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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




LA NUIT DES DIABLES

LA NUIT DES DIABLES
(La Notte dei Diavoli / The Night of the Devils)

Réalisateur : Giorgio Ferroni 
Année : 1972
Scénariste : Eduardo M. Brochero, Romano Migliorini, Gianbattista Mussetto
Pays : Italie, Espagne
Genre : Épouvante
Interdiction : -16 ans
Avec : Gianni Garko, Agostina Belli, Roberto Maldera, Cinzia De Carolis...


L'HISTOIRE : Trouvé errant dans les bois, totalement amnésique, Nicola se réveille dans une clinique. L’arrivée à son chevet de la belle Sdenka, qui semble le connaître, le rendre furieux. Petit à petit, Nicola commence à se rappeler ce qui lui est arrivé. Après un accident de voiture, il a été recueilli par une famille de paysans semblant volontairement coupée du monde. Ces derniers se barricadent à chaque tombée de la nuit et semblent redouter une soit-disant sorcière qui habiterait dans les bois...

MON AVIS : On ne peut pas dire que le réalisateur italien Giorgio Ferroni soit un spécialiste du cinéma fantastique. L'homme est plutôt un féru de westerns et de péplums. Pourtant, en 1960, il offre aux spectateurs une oeuvre d’épouvante gothique somptueuse : Le Moulin des Supplices. Il récidivera dans le genre de l'épouvante une seconde fois, en 1972, avec La Nuit des Diables. Ce film est une adaptation libre de la célèbre nouvelle de Tolstoï, "La famille du Vourdalak", qui a également été adapté au cinéma dans Les Trois Visages de la Peur de Mario Bava (1963), The Vampire Family de Gennadiy Klimov et Igor Shavlak (1990) et Daddy, Father Frost Is Dead de Yevgeny Yufit (1991). Dans le film de Giorgio Ferroni, c'est l'acteur Gianni Garko, que les fans de westerns connaissent bien, qui interprète le personnage de Nicola et qui se retrouve à être le témoin de bien étranges phénomènes après avoir été recueilli par une famille de paysans vivant au beau milieu des bois. L'introduction du film est très habile et originale, puisque Nicola se retrouve dans un hôpital, en état d'amnésie total. Il a des visions particulièrement sanglantes et érotiques et semble angoissé à la tombée de la nuit. Avec cette introduction, le réalisateur parvient à faire naître chez le spectateur l'envie d'en savoir plus car le comportement de Nicola nous semble des plus intrigants et on aimerait bien savoir ce qui lui est arrivé. La venue d'une jeune femme prétendant le connaître va le mettre dans un état de panique et d'anxiété, lui faisant alors recouvrir la mémoire. La suite du film va donc nous permettre de découvrir quels horribles événements ont plongé Nicola dans cet état d'amnésie. Présenté dans un splendide cadre forestier, lugubre et angoissant à souhait, l'action de La Nuit des Diables nous transporte dans une sorte de fable horrifique, de conte terrifiant. Il y a une maison dans les bois, une sorcière, une malédiction familiale, des femmes en péril, des armes qui sont des pieux en bois, des enfants ricanants, des hommes valeureux qui vont tenter de sauver leur famille, un étranger qui ne comprend pas tout et semble perdu dans cet univers qui lui est inconnu, une belle jeune fille qui tombe amoureuse de l'inconnu, des rites ancestraux et des créatures de la nuit assoiffées de sang, aussi romantiques que dangereuses. L'ambiance campagnarde est vraiment l'un des points forts du film, les arbres et surtout la couleur des feuilles décuplant l'aspect poétique de l'oeuvre. Poétique, La Nuit des Diables l'est, assurément. Même les monstres qui habitent les bois et vont mettre à mal la famille de paysans participent à renforcer cet aspect poétique. Car ils n’agissent pas par plaisir ou par sadisme mais uniquement pour garder éternellement à leurs côtés ceux qu'ils aiment ! C'est beau non ? A ce romantisme d'outre-tombe, Giorgio Ferroni apporte du contraste au niveau de la violence, qui ne lésine pas sur les effusions de sang rougeoyant, de cœur prélevé à main nue, de visage qui fond et décrépit à vue d'oeil, de pieu en bois s'enfonçant dans les corps. Une violence assez crue, qui annoncent les futurs excès de la décennie 70's. Avec un rythme relativement contemplatif, La Nuit des Diables nous conte donc l'histoire de cette famille et de cet étranger confrontés à des forces qui les dépassent. Si Nicola ne comprend pas le comportement de ses hôtes, ceux-ci savent parfaitement à quel danger ils sont exposés. Quand leur père part en chasse et se doit impérativement d'être rentré à 18h, le fils ne tarde pas à tailler un bout de bois en pieu acéré. On devine qu'il n'hésitera pas à tuer son père si ce dernier n'est pas à l'heure, nous faisant comprendre par la même occasion que cette malédiction, ce danger qu'on n'a pas identifié en tant que spectateur, doit être terrible pour en arriver au parricide. L'angoisse monte habilement, petit à petit au fur et à mesure que l'histoire avance. L'épouvante gagne du terrain et seule la radieuse présence de la fort jolie Agostina Belli apporte un peu d'accalmie. La Nuit des Diables nous propose un choc culturel savamment mis en scène et nous fait pénétrer dans un climat d'épouvante insidieux, à l'image du personnage de Nicola dont la peur va envahir tout son être. Un beau film gothique italien, qui prend son temps, parfois un peu trop peut-être (j'aurai aimé un peu plus de rythme), n'échappe pas à quelques maladresses mais qui fait bonne figure parmi les classiques du genre !

