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ZENABEL

 

ZENABEL
(Zenabel)

Réalisateur : Ruggero Deodato
Année : 1969
Scénariste : Gino Capone, Ruggero Deodato, Antonio Racioppi
Pays : Italie, France
Genre : Aventure, comédie, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Lucretia Love, John Ireland, Lionel Stander, Mauro Parenti, Fiorenzo Fiorentini...


L'HISTOIRE : En 1627, dans l'Espagne du Siècle d'or, la jeune Zenabel apprend de son père mourant qu'elle est en réalité une fille adoptée. Ses vrais parents, le duc et la duchesse de Valle Stretta, furent assassinés alors qu'elle était encore un bébé. Le responsable de ce double meurtre, don Alonso y Moira, un baron sans foi ni loi, est depuis devenu le maître des lieux, faisant régner la terreur dans le duché. Désormais, Zenabel va tout mettre en œuvre afin de reconquérir son titre et ses biens, ainsi que venger la mort de ses parents. Sa quête sera longue et semée d'embûches…

MON AVIS : Quand on évoque le nom de Ruggero Deodato, on pense évidemment à l'infâme Cannibal Holocaust mais aussi à La Maison au fond du Parc, Le Dernier Monde Cannibale ou à Amazonia la Jungle Blanche entre autres. Des films chocs, radicaux. Mais le réalisateur italien n'a pas que cette corde à son arc. Aussi, quand l'éditeur Le Chat qui Fume sort dans une belle édition Blu-Ray un titre méconnu de sa filmographie, Zenabel, la curiosité l'emporte immédiatement, surtout qu'on est bien loin des atrocités cannibalistiques de son chef-d'oeuvre de 1980. Comme vous le voyez via l'affiche ci-dessus, Zenabel jouerait plutôt dans la cour du film d'aventure romanesque et du film de cape et d'épée, à l'image de notre belle saga des Angélique Marquise des Anges, avec un côté encore plus bis évidemment. Ce sera bel et bien le cas puisque les aventures de Zenabel, interprétée par la blonde Lucretia Love, se pare ici d'une touche érotique bon enfant, qui ravira les yeux des spectateurs masculins. Tous les ingrédients du cinéma populaire d'aventure se retrouve ici : on a l'héroïne qui découvre qu'on lui a caché sa véritable identité et qui est en fait une duchesse, ce qui la conduira à vouloir reprendre son trône au vil usurpateur joué par John Ireland ; on a des scènes de bagarres et de duels à l'épée ; on a des guet-apens ; on a une horde de rebelles emmenée par le ténébreux Mauro Parenti, qui tombera sous le charme de Zenabel et lui prêtera main forte dans sa quête et j'en passe, le tout dans de superbes décors naturels, tels les cascades, le parc et les vestiges romains du Mont Gelato par exemple. Deodato le dit lui-même : il a eu pas mal de moyens financiers pour réaliser Zenabel et ça se voit au niveau des costumes et du nombre de figurants lors de certaines séquences. La mise en scène est assez énergique, on n'a guère le temps de s'ennuyer face aux diverses situations proposées. Le film bénéficie en outre d'un humour bienvenu, qui nous fait penser aux futures sexy comédies 70's, avec un personnage homosexuel par exemple. Les mimiques de l'acteur Lionel Stander nous amuseront également, tout comme son comportement rigolo. Plus étonnant pour le public contemporain, on note dans le film une réelle touche féministe, avec Zenabel qui veut redonner le pouvoir aux femmes par exemple et faire que les hommes leur témoignent bien plus de respect. L'émancipation de la femme, débutée au début des années 60, trouve ici un écho notable. Cet aspect féministe est néanmoins contrebalancé par la dimension érotico-comique qui suinte par tous les pores de la pellicule. Car, entendons-nous bien : Zenabel est avant tout un petite gaudriole polissonne qui ne cache pas son objectif premier : déshabiller tout son casting féminin ! Le producteur du film, Mauro Parenti, qui joue donc Gennaro, le chef des rebelles, vouait une véritable obsession envers la gent féminine selon Deodato et son unique but était de pouvoir filmer les nombreuses actrices entièrement nues, ce qui sera bel et bien le cas en effet. Il ne se passe pas dix minutes sans qu'une paire de seins ou de fesses n'apparaissent à l'écran, le tout dans une bonne humeur communicative et sans vulgarité aucune. De l'érotisme désuet, gentillet, qui vient égayer encore plus les aventures rocambolesques de notre héroïne sans peur ! Il faut croire que c'était bien trop gentillet pour la sortie française puisque le film, d'abors distribué en 1974, ressortit en 1976, caviardé par divers inserts un peu plus porno qui n'apportent rien au final. Le titre a également changé puisque dans notre beau pays, on le connaît sous l’appellation Faut pas Jouer avec les Vierges. Bref, pour ceux qui désirent découvrir une autre facette de Ruggero Deodato, Zenabel tombe à point nommé et saura divertir l'amateur de cinéma bis sans aucun doute.

