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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




PERSONNE N'A ENTENDU CRIER

 

PERSONNE N'A ENTENDU CRIER
(Nadie oyo Gritar)

Réalisateur : Eloy de la Iglesia
Année : 1973
Scénariste Antonio Fos, Gabriel Moreno Burgos, Eloy de la Iglesia
Pays : Espagne
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec Carmen Sevilla, Vincente Parra, María Asquerino, Tony Isbert...


L'HISTOIRE : Elisa est une escort-girl raffinée, qui gagne de l'argent en passant des weeks-ends avec des hommes fortunés. De retour chez elle, elle entend Miguel, son voisin, qui essaye de réparer la porte de l'ascenseur. En sortant sur le palier, elle découvre ce dernier qui fait disparaître un corps dans la cage de l'appareil. Terrorisée, Elisa s'enferme chez elle mais Miguel, armé d'un pistolet, l'oblige à le laisser entrer. L'homme avoue qu'il vient de tuer sa femme et va forcer Elisa à l'aider à se débarrasser du cadavre, faisant d'elle sa complice...

MON AVIS : Les amateurs de cinéma Bis connaissent principalement le réalisateur espagnol Eloy de la Iglesia pour son film Cannibal Man - La Semaine d'un Assassin, réalisé en 1972 et qui avait bénéficié d'un visuel accrocheur lors de sa sortie en VHS en France. L'année suivante, il met en scène ce Personne n'a entendu crier, qui joue dans la cour du giallo de machination si on peut dire, du thriller d'ambiance qui réserve rebondissements et twist final, et qui le fait avec une réelle maîtrise. Au casting, on trouve Carmen Sevilla, actrice qui a débuté en 1947 et qui joue Elisa, une jeune femme frivole qui va être entraînée malgré elle dans une sordide histoire de meurtre. L'assassin, c'est Vincente Parra, le sordide héros de Cannibal Man justement. Ici, il joue donc Miguel, un homme charmant, poli mais qui doit tout faire pour se débarrasser du corps de sa femme sans être vu, ce qui est plutôt raté puisque pris sur le fait par Elisa. Un petit jeu du chat et de la souris va s'engager entre ces deux personnages et l'ambiance va vite devenir assez tendue. Eloy de la Iglesia et ses deux scénaristes vont alors jouer avec les attentes du spectateur, créant des situations stressantes, notamment lors de la fuite en voiture de Miguel, assisté par Elisa qui n'a pas d'autres choix que de céder aux ordres du meurtrier. Avec le corps caché dans le coffre, le voyage ne va pas être de tout repos, surtout quand une patrouille de police stoppe le véhicule et le réquisitionne pour emmener des blessés à l'hôpital. L'agent des forces de l'ordre insiste pour placer l'imposante valise d'Elisa dans le coffre, afin de libérer les sièges arrières de la voiture. Une situation qui va faire perler de sueur le front de Miguel, qui va toutefois trouver une alliée inattendue en la personne d'Elisa. Les rapports entre la jeune femme et l'assassin vont devenir de plus en plus troubles au fur et à mesure de l'avancée du film, Elisa semblant victime du syndrome de Stockholm, des sentiments pour le ténébreux Miguel semblant naître en elle. Bien malin, le scénario va nous réserver de nouvelles surprises et retournements de situation, tout en intégrant un troisième personnage au sein du duo, celui de Tony. Personne n'a entendu crier est avant tout un film qui prend son temps, qui ne mise pas sur l'action mais sur une atmosphère suffocante, très Hitchcockienne, et qui possède une mise en scène et une photographie inspirées. Hitchcock nous vient en effet irrémédiablement à l'esprit quand on regarde l'excellent film d'Eloy de la Iglesia. Comment, par exemple, ne pas penser à Norman Bates se demandant si la voiture de sa victime va couler, lors de la séquence où Miguel se demande si le cadavre lesté de sa femme va bel et bien sombrer au fond du lac ? Il en va de même pour Carmen Sevilla, qui interprète une héroïne très giallesque, parfaite au niveau de son interprétation. On peut aussi y voir des influences des Diaboliques de Clouzot. Le film est bardé de sous-entendus, de faux semblants, d'images trompeuses nous menant vers de fausses pistes, afin de mieux nous asséner le twist final, surprenant et inattendu. Le film n'est pas très violent, ni sanglant, même si on a quelques légers plans sanguinolents à se mettre sous la dent. Mais c'est bel et bien l'intrigue qui nous tient en haleine et nous manipule avec virtuosité, et on adore se laisser happer par cette dernière, on adore se faire embarquer avec les personnages dans ce thriller conventionnel certes, mais qui réussi son coup haut la main et distille son ambiance avec élégance. Un film de machination dont je n'avais jamais entendu parler et que j'ai fortement apprécié pour ma part ! A noter l'ultime séquence, pleine d'humour et de cynisme, qui ne manquera pas de vous faire sourire devant votre écran...

* Disponible en combo DVD + BR chez ARTUS FILMS 



DOLLY

 

DOLLY
(Dolly)

Réalisateur : Rod Blackhurst
Année : 2025
Scénariste Rod Blackhurst, Brandon Weavil
Pays : USA
Genre : Horreur, survival
Interdiction : -16 ans
Avec Fabianne Therese, Seann William Scott, Russ Tiller, Kate Cobb, Max the Impaler...


