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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




EL VAMPIRO Y EL SEXO

EL VAMPIRO Y EL SEXO
(Santo en el Tesoro de Drácula)

Réalisateur : René Cardona
Année : 1969
Scénario : Alfredo Salazar
Pays : Mexique
Genre : Épouvante, Action, Érotique
Interdiction : -12 ans
Avec : Santo, Aldo Monti, Noelia Noel, Gina Morett, Fernando Mendoza...

L'HISTOIRE : Santo a conçu une machine à remonter le temps mais il n'a pu faire aucun test prouvant sa fonctionnalité et il ne parvient pas à convaincre ses confrères scientifiques de la véracité de ses propos. Luisa, la fille d'un de ses amis, accepte de servir de cobaye. Elle se retrouve alors dans la peau d'une de ses ancêtres, à une époque où sévissait le comte Dracula. Ce dernier a déjà vampirisé la jeune femme et son père, impuissant devant l'état physique de sa fille, demande l'aide du docteur Van Roth. Ce dernier comprend vite la situation et révèle la véritable identité du comte Alucard, un ami de la famille. Pourchassé, le vampire emmène sa proie dans son repère et lui fait voir un fabuleux trésor qu'il a accumulé au fil des ans. De son côté, Santo et ses amis, qui peuvent voir toutes ces images à travers l'écran de sa machine à remonter le temps, décide que la situation devient trop dangereuse pour Luisa et il la ramène à son époque. Le célèbre catcheur ne sait pas qu'un mystérieux Masque Noir a espionné toute l'expérience et qu'avec son gang, il va vouloir mettre la main sur le tombeau de Dracula afin d'acquérir son trésor...

MON AVIS : Ah les films de Santo et le cinéma mexicain ! Un voyage dans un autre univers, avec ses codes, ses personnages haut en couleur, son délire, sa festivité et ses combats de catch bien sûr ! Apparu au cinéma dès 1961 avec Santo contre l'Esprit du Mal, le catcheur Santo est devenu une véritable légende au Mexique, qui a rassemblé des milliers de personnes lors de ses funérailles et qui possède même une statue qui lui est dédié. Une véritable icone qui a donc ravi le public et ses fans lors de galas de catch mais aussi sur les écrans puisqu'il est le héros de plus de cinquante films. Parmi les plus connus et les plus célèbres, on trouve le fameux Santo et le Trésor de Dracula, film de 1969 réalisé par René Cardona Sr. Il faut savoir que les Santo sont au Mexique des films tout public, destinés à toute la famille et même aux enfants. Santo est l'incarnation du Bien et il inculque de nobles valeurs à son public. Les scènes d'action ne sont jamais trop violentes, tout comme les nombreuses créatures qu'il a combattu ne sont réellement jamais trop effrayantes car les producteurs et Santo lui-même voulaient que ses fans de tout âge puissent aller voir ses films au cinéma. Dans les autres pays, les commissions de classifications se sont montrées parfois plus sévères en proclamant quelques interdictions aux moins de 13 ans par exemple. Parmi toute la filmographie dans laquelle s'illustre Santo, ce Santo et le Trésor de Dracula tient une place un peu à part puisqu'il a été décidé à l'époque de tourner le film dans deux versions différentes : une qui recevrait l'aval du Vatican (si, si) et une pour les pays européen et les Etats-Unis. La différence ? Elle tient en quelques minutes seulement mais elle a toute son importance, surtout pour les fans de cinéma Bis et le public masculin : les demoiselles du film dévoilent leur charme, nous montrent leurs opulentes poitrines (Russ Meyer aurait apprécié la plastique de la majorité des actrices) et même leurs jolis fessiers ! D'où le choix de renommer le film en un El Vampiro y el Sexo bien plus explicite et qui ne trompera personne sur la marchandise. On a donc exactement le même film mais l'un est la version "sexy" de l'autre, tout simplement. Si l'apport d'érotisme bon enfant peut être vu comme une petite plus-valus non négligeable et bien agréable pour les yeux, cette version dénudée ne change au final pas la donne : habillé ou déshabillé, cette aventure de Santo s'avère une réussite et procure bien du plaisir ! Comme souvent, le scénario n'est prétexte qu'à enfiler les idées les plus folles, sans s’embarrasser d'une quelconque notion de réalisme. On nage en pleine bande-dessinée décomplexée et le mélange se révèle souvent savoureux, avec ici un peu de science-fiction, avec cette machine à remonter le temps et son effet spirale qui semble sortit tout droit de la série Au Cœur du Temps, un aspect policier avec ce mystérieux Masque Noir et son gang qui épient les expériences menées par Santo, un aspect comique avec l'assistant ultra peureux et de l'action bien sûr avec moult bagarres et, passage obligé, un long combat de catch entre Santo et le fils de Masque Noir sur un ring. Mais l'aspect qui prédomine dans ce film est bel et bien l'épouvante gothique, célébrée en Angleterre par la Hammer bien sûr, mais qu'on retrouve durant les 60's dans divers pays et même au Mexique, avec Les Proies du Vampire et ses suites par exemple, et toute une série de films très réussis comme Les Larmes de la Malédiction ou Le Miroir de la Sorcière entre autres. El Vampiro y el Sexo / Santo et le Trésor de Dracula se montre très généreux avec ce genre que j'adore et nous gratifie de tous les éléments et codes de ce type de cinéma : vampire qui ne se reflète pas dans le miroir, docteur expert en vampirisme, victimes féminines plantureuses, pouvoir de séduction et d'hypnose du vampire, crypte et cercueil nécessaires au repos des créatures de la nuit, transformations en chauve-souris ou en brume, brouillard nocturne, horde de goules féminines au service du seigneur des vampires, canines acérées qui s'enfoncent dans le cou pour boire le sang humain régénérateur, peur du soleil, et j'en passe, tout y est. La première partie du film nous montre les méfaits du comte Dracula à une époque ancienne, images du passé que Santo et ses compagnons peuvent suivre via un écran. Une idée simple mais efficace, qui a pour seul défaut de ne pas faire du catcheur le héros de ces séquences. Il se rattrapera ensuite puisque l'action revient à notre époque et que le Masque Noir, dans sa quête du trésor de Dracula, va ressusciter le légendaire vampire, qui va à nouveau vouloir s'attirer les faveurs de Luisa. Seul souci, il va trouver sur son chemin Santo bien sûr, qui n'entend pas laisser son amie se faire mordiller le cou. René Cardona Sr. a apporté un soin particulier aux décors et aux costumes lors des scènes du passé et le fait de voir notre Dracula devenir un vrai pervers au contact des (gros) seins dénudés de ses victimes dans cette version sexy procure une satisfaction supplémentaire. On se doute que l'acteur qui l'interprète, à savoir Aldo Monti, a été satisfait de devoir tourner deux versions du film ! Il en existe d'ailleurs une troisième puisque la version habillée existe en couleur mais aussi en noir et blanc. Bref, n'hésitez pas à foncez tête baissée à la suite de Santo et du comte Dracula et à savourez la version déshabillée, petite curiosité qu'on croyait disparu mais dont les bandes ont été retrouvées en 2009. Cerise sur le gâteau, la très belle édition Bach Films nous propose Santo et le Trésor de Dracula en noir et blanc. 

