LES YEUX DE FEU

 

 LES YEUX DE FEU
(Eyes of Fire)

Réalisateur Avery Crounse
Année : 1983
Scénariste Avery Crounse
Pays : USA
Genre : Fantastique, Folk Horror
Interdiction : -12 ans
Avec : Dennis Lipscomb, Guy Boyd, Rebecca Stanley, Karlene Crockett, Rob Paulsen...


L'HISTOIRE 1750. Chassé de son village pour adultère, le pasteur Will Smythe s’enfuit avec quelques fidèles dans une région inexplorée d’Amérique du Nord. Le petit groupe finit par trouver un endroit où s’installer, inconscient des dangers qui se cachent dans les bois environnants. Leah, une jeune fille du groupe, possède des dons qui vont réveiller les forces de la forêt...

MON AVIS : Quel film atypique ! Amateurs d'étrangeté filmique, ne manquez surtout pas de vous procurer cette belle édition du film d'Avery Crounse, Les Yeux de Feu, une œuvre de folk horror qui ne manquera pas d'intriguer le spectateur, qui se demandera s'il n'est pas dans un trip LSD devant le spectacle proposé. Pas forcément facile d'accès, Les Yeux de Feu est en fait un remontage raccourci initié par le réalisateur lui-même de son projet initial intitulé Crying Blue Sky (proposé en bonus dans l'édition de Rimini). Avery Crounse n'a que trois longs-métrages au sein de sa filmographie. C'est avant tout un photographe renommé qui a décidé de se lancer dans l'aventure cinématographique. En 1983, il réalise, scénarise, monte, dessine les affiches, se fait producteur et se déplace aux projections de son premier film Crying Blue Sky. Un titre trop énigmatique au final qui sera remplacé par Eyes of Fire. Les projections convainquent Crounse que son film est également trop long (109 minutes) et il décide de le remonter et d'opérer quelques changements pour atteindre une durée de 86 minutes. Ce qui n'empêche pas le nouveau produit final de conserver son mystère et de se montrer particulièrement déroutant. Sorcellerie, jeune fille possédant des pouvoirs magiques, arbre avec des visages au sein de son écorce, esprits de la forêt apparaissant et disparaissant comme par magie, mysticisme, sorcière effrayante et j'en passe, on baigne ici dans un univers onirique et fantasmatique qui envoûte tout autant qu'il déstabilise le public. Le film se veut un mélange historique et fantastique, avec ces colons emmenés par un pasteur adultère devant s'installer dans une région encore vierge de la présence humaine. Le folk horror met constamment en rapport / affrontement la civilisation et la nature, la rationalité et les croyances païennes et Les Yeux de Feu en est un superbe exemple. Le soin apporté aux images (le métier de photographe d'Avery Crounse y est pour beaucoup), la méticulosité affichée par l'atmosphère déployée et les effets spéciaux (souvent rudimentaires mais qui apportent une touche féérique ou angoissante à l'ensemble) font de ce film une œuvre picturale de grande qualité. L'histoire bascule constamment dans une sorte de rêve ou de cauchemar éveillé et même si on a parfois l'impression d'être un peu perdu et de ne pas tout comprendre au récit de Crounse, on reste happé par les visions farfelues et assez uniques que le réalisateur nous propose tout au long de son film. On est quasiment dans un délire chamanique ici et peu d'œuvres peuvent se targuer d'être aussi originale dans ce qu'elle propose. Je peux comprendre que Les Yeux de Feu divise le public tant il est hors norme. C'est réellement une expérience à part, loin des standards et des balises communes qu'on peut trouver dans la plupart des films, de l'époque ou même d'aujourd'hui. Un film a (re)découvrir donc, si vous voulez voir autre chose que des œuvres préformatées. Il ne reste plus qu'à visionner Crying Blue Sky pour comparer les deux montages. 

* Disponible en combo DVD + BR + Livret chez RIMINI EDITIONS      
Bonus :
- Le secret repose dans les arbres : interview du réalisateur
- Crying Blue Sky (109 min)
- Livret 24 pages de Marc Toullec




NOIRES SONT LES GALAXIES

 

 NOIRES SONT LES GALAXIES
(Noires sont les Galaxies)

Réalisateur Daniel Moosmann
Année : 1981
Scénariste Jacques Armand
Pays : France
Genre : Science-fiction, série-télé
Interdiction : /
Avec : Richard Fontana, Catherine Leprince, Catriona MacColl, François Perrot ...


L'HISTOIRE : Le docteur Patrick Piot sauve d'une agression la jeune Coretta. L'agresseur, patron de la jeune femme, meurt dans la lutte. Un inconnu récupère le corps et semble mêler au trafic de cadavres qui a lieu dans la région. Ce dernier retrouve Coretta et lui demande de lui procurer le corps d'une jeune femme de 25 ans en échange d'une grosse somme d'argent. Coretta en parle à Patrick qui refuse. L'inconnu la menace et Coretta parvient à convaincre Patrick, qui, une fois l'affaire terminée, ne veut plus la voir. Un peu plus tard, Coretta tombe sur un homme qui n'est autre que son patron décédé mais ce dernier ne semble pas la reconnaître et se fait appeler Maubourdin ! Paniquée, elle en parle à Patrick et tous deux se rendent à la boutique de bijoux tenue par Maubourdin. Patrick ne peut que constater ce qui semble invraisemblable. Ils se font inviter chez Maubourdin et découvre que sa femme n'est autre que le cadavre de la jeune fille, elle aussi bien vivante ! Un peu plus tard, madame Maubourdin demande à Patrick de venir chez elle et lui dévoile la vérité : elle et son mari sont issus d'une race extra-terrestre déportée sur Terre qui utilise les enveloppes corporelles terriennes pour se fondre dans le décor, leur planète étant ravagée par la pollution...

