Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.

Les notes reflètent mon appréciation du film lui-même et en aucun cas la qualité de son édition en DVD ou BR


dimanche 13 mai 2018

LA VIE PRIVÉE DE SHERLOCK HOLMES

LA VIE PRIVÉE DE SHERLOCK HOLMES
(The Private Life of Sherlock Holmes)

Réalisateur : Billy Wilder
Année : 1970
Scénariste : Billy Wilder, I.A.L. Diamond
Pays : Angleterre, Etats-Unis
Genre : Policier
Interdiction : /
Avec : Robert Stephens, Christopher Lee, Colin Blakely, Geneviève Page, Mollie Maureen...


L'HISTOIRE : Sherlock Holmes s'ennuie. Il n'a plus d'affaires extraordinaires à résoudre et broie du noir dans son appartement du 221B Baker Street. Après avoir répondu par la négative à la curieuse sollicitation d'une danseuse étoile d'un ballet russe, le détective, et son fidèle compagnon le dr. Watson, va voir une lumière venir éclairer son ennui en la personne de Gabrielle Valladon, une jeune femme amnésique qui a été repêché dans la Tamise et qui recherche apparemment son mari disparu. L'enquête que va mener Holmes pour venir en aide à Mme Valladon va l'amener sur les traces de nains, de trappistes inquiétants et même du monstre du Loch Ness...

MON AVIS : Le réalisateur Billy Wilder, qui nous a offert des films somptueux comme Sunset Boulevard, Sept ans de Réflexion, Sabrina, Stalag 17 ou bien encore Certains l'aiment chaud est un fan absolu de l'oeuvre d'Arthur Conan Doyle et du plus britannique des détectives privés, Sherlock Holmes. Après un passage un peu à vide suite à l'insuccès de ses derniers films, il décide de concrétiser un projet qui lui tient à cœur de longue date : mettre en scène une histoire inédite de Sherlock Holmes. Envisagé au départ comme une comédie musicale, le réalisateur fait chemin arrière et envisage cette aventure policière sous l'aspect d'un film classique. Des idées pour s'approprier le personnage connu dans le monde entier, Billy Wilder en a. Trop même puisque le premier montage du film dure quasiment 240 minutes ! Wilder avait dans l'idée de présenter la vie de Holmes à travers quatre enquêtes différentes, un peu comme dans un film à sketchs. Malheureusement, les producteurs ne voient pas d'un bon œil une telle durée et remonte le film sans demander l'avis du réalisateur, retenu sur un autre projet. C'est d'ailleurs l'une des rares fois où Billy Wilder ne s'occupera pas du montage d'un de ses films. Bien mal lui en a pris sur celui-ci ! Un nouveau montage de 170 minutes est proposé mais sera encore considéré comme trop long, pour finalement arrivé à la seule version qui existe à nos jours, le montage de 125 minutes. Les nombreuses coupes ont expurgé plusieurs enquêtes que menait le détective (un double-meurtre sur un paquebot ou une investigation dans un curieux endroit où les meubles sont fixés au plafond entre autres...) pour finalement se concentrer quasi exclusivement sur l'affaire Gabrielle Valladon. Dommage qu'il n'existe aucune copie intégrale du premier montage, même si on trouve en bonus des extraits de scénarios, des photos ou même des séquences filmées de ces scènes manquantes. Mais rassurez-vous, même dans sa version de 125 minutes, La Vie Privée de Sherlock Holmes reste un petit bijou. Rien que la scène d'introduction est admirable : une malle sous scellée, contenant les archives du docteur Watson, est ouverte et son contenu est déposé sur une table : des objets ayant appartenu à Sherlock Holmes, comme sa pipe, sa loupe, sa seringue à cocaïne, sa célèbre casquette, une paire de menottes (on remarquera à ce sujet qu'il y a une erreur de montage dans cette séquence, les menottes étant sur la table puis disparaissent quelques secondes plus tard pour être sorties de la malle) et des tas de dossiers relatant des enquêtes jamais dévoilées au public. Une entrée en matière efficace et qui nous plonge ensuite avec délice dans l'époque victorienne, où nous retrouvons ces deux personnages cultes. La reconstitution de l'époque est fantastique, les costumes, calèches et autres décors participent pleinement à l'immersion et on félicitera les équipes en charge de ces divers éléments car ils ont fait un travail admirable, qui tire le film vers le haut. L'humour anglais, dont Billy Wilder s'était fait une spécialité, est évidemment présent, avec le personnage du docteur Watson (génial Colin Blakely) mais aussi avec toute la séquence du ballet russe nous fera bien sourire, que ce soit la demande exubérante de la danseuse étoile, le comportement de Watson avec les danseuses et surtout, la méthode de Holmes pour se défaire de sa cliente encombrante, une idée assez osée de la part de Billy Wilder il faut bien le reconnaître, je vous laisse la surprise si vous n'avez jamais vu le film ! Le réalisateur, même s'il adore Holmes, n'a pas hésité à nous faire découvrir une facette plus sombre (la cocaïne), plus violente (le questionnement de la victime, un peu rude) voire même misogyne du personnage, qui avoue sans honte se méfier de toutes les femmes. Une approche intéressante, qui fait tout le charme du film d'ailleurs. Si la première demi-heure de La Vie Privée de Sherlock Holmes se veut assez légère, plus on avance dans le film et plus l'ambiance deviendra mystérieuse et intrigante, l'apparition de Gabrielle Valladon en étant l'élément déclencheur. Interprétée par Geneviève Page, cette jeune femme en détresse ne manquera pas de surprendre Holmes, qui ne restera pas insensible à son charme. Voulant tout faire pour l’aider à retrouver son mari disparu, le plus flegmatique des détectives va faire bouillonner sa matière grise et son sens de déduction inimitable pour résoudre le puzzle proposé, qui l’emmènera jusqu'à rencontrer le célèbre monstre du Loch Ness ! Analysant le moindre détail, Holmes ratera pourtant le plus important, ce qui fait également de La Vie Privée de Sherlock Holmes une aventure hors du commun qui séduira à coup sûr les fans du personnage. Interprété ici par un épatant Robert Stephens, l'acteur réussi son rôle de composition, succédant avec brio à Jeremy Brett, Basil Rathbone, Peter Cushing et même Christopher Lee. Le célèbre comte Dracula de la Hammer est d'ailleurs présent dans le film de Billy Wilder, jouant Mycroft Holmes, le frère de Sherlock, avec sa classe légendaire. Raffiné, intimiste, avec une mise en scène fluide et des dialogues ciselés, La Vie Privée de Sherlock Holmes est assurément l'un des meilleurs films sur le détective créé par Conan Doyle. Dommage que la fin d'origine, dans laquelle l'inspecteur Lestrade proposait à Holmes d'aider Scotland Yard à traquer un tueur du nom de Jack l'éventreur, est aussi subit les coupes des producteurs.  

* LE BLU-RAY : Une belle remasterisation de l'image, pas aussi parfaite que celle qu'on peut trouver dans un blockbuster récent mais qui se montre clair et agréable, conservant le grain d'origine et permettant de voir le film dans de très bonnes conditions. Niveau bonus, on a de quoi faire avec des modules sur les fameuses scènes coupées (avec extrait du scénario, photos, images) ou sur le tournage lui-même à travers un making-of de 50 minutes environ. Christopher Lee nous parle de Billy Wilder et de Sherlock Holmes tandis que le journaliste Jérôme Wybon nous éclaire sur le projet, le montage original, les coupes du studio. Passionnant. Même le monteur du film a été retrouvé pour nosu parler du film et de son réalisateur. La fameuse fin alternative est présente en format sonore. On a aussi droit à la présentation du film par Eddie Mitchell lors de sa diffusion à La Dernière Séance. Bref, une édition de qualité pour un film qui ne l'est pas moins.

* Disponible en DVD et BR chez L'ATELIER D'IMAGES

NOTE : 5/6



dimanche 6 mai 2018

INVASION, U.S.A.

INVASION, U.S.A.
(Invasion, U.S.A.)

Réalisateur : Alfred E. Green
Année : 1952
Scénariste : Robert Smith 
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Guerre, Science-Fiction
Interdiction : /
Avec : Gerald Mohr, Peggie Castle, Dan O'Herlihy, Robert Bice, Tom Kennedy...


