Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !

Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


vendredi 22 septembre 2017

L'UN DANS L'AUTRE

L'UN DANS L'AUTRE
(L'un dans l'autre)

Réalisateur : Bruno Chiche
Année : 2017
Scénariste : Bruno Chiche, Nicolas Mercier, Fabrice Roger-Lacan
Pays : France
Genre : Comédie
Interdiction : /
Avec : Stéphane De Groodt, Louise Bourgoin, Aure Atika, Pierre-François Martin-Laval...


L'HISTOIRE : Deux couples, Pierre et Aimée, et Eric et Pénélope, partagent tous les quatre plusieurs années d’amitié sans nuage. Seul souci, Pénélope et Pierre sont devenus amants. La situation devenant intenable, ils décident de rompre. Mais après une ultime nuit d’amour passionnée, le sort leur joue un tour : Pierre et Pénélope se réveillent chacun dans le corps de l’autre ! Pour protéger leur secret, ils se retrouvent chacun à devoir vivre la vie de l’autre. C’est le début des complications...

MON AVIS : Après Sous le même Toit, la charmante Louise Bourgoin poursuit sa carrière sous le signe de la comédie avec L'Un dans l'Autre de Bruno Chiche. Une comédie avec une petite touche de fantastique puisque deux personnes vont se retrouver dans le corps de l'autre, ce qui va provoquer quelques situations assez drôles. Une idée pas très originale puisqu'on la retrouve déjà dans de nombreuses comédies, telles Un vendredi dingue, dingue, dingue de Gary Nelson (1976), Dans la Peau d'une Blonde de Blake Edwards (1991),  Freaky Friday de Mark Waters (2003) ou bien encore Echange Standard de David Dobkin (2011). Bruno Chiche va donc de nouveau faire appel à ce thème usité en mettant Louise Bourgoin (Pénélope) dans le corps de Stéphane De Groodt (Pierre) et vice-versa. Le premier réveil de nos deux héros inversés est des plus savoureux puisqu'un ami de Pierre lui demande de venir sur le pont de son petit voilier de bon matin et que c'est évidemment Louise qui y va, encore à moitié endormi et surtout torse nu comme un mec, si vous voyez ce que je veux dire ! Une vision des plus agréables et qui va lancer la flopée de situations rocambolesques et plutôt marrantes que vont vivre les deux acteurs qui jouent le jeu à fond et sans retenu. La principale difficulté du scénario pour les acteurs est d'arriver à se comporter comme le ferait le sexe opposé. A ce petit jeu, je dirai que c'est Stéphane De Groodt qui remporte la victoire (normal vu son prénom...) car il arrive à prendre des postures et des gestuelles très féminines qui nous font bien sourire (le port de sa sacoche de travail façon sac à main de femme par exemple). L'acteur semble beaucoup s'amuser et ça se ressent chez le spectateur. Louise Bourgoin a un peu plus de mal à faire transparaître son côté masculin et les gags qui la mettent en scène sont plus voyants, plus appuyés. Ce qui ne l'empêche pas de s'en sortir correctement malgré tout, comme lors de la scène chez le psy qui doit valider le dossier d'adoption ou elle (il) fait tout rater suite à des réactions typiquement masculines et ce, devant son compagnon qui ne comprend plus ce qu'il se passe. Ce dernier est très bien interprété par Pierre-François Martin-Laval, qui, par son attitude et son incompréhension, provoque également bien des sourires. Bruno Chiche a répertorié pas mal de situations qui pourraient prêter à confusion si un homme se retrouvait en femme et inversement, et il nous les propose de manière bien rythmée, ce qui fait qu'on ne s'ennuie jamais durant la vision de L'Un dans l'Autre. La scène chez le dentiste est particulièrement réussi et utilise son comique de situation de manière fort appropriée, tout comme celle des règles ! Pour donner un peu plus d'intérêt à son film et pour qu'il ne se contente pas d'être une simple succession de gags, le réalisateur et ses scénaristes ont inséré également quelques ressorts dramatiques qui fonctionnent bien, comme le fait que Pénélope ne puisse pas avoir d'enfant, ce qui donne à cette comédie une petite touche romantique et sentimentale. Si on n'est jamais pris de fous-rires, L'Un dans l'Autre parvient en tout cas à nous faire passer un bon moment de détente pas prise de tête et ne cherche jamais à péter plus haut que son cul. On sait d'avance qu'on ne va pas voir la comédie de l'année et effectivement, elle ne l'est pas. Il n'y a rien de mémorable dans L'Un dans l'Autre mais la bonne alchimie entre les quatre acteurs fait le travail et le sourire de Louise Bourgoin fait le reste... Idéal pour se changer les idées et passer à autre chose ensuite. Il ne faut rien en attendre de plus...

NOTE : 3/6


jeudi 21 septembre 2017

GRAVE

GRAVE
(Grave)

Réalisateur : Julia Ducournau
Année : 2016
Scénariste : Julia Ducournau
Pays : France, Belgique, Italie
Genre : Drame, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Nait Oufella, Laurent Lucas, Joana Preiss...


L'HISTOIRE : Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école vétérinaire où sa sœur aînée est également élève. Mais, à peine installées, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature...

