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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




lundi 13 mai 2019

SIXIÈME CONTINENT - LE

LE SIXIÈME CONTINENT
(The Land that Time Forgot)

Réalisateur : Kevin Connor
Année : 1974
Scénariste : James Cawthorn, Michael Moorcock
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Aventure, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Doug McClure, John McEnery, Susan Penhaligon, Keith Barron, Bobby Parr...


L'HISTOIRE : En 1916, un navire anglais est torpillé par un sous-marin allemand. Quelques survivants, dont Bowen Tyler, parviennent à rejoindre le sous-marin qui a fait surface et à en prendre le contrôle, forçant le capitaine Von Schoenvorts a leur laisser les commandes du submersible. Anglais et Allemands vont devoir apprendre à cohabiter le temps d'un curieux voyage qui va les amener vers l'île de Caprona, réputée inaccessible et oubliée de tous. Un passage situé sous l'île permet au sous-marin de se retrouver à l'intérieur de celle-ci. Les hommes du capitaine Von Schoenvorts et ceux de Bowen Tyler vont alors avoir la surprise d'apercevoir des dinosaures et des hommes préhistoriques...

MON AVIS : Ah quel beau souvenir de mon adolescence ! La découverte à la télévision de ce film d'aventure fantastique de Kevin Connor, réalisé en 1974 (mon année de naissance !) m'avait littéralement enchanté ! Pensez-vous, le cocktail était on ne peut plus savoureux pour le jeune ado fan de cinéma fantastique que j'étais : une île perdue, des dinosaures monstrueux et agressifs, des hommes des cavernes, de l'aventure, de l'action et du dépaysement, voilà ce que proposait Le Sixième Continent et il aurait fallu être bien regardant pour ne pas apprécier pleinement ce grand film familial. Je ne l'avais pas revu depuis et c'est avec une certaine appréhension mais aussi une certaine confiance que j'ai enclenché mon DVD pour me replonger dans cette aventure extraordinaire, du moins dans mon souvenir. Produit par la Amicus, la firme anglaise concurrente de la prestigieuse Hammer Films, Le Sixième Continent est une adaptation d'un récit de 1924, écrit par Edgar Rice Burroughs, romancier ultra célèbre, principalement connu pour être le papa de Tarzan. La première demi-heure du film nous plonge en plein film de guerre, avec ces survivants d'un torpillage qui vont tenter de prendre les commandes du sous-marin qui a atomisé leur bateau. Une première partie qui mise avant tout sur son casting et sur divers retournements de situations, avec multiples affrontements entre les Anglais et les Allemands au sein du submersible. On y fait donc la connaissance des protagonistes principaux, dont Bowen Tyler (Doug McClure), le capitaine Von Schoenvorts (John McEnery) ou la charmante biologiste Lisa Clayton (Susan Penhaligon). Revu avec un œil aguerri, j'ai bien évidemment remarqué que le sous-marin n'était autre qu'une maquette la plupart du temps, ce qui ne m'avait sûrement jamais frappé quand j'étais adolescent. Mais honnêtement, l'illusion est des plus acceptables