ANATOMIE D'UNE CHUTE

 

ANATOMIE D'UNE CHUTE
(Anatomie d'une chute)

Réalisateur Justine Triet
Année : 2023
Scénariste Justine Triet, Arthur Harari
Pays : France
Genre : Drame, film de procès
Interdiction : /
Avec : Sandra Hüller, Milo Machado-Graner, Swann Arlaud, Antoine Reinartz...


L'HISTOIRE Sandra, Samuel et leur fils malvoyant de 11 ans, Daniel, vivent depuis un an loin de tout, à la montagne. Un jour, Samuel est retrouvé mort au pied de leur maison. Une enquête pour mort suspecte est ouverte. Sandra est bientôt inculpée malgré le doute : suicide ou homicide ? Un an plus tard, Daniel assiste au procès de sa mère, véritable dissection du couple...

MON AVIS : La première affiche cinéma de ce film, celle sur laquelle on voit juste le couple formé par Sandra et Samuel rire aux éclats, m'a de suite provoqué une réaction allergique du style "oh purée, encore un film français à la con sur des problèmes de couple, le truc qui vend du rêve, quand est-ce que les Français vont faire autre chose que du drame pseudo-intello sérieux ! " vous voyez le genre. Les différents prix que le film a reçu ensuite, que ce soit à Cannes (Palme d'Or), aux Oscars (Meilleur scénario), aux Césars (Meilleur film, meilleure réalisatrice entre autres) et j'en passe ne m'ont pas plus donné envie et j'ai donc conservé ma première réaction en tête, sans même avoir lu le résumé de l'histoire. De passage à la Fnac, je choppe une promo 5 DVD pour 30 euros et je laisse à ma femme le choix d'en choisir un sur les quatre. Et elle prend, je vous le donne en mille, Anatomie d'une Chute. Merde. Pas le choix que de le visionner donc. Durée : 151 minutes ! Mon dieu ! Que ça va être looonnnggggg !!! Je me prépare psychologiquement et c'est parti pour la séance calvaire. Sauf que j'ai tout faux. Pour moi, le titre évoquait la crise que va subir le couple, qui va s'enfonçer dans les disputes et patati, patata. Je n'avais pas tout à fait tort sur ce point mais j'étais loin de me douter qu'il évoque aussi une chute bien réelle, celle de Samuel, le mari. Une chute du balcon du dernier étage de son chalet perdu au milieu de nulle part et qui le laisse raide mort au sol, le sang venant colorer la neige immaculée qui recouvre tout le paysage. Une chute précédée par un interview entre Sandra, sa femme, et une journaliste venant interroger cette dernière sur le dernier livre qu'elle a écrit. Un interview écourté par la musique assourdissante déclenchée par Samuel deux étages plus haut et qui semble irriter Sandra. Une fois la journaliste éclipsée, on voit juste Sandra monter l'escalier de manière déterminée. Une seule question se pose alors : est-ce Sandra, qui, par colère, a frappé et fait tomber son mari ? Cette question, Justine Triet en a fait l'élément principal de son film, qui va étoffer son statut de film dramatique avec celui de film de procès. Et moi, les films de procès, j'adore ça. Reconstitution des événements par la police, plaidoirie de l'avocat général, contre attaque de l'avocat de la défense, interrogatoire de la mise en accusation et d'éventuels témoins, dont le jeune Daniel, leur fils de 11 ans, mal-voyant et qui semble avoir un cruel dilemme en lui. On sent qu'il sait des choses qu'il ne veut pas raconter. Malgré son jeune âge, Daniel est assez mâture et il a compris dans quelle situation se trouve sa mère. Tout au long du film, on se questionne sur lui : ment-il exprès pour ne pas alourdir les charges retenues contre sa génitrice ou fait-il preuve de bonne foi ? La chute de Samuel est-elle accidentelle, suicidaire ou meurtrière ? Toute l'ambiguïté de cette chute permet aux divers acteurs de livrer un très bon rôle de composition, qui s'étend même jusqu'au chien du film, totalement incroyable quand il doit simuler un évanouissement dû à une prise de médicaments ! Durant le procès, on guette chaque regard, chaque expression de l'actrice Sandra Hüller, afin de déterminer si elle est coupable ou non. Un procès qui décortique les dysfonctionnements au sein du couple Sandra / Samuel et qui marque l'esprit de Daniel, présent durant toutes les phases dudit procès. On a donc un véritable jeu de faux-semblant, dans lequel vérité et mensonge se percute, s'imbrique, ce qui fait naître une réelle tension et un suspense hitchockien au rythme soutenu. L'intimité d'un couple disséquée au fil du rasoir du thriller, voilà ce que nous propose Anatomie d'une Chute, dont le final nous mettra face à notre propre questionnement : elle l'a fait ou pas ? Merci chérie d'avoir sélectionné ce film ! Un excellent choix ! Comme quoi...