L'HISTOIRE : Cinq personnes discutent tranquillement dans un bar à New York : le présentateur TV Vince Potter, le député Arthur V. Harroway , l'éleveur Ed Mulfory, le propriétaire d'usine George Sylvester et une de ses amies, Carla Sanford. La discussion porte sur le gouvernement américain, les taxes trop importantes ou l'implication de l'armée dans trop de domaines. Tous ont quelque chose à dire de négatif sur leur pays. Un sixième homme, monsieur Ohman, vient se joindre à la conversation. Sans que personne ne s'en rendent compte, ce dernier hypnotise les cinq clients puis s'en va. Quelques minutes plus tard, Tim, le patron du bar, les réveille. La discussion reprend quand le bulletin d'information à la télé leur apprend que les forces américaines viennent de subir une attaque surprise, en Alaska. Le président des Etats-Unis prend la parole pour annoncer une riposte. Mais plus le temps passe, plus les forces ennemis, de nature communiste, semblent gagner du terrain. La menace se rapproche de New York...

MON AVIS : Que voilà un drôle de film que cet Invasion, U.S.A. réalisé en 1952 par Alfred E. Green, cinéaste à l’impressionnante filmographie de plus de 115 titres ! Une oeuvre que l'on peut clairement qualifier de film de propagande pro-Amérique et anti-communiste, même si ces derniers ne sont pas nommément cités dans le film. Difficile de penser à un autre "ennemi" tout de même, surtout en pleine période de guerre froide ! Invasion, U.S.A. nous présente donc un scénario catastrophe, dans lequel les forces armées américaines se font décimer par des attaques surprises, mais qui ne sont pas dues à de méchants extra-terrestres ou à des robots venus de l'espace comme c'était coutume durant cette décennie. Car la peur des "Rouges" dans l'Amérique des années 50 est tangible et réelle parmi la population et les films de science-fiction mettant en scène une invasion extra-terrestre ne sont bien souvent qu'une métaphore de cette peur du communisme. Dans le film qui nous intéresse, l'ennemi est donc une force militaire qui va utiliser tous les moyens à sa disposition : infiltration de la population et du gouvernement pour éliminer les élites, attaques aériennes, navales et utilisation de bombes nucléaires qui rayent plusieurs régions de la carte et font des millions de morts. Au fur et à mesure de l'avancée des ennemis tombent San Francisco, des villes dans l'Arizona et la menace se rapproche dangereusement de New York. On assiste donc à de nombreuses séquences qui intègrent des images d'archives de combats aériens entre autres et les passionnés d'aviation prendront plaisir à visionner ces stock-shots même si la plupart se ressemblent un peu. Les explosions nucléaires sont juste une image de déflagration avec champignon atomique mise en surimpression sur une image d'une ville par exemple; L'effet est un peu raté et se voit comme le nez au milieu du visage, faisant un peu perdre de crédibilité au film. Moitié drame et moitié film de guerre, Invasion, U.S.A. est donc un curieux cocktail qui peine à maintenir un réel intérêt car l'utilisation abusive de ces images d'archives vient ralentir un rythme déjà pas bien trépidant. Les séquences filmées sont plus intéressantes car elles nous montrent la tragique destinée des cinq personnes qu'on à découvert dans le bar. Tragique du fait de leur non-implication dans l'effort de guerre, dans leur refus d'aider l'armée (les militaires avaient demandé au patron d'usine de fabriquer des tanks au lieu des tracteurs et ce dernier n'avait pas accepté...), dans leur négligence à avoir sous-estimé cette éventualité d'une menace "Rouge" conquérante. L'éleveur décide de partir rejoindre sa femme et ses deux enfants en Arizona avant le désastre mais une explosion provoque la rupture d'un barrage et le taxi qui les emmène loin de la guerre se retrouve pris sous les flots. Le député  se rend compte que lui et d'autres  membres du Congrès n'ont pas été assez clairvoyant quand à cette menace potentielle et se lance dans un beau discours sur la liberté, avant d'être abattu par des ennemis qui ont réussi à investir la ville. Le directeur d'usine voit son entreprise être envahi par l'ennemi, trahi par un employé qui voit dans le communisme un autre mode de vie plus idéal. Au milieu de cette terrible invasion, le présentateur TV Vince Potter parvient à nouer une relation amoureuse avec la charmante Carla Sanford. Les tourtereaux vont se mettre à remplir leur devoir de citoyen, Potter en racontant la vérité à la population, Carla en devenant bénévole dans un centre de don du sang. Mais ce dernier est abattu car refusant de délivrer la propagande ennemi à la télévision. Sa compagne voit qu'elle va être victime d'un viol par les soldats "Rouges" et préfère se jeter dans le vide. On le voit, la charge contre les soldats du communisme est assez vive dans le film d'Alfred E. Green et correspond bien au sentiment de l'époque. Le film se termine avec un élément de science-fiction puisqu'en fait, rien de tout ce qui vient de se passer n'est vrai. C'est monsieur Ohman qui a tout manigancé grâce à l'hypnose, dans le but de faire comprendre à ces cinq américains que le patriotisme est l'affaire de tous  et que si une telle situation venait à exister, la défaite ne serait due qu'à leur inaction passée. En fait, pour faire simple, il leur a montré comment sera le futur s'ils ne réagissent pas maintenant ! Le film veut nous faire comprendre qu'en cas de guerre, l'état américain serait légitime pour tout réguler, tout contrôler, que ce soit l'économie, l'agriculture, les médias et même la liberté. Une thématique qui a malheureusement un goût de déjà-vu et qui nous ramène à notre époque bien contemporaine et pas si éloigné que ça des idées de ce film. Personnellement, je me suis plutôt ennuyé dans cette sorte d'épisode longue durée de La Quatrième Dimension, pas inintéressant au final mais bien trop propagandiste et qui souffre d'un manque flagrant de dynamisme. 

* Disponible en DVD chez BACH FILMS

NOTE : 2/6





samedi 5 mai 2018

NUS SUR LA LUNE

NUS SUR LA LUNE
(Nude on the Moon)

Réalisateur : Doris Wishman, Raymond Phelan
Année : 1961
Scénariste : Doris Wishman, Raymond Phelan
Pays : Etats-Unis
Genre : Érotique, Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Marietta, William Mayer, Lester Brown, Ira Magee, Shelby Livingston...


L'HISTOIRE : Passionné par l'astre lunaire, le scientifique Jeff Huntley rêve de construire une fusée afin de pouvoir se rendre sur la lune. Il est aidé dans ses recherches par le vieux professeur Nichols. Le décès de son oncle permet à Jeff de recevoir une énorme somme d'argent en héritage. Son rêve va pouvoir devenir réalité : l'argent permet aux deux scientifiques de construire la fusée. Le décollage est un succès et après un long voyage, Jeff et le professeur Nichols se posent sur la lune. Ce qu'ils découvrent en sortant de la fusée est bien loin de leurs certitudes scientifiques. Verdures, lacs et paysages paradisiaques se dressent devant eux. Entamant leur recherche, ils font connaissance avec les habitants de la lune : hommes, femmes et enfants en tenue d’Ève, qui se reposent ou s'amusent, le tout sous le regard d'une très jolie femme qui semble être la Reine...

