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mardi 23 juillet 2019

L'EXORCISTE - LA SUITE

L'EXORCISTE - LA SUITE
(The Exorcist 3)

- Visionné dans sa version cinéma -

Réalisateur : William Peter Blatty
Année : 1990
Scénariste : William Peter Blatty
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : George C. Scott, Ed Flanders, Brad Dourif, Jason Miller, Nancy Fish...


L'HISTOIRE : Près de quinze ans se sont écoulés depuis les tragiques événements qui ont coûter la vie du prêtre Damien Karras, qui s'est défenestré de la chambre où il pratiquait un exorcisme sur la jeune Regan McNeil avec l'aide du père Merrin. Le lieutenant Kinderman, témoin privilégié de cette affaire terrifiante, est depuis toujours resté en éveil, non sans raison, car pour lui, le mal rôde toujours. D'ailleurs, il se voit confronté à plusieurs morts suspectes et brutales, et son enquête s'avère complexe car il s'aperçoit que ces nouveaux meurtres sont l'exacte réplique de ceux commis par Le Gémeau, un tueur fou mort quinze ans plus tôt sur la chaise électrique. Quel rapport entre Le Gémeau et l'affaire MacNeil ?

MON AVIS : Après Psychose en 1960, La Nuit des Morts Vivants en 1968 et La Dernière Maison sur la Gauche en 1972, le réalisateur William Friedkin poursuit la voie tracée par Alfred Hitchock, George A. Romero et Wes Craven et dynamite à nouveau les codes du film d'épouvante d'antan en faisant, comme ses trois prédécesseurs, entrer l'élément fantastique dans la vie d'une paisible famille vivant à Washington et ce, de manière on ne peut plus crédible. Exit les figures légendaires du vampire, du loup-garou, de la momie, exit les châteaux brumeux, les cimetières, les laboratoires de savants fous. L'Exorciste prend juste place dans une maison tout ce qu'il y a de plus normal et met en vedette Regan MacNeil, une adolescente de douze ans en proie à une possession démoniaque. Ce combat du Bien contre le Mal a marqué toutes les générations de spectateurs et continue de le faire, le film n'ayant jamais perdu une once de son aura de chef-d'oeuvre du genre. En 1977, John Boorman (Délivrance, Excalibur) tente de donner une suite à ce classique avec Exorciste 2 - l'Hérétique, toujours avec Linda Blair dans le rôle de Regan MacNeil. Le film fait un four, autant auprès du public que des fans de l'original. Même William Peter Blatty, l'auteur du roman qui a servi de base au film de 1973, n'a pas du tout accroché à cette suite. Il a alors dans l'idée de réaliser la vraie suite du film de Friedkin et il réalise son souhait en 1990, lorsqu'il adapte lui-même son propre roman Légion, qui a été publié en 1983. Son projet débute mal, puisque le studio souhaite le retour de certains acteurs du film de 1973. Problème, Lee J. Cobb, qui jouait le lieutenant Kinderman, est décédé en 1976 et William O'Malley, qui jouait le père Dyer, ne peut reprendre son rôle. Pas grave, on trouve deux acteurs de substitution et c'est finalement  George C. Scott qui jouera Kinderman et Ed Flanders le père Dyer. Jason Miller (le père Damien Karras) répond présent à l'appel par contre, même si son personnage n'apparaît pas dans le roman et qu'il est censé être mort à la fin de L'Exorciste. Autre souci, Légion ne comprend aucune scène d'exorcisme, hors le studio en veut une. William Peter Blatty modifie donc la trame de son roman pour en faire un scénario qui réponde autant à ses attentes qu'à celle du studio. Le résultat est L'Exorciste - la suite, un film qui ne sera pas non plus très bien accueilli par le public et les fans, qui, comme pour Exorcist 2, ne retrouvent pas ce qui leur a fait adorer le film de Friedkin, à savoir une multitude d'effets-spéciaux, de jets de vomi, de tête qui tourne à 360° et de langage ordurier. Car, à l'image de la suite réalisée par John Boorman, L'Exorciste - la suite joue aussi la carte de la suggestion, du hors-champ. On peut même dire que le film de William Peter Blatty est avant tout un thriller, une enquête sur les agissements d'un tueur en série logiquement décédé et dans laquelle le surnaturel va intervenir. Personnage