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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




dimanche 18 avril 2021

EDGE OF THE AXE

EDGE OF THE AXE
(Al filo del hacha)

Réalisateur José Ramón Larraz
Année : 1988
Scénariste Joaquín Amichatis, Javier Elorrieta, José Frade
Pays : Espagne
Genre : Thriller, Horreur, Slasher
Interdiction : -16 ans
Avec : Barton Faulks, Christina Marie Lane, Page Mosely, Patty Shepard, Alicia Moro...

L'HISTOIRE : La communauté rurale de Paddock County se retrouve sous la coupe d'un désaxé, vêtu d'un imperméable noir et d'un masque, qui s'amuse à massacrer des femmes à coups de hache. La police locale est impuissante à arrêter le psychopathe et tente de ne pas déclencher la panique en faisant passer les meurtres pour de simples accidents. Deux adolescents, Gerald Martin et sa petite amie Lillian, adepte des nouvelles technologies liées à l'informatique, vont tenter de découvrir qui se cache derrière le masque du meurtrier...

MON AVIS : Du réalisateur ibérique José Ramón Larraz, je ne connaissais que son très chouette Vampyres, réalisé en 1974. C'est donc avec un intérêt certain que j'ai débuté le visionnage de ce Edge of the Axe, alléché entre autres par la nouvelle cover dessinée pour la sortie du film en BR chez l'éditeur Arrow et qui fait bien saliver ! Slasher movie au programme donc, avec ce tueur masqué et armé d'une hache pour commettre ces sanglants méfaits. Un slasher assez tardif puisque le film date de 1988 mais comme c'est un film espagnol, on lui laisse sa chance car on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise; Et puis un slasher, ça ne se refuse jamais ! 91 minutes plus tard, le verdict tombe : ce n'est pas un grand slasher mais ça passe plutôt bien. Niveau meurtres, puisque c'est ça qui nous intéresse le plus dans ce sous-genre du cinéma horrifique, le contrat est rempli, avec au moins cinq ou six victimes au compteur, frappées de manière virulente et énergique par l'outil meurtrier utilisée ici, à savoir la hache donc. Bah oui, c'est quand même dit dans le titre du film hein ! Le premier meurtre, qui sert donc de scène introductive, est assez original puisque notre mystérieux tueur masqué se rend à l'intérieur d'une station de lavage et passe entre les rouleaux en action pour atteindre le véhicule contenant sa victime ! Et là, vlan, grand coup de hache dans le pare-brise puis sur la pauvre conductrice ! Ça démarre plutôt bien tout ça. Les autres meurtres seront du même acabit, avec une bonne violence et des impacts bien dosés. La caméra ne détourne jamais le regard lorsque la hache s'abat sur les corps et ça, c'est plutôt sympa. Les motivations du tueur restent floues durant une bonne partie du film et on s'amusera à voir le shérif local, à l'instar du maire d'Amity des Dents de la Mer, amoindrir les dramatiques tueries, histoire de ne pas avoir de mauvaises publicités sur sa ville de la part des journalistes ! Entre les meurtres, le rythme du film ralentit un peu et on suit la romance naissante entre le héros (Barton Faulkset sa petite amie (Christina Marie Lane), deux geeks passionnés d'informatique, et qui vont utiliser leur ordinateur pour tenter de faire la lumière sur cette sombre affaire. Bien sûr, de notre côté, on essaye aussi de deviner qui sa cache sous le masque du tueur et pas mal de personnes passent dans notre ligne de mire : le héros lui-même, qui semble s'intéresser aux meurtres, Lillian découvrant qu'il a la liste des victimes sur son ordinateur); son pote, qui ne sert pas à grand chose et que le film met un peu de côté ; la femme de ce dernier, plus âgé que lui et qui frôle la faillite ; le curé, car on a vu les Fulci et on sait que derrière la soutane se cache souvent des psychopathes; le prof de musique, qui mate les jeunes filles lors de la chorale à l'Eglise et j'en passe. Plus le film avance et plus on reste dans le vague, attendant de nouveaux éléments qui pourraient nous aiguiller. Pendant ce temps, les victimes s'entassent, avec quelques scènes de suspense bien menées et qui utilisent tous les clichés du slasher. Moins drôle, notre tueur masqué va même aller jusqu'à tuer un petit chien qui n'avait rien demandé ! Salaud ! On s'approche de la fin et les nouveaux éléments débarquent enfin, mais pas ceux qu'on attendait. Le réalisateur connaît bien les codes du slasher et nous balance un trauma d'enfance, un grand classique du genre. Ça ne résout pas grand chose mais ça fait prendre une nouvelle direction au film. Le final surprendra son monde, et déjouera les pronostics à coup sûr. L'ultime image nous fera bien sourire. Sans être exceptionnel, loin s'en faut, Edge of the Axe est un petit slasher sympa, pas transcendant, mais loin d'être mauvais, qui aurait pu insister un peu plus sur l'utilisation de l'informatique pour trouver la solution par exemple. Mais dans l'ensemble, les meurtres sont bons, le masque du tueur intéressant (tout blanc, façon Michael Myers) et le final est plein de surprise. Laissez-vous tenter ! 

