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LE RAYON INVISIBLE

 

LE RAYON INVISIBLE
(The Invisible Ray)

Réalisateur Lambert Hillyer
Année : 1936
Scénariste John Colton
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction, aventure
Interdiction : /
Avec Boris Karloff, Bela Lugosi, Frances Drake, Frank Lawton, Violet Kemble Cooper...


L'HISTOIRE : Le docteur Janos Rukh tient enfin sa revanche sur le corps scientifique : il a découvert comment exploiter un rayon invisible en provenance de la galaxie d'Andromède et ce, afin de prouver qu'une météorite a touché le continent africain il y a des milliers d'années. Il convie Sir Francis Stevens ainsi que le docteur Benet a venir constater son incroyable découverte. Fort de son succès, Janos Rukh accepte de participer à une expédition en Afrique mise en chantier par Stevens et Benet mais très vite, il décide de faire cavalier seul afin de trouver des fragments du météorite. Il réussit cette mission mais se retrouve contaminer par les émanations du météorite, composé de Radium X. Il demande l'aide du docteur Benet, qui parvient à lui administrer un antidote qu'il devra prendre à vie. Mais le Radium X perturbe la santé mentale du scientifique...

MON AVIS : Pour rester en tête de liste des studios mettant en avant le cinéma fantastique et d'épouvante dans les années 30, la Universal produit de nombreux films qui sont d'un niveau inférieur à ses prestigieux classiques mais qui demeurent néanmoins des films de qualité fort appréciables. En 1936, les producteurs décident de réunir à nouveaux les deux stars de l'époque, à savoir Boris Karloff et Bela Lugosi. Les deux acteurs ont déjà joué ensemble dans Le Chat Noir en 1934 et dans Le Corbeau en 1935. En 1936, ils se retrouvent donc au casting de The Invisible Ray, baptisé logiquement Le Rayon Invisible pour sa sortie française au mois de mai de cette même année. C'est Lambert Hillyer qui est chargé de mettre en image le scénario de John Colton. Le réalisateur n'est pas un novice, il a débuté sa carrière en 1917 et a même dirigé le grand Lon Chaney lui-même. Il n'a par contre pas d'expérience dans le cinéma fantastique ou d'épouvante et Le Rayon Invisible sera son premier film dans ce genre. Le film mélange d'ailleurs plusieurs influences et plusieurs ambiances très différentes, ce qui lui donne un cachet assez original. En effet, on débute dans une atmosphère qui fait très film d'épouvante, avec cette grande maison et cet orage qui fait rage, ainsi qu'avec le personnage de la mère du docteur Janos Rukh, une vieille dame aveugle un peu inquiétante jouée par Violet Kemble Cooper. La femme du docteur Rukh est quant à elle interprétée par la brune Frances Drake (vu dans Mad Love l'année précédente) et elle a tout de l'héroïne qui deviendra potentiellement une femme apeurée dans ce style de film. Le savant est joué par Boris Karloff et sa passion pour sa découverte, son implication, nous fait penser un peu au baron Frankenstein. Une fois les deux invités du savant réunis dans son laboratoire afin d'assister à sa démonstration, le film bifurque dans la science-fiction, avec des images de lointaines galaxies ainsi que de la Terre frappée par un météore il y a de ça plusieurs millions d'années. Des visions rendues possibles grâce à la découverte du rayon invisible qui donne son titre à l'oeuvre de Lambert Hillyer. Une découvert majeure dans le domaine de la science, que le docteur Benet (interprété par un Bela Lugosi très posé, très sérieux et bien loin de son jeu théâtral d'antan) ne manquera pas de saluer, ce qui provoque une réelle satisfaction de l'ego du docteur Rukh, lui qui se plaint d'être mis à l'écart par la communauté scientifique. Une donnée qui aura son importance dans les tragiques événements qui viendront ponctuer le film. Le Rayon Invisible prend ensuite une toute autre tournure puisqu'il s'oriente carrément dans le film d'aventure, avec expédition en terre africaine, aventuriers, boys africains, recherche en zone hostile et même une romance qui prend forme entre la femme délaissée du docteur Rukh et Ronald Drake, un jeune aventurier joué par Frank Lawton. On se croirait presque dans une bande-dessinée ou un serial, avec cette quête du météore par un Boris Karloff avide de gloire et de reconnaissance, et qui va malheureusement être irradié par ce dernier et notamment par le Radium X, ce qui lui donne une phosphorescence de la peau en pleine nuit, reproduite à l'écran par un halo de lumière entourant son visage et ses mains. Plus dramatique, cette irradiation provoque la mort de ceux qu'il touche. On pourra trouver peu crédible le fait que les personnes se trouvant juste à ses côtés ne soient pas elles-mêmes irradiées, ce qui aurait pu être le cas de Bela Lugosi venant lui apporter son aide par exemple. Passons sur ce détail pour mettre en avant ce que je viens d'écrire ! Oui, vous avez bien lu, Bela Lugosi interprète ici un personnage positif, voulant aider les autres, agissant par compassion, ce qui est assez rare pour être souligné. Il va donc trouver un moyen de guérir The Luminous Man comme le clame le slogan de l'affiche originale, avec un remède à vie devant être pris chaque jour pour contrer les effets dévastateurs du Radium X. Pas de bol pour Karloff, l'égo de son personnage va prendre le dessus et s’imaginer que le docteur Benet et les membres de l'expédition, qui utilisent sa découverte pour guérir des malades, lui ont purement et simplement volé ce qui lui appartenait et donc ne lui offrent pas la reconnaissance qui lui est dû. Une mauvaise interprétation des faits et des paroles, qui vont suffirent à le transformer en assassin lors de la dernière partie du film et ce, jusqu'au tragique dénouement final. Sans être un film majeur de la Universal, Le Rayon Invisible permet de voir côte à côte Karloff et Lugosi, ce qui est toujours très agréable et intéressant pour tout amateur de cinéma fantastique qui se respecte. L'histoire est plutôt bien troussée et la mise en scène efficiente. Le rythme est bon, jamais ennuyeux malgré une durée un peu plus longue que d'habitude, avec 79 minutes au compteur. 