* Disponible en combo BR / DVD chez LE CHAT QUI FUME. L'éditeur nous propose à nouveau une édition de très haute qualité, avec un master flamboyant, restituant parfaitement le travail sur la photographie. Des tonnes de bonus sont présents (interviews à foison, la nouvelle de Tolstoï en livre audio, le film en mode VHS et j'en passe) le tout présenté dans un luxueux digipack à trois volets sous fourreau. Un achat incontournable.

NOTE : 4/6



BATMAN V SUPERMAN : L’AUBE DE LA JUSTICE

BATMAN V SUPERMAN : L’AUBE DE LA JUSTICE
(Batman vs Superman : Dawn of Justice)

- visionné en version longue -

Réalisateur : Zack Snyder 
Année : 2016
Scénariste : Chris Terrio, David S. Goyer
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Action, Super-héros
Interdiction : /
Avec : Ben Affleck, Henry Cavill, Amy Adams, Gal Gadot, Jesse Eisenberg...


L'HISTOIRE : Craignant que Superman n'abuse de sa toute-puissance, Batman le chevalier noir de Gotham décide de l'affronter : le monde a-t-il davantage besoin d'un super-héros aux pouvoirs sans limite ou d'un justicier à la force redoutable mais d'origine humaine ? Pendant ce temps-là, une terrible menace se profile à l'horizon…