  

TICKS

 

TICKS
(Ticks)

Réalisateur Tony Randel
Année : 1993
Scénariste Brent Friedman
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Seth Green, Rosalind Allen, Ami Dolenz, Alfonso Ribeiro...


L'HISTOIRE Des adolescents à problèmes de Los Angeles se joignent à un projet de réadaptation en milieu naturel et tentent de renouer avec les priorités de la vie, sous la direction d'Holly et de Charles, leurs moniteurs. Lorsqu'ils arrivent au camping, ils ont du mal à s'adapter à la vie sauvage et quelques tensions naissent entre eux. Ils ignorent que la région sert de base à des cultivateurs de marijuana qui utilisent des stéroïdes pour accélérer la croissance des plantes. Une fuite de liquide stéroïdien contamine des tiques qui se mettent à muter et à devenir particulièrement agressives. Elles vont attaquer le petit groupe...

MON AVIS : Le réalisateur Tony Randel est principalement connu pour avoir mis en scène Hellraiser 2 - les écorchés en 1988, la suite du film culte de Clive Barker. Il réalise ensuite Les Enfants des Ténèbres en 1991 puis Amityville 1993  - Votre heure a sonné en 1992 et North Star - la légende de Ken le survivant en 1995. C'est en 1993 qu'on le trouve derrière la caméra de Ticks, qui recueille un joli succès lors de son exploitation en vidéo. Avec ce film - et comme son titre l'indique - il choisit de mettre en vedette ces saletés de bestioles avides de sang qu'on retrouve sur nos amis canins et qui peuvent également provoquer la maladie de Lyme chez les humains. Bien sûr, vu la taille extrêmement réduite d'une tique, il fallait trouver une astuce pur les rendre intéressante à l'écran. Rien de plus simple que de les faire muter via une substance chimique et c'est la solution qui est retenue ici, via un liquide contenant des stéroïdes. Nos minuscules bébêtes vont donc voir leur taille augmenter de manière exponentielle, ce qui sera bien plus amusant pour le public et permettra aux équipes d'effets-spéciaux de s'amuser tout autant à manipuler leurs bestioles et à les faire attaquer l'ensemble du casting ! Parmi celui-ci, on reconnaîtra aisément Seth Green, qui deviendra célèbre quelques années plus tard en devenant acteur récurrent dans Buffy contre les Vampires ou Alfonso Ribeiro qui jouait dans Le Prince de Bel-Air. Film d'attaque animale typique, Ticks est un pur produit 90's dont le seul but est de divertir et de mettre en avant ses effets-spéciaux tout en gratifiant le spectateur de quelques scènes gore amusantes. Tiques se déplaçant sous la peau, victimes au visage déformé et ensanglanté, piqûre sanguinolente et, cerise sur le gâteau, une monstrueuse tique géante s'extirpant d'un corps humain lors d'un final qui en donne pour son argent au public ! Dommage d'ailleurs que le film ne décolle vraiment que vers la fin et que toute la première heure recycle tous les clichés possibles et inimaginables. On a la bande d'ados à problème, avec le garçon timide qui deviendra le héros, le noir qui se la joue racaille, la bimbo fainéante, le portoricain macho, l'asiatique muette et j'en passe. On a aussi les rednecks qui reluquent les adolescentes. On sait d'office quel personnage va y passer et quel autre va faire partir des survivants. On a la séquence classique de l'invasion de tiques dans une cabane. Bref, pas grand chose de neuf à se mettre sous la dent et niveau originalité, on repassera. Reste donc l'animation à l'ancienne des tiques, qui sont franchement bien faites et qui courent et grimpent partout à une vitesse soutenue, des effets gore bien fun et donc un dernier quart d'heure qui fait dans la débauche d'effets-spéciaux et qui s'avère assez jubilatoire. Ticks, une petite série B sympa, pas forcément inoubliable de par ses défauts, mais qui a quelques arguments à faire valoir !

