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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




CHEVALIERS CONTRE LOUPS-GAROUS

 

CHEVALIERS CONTRE LOUPS-GAROUS
(Werewolf Castle)

Réalisateur Charlie Steeds
Année : 2021
Scénariste Charlie Steeds
Pays : Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Peter Lofsgard, Jay O'Connell, Greg Draven, Tim Cartwright, Reece Connolly...


L'HISTOIRE : Le jeune Thorfinn Garstang assiste au massacre de son village par une horde de loups-garous dirigée par le cruel Wolfstan. Son seigneur, encore en vie, demande l'aide de quatre chevaliers pour éradiquer la menace lycanthrope. Thorfinn, rongé par la culpabilité de n'avoir rien tenté pour secourir sa fiancée, propose ses services pour guider les chevaliers à travers la contrée, ce qui n'enchante guère Hal Balfanger, l'un des chevaliers...

MON AVIS : En 2016, le réalisateur indépendant britannique Charlie Steeds décide de monter sa propre boite de production, à savoir Dark Temple Motion Pictures. Il va alors produire et réaliser des tas de films à micro-budget, qui sont soit des commandes d'acheteurs basées sur les idées de ces derniers, soit des films basés sur les histoires originales des membres de Dark Temple. On a donc des titresg comme Deadman Apocalypse, Escape from Cannibal Farm, Death Ranch, Vampire Virus, A Werewolf in England, Freeze, The Haunting of Tower of London ou ce Chevaliers contre Loups-Garous entre autres. Ces films font le tour de festivals indépendants et sont disponibles sur support physique ou sur les chaînes de streaming. En France, c'est Prime Vidéo qui en diffuse la plupart. En 2020, Charlie Steeds réalise donc A Werewolf in England, inspiré par Le Loup-Garou de Londres de John Landis bien sûr. Il se dit, comme Roger Corman l'aurait fait, qu'il peut tirer encore partie des costumes de loups-garous utilisés sur ce film et il va donc les recycler l'année suivante dans Werewolf Castle, titre original de ce Chevaliers contre Loups-Garous. Avec des acteurs récurrents au sein de Dark Temple, tels Tim Cartwright ou Jay O'Connell par exemple, Charlie Steeds, animé d'une belle passion pour le cinéma de genre, va donc tenter de recréer un univers médiéval avec ses faibles moyens budgétaires. Il va filmer en décors naturels et fait tout son possible pour faire illusion, avec cette histoire d'un jeune couard, Thorfinn Garstang, qui va vouloir racheter sa lâcheté en prenant part à une quête digne du Seigneur des Anneaux ! Bon, j'exagère bien sûr, le budget de Chevaliers contre Loups-Garous devant être équivalent au budget sandwichs de la trilogie de Peter Jackson, et encore ! Le pauvre réalisateur n'a même pas pu avoir de montures pour ses chevaliers, qui se déplacent donc... à pied. Pas très grave en fait. Il donne à ses héros un aspect très RPG, avec un chevalier maniant l'épée, un autre taillé comme un géant et préférant une lourde massue et j'en passe. Parmi eux, on trouve un élément rebelle, pas très accueillant, sorte de chien fou qui ne semble pas avoir le même code d'honneur que ses compagnons. On se demande si ce ne serait pas un espion, un traître à la solde du chef des loups-garous bien sûr. Et puis on a donc Thorfinn, qui lui dispose d'une hache dont la lame est en argent. Ah, ça peut aider ça ! Il n'y a plus qu'à espérer qu'il se montre brave et ne s'enfuit pas à la moindre encartade. Et c'est donc parti pour des périgrinations à travers bois et plaines sauvages, avec quelques jolis plans de caméra, sûrement filmés à l'aide d'un drône pour les vues aériennes. Le rendu visuel manque de grain, l'image est très lisse et ne possède pas un rendu très cinématographique mais c'est un micro-budget, il faut garder ça en tête. Les mésaventures de notre groupe héroïque se montrent assez plates et guère originales, le but étant de réussir à se rendre au château du roi afin de réclamer son aide. Bon, vu le titre original du film, le petit twist est eventé avant même de démarrer. Reste qu'on sent réellement une envie de bien faire chez Charlie Steeds, ce qui donne un petit côté bien sympathique à son oeuvre, même si elle peine à convaincre sur la durée. On a un peu de violence, un peu de gore de temps à autre et on a donc une armada de loups-garous en guise de menace. Petit souci : hormis leur faciès qui est plutôt crédible, les costumes utilisés semblent provenir du marchand de farce et attrape du coin, sorte de pyjama tout velu, tout poilu mais assez risible de prime abord. Il faut dire que les attaques de nos lycnathropes d'Halloween se passent souvent en plein jour et que l'effet n'est pas vraiment celui escompté en terme d'efficacité. Bah oui, on a vraiment l'impression de voir des acteurs en pyjama se déplacer dans les bois ou la campagne. Par contre, les scènes d'attaques nocturnes passent nettement mieux, sans être extraordinaires bien sûr, mais ça passe. On aura une seule scène de transformation, le méchant Wolfstan (joué par Reece Connolly) s'ouvrant le crâne pour laisser surgir son faciès lycanthropique. On a donc pas besoin de pleine lune ici, puisqu'on nous explique que si un homme commet de vilaines choses, sa nature bestiale prend le dessus durant un certain laps de temps, avant de l'autoriser à retrouver sa forme humaine, à l'exception de ses canines qui restent bien pointues. Je ne sais pas si c'est issu d'une légende médiévale existante mais pourquoi pas après tout. Bon, on ne saura pas non plus pourquoi il faut parfois de l'argent et parfois non pour tuer les loups-garous, ni pourquoi notre jeune héros deviendra une créature hybride à la fin. Les aléas du scénario. Chevaliers contre Loups-Garous est donc un film de passion sans pognon, qui subira flopée de critiques négatives à n'en point douter et qui se fera sans aucun doute traiter de nanar de haute volée. Je ne vous dirais pas que c'est un bon film mais je louerai tout de même l'énergie de Charlie Steeds a faire de son mieux avec les moyens du bord et à aller au bout de ses rêves et de ses projets, que la qualité soit au rendez-vous ou non, ça reste à l'appréciation de chacun. C'est clairement le type de films qu'on ferait entre potes, avec du système D, pas d'argent mais des idées et de l'envie. Y'a mieux, mais y'a aussi pire. Si vous appréciez les séries Z, tentez une vision ! 



BAMBI LA VENGEANCE

 

BAMBI LA VENGEANCE
(Bambi : The Reckoning)

Réalisateur Dan Allen
Année : 2025
Scénariste Felix Salten, Rhys Warrington
Pays : USA
Genre : Horreur
Interdiction : -16ans
Avec : Roxanne McKee, Samira Mighty, Tom Mulheron, Nicola Wright, Adrian Relph...


