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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




REPTILE

 

REPTILE
(Reptile)


Réalisateur : Grant Singer
Année : 2023
Scénariste : Grant Singer, Benjamin Brewer, Benicio Del Toro
Pays : États-Unis
Genre : Policier
Interdiction : -12 ans
Avec : Benicio Del Toro, Justin Timberlake, Alicia Silverstone, Matilda Lutz...


L'HISTOIRE : Lorsque Summer Elswick, agente immobilière, est retrouvée assassinée, l'inspecteur Tom Nichols porte ses soupçons sur Will Grady, le petit ami de la victime. Au fur et à mesure de ses investigations, de nouveaux suspects potentiels apparaissent et l'enquête va s'avérer bien plus complexe que prévue...

MON AVIS : Voici un polar de machination qui est dans la bonne moyenne du genre. Porté par un casting judicieux, Reptile fait la part belle à la prestation de Benicio Del Toro, parfait en enquêteur méticuleux et intègre, qui ne lâche jamais l'affaire. A ses côtés, on a Justin Timberlake dans le rôle du petit ami de la victime, Alicia Silverstone (47 ans désormais, il est loin le temps de Clueless) dans le rôle de la femme de l'inspecteur Nichols, Eric Bogosian dans le rôle du capitaine Allen, Domenick Lombardozzi dans le rôle d'un inspecteur des stups et tout un tas d'autres acteurs qui assurent et font parfaitement le job. Mon seul regret est que la victime assassinée soit la charmante Matilda Lutz, vue dans Revenge, A Classic Horror Story, Zone 44 ou Coupez! et que j'aurai aimé voir plus longtemps à l'écran. Sinon, ceux qui ont apprécié l'ambiance de la première saison de True Detective retrouveront cette atmosphère dans Reptile, même si l'action ne se déroule pas en Louisiane. L'enquête de l'inspecteur Nichols est menée de façon méthodique, sans privilégier une action trépidante mais malgré un rythme posé, on ne s'ennuie jamais car plus on avance dans ce meurtre crapuleux et plus de nouveaux éléments viennent relancer continuellement l'intérêt. Ce qui au départ ne semble qu'une affaire de meurtre à éclaircir va prendre des proportions et une direction plus inattendues, venant complexifier l'intrigue. Bon suspense, quelques moments de tension bien huilés et une mise en scène efficiente de Grant Singer. A découvrir !

  

SAW X

 

SAW X
(Saw X)


Réalisateur : Kevin Greutert
Année : 2023
Scénariste : Pete Goldfinger, Josh Stolberg
Pays : États-Unis, Mexique, Canada
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Tobin Bell, Shawnee Smith, Synnøve Macody Lund, Renata Vaca...


L'HISTOIRE : John Kramer, le tueur au puzzle, malade et désespéré, se rend au Mexique afin de subir une opération expérimentale capable de guérir son cancer, mais il découvre que tout ceci n’est qu’une escroquerie visant des malades vulnérables et affligés. Animé d'un nouveau but, le célèbre tueur en série retourne à son œuvre et va prendre sa revanche sur ces escrocs dans un terrible jeu dont il a le secret, à travers des pièges toujours plus machiavéliques et ingénieux les uns que les autres...