MON AVIS : De cette mini-série, je n'avais qu'un très vague souvenir à propos de plantes sortant d'un corps et pour cause, j'avais juste sept ans en 1981, date de diffusion sur Antenne 2 des quatre épisodes. Je viens enfin de la revoir en 2025 puisque le Père-Noël m'a apporté le coffret DVD édité par Elephant Films. Il ne devait pas y avoir beaucoup de série française de science-fiction à cette époque, même si, grâce à l'INA, on a pu découvrir pas mal de productions de genre fantastiques made in France tournées pour la télévision. Noires sont les Galaxies en est l'une des plus intrigantes, assurément. Son récit nous rappelle L'invasion des Profanateurs de Sépultures, classique de la S-F 50's. Le premier épisode prend tout son temps et ne nous offre quasiment aucune scène de science-fiction, hormis les yeux d'un personnage qui deviennent blanc lumineux. On y découvre les principaux protagonistes, à savoir Patrick (Richard Fontana) et Coretta (Catherine Leprince), ainsi qu'un mystérieux inconnu à moustache (Stéphane Bouy) qui s'amuse à récupérer des cadavres. Est-ce pour se livrer à un trafic rémunérateur ? On n'en saura pas plus pour le moment. Le second épisode gagne en intérêt puisque deux cadavres semblent être revenus à la vie ! L'un est l'ex-patron de Coretta (François Perrot) et l'autre une jeune femme qui était pourtant raide morte à la morgue (Catriona MacColl, oui, oui, l'actrice des meilleurs films de Lucio Fulci !) Ces deux-là ne semblent avoir aucun souvenir de leur ancienne vie et on se demande, comme les deux héros de l'aventure, qu'est-ce que c'est que ce bazar ! On aura un début d'explication qui fait réellement bifurquer l'épisode dans la pure science-fiction, notamment lors de la dernière image qui nous montre une sorte de base extra-terrestre cachée dans une usine désaffectée. Le troisième épisode enfonce le clou avec plus de détails sur les Exis, des extra-terrestres qui sont venus sur Terre suite à une guerre sur leur planète, poussée à l'exile par une race dominante t qui se servent de l'enveloppe corporelle des défunts pour exister sur notre planète. On plonge même dans l'épouvante quand on découvre un de ces extra-terrestres le corps éventré par... une plante ! Il semblerait que la faction dominante soit aussi sur Terre, bien déterminée à éradiquer les Exis. Une guerre raciale donc, où les plus forts veulent exterminer les plus faibles, et utilisent pour se faire une graine de plante qui se met à pousser à l'intérieur de l'hôte jusqu'à atteindre sa maturité puis sort de manière plutôt brutale de ce dernier. On imagine la tête des téléspectateurs de l'époque ! Le dernier épisode verra Patrick tenter de trouver une solution à cette invasion extra-terrestre. Si le scénario de Noires sont les Galaxies est franchement intéressant, si certaines images restent en mémoire, en particulier suite à l'éclosion des plantes à l'intérieur des corps humains, la série en elle-même porte le poids des années et il faut se remettre dans le contexte de l'époque pour l'apprécier. Ceux qui trouvent que Derrick manque de rythme ne tenteront même pas le premier épisode car la mini-série dans son entièreté est d'une lenteur totale et rien ne viendra augmenter ou dynamiser sa mise en scène mollassonne. Les acteurs ne sont pas mauvais, sans être exceptionnels non plus. La musique, très jazzy, ne m'a pas emballée plus que ça. Lancinante, contemplative à l'extrême, Noires sont les Galaxies ne correspond évidemment plus au canon des films ou séries actuels et il fera faire preuve de persévérance et de tolérance pour enchaîner les quatre épisodes. Ceux qui le feront en sortiront séduits s'il adhère à la science-fiction, de qualité ici et qui se paraît déjà d'un postulat écologique.



LE PIEGE DU DIABLE

 

LE PIEGE DU DIABLE
(Dáblova past)

Réalisateur Frantisek Vlácil
Année : 1962
Scénariste Frantisek A. Dvorák, Milos Václav Kratochvíl
Pays : Tchécoslovaquie
Genre : Drame, folk horror
Interdiction : /
Avec : Vítezslav Vejrazka, Miroslav Machácek, Jaroslav Moucka, Karla Chadimová ...


L'HISTOIRE Moravie, fin du XVIe siècle. Entre deux ravages des troupes suédoises et des périodes de sécheresse, le meunier Mlynár jouit d’une certaine popularité auprès des habitants de son pays. Il est serviable, et a, en outre, le don de trouver les sources. Le régent Valce, jaloux de la position du meunier, va faire courir des rumeurs sur ce dernier : il ne peut qu’être épaulé par le Diable. De plus, il va mandater un prêtre au service de la Sainte Inquisition, Kaplan Probus, afin de mener une enquête sur le meunier et sa famille...

