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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




LA NUIT DE LA COMÈTE


LA NUIT DE LA COMÈTE
(Night of the Comet)


Réalisateur : Thom Eberhardt
Année : 1984
Scénariste Thom Eberhardt
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Teen Movie, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Catherine Mary Stewart, Kelli Maroney, Robert Beltran, Geoffrey Lewis...


L'HISTOIRE À la suite du passage d'une comète, l'Humanité est en grande partie décimée. Regina et sa jeune sœur Samantha font partie des rares survivants. Elles trouvent refuge dans le studio d'une radio locale, qui continue d'émettre. Elles y rencontrent un autre survivant, Hector. Dans un monde désormais sans règles, les deux sœurs décident d'aller refaire leur garde-robe dans les centres commerciaux. Mais certains survivants, en partie irradiés, ont été transformés en zombies...

MON AVIS : Pur produit 80's qui ravira les amateurs de coupe de cheveux improbables, de néons flashy et de bande originale composée de chansons bardées de synthétiseurs, La Nuit de la Comète devrait sans problème aller rejoindre d'autres titres du même style en votre possession dans votre filmothèque, à l'image de Night of the Creeps par exemple. Réalisé en 1984 par Thom Eberhardt qui signe également le scénario, La Nuit de la Comète fait partie des films plutôt méconnus voire oubliés dans notre beau pays, ayant toutefois eu les honneurs d'une sortie VHS chez CBS FOX Video. Personnellement, je ne l'avais jamais vu, n'ayant en tête que le faciès du policier zombie dont le maquillage préfigure celui de Freddy Krueger, et pour cause puisque c'est David Miller lui-même qui s'occupe ici des maquillages et que ce dernier a donc fait celui de Freddy la même année pour Les Griffes de la Nuit. Souvent vendu comme un film de zombies, La Nuit de la Comète n'en est pas franchement un, même si on aura trois ou quatre créatures repoussantes à l'écran. Des créatures imposées par les producteurs d'ailleurs, histoire de rajouter une petite touche horrifique au film de Thom Eberhardt qui n'en voulait pas et qui est, au final, bien plus une comédie teen movie post-apocalyptique qu'un film d'horreur à base de morts vivants. Le postulat de départ est plutôt sympa : la comète qui a probablement anéanti les dinosaures lors de son premier passage sur Terre fait son retour des millions d'années plus tard. Pas de bol pour l'Humanité, le résultat est à l'identique : des milliards de personnes sont réduites à l'état de poussière, à l'exception de celles qui étaient à l'intérieur d'un abri renforcée par du métal. D'autres ont eu la chance de ne pas être réduites en poussière mais la malchance d'être irradiées et transformées en monstres pas sympas. Comme déjà dit, n'enclenchez pas La Nuit de la Comète pour en voir des dizaines déambulaient dans les rues, vous seriez déçus. A la place, on va donc suivre deux sœurs et un routier, qui vont devoir composer avec ce nouveau monde dans lequel il n'y a quasiment plus âme qui vive. Les deux frangines sont interprétées par Catherine Mary Stewart et Kelli Maroney. La première est assez connue des amateurs de cinéma fantastique puisqu'on a pu la voir dans Starfighter (1984), dans Annihilator (1986), dans Les anges de la haine (1987), dans Prémonitions (1991) et autre Ghoul (2012) par exemple. La seconde est un peu moins célèbre - quoique - et on a pu la voir dans Shopping (1986), dans The Zero Boys (1986), dans Le Vampire de l'espace (1988) ou dans Scream Queen Hot Tub Party (1991) entre autres. Rendons tout de même à César ce qui appartient à César : le personnage joué par Kelli Maroney dans La Nuit de la Comète a inspiré Josh Whedon pour le personnage iconique de Buffy Summers, la fameuse tueuse de vampire ! Ce qui n'est pas rien vous l'avouerez ! Il faut dire qu'elle se balade souvent en tenue de Pom-Pom Girl dans le film de Thom Eberhardt, ce qui n'est pas anodin quant à l'inspiration du personnage de Buffy. Troisième personnage principal du film, Hector, joué par Robert Beltran, un routier qui va rencontrer les deux sœurs chamailleuses et prendre part à l'aventure. Une aventure placée sous le signe de la teen comedy donc, et dans laquelle l'humour est omniprésent. En effet, les mésaventures de Regina et Samantha sont assez décomplexées et les deux filles font preuve d'une belle insouciance liée à leur âge et surtout au fait qu'elles sont libérées du poids parental. Libres, sans contraintes, sans carcans, elles n'ont en réalité que faire de la situation dramatique dans laquelle elles évoluent, allant même jusqu'à s'éclater dans un supermarché désert, essayant toutes les fringues à leur portée sur le tube Girls Just Want To Have Fun pour ce qui est, à n'en point douter, un vibrant clin d'oeil au Zombie de George A. Romero (1978) et à sa critique de la société de consommation. Pour pimenter un peu l'action, qui est tout de même assez mollassonne reconnaissons-le, le réalisateur / scénariste intègre une équipe de scientifiques qui tente de trouver un remède en ponctionnant le sang des rares survivants. Bon. Au final, La Nuit de la Comète ne m'a pas embarqué plus que ça, malgré ses filtres de couleur à foison et sa bande-son sympa. Son ambiance "pop-sucré" ultra 80's, ses deux héroïnes sympathiques, son envie de rendre hommage à la S-F rétro (on y voit l'affiche de La Course à la Mort de l'an 2000 ou de Red Dust, un projectionniste parle du Météore de la Nuit de Jack Arnold...) et sa mise en scène assez classieuse ne permettent pas de hisser ce film rétro à un niveau d'intérêt suffisant, la faute aux événements proposés, qui sont tout de même assez anémiques et pas franchement intéressants. On a souvent envie d'avoir un peu plus d'action à l'écran. Reste qu'on remerciera l'éditeur Rimini Editions d'exhumer ce genre de petite production qui serait amenée à disparaître des radars, du moins dans notre pays puisqu'au USA, La Nuit de la Comète a eu pas mal de succès. N'hésitez pas à découvrir cette version ado-post-apo de 28 jours plus tard, sans trop en attendre. 