MON AVIS : Après une tentative totalement ratée de renouveler la franchise en 2021 avec Spirale, l'héritage de Saw, pourtant mis en scène par le réalisateur de Saw 2, Saw 3 et Saw 4, on se demandait si la saga initiée par James Wan en 2004 allait pouvoir rebondir et revenir sur le devant de la scène. C'est chose faite en 2023 avec Saw X, qui voit le retour de Tobin Bell dans le rôle de l'iconique Jigsaw, le célèbre tueur au puzzle. On le sait, Saw X se déroule entre Saw et Saw 2, ce n'est pas un spoiler, cette timeline a été annoncée dès le départ. L'intrigue se focalise sur la maladie de John Kramer, cette tumeur au cerveau qui lui complique bien la vie, et qui pourrait se voir enlevée grâce à un nouveau procédé révolutionnaire qui semble avoir fait ses preuves sur plusieurs personnes. Kramer se rend donc dans un centre hospitalier sécurisé afin de recevoir traitement et opération. Malgré un prix assez conséquent, John veut tenter l'expérience et tout se déroule pour le mieux. Voulant aller remercier ses guérisseurs, dont le médecin Cecilia Pederson (Synnøve Macody Lund), il découvre que le centre a été totalement vidé et comprend qu'il vient de se faire arnaquer par une bande organisée et sans scrupules, qui volent l'argent et l'espoir des malades. Grâce à ses contacts, John Kramer parvient à retrouver les membres de cette organisation criminelle et va donc leur faire subir, tour à tour, ses petits jeux macabres et mortels. Avec une durée de 118 minutes, ce qui en fait le plus long film de la saga, Saw X prend le temps de développer son histoire, ses personnages et d'apporter une nouvelle profondeur à John Kramer, ce que certains semblent reprocher. Alors oui, on peut voir ici le tueur au puzzle être une sorte de vengeur-bienfaiteur qui s'en prend à une vilaine organisation qui arnaque des malades du cancer. Mais après tout, Kramer ne se considère-t-il pas comme un rédempteur vis à vis de ses nombreux cobayes qui jouent à ses jeux cruels depuis le début de la saga ? Franchement, cet aspect un peu plus prononcé ne m'a pas du tout dérangé, ça lui apporte même une petite sensibilité bienvenue je trouve et on fini même par apprécier les châtiments conçus pour cette équipe d'arnaqueurs. Toujours est-il que si on vient voir un Saw, c'est évidemment pour l'intrigue, pour le twist final bien sûr mais surtout pour les pièges machiavéliques issus de l'imagination des scénaristes ! Dans Saw X, réalisé par Kevin Greutert (Saw 6, Saw 3D) et scénarisé par Pete Goldfinger et Josh Stolberg, les pièges se montrent toujours aussi malsains et devraient parvenir, sans grande difficultés à faire détourner les yeux des spectateurs aux estomacs fragiles ! Le piège servant de visuel à l'affiche du film est particulièrement cruel, mais les autres jeux présentés ne sont pas en reste et ne lésinent pas sur l'aspect gore, répugnant et violent. Franchement, pas sûr que dans la réalité la victime ne tombe pas dans les pommes avant le châtiment final mais bon, les exagérations ont toujours fait partie de la saga. Le piège de la scie à fil est bien ignoble et fera monter la tension des fragiles. Sadique à souhait, ces nouveaux jeux hissent la torture à un niveau vraiment appréciable et les fans de la saga seront ravis. Voici donc un très bon épisode qui vient remettre la saga sur le devant de la scène de manière habile et respectueuse ! Content d'avoir retrouvé Tobin Bell ! Plus qu'à attendre de nouveaux chapitres maintenant !


BUNKER PALACE HOTEL

 

BUNKER PALACE HOTEL
(Bunker Palace Hotel)


Réalisateur : Enki Bilal
Année : 1989
Scénariste : Enki Bilal, Pierre Christin
Pays : France
Genre : Insolite, science-fiction
Interdiction : /
Avec : Jean-Louis Trintignant, Carole Bouquet, Maria Schneider, Roger Dumas...


L'HISTOIRE : Dans un pays inconnu, dans un ville inconnue lors d’une guerre inconnue, s’agite sous terre l’élite d’un régime inconnu. Son quartier général : le Bunker Palace Hôtel, offrant confort et sécurité. Tout semble se dérouler pour le mieux pour les dignitaires du régime qui attendent leur président. Cependant, d’étranges bruits courent à la surface de la terre et les rebelles sont de plus en plus actifs malgré la vigilance du machiavélique Holm. Quant au personnel androïde, il donne de curieux signes de dysfonctionnement...