MON AVIS : Réalisateur relativement méconnu dans notre pays, Frantisek Vlácil se voit être mis en avant par l'éditeur Artus Films, qui nous permet de découvrir l'œuvre de ce cinéaste Tchèque, avec notamment la sortie en DVD et BR de La Colombe Blanche (1960), La Vallée des Abeilles (1967), Marketa Lazarova (1967) et Le Piège du Diable qui date de 1962. C'est de ce dernier dont il va être question ici aujourd'hui. Bien que ne possédant pas réellement d'éléments de nature fantastique, et encore moins d'éléments horrifiques, j'ai intégré ce film dans la catégorie Folk Horror, même si ce sous-genre ne verra sa notoriété ne débuter qu'en 1968 avec Le Grand Inquisiteur. Toutefois, on peut relier Le Piège du Diable à ce courant puisque le film de Frantisek Vlácil met en avant les codes de cette catégorie, à savoir l'opposition entre paganisme et science et entre paganisme et religion chrétienne, puissance de la nature, incompréhension des personnes rationnelles sur certains événements qui les poussent à croire en l'intervention du Diable, accusation d'innocents qu'on pointent du doigt et qu'on dénoncent aux autorités religieuses sous couvert de sorcellerie et j'en passe. Ici, c'est un simple meunier qui se voit malmener par le régent de la région et par l'autorité religieuse, représentée par le prêtre Kaplan Probus. Sa seule faute est d'avoir un ancêtre qui a miraculeusement survécu avec sa famille à l'incendie de son moulin provoqué par des soldats suédois durant la guerre, un drame qui n'aurait du laisser que des cadavres calcinés. Il n'en fallait pas plus à cette époque pour que l'obscurantisme religieux et les croyances des villageois ne soient mis en exergue et que toute la descendance familiale ne soit accuser d'être maudite. Qui plus est, notre meunier actuel, passionné par les mystères de la nature, a acquis un savoir suite à ses observations, qui lui permet de dénicher des sources souterraines. Une aubaine en ce temps de sécheresse, l'eau devenant on ne peut plus rare. Ce don, appelons-le comme ça, lui vaut la sympathie de la population mais la jalousie du régent de la région, qui ne supporte pas de ne pas être le centre d'intérêt. Pour ce dernier, tout est limpide comme de l'eau claire : le meunier est aidé par le Diable lui-même ! Un prêtre au service de l'Inquisition sera dépêché sur place pour faire la lumière sur cette affaire. Si celui-ci semble être doté de raison et de connaissances, il ne mettra pas longtemps pour sombrer lui aussi dans le fanatisme religieux et à voir le Mal là où il n'est pas. Le Piège du Diable, film contemplatif on s'en doute, met donc en avant un trio de protagonistes qui vont s'affronter à coups de dogme antagoniste. Les accusations de sorcellerie auront des répercussions sur des personnages secondaires, comme le fils du meunier, dont la fiancée se met elle aussi à avoir quelques doutes sur son futur beau-père. Le spectateur a une longueur d'avance sur les personnages puisqu'on sait qu'il existe sous le moulin un réseau souterrain, des grottes alimentées en eau. Mais la bêtise humaine prendra la dessus sur la rationalité des faits. A grand coup de dialogues finement écrits, on assiste à des joutes verbales qui ciblent la dangerosité de la religion quand elle est pratiquée de manière fanatique. A ce titre, le dialogue dans lequel le fermier explique que l'eau sous ses terres ne gèlent jamais (le principe du hors-gel, tout simplement) est édifiant, puisque le régent et le prêtre en arrivent à la conclusion que l'Enfer est peut-être situé sous le moulin, ce qui expliquerai la chaleur de l'eau et le fait qu'elle ne gèle pas ! La connaissance du meunier sur l'ameublement de la terre dans la région ou la présence de cavité lui permet également d'avertir la population que la nouvelle grange n'a pas été construite là où il fallait et quand un drame arrive lors d'une fête donnée par le régent, c'est encore la connivence du meunier avec le Diable qu'on avance ! Bref, Le Piège du Diable possède donc bien la quasi majorité des éléments du Folk Horror. Qui plus est, on retiendra de ce film la beauté picturale de ses images, un réelle travail esthétique étant accompli par le réalisateur et son directeur-photo. Le noir et blanc est magnifique et sublime les plans et les cadres, réhaussés eux aussi par un jeu de contraste et de lumière. On note également un superbe travelling avant de la caméra vers le moulin qui n'a rien à envier au déplacement de la puissance démoniaque dans le futur Evil Dead de Sam Raimi en 1981 ! Poétique, esthétique, intéressant, Le Piège du Diable renvoie bien sûr à des cinéastes tels Ingmar Bergman entra autres, et à son célèbre Le Septième Sceau (1957). L'univers visuel de Frantisek Vlácil est donc à découvrir séance tenante pour qui aime le cinéma et les beaux films.

* Disponible en combo DVD + BR chez ARTUS FILMS
- Bonus : Présentation du film par Christian Lucas
Diaporama d’affiches et de photos





ANATOMIE D'UNE CHUTE

 

ANATOMIE D'UNE CHUTE
(Anatomie d'une chute)

Réalisateur Justine Triet
Année : 2023
Scénariste Justine Triet, Arthur Harari
Pays : France
Genre : Drame, film de procès
Interdiction : /
Avec : Sandra Hüller, Milo Machado-Graner, Swann Arlaud, Antoine Reinartz...


L'HISTOIRE Sandra, Samuel et leur fils malvoyant de 11 ans, Daniel, vivent depuis un an loin de tout, à la montagne. Un jour, Samuel est retrouvé mort au pied de leur maison. Une enquête pour mort suspecte est ouverte. Sandra est bientôt inculpée malgré le doute : suicide ou homicide ? Un an plus tard, Daniel assiste au procès de sa mère, véritable dissection du couple...