principal du film, le lieutenant Kinderman (superbement interprété par un George C. Scott souvent impérial) est un homme en proie à ses doutes et à ses peurs et qui va devoir les affronter suite à la mort d'un jeune noir et deux prêtres, retrouvés massacrés, mutilés, décapités et crucifiés. Des meurtres rituels dont certains détails font penser à Kinderman qu'ils sont l'oeuvre du Gémeau, un serial-killer qui est pourtant décédé quinze ans plus tôt. Ce dernier nous fait irrémédiablement penser au tueur en série Le Zodiaque, qui a sévit au début des années 70. Une source d'inspiration pour Blatty assurément. L'enquête de Kinderman prend son temps, tout comme le film d'ailleurs, qui propose un rythme assez posé, ne précipitant pas les quelques réserves qu'il a sous le pied. Une enquête pas inintéressante d'ailleurs mais qui peine un peu à se montrer stressante jusqu'à ce que notre lieutenant débarque dans un hôpital psychiatrique et rencontre un curieux interné, interprété par Brad Dourif. A partir de ce moment, le film prend une autre tournure et le thriller sombre du début dévie vers le fantastique puisque l'interné n'est autre que le père Karras. A moins que l'individu dans cette cellule ne possède le pouvoir de faire voir ce qu'il veut à Kinderman ? Petit à petit, à travers de nombreuses joutes verbales, le mystère se dissipe, les éléments se mettent en place et Kinderman doit se rendre à l'évidence : le patient interné semble bel et bien possédé par un esprit démoniaque d'une réelle puissance puisqu'il parvient à dominer et prendre possession des personnes âgées de l'hôpital, les faisant tuer pour lui au dehors. Alors que depuis le début du film tout n'est que suggéré comme déjà dit,  William Peter Blatty se laisse aller un peu plus  dans le démonstratif, réussissant même à nous troubler lors de deux scènes assez mémorables, celle dans laquelle une infirmière fait le tour des cellules puis se fait attaquer soudainement (efficacité totale) ou celle dans laquelle une grand-mère, internée elle aussi, se met à marcher au plafond au dessus de Kinderman. Dommage que le film n'est pas multiplié ce type de séquences car au final, L'Exorciste - la Suite ne  fait jamais peur, ne se montre jamais véritablement anxiogène. Même la séquence d'exorcisme à la fin du film ne peut rivaliser avec celle du film original. Elle nous offre tout de même de belles images de l'Enfer, avec ces âmes torturées ou crucifiées qui sortent de terre. Reste qu'en l'état, le film de William Peter Blatty se montre régulièrement intéressant dans son approche "thriller" de l'histoire proposée, une histoire qui se veut assez compliquée d'ailleurs et qui pourra faire décrocher le simple spectateur venu se faire une dose de frisson. Proposant des images raffinées, très belles visuellement, L'Exorciste - la Suite risque de surprendre le public, en bien ou en mal, mais propose une approche du fantastique assez mature même si le résultat n'est pas toujours celui escompté. A ranger à côté de Hellraiser 5 - Inferno, autre film utilisant une mythologie infernale dans le cadre du thriller. 

* Disponible en DVD et BR chez ESC DISTRIBUTION



lundi 22 juillet 2019

LA FÉLINE

LA FÉLINE
(Cat People)

Réalisateur : Paul Schrader
Année : 1982
Scénariste : Alan Ormsby
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Nastassja Kinski, Malcolm McDowell, John Heard, Annette O'Toole, Ruby Dee...


L'HISTOIRE : Suite à la mort de ses parents, Irina Gallier a vécu dans un orphelinat durant son enfance. Devenue une séduisante jeune femme, elle débarque à la Nouvelle-Orléans pour y rencontrer son frère Paul qui a retrouvé sa trace. En se promenant dans la ville, Irina fait un arrêt au zoo et rencontre le conservateur Oliver Yates, qui ne tarde pas à tomber sous son charme. Oliver est appelé en renfort par la police car une prostituée vient d'être victime des attaques d'une panthère noire. Cette dernière est capturée et placée dans une cellule du zoo. Dans le même temps, Irina s'inquiète de la disparition de Paul, qui reste introuvable...