  

TAMMY AND THE T-REX

 

TAMMY AND THE T-REX
(Tammy and the T-Rex)

Réalisateur Stewart Raffill
Année : 1994
Scénariste Stewart Raffill, Gary Brockette
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Science-fiction, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Denise Richards, Paul Walker, Ellen Dubin, Terry Kiser...


L'HISTOIRE : Tammy est amoureuse de Michael mais leur relation est compliquée à cause de Billy, l'ex de Tammy qui refuse de la voir dans les bras d'un autre. Pour se venger d'une altercation, Billy kidnappe Michael et le laisse seul au milieu d'un parc dans lequel les animaux sauvages sont en liberté. L'adolescent est attaqué par un lion et emmené à l'hôpital. Dans le coma, l'établissement fait appel au docteur Wachenstein, qui s'empare du corps de Michael dans un tout autre but que de le sauver. Il va en effet transplanter le cerveau du garçon dans le crâne de son dinosaure en animatronique ! L'opération réussie et le Tyrannosaure se voit doté de la conscience de Michael. Parvenant à s'échapper du laboratoire, le dinosaure va tenter de retrouver Tammy...

MON AVIS : Vous avez bien lu, vous ne rêvez pas, vous n'êtes pas dans la quatrième dimension. Ce film au scénario totalement what the fuck ?! provient d'une opportunité donnée au réalisateur, à savoir pouvoir se servir durant deux semaines d'un dinosaure en animatronique avant que ce dernier ne soit envoyé dans un parc d'attraction. Un défi qui ne fait pas peur à Stewart Raffill, metteur en scène de Philadelphia Experiment, Les Guerriers des étoiles ou Mac et Moi, qui va donc saisir cette occasion et réaliser un véritable ovni cinématographique, écrivant le scénario au fur et à mesure des jours de tournage avec son scénariste Gary Brockette, pour un résultat assez surprenant et plutôt réussi au final ! Forcément, avec un tel sujet et pas beaucoup de budget, il ne faut pas s'attendre à un remake de Jurassic Park, sorti l'année précédente. L'option comédie délirante et farfelue est donc retenue, ce qui s'avère en effet être la meilleure option car le dinosaure en animatronique est assez rigide en plus de ça. Pour interpréter Michael, qui verra donc son cerveau atterrir dans le crâne métallique du T-Rex, c'est le tout jeune Paul Walker qui est sélectionné, oui, oui, la star de Fast and Furious. Il a bien de la chance puisque sa fiancée folle amoureuse dans le film ne sera autre que la sublime Denise Richards, qui trouve ici son premier rôle principal pour ce qui est sa seconde apparition dans un film. Un duo vraiment charmant et qui fonctionne du tonnerre, bien mieux que le dinosaure en tout cas. Une fois que le monstre préhistorique se voit doté du cerveau de Michael, lors d'une séquence bien gore car oui, Tammy and the T-Rex se montre aussi généreux dans ce domaine, c'est parti pour le grand n'importe quoi jubilatoire, qui voit donc Denise Richards faire les yeux doux à un monstre de plus de 3m de haut et pas franchement très sexy ! Oui mais elle est toujours amoureuse de Michael, et ce, quelque soit son apparence ! C'est beau l'amour ! Le film aligne les séquences hallucinantes de surréalisme mais l'ambiance est tellement fun qu'en fait, ça passe tout seul si on accepte le délire proposé. Le reste du casting est tout aussi sympa, que ce soit Terry Kiser qui joue le savant fou, Ellen Dubin dans le rôle de son assistante au décolleté plongeant ou  bien encore l'équipe de policiers pieds-nickels entre autres. Voir Denise Richards dans une superbe rouge rouge chevaucher le T-Rex est un grand moment, les morts violentes provoquées par la bestiole jouent avec le gore bon enfant, l'amputation du cerveau de Paul Walker est jubilatoire, bref, Tammy and the T-Rex avait tout du navet en puissance et se transforme en nanar hautement sympathique au final, qui à en plus la bonne idée de se terminer par un strip-tease sexy de mademoiselle Richards ! Vous voulez vous marrer, ce film est fait pour ça ! A noter qu'au départ du projet, et même dans le générique de fin, le personnage de Denise Richards est nommé Tanny avec 2N et on ne sait pourquoi c'est devenu Tammy, avec 2M... 

