Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !

Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


samedi 28 janvier 2017

AMERICAN NIGHTMARE 2 : ANARCHY

AMERICAN NIGHTMARE 2: ANARCHY
(The Purge 2 : Anarchy)

Réalisateur : James DeMonaco
Année : 2014
Scénariste : James DeMonaco 
Pays : Etats-Unis, France
Genre : Thriller, Horreur, Survival
Interdiction : -12 ans
Avec : Frank Grillo, Carmen Ejogo, Zach Gilford, Kiele Sanchez, Zoë Soul...



L'HISTOIRE : Leo, un homme sombre et énigmatique, est hanté par la disparition de son fils. S'armant d'un arsenal offensif et défensif, il est résolu à se purger de ses démons. Eva, une mère célibataire tentant tant bien que mal de joindre les deux bouts, et sa fille adolescente Cali vivent dans un quartier défavorisé et n'ont pas les moyens de s'offrir une bonne protection. Quand une poignée de «purgeurs» masqués pénètrent chez elles et les capturent, elles n'ont d'autre choix que de s'en remettre à leur libérateur fortuit, Leo. Au détriment de sa mission de vengeance «autorisée» contre celui qui a porté préjudice à sa famille, Leo, témoin de l'enlèvement d'Eva et Cali, ouvre le feu sur leurs agresseurs alors que Shane et Liz, un couple sur le point de se séparer, sont les victimes d'un acte de sabotage sur leur voiture à quelques minutes seulement du début de la Purge. Trouvant refuge dans le véhicule blindé que Leo a laissé ouvert pour porter secours à Eva et Cali, Shane et Liz s'allient alors à eux pour tenter de se défendre contre ceux qui ont la ferme intention d'exercer leur droit à la tuerie. Ces cinq nouveaux alliés sont poursuivis à travers la ville, dans un sinistre jeu de «tue-moi ou je te tue» effaçant la frontière entre vengeance sponsorisée et justice humaine...

MON AVIS : Changement radical de style pour American Nightmare 2, toujours réalisé et scénarisé par James DeMarco. Là où le premier volet était un huis clos teinté de survival, se déroulant dans l'enceinte d'une unique maison, cette suite nous propose une transposition du sujet original, à savoir le droit de purge légalement accordé par le gouvernement durant 12h, mais vécu cette fois au dehors, dans les rues. Le huis clos oppressif devient alors une gigantesque partie de chasse à l'homme dans les rues de Los Angeles. Des rues mises à feu et à sang par les "purgeurs", allant du simple adepte de la gâchette en manque d'émotions fortes à de véritables gangs organisés et surarmés. Une nouvelle nuit de cauchemar pour ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir se protéger, les principales victimes restant, comme à l'accoutumé, les miséreux, les sans-abris. Éradiquer la pauvreté dans les rues comme solution au chômage et à la criminalité, telle est le but ultime de la purge annuelle. Mais étant donné qu'il n'y a aucune règle, les purgeurs peuvent également devenir les victimes de cette barbarie urbaine. En nous faisant suivre le destin croisé d'un homme en quête de vengeance, d'un couple au bord du divorce et d'une mère et de sa fille, qui vont se rencontrer suite à des événements inattendus et vivre ensemble cette nuit de la purge, devenant les proies des purgeurs, American Nightmare 2 : Anarchy m'a fait penser par certains aspects au culte Les Guerriers de la Nuit de Walter Hill, car nos héros vont devoir aller d'un point A à un point B en tentant de circuler à travers la ville tout en évitant les différents gangs ou factions de tueurs à la bestialité sans limite. Des gangs dont certains portent bien sûr des masques terrifiants, nous rappelant les peintures de guerre ou le look de ceux qui traquaient les Warriors. A motos, sur un skateboard, dans des camions, avec des fusils-mitrailleurs, des armes blanches et même des lance-flammes, l'attirail des purgeurs nous ramènent même vers les films post-apocalyptiques d'antan, à la différence que le sable et le désert ont fait place au milieu urbain, au béton, au bitume. Sans temps morts, la nuit de l'horreur ne laissera aucun répit à nos cinq protagonistes principaux, qui vont devoir sortir les crocs pour tenter de rester en vie. Comme dans le premier épisode, la critique sociale a la part belle et l’opposition riche / pauvre est peut-être encore plus percutante ici puisque dans American Nightmare 2, les riches payent les pauvres pour qu'ils se laissent massacrer par eux ou payent les purgeurs pour qu'on leur amène des victimes, faisant faire le sale boulot par d'autres et évitant par la même occasion le moindre risque d'y laisser sa vie. Glauque. L'argent peut tout acheter et les pulsions les plus sombres de la nature humaine peuvent se déchaîner. James DeMonaco dérive même vers la saga Hostel lors d'un retournement de situation inattendu que je vous laisse découvrir si vous n'avez pas vu le film. Plus rythmé, plus dynamique que American Nightmare, ce second opus opte donc pour une approche différente et évite la simple redite en changeant le lieu de l'action. La violence est bien au rendez-vous et si les fans de gore seront déçus de ne pas en voir plus, les autres apprécieront cette nouvelle nuit des masques divertissante et bien mise en scène, correctement interprétée et qui n'ennuie jamais.

NOTE : 4/6


vendredi 27 janvier 2017

THE VVITCH

THE VVITCH
(The VVitch : A New-England Folktale)

Réalisateur : Robert Eggers
Année : 2015
Scénariste : Robert Eggers 
Pays : Etats-Unis, Angleterre, Canada, Brésil
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Anya Taylor-Joy, Ralph Ineson, Kate Dickie, Harvey Scrimshaw, Sarah Stephens...



L'HISTOIRE : 1630, en Nouvelle-Angleterre. William et Katherine, un couple dévot, s’établit à la limite de la civilisation, menant une vie pieuse avec leurs cinq enfants et cultivant leur lopin de terre au milieu d’une étendue encore sauvage. La mystérieuse disparition de leur nouveau-né et la perte soudaine de leurs récoltes vont rapidement les amener à se dresser les uns contre les autres…