MON AVIS : En 1942, Jacques Tourneur réalise un authentique classique du cinéma fantastique avec La Féline, une oeuvre jouant habilement sur la suggestion et les jeux d'ombres et de lumières pour faire naître un climat d'étrangeté poétique qui marque les esprits. Quarante ans plus tard, en 1982 donc, le réalisateur Paul Schrader décide de réaliser un remake du film de Tourneur, la même année où John Carpenter réalise le remake de La Chose d'un Autre Monde avec The Thing. Point commun entre le remake de Schrader et celui de Carpenter : ils se servent intelligemment du matériau d'origine pour en proposer une vision radicalement différente dans la forme mais non moins intéressante et surtout particulièrement réussie. The Thing et La Féline version 1982 sont la quintessence de ce que devrait être tout bon remake, à la fois respectueux du film original tout en étant innovant, à l'image de La Mouche de David Cronenberg par exemple, magnifique remake de La Mouche Noire. Paul Schrader offre donc au public avec La Féline une oeuvre somptueuse et envoûtante, et ayant sa propre identité : il remplace Simone Simon par Nastassja Kinski dans le rôle principal ; invente le personnage de Paul, superbement joué par Malcolm McDowell ; met l'accent sur la mythologie des hommes-chats (le titre original du film est Cat People) avec une magnifique séquence introductive puis une scène de rêve visuellement splendide ; rend hommage au film de 1942 à travers la séquence de la piscine et surtout, il développe avec brio la principale thématique présente dans le film de Tourneur, à savoir la peur de la perte de la virginité, qui entraîne la transformation en panthère selon la légende. Une thématique qui prend une dimension encore plus puissante et profonde ici, puisque Schrader et son scénariste Alan Ormsby font également du sexe lui-même une malédiction, en plus de la perte de virginité. Le personnage de Paul met en exergue cette approche thématique nouvelle, devenant malgré lui une sorte de Jack l'Eventreur moderne, causant la mort de diverses prostituées, ces dernières succombant sous les griffes acérées d'une magnifique panthère noire, qui n'est autre que Paul évidemment. Malcolm Mc Dowell, le célèbre Alex d'Orange Mécanique, prête ses traits si particulier et adopte une démarche féline qui sied à ravir au personnage, tout à tour inquiétant ou émouvant. Car Paul n'a rien d'un tueur sadique ou pervers, il veut juste avoir la possibilité de vivre une expérience sexuelle comme tout être normal et cela lui est refusé, sauf à mettre à mort sa partenaire, la transformation étant inévitable après la consommation de l'acte. La seule solution, et c'est encore une bonne idée du film, est de vivre une liaison incestueuse avec un membre de sa race, et donc ici avec sa sœur ! Mais comme ce n'est pas du goût d'Irina, il n'a d'autres options que de se procurer des prostituées. Cette frustration sexuelle, on la retrouve également chez cette dernière, divinement interprétée par une Nastassja Kinski belle à se damner. L'actrice joue sur son potentiel de séduction d'une manière qui ne peut laisser aucun mâle indifférent et se met à nue, au propre comme au figuré, ce qui a valu des avis négatifs au film de la part de critiques bien pensants qui n'y ont vu qu'une façon pour Paul Schrader de placer de l'érotisme dans le film, sans en comprendre le but et la finalité. Les scènes entre Irina et son frère Paul, quand ce dernier lui fait comprendre son désir sexuel, provoquent d'ailleurs un certain malaise chez le spectateur. Même si Irina semble vouloir rester vierge et attendre de trouver un véritable amour pour passer à l'acte, tout son corps, tout son être ne semble vouloir que l'inverse, comme lors de sa rencontre avec le conservateur du zoo. Possédant un aspect érotique bien présent, La Féline marque aussi des points lors des séquences d'attaques mettant en vedette la panthère noire, qui sont à mettre au crédit du film tant elles sont puissantes et font leur petit effet. Schrader se laisse même aller à quelques déviances gores avec un bras arraché au niveau de l'épaule ou le meurtre de la prostituée. Sa mise en scène est quasi parfaite, sa direction d'acteur également. L'ambiance est savamment travaillée et les séquences chocs ne manquent pas, Schrader nous proposant même la scène de transformation que Tourneur a préféré suggéré. Le final du film, différent de celui de 1942, est fort émouvant et bien trouvé. Revu pour rédiger cette chronique, j'avoue que je ne me souvenais pas que La Féline de Paul Schrader était un film aussi magnifique, qui fait figure de perle du cinéma fantastique contemporain. C'est une oeuvre puissante, lyrique, cruelle, qui mérite d'être redécouverte séance tenante pour réveiller la bête qui sommeille en nous. A noter que la chanson qui sert de thème au film a été composé et chanté par David Bowie, ainsi que la présence d'Annette O'Toole, future maman de Superman dans la série Smallville.