 

LA CHUTE DE LONDRES

 

LA CHUTE DE LONDRES
(London has Fallen)

Réalisateur Babak Najafi
Année : 2016
Scénariste Katrin Benedikt, Christian Gudegast, Chad St. John
Pays : Etats-Unis, Angleterre, Bulgarie
Genre : Thriller, Action
Interdiction : -12 ans
Avec : Gerard Butler, Aaron Eckhart, Morgan Freeman, Angela Bassett...


L'HISTOIRE Les plus grands leaders du monde occidental sont attendus à Londres aux funérailles du Premier ministre britannique, mort dans des circonstances plus que douteuses. Mais ce qui avait commencé comme l’évènement le plus sécurisé de la planète tourne rapidement au désastre. Cible d’un complot terroriste, la capitale anglaise est mise à feu et à sang et la plupart des chefs d’état faits prisonniers. Seuls ont pu s’échapper le président américain et l’agent secret Mike Banning, qui vont devoir à la fois combattre pour survivre et mettre fin aux agissements des terroristes...

MON AVIS : Avec La Chute de Londres, le réalisateur iranien Babak Najafi livre en 2016 un blockbuster explosif, pseudo-suite de La Chute de la Maison Blanche d'Antoine Fuqua (2013) qui nous permet de retrouver Gerard Butler dans le rôle de l'agent Mike Banning. Un agent secret qu'on reverra encore en 2019 dans La Chute du Président. Dans le film qui nous intéresse ici, Mike Banning va devoir sauver la vie du Président des Etats-Unis, à nouveau joué par Aaron Eckhart, en déplacement à Londres avec d'autres chefs d'état pour assister à l'enterrement du Premier ministre britannique. La scène d'introduction nous ayant montré une attaque dévastatrice envers Aamir Barkawi, terroriste N°6 sur la liste des cibles prioritaires, lors du mariage de sa fille, on se doute que ce dernier va vouloir se venger. Ce sera bel et bien le cas et on peut dire que les représailles sont d'une ampleur jamais vue, avec des explosions en veux tu en voilà qui, en plus de détruire quelques célèbres monuments londoniens dans des scènes assez bluffantes, vont provoquer la mort de plusieurs chefs d'état. On imagine la panique des service secrets et renseignements généraux qui n'ont rien vu venir. Une situation on ne peut plus tendue, qui met le vice-Président joué par Morgan Freeman dans la panade. Mais heureusement pour lui, et pour le Président américain, Mike Banning est là. Et ça, ça change tout. Tel un John Wick, Gerard Butler va dézinguer du terroriste à tout va, esquivant toutes les balles, se sortant des situations les plus extrêmes avec un flegme et une efficacité hallucinante. On se croirait à la grande époque de Commando avec Arnold Schwarzenegger : rien ne peut l'atteindre et même s'il prend parfois quelques coups, il les rend au centuple, se montrant sans pitié pour ses ennemis. Franchement, on ne s'ennuie pas une seconde, tout est rondement mené, ca défouraille sec, et si niveau crédibilité on repassera, le spectacle est des plus plaisants. On n'échappe évidemment pas aux clichés de la toute puissance des USA, sauveur du monde face aux méchants terroristes qui n'ont qu'à bien se tenir. Un thriller d'action qui fait le job.

   

A LA LIMITE DU CAUCHEMAR

 

A LA LIMITE DU CAUCHEMAR
(Butcher, Baker, Nightmare Maker / Night Warning)


Réalisateur : William Asher
Année : 1981
Scénariste Steve Breimer, Alan Jay Glueckman, Boon Collins
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Drame, Tueurs fous
Interdiction : -12 ans
Avec : Jimmy McNichol, Susan Tyrrell, Bo Svenson, Julia Duffy...

