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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




dimanche 16 février 2020

COUNTDOWN

COUNTDOWN
(Countdown)

Réalisateur : Justin Dec
Année : 2019
Scénariste : Justin Dec
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Elizabeth Lail, Jordan Calloway, Talitha Eliana Bateman, Peter Facinelli...


L'HISTOIRE : Voulez-vous savoir combien de temps il vous reste à vivre ? Téléchargez l’application Countdown ! Lorsque Quinn, une jeune infirmière, télécharge cette application à la mode, elle découvre qu’il ne lui reste que 3 jours à vivre. Elle doit trouver un moyen d’échapper à son sinistre destin avant la fin du compte à rebours...

MON AVIS : A l'origine, Countdown était un court-métrage réalisé par Justin Dec. Celui-ci envoie son oeuvre dans divers festivals ainsi qu'à divers producteurs, dont Sean Anders et John Morris. Ces derniers trouvent le concept très intéressant et veulent que Justin Dec transforme son court-métrage en long. Avec l'aide d'un troisième producteur, John Rickard, le budget est finalisé et l'aventure commence. A l'arrivée, on ne peut pas vraiment dire que Justin Dec ait choisi de faire dans l'originalité la plus pure. La lecture du scénario de Countdown nous fait automatiquement penser à deux grandes sagas du cinéma fantastique : la série Ring et la série des Destination Finale. Nous sommes en effet face à une sorte de malédiction à la Ring une fois que vous avez lancé l'application vous donnant la date de votre mort. Et pas question d'échapper à votre funeste destin car, comme dans Destination Finale, l'entité maléfique qui se cache derrière l'application téléphonique Countdown va vous traquer si vous effectuez des actes vous permettant de biaiser la date de votre mort. Ce dernier point est l'un des plus intéressants du film d'ailleurs ! Imaginez : vous deviez prendre un autobus et ce dernier va avoir un accident provoquant votre mort. En téléchargeant l'application, Countdown vous dis que vous allez mourir dans X temps et vous faites le rapprochement avec le trajet que vous devez effectuer en autobus. Pas bête, vous décidez de ne pas prendre ce moyen de transport et donc, par la même occasion, vous déjouez votre macabre destin ! Et hop, vous voilà tirez d'affaire ! Raté ! Comme dans la série des DF, on ne trompe pas la mort et on ne la prive pas d'une victime, c'est d'ailleurs clairement indiqué dans les clauses de l'application Countdown quand vous l'installez sur votre portable ! Une application dont le logo, une tête de bouc, nous indique clairement qui est son créateur : un démon des Enfers, qui se dévoilera lors du final du film. Là où Countdown se différencie quelque peu des Destination Finale, c'est dans l'âge des protagonistes principaux. Point de jeunes adolescents ici (hormis la sœur de l'héroïne) mais des adultes qui vont se voir confronter à l'inexplicable. Actrice principale, la charmante Elizabeth Lail interprète une infirmière fraîchement diplômée, qui va être confrontée à divers problèmes dont une date de mort d'à peine trois jours ! Un délai très court, mais comme si ça ne suffisait pas, Justin Dec lui rajoute en plus du harcèlement sur son lieu de travail de la part d'un médecin peu scrupuleux, interprété par Peter Facinelli, décidément abonné au rôle de docteur depuis la saga Twilight. La course à la survie ne va pas être de tout repos pour notre infirmière qui va néanmoins trouvé de l'aide en la personne de Matt Monroe (Jordan Calloway), un noir qui se retrouve lui aussi piégé par la malédiction Countdown ! Avec une mise en scène plutôt efficace, réservant de nombreux jump-scares destinés à faire frissonner le public, Countdown remplit son contrat et sans se montrer innovant ou inattendu, coche toutes les cases du cahier des charges de ce type de production. L'humour n'est pas aux abonnés absents et permet de détendre un peu l'atmosphère. Justin Dec prouve qu'il est à l'aise derrière une caméra et qu'il connaît bien les ficelles du genre ! Certaines scènes sont franchement réussies (la séquence d'introduction par exemple), l'ambiance est travaillée, la photographie est bonne et le casting bien choisi. Le look de l'entité démoniaque répond aux canons du genre et l'ultime image nous fait penser qu'une suite est plus qu'envisageable. Alors Countdown, nouvelle franchise à succès ? Le futur nous le dira. En tout cas, ce premier film de Justin Dec se montre divertissant et énergique et, même s'il ne révolutionne rien, vous fera passer un bon moment devant votre écran.

