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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




THE LAST DRACULA

 

THE LAST DRACULA
(Dracula - The Original Living Vampire)


Réalisateur : Maximilian Elfeldt
Année : 2022
Scénariste : Michael Varrati
Pays : Etats-Unis
Genre : Vampires
Interdiction : /
Avec : Jake Herbert, Christine Prouty, India Lillie Davis, Ryan Woodcock...


L'HISTOIRE : La détective Amélia Van Helsing enquête sur une série de meurtres dans lesquels les victimes ont été vidées de leur sang. Elle mène son enquête avec l'aide de son ami Jonathan Harker et du docteur Jack Seward. Dans le même temps, sa fiancée Mina Murray doit trouver une demeure pour le comte Dracula, qui souhaite s'installer en ville...

MON AVIS : Tiens, une production The Asylum qui veut revisiter de manière moderne et totalement libre le fameux roman de Bram Stoker, ça vous branche ? Réalisé en 2022 par Maximilian Elfeldt, déjà responsable de Grimm Avengers 2, Au cœur de l'Apocalypse, Apocalypse of Ice ou le Annihilation avec William Baldwin, The Last Dracula s'amuse avec le mythe et le détourne de manière assez ludique il faut bien le reconnaître. Le scénario nous plonge au sein d'une enquête policière menée par une certaine Amélia Van Helsing ! Un nom connu de tous j'imagine ! Le chef de la police est un certain capitaine Renfield, la fiancée d'Amélia se nomme Mina Murray (eh oui, nous avons un couple lesbien au sein de l'intrigue), le chimiste passionné d'occultisme et ami d'Amélia s'appelle Jonathan Harker et l'aristocrate débarquant en ville pour trouver une demeure à acquérir est le comte Dracula ! Bref, tout un tas de noms qui ne vous seront pas inconnus et que le scénariste Michael Varrati a utilisé avec des rôles à contre-emploi tout en respectant le matériel original. A titre d'exemple, Mina Murray est toujours celle dont Dracula est éprise, Renfield est toujours sous la domination psychique du vampire. Bien sûr, Varrati a opéré des changements importants, comme la relation amoureuse entre Mina et le personnage inventé d'Amélia Van Helsing (Christine Poutry) mais le but étant de proposer une variation moderne et inédite au public, on peut dire qu'à ce niveau, c'est assez réussi. Production The Asylum, The Last Dracula ne prétend évidemment pas être un chef-d'oeuvre, on s'en doute bien. Néanmoins, on note un désir de bien faire qui fait plaisir à voir, avec certes des CGI de qualité relativement moyenne mais ceux-ci sont assez peu mis en avant, ce qui est une bonne chose. Niveau rythme, on a connu plus dynamique et cette enquête policière n'est pas menée tambour battant mais dans l'ensemble, on ne s'y ennuie pas de trop. Il faut dire qu'on a le plaisir d'y croiser Michael Ironside, avec quelques kilos en plus, mais cet acteur charismatique fait toujours son petit effet. Il joue ici un médecin légiste rationnel, qui va tenter d'aider Amélia dans ses recherches. Son personnage, ainsi que celui de l'héroïne, sont ce qu'on appelle des cartésiens, et tous deux auront bien du mal à accorder quelques crédits aux thèses énoncées par le chimiste Jonathan Harker, ce dernier étant nettement plus porté à croire aux légendes folkloriques et donc... au vampirisme ! Si le casting de The Last Dracula s'avère correct, avec une mention à la charmante India Lillie Davis qui joue Mina Murray, si on a droit à quelques visions érotiques soft et à quelques poitrines dénudées, le bat blesse en ce qui concerne Dracula lui-même. L'acteur Jake Herbert qui lui prête ses traits est d'une banalité affligeante et on a plus l'impression d'être en présence du comte Radu de la saga Subspecies que du comte Dracula ! Une impression qui s'accrpît lors du final où notre comte dévoile son physique peu avantageux à base d'effets de maquillage un peu cheap, voire ringard. Une chose est sure, ce Dracula-ci n'entrera pas au panthéon des plus beaux vampires du cinéma. Au final, The Last Dracula ne mérite pas les notes incendiaires qu'il se prend depuis sa sortie car The Asylum nous a proposé bien pire que ça depuis sa création. Même si ça reste un film de vampire totalement anecdotique au sein de la filmographie vampirique, il a essayé d'apporter une légère originalité à son récit en détournant les figures du roman de Stoker et en nous proposant une enquête policière qui aurait pu être conduite par Sherlock Holmes ! Vite vu, vite oublié mais pas déplaisant le temps de sa vision, ce qui est déjà pas mal, surtout qu'il n'ait pas aidé en France par sa diffusion uniquement en V.F.


