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SOUPÇONS DE MORT

 

SOUPÇONS DE MORT
(Quando Alice ruppe lo specchio)

Réalisateur Lucio Fulci
Année : 1988
Scénariste Lucio Fulci
Pays : Italie
Genre : Horreur, gore, thriller
Interdiction : -16 ans
Avec : Brett Halsey, Al Cliver, Zora Kerova, Ria de Simone, Sacha Darwin...


L'HISTOIRE : D'apparence tranquille, Lester Parson est en réalité un tueur en série sans remord, qui gagne la confiance de riches veuves pour mieux les prendre dans ses filets et les faire disparaître. Parieur invétéré, sa soif d'argent le mène à commettre des erreurs sur les lieux des meurtres et la police fait tout pour mettre fin à son règne de terreur...

MON AVIS : Fin des années 80, Lucio Fulci, malade, n'est plus à l'apogée de son talent et il enchaîne des petites séries B pas très glorieuses, à l'image de l'insipide Les Fantômes de Sodome ou des moyens Nightmare concert ou Demonia entre autres. En 1988, il dirige Brett Halsey, acteur qu'on a déjà vu dans Le Miel du Diable, dans ce curieux Soupçons de Mort, dont il signe également le scénario. Curieux car le film, qui joue dans le rayon des films de tueurs en série, se dote d'une approche assez surprenante et déstabilisante de prime abord. Car à bien y regarder, Soupçons de Mort est avant toute chose une sorte de comédie très noire, à l'humour décalé, qui fait de son anti-héros une sorte de dérivé de Barbe Bleue ou de Ted Bundy, qui n'en finit plus de sombrer dans la folie, allant jusqu'à s'imaginer que quelqu'un le poursuit et s'amuse à disséminer des indices sur les lieux des meurtres pour qu'il se fasse attraper par la police. Une schizophrénie qui prend de l'ampleur, notre tueur parlant à une cassette audio qui lui répond comme si elle était son double, ou qui pense même à un moment donné que c'est sa propre ombre, qui a disparu, qui lui joue des tours. Dommage que cette idée de l'ombre perdue ne soit pas plus développée et n'intervienne qu'en fin de métrage. Car elle sous-entend que notre tueur souffre également du syndrome d'Alice au pays des Merveilles, syndrome qui affecte l'irrigation du cerveau et qui se traduit chez ceux qui en souffrent par des hallucinations, une impression de déformation de la représentation des corps dans l'espace voire même la disparitions de certaines parties de leur corps. Et ce n'est pas le titre original du film qui va venir me contredire puisqu'on peut le traduire par Quand Alice a brisé le miroir. Avouez que ce n'est pas anodin. Véritablement dérangé du ciboulot, le personnage de Lester Parson est haut en couleur, mis en valeur par la prestation elle aussi décalée de Brett Halsey, qui semble prendre un réel plaisir à surjouer et à grossir les traits de son personnage. Bon, et sinon, ça vaut quoi Soupçons de Mort ? Le film commence plutôt bien, même si la photographie est d'une platitude téléfilmesque pas très réjouissante. On a Brett Halsey qui se fait cuire un beau morceau de steak et qui le savoure avec appétit, puis la caméra fait un travelling jusque dans la cave où on découvre une femme nue allongée sur une table, qui semble morte. La caméra fait un gros plan sur un morceau de chair manquante près de son ventre et on comprend d'où vient le fameux steak précité ! Notre homme est donc cannibale. Ça démarre fort. Et ça enchaîne encore plus fort puisque le voici face à cette femme inanimée, prenant une tronçonneuse pour la démembrer, le tout en gros plan et avec moult giclées de sang : les deux bras, les deux jambes, la tête et le tronc y passe, le tout sur une petite musique issue du répertoire classique qui contraste avec les horribles images proposées, même si on est loin du réalisme d'American Guinea Pig en terme d'effets spéciaux mais passons. Une entrée en matière qui fait plaisir à voir en tout cas, les amateurs de gore craspec apprécieront. L'humour noir est déjà présent, avec ces intestins passés au mixeur et offerts à des cochons qui vont s'en régaler. La suite nous fait découvrir que Lester est un joueur compulsif, qui adore parier sur les courses de chevaux et qui se met dans des situations financières compliquées. D'où son parcours de tueur en série, devant trouver des femmes riches pour leur soutirer de l'argent avant de les tuer. Lors de son nouveau rencard, l'humour noir va encore augmenter puisque la soit-disant belle femme qu'il doit séduire possède une pilosité assez envahissante, porte des verrues sur le corps et surtout refuse de boire sa coupe de champagne empoisonnée, ce qui provoquera quelques sourires chez le spectateur. Il est à noter que toutes les femmes de ce film ont une difformité physique ou un détail qui ne les embellit pas, ce qui n'aidera pas Fulci à se débarrasser de sa réputation misogyne. Je me suis demandé si en fait, ce n'était pas fait exprès pour nous faire comprendre que, encore une fois, c'est une vision déformée des femmes que voit notre tueur, vision issue de son cerveau malade. C'est possible. Le gore fera son retour quand il décidera de passer à la vitesse supérieure avec cette dulcinée poilue, échangeant la coupe de champagne avec un nerf de bœuf qui fracassera de manière brutale le crâne de notre malheureuse victime, qui finira la tête enfoncée dans un four, la caméra filmant la cuisson du visage de l'intérieur du four. Comme vous voyez, ça ne lésine pas sur la violence graphique même si, encore une fois, ce n'est pas super réaliste et ça fait plus bricolage qu'autre chose. Le film poursuit sur sa lancée, sans grand génie, avec d'autres victimes féminines qui se font tuer, on note un amoindrissement de l'aspect gore, y'avait p'tet plus de budget pour le faux sang, et des touches d'humour toujours présentes, comme ce pied récalcitrant qui ne veut pas rentrer dans le coffre ou cette femme strangulée qui ne tient pas en place sur le siège passager alors que notre tueur subit un contrôle de police. On note également une évolution à partir des trois quart de Soupçons de Mort, le film devient nettement moins graphique, moins violent et s'attarde plus sur la folie de son personnage principal, la musique devient plus angoissante aussi. On a un dernier rendez-vous galant à se mettre sous la dent, en la personne de l'actrice Zora Kerova, celle-là même qui se faisait pendre par les seins dans le festif Cannibal Ferox ! Affublée d'un bec de lièvre, elle va néanmoins tenter de faire succomber notre Lester qui voit un nouveau moyen s'enrichir. Tout va-t'il se passer comme prévu ? Je vous laisse le surprise. Au final, Soupçons de Mort, si on accepte son côté humour noir, ne se montre pas inintéressant, est assez généreux niveau gore, mais on est quand même très loin de la qualité des films de Lucio Fulci de la grande époque. Vraiment très loin. 