MON AVIS : Pour son premier long métrage, Robert Eggers s'est montré ambitieux et n'a pas choisi la voie de la facilité. Là où certains se seraient lancés dans la comédie, le film d'action ou le film d'horreur démonstratif, le réalisateur prend la direction du film d'ambiance, du drame familial glissant vers l'épouvante, le tout sur un mode on ne peut plus réaliste. Déjà auteur de deux courts-métrages inspirés des Frères Grimm et d'Edgar Poe, Robert Eggers nous propose avec The VVitch une fable, un conte puisant sa source d'inspiration dans le folklore moyenâgeux et dans les légendes liées à la pratique de la sorcellerie et aux méchantes sorcières. Le titre original du film étant d'ailleurs "The VVitch : A New-England Folktale", ce qui correspond tout à fait à ce qu'on va visionner. Point positif, Robert Eggers a conçu son film de manière intelligente, ne sacrifiant jamais à la surenchère visuelle, à l'horreur graphique. Réalisme, tel est le maître-mot de cette oeuvre atypique, qui déconcertera à n'en point douter les amateurs d'émotions fortes, de gore ou de jump-scares à foison. Car la vision de The VVitch demande à réel investissement de la part du spectateur, surtout si ce dernier s'attendait à regarder un simple film d'horreur satanique. Pourvu d'un rythme on ne peut plus contemplatif, donnant parfois l'impression qu'il ne se passe rien à l'écran, The VVitch tisse sa toile lentement, minutieusement, insidieusement et utilise la cellule familiale comme point central, ainsi que l'intégrisme religieux, que le film n'épargne pas. Dieu fait partie intégrante de la vie de la famille de William, Katherine et leurs enfants. Pas une journée ne se passe sans que prières, don de soi et actions ne soient dédiés au Seigneur et à son fils Jésus. Une vie de dévotion totale qui va être égratignée par la disparition de Samuel, le nouveau-né. Alors qu'il était sous la surveillance de l'aînée de la famille, la charmante Thomasin, superbement interprétée par la jeune actrice Anya Taylor-Joy, Samuel disparaît sans explication. Sans explication pour la famille pour croit qu'un loup est le responsable de cet enlèvement alors que nous, spectateurs, savons la vérité : Samuel a été enlevé par une vieille sorcière vivant au fin fond des bois inquiétants qui s'étendent à proximité de la ferme de William et de sa famille. Une séquence qui fait naître un premier malaise car même si on n'assiste pas visuellement à la mort du bébé, notre esprit s'est chargé lui-même de faire naître ces images dans notre inconscient et on sait très bien à qui appartient le sang dont s'enduit la vieille sorcière dénudée. C'est en ajoutant petit à petit des  touches macabres et folkloriques (les corbeaux, le lapin, le bouc dans la ferme, la sorcière qui a retrouvé sa jeunesse et drapée de rouge tel le Petit Chaperon Rouge...), en jouant avec l'obscurantisme religieux, la naissance de la sexualité (le petit frère de Thomasin qui regarde la poitrine naissante de sa grande sœur) et ses décors anxiogènes (la forêt, personnage à part entière du film) que The VVitch dérive lentement dans une ambiance moite, oppressante, délétère, qui vient affaiblir la cellule familiale qu'on pensait indestructible. Comment Dieu peut-il faire subir une pareille épreuve à cette famille qui n'existe que pour lui rendre hommage ? La Foi de tous les personnages s'en trouve ébranlée et on assiste alors à une véritable dérive vers la folie de chaque membre de cette famille brisée. Accusation de sorcellerie, jumeaux qui deviennent comme possédés, paranoïa, mensonges et tromperies vont devenir le pain quotidien des héros du film. Doté d'une symbolique forte dans les images qu'il propose, The VVitch joue sur divers tableaux, nous faisant comprendre que la rigidité religieuse dans laquelle William a enfermé malgré lui sa famille n'est en aucun cas une solution à l'épanouissement et que ce carcan ne provoque que désirs refrénés et pulsions inavouables qui ne trouveront un échappatoire soit dans la mort soit dans la sorcellerie, à l'image de l'étonnant dénouement final qui marquera les esprits. Pourvu d'une photographie absolument sublime, filmé en décor naturel, possédant un casting de haute volée et d'un charisme absolu, bénéficiant d'une bande sonore travaillée et adéquate, The VVitch est une expérience à part, qui provoquera soit l'adhésion, soit le rejet pur et simple. Une oeuvre ambitieuse, reniant la facilité, qui questionne le spectateur (est-ce vraiment la sorcellerie qui est à l'origine de l'éclatement de la cellule familiale ou le mal n'est-il pas intérieur, sorte d'hystérie collective due à la fragilisation de la Foi ?), lui demande des efforts de concentration, de participation. Un conte sombre, malsain, très maîtrisé, reconstituant avec une fidélité exemplaire cette époque trouble où les sorcières venaient manger les petits-enfants et qui conduira à la terrible chasse aux sorcières qui fit de nombreuses victimes. Une proposition intéressante de cinéma d'épouvante en tout cas, très éloigné des divertissements dont on nous abreuve en permanence, et qui mérite toute votre attention.

NOTE : 5/6


mercredi 25 janvier 2017

BLOODSUCKERS FROM OUTER SPACE

BLOODSUCKERS FROM OUTER SPACE
(Bloodsuckers from Outer Space / Suceurs de Sang)

Réalisateur : Glen Coburn
Année : 1984
Scénariste : Glen Coburn 
Pays : Etats-Unis
Genre : Gore, comédie
Interdiction : -12 ans
Avec : Thom Meyers, Laura Ellis, Robert Bradeen, Big John Brigham, Glen Coburn...



L'HISTOIRE : Dans le Texas, des fermiers se transforment en zombies suceurs de sang après le passage d'une rafale de vent venue de l'espace. Le jeune Jeff Rhodes, photographe en devenir coincé dans ce coin paumé, va devoir lutter pour sa survie face à cette invasion macabre. Il sera épaulé par Julie, une jolie citadine qu'il vient de rencontrer...

MON AVIS : Glen Coburn est un fan de cinéma indépendant, principalement de genre fantastique/horrifique. Il a une vingtaine d'années quand il décide que lui aussi, il aura son nom accolé à un titre de film et c'est donc en 1984 qu'il réalise son premier long métrage, le nanaresque Bloodsuckers from Outer Space, titre qui a fait la joie des fanas de VHS dans les années 80, sous le titre Suceurs de Sang pour la France. Lorsqu'on visionne Bloodsuckers from Outer Space, on se rend compte que n'est pas Sam Raimi qui veut. Ce dernier a réalisé le culte Evil Dead alors qu'il était âgé lui aussi d'une vingtaine d'années mais la maîtrise incroyable qu'il possédait déjà à cet âge en terme de mise en scène, d'innovation technique et de système D est à mille lieues au dessus de celle de Glen Coburn. Car même si Bloodsukers from Outer Space a une réputation de film culte, il faut bien avouer que cette comédie gore n'a vraiment rien de mémorable et que ce n'est qu'une petite série Z réalisée certes avec passion mais sans talent aucun. Ce qui ne lui enlève pas son côté sympathique et divertissant, ni son aspect nanar de compétition. Réalisateur, scénariste et acteur de son film, on peut dire que Glen Coburn s'est investit à fond pour donner le meilleur résultat possible. Le film brasse large puisqu'on se retrouve avec un "redneck movie" nous présentant des personnages haut en couleur, dont des fermiers en salopettes et des flics incompétents. Pour corser le tableau, on y ajoutera un danger mortel en provenance de l'espace, caractérisé par le souffle... du vent ! De quoi économiser sur le budget destiné aux effets-spéciaux ! Un vent qui a la particularité de transformer nos braves rednecks en zombies avides de sang humain ! Des zombies dont le maquillage n'est composé que d'un peu de peinture bleutée, de coup de crayon pour faire les veines apparentes et d'un peu de sang autour de la bouche. Pas si éloigné que ça de nos zombies franchouillard du Lac des Morts-Vivants dites moi, qui a préféré la couleur verdâtre au bleu. Perdu au milieu de tous ces éléments, notre héros, interprété par Thom Meyers, va vivre de passionnantes aventures. Bon, j'exagère un peu quand même, parce qu'il n'y a rien de vraiment passionnant dans tout ça. Par contre, vous aurez quand même droit à un jeu d'acteurs catastrophique, des tas de situations non-sensiques, improbables, sans queue ni tête, des dialogues à se pisser dessus, des zombies qui parlent comme vous et moi, de la musique country, des mannequins en mousse qu'on jette des toits, des bras en plastique qu'on tranche, des effets gores conçus avec trois bouts de chandelle et qui ne sont finalement pas très gores, une scène de cul cataclysmique filmée... en hors champ (!), une scène de douche en ombre chinoise, des scientifiques qui préfèrent se pochetronner plutôt que de régler les problèmes, un Général des armées totalement azimuté et qui ne pense qu'à gérer la situation avec l'aide de l'arme atomique et un Président des Etats-Unis (l'humoriste Pat Paulsen) qui tente d'éviter l'incident atomique tout en reluquant les jolis seins de sa secrétaire, le tout sur une mise en scène anémique et peu inspirée. En fait, Bloodsuckers from Outer Space nous rappelle par certains aspects les mauvais films à petit budget de la Troma. Comédie légèrement gore, le film de Glen Coburn, qui interprète l'un des scientifiques, saura vous faire sourire à coup sûr tant l'ensemble reste affligeant mais également touchant dans son approche et sa naïveté. Même les acteurs gardent un souvenir impérissable du tournage et du résultat final, à l'image de Laura Ellis qui joue Julie, la citadine adepte de l'inhalation d'oxyde d'azote (David Lynch a-t-il vu ce film pour son Blue Velvet ?). En tout cas, malgré ses nombreux défauts, l'aura du film continue de briller chez les fans puisque des conventions réunissant le casting ont eu lieu pour fêter ses 30 ans ! La sortie DVD de Bloodsuckers from Outer Space permettra au plus nombreux de le (re)découvrir et qui sait, de lui faire connaître une seconde jeunesse !