* Disponible en BR chez -> ARROW VIDEO <-
(VO anglaise ou espagnole, avec sous-titres anglais)


GENEVIÈVE DE BRABANT

 

GENEVIÈVE DE BRABANT
(Genoveffa di Brabante)

Réalisateur : Riccardo Freda, José Luis Monter
Année : 1964
Scénariste Riccardo Freda, José Luis Monter
Pays : Italie, Espagne
Genre : Aventure, Drame
Interdiction : /
Avec : María José Alfonso, Alberto Lupo, Stephen Forsyth, Franco Balducci...

L'HISTOIRE Au XIIe siècle, dans le duché de Brabant, le comte palatin Siegfried de Trevire part pour les Croisades, laissant son épouse Geneviève, enceinte, aux soins du perfide intendant Golo. Ce dernier se voit refuser ses avances et emprisonne la malheureuse. Geneviève parvient à s’enfuir et se réfugie dans la forêt. Elle et son enfant vont y rester cachés durant quatre ans, attendant le retour du comte...

MON AVIS : Totalement inédit en France, Geneviève de Brabant est l'oeuvre d'un certain José Luis Monter, apparemment assisté par Riccardo Fredaque ce soit à la réalisation ou au scénario. De là à dire que Freda est le principal réalisateur du film, il n'y a qu'un pas et la vision pourrait conforter cette hypothèse tant on retrouve son style. L'histoire s'inspire de la légende moyenâgeuse de Geneviève de Brabant, qui a inspiré bon nombre de romancier, d'auteurs de pièce de théâtre mais aussi de réalisateur puisqu'on trouve de multiples adaptations cinématographiques de cette légende et ce, dès 1907 ! On dénombre à six les adaptations qui datent d'avant le film de Monter Freda mettant en scène cette personnalité obligée de se cacher dans la forêt avec son jeune fils et nourrit par le lait d'une biche qui s'attacha à eux. Le film qui nous intéresse ici date donc de 1964 et clairement, il mérite de sortir de l'anonymat car c'est un très beau film d'aventure, qui bénéficie d'une solide mise en scène et qui possède tous les éléments à même de ravir les fans des cinémas de quartier d'antan et de cinéma populaire. Il bénéficie de moyens assez conséquents, avec de beaux décors naturels (le château de Manzanares el Real et le parc national de la Sierra de Guadarrama en Espagne) et d'autres reproduits en studio en Italie. Les costumes sont de qualités, de même que les scènes de combats entre vassaux ennemis. On y trouve même un duel final filmé avec brio et qui remplit parfaitement son contrat, s'étalent sur une durée correcte et ponctuée de cascades correctement chorégraphiées. Niveau casting, ce n'est pas mal non plus, avec une María José Alfonso très touchante dans son interprétation de Geneviève de Brabant, pleurant toutes les larmes de son corps lors des séquences émotionnelles qui sont nombreuses. Alberto Lupo campe un solide Siegfried de Trevire et nous rappelle un peu le personnage interprété par Robert Hossein dans la saga Angélique, série de films à succès qu'on peut rapprocher Geneviève de Brabant au niveau de la romance, de l'action, des intrigues au château et même du sadisme dont il fait parfois preuve. Un sadisme incarné par un jeune Stephen Forsyth, absolument détestable dans son rôle de Golo. Un être perfide, violent, sans honneur, qui, une fois son seigneur parti à la guerre, va tenter de s'attirer les faveurs de Dame Geneviève, n'hésitant pas à la mettre aux fers suite à ses refus incessants. Pratiquant la torture avec un plaisir non dissimulé, empêchant les lettres d'amour de Geneviève d'arriver à son mari et inversement, il représente le traître fourbe dans toute sa splendeur et on n'a qu'une envie, que Siegfried soit de retour pour lui botter les fesses à grand coups d'épée ! Le film surprend par ses petites touches de violence et par l'utilisation d'un sang très rouge qui marque bien les blessures infligées. La romance est sobre mais fort belle et les notes de religieux ne sont pas envahissantes mais participent à donner une vraie personnalité à Geneviève. L'effet de la biche est aux fraises par contre, ils auraient pu prendre une vraie biche plutôt qu'un animal empaillé peu crédible mais ce n'est pas bien grave. En tout cas, j'ai pris bien du plaisir à visionner ce Geneviève de Brabant,et je pense que vous en ferez de même car c'est vraiment un divertissement agréable qui se suit sans ennui. A découvrir !