* Disponible en DVD et BR chez ESC DISTRIBUTION 



dimanche 21 juillet 2019

BUFFY TUEUSE DE VAMPIRES

BUFFY TUEUSE DE VAMPIRES
(Buffy the Vampire Slayer)

Réalisateur : Fran Rubel Kuzui
Année : 1992
Scénariste : Joss Whedon
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Kristy Swanson, Luke Perry, Donald Sutherland, Paul Reubens, Rutger Hauer...


L'HISTOIRE : Pom-pom girl dans un lycée de Los Angeles, Buffy Summers ignorait qui elle était vraiment jusqu'au jour où elle rencontre Merrick Jamison-Smythe. Ce dernier lui apprend qu'elle est l’Élue, une tueuse de vampires. Après une formation accélérée, dans laquelle Merrick apprend à Buffy comment lutter contre les vampires, celle-ci va devoir mettre sa vie de lycéenne de côté car elle va devoir affronter Lothos, le plus féroce des descendants de Dracula, et son armée de vampires...

MON AVIS : Hein ? Mais elle est où Sarah Michelle Gellar sur la photo ? Et j'ai jamais vu Luke Perry dans la série, c'est quoi cette arnaque ? Ah, c'est pas la série ? Eh bien non, car la plus célèbre tueuse de vampires de l'univers n'a pas attendu 1997 pour manier le pieu et la croix sur les écrans ! En 1992, suite au succès du Dracula de Coppola, les vampires ont à nouveau la côte et un certain Joss Whedon se dit que c'est enfin l'occasion de concrétiser son projet concernant une jeune lycéenne qui apprendrait que son destin est d'être chasseuse de vampires. C'est ainsi que voit le jour Buffy Tueuse de Vampires, d'après un scénario du futur réalisateur des deux premiers films de la trilogie Avengers donc. Malheureusement pour lui, les producteurs, dont fait partie la réalisatrice Fran Rubel Kuzui, ne respecte pas le matériau d'origine proposé par Whedon et ce dernier, franchement pas content de ces divergences d'interprétation, décide de quitter le tournage. Il prendra sa revanche en 1997 avec Buffy contre les Vampires, une des séries-télévisées les plus importantes de cette période, devenue culte de par le monde. Toujours est-il que le film de 1992 existe et qu'il faut bien en parler. Pour interpréter la jolie Buffy, la production avait pensé au départ à Alyssa Milano mais c'est au final la blonde Kristy Swanson qui est retenue. Un choix que votre serviteur approuve à 110%, étant tombé sous son charme dès 1986, quand elle interprétait le rôle principal dans L'Amie Mortelle de Wes Craven. En tant que Buffy Summers, elle assure un max et son corps de rêve, associé à son visage angélique et son sourire à se damner font des merveilles. Franchement, même si j'adore Sarah Michelle Gellar évidemment, je trouve que Kristy Swanson aurait aussi été convaincante dans la série. Au début du film, elle interprète la blonde dans toute sa splendeur : superficielle, dépensière et pom-pom girl par dessus le marché ! Tous les stéréotypes, tous les clichés sont réunis dans Buffy, jusqu'à sa rencontre avec le vieux Merrick, interprété par Donald Sutherland. Ce dernier est l'équivalent de Rupert Giles dans la série. Une fois que son destin de Tueuse est accepté, le comportement de Buffy va changer petit à petit, la jeune fille délurée et frivole devant responsable et bien plus mature. Comme dans la série, on décèle déjà dans ce film les intentions de Joss Whedon : mettre en avant une vraie héroïne féministe, parler des difficultés rencontrées par les adolescent(e)s au collège ou au lycée, traiter de la responsabilité et j'en passe. Bien sûr, les thèmes récurrents de la série