L'HISTOIRE : Le jeune Bambi voit ses parents être tués par des braconniers. Apprenant à vivre seul, il devient adulte et croise la route d'une jeune biche, qui lui donne un faon. Mais les humains provoquent la mort de la biche et kidnappe le faon, laissant Bambi pour mort. Ce dernier va boire des produits chimiques que les kidnappeurs ont déversé dans la forêt. ce qui le transforme en un cerf monstrueux, bien décidé à venger la mort de sa bien-aimé et à récupérer sa progéniture. C'est ce que vont découvrir Xana et son jeune fils Benji, après que Bambi ai pris d'assaut le taxi qui les emmenait rejoindre leur famille dans une maison perdue au fond des bois. La soirée familiale se transforme rapidement en un effroyable cauchemar...

MON AVIS : En 2023, le réalisateur indépendant Rhys Frake-Waterfield a la curieuse idée de vouloir transformer les héros de notre enfance en monstres abominables. Un projet qui s'intitule Twisted Childhood Universe et qui débute donc par Winnie the Pooh - Blood and Honey et qui va enchaîner avec Winnie the Pooh - Blood and Honey 2 en 2024 puis avec Peter Pan's Neverland Nightmare et ce Bambi la Vengeance en 2025. Entre-temps, d'autres réalisateurs indépendants vont surfer sur cette idée bizarroïde et faire de même avec d'autres personnages iconiques, à l'image de Popeye the Slayer Man qui met en scène le célèbre marin dans une version horrifique ou de Screamboat qui fait de la gentille souris Mickey Mouse un personnage monstrueux. On nous annonce prochainement des versions horrifiques de Blanche Neige, de Mary Poppins, de Pinocchio, de la Belle et la Bête et même de Tigrou, ainsi que des suites aux films déjà réalisées et même un rassemblement façon Avengers ! Tout un programme ! Mais revenons au film qui nous intéresse ici, à savoir Bambi la Vengeance. J'avoue en toute honneteté n'avoir encore vu aucun des titres précités ci-dessus, même si j'ai visionné leur bandes-annonces. Ma première impression me faisait plutôt penser qu'on avait affaire à des nanars un peu gore et ça ne m'attirait pas trop pour le moment. J'avais un peu d'appréhension en enclanchant Bambi la vengeance et le résultat m'a donc assez surpris ! Déjà, on note que la mise en scène est des plus correctes et qu'un travail sur l'ambiance a été fait. On se doute que c'est un film avec un petit budget mais l'atmosphère horrifique fonctionne bien ici, notamment l'aspect lugubre de la forêt, lieu dans lequel on n'a pas trop envie de s'aventurer. L'histoire en elle-même reste assez classique, on a une mère et son fils qui se rendent dans une maison familiale située dans les bois, on note l'absence du père qui semble ne pas trop s'occuper de son fils vu les dialogues, ce qui créée quelques tensions. En parralèle, on a un groupe de chasseurs qui semblent savoir quelle menace règne dans la forêt et qui ont pour mission de l'éradiquer. Tout ce petit monde va bien sûr se téléscoper à un moment donné. Pas de quoi se relever la nuit, mais ça fait le taf. Le casting est plutôt bon, notamment le personnage principal interprété par Roxanne McKee, qu'on a vu dans le rôle de Doreah dans Game of Thrones entre autres ! Le jeune acteur Tom Mulheron se montre également très à l'aise et livre une bonne prestation. Le traitement des chasseurs par Dan Allen fera plaisir puisqu'on ne peut pas dire qu'ils respirent l'intelligence. On a quelques séquences de cascades, dont un renversement de voiture dû à notre cerf mutant qui s'avère efficace. Bon, ce fameux cerf, parlons-en puisque c'est lui la star du film ! Il est dôté d'un aspect réellement monstrueux et transforme Bambi la vengeance en vrai film d'agressions d'animales, n'hésitant pas à s'incruster dans une maison en broyant tout sur son passage, à courser les personnages s'enfuyant en voitures et à provoquer quelques morts bien violentes, qui bénéficient d'effets spéciaux convaincants et joliment gore : corps sectionné en deux, décapitation et arrachage de tête à coup de dents font parties des quelques joyeusetés proposées. Notre Bambi radioactif est principalement animé en CGI, mais on a aussi une tête en animatronique pour les gros plans. Franchement, si les CGI se distinguent évidemment, y'a pas le budget d'Avatar ici, j'ai trouvé que ce n'était pas ridicule et que ça s'intégrait plutôt bien avec l'environnement réel, et clairement, j'ai pris mon pied à voir cette version colossale et terrifiante de Bambi dézinguer le casting à tour de bras ou à tour de cornes plutôt ! Le réalisateur a même pensé à inclure le fameux lapin Panpan dans le film, sous une forme horrifique lui aussi, et ça nous vaudra deux séquences festives et réussies d'attaques de lapins qui nous feront bien jubiler devant notre écran. Bien sûr, en sous-texte, on a un message écologique sur le respect de la nature et des animaux qui y vivent, sur le fait que la vraie menace reste l'homme, qui s'en fout et déverse des produits toxiques dans la forêt et j'en passe. Très librement inspiré du livre Bambi, l'histoire d'une vie dans les bois de Felix Salten, paru en 1923 et interdit en 1936 par le régime nazi, ce Bambi la vengeance m'a agréablement convaincu de par ses réelles qualités, son envie de bien faire, d'en donner pour son argent au public et de remplir son contrat visant à faire du gentil Bambi un monstre vengeur, protecteur de la forêt. Sur un sujet des plus casse-gueules, Dan Allen s'en sort vraiment bien et l'annonce d'une suite potentielle à la fin du film me ravie déjà ! 

* Disponible en DVD, combo BR + 4K chez ARCADES




LE LOUP-GAROU (1995)

 

LE LOUP-GAROU
(Werewolf)

Réalisateur Tony Zarindast
Année : 1995
Scénariste : Tony Zarindast, Brad Hornbacher
Pays : USA
Genre : Fantastique, Horreur, Loups-garous
Interdiction : -12 ans
Avec : Jorge Rivero, Richard Lynch, Federico Cavalli, Adriana Stastny...


L'HISTOIRE : Un groupe d'archéologues, dirigé par Noël, découvre un squelette fossilisé qui pourrait être celui d'un authentique loup-garou. L'un des ouvriers se blesse avec un ossement et est emmené à l'hôpital. Yuri, le contre-maître, peu apprécié de ses équipes, décide d'aller voir l'ouvrier à l'hôpital, qui a subit une transformation en homme-loup, afin de lui prélever du sang pour répandre une infection dans son entourage et voir si les effets se transmettent aux contaminés. Dans le même temps, Paul, un écrivain, débarque dans les environs et tombe sous le charme de Natalie, qui fait partie de l'équipe des archéologues, ce qui déclenche la jalousie de Yuri...