* Disponible en DVD chez BACH FILMS



LA NUIT DES GÉNÉRAUX

LA NUIT DES GÉNÉRAUX
(The Night of the Generals)


Réalisateur Anatole Litvak
Année : 1967
Scénario Joseph Kessel, Paul Dehn
Pays : Angleterre, France
Genre : Guerre, Policier
Interdiction : /
Avec Peter O'Toole, Omar Sharif, Tom Courtenay, Donald Pleasence, Philippe Noiret, Joanna Pettet...

L'HISTOIRE : 1942. Une prostituée est sauvagement assassinée en plein Varsovie. La victime se trouvait être un agent des renseignements allemands. Les soupçons se portent sur trois généraux, dont le général Tanz. Le major Grau réclame justice en dépit des atrocités commises par ailleurs. L'enquête ne se terminera qu'en 1965, à Hambourg...

MON AVIS : Adaptation du roman de H.H. Kirst auquel on a greffé une idée tirée d'un roman de James Hadley Chase, La Nuit des Généraux est l'oeuvre d'Anatole Livtak, cinéaste intéressant à qui l'on doit quelques bons films noirs comme Confession d'un Espion Nazi (1939), Out of the Fog (1941) ou La Fosse aux Serpents (1948) entre autres. C'est également lui qui a réalisé Anastasia avec Ingrid Bergman et Yul Brynner en 1956. La Nuit des Généraux est son avant-dernier film. Réalisé en 1967, le film réuni un casting prestigieux, jugez plutôt : dans le rôle du général Tanz, on trouve Peter O'Toole. Dans celui du général Kahlenberge, Donald Pleasence. Dans le rôle du major Grau, Omar Sharif. L'inspecteur Morand est interprété par Philippe Noiret. Le général Rommel par Christophe Plummer. La jolie Ulricke par Joanna Pettet. La chanteuse Juliette Gréco est aussi de la partie, tout comme on note une courte apparition de Pierre Mondy ou de Howard Vernon. Tout se beau monde se retrouve donc dans cette histoire captivante, qui mêle film de guerre et drame policier. Tout débute avec le meurtre sauvage d'une prostituée, dont un témoin a uniquement vu de son agresseur un pantalon allemand avec une bande rouge sur le côté, ce qui correspond forcément à l'uniforme d'un général ! Sur fond de répression de la résistance à Varsovie, durant l'année 1942, un major allemand, superbement interprété par Omar Sharif, va tenter de faire la lumière sur ce meurtre et va tout faire pour découvrir et condamner le meurtrier, quelque soit son grade militaire. Une tâche difficile, quasi impossible, qui le mène sur les traces de trois généraux qui n'ont pas d'alibi pour la nuit du meurtre. Nous avons le général Kahlenberge, le général Gabler (Charles Gray) et le général Tanz. Si les deux premiers semblent être très liés, il n'en est pas de même avec le général Tanz, héros de l'armée nazie, surnommée le boucher sur le champ de bataille, et que ses deux compatriotes ne semblent pas vraiment apprécier. Interprété par Peter O'Toole, Tanz va vite se révéler être un pur nazi, notamment lors de la séquence dans laquelle il ravage un quartier de la ville à coup de lance-flammes et d'attaques de tank, pour débusquer les résistants. Sans pitié, même s'il éprouve une certaine compassion pour les enfants, il devient vite un suspect important pour le major Grau malgré le manque d'éléments pouvant justifier un meurtre sexuel aussi brutal. Les deux autres généraux sont tout aussi louches et semblent comploter dans le dos de Tanz. L'enquête du major Grau est émaillée de plusieurs revirements de situation, ce qui fait qu'elle se déplace de lieu et d'année. De Varsovie nous bifurquons vers Paris en 1944, où un autre meurtre similaire a lieu. Nous faisons plus ample connaissance avec le général Tanz durant cette partie parisienne, dans laquelle se greffe un arc narratif secondaire mais important, celui du caporal Hartmann (Tom Courtenay), fiancé secret de la fille du général Gabler. Hartmann va devenir le chauffeur privé de Tanz et va donc suivre et emmener ce dernier partout dans Paris, ce qui nous donne l'occasion de voir que notre général d'habitude si autoritaire et sûr de lui cache de nombreux vices, dont l'alcool, le tabac et les femmes. L'intrigue policière se scinde en deux, puisqu'en plus de l'enquête visant à élucider ces meurtres de prostituées, on nous offre un complot organisé contre Adolf Hitler lui-même ! La troisième époque se situera en 1965 à Hambourg, où, plus de vingt ans après la fin de la guerre, on peut organiser tranquillement une réunion d'anciens SS ! Mais l'inspecteur français, qui s'était lié d'amitié avec le major Grau, entend bien réussir à arrêter le mystérieux meurtrier, surtout qu'un troisième crime vient d'être commis ! Sur une durée fleuve de 148 minutes, La Nuit des Généraux n'ennuie jamais et maintient un intérêt constant, le mélange de genre et d'ambiance, la dynamique de cette étude des comportements ainsi que la prestation du casting et le fait que l'histoire se déplace sur trois époques étant pour beaucoup dans la réussite du film.




