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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




mardi 28 juillet 2020

LE CORBEAU

LE CORBEAU
(The Raven)

Réalisateur :  Lew Landers
Année : 1935
Scénario : David Boehm
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : Bela Lugosi, Boris Karloff, Irène Ware, Lester Matthews, Samuel S. Hinds...


L'HISTOIRE : Médecin réputé, le Dr. Vollin est appelé en urgence par le juge Tatcher afin de sauver sa fille Jean qui vient d'avoir un terrible accident de voiture. D'abord réticent, Vollin accepte. Une fois Jean hors de danger, une relation amicale naît entre la patiente et son praticien. Mais pour ce dernier, passionné par l'univers d'Edgar Allan Poe, cette amitié se transforme en véritable amour. Malheureusement, Jean est fiancée au docteur Halden. Petit à petit, Vollin sombre dans la folie. Quand Edmond Bateman, un meurtrier recherché par la police, vient lui demander de changer son visage, Vollin saisit l'occasion de mener à bien ses projets meurtriers : il défigure Bateman afin d'en faire son esclave et invite Jean, son fiancée, le juge Tatcher et quelques autres personnes à venir passer un week-end dans sa demeure. Il ordonne alors à Bateman de kidnapper le juge Tatcher, Jean et le docteur Halden afin de leur faire découvrir sa salle des tortures, inspirée par l'oeuvre de Poe...

MON AVIS :  La firme Universal peut se targuer d'avoir été une référence majeure dans le domaine de l'épouvante au cinéma dans les années 30 et 40. Si elle avait déjà touchée au genre à l'époque du cinéma muet, avec Le Fantôme de l'Opéra (1925) par exemple, c'est réellement à partir de 1931 qu'elle va produire les plus spécimens et ouvrir la voie à la célébration du monstre sur pellicule. En 1931, elle produit deux classiques, le Dracula de Tod Browning, avec Bela Lugosi dans le rôle du Comte vampire et le Frankenstein de James Whale, avec Boris Karloff dans le rôle de la créature. Ces deux acteurs allèrent devenir les deux premières superstars de l'épouvante cinématographique, si on excepte Lon Chaney à l'époque du muet. Il semblait évident que Lugosi et Karloff allaient être amenés à tourner ensemble et ce fût le cas dès 1934, avec Le Chat Noir. L'année suivante, ce sera donc dans Le Corbeau que les deux talentueux acteurs se rejoignirent à nouveau. Un film réalisé par Lew Landers, dont le vrai nom est Louis Friedlander et qui reste certainement l'oeuvre majeure de sa longue filmographie qui comprend tout de même 175 entrées. Petit film par la durée (1h seulement) mais grand par le plaisir qu'on éprouve à le visionner, Le Corbeau bénéficie d'une excellente prestation de Bela Lugosi, qui domine totalement le reste du casting avec ce personnage inquiétant vouant une admiration sans borne à Edgar Allan Poe, au point d'avoir recréé dans le sous-sol de sa demeure une chambre des tortures avec moult instruments de mort, dont le célèbre pendule, lame tranchante qui descend vers sa victime au rythme d'un balancier. L'acteur hongrois joue de son regard ténébreux sans en faire trop ("ah bon ?" diront certains !) et il est vraiment incroyable dans ce film. De toute façon, le côté théâtral de son jeu d'acteur est justement ce pour quoi on l'apprécie. C'est très certainement sa plus grande composition et il parvient à éclipser Boris Karloff, pourtant payé le double de son ami-rival ! On remarquera que Le Corbeau inverse le postulat du Chat Noir puisque dans ce dernier, c'était Karloff le méchant et Lugosi le gentil. Si la réalisation de Lew Landers est un peu académique et scolaire, il se dégage du film une vraie atmosphère macabre emprunte de sadisme bienvenue qui ravira les amateurs. La charmante actrice Irene Ware remplit parfaitement son rôle de jeune femme terrorisée quant Lester Matthews fait le job dans le rôle de son fiancé devant la sauver. Le maquillage de Karloff, hideusement défiguré, a certainement du impressionner les foules dans les années 30. Si son faux œil ne trompera personne aujourd'hui, l'acteur en impose toujours autant et c'est un vrai régal que de le voir à l'écran. De par sa courte durée et son rythme alerte, Le Corbeau n'ennuie jamais et parvient sans peine à tirer son épingle du jeu, notamment lors de séquences magistrales comme celle où Karloff découvre son nouveau visage monstrueux à travers plusieurs miroirs. Un très bon film du studio Universal.

