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LA SORCIERE SANGLANTE

 

LA SORCIERE SANGLANTE
(I lunghi capelli della morte)

Réalisateur : Antonio Margheriti
Année : 1964
Scénariste Tonino Valerii, Antonio Margheriti
Pays : Italie
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : Barbara Steele, George Ardisson, Halina Zalewska, Umberto Raho... 


L'HISTOIRE Au XVIe siècle, Adèle Karnstein est condamnée au bûcher, accusée d’avoir tué le comte Franz. Sa fille aînée, Helen, tente de la sauver en accordant ses faveurs au comte Humboldt, en vain. Avant de mourir, devant les yeux de sa plus jeune fille, Elizabeth, Adèle lance une terrible malédiction...

MON AVIS : Si on cite généralement Mario Bava en tête de liste de l'épouvante à l'italienne, il ne faudrait pas sous-estimé son compatriote Antonio Margheriti, qui nous a offert lui aussi des pièces majeures dans ce genre, de véritables classiques à la beauté esthétique hallucinante. Ayant débuté par la science-fiction au début des années 60 avec Le Vainqueur de l'espace et La Planète des Hommes Perdus, c'est véritablement avec l'épouvante gothique que Margheriti se fait une place au sein des meilleurs réalisateurs du genre. En 1963, c'est La Vierge de Nuremberg. En 1964, il réalise son chef-d'oeuvre, Danse Macabre, avec Barbara Steele, qu'il retrouve la même année avec La Sorcière Sanglante, autre film à mettre sur un podium et dont on va parler aujourd'hui. Il reviencra à l'épouvante en 1971 avec Les Fantômes de Hurlevent, avec Klaus Kinski et Michelle Mercier. Avec La Sorcière Sanglante, Antonio Margheriti offre au spectateur une sorte de best-of de tout ce qui donne son attrait au genre : femme accusé de sorcellerie condamnée au bûcher qui lancera une malédiction sur ses bourreaux ; morts brutales qui entraîneront une vengeance ; Immense château aux nombreux dédales de couloirs, escaliers en colimaçon et passage secret ; scène dans une crypte ; torture psychologique ; adultère ; présence de la religion ; spectre vengeur ; machination et complot pour se débarrasser de protagonistes génants ; personnages dont l'âme est torturée ; scènes éclairées à la bougie ; ambiance macabre ; Barbara Steele à la beauté ténébreuse et j'en passe. Tout, asbolument tout est réuni pour faire de La Sorcière Sanglante un pur classique, ce qu'il est, définitivement. La mise en scène, le placement de la caméra, la musique, l'atmosphère dramatique qui bifurque dans la folie, le casting impeccable, le scénario et la progession des événements, tout est au diapason pour hisser ce film à un très haut niveau d'exigence. Barbara Steele est incroyable dans ce film, comme souvent me direz-vous, mais ce qui est intéressant, c'est qu'on en arrive à oublier que son motif est la vengeance, on finit par la considérer comme un personnage à part entière, qui se fourvoie elle aussi dans la trahison au contact du vil baron Kurt, superbement interprété lui aussi par un George Ardisson impérial. On a aussi le plaisir d'avoir au générique deux beautés brunes, Barbara bien sûr mais aussi Halina Zalewska, qui joue Elizabeth, fille de la prétendue sorcière brûlée vive au début du film. La vie d'Elizabeth n'a rien d'enviable : elle a vu sa mère mourir sous ses yeux quand elle était enfant, et le cruel baron Kurt en a fait son épouse malgré elle. L'arrivée de Barabara Steele au château va encore plus plonger la jeune femme dans le tourment, puisque son mari imposé va tomber sous le charme de Barbara et donc vouloir l'éliminer pour avoir le champ libre. Cette notion de fatalité, on la ressent tout au long du déroulement de La Sorcière Sanglante, film éminemment pessimiste qui ne reflète guère la joie de vivre. Outre les violences conjugales, tout le film est placé sous le signe de la désolation, aussi bien physique que mentale, de la cruauté et de la mort. On a souvent dit que Lucio Fulci était le poète du macabre. Il est temps de réhabiliter Antonio Margheriti à ce sujet car La Sorcière Sanglante est un authentique poème mortuaire. Il serait assez hallucinant de dénombrer les images ayant trait à la mort dans ce film où tout n'est que noirceur et ôde à la Grande Faucheuse, l'imagerie macabre étant élevée ici au rang d'art pictural, associé à une magnifique photographie due à Riccardo Pallotini. Je ne vais pas m'étendre davantage sur La Sorcière Sanglante. Nous sommes ici en présence d'un film majeur et incontournable du cinéma d'épouvante gothique à l'italienne, rien que ça. Vision obligatoire et hautement recommandée ! 

* Disponible en combo DVD + BR chez Artus Films  
Bonus : 
- Présentation du film par Nicolas Stanzick
- Entretien avec Ernesto Gastaldi
- Générique anglais
- Diaporama d’affiches et photos
- Films-annonces originaux
* Exclusivité BluRay : reprise des bonus 2006
Entretien avec Edoardo Margheriti
- Mon ami Nini, par Luigi Cozzi
- Antonio Margheriti, par Alain Petit
- La sorcellerie, culte des ancêtres et des forces de la nature, par Anne Ferlat


L'ENFER EN QUATRIÈME VITESSE

 

L'ENFER EN QUATRIÈME VITESSE
(Car Crash / Thunder Run : Le Contrat)

Réalisateur : Antonio Margheriti
Année : 1981
Scénariste : Massimo De Rita, Concha Espina
Pays : Italie, Espagne, Mexique
Genre : Action
Interdiction : /
Avec : Joey Travolta, Vittorio Mezzogiorno, Ana Obregón, Ricardo Palacios...

