « It’s only a movie, only a movie, only a movie… ». Carton plein, le film se taille une sacrée réputation et rapporte 13,110,000$ de par le monde. Avec La Dernière Maison sur la Gauche, Wes Craven et Sean S. Cunningham peuvent se féliciter d’avoir réalisé une oeuvre majeure dans l’édification du cinéma d’horreur contemporain. Revu aujourd’hui, le film ne parvient pas à cacher ses maladresses et les séquences mettant en scène les deux policiers nous semblent bien absurdes, permettant toutefois d’apporter un peu de « repos émotionnel » au spectateur, véritablement agressé par le reste du métrage. Les exactions et la brutalité du trio Krug Stillo / Sadie / Fred « Weasel » Podowski (superbement interprété par David Hess / Jeramie Rain / Fred J. Lincoln, tous trois véritablement habités par leur personnage) possèdent toujours un caractère ultra-malsain et marquent encore les esprits, même ceux habitués à voir des films bien plus violents de nos jours. Quarante-trois ans après sa réalisation et malgré un petit coup de vieux, La Dernière Maison sur la Gauche mérite amplement son statut de film culte. Un "Rape & revenge" / "Vigilante movie" âpre et brutal, toujours interdit dans de nombreux pays dans sa version "uncut". 

* Disponible en DVD chez Wild Side Vidéo

NOTE : 4/6





samedi 29 août 2015

OUTSIDERS

OUTSIDERS
(The Outsiders)

Réalisateur : Francis Ford Coppola 
Année : 1983
Scénariste :  Kathleen Rowell
Pays : Etats-Unis, France
Genre : Drame
Interdiction : /
Avec : C. Thomas Howell, Matt Dillon, Ralph Macchio, Tom Cruise, Rob Lowe...


L'HISTOIRE : Dans une petite ville des Etats-Unis, la jeunesse se divise en deux groupes : du côté nord, les Greasers, issus de milieu défavorisé ; du côté sud, les Socs, issus de milieu bourgeois. La rivalité entre les deux bandes se fait sur fond de bagarre et de provocation. Le jeune Pony Boy et son ami Johnny, deux Greasers, vont voir leur vie chamboulée lorsque ce dernier tue un Socs durant une altercation...

MON AVIS : Adaptation d'un roman de S.E. Hinton, Outsiders peut être vu comme La Fureur de Vivre des années 80. Le mal-être d'une jeunesse désenchantée, quelle soit issue de famille riche ou pauvre (comme le soulignera la belle Cherry Valence, interprétée par Diane Lane, lors d'un dialogue avec Pony Boy) est le point central de ce classique de Francis Ford Coppola, qui réunit une brochette d'acteurs à en faire pâmer les spectatrices du monde entier ! Voyez plutôt : C. Thomas Howell, Matt Dillon, Ralph Macchio, Tom Cruise, Rob Lowe, Patrick Swayze ou encore Emilio Estevez sont au casting, excusez du peu ! Un casting de beaux gosses, qu'on retrouve cheveux gominés et couteau à cran d'arrêt à la main dans ce très beau film qui procure bien des émotions. Sur une histoire somme toute classique de rivalité entre deux bandes issues de milieu différent, Coppola compose une oeuvre douce-amère emprunte d'une profonde poésie et la virtuosité de sa mise en scène fait mouche à chaque plan, nous emportant dans cet univers de bruit et de fureur, mais dans lequel l'amour et l'espoir ont encore une petite place. Bien que très nihiliste, Outsiders réserve pourtant de très jolis moments, à l'image des séquences se déroulant dans une église abandonnée, endroit dans lequel se sont réfugiés Pony Boy et Johnny, après que ce dernier ait été obligé de poignardé un Socs qui menaçait de tuer son ami. Avec tous les petits animaux qui gambadent autour de l'église, avec la récitation d'un poème par Pony Boy, avec l'observation d'un coucher de soleil par les deux garçons ou la lecture d'Autant en Emporte le Vent, ce passage m'a fait penser à certaine scène de La Nuit du Chasseur et il s'en dégage une notion de calme, de paix et de grâce assez touchante et émouvante. Il en va de même lorsqu'un Socs confie à Pony Boy que la bagarre générale prévue le soir ne servira à rien, car, quelque soit l'issu du combat : les pauvres resteront pauvres, les riches resteront riches. Ce constat fataliste, d'une justesse exemplaire, permet à Outsiders d'être une virulente critique de l'American Way of Life et de faire le point sur les soucis de la jeunesse livrée à elle-même. L'absence des parents pour Pony Boy ou le désintérêt que ceux de Johnny porte à leur fils, conduit à un manque de repère et fausse la donne. Les deux adolescents s'en remettent à leur pote Dallas, jeune voyou plus expérimenté qui ne leur montre pas le bon chemin. Le drame vécu par les deux héros va pourtant les transformer et le film peut également se voir comme une oeuvre sur la rédemption, sorte de parcours initiatique qui conduit les adolescents à ouvrir les yeux sur les choses qui les entourent et à envisager le passage vers l'âge adulte. Cela est particulièrement vrai pour Johnny lorsqu'il se retrouve sur son lit d'hôpital. Même si certains passages sont un peu trop "fleur bleue", Outsiders reste un film méritant, nostalgique et qu'on prend toujours plaisir à regarder, le charme opérant toujours. Il marque profondément les esprits avec sa galerie de personnages qu'on n'oublie pas. Pour l'anecdote, c'est une classe d'élèves, adorant le livre, qui a envoyé ce dernier à Coppola pour qu'il l'adapte au cinéma. Le réalisateur a été enthousiasmé par sa lecture et s'est donc lancé dans l'aventure.

NOTE : 5/6


jeudi 27 août 2015

DESTINATION PLANÈTE HYDRA

DESTINATION PLANÈTE HYDRA
(2+5: Missione Hydra / Star Pilot)

Réalisateur : Pietro Francisci
Année : 1966
Scénariste : Pietro Francisci
Pays : Italie
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Leonora Ruffo, Leontine May, Mario Novelli, Roland Lesaffre, Kirk Morris...


L'HISTOIRE : Un OVNI a été observé à Molino. Le professeur Solmi, avec l’aide de sa fille Luisa et de son assistant Paolo, va découvrir un vaisseau spatial au fond d’un gouffre. Suite à une mauvaise manœuvre, des extra-terrestres ont, en effet, dû se poser sur la Terre. Ceux-ci enlèvent le groupe d’humains pour les emmener sur leur planète. Mais le voyage intergalactique va prendre une tournure improbable...