* Disponible en DVD + livret chez -> ARTUS FILMS <-


LES TROIS VISAGES DE LA PEUR

 

LES TROIS VISAGES DE LA PEUR
(I tre volti della paura / Black Sabbath)

Réalisateur : Mario Bava
Année : 1963
Scénariste Marcello Fondato, Alberto Bevilacqua, Mario Bava
Pays : Italie, France, Etats-Unis
Genre : Epouvante, Film à sketch
Interdiction : -12 ans
Avec : Michèle Mercier, Lidia Alfonsi, Boris Karloff, Mark Damon, Susy Andersen...

L'HISTOIRE Boris Karloff en personne vient jouer le maître de cérémonie afin de nous présenter les trois histoires qui vont suivre. Tout d'abord, "Le Téléphone", huis-clos oppressant dans lequel une jeune femme est harcelée au téléphone par un inconnu qui la menace de la tuer. Ensuite, "Les Wurdalaks", une sombre histoire de vampires errant dans la lande où vit recluse une famille de paysans, dans la Russie du XIXème siècle. Enfin, "La Goutte d'eau", où une infirmière venue au chevet d'une vieille femme mourante va regretter de lui avoir dérobé sa bague...

MON AVIS : Mario Bava a réalisé dès 1960 un véritable chef-d'oeuvre du cinéma d'épouvante avec Le Masque du Démon. Il délaisse pourtant ce genre pour ses films suivants, se consacrant au drame historique (Esther et le Roi - 1960), au film féerique (Les mille et une nuits - 1961), au péplum fantastique (Hercule contre les Vampires - 1961), au film d'aventure épique (La ruée des Vikings - 1961) et au thriller (La Fille qui en Savait trop - 1963). C'est en 1963 qu'il revient au cinéma d'épouvante et de quelle manière mes aïeux ! Avec Les Trois Visages de la Peur et surtout Le Corps et le Fouet, Mario Bava livre deux œuvres qui feront date dans le cœur des cinéphiles amateurs de frissons gothiques. Ces deux films sont des commandes de producteurs italiens qui veulent surfer sur le succès des films américains de Roger Corman. Ce dernier a réalisé L'Empire de la Terreur en 1962, un film à sketchs inspiré de trois récits d'Edgar Poe. On propose donc à Mario Bava de faire de même et de proposer un film à sketchs dont les histoires proviendraient d’œuvres littéraires. Si Les Wurdalaks proviennent bien du romancier Tolstoï, Le Téléphone et La Goutte d'Eau sont attribués à Guy de Maupassant et Anton Chekhov au générique, ce qui s'est avéré totalement faux après que des spécialistes se soient penchés sur le film. Peut-être les histoire se sont-elles inspirées de ces auteurs ? Pas bien grave de toute façon, l'intérêt du film n'étant pas de savoir si le matériau d'origine a bien été respecté au niveau de l'adaptation. Qui dit film à sketchs dit généralement un fil conducteur entre les récits proposés. Ce fil conducteur apparaît ici en la personne de Boris Karloff lui-même, le film de Bava étant un coproduction Italo-américano-française. Le célèbre acteur apparaît dès le début comme étant le présentateur des futurs cauchemars qu'on va découvrir et, ce serait le seul point négatif du film, il est dommage que Bava ne l'ait pas fait réapparaître entre chaque récit. Car une fois lancée, les trois sketchs s'enchaînent sans interruption aucune et ça aurait été plutôt sympa de revoir Karloff nous faire une petite présentation de chaque histoire. Il faut savoir que l'ordre des sketchs des Trois Visages de la Peur a été modifié en fonction du pays où le film a été projeté. L'ordre retenu ici est celui voulu par Bava, et qui apparaît comme étant logique puisqu'il propose une montée croissante de la peur, qui reste le thème principal du film et des histoires. On commence donc avec Le Téléphone, qui est plus dans un registre policier / suspense, avec une magnifique Michelle Mercier en femme apeurée. Seule dans son appartement, la célèbre actrice de la saga Angélique se voit continuellement harcelée au téléphone par une voix inquiétante et surtout menaçante, qui lui prédit une mort certaine et ce, des années avant Terreur sur la ligne ou Scream ! Le téléphone rouge, inerte, devient ici un objet focalisant la peur de son héroïne et Bava se régale de son huis-clos où chaque nouvelle sonnerie fait monter la tension. L'arrivée d'une amie de l'héroïne, dont on suppose qu'elles ont entretenues une relation lesbienne, fait progresser encore plus le suspense, surtout