L'HISTOIRE : Paul est pilote de course et avec son ami Nick, expert en mécanique, il participe à de nombreuses courses dont il sort rarement perdant. Alors qu'il doit accepter de perdre lors d'une course truquée, il refuse au dernier moment et se met à dos la mafia du milieu, qui les prend en chasse et détruit la voiture de course de Paul. Ne se laissant pas intimider et ayant pour objectif de participer à la "course noire", une épreuve interdite où le gagnant doit être le dernier survivant en piste, Paul s'enfuit avec Nick au Mexique afin de rendre visite à l'un de leurs amis qui pourra leur fournir une nouvelle voiture de course. Ils font connaissance en chemin avec la belle Janice, spécialisée en achat de poterie ancienne. Celle-ci semble également avoir un contrat mafieux sur sa tête et les deux amis vont lui venir en aide...

MON AVIS : Véritable touche-à-tout, Antonio Margheriti a œuvré dans quasiment tous les genres du cinéma Bis depuis ses débuts en 1960. On le retrouve en 1981 aux commandes de ce Car Crash, rebaptisé en France L'Enfer en quatrième Vitesse et sortit en VHS sous le titre de Thunder Run - Le Contrat ! Un film d'action donc, à base de courses de voitures, de poursuites motorisées endiablées et de compétition de type Nascar, le tout saupoudré d'une touche de Buddy Movie et d'une dose d'humour. Il est amusant de voir qu'en cette même année 1981 est sortit L'équipée du Cannonball ! Comme on peut le voir sur l'affiche ci-dessus, la partie cascade a été coordonnée par notre Remy Julienne national et on peut dire qu'il a fait du bon boulot ici. Les nombreuses scènes de poursuites sont réglées au millimètre près, les pneus crissent, dérapent, les voitures sont au coude-à-coude, ça s'entrechoque, ça se dépasse, il y a de la tôle froissée et la caméra assure le job, filmant au plus près pour nous placer au cœur de l'action. La séquence finale, lors de la "course noire", m'a un peu rappelé le jeu Destruction Derby 2 et c'était très sympa. Le film suit donc les aventures de deux amis, Paul (Joey Travolta) et Nick (Vittorio Mezzogiorno) qui se voient pris à partie par la mafia pour avoir refusé de perdre lors d'une course truquée. Le film prend alors des allures de road movie, les deux compagnons devant se rendre au Mexique pour récupérer une nouvelle voiture de course, tout en évitant de se faire passer à tabac par les hommes de main du caïd Eli Wronsky (Ricardo Palacios). Le début du film manque un peu de tonus mais il se rattrape bien par la suite pour laisser place à un divertissement plutôt sympa, avec pas mal d'humour, de la romance avec le personnage de Janice (Ana Obregón), des rebondissements, des bagarres et j'en passe. J'avais lu sur un forum que ce film était mou du genou et qu'on s'y ennuyait beaucoup. Bah franchement, sans être le film d'action du siècle (on sait tous que c'est Mad Max Fury Road ! ^^), L'Enfer en Quatrième Vitesse se laisse regarder sans ennui au contraire et  on a même l'impression de passer du bon temps avec les frères Duke de Shérif fais-moi Peur ! A noter que parfois, Antonio Margheriti a recours à des maquettes lors de certaines séquences à cascades et qu'il les a lui-même mises en scène ! Un p'tit film pas déplaisant ! 


 

LES DIABLESSES

LES DIABLESSES
(La morte negli occhi del gatto / Seven Dead in the Cat's Eye)

Réalisateur : Antonio Margheriti 
Année : 1973
Scénariste : Antonio Margheriti, Giovanni Simonelli
Pays : Italie, France, Allemagne
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Jane Birkin, Hiram Keller, Françoise Christophe, Venantino Venantini, Doris Kunstmann...


L'HISTOIRE : La jeune Corringa retourne dans la demeure familiale des MacGrieff, un imposant château qui est source de discordes et de convoitises parmi les occupants. Lorsque des meurtres sont commis au sein de la demeure, l'histoire de la malédiction ancestrale à base de vampirisme refait surface. Le meurtrier est-il humain ou est-ce réellement une créature de la nuit légendaire ? Corringa, avec l'aide de son cousin, l'étrange Lord James MacGrieff, va mener son enquête, sous l’œil inquiétant du chat de Lady Mary...

MON AVIS : Jane Birkin et Serge Gainsbourg dans un film d'Antonio Margheriti, tout un programme ! Si le célèbre fumeur de gitanes n'apparaît pas beaucoup à l'écran, interprétant l'inspecteur de police tentant d'éclaircir cette obscure affaire de meurtres, il n'en va pas de même pour Jane Birkin puisqu'elle est l'héroïne principale des Diablesses, film datant de 1973 et dont on a un peu de mal à comprendre le titre français qui, à l'instar de son affiche française, ne représente pas vraiment le contenu que Margheriti va nous proposer. Le distributeur français de l'époque a-t-il voulu faire passer ce film d'épouvante gothique pour une oeuvre érotique, comme le suggère ces deux corps féminins dévêtus ainsi que la photo de Jane Birkin et de Doris Kunstmann qui laisserait à penser que les deux demoiselles pourraient avoir une relation lesbienne ? Toujours est-il que Les Diablesses n'a rien d'érotique et qu'il ne joue pas du tout dans ce registre. Le titre original, La morte negli occhi del gatto (la mort dans les yeux du chat) est bien plus réaliste puisque, effectivement, le chat de la châtelaine sera présent lors des différentes morts qui vont venir frapper les habitants du château. Un titre qui évoque le giallo évidemment, et notamment "la trilogie animale" de Dario Argento entre autres. Ça tombe bien puisque des éléments du giallo vont venir s'immiscer dans l'ambiance d'épouvante gothique du film. Pas assez pour en faire un véritable giallo, c'est sûr, mais les amateurs seront en territoire connu. Une chose est claire en tout cas : Antonio Margheriti est vraiment doué dans le registre de l'épouvante gothique, il l'a déjà prouvé avec des perles vénéneuses comme La Vierge de Nuremberg, La Sorcière Sanglante ou Danse Macabre par exemple. Même si Les Diablesses n'est pas du calibre des films précités, on passe un bon moment au sein de ce château lugubre et en compagnie de ses divers résidents, dont notre fameux chat. Antonio Margheriti et le scénariste Giovanni Simonelli ont sûrement voulu rendre un petit hommage à Edgar Allan Poe puisque la présence du petit animal miauleur nous rappelle la nouvelle Le Chat Noir. Mais ce n'est pas tout ! Le cousin de Corringa, Lord James MacGrieff, un jeune dandy irrespectueux qui aurait assassiné sa sœur lorsqu'il était enfant, possède une sorte de gorille enfermé dans une cage dans sa chambre. Serait-il possible que cet animal exotique soit l'assassin, comme dans la nouvelle Double assassinat dans la rue Morgue ? Tout est possible, même si la main ganté adepte du rasoir semble plutôt d'origine humaine. Les coupables possibles sont légion, que ce soit la sœur de Lady Mary, la ravissante professeur de français (Doris Kunstmann), son amant qui n'hésites pas à faire la cour à plusieurs femmes en même temps (l'élégant Anton Diffring), Lord James qui semble un brin atteint mentalement ou bien le prêtre ? Margheriti entretient le suspense, provoque des frayeurs chez son héroïne, amplifie les complots apparents qui se trament entre les protagonistes, ne se soucie pas trop du réalisme de l'ensemble (Jane Birkin découvre le cadavre rongé par les rats que les spectateurs ont déjà vu lors de la scène d'introduction et ne semble pas s'en soucier, n'alertant même pas la police de cette macabre découverte) et filme le tout avec classe, sans grande originalité certes, mais avec suffisamment de style pour que ça passe. Les Diablesses peut apparaître un peu en dehors de son temps, rappelons que nous sommes en 1973 et que l'épouvante gothique touche à sa fin, remplacé par les horreurs ultra-réalistes de Wes Craven (La dernière maison sur la gauche), de William Friedkin (L'Exorciste) ou de Tobe Hooper (Massacre à la Tronçonneuse). Reste alors une ambiance d'étrangeté que les nostalgiques ou les fans de cinéma gothique apprécieront à sa juste valeur, conscient que le chant du cygne de l'épouvante gothique est arrivé. Pas de quoi bouder son plaisir en tout cas.