MON AVIS : "Improbable" ! Ce terme, issu du résumé du film, caractérise parfaitement Destination Planète Hydra ! Que les amateurs de science-fiction "sérieuse" aient bien en tête que ce film italien de Pietro Francisci, réalisateur à qui l'on doit de bon péplum (La Reine de Saba, Les Travaux d'HerculeHercule et la reine de Lydie ou bien encore Hercule, Samson et Ulysse par exemple), est un pur délire non-sensique, au capital "kitsch" surdimensionné et qui ne s’embarrasse pas de se montrer crédible ou respectable. L'introduction avec Luisa, la belle héroïne du film interprétée par la sexy Leontine May, donne le "la" : cette dernière, voulant devenir starlette de cinéma, se contente pour le moment de jouer dans des publicités également ultra kitsch et son comportement nous fais bien rire, tout comme la scène dans laquelle elle manque de renverser un piéton. L'humour est omniprésent et le réalisateur, qui est également scénariste, en rajoute des tonnes, aussi bien dans les répliques que dans la gestuelle. On peut d'ailleurs dire sans sourciller que Leontine May est le véritable atout du film, enchaînant les tenues diverses et excentriques à une vitesse folle et changeant de coupe de cheveux au gré des séquences. On assiste à un véritable défilé de mode avec ce personnage hautement sympathique et ses jolis yeux mêlés à son exubérance participe pleinement au côté sympathique et délirant du film. Un film qui emprunte de-ci de-là des éléments à d'autres œuvres de SF et les intègre à son scénario farfelu : l'astronef des extra-terrestres est enterré sous une colline comme dans Le météore de la Nuit ; l'équipe de savants se voit obligé d'embarquer dans le vaisseau afin de rejoindre la planète des extra-terrestres, comme dans Les Survivants de l'Infini et j'en passe. Le final nous évoque également La Planète des Singes mais si influence il y a, elle provient du roman, le film culte de  Franklin J. Schaffner ne sortant que deux ans plus tard sur les écrans. Niveau effets-spéciaux, on nage encore dans le kitsch à plein tube ! Le look de l'astronef voyageant dans l'espace, les sorties d'équipage à l'extérieur du vaisseau nous feront bien sourire tant le manque de moyen se fait ressentir, mais cela ajoute encore au côté rétro du long métrage de Pietro Francisci. Par contre, la scène dans laquelle Luisa se retrouve collé au plafond, victime de l'apesanteur, est franchement réussie, surtout que la jolie brune se trémousse de façon lascive et nous fait profiter de ses jolies portes-jarretelles pour une séquence très "hot" ! "Improbable", le film l'est également dans les rapports que vont entretenir les extra-terrestres avec notre groupe d'humain. La belle ingénue déjà évoquée à l'instant, Luisa pour ceux qui ne suivraient pas, ne trouve rien de mieux à faire que de tomber sous le charme d'un des deux gardes venus de l'espace et n'hésite pas à lui faire de sacrés numéros de drague. La chef de l'astronef sera également conquise par un terrien, lui faisant découvrir les sentiments, notion absente chez les confrères de l'espace. Bien sûr, tout ne se passe pas bien à l'intérieur du vaisseau, les terriens étant quand même retenus captifs, ne l'oublions pas, ce qui nous vaut quelques scènes de bagarres et d'action, dont les chorégraphies feraient pâmer de jalousie Jason Statham ! N'oublions pas de mentionner la présence de deux asiatiques, qui ne sont pas les derniers pour faire basculer le film vers le nanar rigolo ou bien encore cette attaque phénoménale d'hommes-singes, dont on distingue à peine le costume ! Vous m'avez compris, Destination Planète Hydra est un pur nanar psychotronique, qui ne vaut pas grand chose en tant qu'oeuvre cinématographique pure, mais qui possède un capital sympathie assez élevé si on est amateur de "kitscherie" bien bis ! Un titre qui correspond tout à fait au nom de la collection dont il fait partie : SF vintage ! C'est tout à fait ça ! N'hésitez pas à embarquer avec le professeur Solmi, sa fille Luisa et le reste de l'équipage à bord de l'astronef afin d'aller rejoindre la planète Hydra, fous rires garantis ! Pour info, j'ai visionné le film en version italienne sous-titrée français mais apparemment, la VF en rajoute encore plus dans l'aspect comique !

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 4/6





lundi 24 août 2015

DRACULA CONTRE FRANKENSTEIN

DRACULA CONTRE FRANKENSTEIN
(Los monstruos del terror / Assignment Terror)

Réalisateur : Hugo Fregonese, Tulio Demicheli
Année : 1970
Scénariste : Paul Naschy
Pays : Espagne, Allemagne
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Paul Naschy, Michael Rennie, Karin Dor, Craig Hill, Patty Shepard...


L'HISTOIRE : Fuyant leur planète devenue inhospitalière, des extra-terrestres tentent de conquérir la Terre. S’appuyant sur la superstition de l’homme, ils se réincarnent dans le corps de deux scientifiques décédés qui vont alors ramener à la vie tous les grands monstres : Dracula, le monstre de Frankenstein, le loup-garou et la momie. Ayant découvert leur plan de conquête, l’inspecteur Tobermann va tenter de déjouer leurs attaques...

MON AVIS : Après le succès en 1968 du film Les Vampires du Dr. Dracula, Paul Naschy persévère, voyant que le public espagnol se montre enfin réactif au cinéma fantastique et horrifique. La même année, il tourne dans Las Noches del Hombre Lobo, film qui semble définitivement perdu malheureusement. Ayant toujours dit que sa passion pour le cinéma fantastique lui venait de la vision de Frankenstein rencontre le Loup-Garou, film de 1943 réalisé par Roy William Neill dans lequel le célèbre monstre issu des expériences du docteur Frankenstein se castagne à la fin contre le loup-garou, il n'est pas étrange de voir Paul Naschy écrire un scénario complètement tarabiscoté dans lequel quatre monstres classiques sont réunis. La réunion de monstres avait déjà eu lieu chez la Universal et ce, dès 1944 avec La Maison de Frankenstein puis en 1945 dans La Maison de Dracula. Dans Dracula contre Frankenstein (film à ne pas confondre avec son homonyme de 1971 réalisé par Al Adamson), Paul Naschy se lâche en tant que scénariste : on a quand même des extra-terrestres qui désirent conquérir la Terre car leur planète est à l'agonie. Pour se faire, ils veulent faire revivre les grands monstres classiques afin de terroriser la population, dont un vampire, un loup-garou, la créature de Frankenstein et la momie ! Rien que ça ! Il semblerait que le golem ait été également envisagé mais non retenu par manque de budget, la scène dans laquelle l'inspecteur regarde un livre sur les monstres issus du folklore l'évoquant, d'où cette supposition. En tout cas, les amateurs de nanars ne manqueront pas de reconnaître une certaine ressemblance du scénario avec celui du culte Plan 9 from Outer Space ! Paul Naschy fan de Ed Wood ? Toujours est-il que les quatre monstres sont bien présents dans Dracula contre Frankenstein, dont 70% de la réalisation peut être attribuée à Hugo Fregonese, le reste à Tulio Demicheli. Maintenant, avec un scénario aussi fou, le film fonctionne-t-il aussi bien que Les Vampires du Dr. Dracula ? La réponse est "non" pour ma part. Moins recherché visuellement, Dracula contre Frankenstein s'éloigne également du film d'épouvante gothique classique pour flirter avec la frontière du nanar sympathique mais pas inoubliable. La faute à une utilisation pas toujours réussie des monstres. Le vampire (nommé Janos et non Dracula) est par exemple franchement transparent (normal pour un vampire me direz-vous) et ne possède aucun charisme, ni aucune scène digne de ce nom. Le monstre de Frankenstein (appelé ici monstre de Farancksalan, pour une question de droit sûrement) n'ouvre jamais les yeux et déambule paupières hermétiquement fermées à chacune de ses apparitions, ce qui le rend plutôt ridicule. Par contre, le loup-garou (toujours interprété par Paul Naschy) et la momie bénéficie d'un traitement nettement plus sérieux et avantageux. Le combat entre ces deux monstres est d'ailleurs la meilleure scène du film à mon avis. Celle qui oppose le loup-garou au monstre de Frankenstein ne démérite pas non plus et fait un magnifique clin d'oeil au film d'enfance préféré de Paul Naschy. Par contre, ne cherchez pas un quelconque affrontement entre Dracula et Frankenstein, vous n'en trouverez aucune trace ! Le titre français du film est en effet totalement à côté de la plaque et on lui préférera le titre original, Los monstruos del terror, bien plus représentatif. Il est dommage également que le scénariste n'ai pas eu la bonne idée de faire déambuler les quatre monstres dans les rues des villages avoisinant le château des horreurs, avec scène de panique et hurlements de la population, ça en aurait jeté ! Maintenant, le film n'est pas mauvais non plus et il se regarde avec amusement et naïveté, comme une petite sucrerie qu'on prend plaisir à suçoter. Il y a en effet pas mal de choses intéressantes dedans, comme le fait que les extra-terrestres, totalement dépourvus d'émotions, en acquièrent petit à petit en vivant dans leur enveloppe terrestre, ce qui va venir contrecarrer leur plan. L'actrice Karin Dor est également à mettre dans les points positifs car elle apporte beaucoup au film, de par son interprétation et sa beauté. Les décors, et notamment celui du laboratoire, sont très réussis. Les séquences de résurrection des quatre monstres sont aussi bien mises en scène, celle se déroulant en Egypte et concernant la momie étant ma préférée. Bref, Si Dracula contre Frankenstein m'a semblé en deçà des Vampires du Dr. Dracula, il n'en reste pas moins un petit film sympathique non dénué de charme. 

