Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




HEATHERS (FATAL GAMES)

FATAL GAMES
(Heathers)

Réalisateur : Michael Lehmann
Année : 1989
Scénariste : Daniel Waters
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Winona Ryder, Christian Slater, Shannen Doherty, Lisanne Falk, Kim Walker...


L'HISTOIRE : Veronica a voulu faire partie de la bande des "Heathers", à savoir trois pestes du lycée se prénommant Heather et qui, grâce à leur énorme popularité, font régner la loi dans l'établissement, n'ayant aucune considération pour les élèves qui ne rentrent pas dans leur univers codifié. Mais Veronica n'apprécie pas vraiment le comportement de ses nouvelles amies. Elle se lie alors avec J.D., un jeune rebelle qui lui propose de se débarrasser des "Heathers". Ce qui au départ ne ressemblait qu'à une mauvaise farce se transforme rapidement en un petit jeu de massacre, dans lequel Veronica et J.D. vont maquiller la mort des trois Heather en suicide...

MON AVIS : La genèse de Heathers est assez amusante : le scénariste Daniel Waters aime beaucoup les films sur l'adolescence des années 80 réalisés par John Hughes, à l'image de Six bougies pour Sam, Breakfast Club, Une créature de rêve ou La Folle journée de Ferris Bueller par exemple. Sauf que la vision assez angélique de la vie adolescente présentée par Hughes, dans laquelle les ados sont des héros, ne correspond pas à la vision du scénariste. Il décide alors de rédiger un scénario plus noir, plus sombre, plus satirique, qui représente mieux la difficulté des fameuses "années lycée". A l'arrivée, il pond un script de 250 pages et décide que le seul qui puisse le mettre en image sera... Stanley Kubrick ! Sûr de lui, alors qu'il s'agit de son premier scénario, Daniel Waters attend patiemment que Kubrick le contact, tout en envoyant son scénario à différents studios, qui trouvent tous son histoire géniale mais qui refusent tous de le produire vu le sujet ! La firme New World Pictures se montre intéressée mais demande à ce que le final, trop nihiliste, qui voyait Veronica se suicider en faisant exploser son lycée et tous les étudiants à l'intérieur soit modifié. Le scénario se retrouve dans les mains d'un jeune étudiant en cinéma, Michael Lehmann, qui vient de terminer un premier court-métrage. Il adore l'histoire et contact Waters pour lui dire qu'il est partant pour le réaliser. Mais ce dernier lui dit qu'il attend un appel de Kubrick, appel qui ne viendra évidemment jamais. Le scénariste débutant accepte donc la proposition de Michael Lehmann et la productrice Denise di Novi se charge de monter le film pour la New World Pictures, avec les modifications demandées. Le réalisateur raccourci également le script, sans quoi le film aurait duré 3H. Le casting se montre également très compliqué puisque les agents de divers acteurs, dont Heather Graham et Jennifer Connelly refuse que leur protégée ne participe à un film traitant du suicide adolescent. Au final, c'est Winona Ryder, qui vient de connaître le succès avec Beetlejuice, qui est retenue pour interpréter Veronica et ce, malgré les fortes réticences de son agent qui pense que l'actrice va dynamiter sa carrière avec ce film. Et c'est Christian Slater, repéré grâce à son rôle dans Le Nom de la Rose, qui est choisit pour jouer Jason "J.D." Dean. A noter que Brad Pitt a tenté d'avoir le rôle. Pour les personnages des trois Heathers, on trouve Kim Walker qui joue Heather Chandler, la chef de la bande, Shannen Doherty qui joue Heather Duke et Lisanne Falk qui joue Heather McNamara. Voulant prendre le contre-pied des teen movies de John Hughes, Heathers, rebaptisé en Fatal Games pour sa sortie française le 31 juillet 1991, va donc nous présenter la face sombre des adolescents, à travers les 3 Heathers tout d'abord. Trois grandes pestes donc, qui tyrannisent tous les lycéens qu'elles trouvent hors normes, comme les geeks, les intellos, les branleurs ou qui ne répondent pas à leur critères esthétiques, comme Martha qui a un problème de surpoids. Brimades, moqueries ou ignorance pure et dure, les Heathers ne supportent personne et se sentent intouchables, étant très populaires auprès des garçons, notamment les sportifs, qui abusent d'elles sans qu'elles y trouvent vraiment à redire. Un constat peu glorieux en réalité fait par le scénario de Daniel Waters et qui met bien en avant les problématiques de harcèlement scolaire, de dérives sexuelles, transformant donc les gentils ados de John Hughes en personnages antipathiques, sûrement plus proches de la réalité en effet, les "années lycée" étant parfois durement vécues par certains élèves subissant ce type de traitements irrespectueux. On se demande pourquoi une gentille fille comme Veronica a voulu rejoindre ce trio diabolique, puisqu'elle ne semble pas du tout adhérer à leur attitude toxique envers les autres. Superbement joué par une Winona Ryder totalement craquante, Veronica va devenir le personnage principal de l'histoire. Mais un personnage qui possède aussi une dualité, qui n'est pas blanc ou noir mais gris. Dépassée par les actions de ses trois fausses amies, Veronica va succomber au charme de J.D., le rebelle du lycée. Un jeune homme qui prône le chaos, l'anarchie et veut mettre fin à la domination des Heathers. Et c'est là que l'aspect satirique du film prend son envol. Sur un sujet grave, à savoir le suicide des adolescents, Heathers bifurque lentement sur la vraie thématique du film, à savoir le comportement des gens, des médias vis à vis du phénomène du suicide adolescent. L'humour, forcément très noir, va contaminer les deux personnages principaux, sorte de futur Bonnie & Clyde en devenir, du moins dans un premier temps. L'imagination de J.D. pour se débarrasser des pestes semblent au départ assez bon enfant, à base de blague de mauvais garnement, comme vouloir faire ingurgiter à la chef du trio infernal un liquide pour déboucher les canalisations. Bon, dis comme ça, ce n'est évidemment pas très drôle, Winona préférant lui servir un mélange de jus d'orange et de lait pour la faire vomir. Mais une erreur de tasse fait que la malheureuse victime ingurgite bel et bien le liquide agressif et tombe sur une table basse en verre, raide morte. Commence alors un jeu dangereux pour les deux protagonistes, qui, sur l'idée de J.D., vont transformer cette mort accidentelle en suicide réfléchi, histoire d'échapper à la prison. Un suicide qui sera sur toutes les lèvres, comme dans cette réunion entre proviseur et professeurs, le proviseur étant alarmé que ce soit la fille la plus populaire qui se soit suicidée, puisqu'il va devoir accordé une journée de deuil au lieu de quelques heures si ça avait été un élève lambda. Le propos et les dialogues sont assez acides et provoquent souvent des sourires jaunes chez le spectateur, tout au long du film, car il faut reconnaître que la plupart des répliques font mouches. Des dialogues qui se juxtaposent à des situations souvent cyniques et cruelles, ce qui fait tout le sel du film de Michael Lehmann, qui va donc à l'encontre total du facteur empathie disséminé dans les films de John Hughes. Là où le scénario de Daniel Waters frappe juste, c'est justement en structurant le lycée comme une entité non protectrice de ses élèves : c'est un lieu totalitaire, dirigé par des chefs qui écrasent les castes inférieurs et où la popularité est une question de vie ou de mort sociale, ce qu'a tout à fait compris Veronica en se rapprochant des Heathers. La critique est d'autant plus explosive que le meurtre déguisé d'Heather Chandler provoque chez les lycéens une empathie envers celle qui les terrorisait jusque là. Une professeure de lettres, Miss Fleming, va organiser des séances de thérapie de groupe pathétiques à la télévision locale, poussant les élèves à exprimer leur douleur face caméra. Le suicide est traité comme l'accessoire social ultime. Une réplique culte d'une élève résume parfaitement cela : Heather Chandler n'est morte que depuis une semaine et déjà, tout le monde prétend qu'elle était sa meilleure amie. Si j'avais su que le suicide rendait si populaire, je l'aurais fait depuis longtemps. Et par la même occasion, le film met le doigt sur le fait que lorsqu'un trôné se libère, un autre dictateur ne tarde pas à prendre la relève. Ici, c'est une seconde Heather qui va venir s'attribuer le nouveau pouvoir. Le Mal a de nombreux visages, on le sait depuis longtemps. L'humour noir étant la force du film, il va continuer à se développer de manière exponentielle, enchaînant avec la mort de deux joueurs de foot ultra-macho, qui vont devenir la cible de Veronica et J.D. qui, pour se dédouaner, vont faire passer ce nouveau meurtre en suicide de la part de deux homosexuels ne pouvant révéler la vérité. La scène des funérailles est d'une méchanceté assez intense, notamment avec le père d'une victime qui proclame : "Mon fils était un homosexuel ! Je n'aimais pas ce qu'il était, mais je l'aimais, lui ! » alors que tout le monde comprend bien que si son fils était encore vivant, il n'accepterait pas cette fausse homosexualité. C'est une scène d'une ironie féroce car le père devient tolérant uniquement parce qu'il croit que son fils s'est suicidé par amour, alors qu'en réalité, son fils était un harceleur violent et profondément intolérant de son vivant. La trajectoire de Veronica est très intéressante car elle comprend assez rapidement que derrière son sourire enjôleur, son petit ami J.D. est en fait un véritable sociopathe. Si Veronica est au départ coupable de complicité par pur opportunisme, choisissant  le camp des bourreaux car il offre une protection, elle effectue une vraie prise de conscience morale, rejetant le comportement inquiétant de J.D., tout comme elle a réussi à s'extraire du groupe des Heathers, quitte à devenir elle-même la cible du trio. Mais le cas le plus intrigant du film reste celui de J.D. Un personnage qui, en 1989, est un véritable précurseur des futures tueries de masse en établissement scolaire. J.D. représente le nihilisme absolu, le chaos total. Il justifie sa violence par une posture philosophique : la société est corrompue, le lycée est le reflet de cette corruption, donc détruire le lycée, c'est purifier le monde. Son plan ultime fait froid dans le dos et renvoie à des tragédies comme Columbine en 1999. Au final, Heathers est une satire féroce et réussie sur le milieu lycéen, bien moins rose que dans les films de John Hughes. Le film réussit à nous faire sourire face à des situations qui ne devraient pas porter à rire. Il ne se moque jamais du suicide mais pointe le doigt sur la récupération médiatique qui en découle. La séquence finale entre Veronica et JD est particulièrement réussie car elle est le miroir d'une séquence vue auparavant, quand Veronica, comme pour se réveiller d'un cauchemar, se brûle la main avec l'allume-cigare de sa voiture. Plutôt que de la secourir, J.D. lui prend la main et allume sa cigarette via sa brûlure. Son côté pervers narcissique qui jouit de la douleur des autres et de sa propre petite amie était déjà là sous nos yeux. Et la scène finale inverse les rôles avec une réelle jubilation. Force est de constater qu'Heathers était en avance sur son temps en 1989 et que le statut de film culte qu'il a acquis au fil des années est justifié. Le film a marqué ceux qui l'ont vu et il est même devenu une comédie musicale toute aussi sombre et nihiliste en 2014, un énorme succès à Londres, porté par une bande son qui décoiffe. Si vous appréciez les miroirs déformant de la société, les films subversifs et les satires grinçantes, Heathers est pour vous ! Voulu par la production, le final laisse tout de même la lumière envahir ce monde ténébreux, à travers l'empathie de Veronica. Je n'avais jamais eu l'occasion de voir Heathers malgré que j'étais très fan de Winona Ryder à cette époque. C'est enfin chose faite et j'ai vraiment beaucoup aimé ! 