MON AVIS : Principalement connu dans l'univers de la bande-dessiné de science-fiction où il fait figure de référence, Enki Bilal a su développer un style graphique et un univers qui lui est propre. Passionné également par le cinéma dès son plus jeune âge, il désire réaliser un film ou un court-métrage et l'occasion lui est donnée à la fin des années 80, quand un producteur accepte de l'aider à monter ce projet. Il a un scénario déjà bien entamé sous le coude et la production s'occupe du reste, à savoir le choix du lieu de tournage (Belgrade, ville où a vécu Enki Bilal jusqu'à 9 ans avant de venir à Paris), le choix des techniciens, du casting et j'en passe. A l'arrivée, on obtient Bunker Palace Hotel, une oeuvre insolite dans le paysage français de l'époque et qui possède des thématiques qu'on retrouve dans les BD de Bilal, notamment la question de la dictature. Dans le film, nous avons donc un état dictatorial en fin de vie et qui subit la pression des résistants au point que les hauts dignitaires du régime se voient dans l'obligation de quitter la ville pour se réfugier dans un bunker faisant office d'hôtel de luxe. D'où le titre du film Bunker Palace Hotel. Après avoir assisté au déménagement du dignitaire Holm, joué par un Jean-Louis Trintignant complètement chauve, lors de séquences qui nous permettent d'admirer les jolis décors conçus pour le film - assurément l'un des points forts de ce dernier - on découvre une Carole Bouquet coiffée à la Mylène Farmer (courte courte et rousse) qui fait partie de la résistance et qui va devoir s'introduire dans le fameux bunker pour tenter d'atteindre "le Président" du régime. Une mission délicate pour la jeune femme, qui se retrouve là bien malgré elle, suite à l'assassinat de l'agent infiltré qui devait remplir cette mission. Comme dit plus haut, les décors et les couleurs utilisés pour les scènes d'extérieur nous placent d'emblée dans un univers particulier, inquiétant, anxiogène, où la pluie est d'une couleur blanche étrange par exemple. Une fois à l'intérieur du gigantesque bunker, Bunker Palace Hotel devient une sorte de huis-clos métaphorique qui nous fait assister à la décadence et à la chute de ce régime qu'on suppose fasciste. Des éléments science-fictionnels intègrent le récit puisque, hormis les dignitaires et leurs femmes réfugiés dans le bunker, tout le reste du personnel sont des androïdes qui subissent de nombreux bugs et dysfonctionnements, ajoutant à la symbolique de la chute du régime. Le bunker lui-même devient la proie de fissure, de bruits étranges, de craquements peu rassurants, allant même jusqu'à subir l'apparition du gel en son sein, rendant la vie des réfugiés bien plus compliquée que prévue. Dans cette ambiance kafkaïenne, les divers protagonistes évoluent donc dans l'attente de l'arrivée du Président, seul absent notoire et dont on ne sait rien de son absence. Bunker Palace Hotel est un film très contemplatif, qui distille son récit sans jamais recourir à l'action, tant est si bien qu'on finit parfois par se demander si le film a réellement quelque chose à raconter, une fois la métaphore comprise. Le terme insolite correspond parfaitement à cette oeuvre atypique, qui aura du mal à trouver un public parmi la jeune génération abreuvé aux blockbusters qui vont vite, très vite. Tout l'inverse du film d'Enki Bilal qui mise avant tout sur une atmosphère oppressante et qui joue admirablement bien avec le manque de temporalité. On ne sait pas à quelle époque on est, ni où on est d'ailleurs et cela rajoute à l'étrangeté du film. Son final n'est pas en reste non plus, nouvelle métaphore mais cette fois du "changement de régime", tant est qu'il puisse exister ici, les images proposées éliminant le moindre doute à ce sujet. Avec Bunker Palace Hotel, film assez difficile d'accès, Enki Bilal fait preuve d'un bel entrain afin de proposer un cinéma français différent, qui ne se complet pas uniquement dans la comédie franchouillarde. Il récidivera par la suite avec Tykho Moon en 1996 et Immortel (ad vitam) en 2004. Une proposition intéressante de cinéma autre, qui risque de dérouter la majorité des spectateurs, qui n'est pas dénué de défauts (de nombreux personnages ne servent finalement pas à grand chose) mais qui fourmille d'idées disséminées ici et là. Pas mal pour un premier film et ce, dans un genre qui n'est vraiment pas la panacée du cinéma français.

* Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS
Très belle édition pour ce premier film d'Enki Bilal, avec un BR et deux DVD ainsi que 4 cartes postales, le tout dans un boitier trois volets sous fourreau. La copie est belle; Niveau bonus, on trouve :
- Interview de Enki Bilal (Juin 2023)
- « Cinémonstre » : montage réalisé par Enki Bilal à partir des trois films qu’il a réalisé (75’)
- « Enki Bilal, souvenirs du futur » (2019, 52’)
- Images du tournage (archives INA, 1989, 4’)


THE SLUMBER PARTY MASSACRE

 

THE SLUMBER PARTY MASSACRE
(The Slumber Party Massacre)


Réalisateur : Amy Holden Jones
Année : 1982
Scénariste : Rita Mae Brown, Amy Holden Jones
Pays : Usa
Genre : Slasher
Interdiction : -12 ans
Avec : Michelle Michaels, Robin Stille, Michael Villella, Brinke Stevens, Debra de Liso...


L'HISTOIRE : En l'absence de ses parents, Trish Devereaux invite chez elle quelques amies de son équipe de basket pour une soirée pyjama entre filles ! Ses deux voisines et leurs petits amis, n'étant pas conviés, observent jalousement les préparatifs de l'autre côté de la rue, et préparent une intrusion inopinée, histoire de leur causer une petite frayeur. Mais tout ce petit monde ignore qu'un évadé de l'hôpital psychiatrique a lui aussi l'intention de participer à sa manière à la petite partie, emmenant avec lui son infernale foreuse mécanique pour transformer cette nuit en fête sanglante...

MON AVIS : Activiste féministe à ses heures perdues, Amy Holden Jones a effectué plusieurs petits boulots dans l'industrie du cinéma avant de toquer à la porte du légendaire Roger Corman afin de lui proposer ses services, notamment au poste de montage. La jeune femme a ensuite envie de réaliser son propre film et Corman lui offre sa chance, lui permettant de choisir un scénario parmi de nombreux autres qui traînent en attente de trouver preneur. Elle choisit une histoire rédigée par Rita Mae Brown, remanie quelques éléments à sa sauce et obtient de Corman un financement de 220000$ pour ce qui sera le premier slasher de la firme New World Pictures. Un genre auquel la réalisatrice ne connaît absolument rien au passage. Elle doit également se plier aux exigences du studio, qui veut du sang, des jolies filles et de la nudité. Malgré sa défense du féminisme, Amy Holden Jones est bien obligé de se plier à cette dernière exigence, ce que beaucoup lui ont ensuite reproché. Mais bon, elle tourne un slasher et la nudité est quasiment un passage obligé de ce style de film donc ne lui faisons pas de procès d'intention. Surtout qu'elle donne tout de même les rôles principaux aux actrices et que les quelques protagonistes masculins présents dans le film sont plutôt du style "benêt". Bref, toujours est-il qu'à l'arrivée, The Slumber Party Massacre s'est avéré être très lucratif pour Roger Corman, qui a nettement rentabilisé son investissement initial. En 1982, le slasher movie est devenu le fer de lance du mouvement horrifique, suite au succès d'Halloween et de Vendredi 13 bien entendu. J'avoue que je préfère des films tels Carnage, Meurtres à la St-Valentin ou Rosemary's Killer à The Slumber Party Massacre car ils lui sont supérieurs en terme d'ambiance, de suspense, de mise en scène et de meurtres sanguinolents. Reste  que le film d'Amy Holden Jones fait néanmoins le taf et s'avère des plus corrects, et que pour une réalisatrice qui n'y connaissait rien au genre, la miss Holden s'est plutôt bien débrouillé et livre un film assez festif, qui ne se prend pas la tête et s'avère donc plaisant à regarder. Comme dit plus haut, niveau boobs, les amateurs seront aux anges puisque le casting féminin se désape régulièrement, que ce soit dans les douches du vestiaire, pour changer de tenue ou pour quelques rendez-vous galants. Parmi ces dernières, on reconnaîtra Brinke Stevens, qui deviendra une Scream Queen très réputée dans les années 80 et 90. On note d'ailleurs qu'elle ne se déshabille pas dans The Slumber Party Massacre et qu'elle est l'héroïne d'une des meilleures scènes du film, dans laquelle le suspense est vraiment bien troussé. Ce qui intéresse particulièrement les fans de slasher, ce sont les meurtres et le tueur bien sûr.  Ce dernier est campé par Michael Villella, qui était très investit sur le tournage, inventant même un passif à son personnage pour le rendre plus crédible dans ses actes, passif qui n'a malheureusement pas rejoint les lignes du scénario. Dommage. Si la majorité des scènes de meurtres sont filmées en hors-champ pour cause de budget faiblard, avec vision du rendu final tout de même, les effets de maquillage sont soignés, avec une mention spéciale au livreur de pizza dont les deux yeux ont été perforés par la mèche de la foreuse infernale. Une arme très cinématographique et pas choisit au hasard, puisque la longueur de la mèche et certains plans dans lesquels le tueur la tient entre ses jambes en font une arme "phallique" au rendu sans équivoque. Bénéficiant d'un rythme plutôt alerte, cette soirée pyjama qui n'est pas sans nous rappeler le Halloween de John Carpenter, se montre fun, distrayante et bien sûr sanguinolente ! Je pense même que The Slumber Party Massacre se bonifie avec le temps et l'effet nostalgie joue grandement en sa faveur. Pas de quoi bouder son plaisir donc ! A noter que le film d'Amy Holden a eu deux suites, en 1987 et 1990, ainsi qu'un remake en 2021. Et tous ces films ont été réalisés par une femme ! Il y a de la suite dans les idées donc...   