MON AVIS : Encensé par la presse (même Télérama !), bénéficiant d'une aura de "bête de festival" (de nombreuses récompenses ont été décernées au film, dont le Grand Prix du festival de Gerardmer 2017), ayant (apparemment) provoqué de fortes réactions chez les spectateurs horrifiés par le côté gore et trash insoutenable, je me devais de visionner Grave, premier long métrage de la réalisatrice française Julia Ducournau. J'ai donc vu à l'instant, via le combo Blu-Ray/DVD édité par Wild Side Vidéo, ce "renouveau du cinéma de genre français", cette "bombe" (Télérama), ce "gros, gros choc" (Première), ce "coup d'éclat" (Le Monde) et j'en passe. Euh, sérieusement, c'est de l'humour non ? Non parce que là, dire que j'ai été déçu, c'est peu de le dire justement. Je cherche encore "le choc" censé nous mettre mal à l'aise ou nous faire détourner le regard. Je cherche encore le gore (oui, il y a bien quelques petits effets sanglants effectivement mais bon, parler de gore, faut pas déconner non plus) et je cherche en quoi Grave serait une bouffée de fraîcheur dans le paysage fantastique français (et Belge). Forcément, si vous n'y connaissais rien en cinéma fantastique et horrifique, oui, vous serez peut-être mal à l'aise, voire même un peu choqué par certaines images de cannibalisme. Par contre, si vous connaissez vos classiques, vous ne verrez rien de bien neuf à l'horizon, David Cronenberg, entre autres, étant déjà passé par là. Quand à la métaphore du récit initiatique, du passage à l'âge adulte de l'héroïne (excellente Garance Marillier, seul point positif du film) et de son éveil à la sexualité, sérieux, on n'en peut plus ! Ginger Snaps, Teeth, It Follows et consorts, on connait quoi. Certes, l'idée du cannibalisme n'est pas mauvaise pour l'évoquer mais malheureusement, tout est plombé par une mise en scène travaillée mais qui fait terriblement "exercice de style" ou "je fais mon film d'auteur en essayant de choquer un maximum le public lambda". Des tas de scènes inutiles, qui n'apportent rien à l'histoire, du bizutage qui dure des plombes au colocataire homo (évidemment), des séquences de soirées festives au combat ridicule entre les deux sœurs au beau milieu d'élèves scotchés à leur téléphone portable, Grave ne provoque rien et n'a suscité chez moi qu'un ennui total, le temps, long, très long, semblant ne jamais m'apporter le mot salvateur annonçant le générique final : "Fin". Même si Julia Ducournau a mis pas mal d'humour noir dans son film, la dernière séquence étant assez réussie je l'avoue, le sentiment que Grave a le cul entre deux chaises ne cesse jamais de venir s'imposer à notre esprit, ou du moins, au mien. Pour élever encore le supposé côté subversif de son film, la réalisatrice balance des tas de scènes à connotations érotiques (Justine qui se fait épiler les poils pubien par sa sœur, le dépucelage avec le coloc homo...) qui m'ont paru bien vaines. Franchement, si Grave a quelque chose à raconter, j'aimerai bien savoir quoi. Le film n'a absolument pas fonctionné sur moi et pourtant, vous savez bien que je suis super bon public (trop même, diront certain). Ennuyeux au possible, Grave reste une coquille vide dont je ne comprend pas l'engouement qu'il a suscité. Je n'aime pas avoir un avis aussi négatif sur un film de genre, français qui plus est, car il faut défendre ce cinéma. Après, d'autres ont beaucoup aimé, donc ça compense !

* Disponible en BR et DVD chez WILD SIDE VIDEO

NOTE : 1/6


mercredi 20 septembre 2017

LES PROIES

LES PROIES
(The Beguiled)

Réalisateur : Sofia Coppola
Année : 2017
Scénariste : Sofia Coppola, Irene Kamp, Albert Maltz
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame
Interdiction : /
Avec : Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning, Colin Farrell, Oona Laurence...


L'HISTOIRE : En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d'un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu'elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l'atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu'à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous...

MON AVIS : Le roman de Thomas Cullinan a déjà été adapté au cinéma en 1971 avec Les Proies de Don Siegel, avec Clint Eastwood et Geraldine Page dans les rôles principaux. En 2017, Sofia Coppola décide d'en livrer une nouvelle adaptation, avec un casting prestigieux, dont Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning ou Colin Farrell. Pas de surprise au niveau de l'histoire, elle reste rigoureusement la même : un soldat yankee blessé à la jambe est recueilli dans un pensionnat de filles et va jouer avec leurs sentiments en misant sur l'attirance qu'il provoque chez elles. Un petit jeu de séduction qui ne va pas se passer aussi bien qu'il l'aurait voulu. Voilà, rien de nouveau à l'ouest mais le plaisir de voir réuni à l'écran un casting féminin bien en place, composé d'actrices de talent, au beau milieu desquelles pavoise comme un paon Colin Farrell. La présence d'un homme dans ce pensionnat exclusivement féminin va évidemment créer des troubles parmi les six femmes présentes, qu'elles soient jeunes (certaines ont dix/onze ans) ou plus âgées (Nicole Kidman est la directrice de l'établissement, Kirsten Dunst est l'institutrice). Toutes n'ont d'yeux que pour le beau soldat blessé et toutes vont vouloir se montrer sous leur meilleur jour pour attirer son attention. Une attirance que notre soldat a très bien comprise et dont il va se servir pour éviter que l'une des pensionnaires ne le dénonce aux soldats sudistes. Si on perçoit parfois les soubresauts d'un climat sensuel et érotique qui s'instaure dans le pensionnat (principalement du à l'attitude espiègle d'Elle Fanning, toujours aussi charmante depuis Super 8, Twixt ou The Neon Demon), ils n'iront jamais plus loin et la retenue de Sofia Coppola dans ce domaine ne permet jamais au film de décoller ou de se montrer réellement intéressant. Les relations entre le soldat et son harem de femmes ne dépassent jamais celle de l'amitié ou de la relation sentimentale digne du collège. D'après ce que j'ai pu lire sur le roman de Thomas Cullinan et sur le film de 1971, il semble que Sofia Coppola a épuré de manière drastique certains aspects de la personnalité de la directrice (sa relation incestueuse avec son frère par exemple, dont il est seulement fait mention de manière anonyme dans le film quand Colin Farrell demande à Nicole Kidman si elle avait quelqu'un avant la guerre) pour se contenter de placer ses personnages dans un huis clos psychologique qui a bien du mal à se montrer intriguant. Même si les actrices s'en sortent plutôt bien, même si la mise en scène est classieuse, Les Proies version 2017 ne peut s'empêcher de provoquer un ennui poli tant il ne recèle quasiment d'aucun moment susceptible de dynamiser son rythme ou de relancer l'intérêt de son intrigue. Oui, le film est beau visuellement, les décors, les costumes, la reconstitution d'époque fait parfaitement illusion. Mais on ne peut s'enlever de l'esprit que c'est un grand film vide, qui veut jouer sur la frustration féminine, mais qui, au final, rate totalement le coche. Je n'ai ressenti aucune émotion durant toute la vision du film de Sofia Coppola car je n'y ai vu aucune alchimie entre l'acteur et les actrices. Pour un drame, c'est un peu embêtant. Certes, je savais que j'allais voir un film contemplatif mais Sofia Coppola a été bien trop timide sur ce coup et l'atmosphère de son film s'en ressent fortement. Un coup d'épée dans l'eau.

NOTE : 2/6


mardi 19 septembre 2017

MOTHER !

MOTHER !
(Mother !)