* Disponible en DVD chez CROCOFILMS

NOTE : 2/6


mardi 24 janvier 2017

THE CREATION OF THE HUMANOIDS

THE CREATION OF THE HUMANOIDS
(The Creation of the Humanoids)

Réalisateur : Wesley Barry
Année : 1960
Scénariste : Jay Simms 
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Don Megowan, Erica Elliott, Frances McCann, Don Doolittle, David Cross...



L'HISTOIRE : Après des explosions nucléaires qui clôturèrent la Troisième Guerre Mondiale, 92% de l'Humanité a disparu. Les survivants ont favorisé la robotique pour reconstruire les villes. Les premiers robots étaient de simples machines mécaniques puis leur évolution les conduisit à devenir des humanoïdes pourvus de nombreuses facultés humaines. Chaque nouvelle génération de robots humanoïdes se rapproche de plus en plus de l'être humain, étant même capable de ressentir des sentiments ou d'avoir des souvenirs. La multiplication des humanoïdes entraînent l'inquiétude chez une poignée de survivants qui crée l'Ordre de la Chair et du Sang et qui désire contrôler les robots afin de ne pas voir l'espèce humaine totalement disparaître. Parmi eux, le capitaine Kenneth Cragis, fervent défenseur de la cause humaine...

MON AVIS : Quel curieux film de science-fiction ! C'est un véritable ovni cinématographique des 60's auquel on est convié avec The Creation of the Humanoids de Wesley Barry. Les amateurs de la saga robotique littéraire d'Isaac Asimov ou les fans de Blade Runner seront très certainement comblés avec ce film puisqu'on a clairement affaire à une oeuvre quasi philosophique sur le sujet. Les spectateurs en attente d'une action débridée passeront quant à eux leur chemin car il ne se passe quasiment rien dans ce film à ce niveau. The Creation of the Humanoids est avant tout un film de dialogues et les personnages passent les 80 minutes à discuter de la condition de vie humaine, du rôle des robots dans la société, de leur évolution, de l'augmentation de leur intelligence artificielle, du danger qu'ils peuvent représenter pour les derniers humains encore vivants et qui ne parviennent quasiment plus à se reproduire, avec un taux de natalité de 1,4% seulement. Kenneth Cragis, membre d'une faction de sauvegarde de l'être humain, ne porte pas du tout les robots dans son cœur et ne cesse de les combattre. Pourtant, point de violence ou d'actes de rébellion de la part des androïdes. Ceux-ci semblent même vouloir vivre plus pacifiquement que les humains eux-mêmes. C'est du moins ce que l'on croit jusqu'à la séquence dans laquelle on va découvrir qu'un scientifique utilise le corps d'humains fraîchement décédés pour transplanter leurs mémoires, leurs souvenirs, leurs personnalité même dans le corps de robots humanoïdes dernière génération. Ces derniers ont atteint une stade d'évolution tellement important qu'ils ne savent même pas qu'ils sont des robots ! Seulement une quinzaine de modèles aussi perfectionnés existeraient sur Terre. Faut-il voir ici un vaste complot de la part des robots pour asseoir définitivement leur suprématie sur l'espèce humaine ? C'est l'une des nombreuses questions que l'on est amené à se poser durant la vision du film. Un film qui traite de thème encore aujourd'hui très actuels, tel le racisme, le métissage, le vivre ensemble. Car si certains humains sont contre les robots, d'autres au contraire vont même jusqu'à s'unir avec eux, pour vivre une passion commune. Evidemment, ces couples "hors normes" provoquent la colère et la haine de Cragis, surtout quand sa propre sœur lui annonce qu'elle vient de s'unir avec un humanoïde ! Le réalisateur et le scénariste nous réservent d'ailleurs un petit twist de derrière les fagots à la fin, twist que j'ai vu à moitié venir mais qui reste bien surprenant en l'état et qui fait preuve d'une belle originalité pour l'époque. Si on ne peut enlever à The Creation of the Humanoids son approche étonnante ni l'étonnante maturité de son propos (le film n'a rien d'un spectacle de divertissement), reste que son traitement visuel à l'écran pourra rebuter la majorité d'entre-nous. Film à très faible budget, avec des décors futuristes principalement composés de peintures, bénéficiant de jolis maquillages dus à Jack Pierce (Frankenstein, La Fiancée de Frankenstein et j'en passe...), The Creation of the Humanoids est donc terriblement bavard. Certes, les dialogues sont intelligents et vraiment travaillés, avec une portée philosophique certaine. Mais la platitude de la mise en scène, le ton monocorde utilisé par les acteurs pour prononcer les dialogues, le manque total d'événements percutants ou d'action nous conduisent rapidement vers un réel ennui. On a l'impression d'assister à une pièce de théâtre soporifique dans laquelle il n'y aurait aucun rythme. Dommage car encore une fois, les sujets évoqués sont passionnants et traités de manière adulte et perspicace. La dernière phrase, prononcée par un personnage directement à la caméra, donc à nous, spectateurs, est à ce titre exemplaire et continue de nous questionner après le générique de fin. Vous voilà donc prévenu : The Creation of the Humanoids est à la fois un film étonnant, fascinant mais également terriblement... chiant ! On est franchement partagé entre attraction (des tonnes d'idées et de thématiques nous sont proposées afin d'assurer la survie de l'espèce humaine) et répulsion (lenteur extrême, acteurs anti-charismatiques au possible, mise en scène digne d'un épisode de Derrick...). En tout cas, c'est un film de science-fiction qu'il faut découvrir assurément même si on reste totalement mitigé, indécis au final. Et comme je suis partagé entre deux sentiments, je mets la note moyenne.

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 3/6



lundi 23 janvier 2017

LE MAÎTRE DU MONDE (1954)

LE MAÎTRE DU MONDE
(Tobor the Great)

Réalisateur : Lee Sholem
Année : 1954
Scénariste : Philip MacDonald 
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Charles Drake, Karin Booth, Billy Chapin, Taylor Holmes, Steven Geray...



L'HISTOIRE : Le docteur Ralph Harrison, travaillant sur un projet de conquête spatiale, démissionne de ses fonctions car il refuse d'envoyer des hommes dans les fusées sans savoir quels dangers sont présents dans l'espace. Il est contacté par le professeur Arnold Nordstrom qui pense avoir une solution à ce problème d'éthique. Nordstrom emmène Harrison dans son immense demeure et lui fait faire connaissance avec sa fille Janice et son petit-fils Brian, un passionné de technologie. Il lui fait ensuite découvrir sa brillante invention : Tobor, un robot capable de ressentir des émotions humaines et qui pourrait sans soucis prendre la place d'un pilote dans une fusée. Harrison va aider le professeur à perfectionner Tobor, sans savoir que des espions sont également sur le coup et veulent à tout prix obtenir les formules du professeur Nordstrom...