MON AVIS : En 1959, Russ Meyer, avec son film The Immoral Mr. Teas, invente un nouveau genre cinématographique : le nudie. Des films à micro-budget, souvent des comédies, et dont le scénario, des plus simplistes, n'est prétexte qu'à dénuder le casting féminin, pour la plus grande joie des spectateurs mâles ! Des films qui, cinématographiquement parlant, n'ont que peu d'intérêt pour la plupart d'entre-eux mais qui ont le mérite d'exister et qui sont plutôt agréables à regarder si on apprécie les jolies femmes fort peu vêtues. Attention, contrairement à la sexploitation pure et dure, le nudie ne présente quasiment jamais d'acte sexuel explicite ou, si relation entre deux personnages il y a, le tout est filmé de manière très soft et ne choquerait même pas la ménagère de 50 ans ou l'adolescent vivant ses premiers émois. Fort du succès du film de Russ Meyer, des tas d'autres réalisateurs allaient surfer dans  cette voie du nudie, de Herschell Gordon Lewis (The Adventures of Lucky Pierre, Daughter of the Sun) à Barry Mahon (Nude Scrapbook1,000 Shapes of a Female) en passant par Lee Frost (House on Bare MountainSurftide 77) et bien sûr Doris Wishman, réalisatrice du film dont je vais vous parler. Si la plupart des spectateurs connaissent peut-être le nom de Doris Wishman grâce au film Supernichons contre Mafia (1974), il faut savoir qu'elle a débuté derrière la caméra en 1960 et que le nudie est le principal genre sur lequel elle a bâti sa carrière. Après Hideout in the Sun (1960) et Journal d'un Nudiste (1961), elle réalise donc ce Nude on the Moon, rebaptisé Nus sur la Lune par l'éditeur Bach Films pour sa sortie en DVD. Avec un scénario qui mélange science-fiction et nudie, Nus sur la Lune va nous faire voyager à travers l'espace et nous faire découvrir une facette de la lune qu'aucun documentaire, à ma connaissance, ne nous a jamais montré ! Si j'étais complotiste, je dirais que tout est fait exprès et que la Nasa se réserve ce petit coin de Paradis que Doris Wishman a eu le courage de nous dévoiler ! Parce qu'au lieu des cratères et des surfaces volcaniques pas très accueillantes, on découvre qu'il y a de la végétation et des points d'eau sur la lune et qu'en plus, ce bel astre est habité ! Je ne félicite pas les médias de nous avoir menti durant des années ! Qui plus est, les habitants de la lune sont principalement des femmes qui semblent ne pas disposer de beaucoup de ressources en matière de vêtements puisqu'elles se baladent toutes en monokini ! Voici donc l'explication qui fait que la Nasa garde ces informations secrètes. Une aubaine en tout cas pour les deux héros du film, qui réussissent tout de même à garder leur sérieux et à ne pas péter un câble devant tant de jolies filles à la poitrine dénudée, qu'elles ont fort charmante d'ailleurs. Sans rien laisser paraître de leurs émotions face à un si joli spectacle, Jeff et le professeur Nichols poursuivent leur recherche et notent tout sur un carnet, imperturbables. Même devant la Reine de la lune, interprétée par l'actrice Marietta qui a de sérieux atouts mammaires, Jeff et son associé restent de glace et ne pensent qu'à leur mission. Chapeau messieurs ! Allez, je vous le signale quand même, Jeff va finir par craquer pour la Reine de la lune et ne voudra plus rentrer sur Terre. Mais il y sera bien obligé, sa réserve d'oxygène arrivant à sa fin. Triste. Rassurez-vous, il se consolera dans les bras de la secrétaire du professeur Nichols, qui, croyez-le ou non, ressemble comme deux gouttes d'eau à la Reine de la lune. Normal puisque les deux personnages sont interprétés par la même Marietta ! Nous, spectateurs aux yeux acerbes, on avait repéré depuis belle lurette l'étonnante ressemblance entre les deux femmes. Faut pas nous prendre pour des idiots hein ! Bon, trêve de plaisanterie, ça vaut quoi au final Nus sur la Lune ? En toute honnêteté, vous ne raterez pas grand chose si vous ne le voyez pas mais pour votre culture cinématographique, c'est un passage obligatoire pour découvrir le monde du nudie, au même titre que The Immoral Mr. Teas de Russ Meyer. Le film est assez soigné au niveau des décors, normal puisque ce sont ceux du magnifique site de Coral Castle, dans le sud de la Floride. Plus de 1000 tonnes de sculptures, entièrement taillées dans la roche et le corail, dont un trône royal, une baignoire, une table et des chaises, une fontaine ou un obélisque entre autres, le tout dans un cadre enchanteur verdoyant, cadre qui a d'ailleurs entièrement résisté à l'ouragan Andrew, qui n'a pas pu bouger la moindre pierre alors qu'il a ravagé tant de choses sur son passage. Voir toutes ces poitrines virevoltaient autour de ces sculptures est franchement sympa et ça donne envie de se rendre sur ce lieu hypnotisant. Si le début du film, avec les préparatifs de l'expédition, nous rappelle un peu l'album de Tintin Objectif Lune, la suite, une fois la fusée arrivée sur la lune, sera de l'ordre de l'anecdotique puisqu'il ne se passera quasiment rien en terme de rebondissements ou d'action. Par contre, un grand sourire viendra s'afficher sur votre visage. Rien que voir les deux héros dans leur espèce de combinaison spatiale en provenance de chez Tati, rouge pour l'un et verte pour l'autre, relève du ressort comique. Ils sont impayables et si on m'avait dit que sous ces costumes se cachait Laurel et Hardy ou Abbott et Costello, je l'aurai cru ! Tout le reste du film ne propose  que la vision de nos astronautes prendre des notes et des photos, tout en admirant les jolies femmes de la lune en monokini se baigner, se reposer ou jouer au ballon. Par souci d'économie ou manque d'inspiration, Doris Wishman a eu l'idée de faire que le peuple lunaire se parle par télépathie, ce qui épargne tout un tas de dialogues et permet à la réalisatrice de filmer des tas de séquences ubuesques sans avoir recours à une prise son, se contentant de mettre de la musique ou une chanson en fond sonore ! Malin comme procédé, souvent utilisé dans les nudies, avec celui de la voix-off. Vous voilà donc prévenu. Nus sur la Lune propose durant 70 minutes des images qui auraient pu être tournées dans un camp de nudistes. L'aspect science-fictionnel est un petit plus bienvenu et l'ensemble n'est pas désagréable à regarder si vous avez du temps à tuer. A voir comme étant un témoignage d'une époque révolue et comme prototype d'un sous-genre qui a eu un énorme succès dans les années 60. Inintéressant pour la plupart des spectateurs mais il y a des fans invétérés de ces œuvres touchantes de naïveté et qui sont à prendre comme telles...

* Disponible en DVD chez BACH FILMS (avec The Boob Tube en bonus)

NOTE : 2/6 



vendredi 4 mai 2018

TERMINAL ISLAND

TERMINAL ISLAND
(Terminal Island / Le Dernier Pénitencier)

Réalisateur : Stephanie Rothman
Année : 1973
Scénariste : Stephanie Rothman, Charles S. Swartz, James Barnett
Pays : Etats-Unis
Genre : Action, W.I.P.
Interdiction : -12 ans
Avec : Don Marshall, Phyllis Davis, Ena Hartman, Roger E. Mosley, Barbara Leigh, Tom Selleck...


L'HISTOIRE : Suite à l'abolition de la peine de mort, les criminels sont désormais envoyés sur l'île de San Bruno, baptisée par la presse "l'île de non-retour" car personne ne peut s'en échapper. Une nouvelle prisonnière, Carmen, est envoyée sur l'île. Dès son arrivée, elle découvre que les prisonniers sont sous la coupe de deux d'entre-eux : Bobby et son homme de main, Monk. Ces derniers, véritables dictateurs, forcent hommes et femmes à travailler dur durant la journée et même parfois la nuit. Carmen fait également connaissance avec trois autres prisonnières : Joy, Lee et Bunny. Elles lui apprennent que Bobby et Monk les "offrent" régulièrement aux prisonniers. Au cours d'une journée de labeur, les quatre femmes trouvent un échappatoire quand une poignée de prisonniers rebelles, vivant à l'écart du groupe de Bobby car refusant ses pratiques, vient les secourir. Dirigé par A.J. Thomas, ce groupe rebelle prépare une contre-attaque contre les hommes de Bobby. Ce dernier, fou de rage d'avoir perdu "ses femmes", organise une expédition punitive à travers l'île...