* Disponible en BR chez -> LE CHAT QUI FUME <- 
BONUS:
• Documentaire DEODATO HOLOCAUST (1h11)
• Le pouvoir des filles avec Ruggero Deodato (19mn)
• ZENABEL par Philippe Chouvel (32mn)
• Séquences coupées interdites aux mineurs (19 mn)


CANNIBAL HOLOCAUST

CANNIBAL HOLOCAUST
(Cannibal Holocaust)

Réalisateur : Ruggero Deodato
Année : 1980
Scénariste : Gianfranco Clerici
Pays : Italie
Genre : Aventure, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Robert Kerman, Francesca Ciardi, Perry Pirkanen, Luca Barbareschi, Carl Gabriel Yorke...


L'HISTOIRE : Quatre jeunes reporters, travaillant pour une grande chaine de télévision, sont partis en Amazonie afin de tourner un documentaire sur les peuples cannibales qui vivent encore dans la région. On ne les a jamais revus. Le professeur Monroe, un ethnologue renommé, décide de monter une expédition afin de les retrouver. En arrivant en Amazonie, il est accompagné par un guide et de son assistant. Après un long périple, Monroe parvient à se faire accepter par la plus dangereuse des tribus cannibales, le peuple des arbres. Il comprend très vite que les quatre reporters sont morts. En faisant des dons au peuple des arbres, il parvient néanmoins à récupérer les bandes vidéos. De retour à New-York, le professeur Monroe ainsi que l'équipe de télévision vont visionner ces bandes afin de pouvoir en faire un film choc pour les spectateurs. Mais ce qu'ils vont découvrir sur les images va changer leur perspective...