* Disponible en COMBO DVD + BR et DVD simple chez ELEPHANT FILMS



lundi 27 juillet 2020

LA MARQUE DU DIABLE (2020)

LA MARQUE DU DIABLE
(La Marca del Demonio)

Réalisateur : Diego Cohen
Année : 2020
Scénariste : Ruben Escalante Mendez
Pays : Mexique
Genre : Horreur, Possession
Interdiction : -12 ans
Avec : Eduardo Noriega, Eivaut Rischen, Arantza Ruiz, Nicolasa Ortíz Monasterio...


L'HISTOIRE : Lorsque deux sœurs, Camilla et Fernanda, ouvrent un livre ancien libérant le mal, un prêtre possédé en proie à ses propres démons devient leur seul salut...

MON AVIS : Décidément, le film de possession démoniaque est toujours à la mode et ce, depuis une certaine année 1973, date à laquelle le père Perrin et le père Karras tentèrent d'exorciser une jeune adolescente répondant au nom de Regan McNeill dans le chef-d'œuvre de William Friedkin, L'exorciste. Venu du Mexique, La Marque du Diable ne propose pas grand chose de neuf à se mettre sous la dent, si ce n'est la nature même du prêtre exorciste qui va devoir venir en aide à une jeune fille qui pense, à raison, que sa sœur Camilla est possédée après avoir lu un texte provenant d'un antique livre d'incantation qui s'avère être ni plus ni moins que le célèbre Necronomicon de notre cher H.P. Lovecraft. Le film s'ouvre d'ailleurs sur une citation du romancier de Providence et le réalisateur a placé d'autres allusions au créateur de Cthulhu dans son film. La Marque du Diable mêle donc film de possession et références Lovecraftiennes. Cela suffit-il à en faire un film réussi ou juste un bon film ? Ma réponse sera mitigée. Le prologue se déroulant 30 ans avant les événements et nous présentant l'exorcisme d'un jeune garçon est réussi et met le spectateur dans une bonne ambiance. Un début certes classique et peu innovant mais qui s'avère efficace et bien dans l'esprit de ce type de film. La présentation de la famille et des deux héroïnes principales fait déjà retomber la sauce et ça ne s'arrangera pas avec l'introduction des personnages des deux prêtres même si ces derniers sont bien loin d'être des Saints. L'un est accroc à la drogue quand l'autre semble posséder un étrange pouvoir lui permettant d'absorber l'énergie démoniaque des possédés. Une idée un tant soit peu originale et qui se développera encore plus par la suite, quand le scénario mettra en commun le prologue et le personnage de ce curieux prêtre. On s'en doute, La Marque du Diable n'a pas dû disposer d'un très gros budget et le réalisateur fait ce qu'il peu avec les moyens qu'on lui a octroyé. Il connaît bien ses classiques en tout cas et recycle ce qu'on a déjà vu ailleurs, comme les yeux des possédés qui deviennent noirs, un "noir" qui est une texture vivante (clin d'oeil a X-Files entre autres ?) et qui peut s'extraire par la bouche des victimes. Les contorsions de corps, la lévitation, les paroles dans une langue ancienne et une force décuplée font aussi partie des gimmicks mis en place par l'équipe des effets-spéciaux. Rien de neuf à l'horizon donc mais les amateurs du genre verront le cahier des charges bien rempli. Si les FX sont convaincants, c'est un peu moins le cas du casting et notamment de nos deux actrices principales qui peinent un peu à se montrer vraiment crédibles. Le jeu d'acteurs est l'un des points faibles de La Marque du Diable même si on a déjà vu bien pire. Malgré des idées intéressantes, ce film mexicain ne s'éloigne pas vraiment des sentiers battus et reste au final assez anodin, ne procurant jamais de stress ou de frissons car les situations proposées relèvent du déjà vu. La mise en scène est correcte et il y a de jolis plans mais ça ne suffit pas pour hisser le niveau et l'intérêt du film à un rang plus élevé. Saluons tout de même cet effort made in Mexico et espérons que le film trouve quelques aficionados pour le défendre et le promouvoir.


dimanche 26 juillet 2020

LE FLÉAU DE BRESLAU

LE FLÉAU DE BRESLAU
(Plagi Breslau)

Réalisateur : Patryk Vega
Année : 2018
Scénariste : Patryk Vega, Sylwia Koperska-Mrozinska
Pays : Pologne
Genre : Thriller
Interdiction : -16 ans
Avec : Malgorzata Kozuchowska, Daria Widawska, Katarzyna Bujakiewicz ...