MON AVIS : Tiens, un Women in Prison réalisé par une femme, c'est assez inhabituel ça ! La réalisatrice, Stephanie Rothman, est une habituée des productions à petits budgets, clamant que Roger Corman est son seul mentor. Elle a d'ailleurs tourné deux films pour la New World Pictures : The Student Nurses (1970) et The Velvet Vampire (1971). Elle rejoindra ensuite la firme Dimension Pictures, dans laquelle elle a quelques parts avec son mari Charles S. Swartz. Elle mettra en scène pour cette société de production Group Marriage et Terminal Island en 1973 puis The Working Girls en 1974. Elle avait commencé ses débuts derrière la caméra dès 1966 avec Blood Bath (co-réalisé avec Jack Hill) puis avec la comédie It's a Bikini World en 1967, dans lequel on trouve le comédien Sid Haig mais aussi Lori Williams (Faster Pussycat, Kill, Kill) et le groupe de rock The Animals. Avec Terminal Island, elle aborde donc le registre hautement apprécié des amateurs de cinéma Bis, à savoir celui des femmes en prison. L'originalité de Terminal Island est qu'il ne se déroule pas en univers carcéral. Pas de scènes de douche donc, élément capital pour tout fan du genre, ni de méchants gardiens machos adeptes des coups de matraque. A la place, une île perdue en plein océan et qui ne propose aucune échappatoire pour les prisonniers, ravitaillés par un navire du gouvernement. Un cadre atypique, sans murs de béton ni surveillance, dans lequel les prisonniers s'auto-gèrent, cultivant fruits et légumes, cuisinant leur repas, fabricant leur habitation. Mais rassurez-vous, si on pourrait penser que dans ces conditions, l'île est un petit coin de Paradis, on a tout faux. Car nos pauvres prisonniers sont sous l'autorité de l'un des leurs qui a décidé de devenir le chef et apparemment, il a des arguments puisque tout le monde suit ses ordres à la lettre, sous peine de subir quelques désagréments physiques de la part de ses adeptes. Et je ne parle pas des quatre prisonnières, obligées de bosser, de cultiver les terres, de faire à manger et d'offrir leur corps pour que ces messieurs puissent soulager stress et tensions. La nouvelle arrivée, une noire qui aurait très bien pu être jouée par Pam Grier (mais c'est l'actrice Ena Hartman qui s'y colle) va vite rentrer dans le rang après une présentation au groupe pas franchement très amicale. Brimades, violence et misogynie exacerbée sont donc bien présents dans le film malgré ce décor paradisiaque. L'érotisme, inhérent aux films de femmes en prison, répond aussi à l'appel avec la présence de deux actrices qui n'hésitent pas à se dévêtir devant la caméra : Barbara Leigh et Phyllis Davis. Deux charmantes comédiennes, dont les jolis attributs mammaires viennent égayer notre vision. Phyllis Davis nous offrira d'ailleurs la scène la plus hallucinante de Terminal Island : afin de se venger d'un prisonnier qui a essayé d'abuser d'elle, elle lui fait un numéro de charme dans un ruisseau, entièrement nue, puis lui enduit le sexe et les fesses de gelée royale avant de donner un bon coup de pied dans un essaim d'abeilles. Vous imaginez la suite je pense ! Le Girl Power en action ! La pauvre Barbara Leigh, muette dans le film, aura, quant à elle, l'honneur de se faire fouetter. On irait bien la consoler et panser ses blessures. Cette ravissante actrice est principalement connue pour avoir été top-model officiel pour incarner Vampirella sur les couvertures du magazine. Parmi les acteurs qu'on peut citer se trouve un dénommé Tom Selleck. Oui, oui, le héros de Magnum joue dans ce film et interprète un prisonnier modèle, docteur qui plus est, ce qui est bien utile pour soigner les bobos causés par les violences et les brimades. Pour pimenter l'action de son film, Stephanie Rothman a eu l'idée avec ses scénaristes de faire s'affronter deux clans de prisonniers. On a donc les méchants d'un côté et les gentils de l'autre. Un peu manichéen tout ça mais on s'en fout, tant que ça se castagne un peu, moi ça me convient. Ce sera effectivement le cas, avec quelques morts où les effusions de sang font leur apparition, dont un empalement grâce à un piège qui aurait pu sortir d'un film de cannibales. Sympa comme tout. Le final verse même dans l'exhaustif en terme de fusillades et d'explosions (j'exagère un peu mais ça envoie bien en tout cas) et ne lésine pas sur les dommages collatéraux dues à ce soulèvement. On aura même droit à une morale une fois le méchant éliminé, son homme de main, devenu aveugle suite à une explosion, étant accueilli dans le groupe malgré toutes ses exactions passées. C'est beau ! Et je ne parle même pas de l'ultime séquence avec Tom Selleck, qui fait un choix qu'on n'aurait peut être pas fait. En tout cas, Terminal Island est un Bis 70's recommandable, qui joue avec les codes du film de femmes en prison en les mêlant au film d'aventure et le résultat est divertissant et franchement sympa. La mise en scène fait le job, le casting itou. N'hésitez donc pas à embarquer pour l'île du non-retour ! A noter que ce film a connu une sortie en VHS sous le titre Le Dernier Pénitencier.

* Disponible en DVD chez BACH FILMS

NOTE : 4/6



jeudi 3 mai 2018

SUBSPECIES

SUBSPECIES
(Subspecies)

Réalisateur : Ted Nicolaou
Année : 1991
Scénariste : Jackson Barr, David Pabian
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Vampires
Interdiction : -12 ans
Avec : Laura Mae Tate, Michael Watson, Angus Scrimm, Anders Hove, Irina Movila...


L'HISTOIRE : Lilian et Michelle rejoignent leur amie Mara en Transylvanie afin de faire des recherches sur le folklore local et les légendes roumaines. Malheureusement pour elles, les ruines situées au alentour du village où elles résident sont devenues le repaire de Radu, un vampire venant d'assassiner son père afin de lui substituer la pierre de sang, un artefact produisant sans discontinuité du sang pouvant nourrir les vampires. Si Mara et Lilian vont devenir les proies de ce dernier, Michelle pourra compter sur l'aide de Stefan pour la protéger. Demi-frère de Radu, Stefan est un vampire s'étant intégré au monde des humains. Il ne tardera pas à succomber au charme de Michelle...

MON AVIS : Premier volet d'une saga qui en comprend quatre, Subspecies est l'un des titres les plus connus de la firme Full Moon. Créée en 1989 par Charles Band, la Full Moon se spécialise dans le direct-to-vidéo et offre aux amateurs de séries B des tas de films de qualité variable, qui tirent plus vers la nanar que vers le classique instantané il faut bien l'avouer. Certains se démarquent tout de même du lot, à l'image des trois premiers chapitres de la saga des Puppet Master ou des films Le Puits et le Pendule et Castle Freak de Stuart Gordon par exemple. En 1991, il confie à son ami Ted Nicolaou le soin de réaliser Subspecies. Ce film sera le premier long métrage américain a être tourné en Roumanie. Un choix payant à plusieurs niveaux : financier d'abord, les coûts de productions étant moins chers qu'aux Etats-Unis ; visuellement ensuite, car tout le film utilise des décors naturels, ce qui lui apporte une certaine prestance, une certaine qualité. Ruines médiévales, château, festivités locales en costumes traditionnels dans les rues de la ville, forêt inquiétante et jolis paysages tirent le film vers le haut, lui donnant un petit cachet pas désagréable. Le casting n'est pas mauvais non plus, en particulier Laura Mae Tate, charmante petite brune qui va faire chavirer le cœur de Stefan, un vampire interprété quant à lui par Michael Watson. Vous l'aurez compris, Ted Nicolaou nous la joue Twilight avant l'heure ! Si, je vous assure ! On a effectivement droit à une petite romance entre notre jolie humaine et le ténébreux mais gentil vampire. Une romance un peu guimauve et pas très poussée mais elle a le mérite d'exister dirons-nous. On aurait aimé un peu plus de passion, voire même une petite étreinte érotique entre les deux amoureux mais non, hormis de langoureux baisers, rien d'autre à se mettre sous la dent (sans mauvais jeu de mot !). Il faut dire qu'ils n'ont pas vraiment le temps de fricoter en fait, puisque le demi-frère de Stefan, Radu, est un très méchant vampire, avec des doigts d'une longueur cauchemardesque et pourvus d'ongles acérés façon Nosferatu. Subspecies rend d'ailleurs hommage au classique de Murnau à travers quelques plans, comme ceux où on ne voit Radu qu'à travers son ombre qui se reflète sur les murs. Le look de Radu (Anders Hove) pourra faire sourire le spectateur car on est quand même dans le vampire bas de gamme et plus rigolo que terrifiant, malgré la méchanceté qu'il affiche continuellement. S'il y a des amateurs de Radu et de son look gothico-comique, qu'ils se fassent connaître ou qu'ils se taisent à jamais ! Angus Scrimm est aussi de la partie même si son temps de présence à l'écran est de courte durée. L'impressionnant Tall Man de la saga Phantasm joue le rôle du père de Radu et de Stefan et n'apparaît donc que durant la scène d'introduction, puisque son méchant fils va le tuer sans montrer le moindre regret ou la moindre hésitation. Ah, les relation père-fils, compliquées parfois. Ce qui est intéressant dans cette séquence, outre la présence d'Angus, c'est l'apparition de petits créatures qui prennent vie à partir des doigts coupés de Radu. Des petits gnomes en image de synthèse au départ (beurk !) puis en animation image par image ensuite (mieux !!) mais qui, et c'est bien dommage, ne vont pas vraiment servir l'intrigue ni même être réellement mis en avant durant les 80 minutes que dure Subspecies, alors qu'ils le sont sur la très belle affiche du film. Ils ont un bon look pourtant, un peu à la The Gate vous voyez ? j'aurais vraiment aimé que leur implication dans le film soit plus présente et qu'ils tiennent un rôle plus conséquent. Les effets spéciaux sont corrects, dont notamment une belle décapitation à la hache. Niveau érotisme, cette notion étant très souvent liée au thème du vampirisme, c'est plutôt décevant puisqu'on aura juste droit à la vision d'un bout de sein à travers un vêtement déchiré, sein appartenant à l'une des trois amies. Deux d'entres-elles vont devenir les fiancées de Radu, tous crocs sortis. La rivalité entre les deux frères vampires n'est pas assez exploitée, il y avait pourtant de quoi donner plus d'épaisseur à ces deux personnages. Le rythme du film n'est pas non plus des plus avenants, Subspecies peinant à maintenir un intérêt constant et mettant du temps à franchement décoller. Produit typique des petites séries B des années 90 réalisées avec peu de moyens, on a un peu de mal à comprendre l'engouement autour de cette oeuvre quand on la revoit en 2018 car au final, malgré des efforts louables en terme de mise en scène, Subspecies à bien du mal à convaincre totalement. Ce n'est pas non plus un navet intégral, il ne faut pas exagérer, mais pour ma part, je ne pense pas que je le reverrai une seconde fois. Je suis tout de même curieux de découvrir la suite des aventures de Radu, toutes réalisées par Ted Nicolaou, respectivement en 1993, 1994 et 1998 et avec le même interprète : Anders Hove.