* Disponible en Mediabook chez CAMEFLEX

Superbe édition avec un 4K et le BR du film, mais aussi un BR de la comédie musicale et un superbe livret contenant photos et interviews du réalisateur.
L'édition fourmille de bonus de qualité, avec des tas d'interviews du réalisateur, du scénaristes, de quelques acteurs et j'en passe. Typiquement le genre de bonus qu'on veut trouver sur une édition de qualité !     



PINOCCHIO DÉCHAÎNÉ

PICHOCCHIO DÉCHAÎNÉ
(Pinocchio: Unstrung)

Réalisateur : Rhys Frake-Waterfield
Année : 2026
Scénariste : Rhys Frake-Waterfield
Pays : Angleterre, Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Richard Brake, Cameron Bell, Jessica Balmer, Jack Art Grey, Karolina Knight...


L'HISTOIRE : James, un adolescent orphelin, vient de perdre son meilleur ami, emporté par un cancer. Pour l’aider à faire son deuil, son grand-père, Geppetto lui offre une poupée de bois dotée d’une âme, baptisée Pinocchio. Comme tout garçon de son âge, James ignore les mises en garde de son grand-père et présente Pinocchio au monde extérieur. Mais très vite, Pinocchio aspire à devenir humain et à prouver qu’il mérite l’amitié de James en le protégeant. Il va alors se lancer dans une croisade sanglante pour éliminer quiconque pourrait nuire à James, et se procurer les parties du corps dont il a besoin pour devenir humain. Pinocchio, encouragé à poursuivre sa quête par le diabolique Cricket, une autre des créations de bois de Geppetto, se retrouve entraîné dans une véritable frénésie meurtrière !

