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ALERTE LA NUIT

 

ALERTE LA NUIT
(Night Key)

Réalisateur : Lloyd Corrigan
Année : 1937
Scénariste : Tristram Tupper, Jack Moffitt
Pays : Etats-Unis
Genre : Policier
Interdiction : /
Avec : Boris Karloff, Warren Hull, Jean Rogers, Alan Baxter, Hobart Cavanaugh...


L'HISTOIRE : David Mallory est un vieil inventeur qui a créé un ingénieux système d'alarme en vu de lutter contre les cambriolages. Son invention est présente dans toutes les boutiques de la ville mais il n'en retire aucun bénéfice car il s'est fait voler son brevet par Stephen Ranger, qui a donné son nom à ce système d'alarme. Durant les quinze dernières années, Mallory a conçu un nouveau système rendant obsolète sa première création. Il décide, non sans appréhension, de la proposer à Ranger. Ce dernier lui fait à nouveau une entourloupe afin d'acquérir le nouveau brevet car changer tous les systèmes d'alarme déjà installés lui reviendrait trop cher. Dépité, victime d'une perte de la vision qui ne cesse de s'accentuer, et voulant assurer une vie meilleure à sa fille Joan, David Mallory va utiliser un instrument de son invention pour mettre à mal son propre système d'alarme afin d'affaiblir Ranger. Se faisant appeler "Night Key", il ridiculise Ranger auprès de la population, avec l'aide d'un petit voyou local. Mais son invention intéresse le Kid, grand patron de la pègre...

MON AVIS : Voulant se diversifier un peu après toute une période consacrée en grande partie au cinéma fantastique et d'épouvante, avec la réussite que l'on sait, la Universal dérive vers le film policier et prouve qu'elle est toute aussi à l'aise dans ce genre. Car oui, Alerte la Nuit est un film policier et d'un très bon cru qui plus est. Il a été réalisé par Lloyd Corrigan, un acteur disposant de 174 entrées dans cette catégorie, qui est aussi scénariste (28 entrées) et donc réalisateur, avec 13 films à son actif entre 1930 et 1937. Alerte la Nuit est son avant-dernier film. Au casting, on trouve notre bon vieux Boris Karloff, qui interprète ici un très beau rôle, celui d'un savant en passe de devenir aveugle et qui a inventé un astucieux système d'alarme de protection dont il s'est fait déposséder du brevet par Stephen Ranger, un riche entrepreneur. Voulant mettre sa fille Joan (la charmante Jean Rogers, vue en tant qu'héroïne dans le sérial Flash Gordon entre autres) à l'abri de la pauvreté, il a passé quinze ans à concevoir un nouveau système encore plus performant et désire le proposer à nouveau à Ranger, mettant de côté sa rancune envers celui qui s'est enrichi sur son dos. La relation avec sa fille est filmée de manière très touchante et l'interprétation de Karloff, toute en émotion et en fragilité, participe grandement au plaisir ressenti durant la vision du film. Le savant sera accompagné dans son périple par un petit escroc de bas étage, Louis, interprété par Hobart Cavanaugh. Un personnage qui apporte une petite touche d'humour au récit. Le voleur de brevet est joué par Samuel S. Hinds dont le visage ne nous est pas inconnu. Plus charismatique encore sera "le Kid", chef du gang de la ville qui se montrera on ne peut plus intéressé par la boite désactivant les alarmes conçue par Karloff. C'est l'acteur Alan Baxter qui lui prête ses traits et il est vraiment parfois dans ce rôle, alliant charme et détermination. Parmi les autres protagonistes principaux, on trouve également Warren Hull, qui joue le chef du service sécurité de Ranger et  qui va tomber sous le charme de Joan - on le comprend aisément tant cette jolie blondinette est ravissante - créant ainsi une jolie romance qui prend forme sous nos yeux durant toute la durée du film, avec 67 minutes seulement au compteur. Reste que malgré cette durée plutôt courte - et très classique dans les 30's - Lloyd Corrigan déploie toute ses aptitudes de metteur en scène pour mettre en image une histoire créée par William A. Pierce et scénarisée par Tristram Tupper et Jack Moffitt, et ce, de manière efficace. On ne s'ennuie jamais, le rythme est assez alerte et l'intrigue rondement menée. L'invention du savant, et surtout ce fameux boitier permettant d'annihiler le fonctionnement des alarmes, donnent un petit côté science-fictionnel à l'ensemble, même si, encore une fois, on est dans une ambiance typiquement policière ou lorgnant vers le film noir. Avec son casting attachant, avec ce savant empathique qui agit toujours sans aucune intention de faire le mal, avec cette invention ingénieuse et avec ses gangsters bien décidés à se l'approprier, Alerte la Nuit est une petite série B classieuse qui se savoure avec un réel plaisir, ne serait-ce que pour voir Karloff dans un rôle attendrissant, mais ce n'est pas son seul atout. Vraiment sympa...

