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LA NUIT ÉROTIQUE DES MORTS VIVANTS

 

LA NUIT ÉROTIQUE DES MORTS VIVANTS
(Le Notti Erotiche dei Morti Viventi)

Réalisateur : Joe d'Amato
Année : 1980
Scénariste : George Eastman
Pays : Italie
Genre : Horreur, érotique, porno
Interdiction : -18 ans
Avec : Mark Shannon, Laura Gemser, George Eastman, Dirce Funari, Lucia Ramirez...


L'HISTOIRE : Larry, marin et propriétaire d'un beau voilier, accepte d'emmener John Wilson, un architecte doublé d'un coureur de jupons, ainsi que la belle Fiona qui l'accompagne, sur l'île du Chat. Cette dernière est réputée maudite, la légende voulant qu'un chat ait le pouvoir de ranimer les morts afin de protéger l'île de l'intrusion de visiteurs non désirés. Wilson doit faire des repérages afin de construire un gigantesque complexe hôtelier sur l'île. Larry et ses deux compagnons découvrent que l'île n'est pas totalement déserte : ils font connaissance avec Luna, une superbe femme qui est accompagné par un vieillard aveugle. Ceux-ci les avertissent qu'ils courent un grave danger s'ils restent sur l'île mais Wilson refuse de quitter les lieux...

MON AVIS : Au début des années 80, Joe d'Amato, adulé par les fans de cinéma d'horreur qui ont visionné Blue Holocaust et Anthropophagous, décide de quitter l'Italie pour aller se réfugier sur l'île de Saint-Domingue, dans les Caraïbes. Là, il va tourner une poignée de films avec la même équipe technique et un casting quasi récurrent, à l'image de Mark Shannon, George Eastman (qui signera plusieurs scénarios également), Dirce Funari, Annj Goren ou Lucia Ramirez entre autres. Sortira alors en 1980/1981 des Sesso Nero, Orgasmo Nero, Porno Holocaust et autre Hard Sensation. Dans certains, il tente de marier l'érotisme torride avec des éléments horrifiques et ce sera le cas avec le film qui nous intéresse ici et qui fait partie de cette liste de films tournés à Saint-Domingue, à savoir La Nuit érotique des Morts Vivants, également connu sous son titre alternatif de La Nuit fantastique des Morts Vivants, ce qui, au vu des images proposées, lui correspond nettement moins bien que le précédent. Car il faut bien avouer que ce qui semble principalement intéressé d'Amato ici, c'est de déshabiller intégralement son casting et de les faire forniquer ensemble, et ce, dans tous les endroits possibles : dans les chambres d'hôtels, sur le voilier et bien sûr sur les superbes plages de sable fin de Saint-Domingue. Sur un scénario de George Eastman, qui s'octroie le rôle de Larry le marin, le réalisateur transalpin va donc, pendant plus d'une heure et des poussières, enchaîner les scènes de sexe, tantôt simulées, tantôt abordées de manière frontale et pornographique, l'acteur Mark Shannon ne rechignant pas à dévoiler sa masculinité ni à en faire profiter les actrices qui ne sont pas réticentes à jouer avec ! Entre deux scènes de baise, on évoque quand même l'île du Chat et la superstition qui l'entoure et on assiste au meurtre d'un médecin venu faire une autopsie sur un cadavre plutôt bien vivant. Mais hormis cela, ce n'est que corps dénudés et accouplements à foison, ce qui provoque rapidement une certaine léthargie du spectateur venu assister à un film de morts vivants et qui se retrouve plutôt avec un épisode d'Emmanuelle. Certes les paysages sont paradisiaques et les filles plutôt jolies, on apprécie toujours de voir George Eastman à l'écran, ce dernier se montrant toujours aussi à l'aise et charismatique mais bon, on aimerait bien aussi avoir quelques séquences sanguinolentes à se mettre sous la dent et les voir, ces fameux morts vivants promis par le titre ! Surtout que la version intégrale du film dure environ 111 minutes et des poussières ! Que c'est long ! La présence de la belle Laura Gemser sur l'île du Chat ravive un peu notre intérêt et nous sort de notre somnolence, surtout qu'on ne sait pas si elle est bien réelle ou si c'est une apparition fantomatique, comme la scène de sexe suggérée entre George Eastman et la belle Indonésienne le laisse à penser. Il ne reste plus beaucoup de temps, une trentaine de minutes environ et ENFIN, les morts vivants décident de sortir de leur tombe. Là, le film voit son niveau s'élever puisqu'on retrouve clairement une ambiance pompée sur L'Enfer des Zombies de Lucio Fulci, réalisé l'année précédente, en 1979 donc. Morts sortant de leur tombe de sable, marchant de manière robotique sur la plage, entre les palmiers, via une séquence filmée en nuit américaine. La violence, très soft pour un film de d'Amato, fait aussi son apparition et on aura droit à quelques décapitations à la machette et quelques tirs en pleine tête plutôt sympathiques mais rien de bien gore, on ne s'explique pas cette retenue au niveau de la violence, peut être pour conserver cette atmosphère poético-horrifique ? Mystère. En tout cas, c'est joliment filmé, très bien photographié et la musique de Marcello Giombini parvient à relever le niveau de l'ensemble. Toujours est-il qu'au final, La Nuit érotique des Morts Vivants peine à convaincre, se montre relativement ennuyeux, assez peu bandant en fait, et ne vaut réellement que pour son final qui lui s'avère réussi. On a connu Joe d'Amato plus inspiré en tout cas.

* Disponible en Blu-Ray chez -> LE CHAT QUI FUME <-
• BLURAY - 1920x1080/24p
• Français et italien en DTS-HD MA 2.0
• Sous titres: Français
BONUS:
• Le vrai étalon italien avec Mark Shannon (45 mn)



LA MORT A SOURI A L'ASSASSIN


LA MORT A SOURI A L'ASSASSIN
(La Morte ha Sorriso all'Assassino)

Réalisateur : Joe d'Amato
Année : 1973
Scénariste : Claudio Bernabei, Joe D'Amato, Romano Scandariato
Pays : Italie
Genre : Giallo, épouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Ewa Aulin, Klaus Kinski, Giacomo Rossi Stuart, Angela Bo, Sergio Doria...


L'HISTOIRE : 1909, en Europe – Greta von Holstein, qui entretient une liaison incestueuse avec Franz, son frère bossu, perd la mémoire à la suite d’un accident de calèche survenu devant la demeure des von Ravensbrück. Appelé au chevet de la malade, le Dr. Sturges semble surtout s’intéresser à l’étrange médaillon inca qu’elle porte autour du cou et qui pourrait l’aider dans ses recherches sur la résurrection. Restée auprès de Walter et Eva von Ravensbrück qui se sont entichés d'elle, la belle Greta semble en proie à une ombre. La maisonnée est bientôt la cible d’une vague de crimes particulièrement violents...