SATAN WANTS YOU

 

SATAN WANTS YOU
(Satan wants you)

Réalisateur Steve J. Adams, Sean Horlor
Année : 2023
Scénariste Steve J. Adams, Sean Horlor
Pays : Canada
Genre : Documentaire
Interdiction : /
Avec : Michelle Smith, Lawrence Pazder, Sarah Marshall, Marilyn...


L'HISTOIRE : En 1980 sort le livre Michelle Remembers, qui présente l'histoire de Michelle Smith, qui aurait été victime d'une secte sataniste lors de son enfance, et dont les souvenirs de cette période ont refait surface grâce à la thérapie du docteur Lawrence Pazder. Devenu Best-seller, le livre a provoqué un véritable vent de panique sur les USA et le Canada, déclenchant une "panique satanique" sans précédent. Mais l'histoire de Michelle Smith est-elle bien réelle  ? 

MON AVIS : Un documentaire édifiant sur la manipulation des foules ou comment un mensonge peut être pris pour une vérité vraie par des millions de personnes. En 1980, lorsque sort le livre co-écrit par le docteur Lawrence Pazder et sa patiente Michelle Smith, Michelle Remembers, l'effet est immédiat. Invités sur tous les plateaux télévisées pour raconter cette fascinante histoire d'abus sur une enfant jetée en pâture à une secte sataniste, les deux auteurs provoquent ce qu'on a appelé par la suite une véritable panique satanique à travers le pays, une véritable hystérie collective dans laquelle des millions d'Américains et de Canadiens ont pris peur pour leurs enfants, susceptibles d'être à leur tour kidnappés pour servir de proies à des rituels à la gloire de Satan. Satan wants You revient sur la base de ce récit, nous présente la rencontre entre Michelle et son psychanalyste, donne la parole aux sœurs de Michelle, à l'ex-femme du docteur Pazder, à des agents du FBI, à des journalistes et décortique l'effet du livre sur la population, l'effet sur les médias, et met en exergue la relation ambiguë entre Lawrence Pazder, psychanalyste qui a toujours voulu devenir célèbre, et Michelle Smith, qui finiront par se marier ensemble. Images d'archives, reconstitution, extrait audio des séances de psychanalyse, interviews se succèdent pour mettre à jour l'un des plus gros mensonges inventés, mensonge qui a tout de même été pris au sérieux par des millions de personnes, prouvant la puissance de la manipulation de foules quand tout est méticuleusement organisé. Un mensonge qui a ensuite été repris par d'autres personnes, qui auraient été elles aussi victimes de sectes satanistes durant leur enfance, obligées de sacrifier des bébés, de les manger et j'en passe. Seul souci, ce mensonge devenu viral a provoqué des arrestations intempestives, a envoyé en prison des innocents, accusés à tort d'être des satanistes. Anton Lavey, créateur de l'Eglise de Satan, présent en image d'archives, a même intenté un procès contre Michelle et Lawrence, pour diffamations et allégations mensongères. Le documentaire fait la part belle a la relation qui s'est initiée entre le médecin et sa patiente, cette dernière étant tombé amoureuse de son psychanalyste et ce dernier ayant vu en sa patiente un moyen d'accéder à la notoriété. Bref, un véritable phénomène publique, encore plus gros que l'affaire Amityville, et qui a pourtant fonctionné, recevant même l'aval de certains prêtres, qui, selon le documentaire, y ont vu un excellent moyen pour attirer de nouvelles ouailles vers l'Eglise, dernier rempart contre Satan ! Un lavage de cerveau à grande échelle, précurseur des fake news qui pullulent à notre époque.  