L'HISTOIRE : Chaque jour à 18 heures, un tueur en série tue une personne différente, en utilisant des rituels de tortures semblant provenir du Moyen-Âge. L'officier de police Helena Rus décide de trouver le tueur en faisant des recherches sur l'histoire du 18ème siècle de la ville...

MON AVIS : Un thriller polonais efficace et assez violent qui nous entraîne sur les traces d'un tueur en série qui utilise des méthodes moyenâgeuses pour commettre ses méfaits dans la ville de Breslau, qui s'est fendue d'un nouveau nom après l'occupation allemande. La mise en scène des meurtres ainsi que leurs motivations nous font penser à la saga Saw. L'ambiance du film nous rappelle quant à elle le Seven de David Fincher. L'interprétation et le jeu des acteurs se révèlent parfois un peu caricaturaux, un peu forcés mais dans l'ensemble ça passe assez bien et les deux actrices principales font le job. Les surprises et les rebondissements s'enchaînent sans réel temps mort et l'intrigue s'avère intéressante, voire même passionnante. On a envie de savoir quel est l'identité de ce mystérieux assassin qui fait tant d'efforts de mise en scène pour perpétrer ses crimes. Des crimes plutôt violents comme déjà dit, qui ne lésinent pas sur l'aspect gore, il faut dire qu'on ne rigolait pas au Moyen-âge, période riche en supplices divers et variés. Le réalisateur prend le temps de bien nous montrer les mises à mort lors de flashback explicatifs et il filme le tout avec générosité, le meurtre par écartèlement a l'aide de deux chevaux faisant forte impression et ne cachant rien des sordides détails. Si on peut trouver que c'est un peu gros ou tiré par les cheveux à certain moment, toujours est-il que Le Fléau de Breslau arrive à surprendre son public et que le scénario est suffisamment machiavélique pour nous tenir en haleine. Pour ma part, je n'ai pas vu venir certains twists scénaristiques, ce qui a augmenté mon plaisir de spectateur. Visionné par un pur hasard sans rien en connaître, Le Fléau de Breslau est une bonne surprise pour qui aime les thrillers rondement menés. On ressent les influences des films américains précédemment cités mais l'identité polonaise du film est bien présente et il se montre rafraîchissant de ce point de vu également. A découvrir.


samedi 25 juillet 2020

TERMINATOR GENISYS

TERMINATOR GENISYS
(Terminator Genisys)

- Visionné en BR 3D -

Réalisateur : Alan Taylor
Année : 2015
Scénariste : Laeta Kalogridis, Patrick Lussier
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-Fiction
Interdiction : /
Avec : Arnold Schwarzenegger, Jason Clarke, Emilia Clarke, Jai Courtney, J.K. Simmons...


L'HISTOIRE : Le leader de la résistance John Connor envoie le sergent Kyle Reese dans le passé pour protéger sa mère, Sarah Connor et préserver l'avenir de l’humanité. Des événements inattendus provoquent une fracture temporelle et Sarah et Kyle se retrouvent dans une nouvelle version du passé. Ils y découvrent un allié inattendu : le Guardian. Ensemble, ils doivent faire face à un nouvel ennemi. La menace a changé de visage...