* Disponible en combo DVD + BR + Livret chez RIMINI EDITIONS
Copie vraiment très belle pour redécouvrir ce slasher sympa dans d'excellentes conditions. VF et VOSTF. Livret 24 pages de Marc Toullec.




I AM LISA

 

I AM LISA
(I am Lisa)


Réalisateur : Patrick réa
Année : 2020
Scénariste : Eric Winkler
Pays : Usa
Genre : Loups-garous
Interdiction : /
Avec : Kristen Vaganos, Jennifer Seward, Manon Halliburton, Carmen Anella...


L'HISTOIREAprès le décès de sa grand-mère, la jeune Lisa revient dans sa ville natale pour s'occuper de la boutique de livres d'occasion de la défunte. Elle redevient rapidement la cible des moqueries de Jessica, dont la mère et le frère sont shérif et shérif-adjoint et ont une drôle de façon de faire régner l'ordre, entre corruption, trafic de drogue et intimidation. Suite à une plainte de Lisa envers Jessica, la famille mafieuse séquestre la jeune libraire et la passe à tabac, la laissant pour morte au milieu de la forêt. Lisa, agonisante, est mordue par un loup puis est recueillie par Mary qui vit dans les bois. Rapidement remise sur pied, Lisa se sent différente suite à la morsure. Mary lui explique qu'elle a été mordue par un loup-garou...


MON AVIS : Le réalisateur Patrick Réa oeuvre depuis 2001 dans le cinéma indépendant, avec plus de 74 entrées dans sa filmographie en 2023. Nombreux courts-métrages et films se partagent l'affiche, dont Hell Week (2011), Nailbiter (2013), The Invoking 2 (2015), Monsterland 2 (2019), Monster Killer (2020), Strange Events 3 (2020) ou bien encore They Wait in the Dark (2022). En 2020, il tourne I am Lisa, un film qui joue dans le registre du film de loup-garou, ce qui ne manquera pas de m'intriguer, étant assez fan du monstre poilu que j'ai découvert au milieu des 80's avec Hurlements et Le Loup-Garou de Londres

Petite production indépendante à faible budget, I am Lisa ne rivalisera pas avec les deux titres précités, ni même avec d'autres werewolf movies, surtout en ce qui concerne ce qui doit logiquement être le clou du spectacle de ce genre de film, à savoir les effets de transformation. On se souvient du choc ressenti à la vision des transformations vues dans le classique de Joe Dante et dans celui de John Landis. Dans I am Lisa, l'actrice Kristen Vaganos se verra juste munie de lentilles de contact jaune, d'ongles plus long et plus aiguisés et d'une paire de canines acérées. Point barre. Vous me direz, au lieu de se ridiculiser avec des maquillages ou prothèses pourris, ne vaut-il mieux pas faire comme Patrick Réa et se contenter d'effets discrets mais corrects ? La question mérite d'être posée !