MON AVIS : Oubliez de suite le titre français totalement ridicule que le traducteur de l'époque a attribué à ce film car de Maître du Monde, il n'en est jamais question ici. Mieux vaut retenir le titre original, Tobor the Great, bien plus représentatif du spectacle proposé. Car c'est bien Tobor (Robot écrit à l'envers) qui est la véritable star de ce petit film de S-F 50's un brin fauché et qui s'adresse à toute la famille, voir même aux enfants en priorité. Si le début du film nous semble assez sérieux, avec cette question pertinente du héros de savoir s'il est responsable d'envoyer des cobayes humains dans l'espace sans avoir fait le tour de la question et sans en connaître les dangers réels, la suite glisse clairement dans le divertissement familial. Une fois dans l'antre du professeur Nordstrom (interprété par Taylor Holmes), le ton s'adoucit clairement et le petit-fils du professeur, interprété par Billy Chapin qu'on reverra l'année suivante dans le chef-d'oeuvre La Nuit du Chasseur, prend l'ascendant sur les acteurs "adultes". Ce petit génie surdoué suit avec passion les travaux de son grand-père et son unique désir est de savoir quel secret son papy cache dans son laboratoire. Ce secret, c'est évidemment Tobor le robot, véritable attraction du film, que tous les enfants rêveront d'avoir pour ami. Adoptant un design assez percutant, le charisme de Tobor n'est pas si éloigné que ça de celui du célèbre Robby de Planète Interdite qui verra le jour deux ans plus tard. Le but premier de la compagnie de production du film, à savoir Republic Pictures, était d'ailleurs de faire de Tobor une "star" auprès du jeune public, afin de pouvoir utiliser son image dans d'autres productions, notamment des BD et une série télévisée. Au final, Tobor n'a eu droit qu'à deux comics et un pilote de série qui n'a jamais été diffusé. Mais son look est franchement réussi et en fait un des meilleurs robots vu sur un écran. On imagine bien par contre quel calvaire a du subir l'acteur à l'intérieur du costume. Bien sûr, le petit garçon va s'introduire en cachette dans le laboratoire et manipuler Tobor, ce qui provoquera quelques catastrophes amusantes. Sans avoir un rythme très soutenu, Le Maître du Monde propose quelques péripéties qui parviennent à nous distraire, et notamment une partie dans laquelle des espions (certainement Russes !) kidnappent le professeur et son petit-fils afin d'obtenir des formules secrètes. Le scénariste n'y va pas avec le dos de la cuillère puisqu'il n'hésite pas à prendre le jeune Billy Chapin pour cible afin de faire pression sur le grand-père. Le jeune acteur reçoit des claques et il est même menacé avec un chalumeau ! Heureusement, Tobor viendra à son secours grâce à un émetteur placé dans un stylo et mettra une belle raclée aux méchants espions. Réalisé par Lee Sholem, un spécialiste des petits budgets et des tournages ultra-rapides, Le Maître du Monde a le bon sens de ne pas vouloir en faire trop et se contente de situer son action sur Terre, ce qui évite d'avoir un budget trop conséquent pour des décors futuristes. La mise en scène est assez statique malheureusement  mais cela renforce le côté naïf et vintage du métrage. Si Le Maître du Monde (pfff, non mais c'est vraiment ridicule comme titre....) n'est pas inintéressant, il faut tout de même avouer que son aspect simpliste et sa candeur le réserve avant tout aux adultes qui ont gardé leur âme d'enfant. Leur progéniture apprécieront sûrement quant à eux...

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 3/6



dimanche 22 janvier 2017

CYBORG 2087

CYBORG 2087
(Cyborg 2087)

Réalisateur : Franklin Adreon
Année : 1966
Scénariste : Arthur C. Pierce
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Michael Rennie, Karen Steele, Wendell Corey, Warren Stevens, Eduard Franz...



L'HISTOIRE : Un cyborg, Garth A7, est envoyé du futur vers le passé afin d'empêcher un scientifique, le professeur Marx, de faire la démonstration de sa nouvelle invention : la radio-télépathie. Cette découverte aura en effet des répercussions capitales dans le futur, servant à avilir la pensée des habitants et à en faire des esclaves. Le temps est compté car des Traceurs ont également été envoyé à la poursuite du cyborg afin de l'empêcher de mener à bien sa mission...

MON AVIS : James Cameron et Terminator n'ont donc rien inventé ! En 1966, Franklin Adreon, réalisateur plus spécialisé dans les séries télévisées familiales (Lassie entre autre), nous propose en effet la même trame principale à quelques variantes près, à savoir l'envoi d'un cyborg dans le passé afin de modifier le futur ! La tagline est à l'avenant : "moitié humain, moitié machine ! Programmé pour tuer !" Incroyable non ?Avec de faibles moyens financiers, Cyborg 2087 n'a évidemment pas de quoi rivaliser avec les classiques de la S-F des 50's et encore moins avec les films à venir. Il n'empêche que l'originalité de son scénario et sa mise en scène tout à fait correcte en font un petit divertissement des plus sympathiques. Vu en 2017, Cyborg 2087 lorgne certes vers le nanar à cause de ses costumes qui font très datés de nos jours (logique me direz-vous) et de ses décors futuristes très vides (la salle des ordinateurs, la capsule de voyage dans le temps). Pourtant, même si on sourit devant certaines situations, l'aspect kitsch et l'effet nostalgique l'emportent le plus souvent et on suit avec attention cette histoire de science-fiction novatrice et bien interprétée. Dans le rôle du gentil cyborg, on trouve Michael Rennie, celui-là même qui était venu avertir les terriens avec son robot géant Gort dans le classique Le Jour où la Terre s'arrêta. Dans Cyborg 2087, il vient encore sauver les terriens et son charisme fait fondre le cœur de l'actrice Karen Steele qui ne semble pas s'émouvoir du fait qu'il ne ressent aucun sentiment, qu'il est insensible à la douleur et que son bras est bardé de pièces métalliques. Grâce à son aptitude à la radio-télépathie, notre cyborg va contrôler l'esprit de la belle blondinette et accessoirement assistante du professeur Marx, interprété quant à lui par Eduard Franz, vu dans La Chose d'un Autre Monde entre autre. Une aubaine pour notre homme de chair et d'acier qui va pouvoir retrouver le savant et l'informer des dangers de ses trouvailles. Pour pimenter son film, le scénariste n'hésites pas à multiplier les péripéties et à faire poursuivre le cyborg par des Traceurs, à savoir des autres cyborgs mais nettement plus belliqueux et armés de pistolet-laser pouvant tuer, là où l'arme de Michael Rennie ne fait qu'endormir les personnes qu'elle touche. Le film prend même des allures de western lors de son introduction et de son final puisque l'action se déroule dans une sorte de ville fantôme dans laquelle on attend presque l'apparition de Clint Eastwood ! Plus embêtant sera la séquence dans laquelle une bande d'ados passe son temps à danser dans le salon d'un autre scientifique. Une séquence qui dénote avec l'ensemble et qui ne sert qu'à allonger la durée du métrage. Vous l'aurez compris, Cyborg 2087 n'est évidemment pas exempt de menus défauts et son aspect télévisuel, tout comme ses effets-spéciaux bas de gamme, ne le tirent pas toujours vers le haut. Mais honnêtement, je ne me suis jamais ennuyé devant les aventures de Garth A7 et le charme suranné de cette petite production sans le sou mais généreuse a fait son petit effet. Cyborg 2087 reste bien sûr assez anecdotique dans la production de films de S-F mais on ne peut lui retirer la particularité de son scénario et son impact formel sur le Terminator de Cameron. Impossible en effet que ce dernier n'ait pas vu ce film ! Rien que pour ça, il faut avoir vu Cyborg 2087 !