MON AVIS : Critiques virulentes, bashing permanent, Batman vs Superman peut dire qu'il n'a pas rallié à sa cause la presse ciné, spécialisé ou pas, ni une large partie des spectateurs. Cet acharnement envers le film de Zack Snyder est-il réellement justifié ? Tant d'avis si négatif, virulent, cruel parfois, qui ont miné le moral de Ben Affleck lui-même, me faisait quelque peu appréhender ma vision du film mais comme je sais qu'il faut toujours se forger sa propre opinion, pas question de ne pas lui donner sa chance. Avec la sortie DVD / Blu-ray, j'ai pu visionner Batman vs Superman en version longue, avec tout de même plus de trente minutes supplémentaires, soit une durée de 182 minutes au compteur contre les 153 minutes de la version sortie au cinéma. Si je ne sais pas quelles sont les différences fondamentales entre ces deux versions, il n'en reste que j'ai fortement apprécié le film et que j'avoue ne pas comprendre la férocité et la haine que certains déversent contre lui. Déjà, le film se veut très sérieux, on est loin des délires fun et distrayant des productions Marvel, du moins jusqu'à la dernière partie, avec le combat titanesque contre Doomsday, qui, lui, reprend les codes des films à grand spectacle façon Avengers, avec destruction massive, explosions ininterrompues et effets-spéciaux à foison. Mais avant d'en arriver là, Zack Snyder, à l'instar de Christopher Nolan avec sa trilogie sur le chevalier noir, nous propose un film intense, riche en émotions, servi par des acteurs charismatiques et investit dans leur rôle. Véritable surprise, Ben Affleck est tout simplement parfait dans le rôle de Bruce Wayne et parvient à rendre crédible le personnage, n'occultant jamais sa noirceur, sa violence et son aspect totalement psychotique. Quant à Henry Cavill, j'avoue qu'il arrive à me faire oublier Christopher Reeves et qu'il est lui aussi parfait dans le costume de Superman. Le film nous propose dans ses débuts de nous faire suivre deux histoires, chacune consacrée à l'un des héros, et dont les éléments finiront par s'imbriquer les uns avec les autres pour arriver à cette fameuse rencontre au sommet promise par le titre. Entre un Batman ravagé par un sentiment de vengeance personnel contre le super-héros à la cape rouge et un Superman qui n'a plus l'admiration du public suite au chaos provoqué par ses pouvoirs vient se greffer un dénommé Lex Luthor dont on ne comprend pas au départ ses intentions et ses rapports avec les deux héros mais qui sera la clé de cet affrontement haut en couleurs. Si  le duel est impressionnant, ce n'est pas non plus l'élément essentiel du film, ce qui a peut-être provoqué la colère du public qui s'attendait sûrement à voir un combat de boxe sur une longue durée ? Toujours est-il que ce combat est riche en intensité et en action et qu'il s'avère être à la hauteur de mes espérances. Ce qui m'a le plus séduit dans Batman vs Superman, c'est la dimension iconique des personnages, et en particulier celle de Superman, qui va devoir effectuer un vrai travail de conscience sur lui-même, coincé entre la puissance des ses pouvoirs et les dégâts collatéraux qu'ils peuvent engendrer. Quelle est sa place dans notre monde ? Une thématique fort intéressante et bien mise en valeur par Zack Snyder et ses deux scénaristes. J'ai lu ici et là que certains trouvaient le film ennuyeux, au contraire, j'ai été captivé du début à la fin et les moments de calme, basés sur les relations entre les personnages, sont essentiels au contraire pour totalement s'immerger dans leur univers. Certes, on assiste parfois à quelques facilités scénaristiques, à des séquences de "fanboy" afin de préparer les prochains films tirés de l'univers DC (avec Wonder Woman qui regarde des vidéos nous présentant Flash, Aquaman et Cyborg) mais dans l'ensemble, Batman vs Superman est un spectacle de tous les instants, doté d'une belle maturité et qui prend des risques justement en ne cédant que lors de sa dernière partie au délire très "comics". Spectaculaire tout en jouant la carte de la retenue durant une bonne partie du métrage, l'apparition finale de Doomsday et de Wonder Woman (très jolie Gal Gadot) le fait bifurquer, comme déjà évoqué, dans un délire pyrotechnique total, peut être un peu trop poussé mais en tout cas bien efficace. Profondément adulte, Batman vs Superman est une belle réussite, sombre, nihiliste, qui assume jusqu'au bout son aspect dramatique avec une fin assez couillue même si on sait qu'elle ne sera pas définitive. Du très bon boulot monsieur Snyder

NOTE : 5/6


AMERICAN PIE

AMERICAN PIE
(American Pie)

Réalisateur : Paul Weitz, Chris Weitz 
Année : 1999
Scénariste : Adam Herz
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie
Interdiction : /
Avec : Jason Biggs, Chris Klein, Thomas Ian Nicholas, Alyson Hannigan, Shannon Elizabeth, Seann William Scott, Tara Reid, Eugene Levy ...


L'HISTOIRE : Mortifié pour avoir été surpris par ses parents devant un film X, Jim, élève de terminale, fait un pacte avec sa bande de copains : ils doivent devenir des hommes avant leur entrée à la fac. Il leur reste trois semaines pour utiliser toutes les techniques possibles de séduction. Tous les moyens sont bons, même les plus inattendus, car chaque jour compte. Une chose est sûre, Jim ne regardera plus jamais une tarte aux pommes de la même façon !