Réalisateur : Darren Aronofsky
Année : 2017
Scénariste : Darren Aronofsky
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Insolite, Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris, Michelle Pfeiffer...


L'HISTOIRE : Mother vit une relation passionnelle avec Lui, un poète qui ne trouve plus l'inspiration. Dans leur belle maison, que Mother a entièrement refaite, la vie se déroule paisiblement. Jusqu'à ce qu'un inconnu frappe un soir à leur porte. Recueilli par Lui, l'inconnu ne tarde pas à profiter de l'hospitalité de ce dernier et invite sa femme à venir le rejoindre, sans se soucier de l'incompréhension de Mother, qui ne comprend pas le comportement de Lui...

MON AVIS : Si Darren Aronofsky voulait faire réagir avec son nouveau film intitulé Mother !, il y est parvenu ! Le réalisateur de Requiem for a Dream, The Fountain, Black Swan ou Noé a en effet divisé la critique, et les avis de spectateurs diamétralement opposés sont légions en ce qui concerne Mother ! Logique vu que le film est présenté comme un thriller anxiogène et schizophrène, ce qu'il est dans sa première partie, mais absolument pas comme un film totalement métaphorique sur le processus de la création artistique (ce que moi j'y ai vu personnellement, quand d'autres y ont vu une interprétation de la Bible, avec de nombreuses références religieuses effectivement, comme ces deux frères qui vont jusqu'à s’entre-tuer, tel Cain et Abel par exemple ou alors une allégorie de la Nature...). Si le film peut être interprété de différentes façons, il ne peut laisser personne indifférent en tout cas. Véritable Ovni moderne dans le paysage cinématographique actuel tellement formaté, on se demande comment Darren Aronofsky a réussi à imposer un pareil projet, un pareil scénario, avec, qui plus est, Jennifer Lawrence en vedette. Bon, OK, Jennifer est la petite amie de Darren, ça peut aider ! Mais quand même, on est loin de la saga Hunger Games. Une prise de risque qui s'avère payante pour Jennifer Lawrence en tout cas, car, même si Mother ! n'est pas un succès planétaire, l'actrice fait preuve ici d'un talent formel et livre une composition absolument saisissante qui enverra knock-out ses détracteurs. Franchement, on ne peut que s'incliner devant sa performance. Elle est certes aidé par la caméra de son fiancé qui la filme au plus près, la rendant quasiment hypnotique. Il en va de même pour Javier Bardem, qui campe un personnage totalement déboussolant dans ses agissements, ce qui provoque bien des questionnements chez le spectateur, qui en arrive à se demander s'il comprend quelque chose au film au fur et à mesure de la progression de ce dernier. Car Mother ! est un film très difficile d'accès, nul doute que les ados fans de l'actrice qui iront voir ce film en pensant être en présence d'un thriller lambda risquent d'être fortement perturbé et de ne pas comprendre grand chose au final de ce que veut nous dire le réalisateur. Il en sera d'ailleurs de même pour les adultes qui ne feront pas l'effort d'aller voir "derrière le miroir" pour analyser les métaphores disséminées dans tout le film, qui est lui-même une métaphore globale. Pour faire simple, on se croirait dans un film de David Lynch, de Lars von Trier et de Ken Russell ! Très posé au départ, le film prend petit à petit une tournure cauchemardesque lancinante pour se clôturer sur un final apocalyptique totalement fou et hystérique, qui finit par nous laisser K.O. Personnellement, lorsque j'ai vu la bande-annonce, je m'attendais à un film de type Rosemary's Baby, avec une secte satanique et tout le toutim. J'avais tout faux ! On saluera l’énorme travaille sur le son, qui participe pleinement à nous imprégner d'une ambiance malsaine et singulière. Pour ma part, comme déjà dit plus haut, Mother ! représente pour moi la métaphore de la création artistique : la maison est l'esprit du poète (Javier Bardem) ;  Jennifer Lawrence sa muse, auquel il ne prête attention que dans son intérêt personnel ; le cristal est "l'inspiration de l'artiste", ce qu'il a de plus important au monde ; les visiteurs sont le public de l'artiste, qui vont s'approprier sa création au fur et à mesure du succès rencontré, certains allant même jusqu'au fanatisme (la scène finale) ; la cave représente les démons intérieurs de l'artiste, qu'il ne veut pas faire sortir, d'où les travaux pour emmurer une partie de cette pièce et j'en passe. Cela reste mon interprétation de Mother ! et du scénario tortueux de son réalisateur. Un film "autre" en tout cas, qui interpelle et marque les esprits, pouvant entraîner des réactions violentes de rejet ou d'admiration. Choisissez votre camp.

NOTE : 4,5/6





samedi 16 septembre 2017

THE MUNSTERS' REVENGE

THE MUNSTERS' REVENGE
(The Munsters' Revenge)

Réalisateur : Don Weis
Année : 1981
Scénariste : Don Nelson, Arthur Alsberg
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie Fantastique
Interdiction : /
Avec : Fred Gwynne, Yvonne De Carlo, Al Lewis, K.C. Martel, Jo McDonnell, Robert Hastings...


L'HISTOIRE : La famille Munster se rend dans un musée de cire consacré à l'horreur et à l'épouvante. Herman, Lily, Grandpa, Eddie et Marilyn sont amusés de découvrir leurs propres répliques de cire dans le musée. Tard dans la nuit, une fois le musée fermé, les statues de cire se mettent à bouger et vont terroriser les habitants. Herman et Grandpa sont accusés par la police d'avoir commis des infractions. Ils vont tout faire pour prouver leur innocence. En enquêtant dans le musée, ils découvrent que les statues de cire sont des robots dirigées par le Dr. Diablo. Ce dernier veut se servir de ses inventions pour cambrioler une exposition égyptienne. Il va falloir beaucoup d'énergie à la famille Munster pour faire admettre à la police l'existence des robots du Dr. Diablo et permettre à Herman et Grandpa de fêter Halloween comme il se doit...