* Disponible en DVD et Combo DVD + BR chez -> ELEPHANT FILMS <- 
- Film en VOSTF
- Présentation du film par Jean-Pierre Dionnet
- Bande annonce



LE RAYON INVISIBLE

 

LE RAYON INVISIBLE
(The Invisible Ray)

Réalisateur Lambert Hillyer
Année : 1936
Scénariste John Colton
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction, aventure
Interdiction : /
Avec Boris Karloff, Bela Lugosi, Frances Drake, Frank Lawton, Violet Kemble Cooper...


L'HISTOIRE : Le docteur Janos Rukh tient enfin sa revanche sur le corps scientifique : il a découvert comment exploiter un rayon invisible en provenance de la galaxie d'Andromède et ce, afin de prouver qu'une météorite a touché le continent africain il y a des milliers d'années. Il convie Sir Francis Stevens ainsi que le docteur Benet a venir constater son incroyable découverte. Fort de son succès, Janos Rukh accepte de participer à une expédition en Afrique mise en chantier par Stevens et Benet mais très vite, il décide de faire cavalier seul afin de trouver des fragments du météorite. Il réussit cette mission mais se retrouve contaminer par les émanations du météorite, composé de Radium X. Il demande l'aide du docteur Benet, qui parvient à lui administrer un antidote qu'il devra prendre à vie. Mais le Radium X perturbe la santé mentale du scientifique...

MON AVIS : Pour rester en tête de liste des studios mettant en avant le cinéma fantastique et d'épouvante dans les années 30, la Universal produit de nombreux films qui sont d'un niveau inférieur à ses prestigieux classiques mais qui demeurent néanmoins des films de qualité fort appréciables. En 1936, les producteurs décident de réunir à nouveaux les deux stars de l'époque, à savoir Boris Karloff et Bela Lugosi. Les deux acteurs ont déjà joué ensemble dans Le Chat Noir en 1934 et dans Le Corbeau en 1935. En 1936, ils se retrouvent donc au casting de The Invisible Ray, baptisé logiquement Le Rayon Invisible pour sa sortie française au mois de mai de cette même année. C'est Lambert Hillyer qui est chargé de mettre en image le scénario de John Colton. Le réalisateur n'est pas un novice, il a débuté sa carrière en 1917 et a même dirigé le grand Lon Chaney lui-même. Il n'a par contre pas d'expérience dans le cinéma fantastique ou d'épouvante et Le Rayon Invisible sera son premier film dans ce genre. Le film mélange d'ailleurs plusieurs influences et plusieurs ambiances très différentes, ce qui lui donne un cachet assez original. En effet, on débute dans une atmosphère qui fait très film d'épouvante, avec cette grande maison et cet orage qui fait rage, ainsi qu'avec le personnage de la mère du docteur Janos Rukh, une vieille dame aveugle un peu inquiétante jouée par Violet Kemble Cooper. La femme du docteur Rukh est quant à elle interprétée par la brune Frances Drake (vu dans Mad Love l'année précédente) et elle a tout de l'héroïne qui deviendra potentiellement une femme apeurée dans ce style de film. Le savant est joué par Boris Karloff et sa passion pour sa découverte, son implication, nous fait penser un peu au baron Frankenstein. Une fois les deux invités du savant réunis dans son laboratoire afin d'assister à sa démonstration, le film bifurque dans la science-fiction, avec des images de lointaines galaxies ainsi que de la Terre frappée par un météore il y a de ça plusieurs millions d'années. Des visions rendues possibles grâce à la découverte du rayon invisible qui donne son titre à l'oeuvre de Lambert Hillyer. Une découvert majeure dans le domaine de la science, que le docteur Benet (interprété par un Bela Lugosi très posé, très sérieux et bien loin de son jeu théâtral d'antan) ne manquera pas de saluer, ce qui provoque une réelle satisfaction de l'ego du docteur Rukh, lui qui se plaint d'être mis à l'écart par la communauté scientifique. Une donnée qui aura son importance dans les tragiques événements qui viendront ponctuer le film. Le Rayon Invisible prend ensuite une toute autre tournure puisqu'il s'oriente carrément dans le film d'aventure, avec expédition en terre africaine, aventuriers, boys africains, recherche en zone hostile et même une romance qui prend forme entre la femme délaissée du docteur Rukh et Ronald Drake, un jeune aventurier joué par Frank Lawton. On se croirait presque dans une bande-dessinée ou un serial, avec cette quête du météore par un Boris Karloff avide de gloire et de reconnaissance, et qui va malheureusement être irradié par ce dernier et notamment par le Radium X, ce qui lui donne une phosphorescence de la peau en pleine nuit, reproduite à l'écran par un halo de lumière entourant son visage et ses mains. Plus dramatique, cette irradiation provoque la mort de ceux qu'il touche. On pourra trouver peu crédible le fait que les personnes se trouvant juste à ses côtés ne soient pas elles-mêmes irradiées, ce qui aurait pu être le cas de Bela Lugosi venant lui apporter son aide par exemple. Passons sur ce détail pour mettre en avant ce que je viens d'écrire ! Oui, vous avez bien lu, Bela Lugosi interprète ici un personnage positif, voulant aider les autres, agissant par compassion, ce qui est assez rare pour être souligné. Il va donc trouver un moyen de guérir The Luminous Man comme le clame le slogan de l'affiche originale, avec un remède à vie devant être pris chaque jour pour contrer les effets dévastateurs du Radium X. Pas de bol pour Karloff, l'égo de son personnage va prendre le dessus et s’imaginer que le docteur Benet et les membres de l'expédition, qui utilisent sa découverte pour guérir des malades, lui ont purement et simplement volé ce qui lui appartenait et donc ne lui offrent pas la reconnaissance qui lui est dû. Une mauvaise interprétation des faits et des paroles, qui vont suffirent à le transformer en assassin lors de la dernière partie du film et ce, jusqu'au tragique dénouement final. Sans être un film majeur de la Universal, Le Rayon Invisible permet de voir côte à côte Karloff et Lugosi, ce qui est toujours très agréable et intéressant pour tout amateur de cinéma fantastique qui se respecte. L'histoire est plutôt bien troussée et la mise en scène efficiente. Le rythme est bon, jamais ennuyeux malgré une durée un peu plus longue que d'habitude, avec 79 minutes au compteur. 