MON AVIS : Un classique de la "teen-comédie" qui a eu un succès fou lors de sa sortie en salle et qui fut suivi par trois suites officielles de très bonne facture et quatre dérivés beaucoup moins réussis. Ce premier American Pie est vraiment très drôle et propose toute une flopée de gags salaces et irrévérencieux, voire même parfois assez trash (le sperme dans le verre de bière entre autre). La grande force du film, outre son humour qui ne fait pas dans la finesse, reste son casting et ses personnages. Jim le maladroit et son père, Kevin et la romantique Victoria, Finch le raffiné (ou Pause-Caca), Oz le sportif et Heather la choriste, la tornade Steve Stifler, Michelle la flûtiste ou la sexy Nadia sont autant de protagonistes qu'on apprend à apprécier et qu'on aura grand plaisir à retrouver au fil des trois films suivants. Leurs mésaventures, principalement portées sur le sexe, sont une invitation à se remémorer les années lycées, la découverte de son corps, la drague auprès des filles, la timidité ou la fougue de certains. Le sexe est sans conteste le centre d'intérêt principal de tous les personnages dans American Pie : certains n'ont envie que de connaître les plaisirs de la chair quand d'autres aimeraient bien que les sentiments amoureux entrent en jeu. Les situations proposées atteignent parfois des sommets de mauvais goût assumé (le père de Jim surprend son fils en train de se masturber sur un film porno ou "baiser" une tarte aux pommes), jouent même sur la scatologie (le laxatif donné à Finch qui va avoir une diarrhée du tonnerre dans les toilettes... des filles) ou la gérontophilie (ce même Finch qui va s'envoyer la mère de Stifler sur une table de billard), bref, ne font pas dans la dentelle, ce qui peut paraître assez étonnant pour cette comédie venant d'un pays assez puritain. Les dialogues sont à l'avenant : crus, directs, grossiers, sans fioritures. Les réalisateurs n'ont pas voulu embellir la réalité et les adolescents d'American Pie parlent comme les adolescents dans le monde réel, ont les mêmes envies, les mêmes attentes, les mêmes soucis, les mêmes questionnements. Car derrière son apparence de comédie à la limite du vulgaire, American Pie dresse un portrait assez juste de l'adolescence justement et les personnages sont bien plus intéressants, bien mieux pensés qu'il n'y parait de prime abord. Les filles accordent plus d'importance aux sentiments que les garçons, ces derniers sont prêt à tout pour "être le premier à tirer son coup", quitte à mentir pour une histoire d'ego (le pauvre Sherman s'en souviendra longtemps). Personnage jubilatoire, le père de Jim est certainement l'un des plus attachants de toute la saga et le charisme de l'acteur Eugene Levy n'y est pas étranger. La scène dans laquelle il va "éduquer" son fils à grand coup de magazines érotiques est à se pisser dessus. Culte, la séquence de la webcam donnera du fil à retordre à nos zygomatiques et la gent masculine (et pourquoi pas féminine) ne manquera pas d'être en extase devant la plastique fort charmante de l'actrice Shannon Elizabeth. American Pie, malgré ses dix-sept ans, fonctionne toujours aussi bien et amuse toujours autant. De quoi se divertir agréablement et même en famille, surtout si vous avez un ado de 12/13 ans avec vous ! Et comme cours d'éducation sexuelle, ça le fait plutôt pas mal si vous avez des difficultés à en parler avec lui !

NOTE : 5/6




L'ULTIME CHEVAUCHÉE

L'ULTIME CHEVAUCHÉE
(Raiders of Old California)

Réalisateur : Albert C. Gannaway
Année : 1957
Scénariste : Samuel Roeca, Tom Hubbard
Pays : Etats-Unis
Genre : Western
Interdiction : /
Avec : Jim Davis, Arleen Whelan, Faron Young, Lee Van Cleef,  Louis Jean Heydt...


L'HISTOIRE : A la fin de la guerre du Mexique, le capitaine McKane oblige un officier mexicain à lui céder ses terres lors de sa capitulation. Trois ans plus tard, le traître McKane fait régner la terreur parmi la population mexicaines, qu'il a dépouillé de ses terres.  Mais le juge Ward Young, assisté de son fils, le Marshal Faron Young, vient enquêter sur ces acquisitions douteuses, ce qui ne sera pas du goût de McKane et de ses hommes de main...