MON AVIS : Holala. Je connaissais ce film par sa (triste) réputation mais je n'avais encore jamais tenté l'expérience. Eh bien, c'est quelque chose, vous pouvez me croire ! On a donc ce film mis en scène par un réalisateur iranien, Tony Zarindast, et dans lequel on trouve tout de même un certain Richard Lynch ! Oui, oui, l'iconique acteur vu dans pléthores de séries-télévisées et de films divers et variés, venus cachetonner dans ce Werewolf, interprétant Noël, le boss du groupe d'archéologues. L'introduction du film nous rappelle L'Exorciste, avec ce paysage désertique de l'Arizona et cette découverte enfouie dans le sable, à savoir un étrange squelette en apparence humain, dont le crâne ressemble plutôt à celui d'un loup. Pour les indiens du coin, il s'agirait des ossements d'un skinwalker, soit un magicien indien capable de se métamorphoser en divers animaux, dont le loup. Le film joue donc sur le folklore ainsi que sur le mythe du loup-garou. Intéressant sur le papier mais ce concept est totalement passé à la trappe ensuite. Il faut dire que le film de Tony Zarindast n'a pas grand chose pour lui, étant considéré comme l'un des pires films de loups-garous jamais réalisé, et comme l'un des pires films jamais réalisé, rien que ça ! Une oeuvre qui ferait passer les films d'Ed Wood pour de bons films (ce qu'ils sont !) et qui vous invite à tester votre niveau de résistance face à la médiocrité. Parce que clairement, la vision de Werewolf relève de l'épreuve olympique pour ne pas décrocher avant la fin, tant rien ne vas et ce, dans tous les domaines, que ce soit la mise en scène, le montage effectué à la truelle, le jeu d'acteur, le rythme, le scénario, la bande son et les effets spéciaux ! Ca fait beaucoup ! On tient là un nanar de compétition, que certains n'hésiteront pas à qualifier de navet de compétition, et ce, à raison ! En fait, je pensais avoir atteint un palier avec la vision de Massacre au drive-in mais je me rend compte qu'on peut encore creuser plus profond, ce que réussi à faire notre Werewolf ! La scène introductive dans le désert est donc la meilleure séquence du film, vous voyez le genre. Et après, ça devient totalement improbable et assez hallucinant. On a par exemple une bagarre entre des ouvriers et le fameux Yuri, joué par Jorge Rivero, et je pense que n'importe qui, même vous, feriez mieux. Là, c'est juste à mourir de rire tellement les coups sont loin de leur cible. Je vous passe vite fait les scènes de parlottes interminables, comme lors de la soirée mondaine par exemple, le jeu du casting, qui délivre des émotions comme vous n'en aurez jamais ressenti devant votre écran (j'rigole hein ! ), la romance entre Paul et Natalie, incroyable de réalisme et de romantisme ou les dialogues finement ciselés, à l'image de celui prononcé par Richard Lynch, qui nous explique comment reconnaître un loup-garou, à savoir, "il adopte une série d'habitudes corporelles étranges, comme de dormir le nez collé à l'anus" ! Même Audiard n'aurait pas fait mieux ! Bref, on arrive enfin à ce qui nous et vous intéresse : les fameux loups-garous ! Et là, vous vous dîtes : "p'tet que les effets ou les maquillages sont cool !" Raté !! Là encore, on atteint un niveau de nullité assez incroyable, on est quand même en 1995, les effets-spéciaux ont bien évolué tout de même mais pas ici. On a donc quelques poils posés ça et là du visage, des dentiers avec de grandes canines quand ce n'est pas juste un masque de latex enfilé par l'acteur ou une tête mécanique filmée en gros plan qui se contente d'ouvrir et de fermer sa gueule. Si vous pensiez que les maquillages d'Hurlements 2 étaient mauvais, attendez de voir ceux de Werewolf ! Parmi les scènes anthologiques proposées, on a celle dans laquelle une jeune femme se fait poursuivre par un loup-garou, qui, plutôt que de courir derrière elle, rampe à même le sol ! Pourquoi ? Si quelqu'un a la réponse ? Pas de bol pour elle, elle trébuche dans une grande flaque de boue qui l'empêche de bouger, c'est bête, elle aurait pu la contourner cette flaque mais non. Bon après, il doit y avoir 5 cm de boue hein, logiquement on se relève et on se barre mais toujours pas, elle est coincée. Et donc elle se fait rattraper par l'homme-bête. C'est bête quand même ! Bon, on a quand même un élément récurrent du film de loup-garou, à savoir que lorsqu'il est sous son apparence humaine, le loup-garou regrette les agressions commises sous son apparence bestiale. Ici, pour conjurer les mauvais sort, il décide d'aller faire une partie de billard avec sa copine, pour une séquence encore une fois mémorable de longueur et de langueur mais qui nous permet de constater que l'actrice Adrianna Miles, de son vrai nom Adrianna Stastny, on l'a vu dans un petit rôle dans le Nemesis d'Albert Pyun en 1992, eh ben elle a une poitrine plutôt sympa à mater, et ce, notamment dans cette scène de billard. Dommage, aucune nudité à l'horizon par contre. Mais bon. Par contre, niveau talent d'actrice, là, je vous laisse seul juge. On appréciera aussi les changements intempestifs de coiffure de Jorge Rivero, vous verrez, c'est marrant. En tout cas, on sait grâce à ce film qu'un loup-garou en devenir ne doit pas conduire une voiture sous peine d'avoir un accident ! Voilà, enfin une information utile ! Merci Werewolf ! Assurément le plus mauvais film de loup-garou de la planète.  

DANGER DIABOLIK

 

DANGER DIABOLIK
(Diabolik)

Réalisateur : Mario Bava
Année : 1968
Scénariste Dino Maiuri, Brian Degas, Tudor Gates, Mario Bava
Pays : France, Italie
Genre : Espionnage, action
Interdiction : /
Avec : John Phillip Law, Marisa Mell, Michel Piccoli, Adolfo Celi, Claudio Gora...


L'HISTOIRE Le super bandit Diabolik, assisté de sa fiancée Eva Kant, nargue la police et le syndicat du crime. L'inspecteur Ginko veut l'arrêter à tout prix. Il procède à un grand coup de filet au sein de la mafia et contraint le parrain Ralph Valmont à passer un accord avec lui afin de monter un plan contre Diabolik...