* Disponible en DVD chez CINE2GENRE

NOTE : 4/6




ET LE VENT APPORTA LA VIOLENCE

ET LE VENT APPORTA LA VIOLENCE
(E Dio disse a Caino...)

Réalisateur : Antonio Margheriti
Année : 1970
Scénariste : Giovanni Addessi, Antonio Margheriti
Pays : Italie, Allemagne
Genre : Western
Interdiction : -12 ans
Avec : Klaus Kinski, Peter Carsten, Marcella Michelangeli, Antonio Cantafora, Giuliano Raffaelli...


L'HISTOIRE : Après avoir passé dix ans de sa vie à casser des cailloux dans un pénitencier, Gary Hamilton se voit gracier grâce à son passif militaire. Sa liberté retrouvée, il n'a plus qu'une seule obsession : retrouver le tyrannique Acombar, responsable de son emprisonnement pour un vol et un crime qu'il n'a pas commis et assouvir sa vengeance. Prévenu par son fils du retour d'Hamilton, Acombar charge sa milice de l'arrêter aux portes de la ville, alors qu'une violente tempête s'annonce...

MON AVIS : On le sait, faire tourner Klaus Kinski n'est pas une mince affaire, le comportement violent et colérique de l'acteur sur les plateaux n'étant pas une légende. Choisissant ses rôles avec soin, Kinski a toutefois accepté à diverses reprises d'apparaître dans des films d'Antonio Margheriti, parfois dans de simples seconds rôles. Pourquoi une telle gentillesse envers ce réalisateur italien ? Tout simplement parce que Klaus Kinski a fortement apprécié que Margheriti lui ait offert un rôle de "gentil" dans Et le Vent apporta la Violence ! Il est effectivement rare de voir Kinski du bon côté de la Force, son physique et sa folie lui attribuant plutôt des rôles de salauds. Avec Et le Vent apporta la Violence, il interprète la victime d'une machination l'ayant envoyé dix ans en prison casser des cailloux sous un soleil ardent. De quoi ruminer et préparer une vengeance mûrement réfléchie. Libéré par grâce présidentielle, le personnage de Gary Hamilton va devenir un ange rédempteur et vengeur, n'ayant aucune pitié pour ceux qui lui ont volé des années de sa vie. La violence du titre est donc double : violence de la tempête qui arrive et violence des nombreuses tueries perpétrées par Klaus Kinski, fin tireur qui ne manque jamais sa cible. Si le début du film se passe en plein jour, la majorité de l'action de ce western se déroule de nuit, lui conférant alors une ambiance propre au film d'épouvante gothique : cloche d'une église qui sonne quand on ne l'attend pas, passages secrets et souterrains permettant à Kinski d'exécuter ses ennemis tel un fantôme, secret de famille, villa éclairée à la bougie, miroirs à gogo, flammes évoquant l'Enfer, prêtre qui joue de l'orgue, autant d'aspects significatifs auxquels il faut donc ajouter les éléments climatiques qui se déchaînent à l'extérieur, avec vent, pluie et ténèbres qui s'abattent sur la ville. Même si la mise en scène manque parfois d'ampleur, impossible de ne pas tomber sous le charme de cette ambiance baroque qui donne tout son charme et son originalité au film. Avec peu de budget, Antonio Margheriti a réussi à passer outre l'aspect financier pour apporter à ce film une touche personnelle qui en fait un western un peu hors-norme. Vraiment très intéressant...

NOTE : 4/6


NOM DE CODE : OIES SAUVAGES

NOM DE CODE : OIES SAUVAGES
(Geheimcode Wildgänse)

Réalisateur : Antonio Margheriti
Année : 1984
Scénariste : Michael Lester
Pays : Italie, Allemagne
Genre : Guerre
Interdiction : /
Avec : Lewis Collins, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Klaus Kinski, Mimsy Farmer..


L'HISTOIRE : Un milliardaire vivant à Hong Kong recrute une troupe de mercenaires pour démanteler un réseau de trafiquants de drogue dans le Triangle d’Or asiatique. Le commando s’entraîne durement et lance enfin l’opération. Alors que la mission débute avec succès, les Oies Sauvages vont se trouver face à une véritable milice paramilitaire aux ordres du cartel...