* Disponible en DVD et BR chez METROPOLITAN VIDEO


samedi 15 février 2020

GAME OF THRONES SAISON 5

GAME OF THRONES SAISON 5
(Games of Thrones season 5)

Réalisateur : Michael Slovis, Mark Mylod, Jeremy Podeswa, David Nutter...
Année : 2015
Scénariste : David Benioff, D.B. Weiss
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Aventure, heroic fantasy
Interdiction : -16 ans
Avec : Emilia Clarke, Peter Dinklage, Kit Harington, Lena Headey, Sophie Turner...


L'HISTOIRE : Alors que la guerre fait rage à Westeros, la famille Lannister est affaiblie à Port-Réal. Jalouse de l’influence croissante de la famille Tyrell, et afin de conserver ce qu’il lui reste de pouvoir, Cersei Lannister instaure la Foi Militante, un régime religieux régi par des fanatiques. Arya Stark commence son apprentissage chez les Sans-Visages. Sa sœur Sansa Stark doit devenir l'épouse de Ramsay Bolton, pour le meilleur et surtout pour le pire. A Châteaunoir, les décisions de Jon Snow liées à sa nouvelle position au sein de la Garde de Nuit, pourraient profondément diviser la confrérie. De son côté, Stannis Baratheon, guidée par Melisandre, part à la conquête du nord, non sans devoir faire un choix difficile. Après avoir assassiné son père, Tyrion, s’enfui de Port-Réal avec l'aide de Lord Varys et s’allie à un autre camp. Daenerys Targaryen doit quant à elle affronter de multiples mouvements de rébellion à Meereen...