* Disponible en combo DVD + BR ou DVD simple chez -> ELEPHANT FILMS <- 
- Un livret collector de photos du film par Alain Petit (16 pages)
- Le film par Eddy Moine
- Bande-annonce d’époque




VENDREDI 13 (1940)

VENDREDI 13
(Black Friday)

Réalisateur :  Arthur Lubin
Année : 1940
Scénario :  Curt Siodmak, Eric Taylor 
Pays : Etats-Unis
Genre : Policier, Epouvante
Interdiction : /
Avec : Bela Lugosi, Boris Karloff, Stanley Ridges, Anne Nagel, Anne Gwynne...


L'HISTOIRE : Le neurochirurgien Ernest Sovac va être exécuté sur la chaise électrique pour avoir abattu son meilleur ami, le professeur George Kingsley. Avant l'exécution de la sentence, il donne son recueil de notes à un journaliste pour expliquer son geste. Le reporter découvre alors la vérité : lorsque George Kingsley est fauché par une voiture conduite par le célèbre bandit Red Cannon, il sombre dans le coma et son pronostic vital laisse à désirer. Ernest Sovac va alors tenter dans la plus grande discrétion l'opération de la dernière chance : il greffe une partie du cerveau de Red Cannon sur celui de son ami. L'intervention est une réussite. Durant sa convalescence, le comportement de George Kingsley évolue de façon étrange. Sovac comprend que la partie du cerveau ayant appartenu à Red Cannon réagit et tente de s'imposer certaine fois. Une aubaine pour Sovac qui apprend que le gangster a caché une très importante somme d'argent avant son accident de voiture. Le scientifique va tenter de faire resurgir plus avant la personnalité de Red Cannon afin de découvrir où l'argent est caché...