* Disponible en DVD + BR chez RIMINI EDITIONS
Une édition soignée, comme toujours avec cet éditeur. Boitier trois volets sous fourreau au couleur de la collection. En bonus, on trouve le livret de 24 pages conçu par Marc Toullec intitulé "Deux Sœurs et la fin du monde". 




LES CHAMBRES ROUGES

 
LES CHAMBRES ROUGES
(Les Chambres Rouges)


Réalisateur : Pascal Plante
Année : 2023
Scénariste : Pascal Plante
Pays : Canada
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Juliette Gariépy, Laurie Babin, Elisabeth Locas, Maxwell McCabe-Lokos...


L'HISTOIRE : Deux jeunes femmes, Kelly-Anne et Clémentine, se réveillent chaque matin aux portes du palais de justice de Montréal pour pouvoir assister au procès hypermédiatisé d’un tueur en série qui les obsède, et qui a filmé la mise à mort de ses victimes. Cette obsession maladive les conduira à tenter par tous les moyens de mettre la main sur l’ultime pièce du puzzle, qui pourrait permettre de définitivement confondre celui que l’on surnomme le Démon de Rosemont : la vidéo manquante de l’un de ses meurtres...

MON AVIS : Après plusieurs courts-métrages, le réalisateur canadien Pascal Plante passe au format long dès 2017 avec Fake Tattoos puis avec Nadia, Butterfly en 2020, deux films que je n'ai pas vu. Son nouveau film, Les Chambres Rouges, s'attaque au mythe des red rooms, ces pièces peintes en rouge dans lesquelles un bourreau exécute de manière atroce une jeune victime, le tout étant retransmis en direct sur le darkweb pour une poignée de pervers ayant payé le prix fort en crypto-monnaie pour assister à ces meurtres ultra-brutaux. Le terme général de snuff movie résonnera à l'esprit des fans de cinéma de genre qui se remémoreront le visionnage des deux premiers volets de la saga japonaise des Guinea Pig, de Tesis d'Alejandro Amenabar, de 8MM de Joel Schumacher ou de l'ultra-violent American Guinea Pig de Stephen Biro entre autres. Ceux qui préfèrent la lecture n'hésiteront pas à dévorer l'excellent et ténébreux roman de Cédric Sire, La Saignée, qui met en scène une passionnante enquête policière afin de débusquer le bourreau qui sévit dans une red room particulièrement sordide. Un roman dont certains chapitres font écho au film de Pascal Plante. Outre la thématique des snuff movies et des red rooms, Les Chambres Rouges traite également de la fascination que les tueurs exercent auprès de leurs groupies, ce n'est pas le récent cas de Nordahl Lelandais qui viendra me contredire puisque ce dernier est devenu papa alors qu'il était en prison, ayant rencontré sa femme durant son incarcération à perpétuité. Le film de Pascal Plante nous en présente deux : la solitaire et méthodique Kelly-Anne, superbement interprétée par l'actrice Juliette Gariépy, et Clémentine (Laurie Babin), une jeune femme un peu déboussolée qui est littéralement sous le charme du présumé tueur et bourreau d'une red room, à savoir Ludovic Chevalier (Maxwell McCabe-Lokos). Pour Clémentine, il est impossible que Ludovic Chevalier ait commis les crimes pour lesquels on l'accuse. Sans jamais l'avoir rencontré, elle est totalement persuadé de