MON AVIS : Fort du succès de son film Le dernier monde cannibale en 1978, Ruggero Deodato va tenter de réaliser le film ultime sur ce thème. Et c'est en 1980 qu'il livre aux spectateurs ébahis le terrifiant et somptueux Cannibal Holocaust, film définitif, jamais surpassé, véritable choc cinématographique ! Un sommet de la barbarie et de la cruauté à l'écran. Si quelquefois le mot culte est galvaudé et utilisé à tort et à travers, il est vraiment tout désigné pour classer ce film maudit, dont la censure s'en fit l'un de ses films de chevet pour aiguiser ses ciseaux et tailler dans le vif. Des versions cut, il y en a eu, et il y en aura toujours, même aujourd'hui, où le film est encore totalement interdit dans certains pays. La faute à des scènes de massacres d'animaux filmées en "live" et à des scènes d'horreurs ultra réalistes et vraiment glauques. Tellement réalistes que Deodato du prouver à la police et aux tribunaux italiens que les acteurs étaient toujours vivants et qu’il n’avait pas réalisé un snuff  movie ! Il du aussi expliquer certains effets-spéciaux, comme la femme empalée, scène culte inoubliable. Cannibal Holocaust est un film qui parvient à faire naître une vraie impression de malaise à sa vision. Il est construit en deux parties distinctes mais complémentaires. La première partie du film est à classer dans la catégorie film d'aventure, film de jungle. On suit l'expédition du professeur Monroe, parti chercher les quatre reporters disparus. On se retrouve donc en dépaysement total avec ces images de forêt amazonienne, où vivent animaux dangereux et indigènes. Monroe, aidé par un guide local, découvrira une première peuplade de cannibales et également certains de leurs rites, dont certains d'une rare sauvagerie, comme la punition d'une femme adultère. Une première scène choc qui ne fait guère dans la dentelle et ne prête guère à sourire. Aucun humour, aucune distance ne vient délivrer le spectateur de ce spectacle barbare. Ce qu'on peut retenir de cette première partie, c'est que Monroe a du respect pour les peuplades cannibales et qu'il ne se comporte pas comme un blanc dominateur. Il n'impose rien car il n'est pas chez lui. Grâce à son comportement, il parviendra à récupérer les bandes vidéos tournées par les reporters, les seules choses qu'il reste de leur expédition. Monroe comprend que les quatre amis sont morts. De retour à New-York, le spectateur va alors visionner ces fameuses bandes en même temps que lui et les responsables de chaînes de télévision. Une idée originale, que reprendront bien plus tard les réalisateurs du Projet Blair Witch. On entre alors dans la seconde partie du film. On assiste à la vision des images tournées par Alan Yates, le chef de l'équipe, entouré de ses trois amis. Et là, c'est bien d'horreur absolue qu'il faut parler. Des images chocs, terribles, quasi inhumaines, mêlant scènes de cannibalisme, meurtres d'animaux, scènes à connotation sexuelle (la séquence horrible de l'accouchement). Mais le plus terrible reste à venir. Car les méchants ne sont pas ceux que l'on croit. En effet, les images des bandes vidéos vont nous montrer le vrai visage de ces quatre reporters. Afin d'obtenir du sensationnel, ces jeunes gens ne vont pas se gêner et vont faire subir aux peuplades cannibales de nombreuses brimades, violant des femmes, mettant le feu à un village pour pouvoir filmer la panique des primitifs. Un comportement révoltant et en totale opposition avec l'attitude de Monroe dans la première partie du film. On se retrouve avec un blanc qui tente de vivre en harmonie avec ce qu'il ne connaît pas, et quatre blancs qui n'ont aucun respect pour autrui, qui se comportent en dominateurs et n'hésitent pas à tuer, piller et massacrer pour satisfaire leur envie de ramener un "scoop" ! C'est le thème principal que voulait faire passer Ruggero Deodato dans son film. La dénonciation des pratiques de certains journalistes, avides de sensationnalisme, prêts à tout pour leur reportage, y compris à commettre eux-mêmes des actes de cruauté gratuite. Le spectateur n'éprouve alors plus aucune compassion pour la jeune équipe et leur mort nous semble logique, voire compréhensible et justifiée. Pour contrebalancer ces scènes de brutalité inégalées, Riz Ortolani, le compositeur de la partition musicale, a opté pour une musique légère, un thème enivrant, tranquille, presque reposant. Comme il le dit lui-même, les images sont déjà assez choquantes, il ne servait donc à rien de mettre en plus une musique violente par dessus. Cette opposition "brutalité / musique légère" est une vraie réussite et on se souvient longtemps après de cette mélodie qui revient souvent. Si Cannibal Holocaust est considéré à juste titre comme étant le meilleur film de cannibales, on ne peut qu'en être persuadé à sa vision. Beaucoup ont voulu le surpasser mais aucun n'a su mettre en images des situations aussi malsaines, choquantes et surtout aussi réalistes. Un film choc à ne pas mettre devant tous les yeux et qui continuera encore longtemps à faire fantasmer ceux qui ne l’ont pas vu (ou qui n’osent pas le voir) et à hanter l’esprit de ceux qui l’ont vu. Ruggero Deodato peut être fier de son chef-d’œuvre et même si de nombreuses personnes continuent à lui reprocher les meurtres d’animaux (Deodato regrette d’avoir filmé ses séquences), il n’empêche qu’il a réalisé l'un des films le plus controversé de tous les temps et qui possède toujours son pouvoir de fascination de nos jours.