MON AVIS : La première affiche cinéma de ce film, celle sur laquelle on voit juste le couple formé par Sandra et Samuel rire aux éclats, m'a de suite provoqué une réaction allergique du style "oh purée, encore un film français à la con sur des problèmes de couple, le truc qui vend du rêve, quand est-ce que les Français vont faire autre chose que du drame pseudo-intello sérieux ! " vous voyez le genre. Les différents prix que le film a reçu ensuite, que ce soit à Cannes (Palme d'Or), aux Oscars (Meilleur scénario), aux Césars (Meilleur film, meilleure réalisatrice entre autres) et j'en passe ne m'ont pas plus donné envie et j'ai donc conservé ma première réaction en tête, sans même avoir lu le résumé de l'histoire. De passage à la Fnac, je choppe une promo 5 DVD pour 30 euros et je laisse à ma femme le choix d'en choisir un sur les quatre. Et elle prend, je vous le donne en mille, Anatomie d'une Chute. Merde. Pas le choix que de le visionner donc. Durée : 151 minutes ! Mon dieu ! Que ça va être looonnnggggg !!! Je me prépare psychologiquement et c'est parti pour la séance calvaire. Sauf que j'ai tout faux. Pour moi, le titre évoquait la crise que va subir le couple, qui va s'enfonçer dans les disputes et patati, patata. Je n'avais pas tout à fait tort sur ce point mais j'étais loin de me douter qu'il évoque aussi une chute bien réelle, celle de Samuel, le mari. Une chute du balcon du dernier étage de son chalet perdu au milieu de nulle part et qui le laisse raide mort au sol, le sang venant colorer la neige immaculée qui recouvre tout le paysage. Une chute précédée par un interview entre Sandra, sa femme, et une journaliste venant interroger cette dernière sur le dernier livre qu'elle a écrit. Un interview écourté par la musique assourdissante déclenchée par Samuel deux étages plus haut et qui semble irriter Sandra. Une fois la journaliste éclipsée, on voit juste Sandra monter l'escalier de manière déterminée. Une seule question se pose alors : est-ce Sandra, qui, par colère, a frappé et fait tomber son mari ? Cette question, Justine Triet en a fait l'élément principal de son film, qui va étoffer son statut de film dramatique avec celui de film de procès. Et moi, les films de procès, j'adore ça. Reconstitution des événements par la police, plaidoirie de l'avocat général, contre attaque de l'avocat de la défense, interrogatoire de la mise en accusation et d'éventuels témoins, dont le jeune Daniel, leur fils de 11 ans, mal-voyant et qui semble avoir un cruel dilemme en lui. On sent qu'il sait des choses qu'il ne veut pas raconter. Malgré son jeune âge, Daniel est assez mâture et il a compris dans quelle situation se trouve sa mère. Tout au long du film, on se questionne sur lui : ment-il exprès pour ne pas alourdir les charges retenues contre sa génitrice ou fait-il preuve de bonne foi ? La chute de Samuel est-elle accidentelle, suicidaire ou meurtrière ? Toute l'ambiguïté de cette chute permet aux divers acteurs de livrer un très bon rôle de composition, qui s'étend même jusqu'au chien du film, totalement incroyable quand il doit simuler un évanouissement dû à une prise de médicaments ! Durant le procès, on guette chaque regard, chaque expression de l'actrice Sandra Hüller, afin de déterminer si elle est coupable ou non. Un procès qui décortique les dysfonctionnements au sein du couple Sandra / Samuel et qui marque l'esprit de Daniel, présent durant toutes les phases dudit procès. On a donc un véritable jeu de faux-semblant, dans lequel vérité et mensonge se percute, s'imbrique, ce qui fait naître une réelle tension et un suspense hitchockien au rythme soutenu. L'intimité d'un couple disséquée au fil du rasoir du thriller, voilà ce que nous propose Anatomie d'une Chute, dont le final nous mettra face à notre propre questionnement : elle l'a fait ou pas ? Merci chérie d'avoir sélectionné ce film ! Un excellent choix ! Comme quoi...

  

TICKS

 

TICKS
(Ticks)

Réalisateur Tony Randel
Année : 1993
Scénariste Brent Friedman
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Seth Green, Rosalind Allen, Ami Dolenz, Alfonso Ribeiro...


L'HISTOIRE Des adolescents à problèmes de Los Angeles se joignent à un projet de réadaptation en milieu naturel et tentent de renouer avec les priorités de la vie, sous la direction d'Holly et de Charles, leurs moniteurs. Lorsqu'ils arrivent au camping, ils ont du mal à s'adapter à la vie sauvage et quelques tensions naissent entre eux. Ils ignorent que la région sert de base à des cultivateurs de marijuana qui utilisent des stéroïdes pour accélérer la croissance des plantes. Une fuite de liquide stéroïdien contamine des tiques qui se mettent à muter et à devenir particulièrement agressives. Elles vont attaquer le petit groupe...