UNE LIBELLULE POUR CHAQUE MORT

 

UNE LIBELLULE POUR CHAQUE MORT
(Una libélula para cada muerto)

Réalisateur León Klimovsky
Année : 1975
Scénariste Ricardo Muñoz Suay, Paul Naschy
Pays : Espagne
Genre : Policier, Giallo
Interdiction : -16 ans
Avec : Paul Naschy, Erika Blanc, Eduardo Calvo, Maria Kosty, Angel Aranda...


L'HISTOIRE Dans les bas-fonds de Milan, une série de meurtres est perpétrée au sein des prostituées, dealers, et homosexuels. Le tueur, qui semble investi d’une mission purificatrice, laisse, en signature, une libellule sur chacune de ses victimes. L’inspecteur Scaporella est diligenté pour mener l’enquête, aidé par sa fiancée Silvana...

MON AVIS : Principalement connu pour son rôle de Waldemar Daninsky, le plus célèbre loup-garou espagnol, Paul Naschy a également joué d'autres rôles tout aussi intéressants et celui de l'inspecteur Scaporella dans le film qui nous intéresse ici, en est un exemple flagrant. Dario Argento ayant popularisé les titres de giallo à base d'animaux, il n'est pas étonnant qu'on en retrouve un ici, à savoir la libellule, dans cette réalisation de León Klimovsky baptisée Une Libellule pour chaque mort, et qui a été re-titré en Red Killer en France et en Europe, allusion à la tenue que porte l'assassin, ce qui est tout de suite moins poétique. Le metteur en scène argentin León Klimovsky connait bien Paul Naschy, puisqu'il l'a dirigé à maintes reprises, notamment dans La Furie des Vampires en 1971, dans Dr. Jekyll y el Hombre Lobo en 1972, dans La Rebelion de las Muertas en 1973, dans Le Maréchal de l'Enfer en 1974 ou dans Muerte de un quinqui en 1975 entre autres. En cette même année 1975, il lui fait donc endosser le rôle de l'inspecteur Scaporella, un flic assez bourru, aux méthodes plutôt directes quand il s'agit d'interroger des voyous, ce qui ne lui vaut pas une très bonne réputation. Il va néanmoins être affecté par son supérieur sur une enquête portant sur une série de meurtres violents perpétrés sur des prostituées, des homosexuels, des vendeurs de drogue et autres marginaux aux comportements pervers. Le maniaque voudrait-il débarrasser Milan de ses vices et faire le travail de la police ? C'est ce que Scaporella va devoir découvrir et rapidement, car les victimes du tueur en série ne cessent d'augmenter. Seul indice, une libellule fabriquée à la main déposée sur chaque victime et une paire de boutons de manteau de luxe.  Avec Une Libellule pour chaque mortLeón Klimovsky nous offre un giallo assez atypique puisqu'on pourrait carrément se croire en plein Poliziottesco, ces films policiers italiens assez brutaux qui ont fait de Maurizio Merli, Franco Nero ou Tomas Milian des stars incontournables. Alors non, Paul Naschy n'atteint pas l'intensité du jeu des acteurs précités mais j'ai trouvé qu'il s'en sortait particulièrement bien ici, qu'il assurait ce qu'il fallait et qu'il livrait une prestation solide. Même si l'enquête piétine passablement, le film maintient notre intérêt avec des meurtres assez nombreux, souvent filmés en hors champ mais on voit tout de même l'horrible résultat. Il faut savoir que ce film a été tourné en deux versions, une version "habillée" pour sa diffusion en Espagne et une version "déshabillée" pour d'autres pays. On ne parle pas ici de version "cut" ou "uncut", les deux versions faisant la même durée, mais bien de scènes tournés deux fois, avec les actrices habillées ou déshabillées, une pratique assez courante pour éviter des ennuis avec le pays d'origine et on se doute que dans l'Espagne de Franco, mieux valait agir ainsi plutôt que de s'attirer les foudres du régime. C'est d'ailleurs pour cette même raison que l'action est située à Milan et non dans une ville espagnole. En tout cas, Artus Films nous propose la version "déshabillée" et la nudité est bien présente, souvent de manière gratuite et frontale, avec même du nu intégral, dans un pur esprit Bis et décomplexé, vous verrez. Le film reste toutefois assez sérieux, même si on y trouve quelques touches d'humour, comme cette séquence dans laquelle Naschy, affublé d'un tablier, prépare des spaghetti à sa femme qui rentre du travail ou celle au début, qui voit notre inspecteur s'énerver face à un vieillard exhibitionniste. On n'oubliera pas de citer également la séquence de l'anniversaire de l'inspecteur, avec un cadeau assez surprenant à l'intérieur de la boite en carton. La surprise est éventée puisque le fameux cadeau illustre la jaquette de l'édition d'Artus Films mais ça réussit tout de même ànous faire sourire devant notre écran ! Il est aussi amusant de voir comment le réalisateur fait d'Erika Blanc, l'épouse de notre inspecteur, une femme forte et débrouillarde, qui trouvera l'identité du meurtrier avant son mari, grâce à son intuition féminine. Une autre touche d'originalité dans ce giallo policier, un genre généralement bien masculin. Malgré son assassin voulant éradiquer le vice dans la ville, le film ne se veut aucunement moralisateur, rappelons que León Klimovsky est un homme politiquement de gauche,  et il ne fait jamais porter de jugement négatif à ses personnages vis à vis des victimes, qui sont toutes des personnes de petites vertus aux yeux du meurtrier. Ou de la meurtrière, comme le pense notre inspecteur de choc, qui ne rejette aucune possibilité concernant l'identité de notre tueur en série. On a bien sûr plusieurs coupables potentiels qui s'offrent à nous, des fausses pistes et une révélation finale qui devrait vous donner du fil à retordre. Concernant ces fameuses libellules placées sur les cadavres, il n'y a pas réellement d'explications, si ce n'est le discours d'un professeur nous rappelant que le peuple antique Chaldéen obligeait les homosexuels et les prostituées à coudre sur leurs vêtements une libellule, ce qui signifierait que le tueur est assez cultivé pour connaître cette anecdote. Bon, pourquoi pas mais on a déjà connu mieux comme explication à l'utilisation par les maniaques de certains symboles dans d'autres films. Rien de grave en tout cas. Notons que les musiques entendues ne sont pas des créations originales puisqu'ici, on se contente de réutiliser, entre autres, des morceaux provenant des films 6 femmes pour l'assassin et La Baie Sanglante, tous deux de Mario Bava. N'y avait-il pas de budget pour embaucher un compositeur ? Mystère. Au final, ce mélange entre polar et giallo fait le taf, nous montre une facette moins poilue de Paul Naschy et devrait satisfaire les amateurs de cinéma bis espagnol...   