MON AVIS : Joe d'Amato, le Jess Franco italien, l'homme à la filmographie avoisinant les 200 films en tant que réalisateur, en était encore à ses débuts lorsqu'il signa La Mort a souri à l'Assassin en 1973. Souvent décrit comme étant un réalisateur d'entrée de gamme, alors qu'il est mondialement reconnu en tant que chef-opérateur, Joe d'Amato, de son vrai nom Aristide Massaccesi, fait pourtant preuve d'un réel savoir-faire sur bon nombre de ses films les plus connus qui ont fait la joie des amateurs de bis rital. Ce savoir-faire, il en fait d'ailleurs preuve sur La Mort a souri à l'Assassin, un giallo assez original puisqu'il oeuvre également dans l'épouvante et propose une histoire assez rocambolesque, voire même tarabiscotée qui ne manquera pas de perdre le spectateur dans ses méandres labyrinthiques. La construction même du récit complexifie la compréhension du scénario, avec de multiples flashbacks et allers-retours entre passé et présent. Le réalisateur et ses deux scénaristes semblent même s'amuser à perdre leur public en leur proposant tout un tas d'événements qui ne respectent pas une vraie ligne chronologique. Qui plus est, comme dit plus haut, le film prend des airs de giallo mais bifurque souvent vers le cinéma d'épouvante façon Mario Bava ou Antonio Margheriti, avec des références à Edgar Allan Poe entre autres. On a aussi la thématique de la mort qui est présente et même celle de la résurrection, notamment avec le personnage du médecin joué par Klaus Kinski, ce dernier travaillant sur un liquide pouvant faire revivre les défunts, liquide issu d'un code mystérieux qui viendrait de l'époque des Incas ! Le scénario s'amuse à nouveau à brouiller les pistes avec le personnage joué par la ravissante Ewa Aulin, jolie petite blondinette au sourire charmeur et dont on se demande si elle ne serait pas elle-même revenue d'entre les morts ! Elle est le personnage principal de l'histoire et possède une présence parfois spectrale, ce qui nous interroge sur ce qu'elle est vraiment. Il faut dire que pour compliquer encore les choses, de nombreux protagonistes de l'histoire semblent être victimes de visions fantomatiques la concernant, ce qui donne lieu à de très jolies séquences, comme celle se déroulant dans le cimetière par exemple. Les décors sont bien utilisés par le réalisateur, qui parvient à créer une atmosphère inquiétante et perturbante malgré l'aspect un peu fourre-tout de son récit. Joe d'Amato se laisse également aller au niveau de l'érotisme, soft mais suave, ainsi que sur le maquillage gore , via quelques effets bien sanguinolents qui laissent entrevoir ce qu'il mettra en scène dans ses futurs films de genre : viscères sortant d'un ventre empalé, visage ravagé par un tir de carabine, chat griffant sans répit un visage et autres petites joyeusetés sont au programme et malgré un aspect un peu outrancier, ces effets gore donnent un intérêt supplémentaire à ce curieux film qui, lors de certaines séquences, peut évoquer le Blue Holocaust qu'il réalisera en 1979. Bordélique, ce giallo d'épouvante érotico-horrifique l'est assurément au niveau de sa narration mais n'en demeure pas moins intéressant par ce qu'il propose, son ambiance délicieusement macabre et morbide, sa touche très prononcée de ghost story, ses thèmes intrigants et provocateurs (nécrophilie, inceste, lesbianisme...), son casting bien en place, ses excès de violence visuelle, sa mise en scène de très bonne tenue aux fulgurances esthétiques indéniables et sa belle partition musicale due à Berto Pisano. On retiendra également cette image finale qui n'est pas sans rappeler, en moins tétanisante, celle du Trauma de Dan Curtis. A noter que le film est signé du vrai nom du réalisateur et pas de ses célèbres pseudonymes, ce qui est assez rare pour être signalé. La Mort a souri à l'Assassin est une oeuvre atypique, soignée, foutraque mais pourvue de bonnes trouvailles, qui devrait satisfaire les amateurs s'ils n'en attendant pas un giallo dans la pure tradition du genre.

* Disponible en BR chez -> LE CHAT QUI FUME <-   
Magnifique copie encore une fois, proposée en VOSTF uniquement.
BONUS:
• Le talentueux Mr D'Amato avec l'assistant réalisateur Gianlorenzo Battaglia (19 min)
• Ewa a souri à l'assassin avec l'actrice Ewa Aulin (10 min)
• Film annonce




EMANUELLE ET LES DERNIERS CANNIBALES

EMANUELLE ET LES DERNIERS CANNIBALES
(Emanuelle e gli ultimi cannibali / Viol sous les Tropiques)

Réalisateur : Joe d'Amato
Année : 1977
Scénariste : Joe d'Amato, Romano Scandariato
Pays : Italie
Genre : Aventure, érotique, horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Laura Gemser, Gabriele Tinti, Nieves Navarro, Donald O'Brien, Monica Zanchi...


L'HISTOIRE : Alors qu'elle se fait passer pour une patiente dans un hôpital psychiatrique, la journaliste Emanuelle découvre le cas d'une jeune fille qu'on a retrouvé en Amazonie et qui vient de dévorer le sein d'une infirmière. En allant parler à la patiente, Emanuelle aperçoit un étrange tatouage en bas du ventre de la jeune fille, tatouage appartenant à une tribu disparue de cannibales. Emanuelle est chargée d'aller enquêter en Amazonie par son patron. Elle sera accompagnée par l'éminent anthropologue Marl Lester pour un voyage au fin fond de l'enfer vert...

MON AVIS : Joe d'Amato est connu pour ses nombreux films érotiques et pornographiques mais également pour quelques perles du Bis italien estampillées gore, comme Anthropophagous, Horrible ou bien encore Blue Holocaust. En 1977, il décide d'envoyer sa muse Laura Gemser en Amazonie pour affronter des cannibales dans Emanuelle et les Derniers Cannibales, alors que, la même année, il lui a fait découvrir les horreurs du snuff movie dans Emanuelle en Amérique. Laura Gemser est une habituée des films de d'Amato. Elle a déjà tourné quatre films avec lui, jouant le rôle de Black Emanuelle, cette journaliste qui n'a pas froid aux yeux... ni au reste d'ailleurs. Splendide actrice au corps de braise, Laura Gemser retrouve dans Emanuelle et les Derniers Cannibales l'acteur Gabriele Tinti, qui est son mari à la ville. Un atout supplémentaire pour nous offrir des scènes d'un érotisme torride. Car pendant la première heure, le film va aligner des scènes érotiques sans discontinuité, pour le plaisir des yeux. Caressant la patiente aux instincts de cannibale pour obtenir des informations, faisant l'amour avec son petit ami, puis avec le professeur Lester, avant de s'envoler pour l'Amazonie, Emanuelle nous est offerte sous toutes ses coutures, et Dieu sait qu'elles sont jolies. Une fois arrivés dans le pays de destination, Emanuelle et le professeur vont retrouver des amis de celui-ci, en la personne d'Isabelle, jeune fille servant de guide, et de Soeur Angela, une religieuse. Parti en expédition, notre petit groupe va rencontrer un chasseur, sa femme et son guide, perdus dans la jungle. Ceux-ci se joignent à eux, et nous aurons à nouveau droit à de nombreuses scènes érotiques, comme Laura et Isabelle se lavant mutuellement dans la rivière (charmante Monica Zanchi), ou bien encore la femme du chasseur se donnant à son guide en pleine brousse. Des scènes qui sembleront inutiles à l'amateur venu trouver un authentique film de cannibales mais rappelez-vous que le film s'appelle Emanuelle et les derniers cannibales ! C'est donc à un mélange entre érotisme et gore que vous aurez droit. Cette partie s'accompagne également des éléments classiques du film d'aventure, comme sables mouvants ou présence de serpents dangereux par exemple, attaquant notre héroïne. A noter également la charmante musique de Nico Fidenco pour accompagner les ébats amoureux de nos acteurs. Puis débarque enfin nos fameux cannibales. Et là, le gore va reprendre ses droits, avec quelques séquences bien dégueulasses, comme les Italiens savent les faire ! Notre pauvre religieuse se verra dénudée, aura son téton découpé puis sera éventrée et vidée de ses intestins, goulûment ingurgités par la tribu des sauvages. Joe d'Amato ne fait pas dans la dentelle ! D'autres joyeusetés nous attendent, avec éventration, tête décapitée plantée sur un bâton ou section d'un corps en deux grâce à une ficelle ! Inventifs ces cannibales et possédant un estomac à toute épreuve ! Emanuelle et les derniers cannibales est au final un bon petit film d'aventure exotique, mêlant érotisme et gore dans une bonne alchimie. Le film est sûrement l'un des meilleurs de d'Amato, et, malgré un rythme assez lent, caractéristique des films de cannibales, et l'absence de vrai scénario (une pseudo enquête pour son reportage, la recherche de diamants disparus...) il se laisse voir avec plaisir. Certes, on est loin de Cannibal Holocaust ou Cannibal Ferox par exemple, on se rapproche plus de Amazonia l'esclave blonde dans le style, mais la présence de Laura Gemser et de sa plastique apportent un plus indéniable. A noter que le film est également connu sous le titre Viol sous les Tropiques.