VORE/GORE

 

VORE/GORE
(Vore/Gore)


Réalisateur Domiziano Cristopharo, Mikel Balerdi, Poison Rouge, Lorenzo Zanoni, Patrick Fortin, Emanuele Marchetto, Irene Jones Baruffetti, White Gardenia, Dario Almerighi
Année : 2020
Scénario : Mikel Balerdi, Emanuele Marchetto, Lorenzo Zanoni, Daniel Valient, Domiziano Cristopharo, Patrick Fortin, Irene Jones Baruffetti, Andrea Cavaletto, Dario Almerighi
Pays : Italie
Genre : Extrême, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Steve Swadda, Emanuel Trotto, Gabriele Zanoni, Poison Rouge, Simone Avincola, Irene Baruffetti...

L'HISTOIRE : De nombreuses phobies et fétiches ont été explorés et utilisés comme catalyseurs dans d'innombrables films d'horreur au fil des ans. Un nombre surprenant de personnes dans le monde souffrent d'une phobie ou s'adonnent, généralement en secret, à un fétiche qui répond à un certain besoin chez elles. Pour la toute première fois, le film d'horreur, Vore/Gore, va mener une exploration sans faille dans le monde de la vorarephilia, ou vore pour faire court. Qu'est-ce que vore, demandez-vous? Eh bien, c'est une paraphilie rare à travers laquelle quelqu'un éprouve une excitation unique en s'imaginant manger ou être mangé par un autre être humain. Voici 8 sketchs qui mettent en lumière cette curieuse paraphilie...

MON AVIS : C'est sous l'impulsion du talentueux réalisateur italien Domiziano Cristopharo que le projet Vore/Gore s'est créé. L'idée est simple : Domiziano a invité ses amis réalisateurs spécialisés dans le cinéma underground ou extrême a imaginer des segments d'un film à sketch traitant de la voraphilie. On le sait, le souci principal des films à sketch, c'est que bien souvent, les divers segments ne sont pas de la même qualité  et que l'ensemble a du mal à être homogène. C'était déjà le cas dans les années 70 avec les films à sketch de la firme Amicus par exemple et même le cinéma extrême n'y échappe pas, avec des anthologies comme XXX Dark Web ou XXX Deep Web, qui proposent des segments de qualité et d'intérêt divers et variés. Et ce sera encore le cas avec Vore/Gore, réalisé en 2020. Au menu, 8 segments et un fil conducteur en la personne d'une bouche maquillée de différente façon, qui vient nous annoncer le titre des sketchs proposés, un peu à la manière de la bouche du Rocky Horror Picture Show ! Ce fil conducteur est baptisé Mouth et a été mis en scène par Mikel Balerdi, le réalisateur de Larva Mental. La première histoire s'intitule Sweet as Honey (doux comme du miel) et on la doit à Emanuele Marchetto. Elle nous présente un apiculteur qui vient étudier ses ruches, place une abeille dans un bocal contenant un frelon puis s’imagine en train d’être dévoré par son propre double. Sympa, avec quelques effets sanglants à se mettre sous la dent. Le second segment se nomme Finger Licking Good et il est réalisé par Lorenzo Zanoni. C'est l'un des meilleurs segments de cette anthologie. On y suit un jeune garçon qui, après avoir vu des vidéos pornos montrant l’intimité d’un sexe féminin, se lance dans une frénésie corporelle destructrice, se prélevant un globe oculaire à la petite cuillère, mangeant deux de ses doigts, se coupant la langue avant de se couper l’intégralité de son appareil reproducteur. Il s’attaque ensuite à ses dents qu’il casse à l’aide d’une fourchette ! Gore et trash avec des images vraiment dégueulasses et répulsives. Beurk ! Le troisième segment, intitulé Please, not in my mouth, est mis en scène par une femme, Poison Rouge. Dans celui-ci, une femme prend son bain et écoute de la musique métal extrême, ce qui provoque en elle des visions. Elle se voit torturant et mutilant un homme à l’aide d’un tournevis. La fiction rejoint la réalité, du sang envahit l’eau du bain et elle tient dans sa main la langue de sa victime pour de vrai, qu'elle va acheminer vers son entrecuisse. Original et intéressant. Quatrième segment : Italian Ladies do it Better d'Irène Jones Baruffetti. Une très bonne histoire et une réalisation qui tient la route, avec cette dessinatrice de mode amateur qui reçoit l’appel d’une maison prestigieuse dans ce domaine lui demandant si elle peut créer un modèle issu de son imagination afin de voir si elle correspond vraiment à l’emploi recherché. En préparant sa machine à coudre, elle se