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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




dimanche 30 juin 2024

LA ZONE D'INTERÊT

 

LA ZONE D'INTERÊT
(The Zone of Interest)


Réalisateur : Jonathan Glazer
Année : 2023
Scénariste Jonathan Glazer
Pays : USA, Angleterre, Pologne
Genre : Drame, Guerre, Historique
Interdiction : /
Avec : Christian Friedel, Sandra Hüller, Johann Karthaus, Luis Noah Witte...


L'HISTOIRE Le commandant d’Auschwitz, Rudolf Höss, et sa femme Hedwig s’efforcent de construire une vie de rêve pour leur famille dans une maison avec jardin à côté du camp...

MON AVIS : Venant de l'univers du clip-vidéo, Jonathan Glazer, hormis quelques courts-métrages, n'est passé que quatre fois derrière la caméra en tant que réalisateur d'un long-métrage. On lui doit Sexy Beast en 2000, Birth en 2004, Under the Skin en 2013 et La Zone d'intérêt en 2023. Le titre même de ce dernier film évoque le nom donné par les nazis à la zone de 40 kilomètres carré entourant le tristement célèbre camp d'Auschwitz. C'est également le titre d'un roman de Martin Amis dont s'est inspiré librement le réalisateur. Glazer a passé plus de trois ans à préparer le tournage du film, avec un seul objectif en tête : ne pas esthétiser les images, pour se rapprocher le plus possible de la réalité. Le tournage s'est déroulé sur le sol polonais, pas très loin d'Auschwitz. La maison des Höss a été reconstruite, de même que le jardin tant aimé par la femme du commandant du camp. Si le roman se déroule à l'extérieur mais aussi à l'intérieur du camp, Jonathan Glazer a décidé de ne tourner qu'à l'extérieur, tout en effectuant un incroyable travail sonore pour faire ressentir au spectateur les horreurs qui se déroule à l'intérieur. Un parti-pris payant, qui apporte un terrifiant contraste entre la vie calme et paisible des Höss dans leur maison, qui était située le long du camp, et les atrocités commises au sein du plus grand camp d'extermination nazi. Autre point intéressant, le film est présenté du point de vu nazi, et non de celui des victimes. Logique quand le sujet même de La Zone d'Intérêt est la déshumanisation. Rudolf Höss est célèbre pour avoir été le commandant du camp d'Auschwitz mais aussi pour avoir été un employé modèle, totalement investi, tel un bon travailleur, dans la mission que lui a confié les hautes instances nazies. Il n'est pas né monstre, et le plus terrifiant est qu'il n'a pas l'impression d'en être un lors de la guerre. Il est juste un militaire qui obéit aux ordres et met tout en oeuvre pour satisfaire son supérieur. On ne faisait qu'obéir aux ordres est une phrase qui revenait souvent dans la bouche des officiers et soldats nazis à la fin de la guerre. Comment une personne peut-elle arriver à afficher un tel détachement dans sa vie quand, à quelques pas de son jardin, des milliers de personnes sont assassinés ? Comment sa moralité n'est-elle pas affectée ? C'est ce qui fait de La Zone d'Intérêt un film assez difficile d'accès de prime abord. Il n'y a aucune scène choc, aucun suspense, aucune scène d'action. Le réalisateur filme la banalité. Une balade au bord d'une rivière, l'anniversaire du commandant du camp, les enfants qui jouent, le retour du commandant après sa journée de travail, le personnel de maison qui s'affaire aux tâches domestiques par exemple. Rien de bien palpitant à l'écran. En fait, La Zone d'Intérêt fait dans le 2 films en un. On navigue entre la vie d'une banalité totale, voire même ennuyante, de la famille Höss représentée visuellement à l'écran et les horreurs commises au sein d'Auschwitz qui, elles, sont représentées à l'écran de manière auditive. Si le film a obtenu l'Oscar du meilleur son, ce n'est pas pour rien. Tirs de balle, voix des officiers malmenant les prisonniers, cris de ces derniers, pleurs de femmes et de bébés viennent nous rappeler constamment qu'on n'assiste pas à une simple partie de campagne ou à une simple tranche de vie dans une famille allemande. Que l'horreur, certes toujours en hors-champ, est bien présente. Et que ce travail sur le son fait que notre esprit crée les images non vues. Les dialogues participent également à ce contraste entre visuel et sonorité. Quand Rudolf Höss, qui fait trop bien son travail, est sollicité par les chefs nazis pour aller s'occuper de la supervision de tous les autres camps et qu'il doit donc être muté, le personnage de sa femme Hedwig, relégué au second plan auparavant, passe au premier plan et le réalisateur s'attarde alors sur la déshumanisation de la femme du commandant d'Auschwitz. Une déshumanisation peut-être encore plus extrême que celle de son mari et qui prend sens lors de deux dialogues en particulier : celui où elle dit à une servante - une prisonnière - qu'elle pourrait demander à mon mari de répandre tes cendres dans les champs de Babice ou celui, assez hallucinant, où elle n'accepte pas la mutation de son mari et lui annonce qu'elle restera ici, avec leurs enfants dans sa belle maison d'Auschwitz, qui représente tout ce qu'elle désire. Qui représente son Paradis à elle. Un Paradis pourtant situé à quelques mètres de l'Enfer. Un Enfer que la famille Höss a réussi à effacer de son champ de vision, de sa moralité, de sa perception. Une vie bucolique et sereine est-elle possible à côté de l'Enfer ? Les Höss en ont fait une réalité. Grâce à une habile mise en scène, toute en retenue, mais qui a nécessité un très gros travail de préparation, avec mêmes des caméras cachées dans les décors, Jonathan Glazer nous fait toucher du doigt la banalité du Mal et nous interroge. Peut-on s'habituer à tout ? Les images contemporaines vers la fin du film, de femmes faisant le ménage dans le musée d'Auschwitz, lavant les glaces des vitrines où sont entreposés des milliers de chaussures, lunettes et autres objets, balayant le sol des fours crématoires, sont très intéressantes à ce niveau. Film contemplatif à l'extrême, déstabilisant de par son absence totale de rythme, et proposant une vision atypique et original sur la Shoah, La Zone d'Intérêt provoque une réflexion et nous ramène à l'actualité contemporaine, où les images de la guerre ont fait leur retour sur nos écrans de télévision, sans qu'elles viennent réellement perturber nos habitudes. 

