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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




lundi 13 septembre 2021

LOUPS-GAROUS


LOUPS-GAROUS
(Werewolves Within)

Réalisateur : Josh Ruben
Année : 2021
Scénariste : Mishna Wolff
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Fantastique
Interdiction : /
Avec Sam Richardson, Milana Vayntrub, George Basil, Sarah Burns, Wayne Duvall...


L'HISTOIRE : Finn Wheeler se rend dans la petite ville de Beaverfiled, afin de devenir le nouveau ranger. Il doit également étudier le projet d'implantation d'un gazoduc qui risque de dénaturer le paysage. A son arrivée, il fait connaissance avec Cecily Moore, la jolie postière du village, ainsi qu'avec les autres habitants. Une tempête de neige oblige tout ce petit monde à cohabiter dans l'hôtel de Jeanine Sherman. Une cohabitation compliquée, surtout qu'à l'extérieur, une bête sauvage se met à décimer un à un le petit groupe. Et si cette bête était un loup-garou ? La paranoïa s'installe et tout le monde devient suspect...

MON AVIS : Tout le monde connaît le fameux jeu de société Les Loups-Garous de Thiercelieux. En 2016, le studio de jeux-vidéos Ubisoft décide d'en faire une adaptation vidéoludique en réalité virtuelle sur la Playstation 4, ce sera Werewolves Within ! Et en 2021, c'est ce jeu vidéo qu'un studio décide d'adapter au cinéma, sous la direction de Josh Ruben et basé sur un scénario de Mishna Wolff ! Ça ne s'invente pas pour cette dernière ! Le public français "non gamer" ne connaissant certainement pas Werewolves Within, le film sort avec un titre français plus compréhensible, à savoir Loups-Garous donc, et pourvu d'une affiche qui annonce clairement la couleur : nous sommes en présence d'une comédie fantastique dans laquelle il va falloir deviner qui peut être le loup-garou ! Ce type d'enquête avait déjà eu un précédent, puisqu'en 1974, Paul Annett avait réalisé Le Mystère de la Bête Humaine, avec Peter Cushing, film dans lequel un loup-garou décimait un petit groupe et qui avait la particularité de laisser 1 minute au spectateur vers la fin pour déterminer qui était ce fameux loup-garou, la minute apparaissant sous forme de chronomètre à l'écran ! Un gimmick des plus amusants et qui aurait très bien pu être réutilisé dans le film de Josh Ruben. Sur le papier, adapter ce jeu vidéo pouvait sembler un peu casse-gueule mais au final, c'est un très bonne surprise qui attend le spectateur venu se divertir. Personnellement, je n'attendais pas grand chose de ce film qui m’intriguait tout de même de par son concept et j'ai été assez surpris au final de sa bonne tenue et de sa capacité à amuser sans tomber dans la grosse farce loufoque débile. Le gros point fort de Loups-Garous réside dans sa galerie de personnages, tous excentriques et haut en couleur, que ce soit le couple homo, le couple de rednecks, le prometteur guindé qui veut implanter son gazoduc dans le village, la gérante de l'hôtel dont le mari a disparu, l'ermite qui vit reclus et qui porte des peaux de bête en guise de vêtements ou la charmante postière (Milana Vayntrub) entre autres. Des personnages un brin farfelu comme pouvait l'être les protagonistes vivants à Twin Peaks, l'aspect dérangeant en moins et amusant en plus, et qui vont être éliminés un à un, par ce qu'on suppose être un loup-garou. Mais est-ce bien le cas ? Y-a-t'il vraiment un lycanthrope au sein du groupe ou est-ce une mascarade faite pour mieux tromper l'ennemi ?  C'est ce que devra dénouer le nouveau ranger, Finn Wheeler, excellemment interprété par un Sam Richardson irrésistible en froussard qui veut bien faire et qui est sous le charme de la postière. Ce duo prend le pas sur le reste du casting et se livre à de divertissantes facéties. Car Loups-Garous misent avant tout sur les interactions entre ses différents héros, tous futurs victimes ou loup-garou potentiels ! Le film enchaîne les situations et les retournements de situations, jouant donc avec le comique de situation évidemment, et il le fait de manière fort agréable et habile, devenant plus sérieux quand "la bête" se manifeste et attaque des proies. Dans la veine de Cluedo, des enquêtes d'Hercule Poirot ou du plus récent A Couteaux Tirés, le film de Josh Ruben marque des points et se révèle être une très bonne surprise. Le final versera plus dans l'attendu, avec la révélation de l'identité de "la bête" et quelques effets-spéciaux sympas en guise de cerise sur le gâteau. Si vous voulez passer un bon moment de détente en famille, n'hésitez donc pas, Loups-Garous est parfait pour ça ! Vraiment chouette cette comédie fantastique tout public ! Comme quoi, même un concept dont on pense qu'il ne s'y prêtait pas vraiment peut devenir un bon film sous l'impulsion d'un bon réalisateur, d'un bon scénario et d'une galerie d'acteurs/actrices attachants...