ne sont ici qu'effleurés, pas le temps en 86 minutes de les développer mais ils sont présents en tout cas, preuve que Joss Whedon savait déjà en 1992 parfaitement là où il voulait aller avec sa création. Alors oui, Buffy Tueuse de Vampires ne possède pas l'éclat ni la grâce de la série-télévisée. L'humour n'est pas très fin, l'aspect teen-movie est un peu trop mis en avant et de manière assez balourd en plus. Donald Sutherland a bien du mal à se montrer convaincant (il faut dire qu'il n'aimait pas ses dialogues, a tout réécrit et s'est donc pris la tête sur le tournage avec l'équipe dont Whedon), Rutger Hauer en maître-vampire n'est pas non plus à son aise dans son costume et cape et il frise même le ridicule, tout comme Paul Reubens d'ailleurs et sa coupe de cheveux hirsute. Les amies de Buffy (dont une toute jeune Hilary Swank) sont transparentes et cabotinent un peu trop, ce qui nous les rend assez vite insupportables. Quant au regretté Luke Perry, il ne s'en sort pas si mal en loser qui va tomber sous le charme de notre Tueuse en herbe, ce couple improbable nous donnant même une très jolie scène romantique lors du bal de fin d'années, mais on a connu l'acteur plus investit quand même. David Arquette, dont c'était l'un des premiers rôles, nous fera sourire sous son aspect de vampire mais on ne peut pas dire non plus que son rôle restera mémorable. Clairement étiqueté "comédie fantastique pour ados", Buffy Tueuse de Vampires est souvent considéré comme un nanar par ceux qui l'ont vu et c'est vrai qu'on ne peut pas tout à fait leur donner tort. Pourtant, on ne s'ennuie jamais face à ces péripéties vampiriques et on s'y amuse souvent, Buffy ayant déjà un caractère bien trempé et une répartie de tous les instants, ce qui nous vaut quelques dialogues bien sentis et savoureux. L'évolution du personnage est intéressante et il est impossible de ne pas ressentir de l'empathie envers elle, passant de petite peste à jeune fille solitaire abandonnée par ses amies car sa mission devient prioritaire sur l'achat de fringues ou de chaussures. C'est vrai que le charme de Kristy Swanson y est pour beaucoup et on lui pardonne aisément ses coups de poings et de pieds qui semblent être exécutés au ralenti, tout comme l'ensemble des scènes d'action d'ailleurs. La Buffy 1992 n'est pas John Wick, ça c'est sûr. Mais est-ce vraiment la faute de l'actrice si elle est mal dirigée ? Avec tous ces défauts pointés du doigt, comment expliquer que j'ai bien apprécié la vision du film ? Vous le savez, je suis super bon public et j'ai un seuil de tolérance assez élevé mais c'est vrai que Buffy Tueuse de Vampires est difficilement défendable sur bien des points. Pourtant, il s'en dégage au final un charme et une naïveté qui font que je l'ai pris en affection. Peut-être est-ce parce que je l'ai visionné en VOSTF et pas en VF. Car la version française est juste une horreur sans nom et ferait passer n'importe quel film pour un navet cinq étoiles. Vous vous rendez quand même compte que dans la VF, Buffy devient "Bichette la Terreur" et que Pike (Luke Perry) devient "Marcel" ! Faudrait que les doubleurs arrêtent la fumette aussi...

* Disponible en DVD et BR chez MOVINSIDE


samedi 20 juillet 2019

BATES MOTEL

BATES MOTEL
(Bates Motel)

Réalisateur : Richard Rothstein
Année : 1987
Scénariste : Richard Rothstein
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Bud Cort, Lori Petty, Moses Gunn, Gregg Henry, Khrystyne Haje...