GUNGALA LA PANTHÈRE NUE

GUNGALA LA PANTHÈRE NUE
(Gungala la pantera nuda)

Réalisateur : Ruggero Deodato
Année : 1967
Scénariste : Romano Ferrara
Pays : Italie
Genre : Aventure
Interdiction : /
Avec : Kitty Swan, Micaela Pignatelli, Angelo Infanti, Jeff Tangen, Alberto Terrani...


L'HISTOIRE : Une compagnie d’assurance charge un groupe d’aventuriers de retrouver une jeune héritière, dont l’avion s’est écrasé dans la jungle quelques années auparavant. Ayant grandi au milieu de la nature, l’enfant est devenue Gungala, la déesse blanche, évoluant aux côtés de sa fidèle panthère. Avant d’approcher la sauvageonne, les aventuriers vont devoir la défendre contre une tribu d’indigènes voulant dérober son diamant...

MON AVIS : Suite au succès de Gungala la Vierge de la Jungle en 1967, les producteurs décident de mettre en chantier une suite dès l'année suivante. Ils refont appel à Romano Ferrara pour s'occuper du scénario et de la réalisation ainsi qu'à Kitty Swan pour reprendre son rôle de Gungala. Mais cette fois, les producteurs ne sont pas du tout content des scènes tournées par Ferrara et de la tournure que prend le film. Par deux fois, ils font appel à un certain Ruggero Deodato (faut-il encore présenter le réalisateur de Cannibal Holocaust ?) pour tourner des scènes du film, dont celle des sables mouvants. Très satisfait du résultat, les producteurs décident de virer Romano Ferrara et de confier le film à Deodato, qui n'a été pour le moment qu'assistant-réalisateur. Heureux qu'on lui fasse confaicne et qu'on lui confie les rênes d'un film, il accepte le défi et visionne les rushs filmées par Ferrara en salle de montage. N'appréciant pas ce qu'il voit, il décide de quasiment tout reprendre à zéro. Outre un tournage dans une jungle recréée en studio, il demande aux producteurs d'aller dix jours au Kenya pour filmer en décor naturel et avoir accès à des éléphants et autres animaux pour rendre crédible l'histoire. Ruggero Deodato devient donc le vrai réalisateur de Gungala la Panthère Nue et décide d'utiliser le pseudonyme de Roger Rockfeller pour sa première réalisation à part entière. Etant donné qu'on a apprit à la toute fin de Gungala la Vierge de la Jungle que cette dernière, alors enfant, a survécu à un crash d'avion dans la jungle et a grandit au milieu des indigènes pour devenir leur déesse, portant autours du cou un diamant appartenant à son père, cette séquelle reprend ce postulat et l'intègre à l'histoire de façon astucieuse, puisque les membres de la famille de Gungala doivent s'assurer qu'elle est bien la petite fille du crash aérien, et ce, afin de faire d'elle une héritière ou non. Les clauses du testament n'enchantent guère Julie, jeune femme avide d'argent qui se verrait priver d'une petite fortune si cette Gungala s'avérait être en effet sa sœur disparue. On le voit, l'histoire se tient tout à fait par rapport au film précédent, normal puisque c'est Romano Ferrara qui est l'auteur du scénario. On retrouve même le personnage de Thao, le guide qui passe tout son temps à boire du whisky. La recette qui avait fait le succès du premier volet est reprise dans cette suite et Deodato s'en tire plutôt bien, apportant aux spectateurs du dépaysement et donnant à son film un petit côté "pub Tahiti douche" lors de certaines séquences nous montrant la belle Kitty Swan, moins dénudée que dans La Vierge de la Jungle, courir ou plonger dans les vagues  au ralenti. On a même droit à une scène dans laquelle Morton, le héros du film (interprété par Angelo Infanti, qui devait au départ jouer le rôle du méchant dans la version Ferrara mais qui est devenu le gentil dans la version Deodato) se met à prendre une multitude de photos de Gungala