MON AVIS : Après un âge d'or du cinéma fantastique dans les années 30, la Universal, qui nous a offert de purs bijoux avec Dracula (1931), Frankenstein (1931), La Momie (1932), L'Homme Invisible (1933), Le Chat Noir (1934), La Fiancée de Frankenstein (1935), Le Monstre de Londres (1935), Le Corbeau (1935) ou bien encore Le Fils de Frankenstein (1939) doit trouver une nouvelle recette pour faire perdurer son hégémonie dans le domaine durant les années 40. Consciente qu'elle ne parviendra plus à produire d'authentique chefs-d'oeuvre, la firme se lance dans la production de séries B moins luxueuses mais toujours aussi divertissantes et va multiplier les suites de ses titres phares. On ne compte plus les films mettant en vedette l'homme invisible, la momie, Dracula ou le monstre de Frankenstein. Le cas qui nous intéresse ici, à savoir le Vendredi 13 d'Arthur Lubin donc, est réellement à part en cette année 1940. Futur réalisateur du Fantôme de l'Opéra en 1943, Arthur Lubin prend le scénario concocté par Curt Siodmak et Eric Taylor, change l'attribution des rôles (Karloff devait jouer George Kinglsey / Red Cannon et Lugosi le chirurgien Sovac) et livre un film assez curieux, qui mêle épouvante, science-fiction et surtout polar. En effet, Vendredi 13 est avant tout un film policier, avec gangsters, règlements de comptes, bar mal famés avec femmes fatales et autre archétype du genre. L'élément fantastique intervient façon Docteur Jekyll et Mister Hyde : la dualité entre la personnalité du gentil George Kingsley et du méchant criminel Red Cannon est mise en avant à de multiples reprises au cours du film. Plus celui-ci avance, plus le côté Red Cannon prend le dessus, ce qui est retranscrit à l'écran par la transformation physique de George Kingsley en Red Cannon. Cela peut surprendre car les autres personnages sont censés avoir devant eux le visage et la silhouette de Kingsley mais nous, spectateur, voyons celle de Cannon (tous deux interprétés par le même acteur Stanley Ridges). Personnellement, j'aurai préféré que le réalisateur conserve l'apparence de George Kingsley tout en lui conférant le caractère violent de Cannon. Car on parle bien de greffe d'une partie du cerveau ici et non d'un sérum qui ferait s'opérer une transformation physique. Si la transformation physique dans Vendredi 13 est mise en place pour bien faire comprendre aux spectateurs que l'esprit du gangster prend le dessus sur la gentille personnalité de son hôte. Malheureusement, ça ne colle pas toujours car George Kinglsey est un vieux professeur un peu usé quand Red Cannon est bien plus jeune et vigoureux. Et la disproportion entre les deux physiques est flagrante que cela fait perdre en réalisme les scènes de bagarre. On a bien du mal à imaginer le corps de Kinglsey se livrant à un pugilat même si ledit corps est animé de la bestialité de Red Cannon. Bien sûr, à l'écran, on est en présence de Red Cannon. Personnellement, ça m'a fait un peu sortir du film et la mise en scène de Lubin aurait du se montrer plus rigoureuse et avoir recours à un autre procédé pour nous faire comprendre quelle personnalité dirige le corps de l'hôte. En ce qui concerne l'argument publicitaire du film, à savoir une nouvelle réunion entre Karloff et Lugosi, il tombe lui aussi à plat puisque à aucun moment les deux acteurs n'auront une séquence commune. Lugosi est relayé à un petit rôle secondaire et n'a pas beaucoup de temps de présence à l'écran. Karloff s'en sort nettement mieux et son magnétisme fait toujours effet. On appréciera que le thème de la dualité soit également présent au sein de ce personnage. Car au départ, le savant tente cette greffe pour sauver avant tout son meilleur ami et prouver que ses théories sur la greffe du cerveau sont justes. C'est à partir du moment où il apprend que le gangster à qui il a prélevé une partie du cerveau a caché un butin des plus intéressants que la face sombre du personnage intervient. La vénalité fait franchir à Ernest Sovac le côté obscur qui le mènera à sa perte. Sans être un classique de la Universal, et avec ses défauts mentionnés plus haut en ce qui me concerne, Vendredi 13 reste néanmoins tout à fait plaisant à regarder et l'imbrication des genres (voir même la non-imbrication des genres, tant le côté policier prédomine sur tout le reste) lui confère un aspect original qui tranche d'avec les autres productions de la firme. A découvrir...

* Disponible en DVD et combo DVD+BR chez ELEPHANT FILMS


LE CORBEAU

LE CORBEAU
(The Raven)

Réalisateur :  Lew Landers
Année : 1935
Scénario : David Boehm
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : Bela Lugosi, Boris Karloff, Irène Ware, Lester Matthews, Samuel S. Hinds...


L'HISTOIRE : Médecin réputé, le Dr. Vollin est appelé en urgence par le juge Tatcher afin de sauver sa fille Jean qui vient d'avoir un terrible accident de voiture. D'abord réticent, Vollin accepte. Une fois Jean hors de danger, une relation amicale naît entre la patiente et son praticien. Mais pour ce dernier, passionné par l'univers d'Edgar Allan Poe, cette amitié se transforme en véritable amour. Malheureusement, Jean est fiancée au docteur Halden. Petit à petit, Vollin sombre dans la folie. Quand Edmond Bateman, un meurtrier recherché par la police, vient lui demander de changer son visage, Vollin saisit l'occasion de mener à bien ses projets meurtriers : il défigure Bateman afin d'en faire son esclave et invite Jean, son fiancée, le juge Tatcher et quelques autres personnes à venir passer un week-end dans sa demeure. Il ordonne alors à Bateman de kidnapper le juge Tatcher, Jean et le docteur Halden afin de leur faire découvrir sa salle des tortures, inspirée par l'oeuvre de Poe...