son innocence, remettant en cause les allocutions de l'avocate des victimes. Plus déroutante est la seconde groupie du film, Kelly-Anne, une hackeuse dont on ne comprend pas les réelles motivations jusqu'au tétanisant final qui possède des images mettant assez mal à l'aise. L'intelligence de Pascal Plante est d'avoir fait de son film Les Chambres Rouges l'antithèse de ce qu'on était en droit d'attendre d'une œuvre traitant ces sombres sujets. Pas une fois le réalisateur ne plonge dans la complaisance gratuite ou dans le débordement visuel gore. Ici, tout est suggéré, mis en exergue par les dialogues (le début du film se déroule dans la salle d'audition et la plaidoirie de l'avocate des victimes mais aussi de l'avocat de la défense met de suite dans l'ambiance...), par le travail sur le son (lorsque les deux vidéos des red rooms sont montrées au membres des jurés ainsi qu'aux familles, nous ne verront aucune image, on se contentera, via Clémentine, d'entendre les cris d'agonie des deux jeunes filles massacrées et mutilées par le bourreau, ce qui ne manquera pas de mettre mal à l'aise) et par le comportement troublant des deux groupies bien sûr. Le comportement de Kelly-Anne nous vaudra une séquence particulièrement malaisante, dans laquelle la jeune femme se déguise comme l'une des victimes de Ludovic Chevalier et vient ainsi au tribunal, espérant provoquer une réaction du sinistre individu. Perturbant au plus haut point. Habile, Pascal Plante distille une atmosphère souvent sordide et éprouvante, le tout avec une grande retenue, ce qui donne à son film un impact et un intérêt certain. Le film n'est certes pas exempt de menus défauts - certaines scènes entre les deux groupies peuvent paraître un tantinet trop longues parfois et auraient méritées d'être plus concises - mais cette plongée dans les tréfonds les plus sombres de l'âme humaine mérite assurément d'être vécue tant elle est souvent fascinante, notamment grâce à l'écriture subtile du personnage de Kelly-Anne, qui est réellement complexe et intrigant. Les Chambres Rouges laisse un goût amer dans la gorge et nul doute que le public non initié soit déstabilisé par cette incursion dans le mal absolu qui gangrène la partie méconnue d'internet. Encore une preuve que la suggestion peut se montrer plus efficace que la démonstration à grand coup d'image sanguinolente.
 

VISIONS

 

VISIONS
(Visions)


Réalisateur : Yann Gozlan
Année : 2023
Scénariste Jean-Baptiste Delafon, Michel Fessler, Yann Gozlan, Aurélie Valat
Pays : France
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Diane Kruger, Mathieu Kassovitz, Marta Nieto, Amira Casar, Grégory Fitoussi...


L'HISTOIRE : Pilote de ligne confirmée, Estelle mène, entre deux vols long-courriers, une vie parfaite avec Guillaume, son mari aimant et protecteur. Un jour, par hasard, dans un couloir d’aéroport, elle recroise la route d’Ana, photographe avec qui elle a eu une aventure passionnée vingt ans plus tôt. Estelle est alors loin d’imaginer que ces retrouvailles vont l’entraîner dans une spirale cauchemardesque et faire basculer sa vie dans l’irrationnel…