* Disponible en DVD chez Artus Films

NOTE : 3/6


dimanche 23 août 2015

LES VAMPIRES DU DR. DRACULA

LES VAMPIRES DU DR. DRACULA
(La Marca del Hombre Lobo / Frankenstein's Bloody Terror)

Réalisateur : Enrique López Eguiluz
Année : 1968
Scénariste : Paul Naschy
Pays : Espagne, Allemagne
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Paul Naschy, Dyanik Zurakowska, Manuel Manzaneque, Aurora de Alba, Julián Ugarte...


L'HISTOIRE : En pillant le caveau d’un vieux château, des bohémiens retirent une croix en argent du cœur de Imre Wolfstein. Loup-garou revenu à la vie, celui-ci sème à nouveau la terreur dans la région. Participant à une battue pour occire la bête, Waldemar Daninsky, pris en affection par la comtesse Janice von Aarenberg, se fait mordre et devient loup-garou à son tour. Pour contrer cette malédiction, il demande l’aide du docteur Mikhelov et de sa femme, réputés pour être des spécialistes de la lycanthropie. Mais ces derniers sont en réalité des vampires...

MON AVIS : Alors que l'Angleterre connaît un âge d'or du cinéma fantastique grâce notamment aux productions de la Hammer, l'Espagne se montre aux abonnés absents en ce qui concerne les films de terreur. On mettra un petit bémol à cette phrase puisque Jess Franco a tout de même réalisé L'Horrible Dr. Orlof en 1962, Les Maîtresses du Dr. Jekyll en 64 ou Le Diabolique Dr. Z en 66. On est quand même loin de la production anglaise et c'est ce que se dit Jacinto Molina, un acteur espagnol qui a joué de petits rôles dans quelques films et qui est passionné par le cinéma fantastique. Les fans du genre le connaissent mieux sous le nom de Paul Naschy bien sûr. Le monsieur décide donc de populariser le film de terreur dans son pays et ce, malgré la censure implacable qui y règne. Il rédige le scénario de La Marca del Hombre Lobo et voit son projet accepté, devant juste changer le lieu de l'action, l'Espagne devant la Pologne. Ne trouvant pas l'acteur adéquat pour jouer le personnage de Waldemar Daninsky (Paul Naschy voulait Lon Chaney Jr. mais ce dernier avait des soucis de santé), les producteurs propose à Paul Naschy de s'y coller ! Un rêve qui se réalise, voilà ce qu'a du ressentir l'acteur en cette année 1968, se voyant donc scénariste et acteur du film qui lança l'âge d'or du cinéma fantastique espagnol ! Un film qui possède plusieurs titres dont le ridicule Frankenstein's Bloody Terror (là, il faudra m'expliquer) ou Les Vampires du Dr. Dracula. La France a préféré miser sur l'aspect vampirique du film (il y a bien un docteur vampire, sauf qu'il ne s'appelle pas Dracula mais bon, mercantilisme quand tu nous tient) plutôt que sur l'aspect "loup-garou" retenu par l'Espagne. Tout ça n'est pas bien grave car ce qu'il faut retenir du film, c'est que, malgré des défauts de rythme, dus principalement à des scènes de dialogue entre le Comte et le Maire du village, qui viennent interférer dans l'action, Les Vampires du Dr. Dracula est un chouette film d'épouvante, nourri aux classiques des années 30 mais aussi à ceux du cinéma anglais de la Hammer et du cinéma italien de Mario Bava. Si Paul Naschy n'est pas très charismatique, à l'inverse d'un Peter Cushing ou d'un Christopher Lee, il s'en sort relativement bien pour un premier rôle important. On sent qu'il n'est pas toujours à l'aise, surtout au niveau de sa gestuelle mais ça passe. Les actrices du film, notamment Dyanik Zurakowska (la comtesse Janice von Aarenberg) et Rosanna Yanni (la femme du bohémien) sont par contre dans la droite lignée de celles de la Hammer, c'est à dire belle, pulpeuse et sachant crier. Les décors sont également à mettre en avant car le chef décorateur à fait de l'excellent travail, tout comme le jeu de lumière, qui renvoie parfaitement au cinéma gothique de Mario Bava, avec un travail sur l'éclairage et les couleurs lors des séquences d'épouvante qui est très réussi. Si le film s'enlise un peu dans la parlotte, les séquences mettant en vedette le loup-garou viennent rehausser notre intérêt. Pas de transformation à la Hurlements à cette époque évidemment, le réalisateur Enrique López Eguiluz utilise donc l'image floutée pour faire apparaître à l'écran sa vedette poilue. Le faciès du lycanthrope est particulièrement agressif, avec dents pointues, poils hirsutes, grognements effrayants et gestuelles dynamiques, parfois même un peu trop ! Le monstre saute sur ses victimes tel un diablotin et ne leur laisse aucune chance. On aurait aimé voir un peu plus souvent le loup-garou au cours du récit mais pour un premier essai, c'est déjà pas mal. Plus théâtrale est l'interprétation du docteur vampire, faisant des mouvements avec sa cape qui frise parfois le ridicule. Un bémol qui n’entache pas beaucoup le plaisir éprouvé à la vision du film, qui brasse large et se révèle être un sympathique divertissement qui veut en donner pour son argent aux spectateurs. Revu de nos jours, le film possède un charme suranné intact et s'il n'atteint pas le niveau de certains chefs-d'oeuvre de la Hammer, il n'en reste pas moins un spectacle agréable et plaisant. A noter que le film a été tourné en 3D à l'époque.

* Disponible en DVD chez Artus Films

NOTE : 4/6


samedi 22 août 2015

DRILLER

DRILLER
(Driller : A Sexual Thriller)

Réalisateur : Joyce James
Année : 1984
Scénariste : Joyce James, Dick Howard 
Pays : Etats-Unis
Genre : Porno, Fantastique
Interdiction : -18 ans
Avec : Taija Rae, Carson Dy, Mr. J, Cassandra Leigh, Renée Summers...