* Disponible en combo DVD + BR chez ARTUS FILMS



   

LES YEUX BLEUS DE LA POUPÉE CASSÉE

 

LES YEUX BLEUS DE LA POUPÉE CASSÉE
(Los Ojos Azules de la Muneca Rota)

Réalisateur : Carlos Aured
Année : 1974
Scénariste Paul Naschy, Carlos Aured
Pays : Espagne
Genre : Thriller, Giallo
Interdiction : -16 ans
Avec : Paul Naschy, Diana Lorys, Eva Leon, Maria Perschy, Eduardo Calvo...


L'HISTOIRE Récemment sorti de prison, Gilles est engagé comme homme à tout faire dans un domaine français tenu par trois sœurs. Claude cache sa main atrophiée sous une prothèse, tandis que Nicole est nymphomane, et Yvette en fauteuil roulant. Alors que Gilles est en proie à d’horribles cauchemars dans lesquels il étrangle des femmes, un mystérieux assassin s’en prend aux femmes blondes du canton. Elles sont énucléées et leurs yeux déposés dans un bol...

MON AVIS : L'Italie n'a pas l'apanage du giallo même s'il en est l'inventeur. Rapidement, l'Espagne s'est également intéressé à ce genre très en vogue dans les années 70, en voici un exemple avec Les Yeux Bleus de la Poupée Cassée. C'est un film réalisé par Carlos Aured, un nom bien connu chez les fans de cinéma fantastique espagnol. Il a été assistant réalisateur dès 1964 puis scénariste également et en tant que réalisateur, on lui doit en 1973 El Espanto surge de la Tumba et L'Empreinte de Dracula, en 1975 La Vengeance de la Momie, tous trois avec Paul Naschy, ainsi que quelques thrillers dont Les Yeux Bleus de la Poupée Cassée; puis il bifurquera dans la comédie polissonne voir le film érotique et pornographique, dont certain avec Lina Romay, avant de terminer sa carrière en 1985 avec le film d'horreur Atrapos en el Miedo. Il est décédé en février 2008, avec 14 films en tant que metteur en scène. Alors Carlos Aured n'est pas un grand metteur en scène, c'est sûr, mais il n'a jamais eu de gros budget non plus pour montrer ses aptitudes derrière une caméra. Reste que dans le registre du thriller et du fantastique, ses œuvres, sans être transcendantes, restent appréciables et font preuve de qualité. Et c'est justement le cas avec Les Yeux Bleus de la Poupée Cassée, dont Paul Naschy a participé au scénario. Un film qu'on pourrait qualifier d'hybride tant il joue sur deux ambiances, deux atmosphères assez distinctes. Durant les 42 premières minutes, on est clairement dans le thriller psychologique, avec le personnage de Gilles, joué par Naschy, qui se fait embaucher pour devenir l'homme à tout faire dans une maison où vivent trois sœurs. On a Claude, jouée par Diana Lorys, qui porte une prothèse à sa main suite à un accident et qui se rabaisse sans cesse, n'ayant plus confiance en elle et croyant ne provoquer que le dégoût chez les hommes. On a aussi Nicole, jouée par Eva Léon, rousse incendiaire totalement nymphomane, qui sait parfaitement utiliser et mettre en valeur son corps parfait. Et puis on a Ivette, jouée par Maria Perschy, qui est paralysé et qui se déplace en fauteuil roulant, et qui est devenue paranoïaque, croyant qu'on veut en attenter à sa vie. Elle suit le traitement du docteur Phillipe, le médecin de famille qui a fort affaire avec ses trois sœurs tellement différentes et souffrant toutes de névroses à un stade avancé. C'est donc avec ce trio que va devoir composer Paul Naschy, qui semble lui aussi avoir un petit problème psychologique, on le découvrira lors de séquences oniriques dans lesquelles il se voit en train d'étrangler une jolie blondinette. Bref, tous les personnages ont un truc qui cloche et l'ambiance devient un peu malaisante, Naschy étant attiré par Claude mais ne refusant pas les avances charnelles de Nicole, le tout sous le regard étrange d'Ivette, qui n'a pas confiance en sa