MON AVIS : Premièrement, soyons clair d'entrée de jeu : L'Ultime Chevauchée est un western à très faible budget, réalisé par Albert C. Gannaway en 1957. Ce producteur / réalisateur adorait les westerns et il en a réalisé plusieurs pour se faire plaisir. La même année que L'Ultime Chevauchée, il réalise d'ailleurs The Badge of Marshal Brennan avec quasiment les mêmes acteurs au casting. Deuxièmement, même si on n'est pas en présence d'un grand western connu et reconnu qui mérite de figurer au panthéon des meilleures productions du genre, il faut avouer que j'ai pris un certain plaisir à visionner L'Ultime Chevauchée, considéré sur certains forums consacré au western comme un navet mais qui, au final, est loin de mériter cette qualification injurieuse. Avec sa courte durée de 69 minutes au compteur, le film n'ennuie jamais et propose de nombreuses scènes d'action rondement menées. Le film débute lors de la guerre au Mexique et les rebelles mexicains se prennent une raclée par les soldats américains emmenés par le capitaine McKane, interprété par Jim Davis. Le capitaine mexicain, Miguel Sebastian, capitule. On retrouve alors McKane et ses hommes de main devenus des cow-boys trois ans plus tard. Ce dernier est devenu un homme tyrannique, qui terrorise la population mexicaine, les privant de leurs terres. Parmi ses hommes de main se trouve le violent Damon Pardee, joué à merveille par un Lee Van Cleef détestable. Véritable machine à tuer psychotique, privé de toute émotion, ce célèbre acteur mérite à lui seul la vision du film tant sa prestation est appréciable dans ce rôle antipathique. Contrairement à d'autres westerns de cette époque dans lequel il trouvait assez rapidement la mort, il demeure en vie assez longtemps dans L'Ultime Chevauchée, ce qui fait marquer des points au film. L'autre personnage principal du film, en dehors de Jim Davis et Lee Van Cleef, est le Marshal Faron Young, interprété par... Faron Young ! Ce dernier est un célèbre chanteur de musique country qui a fait une courte carrière au cinéma, jouant dans cinq longs métrages. Il est également connu pour avoir composé le titre "Is it so strange" pour Elvis Presley. Dans L'Ultime Chevauchée, il est plutôt bon, et se montre des plus habiles au pistolet, touchant sa cible à chaque fois qu'il presse la gâchette. Venu accompagné son père qui est juge, notre Marshal Young se veut être le redresseur de tord venant en aide à la population mexicaine face au méchant McKane. Aussi habile avec ses poings qu'avec une arme, il donnera une bonne correction à Lee Van Cleef. Sa soif de justice l’entraînera dans de dangereuses aventures dans lesquelles son instinct de survie sera mis à rude épreuve. Pour prouver que McKane s'est approprié illégalement les terres des fermiers mexicains, Faron Young aura pour mission d'aller retrouver la trace de Miguel Sebastian tout en évitant les pièges des hommes de main de MacKane, ce qui nous vaudra quelques gunfights et course-poursuite à cheval efficaces pour un film de cette envergure. On a même droit à l'attaque de trois indiens ! Le final fera évidemment triompher le bien sur le mal. Franchement, même s'il ne paye pas de mine, même si on a souvent l'impression de regarder un épisode d'une série-télévisée, L'Ultime Chevauchée est vraiment distrayant et agréable. Un petit western fort sympathique pour ma part, bourré d'anachronisme selon le spécialiste Georges Ramaïoli interrogé dans les bonus DVD mais ça ne m'a pas du tout dérangé. A réserver aux amateurs du genre qui apprécient les westerns à l'ancienne et à petit budget et ne s'attendent pas à voir Il était une fois dans l'Ouest...

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 4/6






CHARLEY LE BORGNE

CHARLEY LE BORGNE
(Charley One-Eye)

Réalisateur : Don Chaffey
Année : 1973
Scénariste : Keith Leonard
Pays : Angleterre, Etats-Unis
Genre : Western, Drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Richard Roundtree, Roy Thinnes, Nigel Davenport, Aldo Sambrell...


L'HISTOIRE : Ben, un soldat noir, tue son officier et déserte l'armée. Perdu en plein désert, il rencontre un indien boiteux qui a pour seul ami des poules, dont une en particulier qu'il a baptisé "Charley le borgne". Si au départ les relations sont tendus entre les deux hommes, Ben affirmant son autorité et se comportant comme un chef, plus le temps passe et plus ils vont apprendre à se connaître et à s'apprécier. Ce que Ben ignore, c'est qu'un chasseur de primes est à ses trousses...