* Disponible en DVD, Blu-Ray et combo UHD+Blu-Ray le 5 juillet 2024 chez BLAQ OUT
Bonus :
-> Entretien avec Antoine Desrues, critique de cinéma (32 min)
-> Secrets de tournages (7 min)
-> Making of (30 min – éditions Blu-Ray et combo UHD+Blu-Ray uniquement)










lundi 20 mai 2024

BARBARE

 

BARBARE
(Barbarian)


Réalisateur : Zach Cregger
Année : 2022
Scénariste Zach Cregger
Pays : USA, Bulgarie
Genre : Thriller, horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Georgina Campbell, Bill Skarsgård, Justin Long, Matthew Patrick Davis ...


L'HISTOIRE Se rendant à Détroit pour un entretien d'embauche, Tess se retrouve à louer un « Airbnb » le temps de son séjour. Mais lorsqu'elle arrive tard dans la nuit, elle découvre que la demeure est déjà occupée et qu’un homme étrange du nom de Keith y séjourne déjà. Malgré la gêne, elle décide, résignée, d'y passer la nuit, les hôtels des environs étant complets. Mais réveillée dans son sommeil par des sons mystérieux, Tess va s’embarquer malgré elle dans une série de découvertes terrifiantes...

MON AVIS : Bon. C'est donc ça le film d'horreur de l'année 2022, encensé par Sam Raimi lui-même ? Bah mince alors. J'ai du rater un épisode. Pourtant, le début de Barbare fonctionné plutôt bien : une location de Airbnb qui se passe mal, un inconnu qui loue déjà la maison réservée par l'héroïne. Avec ces deux ingrédients, le réalisateur Zach Cregger parvient à créer un petit climat anxiogène bienvenu, surtout que l'inconnu, prenommé Keith, a la tête de Bill Skarsgârd, celui-là même qui a incarné le clown Pennywise dans Ça partie 1 et Ça partie 2. Raconte-t-il des bobards ? S'agit-il bien d'une erreur ? Ou est-il un psychopathe qui s'amuse à recueillir des touristes pour mieux les séquestrer et les tuer ? Mystère, mystère. Le suspense fonctionne et on se questionne sans cesse sur la personnalité de Keith. La tension monte d'un cran avec la découverte d'une porte camouflé qui mène à une cave, elle même menant à un escalier s'enfonçant dans les profondeurs de la terre et cachant un long dédale de couloir, avec cages et portes de cellule rongées par la rouille. Et il semble aussi que quelque chose se terre dans cet endroit. Sans rien révolutionner du tout, Barbare tient la route jusque là. Il manque un peu de violence tout de même, ce qui arrivera avec une première scène de meurtre, assez violente il est vrai. Et puis, rupture de ton avec l'arrivée à l'écran d'un nouveau personnage, interprété par Justin Long. Ce dernier va se rendre dans sa maison, qui est celle vue au début puisqu'il est le propriétaire du Airbnb. A partir de là, Barbare s'enlise dans l'ennui et m'a fait décrocher. Du vu et du déjà vu, on pense à Détour Mortel ou même à l'épisode d'X-Files, La Meute, en ce qui concerne la créature qui vit dans les sous-sols de la maison. Le flashback explicatif de sa présence est un peu malsain certes mais bon, pas de quoi en être traumatisé non plus hein. Au final, on a deux séquences horrifiques à tout casser, un monstre dont on se demande comment il a pu acquérir une force pareille vu sa nature d'origine et donc pas mal d'ennui, de mon point de vue du moins. Une vraie déception au final par un film dont la réputation est, pour ma part, totalement surfaite. 
   

KNOCK AT THE CABIN

KNOCK AT THE CABIN
(Knock at the Cabin)


Réalisateur : M. Night Shyamalan
Année : 2023
Scénariste M. Night Shyamalan, Steve Desmond, Michael Sherman
Pays : USA, Japon, Chine
Genre : Thriller, horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Dave Bautista, Jonathan Groff, Ben Aldridge, Rupert Grint, Abby Quinn ...