* Disponible en DVD et BR chez METROPOLITAN VIDEO



dimanche 12 septembre 2021

LE SURVIVANT D'UN MONDE PARALLÈLE

LE SURVIVANT D'UN MONDE PARALLÈLE
(The Survivor)

Réalisateur : David Hemmings
Année : 1981
Scénariste : David Ambrose
Pays : Australie, Angleterre
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec : Robert Powell, Jenny Agutter, Joseph Cotten, Peter Summer, Ralph Cotterill...


L'HISTOIRE : Lors d'un crash d'avion causant dans les 300 victimes, seul le capitaine Keller, pilote principal du 747, s'en sort indemne, à son grand étonnement. Victime d'une amnésie suite à l'accident, il ne se souvient pas de ce qu'il sait passé après le décollage. Une enquête est en cours pour déterminer les causes du crash. Peu de temps après, d'étranges événements se déroulent dans la petite ville endeuillée. Le capitaine Keller est alors contacté par Hobbs, une jeune femme qui semble avoir des dons de médium et qui a des choses importantes à lui dire...

MON AVIS : Le cinéma fantastique australien recèle d’œuvres intéressantes et atypiques. Les années 70 ont vu des films tels Pique-nique à Hanging Rock, La Dernière Vague, Les Voitures qui ont mangé Paris, Soif de Sang et bien sûr Mad Max ouvrir le bal quand les années 80 nous ont proposé des longs-métrages tels Patrick, Les Traqués de l'An 2000Razorback, Mad Max 2 le Défi ou bien encore Harlequin entre autres. Malgré un succès relatif dans son pays d'origine, Harlequin a connût une belle promotion dans les autres pays du globe, récoltant par exemple le Prix du jury, le Prix de la Critique et le Prix du Meilleur Acteur au 10ème Festival du film Fantastique de Paris ! De quoi décider les producteurs de poursuivre dans cette veine insolite et de réutiliser l'acteur Robert Powell. Prenant comme base de travail le roman The Survivor de James Herbert, le projet d'adaptation de ce dernier est donc lancé, avec, pour réalisateur, David Hemmings, le célèbre protagoniste principal des films Blow-Up d'Antonioni ou du classique de Dario ArgentoLes Frissons de l'Angoisse. Hemmings a d'ailleurs déjà dirigé Robert Powell en 1972 quand il a tourné son premier film en tant que réalisateur avec Running Scared. Il retrouve donc cet acteur et lui donne à nouveau le rôle principal, celui du capitaine et pilote du Boeing 747 qui va malheureusement se crasher pour une raison inconnue et dont il sera le seul survivant, à sa grande surprise et à celle des habitants et des enquêteurs. Tout comme Harlequin, Le Survivant d'un Monde Parallèle joue dans la catégorie du film insolite, du fantastique atmosphérique, qui mise avant tout sur une ambiance d'étrangeté plutôt que sur une action débridée ou des effets sanguinolents. Avec son postulat mystérieux, ses questions qui restent en suspens jusqu'à la révélation finale (comment et pourquoi le pilote a-t-il survécu ? Quel est l'origine du crash ?), des apparitions qu'on pourraient appeler de fantomatiques, comme cette petite fille dont on a clairement vu qu'elle faisait partie des passagers et qui, pourtant, apparaît à certains habitants et provoque leur mort, son enquête qui piétine et la présence de cette médium, interprétée par Jenny Agutter, qui semble avoir des révélations à faire au héros, David Hemmings propose ici un travail de qualité et une mise en scène posée mais assez efficace qui distille incertitudes, non-dits et énigmes de manière intrigante. Autant d'éléments qui