* Disponible en DVD chez BACH FILMS (avec La Chauve-Souris du Diable en bonus)

NOTE : 2/6



mardi 1 mai 2018

SANTO CONTRE LES ZOMBIES

SANTO CONTRE LES ZOMBIES
(Santo contra los Zombies)

Réalisateur : Benito Alazraki
Année : 1962
Scénariste : Benito Alazraki, Antonio Orellana, Fernando Osés
Pays : Mexique
Genre : Science-Fiction, Action
Interdiction : /
Avec : Santo, Armando Silvestre, Lorena Velázquez, Jaime Fernández, Irma Serrano...


L'HISTOIRE : Le lieutenant Sanmartin et ses coéquipiers enquêtent sur une série de cambriolages surprenants, les voleurs étant décrits par ceux qui les ont affrontés comme étant insensibles aux balles. Sanmartin établi un rapport entre la possible éventualité d'avoir à combattre des zombies et la demande de Gloria Sandoval, femme séduisante voulant que le lieutenant enquête sur la récente disparition de son père, un scientifique ayant fait des recherches en Haïti sur le culte vaudou. L'affaire étant des plus complexes pour les policiers, le célèbre catcheur au masque d'argent, Santo, décide de venir leur prêter main forte entre deux combats sur le ring...

MON AVIS : Légende mythique au Mexique, le catcheur Santo, décédé en 1984, a connu le succès sur les rings mais également au cinéma, son fort potentiel auprès du public ayant convaincu les producteurs d'en faire une star devant la caméra, lui faisant combattre des génies du crime puis toutes sortes de monstres issus du bestiaire du cinéma fantastique. Sa première apparition sur les écrans date de 1961 avec Santo contre l'Esprit du Mal de Joselito Rodríguez. Il enchaîne avec Santo contra hombres infernales puis avec ce Santo contre les Zombies, qui est donc sa troisième aventure cinématographique. Réalisé en 1962 et en noir et blanc, le film de Benito Alazraki met en scène un génie criminel qui utilise une drogue permettant de faire revivre les morts, ceci afin d'utiliser ces derniers pour leur faire commettre des cambriolages à haut risque. Les fameux zombies que vont devoir combattre Santo et la police ne sont pas si éloignés que ça au niveau du look de ceux que George Romero va filmer six ans plus tard dans La Nuit des Morts Vivants. Pas de chair décharnée, de bout de peau qui pend ou d'état de putréfaction avancée façon Lucio Fulci ici mais un simple teint blafard et une démarche mécanique, robotique, qui met la puce à l'oreille du spectateur attentif. Ok, on a lu le titre du film donc on sait à quoi s'attendre mais quand même, il y a des étourdis parfois ! Si le teint pâle et la marche à deux à l'heure ne suffisent pas pour qu'on comprenne qu'il s'agit de zombie, le réalisateur a la bonne idée de nous les montrer se faire tirer dessus sans sourciller, même quand les balles font de jolis trous dans leurs tenues vestimentaires, elles aussi assez simplistes. Plus de doute possible, on a bien affaire à des morts ressuscités. Le combat semble donc bien inégal parce que tout costaud qu'il est notre bon Santo, pas facile de tuer quelque chose qui est déjà mort ! Heureusement, les scénaristes ont pensé à tout ! Merci à eux ! Je ne vais pas vous dévoiler l'astuce permettant de mettre hors d'état de nuire les zombies, à vous de la découvrir en visionnant le film. Qui dit film de catcheur mexicain dit combat de catch ! Ça peut surprendre le néophyte en la matière mais les habitués le savent, on assiste effectivement à divers combats de catch dans les films de Santo (et autres justiciers mexicains) et ce, éparpillés dans le déroulement de l'histoire. Et je ne parle pas du style des bagarres, je parle bien de combats de catch sur un ring ! Santo contre les Zombies n'échappe pas à la règle et nous en propose plusieurs, dont un avec un catcheur zombifié ! Le spectateur lambda pourra se dire que c'est du remplissage et que ça n'apporte pas grand chose à l'histoire en elle-même. Ce n'est pas tout à fait faux mais c'est comme ça, c'est un passage obligé des films de justiciers masqués mexicains. A vrai dire, étant donné que Santo contre les Zombies n'est que le troisième film mettant en vedette Santo, on sent que réalisateur et scénaristes se cherchent encore et tentent de trouver la bonne formule, le bon cocktail pour mêler avec brio action, fantastique et catch. Une formule qui peine un peu à se mettre en place durant une bonne partie du film, qui ne trouve réellement son rythme que dans les trente dernières minutes. Ce n'est pas que l'enquête menée par le lieutenant Sanmartin soit désagréable (quoique pas très rythmée), ce n'est pas que la présence des ravissantes Lorena Velázquez et Irma Serrano soit déplaisante (bien au contraire), ce n'est pas que les combats avec les zombies ne soient pas rigolos (ils le sont !), ce n'est pas que les incohérences ou facilités scénaristiques ne participent pas au charme de l'ensemble (et dieu sait qu'il y en a des tonnes...) mais voilà, la sauce à un peu de mal à prendre même si le film est au final plutôt sympathique. Mais il lui manque encore un petit quelque chose pour emporter totalement l'adhésion, comme un rythme plus énergique, des combats plus dynamiques. L'identité du méchant criminel n'est franchement pas compliqué à deviner, on s'en doute d'entrée de jeu, mais ça ne gâche pas le suspense, si suspense il y a. Quoiqu'il en soit, cette troisième aventure de Santo, héros de la justice et du bien, se laisse gentiment regarder, sans qu'on en tombe à la renverse. Une oeuvre mineure dans la filmographie du catcheur, qui apparaîtra dans 53 films au final, le plus célèbre étant Santo et le Trésor de Dracula, réalisé en 1969.

* Disponible en DVD chez BACH FILMS (avec Santo contre l'Esprit du Mal en bonus)

NOTE : 3/6


lundi 30 avril 2018

EMBRYO

EMBRYO
(Embryo)

Réalisateur : Ralph Nelson
Année : 1976
Scénariste : Anita Doohan, Jack W. Thomas
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-Fiction
Interdiction : -12 ans
Avec : Rock Hudson, Barbara Carrera, Diane Ladd, Roddy McDowall, Anne Schedeen...


L'HISTOIRE : Après le décès de sa femme dans un accident de voiture dont il était le conducteur, le scientifique Paul Holliston a abandonné ses recherches sur la manipulation génétique des embryons. Un soir, alors qu'il vient de renverser une chienne qui attend une portée, il décide de se remettre au travail. Il prélève les embryons canins et leur injecte un sérum de croissance. Seul un embryon survit. Au bout de deux ou trois jours, l'embryon s'est développé et à atteint sa taille adulte. Fort de ce succès, Holliston décide d'aller plus loin en testant le sérum de croissance sur un embryon humain. Avec l'aide d'un de ses amis qui travaille dans le milieu scientifique, il parvient à se procurer un fœtus provenant d'une femme enceinte qui vient de se suicider. Au bout de quelques jours, l'embryon atteint une taille adulte. C'est une séduisante jeune femme que Paul prénomme Victoria. Cette dernière possède des capacités d’apprentissage surprenantes. Mais le scientifique doit trouver pour Victoria un remède à un problème de vieillissement accéléré auquel il ne s'attendait pas...