nouvelle infirmière, la blonde Michelle jouée par Inès Morales, qui, elle aussi, semble cacher quelques secrets, passant son temps à recevoir des appels téléphoniques qui la rendent suspecte. Reste que le scénario se la joue un peu fainéant et qu'il ne se passe pas grand chose en réalité dans cette maison, dont seul l'aspect gentiment érotique prodigué par le charme d'Eva Léon nous permet de ne pas décrocher. Et puis, à 42 minutes, le film bifurque dans le giallo, avec l'apparition d'un tueur vêtu de noir, ganté et maniant le hachoir de boucher et autres armes blanches avec efficacité. Il s'en prend à de jeunes filles blondes aux yeux bleus, yeux qu'il énuclent pour les conserver dans un bocal. La police est sur les dents car le nombre de cadavres commencent à gonfler et l'inspecteur Pierre ne trouve pas de mobile ni de suspect, même si Paul Naschy est le premier sur sa liste, les meurtres ayant démarré peu de temps après son arrivée dans le village. Des meurtres qui font gicler le précieux liquide rouge sur notre écran, on a un hachoir qui s'enfonce dans une gorge, une gorge tranchée au couteau ou une victime frappée avec une griffe de jardinage entre autres. Comme dans tout bon giallo, on se demande qui est l'assassin, on essaye de deviner quelles sont les fausses pistes sur lesquelles on veut nous emmener et le film devient plus intéressant, plus dynamique, même s'il ne parvient pas vraiment à faire naître un quelconque suspense ou une quelconque tension. Carlos Aured n'est pas Dario Argento et ça se ressent même si le spectacle n'est pas déplaisant et que le réalisateur utilise à bon escient la mélodie de la chanson Frère Jacques en tant que comptine musicale modernisée lors des meurtres, un élément classique dans le giallo. Dommage que le reste de la partition musicale soit, pour ma part, hors contexte, puisque très guillerette, nous faisant penser qu'on est dans une comédie la plupart du temps. En tout cas, l'intrigue se suit avec intérêt et on aura droit à un double twist final qui plonge le film dans le macabre et relève son intérêt. A noter une scène de mise à mort d'un cochon, égorger à l'ancienne, qui rebutera à coup sûr les amis des animaux. A titre personnel, je n'ai pas trop compris l'intérêt d'avoir filmé cette séquence qui ne sert à rien dans le scénario. Bref. Avec une mise en scène un peu plate et un démarrage un peu longuet, Les Yeux Bleus de la Poupée Cassée s'en tire avec les honneurs grâce à son intrigant casting féminin qui lui permet d'être un peu plus qu'un simple giallo anecdotique. Un film honnête à défaut d'être renversant et que j'ai pris plaisir à découvrir.

* Disponible en combo DVD + BR chez ARTUS FILMS
BONUS :
- Présentation de Carlos Aured et du film par Emmanuel le Gagne et Alain Petit
- Diaporama d’affiches et de photos
- Film-annonce original



KILLDOZER

 

KILLDOZER
(Killdozer)

Réalisateur : Jerry London
Année : 1974
Scénariste Herbert F. Solow
Pays : USA
Genre : Thriller, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Clint Walker, Robert Urich, Carl Betz, Neville Brand, James Wainwright...


L'HISTOIRE : Sur une île du Pacifique, le contremaître Lloyd Kelly,avec son équipe constituée de cinq ouvriers, doit construire une piste d’atterrissage. Durant les travaux de déblaiement, une énorme pierre est mise à nu, dont la provenance reste un mystère. Kelly demande au conducteur McCarthy de la déloger avec son bulldozer D9 mais quand le véhicule touche la pierre, une étrange lumière bleue se met à irradier, provoquant de graves blessures au conducteur. Pire que tout, la lumière semble avoir pris possession du bulldozer, qui se met à avancer tout seul et à attaquer le reste de l'équipe...