L'HISTOIRE : Louise est une fan inconditionnelle de la pop star Mr. J et se rend à son concert avec Ben, son petit ami qui ne partage pas ses goûts musicaux. De retour chez ses parents qui sont absents, Louise laisse Ben lui faire l'amour. Une fois ce dernier parti, la jeune fille va se coucher. C'est alors que des créatures étranges surgissent dans sa chambre, accompagnées par Mr. J qui se transforme en loup-garou et la viole. Elle sera ensuite entraînée dans un univers onirique et pervers...

MON AVIS : 2 décembre 1983. Un vidéo-clip de 14 minutes débarque sur nos écrans et participe à l'explosion des ventes d'un album au titre homonyme, qui deviendra l'album le plus vendu au monde. Ce vidéo-clip, c'est bien sûr le Thriller de Michael Jackson, réalisé par John Landis, que la star interplanétaire a contacté après avoir vu son film Le Loup-Garou de Londres. Michael Jackson qui se transforme en loup-garou, Michael Jackson en mort-vivant, exécutant des chorégraphies de dingues accompagné par d'autres zombies, une fille en détresse, des effets-spéciaux et des maquillages hallucinants, la voix de Vincent Price, le tout sur un titre pop ultra efficace, le cocktail est détonant et le clip inoubliable, culte. En 1984, Joyce James décide de parodier Thriller dans un long métrage pour adultes qui mêlerait pornographie, fantastique et chorégraphie. Le résultat sera donc ce Driller, film sorti chez nous en VHS et qui vient d'être édité en DVD par Crocofilms. En anglais, le verbe "to drill" signifie "forer, percer". Je ne vous fais pas un dessin, vous aurez compris à quoi on va faire référence ici. Lorsque Mr J se transforme en loup-garou (ne vous attendez pas à une transformation digne de ce nom, on ne voit que le résultat final), dont le maquillage évoque très bien celui de Michael Jackson dans Thriller, il exhibe fièrement son sexe devant la pauvre Louise, qui n'en aura jamais vu un comme celui-ci ! En effet, l'engin du loup-garou va se mettre à tourner tel le foret d'une perceuse, donnant au titre du film tout son sens. Une séquence rigolote et assez sympa, et qui, au final, sera bien la seule chose à retenir de Driller. Parce que le reste ne vaut pas tripette, c'est le moins que l'on puisse dire. Se retrouvant dans les couloirs d'un château, Louise va assister à divers scènes sexuelles sans jamais y participer et c'est bien dommage puisque cette héroïne est interprétée par la ravissante Taija Rae, star du ciné porno US 80's. On ne sait pas pourquoi le réalisateur se contente de la faire regarder et ne la fait pas participer aux ébats. Il préfère filmer des nanas sans grand intérêt et transforme son film en une sorte de parodie à sketchs, les séquences s'enchaînant mollement comme diverses vignettes. Un monstre "frankensteinien" lubrique regarde une demoiselle se donner un plaisir solitaire, deux lesbiennes s'amusent avec deux godemichés lumineux, un couple de morts-vivants s'amuse ensemble, une femme est donnée en orgie à un groupe de monstres et d'hommes habillés façon SM. Celui qu'on félicitera sera le décorateur du film, qui a plutôt bien travaillé, avec toiles d'araignées, croix, tombes et jeu de fumée. Mais niveau performance ou excitation, c'est le calme plat devant notre écran. Les scènes pornos sont d'une platitude exaspérante, ne sont en rien érotiques et l'ennui nous étreint, nul fil conducteur ou semblant de scénario ne venant nous tirer de notre torpeur. Au milieu de tout ça, Mr J réapparaît de temps à autre, grimé en zombie et dansant entouré d'autres morts-vivants, façon Michael Jackson évidemment (je dis bien "façon"), sur de la musique insipide se voulant une pale copie de l'originale. Le montage n'a ni queue (ça tombe mal dans ce type de film !) ni tête, notamment vers la fin où Louise regarde la chorégraphie de Mr J et se retrouve le plan suivant entourée de mâles qui vont la besogner, la caméra revenant sur la chorégraphie quelques plans plus tard. On est bien loin qualitativement de film comme Café Flesh, Night Dreams ou New Wave Hookers, qui, eux, savaient parfaitement utiliser l'aspect onirique et fantasmatique de leur univers. Driller est en fait un vrai nanar et cette tentative de parodier un clip magistral est plutôt raté au final. Hormis Taija Rae (très mal exploitée) et la séquence du loup-garou, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent. 

* Disponible en DVD chez Crocofilms

NOTE : 1/6



jeudi 20 août 2015

PLAY DEAD

PLAY DEAD
(Play Dead)

Réalisateur : Peter Wittman
Année : 1981
Scénariste : Lothrop W. Jordan
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Sorcellerie
Interdiction : -12 ans
Avec : Yvonne De Carlo, Stephanie Dunnam, David Cullinane...


L'HISTOIRE : Audrey et Stephen viennent de perdre leur mère et se retrouvent désormais seuls, leur père étant mort il y a déjà quelques années. Hester, leur tante, était amoureuse de ce dernier et a toujours voué une haine farouche envers son épouse mais aussi envers son neveu et sa nièce. Adepte de la sorcellerie, elle est parvenue à posséder l'esprit de sa chienne Greta et elle va s'en servir pour éliminer Stephen mais aussi Audrey et son fiancé. A la mort de Stephen, renversé par une voiture après avoir été effrayé par Greta, deux inspecteurs de police vont mener une enquête, soupçonnant Audrey, qui devient la dernière héritière de la fortune de ses parents...

MON AVIS : Le réalisateur Peter Wittman n'a pas une grosse filmographie puisqu'il n'a réalisé que deux longs métrages, à savoir Play Dead en 1981 et la comédie Ellie en 1984. Pour son premier film, il se lance donc dans l'univers du fantastique et de l'horreur avec cette histoire de chien possédé et de sorcellerie. Play Dead met en effet en vedette un gentil rottweiler dont la maîtresse pratique des rituels sataniques afin de liquider son neveu et sa nièce ! Sympa la tante ! L'utilisation d'un rottweiler et du satanisme ne sera pas sans nous rappeler l'excellent La Malédiction de Richard Donner dans lequel le petit Damien Thorn avait un tel chien pour le protéger. Play Dead se fait d'ailleurs également appeler Satan's Dog, pour bien mettre l'accent sur cette filiation. Le succès du film de Richard Donner a d'ailleurs profité aux scénaristes qui ont multiplié les histoires à base de chien tueur par la suite. La méchante tante Hester du film est interprétée par Yvonne de Carlo, célèbre actrice ayant débutée dans les années 40 et qui est principalement connue des amateurs de cinéma fantastique pour avoir été la fameuse Lily Munster de la série culte des 60's The Munsters. Âgée de 59 ans dans Play Dead, la vieille dame fait ce qu'elle peut pour se montrer crédible et si elle y parvient la plupart du temps, force est d'avouer que les scènes dans lesquelles elle parle à Satan ou pratique des messes noires sont plutôt à mourir de rire. Néanmoins, elle est peut-être ce qu'il y a à retenir du film parce que le reste atteint de sacré sommet dans le grand n'importe quoi. Pas nerveux pour un sou, Play Dead se la joue plus téléfilm que film et ne vous réservera que peu de frisson. Par contre, niveau rigolade, il se tient là. L'enquête des deux inspecteurs est d'un ennui à mourir, et leur talent de déduction ferait hérisser les poils de Derrick ! La prestation de la chienne Greta est par contre à saluer (si, si) et elle nous régale de séquences bien Bis qui font bifurquer le film dans le nanar improbable : enroulant sa laisse autour d'un arbre et du cou du fiancé d'Audrey pour le stranguler ; matant un couple faire l'amour derrière la porte vitrée de la douche ; prenant dans sa gueule un fer à cheveu qu'elle laissera tomber dans une baignoire, provoquant l'électrocution d'une amie d'Audrey ou, cerise sur le gâteau, attrapera une boite de débouche-chiotte qu'elle parviendra, en se hissant sur ses pattes de derrière, à verser dans le verre d'un inspecteur de police, provoquant la mort de ce dernier ! Hallucinant ! Les gros plans sur les yeux ensorcelés du chien sont légions et nous font bien comprendre que l'esprit de tante Hester habite la pauvre créature à quatre pattes. Brrrr, ça fait froid dans le dos ! Non, j'rigole. On n'a pas peur du tout et on se dit qu'on s'est encore fait avoir par l'affiche alléchante de la jaquette. Play Dead ne restera pas dans les mémoires et dans le genre "chien tueur", on lui préférera bon nombre d'homologues bien plus intéressants. A voir pour les "complétistes" des 80's.