L'HISTOIRE : Macy part en week-end dans la forêt avec Chase, son fiancé. Ce dernier souhaite la demander en mariage durant le séjour. Intrigué par une curieuse petite musique qui semble provenir des alentour, Chase s'éloigne de Macy pour découvrir d'où provient cette musique. Il croise alors la route d'une femme curieuse, à la force herculéenne, qui porte un masque de poupée en porcelaine sur le visage et qui l'agresse brutalement. Macy se fait kidnapper par cette curieuse créature, qui l'emmène dans sa maison perdue au milieu de la forêt. Rapidement, Macy comprend que cette femme monstrueuse veut faire d'elle... son enfant !

L'AVIS : En 2022, le réalisateur Rod Blackburst signe Babygirl, un court-métrage de quatre minutes, dans lequel une jeune femme prénommée Macy se fait enlever par des individus monstrueux qui veulent faire d'elle leur enfant. Un postulat qui est resté ancré dans l'inconscient du réalisateur, qui a donc décidé de le remanier sous forme de long-métrage avec Dolly, un film qu'on ne citera pas pour son originalité, puisqu'il bouffe à tous les râteliers du survival, de Massacre à la tronçonneuse à Détour Mortel, avec une ambiance poisseuse, des agressions brutales, un côté malsain provenant du  postulat même de l'histoire et surtout avec son curieux personnage principal, Dolly, femme-enfant corpulente à la force prodigieuse, qui, à la manière de Leatherface, semble avoir un retard mental certain, ne s'exprimant que par signe ou gargouillis sonore, s'énervant à la moindre contrariété et portant également un masque sur le visage, à savoir ici, un masque de poupée en porcelaine très réussi et assez perturbant. Dolly est interprété par Max the Impaler, quel nom, une star de catch, non binaire et transmasculin, qui concourrait jusqu'à il y a peu à la NWA. Une personnalité atypique, qui convient parfaitement pour le rôle de par sa puissance, qu'on ressent à travers l'écran, quand Dolly soulève d'une main un protagoniste ou envoie valser ses victimes à travers une pièce. Dolly, c'est un vrai Jason Voorhees en puissance, qui a fait de son environnement, sa maison et la forêt avoisinante, son terrain de jeu, qu'elle connaît par cœur, ce qui lui donne toujours une longueur d'avance sur ses victimes. A la manière du tueur de Vendredi 13, Dolly poursuit une victime, disparaît d'un coup pour réapparaître plusieurs mètres plus loin devant cette dernière, comme si elle s'était téléportée. L'intérêt principal de ce nouveau boogeyman est cette recherche incessante d'avoir un enfant à s'occuper. Venant elle-même de perdre sa mère, Dolly, passionnée par les poupées, qu'elle dissémine à travers toute la maison et dans les bois, ressent ce besoin d'être mère et veut transformer ses proies en enfant, leur donnant de la bouillie à manger, leur faisant porter des couches, les enfermant dans une chambre d'enfant avec un petit lit à barreau pour couchage. Le malaise ressentit par le spectateur lors de sa vision du film provient réellement de cette caractéristique du personnage et des situations cocasses mais peu enviables des victimes forcées à régresser à un stade infantile. On pense évidemment à la situation un peu similaire du héros de Calvaire de Fabrice de Welz, avec cette homme forcé de devenir une femme par un Jackie Berroyer bien taré. Dans Dolly, c'est donc la charmante Fabienne Therese qui va devoir tout faire pour survivre aux agissements de Dolly et tenter de rester en vie. Cette actrice, on a pu la voir dans John dies at the end en 2012, dans Starry Eyes en 2014 ou dans 666 Road en 2015 entre autres. Elle assure très bien dans le film de Rob Blackburst et se révèle la parfaite antagoniste de Dolly dans le sens où, elle, ne veut pas devenir mère. Et ce n'est pas ce qu'elle subir dans le film qui va lui en donner l'envie, ça c'est sûr. On le voit, Dolly se veut un hommage à des classiques du survival 70, et il le fait de manière plutôt efficace, à défaut d'être original donc. Le film a été tourné en 16 mm, pour réussir à obtenir le grain des anciens films et ça fonctionne bien, on se retrouve de suite dans l'ambiance crasseuse de Massacre à la Tronçonneuse ou La Colline a des yeux. Niveau effets spéciaux, idem, tout est fait à l'ancienne, pas de CGI ici et c'est une très bonne chose. Dolly ne lésine pas sur la violence graphique, les coups sont puissants et font mal, comme cette pelle brisant la jambe ou la mâchoire du pauvre Seann William Scott, oui, oui, le fameux Stifler d'American Pie, qu'on ne s'attendait pas à retrouver dans un film d'horreur. Des effets gore assez crédibles, qui se montrent parfois un peu grotesques, comme cette fameuse mâchoire déjà évoquée et qui pend sur le visage du jeune fiancé qui a vu sa demande de mariage être repoussée à plus tard suite à sa rencontre avec Dolly. Mais cet aspect grotesque semble voulu par le réalisateur, qui s'autorise tous les excès et situations cocasses à même de malmener le spectateur. Un réalisateur qui place un autre protagoniste au sein de l'histoire, qui semble lui aussi retenu prisonnier par Dolly et qui permettra d'étoffer un peu le background de cette dernière. Dolly ne révolutionne donc rien dans le paysage cinématographique horrifique, on reste dans le déjà-vu mais le but de Rod Blackburst étant de rendre un vibrant hommage aux survival qu'il vénèrent, de ce point de vu, c'est assez réussi à défaut d'être surprenant ou novateur. La violence frontale est bel et bien au rendez-vous, les effets à l'ancienne assurent un spectacle souvent barbare qui ravira les amateurs et le personnage de Dolly est des plus intrigants, ce qui ne gâche rien.