MON AVIS : Je me souviens qu'à l'époque de sa diffusion télévisée, je considérais cette saison 5 comme étant la plus faible de toute la série. Je lui avais trouvé d'innombrables lenteurs, l'arc narratif sur Brandon Stark avait complètement été mis de côté et je ne lui avait trouvé que peu d'intérêt au final, les personnages semblant stagner au lieu d'avancer. Revoir cette cinquième saison m'a fait drastiquement changé d'avis ! Elle est excellente, réserve beaucoup de rebondissements et de scènes intenses et elle a pour principale qualité de changer le destin de nombreux personnages et par forcément à leur avantage, bien au contraire. Il est vrai qu'il faudra attendre le fabuleux épisode 8 pour avoir de l'action, avec cette attaque des morts absolument dantesque qui place encore une fois la barre très haute visuellement pour une série-télévisée. La saison 5 n'est en effet pas très dynamique au niveau du rythme, elle prend son temps pour instaurer son ambiance et faire vivre un véritable cauchemar à tous ses protagonistes principaux. Car oui, cette saison est on ne peut plus nihiliste, sombre et cauchemardesque. En cause ? Le fanatisme religieux, véritable fléau de notre société, qui, si on ne le combat pas rapidement, va se révéler pour les années à venir bien plus terrible que le réchauffement climatique et autres problèmes écologiques. Cette montée de l'obscurantisme religieux est le thème principal de la saison 5 de Game of Thrones et elle s'exprime de diverses manières sur les différentes régions du monde. La reine Cercei, voyant le pouvoir de sa famille partir en fumée après la mort de son père Tywin Lannister, décide de promouvoir et d'instaurer à Port-Real la Foi Militante. Une bien mauvaise idée évidemment puisque la Foi Militante va vite s'avérer composée de fanatiques emmenés par le Grand Moineau (excellent Jonathan Pryce), gourou qui va prendre sa fonction très au sérieux afin de débarrasser Port-Réal de toutes ses perversions et lieux de débauche. Le puritanisme à son plus haut niveau, voilà ce que veut instaurer la Foi Militante ! On imagine très bien que tous les dépravés de la série vivant à Port-Réal vont être pris pour cible et ce sera bien le cas, et ce, à tous les niveaux de la hiérarchie ! Même la reine Margaery, pourtant femme du Roi, ne pourra éviter le courroux divin. Pire que tout, celle-là même qui a installé et armé la Foi Militante, Cercei Lannister (géniale Lena Headey), va devenir victime de ces fanatiques religieux et, pour la première fois peut-être depuis le début de la saga, on va ressentir de l'empathie pour ce personnage antipathique, notamment lors de la fameuse et ô combien décrié marche de la honte, séquence qui dure entre six et sept minutes et qui met réellement mal à l'aise. Notre reine préférée, Daenerys Targaryen bien sûr, n'est pas épargnée non plus par le fanatisme religieux. La Mère des Dragons doit faire face aux cruels Fils de la Harpie qui sévissent à Meereen, des fanatiques portant des masques d'or terrifiants et qui n'hésitent pas à assassiner impunément Immaculés et autres habitants de la ville, avec, pour point d'orgue, une scène époustouflante se déroulant dans une gigantesque arène de gladiateurs. Impossible de rester de marbre face à une telle mise en scène, à de tels décors. Game of Thrones prouve, saison après saison, qu'elle est belle et bien la série la plus pharaonique du petit écran. La jeune Arya commence quant à elle son apprentissage chez les religieux adeptes du Dieu Multiface, quand Jaime Lannister, assisté de Broon, se rend à Dorne pour récupérer sa fille Myrcella et devra faire face aux Vipères de Dorne. Stannis Baratheon est lui aussi victime du fanatisme religieux, en la personne de Melisandre bien sûr, adoratrice du Dieu de la Lumière et qui, sous couvert de sa foi en ce Dieu, va faire de Stannis son pion, son jouet, lui promettant gloire et conquête en échange d'un douloureux sacrifice lors d'une séquence abominable qui nous prend aux tripes et nous fait presque verser une larme. Suite à cet acte, Stannis se trouve lui aussi changé à jamais et son destin va aussi nous émouvoir. La religion est véritablement au cœur des dix épisodes de cette saison 5 et les personnages vont être profondément transformés à son néfaste contact. Jon Snow, qu'on pouvait penser être épargné par la religion au sein du Mur, devra néanmoins assumer ses actes envers les Sauvageons et sera confronté à une Foi non pas religieuse mais tout de même ancestrale, celle qui oppose depuis des décennies Sauvageons et Frères de la Garde de Nuit. Si la religion ne vient pas entraver le destin de Sansa Stark, la jolie Sophie Turner ne sera pas épargnée non plus par la cruauté, devant devenir l'épouse du sadique Ramsay Bolton. Ce dernier franchit une nouvelle ligne dans l'abjection lors de sa nuit de noces, scène qui provoquera de vives réactions chez les fans de la série à travers le monde. Des réactions inattendues pour ma part, on sait bien que Game of Thrones n'est pas une série Bisounours et que la cruauté fait partie intégrante de son univers. Je le disais plus haut, cette saison 5 est terriblement désespérée et fait preuve d'un nihilisme absolu. L'épisode 10 est à ce titre parfaitement en phase avec ce nihilisme car il conclut de manière tragique le destin de tous les personnages principaux. On est en présence d'une sorte de season finale de 50 minutes, dont chaque fin d'arc narratif nous laisse pantois. On se demande alors comment va se dérouler la saison 6 et que vont devenir nos protagonistes préférés après cet épisode 10 hallucinant de noirceur. Franchement, après cette nouvelle vision, cette saison 5 est en passe de devenir l'une de mes préférées !

LES ÉPISODES :

S05E01 - Les guerres à venir

Alors que Cersei reproche à Jaime d'avoir libéré leur frère, Varys s'échine à convaincre Tyrion de l'accompagner à Meereen. Jon doit composer avec deux rois.

S05E02 - La demeure du noir et du blanc

Arya pénètre dans la cité de Braavos tandis que Jaime et Bronn partent pour Dorne, où est toujours retenue Myrcella. Stannis fait une proposition unique à Jon.

S05E03 - Le grand moineau

Tout juste sacrée reine, Margaery Tyrell profite de l'innocence de son nouvel époux, Tommen. Au Mur, Jon se rapproche habilement de ses ennemis.

S05E04 - Le fils de la harpie

Les Moineaux s'en prennent à la famille Tyrell. Bronn et Jaime peinent à tenir à distance leurs ennemis, tandis qu'Ellaria prépare soigneusement sa vengeance.

S05E05 - Tue l'enfant

Daenerys Targaryen est sous le choc de la mort de Ser Barristan et décide de réagir pour endiguer la rebellion qui se diffuse dans les rues de Meereen.