coud malencontreusement deux doigts suite à une mauvaise manipulation. Une fois la robe terminée, elle envoie la photo au patron de la maison de couture mais celui-ci ne trouve pas le modèle à la hauteur et il demande une nouvelle création plus surprenante, qui reflète la personnalité de la couturière. Chaque nouvelle robe ne reçoit pas l’aval du patron et malgré ses efforts, elle n’obtient pas le job. Elle sombre alors dans la folie, ce qui va lui permettre de créer la robe ultime. Très sympa, bien interprété, avec un final efficace et original. Histoire suivante : Infernal Gluttony 2 de Patrick Fortin. Du gore pur jus ici, avec ce cannibale qui dévore avidement des morceaux de chair humaine divers et variés avant de se dévorer lui-même (entrailles, pieds, mains, nez, peau du visage et même ses yeux, tout y passe...) Très fun et répugnant, avec des effets gores qui nous rappelle ceux du premier Evil Dead, en plus bricolé quand même ! Mais les amateurs de barbaque et de tripailles apprécieront. Sixième sketch, celui avec lequel j'ai le plus de mal : Yummy Fur de White Gardenia. Les amateurs de cinéma underground connaissent bien ce dernier, c'est un performer extrême qui fait des petits courts-métrages sans trucage avec son amie. Dans l'un d'eux, il s'est carrément sectionné une phalange ! Dans Yummy Fur, on est en présence d'une autre performeuse, inspirée par les films extrêmes de Daniel Valient, connu donc sous le pseudonyme de White Gardenia. Elle décide de s’enfoncer un ciseau dans son intimité, de se masturber avec jusqu’au sang. Elle finira même pas se couper une des lèvres de son sexe. Personnellement, nous ne sommes plus dans l’univers du cinéma ici et j’avoue que je n’apprécie pas vraiment ces performances corporelles réelles. Je n’en vois pas l’intérêt et ça provoque plus un rejet de ma part qu’un quelconque attrait. Ah, le septième segment est celui que j'attendais le plus car il est réalisé par Domiziano Cristopharo lui-même. Il s'intitule Stretching et il est vraiment d'une grande originalité, même si je dois avouer que je n'ai pas saisi le rapport avec la voraphilie. Qu'importe, il nous présente une autre paraphilie des plus curieuses, celle du héros de l'histoire, qui voue une passion pour les... trous. Mais attention, je vous vois venir et le début du segment, dans lequel le héros se masturbe en regardant son téléphone portable peut nous le faire penser. Seulement, il ne regarde pas une vidéo porno mais des images de trous, provenant d'un cratère, de l'entrée d'une grotte ou de caverne ou même d'un trou dans l'étendu de l'univers. On le voit ensuite essayer de rentrer dans un carton trop petit pour lui puis être endormi dans une armoire, recroquevillé sur lui-même. On comprend alors qu'il a un étrange rapport avec les endroits exigus et qu'il veut s'y infiltrer par tous les moyens. Visuellement, c'est le segment le plus réussi et le plus travaillé. Il est étonnant et déroutant. Dernière histoire : The Egg de Dario Almerighi. Un homme masqué plante un œuf dans une forêt. Plus tard, une jolie jeune femme en tenue vaporeuse se promène dans cette même forêt. On comprend que c'est une créature qui provient de l'oeuf. Elle se rend dans la cabane d’un inconnu, qui est le mystérieux homme masqué du début. Ce dernier la kidnappe et la mutile, prélevant ses entrailles pour les plonger dans un curieux breuvage, qu'il va ensuite répandre dans une piscine vide et abandonné. Un nouvel œuf apparaît de cette mixture et l'homme décide de le consommer, devenant alors une créature surnaturelle. La voraphilie est évoquée ici de manière métaphorique et fantastique. Voilà donc le contenu de Vore/Gore, qui m'a laissé sur une impression mitigée. De bons segments en côtoient d'autres plus banals et dans son ensemble, cette anthologie ne m'a pas emballé plus que ça. Je retiendrai principalement Finger Licking Good, Stretching, Italian Ladies do it Better et Please, not in my mouth parmi ceux que j'ai le plus apprécié, avec une petite mention spéciale à l'ultra gore et bricolé Infernal Gluttony 2. En tout cas, Vore/Gore est un spectacle à réservé aux fans hardcore du cinéma extrême et underground à petit budget et n'est pas à mettre devant tous les yeux, le gore répugnant et l'érotisme étant assez présent. 