et l'effet passe assez bien à l'écran. Bien sûr, même si ces joutes au sein du sous-marin nous donnent du bon temps, on a hâte que cet équipage ennemi bien obligé de cohabiter se retrouve sur l'île perdue. Ce sera chose faîte après une périlleuse expédition à travers des grottes sous-marines, où le talent des deux capitaines sera mis à rude épreuve pour ne pas faire couler leur moyen de transport. Une fois émergé, l'équipage, tout comme le spectateur, va être témoin de ce qui fera tout l'intérêt du film, à savoir la vision de divers dinosaures ! Car le temps semble s'être arrêté au sein de l'île de Caprona et les Allosaures, Diplodocus, Ptérodactyles, Triceratops, Tyrannosaures, Elasmosaures et autres créatures antédiluviennes viendront nous ravir les yeux. Alors certes, on est très loin des effets spéciaux de Jurassic Parc et ses suites ! En 1974, il n'y avait pas d'images de synthèse et pour faire apparaître des dinosaures à l'écran, il fallait ruser. On aurait pu penser que le technique de la stop-motion (animation image par image) allait être de mise dans le film mais en fait, c'est plutôt du côté des effets spéciaux japonais que s'est tourné l'équipe du film. En effet, on distingue parfois assez nettement que nos dinosaures ne sont en fait qu'un comédien enfermé dans un costume, façon Godzilla ! Je ne parle pas des Ptérodactyles qui volent dans le ciel de Caprona car leur rigidité totale nous fait bien comprendre qu'il ne s'agit que d'une armature sur lequel un câble est fixé. Parfois, ça passe et parfois, c'est gros comme une maison. Mais ces effets spéciaux à l'ancienne, tantôt réussis, tantôt ratés, ils participent pleinement au charme et à la nostalgie qui se dégage de l'ensemble et c'est avec un petit sourire jamais méchant qu'on regarde toutes ces créatures préhistoriques s'agiter devant les acteurs qui font tout leur possible pour qu'on y croit. Outre cette faune improbables, l'équipage va aussi rencontrer divers hommes préhistoriques, plus ou moins évolués. Car l'une des bonnes idées du récit de Burroughs, peut-être pas assez exploité dans le film, c'est que l'île de Caprona possède sa propre évolution et sa propre échelle du temps. Plus on s'aventure dans le nord de l'île et plus l'évolution des espèces est accrue. D'où l'existence de plusieurs tribus d'hommes préhistoriques. C'est un peu comme si l'Australopithèque avait vécu avec l'homme de Neandertal et l'Homo Sapiens en même temps ! Intéressant ! Le final sera riche en explosion en tout genre (l'île est volcanique) et on ne peut penser qu'à Adam et Eve lors de l'ultime image. Le Sixième Continent reste donc un film au charme intact et on passe sur ses effets spéciaux assez rudimentaires pour ne retenir que le plaisir de l'Aventure avec un grand A ! Il connaîtra deux suites, à savoir Centre Terre, Septième Continent en 1976 puis Le Continent Oublié en 1977, toutes deux réalisées par Kevin Connor et avec la présence de Doug McClure. Le réalisateur et l'acteur se retrouveront une quatrième fois en 1978 avec Les Sept Cités d'Atlantis