MON AVIS :  Quinze ans après Munster, Go Home, première adaptation cinématographique de la série culte Les Monstres, le studio Universal décide de remettre le couvert avec The Munsters' Revenge, un téléfilm de Don Weis, metteur en scène spécialisé dans la réalisation d'épisodes de séries-télévisées. On lui doit également la comédie fantastique The Ghost in the Invisible Bikini en 1966 ou le film d'aventure The King's Pirate en 1967. On retrouve au générique de The Munsters' Revenge trois acteurs de la série originale : Fred Gwynne (Herman), Yvonne De Carlo (Lily) et Al Lewis (Grandpa), qui reprennent donc, quelques 17 ans plus tard, le rôle qui les a rendu célèbre (au grand détriment de Fred Gwynne qui ne supportait pas d'être cantonné au rôle d'Herman). Il faut avouer que sous leur couche de maquillage, les effets de l'âge ne se voient absolument pas, hormis peut-être pour Yvonne de Carlo qui a pris quelques kilos. Eddie Munster est joué dans ce téléfilm par K.C. Martel et Marilyn par Jo McDonnell. Cette dernière a beaucoup de mal à nous faire oublier Pat Priest et même la charmante Debbie Watson du premier film. Qu'importe, le plaisir de retrouver la famille Munster est intact et The Munsters' Revenge nous réserve encore d'agréables moments de divertissement. Bénéficiant toujours d'un humour bon enfant, ces nouvelles aventures s'avèrent délicieusement kitsch et mettent principalement en avant Herman et Grandpa. Lily et Eddie sont très en retrait et n'apparaissent pas beaucoup dans ce téléfilm. Marilyn a un rôle un petit peu plus important, l'inspecteur de police s'occupant de l'affaire n'étant pas insensible à son charme. Don Weis a par contre choisi de mettre sous les feux de la rampe le personnage du Fantôme de l'Opéra et ce dernier fera partie intégrante de l'histoire, sa voix cristalline et puissante, façon la Castafiore de Tintin, servant à de nombreuses reprises à casser verres et vitres mais pas seulement. Un personnage qui nous rappelle aussi le barde d'Astérix. Ce qui est assez sympa dans The Munsters' Revenge, c'est la présence des robots de cire : on trouve un Quasimodo version Lon Chaney, un bourreau, des monstres divers et surtout la superbe Créature du Lac Noir. Les amateurs de cinéma fantastique apprécieront. Le comique de situation provenant du fait qu'Herman et Grandpa figurent également parmi les robots de cire fait souvent sourire, à l'image de la séquence dans laquelle nos deux pauvres héros vont devoir supporter une décharge électrique de 2000 volts, les bandits pensant avoir affaire à leurs robots et voulant les réparer. L'humour fonctionne bien, les mimiques d'Herman sont savoureuses et la prestation d'Al Lewis donne tout son pétillant à ce téléfilm. Le spectacle reste assez puéril bien sûr mais n'est-ce pas ce qu'on recherche en visionnant un épisode des Monstres ? Légèrement moins réussi que Munster, Go Home peut-être, encore que, The Munsters' Revenge fait le job et amusera petits et grands. Il lui manque peut-être un peu de douce folie et d'une séquence aussi dynamique que la course de voiture dans le film de 1966. Mais dans l'ensemble, je me suis bien amusé, je ne me suis jamais ennuyé et c'est avec plaisir que j'ai retrouvé cette drôle de famille. 

* Disponible en DVD chez ELEPHANT FILMS

NOTE : 4/6



vendredi 15 septembre 2017

TERMINATOR 2 - LE JUGEMENT DERNIER (3D)

TERMINATOR 2 - LE JUGEMENT DERNIER
(Terminator 2: Judgment Day)

- visionné au cinéma en 3D -

Réalisateur : James Cameron
Année : 1991
Scénariste : James Cameron, William Wisher Jr. 
Pays : Etats-Unis, France
Genre : Science-Fiction
Interdiction : /
Avec : Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Edward Furlong, Robert Patrick, Earl Boen...


L'HISTOIRE : En 2029, après leur échec pour éliminer Sarah Connor, les robots de Skynet programment un nouveau Terminator, le T-1000, pour retourner dans le passé et éliminer son fils John Connor, futur leader de la résistance humaine. Ce dernier programme un autre cyborg, le T-800, et l'envoie également en 1995, pour le protéger. Une seule question déterminera le sort de l'humanité : laquelle des deux machines trouvera John la première ?