* Prochainement disponible chez TETRO VIDEO


THE DEVIL'S REJECTS

THE DEVIL'S REJECTS
(The Devil's Rejects)


Réalisateur Rob Zombie
Année : 2005
Scénario : Rob Zombie
Pays : Etats-Unis, Allemagne
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec Sid Haig, Bill Moseley, Sheri Moon Zombie, William Forsythe, Ken Foree...

L'HISTOIRE : La police, menée par le shérif John Wydell, encercle la maison des Firefly, la famille timbrée composée de Mother Firefly, d'Otis Driftwood et de la ravissante Baby. Voulant venger la mort de son frère, policier lui aussi, victime du gang, Wydell donne l'assaut. Mother Firefly est faite prisonnière tandis que Baby et Otis parviennent à s'enfuir. Ils préviennent en chemin le Capitaine Spaulding de leur mésaventure. Celui-ci leur indique un endroit où aller le temps qu'il vienne les rejoindre. Une cavalcade meurtrière commence alors…

MON AVISRob Zombie, ex-chanteur du groupe White Zombie, avait surpris son monde en livrant en 2003 l'étonnant The House of 1000 Corpses, vibrant hommage aux films d'horreur qu'il vénère. Malgré les soucis que le réalisateur a eu avec Universal pour la sortie de ce film, une séquelle est mise en chantier, preuve que Rob Zombie ne se laisse pas décourager et c'est en 2005 qu'il nous propose la suite de son film, baptisée The Devil's Rejects. Bien lui en a pris car il a réalisé une véritable petite bombe ! Attention, cette séquelle n'a pas grand chose à voir avec son prédécesseur. L'aspect ultra-coloré et grand-guignolesque est ici totalement absent. On se retrouve en plein road movie, violent, palpitant, apocalyptique. D'ailleurs, le film apparaît en total décalage avec l'époque où il a été réalisé. 2005 ? Vous êtes sûr ? Ne serait-ce pas plutôt les années 70 ? Car le film de Rob Zombie aurait très bien pu sortir à l'époque de Massacre a la tronçonneuse ou de La Colline a des Yeux. Car oui, The Devil's Rejects est une véritable déclaration d'amour aux films d'exploitation 70's. Le côté réaliste des scènes qui défilent à l'écran, le grain de la pellicule, le tournage en plein jour, tous ces éléments nous ramènent à l'ambiance des films cités ci-dessus. Le principal attrait du film nous vient des acteurs. The Devil's Rejects nous propose une panoplie de gueules à tomber à la renverse. On retrouve bien sûr l'excellent Sid Haig dans le rôle du clown se faisant appeler Capitaine Spaulding, ainsi que Bill Moseley en terrifiant Otis Driftwood et la sublime et ultra sexy Sheri Moon Zombie pour incarner Baby. Le personnage de Mother Firefly a une nouvelle interprète en la personne de Leslie Easterbrook, l'actrice du film précédant n'ayant pas repris ce rôle. Le film se concentre essentiellement dans sa première partie sur Otis et Baby. Toujours aussi cinglés, ils vont se livrer à un jeu macabre sur un groupe de musiciens de country qui a le malheur de se retrouver sur leur chemin. Froide, cruelle, la séquence où Otis oblige la femme du chanteur à se déshabiller et à lui murmurer des mots doux est assez malsaine car très réaliste. Le climat est particulièrement tendu, tension accrue par le comportement pervers de Baby, dont on se rappellera longtemps sa chanson "chinese, japanese, dirty knees, look at these". On n'est pas loin de l'ambiance du film de Wes Craven, La Dernière Maison sur la gaucheOtis Driftwood apparaît dans ce film comme étant l'incarnation du mal personnifié. La scène où il emmène deux des musiciens en plein désert nous fait prendre conscience de ce fait. Otis est le Diable. Lorsque la lumière du soleil éclaire son visage pendant cette séquence, on croirait Jésus ! Mais un Jésus satanique. D'ailleurs, lors du final, Otis verra un clou s'enfoncer dans chacune de ses mains, punition se rapprochant de la crucifixion. Bill Moseley est vraiment terrifiant et totalement investi par ce personnage. Parmi les autres gueules que l'on retrouve dans le film, on pourra citer Michael Berryman (La Colline a des Yeux) , Ken Foree (Zombie), Dany Trejo (Machette), des tronches bien connues des amateurs, qui prendront vraiment plaisir à les revoir. N'oublions pas William Forsythe qui campe le shérif Wydell. Ce personnage est l'un des plus charismatiques du film. Un peu à la façon de Dennis Hopper dans Massacre a la Tronçonneuse 2, le shérif John Wydell ne fait pas dans la demi-mesure. Pour lui, un seul but : venger la mort de son frère en exterminant toute la bande du Capitaine Spaulding. Et peu importe les méthodes employées. En fait, le shérif Wydell est aussi dangereux et cinglé que les psychopathes qu'il traque. Il nous en donnera d'ailleurs la preuve à maintes occasions. Il porte toute la fin du film sur ses épaules, lors d'un final cataclysmique qui vous fera jubiler sur votre fauteuil ! Rob Zombie a également doté tous ses personnages haut en couleur de dialogues savoureux, dont certains vont faire date dans le genre ! Des répliques cinglantes, aiguisées comme des lames de rasoirs, qui élèvent encore le film dans les hautes sphères du film culte. Ajoutons à cela une musique très bien choisie, composée principalement de morceaux country, dont les paroles collent parfaitement aux images qu'elles accompagnent. Un peu comme ce qu'avait fait John Carpenter dans ChristineNiveau violence, comme dit plus haut, c'est assez réaliste et sadique. Le pire étant le prélèvement du visage d'un musicien par Otis, celui-ci allant jusqu'à le déposer sur le visage de la femme du défunt. Morbide à souhait. La référence à Massacre a la Tronçonneuse est bien sûr dans tous les esprits. Impacts de balles, meurtre au couteau, The Devil's Rejects ne fait pas dans le gore outrancier mais s'inspire de la vie réelle ce qui donne l'occasion au technicien en FX de prouver son savoir-faire en matière d'horreur réaliste. C'est plutôt réussi ! Pour conclure, ce film risque de faire date chez les fans de personnages tarés, de road movie sanglant. Tout s'enchaîne dans une parfaite harmonie, mêlant violence, sexe, langage ordurier (je ne compte plus les fuck de la VO), sang, folie humaine. Pour son second long métrage, Rob Zombie nous étonne et nous met une grande claque qui nous laisse KO. Génial !

* Disponible en Blu-Ray dans le coffret ROB ZOMBIE TRILOGIE chez METROPOLITAN VIDEO

 

THE RENTAL

 

THE RENTAL
(The Rental)


Réalisateur Dave Franco
Année : 2020
Scénario Dave Franco, Joe Swanberg 
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Dan Stevens, Alison Brie, Sheila Vand, Jeremy Allen White, Toby Huss...

L'HISTOIRE : Deux couples louent une sublime maison face à l’océan pour un week-end de fête. Les quatre amis comprennent très vite que derrière la beauté de l’endroit, un danger les guette : une présence mystérieuse semble les espionner et révèle des secrets inavouables sur chacun d’eux. La tension monte et le week-end de rêve va virer au cauchemar absolu…