dimanche 12 mai 2019

LA REVANCHE DES MORTES VIVANTES

LA REVANCHE DES MORTES VIVANTES
(La revanche des Mortes Vivantes)

Réalisateur : Pierre B. Reinhard
Année : 1987
Scénariste : Jean-Claude Roy
Pays : France
Genre : Gore, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Cornélia Wilms, Kathryn Charly, Anthea Wyler, Véronique Catanzaro...


L'HISTOIRE : Sur une route de campagne, en France, un motard suit un camion-citerne transportant du lait et profite de l'arrêt du véhicule pour introduire un produit toxique dans la cuve. Plus tard, dans un village avoisinant, une future mariée s'effondre après avoir bu un verre de lait. Une mort violente que suivent de près celles de deux autres jeunes femmes dans un bar. Point commun reliant les victimes : toutes trois travaillaient dans une usine d’engrais agricoles. Tandis que les soupçons se portent vers son directeur, les trois victimes sortent de leur tombe à la nuit tombée...

MON AVIS : Amis amateurs de série Z, vous qui êtes fans du fameux Le lac des Morts Vivants, le film dont je vais vous parler aujourd'hui est pour vous ! Réalisé en 1987, dans la Sarthe, cette production française fait partie d'un genre qui était, à l'époque, quasi inexistant dans notre pays : le film gore. On pourrait citer tout de même certains films de Jean Rollin comme Les Raisins de la Mort, La Morte Vivante ou bien encore le Ogroff de Norbert Moutier mais sinon, le cinéma gore n'est franchement pas à la mode chez nous. D'ailleurs, le producteur de La Revanche des Mortes Vivantes, Jean-Claude Roy, savait exactement ce qu'il voulait faire avec ce film : un long-métrage gore français ! Comme le monde est petit, Jean Rollin lui communique le nom de Benoit Lestang, qui a réalisé les effets spéciaux et de maquillage sur La Morte Vivante. C'est donc à ce talentueux artisan que sera confié le soin de réaliser les masques, prothèses et effets gores de La Revanche des Mortes Vivantes et ce, avec un budget microscopique. Le scénario du film est un peu confus : on suit au début un motard qui déverse un produit dans du lait, puis on découvre que le lait est intoxiqué et cause la mort de trois jeunes filles, qui travaillaient pour l'usine chimique de la région. On fait alors connaissance avec la secrétaire du directeur qui connait le motard, loue les services d'une prostituée pour filmer son patron à son insu et j'en passe. Bref, on se dit qu'elle a bien des choses à se reprocher celle-là ! Mais le directeur n'est pas mieux, puisqu'au lieu de payer pour stocker les déchets de son usine, il les fait déverser dans le cimetière du coin. C'en est vraiment trop pour nos trois mortes, qui décident de se lever de leur tombeau et de se venger ! Ça s'annonce bien pour les fans de gros Z ! Elles vont donc commencer leur vengeance en éliminant la femme du directeur. Le gore fait son apparition et notre pauvre dame aura l’œil crevé à coup de talon aiguille. Sympa ! Après leur méfait, nos mortes retournent dans leur tombeau. Intervient un nouveau personnage, Christian, le chimiste de l'usine et amant de la femme du directeur, qui débite ses phrases de dialogues soit comme un poème, soit de façon monocorde du plus bel effet ! Inexpressif au possible, il concours sans soucis pour obtenir la palme du plus mauvais acteur du film ! Et pourtant, il y a de la concurrence ! On poursuit cette drôle d'aventure avec l'homme de main du directeur qui vient reverser ses déchets dans le cimetière, faisant sortir à nouveau les mortes vivantes, cette fois sous l’œil de Christian qui n'en croit pas ses yeux justement ! L'homme de main rencontrera sur la route nos charmantes mortes vivantes qui lui réserveront un sort peu enviable, pour l'une des scènes les plus gores et les plus douloureuses du film, les personnes l'ayant vu savent de quoi je veux parler ! Réalisé par Pierre B. Reinhard, metteur en scène ayant travaillé dans le cinéma X, La Revanche des Mortes Vivantes flirte souvent avec l'érotisme, un érotisme léger, qui ne réveillera pas un mort mais qui égaye notre vision ! Comme chez Jean Rollin, le mariage du gore et du sexe est monnaie courante dans le film, on ne s'en plaindra pas même si ça n'apporte rien de neuf au niveau du déroulement de l'histoire. Par la suite, on assiste encore au réveil de nos trois copines, qui, aussi incroyable que cela puisse paraître, savent conduire ! De plus, on découvre qu'elles sont plutôt perverses car elles réservent une bien étrange punition à une de leur victime, en lui enfonçant une épée dans le vagin après avoir abusé de ses charmes ! Un grand moment de n'importe quoi jubilatoire ! Une autre séquence bien glauque mettra en scène la femme enceinte de Christian, qui voit son ventre fondre sous un effet d'un acide et laisse apercevoir le fœtus ensanglanté. Choquant, quasi gratuit, mais l'effet voulu est bien atteint. Je ne dévoilerai pas le twist final qui vaut aussi son pesant de cacahuètes. Pour l'anecdote, ce twist a été retiré des copies cinéma suite aux plaintes des aficionados. A vous de voir ce que vous en pensez ! Mal joué, proposant des dialogues hilarants, un rythme pas franchement soutenu mais servi par des maquillages et des effets gores de qualité, ainsi que par une bonne partition musicale de Christian Bonneau (sous le pseudo de Christopher Ried)La Revanche des Mortes Vivantes est une oeuvre fauchée qui prête plus à sourire qu'autre chose. Elle ne participera jamais à faire briller de mille feux le cinéma horrifique français mais elle a le mérite d'exister et d'avoir essayer de s'aventurer dans un genre souvent conspué par chez nous. Rien que pour ça, elle mérite d'être découverte !