donnent envie d'en savoir plus, de comprendre le pourquoi du comment. Robert Powell se donne pleinement dans son rôle et on participe avec lui à déterminer les origines du crash, tout en essayant de deviner le twist possible qui va venir tout éclaircir à la fin. La scène du crash, le soin apporté à la reconstitution du site où l'avion s'est écrasé, avec ces corps calcinés, ses parties d'avion éventrées et disséminées un peu partout, participent pleinement à donner un aspect réaliste au film, ce qui contraste parfaitement bien avec l'ambiance plus fantastique qui domine. La scène du cimetière est très belle, tout comme celle du hangar entre autres. La photographie est soignée, on sent que malgré un budget correct mais pas non plus excessif, David Hemmings et son équipe ont tout fait pour offrir au public le meilleur film possible. On remarque aussi la présence du célèbre acteur Joseph Cotten, dans le rôle d'un prêtre, prestation somme toute assez banale et anecdotique pour ce qui sera d'ailleurs la dernière apparition de l'acteur sur un écran. Parmi les autres points forts du film, on citera la partition de Brian May, parfaite pour illustrer les images qu'elle accompagne. Si vous avez déjà vu le film, vous avez peut-être noté que l'histoire est parfois un petit peu bancale. Il faut savoir que Le Survivant d'un Monde Parallèle s'est vu amputé d'une bonne dizaine de minutes, ce qui a évidemment pour effet de rendre le récit moins cohérent. Bonne nouvelle, la présente édition propose le montage amputé mais également la version intégrale du film, ce qui permet de reboucher certains trous narratifs et de donner une meilleure cohérence à l'ensemble. C'est bien évidemment cette version intégrale qu'on privilégiera désormais quand on voudra voir ou revoir ce film bien sympathique, qui possède un petit charme vintage agréable et dont le final a du apparaître comme étant bien surprenant à l'époque de sa sortie. Bien sûr, en 2021, si vous avez vu tous vos classiques, le pot-aux-roses sera assez facilement décelable mais cela n'enlève rien à la qualité de ce Survivant d'un Monde Parallèle, qui mérite d'être réévaluer à la hausse. Tombé dans l'oubli, le film de David Hemmings (son meilleur ?) va pouvoir bénéficier d'une nouvel mise en lumière et satisfaire les amateurs de récit étrange et de film d'ambiance insloite.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> RIMINI EDITIONS <-
Toujours présenté dans un beau digipack trois volets sous fourreau, ce nouveau titre de la superbe collection de chez Rimini Editions est proposé avec ses deux montages (cut et intégrale) sur un BR et sur 2 DVD. En bonus, des archives du tournage et un interview du producteur du film et du directeur de la photographie. Le traditionnel livret de Marc Toullec est également au rendez-vous. Encore une belle édition de la part de ce sympathique éditeur.



jeudi 9 septembre 2021

DEMONIC

 

DEMONIC
(Demonic)

Réalisateur : Neill Blomkamp
Année : 2021
Scénariste : Neill Blomkamp
Pays : Canada
Genre : Fantastique, Horreur
Interdiction : /
Avec : Carly Pope, Chris William Martin, Michael J Rogers, Nathalie Boltt, Terry Chen...


L'HISTOIRE : Grâce à un procédé révolutionnaire, une jeune femme pénètre dans l’esprit de sa mère, condamnée pour meurtres et désormais plongée dans le coma. Mais l’exploration de son inconscient tourne à l’affrontement, libérant un démon tapis dans l’ombre...