* Disponible en Mediabook DVD + BR chez ARTUS FILMS

Comme d'habitude, Artus Films nous propose une édition de grande qualité, avec un livret très informatif de David Didelot qui revient sur la saga Black Emanuelle et ses dérivées. Niveau bonus vidéo, le même intervenant nous propose une présentation de 20 minutes de Joe d'Amato. Un diaporama d'affiches et de photos et la bande-annonce originale viennent compléter cette belle édition.






BLACK EMANUELLE EN AMÉRIQUE

BLACK EMANUELLE EN AMÉRIQUE
(Emanuelle in America)

- Visionné en version intégrale non censurée -

Réalisateur : Joe d'Amato
Année : 1977
Scénariste : Maria Pia Fusco
Pays : Italie
Genre : Érotique, Aventure, X, Horreur
Interdiction : -18 ans
Avec : Laura Gemser, Gabriele Tinti, Roger Browne, Paola Senatore...


L'HISTOIRE : La jolie photo-reporter Emanuelle est toujours à la recherche de scoop pour le journal qui l'emploie. A New York, elle va dévoiler les activités suspectes du milliardaire Eric van Darren puis à Venise, elle devra percer à jour le Duc Alfredo Elvize, ami de Van Darren, avant de s'envoler pour les Caraïbes afin de photographier ce qui se passe dans une luxueuse résidence, transformée en bordel pour femmes aisées. Sur place, elle découvrira dans l'une des chambres un mini-film dans lequel des mercenaires torturent et mutilent des femmes pour de vrai...

MON AVIS : Suite au succès planétaire du film français Emmanuelle, qui fera de son actrice principale Sylvia Krystel une star, les Italiens, rois de la copie cinématographique, cherchent à surfer sur la renommée du film de Just Jaeckin réalisé en 1974. C'est en regardant Emmanuelle 2 l'année suivante qu'ils découvrent dans le rôle d'une masseuse l'actrice Laura Gemser, une indonésienne au corps et à la beauté exotique parfaits. Il n'en fallait pas plus pour que les Italiens aient l'idée d'en faire la vedette d'une série de films d'aventures érotique en la renommant simplement Black Emanuelle, avec un seul "M" pour éviter les procès pour plagiat. L'affaire est dans le sac dès 1975 avec la sortie de Black Emanuelle réalisé par Bitto Albertini. Suivra en 1976  Black Emanuelle en Orient, cette fois-ci réalisé par le célèbre Joe d'Amato, qui va venir pimenter la saga de sa folie, notamment avec le troisième épisode mis en scène en 1977, le fameux Black Emanuelle en Amérique. Un film à la réputation sulfureuse, principalement pour deux séquences qui ont transformé un banal film d'aventure érotico-exotique en oeuvre culte pour les amateurs de cinéma bis déviant. Car sans ses deux séquences sur lesquelles je vais revenir par la suite, il faut bien avouer que Black Emanuelle en Amérique ne se démarquerait pas vraiment du lot des productions érotiques de l'époque, si ce n'est par la présence toujours radieuse de son actrice principale. Le scénario, si on peut appeler ça comme ça, est on ne peut plus léger et on a plus l'impression d'assister à une sorte de film à sketchs avec un maigre fil conducteur, avec des scénettes se déroulant dans divers pays, qu'à une véritable histoire. Emanuelle à New York, Emanuelle à Venise, Emanuelle au Caraïbes, Emanuelle en Amérique Latine, Emanuelle en Afrique, on ne peut pas dire que Black Emanuelle en Amérique ne nous fasse pas voyager ! Laura Gemser promène sa gracieuse silhouette dans ces divers paysages et use de ses charmes à maintes reprises pour se sortir de situations périlleuses ou juste pour prendre du bon temps. La jolie reporter est une adepte de l'amour libre et elle donne autant qu'elle reçoit. Elle se fait kidnapper par une jeune homme qui lui reproche de faire des photos nue de sa petite amie et la menace d'un pistolet ? Hop, une petite fellation plus tard, le danger est écarté ! La directrice d'un harem clandestin a découvert sa véritable identité ? Hop, un numéro de charme, un peu d'alcool et la voilà tirer d'affaire ! Elle sait y faire notre Black Emannuelle, il n'y a pas de problème insurmontable pour elle ! Reste que les très nombreuses séquences érotiques qui ponctuent régulièrement le film finissent pas ennuyer plus qu'à exciter, tant elles sont répétitives et pas franchement originales, si on excepte celle dans laquelle une jeune femme recouverte de gâteau se fait "manger" par les invités d'une orgie organisée par le personnage joué par Gabriele Tinti, mari de Laura Gemser à la ville. Comme bien souvent, Black Emanuelle en Amérique dispose de nombreuses versions en fonction de la censure des divers pays. Dans la version intégrale, l'érotisme soft se partage avec des scènes ouvertement pornographiques, qui n'apportent pas grand chose au final et qui ne mettent jamais Laura Gemser en scène qui plus est, ce qui amoindri encore plus leur intérêt. Les pérégrinations de la belle Emanuelle sont sans réelle saveur au final et rien ne fait vraiment décoller ce film. Rien sauf la folie de son réalisateur. Joe d'Amato, bien connu des fans de cinéma d'horreur puisqu'il leur a offert des films tels Blue Holocaust, Anthropophagous ou Horrible entre autres, va totalement se lâcher dans deux séquences qui donnent tout son sel à Black Emanuelle en Amérique et qui lui valent sa solide réputation.La première est une séquence dite de zoophilie dans laquelle les invités d'une soirée festive vont aller espionner l'une des invités qui a une attirance non pas pour le sexe masculin mais plutôt pour celui chevalin ! Devant la foule agglutinée, l'actrice va prodiguer une masturbation au cheval qui semble apprécier cette attention toute particulière. Une scène qui sera reprise par Joe d'Amato dans son Caligula la Véritable Histoire en 1983. Si cette séquence pourra choquer le spectateur non préparé, le réalisateur va mettre la barre encore plus haute avec la fameuse séquence du snuff movie. Si ce mythe (?) du film dans lequel on torturerait et assassinerait pour de vrai des acteurs a fait son apparition en 1975 dans le film Snuff de Michael Findlay, les séquences imaginées par Joe d'Amato dans Black Emanuelle en Amérique vont encore plus loin dans le sordide et reste peut-être encore à ce jour les plus atroces jamais réalisées sur ce sujet, dépassant même celle de Salo ou les 120 jours de Sodome de Pasolini. En mission d'infiltration, Emanuelle observe les relations sexuelles de femmes riches dans un luxueux harem clandestin situé dans les Caraïbes. Dans une chambre, un couple fait l'amour; Emanuelle remarque qu'une caméra super 8 projette un film qui semble les exciter. La curiosité étant un vilain défaut, Emanuelle ne peut s'empêcher de regarder les images projetées sur un petit écran blanc. Et là, le spectateur sera tout autant sidéré que la belle photographe. Sur l'écran, dans un format vidéo assez dégueulasse, ce qui renforce l'impression de réalisme, on voit des sortes de mercenaires en tenues militaires abuser sexuellement de plusieurs femmes tout en les torturant, les mutilant de manière vraiment atroce. Ce snuff movie, on en verra d'autres images encore plus horribles vers la fin du film, Emanuelle ayant réussi à remonter le filon et à trouver une personne le possédant et ayant connaissance d'où il a été filmé. La belle se retrouve en Amérique du Sud et va assister en direct live à la torture et aux diverses mutilations subies par de pauvres femmes considérées comme un simple objet : femme brûlée au chalumeau, gode géant enfoncé dans la bouche et dans lequel on va déverser de l'huile bouillante, femme marquée au fer incandescent, femme prise en levrette avec un mors dans la bouche qui va lui ouvrir la mâchoire en deux, femme dont on va couper le sein au couteau et autres joyeusetés sont proposés au public avec une complaisance absolue et une envie de choquer qui emmène le film très loin dans l'abject le plus sordide. Emanuelle va se réveiller et son amant de lui expliquer que tout ça n'était qu'un cauchemar du à la prise de LSD. Pourtant, une fois chez son patron, Emanuelle découvre des photos qui viennent corroborer que ce snuff movie était bel et bien réel et qu'il existe donc une organisation mafieuse qui tire profit de ces atrocités. Malheureusement pour la reporter, son patron lui annonce qu'il ne pourra pas diffuser son article et les photos et que cette décision de censure est politique, ce qui la mettra dans une rage folle. Avec ces séquences vraiment choquantes, Joe d'Amato a réussi son pari : faire d'un film érotique assez fade en fin de compte une oeuvre qui possède toujours un statut de film culte auprès des aficionados et qui continue, année après année, de faire parler de lui. Il est malin ce Joe ! Egalement en 1977, il poursuivra sur sa lancée et mixera encore érotisme et horreur en envoyant Laura Gemser dans l'enfer vert se confronter à une peuplade cannibales dans Emanuelle et les Derniers Cannibales.