LOULOU

 

LOULOU
(Die Büchse der Pandora)


Réalisateur : Georg Wilhelm Pabst
Année : 1929
Scénariste : Ladislaus Vajda
Pays : Allemagne
Genre : Drame
Interdiction : /
Avec : Louise Brooks, Fritz Kortner, Francis Lederer, Daisy D'Ora, Alice Roberts...


L'HISTOIRE : Loulou, belle, capricieuse, insouciante et innocemment perverse, est une créature qui ne vit que pour l’amour. Elle joue dans une revue que commandite son amant, Ludwig Schön, un puissant magnat de la presse et du music-hall, fiancé à la fille du ministre de l’intérieur. Au soir de la première, Loulou oblige Ludwig à rompre et obtient qu'il l'épouse. Mais le soir des noces, il la surprend dans sa chambre en situation équivoque avec son fils. Furieux il veut l’obliger à se suicider, mais dans la lutte, c’est lui qui est tué par accident. Accusée de meurtre, Loulou parvient à s’enfuir…

MON AVIS : Adaptation de deux pièces de théâtre qui firent scandale au début du XXe siècle, La Boîte de Pandore et L’esprit de la Terre du dramaturge allemand Frank Wedekind, Loulou est un film entièrement dédié à la beauté incroyable de Louise Brooks, qui transcende chaque scène dans laquelle elle apparaît. On comprend aisément que tous les personnages masculins du film tombent sous le charme de cette jeune fille espiègle, insouciante et parfois manipulatrice, ce qui causera la perte de nombre d'entre-eux. Mais Loulou provoque aussi des raz-de-marée chez les femmes, en témoigne la passion qui émane du personnage de la comtesse Gräfin Geschwitz, interprétée par Alice Roberts, et qui est considérée comme le premier personnage ouvertement lesbien du cinéma. Le film de Georg Wilhelm Pabst, considéré comme un véritable bijou par les cinéphiles, permet donc à Louise Brooks de briller de mille feux mais ce n'est pas son seul intérêt évidemment. Présenté en acte, comme un pièce de théâtre, Loulou est le portrait d'une femme libre, qui mène sa vie comme elle l'entend, quitte à provoquer des drames autour d'elle. Les premiers actes du film mettent en avant les aventures de Loulou et les tragédies qui arrivent à ses amants, notamment le docteur Ludwig Schön (Fritz Kortner), totalement épris par Loulou alors qu'il est fiancée et va se marier prochainement. Mais Loulou ne l'entend pas ainsi et lui proclamera un si tu veux te libérer de moi tu devras me tuer lourd de conséquence par la suite. La scènes des noces est à ce titre particulièrement démonstrative du pouvoir qu'exerce Loulou sur ceux qui l'entourent. La seconde partie du film, si on peut l'appeler ainsi, est consacré au procès de Loulou puis à sa fuite. Une fuite entraînant le fils de son défunt mari dans la tourmente, lui aussi étant totalement envoûté par la belle créature. Tirant parfois vers le mélodrame, Loulou évite les écueils de ce genre larmoyant grâce à l'interprétation toute en spontanéité de Louise Brooks, dont le sourire ne cesse d'illuminer la pellicule. Reste que le destin de cette jeune femme frivole semble placer sous le signe de la fatalité : accusée de meurtre, en fuite, devant une grosse somme d'argent à un producteur, pourchassée par la police, sans vrai ami pour s'occuper d'elle, elle finira par se réfugier en Angleterre et n'aura d'autres choix que de devenir prostituée pour tenter de survivre, à une époque où sévissait un certain Jack l'éventreur ! Je ne sais pas si Pabst savait à l'avance que son film allait choquer la morale établie de l'époque et s'il a sciemment intégré le célèbre meurtrier de Whitechapel au récit pour punir son héroïne et par la même occasion proposer aux moralisateurs une fin qui leur conviendrait. Ou peut être pour sa faire pardonner d'avoir engager un actrice américaine, ce que beaucoup lui ont reproché. En tout cas, on comprend que le titre original du film soit La Boite de Pandore. Le personnage de Loulou symbolise cette fameuse boite, qui, métaphoriquement, signifie qu'une seule personne, par une simple action, peut être à l'origine de nombreux malheurs en chaîne et qu'il ne vaut donc mieux pas succomber à la tentation. Ce que les protagonistes de l'histoire, comme les spectateurs d'ailleurs, ne sauront pas faire. Comment résister à Loulou / Louise Brooks ? Il est dommage que l'actrice n'ait pas réussi la transition du cinéma muet au cinéma parlant. Quoiqu'il en soit, Loulou, classique intemporel, émerveille encore et toujours.