MON AVIS : Le réalisateur Tony Randel est principalement connu pour avoir mis en scène Hellraiser 2 - les écorchés en 1988, la suite du film culte de Clive Barker. Il réalise ensuite Les Enfants des Ténèbres en 1991 puis Amityville 1993  - Votre heure a sonné en 1992 et North Star - la légende de Ken le survivant en 1995. C'est en 1993 qu'on le trouve derrière la caméra de Ticks, qui recueille un joli succès lors de son exploitation en vidéo. Avec ce film - et comme son titre l'indique - il choisit de mettre en vedette ces saletés de bestioles avides de sang qu'on retrouve sur nos amis canins et qui peuvent également provoquer la maladie de Lyme chez les humains. Bien sûr, vu la taille extrêmement réduite d'une tique, il fallait trouver une astuce pur les rendre intéressante à l'écran. Rien de plus simple que de les faire muter via une substance chimique et c'est la solution qui est retenue ici, via un liquide contenant des stéroïdes. Nos minuscules bébêtes vont donc voir leur taille augmenter de manière exponentielle, ce qui sera bien plus amusant pour le public et permettra aux équipes d'effets-spéciaux de s'amuser tout autant à manipuler leurs bestioles et à les faire attaquer l'ensemble du casting ! Parmi celui-ci, on reconnaîtra aisément Seth Green, qui deviendra célèbre quelques années plus tard en devenant acteur récurrent dans Buffy contre les Vampires ou Alfonso Ribeiro qui jouait dans Le Prince de Bel-Air. Film d'attaque animale typique, Ticks est un pur produit 90's dont le seul but est de divertir et de mettre en avant ses effets-spéciaux tout en gratifiant le spectateur de quelques scènes gore amusantes. Tiques se déplaçant sous la peau, victimes au visage déformé et ensanglanté, piqûre sanguinolente et, cerise sur le gâteau, une monstrueuse tique géante s'extirpant d'un corps humain lors d'un final qui en donne pour son argent au public ! Dommage d'ailleurs que le film ne décolle vraiment que vers la fin et que toute la première heure recycle tous les clichés possibles et inimaginables. On a la bande d'ados à problème, avec le garçon timide qui deviendra le héros, le noir qui se la joue racaille, la bimbo fainéante, le portoricain macho, l'asiatique muette et j'en passe. On a aussi les rednecks qui reluquent les adolescentes. On sait d'office quel personnage va y passer et quel autre va faire partir des survivants. On a la séquence classique de l'invasion de tiques dans une cabane. Bref, pas grand chose de neuf à se mettre sous la dent et niveau originalité, on repassera. Reste donc l'animation à l'ancienne des tiques, qui sont franchement bien faites et qui courent et grimpent partout à une vitesse soutenue, des effets gore bien fun et donc un dernier quart d'heure qui fait dans la débauche d'effets-spéciaux et qui s'avère assez jubilatoire. Ticks, une petite série B sympa, pas forcément inoubliable de par ses défauts, mais qui a quelques arguments à faire valoir !

  

TAMMY AND THE T-REX

 

TAMMY AND THE T-REX
(Tammy and the T-Rex)

Réalisateur Stewart Raffill
Année : 1994
Scénariste Stewart Raffill, Gary Brockette
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Science-fiction, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Denise Richards, Paul Walker, Ellen Dubin, Terry Kiser...


L'HISTOIRE : Tammy est amoureuse de Michael mais leur relation est compliquée à cause de Billy, l'ex de Tammy qui refuse de la voir dans les bras d'un autre. Pour se venger d'une altercation, Billy kidnappe Michael et le laisse seul au milieu d'un parc dans lequel les animaux sauvages sont en liberté. L'adolescent est attaqué par un lion et emmené à l'hôpital. Dans le coma, l'établissement fait appel au docteur Wachenstein, qui s'empare du corps de Michael dans un tout autre but que de le sauver. Il va en effet transplanter le cerveau du garçon dans le crâne de son dinosaure en animatronique ! L'opération réussie et le Tyrannosaure se voit doté de la conscience de Michael. Parvenant à s'échapper du laboratoire, le dinosaure va tenter de retrouver Tammy...

MON AVIS : Vous avez bien lu, vous ne rêvez pas, vous n'êtes pas dans la quatrième dimension. Ce film au scénario totalement what the fuck ?! provient d'une opportunité donnée au réalisateur, à savoir pouvoir se servir durant deux semaines d'un dinosaure en animatronique avant que ce dernier ne soit envoyé dans un parc d'attraction. Un défi qui ne fait pas peur à Stewart Raffill, metteur en scène de Philadelphia Experiment, Les Guerriers des étoiles ou Mac et Moi, qui va donc saisir cette occasion et réaliser un véritable ovni cinématographique, écrivant le scénario au fur et à mesure des jours de tournage avec son scénariste Gary Brockette, pour un résultat assez surprenant et plutôt réussi au final ! Forcément, avec un tel sujet et pas beaucoup de budget, il ne faut pas s'attendre à un remake de Jurassic Park, sorti l'année précédente. L'option comédie délirante et farfelue est donc retenue, ce qui s'avère en effet être la meilleure option car le dinosaure en animatronique est assez rigide en plus de ça. Pour interpréter Michael, qui verra donc son cerveau atterrir dans le crâne métallique du T-Rex, c'est le tout jeune Paul Walker qui est sélectionné, oui, oui, la star de Fast and Furious. Il a bien de la chance puisque sa fiancée folle amoureuse dans le film ne sera autre que la sublime Denise Richards, qui trouve ici son premier rôle principal pour ce qui est sa seconde apparition dans un film. Un duo vraiment charmant et qui fonctionne du tonnerre, bien mieux que le dinosaure en tout cas. Une fois que le monstre préhistorique se voit doté du cerveau de Michael, lors d'une séquence bien gore car oui, Tammy and the T-Rex se montre aussi généreux dans ce domaine, c'est parti pour le grand n'importe quoi jubilatoire, qui voit donc Denise Richards faire les yeux doux à un monstre de plus de 3m de haut et pas franchement très sexy ! Oui mais elle est toujours amoureuse de Michael, et ce, quelque soit son apparence ! C'est beau l'amour ! Le film aligne les séquences hallucinantes de surréalisme mais l'ambiance est tellement fun qu'en fait, ça passe tout seul si on accepte le délire proposé. Le reste du casting est tout aussi sympa, que ce soit Terry Kiser qui joue le savant fou, Ellen Dubin dans le rôle de son assistante au décolleté plongeant ou  bien encore l'équipe de policiers pieds-nickels entre autres. Voir Denise Richards dans une superbe rouge rouge chevaucher le T-Rex est un grand moment, les morts violentes provoquées par la bestiole jouent avec le gore bon enfant, l'amputation du cerveau de Paul Walker est jubilatoire, bref, Tammy and the T-Rex avait tout du navet en puissance et se transforme en nanar hautement sympathique au final, qui à en plus la bonne idée de se terminer par un strip-tease sexy de mademoiselle Richards ! Vous voulez vous marrer, ce film est fait pour ça ! A noter qu'au départ du projet, et même dans le générique de fin, le personnage de Denise Richards est nommé Tanny avec 2N et on ne sait pourquoi c'est devenu Tammy, avec 2M... 