MON AVIS : C'est en 2020 que Dave Franco, petit frère de James Franco, décide de passer derrière la caméra pour réaliser son premier film. L'acteur avait déjà tâté de l'objectif en 2013 avec le court-métrage de 3 min Dream Girl, dans lequel jouait déjà l'actrice Alison Brie, qui se retrouve en tête d'affiche dans The Rental. Une histoire de location de maison qui va virer au cauchemar comme l'explique la tagline présente sur l'affiche et qui a semblé très intéressante à Dave Franco, pour qui la mode du Airbnb est assez hallucinante dans le sens où la société actuelle veut de plus en plus de protection personnelle, de sécurité renforcée mais accepte sans souci de louer une maison de vacances à un total inconnu, via un site internet. Cette contradiction lui a donc donné une idée de film, qu'il a adapté lui-même en scénario, avec l'aide de son ami Joe Swanberg. The Rental s'apparente avant tout à un thriller psychologique qui se focalise sur ses personnages et leurs zones d'ombre, avant de les placer dans une situation dramatique et horrifique. La mise en place des événements et la relation ambiguë entre ses quatre protagonistes sont ce qui intéresse le plus Dave Franco puisque ce dernier n'hésite pas à utiliser une heure de son film pour développer tranquillement son intrigue, ne se laissant plus que 30 minutes pour faire intervenir la menace extérieure et plonger ses héros dans l'horreur. Une exposition qui paraîtra sûrement bien trop longue aux amateurs de film plus rentre-dedans, qui reprocheront à The Rental de ne pas leur en donner pour leur argent et de bien trop prendre son temps. Vendu un peu comme un film de home invasion, sous-genre bien codifié qui a de nombreux adeptes, The Rental s'en écarte la majorité du temps, pour y revenir de manière efficace dans cette dernière demi-heure. La première heure nous met donc en présence des couples Charlie (Dan Stevens/ Michelle (Alison Brie) et Josh (Jeremy Allen White) / Mina (Sheila Vand), qui ont donc loué une villa de rêve située au bord de l'océan. Charlie et Mina sont associés au sein de leur entreprise, Josh étant le frère de Charlie. Une entente bonne enfant règne entre les quatre membres du groupe, la complicité entre Charlie et Mina ne provoquant nullement de jalousie chez Michelle, qui considère cette dernière seulement comme étant la meilleure collègue de travail de son mari. Le réalisateur s'amuse avec cette situation, nous faisant douter de l’honnêteté conjugale de Charlie, sans qu'aucune preuve ne viennent étayer notre impression douteuse. L'arrivée à la villa et la présence du propriétaire, un mec assez bourru et qui ne cache guère son caractère raciste, jouait par le très bon Toby Huss, provoque une petite montée de malaise chez nos protagonistes ainsi que chez le spectateur, qui se demande si c'est ce personnage qui est représenté sur l'affiche avec un marteau dans les mains. Viendra-t-il jouer les troubles-fêtes, viendra-t-il espionner ses locataires ? Des questions qui resteront en suspend pour le moment. Sans être passionnantes, les activités des deux couples font passer le temps, entre fête, alcool et prise d'un peu de drogue pour s'éclater. La première nuit, qui voit Michelle et Josh aller au lit puisque tombant mort de fatigue, laisse les deux collègues de travail seuls, à même de profiter du jacuzzi présent sur les lieux. Notre intuition se vérifie alors, la question étant : est-ce la première fois qu'ils font une infidélité à leur conjoint respectif ? Il semblerait bien que oui vu le malaise ressenti par les deux adultères le lendemain. Cet événement crée un suspense supplémentaire mais on se dit que s'ils savent garder leur langue dans leur poche, ça ne devrait pas éveillé de soupçons et ça fait un peu retomber la sauce. Sauf que Dave Franco a de la ressource et fait découvrir à Mina une caméra dissimulée dans le pommeau de douche ! Mon dieu ! La scène a-t-elle été filmée ? Y'a-t-il d'autres caméras planquées dans la villa ? L'intensité monte d'un cran, surtout qu'une présence étrangère semble être présente alentour. La découverte précédemment d'une porte à code, situé à l'extérieur, nous laisse envisager que la maison est truffée de caméras et de passages secrets permettant d'espionner les couples à l'intérieur. C'est vraiment notre imagination qui crée les éléments de suspense du film et même si ça n'a rien de bien original, c'est assez bien amené par Dave Franco. Le réalisateur débutant nous propose une mise en scène plutôt réussie et parvient à maintenir notre intérêt avec des événements somme toute de l'ordre du déjà-vu ailleurs. Un nouvel événement va venir faire un clin d'oeil du côté de Souviens-toi l'été dernier, de Very Bad Things et de tous ces films dans lesquels une personne extérieure au groupe meurt accidentellement, plaçant les protagonistes dans une position indélicate où seule leur conscience va décider de la suite des actions à venir. Pour corser le tout, voilà (enfin ! dirons certains) qu'un inconnu débarque et va se montrer franchement peu amical, armé de son marteau dont il fera souvent usage ! La dernière demi-heure débute donc et Dave Franco fait preuve d'une belle maîtrise du suspense, ce qui nous fait effectivement regretter que l'action n'ait pas débuté plus tôt. Le petit jeu du chat et de la souris fonctionne assez bien et même si la violence reste fort soft, on appréciera cette bifurcation du thriller vers une horreur plus graphique et stressante. Bien sûr, le principal problème de The Rental est d'arriver après de nombreux films de genre qui ont déjà bien balisé le paysage. Le film n'offre aucune nouveauté, c'est clair. Mais pour un premier film, c'est pas mal du tout, ça se laisse tranquillement regarder et ça reste un petit thriller plus que convenable.

* Disponible en DVD et BR chez METROPOLITAN VIDEO        



BE MY CAT : A FILM FOR ANNE

 

BE MY CAT : A FILM FOR ANNE
(Be my Cat : A Film for Anne)


Réalisateur Adrian Tofei
Année : 2015
Scénario Adrian Tofei
Pays : Roumanie
Genre : Comédie, Drame, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Adrian Tofei, Sonia Teodoriu, Florentina Hariton, Alexandra Stroe...

L'HISTOIRE : Adrian est totalement sous le charme de l'actrice Anne Hathaway. Après l'avoir vu en Catwoman dans Dark Knight Rises, il en est tombé fou amoureux. Son but ultime est de réaliser un film dans lequel elle serait l'actrice principale. Pour la convaincre de venir en Roumanie jouer dans son film, Adrian engage des actrices lui ressemblant et tourne des scènes de "Be my Cat : a Film for Anne", afin de lui envoyer et de prouver son sérieux et son entière dévotion auprès d'elle. Les actrices amateurs, un peu tardivement malheureusement, vont vite se rendre compte qu'Adrian a un sérieux problème mental et que son obsession pour Anne Hathaway ne fait qu'augmenter sa folie...