MON AVIS : Nouvelle entrée dans le Twisted Childhood Universe ou L'univers de l'enfance pervertie en français, débuté en 2023 avec Winnie l'Ourson : du sang et du miel et poursuivi en 2024 avec Winnie l'Ourson : du sang et du miel 2, en 2025 avec Le Cauchemar de Peter Pan et l'excellent Bambi la vengeance. Les figures phares de notre enfance revues et corrigées à la sauce horrifique, voilà ce que nous propose le T.U.C. et c'est donc le gentil Pinocchio qui vient rejoindre cet univers déjanté et gore avec Pinocchio déchainé, réalisé par Rhys Frake-Waterfield. Si l'histoire reste bien éloignée du roman de Carlo Collodi écrit en 1881 ou du dessin-animé de Walt Disney réalisé en 1940, les personnages principaux sont par contre bien présents : on retrouve Geppetto en inventeur de marionnettes en bois et créateur de Pinocchio, Jiminy Cricket en (mauvais) conseiller de Pinocchio et qui aborde ici la voix de Robert Englund en version originale, et bien sûr Pinocchio, marionnette au look très réussi et qui, soulignons-le, n'a pas été crée en images de synthèses mais bien à l'ancienne, en animatronique, sous la direction de Todd Masters. Même les mouvements de yeux, les expressions de visage et la bouche sont animés en direct et sans recours aux CGI. Par contre, Jiminy Criquet a été conçu en CGI. Mais Pinocchio déchaîné marque des points car, dans la très grande majorité, le réalisateur a voulu éviter le plus possible les CGI et avoir recours aux effets pratiques. Et franchement, ça bonifie vraiment le film. Notamment au niveau des séquences bien gore qui parsèment l'oeuvre de Rhys Frake-Waterfield. Le réalisateur et son équipe d'effets spéciaux et de maquillages s'en sont donnés à cœur joie dans la violence visuelle et graphique, ne lésinant jamais sur les débordements gore que n'aurait pas renié un chapitre de Terrifier. Peau du visage arraché par les doigts de bois de Pinocchio, femme dentiste qui se fait casser les dents à coup de maillet, seringue introduite dans l’œil, poids d'haltère fracassant un visage, dos rompu en deux, nez de Pinocchio qui 'introduit dans le nez d'une victime et qui grandit, grandit et grandit encore à l'intérieur de cette dernière, étant donné que le pantin ne cesse de mentir exprès (et oui, les codes sont respectés au niveau de notre anti-héros de bois), explosion de tête d'un enfant à la carabine, scalp intégral et autres joyeusetés sont de la partie et franchement, ça dépote sévère, planquez les enfants de devant l'écran !! Niveau érotisme, ça reste très sage par contre même si on aperçoit un sein de la plantureuse blondinette Karolina Knight. Pinoçcchio déchainé emprunte clairement au film de monstre mais aussi au slasher movie, puisque notre pantin va poursuivre et décimer les gens qui ne se sont pas montrés très gentils avec son nouvel ami humain. En effet, Geppetto a créé Pinochhio pour qu'il devienne le nouvel ami de James, un jeune garçon très attristé par la mort de son meilleur ami. Et James est régulièrement embêté par une bande de crétins au collège. La nature même de Pinocchio n'est pas malfaisante au départ. Le pantin se forge une âme de meurtrier dans le seul but de protéger son nouveau compagnon mais aussi par envie car il désire devenir de chair et de sang lui aussi ! Un postulat intéressant, qui joue aussi avec la thématique de l'être différent et incompris, rejeté par les autres et qui veut tout faire pour s'adapter et s'intégrer au monde dans lequel il vit. Ses deux missions, Pinocchio va donc les accomplir avec un certain brio, traquant inlassablement les enquiquineurs et, sur les conseils de Jiminy Criquet, leur prélevant par la même occasion divers organes afin de devenir plus humain. Le final, dans lequel on va en apprendre plus sur Geppetto lui-même, nous propose des décors assez réussis, qui auraient pu servir à un épisode de la saga Hellraiser je trouve. L'antre de Geppetto, peu rassurant ou cette curieuse Mère des Bois plonge le film dans le lugubre et s'avère efficace. L'acteur Richard Brake, qui prête ses traits au marionnettiste, se révèle assez inquiétant et donne de l'épaisseur à son personnage. Quant à la star du film, Pinocchio, comme déjà dit, c'est clairement une réussite au niveau du look et de sa conception, de son animation également et on prend un réel plaisir à le voir massacrer le casting avec une vraie ferveur sanguinaire. Un petit budget qui procure pas mal de plaisir, une petite série B qui ne se prend jamais au sérieux mais qui assume son côté tordu et n'hésites pas à envoyer du lourd dans les effets gore, un scénario assez simpliste mais néanmoins travaillé, une ambiance inquiétante parfois, des acteurs plutôt corrects et une réelle volonté de bien faire font de ce Pinocchio déchainé le meilleur film de la franchise T.U.C. avec Bambi la Vengeance. Ceux qui s'attendaient à une adaptation horrifique bas de gamme en seront pour leur frais parce que le film de Rhys Frake-Waterfield en a clairement sous le pied pour satisfaire le plus grand nombre. 

* Disponible en DVD et combo BR+4K chez ARCADES



   
 

SLUGS - MUTATIONS

 

MUTATIONS
(Slugs)

Réalisateur : Juan Piquer Simon
Année : 1988
Scénariste : Ron Gantman, Juan Piquer Simon, José Antonio Escrivá
Pays : Espagne
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Michael Garfield Levine, Kim Terry, Philip Machale, Alicia Moro, John Battaglia...


L'HISTOIRE : La petite ville américaine d'Ashton est le théâtre de décès étranges. Mike Brady, agent des services sanitaires, essaye d'épauler le shérif local à trouver la cause de ces morts particulièrement répugnantes, avec des victimes partiellement dévorées. Les analyses conduisent Brady à émettre l'hypothèse que les responsables seraient peut être des limaces contaminées qui seraient devenues cannibales...