que le spectateur possède une indication que Michelle Mercier n'a pas et ça, c'est très malin de la part de Bava. La mise en scène est bonne, le jeu sur les lumières et les couleurs également. L'histoire en elle-même n'est pas extraordinaire, de même que le twist, un peu léger mais pour débuter le film, ça fait le job. Un récit qui aurait pu provenir des BD EC Comics du style Crime SuspenStories ou Shock SuspenStories par exemple. La seconde histoire délaisse l'aspect policier pour se plonger pleinement dans le gothique et l'épouvante. Adaptation très fidèle au récit de Tolstoï, Les Wurdalaks bénéficie en plus de la présence de Boris Karloff en tant qu'acteur. L'histoire nous met face à de vieilles légendes paysannes concernant des vampires, surnommés les Wurdalaks, et qui ont la particularité de sucer les sang des personnes qu'ils aiment profondément. La petite famille du récit attend le retour du patriarche, joué par Karloff, qui est parti depuis cinq jours. On sent une réelle tension au sein de la famille, ayant peur que leur père ne soit devenu un Wurdalak. Un touriste de passage s'invite dans l'humble demeure et tombe sous le charme d'une des filles présentes, Sdenka, interprétée par la charmante Susy Andersen. Le retour du père laisse planer le doute quand à sa véritable nature et Bava fait progresser son récit et l'épouvante qui en découle par petites touches, soignant les décors et son jeu de couleurs comme un artiste peintre virtuose. Dire qu'esthétiquement et visuellement cette histoire est d'une beauté picturale à damner un saint n'est pas exagéré. Ce récit, qui a la durée la plus longue des trois histoires, se suit sans ennui aucun et peut aisément se ranger au côté des plus belles œuvres de la firme anglaise Hammer Films. Le troisième sketch, La Goutte d'Eau, verse lui aussi dans l'épouvante mais de manière plus réaliste, enfin, façon de parler. Plus réaliste de par les lieux de l'action en fait. Ici, point de village abandonné dans les landes brumeuses ou de vieux châteaux inquiétants. Nous sommes juste dans l'appartement d'une dame âgée qui vient de décéder et dont son infirmière va devoir s'occuper. Admettons que le visage de la morte est absolument terrifiant, croisement entre une momie et donc une dame âgée au sourire carnassier et aux yeux troubles. On apprendra de sa domestique qu'elle faisait souvent des séances de spiritisme. Est-elle morte suite à une de ses séances ou a-t-elle eu simplement une crise cardiaque comme l'a suggéré son médecin ? Mystère. Après avoir habillée la défunte, l'héroïne de l'histoire, jouée par Jacqueline Pierreux, ne peut s'empêcher de dérober la bague de valeur que portait la morte au doigt. Un acte blasphématoire, qui va avoir de solides et angoissantes répercussions sur elle. Le vol de la bague s'accompagne de suite par un bruit de goutte d'eau provenant de diverses sources d'approvisionnement en eau : robinet de lavabo, robinet de douche, verre qui goutte et j'en passe. Une fois de retour chez elle, l'infirmière s'aperçoit que le bruit de ces gouttes d'eau est présent également dans son appartement. S'ensuit des apparitions spectrales de la défunte qui font monter le potentiomètre de la peur à un bon niveau de stress chez le public et surtout chez l'héroïne. Ces bruits, ses apparitions sont-elles réelles ou bien est-ce la culpabilité du vol de la bague qui la travaille ? A vous de le découvrir ! La Goutte d'Eau est lui aussi une pure merveille visuelle qui ravit nos yeux comme jamais. Boris Karloff fait son retour pour clôturer le film, avec une touche d'humour bienvenu ! Si les trois récits n'ont pas la même qualité, chose récurrente dans les films à sketchs, ils remplissent néanmoins le contrat et aucun n'est raté ou vraiment en deçà des autres, ce qui est aussi une réussite du film. Les Trois Visages de la Peur (qui aurait pu être quatre apparemment, un sketch, tourné mais jamais monté, ayant été écarté par la production et définitivement perdu malheureusement) est un film important pour Bava, qui prouve ici son incroyable talent visuel mais aussi de conteur, qu'il mettra encore plus à profit dans ses œuvres suivantes. Un film à savourer et à déguster !