* Disponible en DVD collector chez BLUE UNDERGROUND (avec version française)

* PS : Didier Lefèvre du fanzine Médusa nous précise qu'en 1969, il y a eu Io Emmanuelle de Cesare Canevari qui utilisait la même recette que le film de 1974.


EMMANUELLE ET FRANÇOISE

EMMANUELLE ET FRANÇOISE
(Emmanuelle e Françoise - le Sorelline / Emanuelle's Revenge)

Réalisateur : Joe D'Amato
Année : 1975
Scénariste : Joe D'Amato, Bruno Mattei
Pays : Italie
Genre : Thriller, Drame, Horreur, Erotique
Interdiction : -16 ans
Avec : George Eastman, Rosemarie Lindt, Annie Carol Edel, Patrizia Gori...


L'HISTOIRE : Emmanuelle apprend que sa sœur Françoise s'est suicidée en se jetant sous un train. Elle découvre que Françoise était sous l'emprise totale de Carlo, son compagnon, qui l'a poussé à faire des choses inavouables par amour et qui a fini par la rejeter, entraînant la jeune femme dans une dépression sentimentale qui s'est soldée par ce drame. Emmanuelle, bien décidée à se venger de Carlo, se met à séduire ce dernier, pour mieux lui faire subir son plan machiavélique...

MON AVIS : Chef opérateur talentueux et reconnu, Aristide Massaccesi, surnommé l'homme aux mille pseudonymes, se lance dans la réalisation dès 1972 et va connaître une carrière hors norme, avec plus de 190 films à son actif, auxquels il faut ajouter tous ceux dont il a été le chef opérateur, le producteur ou le scénariste entre autres ! Son pseudonyme le plus célèbre est celui de Joe d'Amato et c'est sous ce dernier qu'il réalise en 1975 le malsain Emmanuelle et Françoise, sur un scénario écrit par lui-même mais aussi par le non moins célèbre Bruno Mattei. Les deux hommes s'inspirent de l'histoire vue dans un film grec, The Wild Pussycat (1969) de Dimis Dadiras et proposent à George EastmanRosemarie Lindt, Annie Carol Edel et Patrizia Gori de faire partie du casting. A l'arrivée, Emmanuelle et Françoise (qui n'a rien à voir avec la série des Emmanuelle avec Laura Gemser ni avec ceux de Sylvia Kristel) nous propose un mélange de genre, allant du thriller au drame, en passant par l'érotisme et l'horreur. C'est un film profondément pessimiste, qui ne respire pas la joie de vivre, on peut le dire. C'est principalement le cas durant le premier quart d'heure, qui nous dévoile le destin tragique de la malheureuse Françoise, superbement interprétée par une Patrizia Gori assez touchante dans ce rôle de femme adulant son compagnon et l'autorisant à lui faire subir les pires sévices par amour. D'Amato filme durant cette présentation du personnage, puis lors de quelques flashbacks, des scènes très dures d'humiliations et de brutalités sexuelles, toujours emprunt d'un voyeurisme pervers qui met mal à l'aise le spectateur. George Eastman, célèbre pour avoir été la star de deux autres films de D'Amato au début des années 80 (Anthropophagous et Horrible) joue Carlo, ce salaud de la pire espèce, ce macho sans cœur qui considère les femmes comme des kleenex jetables. Son attitude révoltante envers Françoise nous le fait détester et on aimerait bien qu'il endure lui aussi quelques tourments indésirables. Coup de bol, les scénaristes nous ont entendu puisqu'ils vont lui envoyer un ange de la vengeance en la personne d'Emmanuelle, la sœur de Françoise. Interprétée par  la blonde Rosemarie Lindt, cette dernière va jouer au même niveau que l'infâme Carlo et va même dépasser le maître qui ne s'attendait pas à se faire prendre au piège. D'Amato s'amuse avec ses deux personnages, apaise un peu le climat délétère qu'il a installé depuis le début du film en les faisant se courtiser, danser dans une discothèque ou prendre un peu de détente à la plage. De simples préliminaires, parfois amusants, qui vont aboutir à la fameuse vengeance mitonnée avec soin par Emmanuelle. Drogué par cette dernière, le vilain Carlo va se retrouver enfermée dans une pièce secrète de l'appartement d'Emmanuelle, pièce entièrement capitonnée, insonorisée et qui bénéficie d'un grand miroir sans tain lui permettant de voir celle qui l'a séquestré s'adonner exprès aux plaisirs de la chair sans que lui-même ne puisse y participer. La frustration change de camp et le début de la torture mentale et physique de Carlo peut débuter. Avec un vrai sadisme, Emmanuelle se donne sans retenue à un mécanicien ou se livre à des strip-teases torrides devant ce fameux miroir, bien consciente de l'effet prodigué à sa victime. Comble du délice, elle administre également à Carlo une drogue qui va provoquer chez ce dernier des hallucinations, l'entraînant dans une folie mentale de premier ordre ! A ce titre, la scène du repas est juste hallucinante, c'est le cas de le dire ! Je laisse la surprise à ceux qui découvriront le film. Petit à petit, l'horreur se mêle à l'érotisme et au drame et le sang fait son apparition, certes de manière assez cheap mais qui correspond bien à l'atmosphère un peu onirique voulue par le réalisateur lors des délires de Carlo. Les scènes érotiques restent soft mais efficaces et contribuent à intensifier l'aspect glauque, malsain du film. Avec un mauvais goût totalement assumé, Emmanuelle et Françoise est une perversion filmique à la mise en scène des plus correctes et à la photographie inspirée. Un film Bis sulfureux, qui devrait ravir tous les mouvements féministes actuels qui prendront un vrai plaisir à savourer goulûment le traitement peu ragoutant infligé à Carlo par Emmanuelle ! Un des très bons films de Joe D'Amato

