Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !

Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


jeudi 31 mars 2016

LES MACHINES DU DIABLE

LES MACHINES DU DIABLE
(The Losers)

Réalisateur : Jack Starrett
Année : 1970
Scénariste : Alan Caillou
Pays : Etats-Unis
Genre : Action, Guerre
Interdiction : /
Avec : William Smith, Bernie Hamilton, Adam Roarke, Houston Savage, Paul Koslo...



L'HISTOIRE : En pleine guerre du Vietnam, l'armée américaine doit mener à bien une mission de sauvetage afin de récupérer un ponte de la CIA retenu prisonnier dans un camp ennemi. Afin de créer la surprise, le colonel en charge de la mission a une idée originale : engager son frère et ses quatre amis. Petite précision, les cinq hommes ne sont pas des soldats mais des bikers. Après avoir customisé les motos que l'armée leur a fourni, les cinq motards vont pouvoir passer à l'action...

MON AVIS : Ça c'est du scénario ! Envoyer cinq Hells Angels et leurs motos en mission-suicide au Vietnam ! Original en diable ! Réalisé par Jack Starrett, qui avait déjà tâté des bikers avec son premier film L'échappée Sauvage en 1969, Les Machines du Diable avait tout pour être une série B divertissante, mêlant dans un cocktail relevant du jamais vu film de guerre, film d'action et film de bikers donc ! Au final, quelle déception ! Cette horde, qui n'a rien de sauvage, ne provoque la plupart du temps que l'ennui. Après une première séquence un peu explosive, le film nous présente l'arrivée des cinq bikers et leur préparation. Et là, durant une bonne heure, on enchaîne les séquences pas franchement intéressantes : les motards vont dans des bordels, boivent beaucoup de bière, se bagarrent ou se chamaillent avec leur responsable militaire (interprété par Bernie Hamilton, célèbre pour son rôle du capitaine Dobey dans la série Starsky et Hutch). L'un d'entre-eux retourne voir son ancienne petite amie vietnamienne (très jolie au demeurant) et se questionne sur le sens de la vie : vaut-il mieux partir avec sa fiancée ou remplir la mission au côté de ses camarades ? Entre tout ça, on assiste à la séquence sympa de la customisation des motos (pas des Harley hein, des petites Yamaha...), avec ajout de protection, de mitraillettes ou de lance-grenades. On attend que la mission-suicide débute mais le réalisateur, sûrement par manque de moyen, préfère s'attarder sur notre équipe d'anti-héros et leur faire débiter des tonnes de dialogues qui nous plonge dans une torpeur certaine. Enfin, quand il ne reste plus que trente minutes de film, tout le monde se réveille et décide d'aller la remplir, cette foutue mission de sauvetage ! Il était temps ! Le camp ennemi voit donc débarquer des motards au lieu des tanks et des jeeps et on à droit à quelques explosions, un peu de morts qui se prennent des balles au ralenti, avec en sous-texte un plaidoyer anti-militaire puisque les enfants ne sont pas épargnés par les rafales tirées à l'aveugle, que ce soient par les Vietcong ou par les bikers. Durant cet assaut, le titre original du film prend tout son sens (The Losers = les perdants) puisque nos héros meurent, sont fait prisonniers et les survivants finiront par mourir quand même au final, abattus par l'armée américaine elle-même. L'agent de la CIA (interprété par Jack Starrett, qui aimait beaucoup faire l'acteur) est une ordure finie, qui n'a aucune compassion pour ceux qui sont venus le libérer et bien qu'étant particulièrement antipathique, il s'en sortira ! Pas cool ça ! On a donc trente minutes un peu dynamique noyées dans un océan d'ennui, c'est peu. Avec un tel sujet,réalisé alors que la guerre au Vietnam fait rage et durera encore trois ans, Les Machines du Diable aurait pu être une petite perle du cinéma d'action à petit budget. Ce n'est franchement pas le cas pour ma part et c'est d'autant plus dommage que Jack Starrett est loin d'être un manchot derrière une caméra.

* Disponible en DVD chez CROCOFILMS

NOTE : 2/6


mardi 29 mars 2016

SHARK

SHARK
(Shark!)

Réalisateur : Samuel Fuller
Année : 1969
Scénariste : John T. Dugan, Samuel Fuller
Pays : Etats-Unis, Mexique
Genre : Aventure
Interdiction : /
Avec : Burt Reynolds, Arthur Kennedy, Barry Sullivan, Silvia Pinal...



L'HISTOIRE : Caine, un trafiquant d’armes échoue dans un port de la mer Rouge. Anna, une jeune femme séduisante, lui propose alors de plonger dans des eaux infestées de requins pour des recherches scientifiques. Mais Caine comprend très rapidement que la jeune femme et son partenaire sont en fait des chasseurs de trésor peu scrupuleux…