 

LA CHUTE DE LONDRES

 

LA CHUTE DE LONDRES
(London has Fallen)

Réalisateur Babak Najafi
Année : 2016
Scénariste Katrin Benedikt, Christian Gudegast, Chad St. John
Pays : Etats-Unis, Angleterre, Bulgarie
Genre : Thriller, Action
Interdiction : -12 ans
Avec : Gerard Butler, Aaron Eckhart, Morgan Freeman, Angela Bassett...


L'HISTOIRE Les plus grands leaders du monde occidental sont attendus à Londres aux funérailles du Premier ministre britannique, mort dans des circonstances plus que douteuses. Mais ce qui avait commencé comme l’évènement le plus sécurisé de la planète tourne rapidement au désastre. Cible d’un complot terroriste, la capitale anglaise est mise à feu et à sang et la plupart des chefs d’état faits prisonniers. Seuls ont pu s’échapper le président américain et l’agent secret Mike Banning, qui vont devoir à la fois combattre pour survivre et mettre fin aux agissements des terroristes...

MON AVIS : Avec La Chute de Londres, le réalisateur iranien Babak Najafi livre en 2016 un blockbuster explosif, pseudo-suite de La Chute de la Maison Blanche d'Antoine Fuqua (2013) qui nous permet de retrouver Gerard Butler dans le rôle de l'agent Mike Banning. Un agent secret qu'on reverra encore en 2019 dans La Chute du Président. Dans le film qui nous intéresse ici, Mike Banning va devoir sauver la vie du Président des Etats-Unis, à nouveau joué par Aaron Eckhart, en déplacement à Londres avec d'autres chefs d'état pour assister à l'enterrement du Premier ministre britannique. La scène d'introduction nous ayant montré une attaque dévastatrice envers Aamir Barkawi, terroriste N°6 sur la liste des cibles prioritaires, lors du mariage de sa fille, on se doute que ce dernier va vouloir se venger. Ce sera bel et bien le cas et on peut dire que les représailles sont d'une ampleur jamais vue, avec des explosions en veux tu en voilà qui, en plus de détruire quelques célèbres monuments londoniens dans des scènes assez bluffantes, vont provoquer la mort de plusieurs chefs d'état. On imagine la panique des service secrets et renseignements généraux qui n'ont rien vu venir. Une situation on ne peut plus tendue, qui met le vice-Président joué par Morgan Freeman dans la panade. Mais heureusement pour lui, et pour le Président américain, Mike Banning est là. Et ça, ça change tout. Tel un John Wick, Gerard Butler va dézinguer du terroriste à tout va, esquivant toutes les balles, se sortant des situations les plus extrêmes avec un flegme et une efficacité hallucinante. On se croirait à la grande époque de Commando avec Arnold Schwarzenegger : rien ne peut l'atteindre et même s'il prend parfois quelques coups, il les rend au centuple, se montrant sans pitié pour ses ennemis. Franchement, on ne s'ennuie pas une seconde, tout est rondement mené, ca défouraille sec, et si niveau crédibilité on repassera, le spectacle est des plus plaisants. On n'échappe évidemment pas aux clichés de la toute puissance des USA, sauveur du monde face aux méchants terroristes qui n'ont qu'à bien se tenir. Un thriller d'action qui fait le job.

   

A LA LIMITE DU CAUCHEMAR

 

A LA LIMITE DU CAUCHEMAR
(Butcher, Baker, Nightmare Maker / Night Warning)


Réalisateur : William Asher
Année : 1981
Scénariste Steve Breimer, Alan Jay Glueckman, Boon Collins
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Drame, Tueurs fous
Interdiction : -12 ans
Avec : Jimmy McNichol, Susan Tyrrell, Bo Svenson, Julia Duffy...

L'HISTOIRE : Après la mort tragique de ses parents dans un accident de voiture, le petit Billy, 3 ans, est placé sous la garde de sa tante Cheryl, qui développe un amour maternel pour l'enfant. Désormais âgé de 17 ans, Billy se passionne pour le basket et flirte avec la jolie Julie, envisageant de suivre cette dernière à l'université s'il obtient une bourse grâce au basket. Un départ que ne voit pas d'un bon œil Cheryl, qui refuse de voir partir Billy. Psychologiquement instable, Cheryl assassine un réparateur TV sous les yeux de Billy. Face au détective Joe Carlson, ils tentent de faire passer le meurtre pour de la légitime défense, Cheryl prétextant une tentative de viol, ce qui ne convainc pas Carlson car c'est Billy qui a été retrouvé avec le couteau à la main. Pour Billy, c'est le début du cauchemar...