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 3/6


samedi 21 janvier 2017

AMERICAN NIGHTMARE

AMERICAN NIGHTMARE
(The Purge)

Réalisateur : James DeMonaco
Année : 2013
Scénariste : James DeMonaco
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur, Home Invasion
Interdiction : -16 ans
Avec : Ethan Hawke, Lena Headey, Max Burkholder, Adelaide Kane...



L'HISTOIRE : Dans une Amérique rongée par une criminalité débridée et des prisons surpeuplées, le gouvernement a donné son accord pour qu’une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, soient légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services. Une nuit durant, les citoyens sont à même de définir leurs propres règles et de faire leur propre loi, sans avoir à craindre de sanctions. Au cours d’une telle nuit hantée par la violence et le crime, la famille Sandin va connaître la terreur lorsque que leur jeune fils fait pénétrer un étranger chez eux et que ce dernier était pourchassé par une bande de jeunes fanatiques désireux de mener à bien leur "purge annuelle"...

MON AVIS : Qu'y-a-t-il de plus effrayant que de voir des inconnus armés pénétrer dans votre maison ? Réponse : voir des inconnus armés pénétrer dans votre maison sans qu'ils soient le moins du monde inquiétés par la loi ! Car le postulat d'American Nightmare est celui-ci : pour éradiquer la violence et le chômage, les nouveaux pères fondateurs des Etats-Unis ont décidé qu'une fois par an, durant 12h la nuit, les habitants pourraient se livrer à une "purge", c'est à dire qu'ils pourront éradiquer de la surface de la Terre n'importe qui et sans être inquiétés par la police. Pouvoir libérer la violence contenue dans chaque individu lors d'une nuit de meurtre et de massacre, une sacrée bonne idée que le scénariste et metteur en scène James DeMonaco va mettre en image dans ce thriller horrifique qui a coûté 3 millions de dollars et qui en a rapporté plus de 60 millions rien que sur le territoire américain. Logique que ce sujet ait trouvé un écho chez les Américains puisque le droit de posséder une arme et de s'en servir pour défendre "son territoire", à savoir son chez soi et sa famille, font partie intégrante de leurs gènes. Un sujet puissant pour un film mais terriblement malsain et terrifiant s'il était réellement appliqué dans la vie réelle. On imagine sans soucis le carnage perpétré par les aficionados de la gâchette et de la violence gratuite. American Nightmare nous présente donc la famille Sandin, qui a fait fortune en vendant des dispositifs de sécurité, éléments obligatoires pour les habitants désireux de ne pas connaître une nuit de cauchemar. Portes et volets blindés, caméras de surveillance, tout est mis en oeuvre afin de sécuriser sa maison. Le côté glaçant de la purge étant que les principales victimes de ce déferlement de violence sont les miséreux, les clochards, les sans-abris, traqués sans répit par les "bobos" américains, par la jeunesse dorée habillée avec le dernier costard à la mode et qui pense que l'éradication de la pauvreté dans les rues est la solution à la baisse du taux de criminalité. Glauque. Malheureusement pour la famille Sandin, un fait inattendu va les confronter à une horde de jeunes bien propres sur eux et portant des masques façon Halloween, comme si la purge n'était qu'une sorte de fête, meurtrière certes, mais festive quand même ! A partir du moment où le fils des Sandin, innocent consterné par la violence des adultes, laisse entrer un SDF noir dans leur maison, American Nightmare devient un "Home Invasion" classique mais néanmoins efficace, avec un bon suspense et quelques scènes de tensions bien amenées. La maison des Sandin devient un personnage à part entière et les pièces, les couloirs, les cachettes deviennent autant de lieux dans lesquels la peur et la monstruosité peuvent surgir. Le gros dilemme de la famille est alors d'ordre moral : faut-il livrer le SDF à la bande de tueurs psychotiques qui attend devant leur maison afin de passer une nuit tranquille ou faut-il protéger cet étranger qui n'a aucune raison de mourir ce soir et donc se préparer à livrer un combat dont l'issue sera forcément fatale d'un côté comme d'un autre ? S'il se montre violent dans les thématiques abordées, American Nightmare l'est un peu moins au niveau visuel et le film joue plus sur l'angoisse, le suspense que sur l'horreur graphique. James DeMonaco nous réserve un petit twist vers la fin du film, assez prévisible tout de même, mais qui explicite bien la citation "l'homme est un loup pour l'homme". Bien réalisé, bourré de bonnes idées (le jouet équipé d'une caméra), possédant un casting solide (même si le fils est exaspérant et trop cliché) avec un couple qui fonctionne bien (Ethan Hawke et Lena Headey, la fameuse Cercei de Game of Thrones) et un rythme soutenu, American Nightmare est un thriller solide, pas dénué de quelques défauts, mais qui fait réfléchir sur la société et le monde ultra violent qui nous entoure. Très intéressant. Laissez-vous embarquer dans cette nuit des masques cruelle et violente...

NOTE : 4/6



jeudi 12 janvier 2017

OBJECTIF TERRE

OBJECTIF TERRE
(Target Earth)

Réalisateur : Sherman A. Rose
Année : 1954
Scénariste : William Raynor, James H. Nicholson, Wyott Ordung
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Richard Denning, Kathleen Crowley, Virginia Grey, Richard Reeves...



L'HISTOIRE : Après une tentative de suicide ratée, Nora King se réveille tranquillement et découvre que la population de Chicago a entièrement disparu durant son sommeil. Rues désertes, boutiques abandonnées, il n'y a plus âme qui vive. Elle rencontre Frank Brooks, qui semble aussi désorienté qu'elle de cette situation. Dans un hôtel, Nora et Frank découvrent un autre couple, Vicky et Jim. Tous les quatre tentent de comprendre ce qui se passe et pensent que la ville a été évacuée suite à une terrible menace, ce qui ce confirme lors de la lecture d'un journal qui parle d'une invasion ennemie. Ce que les quatre compagnons ignorent encore, c'est que l'ennemi en question est une armée de robots vraisemblablement débarquée de Vénus et dont le but est de prendre le contrôle de la Terre. Pendant que Nora, Frank, Vicky et Jim tentent de rester en vie en se cachant, les militaires tentent de trouver une solution pour éradiquer les robots belliqueux avant d'utiliser leur dernière arme : la bombe atomique...