MON AVIS : Petit retour dans le passé. En 1984, James Cameron lance sur les écrans un robot tueur à l'apparence humaine et lui trouve un nom emblématique : le Terminator, qui fait de son interprète Arnold Schwarzenegger une star mondiale. Sept ans plus tard, James Cameron, passionné par les effets-spéciaux et les techniques numériques, donne une suite à son chef-d'oeuvre avec Terminator 2 - Le Jugement Dernier et fait un carton planétaire au box-office en présentant au public des effets visuels jamais vus sur un écran. Il avait déjà surpris avec les effets-spéciaux d'Abyss réalisé en 1989 mais avec Terminator 2, il élève encore d'un cran le niveau et nous laisse abasourdi dans notre fauteuil. Il faut dire que plus de la moitié du budget du film a été consacré à la création des effets-spéciaux, James Cameron ayant carrément engagé trois sociétés spécialisées dans les FX : Fantasy II Film Effects (pour les séquences dans le futur), 4-Ward (pour la scène de l'explosion nucléaire et le rendu du métal fondu) et  ILM, la célèbre société de George Lucas, qui a du animer le T-1000 principalement. Le jeu en valait la chandelle car ce nouveau robot tueur envoyé cette fois pour tuer John Connor lui-même est la véritable star du film : composé d'un alliage liquide, il peut prendre des formes diverses, se liquéfier pour mieux se reformer, adopter l'apparence de n'importe qui ou se fondre dans le décor (l'incroyable scène dans laquelle il se met à surgir du sol). Sa capacité liquide lui permet d'être totalement insensible aux balles et de pouvoir se mouvoir n'importe ou, aucun obstacle ne pouvant l'arrêter. Le T-1000 est interprété par l'excellent Robert Patrick qui a bien du s'amuser durant le tournage. Comme vous le savez tous, le principal changement de Terminator 2 vis à vis du premier Terminator est que notre cher Arnold Schwarzenegger n'est pas le méchant du film cette fois. Il est en effet passé du côté des gentils, une idée qu'il n'a pas vraiment apprécié à la lecture du scénario et qu'il a signalé à James Cameron. Mais ce dernier a su le convaincre d'accepter ce concept et le succès du film lui a donné raison. Personnellement, je préfère largement Arnold en méchant Terminator mais bon, avouons qu'il s'en sort haut la main dans le rôle du gentil robot venu du futur. Un concept qui a apporté un autre changement notable dans Terminator 2 : l'ajout d'une bonne dose d'humour, alors que le premier film en était quasiment dépourvu et se montrait nettement plus sombre et pessimiste. Sombre et pessimiste, Terminator 2 l'est tout de même, ne serait-ce qu'à travers la fabuleuse séquence d'introduction située dans le futur ou bien lors du cauchemar de Sarah Connor dans lequel on assiste à la terrible explosion nucléaire qui a exterminé plus de 3 millions d'êtres humains. La quête de Sarah Connor (toujours admirablement bien interprétée par une Linda Hamilton au physique de guerrière) et sa détermination à changer le futur en empêchant le scientifique Miles Dyson de créer Skynet, l'intelligence artificielle qui va déclencher la guerre des machines contre les humains, ne prête pas non plus à sourire et fait partie des aspects dramatiques du film. Néanmoins, ces éléments tragiques sont contrebalancés par l'évolution des rapports entre le gentil Terminator et le jeune John Connor (l'excellent Edward Furlong qu'on reverra dans Simetierre 2, Brainscan, Pecker ou American History X entre autres). Ce dernier, adolescent rebelle, va en effet se servir de son "jouet grandeur nature" de manière assez drôle la plupart du temps, tout en lui apprenant des phrases cool, dont le célèbre "Hasta la vista, Baby" bien sûr. Je ne sais pas si James Cameron a voulu avec Terminator 2 faire un film plus familial, moins violent (le T-800 a interdiction de tuer des humains et ne fait que les blesser si nécessaire ici) et donc plus accessible afin de toucher un plus large public. Encore une fois, je préfère la violence brute de décoffrage de Terminator mais Terminator 2 possède d'autres atouts non négligeables qui en font une suite différente, certes, mais néanmoins très réussie. Avec ses scènes d'action tonitruantes, ses folles courses-poursuites, ses explosions en pagaille, son casting hors-pair, sa mise en scène brillante, son rythme dynamique et son déluge d'effets-spéciaux révolutionnaires, il mérite amplement sa réputation et se permet même le luxe de tenir encore largement la route de nos jours. Revu le 14 octobre 2017 au cinéma dans sa version 3D supervisée par James Cameron lui-même, je me suis retrouvé tel l'adolescent de 17 ans que j'étais en 1991, avec un sourire aux lèvres durant tout le film. Revoir la scène d'introduction sur grand écran puis entendre le générique ou la musique des Guns N' Roses n'a pas de prix. Ce n'était évidemment pas la première fois que je revoyais le film depuis 1991 mais force est de reconnaître que le revoir au cinéma fait son petit effet jubilatoire ! La maîtrise de James Cameron est vraiment évidente dans Terminator 2. Concernant la conversion 3D, elle est franchement très réussie durant la première séquence dans le futur mais ensuite, j'avoue qu'elle tombe à plat et ne sert quasiment à rien, on ne ressent même pas l'impression de profondeur la plupart du temps. Bref, j'adore les films en3D mais là, pour le coup, assez déçu à ce niveau. Celle de Titanic était plus réussie et profitable pour le film à titre de comparaison. Toujours est-il que Terminator 2 reste un sacré film de S-F et assurément l'un des meilleurs films des 90's !

NOTE : 5/6



jeudi 14 septembre 2017

MUNSTER, GO HOME

MUNSTER, GO HOME
(Munster, Go Home)

Réalisateur : Earl Bellamy
Année : 1966
Scénariste : Joe Connelly, Bob Mosher, George Tibbles 
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie Fantastique
Interdiction : /
Avec : Fred Gwynne, Yvonne De Carlo, Al Lewis, Butch Patrick, Debbie Watson...


L'HISTOIRE : Herman Munster apprend qu'il vient d'hériter d'un magnifique manoir en Angleterre baptisé le Munster Hall. Tout excité à l'idée de devenir Lord, Herman quitte les Etats-Unis et emmène sa femme Lily, son fils Eddie, Grandpa (le grand-père de Lily) et Marilyn (la fille de la sœur de Lily) en Angleterre à la rencontre de leurs cousins, Freddie et Grace Munster, ainsi que de la mère de ces dernier, Lady Effigie. La branche anglaise de la famille Munster n'est en revanche pas très enjouée à l'idée qu'Herman devienne Lord et s'approprie leur manoir. Ils vont fomenter un plan diabolique pour faire disparaître Herman, afin que Freddie Munster devienne le Lord de Munster Hall. Durant son séjour au manoir, Herman et Grandpa vont découvrir que le manoir sert de repaire à une bande de faux-monnayeurs dirigée par leur chef qui se fait appeler le Griffon...