S05E06 - Insoumis, invaincus, intacts

Arya continue son apprentissage. Pendant ce temps, Tyrion et Jorah, l'ancien conseiller personnel de Daenerys, doivent affronter de nombreuses difficultés.

S05E07 - Le cadeau

Jorah et Tyrion se rapprochent de Daenerys, tandis qu'Olenna se démène pour libérer ses proches des griffes des Moineaux. Sansa demande de l'aide à Reek.

S05E08 - Durlieu

Arya joue les marchandes d'huîtres pour prendre au piège un malfrat. A Winterfell, Ramsay expose à son père ses stratégies pour faire tomber l'armée de Stannis.

S05E09 - La danse des dragons

Acculé dans le Nord, Stannis se résout à prendre une douloureuse décision. Jon est de retour au Mur. A Dorne, le prince Doran opte pour le compromis.

S05E10 - La miséricorde de la mère

Dans le Nord, Stannis fait face aux terribles conséquences de ses choix. Humiliée et bafouée, Cersei se plie aux directives implacables du Grand Moineau.








mardi 11 février 2020

JOKER

JOKER
(Joker)

Réalisateur : Todd Phillips
Année : 2019
Scénariste : Todd Phillips, Scott Silver
Pays : Etats-Unis, Canada
Genre : Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz, Frances Conroy ...


L'HISTOIRE : Arthur Fleck vit avec sa mère et tente de devenir humoriste. Possédant un handicap qui déclenche chez lui un rire maladif qu'il ne peut maîtriser, Arthur voit la vie en noir et se trouve dans un état dépressif perpétuel. Pour gagner sa vie, il enchaîne les petits boulots sans avenir, grimé en clown et faisant le fanfaron pour certaines grandes enseignes. Après avoir été passé à tabac par une bande de jeunes du quartier, il perd son job et voit sa vie sombrer davantage. Un soir, il est pris à parti par trois hommes dans le métro. Armé d'un pistolet et grimé en clown, Arthur les abat froidement. Sa vie va alors basculer, sa santé mentale se fragiliser encore plus. De simple anonyme fondu dans la masse, Arthur Fleck va peu à peu se forger une nouvelle identité sous le nom du Joker...