MON AVIS : Mal reçu par le public et les critiques à l'époque de sa sortie, Terminator Genisys a pourtant pas mal d'éléments qui lui assure un bon potentiel : le retour d'Arnold Schwarzenegger dans la franchise après son absence dans Terminator renaissance en 2009 ; la présence de la charmante Emilia Clarke, célèbre Mère des Dragons dans la série Game of Thrones ; un scénario plutôt malin qui s'amuse à mélanger des références provenant de Terminator et Terminator 2 ; une séquence d'introduction titanesque nous montrant un combat à grande échelle entre humains et machines, séquence ultra jouissive pour tout fan de la saga, avec des tas d'exosquelettes de Terminator en action ; la présence de Jason Clarke en John Connor ou bien encore le mélange des différents modèles de Terminator. Et d'autres choses, comme des effets-spéciaux et visuels franchement au top par exemple. On appréciera particulièrement le fait de voir des scènes entières de deux classiques de James Cameron être rejouées quasi à l'identique dans ce Terminator Genisys, dialogues cultes compris. Petit bémol, l'apport d'un humour pas vraiment le bienvenu vient amoindrir le propos. La scène dans laquelle notre bon vieux Schwarzy sourit comme un benêt ne m'a fait qu'esquisser un sourire et j'ai même trouvé ça triste pour le personnage emblématique du T-800. Autant les hasta la vista baby et autre I'll be back de Terminator 2 passaient comme une lettre à la poste, autant l'humour dans ce cinquième volet devient parfois handicapant. Reste que le mélange de toute la mythologie n'est pas désagréable à regarder, si on apprécie de voir des T-800, des T-1000 et d'autres modèles de Terminator se foutre sur la gueule durant deux bonnes heures. Les scènes d'action, mises en scène de façon plus que correctes, se révèlent assez spectaculaires, notamment celle sur le pont de San Francisco. Point le plus intéressant du film, son scénario, assez complexe, qui joue sur les voyages dans le temps et les boucles temporelles qui peuvent changer le passé, le présent et le futur ! Quand on se retrouve en 1984, on croit revivre le début de Terminator mais d'un coup, on comprend qu'on se trouve dans une variation alternative de ce qu'on croyait connaître ! Ingénieux ! Quasiment tout le film est bâti sur cette vision alternative d'une histoire connue de tous et c'est vraiment plaisant d'être pris à rebrousse poil par rapport à ce qu'on s'attend à voir. Un conseil tout de même : n'allez pas pisser pendant le film ou faites "pause", sinon, vous risquez d'être paumés ! Si Arnold reprend son rôle de gentil T-800, le poids des années en plus (l'acteur avait 68 ans lors du tournage), c'est Emilia Clarke qui endosse celui de Sarah Connor. La jeune actrice se montre vraiment convaincante dans ce rôle de femme forte qui ne contrôle pas sa propre vie et même si on a toujours à l'esprit les prestations mémorables de Linda Hamilton, on peut dire que la jeune actrice britannique s'en sort haut la main. Il en va de même pour le reste du casting : le choix de Lee Byung-Hun pour jouer le T-1000 en lieu et place de Robert Patrick s'avère payant, l'acteur coréen réussissant à reproduite l'incroyable gestuelle mise en place par l'acteur original dans Terminator 2. Je suis un peu plus mitigé vis à vis du choix de Jai Courtney pour remplacer Michael Biehn dans le rôle de Kyle Reese, la faute à sa carrure nettement plus balèze et imposante que celle de l'acteur original, qui était plutôt chétif et fluet. On perd énormément en fragilité et on ressent vraiment moins d'empathie pour lui. Par contre, les choix scénaristiques concernant John Connor vont en surprendre plus d'un, en bien ou en mal, à vous de voir. Dommage en fin de compte que Terminator Genisys n'a pas convaincu un large public car ce n'est vraiment pas un mauvais film, loin de là. Le détournement des éléments de base mis en avant dans les deux premiers volets de la saga est fait de manière intelligente et respectueuse et le spectacle se montre généreux. On peut trouver au film un petit côté pop-corn movie badass, tant on est loin de la noirceur et du sérieux du premier Terminator par exemple. Mais honnêtement, le film se savoure encore plus à la seconde vision, la présence radieuse d'Emilia Clarke illumine chaque scène où elle apparaît, le plaisir de revoir Schwarzy dans le rôle qui a fait littéralement décoller sa carrière est intact et niveau action, le cahier des charges est rempli à ras bord. Un film a réévaluer et qui mérite vraiment mieux que sa triste réputation.






lundi 13 juillet 2020

THE LODGE

THE LODGE
(The Lodge)

Réalisateur : Severin Fiala, Veronika Franz
Année : 2019
Scénariste : Severin Fiala, Veronika Franz, Sergio Casci
Pays : Etats-Unis, Angleterre, Canada
Genre : Drame, Thriller, Epouvante
Interdiction : /
Avec : Riley Keough, Jaeden Martell, Lia McHugh, Richard Armitage, Alicia Silverstone...


L'HISTOIRE : Un frère et une sœur viennent de subir un traumatisme épouvantable. Leur père décide de leur faire passer quelques jours avant Noël dans un chalet isolé en pleine montagne où ils seront gardés par Grace, leur nouvelle belle-mère, une jeune femme séduisante, unique rescapée d'une secte. Entre les enfants et la marâtre s'installe un climat malsain...