MON AVIS : Série télévisée culte de 70 épisodes, Les Monstres sont apparus sur le petit écran en 1964 aux USA, quasiment en même temps que l'autre série phare du moment : La Famille Addams. Comédie fantastique pour toute la famille, les épisodes des Monstres mettent en vedette Herman, créature très fortement inspirée du monstre de Frankenstein, et sa femme Lily, une femme vampire qui n'est pas sans évoquer le personnage de Carole Borland dans La Marque du Vampire. Tous deux vivent dans un manoir hanté bien sûr, en compagnie de leur jeune fils Eddie (un loup-garou), de Granpa (un vieux vampire aristocrate) et de Marilyn, leur nièce et seule personne au physique "normal" de cette drôle de famille. Leurs aventures rocambolesques ont procuré bien du plaisir aux spectateurs de l'époque. En France, la série a débarqué en 1986 sur Canal+. En 1988, une seconde série voit le jour sous le titre Les Nouveaux Monstres sont arrivés. En tout cas, fort du succès rencontré à l'époque par les aventures délirantes de la famille Munster à la télé, le studio Universal décide en 1966 d'en réaliser un film baptisé Munster, Go Home et fait appel au casting original pour interpréter ces personnages emblématiques, à l'exception de Marilyn Munster. Cette dernière a été joué par deux actrices dans la série : Beverly Owen (pour les 13 premiers épisodes de la saison 1) puis Pat Priest pour le reste des épisodes. Dans Munster, Go Home, c'est Debbie Watson qui fera Marilyn. Hormis ce changement, tout le reste des acteurs répond à l'appel : Fred Gwynne (Herman), Yvonne De Carlo (Lily), Al Lewis (Grandpa) et Butch Patrick (Eddie). Outre Marilyn, il y a quand même un autre changement et de taille celui là : si la série est en noir et blanc, Munster, Go Home est en Technicolor ! Et figurez-vous que ça provoque un sacré choc en fait ! J'ai tellement l'habitude de voir ces chers monstres en N/B que j'ai baissé les couleurs de ma télé à fond tellement l'effet "en couleurs" m'a un peu perturbé au début. J'ai quand même vaincu mon "trouble oculaire" et j'ai finalement regardé ce film en couleurs. Munster, Go Home n'a rien a envié aux épisodes de la série télévisée : c'est une pochade tout public, aux gags sympathiques et qui réussi, sans forcer, à vous mettre de bonne humeur. Le pari n'était pas gagné d'avance car les épisodes de la série ne durent que 25 minutes et n'ont donc pas le temps d'ennuyer le spectateur. Adapter Les Monstres en version film de 92 minutes était-il judicieux ? Franchement, ça passe bien et les fans de la série ne devraient pas être déçus le moins du monde. L'humour et les situations comiques ne versent pas dans la finesse et s'adressent avant tout au jeune public. On pourra assurément trouver ce spectacle très bon enfant, voire même très enfantin mais le comique de situation et les répliques correspondent bien à ce qu'on pouvait trouver dans la série télévisée. Si on ne rira pas aux éclats, la plupart des gags font sourire et fonctionne assez bien. Si Herman reste le vrai héros du film, de nombreux gags sont également basés sur Grandpa, l'acteur Al Lewis s'amusant à en faire des tonnes. On retiendra également la prestation de l'acteur Terry-Thomas qui interprète le cousin britannique Freddie Munster. Terry-Thomas nous livre une composition des plus savoureuses, sa folle envie de tuer Herman lui offrant la possibilité d'exécuter des mimiques hystériques à l'écran qui nous amusent beaucoup. Munster, Go Home nous propose plusieurs rebondissements réjouissants, le plus fameux étant la découverte de l'usine de faux billets dans le manoir. Ce qui vaudra d'ailleurs au film, lors de sa sortie en Belgique, d'être re-titré Frankenstein et les Faux-Monnayeurs. Le point d'orgue du film reste son délirant final : on assiste en effet à une folle course automobile, avec Herman qui conduit son bolide adapté pour l'occasion et baptisé "Dragula" ! Un nom qui ne manquera pas de faire réagir les fans de Rob Zombie, ce dernier s'en étant servi pour intituler l'une de ses chansons phares. La romance entre un jeune anglais et Marilyn (la ravissante Debbie Watson donc) sera également l'occasion de nous servir des situations drolatiques. Bref, si vous avez gardé votre âme d'enfant et si vous êtes fan de la série originale, alors ruez-vous sur Munster, Go Home. Inédit en France, ce film sort enfin chez nous grâce à l'éditeur Elephant Films ! Merci à lui de nous le proposer dans un coffret contenant également The Munster's Revenge

NOTE : 4/6



mercredi 13 septembre 2017

COUPLE MODÈLE

COUPLE MODÈLE
(A Good Marriage)

Réalisateur : Peter Askin
Année : 2014
Scénariste : Stephen King 
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller
Interdiction : /
Avec : Joan Allen, Anthony LaPaglia, Stephen Lang, Cara Buono, Mike O'Malley...


L'HISTOIRE : Darcy et Bob Anderson forment un couple modèle. Ils fêtent leur vingt-cinq ans de mariage, avec leur deux enfants et de nombreux invités. Le lendemain, Bob doit partir en voyage d'affaires et laisse Darcy seule à la maison. Cette dernière, en cherchant des piles dans le garage, découvrent derrière des cartons appartenant à son mari un petit renfoncement dissimulant une petite boite construite par une enfant. En ouvrant la boite, Darcy découvre avec horreur les cartes d'identités de plusieurs femmes dont elle a entendu parler aux informations télévisées. Toutes ces femmes ont été retrouvées mortes, violées et mutilées par un tueur en série baptisé "Beadie". Darcy comprend alors que son mari est le serial-killer dont tout le monde parle. En rentrant à la maison, Bob s'aperçoit que sa femme a découvert son terrible secret...

MON AVIS : On ne compte plus les adaptations de Stephen King à l'écran. Couple Modèle date de 2014. L'histoire est issue de la nouvelle "Bon ménage" parue dans le recueil "Nuits Noires, étoiles mortes" sorti en 2010. Réalisé par Peter Askin, Couple Modèle a bénéficié de la présence de Stephen King lui-même pour l'écriture du scénario de cette adaptation, ce qui n'était plus arrivé depuis Simetierre. On le sait, le thème de la cellule familiale qui va venir se déstructurer au contact d'un élément extérieur, qu'il soit fantastique ou pas, est l'un des sujets de prédilection de l'écrivain à succès. Couple Modèle n'échappe pas à la règle. Ici, point de fantastique par contre, tout est totalement ancré dans la réalité. Les deux héros du film sont donc Bob et Darcy Anderson, un couple tout ce qu'il y a de normal, amoureux comme au premier jour alors qu'ils fêtent leur 25 ans de vie commune. Interprétés respectivement par Anthony LaPaglia et Joan Allen, ce couple lambda ne semble avoir aucun secret à cacher. Du moins en apparence, puisque, si vous avez lu le résumé du scénario, vous savez que le cher Bob Anderson a une double-vie : mari attentionné, un peu maniaque sur les bords et pourvu d'un humour assez noir le jour (il laisse des petits mots dissimulés un peu partout pour sa femme, lui rappelant que manger des bonbons n'est pas bon pour ses kilos par exemple...) et serial-killer pervers la nuit. Voici donc cet élément déclencheur d'une faille dans la cellule familiale. Et ce n'est pas rien comme vous pouvez le constater. Si encore Darcy n'avait pas découvert cette facette sombre de son mari, ça aurait pu passer. Mais il n'y aurait pas eu de film me direz-vous et donc ça n'aurait eu aucun intérêt ! Logique ! Le film va donc jouer sur cette question existentielle : que feriez-vous si vous appreniez que votre conjoint est un abominable tueur en série ? Irez-vous le dénoncer à la police, tout en sachant qu'il va falloir expliquer aux inspecteurs comment, depuis 25 ans, vous n'avez jamais eu de soupçons ? Serez-vous prêt à jeter le discrédit sur votre famille en devenant le sujet numéro 1 des journaux télévisées et de la presse ? Ou réussirez-vous à prendre sur vous et à continuer votre petite vie tranquille, en suppliant votre conjoint d'arrêter de massacrer des femmes à la douzaine ? Des questions pertinentes que va se poser Darcy bien sûr. La morale voudrait qu'on ne se les pose pas ces questions et qu'on alerte immédiatement les autorités compétentes. Mais voilà, pas facile de prendre une telle décision. Avec beaucoup d'humour noir, Couple Modèle s'amuse de cette situation rocambolesque (et assez malsaine quand même !) et instaure un petit jeu du chat et de la souris entre notre duo d'amoureux qui s'avère assez cocasse. Quand Darcy découvre que les boucles d'oreilles que son mari lui a offert pour leur anniversaire de mariage appartenait à l'une de ses victimes, on ne peut que sourire face à cette situation qui ne manque pas de piquant. On aimerait détester Bob mais les expressions de visage d'Anthony LaPaglia, associées à son comportement, lui confèrent un capital sympathie qui fait qu'on n'arrive pas à le détester. Le jeu des deux acteurs-vedettes est ce qui donne tout son charme à Couple Modèle. Car Peter Askin s'est totalement focalisé sur les relations et sur la psychologie de ses deux personnages. Ne vous attendez pas à voir de la violence à l'écran ou à voir le sort que réserve Bob à ses victimes. Hormis via des photos que Darcy trouve sur internet, le réalisateur ne montre absolument rien des méfaits de son tueur en série, ce qui est d'ailleurs assez original dans ce type de film. Un peu à la manière du film Mr. et Mrs. Smith, c'est réellement la relation de couple et son évolution qui est au centre du film. Agréable à regarder, Couple Modèle est un thriller à la mise en scène correcte et qui fait le job. On peut trouver qu'il a un peu des allures de téléfilm mais il sait nous intriguer et on a des doutes quant à la tournure des événements, avec, bien sûr, un petit retournement de situation vers la fin. N'ayant pas lu la nouvelle de Stephen King, je ne pourrais vous dire si la fidélité est de mise mais étant donné qu'il a rédigé le scénario, on peut penser que oui. Après, pas de quoi se relever la nuit, Couple Modèle restera dans les adaptations anecdotiques mais sympathiques du maître du Maine. Mais pas de quoi bouder son plaisir en tout cas. A noter la présence de la charmante Cara Buono au casting...