MON AVIS : Né en Roumanie, dans la ville de Radauti, le réalisateur indépendant Adrian Tofei a eu l'honneur de mettre en scène le premier found footage horrifique du pays, avec son premier film, Be My Cat : A Film for Anne en 2015. Une oeuvre sans budget mais avec plein d'idées, qui a été projeté dans divers festivals et qui a acquit une belle notoriété, remportant divers prix dont le prix du meilleur film au Night of Horror Film Festival de Sydney et le prix du meilleur acteur au Nashville Film Festival entre autres. Sur Be my CatAdrian Tofei assure tous les postes, de réalisateur à scénariste, d'acteur à monteur et j'en passe. Vu le manque d'argent et le sujet même de son film, le choix de faire un found footage s'est avéré indispensable. Même si la caméra bouge un peu, pas de panique, vous n'aurez pas non plus la nausée, on évite l'effet Parkinson dans la grande majorité des scènes. L'originalité du film est bien sûr son scénario délirant, avec cet apprenti-réalisateur amoureux fou d'Anne Hathaway et qui veut en faire l'actrice de son film ! Pour décider l'actrice à venir tourner en Roumanie, chez lui (!), il recrute trois actrices ressemblant à son idole afin de tourner des scènes de son projet intitulé Be my Cat, en référence au rôle de Catwoman que l'actrice a interprété dans Dark Knight Rises. Des scènes qu'il veut envoyer à Anne afin de lui prouver ses compétences, persuadé qu'elle gagnera un Oscar avec son film ! Muni d'une caméra, il se met à parler à Anne à travers l'objectif, comme si l'actrice était en face de lui. Dès le début, on se dit que cette passion, voire cette obsession pour l'actrice, n'est pas très saine et que notre réalisateur en herbe est un peu dérangé du ciboulot. Il faut dire qu'Adrian Tofei, qui interprète ce personnage, en rajoute dans les regards malsains et les rires un peu psychotique, et petit à petit, on se prend réellement d'empathie pour lui et on se prend souvent à rire et sourire face à l’absurdité des situations vécues par les pauvres actrices débutantes. La séquence avec la première actrice (Sonia Teodoriu), qui doit réussir à garder une distance d'un mètre en elle et le réalisateur, est à mourir de rire même si on se dit que ce genre de tournage existe malheureusement et que ce ne doit pas être drôle tous les jours. La pauvre a beau expliquer à Adrian que c'est techniquement impossible de conserver une distance entre elle et lui puisqu'elle n'a pas le droit de courir et que lui si, notre réalisateur ne veut rien entendre et c'est à elle de trouver la solution. Impayable. L'humour noir est omniprésent dans Be My Cat : A Film for Anne et même lorsque le film prend des tournures plus glauques, il est difficile de ne pas se marrer tant tout paraît surréaliste dans les demandes du réalisateur. Il en va de même quand il s'adresse à Anne par l'intermédiaire de la caméra et qu'il lui explique qu'il va devoir déshabiller l'actrice pour les besoins du scénario, afin de la vêtir d'un costume du pauvre de Catwoman, mais qu'il ne faut surtout pas qu'elle soit jalouse, il fait ça par sacrifice, pour et uniquement pour le film. Les zygomatiques en prennent un coup, effet garanti. Tout le reste du film est à l'avenant, on atteint même des sommets avec la seconde actrice, Flory (Florentina Hariton), qui balance à Adrian qu'elle n'aime pas Anne Hathaway, qu'elle la trouve mauvaise actrice mais qu'elle est venue parce qu'elle le trouve mignon et qu'elle aimerait bien qu'il la baise, selon ses propres termes ! Le pauvre garçon, qu'on imagine bien puceau, ne sait plus quoi faire face à cette situation inattendue. A mourir de rire. Plus le film avance, plus la folie du personnage nous apparaît clairement, avec des actes répréhensibles commis sur les actrices qui auraient mieux fait de rester chez elles ! Le manque d'argent oblige Adrian Tofei de filmer ses meurtres en hors champ ou en ayant recours à des subterfuges pour qu'on ne voit rien des sévices effectués sur les victimes. Des victimes dont on voit néanmoins le visage et dont on entend les cris de peur et de douleur, ce qui plonge le film dans une atmosphère malsaine bienvenue. Le côté réaliste du film, puisque tourné en found footage, associé au manque de moyen, font qu'il s'en dégage une réelle ambiance qui met mal à l'aise et si on se met à la place des actrices, on ressent ce mal-être car on sait que tout ce qu'on voit à travers le film peut arriver lors de ce type de tournage amateur et clandestin. Derrière son aspect corrosif, Be My Cat : A Film for Anne nous met en garde sur l'envie de devenir une star du cinéma chez des jeunes filles novices facile à piéger tout comme il nous parle des fans hardcore qui peuvent aller jusqu'à harceler leurs idoles, on a déjà eu des cas réels de ce type de comportement. Bref, on a un film dans le film qui propose une réflexion en plus de se montrer divertissant. Be My Cat : A Film for Anne est à découvrir et on encouragera son réalisateur à poursuivre ses efforts, ce qui semble être le cas puisqu'un nouveau film est annoncé avec We Put the World to Sleep. Je ne sais pas si Anne Hathaway est au courant de l'existence de ce film ou si elle l'a vu. J'espère que oui...