MON AVIS : Avec sa belle affiche colorée et son robot avec pinces d'acier et rayon laser, Target Earth, rebaptisé pour sa sortie DVD dans notre belle contrée en Objectif Terre, avait de quoi séduire l'aficionados de vieux films de SF des années 50. Première réalisation de Sherman A. Rose, qui a derrière lui une longue liste de métrages sur lesquels il était monteur, Objectif Terre ne parvient malheureusement pas à tenir les promesses affichées et l'amateur d'invasion extraterrestres (et robotiques dans le cas présent) en sera pour ses frais. Il faut dire que le budget était si peu élevé qu'il était totalement impossible pour le réalisateur de mettre en scène une armée de robots destructeurs et pas gentils ! On aura donc droit à environ deux robots en tout et pour tout, ce qui n'est déjà pas si mal me direz-vous, c'est toujours mieux que zéro. Visuellement, le look des robots en fera sourire plus d'un, on est typiquement dans l'approche "Craignos Monsters" glorifiée par Jean-Pierre Putters dans ses quatre merveilleux ouvrages, soit un acteur engoncé dans un costume métallique et qui avance tant bien que mal face à la caméra. Les fans de SF rétro et kitsch apprécieront en tout cas. Pour compenser le manque de moyen financier et l'impossibilité d'avoir des centaines ou des milliers de robots à l'écran, il fallait bien trouver une solution pour divertir le public venu payer sa place. Sherman A. Rose et ses scénaristes William Raynor, James H. Nicholson et Wyott Ordung ont donc eu l'idée d'utiliser la nouvelle de science-fiction "The Deadly City" de Paul W. Fairman comme trame principale. Et puisqu'on ne peut pas avoir des tas de robots à l'écran, autant miser sur le quatuor d'acteurs principaux et de leur faire vivre quelques péripéties à l'intérieur de différents lieux, en pimentant le tout avec une histoire de suicide raté, une intrigue amoureuse et un couple qui se chamaille sans cesse. Le film débute de bien belle manière, puisque l'héroïne se réveille dans une ville totalement désertique, nous rappelant quelques classiques du genre, à savoir Je suis une Légende, Le Monde la Chair et le Diable ou beaucoup plus récent 28 Jours plus Tard. Les rues, les boutiques, les hôtels, les maisons, tout est abandonné, laisser pour compte, vide de toute présence vivante. Un début des plus prometteurs donc, avec une ambiance qui nous fait irrémédiablement penser à la série La Quatrième Dimension. La rencontre de Nora King (très bien interprétée par Kathleen Crowley) avec un autre survivant puis avec un couple permet au réalisateur de maintenir un certain intérêt, les personnages se demandant ce qui a bien pu se passer. Fin du Monde, holocauste nucléaire ou pire ? La ville semble juste abandonnée, aucune trace de bâtiments détruits, la théorie d'une explosion gigantesque se retrouvant dès lors écartée pour être remplacée par l'hypothèse d'une évacuation massive. Après quelques passages dialogués, l'ombre d'un robot apparaît sur un mur, un peu à la manière de l'ombre de Nosferatu dans le classique de Murnau. La découverte de quelques cadavres par nos quatre survivants poursuit d'installer une petite tension au sein du métrage. Mais la sauce a tout de même du mal à prendre car il faut reconnaître qu'il ne se passe quand même pas grand chose d'extraordinaire à l'écran et que le temps nous paraît bien long. Les quatre héros se déplace d'un lieu à l'autre, reste caché, tente de cohabiter et... c'est tout. Dans le même temps, on a des séquences mettant en scène l'état-major de l'armée qui tente de trouver une solution et des scientifiques qui font des tests sur un robot qui a été capturé. On apprend que la tête des robots est en fait un tube cathodique qui résiste aux balles et aux chocs. Pourtant, celui du robot capturé possède une fissure. Reste à trouver  quel moyen miraculeux a rendu possible cette fissure. Le temps est compté car l'ultime recours face à la menace sera l'envoi de missiles atomiques. Pour corser un peu l'action qui peine à décoller, on colle dans les pattes des quatre héros un voyou qui les prend en otage mais qui n'apporte, au final, pas grand chose à l'intrigue, si ce n'est de permettre au film d'atteindre une durée correcte. Mais même avec seulement 75 minutes au compteur, j'ai trouvé que c'était encore trop long et j'avoue m'être assez vite ennuyé à partir de la moitié du film. Objectif Terre est un petit film de SF mineur, qu'on oubliera aussitôt l'apparition du "the end" à l'écran. A réserver aux fans de SF vintage à la rigueur...

* Disponible en DVD dans le coffret LA GUERRE DES ROBOTS chez ARTUS FILMS

NOTE : 2/6


mardi 10 janvier 2017

POOR PRETTY EDDIE

POOR PRETTY EDDIE
(Poor Pretty Eddie / Redneck County Rape / Black Vengeance)

Réalisateur : David Worth, Richard Robinson
Année : 1975
Scénariste : B.W. Sandefur 
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, survival
Interdiction : -16 ans
Avec : Leslie Uggams, Shelley Winters, Michael Christian, Ted Cassidy...



L'HISTOIRE : Ayant décidé de faire un break, Elizabeth Wetherly, jeune chanteuse de jazz, tombe en panne après un concert et se retrouve coincée dans un lieu reculé du Sud profond des Etats-Unis. Elle échoue donc au Bertha's Oasis, faisant la connaissance d'Eddie Collins, jeune sosie d'Elvis Presley rêvant de gloire, et de sa maîtresse, Bertha, starlette fanée. Tombé sous le charme d'Elizabeth, Eddie la viole et tente par tous les moyens de la retenir. Croyant pouvoir trouver la protection de la police locale, la jeune femme oublie qu'elle a la peau noire et qu'elle se trouve en pays redneck. Ses nerfs mis à rude épreuve, sa vengeance n'en sera que plus terrible...

MON AVIS : Amateurs de Delivrance, Massacre à la Tronçonneuse, 2000 Maniacs et autres films se déroulant au fin fond des états du sud de l'Amérique et présentant des personnages de gros beaufs attardés, soit des œuvres faisant partie du genre qu'on appelle communément "Redneck movies" ou" Hicksploitation", ruez-vous sur Poor Pretty Eddie, un fleuron en la matière, déterré par l'éditeur Le Chat qui Fume pour notre plus grand plaisir. On le sait depuis qu'on a tous vu les films précités au début de ce paragraphe, le sud des USA est un terrain prospère à tous les excès, le chômage, l'alcoolisme, la consanguinité et la soif de violence étant un engrais particulièrement fertile chez nos braves rednecks, autochtones dégénérés que des réalisateurs comme Tobe Hooper, Russ Meyer ou Herschel Gordon Lewis entre autre ont érigé en star des cauchemars des citadins débarquant malheureusement pour eux dans ces contrées reculées et inhospitalières. Les rednecks dans Poor Pretty Eddie sont du plus bel acabit et ne vous laisseront pas de marbre ! Imaginez le tableau : on a Eddie, héros du film et loser en puissance, chanteur de musique country qui se prend pour Elvis Presley en adoptant le même type de fringue rutilante mais malheureusement d'un effet ringard et pathétique sur lui ; on a Bertha, ancienne starlette sexy devenue grosse, moche et alcoolique, amoureuse et amante d'Eddie, extrêmement jalouse et possessive ; on a le shérif local, un vicelard aux blagues douteuses et ne faisant pas vraiment régner la loi et l'ordre, toujours accompagné de son neveu complètement attardé du ciboulot ; on a Keno, un géant au regard vitreux, homme à tout faire du coin ; on a le député de la région qui propose ses services contre une simple... fellation et j'en passe. Tout un microcosme de débiles profonds qui vont voir leur petite existence monotone être chamboulée par l'arrivée de Liz Wetherly, une jolie chanteuse de jazz noire. Une simple panne de voiture va l'entraîner en Enfer. Tout comme dans Calvaire de Fabrice du Welz, le citadin (la citadine dans le cas présent) va devenir l'objet de convoitise d'un attardé local (Eddie) qui va tout faire pour se l'accaparer et l'obliger à l'aimer. Eddie voit en elle une chance de devenir célèbre (il l'a vu à la télévision chanter l'hymne de l'Amérique) même si elle n'évolue pas du tout dans le même univers, musical et social. Et un calvaire, la pauvre Liz va en subir un vrai. Si au départ la situation est seulement un peu tendue entre elle, Eddie, Bertha et les autres protagonistes du film, à partir du moment où Eddie va la violer, c'est un véritable voyage dans le sordide qu'elle va vivre et le spectateur également. La mise en scène insiste sur les travers mentaux des personnages et propose quelques moments chocs typique du genre. Le viol par exemple est entrecoupé par des images de chiens forniquant entre-eux sous le regard amusé des rednecks locaux, le tout sur de la musique country. Glauque et malsain ! La scène du repas réserve aussi son lot de sadisme psychologique. La violence ne tarde pas non plus à faire parler d'elle, la plupart du temps filmée au ralenti, comme dans les films de Sam Peckinpah. Le final ne fait d'ailleurs pas dans la dentelle à ce niveau. Porté par un casting de "trognes" parfaites pour le sujet, Poor Pretty Eddie marque les esprits. Shelley Winters, ancienne gloire du cinéma d'Hollywood interprète avec brio la grosse Bertha et s'en sort haut la main dans ce rôle répugnant et contre-nature. Michael Christian qui joue Eddie est à l'avenant et s'impose en personnage colérique, sûr de lui, empathique et antipathique à la fois. Si vous aimez les galeries de personnages atypiques, odieux, monstrueux, machistes et racistes, si vous aimez les ambiances moites et glauques à la fois avec une petite touche "rape & revenge", alors n'hésitez pas à vous procurer Poor Pretty Eddie, effet choc garanti ! 