MON AVIS : Le réalisateur Yann Gozlan est en train, petit à petit, de devenir une référence en matière de thriller cinématographique. Après Captifs en 2010, Un Homme idéal en 2015 et surtout l'excellent La Boite Noire en 2021 - un sommet du thriller paranoïaque à la française - le revoici en 2023 avec Visions. Totalement conquis par son film précédent, c'est avec une forte attente que j'ai donc visionné Visions, nouvelle incursion dans le thriller paranoïaque pourvue d'un casting séduisant et parfaitement en place, à savoir Diane Kruger, Matthieu Kassovitz et Marta Nieto. Ce qui frappe en premier lieu à la vision du film, c'est la réelle maîtrise de l'outil cinématographique de Yann Gozlan. Visuellement superbe, Visions possède une esthétique léchée qui ne pourra que séduire le spectateur qui aime les belles images. Un esthétisme mis au service d'une intrigue complexe qui joue avec le réel et l'imaginaire de manière habile et envoûtante et ce, à travers le personnage d'Estelle, superbement interprétée par une Diane Kruger investie, et dont le visage retranscrit à merveille tous les états psychologiques que va traverser l'héroïne. Estelle mène une vie parfaitement orchestrée : pilote d'avion, tout est millimétré dans ses journées et aucun écart n'est autorisé, même quand il s'agit d'essayer d'avoir un enfant avec son mari Guillaume (Kassovitz). Ce dernier est chirurgien et mène lui aussi une vie où la notion de temps est primordiale. Vivant dans une maison high-tech, le couple est constamment soumis à la pression du temps, tout fait et geste se doit d'être inscrit dans un planning rigide, qui n'offre aucune place à la liberté. Une vie monotone en fait, qui va se voir bousculée par les retrouvailles d'Estelle et de son amie Ana. Dans une vie aussi réglée que celle d'Estelle et Guillaume, Ana représente le danger, l'élément perturbateur qui va venir briser la roue du temps. Elle représente également la tentation, le fruit défendu, la possibilité de sortir des carcans d'une vie sans surprise aucune. On comprend rapidement qu'Ana n'est pas qu'une simple amie pour Estelle et que leur retrouvaille va poser problème et venir densifier l'intrigue. Le temps est donc un élément essentiel dans Visions, et Yann Gozlan lui-même va jouer avec cet élément en faisant avoir à son héroïne des visions dont on ne sait pas si elles sont le reflet du passé ou de l'avenir. Le scénario dévoile peu à peu son machiavélisme et l'intrigue prend le spectateur par la main pour l'emmener dans une aventure qui renvoie à Hitchcock et dans laquelle la part du réel se confond avec la part de l'imaginaire. Les doutes assaillent le spectateur, qui s'interroge sur les détails proposés par le réalisateur, qui se questionne sur les protagonistes et qui se met à inventer ses propres théories. Le personnage joué par Diane Kruger se voit plonger dans une spirale de désirs, de peur et d'incompréhension. Sa vie millimétrée éclate en mille morceaux, sa rigidité et son professionnalisme sont pris à défaut et le fait qu'elle soit pilote d'avion ne rassurera pas les phobiques de ce moyen de transport. La passion plus fort que les carcans, c'est une thématique de Visions, thriller psychologique aux rouages parfaitement maîtrisés et qui tente de nous perdre dans ses dédales labyrinthiques qui nous font aussi penser à David Lynch. Si votre vie savamment orchestrée peut voler en éclats en tournant du mauvais côté d'un croisement, le feriez-vous ? Regardez Visions et le destin de Diane Kruger. La question méritera réflexion. Encore une belle réussite de Yann Gozlan !

* Disponible en VOD, DVD et BR chez M6 VIDEO dès le 24 janvier 2024
En bonus, le court-métrage Echo de Yann Gozlan


DOUCE NUIT SANGLANTE NUIT

 

DOUCE NUIT SANGLANTE NUIT
(Silent Night, Deadly Night)


Réalisateur : Charles E. Sellier Jr.
Année : 1984
Scénariste : Paul Caimi, Michael Hickey
Pays : États-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Lilyan Chauvin, Robert Brian Wilson, Gilmer McCormick, Linnea Quigley...


L'HISTOIRE : Après avoir vu ses parents être assassinés par un voyou déguisé en Père-Noël, le petit Billy, ainsi que son tout jeune frère encore nourrisson à l'époque du drame, sont recueillis et élevés dans un orphelinat religieux, dirigé d'une main de fer par la Mère supérieure. A chaque Noël, le traumatisme de Billy refait surface, ce qui provoque la colère de la Mère supérieure. Désormais âgé de dix-hui ans, Billy est engagé dans un magasin de jouet et tout se déroule pour le mieux, jusqu'à ce que le mois de décembre ne revienne. Pour rendre service à son employeur, Billy accepte de se déguiser en Père-Noël mais son esprit malade ne le supporte pas et fait sombrer le jeune homme dans la folie meurtrière...

