Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !

Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


dimanche 27 décembre 2015

LE CONVOI DE LA PEUR

LE CONVOI DE LA PEUR
(Sorcerer / Wages of fear)

Réalisateur : William Friedkin
Année : 1977
Scénariste : Walon Green
Pays : Etats-Unis
Genre : Aventure, thriller
Interdiction : /
Avec : Roy Scheider, Bruno Cremer, Francisco Rabal, Amidou...


L'HISTOIRE : Qautre hommes de nationalités différentes, chacun recherché par la police de son pays, s'associent pour conduire un chargement de nitroglycérine à travers la jungle sud-américaine...

MON AVIS : Après le succès de French Connection et de L'Exorciste, le réalisateur William Friedkin décide de réaliser une nouvelle version d'un classique du cinéma français qu'il admire beaucoup, Le Salaire de la Peur de Henri-George Clouzot. S'il s'était douté du nombre d'ennuis qu'il allait rencontrer, peut-être se serait-il abstenu de ce lancer dans ce projet : changement de casting (Steve McQueen, Lino Ventura ou Marcello Mastroianni était prévu au départ), malaria, conditions météorologiques catastrophiques, fluctuation de la luminosité dans la jungle sont venus durement lui compliquer la tâche et allonger le temps de tournage, tout en augmentant le budget de départ. Ce qui ne l'empêcha pas de terminer le film. Malheureusement, les ennuis continuent lors de la sortie de ce dernier. En effet, Le Convoi de la Peur débarque sur les écrans une semaine après La Guerre des Etoiles de George Lucas. Le public fonce tête baissée remplir les poches de Lucas et n'accorde aucun intérêt au film de Friedkin. Sans véritable "star" au générique, malgré la présence de Roy Scheider, qui venait de rencontrer le succès avec Les Dents de la Mer et Marathon Man, le film de Friedkin est un échec commercial et public. Considéré comme un film maudit, Le Convoi de la Peur possède pourtant de bien belles qualités. Personnellement, j'ai trouvé le film très bien réalisé évidemment, et le casting est vraiment bon. La mise en place des quatre personnages principaux et le pourquoi de leur exil en Amérique du Sud est des plus intéressants et permet de les plonger dans une spirale infernale qui les amènera à une quête de rédemption. On a alors hâte de les voir embarquer dans les deux camions afin de transporter leur colis hautement explosif, ce qui va apporter de l'énergie au rythme contemplatif dans la première partie. Une fois les quatre acolytes réunis, la mission périlleuse peut débuter. Le film se bonifie encore plus avec cette traversée en Enfer et la tension, représentée par le chargement de nitroglycérine, est bien présente et joue savamment avec les nerfs des spectateurs. Les secousses subit par les deux véhicules sont parfois importantes et on sert les dents de nombreuses fois, à l'image des personnages eux-mêmes. Autre point fort du film, la beauté des décors, qui nous offre un dépaysement de tous les instants. Arrive alors LA scène culte de Sorcerer, qui est effectivement magistrale et très impressionnante : la traversée du fameux pont suspendu, réalisée avec une maestria sans pareille et qui joue durablement avec nos nerfs. On en sort même épuisé, à l'image des conducteurs, pauvres âmes perdues prises dans une spirale fataliste qui ne leur épargne rien. Le chemin de la rédemption est semé d'embûches, ils ne viendront pas dire le contraire : facteur humain, facteur climatique, facture naturel, ils doivent composés avec, ayant leur sort entre leurs mains sans pourvoir maîtriser les éléments extérieurs. Assez sombre et pessimiste, Le Convoi de la Peur gagne sans conteste ses galons de film majeur du cinéma et mérite d'être redécouvert séance tenante. Le film préféré de son réalisateur.

* Disponible en BR et DVD COLLECTOR

NOTE : 5/6



samedi 19 décembre 2015

STAR WARS 7 - LE RÉVEIL DE LA FORCE

STAR WARS 7 - LE RÉVEIL DE LA FORCE
(Star Wars 7 - The Force Awakens)

Réalisateur : J.J. Abrams
Année : 2015
Scénariste : Lawrence Kasdan, J.J. Abrams
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac, Harrison Ford, Carrie Fisher, Adam Driver...