L'HISTOIRE : Après la mort tragique de ses parents dans un accident de voiture, le petit Billy, 3 ans, est placé sous la garde de sa tante Cheryl, qui développe un amour maternel pour l'enfant. Désormais âgé de 17 ans, Billy se passionne pour le basket et flirte avec la jolie Julie, envisageant de suivre cette dernière à l'université s'il obtient une bourse grâce au basket. Un départ que ne voit pas d'un bon œil Cheryl, qui refuse de voir partir Billy. Psychologiquement instable, Cheryl assassine un réparateur TV sous les yeux de Billy. Face au détective Joe Carlson, ils tentent de faire passer le meurtre pour de la légitime défense, Cheryl prétextant une tentative de viol, ce qui ne convainc pas Carlson car c'est Billy qui a été retrouvé avec le couteau à la main. Pour Billy, c'est le début du cauchemar...

MON AVIS : Le réalisateur William Asher a une carrière assez conséquente derrière lui puisqu'on lui doit les plus célèbres Beach Movies des années 60, notamment ceux avec Frankie Avalon et Annette Funicello. Néanmoins, on le retrouve principalement actif dans le domaine de la télévision et on lui doit la série télévisée Ma Sorcière bien aimée, qu'il produit et dont il réalise 131 épisodes sur les 254 ! Il a d'ailleurs été marié avec Elizabeth Montgomery. C'est âgé de 60 ans qu'il se tourne vers l'horreur pour le cinéma, pour ce qui sera d'ailleurs sa seule incursion dans le domaine. Et on peut dire qu'il a réussi son coup le père Asher même si, malheureusement, son film reste assez méconnu et peu cité dans les discussions. D'abord intitulé Butcher, Baker, Nightmare Maker, puis Night Warning, le film de William Asher sort en France sous le titre de A la Limite du Cauchemar, directement en VHS, avec une jaquette vidéo qui fait un peu penser qu'il joue dans le registre du film de maison hantée, ce qui n'est absolument pas le cas. Il n'y a aucune touche de fantastique ici d'ailleurs. On est nettement plus dans le film de tueurs fous mais sans que ce soit un slasher. A la Limite du Cauchemar nous présente en réalité un cas pathologique, un cas de folie humaine en la personne de Cheryl, superbement interprétée par Susan Tyrell, la mère de Johnny Depp dans Cry-Baby ! L'actrice porte le film sur ses épaules et livre une prestation assez incroyable, et on ne peut plus habitée ! La scène introductive, présentant l'accident de voiture ayant entraîné la mort des parents du petit Billy vous rappellera certainement la séquence culte de Destination Finale 2, qui n'a donc rien inventé puisque William Asher l'a fait 22 ans avant ! Le film fait ensuite un gros bond en avant et on retrouve Billy âgé de 17 ans, toujours dans les jupons de sa tante, dont on ne met pas longtemps à comprendre qu'elle a développé un amour exclusif et un peu trop envahissant envers son petit fils. Le début du cauchemar commence lorsque Billy apprend que son talent au basket peut lui faire obtenir une bourse pour qu'il rejoigne une université. Une future séparation que ne supporte évidemment pas Cheryl, qui pète un câble et accable son petit fils de ne pas être reconnaissant envers tous les sacrifices qu'elle a fait depuis l'accident pour lui. La faille au sein de l'esprit de Cheryl ne se refermera pas et ne cessera de s’agrandir, pour l'emmener aux confins de la folie psychotique. Le réalisateur parsème le film de petits détails nous faisant comprendre que cette folie n'est en réalité pas vraiment naissante et qu'elle s'est développée depuis bien plus longtemps que ça. Susan Tyrell évolue entre fragilité et crise de démence avec une facilité déconcertante et donne une belle épaisseur à son personnage, qui en devient effrayant au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire. On est souvent mal à l'aise lorsque la tante s'occupe de son petit-fils d'adolescent, ses gestes évoquant une sorte de relation incestueuse pas clairement installée mais sous-jacente. La présence de la petite amie de Billy ne fera que renforcer la folie maladive de Cheryl, qui mettra tout en oeuvre pour garder son petit-fils auprès d'elle, quitte à le droguer pour qu'il échoue à se faire recruter et à obtenir sa bourse. Un cas maladif donc, qui mise plus sur l'aspect psychologique que sur des scènes horrifiques, même s'il y en a quelques-unes à se mettre sous la dent et notamment vers la fin qui vire dans la folie homicide. Le film dénonce également l'homophobie qui régnait dans la police à cette époque, et ce, à travers le personnage du détective Carlson, joué par Bo Svenson. Ce dernier veut que le meurtre commis par Cheryl sur le réparateur TV soit de nature homosexuelle et son dégoût de cette communauté lui fermera les yeux sur des indices qui l'aurait vraiment mis sur la bonne piste. Même les découvertes faites par son adjoint au sujet du passé de Cheryl ne pourront le faire bifurquer de la (mauvaise) ligne directrice qu'il s'est fixé. Bref, finissons cette chronique en disant qu'il faut à tout prix redécouvrir A la Limite du Cauchemar, qui, en 1982, a reçu le Saturn Award du meilleur film à petit budget. Un film a réhabiliter séance tenante. 