KILL YOUR DARLINGS

 

KILL YOUR DARLINGS
(Kill your Darlings)


Réalisateur : John Krokidas
Année : 2013
Scénariste : John Krokidas, Austin Bunn
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Biographie
Interdiction : /
Avec : Daniel Radcliffe, Dane DeHaan, Michael C. Hall, Ben Foster, Elizabeth Olsen...


L'HISTOIRE : Allen Ginsberg, Jack Kerouac, William S. Burroughs… ils sont les plus grands écrivains américains du 20ème siècle. Kill your Darlings retrace l’histoire de leur rencontre et de leur révolte contre la société américaine. Au milieu d’une frénésie de fêtes, d’alcool et de passions interdites, tous ces jeunes gens enflammés perdent peu à peu leurs repères… jusqu’au meurtre...

MON AVIS : Honnêtement, j'ai visionné ce film parce que le casting inclut la magnifique Elizabeth Olsen, qu'on ne voit d'ailleurs malheureusement que cinq petites minutes ici, la comédienne interprétant la femme de Jack Kerouac dans ce qui s'avère un rôle plutôt anecdotique. Pas grave en soi. Kill Your Darlings est un drame biographique qui nous présente la rencontre au milieu des années 40 de Lucien CarrAllen Ginsberg, Jack Kerouac et William S. Burroughs, soit les fondateurs du mouvement né dans les années 50 et appelé Beat Génération. Un mouvement artistique et littéraire prônant la liberté, la libération sexuelle, la spontanéité de l'écriture, brisant les codes établis depuis des années. Un peu à la manière du Cercle des Poètes Disparus, nos apprentis écrivains / poètes veulent s'affranchir des règles imposées par leurs prédécesseurs et mettre la liberté d'écriture en avant. Ce quatuor de jeunes rebelles est interprété par des acteurs de qualité, dont certains cassent leur image ici, on pense évidemment à Daniel Radcliffe dans un rôle de poète juif homosexuel bien éloigné de celui d'Harry Potter ! Dane DeHaan (Lucien Carr), Ben Foster (William S. Burroughs) et Jack Huston (Jack Kerouac) sont ses compagnons d'aventure. Kill Your Darlings tente donc de nous immerger dans la genèse de la Beat Génération mais n'y parvient qu'à moitié, le scénario se focalisant sur d'autres éléments qui n'apportent pas grand chose à l'histoire, à l'image des scènes avec la mère d'Allen Ginsberg par exemple. De plus, on a du mal à cerner l'importance de ce mouvement une fois le film terminé, surtout si on n'a pas une connaissance plus accrue de ces auteurs et de ce qu'ils ont apporté à la littérature américaine entre autres, ce qui est mon cas. Le film met en avant la thématique de l'homosexualité au sein de ce cercle d'amis, un thème qui sera à l'origine du drame qui aura lieu le 14 août 1944, durant la nuit au cours de laquelle Lucien Carr assassine David Kammerer - joué par Michael C. Hall - un prédateur homosexuel, ami de Burroughs. Un fait divers sordide qui deviendra le sujet du premier roman de Burroughs / Kerouac : Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines qui ne sera publié qu'en 2008 et qui a servi de base au scénario de Kill Your Darlings ! Sans être déplaisant, soutenu par un casting de qualité, le film de John Krokidas nous laisse sur notre faim au final, avec la sensation que le principal a juste été survolé...