L'HISTOIRE : 30 ans après le combat contre les force de l'Empire, un nouvel ordre maléfique a fait son apparition, emmené par le général Hux et Kylo Ren, eux-mêmes sous le commandement de l'Empereur Snoke. La Rébellion est toujours en lutte et cherche vainement à retrouver Luke Skywalker. Le pilote de X-Wing Poe Dameron doit se rendre sur Jakku afin de récupérer des données devant servir à localiser le fameux Jedï. Attaqué par l'armée de Kylo Ren, Poe Dameron confie les précieuses informations à son droïde BB-8 avant d'être capturé. Le robot croise la route de Rey, jeune voleuse tentant de survivre sur Jakku. Cette dernière sera également amenée à rencontrer Finn, un soldat stormtrooper déserteur qui vient d'aider Poe Dameron à s'échapper et qui est activement recherché par le Premier Ordre. Ensemble, Rey et Finn vont vivre une aventure dont ils ne soupçonnent pas les enjeux...

MON AVIS : Si je craignais bien une chose avec ce nouvel opus de la saga, c'était d'assister à une déception du niveau de La Menace Fantôme, surtout après que Lucasfilm ait été racheté par Walt Disney. Fallait-il s'attendre à voir débarquer un nouveau Jar-Jar, venant par sa simple présence pourrir tout un film pour s'attirer la sympathie du jeune public ? L'annonce de voir J.J. Abrams au commande venait apporter un souffle libérateur au projet, car talentueux il est ce p'tit gars ! La vision de la bande-annonce confirmait cette impression que le réalisateur de Mission Impossible 3, de Super 8, de Star Trek et Star Trek Into Darkness était bien l'homme de la situation et que le spectacle promis allait être à la hauteur des attentes ! Mission remplie effectivement car Star Wars 7 - Le Réveil de la Force se situe à des années lumières au-dessus de La Menace Fantôme et se révèle être l'un des meilleurs épisodes de la saga, se hissant aisément dans mon top 3 avec L'Empire contre-attaque et La Revanche des Sith. Bien sûr, certains passages du film évoqueront aux fans l'épisode 4 Un Nouvel Espoir : une planète de sable, un droïde qui possède des informations et qui doit être remis à la Résistance, une "étoile de la mort" gigantesque possédant une puissance de feu sans équivoque qui doit être détruite et j'en passe, on tient là quelques éléments de l'oeuvre fondatrice de George Lucas. J.J. Abrams et son scénariste Lawrence Kasdan (qui avait scénarisé l'épisode 5 et 6), conscient de la difficulté de la mission qu'on leur a confié (réaliser un épisode de Star Wars ! Bonjour la pression !) ont joué la carte de la sécurité en modelant leur histoire sur la trame d'un épisode cher au cœur des fans. C'est plutôt bien joué de leur part car même si on a une vague impression de "déjà-vu" parfois, cette "relecture" modernisée propose également pas mal de nouveautés tout en s'amusant avec le côté nostalgique. Aux nouveaux personnages (superbe duo Finn / Rey ; Kylo Ren et ses accès de colère incontrôlable...) viennent évidemment s'ajouter les anciens : Han Solo, Chewbacca, Leia Organa, C3PO et R2-D2 sont de la partie pour notre plus grand plaisir et les retrouvailles à l'écran procurent bien des émotions, même si leur aspect "iconique" a été revu très largement à la baisse, pour mieux laisser la place aux nouveaux arrivants qui vont devenir les figures de proue de cette nouvelle trilogie. Logique en même temps. Mais bordel de dieu, rien que de voir Rey et Finn monter dans le Faucon Millenium pour s'échapper de Jakku, ça n'a pas de prix ! Surtout que les effets visuels enterrent tout ce qui a été fait dans les six premiers épisodes et que Star Wars 7 est un pur régal pour les yeux. Les combats aériens relèvent du jamais vu en terme de fluidité et nous laissent pantois dans notre fauteuil ! Quelle virtuosité ! J.J. Abrams possède vraiment un savoir-faire indéniable et nous en met plein la vue, assurant un spectacle épique comme on n'en a pas vu depuis belle lurette (à l'exception de Mad Max Fury Road bien sûr). Alors oui, tout n'est peut-être pas parfait dans Le Réveil de la Force et il y a quelques petites maladresses, des ellipses intriguantes, des questions en suspens mais il faudrait vraiment faire la fine bouche pour ne pas être conquis par le film, par l'actrice Daisy Ridley, par ses scènes de bataille, par ses idées originales, par son nouveau méchant charismatique (un peu moins sans son masque...), par ses trouvailles visuelles (le flashback de Rey, magnifique) et par ses références et nombreux clins d'oeil. J.J. Abrams a remplit totalement le cahier des charges demandés (peut-être même trop ?) et nous offre un excellent épisode, qui se clôture sur une scène finale qui m'a mis les larmes aux yeux ! Vivement l'épisode 8 !