* Disponible en combo DVD + BR + BO chez LE CHAT QUI FUME

LE DVD / BR
Personne n'aurait pu imaginer que ce film, catégorisé dans la rubrique nanar français cinq étoiles, se soit vu offert une édition de cette qualité ! Digipack trois volets avec fourreau, DVD et BR du film avec, cerise sur le gâteau, le CD de la B.O ! Niveau bonus, on a des interviews de Pierre B. Reinhard, de Jean-Claude Roy, de Benoit Lestang, ainsi qu'un module sur ce dernier traité par Christophe Lemaire qui l'a bien connu. Lemaire signe également un petit livret de deux pages fourni avec cette édition de luxe. Un petit module de 4minutes sur la diffusion du film sur Ciné FX et des bandes-annonces sont aussi au menu. De quoi combler les fans de ce film hors-norme.


AMOUR ET MORT DANS LE JARDIN DES DIEUX

AMOUR ET MORT DANS LE JARDIN DES DIEUX
(Amore e Morte nel Giardino degli Dei)

Réalisateur : Sauro Scavolini
Année : 1972
Scénariste : Sauro Scavolini
Pays : Italie
Genre : Thriller, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Erika Blanc, Peter Lee Lawrence, Ezio Marano, Orchidea de Santis, Rosario Borelli...


L'HISTOIRE : Se rendant dans la petite ville de Spoleto, près de Pérouse, pour des travaux d'études, un ornithologue allemand s'installe dans une propriété isolée au milieu d'un parc immense, abandonnée par les derniers occupants depuis plusieurs années. Au cours d’une de ses promenades, il découvre des bandes magnétiques dissimulées derrière des buissons et entreprend de les écouter. Il entre ainsi dans l'intimité d'Azzurra, jeune femme perturbée à la sexualité déviante, qui se confie à son psychiatre. Le scientifique ignore que la découverte de ces bandes le met en danger de mort...

MON AVIS : Scénariste de nombreux westerns et gialli, Sauro Scavolini décide de passer derrière la caméra en 1972 avec ce film au titre magnifique : Amour et Mort dans le Jardin des Dieux. Un titre qui nous fait penser qu'on va avoir droit à un giallo mais ce ne sera pas le cas puisque le film est avant tout un thriller, voir même un drame psychologique. Frère de Romano Scavolini (Exorcisme Tragique, Cauchemars à Daytona Beach...), Sauro Scavolini demande l'aide de ce dernier pour l'assister sur son film, en tant que producteur mais aussi en tant que directeur de la photographie. Sur ce dernier point, c'est une réussite puisque picturalement, Amour et Mort dans le Jardin des Dieux est visuellement superbe, que ce soit les scènes en intérieur ou celles se déroulant dans un parc gigantesque, boisé et verdoyant. Pour raconter son histoire, Sauro Scavolini utilise un principe simple mais efficace : il place un vieil ornithologue allemand (Franz von Treuberg) dans une luxueuse villa abandonnée, située à l'intérieur d'un immense parc, et dans laquelle un drame a eu lieu. Le scientifique découvre lors d'une promenade un tas de vieilles bandes audio qu'il va écouter. Celles-ci sont les enregistrements des séances de psy d'Azzura, une femme dont on va alors découvrir la vie à travers de multiples flashback. Azzura, interprétée par Erika Blanc, actrice bien connue des amateurs de cinéma Bis, mène une vie assez étrange, puisqu'elle couche avec son mari Timothy (Rosario Borelli) mais semble jouer de son pouvoir de séduction avec son propre frère Manfredi (Peter Lee Lawrence). Ce dernier est en effet totalement sous l'emprise de sa sœur et ne supporte pas de la voir marié à un autre homme. Une situation familiale proche de l'inceste qui permet au film de friser les limites du malsain et de dégager une atmosphère étouffante et oppressante, qui parvient à créer un léger malaise. Une situation qui va mener à un drame bien évidemment, car même si Manfredi tente d'oublier sa sœur avec la très jolie Viola (Orchidea de Santis), les pulsions qu'il ressent pour Azzura sont plus fortes que sa raison. Dans Amour et Mort dans le Jardin des Dieux, tous les personnages semblent avoir un problème psychologique, que ce soit le mari qui adore se soûler, le psy qui n'a pas l'air bien net non plus, Azzura et ses déviances sexuelles bien sûr et Manfredi qui décroche le pompon. Même le gardien de la villa semble avoir un grain, plaçant des pièges à loups partout dans le parc, au risque que les promeneurs se blessent mortellement. Quant à a charmante Viola, elle n'est pas en reste non plus, je vous laisse le découvrir par vous même. Avec une minutie qui se voit et surtout se ressent à l'écran, Sauro Scavolini peaufine son ambiance morbide tout en nous réservant quelques rebondissements de situation bien trouvés. Le rythme du film est très lent, suave mais il correspond bien à ce que veut nous faire ressentir le réalisateur. Plus on avance dans l'écoute des bandes, plus le mystère devient intrigant et plus on se laisse prendre par la main jusqu'au dénouement final. Une bonne pincée d'érotisme et un peu de violence viendront égayer l'ensemble, tout comme la partition de Giancarlo Chiaramello. Pour son coup d'essai, Sauro Scavolini n'a pas réalisé une oeuvre évidente et n'a pas recherché la facilité. Il aurait mettre un scène un simple giallo mais a préféré s'attarder sur une approche psychologique de ses personnages et sur des situations ambiguës qui créent une angoisse qui parvient à incommoder le spectateur. C'est tout à son honneur.