KODACHROME

 

KODACHROME
(Kodachrome)


Réalisateur : Mark Raso
Année : 2017
Scénariste : Jonathan Tropper
Pays : Etats-Unis, Canada
Genre : Drame, romance
Interdiction : /
Avec : Ed Harris, Jason Sudeikis, Elizabeth Olsen, Dennis Haysbert...


L'HISTOIRE : Atteint d'un cancer et ne lui restant plus que 2 ou 3 mois à vivre, Ben, un photographe de renom, demande à son fils Matt, qu'il n'a pas vu depuis plus de dix ans, de l'accompagner au Kansas, jusqu'au dernier laboratoire photo qui va arrêter de développer la pellicule Kodachrome et ce, afin d'y développer quatre pellicules Kodachrome datant de plusieurs dizaines d'années. D'abord réticent, Matt se laisse convaincre par Zooey, l'infirmière de Ben, de les accompagner dans ce périple de plus de 3000 km...

MON AVIS : Après avoir tourné quelques court-métrages, Mark Raso s'essaye au format long en 2014 avec Copenhagen puis en 2017 avec ce Kodachrome, dont le nom évoque bien évidemment la célèbre pellicule qui fut produite par la firme américaine Kodak de 1935 jusqu'en juin 2009. Le 30 décembre 2010, l'unique laboratoire traitant encore les films Kodachrome, Dwayne's Photo Service, a cessé d'assurer ce service. Cette nouvelle et cet arrêt de développement de ce type de pellicule a provoqué l’affolement parmi les photographes, ce qui a donné à Jonathan Tropper l'idée de base du film de Mark Raso. De là est né cette histoire nous présentant Ben, un père narcissique et pas franchement sympathique, atteint d'un cancer et qui veut se rendre au Kansas, au dernier laboratoire afin d'y faire développer 4 pellicules Kodachrome qu'il a toujours en sa possession. Sachant que sa fin est proche, il souhaite faire le voyage en compagnie de son fils, qu'il a délaissé depuis des dizaines d'années. La relation entre Ben et Matt est ce qu'on peut clairement appeler une relation conflictuelle, le fils reprochant à son père d'avoir trompé à maintes reprises sa mère, de l'avoir abandonné, de n'avoir jamais été là pour s'occuper de lui. On s'en doute, parcourir 3000 km en voiture va leur donner la possibilité de jouer carte sur table, de vider leur sac et, pourquoi pas, de se pardonner ou, du moins, de se réconcilier un tant soit peu. Ce père peu empathique est interprété par un Ed Harris absolument parfait dans ce rôle, jouant là ce qui est peut-être son plus beau rôle. Dans la peau de son fils Matt, l'acteur Jason Sudeikis n'est pas en reste et assure tout ce qu'il faut pour faire que ce duo fonctionne à l'écran, faisant des rancœurs, voire même de la haine que le fils porte à son père, un carburant dans cette relation conflictuelle, permettant de jouer avec les émotions et de toucher le spectateur lors des nombreux moments forts du flm. Le personnage joué par Ed Harris se comporte souvent comme un sacré connard, se montrant odieux dans ses propos, blessant, auto-centré sur lui-même (la scène avec son frère) mais sous ce verni un peu cruel, on sent des failles, des craquelures qui finiront par éclater pour mieux jouer sur la corde sensible du public. Kodachrome est donc un road movie sensible et intelligent, qui réserve de beaux moment d'émotions et qui traite de la fuite du temps, du temps qui passe inexorablement, l'arrêt du Kodachrome étant une manière métaphorique de mettre en avant cette thématique, qui trouve sa plus belle représentation lors de la séquence dans laquelle Ben arrive au laboratoire et explique ce qu'est un photographe à d'autres photographes qui l'ont reconnu. Bien sûr, on aura tous deviné le final et pourquoi Ben tenait tant à faire développer ses quatre pellicules mais même en sachant à l'avance ce qu'elles contiennent, impossible de retenir une petite larme lorsque Matt les dévoile à l'écran. Cette belle histoire de réconciliation et de rédemption entre un père et un fils possède également un autre atout majeur, celui d'avoir donné le rôle de l'infirmière qui s'occupe de Ben à Elizabeth Olsen ! Avec son charme naturel, l'actrice compose elle aussi un personnage touchant, qui jouera un rôle essentiel dans la relation père / fils, et permettra aussi de développer une petite romance au sein de l'histoire. Dire qu'Elizabeth est talentueuse relève de fait vérifié par votre serviteur. A noter également une bonne bande sonore et la découverte du groupe 90's Live que je ne connaissais pas et que j'ai découvert grâce à Kodachrome. Bref, si vous aimez les jolies histoires portées par des acteurs performants, n'hésitez pas...