MON AVIS :  La firme Universal peut se targuer d'avoir été une référence majeure dans le domaine de l'épouvante au cinéma dans les années 30 et 40. Si elle avait déjà touchée au genre à l'époque du cinéma muet, avec Le Fantôme de l'Opéra (1925) par exemple, c'est réellement à partir de 1931 qu'elle va produire les plus spécimens et ouvrir la voie à la célébration du monstre sur pellicule. En 1931, elle produit deux classiques, le Dracula de Tod Browning, avec Bela Lugosi dans le rôle du Comte vampire et le Frankenstein de James Whale, avec Boris Karloff dans le rôle de la créature. Ces deux acteurs allèrent devenir les deux premières superstars de l'épouvante cinématographique, si on excepte Lon Chaney à l'époque du muet. Il semblait évident que Lugosi et Karloff allaient être amenés à tourner ensemble et ce fût le cas dès 1934, avec Le Chat Noir. L'année suivante, ce sera donc dans Le Corbeau que les deux talentueux acteurs se rejoignirent à nouveau. Un film réalisé par Lew Landers, dont le vrai nom est Louis Friedlander et qui reste certainement l'oeuvre majeure de sa longue filmographie qui comprend tout de même 175 entrées. Petit film par la durée (1h seulement) mais grand par le plaisir qu'on éprouve à le visionner, Le Corbeau bénéficie d'une excellente prestation de Bela Lugosi, qui domine totalement le reste du casting avec ce personnage inquiétant vouant une admiration sans borne à Edgar Allan Poe, au point d'avoir recréé dans le sous-sol de sa demeure une chambre des tortures avec moult instruments de mort, dont le célèbre pendule, lame tranchante qui descend vers sa victime au rythme d'un balancier. L'acteur hongrois joue de son regard ténébreux sans en faire trop ("ah bon ?" diront certains !) et il est vraiment incroyable dans ce film. De toute façon, le côté théâtral de son jeu d'acteur est justement ce pour quoi on l'apprécie. C'est très certainement sa plus grande composition et il parvient à éclipser Boris Karloff, pourtant payé le double de son ami-rival ! On remarquera que Le Corbeau inverse le postulat du Chat Noir puisque dans ce dernier, c'était Karloff le méchant et Lugosi le gentil. Si la réalisation de Lew Landers est un peu académique et scolaire, il se dégage du film une vraie atmosphère macabre emprunte de sadisme bienvenue qui ravira les amateurs. La charmante actrice Irene Ware remplit parfaitement son rôle de jeune femme terrorisée quant Lester Matthews fait le job dans le rôle de son fiancé devant la sauver. Le maquillage de Karloff, hideusement défiguré, a certainement du impressionner les foules dans les années 30. Si son faux œil ne trompera personne aujourd'hui, l'acteur en impose toujours autant et c'est un vrai régal que de le voir à l'écran. De par sa courte durée et son rythme alerte, Le Corbeau n'ennuie jamais et parvient sans peine à tirer son épingle du jeu, notamment lors de séquences magistrales comme celle où Karloff découvre son nouveau visage monstrueux à travers plusieurs miroirs. Un très bon film du studio Universal.

* Disponible en COMBO DVD + BR et DVD simple chez ELEPHANT FILMS



ONE BODY TOO MANY

ONE BODY TOO MANY
(One Body Too Many)

Réalisateur : Frank McDonald
Année : 1944
Scénariste : Winston Miller, Maxwell Shane
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, épouvante
Interdiction : /
Avec : Jack Haley, Jean Parker, Bela Lugosi, Blanche Yurka, Douglas Fowley...


L'HISTOIRE : Alors qu'il se présente à la propriété de Cyrus J. Rutherford, l’assureur Albert Tuttle apprend que son richissime client vient juste de trépasser. Déjà tous dans la place, les héritiers potentiels attendent fébrilement la lecture du testament. Mais c’est une nuit de terreur qui les guette et Tuttle sera ballotté entre la nièce de Rutherford, des passages secrets, un cadavre mystérieusement volatilisé et plusieurs assassinats...