MON AVIS : Une fois la vision de Shark achevée, on a bien du mal à croire que le réalisateur est le même Samuel Fuller qui nous a offert La Maison de Bambou, Le Jugement des Flèches, Underworld USA, Shock Corridor, The Naked Kiss ou Dressé pour Tuer ! Pour faire simple, Shark est un petit film d'aventure mou du genou, vraiment peu intéressant et souvent laborieux ! La mise en scène est d'une platitude désespérante, le rythme est d'une mollesse soporifique et les séquences sous-marines avec les vrais requins ne provoquent pas grand chose niveau stress. Adaptation d'un roman de Victor Canning, Shark s'est taillé une petite réputation à l'époque de sa sortie grâce à un fait divers sordide : les producteurs du film voulaient utiliser de vrais requins durant le tournage et l'un d'eux a dévoré le cascadeur José Marco sous l’œil de la caméra. Peu scrupuleux, les producteurs ont tout misé sur cette mort tragique et ont utilisé le drame pour faire la publicité du film, allant même jusqu'à dire que la séquence était incluse dans le montage ! Baptisé à l'origine "Caine" (du nom du héros interprété par Burt Reynolds), ils changèrent le titre en un Shark plus vendeur suite à cet événement. Dépité par ce type de procédé mercantile, Samuel Fuller quitta la production, ne s'entendant pas du tout avec les producteurs. Ceux-ci allèrent même jusqu'à faire un nouveau montage du film sans l'avis de Fuller, qui découvrir le désastre lors de sa sortie en salles le 8 octobre 1969. Il demanda d'ailleurs à ce que son nom soit retiré de l'affiche mais n'obtient pas gain de cause. En l'état, Shark mange à plusieurs râteliers : le début nous présente le personnage de Caine, qui transporte des explosifs dans son camion, façon Le salaire de la Peur. Seul, il doit survivre dans une petite ville soudanaise, faire bonne figure face à la police locale et se lie d'amitié avec un jeune garçon chapardeur. Sa rencontre avec Anna (Silvia Pinal) va l'entraîner dans une aventure périlleuse, notamment lorsqu'il découvre que ses deux nouveaux employeurs ne sont pas du tout des scientifiques travaillant sur la faune marine mais des chercheurs de trésors qui ont découvert une épave contenant de précieux lingots d'or. Mais avant d'en arriver là, que de bla-bla et d'ennui ! L'intrigue tourne en rond, ne décolle jamais et les acteurs eux-mêmes ont l'air de s'ennuyer ferme, hormis Burt Reynolds, toujours souriant, qui passe son temps à fumer et à se bagarrer. L'acteur n'est pas encore célèbre, Délivrance datant de 1972 ! Mais sa prestation, sans être géniale, loin s'en faut, est peut-être la seule chose à retenir du film en plus de sa relation avec le petit garçon. Le thème du baroudeur au cœur dur qui prend sous sa protection un petit miséreux fonctionne assez bien ici, surtout que le jeune acteur a une bonne frimousse et ne se démonte pas face à la caméra, fumant des cigares comme les grands ! On aurait néanmoins aimé que Shark se focalise bien plus sur cette fameuse chasse au trésor et mette plus en avant le danger représenté par les squales. Mais manque de bol, le film préfère s'attarder sur des personnages secondaires (le docteur ivrogne) et on passera au final bien peu de temps sous la mer, hormis lors du dernier quart d'heure. Difficile également de mettre dans les points positifs les pauvres décors censés représenter le Soudan quand le film a été tourné au Mexique ! Honnêtement, Shark est à ranger dans la catégorie des mauvais films. Moi qui pensais regarder un petit film d'aventure sympathique avec des requins en prime, j'ai été plus que déçu car le cahier des charges est bien peu rempli. Même les adorateurs de Samuel Fuller auront bien du mal à retrouver une quelconque trace de son génie dans Shark, peu aidé il est vrai par les ennuis avec la production. J'ai toutefois un peu de mal à penser qu'un éventuel director's cut améliorerait ma note finale...

* Disponible en DVD chez BACH FILMS

NOTE : 1/6


lundi 28 mars 2016

DR. MABUSE ET LE RAYON DE LA MORT

DR. MABUSE ET LE RAYON DE LA MORT
(Die Todesstrahlen des Dr. Mabuse)

Réalisateur : Hugo Fregonese, Victor De Santis
Année : 1964
Scénariste : Ladislas Fodor
Pays : France, Italie, Allemagne
Genre : Policier
Interdiction : /
Avec : Peter van Eyck, O.E. Hasse, Yvonne Furneaux, Rika Dialyna, Walter Rilla...



L'HISTOIRE : L'agent secret britannique Bob Anders est envoyé sur l'île de Malte afin d'assurer la protection du professeur Larsen, savant qui vient de mettre au point un rayon mortel capable d'anéantir n'importe quel ville sur la surface de la Terre. Pour passer incognito, Bob Anders s'octroie une compagne de charme, la ravissante Judy qui pense passer des vacances romantiques. Mais Bob Anders ne va pas avoir beaucoup de temps à lui consacrer car l'arme mortelle inventée par Larsen est convoitée par le diabolique docteur Mabuse, génie du mal qui désire devenir le maître du monde grâce au rayon de la mort...

MON AVIS : Le personnage du docteur Mabuse, inventé par l'écrivain Norbert Jacques est un génie du crime, hypnotiseur et télépathe, se dissimulant derrière de nombreux masques pour garder son identité secrète. Il deviendra célèbre grâce au génial Fritz Lang qui adapte ses aventures dès 1922 avec Docteur Mabuse le Joueur, puis Le Testament du docteur Mabuse en 1933 et Le Diabolique docteur Mabuse en 1960. Le personnage de Mabuse est encore apparu cinq fois dans les années 60, sous la férule de metteur en scène comme Harald Reinl (Le Retour du docteur Mabuse et L'invisible docteur Mabuse), Werner Klinger (Le Testament du docteur Mabuse), Paul May (Mabuse attaque Scotland Yard) ou Hugo Fregonese (Dr. Mabuse et le rayon de la mort). En 72, Jess Franco réalise La Vengeance du docteur Mabuse et en 1990, Claude Chabrol s'y met aussi avec Docteur M. Avec Dr. Mabuse et le Rayon de la Mort, on nage en plein film d'espionnage façon sous-James Bond. L'agent Bob Anders aurait tout aussi bien pu s'appeler OSS 117 ou Francis Coplan tant son personnage se rapproche de ces fameux agents secrets qui ont sévi sur les écrans durant les 60's après le succès de James Bond contre Dr. No. Beau parleur, aimant les femmes et faisant facilement succomber ces dernières, sachant se montrer violent quand il le faut, Bob Anders va devoir déjouer les plans du docteur Mabuse, ce dernier étant bien décidé à soutirer le code permettant l'accès à la salle ultra-sécurisée contenant le rayon mortel à son créateur, le professeur Larsen. Le film d'Hugo Fregonese joue avec tous les clichés du genre et propose une aventure policière teintée de science-fiction pas dénuée d'intérêt même si inférieure aux exploits de l'agent 007. Combat d'hommes-grenouilles, passage secret dans un cimetière, secrétaire séduisante mais dangereuse, personnages ambigus dont on ne sait pas vraiment dans quel camp ils jouent, compagne du héros gentiment sexy (surtout lorsqu'elle se balade en porte-jarretelles la nuit !), bagarres, organisation criminelle ne reculant devant aucun méfait et génie du crime n'apparaissant jamais à l'écran que sous la forme d'une silhouette viennent rythmer une aventure assez classique mais pas déplaisante, qui aurait tout de même gagner à être un peu plus soutenue et dynamique. L'humour s'invite souvent au cours du récit, notamment avec le personnage de Judy interprétée par Rika Dialina. La jolie blondinette croit passer du bon temps à Malte avec Bob Anders mais elle va vite s'apercevoir que son prince charmant n'a pas vraiment le temps ni l'envie de s'occuper d'elle, ce qui donne lieu à des situations cocasses, à l'image de la scène où elle dort "sous le lit" de peur de rester seule ou lorsqu'elle se fait appeler "agent 008". La mise en scène de Fregonese reste de bonne facture, l'utilisation de certain décor est franchement intéressante (le cimetière à l'ambiance gothique) et ce Dr. Mabuse et le Rayon de la Mort se laisse tranquillement regarder si on en attend pas trop. On aurait aimé voir ce fameux rayon de la mort en action mais ce ne sera pas le cas, dommage. En tout cas, si vous aimez les petits polars 60's ou les euro-spy de cette même décennie, laissez-vous tenter par ce film sympathique, qui ne laissera pas de souvenir impérissable comparé aux classiques de Fritz Lang bien sûr mais qui sait divertir gentiment et s'avère bien plus bis dans son traitement. 