I am Lisa va donc se focaliser sur la jeune Lisa, une jeune fille sympa, qui doit gérer la bouquinerie tenue par sa grand-mère suite au décès de cette dernière. La boutique se trouve dans sa ville natale et son retour ne va pas provoquer que des réjouissances. Si elle peut compter sur le soutien de sa meilleure amie Sam, elle va devoir affronter de vieilles connaissances, à savoir Jessica et sa bande de pestes, qui semble ne pas la porter dans leur cœur. Le scénario en rajoute une couche puisque la mère et le frère de Jessica sont les chefs de la police et qu'ils ne se privent pas d'utiliser leur fonction pour pratiquer la corruption et laisser Jessica mener à bien bien son trafic de drogue entre autres. Lisa redevient donc le souffre-douleur de cette famille corrompue et le film prend des airs de teen-movie fantastique, la majorité du casting étant assez jeune. De plus, une fois Lisa mordue par un loup-garou, l'histoire va essayer de s'intéresser à ce que son nouveau statut de créature mythologique va provoquer en elle, un peu à la manière de Ginger Snaps par exemple. Sauf que dans I am Lisa, tout n'est que surligné et on est bien loin de la qualité d'écriture du film de John Fawcett réalisé en 2000. 

Le seul truc un tant soit peu sympa dans I am Lisa, c'est cette tentative de mêler film de loup-garou et rape & revenge. Car une fois laissée pour morte et mordue, notre charmante Lisa va pouvoir mener à bien sa vengeance envers ses agresseurs. Sauf que la aussi, ça tombe un peu à l'eau et qu'on aura pas grand-chose à se mettre sous la dent niveau meurtre, ce qui est un peu dommage pour un film de loup-garou, non ?

Que ce soit en tant que werewolf movie, que rape & revenge ou en tant qu'étude psychologique de son héroïne, I am Lisa rate le coche sur tous les tableaux et devrait décevoir bon nombre de spectateur au final. Si la prestation de Kristen Vaganos reste correcte, elle ne peut sauver le film à elle toute seule, ni dynamiser un rythme au abonné absent. 

Petit point à mettre en avant tout de même, les références cinéphiliques incluses dans le film, comme lorsque Lisa et Sam regardent The Last Man on Earth au cinéma ou Le Loup-Garou de Washington à la télé. A réserver aux néophytes du genre... et encore...

THE POD GENERATION

 

THE POD GENERATION
(The Pod Generation)


Réalisateur : Sophie Barthes
Année : 2023
Scénariste : Sophie Barthes
Pays : Angleterre, France, Usa
Genre : Comédie, romance, science-fiction
Interdiction : /
Avec : Emilia Clarke, Chiwetel Ejiofor, Rosalie Craig, Vinette Robinson...


L'HISTOIRE : Dans un futur proche où l’intelligence artificielle prend le pas sur la nature, Rachel et Alvy, couple new-yorkais, décident d’avoir un enfant. Un géant de la technologie, vantant les mérites d’une maternité plus simple et plus paritaire, propose aux futurs parents de porter l’enfant dans un POD. Alvy a des doutes, mais Rachel, business-woman en pleine ascension, l’incite à accepter cette expérience…