pour prouver à ses commanditaires qu'elle est bien la petite fille disparue, et offre donc à cette dernière un vrai shooting-photo de professionnel qui renforce l'aspect "pub exotique pour carte postale" du film. Niveau péripéties, rien de bien neuf à se mettre sous la dent par rapport au film précédent : on a toujours quelques bagarres, un rituel des natifs en costumes traditionnels, Gungala qui commande à des animaux, des trahisons et des complots visant à récupérer le fameux diamant que porte Gungala autour du cou et j'en passe. Par contre, Deodato décide de miser sur une romance entre Morton et Gungala et ajoute donc à l'histoire une petite love-story naïve et pleine de charme qui séduira à coup sûr les spectateur fleur-bleue. Il va même aller sur le terrain de la jalousie de façon assez drôle puisque Julie va tenter de se faire passer pour Gungala en revêtant les mêmes habits très vaporeux de cette dernière. Il est amusant également de voir que Deodato nous la joue Tarzan mais à l'envers. Cette fois, c'est la belle sauvageonne qui courtise le héros, lui montre son habitat, lui fait découvrir ses animaux et va même le sauver de la méchante tribu de la jungle. La revanche de Jane sur Tarzan est là ! Et pour sauver son amoureux, elle n'y va pas par quatre chemin notre Gungala : elle attaque la tribu à dos d'éléphant, carrément ! C'est beau l'amour ! Bref, si vous avez apprécié Gungala la Vierge de la Jungle, alors n'hésitez pas à retrouver Kitty Swan dans Gungala la Panthère Nue. Pour son premier film, Ruggero Deodato nous offre une petite série B exotique très sage, très familiale, tout à fait dans la lignée des films de "filles de la jungle". Le rythme est peut-être un peu plus dynamique que dans le film précédent et Gungala est mieux mise en avant même si elle ne prononce toujours aucun mot. On est vraiment dans le pur film de divertissement qui relève certes de l'anecdotique mais qui fait passer un bon moment de détente devant son écran. Pour information, Kitty Swan a tourné par la suite dans deux aventures de Tarzan. Dans Tarzan and the Brown Prince (1972), elle devait jouer une scène dans laquelle elle était attachée à un poteau. Un feu se déclara accidentellement et la pauvre actrice a été brûlé à de multiples endroits du corps. Un drame qui mit malheureusement fin à sa carrière. Dommage car on l'aurait bien revu dans d'autre films de Jungle Girl. De quoi donner encore plus envie de découvrir ses deux Gungala, dont on remerciera Artus Films de les avoir édité en DVD !

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS. Niveau bonus, on trouve un interview de Ruggero Deodato qui nous parle de Gungala avec beaucoup d'affection et ça se ressent à l'image. Un vrai plaisir que ce bonus.


BODY COUNT

BODY COUNT
(Camping del Terrore)

Réalisateur : Ruggero Deodato
Année : 1987
Scénariste : Alessandro Capone, Luca d'Alisera, Sheila Goldberg, Dardano Sacchetti
Pays : Italie, Etats-Unis
Genre : Horreur, Slashers
Interdiction : -12 ans
Avec : David Hess, Mimsy Farmer, Nicola Farron, Charles Napier, Bruce Penhall...


L'HISTOIRE : Deux jeunes adolescents se font massacrer dans un camping. La légende veut que le meurtrier soit une créature mystique indienne, le Shaman. 15 ans plus tard, une bande de copains débarque dans le camping abandonné pour y passer le week-end. La joyeuse équipe à pris en stop Ben qui revient de l'armée et qui est le fils du propriétaire du camping. Malgré les avertissements de son père, toujours persuadé que le Shaman rôde alentours, Ben et ses nouveaux amis décident de rester sur les lieux. Peu de temps après, des incidents se produisent. Il semblerait que le Shaman soit bien décidé à sévir à nouveau...