* Disponible en BR UHD ET BR chez -> LE CHAT QUI FUME <-   
Encore une fois, un excellent travail de la part de l'éditeur, qui propose une copie absolument splendide en BR et qui permet de voir le film avec son générique et titre français (choix de la VF) ou avec son générique et titre italien (choix de la VO). La séquence finale avec Karloff, souvent zappée, est bien présente. Niveau bonus, on  trouve :
- LE VISAGE DE MON PÈRE avec Lamberto Bava (16 min)
- LES 3 VISAGES DE MARIO BAVA avec Gérald Duchaussoy et Romain Vandestichele ( 49 min)
- L’HISTOIRE DES 3 VISAGES DE LA PEUR avec Edgard Baltzer (34 min)
- Films annonces




samedi 17 avril 2021

SCALPS

 

SCALPS
(Scalps)

Réalisateur : Bruno Mattei, Claudio Fragasso
Année : 1987
Scénariste Bruno Mattei, Roberto Di Girolamo
Pays : Italie
Genre : Western
Interdiction : -12 ans
Avec : Vassili Karis, Mapi Galán, Alberto Farnese, Charly Bravo, José Canalejas...

L'HISTOIRE : Un régiment de soldats sudistes, dirigé par le cruel colonel Connor, part négocier avec les indiens Comanches de la région. La discussion vire au drame et les sudistes massacrent les habitants du petit village indien, capturant Yari, la fille du chef Aigle Noir, que désire le colonel Connor. Parvenant à s'enfuir, Yari, blessée au visage, trouve refuge dans la maison de Matt Brown, un ancien soldat sudiste qui vit désormais en ermite. Ce dernier soigne la jeune indienne, qui découvre qu'un homme blanc n'est pas forcément un ennemi. Comprenant que les hommes de Connor sont à la recherche de Yari, Matt décide de s'enfuir avec elle à travers les massifs montagneux. Mais les soldats sont leurs traces...