NOTE : 1/6



mercredi 19 août 2015

ECHOES

ECHOES
(Echoes / Living Nightmare)

Réalisateur : Arthur Allan Seidelman
Année : 1982
Scénariste : Richard Alfieri, Richard J. Anthony
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Richard Alfieri, Gale Sondergaard, Ruth Roman, Nathalie Nell...


L'HISTOIRE : Michael Durant est un artiste peintre qui tente de percer et de faire connaître ses œuvres. Alors qu'il vient d'assister à un ballet, il fait connaissance avec Christine, la danseuse étoile de la troupe et entame une relation amoureuse avec elle. Tout irait pour le mieux s'il n'était victime de cauchemars récurrents qui perturbe son sommeil et le rendent très irritable. Il commence a ne plus différencier rêve et réalité, se croyant poursuivi par un homme qu'il ne connaît pas mais qui est présent dans chacun de ses rêves. Un de ses amis lui conseille d'aller consulter une médium. Cette dernière va tenter d'analyser les cauchemars de Michael...

MON AVIS : Avec un sous-titre comme "J'ai vécu deux fois", on comprend de suite que Echoes, petite rareté des 80's, va flirter avec le thème de la réincarnation. Un thème peu usité au cinéma, qui flirte avec la frontière du film de possession, et dont l'un des meilleurs représentants est l'angoissant Audrey Rose de Robert Wise. La magnifique jaquette illustrant cette chronique remplit parfaitement son rôle : donner envie de visionner le film ! Même si on remarquera une faute d’orthographe au mot "cauchemar", le visuel est aguicheur et m'avait fait bien saliver quand je le voyais dans les rayonnages de mon vidéo-club fétiche. Mais ceux qui ont connus les 80's savent bien qu'un superbe visuel peut cacher une grosse daube ! Combien se font fait avoir en croyant détenir une pépite à cause de l'illustration ? Vous m'aurez compris je pense, cette petite dissertation sur l'impact d'un visuel me fait gagner un peu de temps et me permet de remplir cette page tout en esquivant le sujet principal, à savoir le film lui-même ! Dire que Echoes est une énorme déception serait lui faire encore trop d'honneur. Soporifique à souhait, ce film est effectivement un cauchemar dans son genre. C'est bien simple, on a l'impression de mater un pauvre téléfilm bas de gamme, qui ne parvient jamais à nous prendre par la main ni à se montrer intéressant. L'intrigue est quasi incompréhensible, on ne capte en effet pas grand chose à toute cette histoire et franchement, on s'en fout un peu. Michael, un peintre assez doué, rêve d'un couple se faisant surprendre par un type plutôt louche et moustachu, et cela le perturbe vraiment car il ne dort plus la nuit, ça lui déclenche de crises d'asthme et il devient de plus en plus agressif et colérique. Entre deux cauchemars, on le suit dans ses aventures rocambolesques à travers la ville (je plaisante...) : se rendant chez sa patronne, allant zieuter un ballet de danse, s'accouplant avec la danseuse, lui gueulant dessus quand elle le contrarie, puis se rabibochant pour mieux l'envoyer chier ensuite, se prenant la tête avec son meilleur ami et j'en passe. Des tas de longueur et de scènes inutiles, servies par un casting médiocre et une mise en scène balourde et anémique. Les séquences chez la médium sont à mourir de rire et je ne vous parle même pas de celle dans laquelle un pauvre chat se défenestre lui-même, effrayé par un halo bleuté qui apparaît derrière lui. Une séquence capitale puisqu'on comprend qu'un esprit ou quelque chose de démoniaque est apparu dans notre monde. Oui, oui, oui, mais c'est bien sûr ! D'ailleurs, l'affichiste l'a mis sur son dessin, ce pauvre chat, preuve de son importance. D'ailleurs, autant vous avertir aussi, Echoes n'est en rien un film d'horreur. Pas de violence, pas de sang, pas de frisson, rien ! Le néant. Aucune ambiance digne de ce nom. Le film flirte tout de même avec le fantastique, puisqu'on nous balance le grand classique en guise de pot-aux-roses : [Spoilers au cas où les cinglés que vous êtes avaient tout de même envie de voir cette daube] le héros avait un frère jumeau mais ce dernier est mort avant la naissance et son âme meurtrie tente de reproduire ce qu'un des ses aînés du temps jadis a fait, à savoir tuer son frère pour une histoire d'amour. Ou un truc dans le genre, on n'y comprend rien de toute façon. [fin du spoiler de la mort qui tue] Honnêtement, ne perdez pas votre temps avec Echoes, y'a franchement d'autre chose à voir avant ce navet. Je met 1 pour l'affiche...

NOTE : 1/6


mardi 18 août 2015

DOOR-TO-DOOR MANIAC

DOOR-TO-DOOR MANIAC
(Five Minutes to Live)

Réalisateur : Bill Karn
Année : 1961
Scénariste : Cay Forester
Pays : Etats-Unis
Genre : Policier
Interdiction : -16 ans
Avec : Johnny Cash, Donald Woods, Cay Forester, Pamela Mason, Vic Tayback ...


L'HISTOIRE : Fred Dorella contacte le bandit Johnny Cabot afin de réaliser un hold-up dans une banque prestigieuse. Le plan de Dorella est simple : Cabot va se rendre dans la maison de Ken Wilson, vice-directeur de la banque, pour séquestrer sa femme Nancy. Dans le même temps, Dorella ira à la banque pour être reçu par Ken Wilson et exiger 70000$. Toutes les cinq minutes, Cabot recevra un appel de son associé qui lui confirmera que tout se passe bien au niveau de la transaction. Au cas où l'appel tarderait trop, Cabot a pour ordre d'éliminer Nancy Wilson...