* Disponible en DVD chez BACH FILMS

NOTE : 3/6


dimanche 27 mars 2016

LA PROF DU BAHUT

LA PROF DU BAHUT
(La professoressa di scienze naturali)

Réalisateur : Michele Massimo Tarantini
Année : 1976
Scénariste : Francesco Milizia, Marino Onorati, Franco Mercuri, Michele Massimo Tarantini
Pays : Italie
Genre : Comédie, érotique
Interdiction : -12 ans
Avec : Lilli Carati, Michele Gammino, Alvaro Vitali, Gianfranco D'Angelo, Serena Bennato...



L'HISTOIRE : Après une erreur lors d'une expérience de chimie qui tourne mal, la vieille prof de sciences-naturelles ne peut plus assurer les cours. Pour la remplacer, le lycée fait appel à Stefania Marini, qui vient d'être fraîchement diplômée. La jeunesse et la beauté de Stefania font fondre tous les élèves masculins, dont Andrea Balsamo, le fils du pharmacien chez qui vit Stefania. Mais la nouvelle prof est aussi convoitée par un baron célibataire. De quoi lui compliquer la vie, devant déjà faire face aux élèves peu studieux et dissipés...

MON AVIS : La sexy comédie italienne est un genre qui a connu ses heures de gloire durant les années 70/80, révélant au public érotomane des actrices à la beauté parfaite qui finissaient la plupart du temps en tenue d'Eve entre deux gags salaces et balourds. Parmi les reines de la sexy comédie italienne, on citera Edwige Fenech, Nadia Cassini, Gloria Guida et Lilli Carati. C'est cette dernière qui est la vedette de La Prof du Bahut, film réalisé en 1976 par Michele Massimo Tarantini, un spécialiste du genre. Sur un scénario classique dans ce type de production (une vieille prof est remplacée par une bombe anatomique qui va provoquer bien des remous parmi les élèves), La prof du Bahut tire son épingle du jeu en grande partie grâce à deux acteurs : Alvaro Vitali et Lilli Carati. Le premier est bien connu des amateurs puisqu'il est quasiment dans toutes les sexy comédies italiennes. C'est un peu le Benny Hill du genre, avec son visage peu commun, parfait pour interpréter les benêts et les crétins lubriques. Mimiques simiesques, regard qui louche, Alvaro Vitali réussira certainement à vous arracher un sourire voire même un rire tant il ne recule jamais à en faire des tonnes et à servir de souffre-douleur malchanceux. Quant à Lilli Carati, dont La Prof du Bahut constitue sa seconde incursion dans le cinéma, elle est un ravissement perpétuelle pour les yeux et constitue l'intérêt majeur du film. Visage d'ange, sourire à tomber et plastique parfaite dévoilée intégralement lors de quelques séquences polissonnes très soft feront tomber tout mâle normalement constitué amoureux dès son entrée en scène. Un petit pincement au cœur nous étreindra d'ailleurs car cette beauté fatale a connu malheureusement une fin de carrière tragique, sombrant dans la drogue dure et le porno avant de disparaître des écrans. Elle a néanmoins réussi à s'en sortir par la suite et on l'a revu avec plaisir en 2015 avec la sortie de Violent Shit - The Movie, film testament puisque la belle est décédée le 20 octobre 2014 à l'âge de 58 ans. Sexy en diable, Lilli Carati assure ce qu'il faut dans La Prof du Bahut et interprète son personnage avec conviction et naturel. Ses déboires avec les élèves chahuteurs et voyeurs, sa romance alambiquée avec un baron célibataire plutôt gauche et ses escapades frivoles avec le fils du pharmacien nous permettent de passer un moment de détente agréable devant notre écran. Bien sûr, avec un tel sujet, il ne faut pas s'attendre à de l'humour très fin et les spectateurs non avertis feront certainement les gros yeux devant les gags majoritairement situés en dessous de la ceinture et qui leur paraîtront d'une profonde débilité. Les sexy comédies italiennes ne sont pas connues pour leur finesse mais plutôt pour leur aspect délirant voire non-sensique, nous ramenant à la grande époque du burlesque, et La Prod du Bahut ne fait pas exception à la règle et s'en révèle même être l'un des plus beaux fleurons. On citera à titre d'exemple la séquence dans laquelle Alvaro Vitali se fait agresser par une bande de voyous et qu'il leur met une déculotté car entre deux coups de poings, il potasse son ouvrage d'apprentissage du kung-fu ! Les gags avec Gianfranco D'Angelo et sa coupe de cheveux hirsute se révéleront un peu plus lourdingue et sa romance enflammée avec la femme du pharmacien est bien compliquée mais pas toujours très drôle. Heureusement, le réalisateur s'éloigne des clichés habituels des films de "collégiens" et propose quelques séquences bucoliques en dehors de l'établissement scolaire plutôt bien menées. La séquence d'amour aquatique entre Lilli Carati et le fils du pharmacien est joliment filmée et poétique. On appréciera également l'humour acerbe du réalisateur lors de la scène finale du mariage, dans laquelle le pauvre curé découvre que toutes ses ouailles sont cocus et se trompent mutuellement. La Prof du Bahut est une bonne entrée en matière pour ceux qui ne connaîtrait pas le genre de la sexy comédie italienne et si enchaîner des gags à l'humour douteux et souvent navrant ne vous fais pas peur, alors n’hésitez pas ! Et puis avoir Lilli Carati comme professeur, ça ne se refuse pas...

