Légende pour la notation des films

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Légende pour la notation des films / 6

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* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


samedi 2 avril 2016

TORSO

TORSO
(I corpi presentano tracce di violenza carnale)

Réalisateur : Sergio Martino
Année : 1973
Scénariste : Sergio Martino, Ernesto Gastaldi
Pays : Italie
Genre : Giallo
Interdiction : -16 ans
Avec : Suzy Kendall, Tina Aumont, Luc Merenda, John Richardson, Angela Covello...



L'HISTOIRE : La ville de Pérouse en Italie vit dans la terreur. Un mystérieux tueur a déjà commis plusieurs meurtres très violents. Le seul indice que possède la police est un foulard rouge et noir qui a servi à stranguler les victimes. C'est dans ce climat morbide que Jane et ses amies, étudiantes en art, ont décidé d'aller passer un week-end dans une belle villa surplombant la ville. Malheureusement pour elles, le tueur est également dans les parages...

MON AVIS : Considéré comme un classique du giallo, ou thriller italien pour les néophytes, Torso, réalisé par Sergio Martino, est en tout cas l'un des meilleurs représentants de ce genre très codifié qui a connu un succès grandissant depuis la sortie de L'Oiseau au Plumage de Cristal de Dario Argento en 1970. Martino n'en est pas à son coup d'essai au niveau du giallo puisqu'il nous a déjà offert quelques pépites du genre avec L'étrange Vice de Mme Wardh (1971), La Queue du Scorpion (1971), Toutes les Couleurs du Vice (1972) ou Your Vice Is a Locked Room and Only I Have the Key (1972). Avec Torso, Martino préfigure les films d'horreurs plus agressifs qui vont débarquer sur les écrans en cette décennie 70 (La Dernière Maison sur la Gauche ou Massacre à la Tronçonneuse entre autres), et son film se veut bien plus moderne que les longs-métrages d'épouvante d'antan, un peu à la manière de La Baie Sanglante de Mario Bava, réalisé en 71 et qui alignait les séquences de meurtres les unes après les autres. Violent, Torso l'est assurément et c'est d'ailleurs cet aspect qui est souvent mis en avant par ses fans. Mais pour ma part, ce n'est pas du tout cet aspect que je retiendrai du film car, et Martino le regrette d'ailleurs, la complaisance de la caméra à filmer les détails sordides et sanguinolents au plus près ne joue pas forcément en sa faveur aujourd'hui, certains trucages (la tête en latex écrasée par la voiture par exemple) ne passant pas vraiment inaperçus. Je ne retiendrai pas non plus l'aspect érotique de l'oeuvre, pourtant bien mis en avant et pas désagréable du tout d'ailleurs, le casting féminin étant plutôt séduisant, notamment la jolie blondinette Patrizia Adiutori et la jolie brunette Conchita Airoldi pour ne citer que ces deux là. Ces demoiselles aimant se retrouver dans le plus simple appareil apporteront par ailleurs un peu d'humour à Torso, comme lorsque le laitier viendra leur apporter des vivres et qu'il les trouvera entièrement nues, se prélassant au soleil. La violence et l'érotisme étant une constante dans le giallo, il est donc logique de les retrouver ici. Non, ce que je retiendrai en priorité dans Torso, c'est l'excellence de la mise en scène et les placements judicieux de la caméra, qui parviennent à créer une véritable atmosphère étouffante et un climat moite et morbide à souhait. Dans la première partie du film, on trouve par exemple une séquence magistrale dans laquelle la mignonne Conchita Airoldi, totalement défoncée suite à sa consommation de drogues, se retrouve seule dans un bois marécageux baigné dans la brume. Elle sera évidemment poursuivie par notre tueur masqué et la mise en scène de Martino, associée à ce décor naturel boueux et humide, fait des merveilles et la séquence se révèle visuellement splendide. Plus encore, la seconde partie met en vedette Jane, interprétée avec brio par Suzy Kendall, qui va se retrouver prisonnière de la villa suite à une foulure de cheville. Le film prend alors des allures de huis clos infernal et la tension monte crescendo. La pauvre Jane doit échapper au tueur qui ne sait pas qu'elle est là et Sergio Martino joue savamment avec nos nerfs, élimine les dialogues pour ne laisser que la partition musicale et le jeu d'acteurs faire naître le suspense. Jane regarde apeurée le tueur démembrer ses amies avec une scie, et Martino a la bonne idée de filmer ses agissements en hors-champ, laissant l'esprit du spectateur imaginer les pires mutilations. Ce petit jeu du chat et de la souris se conclura sur une autre scène admirablement agencée, celle de la récupération de la clé permettant à l'héroïne de s'échapper. Bien évidemment, Torso s'amuse aussi avec le spectateur et lui propose tout un tas de coupable potentiel, allant du prof d'art au docteur du village, de l'ado amoureux fou d'une des amies de Jane qui se refuse systématiquement à lui au simple vendeur de foulard. On aura également droit à un trauma enfantin pour expliquer la déviance et les actes meurtriers du tueur. Bref, un giallo haut de gamme que tout amateur se doit d'avoir vu. Pour ma part, j'ai trouvé ce film convaincant et efficace mais de Sergio Martino, je lui ai préféré les gialli mettant en scène Edwige Fenech, même si, en terme de mise en scène, Torso est peut-être l'oeuvre la plus aboutie de son réalisateur. 

* Disponible en DVD et BR chez THE ECSTASY OF FILMS

NOTE : 4/6


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