L'HISTOIRE Tandis qu’ils passent leurs vacances dans un chalet en pleine nature, une jeune fille et ses parents homosexuels sont pris en otage par quatre étrangers armés qui leur imposent de faire un choix impossible. S’ils refusent, l’apocalypse est inéluctable. Quasiment coupés du monde, les parents de la jeune fille doivent assumer leur décision avant qu’il ne soit trop tard…

MON AVIS : Après quelques films pas forcément au niveau de ses premières réalisations, M. Night Shyamalan, le roi du film à twist, faisait son retour en 2023 en adaptant le roman The Cabin at the end of the world de Paul Tremblay sous le titre de Knock at the Cabin. Un film qui débute un peu comme un home invasion, un couple de deux pères et leur fille adoptive voyant quatre individus armés pénétrer de force dans leur maison de vacances. A leur tête, un imposant Dave Bautista, désormais connu pour être Drax dans Les Gardiens de la Galaxie. Le mystère commence à prendre forme quand nos quatre étrangers expliquent à au couple homosexuel que l'avenir de l'humanité repose sur eux et qu'ils vont devoir faire un choix cruel mais nécessaire : il faut que l'un des deux accepte de se sacrifier pour sauver l'humanité. A chaque fois que la réponse est non, l'un des quatre étrangers se donne la mort, ce qui semble se traduire par l'arrivée d'une catastrophe dans le monde : un tsunami ravage les côtés et provoquent une innombrables quantité de morts ; un virus se répand et provoque une pandémie mondiale ; des actes terroristes de hacking font crasher tous les avions en vol. Des images que Dave Bautista montre au couple de parents, via la télévision. Trucage ou réalité ? L'un des parents refuse catégoriquement de céder, pensant que les étrangers font partie d'une secte suicidaire. Mais l'autre papa semble touché par les images et prend conscience de ce qui se trame réellement devant lui. Bien sûr, comme le film est de Shyamalan, on attend alors un twist, un retournement de situation qui remettra en cause tout ce qu'on a vu précédemment. Et lorsque le générique de fin démarre et que point de twist il y a eu, on est déboussolé devant notre écran.En fait, tout était déjà expliqué via l'affiche et via sa tagline : Sauvez votre famille ou sauvez l'humanité. Faites un choix. Voilà, tout est dit, tout est là devant nos yeux : les 4 cavaliers de l'Apocalypse sont sur l'affiche et le slogan explique le film. Point. Une fois qu'on a digéré ça, on repense au film et on se met à l'apprécier plus que lors de sa vision, quelque peu déstabilisante. On comprend les allégories à notre monde actuel, on comprend la modernité des 4 fléaux qui s'abattent sur le monde (écologie, terrorisme, pandémie liée à un virus...), fléaux qui remplacent la traditionnelle invasion de sauterelles par exemple et qui explique la présence de cet animal dans le film. Ce huis-clos qui joue au départ dans le registre du film de home invasion se montre donc bien plus subtil qu'il n'y parait de prime abord. Il joue aussi sur la mentalité actuelle de millions de personnes qui remettent en cause le réchauffement climatique et les enjeux qui se déroulent sous nos yeux en proposant à un couple homosexuel de se sacrifier pour stopper les fléaux. Il y a en a un qui réfute toutes les images de fléaux qu'on lui montre à la télé et l'autre qui "comprend" et s'implique dans le processus. Un film déstabilisant donc, car on s'attend à un retournement de situation finale de la part de son réalisateur mais qui, pour une fois, ne viendra pas puisque tout est là, sous nos yeux. Perturbant. Intelligent. A revisionner une seconde fois je pense. 