* Disponible en DVD et BR chez RIMINI EDITIONS

NOTE : 3,5/6






lundi 11 septembre 2017

JACK L’ÉVENTREUR (1944)

JACK L’ÉVENTREUR
(The Lodger)

Réalisateur : John Brahm
Année : 1944
Scénariste : Barré Lyndon 
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller
Interdiction : /
Avec : Laird Cregar, Merle Oberon, George Sanders, Cedric Hardwicke, Sara Allgood...


L'HISTOIRE : Londres vit dans la terreur depuis qu'un tueur en série, que la presse a baptisé Jack l'éventreur, a assassiné quatre femmes spécialisées dans les numéros de cabaret. La police mène l'enquête mais le meurtrier reste introuvable. Ce dernier trouve refuge dans la maison cossue des Burton, un couple de bourgeois à qui il loue plusieurs chambres en se faisant appeler monsieur Slade. Il apprend que leur nièce, Kitty Langley, est une chanteuse de cabaret et qu'elle est en passe de devenir la nouvelle coqueluche des Londoniens adeptes de ce type de spectacle...

MON AVIS : Ah Jack l'éventreur ! L'un des personnages les plus énigmatiques des affaires criminelles et assurément l'un des serial-killers les plus connus au monde. On ne compte plus les romans, documentaires, bandes-dessinées ou films qui lui sont consacrés. Dès 1927, Alfred Hitchcock adapte un roman de Marie Belloc Lowndes, dédié au tueur en série de Whitechapel, avec Les Cheveux d'Or, ou The Lodger. En 1944, John Brahm, réalisateur allemand qui a déjà mis en scène une dizaine de films, dont l'étrange The Undying Monster en 1942 dont vous pouvez retrouver mon avis sur ce blog, adapte à son tour le roman de Marie Belloc Lowndes et livre avec The Lodger, titré Jack l'éventreur en France, un très bon film noir à l'ambiance gothique et mystérieuse. Sans user de la moindre violence frontale (on ne verra jamais le meurtrier assassiner ses victimes), John Brahm distille une atmosphère macabre et poétique à la fois, usant du brouillard lors des séquences nocturnes (élément indispensable pour recréer les quartiers de Londres mais aussi pour dissimuler son anti-héros aux yeux de la police et de ses victimes) mais également de nombreux effets de lumière et jeux d'ombre sur l'inquiétant monsieur Slade, qui le rendent, justement, encore plus inquiétant qu'il ne l'est déjà. Thriller et film noir avant tout, Jack l'éventreur tire sa réussite de la mise en scène sobre mais intelligente de John Brahm bien sûr, mais surtout de la prestation étonnante de l'acteur Laird Cregar, dont le regard halluciné participe amplement à donner de l'épaisseur et une réelle personnalité à son personnage. De corpulence assez massive, Laird Cregar ne verse pourtant pas dans le cinglé frappadingue psychotique mais parvient, grâce à ses expressions de visage principalement, à jouer avec subtilité, se montrant parfois charmant et philosophe, parfois peu sur de lui ou inquiet, mais également froid et déterminé. Une prestation vraiment remarquable qui donne tout son intérêt à cette version de Jack l'éventreur qui choisit de remplacer les prostituées de Whitechapel par des chanteuses ou anciennes actrices de music-hall ou de cabaret. Si l'identité du meurtrier est connue et dévoilée peu de temps après la très bonne scène d'introduction, son motif reste par contre à deviner, pour nous, spectateurs. A-t-il une dent contre les actrices de ces spectacles décadents ? A-t-il été amoureux d'une chanteuse ou d'une danseuse de cabaret et leur histoire s'est-elle mal terminée ? Sa mère était-elle une de ces femmes libres qui n'hésitent pas à charmer les hommes grâce à leur numéro ? Il a vraisemblablement un souci avec les actrices de toute façon puisque la première chose qu'il fait après avoir loué une chambre aux Burton est de retourner tous les tableaux d'actrices qui sont cloués au mur de cette dernière. Toutes ces questions, toutes ces interrogations concernant son mobile trouveront bien sûr une réponse. Mais John Brahm prend tout son temps pour nous donner cette réponse, ce qui maintient évidemment notre intérêt. Le suspense est savamment entretenu et le réalisateur joue avec ses personnages avec parfois beaucoup d'humour noir. La maîtresse de maison a de plus en plus de doute concernant son drôle de locataire, qui sort tard le soir, ne passe que par la porte arrière de sa demeure, brûle sa sacoche noire après que la presse est déclarée que le tueur en portait une. Mais ses doutes sont de suite contrebalancés par les affirmations de son mari qui trouve à chaque fois une circonstance atténuante aux agissements de monsieur Slade ! Autre atout du film, la présence du toujours sympathique George Sanders en inspecteur de police qui succombe aux charmes de Kitty Langley et s'octroie le devoir de la protéger du serial-killer. Cette dernière est interprétée par la charmante Merle Oberon. Si la police semble vraiment dépassée par les événements, on appréciera néanmoins la scène dans laquelle George Sanders utilise de la poudre pour dévoiler les empreintes digitales de monsieur Slade afin de les confronter avec celles retrouvées sur les lieux des crimes. La scène finale est de très bonne tenue et propose des plans et des cadrages ingénieux, amplifiant le jeu de lumière et les clairs/obscurs qui donnent cette fois toute sa dimension psychotique à l'acteur Laird Cregar, qui tournera la même année dans un autre film de John Brahm, Hangover Square, avant de décéder d'une crise cardiaque le 9 décembre 1944. Jack l'éventreur reste sa prestation la plus mémorable et le film mérite d'être vu rien que pour lui. 