LE MONSTRE QUI VIENT DE L'ESPACE

LE MONSTRE QUI VIENT DE L'ESPACE
(The Incredible Melting Man)


Réalisateur : William Sachs
Année : 1977
Scénariste : William Sachs
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Alex Rebar, Burr DeBenning, Myron Healey, Michael Alldredge, Ann Sweeny...


L'HISTOIRE : Des astronautes en mission d'exploration des anneaux de Saturne sont victimes de fortes radiations. Seul Steve West parvient à rester vivant. Hospitalisé dans le plus grand secret dans la clinique du docteur Ted Nelson, il s'échappe après avoir découvert les ravages provoqués par les radiations sur son corps. Devenu un monstre hideux qui se désagrège lentement, Steve West déambule dans la nature et massacre tous ceux qui ont le malheur de croiser sa route. Le docteur Nelson, accompagné par le général Perry, va tenter de trouver Steve West afin qu'il ne commette d'autres meurtres...

MON AVIS : Tiens, voilà un scénario qui n'est pas sans nous rappeler le film Le Monstre, réalisé par Val Guest en 1955 pour le célèbre studio britannique Hammer Film. On retrouve en effet pas mal de points communs entre ce film et Le Monstre qui vient de l'Espace. Ce dernier a été mis en scène et scénarisé par William Sachs, réalisateur peu prolifique qu'on connaît principalement pour le film dont on parle ici et Galaxina (1980). Réalisé en 1977, Le Monstre qui vient de l'Espace, ou The Incredible Melting Man en V.O., est une série B à petit budget, qui n'entrera pas au panthéon des œuvres marquantes, loin s'en faut, mais qui possède un certain charme suranné qui lui permet de s'en tirer avec les honneurs, même revue en 2023. Niveau casting, on a pas grand monde de connu si ce n'est Burr DeBenning, acteur apparu dans une pléiade de séries-télévisées  mais aussi dans Freddy 5 en 1989 et Myron Healey, acteur à l'impressionnante filmographie comprenant 322 entrées, ayant débuté sa carrière en 1943 ! Ils jouent respectivement le docteur Ted Nelson et le général Perry, les deux personnages principaux qui vont tout faire pour retrouver notre astronaute gluant et meurtrier. Ce dernier est interprété par Alex Rebar, qui passera quasiment tout le film sous un épais maquillage, hormis lors de la séquence introductive à bord de la fusée en mission dans les anneaux de Saturne. On notera également au casting un certain Jonathan Demme, qui était déjà réalisateur à l'époque. Oui, oui, le réalisateur du Silence des Agneaux et de Philadelphia, tout à fait ! Le film de William Sachs, de par sa structure même, pourrait être vu comme une sorte de slasher puisque notre monstre irradié va déambuler dans la forêt et aux abords des maisons et assassiner tous ceux qu'il va croiser. On aura droit à quelques petits effets gore assez inoffensifs mais plaisants comme cette tête décapitée qui suit le courant de la rivière et tombe d'une cascade par