MON AVIS : Réalisé la même année et par les mêmes réalisateurs que Bianco Apache, dont je vous ai donné mon avis récemment sur ce blog, Scalps est-il du même niveau que ce dernier ? Sans être déplaisant, Bianco Apache avait du mal à tenir la distance, la faute à un héros fade, sans relief (Sebastian Harrison pour mémoire) et à une mise en scène peu inspirée. Un western assez moyen qui ne marquera pas les mémoires, loin s'en faut. Bonne nouvelle, le duo Mattei / Fragasso a été largement plus en forme sur Scalps, qui date donc lui aussi de 1987 et qui utilise pas mal d'acteurs du casting de Bianco Apache, comme Charly BravoAlberto Farnese, José Canalejas ou la belle Lola Forner, qui n'a ici qu'un tout petit rôle anecdotique alors qu'elle était tête d'affiche dans Bianco Apache. Pas bien grave, car l'héroïne de Scalps est tout aussi ravissante, en la personne de Mapi Galán, une actrice espagnole qu'on reverra en 1997 dans le rôle de Lune dans La Cité des Enfants Perdus entre autres. Dans le film qui nous intéresse ici, elle joue donc une jeune squaw qui voit son village être entièrement rasé par des soldats sudistes, qui massacrent également son peuple, que ce soit les hommes, les femmes ou les enfants. Cette séquence ne lésine pas sur la violence et l'aspect Bis, avec une sympathique décapitation comme petites joyeusetés. Notre belle indienne, qui a une vilaine blessure autour de l’œil qui s'infecte va parvenir à s'enfuir et elle trouvera de l'aide auprès du héros, interprété par un Vassili Karis bien en phase avec son personnage et qui assure une bonne prestation. Ce qui était le plus gros défaut de Bianco Apache, à savoir la fadeur de son héros masculin, est totalement effacé ici, l'ensemble du casting de Scalps étant vraiment bien en place et jouant nettement plus juste, avec moins de théâtralité. La relation qui va s'instaurer entre le blanc Matt Brown et notre indienne participe pleinement au charme du film, tout comme l'évolution du personnage de cette dernière, qui, de victime blessée ayant besoin de l'aide d'un homme, va devenir plus robuste, plus forte et prendre sa vie en main, renversant même les rôles vers la fin du film. De proie, elle va devenir prédatrice, armée de son arc et de son couteau. On a même un petit aspect romance à un moment, qui s'avère joliment touchant. Le spectateur a droit à un vibrant réquisitoire anti-raciste, où l'amour entre deux peuples qui ne peuvent s'apprécier va pourtant réussir à être plus fort que les préjugés. Les sudistes sont des bêtes pour les Peaux-Rouges mais l'inverse est vrai aussi pour Matt, qui ne supporte pas la coutume du scalp et le comportement barbare de certains indiens. Pourtant, il ne se posera aucune question sur sa conduite à tenir quand il verra débarquer Yari. On se croirait presque dans La prisonnière du désert de John FordLes méchants sudistes sont particulièrement bien mis en avant, que ce soit le sadique colonel Connor (Alberto Farnese, parfait dans le rôle) ou le sergent Gordon (Charly Bravo). Du sadisme, on en aura d'ailleurs au sein du film, avec une ou deux séquences de prélèvements de scalps gentiment gore, la mort de soldats dans un trou au fond duquel se trouve des pointes de bois mais surtout lors du final vraiment cruel, qui voit le héros être torturé par Connor à l'aide d'un instrument indien qu'on n'a pas envie d'essayer !  Comme quoi, il n'y a pas que les filles qu'on peut crocheter par les seins dans le cinéma italien ! Les maquillages sont assez ignobles et même si on distingue les prothèses et le maquillage, l'effet et le rendu sont assez efficaces pour provoquer une certaine révulsion. L'utilisation des décors naturels du désert de Tabernas est soignée, tout comme la reconstitution de la garnison sudiste, certes un peu vide, mais qui reste très crédible. Rythmé, plaisant à visionner, mettant en scène une histoire de vengeance classique mais qui fonctionne bien, pourvu d'un casting solide, Scalps un donc un western spaghetti à petit budget de bonne facture, largement plus intéressant que Bianco Apache, et qui plaira assurément aux amateurs de cinéma Bis. Un western a ranger dans le haut du panier dans la filmographie de Bruno Mattei pour ma part ! Attention à ne pas confondre ce film avec le Scalps de Fred Olen Ray, réalisé en 1983.