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME

LE DVD / BR :
Image trouble, mal définie, on n'y voit quasiment rien et on se croirait revenu à l'époque de la VHS ! Comment ? Vous ne me croyez pas ? Bon, d'accord, j'aurai encore tenté de dénigrer une édition de notre matou fumeur préféré mais rendons-nous à l'évidence, c'est une mission impossible ! La qualité d'image est impeccable et rend honneur au travail de Romano Scavolini. Le film est uniquement en VOSTF. Parmi les bonus, on trouve deux interviews, une de Erika Blanc et une de Orchidea de Santis qui reviennent toutes les deux sur le film qui nous intéresse ici. Des bandes annonces viennent compléter le superbe combo présenté en digipack avec fourreau.




samedi 11 mai 2019

LE BOSSU

LE BOSSU
(Le Bossu)

Réalisateur : André Hunebelle
Année : 1959
Scénariste : André Hunebelle, Pierre Foucaud, Jean Halain
Pays : France
Genre : Aventure, Cape et d'épée
Interdiction : /
Avec : Jean Marais, Bourvil, Sabina Selman, Jean Le Poulain, Hubert Noël...


L'HISTOIRE : Le chevalier Henri de Lagardère est sur le chemin de l'exil. Il s'arrête une dernière fois au château du Duc de Nevers afin de l'affronter en duel et découvrir sa botte secrète que l'on dit "imparable". Sur place, Lagardère apprend qu'un complot se trame contre le Duc. C'est son cousin, le prince Philippe de Gonzague, qui a décidé de le faire assassiner afin de s'approprier sa fortune. Lagardère combat les conspirateurs aux côtés de Nevers qui est blessé mortellement. Avant de mourir, il fait jurer à son ami chevalier de prendre soin de sa fille Aurore qu'il a secrètement eu avec Isabelle de Caylus. Bien des années plus tard, Lagardère revient enfin en France, accompagné d'Aurore, afin de venger Nevers. Pour ne pas se faire reconnaître, il prend l'apparence d'un bossu et va pouvoir ainsi accomplir sa vengeance…