* Disponible en DVD chez BAC VIDEO

NOTE : 4/6


samedi 26 mars 2016

ORGASMO NERO

ORGASMO NERO
(Orgasmo Nero / Les Plaisirs d'Hélène / Sex and Black Magic)

Réalisateur : Joe D'Amato
Année : 1980
Scénariste : Joe D'Amato
Pays : Italie, République Dominicaine
Genre : Erotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Susan Scott, Richard Harrison, Lucia Ramirez, Mark Shannon...



L'HISTOIRE : Hélène part rejoindre Paul, son mari, sur une île des Caraïbes. Ce dernier étudie les mœurs et comportements de la tribu qui vit sur l'île afin de rédiger un ouvrage sur le sujet. Hélène, citadine dans l'âme, espère que cette escapade dans un lieu exotique va gommer ses problèmes de couple, son mari n'arrivant pas à lui faire un enfant. Sur place, Hélène tombe sous le charme d'Haini, une belle native qui vient de perdre son père, dévoré par un requin. Pour combler l'absence d'enfant dans sa vie, Hélène désire "adopter" Haini et la ramener en ville...

MON AVIS : Faisant partie de la série de films tourné en République Dominicaine par Joe D'Amato, Les Plaisirs d'Hélène ou Orgasmo Nero a la particularité de mettre en scène le bien connu Richard Harrison, acteur culte du cinéma bis, des fans de péplum et des fans de nanars, l'homme ayant joué dans pléthore de films de ninja par exemple. Avec une filmographie de plus de 120 titres au compteur, il est impossible que les néophytes ne connaissent pas son visage. Dans ce film de D'Amato, il interprète un anthropologue impuissant qui n'arrive pas à faire un enfant à son épouse, jouée par Susan Scott. célèbre actrice également vue dans pas mal de gialli dans les 70's tels Toutes les couleurs du vicePhoto interdite d'une bourgeoiseNuits d'amour et d'épouvanteSo Sweet So DeadLa mort caresse à minuit ou Chassés-croisés sur une lame de rasoir par exemple. Il est assez amusant de voir Richard Harrison dans des scènes érotiques, l'acteur s'en sortant avec peine et ne semblant pas franchement à l'aise avec sa partenaire quand il s'agit de lui faire des papouilles sur son anatomie dénudée ! La légende voudrait qu'il ne savait pas que le film verserait dans l'érotisme, Joe D'Amato ne l'ayant pas prévenu de cet aspect ! Sacré Richard ! Susan Scott s'en sort mieux, se livrant à maints plaisirs solitaires sous la douche ou sur son lit et ne refusant pas de s'envoyer la jeune et belle native de l'île, toujours aussi joliment interprétée par Lucia Ramirez. Cette actrice a la carrière fulgurante (six films réalisés par Joe D'Amato entre 1980 et 1981) possède une peau d'ébène et un corps quasi parfait et n'est pas sans nous rappeler Laura Gemser. Elle ouvre d'ailleurs le film avec une séquence choc puisque selon les rituels de sa tribu, l'âme d'un défunt réside dans son cœur. Son père venant d'être tué par un requin, elle se dresse au dessus de sa dépouille et lui prélève le cœur afin de s'en repaître et donc intégrer en elle l'âme de son papa ! On reconnaît bien là le style horrifique de D'Amato, même si cette séquence reste bien plus soft que celles vues dans Emanuelle et les derniers cannibales ou Emanuelle en Amérique, tous deux réalisés avant Orgasmo Nero. Hormis ce prélude un peu gore (idée qu'on retrouvera à la fin du film, je vous laisse la surprise même si elle se devine), le reste du métrage est à classé dans le cinéma érotique exotique. Sans réel fil conducteur, D'Amato enchaîne les scènes de sexe soft comme on enfile des perles. Le scénario se fait des plus légers et si les paysages dépaysent (logique !), si le charme et la plastique de Lucia Ramirez font de l'effet, on ne peut toutefois s'empêcher de trouver le rythme un peu mollasson. D'Amato tente tout de même de placer une virulente critique à l'encontre des citadins blancs venant profaner les autres pays : quand Hélène veut ramener en ville Haini, cette dernière doit être désavouée par sa propre mère afin de pouvoir quitter son île. Après avoir reçue plusieurs coups de fouet, la jeune fille est libre et peut s'envoler avec Hélène et son mari, devenant par la même occasion l'objet, le jouet de cette dernière. Quand Hélène apprend qu'elle va pouvoir avoir un enfant de Paul, elle n'a plus l'utilité d'Haini et veut s'en débarrasser sans autre commune mesure en la renvoyant sur son île. Sympa. Utilisée puis jetée comme une vieille chaussette ! On s'en vraiment que D'Amato s'est pris de passion pour les habitants de Saint-Domingue vu le sort qu'il réserve à Paul et Hélène. Orgasmo Nero est au final un petit film érotique exotique sans autre prétention que celle de divertir. On notera une courte scène de fellation non simulée lors d'un fantasme d'Haini, séquence qui intervient sans réelle raison, sûrement un bout de scène non retenue au montage final et placé là pour pimenter un peu le tout. Pas de quoi se relever la nuit mais pas désagréable non plus, même si on lui préférera d'autres films de son réalisateur. Il est dommage que D'Amato n'a pas développé plus l'aspect rituel ou vaudou dans ce film et n'est pas plus joué sur l'horreur graphique. Pour l'anecdote, il semblerait que ce film ait été réalisé en 1978, la même année que Et Mourir de Plaisir mais qu'il soit sorti en 1980.

* Disponible en DVD version intégrale chez Bach Films

NOTE : 3/6


jeudi 24 mars 2016

SESSO NERO

SESSO NERO
(Sesso Nero)

Réalisateur : Joe D'Amato
Année : 1980
Scénariste : Luigi Montefiori
Pays : Italie
Genre : Erotique, X
Interdiction : -16 ans
Avec : Mark Shannon, Annj Goren, George Eastman, Lucia Ramirez...