mardi 7 mai 2024

TENTACULES

 

TENTACULES
(Tentacoli)


Réalisateur : Ovidio G. Assonitis
Année : 1977
Scénariste Steven Carabtsos, Tito Carpi, Jerome Max, Sonia Molteni
Pays : Italie, USA
Genre : Aventure, horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : John Huston, Shelley Winters, Henri Fonda, Bo Hopkins, Delia Boccardo...


L'HISTOIRE Dans la petite ville d'Ocean Beach, de mystérieuses disparitions ont lieu en mer. Un bébé disparaît, puis un pécheur. Les corps sont retrouvés broyés, et la moelle a été aspirée des os. Ned Turner, un vieux journaliste, mène son enquête et suspecte la société Trojan, qui construit un tunnel sous la mer. Mais bientôt, d'autres disparitions ont lieu, et bien trop loin du tunnel. Un expert en faune marine pense qu'il pourrait s'agir d'une pieuvre géante. Pendant ce temps se prépare une course de régate pour les enfants...

L'AVIS Les dents de la mer continue de faire des émules. Mais cette fois-ci, il ne s'agit donc plus d'un requin tueur, mais d'une pieuvre géante ! Un changement qui rehausse notre intérêt, cet animal étant assez terrifiant avec ses tentacules munies de puissantes ventouses. Notre esprit se constitue déjà des séquences abominables avec ces tentacules mais force est de constater que nous serons bien déçus à la vision du film. Niveau casting, on retrouve tout plein d'anciens acteurs, comme Henry Fonda, qui apparaît peu, jouant le rôle du patron de la société Trojan. Shelley Winters, qu'on a pu voir dans La nuit du chasseur, Le locataire ou encore dans Bloody mama joue le rôle de la sœur de Ned Turner, quelques kilos en trop. C'est le très grand réalisateur John Houston, à qui l'on doit des classiques tels Les désaxés, Le trésor de la sierra madre, Key largo ou bien encore African queen et Moby Dick, qui se voit confié le rôle de Ed Turner. Turner est un journaliste qui aime fouiller là où il ne faudrait pas et qui n'a pas sa langue dans sa poche. Il prend cette affaire de disparition très à cœur et utilisera tous les moyens en son pouvoir pour tenter de trouver la cause des ces meurtres étranges. En ce qui concerne l'interprétation, tout le monde s'en tire bien et fait ce qu'on attend de lui. En fait, celui qui s'en sort le moins bien, c'est le réalisateur du film. En effet, avec un sujet pareil, il aurait pu nous faire une oeuvre aussi terrifiante que le film de Steven Spielberg. Malheureusement, il noie son film dans des flots de dialogues qui ralentissent considérablement l'action et le rythme du film. Tout comme Spielberg, il préfère jouer de la suggestion dans la première partie du film et nous ne verrons guère l'animal, ni même ses tentacules. Mais là où Spielberg s'en sort comme un génie, nous tétanisant avec trois notes de musique, Ovidio G. Assonitis ne parvient pas à créer de tension et c'est bientôt l'ennui qui s'installe devant notre écran. Nous aurons évidemment droit à de multiples scènes sous-marines, avec plongeurs explorant le fond marin sans se douter de la monstruosité qui s'y cache. Des séquences bien réalisées mais manquant là encore de vrai suspense. Même la scène qui se déroule parmi toutes les régates des enfants ne parvient pas à nous effrayer. Joe Dante et son Piranhas s'en sort cent fois mieux par exemple en terme d'attaques d'enfants dans un milieu aquatique. Certaines images sont par contre assez réussies, comme lorsqu'on voit du dessous la pieuvre déployer ses tentacules pour attraper littéralement la coque d'un bateau. Mais c'est peu. Trop peu. Nous verrons aussi certaines fois la tentacule attraper le corps d'une jeune femme mais on aurait aimé en voir bien plus souvent des scènes comme ça. La musique ne parvient pas non plus à faire naître un quelconque sentiment d'effroi. C'est sûr qu'il fallait être très très fort pour passer après John WilliamsTentacules se conclura comme le film de Spielberg par la chasse au monstre. L'océanologue qui a perdu sa femme, victime du monstre, ira en mer avec un ami pour la traquer et la tuer définitivement. Le réalisateur a cru bon de lui adjoindre deux orques pour compagnons, orques qu'il dresse dans son parc aquatique. Je n'ai pas trop vu l'intérêt de faire ça, si ce n'est de montrer que les orques n'ont vraiment peur de rien et qu'ils sont les vrais maîtres des mers. Il est donc dommage que ce film n'aie pas réussi son coup. La pieuvre est vraiment un animal avec un fort potentiel en terme de frayeurs, et ce potentiel n'a guère été exploité. On pourra presque préférer Octopus 2, qui en montre bien plus. Bref, les amateurs de films se passant dans la mer avec des monstres tueurs pourront être un peu déçu par Tentacules, même si ça se laisse voir bien évidemment et qu'il y a bien pire dans ce registre...