MON AVIS : Non, Douce Nuit Sanglante Nuit n'est pas le premier film à faire de la figure sacrée du Père-Noël un tueur psychopathe. En 1972, Freddie Francis en met déjà un en scène dans l'un des sketches de son film Histoires d'Outre-Tombe ;  dans Christmas Evil (1980), un jeune enfant, après avoir vu sa mère en pleine partie de jambe en l'air avec son père habillé en Père-Noël, sombre lui aussi dans la folie et décide de devenir le vrai Père-Noël à l'âge adulte, massacrant tous ceux qui se moquent de son accoutrement. Deux détournements du mythe de Noël qui ne feront pas vraiment parler d'eux, tout l'inverse du film dont il est question ici ! Réalisé par Charles E. Sellier Jr., Douce Nuit Sanglante Nuit provoquera en effet un véritable tollé aux Etats-Unis, provoquant même des manifestations devant les cinémas qui osent le diffuser ! Le public amoureux de Santa Claus se dresse contre ce film d'horreur qui a osé briser la figure sympathique du gros bonhomme barbu habillé en rouge ! Trop, c'est trop ! Un véritable scandale à l'époque de sa sortie, en novembre 1984, qui se soldera par le retrait du film des cinémas seulement deux semaines après son lancement ! Heureusement, les 15 premiers jours de projection ont été un véritable succès, et les recettes ont largement rentabilisé l'investissement initial. De plus, le film a fait un carton quand il fût disponible en VHS. En France, nous avons eu droit à une version censurée, ce qui fait que, lorsque je l'ai vu étant adolescent, il ne m'a pas réellement marqué, les coupes amoindrissant largement l'impact des séquences horrifiques. Grâce à l'éditeur Rimini Editions, j'ai enfin pu voir Douce Nuit Sanglante Nuit en version uncut et le film y gagne nettement en intérêt, c'est le moins que l'on puisse dire puisque cette fois, les scènes de meurtres sont vraiment bien violentes et sanglantes, ce qui est quand même la base d'un film d'horreur type slasher / film de tueur fou. Égorgement au couteau, strangulation à la guirlande de Noël, éventration, décapitation à la hache, coup de marteau perforant la boîte crânienne et autre joyeusetés vous attendent donc de manière bien plus graphique que dans la version cinéma cut, avec également, cerise sur le gâteau, la vision de la version intégrale de l'empalement de la charmante Linnea Quigley, fort peu vêtue comme à son habitude, par les cornes d'un trophée de cerf ! Rien que pour cette séquence culte, il faut regarder Douce Nuit Sanglante Nuit ! Mais cette nouvelle vision du film m'a également permis de le réévaluer de par sa caractérisation du personnage de Billy Chapman. On ne peut que ressentir de l'empathie pour ce petit garçon qui assiste, impuissant, au massacre de ses parents par son héros de Noël, un simple voyou déguisé bien sûr, et qui va subir le traitement sévère de la Mère supérieure et ce, malgré son traumatisme lié au drame hivernale. Quand cette dernière le force à aller s'asseoir sur le Père-Noël, on n'a qu'une envie : que Billy lui colle une bonne claque ! Je ne sais pas si cette virulente critique de l'enseignement catholique était voulue par les scénaristes mais elle ne passe pas inaperçue en tout cas. Heureusement que sœur Margaret (Gilmer McCormick) est là pour rééquilibrer la balance. On n'oubliera pas aussi cette visite chez son grand-père dans un asile psychiatrique, pour une rencontre assez traumatisante pour un petit garçon, bravo à l'acteur Will Hare qui est vraiment flippant ! Une fois l'âge de 18 ans atteint, Billy est interprété par l'acteur Robert Brian Wilson, qui a longtemps renié le film suite à la controverse américaine mais qui est depuis revenu sur sa position après avoir rencontré des fans lors d'une projection célébrant les 30 ans de Douce Nuit Sanglante Nuit. La faiblesse psychologique de son personnage est plutôt bien mis en avant, sa fragilité mentale face à la figure du Père-Noël bien retranscrite à l'écran par l'acteur. Quand on comprend que Billy va devoir s'habiller en Père-Noël, on sait que sa santé mentale va vaciller et le faire sombrer dans une folie homicide. Ce sera bien le cas. Notre gentil Père-Noël va donc s'acharner sur ses collègues de travail avant d'aller semer la mort au dehors pour au final se rendre à l'orphelinat pour se venger de la méchante Mère supérieure ! Les pérégrinations de Billy sont plutôt sympathiques et donnent un cachet pas désagréable à ce film de Noël qui ne risque pas d'être diffusé sur TF1 ou M6 en période de fêtes ! Efficace, sans réel temps morts, bien sanglant dans sa version intégrale, pourvu d'une bonne dose de nudité et avec une étude psychologique pas inintéressante en toile de fond, Douce Nuit Sanglante Nuit est un petit classique du film de tueur fou 80's, qui surclasse aisément sa séquelle tournée en 1987 et qui, elle, met en scène le petit frère de Billy !