* Disponible en DVD et BR chez RIMINI EDITIONS

NOTE : 4,5/6



dimanche 10 septembre 2017

JURASSIC WORLD

JURASSIC WORLD
(Jurassic World)

- Visionné en BR 3D -

Réalisateur : Colin Trevorrow
Année : 2015
Scénariste : Colin Trevorrow, Amanda Silver, Rick Jaffa, Derek Connolly
Pays : Etats-Unis
Genre : Aventure, Science-Fiction
Interdiction : /
Avec : Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Ty Simpkins, Ty Simpkins...


L'HISTOIRE : Karen envoie ses deux fils Zach et Gray passer quelques jours à Jurassic World, le nouveau parc d'attractions dans lequel de véritables dinosaures sont créés par une équipe de scientifiques afin de donner du frisson aux milliers de spectateurs. Le parc est dirigé par Claire, la sœur de Karen, qui n'a pas vu ses neveux depuis sept ans. Croulant sous le travail, elle ne peut les accompagner lors de leur première journée au parc et les laisse sous la surveillance de Zara, sa secrétaire. Une première journée qui va être riche en émotions pour les deux garçons et les visiteurs car de nombreux incidents vont venir ternir l'image du parc, notamment la fuite de L'Indominus Rex, un nouveau dinosaure génétiquement modifié et possédant des capacités d'adaptation à son environnement qui vont le rendre terriblement difficile à maîtriser. L'un des membres du parc, Owen, ex-petit ami de Claire, va tout faire pour contrôler la situation et surtout récupérer Zach et Gray qui ont échappé à la surveillance de Zara et se retrouvent perdus au milieu du parc et de ses féroces résidents...

MON AVIS : Les dinosaures de Jurassic Parc, dont la première apparition date déjà de 1993, on les avait quitté en 2001, avec le fun Jurassic Parc 3 de Joe Johnston. Il aura donc fallu attendre 14 ans avant de les retrouver sur un écran de cinéma. L'attente en valait-elle la peine ? Ma réponse sera oui ! A l'image du nouveau parc d'attraction mis en valeur dans le film, Jurassic World, réalisé par Colin Trevorrow, voit tout plus grand ! Un parc gigantesque que les effets 3D viennent sublimer, des dinosaures en pagaille (terrestres, volants, marins) dont l'excellent Mosasaure et sa séquence qui renvoie les orques du Marinland aux oubliettes, des séquences d'action nerveuses et bien stressantes, un dinosaure monstrueux génétiquement modifié et qui possède quelques petites capacités surprises dont je ne vous dirai rien mais qui vont bien compliquer sa traque et qui s'avère une sacré menace pour les visiteurs, un peu de violence qui risque de mettre mal à l'aise les spectateurs les plus jeunes (certaines séquences sont impressionnantes), un casting vraiment sympa (Chris Pratt, échappé des Gardiens de la Galaxie, et la jolie rousse Bryce Dallas Howard entre autres) et même deux enfants qui s'en sortent bien et à qui on n'a pas envie de mettre des claques (ça change un peu). Bref, tout est réuni pour nous faire passer un bon moment et nous divertir en version XXL. Les références au premier Jurassic Parc sont nombreuses et rappelleront de bons souvenirs aux fans de la saga. D'ailleurs, la trame principale de Jurassic World est très proche de celle du film réalisé par Steven Spielberg. On y retrouve la notion familiale, les enfants perdus dans le parc, les scientifiques prêt à tout pour rentabiliser le parc, quitte à jouer les docteur Frankenstein pour en donner toujours plus au public et j'en passe. Le spectateur se retrouve en territoire connu, voire même archi-balisé mais ça fonctionne et on en a pour son argent. La dernière partie du film voit les touristes être pris à partie par de nombreux dinosaures et la pagaille qui règne dans le parc fait plaisir à voir, surtout que la méchanceté est parfois de mise (la mort de la pauvre secrétaire). Le final se la joue même de façon exponentielle avec un combat titanesque entre l'Indominus Rex, le T-Rex, des vélociraptors et le Mosasaure ! Rien que ça ! Ils ont mis le paquet comme vous pouvez le voir ! Parmi les petites nouveautés, on trouve quand même les essais de "dressage" des vélociraptors, ce qui ne manque pas d'intéresser les militaires pour en faire des armes potentiels remplaçant les soldats sur le terrain. Une bonne idée apparemment issue du roman de Michael Crichton.  Vraiment très fun et divertissant, ce Jurassic World se montre extrêmement généreux et sait nous divertir sans aucun problème ! Même Omar Sy s'est laissé embrigader dans ce blockbuster aux effets numériques tout simplement hallucinants de réalisme ! L'intégration des dinosaures parmi les décors et les vrais acteurs est juste bluffante. Jurassic World vaut donc le détour et si vous êtes amateur de grand spectacle, il fera parfaitement l'affaire !

NOTE : 4,5 / 6