L'HISTOIRE : Mark Lester apprend qu'il doit subir une opération vitale de la prostate qui le laissera impuissant. Il demande quinze jours à son chirurgien et retourne dans l'île de Saint-Domingue pour profiter une dernière fois des plaisirs de la chair. Arrivé sur place, il revoit ses anciens amis mais également une jeune femme dont il fut follement amoureux par le passé et qui serait morte de chagrin suite à son départ. Mark est troublé par cette vision car la jeune femme est resté physiquement telle qu'elle était par le passé. Le père de cette dernière étant spécialisé dans les pratiques du vaudou, Mark se demande s'il n'est pas victime d'une vengeance du paternel, s'il a vu un fantôme ou si son ancienne dulcinée est bel et bien vivante...

MON AVIS : Entre 1978 et 1980, le prolifique réalisateur italien Joe D'Amato se prend de passion pour l'île de Saint-Domingue, située dans les Caraïbes. Dans ce lieu paradisiaque, il a réalisé plusieurs films, souvent avec la même équipe de tournage et les mêmes acteurs, notamment en 1980. D'après un scénario de Luigi Montefiori, plus connu sous le nom de George Eastman, Sesso Nero est une date dans le cinéma italien car il est le premier film à s'insérer dans le filon de la pornographie. Spécialisé dans l'érotisme et le gore, Joe D'Amato franchit avec cette oeuvre la ligne de démarcation entre sexe simulé et sexe non simulé. Fellations multiples, pénétrations ou masturbation féminine filmée avec moult détail sont donc au programme de Sesso Nero qui nous présente l'acteur Mark Shannon en bien fâcheuse posture puisque ce dernier, macho avide de sexe, va devenir impuissant après une opération urgente qui doit être exécutée dans une quinzaine de jours. L'acteur deviendra un spécialiste des scènes hard chez D'Amato et on le verra dans d'autres films de la période "Saint-Domingue", comme Orgasmo Nero, La Nuit Fantastique des Morts-Vivants, Porno Holocaust ou Hard Sensation par exemple. Dans Sesso Nero, il interprète un personnage pour le moins antipathique, qui n'hésite pas un seul instant à sauter la femme de son meilleur ami pendant que ce dernier est parti lui chercher une bonne bouteille ! Sympa ! Homme à femmes, on comprend vite que la gent féminine n'est pour lui qu'un objet dont il peut user et abuser et même lorsque sa propre femme débarquera sur l'île, il n'hésitera pas à la tromper avec des domestiques par exemple. Il a néanmoins un point faible : son ancienne amour qu'il a abandonné jadis et qu'il vient d'apercevoir dans une rue, ce qui lui semble impossible, la belle n'ayant physiquement pas subit l'épreuve du temps qui passe. Sesso Nero dévie gentiment dans une atmosphère un peu fantastique puisqu'on ne sait pas si Mark est victime de vision ou s'il est hanté par un fantôme. Le thème du vaudou vient s'ajouter à cette ambiance suave et on se demande nous aussi de quoi il en retourne vraiment. Pas déplaisant à regarder, Sesso Nero propose de plus de jolis paysages, la mer, les palmiers, le sable chaud et quelques actrices peu farouches qui n'hésitent pas à donner de leur personne, à l'image de Annj Goren ou de Lucia Ramirez. Même si les scènes hard sont donc non simulées ici, on ne peut pas vraiment dire qu'elles soient bien excitantes tant les actrices semblent se retenir ou semblent ne pas être très à l'aise avec le sexe filmé sans tabou. On est loin du ressenti qu'on pouvait avoir face aux prestations plus soft mais nettement plus affriolantes de Laura Gemser par exemple. Si on appréciera de voir notre bon George Eastman dans le film, la séquence dans laquelle il apparaît est par contre d'un ridicule inachevé : assis à une table dans un bar dont Eastman est le propriétaire, un couple fait un strip-tease sur un air disco et leur prestation est juste pathétique. Sesso Nero reste tout de même assez distrayant et nous rappelle les films érotiques de M6 en deuxième partie de soirée. On a toutefois connu Joe D'Amato plus inspiré et le film ne laissera pas un souvenir majeur dans nos esprits. A découvrir néanmoins pour ce qu'il représente par rapport au cinéma érotique italien et pour la fameuse ultime séquence dans laquelle Mark Shannon se tranche le sexe.

* Disponible en DVD version intégrale chez Bach Films

NOTE : 3/6


mardi 22 mars 2016

BELLE STARR STORY

BELLE STARR STORY
(Il mio corpo per un poker / Belle Starr)

Réalisateur : Lina Wertmüller, Piero Cristofani 
Année : 1968
Scénariste : Piero Cristofani
Pays : Italie
Genre : Western
Interdiction : /
Avec : Elsa Martinelli, Robert Woods, George Eastman, Francesca Righini...



L'HISTOIRE : Belle Starr est une rousse incendiaire dont la tête est mise à prix. Après avoir perdu une partie de poker dont elle était le prix, elle passe la nuit avec le vainqueur, Larry Blackie. Agacée par le comportement machiste de ce dernier, Belle Starr se débrouille pour le rencontrer à nouveau. Elle lui raconte son passé et pourquoi elle est devenue une hors-la-loi. Les deux desperados au tempérament explosif vont développer une relation complexe, et notamment quand Belle Starr va vouloir doubler Larry Blackie lors d'un vol de bijoux...