MON AVIS : Le réalisateur William Asher a une carrière assez conséquente derrière lui puisqu'on lui doit les plus célèbres Beach Movies des années 60, notamment ceux avec Frankie Avalon et Annette Funicello. Néanmoins, on le retrouve principalement actif dans le domaine de la télévision et on lui doit la série télévisée Ma Sorcière bien aimée, qu'il produit et dont il réalise 131 épisodes sur les 254 ! Il a d'ailleurs été marié avec Elizabeth Montgomery. C'est âgé de 60 ans qu'il se tourne vers l'horreur pour le cinéma, pour ce qui sera d'ailleurs sa seule incursion dans le domaine. Et on peut dire qu'il a réussi son coup le père Asher même si, malheureusement, son film reste assez méconnu et peu cité dans les discussions. D'abord intitulé Butcher, Baker, Nightmare Maker, puis Night Warning, le film de William Asher sort en France sous le titre de A la Limite du Cauchemar, directement en VHS, avec une jaquette vidéo qui fait un peu penser qu'il joue dans le registre du film de maison hantée, ce qui n'est absolument pas le cas. Il n'y a aucune touche de fantastique ici d'ailleurs. On est nettement plus dans le film de tueurs fous mais sans que ce soit un slasher. A la Limite du Cauchemar nous présente en réalité un cas pathologique, un cas de folie humaine en la personne de Cheryl, superbement interprétée par Susan Tyrell, la mère de Johnny Depp dans Cry-Baby ! L'actrice porte le film sur ses épaules et livre une prestation assez incroyable, et on ne peut plus habitée ! La scène introductive, présentant l'accident de voiture ayant entraîné la mort des parents du petit Billy vous rappellera certainement la séquence culte de Destination Finale 2, qui n'a donc rien inventé puisque William Asher l'a fait 22 ans avant ! Le film fait ensuite un gros bond en avant et on retrouve Billy âgé de 17 ans, toujours dans les jupons de sa tante, dont on ne met pas longtemps à comprendre qu'elle a développé un amour exclusif et un peu trop envahissant envers son petit fils. Le début du cauchemar commence lorsque Billy apprend que son talent au basket peut lui faire obtenir une bourse pour qu'il rejoigne une université. Une future séparation que ne supporte évidemment pas Cheryl, qui pète un câble et accable son petit fils de ne pas être reconnaissant envers tous les sacrifices qu'elle a fait depuis l'accident pour lui. La faille au sein de l'esprit de Cheryl ne se refermera pas et ne cessera de s’agrandir, pour l'emmener aux confins de la folie psychotique. Le réalisateur parsème le film de petits détails nous faisant comprendre que cette folie n'est en réalité pas vraiment naissante et qu'elle s'est développée depuis bien plus longtemps que ça. Susan Tyrell évolue entre fragilité et crise de démence avec une facilité déconcertante et donne une belle épaisseur à son personnage, qui en devient effrayant au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire. On est souvent mal à l'aise lorsque la tante s'occupe de son petit-fils d'adolescent, ses gestes évoquant une sorte de relation incestueuse pas clairement installée mais sous-jacente. La présence de la petite amie de Billy ne fera que renforcer la folie maladive de Cheryl, qui mettra tout en oeuvre pour garder son petit-fils auprès d'elle, quitte à le droguer pour qu'il échoue à se faire recruter et à obtenir sa bourse. Un cas maladif donc, qui mise plus sur l'aspect psychologique que sur des scènes horrifiques, même s'il y en a quelques-unes à se mettre sous la dent et notamment vers la fin qui vire dans la folie homicide. Le film dénonce également l'homophobie qui régnait dans la police à cette époque, et ce, à travers le personnage du détective Carlson, joué par Bo Svenson. Ce dernier veut que le meurtre commis par Cheryl sur le réparateur TV soit de nature homosexuelle et son dégoût de cette communauté lui fermera les yeux sur des indices qui l'aurait vraiment mis sur la bonne piste. Même les découvertes faites par son adjoint au sujet du passé de Cheryl ne pourront le faire bifurquer de la (mauvaise) ligne directrice qu'il s'est fixé. Bref, finissons cette chronique en disant qu'il faut à tout prix redécouvrir A la Limite du Cauchemar, qui, en 1982, a reçu le Saturn Award du meilleur film à petit budget. Un film a réhabiliter séance tenante. 


L'ENFER DES ARMES

 

L'ENFER DES ARMES
(Di yi lei xing wei xian)

- Visionné dans son montage international -


Réalisateur : Tsui Hark
Année : 1980
Scénariste Tsui Hark, Cheuk-Hon Szeto
Pays Hong Kong
Genre : Policier, Drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Lo Lieh, Chen-Chi Lin, Albert Au, Tin Sang Lung, Paul Che...

L'HISTOIRE : Paul, Lung et Ko sont trois amis désœuvrés qui passent leur temps comme ils le peuvent. Sans permis, ils empruntent la voiture d'un de leurs parents et écrasent malencontreusement un sans-abri. Un accident dont a été témoin Pearl, une jeune fille désabusée, sadique et anarchiste, dont le frère est inspecteur de police. Pearl fait du chantage aux trois garçons et les pousse dans une dérive terroriste. Lors d'une altercation, Pearl vole un colis appartenant à un puissant réseau de trafic d'armes et de contrebande...