* Dispo en combo dvd + br + Livret chez RIMINI EDITIONS
Bonus : "Ovidio G. Assonitis, Business is business" - livret de 24 pages conçu par Marc Toullec.


vendredi 12 avril 2024

LES RATS ATTAQUENT

 


LES RATS ATTAQUENT
(Deadly Eyes)


Réalisateur : Robert Clouse
Année : 1982
Scénariste Lonon F. Smith, Charles H. Eglee
Pays : Canada, Hong-Kong
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Sam Groom, Sara Botsford, Lisa Langlois, Cec Linder, Scatman Crothers...


L'HISTOIRE Après avoir mangé du maïs contaminé, des rats se transforment en prédateurs féroces et se mettent à attaquer les humains, tout d’abord, des personnes isolées, puis un cinéma et une rame de métro. Kelly Leonard, inspectrice au département de la santé, et Paul Harris, professeur, vont tenter d’arrêter cette invasion sans précédent...

MON AVIS : Principalement célèbre pour avoir réalisé Opération Dragon en 1973, Robert Clouse s'est également illustré dans quelques films bien sympathiques, comme La Ceinture Noire avec Jim Kelly en 1974, New York ne répond plus avec Yul Brynner en 1975, Le Chinois avec Jackie Chan en 1980 ou Gymkata - Le parcours de la mort en 1985 entre autres. Et en 1982, on le retrouve aux commandes d'une production mi-canadienne, mi-hongkongaise avec Les Rats attaquent, dont le scénario est basé sur le roman culte de James Herbert, Les Rats. N'ayant toujours pas lu ce roman, ni ses deux suites, je ne saurais dire si le film est fidèle à l'oeuvre littéraire. Toujours est-il que le projet est initié par la Golden Harvest, firme chinoise voulant conquérir les marchés occidentaux, et que cette dernière choisit au départ Paul Lynch pour mettre en scène le film. Mais le réalisateur du Bal de l'Horreur est congédié trois semaines avant le début du tournage et remplacé par Robert Clouse. Ce dernier a déjà tâté du film d'agression animale avec The Pack en 1977. Niveau casting, Les Rats attaquent se pare de quelque têtes connues, comme Scatman Crothers, acteur noir vu dans pléthore de séries-télévisées et films divers, dont le Shining de Kubrick bien sûr ou bien encore Lisa Langlois, la "punkette" vulgaire de Class 1984 qu'on a également vu dans le slasher Happy Birthday ou le film de monstres The Nest - Voyage au bout de l'horreur par exemple. Le duo de héros est quant à lui interprété par Sam Groom et Sara Botsford. Après les chiens de The Pack, Robert Clouse doit donc composer avec des rats. Des rats de taille développée, ce qui l'oblige donc à recourir à un subterfuge déjà utilisé dans le film The Killer Shrews aka Les Musaraignes tueuses en 1959, à savoir utiliser des chiens de petites tailles qu'on déguise en monstres poilus. Robert Clouse se retrouve donc avec des teckels recouverts d'un déguisements évoquant de méchants rats ainsi qu'avec des têtes de marionnettes pour les scènes de gros plans. Si le réalisateur s'en accommode, avouons que les effets ne sont pas bien folichons et tirent son film vers le nanar, même s'il a l'intelligence de ne pas trop les montrer. Franchement, utiliser de vrais rats aurait sûrement amplifié l'impact du film, et son aspect répulsif. Là, on a plus envie de rire qu'autre chose devant le résultat. Je pense que Clouse en était conscient malgré lui, c'est pourquoi il se focalise principalement sur ses personnages humains, à savoir ce professeur (Sam Groom) qui fait flasher une jeune étudiante (Lisa Langlois) qui lui fait du rentre-dedans assez tonique mais qui ne parvient pas à s'attirer ses faveurs, le prof préférant une inspectrice du département de la santé qui a son âge (Sara Botsford). Tout ce petit monde se croise durant une bonne partie du film et amoindrit l'intérêt de ce dernier, car nous, spectateur pervers, voulons voir des attaques de rats ! A ce niveau, on en aura quelques-unes assez sympathiques même si parfois en hors-champ : on pense à cette baby-sitter et ce petit garçonnet qui vont devenir les victimes des rongeurs par exemple. Plus distrayante, l'attaque d'un cinéma puis l'attaque d'une soirée célébrant l'ouverture d'une nouvelle rame de métro. Bon, pas de quoi se relever la nuit non plus mais là, pour le coup, ça fait gentiment le job. Reste que le ressenti final n'est joue pas vraiment en faveur du film de Robert Clouse, qui a tout de même fait son petit effet dans les vidéos-clubs durant les 80's et les 90's. A revoir avec nostalgie et indulgence.

* Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS   
Film en VF et VOSTF. Livret 24 pages de Marc Toullec "Dents dures et poings serrés" qui revient sur la carrière de Robert Clouse.


dimanche 31 mars 2024

THE NEST - VOYAGE AU BOUT DE L'HORREUR

 

THE NEST - VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER 
(The Nest)


Réalisateur : Terrence H. Winkless
Année : 1987
Scénariste Robert King
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Robert Lansing, Lisa Langlois, Franc Luz, Terri Treas, Stephen Davies...


L'HISTOIRE Après quatre années d’absence, Elizabeth Johnson retourne sur l’île de Northport, aux États-Unis. Elle y retrouve son père, Elias, qui n’est autre que le maire de l’île, ainsi que son ex petit ami, Richard Tarbell, représentant la loi en tant que shérif. Northport, d’ordinaire bien tranquille, est en proie à une série de disparitions inexpliquées de touristes et d’animaux. Alors qu’elle explore l’île, Elizabeth découvre des œufs de grande taille dans une cavité rocheuse. Bientôt, des cafards carnivores s’attaquent à la population, semant d’autant plus la panique qu’ils semblent indestructibles...

MON AVIS : Voilà un film que je n'avais encore jamais eu l'occasion de voir. Bien sûr, son fameux dessin illustrant la jaquette donnait envie mais je n'avais pas la VHS et je ne l'ai jamais eu dans les mains. Je vais donc pouvoir le découvrir avec plusieurs années de retard grâce au Chat qui Fume, qui le propose en Blu-Ray. The Nest, titré en France Voyage au bout de l'Horreur, est le premier film de Terrence H. Winkless. Un réalisateur très peu connu, dont l'un des faits d'armes est d'avoir été l'un des co-scénaristes du Hurlements de Joe Dante. Avec The Nest, il se lance corps et âme dans le film d'agressions animales, un sous-genre très apprécié des amateurs. Et il le fait avec une réelle originalité puisqu'ici, les animaux dangereux sont des insectes, des cafards pour être précis. Des bestioles qui n'ont pas souvent eu l'honneur d'être les vedettes dans un film, si ce n'est dans le cinquième sketch du Creepshow de George A. Romero ou dans le Joe's Apartment en 1996. Entomophobes, passez donc votre chemin car vous allez être servis ici : ca grouille à foison et comme nos sales bébêtes ont été génétiquement modifiées en plus, elles ont un appétit féroce et provoquent bien des dégâts chez ceux qu'elles rencontrent, le tout à grand renfort d'effets spéciaux gore de qualité ! Des effets qu'on doit à James M. Navarra, qui n'a pas lésiné pour offrir aux spectateurs un vrai voyage au bout de l'horreur ! Pauvre chien complètement dévoré, bras tranché ou arraché, corps qui se décompose sous l'effet des morsures multiples, explosion de crâne et j'en passe, c'est un vrai festival sanguinolent auquel nous avons droit et le spectacle se montre vraiment jubilatoire devant tant de générosité, le summum étant atteint lorsqu'un pauvre malheureux verra deux gros crochets sortir de sa bouche, devenant lui-même une blatte géante. On appréciera également le monstre final, melting-pot de plusieurs victimes fusionnées à la manière d'une créature qui aurait assurément eu sa place dans le The Thing de John Carpenter. Des séquences qu'apprécieront les entomophobes à contrario des scènes d'invasion de centaines de blattes véritables dans un restaurant ou une maison, ce qui ne manquera pas de les révulser et de les