MON AVIS : Révélé en 2009 avec le très bon film de science-fiction District 9, Neill Blomkamp a ensuite poursuivi dans ce genre qu'il maîtrise plutôt bien, avec Elysium en 2013 puis Chappie en 2015. Ensuite, un passage à vide, le réalisateur revenant au court-métrage jusqu'en 2019. Durant la pandémie de Covid-19, il décide de refaire un long-métrage, qu'il tourne de manière très discrète et avec un budget nettement moins important que sur ses films précédents. Il décide aussi de s'éloigner de l'univers science-fictionnel pour appréhender celui de l'horreur et du fantastique. Le résultat sera donc Demonic, qui débarque en 2021 et qui s'est pris une volée de bois vert de la part des journalistes, avec des avis assez négatifs dans l'ensemble. Alors, ce nouveau film de Neill Blomkamp mérite-t-il cet acharnement ? Pas vraiment même s'il faut bien reconnaître qu'il n'offre pas grand chose de neuf au genre dont il fait partie, à savoir le film de possession démoniaque. Ici, nous sommes en présence de Carly, brillamment interprétée par l'actrice Carly Pope qui tient le film sur ses épaules. La jeune femme vit seule et n'a plus aucun contact avec sa mère depuis que cette dernière a mis le feu à une maison de retraite, faisant 21 victimes, tout en empoissonnant 5 membres de la paroisse locale. Les raisons de ces actes inconsidérés restent un mystère. Lorsqu'un ancien ami de l'époque recontacte Carly pour lui dire que sa mère est dans le coma et a été placé dans une clinique moderne qui travaille sur un projet assez atypique, la jeune femme se résout à aller lui rendre une ultime visite. C'est là que Neill Blomkamp apporte une touche d'originalité à son film, du moins en apparence. En effet, cette curieuse clinique a mis au point un système de casque permettant d'envoyer l'avatar d'une personne dans le subconscient d'une autre personne et ce, afin de rentrer en contact avec cette dernière si elle est plongée dans le coma par exemple. OK. Cette idée, ce principe vous rappelle le film The Cell de Tarsem Singh, avec Jennifer Lopez. Bingo. L'originalité s'estompe donc d'un coup, sans toutefois que son intérêt s'amenuise. Voyons comment Blomkamp va utiliser ce procédé. La vraie originalité se situe dans la représentation des images issues de l'esprit de la personne dans laquelle on va venir fouiller. Utilisant la technologie de la capture volumétrique, le réalisateur offre trois séquences qui nous projettent dans un monde virtuel informatique, un peu comme si on regardait un gamer jouer au PS VR. L'effet est sympa et contraste avec les images normales du reste du film. La rencontre virtuelle entre Carly et sa mère va mettre en évidence que cette dernière n'est pas folle, ni une effroyable tueuse en série mais que son esprit, son corps a été infecté par un démon ! Un cas de possession donc, avec un démon au look assez réussi, puisqu'il prend la forme d'un terrifiant corbeau noir ! Blomkamp joue avec les clichés du genre et ne s'interdit donc pas la traditionnelle scène avec une contorsionniste qui marche à l'envers, à la manière de la désormais célèbre scène ajoutée de L'Exorciste, la Spiderwalk, et qui a depuis été maintes fois reprise dans les films de possession récents. L'autre originalité du film est dans la présentation des personnages des exorcistes justement, qui interviennent vers la fin. Dommage que le réalisateur ne les mettent pas plus en avant, faute de budget certainement. Les voir en action contre le démon dans le monde virtuel aurait été un grand moment je pense. Mais le film, comme déjà dit, a été tourné durant la pandémie, avec donc peu d'acteurs et un budget limité. Il ne faut pas s'attendre à du spectaculaire mais plus à un film intimiste, qui propose quelques séquences de doux frissons, sans toutefois provoquer une peur ou un stress bien réel chez le spectateur. Exit également l'aspect sanguinolent, très peu présent au sein du film. Blomkamp préfère s'attarder à placer son héroïne dans des situations compliquées, émotionnellement parlant, la relation très tendue avec sa mère n'étant pas des moindres. Si le final, avec casque à vision nocturne, nous rappelle le final du Silence des Agneaux, la scène avec l'expulsion du démon d'un corps qu'il possédait est franchement sympa. Il faut donc prendre Demonic pour ce qu'il est : un petit film tourné dans des conditions particulières, qui a du s'adapter aux contraintes et dans lequel Blomkamp insère une technologie S-F qui permet de monter le niveau d'ambition d'un cran. La réalisation est bonne, tout comme la photographie. Les critiques virulentes sont un peu exagérées même s'il faut bien reconnaître que Demonic ne restera pas dans les annales et aura du mal à se démarquer réellement de la masse déjà bien balisée des films de possession. Reste qu'on est content de revoir Neill Blomkamp derrière une caméra et on espère que son futur film sera un peu moins formaté et plus percutant.

* Disponible en DVD et BR chez METROPOLITAN VIDEO



  

mercredi 8 septembre 2021

PEUR SUR LA VILLE

PEUR SUR LA VILLE
(Peur sur la Ville)

Réalisateur : Henri Verneuil
Année : 1975
Scénariste : Henri Verneuil
Pays : France, Italie
Genre : Policier
Interdiction : /
Avec : Jean-Paul Belmondo, Charles Denner, Adalberto Maria Merli, Rosy Varte...