MON AVIS :  Ruggero Deodato, réalisateur du culte Cannibal Holocaust, décide de nous faire son Vendredi 13 en 1987 avec Body Count. Tous les éléments du slasher movie sont présents dans le film, à savoir une bande d'ados bien demeurés au comportement stupide, un endroit abandonné perdu dans les bois, un mystérieux tueur, plusieurs coupables possible et un nombre solide de meurtres effectués à l'arme blanche, avec machette, hache et couteau en guise de réjouissances. Ajoutons à la mixture la présence de quelques acteurs de genre confirmés comme David Hess, Charles Napier et Mimsy Farmer et une fois le tout bien mélangé, on aurait du obtenir un slasher enjoué, sanglant et assurant les moments de terreur. Manque de pot, Ruggero Deodato ne devait pas être bien inspiré puisque Body Count s'avère plus que décevant, provoque l'ennui et ne donnera que peu de satisfaction aux fans du genre. L'intrigue, pourtant du à quatre scénaristes, est d'une banalité à toute épreuve et multiplie les scènes incohérentes ou ridicules. Pour exemple : une fille découvre le cadavre de son ami et au lieu de s'enfuir, elle préfère se réfugier dans une pièce avoisinante, attendant patiemment le tueur. Impayable. La mise en scène est d'une mollesse assez sidérante et rien ne vient vraiment provoquer la peur ou le suspense. Les actrices passent leur temps à se rendre dans une douche perdue au milieu des bois sans se dire que c'est l'endroit idéal pour se faire zigouiller. La crédibilité atteint rapidement le niveau zéro et le visionnage du film se transforme vite en un calvaire. Heureusement, les meurtres sont assez nombreux et quelques-uns se montrent plutôt sympa, notamment le sectionnement des doigts d'une main par un joli coup de hache bien placé. Hormis cela, il n'y a pas grand chose à sauver de ce long métrage paresseux et peu innovant. Même la musique de Claudio Simonetti ne parvient pas à sauver les meubles.

NOTE : 1/6



AMAZONIA LA JUNGLE BLANCHE

AMAZONIA LA JUNGLE BLANCHE
(Inferno in Diretta, Cut and Run)


Réalisateur : Ruggero Deodato
Année : 1985
Scénariste : Cesare Frugoni, Dardano Sacchetti
Pays : Italie
Genre : Aventure, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Lisa Blount, Leonard Mann, Willie Aames, Michael Berryman, Richard Lynch, Valentina Forte


L'HISTOIRE : Un groupe d'indigènes massacrent sauvagement des trafiquants de drogue en Amazonie. Ces scènes de carnages se reproduisent également en Amérique, et notamment à Miami où la journaliste Fran Hudson et son cameraman Mark Ludman sont témoins de ces crimes ultra-violents. Leur enquête les amène à penser que ces meurtres sont commandités par le colonel Brian Horne, ancien militaire supposé mort qui vivrait en Amazonie et serait à la tête des indigènes. Fran et Mark décident de partir dans l'Enfer Vert pour faire un reportage sur les trafiquants de cocaïne, essayer d'interviewer Brian Horne et tenter par la même occasion de retrouver le jeune Tommy, fils d'un homme très riche, qui ne donne plus signe de vie. Leur périple va les amener à vivre des situations dangereuses et à montrer au monde l'horreur de la situation en filmant en direct les tragiques évènements...