L'ENFER DES ARMES

 

L'ENFER DES ARMES
(Di yi lei xing wei xian)

- Visionné dans son montage international -


Réalisateur : Tsui Hark
Année : 1980
Scénariste Tsui Hark, Cheuk-Hon Szeto
Pays Hong Kong
Genre : Policier, Drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Lo Lieh, Chen-Chi Lin, Albert Au, Tin Sang Lung, Paul Che...

L'HISTOIRE : Paul, Lung et Ko sont trois amis désœuvrés qui passent leur temps comme ils le peuvent. Sans permis, ils empruntent la voiture d'un de leurs parents et écrasent malencontreusement un sans-abri. Un accident dont a été témoin Pearl, une jeune fille désabusée, sadique et anarchiste, dont le frère est inspecteur de police. Pearl fait du chantage aux trois garçons et les pousse dans une dérive terroriste. Lors d'une altercation, Pearl vole un colis appartenant à un puissant réseau de trafic d'armes et de contrebande...

MON AVIS : Après Butterfly Murders et Histoires de Cannibales, qui n'ont pas rencontré un grand succès critique et commercial, Tsui Hark enchaîne un troisième film qui ne sera pas mieux accueilli, subissant les foudres de la censure qui l'oblige à proposer un nouveau montage dans lequel les trois anti-héros masculins, qui, dans le montage initial et pour surfer sur un fait divers devaient s'amuser à poser des bombes dans des cinémas, provoquent dorénavant un accident de voiture mortel avant de subir le chantage d'une jeune activiste en guerre contre la société. Un nouveau montage qui deviendra la version proposée de par le monde. Jusqu'à ce que l'éditeur HK Vidéo réussisse l'exploit de trouver une ultime copie du montage initial, que même Tsui Hark croyait définitivement perdu. Pour la sortie en VHS du film, HK Vidéo a proposé les séquences inédites en bonus puis, pour la sortie DVD en 2004, l'éditeur a intégré ces scènes inédites au film, proposant ainsi une version Director's Cut. Pour ma part, cette chronique est basée sur le montage international. Un montage qui n'alterne en rien l'aspect profondément déprimant de L'Enfer des Armes, œuvre sulfureuse qui ne respire jamais la joie de vivre. C'est bien simple, tout va mal dans ce film, il n'y a pas une once d'espoir et chaque acte des personnages principaux se transforment en épreuve, en échec. Les quatre compères trouvent des bons bancaires japonais qui pourraient les rendre riches ? Raté, ces derniers ne peuvent être déposés dans les banques chinoises et quand ils tentent de les refourguer aux petits caïds du coin, ceux-ci les prennent en chasse pour leur voler l'intégralité des bons. Qui plus est, ces bons appartiennent à un puissant cartel qui veut à n'importe quel prix les récupérer. On assiste donc à une longue et lente descente aux enfers de quatre adolescents dont le mal-être empoisonne leur vie, ne voyant pas d'échappatoire à leur misérable existence humaine. Et, on le sait, la violence n'apporte jamais rien de bon et n'est jamais une solution. Nihiliste jusqu'à ses dernières images, L'Enfer des Armes est un film assez atypique dans la filmographie de Tsui Hark, qui mélange ici polar, drame et critique sociale pour un résultat détonnant. A noter une utilisation non déclarée de la musique de Zombie, de Star Trek le film, du morceau Oxygene part 4 de Jean-Michel Jarre ou du tube Voyager du groupe The Alan Parsons Project en guise de bande-originale, ce qui surprend la première fois !  