MON AVIS : En 1971, un jeune Steven Spielberg avait surpris son monde avec son histoire de camion tueur, dont on se demandait s'il y avait bien un chauffeur à l'intérieur. Duel, téléfilm diffusé au cinéma grâce à ses nombreuses qualités, allait engendrer quelques rejetons dans sa lignée, élargissant par la même occasion le sous-genre des véhicules tueurs, ces derniers pouvant provoquer la mort soit en étant utilisés par leurs conducteurs en engins meurtriers, soit en étant pourvus d'une vie propre, possédés par un quelconque esprit maléfique. C'est l'option retenue par Jerry London en 1974, avec le plus que curieux Killdozer, petit téléfilm produit tout de même par la Universal et tombé aux oubliettes depuis, voire totalement ignoré dans notre beau pays, mais qui a acquis un statut de film culte aux USA au fil du temps, malgré des critiques assez négatives quant à ses qualités à l'époque de sa diffusion, et ce, notamment lorsqu'il fut l'objet d'une blague dans le dessin-animé trash Beavis and Butt-Head en 1993. A l'origine du projet, on trouve une courte nouvelle écrite par Theodore Sturgeon,  publiée en 1944 dans le magazine Astounding Science-Fiction. Le récit a été remanié par l'auteur lui-même, accompagné par Ed MacKillop puis scénarisé par Herbert F. Solow. A l'arrivée, on obtient un téléfilm totalement what the fuck?! de par son sujet, vu qu'on parle tout de même d'un bulldozer possédé qui avance tout seul et va se mettre à attaquer des humains ! Une possession extra-terrestre à l'évidence, puisque le point de départ de la possession est le choc entre le bulldozer et une météorite tombée du ciel et enfouie dans le sol. Alors oui, on ne va pas s'attarder sur l'aspect pas vraiment crédible de cette histoire, ni sur le fait qu'un bulldozer de cette taille n'avance en réalité pas très vite et qu'un humain peut très facilement le distancer sans risquer sa vie. On préfère s'amuser à regarder notre monstre métallique faire clignoter ses phares, avancer de façon menaçante, activer sa pelle hydraulique telle une mâchoire vivante face au casting, qui parvient à ne pas rigoler et à rester sérieux, ce qui ne sera peut être pas le cas du spectateur. Il est vrai qu'on ne ressent aucune tension, aucun suspense face aux exactions de notre bulldozer possédé qui avance à deux à l'heure et que le casting ne fait pas non plus de grand effort pour dynamiser le rythme ou créer des situations un peu tendues. Parmi ce dernier, on trouve, entre autres, Clint Walker, qui joue le contremaître, ex-alcoolique qui se voit offrir une dernière chance et qui doit impérativement réussir à terminer le chantier ; Carl Betz qui joue un employé pas très commode ; Neville Brand, acteur bien connu des fans pour avoir joué le gérant d'hôtel psychotique possédant un crocodile dans Le Crocodile de la Mort de Tobe Hooper en 1976. Killdozer ne s’embarrasse pas d'un grand casting puisqu'on aura en tout et pour tout 6 acteurs à l'écran, devenant à tour de rôle les proies du bulldozer vivant. On retiendra par contre quelques répliques bien trouvées pour l'époque, dont l'emblématique "on ne peut pas tuer une machine" ou ce dialogue incroyable "comment s'y prendre pour tuer une machine ?" / "Une machine ? Il est trop lourd pour être suspendu et trop gros pour être placé dans une chambre à gaz" ! Dingue, non ? Rien de bien palpitant sinon au programme, On a vraiment affaire à un téléfilm sans grand moyen mais qui tente tout de même de bien faire et traite son histoire avec grand sérieux, même si on sourira souvent devant le ridicule de certaines situations. En tout cas, Killdozer reste une oeuvre à découvrir, parce que ce n'est pas tous les jours que vous verrez un bulldozer géant avoir une vie propre !

 


PERSONNE N'A ENTENDU CRIER

 

PERSONNE N'A ENTENDU CRIER
(Nadie oyo Gritar)

Réalisateur : Eloy de la Iglesia
Année : 1973
Scénariste Antonio Fos, Gabriel Moreno Burgos, Eloy de la Iglesia
Pays : Espagne
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec Carmen Sevilla, Vincente Parra, María Asquerino, Tony Isbert...


L'HISTOIRE : Elisa est une escort-girl raffinée, qui gagne de l'argent en passant des weeks-ends avec des hommes fortunés. De retour chez elle, elle entend Miguel, son voisin, qui essaye de réparer la porte de l'ascenseur. En sortant sur le palier, elle découvre ce dernier qui fait disparaître un corps dans la cage de l'appareil. Terrorisée, Elisa s'enferme chez elle mais Miguel, armé d'un pistolet, l'oblige à le laisser entrer. L'homme avoue qu'il vient de tuer sa femme et va forcer Elisa à l'aider à se débarrasser du cadavre, faisant d'elle sa complice...