MON AVIS : Ça fait toujours plaisir de revoir le logo Hammer au début du générique d'un film. La célèbre firme anglaise, spécialisée dans le cinéma d'épouvante dans les années 50 à 70, a conquis le cœur des cinéphiles grâce à ses nombreuses productions de grande qualité et c'est avec une réelle nostalgie qu'on a accueilli sa résurrection dans les années 2010, avec Wake Wood (2009), Laisse-moi Entrer (2010), La Locataire (2011), La Dame en Noir (2012), Les Âmes Silencieuses (2014) et La Dame en Noir 2 (2014). Après une période creuse, la Hammer refait parler d'elle en 2019 puisqu'elle a produit le nouveau film du duo Severin Fiala / Veronika Franz (responsable du remarqué Goodnight Mommy en 2014), à savoir The Lodge. Comme dans leur premier long-métrage, le duo Fiala / Franz ne cède pas à la surenchère d'effets dans The Lodge mais nous propose à nouveau un voyage glaçant dans la psyché humaine, préférant miser sur une atmosphère inquiétante, sourde, malsaine que sur une avalanche de jump-scares ou d'effets gores. Les amateurs de rythme frénétique en seront donc pour leur frais car les deux réalisateurs distillent les éléments provoquant la montée du malaise avec parcimonie, prenant tout leur temps pour instaurer une ambiance perturbante au sein de ce chalet isolé en pleine tempête de neige, dans lequel deux jeunes enfants, Aiden et Mia, vont devoir tenter de cohabiter avec Grace, leur nouvelle belle-mère. Un lieu isolé, une tempête de neige, des enfants devant gérer un adulte ? Le spectre de Shining plane assurément sur The Lodge mais personnellement, si je devais faire un rapprochement avec un autre film, ce serait avec le récent Midsommar d'Ari Aster. Ceux qui sont tombés sous le charme de ce dernier devrait l'être également avec The Lodge. Car le film de Severin Fiala et Veronika Franz joue dans la même catégorie, à savoir celui du drame familial (la scène de l'événement tragique au début du film, avec Alicia Silverstone, est d'une puissance...) qui va plonger les personnages (les deux enfants) dans l'enfer sectaire. Ce n'est pas un spoiler, c'est dit au début du film, la nouvelle belle-mère, Grace (excellente Riley Keough) est l'unique rescapée d'un suicide collectif organisé par son propre père, qui était le gourou d'une secte. Avec beaucoup d'aide psychologique et un traitement médicamenteux, Grace a surmonté cette épreuve et semble avoir réussi à se sortir de l'embrigadement sectaire ultra religieux dont elle a été victime depuis sa naissance. Sa rencontre avec Richard, père d'Aiden et de Mia, est également une chance pour elle de reconstruire sa vie. Mais tout ne va pas être rose dans The Lodge, on s'en serait douté. La cohabitation avec les deux enfants n'est pas de tout repos, ces derniers n'ayant aucune envie de tisser des liens avec la remplaçante de leur mère. Chaque effort que fait Grace pour se faire simplement accepter, à défaut d'aimer, par les enfants de Richard tombe à l'eau. De plus, la mère d'Aiden et de Mia était profondément religieuse et le chalet possède crucifix et tableaux religieux accrochés aux murs, ce qui n'offre pas une ambiance propre à l'épanouissement pour Grace, dont les souvenirs de sa vie d'avant refont peu à peu surface. Subtilement, par petite touche, Severin Fiala et Veronika Franz mettent en place leur mécanique de l'angoisse, créent des événements dont nous, spectateurs, se demandent de qui ils proviennent (Grace ou les enfants ?) et font monter la tension de par leur mise en scène, leur cadrage et le jeu des acteurs, tous parfaits dans leurs rôles respectifs. Aiden est joué par Jaeden Martell, qu'on a vu dans la série Stranger Things bien sûr, Mia par l'excellente Lia McHugh, Richard par Richard Armitage et on a déjà cité Riley Keough dans le rôle de Grace. Cette dernière porte littéralement le film sur ses épaules, et on plonge avec elle dans les tréfonds de l'âme humaine, une âme qui a subit les ravages sectaires et qui n'est peut-être pas tout à fait guérie. A moins que les événements soient le fait des deux enfants, à qui on donnerait le bon Dieu sans confession mais les amateurs de films d'horreurs savent que les têtes blondes peuvent se révéler plus cruelles que les adultes parfois. Admirablement construit, filmé, photographié, interprété, The Lodge fait sensation et laisse une empreinte durable dans l'esprit, au même titre que Midsommar. L'horreur psychologique est souvent plus percutante que l'horreur graphique et le duo Severin Fiala / Veronika Franz vient encore de le prouver.

* Disponible en DVD et BR chez METROPOLITAN VIDEO