* Disponible en combo DVD + BR + Livret chez RIMINI EDITIONS
Encore une chouette entrée dans la collection phare de l'éditeur, avec boitier trois volets sous fourreau, proposant 1 BR et 2 DVDs et donc le film en version cinéma et version intégrale (vostf pour cette dernière). Marc Toullec nous propose son traditionnel livret informatif (et il l'est !) sous le titre S.O.S. Père-Noël.





REPTILE

 

REPTILE
(Reptile)


Réalisateur : Grant Singer
Année : 2023
Scénariste : Grant Singer, Benjamin Brewer, Benicio Del Toro
Pays : États-Unis
Genre : Policier
Interdiction : -12 ans
Avec : Benicio Del Toro, Justin Timberlake, Alicia Silverstone, Matilda Lutz...


L'HISTOIRE : Lorsque Summer Elswick, agente immobilière, est retrouvée assassinée, l'inspecteur Tom Nichols porte ses soupçons sur Will Grady, le petit ami de la victime. Au fur et à mesure de ses investigations, de nouveaux suspects potentiels apparaissent et l'enquête va s'avérer bien plus complexe que prévue...

MON AVIS : Voici un polar de machination qui est dans la bonne moyenne du genre. Porté par un casting judicieux, Reptile fait la part belle à la prestation de Benicio Del Toro, parfait en enquêteur méticuleux et intègre, qui ne lâche jamais l'affaire. A ses côtés, on a Justin Timberlake dans le rôle du petit ami de la victime, Alicia Silverstone (47 ans désormais, il est loin le temps de Clueless) dans le rôle de la femme de l'inspecteur Nichols, Eric Bogosian dans le rôle du capitaine Allen, Domenick Lombardozzi dans le rôle d'un inspecteur des stups et tout un tas d'autres acteurs qui assurent et font parfaitement le job. Mon seul regret est que la victime assassinée soit la charmante Matilda Lutz, vue dans Revenge, A Classic Horror Story, Zone 44 ou Coupez! et que j'aurai aimé voir plus longtemps à l'écran. Sinon, ceux qui ont apprécié l'ambiance de la première saison de True Detective retrouveront cette atmosphère dans Reptile, même si l'action ne se déroule pas en Louisiane. L'enquête de l'inspecteur Nichols est menée de façon méthodique, sans privilégier une action trépidante mais malgré un rythme posé, on ne s'ennuie jamais car plus on avance dans ce meurtre crapuleux et plus de nouveaux éléments viennent relancer continuellement l'intérêt. Ce qui au départ ne semble qu'une affaire de meurtre à éclaircir va prendre des proportions et une direction plus inattendues, venant complexifier l'intrigue. Bon suspense, quelques moments de tension bien huilés et une mise en scène efficiente de Grant Singer. A découvrir !

  

SAW X

 

SAW X
(Saw X)


Réalisateur : Kevin Greutert
Année : 2023
Scénariste : Pete Goldfinger, Josh Stolberg
Pays : États-Unis, Mexique, Canada
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Tobin Bell, Shawnee Smith, Synnøve Macody Lund, Renata Vaca...


L'HISTOIRE : John Kramer, le tueur au puzzle, malade et désespéré, se rend au Mexique afin de subir une opération expérimentale capable de guérir son cancer, mais il découvre que tout ceci n’est qu’une escroquerie visant des malades vulnérables et affligés. Animé d'un nouveau but, le célèbre tueur en série retourne à son œuvre et va prendre sa revanche sur ces escrocs dans un terrible jeu dont il a le secret, à travers des pièges toujours plus machiavéliques et ingénieux les uns que les autres...