MON AVIS : Dans le sous-genre prolifique du film d'attaques animales, il est difficile de ne pas trouver un animal qui n'a pas eu droit à son film le mettant en vedette. Un sous-genre très apprécié des amateurs généralement et qui se distingue par deux approches : une première approche issue du cinéma de science-fiction des années 50 et qui faisait prendre à divers animaux des proportions gigantesques et une seconde approche qui préfère leur faire garder leur taille réelle (à quelques cm près), ce qui est assurément encore plus terrifiant et stressant puisque les animaux du quotidien deviennent nos ennemis. C'est bien sûr le génial Alfred Hitchcock qui est le fer de lance de cette seconde approche avec Les Oiseaux réalisé en 1963. Les films mettant en avant Mère Nature se rebeller contre l'Humanité connaîtront ensuite une longue déclinaison, avec des des chiens, des chats, des araignées, des serpents, des requins, des pieuvres, des crocodiles, des alligators, des loups, des lions, des ours, des singes en guise de vedettes mais aussi des animaux plus atypiques tels les rats, les fourmis, les vers de terre, les grenouilles, les cafards, les abeilles, les piranhas, les barracudas, les chauves-souris, les lapins, les kangourous,  les castors, les moutons et j'en passe. En 1982, l'auteur britannique Shaun Huston publie un roman bien gore, intitulé Slugs et qui met en avant des... limaces tueuses ! Un roman édité en France dans la défunte collection Gore, dans une version amputée puisque dans cette collection, les romans ne devaient pas dépasser les 150 pages environ, et qui a depuis été réédité en version intégrale chez l'éditeur Faute de Frappe. Le livre de Shaun Huston se montre assez dégueulasse et enchaîne les scènes de morts bien gore. Il n'en fallait pas plus pour qu'il intéresse une certaine Francesca de Laurentiis, fille du célèbre Dino de Laurentiis ! Mariée à un espagnol, elle veut que l'adaptation soit tournée dans ce pays et elle porte son choix sur Juan Piquer Simon, réalisateur connu pour sa débrouillardise et auréolé d'un certain succès avec Le Sadique à la Tronçonneuse. Mais le sujet même du film, à savoir des attaques de limaces tueuses, n'emporte pas l'adhésion et le film a du mal à être monté. Heureusement, au marché du film à Cannes, en 1987, la firme New World Pictures apprécie la projection d'une bobine du film et signe un accord de distribution mondiale. Reste que les scénaristes du film ont un peu modifié le roman et pris des libertés quand ils ont écrit le scénario, ce qui a un peu déçu l'auteur à l'époque. Les limaces de Shaun Huston tuent les gens simplement parce qu'elles ont pris goût à la chair humaine et l"histoire se déroule en Angleterre. Celles de Juan Piquer Simon ont été contaminées par des produits radioactifs stockés sans grande surveillance, dans une petite ville américaine. Un aspect écolo apparaît donc pour le film mais le réalisateur ne veut pas que ce thème prenne le pas sur ce qui l'intéresse vraiment, à savoir les effets spéciaux, même s'il doit pas mal édulcorer le roman qui comporte des scènes de sexe et de morts impossibles à montrer à l'écran, comme celle d'une fillette de deux ans et demi contaminée par le mucus d'une limace ou celle, bien trash, d'une limace s'introduisant dans le vagin d'une adolescente pour le dévorer ! Les scénaristes décident de développer l'intrigue, de donner un peu plus de consistance aux personnages également. Le casting est composé soit d'inconnus, soit d'acteurs et d'actrices à faible potentiel, l'absence totale de stars étant certainement imposée par le faible budget accordé au film. Coup de bol, le tournage se déroule à Lyons, petite ville de l'état de New York et la municipalité ainsi que les habitants sont tellement enthousiastes vis à vis du tournage que tout le monde souhaite y participer, sans que le production aligne des billets verts. Juan Piquer Simon se retrouve donc avec des pompiers et leur camion, des ambulances, des voitures de police, la possibilité de tourner dans le lycée de la ville ou dans les égouts. Des conditions inespérées pour le réalisateur, qui voit son film se bonifier comme par magie. Et ça se ressent à l'écran. Concernant les limaces, ce sont des limaces noires qui sont choisies pour leur taille et le réalisateur en fait importer des centaines, tout en demandant à ce qu'il y en est des milliers de fausses pour y mêler les vraies et donner de l'ampleur à cette mort rampante et visqueuse. Mais tourner avec des limaces n'est pas chose aisée. Elles avancent lentement, dorment la plupart du temps et elles n’obéissent à aucun ordre. D'où l'idée d’accélérer un peu le défilement de l'image pour dynamiser leur avancée. En l'état, Slugs s'avère une chouette petite série B, qui aurait pu être réalisée par Larry Cohen, tant on retrouve, du moins je trouve, le style des films de ce réalisateur américain dans cette oeuvre de Piquer Simon, qui livre ici un travail assez qualitatif et justement, très américain. La scène introductive est plutôt amusante, nous renvoyant à des films comme le Piranhas de Joe Dante, avec ce jeune homme qui se fait attirer dans l'eau par quelque chose qu'on ne verra pas et qui viendra rougir cette dernière, sous les yeux d'une jolie blonde en maillot de bain. Je ne savais pas que les limaces pouvaient vivre sous l'eau mais passons. La suite sera plus académique, avec cette histoire d'agent des services sanitaires qui va tenter de trouver les responsables de nombreuses morts violentes qui s'abattent sur la petite ville d'Ashton. C'est Michael Garfield Levine qui l'interprète, un acteur très peu prolifique mais dont le fait d'arme est d'avoir joué Rogue dans le culte Les Guerriers de la Nuit en 1979. A ses côtés, on trouve sa femme Kim Brady, jouée par l'actrice Kim Terry, un employé des services sanitaires qui a la tâche ingrate d'aller dans les égouts et qui est interprété par Philip Machale ainsi qu'un scientifique qui va les aider à identifier le problème, joué quant à lui par Santiago Álvarez. Tout ce petit monde va, comme dans bon nombre de films d'attaques animales, se voir rembarré par le maire de la ville, qui ne croit pas à ces histoires ubuesques de limaces radioactives tueuses, un classique ! Pourtant, nous spectateurs, on est bien obligé d'y croire à cette histoire farfelue puisqu'on les voit en action nos gastéropodes sans coquille. Et c'est là ou Slugs marque pas mal de point ! Les équipes de maquillages et d'effets spéciaux s'en sont données à cœur joie dans la représentation bien gorasse des morts violentes : visage rongé, hamster attaqué par une limace, fille qui tombe sur un amas de limaces et se fait dévorer, oeil qui sort de l'orbite, saignement de nez puis visage qui se fend en deux avec des tas de vers grouillants, vision d'un cadavre, vision de limaces grouillantes sur un ventre explosé et j'en passe, c'est ultra généreux et même si le sang ressemble à de la peinture rouge, ça fait clairement le job ! On aura même une limace en animatronique pourvue de petites dents qui s'attaque à un doigt, trop drôle ! Généreux, avec un rythme plutôt dynamique, et assez bien emballé, Slugs est  typiquement le genre de films qu'on louait dans un vidéoclub le samedi soir pour passer une soirée sympa et festive. Malheureusement, à l'époque, sa sortie en salle aux Etats-Unis fut extrêmement réduite, avec sept salles seulement au lieu des 150 prévues. Il disparaîtra rapidement des écrans, dès le premier week-end mais trouvera son public dans les vidéoclubs justement. Un échec qui a entériné la mise en chantier de Slugs 2. Dommage ?

* Disponible en combo DVD+BR chez RIMINI EDITIONS
VF + VOSTF
Bonus :
- L'attaque des limaces tueuses (16'41)
- J.P. Simon, orfèvre du bis ibérique (26'20)
- Interview audio de Shaun Huston (8'40)
- Livret 24 pages de Marc Toullec



 

ILSA LA LOUVE DES SS

 

ILSA LA LOUVE DES SS
(Ilsa : She Wolf of the SS)

Réalisateur : Don Edmonds
Année : 1974
Scénariste : Jonah Royston, John C.W. Saxton
Pays : Canada
Genre : Drame, Guerre, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Dyanne Thorne, Gregory Knop, Maria Marx, Tony Mumolo, Rodina Keeler...


L'HISTOIRE : Durant la guerre, le camp de prisonniers numéro 9 est dirigé d'une main de fer par Ilsa, officier SS qui profite de sa position pour mener des expériences scientifiques abominables pour la gloire du Reich, mais aussi pour sa propre satisfaction personnelle : elle entend démontrer en effet que les femmes sont plus résistantes à la douleur que les hommes...