MON AVIS : Quand j'ai vu la bande-annonce de Joker, j'avoue sans honte aucune ne pas avoir été emballé. En grand fan des aventures du Chevalier Noir, je m'attendais avec Joker a voir un film au style visuel très comic, nous présentant la Némésis de Batman dans des décors colorés et dans une ambiance très bande-dessinée, avec un côté délirant et violent. La bande-annonce m'a fait comprendre que le film allait être tout l'inverse de mes attentes. Malgré les louanges et les dithyrambes sur le jeu d'acteur de Joaquin Phoenix dans la peau du Joker, rien n'y fît et j'attendais patiemment la sortie du film sur Blu-Ray pour le visionner, sans passer par la case cinéma. C'est donc seulement le 10 février 2020 que j'ai découvert le Joker de Todd Phillips, bien installé dans ma salle home-cinéma personnel, sans bouffeurs de pop-corn ou autres attardés du téléphone portable pour venir me gâcher la séance. Honnêtement, je n'en attendais toujours pas grand-chose mais c'est sans préjugé aucun que je me lançais dans la vision du film. 2H plus tard, force est d'avouer une chose : Joker est un film exceptionnel, pas seulement pour la prestation hallucinée et hallucinante de Joaquin Phoenix mais également pour sa faculté ahurissante a réinventer le mythe et la naissance du plus célèbre méchant de Gotham City, en imposant une histoire réaliste, adulte ainsi qu'une ambiance bien éloignée des films traditionnels de super-héros auxquels on a droit depuis des années, Logan étant une belle exception également. Mais Joker se montre encore plus radical dans son traitement anti-film à grand spectacle bardé d'effets-spéciaux et de séquences spectaculaires. Comme dit ci-dessus, c'est l'aspect réaliste et crédible qui fait de Joker ce qu'il est : un drame profondément humain, celui d'Arthur Fleck, looser sans avenir handicapé par une maladie mentale (dont la découverte de la cause fera froid dans le dos) qui représente le peuple opprimé et oublié des riches, des médias, du monde politique et de la finance, monde caractérisé dans le film par Thomas Wayne (Brett Cullen), père d'un petit garçon qui s'appelle Bruce Wayne, et par Murray Franklin (Robert De Niro), présentateur télé vedette qui ne sera pas non plus innocent quand à la transformation de Fleck en Joker. Oui, Arthur Fleck est une "victime" de la société, qui n'intéresse personne, destinée à sombrer dans la déchéance et la misère sociale jusqu'à ce que quelques drames (passage à tabac, perte d'emploi, découverte de la face cachée de sa mère...) le fasse réagir, pour le meilleur et surtout le pire. Avec une progression dramatique et une atmosphère qui rappelle le Taxi Driver de Martin Scorsese, l'histoire et le traitement cinématographique de Joker ne s’embarrassent pas de scènes tape-à-l’œil. Rythme lancinant, nombreuses scènes dialoguées, violence graphique présentée avec modération (ce qui renforce son efficacité quand elle éclate à l'écran), Joker n'est clairement pas un film d'action et encore moins un film de super-héros (ou de super-méchant plutôt). C'est juste l'histoire d'un marginal désœuvré qui, par sa rébellion, va devenir petit à petit une icone de l'anarchie en marche (voir les scènes de saccages des rues de Gotham à la fin du film, provoquées par des centaines d'individus grimés en clown et qui vont faire d'Arthur Fleck leur Messie) pour se muer définitivement en la personne du Joker. Les allusions à Batman sont bien intégrées et respectent quant à eux le comic quand l'histoire du Joker inventée par Todd Phillips et Scott Silver est totalement nouvelle et relève du jamais lu ou vu. Film noir pessimiste et nihiliste, Joker nous plonge corps et âme, et avec une puissance insondable et insoupçonnée, à l'intérieur du corps et de l'esprit du plus grand sociopathe de Gotham City. Un voyage dont on ne ressort pas indemne ! Un très grand film de cinéma. On dit souvent que la société crée ses propres monstres, Joker en est une magistrale illustration. 


dimanche 9 février 2020

GAME OF THRONES SAISON 4

GAME OF THRONES SAISON 4
(Games of Thrones season 4)

Réalisateur : Neil Marshall, Alex Graves, Michelle MacLaren, Alik Sakharov...
Année : 2014
Scénariste : David Benioff, D.B. Weiss
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Aventure, heroic fantasy
Interdiction : -16 ans
Avec : Emilia Clarke, Peter Dinklage, Kit Harington, Lena Headey, Sophie Turner...


L'HISTOIRE : Après de nombreuses victoires, la maison Lannister est plus puissante que jamais et détient désormais un pouvoir absolu sur le trône de fer. Le prince Oberyn Martell arrive à Port-Réal pour revendiquer sa place au Conseil restreint, et obtenir justice pour l’assassinat de sa sœur. Alors qu’il poursuit la reconstruction de son armée à Peyredragon, Stannis Baratheon vient en aide à la Garde de Nuit pour empêcher les Sauvageons de franchir le Mur. En parallèle, Daenerys Targaryen et son armée se dirigent vers la ville de Meereen qui pourrait lui fournir une aide précieuse...