L'HISTOIRE : Suite à son procès, le tueur en série Norman Bates est envoyé dans un asile psychiatrique. Là, il fait la connaissance du jeune Alex, interné pour avoir tué son père qui le maltraitait. Norman tient vite un rôle de père de substitution pour Alex qui lui voue une véritable admiration. Au décès de Norman, Alex hérite du motel familial de ce dernier, lieu où ont été perpétrés de nombreux crimes. Avec l’aide de Willie, une jeune fille en fugue, il décide de remettre la propriété sur pied et part habiter dans l’ancienne maison de la famille Bates. Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu et des événements étranges vont se produire...

MON AVIS : Non, je ne vais pas vous parler de l'excellente série en cinq saisons baptisée elle aussi Bates Motel et datant de 2013. Mais je vais quand même vous parler d'une série-télévisée ou, du  moins, de ce qui aurait du devenir une série-télévisée. Car le Bates Motel qui nous intéresse ici date de 1987 et a été réalisé par Richard Rothstein, qu'on connaît plus en tant que producteur et scénariste. Ce monsieur a une idée pas plus bête qu'une autre : il veut créer une série-télévisée qui se déroulerait dans le célèbre motel de Norman Bates, immortalisé en 1960 dans le Psychose d'Alfred Hitchcock bien sûr. Le cadre du motel servirait donc à diverses histoires fantastiques et le Bates Motel qui nous intéresse ici est donc l'épisode pilote de cette série qui ne vit jamais le jour, en raison du rejet total de ce premier épisode justement. Car oui, l'accueil du public fut plus que glacial et, cerise sur la gâteau, enfin si on peut dire, même Anthony Perkins, Norman Bates en personne, s'est fendu de sa critique virulente sur cet épisode et sur l'idée même de la série, refusant catégoriquement de venir faire une apparition en tant que Norman au début de l'épisode. Bref, le projet a été tué dans l’œuf comme on dit, ce qui n'empêcha pas cet épisode pilote de débarquer en VHS en France et de connaître une relative reconnaissance lors des années vidéoclubs. Bates Motel version 1987 méritait-il la volée de bois vert qu'il a subi à l'époque de sa sortie ? Très honnêtement, je répondrais par la négative. Attention, on est à des années lumières de Psychose et à plusieurs milliers de kilomètres de Psychose 2 et Psychose 3. On se rapproche plus de Psychose 4 - Les Origines mais j'avoue que la vision de la création de Richard Rothstein m'a fait passer un moment agréable alors que je m'attendais à bien pire. Déjà, le fait de retrouver la célèbre demeure et les chambres d'hôtes sacralisées par Hitchcock procure un plaisir bien sympathique. Qui plus est, Richard Rothstein s'amuse à jouer avec les références et nous balance des tas de clins d'oeil, comme la lumière de la fenêtre de la chambre de la défunte madame Bates qui est allumée, nous faisant comprendre que l'ombre maléfique de cette dernière plane toujours dans ce lieu inquiétant et lugubre. Le réalisateur / scénariste possède également un bon sens de l'humour noir, n'hésitant pas, lors des travaux d'aménagement du domaine, à faire découvrir aux ouvriers le cercueil de ladite madame Bates contenant son corps squelettique et son visage momifié, lors d'un coup de pelleteuse par exemple. D'autres événements étranges se produisent et le passé de la maison