KILLDOZER
(Killdozer)
Réalisateur : Jerry London
Année : 1974
Scénariste : Herbert F. Solow
Pays : USA
Genre : Thriller, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Clint Walker, Robert Urich, Carl Betz, Neville Brand, James Wainwright...
L'HISTOIRE : Sur une île du Pacifique, le contremaître Lloyd Kelly,avec son équipe constituée de cinq ouvriers, doit construire une piste d’atterrissage. Durant les travaux de déblaiement, une énorme pierre est mise à nu, dont la provenance reste un mystère. Kelly demande au conducteur McCarthy de la déloger avec son bulldozer D9 mais quand le véhicule touche la pierre, une étrange lumière bleue se met à irradier, provoquant de graves blessures au conducteur. Pire que tout, la lumière semble avoir pris possession du bulldozer, qui se met à avancer tout seul et à attaquer le reste de l'équipe...
MON AVIS : En 1971, un jeune Steven Spielberg avait surpris son monde avec son histoire de camion tueur, dont on se demandait s'il y avait bien un chauffeur à l'intérieur. Duel, téléfilm diffusé au cinéma grâce à ses nombreuses qualités, allait engendrer quelques rejetons dans sa lignée, élargissant par la même occasion le sous-genre des véhicules tueurs, ces derniers pouvant provoquer la mort soit en étant utilisés par leurs conducteurs en engins meurtriers, soit en étant pourvus d'une vie propre, possédés par un quelconque esprit maléfique. C'est l'option retenue par Jerry London en 1974, avec le plus que curieux Killdozer, petit téléfilm produit tout de même par la Universal et tombé aux oubliettes depuis, voire totalement ignoré dans notre beau pays, mais qui a acquis un statut de film culte aux USA au fil du temps, malgré des critiques assez négatives quant à ses qualités à l'époque de sa diffusion, et ce, notamment lorsqu'il fut l'objet d'une blague dans le dessin-animé trash Beavis and Butt-Head en 1993. A l'origine du projet, on trouve une courte nouvelle écrite par Theodore Sturgeon, publiée en 1944 dans le magazine Astounding Science-Fiction. Le récit a été remanié par l'auteur lui-même, accompagné par Ed MacKillop puis scénarisé par Herbert F. Solow. A l'arrivée, on obtient un téléfilm totalement what the fuck?! de par son sujet, vu qu'on parle tout de même d'un bulldozer possédé qui avance tout seul et va se mettre à attaquer des humains ! Une possession extra-terrestre à l'évidence, puisque le point de départ de la possession est le choc entre le bulldozer et une météorite tombée du ciel et enfouie dans le sol. Alors oui, on ne va pas s'attarder sur l'aspect pas vraiment crédible de cette histoire, ni sur le fait qu'un bulldozer de cette taille n'avance en réalité pas très vite et qu'un humain peut très facilement le distancer sans risquer sa vie. On préfère s'amuser à regarder notre monstre métallique faire clignoter ses phares, avancer de façon menaçante, activer sa pelle hydraulique telle une mâchoire vivante face au casting, qui parvient à ne pas rigoler et à rester sérieux, ce qui ne sera peut être pas le cas du spectateur. Il est vrai qu'on ne ressent aucune tension, aucun suspense face aux exactions de notre bulldozer possédé qui avance à deux à l'heure et que le casting ne fait pas non plus de grand effort pour dynamiser le rythme ou créer des situations un peu tendues. Parmi ce dernier, on trouve, entre autres, Clint Walker, qui joue le contremaître, ex-alcoolique qui se voit offrir une dernière chance et qui doit impérativement réussir à terminer le chantier ; Carl Betz qui joue un employé pas très commode ; Neville Brand, acteur bien connu des fans pour avoir joué le gérant d'hôtel psychotique possédant un crocodile dans Le Crocodile de la Mort de Tobe Hooper en 1976. Killdozer ne s’embarrasse pas d'un grand casting puisqu'on aura en tout et pour tout 6 acteurs à l'écran, devenant à tour de rôle les proies du bulldozer vivant. On retiendra par contre quelques répliques bien trouvées pour l'époque, dont l'emblématique "on ne peut pas tuer une machine" ou ce dialogue incroyable "comment s'y prendre pour tuer une machine ?" / "Une machine ? Il est trop lourd pour être suspendu et trop gros pour être placé dans une chambre à gaz" ! Dingue, non ? Rien de bien palpitant sinon au programme, On a vraiment affaire à un téléfilm sans grand moyen mais qui tente tout de même de bien faire et traite son histoire avec grand sérieux, même si on sourira souvent devant le ridicule de certaines situations. En tout cas, Killdozer reste une oeuvre à découvrir, parce que ce n'est pas tous les jours que vous verrez un bulldozer géant avoir une vie propre !