MON AVIS : Peut-on tout se permettre, peut-on tout filmer au cinéma ? N'y a-t-il aucune limite à l'abjection sur pellicule ? Ces questions, ces notions de moralité, le cinéma d'exploitation n'en a que faire et les balayent d'un revers de main, allant toujours plus loin dans le sordide et l’innommable. Suite au succès de la littérature de guerre basée sur 39-45, comme la collection Guerre de chez Gerfaut ou celle de l'éditeur Les Soudards, l'imagerie nazie se voit utilisée à des fins purement mercantile, comme avec les bandes dessinées italiennes Hessa, parues au début des années 70. Le cinéma a livré quelques œuvres sur cette triste période, à l'image de Kapo de Gillo Pontecorvo, film controverse de 1959 qui raconte l'histoire d'une prisonnière devenue kapo dans un camp de prisonniers. La grande majorité des films mettant en scène des nazis sont avant tout des longs métrages de guerre se déroulant durant la période 39-45. Mais en 1969, un film va choquer la censure qui l'interdira durant plusieurs années. Réalisé par Lee Frost, Love Camp 7 peut être considéré comme le premier film d'un genre trash et scandaleux, baptisé la Nazisploitation.ou Eros-Svastika. Le concept est simple et efficace : transposer l'imagerie du film de femmes en prison dans le cadre d'un camp de prisonniers de guerre ou carrément d'un camp de concentration. Il suffisait d'y penser ! L'idée mettra du temps à se développer et il faudra attendre 1973 et surtout 1974 pour que débarque trois films de ce nouveau genre : l'anecdotique Gretchens sans uniforme en 73 puis en 74 le célèbre Portier de Nuit et le film qui nous intéresse ici, l'indécent Ilsa la Louve des SS, maître-étalon de la nazisploitation. Le succès des deux films de 1974 va être le déclencheur de la très courte vague de Nazisploitation, qui durera de 1976 à 1978, avec environ 17 œuvres tournées durant ces trois ans, principalement en Italie et... en France ! Des films de séries B qui ne font jamais l'apologie du nazisme, bien au contraire, dont le but principal, outre celui de choquer de par son décorum, est de dénuder son casting féminin, de proposer des scènes de tortures et de viles exactions, le tout avec des acteurs souvent médiocres, des dialogues outranciers et des situations rocambolesques, à même de satisfaire l'amateur d'excentricité qui ne verra en ces films que des œuvres inoffensives en fin de compte, sorte d'objets surréalistes sur pellicule qui ne cherchent jamais une quelconque exactitude historique, mais juste à proposer un spectacle rappelant les célèbres bandes-dessinées déviantes de chez Elvifrance par exemple. Bref, rien qui fera grossir les rangs de groupuscules néo-nazis, soyez-en certain ! Mais revenons à Ilsa la Louve des SS. Quand le réalisateur Don Edmonds, qui n'a que deux films érotiques à son actif, reçoit le scénario, il dira qu'il vient de lire le pire scénario de l'histoire, la pire merde qu'il ait jamais lue ! Il faut dire que le personnage principal d'Ilsa est inspiré par la tristement célèbre Ilse Koch, la femme du commandant de Buchenwald. Surnommée La Chienne de Buchenwald ou La sorcière de Buchenwald, elle était une sadique née, faisant exécuter les prisonniers qui croisaient son regard, se livrant à des actes de tortures innommables sur ces derniers ou, à confirmer, se servait de leur peau tatoué pour confectionner des objets de décoration pour sa maison. Sympathique n'est-ce pas ? Reste que Don Edmonds a besoin d'argent et il accepte donc de tourner le film, pour le compte du non moins célèbre producteur David F. Friedman. Un illustre personnage du cinéma bis, spécialisé dans les nudies durant les années 60 et qui a collaboré à maintes reprises avec Herschell Gordon Lewis, créant avec ce dernier le cinéma gore en 1963 avec Blood Feast entre autres. En habile négociateur, David Friedman a réussi à obtenir le droit de tourner les scènes extérieures dans les décors de la série Papa Schultz, qui s'est terminée en 1971. En échange, l'équipe d'Ilsa la Louve des SS s'engageait à détruire, à faire exploser lesdits décors à la fin du tournage, ce qui rendait service aux propriétaires de ces décors et leur faisaient économiser l'argent de la démolition. Malin tous ces gens. Pour interpréter Ilsa, Friedman souhaite collaborer avec Phyllis Davis, actrice de séries-télévisées qui s'est lancée dans le cinéma d'exploitation au début des années 70. Mais cette dernière refuse la proposition et c'est tout compte fait l'actrice Dyanne Thorne qui est engagée, après avoir passée une seule audition, vêtue d'un costume de chauffeur de voiture, un emploi qu'elle exerçait à l'époque, ne trouvant plus de rôles au théâtre, au cinéma ou à la télévision alors qu'elle avait la quarantaine. Après avoir lu le script, qu'elle trouva atroce, elle accepte le rôle, se disant que tout ceci ne serait pas bien sérieux et surtout, elle comprend qu'Ilsa va lui donner l'occasion de jouer un rôle de femme forte, qui domine les hommes et ne se laisse pas dicter sa conduite par ses derniers. Féministe avant l'heure Ilsa la Louve des SS ? Assurément ! Le tournage durera 9 jours seulement, avec un budget estimé à 200000 dollars canadien, avec des journées de travail interminables mais une envie de bien faire de la part du réalisateur, de l'équipe et du casting, envie qui se ressent quand on regarde le résultat final. Bien évidemment, la sortie du film en 1975, que ce soit aux USA ou au Canada, provoque un tollé général, les associations juives rejettent en bloc le film et l'accusent de banaliser et d'érotiser les horreurs des camps de concentration, la censure sévit notamment en Angleterre qui interdit purement et simplement sa diffusion en salle, il en sera de même en Allemagne. Pourtant, les salles spécialisées se l'arrachent, l'aura de film culte prend de l'ampleur, le jeu d'actrice de Dyanne Thorne fait d'Ilsa un personnage iconique de la