MON AVIS : On connaît principalement Mario Bava pour ses films d'épouvante gothique mais il a, comme ses compatriotes, oeuvré dans divers genres du cinéma Bis. En 1968, le producteur Dino de Laurentiis l'engage pour mettre en scène le personnage iconique de Diabolik, star des fumetti, ces bandes-dessinées italiennes en petit format. Diabolik a été créé en 1962 par les soeurs Angela et Luciana Giussani. C'est un terroriste sans foi ni loi, qui ne recule devant aucune exactions pour parvenir à ses fins et qui peut compter sur l'aide de sa partenaire et amante Eva Kant. Un concept qui n'emballe pas plus que ça De Laurentiis, qui veut édulcorer l'aspect violent des BD pour proposer un spectacle plus grand public. Bava n'approuve pas trop la direction choisie par le producteur mais n'a guère le choix que de s'y contraindre et va tout faire pour que cette absence de violence ne joue pas en défaveur du film. Nanti du plus gros budget de sa carrière, qu'il n'utilisera d'ailleurs pas à 100%, il va rivaliser d'ingéniosité pour faire de Danger Diabolik la meilleure adaptation d'une bande-dessinée au cinéma ! Il faut néanmoins mentionné qu'un premier projet a vu le jour en 1965, sous la direction du britannique Seth Holt, avec Jean Sorel en Diabolik et Elsa Martinelli dans celui d'Eva Kant. Mais à la vision des premières images tournées, De Laurentiis arrête le tournage, trouvant ces dernières trop mauvaises. Il décide donc de remonter le projet, avec un nouveau scénario et un nouveau réalisateur, qui sera donc Mario Bava. Il signe un accord de co-production avec la France, pays avec lequel il travaille sur une autre adaptation de BD pour le cinéma qui sortira en cette même année 1968 : Barbarella de Roger Vadimqui utilisera quelques décors de Danger Diabolik, dont la discothèque par exemple, et dans lequel jouera John Phillip Law. Ce dernier est retenu pour jouer le personnage de Diabolik. Il se plonge dans les fumetti et travaille son regard, et notamment son jeu sur les sourcils, puisque son visage masqué ne laisse entrevoir que ses yeux. Pour interpréter Eva Kant, De Laurentiis choisit Catherine Deneuve mais le manque d'alchimie entre l'actrice de John Phillip Law fait qu'elle sera remerciée et remplacée par Marisa Mell, choix de Mario Bava. Banco ! Le courant passe totalement entre les deux acteurs, qui deviennent amants durant tout le tournage et même après. Une hausse de budget permet au réalisateur d'engager d'autres acteurs plus célèbres, dont le Français Michel Piccoli pour jouer l'inspecteur Ginko et qui est excellent ici, l'Italien Adolfo Celi pour jouer le mafieux Ralph Valmont ou l'Anglais Terry-Thomas pour jouer le ministre de l'intérieur. La production se pare également du compositeur Ennio Morricone pour la bande-son. Et c'est parti pour un tournage qui débute le 11 avril 1967 et se termine le 18 juin 1967. A l'arrivée, on obtient un monument de la pop-culture, avec un mélange de film d'espionnage, d'humour et d'action, qui deviendra la référence cinématographique des films adaptés de fumetti. Car si Danger Diabolik n'est pas le premier du genre, on a eu auparavant Superargo contre Diabolikus et Kriminal qui datent de 1966, Flashman contre les hommes invisibles et Mister X qui date de 1967 par exemple, il reste l'oeuvre emblématique qui a marqué de son empreinte indélébile le monde de la pop-culture, puisque le fameux visage masqué de Diabolik a orné des tas d'affiches déco, a été vu et parodié dans le clip "Body Movin" de Beastie Boys, est le héros d'un jeu vidéo, d'une série-télévisée et j'en passe. Si l'influence du personnage provient notamment des héros de romans policiers Arsène Lupin mais surtout de Fantômas bien sûr, Mario Bava le propulse dans un univers art déco de haute volée, comblant la relative faiblesse du scénario, qui fait le taf sans être exceptionnel, par le choix d'un décorum quasi futuriste et ultra stylisé, baigné dans des couleurs tape-à-l'oeil qui ne pourront que ravir un public venu assister à du vrai cinéma populaire de divertissement. L'antre de Diabolik évoque clairement la Batcave de Batman, mais en version pop-art nettement plus fun ! Les péripéties conduisent Diabolik a volé tout ce qui appartient aux plus riches, tel un Robin des Bois, à la seule différence qu'il ne redistribue rien aux pauvres mais garde tout pour lui ou, plus exactement, pour la belle Eva Kant, dont il est éperdument amoureux. Un peu à la manière d'un James Bond passé du côté obscur, il utilise pour commettre ses méfaits des tas de gadgets lui permettant d'échapper aux policiers de l'inspecteur Ginko. Bien sûr, nous sommes en 1968, il ne faut pas s'attendre à une action frénétique mais on a de quoi s'amuser et se divertir avec des courses-poursuites en voitures, l'escalade d'une haute tour à l'aide de poignées-ventouses ou le vol d'un énorme lingot d'or enfermé dans un sarcophage inviolable par exemple. Le succès de la série des Fantômas d'André Hunebelle les années précédentes ont incité les scénaristes à apporter quelques touches d'humour au film et on sourira devant notre pauvre ministre de l'intérieur venu faire une déclaration à la presse diffusée à la télévision, et qui sera victime, ainsi que toutes les personnes présentes, d'un gaz hilarant déclenché par Diabolik bien sûr ! Notre anti-héros s'en donne à coeur joie pour ridiculiser la police et les institutions gouvernementales et financières mais quand sa belle Eva Kant sera kidnappée par un parrain de la mafia, il redeviendra intraitable et sans pitié. Eva Kant, parlons-en, puisque c'est l'héroïne du film. Interprétée par Marisa Mell, actrice autrichienne qu'on a vu dans Perversion Story de Lucio Fulci, dans Le Tueur à l'orchidée et La Guerre des Gangs d'Umberto Lenzi ou dans Ultime Violence de Sergio Grieco entre autres, elle est l'atout charme du film et chacune de ses apparitions délivre une sensualité torride au film, et ce, sans aucune nudité montrée. La scène ou les deux amants font l'amour dans un lit tournant recouvert de dix millions de dollars en billets est d'une cinégénie incroyable. Marisa Mell porte diverses tenues tout au long du film qui font d'elle un mannequin au pouvoir de séduction irrésistible, et qui participe totalement à l'ambiance kitsch et pop-art des images, bercées par la musique d'Ennio Morriconne. Si Danger Diabolik est devenu culte au fil du temps, c'est vraiment grâce au travail impressionnant de Mario Bava, qui a mis tout son talent d'illusionniste pour créer des décors incroyables, le plus souvent grâce à des matte painting de grande qualité, des peintures sur verre donc, qui donnent vraiment l'impression que le film a bénéficié d'un budget très conséquent ! Il réussit également l'exploit de façonner des plans qu'on croiraient issus d'une planche de BD, filmant par exemple à travers une bibliothèque sans livres, le rayonnage découpant les personnages présents à l'écran dans des cases d'une page de BD ! Danger Diabolik est le film pop-art par excellence, un régal visuel de tous les instants, au charme légèrement suranné bien sûr, mais qui remplit parfaitement sa fonction : divertir. La fin laisse clairement deviner une suite mais Bava s'y refusa et elle n'a jamais été tourné.

* Disponible en COMBO br + 4k + livre chez SIDONIS CALYSTA    

PROJECT X

 

PROJECT X
(Project X)

Réalisateur : William Castle
Année : 1968
Scénariste Edmund Morris
Pays : USA
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Christopher George, Greta Baldwin, Henry Jones, Monte Markham...