exemple. Les victimes s'enchaînent et la course-poursuite n'en finit pas, le monstre parvenant à échapper à chaque fois aux hommes qui le traquent. Le scénario propose donc peu de péripéties et se contente du minimum syndical en terme de rebondissements. Sachs meuble comme il peut pour faire tenir son film sur la durée et le spectateur suit sans trop d'ennui ce qu'on lui propose, sans être transcendé non plus par ce spectacle un peu laborieux. Heureusement, Le Monstre qui vient de l'Espace possède une personne au sein de l'équipe technique qui lui permet de ne pas sombrer dans l'oubli et rehausse son intérêt : Rick Baker. Un nom qui ne peut vous être inconnu si vous vous intéressez au cinéma fantastique puisque c'est à lui qu'on doit d'innombrables maquillages qui ont fait passer les films sur lesquels il est intervenu à la postérité ! On citera à simple titre d'exemple Furie (1978), Terreur Extra-Terrestre (1980), Au-delà du Réel (1980), Massacres dans le Train Fantôme (1981), Le Loup-Garou de Londres (1981) bien sûr ou bien encore Videodrome (1983) ou le clip Thriller de Michael Jackson. Pour Le Monstre qui vient de l'Espace, il a conçu un maquillage ultra crade, dégoulinant de partout, représentant parfaitement le suintement de cette peau irradiée qui ne cesse de fondre. C'est vraiment ses effets de maquillages qui donnent toute sa faveur au film de Sachs et on peut dire qu'ils sont plus que réussis. On en arrive même à ressentir un peu d'empathie pour ce pauvre astronaute qui devient ce monstre horrible sans qu'il puisse y faire quelque chose, tant sa décrépitude est ignoble et ce n'est pas la scène finale qui viendra prouver le contraire. Avec sa superbe affiche française, Le Monstre qui vient de l'Espace se savoure tranquillement et si son interdiction aux moins de 18 ans à l'époque de sa sortie paraîtra plutôt exagérée, le travail de Rick Baker satisfera les amateurs de monstre répugnant  et leur permettra de passer un moment sympathique à défaut d'être inoubliable.

* Disponible en DVD et BR chez -> SIDONIS CALYSTA     



PEACE, LOVE & MISUNDERSTANDING

PEACE, LOVE & MISUNDERSTANDING
(Peace, Love & Misunderstanding)


Réalisateur : Bruce Beresford
Année : 2011
Scénariste : Christina Mengert, Joseph Muszynski
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Romance
Interdiction : /
Avec : Jane Fonda, Catherine Keener, Elizabeth Olsen, Chace Crawford, Jeffrey Dean Morgan, Nat Wolff, Kyle MacLachlan...


L'HISTOIRE : Après avoir entendu son mari demander le divorce, Diane Hudson, une avocate rigide et coincée, décide d'aller se changer les idées et emmène son fils Jake et sa fille Zoé chez sa mère qu'elle n'a pas vu depuis vingt ans et qui vit dans une ferme. Cette dernière est une hippie qui se croit encore à Woodstock et qui mène une vie décalée et libre, au antipode de la vie de Diane...