MON AVIS : Ah le retour de la charmante Emilia Clarke au cinéma ! Absente des écrans depuis 2019 et le joli conte de Noël Last Christmas, impactée par la crise du COVID-19 évidemment, l'actrice a été l'une des héroïnes de la série Secret Invasion en 2023 et on la retrouve donc cette même année dans une comédie d'anticipation réalisée par Sophie Barthes et intitulée The Pod Generation. Anticipation donc car l'histoire se déroule dans un futur proche, où la technologie et l'intelligence artificielle a pris le pas sur tout le reste. La vie des humains est entièrement conditionnée par l'informatique, les maisons sont connectées à l'extrême et vous ne pouvez pas faire un pas sans que la voix d'une IA ne viennent vous questionner sur vos envies du jour ! Idem si vous allez voir un psy, ce sera une IA qui prendra en charge vos séances, sous la forme très curieuse d'un gros œil coloré ! Voici donc la vie que mène Rachel, business-woman, et son mari Alvy, professeur-botaniste. Le choix des métiers de deux personnages principaux n'est bien sûr pas anodin : Rachel vit continuellement avec la technologie (c'est son métier d'innover) alors que son mari est resté fidèle à des valeurs plus terre-à-terre, comme le respect de la nature, valeurs qu'il tente de communiquer à des fidèles par forcément réceptifs à ces vieux principes datés. Dans The Pod Generation, la technologie a été poussé très loin puisque désormais, il est proposé aux femmes de mener leur grossesse à l'aide d'un Pod, une capsule recréant l'environnement d'un utérus et dans laquelle l'embryon pourra se développer. Fini les migraines, les nausées, la prise de poids, tout se passe dans le Pod interactif, et vous pouvez l'emmener partout avec vous, et même le mettre dans un système d'attache qui vous donnera l'apparence d'une femme enceinte. Autre intérêt, le partage des tâches puisque le mari peut lui aussi s'occuper du Pod ! Un concept qui intéresse fortement Rachel mais qui ne trouve guère de résonance auprès d'Alvy, qui souhaite évidemment que sa femme ait une grossesse normale. Le film débute donc comme une comédie romantique avec une grosse pincée d'anticipation, les représentations des innovations technologiques bénéficiant d'effets spéciaux et visuels de qualité. Une fois le couple en possession d'un Pod, l'aspect comédie se renforce un peu plus puisque Alvy, réticent au départ, se prend de passion pour son futur bébé et donc pour cette drôle de capsule blanche dont il ne voulait pas entendre parler au départ. Le duo formé par Emilia Clarke et Chiwetel Ejiofor fonctionne parfaitement bien et les situations proposées font souvent sourires de part leur aspect étrange et inattendu. On a parfois l'impression de regarder un épisode de la série Black Mirror, car plus la grossesse avance dans le Pod et plus des restrictions se mettent en marche vis à vis de ce dernier, provenant de la société fondatrice de cette technologie, dont le but principal bien sûr est de faire de l'argent malgré un discours empathique au départ pour inciter les couples à franchir le pas et à utiliser leur invention. On notera que le fait que le futur papa devienne gaga et se met à s'occuper plus du Pod que de sa femme se veut une petite critique cinglante de la réalité mais après, est-ce notre faute si nous n'avons pas d'utérus ? Ces petits pics vis à vis de la société sont amusants à défaut de soulever un vrai débat de fond mais ils donnent tout de même à réfléchir. Trop de technologie, trop de dérive informatique représente-t-il un danger pour la société, pour la vie naturelle elle-même ? Le film de Sophie Barthes se veut également une réflexion sur ce sujet ô combien actuel et l'évolution des personnages ainsi que la fin du film mettent en exergue cette réflexion. Certains auraient sûrement aimé que le film prenne une direction différente, encore plus anxiogène en montrant les dangers d'une grossesse par Pod interposé, avec un embryon devenant un Alien ou un monstre par exemple, le design du Pod faisant clairement allusion à aux Ovomorphs  du film de Ridley Scott et ses suites. Mais il n'en sera rien, on reste dans la comédie romantique futuriste qui ne s'éloigne jamais de cette ligne directrice. The Pod Generation est un joli film sur un avenir pas très réjouissant qui met de côté le principal, à savoir la nature, les relations humaines, au profit d'une technologie de plus en plus envahissante. Ça se laisse gentiment regarder, Emilia Clarke est rayonnante comme à son habitude et elle semble avoir repris quelques kilos, ce qui lui va beaucoup mieux. L'actrice a d'ailleurs reçu le 3 septembre 2023 le Prix Nouvel Hollywood au festival de Deauville !


 

DOMINIQUE - LES YEUX DE L’ÉPOUVANTE

 

DOMINIQUE - LES YEUX DE L’ÉPOUVANTE
(Dominique)


Réalisateur : Michael Anderson
Année : 1979
Scénariste : Edward Abraham, Valerie Abraham, Harold Lawlor
Pays : Angleterre
Genre : Film de machination
Interdiction : -12 ans
Avec : Cliff Robertson, Jean Simmons, Jenny Agutter, Simon Ward, Ron Moody...


L'HISTOIRE : À peine remise d’une grave chute, Dominique Ballard, femme d’un riche homme d’affaires, commence à être victime d’étranges et angoissantes visions. Est-elle en train de perdre la tête comme son mari le pense ? Est-elle victime d’une machination ? La demeure du couple est-elle réellement hantée ?