MON AVIS : Petit polar 60's sans prétention, Five Minutes to Live a été distribué en salles aux Etats-Unis sous ce titre avant d'être rebaptisé Door-to-door Maniac. Un re-titrage pas vraiment justifié puisque l'action ne se déroule que dans une seule maison alors qu'on aurait pu s'attendre à voir plusieurs personnes victime du "maniaque du porte-à-porte" ! Par contre, Five Minutes to Live correspond bien mieux à ce que le film nous présente, évoquant les fameuses cinq minutes téléphoniques qui vont décider du sort de la victime. Bref, un re-titrage purement mercantile, destiné à donner au film un titre plus percutant. Passons sur ce simple détail pour parler du film lui-même. Tourné en six jours seulement par Bill Karn, un parfait inconnu, et pour un budget ridicule, Door-to-door Maniac a la particularité d'avoir le rockeur Johnny Cash en tête d'affiche, pour ce qui est sa première apparition dans un long métrage. La performance de Cash est d'ailleurs le principal intérêt du film. Il interprète ici le voyou Johnny Cabot, véritable psychopathe asocial, tueur de flics à l'occasion, qui se balade toujours avec son flingue et sa guitare, en profitant pour chanter et jouer pour passer le temps. Dans ce film, il interprète d'ailleurs la chanson "Five minutes to live", histoire de meubler un peu et de mettre en confiance la pauvre Nancy Wilson, retenue prisonnière chez elle. Le jeu de Johnny Cash est assez bon et il n'hésite pas à forcer le trait pour paraître détestable et psychotique. Avant de séquestrer Nancy, on l'a vu abattre froidement sa compagne qui lui aurait menti sur sa véritable identité. Une fois dans la maison des Wilson, le film bifurque dans un huis clos poisseux, Cash ne se montrant pas très tendre avec sa victime : insinuation d'ordre sexuelle équivoque, tentative de viol, violence, torture psychologique, le voyou ne se ménage pas pour faire vivre la terreur à Nancy, qui ne trouve un peu de repos que lorsque le téléphone se met à sonner. Appel du complice de Johnny Cash mais aussi appels divers (la directrice d'un club de femmes) permettent en effet à la pauvre femme de souffler un peu et de gagner du temps. Le reste de l'intrigue se déroule à la banque ou dans la relation tendue entre Nancy et son mari, ce dernier ayant une maîtresse et désirant divorcer. Du remplissage pur et simple qui plombe un peu le rythme du film mais ce n'est pas très gênant au final. On notera au passage que le petit garçon interprétant le fils des Wilson n'est autre que Ron Howard lui-même, futur star de Happy Days et réalisateur renommé. Petite production sans le sou qui ne paye pas de mine et qui ne peut prétendre rivaliser avec les classiques du film noir, Door-to-door Maniac reste  néanmoins distrayant malgré son manque d'ambition et tire son épingle du jeu grâce à la performance survoltée de Johnny Cash, qui vaut à lui seul qu'on se procure ce polar inédit en France et qui vient d'être édité par Bach Films, dans un magnifique boitier DVD !

* Disponible en DVD chez Bach Films

NOTE : 3/6



lundi 17 août 2015

LES MARAIS DE LA HAINE

LES MARAIS DE LA HAINE
(Gator Bait)

Réalisateur : Beverly Sebastian, Ferd Sebastian
Année : 1974
Scénariste :  Beverly Sebastian
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Rape & Revenge
Interdiction : -12 ans
Avec : Claudia Jennings, Sam Gilman, Douglas Dirkson, Clyde Ventura, Bill Thurman ...


L'HISTOIRE : Billy Boy, fils du shérif, et son ami Ben Bracken tentent de prendre sur le fait la belle Désirée Thibodeau. Cette dernière, pour assurer la survie de sa jeune sœur Julie et de son petit frère muet Big T, se livre à des activités de braconnage. La confrontation tourne mal et Billy Boy tue Ben par mégarde. Il décide de ne pas raconter la vérité à son père et accuse Désirée du meurtre. La famille Bracken réclame vengeance. Trouvant l'habitation de Désirée au sein des marais, les Bracken, accompagnés du shérif et de son fils, prennent à partie la pauvre Julie qui va subir une agression sexuelle avant d'être froidement abattu par Leroy Bracken. Big T. parvient à s'enfuir et retrouve sa grande sœur qui n'aura alors plus qu'une obsession : venger Julie...

MON AVIS : Avec son marais inhospitalier peuplé d'alligators et de serpents venimeux et avec ses personnages haut en couleurs, Les Marais de la Haine est un vrai "redneck movie", dans le sens noble du terme. La famille Bracken cumule en effet les tares et la dégénérescence qui font tout le charme de ce type de film : pour exemple, l'un des frères, excité au plus haut point par la jolie tenue un peu transparente de sa sœur, n'hésitera pas à lui sauter dessus pour essayer de la violer ! Salopette, visage crasseux, adoration des armes à feu et relation incestueuse, on a tous les clichés du genre et cette facette de la société américaine profonde n'est guère reluisante et fait peur à voir. Bénéficiant du décor naturel d'un marais de Louisiane, le film des frères Sebastian joue dans la cour du drame rural, du rape & revenge et du vigilante movie. La ravissante Désirée, héroïne du film, est interprétée par Claudia Jennings, actrice qui fut playmate pour Playboy et qui trouva la mort à 29 ans lors d'un tragique accident de voiture. Avec sa chevelure rousse incendiaire, elle va devenir un ange de la mort, déjouant les prévisions des cinq hommes à ses trousses qui, pour le coup, vont devenir les chassés et non les chasseurs. Il faut dire que Désirée connaît les marécages comme sa poche et ces derniers vont devenir son terrain de jeu. Si Les Marais de la Haine se montre peu violent, certaines séquences versent quand même dans le graveleux : je citerais la tentative de viol incestueuse déjà évoquée plus haut mais surtout l'agression de Julie. La pauvre jeune fille va subir elle aussi une tentative de viol avant que l'un des frères Bracken, pris d'un coup de folie, ne lui épargne ce triste sort en lui tirant un coup de fusil dans son intimité ! Effet radical garanti ! Malheureusement, le reste n'est pas à l'avenant et même la vengeance de Désirée ne parviendra pas vraiment à nous sortir de la torpeur qui prend possession de notre corps au fur et à mesure que le film progresse. Il faut dire qu'il ne se passe pas grand chose durant les 88 minutes proposées et que les scènes tournent rapidement en rond. On ne compte plus le temps passé à regarder les acteurs se poursuivre en bateau à moteur sur les eaux des marais, le tout sur une musique typique jouée au banjo et à l'harmonica. Claudia Jennings doit prononcer dix phrases en tout et pour tout, mais elle dégage un tel sex-appeal qu'on est content quand elle apparaît à l'écran. Les Marais de la Haine reste quand même un film passablement ennuyeux, on est loin de I Spit on your Grave par exemple en terme de film de vengeance. Pas assez mouvementé, beaucoup trop répétitif, le film est une déception au final, je m'attendais à un film d'exploitation plus accrocheur, plus rentre-dedans. Reste la bonne utilisation du décor naturel, son actrice principale et l'aspect "redneck". Mais ce n'est pas suffisant pour en faire un bon film. Les deux réalisateurs feront une suite intitulée Gator Bait 2 - Cajun Justice en 1988, sorti en VHS chez nous sous le titre La Vengeance de la Femme Serpent.

NOTE : 2/6


dimanche 16 août 2015

LE BOSSU DE LA MORGUE


LE BOSSU DE LA MORGUE
(El Jorobado de la Morgue)

Réalisateur : Javier Aguirre
Année : 1973
Scénariste : Javier Aguirre, Alberto S. Insúa, Paul Naschy
Pays : Espagne
Genre : Epouvante
Interdiction : -16 ans
Avec : Paul Naschy, Rosanna Yanni, Víctor Alcázar, María Elena Arpón...