MON AVIS : Attendue comme le Messie à l'époque de sa diffusion, chaque nouvelle saison de Game of Thrones réserve son lot de surprises, de retournements de situation inattendus, de révélations percutantes et surtout de morts innombrables et violentes. Les dix épisodes de la saison 4 sont dans cette lignée et poursuivent l'excellence de la saison 3, avec toutefois quelques petits bémols qui la place en dessous de cette dernière. On dénombre très peu de nouveaux personnages dans cette saison 4 mais l'un d'eux possède un charisme indéniable : le prince Oberyn Martell, interprété avec un brio hors pair par Pedro Pascal, qui donne à ce personnage une personnalité complexe. Un nouvel héros qu'on prend plaisir à apprécier, surtout quand il vient à la rescousse du pauvre Tyrion Lannister (Peter Dinklage), accusé du meurtre du roi Joffrey par empoissonnement, l'un des événements marquants de cette saison 4, qui intervient dès l'épisode 2, avec une prestation parfaite de Jack Gleeson. Exit donc le méchant et sadique roi et place à son jeune frère Tommen (Dean-Charles Chapman), futur seigneur des Sept Couronnes chaperonné par son grand-père Tywin Lannister (le toujours parfait Charles Dance). Le procès de Tyrion est l'un des fils rouges de cette saison 4 et il permet au plus célèbre nain de Westeros de gagner encore en empathie auprès du public, se retrouvant quasiment seul dans cette épreuve, placé sous le courroux de sa soeur Cercei (Lena Headey), qui, elle, gagne encore en antipathie et ce, pour notre plus grand plaisir. Autre arc narratif assez développé au cours de ces dix épisodes, celui de Jon Snow, qui se prépare avec ses frères de la Garde de Nuit à subir l'attaque des Sauvageons emmenés par Mance Ryder. Une attaque qui voit le retour du réalisateur Neil Marshall derrière la caméra lors d'une épisode 9 épique et violent, véritable bataille rangée qui voit Sauvageons, géants, mammouths et autres guerriers du Nord tenter de prendre d'assaut le Mur et Chateaunoir ! Un épisode dantesque mené d'une main de maître par Marshall qui prouve qu'il assure vraiment quand il s'agit de filmer des scènes de guerre. On ne compte plus les morts par perforation de flèches, coups d'épée et j'en passe. Impressionnant. Plus anecdotique est l'arc narratif de Brandon Stark, qui se développe pourtant de façon intéressante ici mais c'est surtout ses deux sœurs, Arya et Sansa Stark, qui prennent du galon et se voient toutes deux bien mises en avant au cours de nombreux épisodes. La relation entre Sansa et Lord Baelish prendra un tournant inattendu et sera au centre de quelques révélations savoureuses. La sublime Daenerys (Emilia Clarke) se voit être reléguée un peu en arrière plan dans cette saison 4 alors qu'elle avait nettement progressé dans la saison 3. La mère des dragons découvre qu'être reine et gouverner un peuple n'est pas chose aisée et que ledit peuple a bien des choses à faire valoir. Hormis cela, l'arc narratif de Daenerys n'est pas très passionnant ici et c'est quasiment Missandei (Nathalie Emmanuel) et Ver-Gris (Jacob Anderson) qui lui vole la vedette. Parmi les bonnes surprises de cette saison 4, l'apparition de l'acteur Hafþór Júlíus Björnsson dans le rôle de La Montagne, remplaçant Conan Stevens (saison1) puis Ian Whyte (saison 2). Un choix percutant tant le physique herculéen de cet acteur islandais va faire de ce personnage antipathique une figure iconique dans les saisons suivantes. La Montagne qui sera au centre d'une des scènes les plus gores de la série ! L'élément fantastique se voit amoindri dans cette saison 4 hormis lors de l'épisode 10 qui voit un superbe combat entre humains et squelettes qui ravira les amateurs du genre. Avec des joutes verbales toujours aussi soignées, des scènes de bruit et de fureur, de la tragédie quasi shakespearienne et certains personnages qui gagnent en profondeur, la saison 4 de Game of Thrones mérite toute notre attention et le titre du dernier épisodes "les enfants" est particulièrement bien choisi car, en effet, ce sont bien les enfants des différentes grandes familles de la saga qui sont mis à l'honneur ici. 

LES ÉPISODES :

S04E01 - Deux épées

A Port-Réal, Tyrion prend soin d'un hôte inattendu. Pendant ce temps, à Châteaunoir, Jon Snow retrouve les hommes de la Garde de Nuit et ne reçoit pas le meilleur accueil. Arya, elle, croise un vieil ami. De l'autre côté de la mer, Daenerys approche de Meereen, la plus grande des cités esclavagistes...

S04E02 - Le lion et la rose

A Port-Réal, Tyrion assiste son frère Jaime pendant que le roi Joffrey et Margaery organisent un petit déjeuner. A Peyredragon, Stannis Baratheon ne tolère plus l'insoumission de Davos. Ramsay trouve un usage pour le pauvre hère qui lui sert d'animal de compagnie. Au-delà du Mur, Bran a une vision...

S04E03 - Briseuse de chaînes

Tyrion envisage les différentes options qui lui sont offertes pendant que Tywin fait un geste vers la paix. Dans le Nord, Sam réalise que Châteaunoir n'est pas un endroit sûr alors que Jon échafaude un plan audacieux. En pleine campagne, Sandor Clegane commence l'enseignement de la jeune Arya. De l'autre côté de la mer, Daenerys désigne son champion...