L'HISTOIRE : Le commissaire Letellier et son adjoint Moissac, affectés à la brigade criminelle, sont envoyés sur le lieu d'un drame. Une femme semble s'être défenestrée après avoir reçu des menaces au téléphone. Letellier ne s'intéresse pas vraiment à cette affaire car son ancien ennemi, le braqueur Marcucci, est de retour en ville. Les choses changent quand un certain Minos le contacte pour dire qu'il est l'auteur du meurtre et qu'il va poursuivre sa quête punitive envers les femmes libertines. Menant son enquête, Letellier découvre que de nombreuses femmes sont victimes de menaces téléphoniques qui pourraient être l'oeuvre de Minos. Un petit jeu du chat et de la souris s'instaure entre les deux hommes...

MON AVIS : Coproduction frano-italienne, Peur sur la ville, réalisé par Henri Verneuil, est sortit dans les salles le 9 avril 1975, soit le jour des 42 ans de Jean-Paul Belmondo. Un beau cadeau d'anniversaire tant ce film policier est une belle réussite. La séquence introductive rend hommage au genre purement italien du giallo et se révèle vraiment bien dans l'esprit de ce genre codifié à l'extrême. La suite est plus dans l'esprit des films policiers français mais reste des plus efficaces,avec un Bebel parfait dans le rôle de ce commissaire aux méthodes un peu expéditives, méthodes qui lui ont valu des remontrances lors d'une course-poursuite contre le braqueur Marcucci quelques années plus tôt et dans laquelle un piéton a reçu une balle perdue. Lorsqu'il apprend le retour de sa Némésis en ville, le commissaire Letellier ne s'intéresse plus qu'à ça et met de côté son enquête sur le décès d'une femme défenestrée. Pourtant, son nouvel ennemi est bien plus inquiétant que Marcucci, qui reste un voyou ordinaire. Tout le contraire du fameux Minos, devenu une figure culte du cinéma policier français. Blond comme les blés et possédant un œil de verre, ce qui lui confère un faciès malaisant, Minos est un pur détraqué, qui s'est mis en quête de punir les femmes un peu trop olé-olé. Après les avoir menacé au téléphone, il s'en prend physiquement à elles et nargue la police de ses méfaits. La traque et la relation subtile qui va s'établir petit à petit entre Minos et le commissaire Letellier font tout le sel du film, qui permet en plus à Belmondo de se livrer à quelques séquences de haute voltige, à un véritable festival de cascades en tout genre. Entre les courses-poursuites en voitures, chorégraphiées par Remy Julienne bien sûr, la course-poursuite périlleuse sur les toits des Galeries-Lafayette Hausseman dans le 9ème arrondissement (superbe séquence très stressante), la scène sur le toit du métro ou la séquence de l’hélitreuillage à la fin entre autres, avec la participation des membres du GIGN, cellule créée en 1973, on en a pour notre argent niveau action. La mise en scène d'Henri Verneuil est carrée, sans fioriture. On a tout de même parfois l'impression de voir deux films distincts au début, avec la traque de Marcucci qui vient parasiter celle de Minos, qui reste un peu en retrait avant de réellement devenir le sujet central. Ce qui est plaisant dans Peur sur la Ville, c'est que le spectateur a des coups d'avance sur le commissaire Letellier en ce qui concerne Minos et certaines scènes (l'hôpital, l'entrevue au commissariat en présence du tueur incognito) sont donc assez jubilatoires, on a envie de crier à travers son écran à Belmondo "Mais c'est lui, il est devant toi, arrête-le !". Impossible de ne pas mentionner la partition musicale d'Ennio Morricone bien sûr, personnage à part entière du film. Énorme succès populaire, Peur sur la Ville reste un classique, pas dénué de quelques défauts, mais le spectacle et le divertissement sont au rendez-vous.

 

lundi 6 septembre 2021

LE MAGNIFIQUE

 

LE MAGNIFIQUE
(Le Magnifique)

Réalisateur : Philippe de Broca
Année : 1973
Scénariste : Philippe de Broca, Vittorio Caprioli, Jean-Paul Rappeneau, Francis Veber
Pays : France, Italie, Mexique
Genre : Comédie, Action
Interdiction : /
Avec : Jean-Paul Belmondo, Jacqueline Bisset, Vittorio Caprioli, Jean Lefebvre...