LE COMBO BR / DVD DU CHAT QUI FUME
Bénéficiant d'un superbe visuel, le combo DVD / BR édité par Le Chat qui Fume, limité à 1000 exemplaires, est encore une fois d'un grand raffinement. Un fourreau classieux renferme le digipack trois volets contenant le BR, le DVD du film et le DVD des bonus.Parmi ceux-ci, un interview de George Eastman (de son vrai nom Luigi Montefiori) qui revient sur le film et sa relation avec Joe D'Amato, regrettant sincèrement que ce dernier n'ait jamais eu l'ambition de réaliser des films au budget plus conséquent (24 minutes). L'actrice Maria Rosaria Riuzzi nous parle aussi du film (15 minutes), tout comme l'auteur du livre Joe D'Amato le réalisateur fantôme, Sebastien Gayraud (49 minutes). Cerise sur le gâteau, un très long interview de Joe D'Amato, issu du Joe D'Amato totally Uncut de Roger A. Fratter (1999). Une édition prestigieuse, comme d'habitude.

* Disponible en combo DVD / BR chez LE CHAT QUI FUME



ORGASMO NERO

ORGASMO NERO
(Orgasmo Nero / Les Plaisirs d'Hélène / Sex and Black Magic)

Réalisateur : Joe D'Amato
Année : 1980
Scénariste : Joe D'Amato
Pays : Italie, République Dominicaine
Genre : Erotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Susan Scott, Richard Harrison, Lucia Ramirez, Mark Shannon...



L'HISTOIRE : Hélène part rejoindre Paul, son mari, sur une île des Caraïbes. Ce dernier étudie les mœurs et comportements de la tribu qui vit sur l'île afin de rédiger un ouvrage sur le sujet. Hélène, citadine dans l'âme, espère que cette escapade dans un lieu exotique va gommer ses problèmes de couple, son mari n'arrivant pas à lui faire un enfant. Sur place, Hélène tombe sous le charme d'Haini, une belle native qui vient de perdre son père, dévoré par un requin. Pour combler l'absence d'enfant dans sa vie, Hélène désire "adopter" Haini et la ramener en ville...

MON AVIS : Faisant partie de la série de films tourné en République Dominicaine par Joe D'Amato, Les Plaisirs d'Hélène ou Orgasmo Nero a la particularité de mettre en scène le bien connu Richard Harrison, acteur culte du cinéma bis, des fans de péplum et des fans de nanars, l'homme ayant joué dans pléthore de films de ninja par exemple. Avec une filmographie de plus de 120 titres au compteur, il est impossible que les néophytes ne connaissent pas son visage. Dans ce film de D'Amato, il interprète un anthropologue impuissant qui n'arrive pas à faire un enfant à son épouse, jouée par Susan Scott. célèbre actrice également vue dans pas mal de gialli dans les 70's tels Toutes les couleurs du vicePhoto interdite d'une bourgeoiseNuits d'amour et d'épouvanteSo Sweet So DeadLa mort caresse à minuit ou Chassés-croisés sur une lame de rasoir par exemple. Il est assez amusant de voir Richard Harrison dans des scènes érotiques, l'acteur s'en sortant avec peine et ne semblant pas franchement à l'aise avec sa partenaire quand il s'agit de lui faire des papouilles sur son anatomie dénudée ! La légende voudrait qu'il ne savait pas que le film verserait dans l'érotisme, Joe D'Amato ne l'ayant pas prévenu de cet aspect ! Sacré Richard ! Susan Scott s'en sort mieux, se livrant à maints plaisirs solitaires sous la douche ou sur son lit et ne refusant pas de s'envoyer la jeune et belle native de l'île, toujours aussi joliment interprétée par Lucia Ramirez. Cette actrice a la carrière fulgurante (six films réalisés par Joe D'Amato entre 1980 et 1981) possède une peau d'ébène et un corps quasi parfait et n'est pas sans nous rappeler Laura Gemser. Elle ouvre d'ailleurs le film avec une séquence choc puisque selon les rituels de sa tribu, l'âme d'un défunt réside dans son cœur. Son père venant d'être tué par un requin, elle se dresse au dessus de sa dépouille et lui prélève le cœur afin de s'en repaître et donc intégrer en elle l'âme de son papa ! On reconnaît bien là le style horrifique de D'Amato, même si cette séquence reste bien plus soft que celles vues dans Emanuelle et les derniers cannibales ou Emanuelle en Amérique, tous deux réalisés avant Orgasmo Nero. Hormis ce prélude un peu gore (idée qu'on retrouvera à la fin du film, je vous laisse la surprise même si elle se devine), le reste du métrage est à classé dans le cinéma érotique exotique. Sans réel fil conducteur, D'Amato enchaîne les scènes de sexe soft comme on enfile des perles. Le scénario se fait des plus légers et si les paysages dépaysent (logique !), si le charme et la plastique de Lucia Ramirez font de l'effet, on ne peut toutefois s'empêcher de trouver le rythme un peu mollasson. D'Amato tente tout de même de placer une virulente critique à l'encontre des citadins blancs venant profaner les autres pays : quand Hélène veut ramener en ville Haini, cette dernière doit être désavouée par sa propre mère afin de pouvoir quitter son île. Après avoir reçue plusieurs coups de fouet, la jeune fille est libre et peut s'envoler avec Hélène et son mari, devenant par la même occasion l'objet, le jouet de cette dernière. Quand Hélène apprend qu'elle va pouvoir avoir un enfant de Paul, elle n'a plus l'utilité d'Haini et veut s'en débarrasser sans autre commune mesure en la renvoyant sur son île. Sympa. Utilisée puis jetée comme une vieille chaussette ! On s'en vraiment que D'Amato s'est pris de passion pour les habitants de Saint-Domingue vu le sort qu'il réserve à Paul et Hélène. Orgasmo Nero est au final un petit film érotique exotique sans autre prétention que celle de divertir. On notera une courte scène de fellation non simulée lors d'un fantasme d'Haini, séquence qui intervient sans réelle raison, sûrement un bout de scène non retenue au montage final et placé là pour pimenter un peu le tout. Pas de quoi se relever la nuit mais pas désagréable non plus, même si on lui préférera d'autres films de son réalisateur. Il est dommage que D'Amato n'a pas développé plus l'aspect rituel ou vaudou dans ce film et n'est pas plus joué sur l'horreur graphique. Pour l'anecdote, il semblerait que ce film ait été réalisé en 1978, la même année que Et Mourir de Plaisir mais qu'il soit sorti en 1980.

* Disponible en DVD version intégrale chez Bach Films

NOTE : 3/6


SESSO NERO

SESSO NERO
(Sesso Nero)

Réalisateur : Joe D'Amato
Année : 1980
Scénariste : Luigi Montefiori
Pays : Italie
Genre : Erotique, X
Interdiction : -16 ans
Avec : Mark Shannon, Annj Goren, George Eastman, Lucia Ramirez...