MON AVIS : Classique du film de cape et d’épée à la française, Le Bossu de André Hunebelle fait partie de ces films indémodables que l’on revoit toujours avec plaisir et nostalgie et dont la simple évocation du titre fait surgir moult souvenirs dans notre esprit, du moins pour ceux qui l’ont découvert étant enfant. S’il ne parvient pas à égaler les chefs-d'œuvre américains du genre, comme Scaramouche, Les trois mousquetaires ou autres films avec Errol Flynn par exemple, il reste néanmoins un divertissement solide et la qualité de son casting y est pour beaucoup. L’illustre Jean Marais joue ici un double-rôle taillé sur mesure, assisté de son fidèle compagnon interprété par Bourvil, qui sera l’élément comique du film bien sûr. Bien que Le Bossu traîne une solide réputation, force est de constater toutefois que certains petits défauts viennent amoindrir son impact quand on le revoit. Jean Marais se montre plus à son aise en bossu qu’en chevalier de Lagardère. Par contre, on trouvera assez étrange qu’il ne vieillisse pas vraiment alors que l’enfant qu’il protège devient une belle jeune femme. Le rythme est parfois un peu mou et certaines scènes auraient gagné à être plus courtes pour gagner en dynamisme. Les duels et les combats à l’épée restent dans une bonne moyenne du genre mais ils manquent tout de même de virtuosité dans l’ensemble. On pourra regretter que la violence, fort sage, soit très aseptisée mais c’est avant tout un film grand public et familial, ce qui explique ce fait. Malgré tout, Le Bossu se savoure encore et toujours, les dialogues sont bien écrits, certaines répliques restent dans les mémoires (« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi »), les costumes, très colorés et les décors, notamment en extérieur, participent au spectacle, tout comme la musique de Jean Marion, qui a composé un thème inquiétant qui accompagne chaque apparition du personnage du bossu. Une bonne idée ! Cette adaptation du célèbre roman de Paul Féval reste en tout cas un beau divertissement que les vrais amoureux des films d’antan sauront apprécier à sa juste valeur. La collaboration entre Hunebelle et Marais se poursuivra après ce film puisque le duo retravaillera ensemble sur six autres films, dont Le Capitan, Le miracle des loups, Les mystères de Paris et la trilogie des Fantômas.

mercredi 8 mai 2019

LE CIRQUE DE LA PEUR

LE CIRQUE DE LA PEUR
(Circus of Fear / Psycho-Circus)

Réalisateur : John Llewellyn Moxey
Année : 1966
Scénariste : Harry Alan Towers
Pays : Angleterre, Allemagne
Genre : Policier
Interdiction : /
Avec : Christopher Lee, Leo Genn, Anthony Newlands, Klaus Kinski, Margaret Lee...


L'HISTOIRE : A Londres, un fourgon blindé transportant des sacs remplis de billets de banque est braqué par un gang près du Tower Bridge. Le butin est ensuite dissimulé dans le Cirque Barberini par l'un des membres. Coïncidence ? Le cirque est bientôt la proie d'étranges meurtres au couteau visant son personnel. Un inspecteur de police chevronné mène alors l'enquête, laquelle s'annonce difficile, tant les suspects au sein de la troupe sont nombreux...