MON AVIS : Si vous êtes amateurs des thrillers psychologiques de la firme anglaise  Hammer, tels Hurler de Peur, Paranoïaque, Maniac, Meurtre par Procuration ou Fanatique, alors vous devriez appréciez le film de Michael Anderson, Dominique - Les Yeux de l'épouvante

Réalisé en 1979, et produit par un ancien de la firme Amicus, Dominique joue donc dans la catégorie du thriller et du film de machination. Une de ses grandes forces est son casting, qui nous permet de passer un bon moment en compagnie de Cliff Robertson, qui joue le mari peu sympathique David Ballard, de Jean Simmons qui interprète la pauvre Dominique Ballard, de la charmante Jenny Agutter qui joue la demi-soeur de Dominique et du bien connu blondinet Simon Ward, que les fans de cinéma de genre auront reconnu sans mal bien puisqu'ils ont pu l'admirer dans Le Retour de Frankenstein (1969), dans Dracula et ses Femmes Vampires (1974) ou dans Holocauste 2000 (1977) entre autres.

Les trente premières minutes de Dominique nous font irrémédiablement penser au classique du film de machination Hantise de George Cukor, dans lequel la sublime Ingrid Bergman subissait la torture psychologique de Charles Boyer qui tentait de la faire passer pour folle. On pense être dans le même cas de figure ici, malgré quelques doutes possibles. Il faut dire que Dominique Ballard entend des voix, à la mémoire qui flanche, ne se souvient pas de ce qu'elle a fait la veille, et ce, depuis une chute dans les escaliers qui semble avoir laissée des séquelles. Et on ne peut pas vraiment dire qu'elle reçoit de la compassion de la part de son mari, homme d'affaire sérieux et assez froid, qui ne la ménage pas vraiment, fait chambre à part et semble plus préoccupé par les soucis financiers de sa compagnie. Chaque nuit devient cauchemardesque pour la pauvre Dominique, qui tente de trouver de l'aide auprès de Tony, un chauffeur nouvellement embauché, mais sans succès. Des nuits de terreur qui pousse la pauvre femme à se suicider par pendaison. 

Fin de l'histoire pourrait-on dire ? Mais non puisque nous n'en sommes donc qu'à trente minutes de film approximativement. Et c'est maintenant que Dominique va se montrer des plus intrigants. Le sourire qui se dessine sur le visage de son mari après l'enterrement de sa femme ne laisse guère planer de doute quand au responsable du drame. Seulement voilà, c'est désormais à son tour d'être victime de visions angoissantes, spectrales, et d'être témoin d'événements troublants, comme ce piano qui se met à jouer tout seul ou ces bruits qui dérangent ses nuits et font peu à peu vaciller sa santé mentale. 

Le spectateur tente de démêler l'affaire, se questionne sans cesse (fantôme revanchard ? vengeance d'un(e) ami(e) de sa défunte épouse ? nouvelle manipulation ? autre ?) et se laisse bercer par le rythme lancinant et atmosphérique qui se dégage des images, dont certaines sont d'une réelle beauté picturale. Le travail sur les éclairages et le jeu de couleurs est assez admirables dans Dominique et les amateurs de Mario Bava ne seront pas dépaysés. Oui, je sais que c'est très cliché de citer Bava dès qu'on a de belles images mais très honnêtement, Dominique aurait très bien pu être inséré dans son film à sketches Les Trois Visages de la Peur s'il avait été au format court-métrage, tant l'ambiance et la composition visuelle n'auraient pas dépareillé. 

Certes, Dominique possède donc un rythme très posé, qui ne cède jamais à l'action débridée. Mais c'est justement par ce rythme contemplatif que le spectateur est immergé au sein de l'histoire - qui s'imprègne parfois des codes du film d'épouvante d'antan - et qu'il est happé par ce qui se déroule devant ses yeux et qu'il y trouve de l'intérêt. Assez hypnotique au final, Dominique - Les Yeux de l'épouvante (pourquoi ce sous-titre pour la sortie française ? Le prénom seul n'était pas assez vendeur ?) possède de belles qualités et vous embarquera sans difficulté dans ses nombreux retournements de situations qui en font son originalité. A noter que le film est basé sur une nouvelle de Harold Lawlor.

* Disponible en combo DVD + BR + Livret chez RIMINI EDITIONS