MON AVIS : Après une tentative totalement ratée de renouveler la franchise en 2021 avec Spirale, l'héritage de Saw, pourtant mis en scène par le réalisateur de Saw 2, Saw 3 et Saw 4, on se demandait si la saga initiée par James Wan en 2004 allait pouvoir rebondir et revenir sur le devant de la scène. C'est chose faite en 2023 avec Saw X, qui voit le retour de Tobin Bell dans le rôle de l'iconique Jigsaw, le célèbre tueur au puzzle. On le sait, Saw X se déroule entre Saw et Saw 2, ce n'est pas un spoiler, cette timeline a été annoncée dès le départ. L'intrigue se focalise sur la maladie de John Kramer, cette tumeur au cerveau qui lui complique bien la vie, et qui pourrait se voir enlevée grâce à un nouveau procédé révolutionnaire qui semble avoir fait ses preuves sur plusieurs personnes. Kramer se rend donc dans un centre hospitalier sécurisé afin de recevoir traitement et opération. Malgré un prix assez conséquent, John veut tenter l'expérience et tout se déroule pour le mieux. Voulant aller remercier ses guérisseurs, dont le médecin Cecilia Pederson (Synnøve Macody Lund), il découvre que le centre a été totalement vidé et comprend qu'il vient de se faire arnaquer par une bande organisée et sans scrupules, qui volent l'argent et l'espoir des malades. Grâce à ses contacts, John Kramer parvient à retrouver les membres de cette organisation criminelle et va donc leur faire subir, tour à tour, ses petits jeux macabres et mortels. Avec une durée de 118 minutes, ce qui en fait le plus long film de la saga, Saw X prend le temps de développer son histoire, ses personnages et d'apporter une nouvelle profondeur à John Kramer, ce que certains semblent reprocher. Alors oui, on peut voir ici le tueur au puzzle être une sorte de vengeur-bienfaiteur qui s'en prend à une vilaine organisation qui arnaque des malades du cancer. Mais après tout, Kramer ne se considère-t-il pas comme un rédempteur vis à vis de ses nombreux cobayes qui jouent à ses jeux cruels depuis le début de la saga ? Franchement, cet aspect un peu plus prononcé ne m'a pas du tout dérangé, ça lui apporte même une petite sensibilité bienvenue je trouve et on fini même par apprécier les châtiments conçus pour cette équipe d'arnaqueurs. Toujours est-il que si on vient voir un Saw, c'est évidemment pour l'intrigue, pour le twist final bien sûr mais surtout pour les pièges machiavéliques issus de l'imagination des scénaristes ! Dans Saw X, réalisé par Kevin Greutert (Saw 6, Saw 3D) et scénarisé par Pete Goldfinger et Josh Stolberg, les pièges se montrent toujours aussi malsains et devraient parvenir, sans grande difficultés à faire détourner les yeux des spectateurs aux estomacs fragiles ! Le piège servant de visuel à l'affiche du film est particulièrement cruel, mais les autres jeux présentés ne sont pas en reste et ne lésinent pas sur l'aspect gore, répugnant et violent. Franchement, pas sûr que dans la réalité la victime ne tombe pas dans les pommes avant le châtiment final mais bon, les exagérations ont toujours fait partie de la saga. Le piège de la scie à fil est bien ignoble et fera monter la tension des fragiles. Sadique à souhait, ces nouveaux jeux hissent la torture à un niveau vraiment appréciable et les fans de la saga seront ravis. Voici donc un très bon épisode qui vient remettre la saga sur le devant de la scène de manière habile et respectueuse ! Content d'avoir retrouvé Tobin Bell ! Plus qu'à attendre de nouveaux chapitres maintenant !


BUNKER PALACE HOTEL

 

BUNKER PALACE HOTEL
(Bunker Palace Hotel)


Réalisateur : Enki Bilal
Année : 1989
Scénariste : Enki Bilal, Pierre Christin
Pays : France
Genre : Insolite, science-fiction
Interdiction : /
Avec : Jean-Louis Trintignant, Carole Bouquet, Maria Schneider, Roger Dumas...


L'HISTOIRE : Dans un pays inconnu, dans un ville inconnue lors d’une guerre inconnue, s’agite sous terre l’élite d’un régime inconnu. Son quartier général : le Bunker Palace Hôtel, offrant confort et sécurité. Tout semble se dérouler pour le mieux pour les dignitaires du régime qui attendent leur président. Cependant, d’étranges bruits courent à la surface de la terre et les rebelles sont de plus en plus actifs malgré la vigilance du machiavélique Holm. Quant au personnel androïde, il donne de curieux signes de dysfonctionnement...