NOTE : 5/6




lundi 7 décembre 2015

EXTRAORDINARY TALES

EXTRAORDINARY TALES
(Extraordinary Tales)

Réalisateur : Raul Garcia
Année : 2015
Scénariste : Stéphan Roelants, Raul Garcia
Pays : Luxembourg, Belgique, Etats-Unis, Espagne
Genre : Animation, Fantastique
Interdiction : /
Avec : /


L'HISTOIRE : Un corbeau, incarnation de l'esprit d'Edgar Allan Poe, converse avec la Mort dans un cimetière. Le corbeau redoute de mourir car il ne veut pas sombrer dans l'oubli. Pour retarder l'échéance, il raconte à la Mort cinq histoires issues de son imagination : La Chute de la Maison Usher, Le Cœur Révélateur, La Vérité sur le cas de M. Valdemar, Le Puits et le Pendule et Le Masque de la Mort Rouge...

MON AVIS : Film d'animation croisé avec un film à sketchs, Extraordinary Tales reprend le titre du célèbre recueil de nouvelles du grand Edgar Allan Poe et permet à son réalisateur, Raul Garcia, de donner toute l'étendue de son talent dans le domaine de l'expression graphique. L'originalité de cette oeuvre est de nous présenter cinq nouvelles de Poe dans cinq styles visuels différents. Je ne suis pas expert dans le dessin mais j'ai été séduit par le travail graphique présenté ici. La Chute de la Maison Usher est d'une facture classique et soignée et bénéficie en outre d'un narrateur prestigieux puisqu'il s'agit du grand Christopher Lee lui-même ! L'histoire nous présente bien sûr la folie de Roderick Usher, tourmenté par sa soeur Madeline. Cette réalisation a été présélectionné aux Oscars 2013 pour le prix du meilleur court-métrage d'animation. Plus percutant sera le design du Coeur Révélateur, tout en noir et blanc et qui est d'une efficacité redoutable, l'auteur voulant rendre hommage au dessinateur uruguayen Alberto Breccia. L'histoire fait mouche et procure quelques doux frissons au spectateur, hypnotisé par ce graphisme stylisé et par la voix du narrateur, l’envoûtant Bela Lugosi ! Encore plus réussi, La vérité sur le cas de M. Valdemar ! Là, Raul Garcia se la joue carrément EC Comic, vous savez, ces bandes-dessinées horrifiques des années 60 et qui ont inspiré le Creepshow de George Romero. On a réellement l'impression de visionner une bande-dessinée des Contes de la Crypte tant le style graphique, vif et coloré, correspond à merveille à cet univers d'antan. L'histoire est de plus excellente, ce qui ne gâche rien. On change encore radicalement de style avec l'adaptation de la nouvelle Le Puits et le Pendule, narré cette fois par Guillermo del Toro. Cette fois, on a l'impression d'assister à une sorte de cinématique de jeu vidéo et l'effet fonctionne assez bien même si c'est le rendu qui m'a le moins séduit. La célèbre séquence du pendule, immortalisé dans le film de Roger Corman, est bien présente et ravira les fans de torture sous l'inquisition. Roger Corman qui est d'ailleurs présent dans Extraordinary Tales puisqu'il fait la voix du Prince Prospero dans la dernière histoire, Le Masque de la Mort Rouge. Nouveau style graphique encore une fois, basé sur un effet "peinture" très réussi et fort joli. Au final, ce travail esthétique basé sur des nouvelles d'Edgar Poe est une parfaite entrée en matière dans l'univers morbide et macabre de cet auteur qui a réussi ce qu'il redoutait le plus : ne pas sombrer dans l'oubli. On aurait peut-être juste aimé que ces cinq courts-métrages soient un peu plus long niveau durée. N'hésitez pas en tout cas à vous plonger dans ces aventures gothiques animées sur lesquelles plane l'ombre de la grande Faucheuse et vivez 73 minutes dans un univers tourmenté, obsédant et visuellement très travaillé. Une sympathique découverte !