MON AVIS : Il y a des fois comme ça où vous ne vous attendez à rien de plus qu'à passer un bon moment devant votre écran en appuyant sur le bouton "play" de votre télécommande de lecteur DVD. Et puis vous tombez sur un film qui, malgré son apparence anodine, vous touche, vous émeut, vous surprend. La vision de Charley le Borgne a eu cet effet sur moi. Je n'en attendais rien en particulier. J'avais repéré le nom du réalisateur qui ne m'étais pas inconnu, Don Chaffey étant quand même la personne qui nous a offert Jason et les Argonautes en 1963, Un Million d'Années avant J.C. en 1966 ou le sympathique film pour enfant Peter et Elliot le Dragon en 1977, en plus d'avoir réalisé pas mal d'épisode de séries-télévisées, notamment pour Le Prisonnier, Chapeau Melon et Bottes de Cuir période Linda Thorson (Tara King) ou Charlie et ses Drôles de Dames. Présent au générique, le nom de Roy Thinnes a également aiguisé ma curiosité, l'acteur étant le célèbre David Vincent de la série culte Les Envahisseurs. A part ça, la lecture du scénario ne m'a pas transcendé plus que ça mais, fidèle à ma philosophie, j'ai commencé la vision du film sans aucun a priori, laissant sa chance à chaque oeuvre que je visionne, n'accordant aucune importance aux avis positifs ou négatifs des autres spectateurs. A l'arrivée, surprise totale ! Charley le Borgne est un authentique ovni cinématographique, bien différent de ce qu'on a l'habitude de voir. Pas sûr que le film plaise à tout le monde tant il sort des sentiers battus et s'avère hors-norme. Déjà, le casting est réduit comme une peau de chagrin : trois acteurs vedettes plus quelques figurants qui apparaissent par-ci par-là. Et encore, quand je dis trois acteurs vedettes, on pourrait presque dire deux et demi car le troisième, Nigel Davenport, qui interprète le chasseur de primes, doit apparaître vingt minutes à l'écran au grand maximum. En fait, Charley le Borgne repose sur les épaules de ses deux personnages, à savoir Ben le soldat noir et l'Indien boiteux, interprété respectivement par Richard Roundtree (vu dans Shaft et Les nouveaux exploits de Shaft en 1971 et 1972) et donc Roy Thinnes. La rencontre des ces deux protagonistes pittoresques va servir de porte d'entrée pour le spectateur à un spectacle un peu hors du temps, suivant avec étonnement puis amusement leur parcours de ces deux êtres que tout oppose. Le film est extrêmement contemplatif, normal avec juste deux personnages à l'écran, et il ne faut pas chercher à voir de l'action car, malgré sa classification dans le genre western, vous ne verrez ni gunfights, ni poursuite à cheval, ni shérif, ni cavalerie, ni je ne sais quoi encore. Juste deux paumés qui vont se découvrir, s'appréhender puis développer un lien réciproque d'amitié et de respect, ce qui n'était pas gagné au départ. Très habile dans sa construction, le film de Don Chaffey développe des thèmes forts, comme la racisme, la haine de l'étranger, la solitude, l'amitié. Le personnage de Ben est d'ailleurs des plus intéressants car il s'est engagé dans l'armée "pour pouvoir tuer des blancs". Une rancœur solide certainement ancré en lui depuis l'esclavage. Sa rencontre avec l'Indien va lui donner l'occasion de renverser les valeurs et de devenir "le tyran", usant de sa force (et surtout de son arme) pour obliger ce dernier à accomplir tout ses désirs et en faire son "boy". Si Ben nous apparaît comme antipathique, brimant l'Indien qui ne demande rien à personne et passe son temps à causer à son poulet borgne, notre ressneti vis à vis de lui va évoluer car son attitude va changer au fil de l'aventure, et de jolis sentiments vont venir s'imbriquer dans cette relation au départ à sens unique, qui va évoluer vers une belle histoire d'amitié, qui s'avérera fort touchante vers la fin. Le racisme est également évoqué à travers le personnage du chasseur de primes, qui, lui, déteste clairement les noirs. Il n'hésitera d'ailleurs pas à attacher Ben la tête à l'envers et à le fouetter par pur plaisir sadique. Charley le Borgne contient quelques séquences de violence assez crue, héritées du western italien, comme la terrible scène de lapidation, qui ne prête pas à sourire. Quelques excès de cruauté qui tranche avec l'humanisme de nombreuses scènes présentes au sein du film, la plus tendre étant la relation entre l'Indien et son poulet. On en arrive même à se trouver ému face à la mort de ce dernier (merde, c'est qu'un poulet quand même !). Et que dire du final tragique, nihiliste, dans lequel la violence va venir rattraper les deux amis qui avaient élus domicile dans une petite chapelle abandonnée, paisible havre de paix qui ne va pas le rester longtemps. Charley le Borgne est vraiment un film à part, c'est un western totalement atypique, parfois presque surréaliste dans son approche. Il est tellement "autre" qu'il en devient fascinant, quasi hypnotique. Une belle découverte qui ne laissera personne indifférent. Ne démériterait pas de faire partie des films "culte", ne serait-ce que par la prestation à contre-courant de Roy Thinnes.

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 5/6


SEPT ANS DE RÉFLEXION

SEPT ANS DE RÉFLEXION
(The Seven Year Itch)

Réalisateur : Billy Wilder
Année : 1955
Scénariste : Billy Wilder, George Axelrod
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Romance
Interdiction : /
Avec : Marilyn Monroe, Tom Ewell, Evelyn Keyes, Sonny Tufts...