faire frissonner. Pour lutter contre ces cafards agressifs, nous avons les acteurs principaux du film bien sûr ! Il y a Richard Tarbell, le shérif de la ville, interprété par Franc Luz ; son ex-petite amie, Elizabeth Johnson, jouée quant à elle par la charmante Lisa Langlois, la punkette du gang de Peter Stegman dans le culte Class 1984 de Mark Lester entre autres et Homer, le spécialiste en désinfection de nuisibles de la ville, joué par Stephen Davies. Trois personnes lambda qui vont devenir les héros malgré eux de The Nest. Qui dit héros dit antagonistes et pour remplir ce rôle, on aura Elias Johnson, le maire de la ville et père d'Elizabeth, interprété par le bien connu Robert Lansing ainsi qu'une vilaine scientifique, le docteur Morgan Hubbard, jouée par Terri Treas. Autre point un tant soit peu original du film de Terrence H. Winkless, le fait que le maire, souvent impliqué dans ce genre d'affaire depuis Les Dents de la Mer en 1975, ne soit pas ici un méchant sans cœur qui n'agit que pour son propre profit. Non, dans The Nest, le maire a laissé les scientifiques mener leurs expériences sur les cafards pour une cause écologique, à savoir arrêter l'utilisation de pesticides et autres produits toxiques dans la lutte contre les nuisibles et les laisser investir de l'argent dans la ville, ce qui ne sera que bénéfique pour tous les habitants. Une noble cause donc mais il s'est fait floué par les scientifiques, qui lui ont menti, notamment au niveau du contrôle de la situation. La vraie méchante du film, c'est donc bien le docteur Morgan Hubbard, qui ne cesse de jubiler devant les capacités voraces de ses bestioles, qui développent également une vraie forme d'intelligence, les rendant d'autant plus dangereuse et incontrôlable. Alors oui, The Nest joue avec tous les clichés déjà vu auparavant dans ce type de film mais il le fait bien et emporte souvent l'adhésion du public. Nous sommes réellement en présence d'une petite série B festive et divertissante, comme les 80'S savaient nous en proposer, et qui en donne pour son argent aux spectateurs. Basé sur un roman d'Eli Cantor et produit par l'écurie Corman (Julie Corman ici), la vision de The Nest - Voyage au bout de l'Horreur s'est avérée une réelle bonne surprise pour ma part et je pense que ce film mérite une plus large reconnaissance parmi les amateurs car il le mérite. Tout n'est pas parfait mais il fait le taf et de manière efficace qui plus est. Merci au Chat qui Fume de l'avoir exhumé pour notre plus grand plaisir.

* Disponible en BR chez LE CHAT QUI FUME


samedi 30 mars 2024

LE CHAT ET LE CANARI


LE CHAT ET LE CANARI 
(The Cat and the Canary)


Réalisateur : Radley Metzger
Année : 1978
Scénariste Radley Metzger, John Willard
Pays : Angleterre
Genre : Comédie / Policier
Interdiction : /
Avec :Honor Blackman, Michael Callan, Edward Fox, Olivia Hussey, Wendy Hiller...


L'HISTOIRE Pour le vingtième anniversaire de la mort du richissime Cyrus West, ses héritiers sont réunis dans son château et ils vont enfin connaitre le contenu de son testament. Selon ses dernières volontés, la jeune Annabelle West sera la seule bénéficiaire de sa fortune mais que si elle est déclarée folle ou qu'elle meurt durant la nuit, l'héritage ira à un second héritier. Dans le même temps, tous les invités apprennent qu’un dangereux psychopathe s'est échappé d'un asile et écume la région...