MON AVIS : Réalisé en 1944 par Frank McDonald, prolifique metteur en scène de séries B à petit budget (plus de 140 titres dans sa filmographie, dont de nombreux westerns), One Body Too Many est une comédie d'épouvante assez théâtrale, qui mélange vaudeville macabre, humour noir et comique de situation pour un résultat qui n'a rien d'exceptionnel mais qui reste assez agréable à regarder. D'une courte durée de 75 minutes environ, One Body Too Many ne laisse en effet pas le temps aux spectateurs de s'ennuyer. Ces derniers vont aller à la rencontre de l'assureur Albert Tuttle, interprété par la bonne bouille de Jack Haley, parfait dans ce rôle de personnage totalement couard, qui va prendre sur lui pour les beaux yeux de Carol, la nièce du richissime défunt (la charmante Jean Parker) et passer la soirée à veiller sur le cadavre de ce dernier afin qu'il ne lui arrive rien de fâcheux. Car le testament du mort est clair : il doit être enterré dans un cercueil de verre pour pouvoir admirer les étoiles et si son corps venait à disparaître ou à être enterré de façon traditionnelle, ceux qui devaient avoir la plus grosse part de l'héritage devraient l'échanger avec ceux qui devaient avoir la plus petite part. Inutile de dire que cette dernière volonté va semer discorde et convoitise parmi les divers héritiers et que cette nuit orageuse ne va pas être de tout repos. Ce n'est pas Albert Tuttle qui me contredira puisque notre gentil peureux au grand cœur va vivre une soirée follement agitée, alternant les situations rocambolesques avec d'autres plus stressantes. Jouant avec les codes du film de maisons hantées, le réalisateur Frank McDonald s'amuse comme un petit fou avec son décor et ses nombreux passages secrets permettant de se déplacer d'une pièce à une autre en toute discrétion. Une bonne aubaine pour le mystérieux tueur qui semble sévir dans les parages. Quel héritier pourrait bien être le coupable des divers assassinats qui viennent rythmer cette nuit d'épouvante ? Les assassins potentiels ne manquent pas, chacun ayant une raison d'éliminer son prochain (ah l'argent...) et on s'amusera avec Jack Haley et Jean Parker à tenter de le démasquer. On écartera d'emblée le domestique de la maison, campé par l'inquiétant Bela Lugosi, qui joue avec une certaine retenue ici. Ce serait en effet bien trop simple de lui avoir donné le rôle du meurtrier, même s'il passe pas mal de temps à vouloir offrir aux divers invités une tasse de café qui pourrait très bien avoir été empoissonné par ses soins, comme le laisse pensé une séquence au début du film. Ce gaga, répété encore et encore durant tout le film, est assez marrant et l'expression de visage de Lugosi, quand les invités refusent à chaque fois sa tasse de café, est à mourir de rire. Le célèbre acteur hongrois, qu'on ne présente plus, n'a qu'un petit rôle secondaire dans One Body Too Many mais c'est toujours un réel plaisir que de le voir à l'écran. Si l'aspect comédie est de toutes les scènes dans le film de McDonald, l'épouvante vient tout de même s'offrir quelques passages éclair de bonne tenue, comme lorsque deux mains surgissent de la pénombre et s'approchent dangereusement du cou du pauvre assureur ou qu'un lugubre trio transporte le cercueil du défunt sous une pluie battante et tente de le faire disparaître en l'immergeant dans un bassin. Une très jolie séquence d'ailleurs, dans lequel un petit poisson fera une bien étrange rencontre au beau milieu de son élément aquatique. Bénéficiant d'un final au rythme des plus alertes, qui enchaînent les situations extravagantes avec une belle générosité, One Body Too Many tire son épingle du jeu de part cette générosité justement, et son casting savoureux. On se croirait presque dans un Laurel et Hardy au final. A noter que l'acteur Jack Haley est surtout connu pour avoir été le célèbre "homme de fer", compagnon de Dorothy dans le classique de 1939 : Le Magicien d'Oz. On passe donc un bon moment avec One Body Too Many, petit film sans le sou mais qui comble son manque de budget par une mise en scène enjouée, théâtrale comme déjà dit (la majorité des "old dark house" de l'époque proviennent de pièces de théâtre, ce qui explique ce fait) et par des tas de rebondissements comiques qui font souvent mouches. A découvrir pour les nostalgiques.