MON AVIS : Réalisateur de nombreux téléfilms et épisodes de séries télévisées, John Llewellyn Moxey a donné au cinéma fantastique un film étonnant traitant de la sorcellerie en 1960, La Cité des Morts. Au générique de ce dernier, on trouve un certain Christopher Lee, acteur mythique que John Llewellyn Moxey retrouvera donc six ans plus tard dans Le Cirque de la Peur. Adaptation d'un roman d'Edgar Wallace, Le Cirque de la Peur est donc un Krimi, ou, plus simplement, un film policier mettant en scène des criminels, des meurtres, des inspecteurs de police, du suspense, de nombreux coupables potentiels et un twist final. Ancêtre du Giallo italien, le Krimi (roman policier allemand) est né en Allemagne et a connu son heure de gloire dès les années 1900. Le romancier Edgar Wallace en est l'emblématique auteur et on compte plus d'une trentaine d'adaptations cinématographiques de ses romans entre 1959 et 1972. Avec Le Cirque de la PeurJohn Llewellyn Moxey signe un Krimi de qualité qui doit beaucoup à son casting anglo-allemand, plus d'ailleurs qu'à son scénario, qui reste assez classique dans ses grandes lignes. On trouve donc au générique des noms tels Klaus Kinski, Leo GennAnthony Newlands, Suzy Kendall ou la jolie blonde Margaret Lee, qui n'était autre que la doublure officielle de Marilyn Monroe ! Un casting séduisant et impeccable donc, qui donne vie à une galerie de personnages ambigus qui vivent pour la plupart au sein d'un cirque qui va devenir le théâtre de meurtres commis au couteau de lancer. Le début du film fait du spectateur le témoin d'un braquage de fourgon blindé minutieusement préparé, du moins jusqu'à ce que l'un des malfaiteurs ne soit pris de panique et tire sur un des convoyeurs. Une erreur qui n'est pas du goût du grand patron, dont tous ses hommes ignorent l'apparence. Le brebis galeuse se voit confier une valise contenant une importante somme d'argent dérobé et doit se rendre à un endroit bien précis s'il veut la vie sauve. Ce dernier se retrouve dans la réserve d'une ferme et se fait tuer. C'est juste à côté de cet endroit que vient s'installer le cirque Barberini et on se doute que la valise contenant le pactole va devenir le centre d'intérêt de plusieurs personnes. Banco, ça ne rate pas. Les choses vont encore plus se compliquer pour les circassiens puisque le brillant inspecteur Elliot (Leo Genn) va venir fouiner et tenter de démêler cette affaire de braquage et de meurtres. L'enquête va prendre des allures certes classiques (on attend presque de voir débarquer Hercule Poirot, Miss Marple ou même John Steed et Emma Peel) mais le film reste divertissant, réserve quelques rebondissements bienvenus et surtout, tente de brouiller les pistes avec une belle énergie. Le dompteur de fauves (Christopher Lee) porte toujours une cagoule noire sur son visage, suite à un terrible accident apparemment. Est-ce bien vrai ? Gina (Margaret Lee) doit se marier avec Mario (Maurice Kaufmann), le lanceur de couteau, mais ce dernier est extrêmement jaloux et fais vivre un enfer à sa dulcinée. Pourrait-il être à l'origine des meurtres ? Ou bien serait-ce le nain maître-chanteur (Skip Martin) ou bien encore Carl, le Monsieur Loyal (Heinz Drache), qui semble être présent dans le cirque pour une raison bien précise ? Même le directeur Barberini (Anthony Newlands) ne semble pas très clair. Et que dire de Manfred (Klaus Kinski), dont on sait qu'il fait partie du gang de braqueurs, qui débarque au cirque à la recherche d'un emploi ? Autant de coupables possibles dont il va falloir faire le tri pour arriver à débusquer le vrai meurtrier. Le Cirque de la Peur marque des points au fur et à mesure de sa progression car il déjoue souvent les intuitions du spectateur et se montre même moins classique qu'on ne le pense quand à la véritable présence de certains personnages au sein du cirque. Avec ses numéros de fauves, son lancer de couteau sur une Margaret Lee positionnée sur une roue de bois qui tourne, ses mystères, ses intrigues, son étonnante galerie de personnages et son enquête policière rondement menée, Le Cirque de la Peur est un film policier bien mis en scène et qui se regarde avec une vraie nostalgie et un charme certain. 

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME 

J'en ai marre de chroniquer les sorties du Chat qui Fume ou, plus précisément, de parler de leurs éditions. Parce que je passe mon temps à me répéter ! J'aimerais pouvoir dire "oh, c'est un cran en dessous par rapport à vos précédentes sorties" mais non, ce n'est pas possible. L'image proposée sur Le Cirque de la Peur est resplendissante, nette, sans bavure aucune, avec de belles couleurs. Le film est bien sûr présenté en version intégrale (dans les bonus, Eric Peretti nous apprend qu'il existe une version allemande tronquée en noir et blanc) et en VOSTF.