* Disponible en DVD (vostf) chez TETRO VIDEO



VOYAGE TO AGATIS

VOYAGE TO AGATIS
(Reise nach Agatis)


Réalisateur Marian Dora
Année : 2010
Scénario Marian Dora, Adrian d'Angelo
Pays : Allemagne
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Thomas Goersch, Tatjana Lommel, Janna Lisa Dombrowsky

L'HISTOIRE : La relation de couple entre Rafael et Isabell bât de l'aile. Devant faire une croisière en amoureux sur un voilier, Isabell supporte très mal que Rafael se soit autorisé d'inviter Lisa, une jeune fille rencontrée lors d'une escale. Cette dernière assiste aux querelles du couple à bord du voilier, Rafael semblant prendre un malin plaisir à pousser sa femme dans ses retranchements, en draguant ouvertement Lisa devant elle. La jeune fille est souvent mal à l'aise lorsque le couple se dispute mais elle profite du voyage et du soleil à bord de l'embarcation. Le comportement de Rafael devient de plus en plus violent et Lisa se met elle aussi à subir la mauvaise humeur de ce dernier. L'agréable croisière va vite se transformer en cauchemar pour Lisa...

MON AVIS : Réalisateur très discret dont on ne connaît pas grand chose de sa vie, l'Allemand Marian Dora (qui est d'ailleurs un pseudonyme) est un artiste multi-tâche (metteur en scène, scénariste, acteur, producteur, compositeur et j'en passe) qui est devenu une véritable référence au sein de la communauté des amateurs de cinéma underground trash et déviant. Après avoir mis en scène de très nombreux courts-métrages extrêmes dès 2002, il réalise Cannibal en 2006, basé sur le fait divers réel choc dans lequel un homme a passé une annonce sur internet pour trouver un cannibale qui accepterait de le manger ! Sa renommée grandit encore avec son second long métrage Melancholie der Engel datant de 2009. L'année suivante, il réalise son troisième film avec Voyage to Agatis. Un huis clos dont l'action se déroule principalement sur un petit voilier de croisière, avec trois personnages seulement : Rafael (Thomas Goersch), sa femme Isabell (Tatjana Lommel) et Lisa (Janna Lisa Dombrowsky). Le film démarre assez brutalement, avec une femme nue apeurée qui courre sur une plage et qui se retourne sans cesse, ce qui nous indique qu'elle est vraisemblablement poursuivie. C'est effectivement le cas et la malheureuse se fait assassiner au bord de mer par quelqu'un dont on ne verra que la main qui tient un couteau, l'arme venant lacérer la bouche de la victime à plusieurs reprises. Une entrée en matière choc qui laisse place ensuite à nettement plus de retenue, le réalisateur préférant cette fois se concentrer sur l'histoire et la relation de ses trois personnages plutôt que de tout miser sur les scènes malsaines. Rassurez-vous, il y en aura tout de même à la fin du film. Mais très clairement, Voyage to Agatis est plus un thriller psychologique qu'on pourra aisément ranger à côté de La Dernière Maison sur la Gauche de Wes Craven. La présentation du couple Rafael / Isabell nous indique que ces derniers ont des soucis et que leur relation n'est pas au beau fixe. Un couple au bord de la rupture amoureuse, que le comportement de Rafael n'aide pas à surmonter cette épreuve. Plutôt que de dialoguer avec son épouse et de faire des efforts, ce dernier préfère boire plus que de raison et se permet même d'inviter une jolie inconnue, la charmante blondinette Lisa, à venir passer du temps à bord de leur voilier. Le voyage devait être romantique et permettre au couple de faire le point et de se rabibocher. L'intrusion de Lisa vient tout compromettre et on comprend très bien la vive réaction d'Isabell, qui refuse de parler, de manger ou de boire. La tension entre Rafael, véritable macho en herbe, et sa femme désabusée, ne cesse d'augmenter au fil de la croisière et notamment lors d'une scène de repas qui met mal à l'aise. Marian Dora met en exergue cette relation houleuse, tout en prenant le temps de filmer la mer et les beaux paysages qui s'offre à nos protagonistes. On se demande où il veut amener son film, et quel rôle Lisa va jouer dans tout ça, Rafael semblant clairement être très intéressé par le charme et le corps de sa toute mignonne invitée. Il ne s'en cache même pas, n'hésitant pas à passer de la crème solaire sur le corps de Lisa, allant jusqu'à mettre la main dans la culotte et sur les fesses de la jeune fille, le tout sous le regard déprimé d'Isabell. L'érotisme n'est pas absent du film et Marian Dora filme ses actrices sans tabou. Et puis, petit à petit, Voyage to Agatis devient de plus en plus malsain, Rafael dévoilant une nouvelle facette de sa personnalité, s'en prenant à Lisa de manière sadique, sous le regard cette fois amusé d'Isabell. La jeune fille va se retrouver entièrement nue et attachée sur la coque avant du voilier, laissée ainsi toute la journée sous un soleil de plomb et toute la nuit sous un froid qui se devine. Qu'est-ce qui se passe ? Clairement, l'évolution de l'intrigue questionne, surtout que je n'avais pas lu le résumé du film et que j'étais vierge de tous renseignements. Le sort de Lisa, qu'on pensait sous la protection de Rafael, va alors se rapprocher de celui de la pauvre Mari Collingwood du film précité de Wes Craven, avec humiliations, tortures psychologiques et un brin de sadisme. La véritable personnalité du couple Rafael / Isabell apparaît alors, les masques tombent et on comprend leur petit jeu. Le final versera dans l'abject, avec des scènes peu ragoutantes, qui bénéficient de très bons effets-spéciaux et de maquillages, qui feront détourner les yeux des personnes sensibles. On retrouve le Marian Dora qui n'a aucune limite et qui est très versé dans l'horreur graphique. D'une courte durée de 74 minutes, Voyage to Agatis est un peu à part dans la filmographie de Marian Dora mais les amateurs de ce cinéaste retrouveront son style cru, ses images froides et son esthétisme de la violence. Un voyage cauchemardesque au final, malgré le soleil omniprésent et la mer bleu azur, le tout sur une jolie musique guillerette...

* Disponible en DVD (vostf) chez TETRO VIDEO, avec 3 courts-métrages de Marian Dora en bonus et un interview de Thomas Goersch