MON AVIS : Les amateurs de cinéma Bis connaissent principalement le réalisateur espagnol Eloy de la Iglesia pour son film Cannibal Man - La Semaine d'un Assassin, réalisé en 1972 et qui avait bénéficié d'un visuel accrocheur lors de sa sortie en VHS en France. L'année suivante, il met en scène ce Personne n'a entendu crier, qui joue dans la cour du giallo de machination si on peut dire, du thriller d'ambiance qui réserve rebondissements et twist final, et qui le fait avec une réelle maîtrise. Au casting, on trouve Carmen Sevilla, actrice qui a débuté en 1947 et qui joue Elisa, une jeune femme frivole qui va être entraînée malgré elle dans une sordide histoire de meurtre. L'assassin, c'est Vincente Parra, le sordide héros de Cannibal Man justement. Ici, il joue donc Miguel, un homme charmant, poli mais qui doit tout faire pour se débarrasser du corps de sa femme sans être vu, ce qui est plutôt raté puisque pris sur le fait par Elisa. Un petit jeu du chat et de la souris va s'engager entre ces deux personnages et l'ambiance va vite devenir assez tendue. Eloy de la Iglesia et ses deux scénaristes vont alors jouer avec les attentes du spectateur, créant des situations stressantes, notamment lors de la fuite en voiture de Miguel, assisté par Elisa qui n'a pas d'autres choix que de céder aux ordres du meurtrier. Avec le corps caché dans le coffre, le voyage ne va pas être de tout repos, surtout quand une patrouille de police stoppe le véhicule et le réquisitionne pour emmener des blessés à l'hôpital. L'agent des forces de l'ordre insiste pour placer l'imposante valise d'Elisa dans le coffre, afin de libérer les sièges arrières de la voiture. Une situation qui va faire perler de sueur le front de Miguel, qui va toutefois trouver une alliée inattendue en la personne d'Elisa. Les rapports entre la jeune femme et l'assassin vont devenir de plus en plus troubles au fur et à mesure de l'avancée du film, Elisa semblant victime du syndrome de Stockholm, des sentiments pour le ténébreux Miguel semblant naître en elle. Bien malin, le scénario va nous réserver de nouvelles surprises et retournements de situation, tout en intégrant un troisième personnage au sein du duo, celui de Tony. Personne n'a entendu crier est avant tout un film qui prend son temps, qui ne mise pas sur l'action mais sur une atmosphère suffocante, très Hitchcockienne, et qui possède une mise en scène et une photographie inspirées. Hitchcock nous vient en effet irrémédiablement à l'esprit quand on regarde l'excellent film d'Eloy de la Iglesia. Comment, par exemple, ne pas penser à Norman Bates se demandant si la voiture de sa victime va couler, lors de la séquence où Miguel se demande si le cadavre lesté de sa femme va bel et bien sombrer au fond du lac ? Il en va de même pour Carmen Sevilla, qui interprète une héroïne très giallesque, parfaite au niveau de son interprétation. On peut aussi y voir des influences des Diaboliques de Clouzot. Le film est bardé de sous-entendus, de faux semblants, d'images trompeuses nous menant vers de fausses pistes, afin de mieux nous asséner le twist final, surprenant et inattendu. Le film n'est pas très violent, ni sanglant, même si on a quelques légers plans sanguinolents à se mettre sous la dent. Mais c'est bel et bien l'intrigue qui nous tient en haleine et nous manipule avec virtuosité, et on adore se laisser happer par cette dernière, on adore se faire embarquer avec les personnages dans ce thriller conventionnel certes, mais qui réussi son coup haut la main et distille son ambiance avec élégance. Un film de machination dont je n'avais jamais entendu parler et que j'ai fortement apprécié pour ma part ! A noter l'ultime séquence, pleine d'humour et de cynisme, qui ne manquera pas de vous faire sourire devant votre écran...

* Disponible en combo DVD + BR chez ARTUS FILMS 



DOLLY

 

DOLLY
(Dolly)

Réalisateur : Rod Blackhurst
Année : 2025
Scénariste Rod Blackhurst, Brandon Weavil
Pays : USA
Genre : Horreur, survival
Interdiction : -16 ans
Avec Fabianne Therese, Seann William Scott, Russ Tiller, Kate Cobb, Max the Impaler...


L'HISTOIRE : Macy part en week-end dans la forêt avec Chase, son fiancé. Ce dernier souhaite la demander en mariage durant le séjour. Intrigué par une curieuse petite musique qui semble provenir des alentour, Chase s'éloigne de Macy pour découvrir d'où provient cette musique. Il croise alors la route d'une femme curieuse, à la force herculéenne, qui porte un masque de poupée en porcelaine sur le visage et qui l'agresse brutalement. Macy se fait kidnapper par cette curieuse créature, qui l'emmène dans sa maison perdue au milieu de la forêt. Rapidement, Macy comprend que cette femme monstrueuse veut faire d'elle... son enfant !