L'HISTOIRE : Mark Lester apprend qu'il doit subir une opération vitale de la prostate qui le laissera impuissant. Il demande quinze jours à son chirurgien et retourne dans l'île de Saint-Domingue pour profiter une dernière fois des plaisirs de la chair. Arrivé sur place, il revoit ses anciens amis mais également une jeune femme dont il fut follement amoureux par le passé et qui serait morte de chagrin suite à son départ. Mark est troublé par cette vision car la jeune femme est resté physiquement telle qu'elle était par le passé. Le père de cette dernière étant spécialisé dans les pratiques du vaudou, Mark se demande s'il n'est pas victime d'une vengeance du paternel, s'il a vu un fantôme ou si son ancienne dulcinée est bel et bien vivante...

MON AVIS : Entre 1978 et 1980, le prolifique réalisateur italien Joe D'Amato se prend de passion pour l'île de Saint-Domingue, située dans les Caraïbes. Dans ce lieu paradisiaque, il a réalisé plusieurs films, souvent avec la même équipe de tournage et les mêmes acteurs, notamment en 1980. D'après un scénario de Luigi Montefiori, plus connu sous le nom de George Eastman, Sesso Nero est une date dans le cinéma italien car il est le premier film à s'insérer dans le filon de la pornographie. Spécialisé dans l'érotisme et le gore, Joe D'Amato franchit avec cette oeuvre la ligne de démarcation entre sexe simulé et sexe non simulé. Fellations multiples, pénétrations ou masturbation féminine filmée avec moult détail sont donc au programme de Sesso Nero qui nous présente l'acteur Mark Shannon en bien fâcheuse posture puisque ce dernier, macho avide de sexe, va devenir impuissant après une opération urgente qui doit être exécutée dans une quinzaine de jours. L'acteur deviendra un spécialiste des scènes hard chez D'Amato et on le verra dans d'autres films de la période "Saint-Domingue", comme Orgasmo Nero, La Nuit Fantastique des Morts-Vivants, Porno Holocaust ou Hard Sensation par exemple. Dans Sesso Nero, il interprète un personnage pour le moins antipathique, qui n'hésite pas un seul instant à sauter la femme de son meilleur ami pendant que ce dernier est parti lui chercher une bonne bouteille ! Sympa ! Homme à femmes, on comprend vite que la gent féminine n'est pour lui qu'un objet dont il peut user et abuser et même lorsque sa propre femme débarquera sur l'île, il n'hésitera pas à la tromper avec des domestiques par exemple. Il a néanmoins un point faible : son ancienne amour qu'il a abandonné jadis et qu'il vient d'apercevoir dans une rue, ce qui lui semble impossible, la belle n'ayant physiquement pas subit l'épreuve du temps qui passe. Sesso Nero dévie gentiment dans une atmosphère un peu fantastique puisqu'on ne sait pas si Mark est victime de vision ou s'il est hanté par un fantôme. Le thème du vaudou vient s'ajouter à cette ambiance suave et on se demande nous aussi de quoi il en retourne vraiment. Pas déplaisant à regarder, Sesso Nero propose de plus de jolis paysages, la mer, les palmiers, le sable chaud et quelques actrices peu farouches qui n'hésitent pas à donner de leur personne, à l'image de Annj Goren ou de Lucia Ramirez. Même si les scènes hard sont donc non simulées ici, on ne peut pas vraiment dire qu'elles soient bien excitantes tant les actrices semblent se retenir ou semblent ne pas être très à l'aise avec le sexe filmé sans tabou. On est loin du ressenti qu'on pouvait avoir face aux prestations plus soft mais nettement plus affriolantes de Laura Gemser par exemple. Si on appréciera de voir notre bon George Eastman dans le film, la séquence dans laquelle il apparaît est par contre d'un ridicule inachevé : assis à une table dans un bar dont Eastman est le propriétaire, un couple fait un strip-tease sur un air disco et leur prestation est juste pathétique. Sesso Nero reste tout de même assez distrayant et nous rappelle les films érotiques de M6 en deuxième partie de soirée. On a toutefois connu Joe D'Amato plus inspiré et le film ne laissera pas un souvenir majeur dans nos esprits. A découvrir néanmoins pour ce qu'il représente par rapport au cinéma érotique italien et pour la fameuse ultime séquence dans laquelle Mark Shannon se tranche le sexe.

* Disponible en DVD version intégrale chez Bach Films

NOTE : 3/6


DEEP BLOOD

DEEP BLOOD
(Sangue negli abissi)

Réalisateur : Joe d'Amato 
Année : 1990
Scénariste : George Nelson Ott
Pays : Italie
Genre : Aventure, Horreur, Sharksploitation
Interdiction : /
Avec : Frank Baroni, Allen Cort, Keith Kelsch, Margareth Hanks...


L'HISTOIRE : Quatre enfants font un pacte de sang et se jurent une amitié infaillible. Des années plus tard, ils se retrouvent durant les vacances dans la ville balnéaire de leur jeunesse, que certains n'ont jamais quitté. Entre embrouilles avec le gang de Jason, altércation amicale avec le shérif, réconciliation paternelle et retrouvailles amoureuses, la vie des quatre copains bat son plein. Jusqu'à ce que l'un d'eux se fasse mortellement agresser par un requin, ce dernier n'en étant pas à sa première victime dans les parages. Le pacte de sang revient dans les mémoires et les trois derniers membres du groupe décident de venger leur camarade et de traquer le redoutable prédateur marin...

MON AVIS : Le succès des Dents de la Mer a entraîné, durant les années 70, 80 et 90, l'apparition de toute une série de films mettant en vedette des squales meurtriers. On citera à titre d'exemple Requins (1975), Shark Kill (1976), Mako: The Jaws of Death (1976), Tintorea (1978), Bermudes: Triangle de l'enfer (1978), Cyclone (1978), Les Dents de la Mer 2ème partie (1978), La Mort au Large (1981), Les Dents de la Mer 3 (1983), Shark's Paradise (1986), Les Dents de la Mer 4 (1989), Furia asesina (1990) ou Cruel Jaws (1995) par exemple. La décennie 2000 et 2010 a vu également la popularité du film de requin en hausse, avec nombre de longs métrages dans lesquels il fût le protagoniste principal. Le réalisateur italien Joe d'Amato s'est lui aussi laissé happé (classe le jeu de mot hein ?) par l'univers de la Sharksploitation en 1990 avec Sangue negli abissi, plus connu sous le titre de Deep Blood. Avec sa réputation de sombre navet, étant souvent considéré comme l'un des plus mauvais films de requins, et marquant le déclin définitif du cinéma bis italien, Deep Blood n'a pas grand chose pour lui sur le papier. Pourtant, une fois la vision terminée, on peut trouver quelque peu exagéré les propos sévères qui le plombent depuis des lustres. Certes, on est à des années lumières de la réussite formelle du chef-d'oeuvre de Steven Spielberg. Mais ça, on s'en doutait déjà puisqu'aucun film de requins ne peut rivaliser avec Les Dents de la Mer. En fait, Deep Blood se classe dans la catégorie des Sharksploitation familial et on a du mal à s'imaginer Joe d'Amato derrière la caméra car il fait preuve d'une retenue désarmante, que ce soit au niveau de l'érotisme ou du gore. Celui qui nous a régalé avec ses films vomitifs tels Anthropophagous, Horrible ou Blue Holocaust se montre ici sage comme une image, ne dévoilant aucun bout de sein ou se contentant de rougir l'eau lors des attaques du requin. Deep Blood se révèle donc on ne peut plus soft niveau violence et le film pourra donc être vu sans aucun soucis en famille, ce qui pourra servir à initier votre progéniture au cinéma de Joe d'Amato ! Cool non ? Avec son histoire d'amitié sacrée, ses séquences parfois riches en tendresse et émotions (si, si !), sa jolie musique, son histoire de malédiction ancestrale (qui ne sert à rien mais bon...), son shérif ventripotent mais sympa, ses bons sentiments et sa morale bon enfant (le méchant bad boy qui finit par rejoindre le groupe de copains afin de lutter avec eux contre le requin alors qu'il ne pouvait pas les blairer durant tout le film ! C'est beau ! ), sa mise en scène académique mais néanmoins plaisante, ses stock-shots de requin qui, admettons-le, sont plutôt assez bien intégrés au long métrage, ses séquences sous-marines réussies et une bien vilaine maquette de requin lors du final, Deep Blood se laisse regarder tranquillement et ferait sans soucis un bon programme de la chaîne M6 un mardi soir par exemple. Évidemment, si vous êtes venus voir un requin surdimensionné bouffer de l'adolescent avec moult membres arrachés à l'écran et suspense à couper au couteau, vous ressortirez forcément déçu. Personnellement, vu tout ce que j'en avais entendu, j'ai trouvé le film de d'Amato correct, et bien éloigné de la purge intégrale attendue. Pas un grand film de requin mais un divertissement pour tous qui tient la route et qui, malgré des défauts certain, ne me laissera pas un mauvais souvenir et que je pourrais même revoir un jour ou l'autre avec mon fils...