MON AVIS : En 1922 est jouée à Broadway une pièce de théâtre créée par John Willard et intitulée Le Chat et le Canari. La pièce remporta un franc succès, mélangeant atmosphère policière et d'épouvante. En 1927, le réalisateur allemand Paul Léni l'adapte au cinéma sous le même titre Le Chat et le Canari - en France, ce sera La Volonté du Mort - et offre aux spectateurs l'un des premiers films de genre old dark house, c'est à dire un film se déroulant dans une maison qu'on croira hantée et qui mettra en avant des protagonistes dont le seul but sera de s'approprier l'héritage ou la fortune d'un des invités. Ce sous-genre du cinéma d'épouvante trouvera son point d'orgue en 1932 avec le film de James Whale Une Soirée étrange, rebaptisé depuis en La Maison de la Mort. En 1930, on a une seconde adaptation avec le film perdu The Cat Creeps de Rupert Julian. Puis, en 1939, la pièce de John Willard se voit adapter une troisième fois au cinéma par Elliot Nuggent et sort en France sous le titre Le Mystère de la maison Norman. Une nouvelle version verra le jour en 1961 sous forme de téléfilm et enfin, le film qui nous intéresse ici sera réalisé en 1978, il s'agit donc de Le Chat et le Canari de Radley Metzger. Un réalisateur atypique puisque ce dernier n'a mis en scène que des films érotiques et pornographiques au cours de sa carrière, dont le célèbre The Image en 1975. Dès le départ, l'angle d'approche des producteurs et du réalisateur s'éloigne du genre Old dark house. Exit l'ambiance d'épouvante, exit le travail sur la maison en tant qu'entité propre et place à une comédie british avec des personnages décalés et une atmosphère qui lorgne du côté d'Agatha Christie mais sous L.S.D. ! Au casting, on trouve une certaine Honor Blackman, célèbre partenaire de John Steed dans les saisons 2 et 3 de Chapeau Melon et Bottes de Cuir et qui joue ici une lesbienne, en couple avec la jolie Olivia Hussey, la fameuse Juliette du Roméo et Juliette de Franco Zeffirelli (1968). Une petite touche de modernité mais qui n'est guère développée. On trouve aussi Edward Fox, Carol Linley, Wendy Hiller, Wilfrid Hyde-White, Peter McEnery ou Daniel Massey, ces deux derniers ayant eu un comportement des plus perturbateurs sur le tournage. Un casting qui va donc évoluer au sein du grand manoir de Cyrus West, richissime propriétaire décédé depuis plus de vingt ans et dont la notaire va dévoiler le testament. Les possibles futurs héritiers attendent le verdict final et c'est Annabelle West qui remporte la mise, créant bien sûr des tensions parmi les recalés. Cette séquence du testament est assez originale puisque c'est à travers la projection d'un film aidé par un disque phonographique pour gramophone qu'elle s'effectue, Cyrus West n'étant pas le dernier pour miser sur l'humour noir. On appréciera le passage où la servante passe derrière le petit écran de projection et se "fond" littéralement dans le film. De bonnes idées, Le Chat et le Canari version 1978 en possède pas mal, mais malheureusement, l'angle humoristique choisi par la production, la mise en scène très théâtrale de Radley Metzger (logique me direz-vous vu le matériau de base) et surtout le réel manque de suspense et d'épouvante, si ce n'est cette présence furtive d'un mystérieux tueur, font que j'ai moyennement adhéré à cette proposition, largement inférieure au film de Paul Leni pour ma part. Il faut en effet attendre plus de cinquante minutes avant que l'intrigue ne décolle réellement et l'humour anglais se montre bien trop présent et étouffant en ce qui me concerne. Le souci, c'est que je ne m'attendais pas à une comédie policière quasi parodique mais bel et bien à un film mélangeant thriller et épouvante. Alors oui, on a bien quelques portes secrètes qui s'ouvrent et une fin façon Scooby-Doo avec la révélation de l'identité du tueur mais c'est bien l'ennui qui est venu me prendre par la main. Si vous êtes amateurs de Whodunit à l'humour exacerbé, Le Chat et le Canari 1978 pourra vous séduire par son casting qui n'en finit pas de surjouer et de se chamailler. 

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