MON AVIS : Péplum, science-fiction, western, épouvante gothique, film pour enfant, comédie, espionnage, aventure, polar, horreur, Antonio Margheriti s'est illustré dans quasiment tous les genres en tant que réalisateur, avec le succès qu'on lui connaît. Ce touche-à-tout, passionné par le domaine des effets-spéciaux, s'est même essayé au film de guerre avec, entre autre, ce Nom de Code : Oies Sauvages datant de 1984 et qui réunit un beau casting : Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Klaus Kinski ou Mimsy Farmer, excusez du peu ! Bon, ok, Ernest Borgnine fait plus de la figuration qu'autre chose et Klaus Kinski ne prend les armes et la tenue militaire qu'à la fin du film mais ce n'est pas grave. Parce qu'Antonio Margheriti connaît son job et vu qu'il adore faire exploser les décors, il y va de bon cœur pour notre plus grande joie. Nom de Code : Oies Sauvages est un pur film de guerre et d'action 80's, avec Lewis Collins en capitaine d'une équipe de choc, durement entraînée (voir la séquence d'introduction) et prête à tout pour empocher quelques billets verts. Le danger ne fait peur à aucun des membres des mercenaires, que ce soit des champs de mines ou des milices lourdement armées. Seul la réussite de la mission compte à leurs yeux. Comportant très peu de temps morts, Nom de Code : Oies Sauvages met l'action en première ligne de feu et une fois la mission débutée en territoire hostile, les tirs de mitrailleuses et les explosions n'arrêtent plus. Auparavant, on aura eu droit à une course poursuite assez délirante, façon Mad Mission, avec des véhicules qui virevoltent sur les murs pour éviter les obstacles, le tout à base de petites voitures miniatures ! Dans la jungle, les mercenaires seront aidés par une poignées de chinois en guerre contre le vil général Khan, un être odieux qui n'hésitera pas à crucifier un prêtre pour obtenir des informations sur les oies sauvages. Quelques petites effusions de gore s'inviteront à la fête, ce qui n'est pas pour me déplaire. Lee Van Cleef assure le minimum syndical, jouant un pilote d'hélicoptère chevronné, portant un chapeau de cow-boy (sympa le clin d'oeil) et qui se permettra de draguer ouvertement la seule femme du film, à savoir l'actrice Mimsy Farmer, qui interprète ici une otage un peu rebelle. Comme déjà évoqué, le film nous tient éveillé en faisant tout sauter sur son passage, que ce soit à coups de grenades, de baril d'essence ou de C4. Margheriti se fait plaisir et se permet même une séquence ultra jouissive, dans laquelle il équipe un hélicoptère d'un... lance-flammes ! Ne manque plus que Charles Bronson aux commandes ! Klaus Kinski débarquera vers la fin arme à la main et nous gratifiera d'une prestation excessive comme on les aime lors de sa mort au milieu des flammes. Spectacle hautement divertissant sans prise de tête, Nom de Code : Oies Sauvages n'est pas le film de guerre du siècle mais il remplit son contrat avec honnêteté, dépayse, propose une mise en scène de qualité, un casting des plus sympathiques et de l'action 80's en pagaille, dont quelques scènes très réussies. Pas de quoi bouder son plaisir en somme !

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS 

NOTE : 4/6



CONTRONATURA

CONTRONATURA
(Schreie in der Nacht / The Unnaturals)

Réalisateur : Antonio Margheriti
Année : 1969
Scénariste : Antonio Margheriti 
Pays : Italie, Allemagne
Genre : Epouvante, Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Joachim Fuchsberger, Marianne Koch, Helga Anders, Gudrun Schmidt, Giuliano Raffaelli...



L'HISTOIRE : Dans les années 20. Archibald Barrett, un riche homme d'affaire, accompagné de sa compagne Margareth et de son secrétaire Alfred, de son avocat et son épouse Ben et Vivian Taylor, se rend à Brighton afin de traiter d'une affaire délicate. Durant le chemin, la voiture qui les emmène à destination s'embourbe suite à un violent orage. Les cinq compagnons trouvent refuge dans une étrange maison. Uriat, le propriétaire, leur présente sa mère, qui reste figée à une table. Il leur explique que sa mère faisait une séance de spiritisme et que la chaîne a été rompue, la laissant figé dans "l'autre-monde". Uriat propose à Archibald Barrett et Ben Taylor de recréer une chaîne car sa mère semble être en contact avec l'âme d'une personne qui les connaît bien et qui semble réclamer vengeance...