pop-culture, vénéré par Tarantino ou Rob Zombie entre autres, et Ilsa la Louve des SS devient un objet d'études, une oeuvre-référence de ce que permettaient les années 70, connues pour la radicalité et le jusqu'au-boutisme des œuvres mises en scène durant cette décennie majeure du cinéma. Mais est-ce que sa réputation d'oeuvre sulfureuse, trash, de sommet du mauvais goût est-elle justifiée ? Difficile de répondre non à cette question, même si, encore une fois, on a affaire à un pur produit mercantile, utilisant la thématique des camps nazis pour remplir les poches du producteur, attirer le spectateur curieux dans les salles de cinéma ou vendre des k7 vidéos à foison. Reste que l'amateur de cinéma déviant, malpoli et irrévérencieux y trouvera assurément son compte. Comme déjà dit, la Nazisploitation est un mélange de film érotique, de film de guerre, de films de femmes en prison et de film d'horreur, le tout avec un habillage issu du nazisme. Vous l'aurez peut-être remarqué, Dyanne Thorne aurait pu jouer dans un film de Russ Meyer, entendez par là que la nature a bien fait les choses concernant sa poitrine. Après un carton nous avertissant que ce film se base sur des faits réels et qu'il a été conçu dans le but que l'histoire ne se répète pas, un procédé classique de dédouanement dans le cinéma d'exploitation, le tout sur un discours d'Hitler, voyez l'ironie, Il ne faudra pas attendre plus d'une minute et quelques secondes pour voir les gros seins de l'actrice totalement dénudée, puisqu'elle se livre à une scène de sexe avec un homme. S'ensuit une scène de douche, dans laquelle la caméra se focalise sur... les seins de l'actrice, bien joué, et enfin, apparaît tel un ange de la mort, notre Ilsa toute de noir vêtue, habillée en officier SS, brassard à croix gammée sur le bras et qui démontre déjà sa forte personnalité et son refus de la domination masculine. Les dialogues annoncent clairement la couleur, avec ce "tu as eu l'honneur de coucher avec une femme de la grande Allemagne, un officier des SS, toi, un vulgaire ouvrier, le produit d'une race inférieure, tu oses interroger ton commandant ?" et la suite sera à l'avenant. Véritable icone du Mal, Ilsa en impose et Dyanne Thorne livre une solide prestation, alternant entre sadisme exacerbé lors de ses expériences médicales sur de malheureuses victimes et une certaine fragilité quand elle recherche un homme qui la comblera de plaisir. On s'en doute, on ne regarde pas Ilsa la Louve des SS pour étudier sa mise en scène, ses cadrages, le jeu des acteurs. Non, si on plonge la tête la première dans la fange du cinéma d'exploitation, c'est pour en avoir pour notre argent niveau érotisme et saloperies visuelles. Et Don Edmonds a réussi haut la main cette mission, en faisant d'Ilsa le pendant féminin du célèbre docteur Mengele. Désirant prouver, en vraie féministe qu'elle est, que les femmes sont nettement plus résistantes que les hommes à la douleur, Ilsa se transforme en médecin dément, non pas de l'île de sang, mais du camp numéro 9 le temps de quelques expérimentations peu réglementaires, même si elle a le flegme de dire aux nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes "vous n'avez aucune raison d'être effrayée ici, ce n'est pas Dachau, ni Ravensbruck". Au programme des réjouissances : sélection des prisonnières, dénudées pour l'occasion, mais on leur épargne la tonte des cheveux dans ce camp, faut quand même le noter, castration, inoculation de microbes tels la rage, tétanos, syphilis, ce qui laisse le loisir aux équipes de maquillages de nous proposer des visions peu ragoutantes du résultat, écrasement de doigts, coup de fouet jusqu'au sang, viol de prisonnières par les soldats du camp, électrocution à l'aide d'un godemichet électrique, caisson de basse pression, prisonnière immergée dans un eau à plus de 80° pour ce qui est peut être la scène le plus horrible du film et j'en passe. Mais Ilsa la Louve des SS n'est pas qu'un simple catalogue de tortures diverses. Le film propose une histoire d'amour entre un prisonnier et une prisonnière ainsi que la préparation d'un plan en vu d'une éventuelle évasion et rébellion. Le héros du film est un prisonnier américain prénommé Wolfe et interprété par Grégory Knop. Il va avoir la chance de devenir le chouchou d'Ilsa car il possède, tel Rocco Siffredi, un talent qui intéresse notre cruelle officier SS : il peut se retenir de jouir aussi longtemps qu'il le désire ! Une aubaine pour Ilsa qui va prendre son pied durant toute une nuit mais cette faculté à ne pas exploser met aussi à mal sa condition de femme. Elle va alors tout tenter pour faire craquer cet homme exceptionnel, comme laisser ses deux sous-officiers féminines mettre tout en oeuvre pour le faire exploser de plaisir, ce qui nous vaudra une nouvelle séquence érotique. Je vous disais que la nazisploitation, c'est fun et très festif en fait ! Bon, les nouvelles images des expériences sur une prisonnière résistante à la douleur vont amoindrir un peu ce côté festif et verser plus dans le malsain et le sordide, j'avoue. On va grimper encore d'un cran dans l'abjecte quand un général va venir visiter le fameux camp N°9, ce qui remplit de fierté Ilsa, qui va voir son travail en tant que médecin reconnu par une haute instance du Reich. C'est Richard Kennedy qui va interpréter notre général et l'acteur va nous régaler de ses mimiques outrancières lors d'un repas possédant une attraction un peu particulière et nous livrer une séquence what the fuck, que même Ilsa semble trouver dégueulasse, je vous laisse la surprise, les amateurs de douche dorée seront aux anges. Véritable mouton noir du cinéma d'exploitation, qui ne s'offusque de rien et hisse le niveau de mauvais goût à un stade quasi divin, Ilsa la Louve des SS mérite son statut de film culte et Dyanne Thorne son iconisation qui fait toujours fureur de nos jours... oups...       