L'HISTOIRE : Romancier populaire à succès ayant déjà écrit 42 aventures de son héros Bob Sinclar, François Merlin planche sur son nouveau roman, qu'il rédige au sein de son appartement miteux. Pour façonner ses personnages, il utilise ceux qu'ils croisent dans sa vie de tous les jours, comme sa charmante voisine Christine, qui devient Tatiana dans son nouveau roman, ou son vil éditeur, qu'il transforme en Karpof, le génie du crime que doit combattre Bob Sinclar. Les tracas du quotidien ou l'affection qu'il porte à Christine en secret chamboule parfois sa façon d'écrire...

MON AVIS : 6 septembre 2021. Décès de Jean-Paul Belmondo, grand acteur populaire français, connu pour sa gentillesse et les prises de risques qu'il prenait lors des tournages de ses films, puisqu'il réalisait lui-même ses cascades. Pour lui rendre un petit hommage bien mérité, lui qui a enchanté de nombreuses séances télévisées quand j'étais adolescent, je viens de me revoir l'un de ses films-phares, à savoir Le Magnifique. Réalisé en 1973 par Philippe de Broca, Le Magnifique est un film qui donne le sourire, la banane. C'est une comédie jubilatoire, qui nous propose deux univers : celui, un peu triste et morne, du romancier François Merlin, qui vit dans un appartement qui tombe en ruine, qui n'arrive pas à payer ses factures, qui n'a aucun soutien de son éditeur, le vil Charron, et dont la seule note de positivisme tient en la rédaction de ses romans et la présence d'une charmante voisine, Christine, dont il est secrètement amoureux ; l'autre, c'est la visualisation des pages de son nouveau roman. Et là, place à l'aventure, à l'action, à l'espionnage, aux décors paradisiaques,  aux bagarres et à l'humour, grâce au héros Bob Sinclar, une parodie de James Bond, un athlète au sourire craquant, au corps musclé comme un éphèbe, au charme inimitable. Belmondo interprète bien sûr les deux personnages et quand Bob Sinclar est à l'écran, c'est un pur plaisir que de le regarder mener à bien ses missions, protéger la belle Tatiana et lutter contre le méchant Karpof, dans des aventures le menant au Mexique, principalement dans la ville d'Acapulco. Sourire ultra-brite qui fait fondre le cœur des dames, torse et abdos en acier, teint bronzé, Bob Sinclar a tout pour lui et ses aventures passionnent des milliers de lecteurs. La grande originalité du film, c'est que tous les personnages qui prennent vie du roman sont issus de la vie de François Merlin. Christine, Charron, le plombier, l'électricien et j'en passe, vont servir l'imagination du romancier. Ce dernier, au gré de son humeur, de ses frustrations, de ses envies, de ses fantasmes, adapte son récit, fait subir les pires sévices à ceux qui lui ont causé du tord et on se prend à rire devant les facéties qu'il leur fait subir. Le romancier est maître de la destinée de ses personnages et même son héros peut en faire les frais. Il suffit que François Merlin soit contrarié pour que Bob Sinclar devienne ridicule, n'arrive plus à sauter dans sa voiture, rate ses cibles ou se prennent les pieds dans le tapis. La majorité des scènes mettant en vedette Bob Sinclar sont impayables, que ce soit ses vêtements, ses répliques, sa façon de marcher, de charmer ou de se tirer d'affaire. Jacqueline Bisset, dans le double-rôle de Christine / Tatiana est parfaite également, tout comme l'acteur Vittorio Caprioli, qui joue Charron et Karpof. Les rebondissements, les retournements de situation, le comique de situation également, tout file à 100 à l'heure dans un grand mélange de kitsch assumé et de référence aux films d'espionnage classique. Le film s'autorise tous les excès, comme ce déferlement de gore bon enfant où le sang couleur peinture rouge recouvre les ennemis ou coule sur un escalier tel un torrent. Le pauvre Jean Lefebvre en fera les frais. Les transitions entre François Merlin et Bob Sinclar sont superbement agencées, le rythme est énergique, on en voit clairement pas le temps passer. Belmondo est vraiment magnifique dans ce double-rôle qui lui va comme un gant et il éclipse tous les autres membres du casting  aussi talentueux soient-ils. Une comédie vraiment admirable, fort drôle et rondement menée par une équipe en état de grâce.