MON AVIS : La découverte d'un film d'Antonio Margheriti est toujours un moment excitant pour moi car j'aime beaucoup ce prolifique réalisateur italien, véritable touche-à-tout ayant œuvré dans divers genres et qui a offert au cinéma d'épouvante ou d'horreur quelques classiques majeurs, tels Danse Macabre, La Vierge de Nuremberg ou Pulsions Cannibales par exemple. Avec Contronatura, film inédit en France, Margheriti mélange avec brio ambiance policière, érotisme léger et codes du film d'épouvante gothique. Le film se focalise essentiellement sur cinq protagonistes qui ont tous l'air d'avoir des choses à cacher ou qui n'ont pas l'air très "sain". Notre impression se révélera d'ailleurs corroborée par les faits et le comportements des personnages. On note par exemple une attirance palpable entre Vivian et la belle Margareth, cette dernière n'hésitant pas à tromper son mari avec Alfred, le secrétaire. On sent qu'un lourd secret pèse sur Archibaled Barrett et son avocat mais on ne sait pas de quoi il s'agit. En clair, il n'y a pas de "héros" dans Contronatura mais un ensemble de protagonistes ambigus et clairement passés dans le côté obscur de la force. La reconstitution de l'ambiance des années 20 est admirablement retranscrite par Margheriti et ce, dès le début du film, avec de très beaux décors et costumes. On s'attend presque à voir débarquer Gatsby le Magnifique dans la salle de jeux. La mise en scène est élégante et particulièrement raffinée et on sent que le réalisateur s'est investit et que ce film lui tient à cœur. On notera d'ailleurs que Contronatura est réalisé, scénarisé et produit par Antonio Margheriti. Le film bifurque dans une atmosphère fantastique et angoissante dès que les cinq protagonistes pénètrent à l'intérieur d'une lugubre demeure dans laquelle de nombreux animaux empaillés servent d'ornements muraux. On retrouve ce qui fait la qualité du cinéma d'épouvante gothique mais de manière originale puisque le film devient un huis clos intense. Pas de déambulations dans de long corridors, pas de passages secrets, pas de monstre hideux caché dans les sous-sols. Non, Contronatura éparpille les références et les codes du genre gothique autour d'une table tout simplement, dans la confrontation entre nos anti-héros et une vieille dame spirite qui va les malmener et leur rappeler leurs sombres passés. Chaque personnage va avoir droit à son flashback afin qu'on en apprenne plus sur lui et sur le rôle qu'il aurait joué dans un double-meurtre sordide que tous essaient d'oublier. A bien des égards, Contronatura préfigure le genre du giallo, non pas par ses meurtres ou sa violence graphique, totalement absente ici, mais par la façon dont il met l'accent sur la gestion des personnages, sur leur comportement ou leur déviance sexuelle (le thème du lesbianisme est très présent dans ce film, avec quelques scènes d'érotisme subtil et lascif). Contronatura peut également se rattacher au courant des films dits "de machination", le pot aux roses étant dévoilé lors d'un final généralement tendu et stressant. Ce sera bien le cas ici, avec un châtiment plutôt humide, spectaculaire et bien trouvé. On a réellement affaire à une oeuvre très intéressante d'Antonio Margheriti, qui peaufine chaque détail, chaque pièce de son puzzle et leur offre un écrin visuel splendide, recherché et délicat, l'ambiance aristocratique disséminée via les protagonistes (costumes tirés à quatre épingles, vanité, jalousie, soif de pouvoir et d'argent) ajoutant à mettre en valeur les divers éléments composant le scénario manipulateur. Une pièce majeure de la filmographie d'Antonio Margheriti à n'en point douter, envoûtante et fascinante !

* Disponible en DVD chez Artus Films

NOTE : 5/6




OPÉRATION GOLDMAN

OPÉRATION GOLDMAN
(Operazione Goldman / Lightning Bolt)

Réalisateur : Antonio Margheriti 
Année : 1966
Scénariste : José Antonio de la Loma, Ernesto Gastaldi
Pays : Italie, Espagne
Genre : Espionnage
Interdiction : /
Avec : Anthony Eisley, Wandisa Guida, Diana Lorys, Francisco Sanz, Folco Lulli...


L'HISTOIRE : A Cap Kennedy, les essais de lancement d’une station sur la Lune échouent mystérieusement. Inquiète des répercussions sur le plan international, la section secrète de la CIA envoie l’agent Harry Senneth enquêter. Plus connu sous le nom de Goldman, l’agent secret disposant d’un crédit illimité auprès de la banque fédérale, commence par en savoir plus sur l’étrange disparition du savant Rooney. Épaulé par la très sexy capitaine Flanagan, Goldman va alors affronter Rehte, le chef d'une organisation fomentant une domination mondiale...

MON AVIS : Après le succès planétaire de James Bond contre Dr. No en 1962 puis de Bons Baisers de Russie et Goldfinger, le cinéma d'espionnage voit son intérêt revu à la hausse vis à vis du public et on ne compte plus les longs métrages mettant en scène des agents secrets durant les 60's, à l'image de Francis Coplan, Harry Palmer, Bob Fleming ou de OSS 117 par exemple. Les Italiens n'étant jamais les derniers à surfer sur le succès des productions américaines et ce, quelque soit le genre, ils s'engouffrèrent évidemment dans cette voie du film d'espionnage, à travers de nombreuses coproductions. Antonio Margheriti, qu'on ne présente plus, en réalisa deux en 1966 : A 077 défie les tueurs et Opération Goldman. Pour ce dernier, il a recours au célèbre chanteur Jean-Jacques Goldman et... bon, désolé, j'avais trop envie de la faire celle là même si elle est nulle. Non, en fait, il n'y a aucune explication au titre du film puisque le héros s'appelle Harry Senneth et qu'il n'est jamais fait mention d'une quelconque "opération Goldman" dans le film. Le plus plausible reste que ce nom de "Goldman" fait allusion aux moyens financiers illimités dont dispose notre agent secret, qui est donc riche à foison, signant des chèques d'une valeur d'un million de dollars sans aucun soucis, tant que ses dépenses servent à mener à bien les missions que sa supérieure hiérarchique, interprétée par Diana Lorys, lui confie. Le début du film fait dans le film d'espionnage classique et on s'inquiète un peu de ce qui va suivre car il faut bien reconnaître que l'acteur principal, Anthony Eisley, est très loin de posséder le charisme de Sean Connery. Le réalisateur maintient un certain suspense concernant le méchant du film puisqu'on n'entendra que sa voix ou ne verra que sa main derrière un pupitre bardé de boutons. On a repéré par contre une très jolie blondinette (Wandisa Guida) qui semble surveiller de près Harry Senneth. Jouant avec les clichés de l'agent secret tombeur de ces dames ainsi qu'avec les "gadgets" (montre qui fait compteur Geiger, pistolet à eau envoyant du vitriol...), Antonio Margheriti prend de l'assurance au fur et à mesure que l'intrigue avance et les mésaventures de son héros deviennent peu à peu plus entraînantes, plus rocambolesques. La séquence dans laquelle il est piégée dans un silo qui n'en est pas un avec sa supérieure et que ce dernier commence à se remplir d'eau reste du domaine du déjà-vu mais la mise en scène et le rythme font qu'on y prend un réel plaisir. La suite embrayera sans tarder et Margheriti se lâche avec de multiples explosions, utilisation de maquettes (la voiture rouge du héros qui s'avance vers la zone de décollage d'une fusée pour tenter de la stopper !) et autres réjouissances qui donnent son rythme de croisière à l'aventure. Les décors sont bien travaillés, le jeu de couleur également et l'ensemble aborde une tonalité "kitsch" qui lui sied à ravir. Après un début un peu pompeux, on est cette fois totalement embarqué avec notre héros et on suit avec entrain sa mission, en ayant hâte de rencontrer le méchant de l'histoire. Cette fameuse rencontre donne lieu à la meilleure partie du film puisqu'elle se situe dans... une cité sous-marine ! Opération Goldman prend alors des allures de film de science-fiction puisque le génie du Mal ici présent ne veut ni plus ni moins que devenir le maître du Monde ! Pour ce faire, il a dans l'idée d'installer un rayon laser sur la lune, rayon qui menacera les villes du monde entier et qui sera actionné sur son bon vouloir ! Les décors de l'intérieur de la cité jouent très bien avec cet aspect "S-F vintage" et raviront les amateurs. Cerise sur le gâteau, le méchant possède une salle de cryogénisation et conserve pas mal de victimes congelés dans des box de verre ! Excellent, surtout quand la décongélation s'opère avant l"heure, ne laissant qu'un squelette en guise de cobaye ! Bagarre, action et fantaisie se déroulent devant nos yeux avec un certain entrain, et donnent au final un divertissement rétro, fun et coloré qu'on croirait échappé d'une bande-dessinée mêlant espionnage et science-fiction ! On félicitera donc Antonio Margheriti d'avoir assurer le spectacle et de nous proposer avec Opération Goldman un film hautement sympathique et distrayant !