MON AVIS : Filmer l'Enfer Vert, le réalisateur Ruggero Deodato sait le faire. Déjà en 77, où il réalise Le Dernier Monde Cannibale, puis en 1980 où il livre son chef-d'oeuvre Cannibal Holocaust. Cinq ans plus tard, le voilà qui repart en territoire hostile pour mettre en scène cette histoire de trafiquants de drogue malmenés par une tribu d'indigènes adeptes du lancer de fléchettes empoisonnées et du tranchage de tête à la machette avec Amazonia la Jungle Blanche. Même si l'histoire reste sensiblement la même, avec ces journalistes débarquant caméra au poing pour filmer l'innommable, on est loin du style quasi documentaire de Cannibal Holocaust. Amazonia est avant tout un pur film d'aventure, une série B dépaysante dans laquelle on a injecté quelques séquences horrifiques assez réussies, comme le massacre qui sert d'introduction au film, avec un Michael Berryman en chef de tribu toujours aussi impressionnant, ou cette séquence hallucinante qui voit un homme se fait écarteler dans le sens de la longueur. Ignoble et répugnant. Tous les ingrédients du film de jungle sont réunis pour nous faire passer un bon moment : action, tribu sauvage, érotisme, serpents et crocodiles, poursuite, embuscade et meurtres à foison. Amazonia la Jungle Blanche est un agréable divertissement, qui connaît une petite baisse de régime vers ses trois-quarts, mais qui n'ennuie jamais. Sans atteindre la puissance de son Cannibal Holocaust, Ruggero Deodato à bien mené sa barque et ce cocktail d'aventure et d'horreurs s'avère réussi et plaisant. 

NOTE : 4/6



LA TERREUR DES KIRGHIZ

LA TERREUR DES KIRGHIZ
(Ursus, il terrore dei Kirghisi)


Réalisateur : Antonio Margheriti, Ruggero Deodato
Année : 1964
Scénariste : Marcello Sartarelli
Pays : Italie
Genre : Péplum, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Reg Park, Mireille Granelli, Ettore Manni, Maria Teresa Orsini, Furio Meniconi


L'HISTOIRE : Ursus dirige la tribu des Tcherkesses, tandis que le prince Zereteli commande au peuple des Kirghiz. Zereteli ne porte pas Ursus dans son coeur car la future reine Amiko en pince pour le beau guerrier des Steppes et lui donne de fréquents rendez-vous secrets. Il profite alors du fait qu'un monstre sanguinaire s'attaque à son peuple pour accuser les Ursus et les Tcherkesses et déclencher une guerre. Revenu dans la région, Ilo, le frère d'Ursus, est attaqué par le monstre et ce dernier laisse tomber un poignard durant le combat. Ilo découvre que l'arme appartient à Ursus et que son frère n'est jamais présent lors des attaques du monstre. Ursus et la créature ne ferait-elle qu'un ??

MON AVIS : Le péplum était l'un des genres les plus prisés en Italie durant les années 60, avant d'être remplacé par le western spaghetti. C'est un genre très populaire, très familial, qui met en avant des héros musclés tel Maciste, Hercule ou bien Ursus pour les plus connus. Au péplum classique (quoique dans ce cas précis, on parlerai plus de film d'aventure), La Terreur des Kirghiz associe un second élément, à savoir le fantastique. En effet, aux traditionnelles scènes de batailles ou de combats s'ajoute un monstre qui s'avère être un humain qui se transforme sous l'effet d'un filtre magique. Un ingrédient qui accroît le côté sympathique du film et qui vient bonifier un scénario somme toute très classique. Autre originalité de ce film, réalisé par Antonio Margheriti mais aussi par Ruggero Deodato (qui deviendra célèbre avec son Cannibal Holocaust), le fait qu'Ursus, incarné par le culturiste Reg Park, ne soit pas invincible et qu'il se fasse ratatiner par le monstre, ce qui l'exclue de l'écran durant quelques temps, laissant sa place à son frère Ilo qui devra démêler cette mystérieuse affaire du monstre. La Terreur des Kirghiz, sans être un grand film spectaculaire car il n'en a pas les moyens financiers, parvient néanmoins à maintenir un rythme constant, joue avec les retournements de situations, présente à l'écran de jolies filles (la brune Mireille Granelli, fort charmante) et nous fait passer un bon moment devant notre écran, ce qui est bien le principal...

NOTE : 4/6