MON AVIS : Inédite en France, cette sympathique comédie romantique mérite mieux que l'anonymat dans laquelle elle est enfermée. Elle est réalisée par Bruce Beresford, celui là même qui nous avait régalé avec Miss Daisy et son Chauffeur en 1989. On lui doit également les thrillers Silent Fall (1994), Dernière danse (1996) ou  Double Jeu (1999). C'est donc en 2011 qu'il met en scène Peace, Love & Misunderstanding, qui a déjà pour lui d'avoir un excellent casting, jugez plutôt : la grand-mère hippie, qui vend de l'herbe et vit dans une ferme avec des poules est interprétée par Jane Fonda et la célèbre actrice est tout à son aise dans la peau de ce personnage empathique ; sa fille Diane, qui l'évite depuis plus de vingt ans et qui retourne la voir suite à une demande de divorce, est jouée par Catherine Keener ; le fils de la future divorcée est interprété par le jeune Nat Wolff et sa grande sœur par l'épatante Elizabeth Olsen, qui joue à nouveau  avec un naturel incroyable et vampirise l'écran à chacune de ses apparitions et elles sont nombreuses. On trouve aussi au générique l'excellent Jeffrey Dean Morgan, acteur qui a terrorisé nombres de spectateurs avec son interprétation de Negan dans la série The Walking Dead et qui interprète ici Jude, un musicien qui va tomber sous le charme de Diane ; Chace Crawford, le beau-gosse star de la série Gossip Girl, qui joue Cole, un jeune boucher qui ne restera pas insensible à la belle Elizabeth Olsen (comment pourrait-il en être autrement ?) ou bien encore Kyle MacLachlan, dans le petit rôle du mari voulant divorcer. Tout ce petit monde va donc interférer dans une histoire assez fleur-bleue et qui nous proposera trois romances à la fois : celle de Diane avec Jude, celle de Zoé avec Cole et celle de Jake avec la jeune Tara (Marissa O'Donnell). Bien sûr, il faudra que les personnages bataillent dur pour obtenir les faveurs de la personne à conquérir et c'est là que le scénario va poser ses thématiques : le droit à la seconde chance, le lâcher prise, la liberté de vivre sa vie comme on l'entend sans se faire juger par les autres, le végétarisme, la famille fracturée, la culture hippie, l'acceptation des autres et j'en passe. Le fait que l'histoire se passe à Woodstock en 2011 n'est pas anodin et permet de faire un beau contraste entre la vie citadine et exténuante de Diane et celle, nettement plus détendue, de sa mère. Il règne une bonne humeur communicative dans Peace, Love & Misunderstanding et elle se transmet facilement au spectateur. Les situations sont souvent amusantes (Zoé qui tombe amoureuse d'un jeune boucher, ce qui va à l'encontre de ses convictions ; Jake qui passe son temps à tout filmer et ne sait pas comment s'y prendre avec une fille ; Diane qui n'arrive pas à s'émanciper de sa rigidité et de sa façon de vivre stricte...) et les acteurs sont tous parfaitement en place pour atteindre l'objectif du réalisateur, qui est tout simplement de nous faire passer un bon moment de détente en utilisant diverses émotions. Alors oui, ce n'est pas le film du siècle, ni la comédie romantique de l'année, mais c'est vraiment un bien joli film qu'on prend plaisir à regarder. Et si vous êtes fan d'Elizabeth Olsen, c'est un incontournable, tant son jeu d'actrice, tout en simplicité, fait des merveilles.

 

LE PRESTIGE

 

LE PRESTIGE
(The Prestige)


Réalisateur : Christopher Nolan
Année : 2006
Scénariste : Christopher Nolan, Jonathan Nolan
Pays : Angleterre, Etats-Unis
Genre : Drame, Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Hugh Jackman, Christian Bale, Scarlett Johansson, Michael Caine, David Bowie...


L'HISTOIRE : Londres, au début du siècle dernier. Robert Angier et Alfred Borden sont deux magiciens surdoués, promis dès leur plus jeune âge à un glorieux avenir. Une compétition amicale les oppose d'abord l'un à l'autre, mais l'émulation tourne vite à la jalousie, puis à la haine. Devenus de farouches ennemis, les deux rivaux vont s'efforcer de se détruire l'un l'autre en usant des plus noirs secrets de leur art. Cette obsession aura pour leur entourage des conséquences dramatiques...