* Disponible en DVD chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 4/6


dimanche 8 janvier 2017

INSTINCT DE SURVIE

INSTINCT DE SURVIE
(The Shallows)

Réalisateur : Jaume Collet-Serra
Année : 2016
Scénariste : Anthony Jaswinski
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Blake Lively, Óscar Jaenada, Angelo Josue Lozano Corzo, Brett Cullen...



L'HISTOIRE : Pour rendre hommage à sa mère décédée du cancer, Nancy part seule au bout du monde pour trouver une petite plage isolée que sa mère appréciait. Après avoir trouvé ce petit coin de paradis, Nancy en profite pour surfer en solitaire. Alors que le soleil commence à se coucher, elle est attaquée par un grand requin blanc qui la blesse à la jambe. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme ne sera pas de tout repos face au prédateur ultime…

MON AVIS : En 2009, le réalisateur Jaume Collet-Serra avait épaté son monde avec Esther, film d'enfant meurtrier très efficace, au final renversant. Il avait quatre ans plus tôt mis en scène un autre film d'épouvante avec La Maison de Cire. Depuis, il a délaissé le cinéma d'horreur pour se consacrer au thriller et au film d'action (Sans identité, Non-Stop, Night Run). En 2016, il nous livre un nouveau thriller, en milieu aquatique cette fois, et avec une menace qui titillera l'intérêt de tous les fans des Dents de la Mer et autres "Shark movies"puisque le grand requin blanc est en effet de la partie dans Instinct de Survie ! Un huis clos qui met en vedette la belle Blake Lively, célèbre Serena Van Der Woodsen de la série télévisée Gossip Girl et ex de Leonardo Di Caprio. Outre sa plastique parfaite, la jeune actrice de 29 ans est une actrice des plus corrects et le prouve ici même, interprétant une surfeuse endeuillée par la mort de sa mère et devant lutter pour sa survie face à un requin terrifiant. Le scénariste Anthony Jaswinski n'y va pas par quatre chemin pour malmener son héroïne et lui en fait voir de toutes les couleurs, puisqu'en plus du méchant squale rôdant sous la surface de la mer, la pauvre blondinette sexy va devoir aussi jongler avec la marée, les coraux coupants comme des lames de rasoir, d'autres provoquant des brûlures et même une arrivée de méduses, bref, tous pleins d'éléments déplaisants, auxquels on ajoutera aussi le froid glacial lors de la tombée de la nuit et le fait qu'elle se retrouve sur un tout petit îlot, juste assez grand pour l'accueillir et l'empêcher d'être dévorée toute crue. Sympa comme contexte non ? Heureusement, le méchant scénariste a quand même pensé à lui fournir une âme sœur en la personne d'une gentille... mouette ! Si ce détail pourra prêter à sourire, il n'en reste que la mise en scène de Jaume Collet-Serra se révèle efficace et qu'Instinct de Survie a parfaitement rempli sa mission en ce qui me concerne. Si le début du film fait très "pub de luxe", la caméra "épousant" constamment les formes de Blake Lively (on la comprend vous me direz...) se mettant en maillot de bain ou surfant sur les vagues, la suite prend rapidement des allures de "survival" intense, riche en rebondissements et en suspense. Les attaques du requin sont impressionnantes, puissantes et font leur petit effet sur nous, spectateur tranquillement assis dans son canapé mais qui ne peut résister à frémir devant l'écran. Certains plans sous-marins sont de toute beauté et la photographie magnifie ce thriller estival bien calibré. Avec ses décors paradisiaques, son actrice de toute beauté, son requin féroce et agressif, ses séquences riches en tension même si parfois un peu surréalistes reconnaissons-le (la mort du requin, un peu tiré par les cheveux non ?), son rythme efficace, Instinct de Survie est un bon film de divertissement, pas prise de tête, qui se hisse pour ma part au même niveau que le non moins excellent The Reef. Mission remplie pour Jaume Collet-Serra !

NOTE : 4/6



lundi 2 janvier 2017

LA SŒUR D'URSULA

LA SŒUR D'URSULA
(La Sorella di Ursula / The Sister of Ursula)

Réalisateur : Enzo Miloni
Année : 1978
Scénariste : Enzo Miloni
Pays : Italie
Genre : Giallo
Interdiction : -16 ans
Avec : Barbara Magnolfi, Stefania D'Amario, Anna Zinnemann, Antiniska Nemour, Marc Porel...



L'HISTOIRE : Ursula et Dagmar Beyne, deux sœurs ayant récemment hérité, vont passer des vacances en Italie dans un magnifique hôtel sur la côte. Elles cachent un sombre passé : abandonnées par leur mère, elles ont vu leur père sombrer dans la dépression et se suicider. Tombée dans la névrose, Ursula fuit le contact des hommes et vit recluse dans sa chambre, tandis que sa sœur s’adonne à une libido effrénée. Parmi ses courtisans : Roberto Delleri, le directeur de l'hôtel, et Filippo Andrei, un loubard cocaïnomane au comportement étrange. Les vacances des deux sœurs ne seront pas de tout repos puisqu’on découvre bientôt, aux abords de l'hôtel, le cadavre mutilé d'une prostituée, puis les corps d’un jeune couple…