S04E04 - Féale

Daenerys Targaryen poursuit son apprentissage du pouvoir en devant choisir entre justice et compassion. A Port-Réal, Jaime retrouve Brienne et lui rend hommage. Jon mobilise ses hommes pour repousser les Sauvageons qui s'en prennent à Châteaunoir pendant que, plus au nord, Bran, Jojen, Meera et Hodor cherchent un abri...

S04E05 - Premier du nom

A Port-Réal, les intrigues se poursuivent. Cersei et son père Tywin préparent déjà leur prochaine manoeuvre pour assurer leur emprise sur la couronne. Au Nord, Jon Snow débute une nouvelle mission. De l'autre côté de la mer, Daenerys réfléchit à ses plans futurs, qui doivent la rapprocher de Westeros...

S04E06 - Les Lois des dieux et des hommes

Stannis et Davos prennent la mer, laissant Peyredragon derrière eux. Daenerys Targaryen est à nouveau amenée à montrer ses talents de souveraine en écoutant des suppliques qui lui sont adressées. Pendant ce temps, Tyrion ne supporte plus les humiliations qu'il subit et fait face à son père Tywin...

S04E07 - L'Oiseau moqueur

Tyrion surprend son entourage en parvenant à enrôler un allié particulièrement étonnant. Daario, de son côté, supplie Daenerys de le laisser faire ce qu'il fait de mieux. Les avertissements de Jon à propos du mur ne sont pas pris en compte. Quant à Brienne, elle continue son chemin avec Podrick...

S04E08 - La Montagne et la Vipère

Une atmosphère de vengeance règne à Westeros depuis le "mariage pourpre". Quelqu'un va devoir payer ses dettes...

S04E09 - Les Veilleurs au rempart

Sur le Mur, Jon Snow et les hommes de la Garde de Nuit se préparent à relever un terrible défi. D'eux dépend le salut de Westeros, menacé par un danger inédit. Mais toutes les tentatives pour bloquer le Mur sont rejetées. Le risque grandit de plus en plus pour Jon Snow et son entourage. Les Sauvageons peuvent alors passer de l'autre côté du Mur. Pour le bâtard d'Eddard Stark vient le moment de prouver qu'il est enfin un véritable chef...

S04E10 - Les Enfants

L'arrivée d'un parti imprévu change la donne au nord du Mur, où la bataille fait rage. Au même moment, Bran a un aperçu du destin qui l'attend. De l'autre côté de la mer, Daenerys Targaryen est confrontée à une décision douloureuse. Enfin, Tyrion Lannister prend conscience de sa véritable situation...








dimanche 2 février 2020

HARLEQUIN

HARLEQUIN
(Harlequin / Dark Forces)

Réalisateur : Simon Wincer
Année : 1980
Scénariste : Everett De Roche
Pays : Australie
Genre : Thriller, Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Robert Powell, David Hemmings, Carmen Duncan, Mark Spain...


L'HISTOIRE :Homme très occupé, obsédé par sa carrière, le sénateur Rick Rast néglige sa femme Sandra et son fils Alex, atteint d'une grave leucémie. Un soir, un mystérieux inconnu parvient à entrer dans sa propriété, pourtant très bien protégée. Il prétend pouvoir guérir Alex de sa maladie et réussi à réaliser ce miracle. Qui est-il ? Que veut-il ? Est-il réellement investit de pouvoirs magiques ou n'est-ce qu'un illusionniste, un manipulateur ?