THE STUFF

 

THE STUFF
(The Stuff)

Réalisateur : Larry Cohen
Année : 1985
Scénariste : Larry Cohen
Pays : USA
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Michael Moriarty, Andrea Marcovicci, Garrett Morris, Scott Bloom, Paul Sorvino...


L'HISTOIRE : Tout le pays ne parle que de ça : une nouvelle substance au goût irrésistible, baptisée le Stuff, est devenu le dessert à la mode. Agacée, la concurrence charge David Rutherford, un ex-agent du FBI aux méthodes douteuses, de découvrir le secret de ce produit miracle. Au même moment, Jason, un jeune garçon, constate avec horreur que l'étrange substance est vivante. Chacun de leur côté, ils sont les seuls à comprendre que le Stuff s'empare des corps et des esprits de ceux qui y goûtent...

MON AVIS : Réalisateur exigeant, qui endosse de nombreuses casquettes, telles celles de producteur et scénariste la plupart du temps, Larry Cohen, malgré de faibles budgets, est souvent parvenu à transcender ses sujets et ses films, de par ses choix au niveau du casting, ses méthodes de tournage rigoureuses et sa vision très satirique du monde qui l'entoure. On lui doit quelques classiques de la séries B, à l'image de Black Caesar le parrain de Harlem en 1973, Le Monstre est vivant en 1974, L'excellent Meurtres sous Contrôle en 1976, Les Monstres sont toujours Vivants en 1978, Épouvante sur New York en 1982, La Vengeance des Monstres en 1987 ou L'Ambulance en 1990 entre autres. En 1985, il a l'idée de faire une satire sur le consumérisme et les entreprises qui vendent de la malbouffe sans s'inquiéter de leurs effets néfastes sur la population. L'addiction du public à ces produits nocifs est aussi l'un des thèmes du film. L'idée intéresse la firme de Roger Corman, la New World Pictures, qui décide de financer le projet. Niveau casting, Larry Cohen refait appel à Michael Moriarty, avec qui il a déjà travaillé. L'entente entre les deux hommes est très complice et Moriarty donne entière satisfaction au réalisateur, ayant le même état d'esprit que lui. On lui rajoute des dialogues improvisés au dernier moment, voire carrément durant une scène ? Pas de souci, le professionnalisme et la concentration de l'acteur font que tout passe comme une lettre à la poste. Dans The Stuff, il joue donc David Rutherford, surnommé Moe car, comme il aime à le rappeler, il adore l'argent (Mo-ney en anglais). C'est une sorte d'espion industriel, engagé par de grandes sociétés pour semer le chaos chez les concurrents ou dérober les secrets de fabrication des produits phares d'une marque. Un personnage excentrique, survolté, qui n'a pas la langue dans sa poche et apporte beaucoup d'humour au film. Pour le seconder, on lui adjoint l'actrice Andrea Marcovicci, qui joue Nicole, la directrice d'une agence publicitaire. C'est elle qui a trouvé le nom de Stuff et qui s'occupe des publicités télévisuelles qui ont amené ce curieux produit à devenir la star incontournable des desserts ! En découvrant que le Stuff n'est pas aussi inoffensif qu'il le paraît, elle est prise de remords et va donc aider Rutherford a mener son enquête. Ce dernier fera également connaissance avec Chocolate Charlie, un entrepreneur noir qui s'est vu déposséder de son entreprise par la firme commercialisant le Stuff et qui est interprété par Garrett Morris. Ce trio va occuper une partie de l'histoire de The Stuff. Mais le scénario va s'attarder également sur Jason, un jeune garçon qui a découvert le secret du Stuff et qui va tenter d'alerter sa famille, sans succès. La présence de ce personnage campé par Scott Bloom fait du film de Larry Cohen un spectacle quasi familial, une bonne porte d'entrée pour les enfants plus âgés souhaitant s'initier en douceur au charme du cinéma fantastique. Les connaisseurs du genre ne pourront s'empêcher de penser à deux films de science-fiction lors des séquences mettant en vedette Jason et sa famille : L'invasion vient de Mars et L'invasion des profanateurs de sépultures. En effet, le jeune garçon ne va provoquer qu'incompréhension chez les siens, se retrouvant seul à vouloir établir la vérité et à les mettre en garde. Des membres de famille qui développent un curieux comportement à force d'ingurgiter du Stuff et qui ne semblent plus maître d'eux-mêmes, comme contrôlés par quelque chose d'invisible. Qui plus est, un certain malaise gagne Jason puisque ses parents et son frère veulent absolument qu'il consomme du Stuff, comme pour le rallier à leur nouveau mode de consommation. Bien sûr, ces deux parties du scénario finiront par se télescoper et Jason rejoindra l'équipe de Rutherford pour tenter de faire la lumière sur le Stuff. Mais qu'en est-il de ce produit d'ailleurs ? C'est une sorte de yaourt / crème glacée dont la provenance "extraterrestre" n'est jamais explicitée dans le film. On le découvre lors de la scène introductive se déroulant sous la neige (des conditions météos non prévues par la production mais qui n'a pas empêché Larry Cohen de tourner cette séquence, qui s'en trouve magnifiée par la chute des flocons) et dans laquelle un ouvrier aperçoit cette substance clapoter dans un amas de neige. Il y goûte, trouve ça délicieux et on découvre que cette matière inconnue a inondé les marchés de grandes consommations, devenant le produit le plus acheté et consommé par la population. Comme chez Stephen King, Larry Cohen, qui est scénariste du film, introduit l'élément fantastique par petite touche : un chien, dont le propriétaire explique à Rutherford qu'il est nourri lui aussi avec du Stuff, se met à attaquer son maître sans raison et éjecte du stuff de sa gueule, comme s'il en était rempli de l'intérieur. Par la suite, Rutherford et Chocolate Charlie découvre le propriétaire d'un magasin mort la bouche ouverte de façon disproportionnée, cette dernière ayant laissé s'échapper une grande quantité de Stuff, qui a donc la faculté de se mouvoir, de se déplacer. Bien sûr, les connaisseurs, encore eux, auront une nouvelle référence qui viendra frapper à la porte de leur esprit : celle du fameux Blob, héros gélatineux de trois films de science-fiction. Le Stuff ne grossit pas par contre, il se contente de contaminer de l'intérieur les personnes qui le consomme et de pervertir leur faculté mentale, les rendant totalement dépendant à son ingestion quotidienne. Plus insidieux que le Blob, le Stuff est tout aussi dangereux puisqu'une fois extrait de son hôte, il ne reste qu'une carcasse vide de ce dernier, qui se brise sous les coups, comme en seront témoins Rutherford et ses compagnons. Niveau effets spéciaux, on retrouve le spécialiste de la stop-motion Dave Allen mais aussi Ed French, Jim Danforth ou Steve Neill qui viennent s'activer pour rendre le tout crédible. Et franchement, si on passe rapidement sur certaines têtes mécaniques assez visibles, l'effet fluide du Stuff est particulièrement réussi, notamment lors de l'excellente séquence de l'agresseur projeté sur un mur et au plafond par la substance blanchâtre, selon le même procédé que la mort de Tina ou celle de Glen dans Les Griffes de la Nuit, à savoir un décor de chambre monté sur un plateau pivotant. Concernant le Stuff lui-même, en fonction des scènes, on avait de la crème glacée Häagen-Dazs, de la crème fouettée, de la mousse à raser, de la neige carbonique provenant d'extincteur ou un mélange à base d'arêtes de poissons broyés à l'odeur pestilentielle. Reste que le film est très avare en violence et encore plus en effet gore, ce qui n'empêche pas certains effets spéciaux d'être très réussis. Comme dit plus haut, on est avant tout en présence d'une satire féroce, qui ne cherche pas à jouer dans la cour du cinéma d'horreur. Cet retenue et cet aspect grand public a certainement joué en défaveur de The Stuff lors de sa sortie, le film étant vendu par New World comme un film d'horreur, ce qu'il n'est donc absolument pas. D'une durée de  118 minutes au départ, la firme trouve The Stuff bien trop long et pas assez énergique et décide de tailler dans le gras pour le ramener à une durée de 86 minutes. Des coupes qui se ressentent parfois, avec une impression de montage exécuté à la hachette. Considéré comme perdu, le montage original a été retrouvé et se fait appelé The Stuff : pre-release cut. Il comprend donc 30 minutes supplémentaires, principalement des plans plus longs, des scènes retirées qui accroissent la relation entre Rutherford et Nicole entre autres, une scène où Jason est en centre de détention pour mineurs suite à ses actes dans un supermarché, un montage moins chaotique de la séquence d'attaque avec les militaires lors du final. Cette version dispose également d'une musique de Dwight Dixon, remplacée par Anthony Gueffen sur la version classique. Je n'ai pas vu ce pre-release cut, il n'est malheureusement pas inclut dans l'édition Rimini Editions, il faut se tourner vers l'édition Arrow pour le découvrir et ceux qui l'ont vu parlent d'un montage plus fluide, moins haché mais qui ne change en rien le film en lui-même. Alors oui, The Stuff, par son aspect familial et ses thématiques, pourra décontenancer le spectateur venu profiter d'un spectacle purement horrifique à base de yaourt tueur. Même si ce n'est pas mon Larry Cohen préféré, j'ai vraiment retrouvé l'ambiance 80's lors de cette nouvelle vision en Blu-ray, et le film, sans être transcendant, est tout de même fort sympathique même si un peu mou du genou dans l'ensemble. Les scènes finales avec Paul Sorvino en dirigeant d'une milice militaires d'extrême droite peuvent surprendre tant elles versent dans une ambiance débridée et totalement farfelue. A noter la présence de quelques stars lors des différentes publicités vantant le Stuff, à l'image de Brooke Adams, Laurene Landon, Tammy Grimes, Clara Peller,  ainsi que la présence de deux débutants devenus célèbres, Patrick Dempsey et Mira Sorvino, dans des rôles insignifiants et non crédités !  

* Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS        
Une belle édition, avec boitier trois volets sous fourreau, image de grande qualité, VF et VOSTF.
Niveau bonus, on trouve un bonus canapé (présentation du film par Mylène Da Silva) mais surtout un bonus de 52 minutes qui est très intéressant, puisqu'il fait intervenir Larry Cohen, le producteur Paul Kurta, le critique Kim Newman, l'actrice Andrea Marcovicci et le responsable des effets spéciaux Steve Neill. Et bien sûr, on a le livret 24 pages de Marc Toullec.  


    

COLOSSAL

 

COLOSSAL
(Colossal)

Réalisateur : Nacho Vigalondo
Année : 2016
Scénariste : Nacho Vigalondo
Pays : Espagne, USA, Canada, Corée du Sud
Genre : Drame, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Anne Hathaway, Jason Sudeikis, Austin Stowell, Tim Blake Nelson, Dan Stevens...


L'HISTOIRE : Sans emploi depuis un an et devenue accroc à l'alcool, Gloria, la trentaine, se fait virer par son petit ami et se rend dans sa ville natale, pour vivre dans la maison abandonnée de ses parents. Elle recroise la route d'Oscar, un ancien camarade de classe et tous deux sympathisent rapidement. Dans le même temps, la Corée du Sud subit l'attaque d'un monstre colossal, qui apparaît et disparaît sans raison apparente. En observant les images de la créature à la télé, Gloria découvre que le monstre reproduit exactement ses propres mouvements. Peu de temps après, un robot géant apparaît également en Corée. Gloria découvre qu'Oscar contrôle ce robot. La jeune femme va tenter de comprendre qu'est-ce qui les lient à ces deux créatures titanesques...

MON AVIS : Voici un film qui était totalement passé sous mes radars et pour cause, il n'a pas eu les honneurs d'une sortie en salle mais e-cinéma. Datant déjà de 2016, il vient juste de sortir en DVD et Blu-Ray chez l'éditeur Rimini Editions, que l'on remercie donc de nous permettre de découvrir ce film réalisé par Nacho Vigalondo. Ce réalisateur espagnol avait marqué les esprits en 2007 avec son premier long-métrage, à savoir l'excellent Timecrimes. Par la suite, il a mis en scène Extraterrestre en 2011 puis des segments dans les anthologies ABC'S of Death en 2012, The Profane Exhibit en 2013 ou V/H/S/ Viral en 2014. On lui doit également le film Open Windows avec Elijah Wood et Sasha Grey en 2014. Avec Colossal en 2016, il continue de faire ce qu'il sait faire le mieux : mélanger les genres. Un atout qui peut aussi être un frein, car les producteurs ne savent généralement pas comment vendre les films de ce réalisateur, ce qui explique d'ailleurs l'absence de Colossal dans les salles : comédie romantique ? Drame ? Fantastique ? Kaiju Eiga ? Tout ça à la fois mesdames messieurs ! Encore que, l'aspect comédie romantique est ultra léger, on peut y croire en début de film, et notamment parce que l'héroïne est interprétée par la charmante Anne Hathaway, élue par votre serviteur comme ayant le plus beau sourire d'Hollywood, avec Elizabeth Olsen bien sûr ! De l'humour, il y en a bien par contre, par petites touches, notamment quand Gloria découvre qu'elle peut contrôler le monstre qui provoque des ravages à Séoul. Elle s'amuse à le faire danser, à le faire se gratter la tête par exemple, pour un résultat assez marrant. Un monstre qui n'est clairement pas la vedette du film mais qui bénéficie de solides effets visuels et qui se montre crédible et réaliste, rappelant aux fans de monstres japonais les méfaits de Godzilla et consorts. Et quand c'est carrément un robot géant qui vient le rejoindre, on pense au plus récent Pacific Rim évidemment. Reste qu'on se doute que la présence de ces deux entités titanesques n'est pas gratuite et qu'elle cache quelque chose de plus métaphorique. Bingo. Le fantastique sert la plupart du temps à évoquer des sujets graves ou importants et c'est bel et bien le cas ici. J'avoue qu'au départ, j'étais parti sur une métaphore des dangers de l'alcoolisme, car autant Gloria qu'Oscar (brillamment joué par Jason Sudeikis) ont de sérieux problèmes avec la bouteille. Un alcoolisme qui ne se cache pas et qui perturbe la vie de ces deux personnages, les amenant à détruire petit à petit leur vie respective. Mais plus le film avançait, plus je me disais qu'il n'y avait pas que ça. Petit à petit, le personnage d'Oscar prenait une nouvelle tournure. D'abord gentil, il vient en aide à Gloria, l'aide à se meubler, lui offre un emploi à mi-temps. On se doute qu'il est attiré par la jeune femme, peut-être était-il amoureux d'elle quand ils étaient enfants ? D'ailleurs, la mise en scène nous propose de temps à autre un flashback en plusieurs étapes sur un événement qui s'est déroulé entre les deux enfants, événement dont on comprend l'importance vis à vis de la situation actuelle et qui a sûrement un rapport avec cette connexion entre les deux héros du film et les deux monstres à Séoul. D'ailleurs, pourquoi Séoul ? Pourquoi pas dans la ville où résident Gloria et Oscar ? Une question qui trouvera aussi sa réponse lors de la résolution de l'énigme et quand on aura la vision globale du fameux flashback explicatif. Plus le film avance, plus la relation d'amitié entre Gloria et Oscar se fragilise, perd de son apparente sympathie et le ton assez léger du début devient nettement plus tendue, nettement plus dramatique. Certaines séquences, certains dialogues provoquent des réactions, autant chez les personnages que chez le spectateur, qui réarrange sa pensée et commence à y voir plus clair sur les réelles intentions de Nacho Vigalondo et ce que les deux monstres représentent métaphoriquement. Des intentions qui auraient peut-être pu être plus limpides, amenées plus directement, car ce n'est vraiment que vers la fin du film que la thématique principale nous saute aux yeux. L'alcool - et les problèmes que sa consommation excessive et répétée engendre -  n'était en fait qu'une diversion à une problématique encore plus percutante, ou du moins n'était qu'un des éléments participant à cette problématique dont on ne se préoccupe que récemment mais qui existe depuis la nuit des temps. Avec Colossal, Nacho Vigalondo nous offre à la fois un joli film qui flirte dans diverses directions sans que le résultat soit indigeste, bien au contraire, le casting et les effets visuels permettant de maintenir l'ensemble de manière convaincante, et un film réflexif dans lequel l'élément fantastique sert de métaphore à une problématique forte et actuelle. Qui plus est, l'approche retenue se montre originale (l'utilisation de Kaiju, bien trouvée !) et le final se permet même un petit clin d'oeil à King Kong, mais de manière inversée, je vous laisse découvrir par vous-même ! Une bonne petite surprise que ce Colossal, qui devrait trouver son public chez les fans de cinéma insolite et chez les fans d'Anne Hathaway, l'actrice étant encore une fois excellente, surtout que son rôle n'est en fait pas si simple qu'il n'y paraît au départ. 

* Disponible chez RIMINI EDITIONS