MON AVIS : Dans les années 70, les films de science-fiction deviennent plus adultes, plus matures. Ils ne se focalisent plus uniquement sur les traditionnels récits d'invasion extra-terrestres ou de robots venus de l'espace mais se consacrent à des histoires plus réalistes, mettant en avant les interrogations que se posent le public sur l'écologie (ProphecySilent Running, Le Jour du Dauphin, Soleil Vert), les états totalitaire (THX 1138, Rollerball), l'avancée au niveau informatique (Le Cerveau d'Acier, Génération Proteus) ou bien encore le progrès scientifique mais aussi ses dangers : clonage (Ces Enfants qui venaient du Brésil, Les Femmes de Stepford, The Clonus Horror), expériences non autorisées (Frissons, Rage) ou manipulations génétiques (Chromosome 3). N'ayant pas bénéficié d'une sortie en salles, le film qui nous intéresse ici, à savoir Embryo de Ralph Nelson, fait partie de cette dernière catégorie. Il est d'ailleurs dommage que ce film soit peu connu car il possède des qualités indéniables malgré ses airs de téléfilm de luxe. La mise en scène est assez sobre et ne cherche pas à donner dans le sensationnel. Le rythme est plutôt lent, contemplatif et ne s'accélère réellement que lors des dix dernières minutes. Les décors, les costumes des acteurs semblent datés (normal pour un film de 1976 me direz-vous) et on sent que l'épreuve du temps ne joue pas toujours en faveur du film. Pourtant, malgré un aspect un peu vieillot il est vrai, impossible de ne pas être sensible à la thématique exposée, intrigante et terrifiante à la fois. L'une des grandes forces d'Embryo vient assurément de son casting. Dans le rôle du scientifique, on retrouve le célèbre acteur Rock Hudson, qui s'en sort vraiment bien et qui parvient à nous rester sympathique malgré ses curieuses expérimentations. Il faut dire que son personnage n'a rien du savant fou à la Frankenstein. Non, c'est un savant posé, réfléchi, qui oeuvre pour une belle cause en plus : permettre à tous les bébés prématurés de vivre, en accélérant leur croissance grâce à son sérum. Comment voulez-vous lui en vouloir ? Alors oui, ses expériences vont lui échapper, la cause à un facteur inattendu, et sa "créature" humaine va développer un instinct de survie qui l'obligera à commettre de vilaines choses, et ce, sans que notre gentil savant ne s'en aperçoive. Le spectateur, par contre, à un peu d'avance sur Rock Hudson car il a vu auparavant le comportement du chien génétiquement modifié et il sait que même si cette expérience canine a été une (apparente) réussite, il y a quelque chose qui cloche et que l'agressivité sournoise de l'animal va certainement être présente chez Victoria, notre fœtus qui a atteint une taille adulte en quelques jours. Cette anomalie de la nature, privée de toute sa jeunesse (comment se construire quand on commence à vivre à 24 ans environ ??) est interprétée par la charmante Barbara Carrera, vue dans L'île du docteur Moreau (1977), Condorman (1981), Jamais plus Jamais (1983) ou bien encore Les Oies Sauvages 2 (1985). D'origine nicaraguayenne, cette ravissante actrice, peu avare de ses charmes dans le film, va donc devoir s'adapter à son nouvel environnement et faire profil bas pour un temps, histoire de ne pas devenir une bête de foire à étudier. Si la mutation génétique l'a fait évoluer à vitesse grand V, elle lui a également donné une capacité de stockage d'informations considérable, devenant une véritable encyclopédie vivante ou une joueuse d'échec capable de battre Kasparov lui-même! Le pauvre Roddy McDowall en fera d'ailleurs les frais ! Bien sûr, pour créer un intérêt chez le spectateur, il fallait bien qu'un grain de sable vienne gripper l'expérience et notre jolie "fiancée de Frankenstein" de développer également un côté obscur qui en fera bien un monstre au final. Même si ses exactions ont pour seul but d'assurer sa survie, la pauvre étant victime d'un vieillissement prématuré, difficile pour son créateur d'avaler la pilule, surtout quand les victimes sont son fils, la femme de ce dernier et le bébé qu'ils attendent. Les dix dernières minutes sont intenses en émotion et en scènes chocs et viennent pimenter une action un peu faiblarde mais non dénué d'intérêt comme déjà dit. Les rares effets-spéciaux sont de qualité dans l'ensemble (les fœtus canins et humains sont superbement animés et très réalistes), avec un petit bémol pour l'effet de vieillissement dont on voit un peu trop le latex. Embryo a en tout cas des choses à dire et à raconter et il le fait plutôt bien. Il faut, comme toujours, se remettre dans le contexte de l'époque pour l'apprécier à sa juste valeur mais il mérite assurément le coup d'oeil ! 

* Disponible en DVD chez BACH FILMS

NOTE : 4/6




dimanche 29 avril 2018

LORD OF ILLUSIONS

LORD OF ILLUSIONS
(Lord of Illusions)

Réalisateur : Clive Barker
Année : 1995
Scénariste : Clive Barker
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Fantastique, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Scott Bakula, Famke Janssen, Kevin J. O'Connor, Joseph Latimore, Joel Swetow...


L'HISTOIRE : En 1982, Swann et trois de ses amis parviennent à sauver une petite fille des griffes de Nix, un gourou qui possède des pouvoirs magiques. Mis hors d'état de nuire, Nix est enterré afin que ses adeptes ne retrouvent pas l'emplacement de son tombeau. Treize ans plus tard, le détective privé Harry d'Amour se voit confier une enquête qui le mène à Los Angeles. Banale de prime abord, l'enquête se complique pour le détective. Il fait connaissance avec Dorothée, la compagne de Swann. Celui-ci est devenu le plus célèbre illusionniste au monde mais un de ses anciens amis vient de trouver la mort dans de curieuses circonstances. Dorothée demande à Harry d'élucider ce meurtre mystérieux et de protéger son mari. La situation se complexifie encore lorsque Swann trouve une mort atroce durant l'un de ses spectacles. Il semblerait que des puissances occultes se soient réveillées et que la résurrection de Nix soit prévue dans peu de temps...

MON AVIS : Romancier britannique à succès, encensé par Stephen King lui-même, Clive Barker avait été déçu des premières adaptations cinématographiques de ses histoires d'horreur (les films Transmutations et Rawhead Rex), si bien qu'il avait décidé de réaliser lui-même Hellraiser en 1987 puis Cabal en 1990. Les ennuis entre Barker et les studios de production ne sont pas nouveaux et il ne peut que constater l'étendu des dégâts avec Cabal, qui est remonté dans son dos et distribué tel quel, sans qu'il ne puisse intervenir. Le même scénario catastrophe se répète avec Lord of Illusions, qu'il met en scène en 1995, et que le studio MGM charcute de vingt bonnes minutes ! Dépité par toutes ces mauvaises expériences, Clive Barker n'est, à ce jour, jamais repassé derrière la caméra. Et c'est franchement dommage tant l'univers de Barker est intéressant et qu'il se montre assez doué en tant que réalisateur. Ce n'est pas Lord of Illusions qui viendra me contredire puisque c'est clairement l'un des meilleurs films fantastique/horreur de la décennie 90 ! Si certains effets spéciaux numériques sembleront un peu datés quand on revoit le film via l'excellent Blu-Ray sorti chez Le Chat qui Fume, les effets"à l'ancienne" ne sont par contre pas handicapés par le passage à la HD et se révèlent toujours aussi efficaces en 2018. La séquence d'introduction, dans la communauté de fanatiques dirigée par Nix, nous en met plein la vue d'entrée de jeu et laisse augurer du meilleur pour la suite. On admirera les détails des décors présents dans cette première scène et on félicitera le chef décorateur qui a fait un boulot extraordinaire. Barker nous plonge d'emblée dans une ambiance fantasmagorique, dans laquelle le fantastique et l'horreur crue se mélange dans un savoureux cocktail. Une fois passée cette mise en bouche spectaculaire, le film bifurque vers le thriller et le film noir, avec l'introduction du personnage d'Harry d'Amour, joué par Scott Bakula. Ce détective privé semble avoir une prédisposition pour le surnaturel et les enquêtes liées au paranormal. Ça tombe bien, il va être servi ici. D'une mission anodine qui l'envoie à Los Angeles, la vie d'Harry d'Amour va prendre une tournure des plus complexes une fois son intérêt pour le monde des illusionnistes découvert. Sa rencontre avec Dorothée, parfaite "femme fatale" des polars 50's, magnifiquement interprétée ici par la séduisante Famke Janssen, va le plonger à son tour dans un monde contrasté, où le réel va se télescoper avec l’irréel, l'illusion et la magie. L'étonnante séquence du spectacle de Swann, dans laquelle ce dernier va livrer au public médusé son nouveau numéro, est une merveille de mise en scène et d'inventivité, à l'image de tout ce qui compose Lord of Illusions d'ailleurs. Certaines scènes sont d'une beauté picturale folle, et on sent très bien Clive Barker, féru de peinture également, composé avec ses décors et ses acteurs à la manière d'un peintre, rendant ses images marquantes pour le spectateur. On retrouve d'ailleurs tout l'univers de Clive Barker dans Lord of Illusions. La violence, l'horreur pure et dure, le merveilleux, les personnages mystérieux, les costumes à connotation gay (Barker n'ayant jamais caché son homosexualité), la souffrance faite à la chair et j'en passe. Véritable thriller surnaturel, Lord of Illusions impressionne par son imagerie et sa créativité et on ne s'ennuie jamais durant les 120 minutes que dure cette version intégrale. Scott Bakula ne ménage pas ses efforts pour démêler le vrai du faux, s'en prend plein la gueule, s'envoie Famke Janssen pour compenser son dur labeur et va affronter la secte de Nix puis ce dernier, fraîchement ressuscité. Enfin fraîchement, il faut le dire vite vu son état. Son apparence pas très sexy il faut bien le reconnaître ne l'empêche en rien de posséder des pouvoirs terrifiants (lévitation et autres joyeusetés) qu'il mettra à profit dans une dernière demi-heure riche en rebondissement et en effets-spéciaux. Véritablement abouti, maîtrisé d'un bout à l'autre, Lord of Illusions est assurément un grand film fantastique qui mérite toute notre attention. De l'aveu même de Clive Barker, il l'a voulu comme étant un croisement entre Chinatown et L'Exorciste et a préféré laisser des zones d'ombres non explicitées (le tatouage d'Harry d'Amour, la relation (homosexuelle ?) entre Nix et ses deux hommes de main...) afin que chaque spectateur puisse se faire sa propre idée sur ces dernières. En tout cas, c'est une réussite formelle que ce voyage halluciné entre la vie et la mort, le réel et l'illusion, l'Enfer et le Paradis. 