MON AVIS : Le cinéma fantastique australien s'est toujours démarqué de ses confrères de par son approche originale, étrange et souvent poétique. Des films tels Pique-nique à Hanging Rock, La Dernière Vague, Next of Kin, Wake in Fright, Patrick ou même Razorback ont marqué les spectateurs car ces films leur proposaient quelque chose de neuf, des décors naturels originaux et une atmosphère qui sortait de l'ordinaire. Doit-on évoquer la saga Mad Max de George Miller ? Ou plus récemment des titres comme Wolf Creek ? Bref, l'Australie propose bien souvent des œuvres atypiques qui sortent du lot et ce n'est pas Harlequin, film réalisé par Simon Wincer en 1980, qui va venir contredire cet état de fait. Original, déroutant, étrange, ovniesque sont autant d'adjectifs qui conviennent à ce film on ne peut plus curieux et insolite. Sa première particularité est qu'il peut clairement être vu comme une transposition moderne de l'histoire de Raspoutine, célèbre guérisseur russe invité à la cour du tsar Nicolas II et de son épouse Alexandra Feodorovna afin de tenter de guérir leur fils Alexis, jeune héritier atteint d'hémophilie. Son succès et ses "pouvoirs" lui valurent d'être accepté à la cour du tsar et de pouvoir exercer son influence auprès de la famille royale, avant de finir assassiné lors d'un complot préparé par des membres de l'aristocratie. Les ressemblances entre cette histoire et le film de Simon Wincer sont plus que frappantes. Dès le début du film, on assiste à la fête d'anniversaire d'un petit garçon chauve, qu'on devine atteint de leucémie. L'enfant n'est autre que le fils du sénateur Rick Rast (anagramme de Tsar au passage). Une introduction atypique, qui nous plonge dans ce qu'on pourrait croire être un drame familial mais dont la présence d'un curieux clown fait déjà naître un petit sentiment d'étrangeté. Un simple sentiment qui va vite se muer en atmosphère dès la scène suivante, dans laquelle un mystérieux inconnu, vêtu d'un curieux accoutrement, apparaît comme par enchantement au balcon de la chambre de l'enfant, et explique qu'il va le guérir de sa maladie. Ce drôle de personnage s'appelle Gregory Wolfe et il semble en effet doté de pouvoirs magiques puisque par simple apposition d'une main, l'enfant du sénateur est guéri. L'habileté du réalisateur Simon Wincer avec Harlequin et son mystérieux héros est que, jamais, il ne donnera d'explication aux étranges dons dont il semble bénéficier, ce qui permet au film de conserver son ambiance énigmatique et nébuleuse tout au long du déroulement de l'histoire. Au spectateur de se questionner : est-il un nouveau Messie ? Un illusionniste de génie ? Un usurpateur ? Un extra-terrestre ? Un ange venu du ciel ? Ou au contraire, son apparente gentillesse cache-t-elle de sombres dessins ?  Autant de questions qui n'auront pas franchement de réponses au final et c'est bien ce qui rend Harlequin assez fascinant dans son approche et son mélange de politique et de fantastique. L'acteur Robert Powell est franchement parfait dans ce rôle et les diverses costumes qu'il arbore à chacune de ses apparitions participent pleinement instaurer durablement l'atmosphère étrange qui régit l'ensemble du film. Dans le rôle du sénateur Rick Rast, on trouve l'acteur David Hemmings, que les fans des Frissons de l'Angoisse de Dario Argento connaisse bien. Un sénateur qui va vite être dépassé par les événements et par la présence de Gregory Wolfe au sein de sa demeure, ce dernier se faisant clairement une place de choix au sein d'une cellule familiale éclatée. La thématique politique est bien mise à contribution, avec cette disparition d'un sénateur mort apparemment de noyade, ce qui n'est pas forcément l'avis de Gregory justement, qui pense plus à un meurtre camouflé. Un avis et une implication familiale qui ne sera pas du goût des politiques accompagnant le sénateur Rast, qui voient en Gregory une menace, un danger réel. L'imbrication des éléments politiques et du fantastique est faite de manière feutrée et intelligente, et dynamise de plus en plus le rythme du film au fur et à mesure de sa progression. Réalisé en 1980, il est certain que les costumes du héros et certains effets-spéciaux ont pris un petit coup de vieux. Il n'empêche, Harlequin possède un véritable pouvoir de fascination et devrait satisfaire les amateurs de fantastique intelligent et raffiné.

* Disponible en combo DVD + BR + LIVRET chez RIMINI EDITIONS
Encore une très belle édition de chez Rimini, avec un master très propre et sans défaut apparent. Le film est proposé en VF et VOSTF DTS 2.0
Niveau bonus, on a le traditionnel livret de Marc Toullec (20 pages) ainsi que :
- Interview de Kim Newman, critique de cinéma
- Interview de Robert Powell et David Hemmings
- Interview de Simon Wincer, du producteur Antony I. Ginnane, du scénariste Everett De Roche et du comédien Gus Mercurio
- La bande-annonce