L'HISTOIRE An 2118. Le climat géopolitique de la Terre a beaucoup changé. Lors d’une mission en Asie, Hagen Arnold, espion américain, a envoyé à ses supérieurs un message indiquant que l’Occident sera détruit dans quatorze jours. Mais lorsqu’il rentre aux États-Unis, il a perdu la mémoire. Le gouvernement doit trouver un moyen d’accéder aux informations enfouies dans sa mémoire...

MON AVIS : William Castle est connu dans le milieu du cinéma et de la série B pour être le "maître des gimmicks" ! Bien avant l'apparition de la 4DX, il a inventé des concepts dignes des meilleurs publicitaires pour attirer les spectateurs dans les salles pour voir ses films. Pour Macabre en 1958, il offre de bons d'assurance en cas de décès dans la salle ; pour La Nuit de tous les mystères en 1959, il fait traverser la salle à un squelette accroché à un cable ; pour Le Déssosseur de cadavres la même année, il crée des fauteuils vibrants ; pour 13 Ghosts en 1960, il offre aux spectateurs des lunettes permettant de voir - ou non - les fantômes du film et j'en passe. Ou comment rendre attractives et interactives les séances de cinéma et rentabiliser ces dernières avec des films à petits budgets ! Le réalisateur trash John Waters lui voue un culte, mérité ! En 1968, pour son avant-dernier film en tant que metteur en scène, il réalise Project X, un film de science-fiction vintage dont le scénario est une adaptation de deux roman de Leslie P. Davies, The Artificial Man et The Psychogeist. L'histoire est intéressante et assez complexe, il ne faudra pas aller au petit coin entre deux scènes sous peine d'être un peu paumé. On est en 2118 et une menace pèse sur l'Occident mais cette menace est enfouie dans les souvenirs perdus d'un espion américain, Hagen Arnold, qui a été cryogénisé. Les forces militaires ordonnent à un groupe de scientifiques de décongeler Hagen et de réussir à lui faire retrouver la mémoire afin d'identifier cette fameuse menace. Pour se faire, les scientifiques recréent l'environnement d'une ferme des années 60 et donnent une nouvelle identité à l'espion. Un vrai jeu de rôle va débuter et durant la nuit, les savants tentent, grâce à une machine holographique, de reconstituer les souvenirs oubliés. Une tâche qui semble des plus ardues, alors que le temps est compté ! C'est donc sur ce postulat intrigant que William Castle forge son film, avec un côté rétro qui ravira les fans de S-F à l'ancienne. Project X parvient à mélanger l'aspect science-fictionnel au film noir, puisque la nouvelle identité du héros est celle d'un gangster poursuivi par la police. Les décors sont assez réussis, le laboratoire possède des tas de machines futuristes qui créent l'illusion et la bonne idée du film est d'avoir utilisé des tas de filtres colorés pour représenter les phases de rêves du héros et la recherche de ses souvenirs enfouis au plus profond de sa mémoire. On a donc à l'écran des séquences assez surréalistes visuellement parlant, qui collent parfaitement avec l'ambiance S-F recherché. William Castle a également demandé au célèbre studio d'animation Hannah-Barbera de concevoir certaines scènes, notamment celle se déroulant sous la mer et le mélange entre prises de vues réelles et séquences animées fonctionnent parfaitement bien. Niveau casting, on a une tête bien connue pour jouer le personnage principal puisqu'il s'agit de Christopher George, qu'on a pu voir dans Grizzly le monstre de la forêt ou dans le génial Frayeurs de Lucio Fulci bien sûr. Il a pour partenaire féminine la charmante Greta Baldwin, qui ne fera pas carrière puisqu'elle n'a tourné que dans deux films, tous deux en 1968. Le reste du casting est principalement composé d'acteurs ayant oeuvré dans des séries-télévisées. Avec son intrigue particulière et ses trouvailles visuelles, Project X, s'il n'égale évidemment pas les films phares de S-F de cette année 1968 (La Planète des Singes, 2001 odyssée de l'espace) reste vraiment plaisant à regarder et on a même une excellente séquence dans laquelle un des personnages se fait retirer son cerveau, séquence qui n'aurait pas démériter de celles de la saga des Frankenstein de la Hammer, l'aspect sanguinolent en moins bien sûr. Le film possède également des thématiques intéressantes, comme le problème de la surpopulation, la génétique et ses dangers, les conflits entre superpuissances (tristement d'actualité) ou la création de nouvelles armes pour assoir sa supériorité sur le monde. Bref, un vrai film de science-fiction adulte, vraiment bien foutu, peut être un peu trop long, avec 1h37 au compteur tout de même, mais pas de quoi bouder son plaisir et puis un film de William Castle, ça ne se refuse jamais ! 

* Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS




LES DEMONS DU MAÏS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR

 

LES DEMONS DU MAÏS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR
(Children of the Corn 3 : Urban Harvest)

Réalisateur James D.R. Hickox
Année : 1995
Scénariste Dode B. Levenson, Matt Greenberg
Pays : USA
Genre : Fantastique, horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Daniel Cerny, Ron Melendez, Jim Metzler, Nancy Lee Grahn, Mari Morrow...


L'HISTOIRE : Eli et Joshua, deux enfants de Gatlin, sont placés dans une famille d'accueil à Chicago, après la mort de leur père. Joshua s'habitue assez rapidement à la vie moderne de la ville, tandis qu'Eli continue de prier pour Celui qui Règne sur les Sillons. Dans une usine désaffectée située juste derrière sa nouvelle maison, Eli recré un champ de maïs et commence à jouer les prédicateur dans son école afin de rallier des adolescents à sa secte...