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 5/6



samedi 28 avril 2018

THE UNDEAD

THE UNDEAD
(The Undead)

Réalisateur : Roger Corman
Année : 1957
Scénariste : Charles B. Griffith, Mark Hanna
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec : Pamela Duncan, Richard Garland, Allison Hayes, Mel Welles, Richard Devon...


L'HISTOIRE : Diana Love, une jeune prostituée, devient le sujet d'expérience d'un docteur et de l'un de ses anciens élèves, ces derniers étant convaincus de pouvoir voir "l'Histoire" passée grâce à un patient mis sous hypnose. Diana est donc hypnotisée et après de longues heures de régression, elle se retrouve au moyen-âge dans la peau d'Hélène, une jeune femme accusée d'être une sorcière et condamnée à être décapitée au petit matin. Hélène parvient à s'enfuir de sa prison et retrouve Pendergon, son amant. Mais une autre sorcière, Lydia, aidé d'un lutin, va tout faire pour qu'Hélène soit reprise et condamnée, afin de séduire Pendergon, dont elle est également amoureuse...

MON AVIS Roger Corman adapte en 1957 un livre qui eut beaucoup de succès, "The Reincarnation of Diana Love". La Paramount acheta les droits du livre et du titre, ce qui fait que le studio AIP ne put l'utiliser. Le film de Corman fut donc baptisé The Undead, ce qui fait plus penser à un film de mort vivant ou de fantôme, ce qu'il n'est absolument pas. The Undead fut tourné en 10 jours, avec un budget de 70000$, ce qui n'étonnera pas les fans de ce réalisateur américain atypique. The Undead, petit film sans prétention réalisé par Roger Corman donc, est une bonne surprise. Avec une durée très modeste (68 min à tout casser), Corman parvient à nous livrer un film qui préfigure par de nombreux aspects sa future série d'adaptations des écrits d'Edgar Allan Poe. L'introduction est assez originale car l'histoire que l'on va découvrir nous est présentée par le... Diable lui-même ! Celui-ci nous prévient que nous allons assister à une histoire qui n'aurait pu se dérouler ainsi sans ses "prouesses". Le look de Satan est plutôt sympathique, armé de son trident maléfique. On assiste alors à l'histoire en elle-même, où une jeune femme, sous état hypnotique, se retrouve dans une de ses anciennes vies, au Moyen-Age. Les décors sont peu nombreux et reviennent assez souvent, le film ayant été tourné entièrement en studio. Mais ils sont néanmoins de qualité. La musique convient parfaitement à l'ambiance du film et certaines fois, on se croirait dans un film de la Universal des années 30. The Undead bénéficie en outre d'un scénario extravagant, qui nous fait penser à un conte de fée : en effet, on retrouve dans le film des chevaliers, des sorcières, des bourreaux, une jeune femme en péril qu'on doit sauver, de la magie, des transformations en animaux (chat, souris, chauve-souris...), bref, tout le panel des contes pour enfants, auquel vient se greffer la réalité, avec les séances d'hypnoses qui sont traitées avec sérieux. Corman se permet donc des délires, transforme une plantureuse sorcière en chat noir ou fait danser des mortes vivantes lors du sabbat (scène hallucinante, on se demande si Corman n'a pas pété les plombs !). Un film assez fou fou donc, renforcé par la présence du lutin, véritable numéro comique à lui tout seul. On retiendra surtout du film une réalisation soignée, où Corman cache son manque de moyen par l'utilisation d'un brouillard du plus bel effet, système D qu'il réutilisera dans ses adaptations de Poe, et qui confère au film une atmosphère surréaliste. Le film flirte allègrement avec la comédie, le fantastique mais aussi la science-fiction. En effet, afin de sauver Diana de son état, l'élève du docteur utilise une machine à "relier les ondes cérébrales", lui permettant de pouvoir ainsi se retrouver à la même époque qu'elle. Filmé entièrement de nuit, dans un beau noir et blanc, The Undead dispose d'un autre atout, majeur celui-ci ! La présence d'Allison Hayes, pulpeuse actrice qui préfigure les pin-up et Scream-Queens du cinéma fantastique. On la retrouvera d'ailleurs l'année suivante dans Attack of the 50 foot Woman de Nathan Juran. Allison campe une sorcière en proie au désir, n'hésitant pas à utiliser de ses charmes pour arriver à ses fins. Dur de résister dans son cas ! Pour conclure, n'hésitez pas à découvrir ce film, il mérite largement qu'on s'y attarde, surtout si vous aimez les petites séries B un brin déjanté et qui n'ont pas peur d'en faire trop !

* Disponible en DVD chez BACH FILMS (avec La Cité des Morts en film bonus)

NOTE : 4/6


TORMENTED

TORMENTED
(Tormented)

Réalisateur : Bert I. Gordon
Année : 1960
Scénariste : George Worthing Yates
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec : Richard Carlson, Susan Gordon, Lugene Sanders, Juli Reding, Lillian Adams...


L'HISTOIRE : Tom Stewart va prochainement se marier avec la ravissante Meg. Il décide alors de mettre fin à sa relation avec Vi Mason mais cette dernière, folle amoureuse de lui, ne veut pas céder et menace de dévoiler cette liaison à la future mariée. Alors que les deux amants se trouvent tout en haut d'un phare, la barre de protection cède, menaçant de faire chuter Vi sur les rochers en pleine mer. Voyant une solution définitive pour mettre fin à cette liaison, Tom ne va pas secourir Vi qui chute mortellement. Les jours suivants le drame, Tom est assailli d'image de Vi et sent sa présence autour de lui. Tourmenté par son acte lâche, il en vient à se demander si Vi n'est pas revenue sous forme de fantôme pour faire rater son mariage...