* Disponible en DVD (copie non remasterisée et assez usée - VOSTF) chez HANTIK FILMS

NOTE : 4/6


THE MYSTERIOUS MR. WONG

THE MYSTERIOUS MR. WONG
(The Mysterious Mr. Wong)


Réalisateur : William Nigh
Année : 1934
Scénariste : Nina Howatt
Pays : Etats-Unis
Genre : Policier
Interdiction : /
Avec : Bela Lugosi, Wallace Ford, Arline Judge, Lotus Long, E. Alyn Warren


L'HISTOIRE : Des crimes sont commis dans Chinatown. Ils sont l'oeuvre du diabolique Mr. Wong, qui veut s'emparer de 12 pièces d'or qui lui permettraient de devenir le souverain de Keelat. Il ne lui en manque plus qu'une pour parvenir à ses fins. Le journaliste Jason H. Barton est envoyé à Chinatown pour rédiger un papier sur ces meurtres mystérieux. Son enquête va l'amener à rencontrer l'intriguant Li See, un herboriste réputé qui n'est autre que Mr. Wong...

MON AVIS : Banal film policier dont le principal intérêt est la double composition de Bela Lugosi. Incarnant tour à tour le gentil mais rusé Li See ou bien le tyrannique et sadique Mr. Wong, l'acteur hongrois s'en sort plutôt bien, notamment en tant que Mr. Wong, personnage qui n'est pas sans rappeler le fameux Fu Manchu, et qui, lui aussi, s'adonne à la torture dans une salle secrète dédiée aux sévices corporels. Mais on est quand même bien loin de sa prestation dans le Dracula de Tod Browning. Wallace Ford, dans le rôle du journaliste, en fait des tonnes et cabotine à n'en plus finir, apportant une touche comique à son personnage mais ne parvient guère à lui donner de l'épaisseur. La réalisation de William Nigh est assez plate et le réalisateur aux 121 films peine à insuffler un quelconque rythme à son oeuvre, qui se laisse suivre tranquillement, mais ne réussit jamais à réellement convaincre ou à nous intéresser plus que ça. The Mystérious Mr. Wong est un film plus que mineur qui ne laissera guère de trace dans notre mémoire une fois visionné. A noter que ce film n'entretient aucun rapport avec la série des Mr. Wong, mettant en vedette Boris Karloff

NOTE : 2/6



VOODOO MAN

VOODOO MAN


Réalisateur : William Beaudine
Année : 1944
Scénariste : Robert Charles
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : Bela Lugosi, John Carradine, George Zucco, Wanda McKay, Louise Currie, Tod Andrews, Ellen Hall


L'HISTOIRE : Le docteur Richard Marlowe garde depuis 22 ans le corps intact de sa femme, qui est plongée dans une sorte de coma catatonique. Avec l'aide d'un ami expert dans les rituels vaudou, le docteur Marlowe, bénéficiant d'un don d'hypnotiseur, enlève de jeunes femmes égarées et tente de transférer leur part de vie dans le corps de son épouse afin de la faire revivre... 

MON AVIS : Réalisé par le prolifique William Beaudine (366 films à son actif, de 1915 à 1979 !), Voodoo Man vaut principalement pour la présence de Bela Lugosi au générique, car il faut bien reconnaître que le film en lui-même est des plus laborieux. Produit par la firme Monogram, Voodoo Man est une petite série B sans budget qui donne à Lugosi la possibilité de s'exprimer à nouveau dans le rôle d'un savant fou, avec regard hyper-expressif et attitude théâtrale, notamment lors des séquences où il hypnotise ses victimes. Son personnage n'apparaît pourtant pas comme étant antipathique puisque ses actes lui sont dictés par l'amour fou qu'il a envers sa femme. Malheureusement, le traitement de William Beaudine n'est pas très dynamique et les scènes se répètent encore et encore, avec la victime qui roule en voiture, prend la déviation truquée mise en place par les sbires du docteur Marlowe et devient l'élément capital des rites vaudou pratiqués par son collaborateur. Avec sa courte durée d'une heure, Voodoo Man parvient à devenir lassant et n'est guère captivant, s'essayant à l'humour, avec le personnage de John Carradine qui cabotine à mort, humour qui tombe souvent à plat et ne parvient pas à relever l'intérêt. Bref, une oeuvre qui ne marquera pas les esprits, notre seul plaisir étant de voir Bela Lugosi à l'écran. 

NOTE : 2/6