LE CRI DES TENEBRES


LE CRI DES TENEBRES
(Funeral Home / Cries in the Night)

Réalisateur : William Fruet
Année : 1980
Scénariste Ida Nelson
Pays : Canada
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec Kay Hawtrey, Lesleh Donaldson, Barry Morse, Stephen E. Miller...


L'HISTOIRE : La jeune Heather vient rejoindre sa grand-mère Maude Chalmers afin de l'aider à gérer sa maison, ancien salon funéraire qu'elle a transformé en maison d'hôtes suite à la disparition de son époux. Heather est courtisée par Rick Yates, un garçon du coin. Le travail ne manque pas car pas mal de touristes viennent occuper les chambres en location. Reste qu'Heather s'inquiète pour sa grand-mère, qu'elle entend discuter avec quelqu'un dans la cave. Quand certains locataires viennent à disparaître, le malaise s'intensifie...

MON AVIS : Le réalisateur canadien William Fruet est bien connu des amateurs de cinéma Bis puisqu'il a mis en scène des titres tels Week-end Sauvage en 1976, Trapped : le village de la mort en 1982, Spasms avec Oliver Reed en 1983, Macabre Party en 1986 ou Insect! en 1987. Il s'est ensuite recyclé dans le monde de la série-télévisée. En 1980, on le retrouve donc aux commandes de ce Funeral Home, devenu chez nous Le Cri des Ténèbres. Un film qu n'a pas obtenu un grand succès public et critique à l'époque de sa sortie, l'ombre d'un maître du suspense étant trop présent pour passer inaperçu. Cette ombre, c'est celle de Sir Alfred Hitchcock lui-même, carrément. Une ombre revendiquée par William Fruet, qui ne s'en est jamais caché. Mais de quoi parle-t-on au juste ? En fait, Le Cri des Ténèbres reprend en grande partie tout ce qui faisait le sel et l'originalité d'un classique absolu d'Hitchcock, que je ne nommerai pas ici pour garder la surprise pour ceux qui n'auraient ni vu le film de Fruet, ni vu le film d'Hitchcock. Pour les autres, il est évident que le twist final de Funeral Home sera éventé dès le départ et que le pot-aux-roses sera identifiable en moins de cinq minutes. On peut également détecter une sorte de modernisation horrifique du conte Le Petit Chaperon Rouge, puisque l'histoire nous parle d'une jeune fille se rendant chez sa grand-mère et qu'un méchant loup semble rôder alentour. Des influences qui ne retirent pas au film le fait d'être soigné dans son approche, à défaut d'être original. Clairement, Le Cri des Ténèbres est avant tout un film d'atmosphère, d'ambiance, qui prend son temps pour créer un petit climat étrange et gentiment angoissant. Pas de rythme percutant, pas de scènes d'action, ni même de réelle violence, le bodycount est relativement peu élevé et les quelques morts sont très peu graphique en terme de sang versé à l'écran. Comme déjà dit ci-dessus, Fruet s'intéresse plus à composer un climat oppressant qu'à jouer avec la surenchère sanglante. Pour ce faire, il utilise à bon escient ce qu'il a sous la main, à savoir la maison, ses extérieurs et son casting. La demeure de madame Chalmers n'est pas spécialement angoissante ou morbide, malgré son passé de funérarium. La vieille dame a redécoré l'intérieur et le sous-sol, qui servait de salle d'embaumement et de travail à son mari, n'est pas ouvert au public. Maude Chalmers est interprétée avec conviction par Kay Hawtrey, un nom qui m'était inconnu bien qu'elle ait une longue carrière dans le milieu télévisuelle. Il semble que la relation entre cette dernière et le réalisateur ait été assez conflictuelle, l'actrice ne supportant pas William Fruet, ce qui assombrissait les conditions de tournage, selon les dires de Lesleh Donaldson, qui joue Heather et qu'on reverra par la suite dans Happy Birthday to Me en 1981, dans Les Rats attaquent en 1982 ou dans Curtains en 1983. Toujours est-il que Kay Hawtrey livre une prestation soignée et s'en sort vraiment bien. Il en va de même pour Lesleh Donaldson, qui voit petit à petit sa vie être chamboulée par les réactions de sa grand-mère, qui se veulent des plus étranges et inquiétantes, surtout quand elle se met à chuchoter à quelqu'un dans la cave. Y'a-t-il vraiment une personne enfermée dans cet endroit lugubre, où sont encore stockés les produits d'embaumement ? On se demande bien sûr si le supposé mari parti flirter avec une autre femme a vraiment disparu sans laisser de trace. Madame Chalmers le retiendrait-elle contre son gré dans la cave ? Ou le retient-elle enfermé car il a perdu la tête ? Car il semble bien que le mystérieux tueur qui va s'amuser à occire les malheureux visiteurs soit un homme qui n'a pas toute sa tête. Et les flashbacks concernant James Chalmers ne donnent pas un aperçu agréable de ce dernier, nous le montrant colérique, agressif, même envers des enfants un peu trop curieux. Le mystère demeure donc entier et le restera pour les néophytes, jusqu'au final survolté dans lequel la folie homicide trouvera une belle illustration visuelle. Du déjà-vu, certes, mais amené de manière efficace. Bien sûr, on se demande aussi si le tueur ne serait pas Rick, le charmant petit ami d'Heather, trop gentil pour être honnête, ou l'homme à tout faire de la maison, un brin benêt et simplet qui aime se cacher dans les fourrés pour espionner les locataires. Le tout sous le regard d'un petit chat noir, que filme le réalisateur sous toutes ses coutures et qui donne au film un petit côté Edgar Allan Poe bien sûr. Pas de sang, pas de nudité dans Le Cri des Ténèbres mais une histoire correctement ficelée, qui emprunte à des œuvres bien connues, trop devrais-je dire, ce qui lui retire quand même son potentiel de surprises. Reste une mise en scène correcte de William Fruet, une ambiance travaillée et un bon casting, pour un résultat qui devrait satisfaire les amateurs des téléfilms de Dan Curtis entre autres, auxquels Le Cri des Ténèbres m'a fait penser.

* Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS
Un carton avant le film nous avertit que malgré des efforts de restauration, des défauts persistent et peuvent perturber notre vision du film. Personnellement, hormis quelques légères changement de teintes lors d'une séquences, rien ne m'a choqué et cette édition est parfaite pour découvrir le film de William Fruet.
Livret de Marc Toullec en bonus et toujours un superbe digipack trois volet aux couleurs de la collection Angoisse.  


      

LA FORCE

 

LA FORCE
(The Power)

Réalisateur Stephen Carpenter, Jeffrey Obrow
Année : 1984
Scénariste Stephen Carpenter, Jeffrey Obrow
Pays : USA
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Suzy Stokey, Warren Lincoln, Lisa Erickson, Chad Cowgill, Ben Gilbert...


L'HISTOIRE : Le jeune Tommy se retrouve en possession d'une petite idole aztèque représentant la divinité Destacatyl,, qui possède le pouvoir de libérer le côté obscur des individus qui convoitent sa force. Après avoir été témoin d'une manifestation surnaturelle dans sa chambre, il se rend avec ses amis Julie et Matt auprès de Sandy, une journaliste, qui ne peut leur venir en aide. L'ex-petit ami de Sandy, Jerry, se passionne pour cette histoire et entre en possession de l'idole. Rapidement, son comportement commence à devenir de plus en plus agressif...