* Disponible en DVD chez Artus Films

NOTE : 4/6



DU SANG POUR DRACULA

DU SANG POUR DRACULA
(Blood for Dracula / Andy Warhol's Dracula)

Réalisateur : Paul Morrissey, Antonio Margheriti
Année : 1974
Scénariste : Paul Morrissey
Pays : Italie, France
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Joe Dallesandro, Udo Kier, Vittorio De Sica, Silvia Dionisio, Dominique Darel...


L'HISTOIRE : Le comte Dracula est mourrant. En Roumanie, les jeunes filles vierges ont totalement disparu et le comte ne peut plus se nourir. Anton, son fidèle serviteur, l'emmène alors en Italie, pays dans lequel la ferveur catholique devrait leur procurer des vierges. Ils s'installent dans le château de la famille Di Fiore, aristocrates sur le déclin qui ont à leur charge quatre filles célibataires. Des proies de choix pour le comte. Mais les moeurs ont aussi évolué en Italie, surtout que Mario, l'homme à tout faire de la maison, est des plus séduisants...

MON AVIS : Variation trash du mythe vampirique et du personnage romancé de Bram Stoker. Avec Du Sang pour Dracula, on est très loin des vieux films d'épouvante de la Universal ou de la Hammer. Le réalisateur Paul Morrissey, grand ami d'Andy Warhol et auteur de longs métrages tout aussi trash et décadents tels The Loves of Ondine, Flesh, Heat, Trash ou Woman in Revolt, décide donc de moderniser le film de vampire et de présenter une histoire totalement inédite et farfelue ! Imaginez un peu un vampire qui n'a plus de vierges à mordre suite à l'évolution des moeurs ! Le film possède un humour bien marqué qu'on retrouve dans de nombreuses séquences et qui lui donne un côté mi-parodique, mi-sérieux (la défloraison de la petite fille de 14 ans par Mario afin de la sauver des griffes du vampire !). Figure emblématique du film, l'acteur Udo Kier, qui interprète un Dracula fort éloigné de ceux joués par Bela Lugosi ou Christopher Lee. Le pauvre comte affiche un teint plus pâle que d'habitude, affaiblit qu'il est par une diète obligée. Mais il n'est pas au bout de ses peines et Udo Kier parvient à transcender son interprétation de Dracula et à nous faire compatir à son triste sort : vomissant triple boyaux quand il vampirise deux des filles Di Fiore, qui ne sont évidemment pas vierges comme on lui a fait croire ; obligé de se déplacer en fauteuil roulant tant il manque de force ; devant se teindre les cheveux en noir pour paraître en meilleure forme ; devant obéïr à son fidèle serviteur qui peine à lui trouver des vierges. Le film joue très bien sur ces contrastes et le vampire, créature censée représenter la force, le charme, la sexualité, est présenté ici à l'inverse de ce qu'on en attend, pathétique, triste. Une manière originale donc de se détourner des figures imposées et qui fonctionne plutôt bien. Seulement voilà, il est dommage que Paul Morrissey (assisté par Antonio Margheriti) se soit plus attardé sur les notions de libertinage que sur les actions du comte lui-même. Car il faut bien l'avouer : Du Sang pour Dracula est un film certes déroutant mais surtout ennuyeux la plupart du temps. Beaucoup de dialogues pas très intéressants, pas mal de séquences souvent inutiles, beaucoup de scènes érotiques mettant en vedette l'acteur Joe Dallesandro, qui tire lui aussi son épingle du jeu en interprétant un prolétaire en lutte contre la bourgeoisie, mais qui ne parviennent pas à maintenir un rythme alerte et imposent une multitude de longueurs qui font que le spectacle n'est pas celui attendu. On espère que l'action ou l'horreur pointe le bout de son nez mais il faudra attendre le final, joliment gore, pour sortir de notre torpeur. On a un peu de mal à comprendre pourquoi la censure de l'époque s'est montrée si dure avec le film car niveau gore, on a juste le droit à du sang qui dégouline de la bouche de Dracula après qu'il se soit abreuvé au cou des filles Di Fiore et à ses vomissements sanglants. Seule la scène finale, dans laquelle notre vampire se fait littéralement démembrer à coups de hache, fait preuve d'une violence excessive. On a déjà vu plus horrible ! Du Sang pour Dracula peut être vu plus comme une comédie de moeurs érotique critiquant l'aristocratie décadente que comme un véritable film d'horreur. Il conserve pourtant un statut de film culte qui pourra surprendre nombre de spectateurs, qui lui préféreront sans doute Chair pour Frankenstein, film réalisé l'année précédente par le même réalisateur (assisté également par Antonio Margheriti), avec la même équipe et quasiment le même casting. A noter une jolie partition musicale qui contraste avec les rares scènes sanglantes et qui met bien en avant le côté désespéré du comte Dracula.