MON AVIS : Depuis la sortie de Memento en 2000, Christopher Nolan est devenu l'un des cinéastes phares de la nouvelle génération, s'affirmant à travers une mise en scène stylisée et des scénarios tortueux la plupart du temps, qui perdent le spectateur dans un dédale labyrinthique dont le ou les twists finaux ne sont pas d'une limpidité totale, le laissant penser et réfléchir à ce qu'il vient de voir bien après la projection. Outre Memento qui joue dans ce registre, on citera également Inception ou Tenet entre autres. En 2006, Nolan nous plonge à nouveau dans un film à twist avec Le Prestige, adaptation d'un roman de Christopher Priest paru en 1995. Ici, on assiste à la lutte entre deux magiciens de grande renommée, Alfred Borden et Robert Angier. Amis au départ, la fracture apparaît lorsque durant un numéro, Borden fait un mauvais nœud autour des poignets de la femme d'Angier et que celle-ci ne parvient pas à s'extirper d'une cuve remplie d'eau, entraînant la mort de la jeune épouse. Depuis ce jour, Angier voue une haine farouche envers Borden, et cette rivalité dans laquelle les deux hommes vont tout faire pour saborder le travail de l'autre va s'avérer des plus dramatiques. Sans être un film à costumes, l'histoire se déroule au début du siècle dernier et la reconstitution de Londres est vraiment très belle. Le casting, composé de Hugh Jackman, Christian Bale, Scarlett Johansson, Michael Caine ou David Bowie pour les rôles principaux est vraiment bien choisit et la prestation des acteurs hissent le film vers le haut, même si j'ai trouvé qui leur manquait un petit quelque chose pour véritablement emporter l'adhésion mais je ne saurais pas expliquer quoi. La structure même du film se rapproche de la thématique de l'histoire, à savoir l'illusion et la magie. Dès le début, on nous demande, à nous public, d'être attentif. On le sait, un tour de magie repose sur le fait que le magicien parvient à détourner l'attention du public pour qu'il puisse faire son tour sans qu'on ne remarque rien. Un procédé qui sera au cœur du Prestige, terme qui désigne la troisième et ultime phase d'un numéro de magie, celle dont on veut tous comprendre le secret. L'art de l'illusion, du trompe-l’œil, de la manipulation est donc au centre de l'histoire et comme un excellent magicien, Christopher Nolan tente de détourner lui aussi notre attention, tout en nous donnant des indices au fur et à mesure de l'avancée du film. L'attraction-phare du Prestige, c'est le numéro de l'homme transporté, qui nous rappellera les fameux télépodes du film La Mouche. Comment un homme qui passe une porte peut disparaître et réapparaître à une autre porte située à quelques mètres de la première ? Le mystère reste entier et on ira de supposition en supposition. L'élément science-fictionnel n'est pas au abonné absent dans Le Prestige et il fait ici son apparition, notamment avec le personnage de Nikola Tesla, joué avec brio par David Bowie. On arrive à comprendre ce que permet de réaliser la machine qu'il a inventé grâce à une séquence qui ne laisse plus de doute possible. Mais en cinéaste astucieux, Nolan nous réserve évidemment d'autres retournements de situations en fin de film. C'est ça qui est assez prenant et intéressant dans Le Prestige, c'est qu'on sait pertinemment qu'on est en train de nous tromper, de détourner notre attention pour qu'on ne découvre pas le fameux "secret". Les autres thématiques développées dans le film (avec, évidemment, le thème du double, si cher à Nolan) apparaîtront plus clairement lors d'une seconde vision, qui nous permettra de faire toute la lumière sur les enjeux, les moyens de détournements d'attention mis en oeuvre par le scénario et la mise en scène et sur les petits détails disséminés ici et là. Une fois le générique de fin qui débute, on prend conscience des épreuves qu'ont du endurer les deux héros du film, épreuves qui n'apparaissaient pas vraiment à la lumière du jour durant notre vision et qui vient épaissir la complexité et l'écriture de ces personnages. Encore un bon film pour Christopher Nolan, que j'ai bien apprécié sans en être transcendé non plus contrairement à d'autres œuvres de sa filmographie. Mais ça reste du bon et grand cinéma en tout cas.