MON AVIS : Principalement connu dans l'univers de la bande-dessiné de science-fiction où il fait figure de référence, Enki Bilal a su développer un style graphique et un univers qui lui est propre. Passionné également par le cinéma dès son plus jeune âge, il désire réaliser un film ou un court-métrage et l'occasion lui est donnée à la fin des années 80, quand un producteur accepte de l'aider à monter ce projet. Il a un scénario déjà bien entamé sous le coude et la production s'occupe du reste, à savoir le choix du lieu de tournage (Belgrade, ville où a vécu Enki Bilal jusqu'à 9 ans avant de venir à Paris), le choix des techniciens, du casting et j'en passe. A l'arrivée, on obtient Bunker Palace Hotel, une oeuvre insolite dans le paysage français de l'époque et qui possède des thématiques qu'on retrouve dans les BD de Bilal, notamment la question de la dictature. Dans le film, nous avons donc un état dictatorial en fin de vie et qui subit la pression des résistants au point que les hauts dignitaires du régime se voient dans l'obligation de quitter la ville pour se réfugier dans un bunker faisant office d'hôtel de luxe. D'où le titre du film Bunker Palace Hotel. Après avoir assisté au déménagement du dignitaire Holm, joué par un Jean-Louis Trintignant complètement chauve, lors de séquences qui nous permettent d'admirer les jolis décors conçus pour le film - assurément l'un des points forts de ce dernier - on découvre une Carole Bouquet coiffée à la Mylène Farmer (courte courte et rousse) qui fait partie de la résistance et qui va devoir s'introduire dans le fameux bunker pour tenter d'atteindre "le Président" du régime. Une mission délicate pour la jeune femme, qui se retrouve là bien malgré elle, suite à l'assassinat de l'agent infiltré qui devait remplir cette mission. Comme dit plus haut, les décors et les couleurs utilisés pour les scènes d'extérieur nous placent d'emblée dans un univers particulier, inquiétant, anxiogène, où la pluie est d'une couleur blanche étrange par exemple. Une fois à l'intérieur du gigantesque bunker, Bunker Palace Hotel devient une sorte de huis-clos métaphorique qui nous fait assister à la décadence et à la chute de ce régime qu'on suppose fasciste. Des éléments science-fictionnels intègrent le récit puisque, hormis les dignitaires et leurs femmes réfugiés dans le bunker, tout le reste du personnel sont des androïdes qui subissent de nombreux bugs et dysfonctionnements, ajoutant à la symbolique de la chute du régime. Le bunker lui-même devient la proie de fissure, de bruits étranges, de craquements peu rassurants, allant même jusqu'à subir l'apparition du gel en son sein, rendant la vie des réfugiés bien plus compliquée que prévue. Dans cette ambiance kafkaïenne, les divers protagonistes évoluent donc dans l'attente de l'arrivée du Président, seul absent notoire et dont on ne sait rien de son absence. Bunker Palace Hotel est un film très contemplatif, qui distille son récit sans jamais recourir à l'action, tant est si bien qu'on finit parfois par se demander si le film a réellement quelque chose à raconter, une fois la métaphore comprise. Le terme insolite correspond parfaitement à cette oeuvre atypique, qui aura du mal à trouver un public parmi la jeune génération abreuvé aux blockbusters qui vont vite, très vite. Tout l'inverse du film d'Enki Bilal qui mise avant tout sur une atmosphère oppressante et qui joue admirablement bien avec le manque de temporalité. On ne sait pas à quelle époque on est, ni où on est d'ailleurs et cela rajoute à l'étrangeté du film. Son final n'est pas en reste non plus, nouvelle métaphore mais cette fois du "changement de régime", tant est qu'il puisse exister ici, les images proposées éliminant le moindre doute à ce sujet. Avec Bunker Palace Hotel, film assez difficile d'accès, Enki Bilal fait preuve d'un bel entrain afin de proposer un cinéma français différent, qui ne se complet pas uniquement dans la comédie franchouillarde. Il récidivera par la suite avec Tykho Moon en 1996 et Immortel (ad vitam) en 2004. Une proposition intéressante de cinéma autre, qui risque de dérouter la majorité des spectateurs, qui n'est pas dénué de défauts (de nombreux personnages ne servent finalement pas à grand chose) mais qui fourmille d'idées disséminées ici et là. Pas mal pour un premier film et ce, dans un genre qui n'est vraiment pas la panacée du cinéma français.

* Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS
Très belle édition pour ce premier film d'Enki Bilal, avec un BR et deux DVD ainsi que 4 cartes postales, le tout dans un boitier trois volets sous fourreau. La copie est belle; Niveau bonus, on trouve :
- Interview de Enki Bilal (Juin 2023)
- « Cinémonstre » : montage réalisé par Enki Bilal à partir des trois films qu’il a réalisé (75’)
- « Enki Bilal, souvenirs du futur » (2019, 52’)
- Images du tournage (archives INA, 1989, 4’)