MON AVIS : La mer semble attirer les scénaristes de films fantastiques en ce début de 60's puisque plusieurs d'entre-eux vont utiliser en partie ce cadre : Night Tide (1961), Carnival of Souls (1962), La Cité sous la Mer (1965) ou bien encore ce Tormented, réalisé par Bert I. Gordon en 1960. Ce réalisateur américain est bien connu des amateurs, qui l'ont surnommé "Mister B.I.G", en raison d'une thématique qu'il apprécie beaucoup et qu'il a mis en image à de nombreuses reprises : le gigantisme. On citera à titre d'exemple ses œuvres majeures dans le domaine, à savoir The Cyclops, Le Fantastique Homme Colosse, War of the Colossal Beast, The Spider, Village of the Giants, Soudain les Monstres ou L'Empire des Fourmis Géantes. Le film qui nous intéresse ici, Tormented donc, n'a rien à voir avec ce thème du gigantisme. C'est une classique histoire de fantôme revanchard, en l’occurrence celui de Vi Mason, une blonde plantureuse interprétée par Juli Reding, qui va venir tourmenter le héros (Richard Carlson) qui a refusé de lui sauver la vie afin d'éviter un chantage affectif. Pas très gentil  ça monsieur ! Normal donc que le spectre de la défunte vienne régler ses comptes et tente d'empêcher le mariage de l'homme qu'elle aime avec une autre ! En bon technicien d'effets visuels, Bert I. Gordon va s'amuser à provoquer la peur chez le héros, qui ne sait plus s'il devient fou du fait de son acte ou s'il est vraiment victime du fantôme de son ex-compagne. Empreintes de pied qui apparaissent dans le sable, main sans corps qui vient prendre possession de l'alliance de la future mariée, corps inanimé de Vi flottant à la surface de la mer et qui s'avérera n'être qu'un tas d'algues une fois ramené sur la plage, voix résonant dans le vide et autres manifestations paranormales vont faire de la vie de Tom Stewart un enfer. Surtout que lui seul semble voir ces manifestations spectrales, d'où son questionnement sur sa propre santé mentale. Filmé en noir et blanc, Tormented et les mésaventures de son héros auraient très bien pu être un épisode longue durée de La Quatrième Dimension ou bien faire partie d'un récit des célèbres bandes-dessinées EC Comic. Les acteurs jouent bien, paraissent crédibles, n'en font pas des tonnes. Même la petite Susan Gordon, la propre fille de Bert I. Gordon qui l'avait déjà fait joué dans son Attack of Puppet People en 1958, n'agace pas et livre une composition d'actrice bien en place malgré son jeune âge (11 ans). Baigné dans une atmosphère étrange et onirique, Tormented ne démérite en aucune façon face aux autres films du même genre. La mise en scène de Bert I. Gordon est soignée, inspirée et il a su tirer partie de son décor, et notamment du phare qui jouxte la plage, pour instaurer une ambiance oppressante à cette histoire, qui mêle thriller, paranoïa et fantastique. Le spectateur, tout comme le personnage principal, ne sait plus sur quel pied danser et se demande constamment si tout ne provient pas de l'imagination de ce dernier, totalement rongé par une culpabilité qu'il tente de minimiser. Une certaine folie semble s'emparer de tout son être et son comportement ne cesse d'évoluer vers la psychose, l'amenant à ne plus différencier la réalité de l'imagination. L'acteur Richard Carlson est particulièrement bon dans ce rôle et le film repose principalement sur ses épaules. Si on passera sur quelques effets visuels un peu raté (la tête coupée vivante de Vi, crédible de face grâce à une superposition d'image mais dont on voit qu'il s'agit clairement de la tête d'un mannequin de dos ou quand le héros la tient par les cheveux), on admettra sans difficulté aucune que Tormented est une petite série B rudement bien troussée dans son genre et qui ne mérite pas les mauvais avis qu'elle semble recueillir la plupart du temps. C'est vraiment un film différent de ce que Bert I. Gordon a l'habitude de nous proposer et le réalisateur s'en est vraiment bien sorti, avec un final qui vient, encore une fois, prouvé le dicton que "l'amour est éternel", laissant le spectateur sur une image marquante et totalement dans la tradition des épisodes de La Quatrième Dimension ou d'Alfred Hitchcock Présente...

* Disponible en DVD chez BACH FILMS (avec Carnival of Souls en film bonus)

NOTE : 4/6


SAN BABILA : UN CRIME INUTILE

SAN BABILA : UN CRIME INUTILE
(San Babila ore 20: un Delitto Inutile)

Réalisateur : Carlo Lizzani
Année : 1976
Scénariste : Mino Giarda, Carlo Lizzani, Ugo Pirro
Pays : Italie
Genre : Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Daniele Asti, Brigitte Skay, Giuliano Cesareo, Pietro Brambilla, Pietro Giannuso ...


L'HISTOIRE : Milan, place San Babila, en 1975 durant les années de plomb. Un groupe de jeunes néo-fascistes, dont font partie Michele, Franco, Fabrizio et Alfredo, fait régner sa loi, importunant les passants, s’empoignant avec les gauchistes de passage, draguant les filles. Lors d’une journée classique, ce petit groupe d’amis va provoquer une série de drames croissant dans la violence, jusqu’au crime inutile...

MON AVIS : Avec sa jaquette intrigante, je pensais que San Babila : Un Crime Inutile, film dont je n'avais jamais entendu parler, était un poliziesco, un néo-polar à l'italienne façon Big Racket, Brigade Spéciale, La Rançon de la Peur, Échec au Gang ou autre Milan Calibre 9. J'avais tout faux. Le film a été mis en scène en 1976 par Carlo Lizzani. Ce réalisateur n'a rien d'un artisan du cinéma Bis. Assistant-réalisateur sur Allemagne Année Zéro (1948), scénariste sur Riz Amer (1949), c'est un réalisateur engagé, profondément de gauche, soutenant la cause des syndicalistes et qui a reçu un prix au Festival de Cannes avec son film La Chronique des pauvres amants. Il fait partie de la mouvance du cinéma néo-réaliste et son thème de prédilection est la résistance antifasciste italienne,qu'il a illustré avec des films comme Achtung! Banditi! (1951), Le Procès de Vérone (1963) ou Les Derniers Jours de Mussolini (1974) entre autres. Il s'est suicidé le 5 octobre 2013. Avec San Babila : Un Crime Inutile, Carlo Lizzani est fidèle à ses idéaux puisque son film s'inspire d'un sordide fait divers qui s'est déroulé le 25 mai 1975 à Milan, place San Babila : Un sympathisant de gauche, Alberto Brasili, qui se promène avec sa petite amie Lucie Corna, est pris à partie par cinq jeunes néo-fascistes, ce qui est assez classique à cette époque, les affrontements entre partisans d'extrême-droite et d'extrême-gauche étant monnaie courante. Brasili, ainsi que Lucie Corna, sont frappés à coups de couteau à plusieurs reprises. Le jeune homme succombera à ses blessures mortelles. Un an après les faits, Lizzani s'empare donc de cette tragédie pour la retranscrire au cinéma. Toujours féru de néo-réalisme, il engage des acteurs totalement inconnus pour interpréter le gang des quatre fascistes et ce choix s'avère payant car ils se révèlent particulièrement doués et possèdent un visage et un charisme qui sied parfaitement à leurs personnages antipathiques. Le film nous propose donc de suivre ce gang anti "rouges" durant toute une journée, du matin au soir de l'agression fatale. Dans un style proche du documentaire, très réaliste (un cinéma projette French Connection, ce n'est pas un hasard), Lizzani nous présente, sans compassion aucune, les quatre voyous et va nous faire suivre leurs exactions malsaines, sans fioritures ni effets de style. Des exactions qui progressent crescendo, allant du simple vandalisme de scooters appartenant à des gauchistes à la tentative ratée de placer une bombe artisanale dans un local syndicaliste pour se clôturer sur la traque de deux sympathisants de gauche, traque qui mènera à un crime inutile. Les quatre néo-fascistes ne sont en rien sublimés dans le film. Lizzani nous dresse juste le portrait d'une jeunesse désabusée, certaine de ses convictions nauséabondes, en manque de repère et d'amour familial. Des gamins manipulés par "les chefs", moutons qui suivent une voie qui ne mène à rien sinon à la case prison. Une jeunesse désœuvrée, clairement misogyne mais impuissante (la scène avec Lalla, jeune fille paumée, souffre-douleur de la bande qui ne la respecte pas et que l'un des voyous veut baiser mais qui n'y arrive pas, la pénétrant avec un ustensile en plastique), qui bénéficie de la clémence de la police à maintes reprises, cette dernière fermant les yeux même quand les incivilités se passent juste sous leurs yeux ! Lizzani se montre politiquement assez virulent dans son propos et dans la description des événements et n'épargne personne, tous les personnages sont détestables au possible, quelque soit leur bord politique. Son film est empreint d'un nihilisme total et ne possède pas une once d'humour, si ce n'est la scène dans laquelle les quatre voyous exhibent les godemichés qu'ils viennent d'acheter dans un sex-shop aux yeux des passants incrédules. Sinon, ce n'est que noirceur et violence, autant dans les images, les dialogues ou les situations proposées. San Babila : Un Crime Inutile est donc un drame politique important pour qui s'intéresse à cette période des années de plombs, où l'extrême droite et les Brigades Rouges commettaient moult attentats, affrontements, enlèvements et assassinats qui plongèrent l'Italie dans le chaos. Cette journée en Enfer se doit d'être découverte par le plus grand nombre, San Babila : Un Crime Inutile ne méritant pas de rester méconnu auprès du public. Sa sortie en combo BR + DVD, avec une image nette et précise et des bonus intéressants (dont le module avec l’assistant réalisateur Gilberto Squizzato qui nous livre de nombreuses informations sur cette période tragique) lui permettra sans aucun doute de ne pas rester dans l'anonymat et de toucher un public plus large.

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 4,5/6