semble prendre le dessus sur la réalité. Si Norman Bates est évoqué lors de la séquence introductive, il laisse rapidement la place à Alex West, jeune enfant interné dans le même asile psychiatrique que Norman, ce dernier devenant son meilleur ami. Interprété par Bud Cort, Alex est un personnage attachant, qui voue une admiration sans borne envers Norman, conserve précieusement l'urne funéraire contenant ses cendres et décide de redonner éclat et santé au motel Bates en sa mémoire. Pour l'aider, on trouvera une jeune fille délurée interprétée par la non moins déjantée Lori Petty. L'actrice apporte sa fraîcheur et sa bonne humeur au film et joue la carte de l'humour de manière très décontractée. Car il ne faut pas s'attendre à des scènes de suspense ou de meurtres dans Bates Motel. Format télé oblige, il n'y a quasiment pas de violence et si l'atmosphère est parfois un peu inquiétante, l'ensemble reste tout à fait grand public et ne fera même pas frémir les enfants. Pendant une bonne heure, on navigue donc au côté d'Alex West qui fait des mains et des pieds auprès des banquiers et autres chef de chantier pour redonner du cachet à son héritage et faire à nouveau marcher la rentabilité du motel. Rien de bien mémorable à se mettre sous la dent mais quand on sait que c'est le pilote d'une série-télévisée, ça passe tout de suite mieux et on se laisse prendre par la main, le spectacle n'étant pas extraordinaire mais pas non plus catastrophique, les touches d'humour et les références faisant le job. Et puis arrive les 30 dernières minutes. Et là, on ne comprend plus trop ce qui se passe. Enfin, si on sait que c'est l'épisode pilote d'une future série-télévisée et quelle était son but (proposer des histoires fantastiques dans l'univers du motel Bates), on finit par comprendre le concept qui aurait du être celui des prochains épisodes. En effet, voilà que débarque la première cliente suite à la réouverture du motel. Une jeune femme qui vient louer une chambre dans le seul but d'être tranquille pour se suicider, sa vie étant un échec. Au moment du passage à l'acte intervient une jeune fille qui tente de lui redonner espoir et l'invite à faire la fête avec la dizaine de ses amis qui viennent de s'installer au motel. L'histoire dévie donc vers une autre intrigue, dans laquelle on trouve toujours le personnage d'Alex West et dont on comprend que ce dernier aurait été l'hôte qui viendra nous présenter les histoires et accueillir les personnages dans les prochains épisodes de la série si celle-ci avait perduré. Cette seconde intrigue verse ouvertement dans le fantastique façon Quatrième Dimension et une fois terminée, on revient au sein du motel Bates pour le dernier coup de théâtre que n'aurait pas renié un épisode de Scooby-Doo. L'épisode se termine par Alex West nous invitant à revenir dans son motel. Je ne sais pas si cette hypothétique série allait être de qualité et si l'idée de base allait pouvoir la démarquer de la concurrence en la matière, sans que ça devienne une copie des Contes de la Crypte par exemple. On ne le saura jamais mais voilà, cet épisode pilote n'est pas aussi mauvais qu'on veut nous le faire croire, surtout si on le prend pour ce qu'il est vraiment. Après, c'est sûr qu'il ne soutient pas la comparaison avec l'excellente série de 2013. 