MON AVIS : Avec Terreur sur la Lagune, l'éditeur Le Chat qui Fume a également sorti un autre giallo en combo Blu-Ray / DVD, datant également de 1978 : La Soeur d'Ursula d'Enzo Miloni. Deux thrillers italiens réalisés la même année mais qui ont pourtant de grandes différences dans leur approche du genre. Là où Terreur sur la Lagune peaufinait son ambiance, son esthétisme et son histoire, Enzo Miloni, le réalisateur de La Soeur d'Ursula, ne s’embarrasse guère de ces considérations cinématographiques et prend le contre-pied des efforts fait par Antonio Bido pour livrer un film putassier, à l'histoire bancale et peu attractive, servi par une mise en scène quelconque et un manque flagrant de suspense. Pourtant, les codes du giallo sont bien présents : personnage avec un trauma datant de l'enfance, assassin mystérieux vêtu de noir et ganté, plusieurs coupables potentiels, meurtres divers et présence de jolies actrices, Barbara Magnolfi et Stefania D'Amario en tête. Pourtant, la sauce a bien du mal à prendre tant le réalisateur (ou les producteurs ?) ne semble se focaliser que sur une seule chose : l'érotisme. La Soeur d'Ursula est en effet bardé de scènes de sexe, qui ne font pas dans la finesse, avec simulation de fellation, cunnilingus et j'en passe. Mises en scène  de façon assez trash, ces nombreuses séquences dans lesquelles la nudité féminine et masculine nous sont présentées de manière frontale amoindrissent le propos de l'oeuvre et ne servent pas vraiment le scénario lui-même, atténuant par la même occasion son rythme déjà peu dynamique. Barbara Magnolfi, dans un des bonus proposé, se plaint d'ailleurs de la tournure érotique prise par le film et qui n'était pas présente dans le scénario original. Pression des producteurs d'ajouter des scènes dénudées en pagaille pour mieux vendre le film ? Toujours est-il que cela n'a pas produit l'effet escompté en ce qui me concerne. Certes, la plastique des actrices est plutôt agréable mais c'est bien l'ennui qui vient s'installer en cours de visionnage. On n'a même pas la consolation d'assister à des meurtres sordides puisqu'ils sont quasiment tous filmés en hors-champ, on a juste le plaisir de voir le résultat final, à savoir des corps féminins dénudés et maculés de sang, notamment au niveau de leur sexe. Des meurtres à caractère sexuel donc, commis par un mystérieux individu dont on ne voit que les beaux yeux, d'où le titre du film lors de la production qui était "The Eyes". Le montage n'est pas non plus un des points forts de La Soeur d'Ursula, l’enchaînement des plans se faisant parfois de manière assez abrupte. Dommage donc d'avoir privilégié aussi fortement le côté érotique au détriment du scénario, car l'histoire en elle-même n'était pas inintéressante. Barbara Magnolfi sauve les meubles en interprétant un personnage de femme fragile psychologiquement et qui semble avoir la faculté de deviner à l'avance les événements. Sa prestation est plutôt bonne, de même que celle de Stefania D'Amario, qui interprète sa sœur. Le cadre de l'action, un hôtel luxueux et ses extérieurs, est également bien choisi. Malheureusement, les défauts sont trop présents pour que les aspects positifs prennent le dessus sur notre jugement. Au final, on a plus l'impression d'assister au visionnage d'un film érotique qu'à un véritable thriller et certaines séquences frisent le ridicule. La Sœur d'Ursula, un giallo que je suis content d'avoir découvert mais que je ne revisionnerai certainement pas une seconde fois.

* Disponible en combo DVD / BR chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 2/6



dimanche 1 janvier 2017

TERREUR SUR LA LAGUNE

TERREUR SUR LA LAGUNE
(Solamente nero / Bloodstained Shadow)

Réalisateur : Antonio Bido
Année : 1978
Scénariste : Antonio Bido, Marisa Andalò, Domenico Malan
Pays : Italie
Genre : Giallo
Interdiction : -16 ans
Avec : Lino Capolicchio, Stefania Casini, Craig Hill, Juliette Mayniel, Sergio Mioni...



L'HISTOIRE : Jeune professeur à l’université de Rome, Stefano D'Archangelo profite des vacances d’été pour aller voir son frère, Don Paolo, prêtre dans une paroisse proche de Venise. En chemin, il rencontre la belle Sandra, artiste peintre qui vit avec sa mère paralysée. Le soir même de son arrivée, une médium est étranglée en face du presbytère, sous les yeux de Don Paolo. La vision du cadavre provoque chez Stefano une série de flash-back lui renvoyant l’image d’un petit garçon effrayé caché derrière un buisson. Dès lors, un tueur élimine un par un les participants aux séances de spiritisme dirigées par la médium. Tous ces crimes auraient-ils un lien avec le meurtre d’une jeune fille, vingt ans auparavant ?

MON AVIS : Réalisateur très peu prolifique, puisque sa filmographie ne compte que sept titres, Antonio Bido est néanmoins connu des amateurs de cinéma italien et plus particulièrement de giallo. En effet, ses deux premiers films sont des thrillers italiens rendant hommage à l'un de ses réalisateurs fétiches qui est un maître du genre, Dario Argento bien sûr. En 1977, il réalise donc Il Gatto dagli Occhi di Giada, giallo inédit en France et en 1978 Solamente Nero, également connu sous divers titres français tels Terreur sur la Lagune ou Ombres Sanguinaires en VHS. Arrivant tardivement dans une filmographie "giallesque" déjà bien balisée et éprouvée, Terreur sur la Lagune ne démérite pourtant pas et s'avère un thriller italien des plus corrects. Si on pourra peut être reprocher à ce giallo une facture assez classique et un manque de violence graphique et de folie, l'amateur d'histoire policière solide, de mystère et de secret inavouable en aura en tout cas pour son compte et devrait apprécier le spectacle. Un spectacle qui bénéficie en plus d'une mise en scène appliquée de la par d'Antonio Bido, qui a bien retenu les leçons de ses aînés. Visuellement superbe, Terreur sur la Lagune nous emmène dans les rues et sur les canaux de Venise, mais aussi sur une petite île adjacente, avec une certaine maestria cinématographique, nous réservant quelques séquences très bien agencées et qui permettent de distiller un suspense adéquat, amplifié par la belle partition musicale de Stelvio Cipriani. Personnages ambigus (dont une médium, un médecin, un aristocrate apparemment porté sur les jeunes enfants, une sage femme qui cacherait son fils atteint de folie, le père de la jeune fille assassinée il y a quelques années plus tôt, le héros lui-même qui a des visions d'enfant qui pleure et j'en passe), ancien meurtre non élucidé, tueur implacable cherchant inlassablement quelque chose qui se trouverait caché chez l'une de ses victimes, caméra subjective qui virevolte dans des ruelles angoissantes et qui poursuit la jolie Stefania Casini (vue dans Du Sang pour Dracula et Suspiria), thème de la peinture avec un tableau qui semble contenir des indices (clin d'oeil au Frissons de l'Angoisse ?), messages anonymes menaçant la vie du prêtre du village et quelques meurtres viennent donc rythmer la vie de Venise et nous tenir en haleine. Le premier meurtre "récent" du film est certainement le plus réussi, se déroulant sous une pluie torrentielle et déclenchant le fil conducteur de ce giallo. De même, la mort d'un des personnages accrochés à une embarcation naviguant sur les canaux de Venise est également très bien mise en scène. On sent Antonio Bido véritablement impliqué et désirant livrer un film réussi et c'est tout à son honneur. Il nous offre même la vision dénudée de Stefania Casini, un peu d'érotisme étant toujours un petit plus dans un giallo. Si Terreur sur la Lagune n'est peut-être pas un giallo exceptionnel au même titre que certains classiques du genre, son esthétisme, sa partition musicale, sa mise en scène solide, ses fausses pistes, son rythme lancinant et le cadre même de l'action lui confèrent en tout cas de nombreuses qualités qui parviendront très certainement à le faire sortir du relatif anonymat dans lequel il était resté. Surtout que l'éditeur Le Chat qui Fume nous offre à nouveau une édition cinq étoiles, présentée dans un luxueux digipack combo DVD / BR, bardée comme à l'accoutumé d'une multitude de bonus (interviews à foison, version VHS du film, générique alternatif, bandes annonces...) et, cerise sur le gâteau, du CD de la BO du film ! 

* Disponible chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 4/6