MON AVIS : Girl Power au programme de ce western européen atypique qui met en vedette une héroïne sublimement interprétée par Elsa Martinelli, atout charme que les fans de Lucio Fulci ont pu voir dans Perversion Story au côté de Marisa Mell. Le personnage de Belle Starr a réellement existé, c'était une célèbre hors-la-loi dans les années 1880 et divers films ont exploité son potentiel, comme par exemple La Reine des Rebelles en 1941 (avec Gene Tierney) ou La Femme aux revolvers (avec Jane Russell) en 1952 entre autre. Belle Starr Story lui octroie une place d'honneur et les spectateurs masculins ne résisteront pas au charme d'Elsa Martinelli, notamment quand cette dernière se retrouve en guêpière sexy. Les fans d'Emma Peel ou de Cathy Gale, deux héroïnes de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, la préféreront en tenue de cuir noir justement, qu'elle porte merveilleusement bien durant la dernière partie du film. Un film qui a commencé à être réalisé par Piero Cristofani, également scénariste, mais ce dernier a été mis au placard car il ne convenait pas à madame Martinelli. Pour le remplacer derrière la caméra, on choisit une femme, Lina Wertmüller, ce qui n'est pas anodin quand au élan féministe de l'oeuvre. Belle Starr est un personnage de femme forte, qui maîtrise son destin et ne laisse personne lui dicter ses choix et sa conduite de vie, d'où sa relation un brin tumultueuse avec Larry Blackie, son penchant masculin. Ce dernier est interprété par un acteur bien connu des fans de cinéma bis puisqu'il s'agit de Luigi Montefiori, plus connu sous son nom américanisé de George Eastman (Anthropophagous, Horrible, Les Guerriers du Bronx, Les Nouveaux Barbares...). Il campe ici un desperado plutôt macho et à l’ego surdimensionné ("Si la coutume était de mettre sa signature sur les cadavres, les cimetières seraient des musées pleins de mes autographes !") qui ne pourra s'empêcher de trouver fort attirante cette Belle Starr qui lui résiste et lui donne bien du fil à retordre. Ce drôle de duo va se croiser à maintes reprises tout au long de l'aventure, qui peut être divisée en trois parties : la première se compose d'une étonnante partie de poker, assez drôle et qui va prendre une tournure moins avantageuse pour Belle Starr avec l'intervention de Larry Blackie. Cette première rencontre entre les deux héros va établir les bases de leur future relation houleuse. La seconde partie correspond à un très long flashback dans lequel Belle Starr nous raconte sa vie d'avant, sa relation avec son père et la rancœur qu'elle va porter à ce dernier lorsqu'il veut la marier de force avec un vieux monsieur riche. Ce sera l'occasion pour la jeune fille de fuguer et de rencontrer son premier hors-la-loi et son premier véritable ami, Cole Harvey, interprété par Robert Woods, futur acteur de Jess Franco. Dans des paysages bucoliques, très différent de ce qu'on trouve régulièrement dans les westerns, le film prend des tournures romantiques, mêlées à une histoire de vengeance et de parricide, qui vont forger le tempérament bien trempé de Belle Starr et en faire la hors-la-loi connue de tous. Un deuxième acte hautement sympathique. Troisième et dernière partie, la préparation du casse du siècle par Belle Starr, à savoir le vol de bijoux dans un coffre-fort. Une partie originale car le coffre-fort se trouve à l'étage d'un bâtiment dans lequel sont réunis tout une poignée de tireurs d'élite. Le moindre bruit pouvant les alerter, Belle Starr et son équipe sont obligées de se mettre un foulard devant la bouche afin de ne faire aucun son. Pas facile de rester silencieux quand des traites tentent de piquer les bijoux et il sera évidemment impossible à Belle Starr d'user de son pistolet. La séquence de bagarre "au couteau" est donc vraiment bien trouvée et apporte une certaine inventivité au film. Sans être un grand western ou même un classique du genre, Belle Starr Story se montre néanmoins intéressant dans sa façon de mettre en vedette une héroïne dans un monde de brutes épaisses et il faut bien avouer que le charme d'Elsa Martinelli n'est pas étranger au fait qu'on prend bien du plaisir à suivre les aventures de la belle desperado. Les amateurs du genre trouveront ce western un peu trop gentillet et pas assez rythmé mais les fans de ciné bis lui laisseront assurément sa chance et y prendront certainement leur pied tant il dénote du paysage traditionnel pour s'aventurer dans des contrées plus fun et chaotiques.

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 4/6


lundi 21 mars 2016

FRANKENSTEIN

FRANKENSTEIN
(Frankenstein)

Réalisateur : Bernard Rose
Année : 2015
Scénariste : Bernard Rose
Pays : Etats-Unis, Allemagne
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Carrie-Anne Moss, Sandra Rosko, Xavier Samuel, Tony Todd, Danny Huston...



L'HISTOIRE : Créé scientifiquement par Victor et Elisabeth Frankenstein, "le monstre" ne connaît rien à la vie et à tout à apprendre. Éduqué avec amour par ses créateurs, ces derniers le rejettent dès lors que son corps subit des altérations physiques imprévues. Désormais seul, "le monstre" va découvrir son nouvel environnement à travers les rues sordides de Los Angeles et sa population de miséreux, sans que cela ne n'éloigne de son but : savoir qui il est...

MON AVIS : Le roman culte de Mary Shelley a été adapté au cinéma un nombre incalculable de fois, avec plus ou moins de bonheur, et avec plus ou moins de fidélité. Bien sûr, impossible de ne pas mettre au panthéon des adaptations les trois films de la Universal avec Boris Karloff (Frankenstein, La Fiancée de Frankenstein et Le Fils de Frankenstein). Parmi les réussites, on citera la série de films de la Hammer (dont le sublime Frankenstein s'est échappé et le violent Le Retour de Frankenstein) tout comme la version trash de Paul Morrissey Chair pour Frankenstein ou la version de Kenneth Brannagh avec Robert de Niro dans le rôle de la créature (Mary Shelley's Frankenstein). Plus récemment, notre bon docteur Frankenstein a fait son retour sur les écrans avec Docteur Frankenstein et ce Frankenstein réalisé par Bernard Rose. Le nom de ce dernier n'est certainement pas inconnu des lecteurs de ce blog. On doit en effet à ce monsieur peu prolifique deux perles du cinéma fantastique / horrifique : Paperhouse en 1988 et surtout l'excellent Candyman en 1992. Dernièrement, il s'était essayé au found-footage avec le moyen Sx Tape en 2013. Avec son Frankenstein, Bernard Rose livre une relecture moderne du mythe et se focalise entièrement sur "le monstre". Tout le film est en effet vu du point de vue de la créature, quand tant d'oeuvre se sont axées sur le docteur lui-même. Un parti-pris intéressant et original, doublé, comme dans Candyman, d'une vision nihiliste de notre monde actuel. Une fois "le monstre" rejeté par ses "parents" suite à sa dégradation physique non prévue, Bernard Rose déplace le cadre de l'action dans les rues de la ville et les ruelles sordides peuplées des gens démunis, de SDF, de clochards. Totalement déboussolé par ce nouvel univers si différent du laboratoire de ses créateurs, "le monstre" va devoir apprendre la dure réalité de la vie et se heurter à moult difficultés. Officiers de police peu compréhensifs et violents, foule en colère voulant le lyncher, rien n'a vraiment changé par rapport aux films des années 30. L'anormalité, la différence est toujours montré du doigt et les exclus de la société en font encore les frais. Malin, Bernard Rose recycle, à sa façon, quelques scènes culte du Frankenstein de James Whale, à l'image de la séquence dans laquelle "le monstre" jette une petite fille dans l'eau en croyant jouer avec elle ou lorsqu'il rencontre un clochard aveugle et musicien qui va devenir son ami et lui apprendre à parler (rôle interprété par Tony Todd !).  La scène dans laquelle "le monstre" se voit proposer un rencart avec une prostituée est assez marquante, cette dernière le rejetant pour son physique hideux (on la comprend vous me direz...). Imaginatif dans son approche, filmé caméra à l'épaule, le Frankenstein de Bernard Rose tente de proposer une relecture intelligente de ce thème vu et revu et il y parvient assez souvent. La violence est bien présente dans le film et les accès de fureur de cet anti-héros ne font pas dans la dentelle, versant dans le gore malsain et réaliste. D'autres passages versent dans une certaine forme de poésie morbide et si visuellement le film reste assez "froid", il n'en reste que la réalisation est totalement maîtrisée. On saluera l'acteur interprétant la créature, Xavier Samuel, qui livre ici une composition saisissante et incarnée. Le film repose sur ses épaules et il fait vraiment un travail exceptionnel, rendant la créature à la fois touchante, vulnérable, émotive (lorsqu'elle recherche "sa maman" par exemple), mais aussi impulsive et destructrice. Au final, Bernard Rose a réussi son pari : se réapproprier cette histoire universelle et connue de tous et nous proposer une vision différente dans un cadre moderne, mêlant horreur, fable sociale et recherche de l'amour dans un cocktail original. Bien joué !