L'HISTOIRE : Après avoir déposé à la gare sa femme et son fils qui partent en vacances, Richard Sherman, agent publicitaire dans une maison d'édition, reste seul dans son appartement. Devant respecter les interdictions de son épouse durant son absence, comme ne pas boire ni fumer, Richard tente de prendre sur lui et de résister aux démons de la tentation. Mais quand ceux-ci prennent l'apparence d'une ravissante locataire venant tout juste de s'installer dans l'appartement situé au dessus de chez lui, sa mission devient vite compliquée, surtout que sa libido se réveille par la même occasion...

MON AVIS : Sept ans de Réflexion est l'adaptation cinématographique d'une pièce de théâtre à succès. Le scénario du film et sa thématique même, à savoir le désir d'adultère naissant après sept années de mariage, a subit la foudre du code Hays, texte qui fixe les règles de ce qui peut être dit ou montré au cinéma à l'époque. Les deux scénaristes, dont le réalisateur, ont donc eu l'obligation de modifier des passages et des dialogues faisant ouvertement référence à l'adultère. Le réalisateur Billy Wilder l'a toujours regretté et ce carcan de la bonne morale qu'on lui a imposé durant le tournage ne lui a pas rendu la vie facile. Pourtant, on ne ressent pas vraiment ce manque de liberté durant la vision du film. Il subsiste en effet de nombreuses allusions au désir masculin, personnifié par le personnage de Richard Sherman. Ce dernier se parle souvent à lui-même à voix haute, comme s'il s'adressait directement aux spectateurs, voire même à sa propre conscience. Sûr de son sex-appeal et de son charisme auprès de la gente féminine malgré son âge, il s'imagine comme un apollon faisant craquer toutes les femmes et nous fait partager son univers fantasmatique à travers diverses scénettes très marrantes : on citera par exemple celle dans laquelle il se voit en train d'en embrasser une sur la plage, dans la même position que Burt Lancaster et Deborah Kerr dans Tant qu'il y aura des hommes ! Amusant, Sept ans de Réflexion l'est très souvent et le deviendra encore plus quand le personnage de la jolie voisine ingénue et un peu gourde viendra plonger notre héros dans un bel embarras. Il faut dire que ce personnage féminin a les courbes et le visage de Marilyn Monroe, on comprend dès lors un peu mieux l'attirance sexuelle qui s'empare du pauvre Richard Sherman, lui-même bien interprété par Tom Ewell. Toute la bonne volonté de Sherman pour rester dans le droit chemin s'envole en éclat dès le premier regard, ce qui nous donne par la suite des séquences franchement réussie, à l'humour grinçant. Il s'imagine maître de la situation, sûr de sa capacité à ne pas céder au démon de midi, prépare soigneusement ses répliques et fait tout l'inverse lorsqu'il se retrouve devant les beaux yeux de Marilyn ! Impayable. Le potentiel érotique de la star est flagrant, notamment lors de la célèbre séquence de la bouche de métro qui fait relever sa jupe. Cette scène culte, qui arrive juste après que les deux personnages soient sortis d'une salle de cinéma dans laquelle ils ont vus L'étrange Créature du Lac Noir (!) a coûté son mariage à Marilyn. En effet, la production avait décidé de tourner cette séquence à New-York même, devant une foule de badauds en extase, ce qui déplût fortement au mari de Marilyn Monroe, L'actrice due continuer le tournage tout en voyant son mariage s'achever de bien triste manière. Si l’influence théâtrale se ressent tout au long du film (la majorité des scènes se déroulent dans le décor de l'appartement du héros), cela ne gâche en rien le plaisir éprouvé à la vision de Sept ans de Réflexion : les dialogues sont finement ciselés et touche au but à de nombreuses reprises ; les situations versent dans la comédie de mœurs à tendance burlesque (comme lorsque le héros se fait tout un monde en pensant soudain aux rumeurs qui pourraient courir si quelqu'un le voyait en compagnie de sa belle voisine ou qu'il fait une séance de psychanalyse dans son bureau) et nous font souvent émettre des rires spontanés ; même dans son rôle de godiche, Marilyn Monroe illumine l'écran à chacune de ses apparitions ; la critique du machisme et le thème de l'adultère sont bien mis en exergue par l'histoire et la mise en scène. Divertissant, caricatural dans le bon sens du terme, Sept ans de Réflexion fait partie de ces comédies romantiques à tendance satirique qu'on prend plaisir à voir et revoir. Idéal pour se détendre et oublier les tracas du quotidien.

NOTE : 4/6


CELL PHONE

CELL PHONE
(Cell)

Réalisateur : Tod Williams
Année : 2016
Scénariste : Adam Alleca , Stephen King
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : John Cusack, Samuel L. Jackson, Isabelle Fuhrman, Clark Sarullo...