* Disponible en DVD chez CROCOFILMS

NOTE : 3/6



ANTHROPOPHAGOUS

ANTHROPOPHAGOUS
(Anthropophagus)

Réalisateur : Joe D'Amato
Année : 1980
Scénariste : Joe D'Amato, George Eastman
Pays : Italie
Genre : Horreur, Cannibales
Interdiction : -16 ans
Avec : Tisa Farrow, Saverio Vallone, Serena Grandi, Mark Bodin, George Eastman...


L'HISTOIRE : De jeunes amis se rendent sur une île grecque pour se divertir. Ils découvrent un village vide de tout occupant. Une de leurs amies disparaît. Après l'avoir recherchée, ils décident de passer la nuit dans une maison apparemment abandonnée. Dans la cave de la maison, ils découvrent une jeune fille complètement terrifiée cachée dans un tonneau. La jeune fille leur raconte qu'elle tente d'échapper à un homme qui aurait mangé tous les habitants de l'île. La peur commence à gagner le groupe...

MON AVIS : Titre phare du cinéma gore italien 80's, la réputation d'Anthropophagous risque de lui jouer des tours auprès de la nouvelle génération qui, s'attendant à voir de la tripaille en pagaille, en sera tout compte fait pour ses frais. Car hormis quatre ou cinq scènes chocs, dont deux totalement cultes qui ont marqué les esprits des spectateurs de l'époque, le film de Joe d'Amato se révèle être en fait un film misant beaucoup plus sur l'ambiance que sur un déferlement d'horreur graphique. Par petites touches successives, le réalisateur italien, qui avait déjà touché au genre horrifique avec Black Emanuelle en Amérique (1977), Emanuelle et les derniers cannibales (1977) et surtout Blue Holocaust (1980), plonge le spectateur et ses personnages dans l'inquiétant décor, pourtant ensoleillé, d'un petit village perdu sur une île grecque et dont la population semble avoir totalement disparue. Le kidnapping d'une femme enceinte, restée seule avec un matelot sur un bateau, ce dernier se retrouvant sans tête, nous met la puce à l'oreille : il y a un quelque chose ou quelqu'un de pas très net sur l'île ! On le sait déjà me direz-vous, il suffit de regarder l'affiche du film ou de lire le slogan, d'une efficacité redoutable : "L'homme qui se mange lui-même" ! Un argument marketing imparable qui a grandement participé au succès d'Anthropophagous, notamment en vidéo. Malin, Joe d'Amato tarde à nous montrer son psychopathe cannibale, et préfère jouer sur la suggestivité et l'ambiance justement. Les déambulations du petit groupe dans des rues désertes, la découverte d'une vaste demeure, dans laquelle une femme se pend devant eux, puis d'une jeune fille aveugle complètement terrifiée dans la cave, cachée dans un tonneau (pour ce qui sera l'une des meilleures scènes du film), autant d'éléments qui installent un climat angoissant, que viennent renforcer les conditions climatiques, à savoir un violent orage qui prive nos jeunes touristes d'électricité et les obligent à se déplacer à l'aide de bougies. Anthropophagous peut se targuer de développer une atmosphère digne d'un film d'épouvante gothique, ce que viendra encore confirmer la découverte de l'antre de l'anthropophage, situé dans des catacombes dans lesquelles sont entassés des ossements humains et autres squelettes, décor qui accentue encore le caractère morbide de l'oeuvre et renvoie le film de D'Amato au cinéma de Lucio Fulci ! Si jusqu'à présent Anthropophagous s'était montré relativement sage niveau excès sanglant, le dernier quart d'heure va vite venir remettre les pendules à l'heure, avec notamment la fameuse scène dans laquelle notre cannibale extirpe le foetus d'une femme enceinte et le croque à pleines dents ! D'autres petites joyeusetés vont suivre et les amateurs de gore seront enfin en territoire connu. George Eastman dans le rôle titre se montrera particulièrement terrifiant dans ce film, le visage mutilé, les yeux exorbités et dans lesquels les signes de la folie mentale sont bien présents. On appréciera le flashback nous dévoilant pourquoi ce personnage en est arrivé à devenir cannibale, séquence qui nous le ferait presque prendre en affection, à l'instar des grands monstres classiques telle la créature de Frankenstein. Plus victime que véritable tueur sanguinaire, l'anthropophage nous gratifiera d'une séquence particulièrement jouissive et effrayante, celle dans laquelle il gravit lentement les marches situées à l'intérieur d'un puits, traquant sa prochaine victime. Le final, avec la seconde scène culte qui illustre par l'image le fameux slogan cité plus haut, clôturera de manière directe et brutale ce film d'horreur qui a certes vieilli (notamment au niveau de la musique) mais qui, pour ma part, reste un film maîtrisé, efficace, correctement interprété et que je prends toujours autant plaisir à regarder. Merci à Bach Films de nous l'avoir offert en DVD dans sa version intégrale et nanti d'une qualité d'image plus que correcte, renvoyant aux oubliettes ma vieille VHS...

* Disponible en DVD chez BACH FILMS




HORRIBLE

HORRIBLE
(Rosso Sangue)

Réalisateur : Joe D'Amato
Année : 1981
Scénariste : George Eastman
Pays : Italie
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec :  George Eastman, Annie Belle, Charles Borromel, Katya Berger ...


L'HISTOIRE : Un prêtre pourchasse Mikos Stenopolis, homme qui possède la capacité de pouvoir régénérer les cellules endommagées de son corps, ce qui fait de lui un immortel. Seule la destruction de son cerveau peut stopper Stenopolis, qui a déjà tué une infirmière de manière brutale. Le prêtre et la police se lance à sa poursuite, sans succès. Tuant toute personne rencontrée sur son passage, Mikos Stenopolis trouve refuge dans la maison d'une jeune handicapée, qui passe la soirée seule avec son jeune frère et une infirmière. La nuit va se transformer en un véritable cauchemar...