MON AVIS : Après un très bon premier film en 1984, la saga Les Démons du Maïs, basée sur une nouvelle de Stephen King, se dote d'un second chapitre en 1992 nettement moins convaincant pour ma part. En 1995 sort sur les écrans de cinéma américain Les Démons du Maïs 3 : Les Moissons de la Terreur, qui sera d'ailleurs le dernier volet à bénéficier d'une sortie en salle. Réalisé par James D.R. Hickox, dont c'est le premier film, ce troisième chapitre joue la carte de la différence puisqu'il déplace l'action en zone urbaine, à Chicago, bien loin de étendues rurales de champ de maïs des deux premiers épisodes. Exit l'atmosphère à la folk horror et place à un ersatz de La Malédiction de Richard Donner, musique diabolique à la Jerry Goldsmith à l'appui ! En effet, le héros du film Eli, est un jeune garçon possédant des pouvoirs surnaturels et il nous fait souvent penser à Damien, tout en étant plus âgé. Il peut, par exemple, provoquer des visions et des cauchemars, lancer des éclairs de feu et autres joyeusetés, le tout en gardant son petit visage d'ange qui n'a rien à se reprocher. Il a apporté dans sa valise des épis de maïs made in Gatlin et va les faire pousser dans une vieille usine, histoire d'honorer sa divinité Celui qui Règne sur les Sillons. Les Démons du maïs 3 a un côté plus moderne que ses prédecesseurs et joue la carte du film d'horreur démoniaque, ne lésinant pas sur l'aspect surnaturel et fantastique. Et ça fonctionne plutôt bien en fait, le réalisateur faisant tout son possible pour nous proposer un rythme assez tonique et surtout un panel d'effets spéciaux et de morts diversifiées qui rendent le tout très fun et divertissant. Qui plus est, l'acteur qui joue Eli, Daniel Cerny, s'en sort vraiment bien, nettement mieux en tout cas que le pâle Ryan Bollman, le gourou du second film. Il livre une bonne prestation, sans surjouer ou sombrer dans le ridicule. La scène d'introduction est efficace, avec la musique de Daniel Licht qui nous plonge d'entrée de jeu dans une dimension inquiétante. L'arrivée d'Eli et de son grand frère Joshua à Chicago reprend les clichés déjà vus des petits nouveaux qui ont du mal à s'intégrer dans leur nouvel envirionnement. Joshua y arrivera, n'étant pas un adepte du culte de Gatlin. Il se fera des amis, flirtera même avec une fille, quand Eli lui reprochera de trop s'acclimater à sa nouvelle vie et de le délaisser pour des inconnus. En bon enfant diabolique qu'il est, Eli s'amusera à tourmenter la mère de sa famille d'accueil ou bien le prêtre de son école, à qui il fera vivre des nuits de cauchemars, dans lesquelles ce dernier revivra en rêve des séquences issues du premier et du second film, histoire de faire le lien ! Malin. Petit à petit, Eli va endosser son rôle de prédicateur (la scène du sermon, excellente) et rallier à sa cause les élèves du lycée, en vu de la nuit de la moisson. Ce troisième chapitre n'est pas avare en séquences horrifiques et on n'a guère le temps de s'ennuyer : homme qui se verra transformé en épouvantail, mère de famille se perçant le crâne sur un tuyau, crucifixion à l'envers, tête qui s'ouvre en deux pour laisser s'échapper cafards et autres insectes rampants, maïs vivant attaquent les indésirables et arrachant la tête d'une victime tout en lui extirpant la colonne vertébrale, coups de faucille en veux-tu, en voilà, les festivités proposées sont des plus réjouissantes et font le spectacle. Bon, bien sûr, on se demande qui a eu l'idée de la séquence finale, avec l'apparition d'un monstre géant créé par Screaming Mad George, certes, mais qui tire le film vers le nanar un peu ridicule, malgré un festival d'effets spéciaux un peu gore plutôt sympathiques ! A noter que parmi les ados recrutés par Eli, on aperçoit (rapidement) une toute jeune Charlize Theron, dont c'était d'ailleurs la première appairition en tant qu'actrice. L'idée du maïs de Gatlin qui devient un produit industriel et qui va donc être disséminé à travers le monde est bien trouvé et on sourit en imaginant la contamination du monde par Celui qui Règne sur les Sillons. Sans être d'une folle originalité puisque plagiant La Malédiction comme déjà dit, Les Démons du Maïs 3 est tout de même bien plus amusant et agréable à regarder que le N°2 et s'en sort avec les honneurs, surtout que, et c'est assez rare pour le souligner, la majorité des personnages principaux trouve la mort durant le film. Festif et énergique, une suite qu'on prend plaisir à visionner.

* Disponible en coffret DVD et BR chez RIMINI EDITIONS, avec un Livret de Marc Toullec



    


LES DEMONS DU MAÏS 2 : LE SACRIFICE FINAL

 

LES DEMONS DU MAÏS 2 : LE SACRIFICE FINAL
(Children of the Corn 2 : The Final Sacrifice)

Réalisateur David F. Price
Année : 1992
Scénariste A.L. Katz, Gilbert Adler
Pays : USA
Genre : Fantastique, horreur, folk horror
Interdiction : -12 ans
Avec Terence Knox, Paul Scherrer, Ryan Bollman, Christie Clark, Ned Romero...


L'HISTOIRE : Après la découverte d'un charnier dans la commune rurale de Gatlin, le journaliste Garrett se rend sur place, en quête d'un article à sensation. Il s'installe avec son fils Danny dans le village voisin d'Hemingford. Les enfants survivants de Gatlin ont été déplacés à Hemingford également. Ils vont subir l'influence du jeune Micah, nouvel élu de Celui qui Règne sur les Sillons, toujours déterminé à éradiquer les adultes...