L'HISTOIRE : Clay Riddell, dessinateur de bandes-dessinées, est témoin d’une scène de carnage à l’aéroport de Boston : tous ceux qui se servent de leur téléphone portable se transforment instantanément en monstres sanguinaires. Il rejoint alors un petit groupe de survivants et part, avec Tom McCourt, à la recherche du signal à l’origine de ce chaos pour le stopper, avant qu’il ne soit trop tard...

MON AVIS : En 2006 sortait Cellulaire, roman de Stephen King qui nous mettait en garde contre notre dépendance aux téléphones portables. Il imagine une histoire dans laquelle cet objet devenu un incontournable de notre quotidien sert de vecteur à une épidémie gigantesque, les ondes émises transformant en monstres psychotiques et sanguinaires toutes personnes utilisant un portable. Le roman a été très prisé auprès des fans, qui lui ont néanmoins reproché son final. Pour son adaptation cinématographique, Stephen King a joué au scénariste, aidé par Adam Alleca, et a modifié la fin de l'histoire. N'ayant pas lu le livre, je ne pourrais pas vous dire en quoi elle diffère. Cell Phone, réalisé par Tod Williams, à qui l'on doit Paranormal Activity 2, joue avec plusieurs influences : les films d’infectés façon 28 jours plus tard ; les films post-apocalypse avec ville détruite, désertique, transformée en champ de bataille ; le road-trip, avec ce groupe de survivants devant se rendre d'un point A à un point B en échappant à la menace environnante. On peut ajouter à ces influences le jeu culte The Last of Us pour les relations entre les personnages, notamment entre celui interprété par John Cusack et celui de la jeune fille jouée par Isabelle Fuhrman. Pour finir, Cell Phone nous fait aussi penser à The Walking Dead, bien que les monstres du film ne soient pas des zombies mais bien des contaminés. Un phénomène de contamination original d'ailleurs puisque se propageant par les ondes émises au départ par les téléphones portables puis par les sons sortant de la bouche des infectés eux-mêmes, dans des scènes nous rappelant fortement L'Invasion des Profanateurs de 1978 et se dérivés. Le début du film, avec John Cusack arrivant dans un aéroport qui va devenir le lieu de théâtre de la première épidémie cellulaire est assez réussie et se révèle riche en tension et en action; Seul problème, on ressent nettement le manque de budget de cette production. En gros, on n'est pas dans World War Z et les maquillages et effets-spéciaux s'en ressentent clairement. On a souvent l'impression de regarder un téléfilm quand on visionne Cell Phone. Ce qui n'est pas injurieux bien sûr, il existe d'excellents téléfilms d'ailleurs, mais force est de reconnaître que le film de Tod Williams manque d'ampleur et ne parvient jamais à faire oublier les modèles auxquels il se réfère. En fait, le film marque des points dans ses moments plus intimistes, dans ses phases plus posées, dans lesquelles les personnages s'interrogent, se rassurent et se donnent du courage. Déjà évoquée, la relation entre le héros et sa jeune voisine, qui viendra rejoindre leur groupe, joue sur l'émotion et parvient à nous convaincre, l'actrice Isabelle Fuhrman, vue dans Esther ou Hunger Games étant tout à fait à l'aise dans ce rôle.  Il en va de même pour l'interprétation de Samuel L. Jackson, tout en retenu pourtant. Malgré ce casting de qualité, la sauce ne prend pas toujours même si dans l'ensemble, ça reste correct. Le final nous laisse sur notre faim par contre, on a l'impression que le réalisateur n'a pas vraiment eu le temps de nous expliquer l'origine de cette épidémie. Pour une fois, on pourrait presque reprocher au film d'être trop court et de ne pas exploiter pleinement ses idées dont certaines sont très bonnes soit-dit en passant, telles la capacité des "phoners" à communiquer télépathiquement entre eux ou le fait que la nuit, la menace se fait moins oppressante que la journée par exemple. Dommage par contre que certaines intrigues secondaires soient mise de côté sans réelle explication (qui est vraiment l'homme à la capuche rouge, que le héros connaît bien puisqu'il est le héros de sa bande-dessinée  ? Une image de son esprit ?)  Cell Phone reste un spectacle appréciable au final, possède quelques séquences bien torchées et efficaces, balance de petits effets sanglants quand il le faut mais avec plus de moyen, il aurait pu atteindre une autre dimension pour se démarquer vraiment de ses influences. A noter un petit caméo de Lloyd Kaufman dans la séquence de l'aéroport...

* Disponible en DVD et BR chez Marco Polo Production

NOTE : 3/6