* Disponible en DVD et BR chez METROPOLITAN 

NOTE : 4/6


dimanche 20 mars 2016

INTRUDERS

INTRUDERS
(Shut In)

Réalisateur : Adam Schindler
Année : 2015
Scénariste : T.J. Cimfel, David White
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Home Invasion
Interdiction : -12 ans
Avec : Beth Riesgraf, Martin Starr, Rory Culkin, Leticia Jimenez, Jack Kesy...



L'HISTOIRE : Atteinte d’agoraphobie sévère, Anna vit depuis 10 ans recluse dans une ancienne maison victorienne à la périphérie d'une ville de Louisiane. Lorsque des criminelles s'introduisent chez elle par effraction, elle est terrifiée mais incapable de s'enfuir et de leur échapper. Ce que les cambrioleurs ne savent pas encore est que l'agoraphobie n'est pas la seule psychose dont souffre la jeune femme... 

MON AVIS : En 2013, Adam Schindler participe en tant que scénariste au film de son ami Brian Netto,  Delivery: The Beast Within. En 2015, Schindler passe derrière la caméra et signe Intruders, thriller claustrophobique à ranger dans la catégorie des "home invasion", sous-genre popularisé avec des titres tels La Maison au fond du Parc, Ils, Mother's Day, Funny Games, You're Next ou American Nightmare par exemple. Dans Intruders, on suit le destin d'Anna, jeune femme atteinte d'agoraphobie aiguë qui s'occupe de son frère mourant. Lorsque ce dernier décède, elle ne peut même pas sortir de chez elle pour aller à l'enterrement, l'angoisse de devoir franchir la porte d'entrée et se retrouver dehors étant plus forte. C'est justement le jour des funérailles que choisisse un trio d'individus pour pénétrer chez elle, persuadé que la maison est vide. Les trois voleurs veulent récupérer l'argent d'Anna et la jeune femme va devoir réussir à se cacher et rester discrète. La première demi-heure du film installe les différents personnages et commence à jouer avec le suspense lorsque le trio débarque chez l'héroïne, parfaitement interprétée par Beth Riesgraf. On s'aperçoit rapidement que l'un des trois voleurs est nettement plus violent et déterminé que les autres et lorsque la pauvre Anna tombe entre ses mains, on ne peut que frissonner pour cette dernière. La charmante victime va subir un véritable calvaire psychologique lorsque le voleur la force à sortir dehors lors d'une séquence riche en émotion. On se dit que c'est bien mal partie pour Anna mais c'était sans compter sur le machiavélisme des deux scénaristes du film, qui nous proposent dès la trente-cinquième minutes un retournement de situation bien sympathique et quasi inattendu, le slogan sur l'affiche du film ("Ils n'auraient jamais du entrer") nous ayant tout de même donné un  indice de taille ! Car malgré son agoraphobie envahissante et son allure chétive, Anna n'entend pas se laisser faire et dispose d'un atout majeur pour assurer sa défense : sa maison ! A l'instar de la maison truffée de pièges du film de Wes Craven, Le sous-sol de la Peur, celle d'Anna n'est pas en reste : escalier escamotable, nombreux passages secrets donnant à différents endroits de la demeure, caméra de surveillance, portes blindées s'activant à l'aide d'une télécommande, miroir sans tain et j'en passe. De victime, Anna passe au statut de prédateur et va bien compliquer la vie des voleurs qui ne s'attendaient certainement pas à ça. La violence fait son apparition, le sang commence à couler et lorsque Anna sort de se réserve, elle n'y va pas par quatre chemins. On notera que l'idée d'en faire une agoraphobique aiguë est très bonne car dans ce type de films, combien de fois se dit-on "mais pourquoi il ne s'échappe pas par la fenêtre ?" Ici, on a une réelle logique au fait qu'Anna ne s'échappe pas, même quand elle le peut, ce qui apporte un vrai "plus" au film. Dommage que la séquence finale vienne un peu contrecarrer cette logique mais bon, ce détail ne vient pas amoindrir le plaisir ressenti lors du visionnage d'Intruders. Sans être révolutionnaire, le film d'Adam Schindler fait le boulot comme on dit et assure le spectacle. Quelques clichés et ficelles sont présents bien sûr, mais dans l'ensemble, ça passe vraiment bien et on ne s'ennuie pas. J'ai beaucoup apprécié la prestation de Martin Starr dans le rôle du voyou psychotique. Le suspense fonctionne bien, la mise en scène est des plus correctes. Un bon huis-clos en somme, qui réserve des surprises sympathiques aux spectateurs. 