NOTE : 3/6



LA PLANÈTE DES HOMMES PERDUS

LA PLANÈTE DES HOMMES PERDUS
(Il Pianeta degli Uomini Spenti / Battle of the Worlds)

Réalisateur : Antonio Margheriti
Année : 1961
Scénariste :  Ennio De Concini 
Pays : Italie
Genre : Science-Fiction
Interdiction : /
Avec : Claude Rains, Bill Carter, Umberto Orsini, Maya Brent, Jim Dolen...


L'HISTOIRE : Une météorite s’approche dangereusement de la Terre. Malgré les calculs du professeur Benson, qui estime qu’elle va passer son chemin, les autorités militaires envoient des fusées de reconnaissance. Alors que la météorite se place en orbite et déclenche une série de catastrophes, une armada de soucoupes volantes se dirige vers la Terre…

MON AVIS : Réalisateur touche-à-tout à qui l'ont doit de très beaux films d'épouvante (La Vierge de Nuremberg, Danse Macabre) mais aussi de chouettes westerns (Joe l'implacable, Avec Django la mort est là) ou films d'horreur (Pulsions Cannibales, L'invasion des Piranhas), Antonio Margheriti s'est aussi illustré dans le domaine de la science-fiction et ce, dès son premier film, Assigment Outer Space, en 1960. L'année suivante, il poursuit sur cette lancée et tourne La Planète des Hommes Perdus, qui a pour principal attrait la présence du célèbre acteur Claude Rains. Il campe ici un personnage pittoresque, celui du professeur Benson, un râleur fini, égocentrique au plus au point mais passionné avant tout. Toutes les séquences le mettant en vedette sont réellement savoureuses et souvent drôles. Il faut bien admettre que c'est l'un des gros points positifs de ce film à petit budget, qui, s'il n'est point déplaisant, affiche rapidement ses faiblesses, notamment au niveau des effets-spéciaux. Ce n'est pas qu'ils soient ratés, mais on a l'impression de voir toujours les mêmes à l'écran (les fusées blanches) et on finit par trouver ça très répétitif à la longue. Idem pour l'intrigue principale, très intéressante, mais plombée par des amourettes sans grand intérêt et pas mal de bavardages qui ralentissent considérablement le rythme du film déjà pas bien élevé. Le début de La Planète des Hommes Perdus est d'ailleurs assez laborieux mais dès l'apparition du professeur Benson et le danger que va représenter l'astéorïde envers notre planète, le film trouve un second souffle bienvenu et le divertissement proposé est de bien meilleure qualité. Une certaine forme de suspense se développe et l'apparition de soucoupes volantes venues de l'intérieur de l'astéroïde relance notre intérêt. Que veulent-elles ? La destruction des fusées terriennes ne laissent point de place au doute : les extra-terrestres sont de nature belliqueuse ! La dernière demi-heure du film est riche en rebondissement et l'exploration de l'intérieur de l'astéroïde fait la part belle au décor et au jeu de lumière, assez réussis il faut l'avouer. Reste que La Planète des Hommes Perdus est un spectacle plutôt en deça de ce que les américains nous avaient proposés dans les années 50. La manque de budget y est sûrement pour beaucoup mais quand même : on voit les fils qui relient les soucoupes entre-elles par exemple, et les effets censés représenter les tirs de rayons lasers sont assez décevants. S'ajoute un casting pas vraiment intéressant hormis Claude Rains et la mignonne Maya Brent. Bref, on a là un film assez moyen, pas déshonorant, loin s'en faut, mais qui peine à se hisser au niveau de la plupart de ses confrères. 

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 3/6




JOE L'IMPLACABLE

JOE L'IMPLACABLE
(Joe l'implacabile / Dynamite Joe)

Réalisateur : Antonio Margheriti
Année : 1967
Scénariste : María del Carmen Martínez Román
Pays : Italie, Espagne
Genre : Western
Interdiction : /
Avec :  Rik Van Nutter, Halina Zalewska, Mercedes Castro, Renato Baldini...


L'HISTOIRE : A la fin de la guerre de Sécession, les convois d’or du gouvernement sont régulièrement pillés par des bandits. Le sénateur décide alors de confier la surveillance des chargements à l’agent spécial Joe Ford, connu sous le nom de Dynamite Joe...

MON AVIS : Avec Joe L'implacable, le réalisateur italien Antonio Margheriti nous offre un western de qualité correcte, qui possède une bonne dose d'humour en son sein. Le personnage principal est à lui tout seul un vrai numéro : homme à femmes qui privilégie néanmoins le travail, il est expert dans le maniement des explosifs, dont il se sert avec une dextérité impressionnante. Le film regorge de séquences dans lesquelles Joe fait tout péter, allant même jusqu'à faire exploser une ancienne mine située sous une petite montagne, ce qui provoque une véritable catastrophe naturelle. L'action ne manque guère et les gunfights succèdent aux poursuites en diligence, lesquelles sont suivies par l'assaut d'un fort abandonné. On a pas franchement le temps de souffler durant l'heure et demi que dure Joe L'implacable. Si le spectacle est divertissant, l'aspect comédie présent tout au long du déroulement de l'histoire fait pourtant de ce long métrage un western léger et peut-être aurait-il été préférable qu'Antonio Margheriti traite son film plus sérieusement. Il manque à Joe L'implacable une certaine puissance pour prétendre s'élever au niveau des grands classiques du western. On regrettera également la manque de charisme de l'acteur Rik Van Nutter qui interprète Joe mais dans l'ensemble, le film n'est pas désagréable et si on a connu Margheriti plus inspiré dans ce genre, en particulier avec Et le vent apporta la violence par exemple, les amateurs de ciné Bis devrait l'apprécier. Les puristes du western seront sûrement plus sévère que moi.