* Disponible en DVD chez BAC FILMS VIDEO

NOTE : 4/6


samedi 5 décembre 2015

MAD MAX FURY ROAD

MAD MAX FURY ROAD
(Mad Max Fury Road)

- visionné via le BR 3D -

Réalisateur : George Miller
Année : 2015
Scénariste : George Miller,  Brendan McCarthy, Nick Lathouris
Pays : Australie, Etats-Unis
Genre : Action, Science-fiction, Post-nuke
Interdiction : -12 ans
Avec : Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult, Hugh Keays-Byrne, Rosie Huntington-Whiteley...


L'HISTOIRE : Hanté par un lourd passé, Max Rockatansky estime que le meilleur moyen de survivre est de rester seul. Cependant, il se retrouve embarqué par une bande qui parcourt la Désolation à bord d'un véhicule militaire piloté par l'Imperator Furiosa. Ils fuient la Citadelle où sévit le terrible Immortan Joe qui s'est fait voler un objet irremplaçable. Enragé, ce Seigneur de guerre envoie ses hommes pour traquer les rebelles impitoyablement…

MON AVIS : 70 ans ! George Miller a 70 ans quand il réalise Mad Max Fury Road ! Et malgré le poids de la vieillesse sur les épaules, le créateur du personnage culte de Max Rockatansky enterre en 120 minutes toute la production cinématographique dite "d'action" des années passées et sûrement à venir. 120 minutes de bruit et de fureur sur pellicule comme on n'en a jamais vu auparavant ! Des images nourris au cinéma Bis et au cinoche post-apocalyptique, transcendées par une mise en scène infernale et dévastatrice qui élève Mad Max Fury Road en nouveau maître-étalon du genre. George Miller réinvente le cinéma d'action et de divertissement en se servant de ses acquis d'antan mais en les modernisant et en proposant un spectacle jubilatoire comme on n'en rêvait plus. Les spectateurs bercés au cinéma 80's, au post-nuke rital, au Mad Mission asiatique et autres délires pelliculaires n'en croiront pas leurs yeux et pourtant le miracle est bien là. Plus encore que les séquences d'action dantesques proposées par George Miller, c'est bien son inventivité hallucinante à proposer des nouveautés en terme de spectacle qui nous en met plein la vue et nous laisse pantois devant notre écran. Une imagination totalement débridée, sans aucun carcan pour la retenir, laissant le choix des possibles s'exprimer pleinement, sans aucune retenue, permet à Mad Max Fury Road d'être une bouffée d'air frais dans une production cinématographique se contentant majoritairement de recycler sans aucun effort ce qu'on a déjà vu auparavant. Chaque séquence du film nous propose une nouvelle idée, les décors ou les courses-poursuites entre des véhicules customisés de manière fantasmatique ont toujours quelque chose à proposer en terme de mise en scène qui relève du jamais vu. Certaines séquences, certains plans sont dignes d'une oeuvre d'art, d'une peinture exécutée par un orfèvre en la matière (l'arrivée des véhicules dans la tempête de sable par exemple, juste magnifique). Le réalisateur se permet même l'audace de rendre muet son héros légendaire durant toute la première partie de son film, première partie qui mérite à elle seule de faire atteindre à Mad Max Fury Road le statut de film culte. Si Tom Hardy ne parvient évidemment pas à nous faire oublier Mel Gibson, sa prestation est néanmoins à saluer tant l'acteur y met du sien et participe à 200% à cet opéra wagnérien dans le désert. La bonne surprise vient de Charlize Theron, absolument transfigurée ici, et qui nous offre un personnage féminin haut en couleurs et qui restera à coups sûr dans toutes les mémoires. Le scénario est bien plus intelligent qu'on pourrait le croire au départ et recèle de vraies bonnes idées qui viennent amplifier le ressenti plus que positif qu'on éprouve durant la vision du film. Mad Max Fury Road porte donc bien son nom et notre attente n'a pas été vaine. On ne peut que s'agenouiller devant la maestria virtuose de George Miller qui nous en donne pour notre argent et plus encore. Une oeuvre contemporaine-référence qui risque de le rester encore bien longtemps ! 

NOTE : 6/6



mercredi 2 décembre 2015

QUI L'A VUE MOURIR ?

QUI L'A VUE MOURIR ?
(Chi l'ha vista morire ?)

Réalisateur : Aldo Lado
Année : 1972
Scénariste : Francesco Barilli, Massimo D'Avak, Aldo Lado, Ruediger von Spies
Pays : Italie, Allemagne
Genre : Giallo
Interdiction : -12 ans
Avec : George Lazenby, Anita Strindberg, Adolfo Celi, Nicoletta Elmi, Dominique Boschero...