MON AVIS : Titre phare pour toute la génération ayant vécu les 80's, Horrible fait incontestablement partie du patrimoine cinéphilique de ceux qui passaient leur samedi matin dans les vidéos-clubs, subjugués par les superbes affiches de VHS étalées dans les rayonnages. Une VHS que j'ai longtemps contemplée sans oser la louer, la réputation et le titre du film lui-même, associés au superbe visuel l'illustrant, parvenant à effrayer l'adolescent de 12/13 ans que j'étais à l'époque et à me faire demander si je supporterais le spectacle gore proposé. Et puis bien plus tard, j'ai enfin vu Horrible. L'excitation a fait place à une certaine déception car si scènes horribles il y a bien, le film n'a rien d'un chef-d'oeuvre pour autant. Revu à nouveau pour vous donner mon avis sur ce blog, la déception s'est encore une fois confirmée. Horrible est bourré de défauts : à savoir, un rythme mou du genou la plupart du temps ; une photographie sombre et pas très jolie ; un tas de scènes inutiles et bavardes qui ne font pas avancer l'histoire et provoquent l'ennui. Des défauts qui prennent le pas sur les aspects positifs du film de Joe d'Amato : un George Eastman monolithique et impressionnant en tueur fou ; des meurtres graphiques, sanglants, inventifs et qui, même si on devine le latex et le trucage la plupart du temps, font toujours leur petit effet (mention spéciale à la scène de la tête dans le four !) ; un final péchu et bien barré. A partir du moment où Mikos Stenopolis pénètre dans la maison de la jeune handicapée, l'ambiance devient plus prenante et le huis-clos fonctionne plutôt pas mal. Horrible est donc un pur film bis italien dont la réputation peut jouer en sa défaveur, la faute à un scénario bien trop basique et exécuté sans grand génie par Joe d'Amato. Reste alors les scènes gore et son acteur principal, véritable raison d'être du film. Le thème musical principal du film est excellent par contre. Pour l'anecdote, Horrible se fait parfois appeler Anthropophagous 2, du fait que le personnage de Mikos Stenopolis est grec, tout comme le cannibal également interprété par George Eastman dans Anthropophagous (1980), qui est également un film de Joe d'Amato...

NOTE : 3/6



CALIGULA : LA VERITABLE HISTOIRE

CALIGULA : LA VERITABLE HISTOIRE
(Caligola : la storia mai raccontata)


Réalisateur : Joe d'Amato
Année : 1982
Scénariste : Joe d'Amato, George Eastman
Pays : Italie
Genre : Péplum, Erotique
Interdiction : -16 ans
Avec : David Brandon, Laura Gemser, Luciano Bartoli, Charles Borromel, Fabiola Toledo, Sasha d'Arc


L'HISTOIRE : Troisième empereur romain, Caligula règne en maître despotique absolu et fait vivre son peuple dans la terreur, se prenant pour un Dieu, ridiculisant le Sénat, vivant dans la débauche la plus totale et commettant des crimes et des meurtres de façon arbitraire. La belle esclave Miriam, voulant venger l'une de ses proches assassinée par l'empereur fou, va peu à peu se mêler à la vie du despote pour s'attirer ses faveurs et pouvoir mener à bien son plan...

MON AVIS : En 1979, Tinto Brass étonne son monde avec Caligula, fresque flamboyante avec Malcolm McDowell dans le rôle titre. Il était évident que les italiens allaient vouloir profiter du succès de ce film et en proposer d'autres versions. Ce sera donc Joe d'Amato (sous son pseudonyme de David Hills) qui se collera à la tâche deux ans plus tard avec ce Caligula : La Véritable Histoire, qui n'atteindra évidemment pas le niveau de l'oeuvre qui a servi de modèle. Comme à son habitude, Joe d'Amato va nous offrir ce qu'il sait faire de mieux : des scènes érotiques à profusion et quelques séquences chocs, dont un empalement par l'anus assez douloureux. Le film vaut d'ailleurs principalement pour ce mélange érotico-horrifique car il est de qualité assez moyenne et n'a pas du bénéficier d'un gros budget, les décors étant plutôt limité et sobre, et les costumes ne font pas dans le spectaculaire. Lorsqu'on nous propose un combat de gladiateurs, on a seulement droit à deux combattants. Bref, on assiste à un péplum de petite envergure. Néanmoins, on appréciera l'interprétation de David Brandon, parfait dans le rôle de ce fou en puissance, ainsi que la présence de la belle Laura Gemser, égérie du réalisateur. Même s'il n'est qu'une petite série B sans éclat, Caligula : La Véritable Histoire se présente quand même comme une oeuvre décadente, violente, sadique et cruelle, avec viol, barbarie, orgies, tortures en tout genre et même une séquence zoophile (suggérée) avec un cheval ! De quoi combler les amateurs qui ne s'attendaient évidemment pas à voir une production pharaonique à la Cecil B. DeMille.

NOTE : 3/6




LE COUVENT DES PÊCHERESSES


LE COUVENT DES PÊCHERESSES
(La Monaca del Peccato / Convent of Sinners / On l'appelle Soeur Désir)


Réalisateur : Joe d'Amato
Année : 1986
Scénariste : Antonio Bonifacio, Daniele Stroppa, d'après l'oeuvre de Diderot "La Religieuse"
Pays : Italie
Genre : Nunsploitation
Interdiction : -16 ans
Avec : Eva Grimaldi, Karin Well, Gabriele Gori, Jessica Moore, Martin Philips, Gabriele Tinti


L'HISTOIRE :  Violée par son beau-père, la jeune Suzanne est envoyée au couvent pour devenir religieuse contre son gré. Une fois dans l'enceinte cléricale, Suzanne va découvrir un monde d'hypocrisie et de débauches sexuelles cachées. Prise sous la protection de la Mère Supérieure, Suzanne va s'attirer les foudres de la Mère en second, qui va comploter contre elle et tenter de la faire passer comme étant possédée par le Diable...

MON AVIS : Le bien connu Joe d'Amato nous livre un "Nunsploitation" de qualité mais qui s'avère relativement sage au niveau de la frénésie sexuelle qui régie généralement ce type de long-métrage. Ce qui se passe dans un couvent à fait fantasmer une génération de réalisateurs masculins qui ont laissé libre cours à leurs désirs en faisant du lieu saint un endroit de débauche. Dans Le Couvent des Pêcheresses, il y a évidemment de l'érotisme mais qui s'avère très gentillet, avec une multitude de nonnes fort jolies que le réalisateur italien passe son temps à dénuder et à filmer de près, mais quasiment aucun accouplement lesbien ou avec des prêtres, si ce n'est la séquence où Suzanne embrasse le prêtre à travers une grille. On a connu Joe d'Amato plus en forme à ce niveau. Le film se laisse donc regarder tranquillement, le spectacle n'est pas désagréable, loin s'en faut et les malheurs d'Eva Grimaldi restent de l'ordre de l'anecdotique. Le métrage change soudain de ton en cours de route, lorsque la Mère en second, jalouse de Suzanne, lui déclare la guerre et veut la faire passer pour une possédée. Le film devient alors un pamphlet anti-clérical, puisqu'on dépêche sur place un pseudo exorciste qui, sous l'influence de la Mère en second, n'hésite pas à chauffer un crucifix discrètement avant de le placer devant Suzanne. La jeune fille recule bien sur devant la chaleur de l'objet, mais son geste sera pris pour un signe de sa possession. Joe d'Amato égratigne ainsi l'Eglise et les extrémistes religieux qui ont conduit à faire naître l'Inquisition. Cette seconde partie est beaucoup moins distrayante que la première, puisque plus sérieuse et réaliste. Eva Grimaldi s'en sort plutôt bien et livre une composition de qualité. Au final, un "Nunsploitation" assez sobre mais joliment filmé, qu'apprécieront les amateurs du genre même si on pouvait s'attendre à plus de délire de la part du réalisateur italien.