* Disponible en DVD et BR chez METROPOLITAN FILMS

NOTE : 4/6



samedi 5 mars 2016

VIOLENT SHIT - THE MOVIE

VIOLENT SHIT - THE MOVIE
(Violent Shit - the movie)

Réalisateur : Luigi Pastore
Année : 2015
Scénariste : Luigi Pastore, Emanuele Barbera, Lucio Massa...
Pays : Italie, Allemagne
Genre : Gore
Interdiction : -16 ans
Avec : Giovanni Lombardo Radice, Antonio Zequila, Lilli Carati, Steve Aquilina...



L'HISTOIRE : Hans Ebert, inspecteur allemand, débarque à Rome pour venir apporter son aide aux enquêteurs italiens qui doivent élucider une série de meurtres particulièrement violents. La nature des crimes rappelle à Ebert les méthodes de Karl le Boucher, célèbre serial-killer qui a fait régner la terreur en Allemagne. Il semblerait effectivement que ce dernier soit de retour après qu'un collectionneur d'antiquité passionné d'occultisme ait récupéré son masque de métal et l'ait ressuscité...

MON AVIS : En 1989, le réalisateur allemand Andreas Schnaas réalise pour une poignée de deutsche mark une oeuvre amateur ultra gore, baptisée Violent Shit. Fort du succès rencontré auprès des fans de cinéma gore underground, Schnaas réalise deux séquelles : Violent Shit 2 en 1992 et Violent Shit 3 - Infantry of Doom en 1999. En 2010, il s'associe avec Timo Rose et réalise Karl the Butcher vs. Axe, aka Violent Shit 4.0. Depuis, Karl le Boucher n'avait pas fait reparler de lui jusqu'à ce que le producteur de la trilogie, Steve Aquilina, propose au réalisateur italien Luigi Pastore (Symphony in blood red - 2010) de remettre au goût du jour les exploits du psychopathe au masque de métal afin de célébrer les 25 ans de la trilogie. Pastore accepte le défi et va tenter de mixer le gore extrême allemand avec l'esthétisme et la perversion du cinéma d'horreur à l'italienne dans Violent Shit - The Movie. Ni remake, ni séquelle, le film de Luigi Pastore se veut avant tout un hommage aux films de Schnaas et une offrande sanglante aux fans de cette trilogie à petit budget. Pour caresser ces derniers dans le sens du poil, le réalisateur réunit un casting composé d'inconnus mais aussi de quelques célébrités bien connues des amateurs ! On trouve quand même devant la caméra de Pastore l'acteur Giovanni Lombardo Radice (Frayeurs, Cannibal Ferox, La Maison au fond du Lac), l'actrice Lilli Carati (dans une scène qui n'a pas été tourné spécialement pour ce film mais en raison du décès de la belle brune, Pastore a voulu lui rendre un dernier hommage en utilisant cette séquence dans ce nouveau Violent Shit) et Barbara Magnolfi (Suspiria) ou les réalisateurs Luigi Cozzi (Starcrash, Contamination) et Enzo G. Castellari (Les Guerriers du Bronx, Stryker, Big Racket) par exemple. A la musique, on retrouve le non moins célèbre Claudio Simonetti, ex Goblin qui nous offre une partition dont on reconnait sa patte dès la première note ! Bref, de nombreuses conditions étaient présentes pour nous offrir un spectacle de qualité. Malheureusement, le scénario ne suit pas et on a bien du mal à y comprendre quelque chose avec cette histoire d'antiquaire qui ne serait autre que le Diable et qui fait revenir à la vie Karl le Boucher pour on ne sait pas trop quelle raison d'ailleurs si ce n'est de répandre le Mal sur Terre. Anarchique voire même bordélique, le scénario nous perd dans ses méandres et nous assène de nombreuses séquences peu passionnantes (les dialogues entre les inspecteurs) qui passent du coq à l'âne sans raison apparente. Il est donc bien difficile d'apprécier ce nouveau Violent Shit qui enchaîne les scènes sans réel fil conducteur. On a un sénateur qui assassine des jeunes femmes et qui semble faire partie d'une secte de mangeurs de chair humaine, elle-même dirigée par l'antiquaire, qui, lui, est accompagné par une jolie gouvernante qui ne sert en fait à pas grand chose. L'introduction nous permet de revoir une dernière fois Lilli Carati, qui tente de nous expliquer en voix-off quer le Mal va à nouveau se répandre sur Terre. Bref, si quelqu'un a compris quelque chose au film, qu'il m'en fasse part ! Que reste-t-il alors de Violent Shit - The Movie ? Outre la très bonne partition musicale de Simonetti, le principal attrait du film réside évidemment dans ce pourquoi on l'a acheté : les séquences gores ! Bien moins nombreuses que dans la trilogie originale, ces dernières sont toutefois de qualité et réalisées à l'ancienne, ce qui est toujours un plus appréciable dans un film gore, l'utilisation d'images de synthèse étant une hérésie dans ce type de long métrage. Les fans des films de Schnaas apprécieront de retrouver quelques scènes cultes en forme de clin d'oeil, comme la fameuse extraction de colonne vertébrale. La dernière demi-heure ne lésine pas sur le précieux liquide rouge et les décapitations, amputations et autre énucléations sauront ravir les amateurs de tripailles et de barbaques. Je suis quand même resté sur le cul quand le générique de fin s'est mis à défiler au bout d'une toute petite 1h15 ! Si on appréciera les efforts de Luigi Pastore pour avoir tenter de mélanger le gore allemand avec l'ambiance du cinéma horrifique italien, si on saluera le travail méritoire du responsable des effets gores et de son équipe, on ne peut qu'être déçu au final de ce Violent Shit - The Movie qui ne parvient pas à convaincre et qui manque d'un vrai travail d'écriture. Ce n'est pas parce que c'est du gore qu'il faut oublier de nous raconter un semblant d'histoire qui se tient. Ou alors, il fallait faire comme dans la trilogie originale et ne pas mettre de scénario du tout. A noter pour les amateurs la très belle édition Blu-ray / DVD de chez 8 Films, qui propose des sous-titres français sur le film, anglais sur les bonus, et la BO de Claudio Simonetti en prime, le tout dans un joli digipack bourré de photos.

NOTE : 2/6