L'HISTOIRE : Gotho, un misérable bossu, est employé à la morgue d’un hospice. Il s’occupe des tâches les plus ingrates, à la risée de tout le personnel. Amoureux fou d’une patiente, il prend soin d’elle autant qu’il le peut. Hélas, elle ne survit pas à sa maladie, ce qui plonge Gotho dans le chagrin. Désespéré, il cache la belle dans le sous-sol de la morgue. Un médecin sans scrupules lui promet de la ramener à la vie. Mais, en échange, il doit l’aider dans ses recherches : Gotho doit ramener des cadavres tout frais…

MON AVIS : Les années 70 correspondent à un âge d'or du cinéma fantastique en Espagne et Paul Naschy n'est pas étranger à cette émergence du genre chez nos voisins hispaniques, notamment grâce à la sortie de La Marca del Hombre Lobo en 1968, connu chez nous sous le titre Les Vampires du Dr. Dracula. Même si Jess Franco avait déjà commencé à baliser le terrain dans les années 60, c'est véritablement avec ce film que l'Espagne va se lancer à corps perdu dans le cinéma de terreur. Le Bossu de la Morgue, réalisé en 1973 par Javier Aguirre, en est un digne représentant même s'il brasse de nombreuses influences issues du cinéma gothique américain ou anglais. Les trois scénaristes ont eu la main leste et ne se sont pas refrénés quant au emprunt ou idées provenant d'autres films. C'est bien simple, tout y est ! Le savant fou de type Frankenstein qui veut créer la vie ; le bossu qui deviendra son associé en lui rapportant les cadavres nécessaires à ses expériences, avant de passer aux victimes vivantes ; une créature quasi lovecraftienne issue des expériences du savant fou (qui évoque le Necronomicon et les Grands Anciens !) qu'il faut nourrir constamment et retenue prisonnière derrière une porte ; un laboratoire reconstitué dans un sous-sol rempli d'objets datant de l'Inquisition, dont une vierge de fer ; une trappe recelant un bac d'acide pour faire disparaître les restes de cadavres  ou autres témoins gênants ; le bossu tenant dans ses bras sa dulcinée et j'en passe. Tout est fait pour satisfaire le public, pour lui en donner pour son argent. Généreux à l'extrême dans les clichés, Le Bossu de la Morgue l'est également en matière de morbide et de violence ! Paul Naschy, qui interprète donc le fameux bossu (personnage devenu incontournable de tous films avec un savant fou depuis le Frankenstein de James Whale et son Fritz joué par Bela Lugosi) n'y va pas de main morte et assassine à tour de bras sans aucun remord ni hésitation. Des étudiants en médecine se moquent de lui ? Il les exécute ! Des gardiens de la morgue veulent voler le pendentif de sa dulcinée fraîchement décédée ? Il se saisit d'une hache, en décapite un et ouvre le ventre du second ! Le savant a besoin de différentes parties de cadavres ? Il découpe pieds, mains et même tête pour le satisfaire, le tout à grand renfort d'effets gores sanguinolents à souhait pour l'époque ! Avec son ambiance parfois assez glauque il faut bien le reconnaître, Le Bossu de la Morgue ne recule devant aucune excentricité et prend un malin plaisir à jouer avec l'aspect malsain, comme lorsqu'il fait succomber une jolie doctoresse au "charme" du bossu, allant jusqu'à faire l'amour avec lui ! Pourquoi pas après tout, les bossus ont aussi droit au bonheur non ? Plus graveleux, la séquence dans laquelle le corps de la patiente dont le bossu était amoureux se fait littéralement ronger et grignoter par une horde de rats, ces derniers se faisant stopper par notre Quasimodo transit d'amour qui les brûle à l'aide d'une torche. Graveleux parce que les petites bêtes se font réellement brûler. Shocking ! Une faute de goût certaine qui ne manquera pas de faire hurler les défenseurs des animaux. Malgré cette séquence, Le Bossu de la Morgue est un divertissement des plus réjouissants et Paul Naschy s'en sort admirablement bien qui plus est. L'acteur joue quasiment sans aucun maquillage ici et peut donc exprimer diverses émotions avec son visage, son regard. Son interprétation de ce bossu amoureux, pas foncièrement méchant, est l'un des points forts du film car on ressent vraiment la tristesse et la mélancolie qui habite le personnage, qui, comme tous les grands monstres classiques, ne recherche qu'à être aimé. Bénéficiant de splendides décors, Le Bossu de la Morgue pêche parfois par un rythme pas toujours soutenu et par des scènes mettant en vedette des policiers qui viennent alourdir le propos. Mais dans l'ensemble, le spectacle proposé est de qualité et ce cocktail d'épouvante gothique espagnol et de cinéma bis italien rentre-dedans se savoure avec un intérêt certain.

* Disponible en DVD chez Artus Films

NOTE : 4/6





samedi 15 août 2015

MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE 2

MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE 2 
(The Texas Chainsaw Massacre 2)

Réalisateur : Tobe Hooper
Année : 1986
Scénariste : L.M. Kit Carson, Tobe Hooper
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Dennis Hopper, Caroline Williams, Jim Siedow, Bill Moseley, Bill Johnson...


L'HISTOIRE : Stretch est animatrice radio. Un soir, elle reçoit un appel de deux jeunes fêtards qui vont être massacrés en direct par un psychopathe armé d’une tronçonneuse. L’enregistrement audio du drame sanglant va intéresser le lieutenant Lefty Enright, qui pourchasse depuis quatorze ans la famille de bouchers responsable de la mort de son frère Franklyn et de l’internement en hôpital psychiatrique de sa sœur Sally Hardesty. Sûr et certain d’avoir retrouvé la trace de Leatherface et du reste du clan, le lieutenant va leur tendre un piège et se servir de Stretch comme appât…