L'HISTOIRE : France, 1968. Une jeune fille est assassinée à coups de pierre par une mystérieuse personne vêtue de noir. Quatre ans plus tard, à Venise, le sculpteur Franco Serpieri vit paisiblement avec sa maîtresse. Séparé de son épouse, il reçoit fréquemment la visite de sa fille Roberta. Mais un soir, celle-ci ne rentre pas. Le lendemain, on retrouve son corps dans un des canaux de la ville. La police se charge de l'enquête mais sans résultats. Franco, qui se sent responsable du drame, décide de se lancer seul à la poursuite du coupable...

MON AVIS : Puissant ses racines dans la littérature policière, dont les romans se paraît d'une couverture jaune, le giallo - ou thriller italien pour faire simple - connut ses prémices dès 1964 avec La fille qui en savait trop de Mario Bava puis avec Six femmes pour l'assassin du même Bava, oeuvre de 1966 qui posa les bases du genre. Le phénomène prend une ampleur sans précédent avec le succès en 1970 du classique de Dario Argento : L'oiseau au plumage de cristal. Dès lors, on verra débarquer sur les écrans toute une pléiade de gialli qui viendront faire monter la tension chez le spectateur adepte d'enquête policière et de meurtres violents. Je ne vais pas vous lister les titres majeurs du genre, j'ai sûrement du le faire lors d'un précédent article consacré à un giallo. Celui qui nous intéresse aujourd'hui, Qui l'a vue Mourir ? est du à Aldo Lado, que les amateurs connaissent bien puisqu'on lui doit entre autre des titres phares tels Je suis Vivant (1971) ou Le Dernier train de la nuit (1975). Avec Qui l'a vue Mourir ? réalisé en 1972, il apporte une pierre des plus solides à l'édifice "giallo" puisque son film fait partie des meilleurs que j'ai vu dans le genre. Il est d'ailleurs amusant de constater que la thématique du film n'est pas sans rappeler celle de La Longue Nuit de l'Exorcisme de Lucio Fulci, les deux films ayant été réalisés la même année ! Cette thématique, à savoir le meurtre d'enfants (et la pédophilie), plonge le spectateur dans une ambiance des plus malsaines. Dès la scène d'introduction se déroulant en France, Qui l'a vue Mourir ? marque des points et nous place dans une position inconfortable, puisque nous sommes témoin malgré nous du meurtre d'une petite fille rousse par une femme habillée de noir et gantée. Qui l'a vue mourir cette petite fille ? Eh bien nous, spectateurs ! Pourtant, nous serons bien incapable de dire qui se cache sous l'identité du tueur. Le réalisateur nous propose alors tout un panel de personnages un peu louche, qui semblent tous avoir des secrets inavouables et, suite au deuxième meurtre d'une petite fille rousse (la bien connue Nicoletta Elmi), on se prend à jouer les enquêteurs au côté du pauvre papa avide de vengeance et de justice (très bien interprété par George Lazenby, ex James Bond en 69 dans Au Service Secret de sa Majesté). Outre l'enquête, prenante, c'est la mise en scène d'Aldo Lado et son utilisation des décors naturels de la ville de Venise qui donnent au film son ambiance et son originalité. La scène de la ronde des enfants marque les esprits car le metteur en scène transforme un simple jeu enfantin en élément stressant et inquiétant, aidé en cela par la musique d'Ennio Morricone et la comptine qui donne son titre au film "Chi l'ha vista morire ?". Stressantes sont également les déplacement de la caméra dans les rues de Venise, surtout quand l’inquiétante "dame en noir" est dans les parages, en quête d'une nouvelle proie. On appréciera également la présence d'Anita Strindberg même si, ici, son rôle se révèle un peu anecdotique. Sans être particulièrement violent dans ses images, Qui l'a vue Mourir ? est une oeuvre âpre et dérangeante, dont les quelques défauts (inspecteur de police incompétent, charge un peu forcée sur la bourgeoisie) ne parviennent pas à nous faire quitter les yeux de l'écran. Certes, la révélation finale est un peu prévisible (surtout si on a vu le film de Fulci) mais il n'en reste que cette oeuvre d'Aldo Lado est un excellent giallo qui mérite toute votre attention !

* Disponible en DVD chez THE ECSTASY OF FILMS

NOTE : 5/6