* Disponible en dvd chez Artus Films





LES FANTÔMES DE HURLEVENT

LES FANTÔMES DE HURLEVENT
(Nella Stretta Morsa del Ragno / Edgar Poe chez les morts vivants / Web of the Spider)

Réalisateur : Antonio Margheriti
Année : 1971
Scénario :  Bruno Corbucci, Giovanni Grimaldi
Pays : Italie, France, Allemagne
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Klaus Kinski, Anthony Franciosa, Michèle Mercier, Peter Carsten, Karin Field...


L'HISTOIRE : Après avoir rencontré le célèbre écrivain Edgar Allan Poe, Alan Foster, journaliste, accepte le défi de ce dernier : passer toute une nuit dans le château abandonné de Lord Blackwood, réputé hanté. Une fois enfermé, Foster va découvrir que la vaste demeure n'est pas inhabitée. Il y fait la connaissance d'Elisabeth Blackwood, dont les charmes le font succomber. Il y rencontre également Julia et un mystérieux médecin, le Dr. Carmus, qui lui révèle qu'ici, tout n'est qu'illusion. La nuit ne va pas être de tout repos pour Alan Foster...

MON AVIS : En 1964, Antonio Margheriti livre un chef-d'oeuvre du cinéma d'épouvante gothique avec Danse Macabre, qui met en vedette la superbe Barbara Steele et le comédien Georges Rivière. Sept ans plus tard, on lui demande de réaliser le remake de son propre film, mais cette fois en couleurs et avec d'autres acteurs. Ce sera donc Edgar Poe chez les morts vivants, qui sera re-titré par la suite Les Fantômes de Hurlevent. L'histoire et les rebondissements sont repris à l'identique par rapport à Danse Macabre. Simple film de commande pour le réalisateur italien, Les Fantômes de Hurlevent n'apporte pas grand chose de plus par rapport au film de 1964. Barbara Steele cède sa place à Michèle Mercier, qui s'avère bien charmante elle aussi avec sa crinière d'un roux flamboyant. Pour interpréter le journaliste Alan Foster, c'est Anthony Franciosa qui est choisi. Quant à Edgar Allan Poe, que l'on ne voit que dans le prologue et l'épilogue, c'est Klaus Kinski qui lui prête ses traits. A part ces changements de casting, rien de neuf ou d'original. Ce remake a-t-il donc un intérêt ? Si on le compare à Danse Macabre, je répondrais "non", le film de 64 se suffisant à lui-même. Par contre, si on prend Les Fantômes de Hurlevent sans penser à l'oeuvre originale, alors ma réponse sera "oui". Car Antonio Margheriti connaît bien son métier et même s'il n'était pas particulièrement enthousiasmé par ce projet, qu'il ne porte d'ailleurs pas beaucoup dans son coeur, force est de reconnaître que l'amateur de film d'épouvante gothique y trouvera largement son compte. Ambiance lugubre, éclairage au chandelier, longs couloirs, apparition spectrale, scène d'un meurtre qui se rejoue depuis des décennies et autres joyeusetés attendent l'amateur, le tout dans de superbes décors. La mise en scène est efficace, la caméra se permettant des plans originaux et décalés. Le rythme n'est pas particulièrement nerveux mais correspond bien à l'ambiance voulue. Un remake à découvrir donc, pour avoir une vision en couleurs d'un classique du genre.

NOTE : 4/6



LA TERREUR DES KIRGHIZ

LA TERREUR DES KIRGHIZ
(Ursus, il terrore dei Kirghisi)


Réalisateur : Antonio Margheriti, Ruggero Deodato
Année : 1964
Scénariste : Marcello Sartarelli
Pays : Italie
Genre : Péplum, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Reg Park, Mireille Granelli, Ettore Manni, Maria Teresa Orsini, Furio Meniconi


L'HISTOIRE : Ursus dirige la tribu des Tcherkesses, tandis que le prince Zereteli commande au peuple des Kirghiz. Zereteli ne porte pas Ursus dans son coeur car la future reine Amiko en pince pour le beau guerrier des Steppes et lui donne de fréquents rendez-vous secrets. Il profite alors du fait qu'un monstre sanguinaire s'attaque à son peuple pour accuser les Ursus et les Tcherkesses et déclencher une guerre. Revenu dans la région, Ilo, le frère d'Ursus, est attaqué par le monstre et ce dernier laisse tomber un poignard durant le combat. Ilo découvre que l'arme appartient à Ursus et que son frère n'est jamais présent lors des attaques du monstre. Ursus et la créature ne ferait-elle qu'un ??

MON AVIS : Le péplum était l'un des genres les plus prisés en Italie durant les années 60, avant d'être remplacé par le western spaghetti. C'est un genre très populaire, très familial, qui met en avant des héros musclés tel Maciste, Hercule ou bien Ursus pour les plus connus. Au péplum classique (quoique dans ce cas précis, on parlerai plus de film d'aventure), La Terreur des Kirghiz associe un second élément, à savoir le fantastique. En effet, aux traditionnelles scènes de batailles ou de combats s'ajoute un monstre qui s'avère être un humain qui se transforme sous l'effet d'un filtre magique. Un ingrédient qui accroît le côté sympathique du film et qui vient bonifier un scénario somme toute très classique. Autre originalité de ce film, réalisé par Antonio Margheriti mais aussi par Ruggero Deodato (qui deviendra célèbre avec son Cannibal Holocaust), le fait qu'Ursus, incarné par le culturiste Reg Park, ne soit pas invincible et qu'il se fasse ratatiner par le monstre, ce qui l'exclue de l'écran durant quelques temps, laissant sa place à son frère Ilo qui devra démêler cette mystérieuse affaire du monstre. La Terreur des Kirghiz, sans être un grand film spectaculaire car il n'en a pas les moyens financiers, parvient néanmoins à maintenir un rythme constant, joue avec les retournements de situations, présente à l'écran de jolies filles (la brune Mireille Granelli, fort charmante) et nous fait passer un bon moment devant notre écran, ce qui est bien le principal...

NOTE : 4/6