* Disponible en DVD chez ESC DISTRIBUTION (Uniquement en VO et VOSTF)


PLAY OR DIE

PLAY OR DIE
(Play or Die)

Réalisateur : Jacques Kluger
Année : 2019
Scénariste : Amiel Bartana, Jacques Kluger
Pays : Belgique
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Charley Palmer Rothwell, Roxane Mesquida, Laetitia Chambon, Daphné Huynh...


L'HISTOIRE : Lucas et Chloé, deux joueurs passionnés, décident de participer à "Paranoia" un Escape Game, considéré comme le jeu ultime. Après avoir résolu une première énigme, ils se rendent dans un hôpital psychiatrique abandonné, perdu dans la forêt. C'est là que va se jouer la finale du jeu. Quatre autres participants les attendent. Ils se rendent vite compte qu'un seul en sortira vivant...

MON AVIS : Le romancier Franck Thilliez est l'une des valeurs sûres des amateurs de thrillers et de romans policiers. En 2007, son roman La Chambre des Morts a été adapté au cinéma par Alfred Lot. Depuis, on ne compte plus les adaptations de ses romans pour le cinéma ou la télévision. Il écrit en 2013 Puzzle, qui, fort de son succès auprès des lecteurs, se voit adapter en bande-dessinée en 2016 puis en film en 2019. Rebaptisé Play or Die, le film est mis en scène par Jacques Kluger, dont c'est la première réalisation. On trouve au casting pas mal d'inconnus, comme Charley Palmer RothwellDaphné HuynhHippolyte de PoucquesThomas Mustin ou Marie Zabukovec pour les personnages principaux. Petite exception, la jolie française Roxanne Mesquida, qui joue Chloé, et qu'on a vu dans Sheitan, Rubber ou le très bon film de vampires Kiss of the Damned entre autres. Comme vous l'avez lu dans le résumé du film, Play or Die surfe sur le phénomène des Escape Game, ces salles de jeu à taille humaine dans lesquelles les participants se retrouvent enfermés et doivent résoudre des énigmes afin de trouver des codes et autres indices leur permettant de poursuivre l'aventure et de trouver la porte de sortie. En 2018, on dénombre plus de 640 espaces de jeux sur notre territoire pour environ 1500 scénarios différents ! Le début du film nous présente Lucas (Charley Palmer Rothwell) qui reçoit la visite de son ex-petite amie Chloé. Cette dernière lui annonce que le jeu Paranoia arrive à son terme et que la grande finale va avoir lieu, avec pour récompense 1 millions d'euros pour le vainqueur. Un jeu responsable de leur séparation mais devant l'insistance de Chloé, Lucas cède et se replonge dans ce monde d'énigmes et de réflexion dont il est passé maître. Avec avoir résolu la première partie du jeu, qui les conduit à une rave party, Lucas et Chloé accèdent enfin au dernier lieu de Paranoïa : un gigantesque hôpital psychiatrique désaffecté, transformé pour l'occasion en un Escape Game géant. Avec d'autres candidats, Lucas et Chloé vont devoir se sortir de situations peu anodines, qui vont s'avérer même dangereuses, voire mortelles ! C'est tout l'intérêt de Play or Die d'ailleurs, d'avoir mélanger le concept de l'Escape Game avec celui de l'univers de la saga Saw ! Car les énigmes proposées ressemblent plus à des pièges qu'à un simple jeu : attachée à un lit, Chloé voit par exemple un plafond composé de couteaux aiguisés descendre vers elle et un compteur se déclencher, ne laissant donc que très peu de temps à Lucas pour trouver la clé de l'énigme et éviter à son amie de mourir transpercée de part et d'autre ! D'autres joyeusetés de la sorte attendent les participants, qui ne savent plus à quel sein se vouer et ne s'attendaient pas à mettre leur vie en jeu dans ce jeu qui n'a plus l'air d'en être un ! D'autant qu'une autre menace semble planer sur eux quand Lucas et Chloé découvre une des participantes avec un tournevis enfoncé dans le crâne ! En plus des énigmes tordues et funestes proposées dans l'Escape Game, il semble qu'un tueur se soit également invité à la partie ! Ou bien serait-ce un des participants qui s'amuse à éliminer ses petits adversaires pour être sûr de remporter la mise ? Play or Die mixe donc plusieurs influences, virant progressivement du thriller malsain au slasher jusqu'à son final dont on se doute qu'il sera composé d'un twist, d'un retournement de situation qui viendra remettre les pendules à l'heure et expliciter les indices fournis au spectateur au fur et à mesure de la progression du film. Un twist qu'on sent venir quand même à des kilomètres si on a l'habitude de voir des films de ce genre mais qui possède sa petite efficacité, surtout lors des ultimes images, bien glauques et référentielles. Pour son premier film derrière la caméra, Jacques Kluger fait de son mieux pour ne tenir en haleine et nous offrir des séquences fortes en émotions (l'horrible arrachage de dents par exemple). Sa mise en scène est correcte et fait le job la majeure partie du temps. Si on peut trouver que la résolution de certaines énigmes est parfois tirée par les cheveux (la partition de piano), l'explication finale apporte de la crédibilité à l'ensemble. Reste que tout n'est pas parfait dans Play or Die. Personnellement, j'ai eu du mal à accrocher à la prestation des acteurs, que j'ai trouvé un peu terne et sans grande consistance. Le suspense fonctionne mais il manque tout de même d'ampleur. Les personnages secondaires ne sont pas vraiment traités et ne semblent être là que pour devenir des victimes et apporter son petit lot de morts violentes. Le rythme n'est pas non des plus incisifs et ça pêche un peu à ce niveau parfois. Mais il y a tout de même de bonnes choses à retenir et en soit, Play or Die n'est pas déplaisant. N'ayant pas lu le roman de Franck Thilliez, je ne sais pas si Jacques Kluger en a fait une bonne adaptation. En tout cas, pour un premier film, Belge de surcroît, il n'y a rien de déshonorant, on est dans la moyenne pour cette oeuvre que son réalisateur décrit comme un croisement entre Shutter Island et Get Out !

* Disponible en VOD et DVD chez M6 VIDEO