* Disponible en BR chez -> LE CHAT QUI FUME <-  
Copie sublime qui enterre sans souci ma copie VHS et permet de redécouvrir ce solide western spaghetti. Le film est présenté en VF et en version anglaise sous-titrée. Le personnage de Yarin est appelé Yari dans les sous-titres, j'ai donc utilisé ce prénom dans ma chronique alors qu'IMDB propose bien le prénom Yarin. Pas très grave. Côté bonus, on trouve la seconde partie de l'entretien avec Claudio Fragasso et la bande annonce.

 

jeudi 15 avril 2021

APOCALYPSE 2024

 

APOCALYPSE 2024
(A Boy and his Dog)

Réalisateur L.Q. Jones
Année : 1975
Scénariste L.Q. Jones
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Don Johnson, Jason Robards, Susanne Benton, Alvy Moore, Hal Baylor...

L'HISTOIRE : Après la quatrième Guerre mondiale, qui n'a duré que cinq jours avant l'envoi de bombes atomiques pour régler le conflit, la Terre n'est plus qu'une vaste plaine désertique dépeuplée, où règne la loi du plus fort. La survie et la recherche de nourriture sont le lot quotidien de Vic, un jeune homme pas très futé mais qui a la chance d'avoir pour compagnon de route Blood, un chien télépathe très intelligent, qui le renseigne sur les diverses menaces qu'ils peuvent rencontrer lors de leur expédition... 