MON AVIS : Après Butterfly Murders et Histoires de Cannibales, qui n'ont pas rencontré un grand succès critique et commercial, Tsui Hark enchaîne un troisième film qui ne sera pas mieux accueilli, subissant les foudres de la censure qui l'oblige à proposer un nouveau montage dans lequel les trois anti-héros masculins, qui, dans le montage initial et pour surfer sur un fait divers devaient s'amuser à poser des bombes dans des cinémas, provoquent dorénavant un accident de voiture mortel avant de subir le chantage d'une jeune activiste en guerre contre la société. Un nouveau montage qui deviendra la version proposée de par le monde. Jusqu'à ce que l'éditeur HK Vidéo réussisse l'exploit de trouver une ultime copie du montage initial, que même Tsui Hark croyait définitivement perdu. Pour la sortie en VHS du film, HK Vidéo a proposé les séquences inédites en bonus puis, pour la sortie DVD en 2004, l'éditeur a intégré ces scènes inédites au film, proposant ainsi une version Director's Cut. Pour ma part, cette chronique est basée sur le montage international. Un montage qui n'alterne en rien l'aspect profondément déprimant de L'Enfer des Armes, œuvre sulfureuse qui ne respire jamais la joie de vivre. C'est bien simple, tout va mal dans ce film, il n'y a pas une once d'espoir et chaque acte des personnages principaux se transforment en épreuve, en échec. Les quatre compères trouvent des bons bancaires japonais qui pourraient les rendre riches ? Raté, ces derniers ne peuvent être déposés dans les banques chinoises et quand ils tentent de les refourguer aux petits caïds du coin, ceux-ci les prennent en chasse pour leur voler l'intégralité des bons. Qui plus est, ces bons appartiennent à un puissant cartel qui veut à n'importe quel prix les récupérer. On assiste donc à une longue et lente descente aux enfers de quatre adolescents dont le mal-être empoisonne leur vie, ne voyant pas d'échappatoire à leur misérable existence humaine. Et, on le sait, la violence n'apporte jamais rien de bon et n'est jamais une solution. Nihiliste jusqu'à ses dernières images, L'Enfer des Armes est un film assez atypique dans la filmographie de Tsui Hark, qui mélange ici polar, drame et critique sociale pour un résultat détonnant. A noter une utilisation non déclarée de la musique de Zombie, de Star Trek le film, du morceau Oxygene part 4 de Jean-Michel Jarre ou du tube Voyager du groupe The Alan Parsons Project en guise de bande-originale, ce qui surprend la première fois !  


THE LAST VIDEO STORE

 

THE LAST VIDEO STORE
(The Last Video Store)


Réalisateur Cody Kennedy, Tim Rutherford
Année : 2023
Scénariste Joshua Roach, Tim Rutherford
Pays Canada
Genre : Science-fiction, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Yaayaa Adams, Kevin Martin, Josh Lenner, Leland Tilden...

L'HISTOIRE : Nyla, sur la demande de son frère, doit rapporter des VHS dans le dernier vidéoclub encore existant au Canada. Elle fait connaissance avec Kevin, le gérant du vidéoclub, qui tente de survivre avec ses VHS face aux changements de supports. Ce que Nyla ignore, c'est que parmi les VHS qu'elle restitue à Kevin se trouve la Videonomicon, une VHS maudite qui, une fois lancée dans un magnétoscope, ouvre un portail inter-dimensionnel qui permet aux méchants des films d'entrer dans notre monde. Kevin et Nyla, prisonnier dans le vidéoclub, vont devoir rester en vie face à un alien belliqueux et un tueur masqué, tout en cherchant un moyen de détruire la Videonomicon...

MON AVIS : Passionnés de VHS et de l'époque bénie des vidéoclubs, Cody Kennedy et Tim Rutherford ont réalisé plusieurs courts-métrages rendant hommage à ce support et cette époque, avec notamment The Last Video Store en 2013 ou Straight to Video: The B-Movie Odyssey, une petite série en 6 épisodes mettant en scène des histoires nanaresques comme Beaver Lake Massacre ou Preystalker par exemple. En 2023, les deux compères décident de lutter contre les Ayatollah de l'image qui ne voient que par le 4K en mettant leur délire sous forme de long-métrage. Ils reprennent l'idée de leur court de 2013, imagine comment intégrer les idées qu'ils ont eu sur leur série et demandent à Kevin Martin, gérant du dernier vidéoclub du Canada, s'il veut bien être le héros de leur film. Ce dernier accepte et va donc plonger dans le délire de The Last Video Store ! Une production au budget microscopique mais pourvue d'un amour sans faille pour la VHS et les nanars que ce support nous a fait découvrir dans les 80's. Coloré, fun, avec du néon en pagaille, le film se veut une comédie horrifique nostalgique d'une époque révolue et même si elle est bricolée avec les moyens du bord, le résultat est hautement sympathique et la qualité est au rendez-vous. Kevin Martin est un gars avec qui on aimerait discuter durant des heures et son personnage dans le film est à l'avenant, exsudant la passion par tous les pores de sa peau. Une passion que semble ne pas comprendre la jeune Nyla, qui regarde le vidéoclub comme si elle était dans une autre dimension. Une fois la Videonomicon insérée dans le magnétoscope, c'est parti pour le délire. La cassette maudite fait d'abord surgir dans le petit local un alien en image de synthèse qui fera hurler de rire ce qui se sont pavanés devant la mante religieuse du Dracula 3D de Dario Argento. Ce qui est fort amusant, c'est que les personnages du film d'où provient l'alien se demandent où est-ce qu'il a pu passer, ne comprenant pas son absence ! Ingénieux, à la manière de La Rose Pourpre du Caire de Woody Allen. La Videonomicon ne s'avouant pas vaincue, elle fait surgir dans notre monde un tueur masqué imposant, issu de Beaver Lake Massacre. Un clone de Jason Voorhees, monolithique et à la force surpuissante, avec un masque en forme de tête de castor, d'où son nom de... Castor ! On a quelques petits effets gores bien foutus, un rythme assez dynamique, une bonne humeur qui se ressent et on se laisse happer par ce film hors du temps, par ses protagonistes simples mais généreux et par son aspect kitsch, voulu bien entendu. Du kitsch qui trouve son expression directe par l'arrivée dans notre monde de Jackson Viper, héros bodybuildé d'une série de série B fauchée et dont le gérant est fan. Petit souci, Viper découvre que dans le monde réel, il est plutôt considéré comme un acteur de nanar de troisième zone, ce qui joue sur son égo. Le gentil héros pète un câble et la Videonomicon en profite pour le posséder, créant ainsi une nouvelle menace pour Kevin et Nyla ! Vont-ils réussir à s'en sortir ? Réponse dans The Last Video Store, un spectacle enjoué qui ravivera votre fibre nostalgique si vous avez connu les 80's. Un divertissement sympa, pas prise de tête ! VHS forever !