MON AVIS : La Force a été réalisé par un duo, à savoir Stephen Carpenter et Jeffrey Obrow. Les deux hommes ont coopérer à trois reprises dans les années 80. En 1982, on leur doit La Maison de sang, en 84 La Force et en 1987 The Kindred, qui est peut être leur fait de gloire le plus connu. Par la suite, leur chemin se sont séparés, Stephen Carpenter a réalisé Soul Survivors en 2001 quand Jeffrey Obrow a mis en scène 5 autres films dans les années 90 et 2000, dont Legend of the Mummy en 1998 entre autres. N'ayant jamais eu de gros budget, les deux hommes sont également scénaristes, producteurs, monteurs ou directeur photo. Avec La Force, ils nous livrent un film de possession et tentent de donner le meilleur d'eux-mêmes et ce, avec leur faible moyen financier. Un petit budget 80's donc, qui ne comporte aucun acteur ou actrice réellement connus au générique mais qui se dote toutefois d'un certain Christopher Young en tant que compositeur. Le futur créateur de la musique de La Revanche de Freddy, de Hellraiser 1 et 2, de La Mouche 2, de La Mutante, de Spiderman 3 ou de Sinister fait déjà preuve de talent ici et offre à La Force une partition de qualité qui le plonge dans une ambiance souvent angoissante. L'objet qui va posseder les personnages du film est donc une petite idole aztèque incarnant la divinité Destacatyl. Une idole qui va passer de main en main et qu'on découvre dans la scène introductive dans la malette d'un professeur d'université. Ce dernier l'utilise pour se venger d'un élève un peu trop perturbateur et le spectateur prend conscience que ce petit bout de bois n'est en rien anodin. Le professeur est abordé par un autre homme qui semble connaître le pouvoir de l'idole, s'ensuivra une première scène à effet spéciaux assez réussie, avec lévitation et empalement au programme. Une entrée en matière efficace, qui se poursuit agréablement avec ce second personnage qui se rend dans le désert, toujours à la quête de l'idole. Celle-ci est désormais aux mains d'un vieux prêtre qui nous explique son pouvoir, qui est de corrompre l'âme humaine et de faire surgir la noirceur de cette dernière chez ceux qui convoite sa puissance. Une puissance qui n'agit que sur les adultes, la jeunesse étant épargnée car ne cherchant pas la convoitise. On a donc à nouveau une petite démonstration de la force de la statuette corruptrice, et là, changement radical de décor, on se retrouve à l'université, dans une ambiance qui nous fait penser à celle d'un slasher 80's, même si La Force n'en est pas un, avec trois étudiants qui passent leur temps ensemble, dont Julie, qui est passionnée par le surnaturel. On découvre que Tommy, l'un de nos trois héros, est en possession de Destacatyl, cadeau offert par ses parents lors d'un voyage. On se doute que les ennuis vont commencer et ce sera le cas puisque la bande d'amis va se rendre dans un cimetière pour faire une partie de Ouija, ce qui entraînera la mort brutale du gardien des lieux, lors d'une séquence bien foutue où sa tête est écrasée par un bloc de béton. Tommy sera ensuite victime d'une manifestation de Destacatyl, voyant sa chambre être mise sans dessus dessous par la force, comme la chambre de Regan dans L'Exorciste, film auquel on ne peut s'empêcher de penser lors de cette séquence. A partir de là, La Force va perdre un peu de son début prometteur puisque le film va traîner un peu en longueur, avec l'apparition des personnages de Sandy et de Jerry. Sandy est journaliste, Jerry est son ex-petit ami qui aimerait bien relancer leur relation. Après avoir entendu les trois ados raconter l'histoire de la chambre de Tommy à Sandy, Jerry va s'intéresser de près à l'idode aztèque et va devenir le nouveau réceptacle de Destacatyl. Jerry c'est l'acteur Warren Lincoln et vous verrez, il a une sacrée coupe de cheveux. Petit à petit, il va subir la mauvaise influence de l'idole aztèque et devenir de plus en plus agressif et ténébreux. On comprend bien sûr qu'il est possédé par Destacatyl, qui l'oblige à agir de manière néfaste. Reste que cette partie n'est pas très nerveuse comme déjà dit et on s'y ennuie un peu. On a tout de même une scène dans laquelle, pour montrer sa puissance, la divinité aztèque l'oblige à s'entailler l'avant-bras devant Sandy. La possession ira jusqu'à la transformation physique de Jerry, et notamment de son visage, déformé avec des bladders façon Amityville 2 ou Les Entrailles de l'Enfer, le tout sous la direction de l'artiste Matthew Mungle. Un maquilleur qui a débuté sur des films à petit budget avant de décoller sur des titres prestigieux, récoltant même l'Oscar des meilleurs maquillages pour le Dracula de Coppola en 1992. Honnêtement, ses créations sur La Force sont de qualité et dynamisent les 20 dernières minutes du film, qui là, pour le coup, devient plus nerveux et intéressant, avec plus d'effets spéciaux, une bonne ambiance et des éclairages soignés qui rendent le spectacle agréable à défaut d'être renversant. 

* Disponible en BR chez L'ETAGE DU DESSOUS