MON AVIS : Il aura fallu attendre huit ans avant de voir débarquer une suite au film de Fritz Kiersch, Les Démons du Maïs, réalisé en 1984 et qui adapte la nouvelle de Stephen King, Les Enfants du Maïs, parue dans le recueil Danse Macabre. Les Démons du Maïs 2 : le sacrifice final, réalisé par David F. Price, débute après les événements survenus à Gatlin. Les autorités découvrent une cave où sont entassés les corps des adultes massacrés et les enfants de la secte du défunt Isaac sont regroupés et admis dans des familles d'accueil dans le village voisin d'Hemingford. Bon, déjà là, premier petit souci, surtout si vous enchainez les deux films, on ne reconnaît absolument aucun enfants du premier volet dans cette suite. Bon, passons sur ce détail. Le nouveau gourou s'appelle Micah, il est interprété par Ryan Bollman, acteur qu'on a principalement vu dans des séries-télévisées. Très clairement, il n'a absolument pas le charisme de John Franklin, le célèbre Isaac du film de 1984, et il surjoue assez régulièrement lors de ses crises de colère. Un point intéressant, c'est qu'il est choisit et possédé par Celui qui Règne sur les Sillons, qui veut donc un successeur à Isaac afin de faire perpétrer son culte. Le film met d'ailleurs plus l'accent que le premier film sur cette force, cette présence qui vit dans les champs de maïs, à travers des visions de type infra-rouge, un peu à la Predator. Le gros changement entre les deux oeuvres est à trouver du côté de l'ambiance : là où le premier film jouait sur l'atmosphère et la tension, ce second chapitre préfère miser sur un rythme plus percutant et surtout sur une action plus présente, avec des morts plus graphique niveau violence. On perd donc en ambiance ce qu'on gagne en morts violentes, ce qui a pour effet de faire ressembler Les Démons du Maïs 2 à un film d"horreur nettement plus classique dans son style et, par la même, moins surprenant, moins enivrant. Parmi les morts d'adultes, on en trouve quelques-unes assez sympthiques, comme ce conducteur qui voit un plan de maïs traverser son pare-brise, cette vieille dame qui se retrouve écrasée par sa maison qui était surélevée par des verrins, ce monsieur qui se met à saigner abondamment du nez et des oreilles dans une église suite à un rituel vaudou, ce médecin agressé à coup de piqûres ou bien encore cette femme se déplaçant en fauteuil roulant, fauteuil que va télécommander Micah pour qu'elle se fasse percuter par un camion. On le voit, le film essaye de manger à tous les rateliers et on perd le charme et cette ambiance folk horror qui se dégageait du film de 1984 pour se retrouver dans une sorte de slasher rural et fantastique, dont le but est de mettre en avant les maquillages de Bob Keen. Pour remplacer le couple Vicky et Burt du premier film, on nous propose un père journaliste un peu raté et son fils dont il ne s'est jamais occupé. Ce dernier ne fait aucun effort pour se rabibocher avec son père et deviendra donc une cible privilégiée pour Micah et ses disciples, qui comptent bien le faire adhérer à leur secte tueuse d'adultes. Mais avant ça, il aura le temps de se trouver une petite copine en la personne de Lacey, interprétée par la charmante Christie Clark, qu'on connaît pour avoir été la petite soeur de l'acteur Mark Patton dans La Revanche de Freddy en 1985. Pour meubler un peu, les scénaristes nous sortent du châpeau un améridien qui va tenter d'expliquer le pourquoi de la présence d'un dieu païen dans les champs de maïs et qui va également mettre à jour un complot gouvernemental qui vise à camoufler le fait que les cultivateurs de maïs mélangent aux nouvelles récoltes du maïs périmé et contenant une substance nocive qui pourrait provoquer visions et folie chez ceux qui en mangent et notamment les enfants. Ou comment mettre un peu d'écologie dans un film d'horreur ou d'expliquer rationnellement les événements irationnels proposés. A noter que le réalisateur a proposé une version américaine, peu différente de la version internationale, à l'exception d'une séquence d'effet spéciaux en plus, lorsque Micah est possédé par la force maléfique qui vit dans le champ de maïs. Dans cette version américaine, Micah est aspiré dans un tunnel, où il se désintègre en molécules et se réassemble avant de ressortir. La séquence où le visage de Micah devient une entité démoniaque comporte aussi quelques maquillages en plus, déformant encore plus son visage lors du morphing numérique. La version internationale dure 92:57 minutes, la version américaine 93:31 minutes. Il n'en reste que Les Démons du Maïs 2 ne supporte pas la comparaison avec son ainé et qu'il s'avère assez faiblard, tant par sa mise en scène sans génie que par son casting assez lambda et qui ne marque pas les esprits. Une suite inférieure au premier film, comme bien souvent de toute façon...

* Disponible en coffret DVD et BR chez RIMINI EDITIONS



LES DEMONS DU MAÏS

 

LES DEMONS DU MAÏS
(Children of the Corn)

Réalisateur Fritz Kiersch
Année : 1984
Scénariste George Goldsmith
Pays : USA
Genre : Fantastique, horreur, folk horror
Interdiction : -12 ans
Avec : Linda Hamilton, Peter Horton, John Franklin, Courtney Gains, Robby Kiger...


L'HISTOIRE : Burt et Vicky roulent sur une route du Nebraska quand ils percutent un jeune garçon sorti d'un champ de maïs. Ils découvrent que ce dernier a la gorge tranchée. Voulant chercher de l'aide, ils arrivent dans la ville désertique de Gatlin et font connaissance des enfants Job et Sarah, qui leur expliquent qu'ils n'y a plus que des enfants dans la ville, suite au massacre de tous les adultes il y a quelques années. Les enfants vivent sous la coupe d'Isaac, un gourou vénérant Celui qui Règne sur les Sillons, et de Malachai, son violent bras-droit...

MON AVIS : Premier volet d'une longue saga qui comporte à l'heure actuelle 11 films (suites, remakes, variations) et 1 court-métrage, dont l'origine provient de la nouvelle de Stephen King, Les Enfants du Maïs, parue dans le recueil Danse Macabre. Une nouvelle qui est sorti en 1977 et dont la première adaptation date de 1983, avec le court-métrage Les Disciples du Corbeau, qu'on peut retrouver dans l'anthologie Contes Macabres. Puis, en 1984, c'est Fritz Kiersch qui l'adapte, via un scénario du King pas mal remanié par George Goldsmith pour le rendre plus cinématographique, ce qui a provoqué le mécontentement du célèbre romancier, qui demande alors une belle somme d'argent pour les droits de sa nouvelle, ce qui oblige les producteurs a revoir le budget prévu pour le film a la baisse. De 3 millions au départ, on passe à 1,3 millions, ce qui ne facilitera pas la tâche du réalisateur, obligé lui aussi de s'adapter, notamment au niveau des effets spéciaux. Le film sort en salles en France le 30 janvier 1985 sous le titre de Horror Kid avant de débarquer en VHS l'année suivante sous le titre plus efficace de Les Démons du Maïs. C'est l'un des premiers grands rôles de Linda Hamilton, qui allait connaître le succès en cette même année 1984 puisqu'elle sera l'héroïne de Terminator ! Elle joue ici Vicky, qui va se retrouver confronter à cette secte d'enfants tueurs avec son mari. La scène introductive du film est efficace : après l'office religieux, les adultes se rendent au café de la ville. Rapidement, après avoir absordé le breuvage, ils se plaignent de douleurs et meurt, empoisonnés. Les enfants présents sortent des armes blanches et achèvent de massacrer les derniers adultes en vie. Le générique s'ensuit, sur une musique de Jonathan Elias, qui compose un Main Title de toute beauté, avec des choeurs d'enfants qui lui donnent un ton angoissant du plus bel effet. Le reste de la partition musicale nous rappelle parfois la bande originale de La Malédiction de Jerry Goldsmith et elle est vraiment très réussie pour ma part. Le film joue dans la cour du folk horror, ces films mettant en vedette des citadins qui débarquent dans une ville perdue où l'on pratique des cultes dédiés à des dieux païens. Il joue également avec le thème des enfants tueurs, et certains plans, comme ceux où Burt est entouré d'enfants dans une rue désertique, ne manqueront pas de nous faire penser au film de Narciso Ibáñez Serrador, Les Révoltés de l'An 2000, réalisé en 1976, un fleuron du genre. Un mélange qui fonctionne pleinement à l'écran, et qui est porté par deux acteurs qui font une forte impression sur le spectateur : John Franklin et Courtney Gaines. Le premier, âgé de 24 ans à l'époque du tournage mais ne mesurant qu'1m52 suite à un souci d'hormones de croissance, interprète le gourou du culte, Isaac. Il livre une prestation de qualité et son visage adulescent est un atout indéniable pour rendre ce personnage inquiétant. Le second est peut être encore plus à féliciter pour son rôle de Malachai, le bras-droit d'Isaac. Un rouquin qui verse dans le fanatisme extrêmiste, qui est l'un des principaux thèmes abordés par la nouvelle et le film, et qui se montre impitoyable, allant même jusqu'à remettre en cause le statut de chef d'Isaac vers la fin du film, remise en cause absente de la nouvelle de King et imaginée par le scénariste, tout comme la présence de Job et Sarah, deux enfants qui n'apprécient pas les préceptes de la secte. Sarah possède en plus une sorte de don de voyance, qu'elle retranscrit via des dessins, ce qui permettra à Isaac de savoir que le couple Burt et Vicky sont en route pour Gatlin. Avec peu de moyens, Fritz Kiersch s'en sort vraiment bien, jouant plus sur l'ambiance que sur la violence graphique, plaçant continuellement sa caméra dans des endroits nous suggérant le champ de vision d'un enfant tueur aux aguets, ce qui provoque une tension permanente et un sentiment qu'une menace plane continuellement sur le couple Burt et Vicky. Les effets spéciaux et de maquillages sont d'une manière générale très corrects, avec des effets bien pensés, comme les épis de maïs qui s'écartent comme si ils étaient vivants ou cette masse qui se déplace en soulevant la terre des champs de maïs, représentant le fameux Celui qui Règne sur les Sillons. La séquence où Linda Hamilton est attachée et crucifiée sur une croix dressée en plein champ de maïs est très bonne, l'affrontement entre Isaac et Malachai - et surtout le dénouement de cet affrontement - est diablement efficace et on prend bien du plaisir à vivre ses évenements, avec un petit bémol concernant la représentation finale du monstre vénéré mais il fallait faire en fonction du budget alloué. Le scénariste a préféré céder à l'appel du happy-end total contrairement à la nouvelle, ça aussi, c'est un peu dommage. En tout cas, Les Démons du Maïs est une petite série B pour qui j'ai pas mal d'affection et que je revois toujours avec le même plaisir, envouté par la partition musicale, par les prestations de Isaac et Malachai et par ce mix folk horror / enfants tueurs qui lui donne tout son intérêt. 