L'AVIS : En 2022, le réalisateur Rod Blackburst signe Babygirl, un court-métrage de quatre minutes, dans lequel une jeune femme prénommée Macy se fait enlever par des individus monstrueux qui veulent faire d'elle leur enfant. Un postulat qui est resté ancré dans l'inconscient du réalisateur, qui a donc décidé de le remanier sous forme de long-métrage avec Dolly, un film qu'on ne citera pas pour son originalité, puisqu'il bouffe à tous les râteliers du survival, de Massacre à la tronçonneuse à Détour Mortel, avec une ambiance poisseuse, des agressions brutales, un côté malsain provenant du  postulat même de l'histoire et surtout avec son curieux personnage principal, Dolly, femme-enfant corpulente à la force prodigieuse, qui, à la manière de Leatherface, semble avoir un retard mental certain, ne s'exprimant que par signe ou gargouillis sonore, s'énervant à la moindre contrariété et portant également un masque sur le visage, à savoir ici, un masque de poupée en porcelaine très réussi et assez perturbant. Dolly est interprété par Max the Impaler, quel nom, une star de catch, non binaire et transmasculin, qui concourrait jusqu'à il y a peu à la NWA. Une personnalité atypique, qui convient parfaitement pour le rôle de par sa puissance, qu'on ressent à travers l'écran, quand Dolly soulève d'une main un protagoniste ou envoie valser ses victimes à travers une pièce. Dolly, c'est un vrai Jason Voorhees en puissance, qui a fait de son environnement, sa maison et la forêt avoisinante, son terrain de jeu, qu'elle connaît par cœur, ce qui lui donne toujours une longueur d'avance sur ses victimes. A la manière du tueur de Vendredi 13, Dolly poursuit une victime, disparaît d'un coup pour réapparaître plusieurs mètres plus loin devant cette dernière, comme si elle s'était téléportée. L'intérêt principal de ce nouveau boogeyman est cette recherche incessante d'avoir un enfant à s'occuper. Venant elle-même de perdre sa mère, Dolly, passionnée par les poupées, qu'elle dissémine à travers toute la maison et dans les bois, ressent ce besoin d'être mère et veut transformer ses proies en enfant, leur donnant de la bouillie à manger, leur faisant porter des couches, les enfermant dans une chambre d'enfant avec un petit lit à barreau pour couchage. Le malaise ressentit par le spectateur lors de sa vision du film provient réellement de cette caractéristique du personnage et des situations cocasses mais peu enviables des victimes forcées à régresser à un stade infantile. On pense évidemment à la situation un peu similaire du héros de Calvaire de Fabrice de Welz, avec cette homme forcé de devenir une femme par un Jackie Berroyer bien taré. Dans Dolly, c'est donc la charmante Fabienne Therese qui va devoir tout faire pour survivre aux agissements de Dolly et tenter de rester en vie. Cette actrice, on a pu la voir dans John dies at the end en 2012, dans Starry Eyes en 2014 ou dans 666 Road en 2015 entre autres. Elle assure très bien dans le film de Rob Blackburst et se révèle la parfaite antagoniste de Dolly dans le sens où, elle, ne veut pas devenir mère. Et ce n'est pas ce qu'elle subir dans le film qui va lui en donner l'envie, ça c'est sûr. On le voit, Dolly se veut un hommage à des classiques du survival 70, et il le fait de manière plutôt efficace, à défaut d'être original donc. Le film a été tourné en 16 mm, pour réussir à obtenir le grain des anciens films et ça fonctionne bien, on se retrouve de suite dans l'ambiance crasseuse de Massacre à la Tronçonneuse ou La Colline a des yeux. Niveau effets spéciaux, idem, tout est fait à l'ancienne, pas de CGI ici et c'est une très bonne chose. Dolly ne lésine pas sur la violence graphique, les coups sont puissants et font mal, comme cette pelle brisant la jambe ou la mâchoire du pauvre Seann William Scott, oui, oui, le fameux Stifler d'American Pie, qu'on ne s'attendait pas à retrouver dans un film d'horreur. Des effets gore assez crédibles, qui se montrent parfois un peu grotesques, comme cette fameuse mâchoire déjà évoquée et qui pend sur le visage du jeune fiancé qui a vu sa demande de mariage être repoussée à plus tard suite à sa rencontre avec Dolly. Mais cet aspect grotesque semble voulu par le réalisateur, qui s'autorise tous les excès et situations cocasses à même de malmener le spectateur. Un réalisateur qui place un autre protagoniste au sein de l'histoire, qui semble lui aussi retenu prisonnier par Dolly et qui permettra d'étoffer un peu le background de cette dernière. Dolly ne révolutionne donc rien dans le paysage cinématographique horrifique, on reste dans le déjà-vu mais le but de Rod Blackburst étant de rendre un vibrant hommage aux survival qu'il vénèrent, de ce point de vu, c'est assez réussi à défaut d'être surprenant ou novateur. La violence frontale est bel et bien au rendez-vous, les effets à l'ancienne assurent un spectacle souvent barbare qui ravira les amateurs et le personnage de Dolly est des plus intrigants, ce qui ne gâche rien.