MON AVIS : Adaptation du roman A Boy and his Dog de Harlan Ellison, Apocalypse 2024 est un film d'anticipation réalisé et scénarisé par L.Q. Jones, qui n'a que deux films à son actif, celui-ci et un western réalisé en 1964, The Devil's Bedroom. Il a également mis en scène un épisode de la série télévisée L'Incroyable Hulk. Il est par contre bien plus connu en tant qu'acteur, avec une filmographie comprenant plus de 160 entrée à ce poste ! C'est une fois qu'il a lu le roman d'Ellison que L.Q. Jones décide de l'adapter au cinéma, subjugué par l'intelligence et l'originalité du récit. Il demande à l'auteur de scénariser son livre mais Ellison subit un violent burn-out et il est incapable d'écrire une ligne. Le temps passe et devant la non-productivité de l'écrivain, L.Q. Jones décide de s'atteler lui-même à la tâche. Bénéficiant d'un budget assez restreint, le réalisateur va pourtant livrer un film des plus originaux et intéressants, souvent classé parmi les meilleurs films de science-fiction dits intelligents, un courant débuté en 1968 avec 2001 l'Odyssée de l'Espace et La Planète des Singes, et dans lequel les œuvres proposent une vraie réflexion sur notre monde, sur l'écologie, sur la place de l'humain dans le monde et j'en passe. Des œuvres quasi philosophiques, des dystopies pour la plupart, qui révèlent un avenir des plus sombres et nihilistes pour l'humanité et qui s'éloignent des films de S-F d'antan, qui avait pour but principal le divertissement du public. Apocalypse 2024 est donc à ranger dans la catégorie post-nuke, ces films se déroulant après une Guerre nucléaire le plus souvent. On y retrouve toutes les caractéristiques de ce sous-genre de la S-F : plaine désertique à perte de vue, bande de pillards sans foi ni loi, une violence exacerbée, le manque de nourriture ou la sensation de solitude ressentie par le héros entre autres. Le budget du film n'étant pas très élevé comme déjà dit, on n'aura pas de course-poursuite en véhicules customisés par contre. Apocalypse 2024 est plus un film de S-F intimiste, avec peu de personnages, peu de décors mais ces derniers sont très bien utilisés et servent pleinement le récit. Vic, le héros du film, est interprété par un tout jeune Don Johnson et ce dernier s'en sort plutôt bien ici. Pas très futé mais assez débrouillard, Vic réussi à survivre dans ce monde cruel grâce à  Blood, le chien qui l'accompagne partout. Il faut dire que Blood est un chien assez particulier puisqu'il est télépathe et peut donc communiquer par la pensée avec Vic, via une voix-off dans le film. C'est un chien qui ne mâche pas ses mots, qui est très intelligent, et qui se veut même être une métaphore de l'Histoire de l'humanité, puisqu'il enseigne à Vic les grands moments de l'Histoire du monde, comme les guerres ou les Présidents américains, à travers des dates précises. On se rend rapidement compte que c'est Blood qui assure la survie de Vic mais que leur relation est basé sur le donnant-donnant : Blood renseigne Vic sur la présence d'ennemis ou de femmes et Vic lui trouve de la nourriture. La présence de femmes ? Oui, car elles sont peu nombreuses dorénavant et Vic a un appétit sexuel dévorant et il n'hésite pas à mettre sa vie en danger pour aller tirer un coup, ce qui a le don d'énerver Blood au plus haut point. On le voit, même si le film décrit un univers nihiliste, l'humour noir n'est jamais loin et sert à détendre l'atmosphère. Les bonnes idées se cumulent en pagaille, comme ce lieu situé en plein désert et qui s'avère être un cinéma, le prix de la place étant un conserve de nourriture. On y trouve même du pop-corn ! Les films projetés sont le plus souvent des films pornographiques, présentés dans une qualité déplorable, mais dans ce monde apocalyptique, tout est bon pour passer le temps. Apocalypse 2024 peut être découpé en trois parties : la première nous présente donc les deux héros du film ainsi que les dangers et l'univers dans lequel ils vont évoluer. La seconde partie est plus soutenu niveau rythme puisqu'elle s'attache à nous présenter une séquence d'action qui dure assez longtemps, avec Vic qui va devoir lutter pour résister à l'attaque d'une bande de rôdeurs armés jusqu'au dent et ce, à cause de son appétit sexuel encore une fois ! Ce qui est intéressant ici, ce que sous cette étendue de sable se trouve d'anciennes habitations dans lesquelles on peut encore accéder, comme si un second monde s'ouvrait sous nos pieds. Cette seconde partie nous fait également faire connaissance avec une femme, Quilla June Holmes (Susanne Benton), qui va finir dans le lit de Vic et convaincre ce dernier de la rejoindre dans le monde souterrain. Un monde où Vic ne souhaitait pas aller mais son instinct et le manque de sexe vont avoir raison de lui. Ce sera la troisième et dernière partie du film, qui prend une tournure radicalement précédente avec tout ce qui a précédé. En effet, une fois avoir passé la porte menant au gigantesque monde souterrain, le film se pare de couleurs vives, les étendues désertiques disparaissent, et on se retrouve dans un nouveau monde, avec des centaines d'habitants vivant ici, dont de nombreuses jeunes filles et femmes. Cette rupture de ton étonne de prime abord, déconcerte même, jusqu'à ce qu'on découvre que l'ambiance du village du Prisonnier n'est pas loin en fait et que toute cette impression de liberté n'est qu'illusoire ici. Certaines révélations sont vraiment bien pensées et, tout comme Vic, le spectateur va aller de surprise en surprise. On se demande alors si ce monde souterrain vaut mieux que le monde du dessus ? C'est d'ailleurs l'un des points forts d'Apocalypse 2024 : il n'y a aucun personnage qui est bon ou mauvais. Seule la survie compte ici et même Vic n'est pas un vrai héros de film, puisque pour satisfaire ses besoins sexuels, il n'hésiterait pas à violer les femmes qu'il peut rencontrer. Blood n'est pas en reste puisque, pour de la nourriture, il trouve des femmes pour Vic, sachant très bien le sort que ce dernier leur réserve, sans aucun consentement. Le final du film, non désiré par l'auteur du roman, est franchement incroyable et on félicitera L.Q. Jones d'avoir conclut son film sur cette touche d'humour noir, qui prouve que le chien est le meilleur ami de l'homme, mais je vous laisse la surprise. Apocalypse 2024 prouve à nouveau que même sans un gros budget, si les bonnes idées sont là, on peut réaliser un véritable ovni cinématographique, original et intéressant. A découvrir !

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <- 
Belle copie, avec un grain bien présent, présenté dans un joli digipack deux volets sous fourreau. Niveau bonus, on a un très bon entretien entre le réalisateur et le romancier, ainsi qu'une présentation du film par Christian Lucas et Stéphane Derderian. Petit bémol pour ce module, si les informations données sont très instructives, le montage est par contre assez pénible. Un diaporama d'affiches et de photos ainsi que la bande-annonce viennent compléter le tout. Une édition propice à la bonne découverte de cet ovni.