* Disponible en coffret 3 DVD ou 3 Blu-ray chez RIMINI EDITIONS


VENGEANCE DIABOLIQUE

 

VENGEANCE DIABOLIQUE
(Sometimes, they come back)

Réalisateur : Tom McLoughlin
Année : 1991
Scénariste Lawrence Konner, Mark Rosenthal
Pays : USA
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec Tim Matheson, Brooke Adams, Robert Rusler, Chris Demetral, William Sanderson...


L'HISTOIRE : Jim, professeur, revient dans sa ville natale pour enseigner. De douloureux souvenirs se rappellent à lui, dont la mort tragique de son frère, agressé sous ses yeux par des voyous quand il était enfant. Des voyous qui ont trouvé la mort en même temps que son frère, dans un tunnel, percutés par un train. La reprise dans un lycée est un peu tendue, avec des élèves pas faciles. Mais Jim ne va pas être au bout de ses surprises quand, suite au décès d'un élève, il découvre que le nouvel étudiant est le sosie du chef de gang responsable de la mort de son frère. Lorsque d'autres élèves décèdent, c'est tout le gang qui réapparaît dans la classe de Jim, qui ne sait plus s'il est en train de craquer psychologiquement..

MON AVIS : En 1991, suite au succès du téléfilm Ca, il est revenu l'année précédente, on s'attendait à voir fleurir de nouvelles adaptations de Stephen King. C'est ici la nouvelle Cours, Jimmy, Cours présente dans le recueil Danse Macabre, qui a été retenue et confiée à Tom McLoughlin et aux deux scénaristes Lawrence Konner et Mark Rosenthal. Qui dit adaptation dit bien souvent prise de liberté et les scénaristes ont donc changé quelque peu la nouvelle originale, qui n'était déjà pas bien transcendente. Au rayon des ajouts, Ils ont dôté Jim d'un fils (pour l'aspect émotionnel), ils ont supprimé la mort de sa femme, ils ont fait mourir la bande de voyous en même temps que le frère de Jim dans le tunnel, percuté par un train, ils ont envoyé la bande de voyous agresser la femme et le fils de Jim chez eux, ce qui conduit ces derniers dans une église, ils ont augmenté la somme d'argent réclamée par le gang (de 4 cents dans le livre, on passe à 12 cents dans le téléfilm), ils ont ajouté une séquence où Jim retrouve le quatrième voyou qui avait échappé à la mort lors de l'agression de son frère, ils ont placé l'ancien policier chargé à l'époque de l'enquête dans une maison de retraite, ils ont fait intégré Jim à la mort de Billy pour qu'on se demande si ce ne serait pas lui qui devient fou et s'imagine des choses ils, l'ont dôté de visions lui permettant d'aider la police à trouver le corps pendu de Kate et ils ont enlevé toute la partie de la nouvelle dans laquelle Jim, à l'aide d'un livre de démonologie, trace un pentagramme dans une salle de classe, fait un pacte en se coupant deux doigts afin de faire revenir son frère de l'au-delà pour qu'il l'aide à détruire une bonne fois pour toute les trois esprits vengeurs. Ah oui, ils ont aussi eu l'idée de faire que, dans la scène du tunnel, Jim vole les clés de voiture du gang, ce qui ne leur a pas permis de redémarrer leur voiture, entraînant le choc avec le train. D'où, dans le téléfilm, leur retour pour mener à bien leur vengeance diabolique. Bon. Pas mal de changement donc, même si la trame principale est conservée. Pour interpréter Jim, c'est l'acteur Tim Matheson qui a été choisi et il fait plutôt bien le taf, tout comme Brooke Adams dans le rôle de sa femme. Les amateurs du genre reconnaîtront sans souci l'acteur qui joue Richard Lawson, le chef du gang de voyou, puisqu'il s'agit de Robert Rusler, vu dans Une Créature de Rêve et surtout dans La Revanche de Freddy !  Un casting correct mais au final, rien de vraiment très palpitant. La mise en scène est assez classique, avec toutefois des séquences sympathiques, comme celles mettant en vedette la jolie voiture rétro du trio de revenants, avec des flammes qui sortent du pot d'échappement, c'est presque la version automobile de la moto du Ghost Rider ! Le film traite des événements du passé qui rattrapent toujours les personnages dans le présent et on a donc pas mal de flashbacks concernant l'enfance de Jim et notamment la séquence dans le tunnel. Le réalisateur joue avant tout la carte de l'émotion, les scènes de classe nous rappellent un peu Class 1984 de Mark Lester, et, production destinée à la télévision oblige, le côté horrifique est quasiment absent, le film préférant accentuer le registre fantastique. L'ensemble est tout de même assez mou du genou et ça tire un peu en longueur vu que ça dure 97 minutes, je pense que ça aurait pû être torché en 80 minutes. C'est tout de même dommage d'avoir éliminé la séquence de satanisme qui était le climax de la nouvelle. A la place, on a une scène larmoyante avec le spectre du frère de Jim qui apparaît dans un halo de lumière pour lui venir en aide. Mauvais choix à mon avis. Bref, une adaptation lambda, qui ne marque pas les esprits, loin s'en faut. A voir une fois si vous êtes fans de Stephen King bien sûr.