THE LAST VIDEO STORE

 

THE LAST VIDEO STORE
(The Last Video Store)


Réalisateur Cody Kennedy, Tim Rutherford
Année : 2023
Scénariste Joshua Roach, Tim Rutherford
Pays Canada
Genre : Science-fiction, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Yaayaa Adams, Kevin Martin, Josh Lenner, Leland Tilden...

L'HISTOIRE : Nyla, sur la demande de son frère, doit rapporter des VHS dans le dernier vidéoclub encore existant au Canada. Elle fait connaissance avec Kevin, le gérant du vidéoclub, qui tente de survivre avec ses VHS face aux changements de supports. Ce que Nyla ignore, c'est que parmi les VHS qu'elle restitue à Kevin se trouve la Videonomicon, une VHS maudite qui, une fois lancée dans un magnétoscope, ouvre un portail inter-dimensionnel qui permet aux méchants des films d'entrer dans notre monde. Kevin et Nyla, prisonnier dans le vidéoclub, vont devoir rester en vie face à un alien belliqueux et un tueur masqué, tout en cherchant un moyen de détruire la Videonomicon...

MON AVIS : Passionnés de VHS et de l'époque bénie des vidéoclubs, Cody Kennedy et Tim Rutherford ont réalisé plusieurs courts-métrages rendant hommage à ce support et cette époque, avec notamment The Last Video Store en 2013 ou Straight to Video: The B-Movie Odyssey, une petite série en 6 épisodes mettant en scène des histoires nanaresques comme Beaver Lake Massacre ou Preystalker par exemple. En 2023, les deux compères décident de lutter contre les Ayatollah de l'image qui ne voient que par le 4K en mettant leur délire sous forme de long-métrage. Ils reprennent l'idée de leur court de 2013, imagine comment intégrer les idées qu'ils ont eu sur leur série et demandent à Kevin Martin, gérant du dernier vidéoclub du Canada, s'il veut bien être le héros de leur film. Ce dernier accepte et va donc plonger dans le délire de The Last Video Store ! Une production au budget microscopique mais pourvue d'un amour sans faille pour la VHS et les nanars que ce support nous a fait découvrir dans les 80's. Coloré, fun, avec du néon en pagaille, le film se veut une comédie horrifique nostalgique d'une époque révolue et même si elle est bricolée avec les moyens du bord, le résultat est hautement sympathique et la qualité est au rendez-vous. Kevin Martin est un gars avec qui on aimerait discuter durant des heures et son personnage dans le film est à l'avenant, exsudant la passion par tous les pores de sa peau. Une passion que semble ne pas comprendre la jeune Nyla, qui regarde le vidéoclub comme si elle était dans une autre dimension. Une fois la Videonomicon insérée dans le magnétoscope, c'est parti pour le délire. La cassette maudite fait d'abord surgir dans le petit local un alien en image de synthèse qui fera hurler de rire ce qui se sont pavanés devant la mante religieuse du Dracula 3D de Dario Argento. Ce qui est fort amusant, c'est que les personnages du film d'où provient l'alien se demandent où est-ce qu'il a pu passer, ne comprenant pas son absence ! Ingénieux, à la manière de La Rose Pourpre du Caire de Woody Allen. La Videonomicon ne s'avouant pas vaincue, elle fait surgir dans notre monde un tueur masqué imposant, issu de Beaver Lake Massacre. Un clone de Jason Voorhees, monolithique et à la force surpuissante, avec un masque en forme de tête de castor, d'où son nom de... Castor ! On a quelques petits effets gores bien foutus, un rythme assez dynamique, une bonne humeur qui se ressent et on se laisse happer par ce film hors du temps, par ses protagonistes simples mais généreux et par son aspect kitsch, voulu bien entendu. Du kitsch qui trouve son expression directe par l'arrivée dans notre monde de Jackson Viper, héros bodybuildé d'une série de série B fauchée et dont le gérant est fan. Petit souci, Viper découvre que dans le monde réel, il est plutôt considéré comme un acteur de nanar de troisième zone, ce qui joue sur son égo. Le gentil héros pète un câble et la Videonomicon en profite pour le posséder, créant ainsi une nouvelle menace pour Kevin et Nyla ! Vont-ils réussir à s'en sortir ? Réponse dans The Last Video Store, un spectacle enjoué qui ravivera votre fibre nostalgique si vous avez connu les 80's. Un divertissement sympa, pas prise de tête ! VHS forever !