MON AVIS : 1974. Tobe Hooper réalise Massacre à la tronçonneuse, le plus grand film d’horreur de tous les temps malgré la quasi absence d’effets gore. Ce manque de sang est compensé par une ambiance hallucinée et par un final qui plonge protagonistes et spectateurs dans une représentation de la folie humaine encore inégalée à ce jour. 1986. Tobe Hooper réalise Massacre à la tronçonneuse 2. Douze ans après son chef-d’œuvre, le réalisateur texan se voit offrir par la firme Cannon l’opportunité d’en réaliser une suite. D'abord réticent, il accepte finalement. Après quelques soucis au niveau du casting, Hooper voulant reprendre les acteurs de l’original, ce qui n’aboutira pas à l’exception de Jim Siedow, le voilà qui se lance à corps et à cris dans le tournage du film. Déçu que le public du film de 1974 n’ait pas perçu l’humour noir qui se dégageait de nombreuses séquences, il va alors jouer de la surenchère en ce qui concerne les éléments de comédie, tout comme il va prendre à revers l’aspect suggestif qui faisait toute la force de Massacre à la tronçonneuse. Voulant avoir des effets gore qui ne lésinent pas à déverser le précieux liquide rouge, les effets-spéciaux sont confiés au spécialiste en la matière, le génial Tom Savini, qui va se faire plaisir et nous faire plaisir mais qui, du coup, va provoquer les foudres de la censure. Bref, le tournage du film, la phase de montage et la distribution se révèlent être un véritable calvaire pour le réalisateur. À l’arrivée, que reste-t-il de Massacre à la tronçonneuse 2 ? On se trouve en présence d’un film qui prend le contre-pied total du film de 1974. Une comédie horrifique, voilà à quoi on a à faire ! Un gros foutoir grand-guignolesque, digne d’un dessin-animé de Tex Avery ! C’est simple, Massacre à la tronçonneuse 2, c’est comme un tour de train fantôme : on alterne entre le rire et l’horreur, quand ces deux genres ne sont pas tout simplement réunis la plupart du temps. Hooper et son scénariste L. M. Kit Carson ne se sont fixés aucune limite : faisant tomber Leatherface amoureux de Stretch, romance qui trouve sa plus belle représentation quand notre tronçonneur fou offre à sa dulcinée un visage de peau humaine qu’il vient fraîchement de prélever en guise de cadeau romantique ; intégrant le personnage de Lefty Enright, admirablement interprété par Dennis Hopper, et qui se révélera encore plus dingue que la famille tronçonneuse elle-même ; chorégraphiant un duel entre Leatherface et Lefty, les colts des western ayant fait place aux tronçonneuses ; plaçant sa famille de dingues dans le décor d’une ancienne fête foraine abandonnée, ce qui contraste totalement avec la maison vue dans le premier film. Bref, on nage en plein délire et ceux qui s’attendaient à retrouver l’ambiance malsaine et glauque du Massacre original en seront pour leur frais. Pourtant, Hooper ne nous prend pas en traître : l'affiche du film est déjà un énorme clin d'oeil à celle de Breakfast Club. Et dès la première séquence avec les deux yuppies qui vont se faire malmener par un Leatherface perché sur le toit d’un van et agitant sa tronçonneuse comme un dément, le corps empaillé de son frère l’auto-stoppeur accroché à lui, on sait que le film va nous emmener très loin dans la frénésie visuelle. En clair, Massacre à la tronçonneuse 2 s’avère être le parfait spectacle du samedi soir entre potes : délirant, fun, déjanté. Ou comment douze ans plus tard, Tobe Hooper nous livre, dans une autre ambiance, le film d'horreur le plus fou des 80’s ! Culte évidemment.

NOTE : 5/6

 

vendredi 14 août 2015

OPÉRATION GOLDMAN

OPÉRATION GOLDMAN
(Operazione Goldman / Lightning Bolt)

Réalisateur : Antonio Margheriti 
Année : 1966
Scénariste : José Antonio de la Loma, Ernesto Gastaldi
Pays : Italie, Espagne
Genre : Espionnage
Interdiction : /
Avec : Anthony Eisley, Wandisa Guida, Diana Lorys, Francisco Sanz, Folco Lulli...


L'HISTOIRE : A Cap Kennedy, les essais de lancement d’une station sur la Lune échouent mystérieusement. Inquiète des répercussions sur le plan international, la section secrète de la CIA envoie l’agent Harry Senneth enquêter. Plus connu sous le nom de Goldman, l’agent secret disposant d’un crédit illimité auprès de la banque fédérale, commence par en savoir plus sur l’étrange disparition du savant Rooney. Épaulé par la très sexy capitaine Flanagan, Goldman va alors affronter Rehte, le chef d'une organisation fomentant une domination mondiale...

MON AVIS : Après le succès planétaire de James Bond contre Dr. No en 1962 puis de Bons Baisers de Russie et Goldfinger, le cinéma d'espionnage voit son intérêt revu à la hausse vis à vis du public et on ne compte plus les longs métrages mettant en scène des agents secrets durant les 60's, à l'image de Francis Coplan, Harry Palmer, Bob Fleming ou de OSS 117 par exemple. Les Italiens n'étant jamais les derniers à surfer sur le succès des productions américaines et ce, quelque soit le genre, ils s'engouffrèrent évidemment dans cette voie du film d'espionnage, à travers de nombreuses coproductions. Antonio Margheriti, qu'on ne présente plus, en réalisa deux en 1966 : A 077 défie les tueurs et Opération Goldman. Pour ce dernier, il a recours au célèbre chanteur Jean-Jacques Goldman et... bon, désolé, j'avais trop envie de la faire celle là même si elle est nulle. Non, en fait, il n'y a aucune explication au titre du film puisque le héros s'appelle Harry Senneth et qu'il n'est jamais fait mention d'une quelconque "opération Goldman" dans le film. Le plus plausible reste que ce nom de "Goldman" fait allusion aux moyens financiers illimités dont dispose notre agent secret, qui est donc riche à foison, signant des chèques d'une valeur d'un million de dollars sans aucun soucis, tant que ses dépenses servent à mener à bien les missions que sa supérieure hiérarchique, interprétée par Diana Lorys, lui confie. Le début du film fait dans le film d'espionnage classique et on s'inquiète un peu de ce qui va suivre car il faut bien reconnaître que l'acteur principal, Anthony Eisley, est très loin de posséder le charisme de Sean Connery. Le réalisateur maintient un certain suspense concernant le méchant du film puisqu'on n'entendra que sa voix ou ne verra que sa main derrière un pupitre bardé de boutons. On a repéré par contre une très jolie blondinette (Wandisa Guida) qui semble surveiller de près Harry Senneth. Jouant avec les clichés de l'agent secret tombeur de ces dames ainsi qu'avec les "gadgets" (montre qui fait compteur Geiger, pistolet à eau envoyant du vitriol...), Antonio Margheriti prend de l'assurance au fur et à mesure que l'intrigue avance et les mésaventures de son héros deviennent peu à peu plus entraînantes, plus rocambolesques. La séquence dans laquelle il est piégée dans un silo qui n'en est pas un avec sa supérieure et que ce dernier commence à se remplir d'eau reste du domaine du déjà-vu mais la mise en scène et le rythme font qu'on y prend un réel plaisir. La suite embrayera sans tarder et Margheriti se lâche avec de multiples explosions, utilisation de maquettes (la voiture rouge du héros qui s'avance vers la zone de décollage d'une fusée pour tenter de la stopper !) et autres réjouissances qui donnent son rythme de croisière à l'aventure. Les décors sont bien travaillés, le jeu de couleur également et l'ensemble aborde une tonalité "kitsch" qui lui sied à ravir. Après un début un peu pompeux, on est cette fois totalement embarqué avec notre héros et on suit avec entrain sa mission, en ayant hâte de rencontrer le méchant de l'histoire. Cette fameuse rencontre donne lieu à la meilleure partie du film puisqu'elle se situe dans... une cité sous-marine ! Opération Goldman prend alors des allures de film de science-fiction puisque le génie du Mal ici présent ne veut ni plus ni moins que devenir le maître du Monde ! Pour ce faire, il a dans l'idée d'installer un rayon laser sur la lune, rayon qui menacera les villes du monde entier et qui sera actionné sur son bon vouloir ! Les décors de l'intérieur de la cité jouent très bien avec cet aspect "S-F vintage" et raviront les amateurs. Cerise sur le gâteau, le méchant possède une salle de cryogénisation et conserve pas mal de victimes congelés dans des box de verre ! Excellent, surtout quand la décongélation s'opère avant l"heure, ne laissant qu'un squelette en guise de cobaye ! Bagarre, action et fantaisie se déroulent devant nos yeux avec un certain entrain, et donnent au final un divertissement rétro, fun et coloré qu'on croirait échappé d'une bande-dessinée mêlant espionnage et science-fiction ! On félicitera donc Antonio Margheriti d'avoir assurer le spectacle et de nous proposer avec Opération Goldman un film hautement sympathique et distrayant !

* Disponible en DVD chez Artus Films

NOTE : 4/6