* Disponible en combo DVD + BR ou DVD simple chez -> ELEPHANT FILMS <- 
- Un livret collector de photos du film par Alain Petit (16 pages)
- Le film par Eddy Moine
- Bande-annonce d’époque




TARZAN L'HOMME-SINGE

 

TARZAN L'HOMME-SINGE
(Tarzan the Ape Man)

Réalisateur : W.S. Van Dyke
Année : 1932
Scénariste : Cyril Hume
Pays : Etats-Unis
Genre : Aventure
Interdiction : /
Avec : Johnny Weissmuller, Maureen O'Sullivan, C. Aubrey Smith, Neil Hamilton...

L'HISTOIRE : Jane Parker vient retrouver son vieux père en Afrique. Ce dernier dirige une expédition afin de trouver le fameux cimetière des éléphants, et ce, afin de s'accaparer le précieux ivoire. Jane va découvrir les merveilles et les nombreux dangers de l'Afrique et faire la connaissance de Tarzan, un blanc qui ne parle pas sa langue mais qui vit dans la jungle et commande aux animaux. Entre Jane Parker et Tarzan l'homme-singe naît une relation amoureuse...

MON AVIS : Le célèbre personnage romanesque créé par Edgar Rice Burroughs en 1912 a déjà fait l'objet d'adaptation cinématographique à l'époque du muet. Dès 1918, on trouve un Tarzan chez les Singes de Scott Sidney. Les années 20 vont poursuivre cette entrée en matière avec pas moins de trois films et trois serials dédié au seigneur de la jungle ! Mais ce sera bel et bien l'année 1932 qui va populariser le personnage dans le monde entier et le faire entrer dans la légende. Le choix du nageur olympique Johnny Weissmuller (cinq fois médaillé d'or dans sa discipline) pour interpréter Tarzan, couplé au fait que le film de W.S. Van Dyke est une oeuvre parlante, va faire de Tarzan l'Homme-Singe un fleuron du cinéma d'aventure, dont l'aura va perdurer au-delà des décennies. Bien sûr, revu en 2021, le spectateur aguerri ne manquera pas de remarquer ce qui pouvait passer inaperçu à l'époque de sa sortie en salles : quelques acteurs dans des costumes de gorilles, de faux crocodiles pour pourchasser Tarzan, l'utilisation de trapèze pour jouer le rôle des lianes ou des acteurs bougeant devant un écran diffusant des images de peuplades vivant en Afrique par exemple. Des effets-spéciaux rudimentaires mais nous sommes en 1932 ne l'oublions pas. Reste que cet aspect vintage ne vient jamais gêner le plaisir ressenti face aux péripéties mouvementées de Jane et Tarzan ! Si vous aimez l'aventure et ses dangers, vous serez en effet servis comme un roi : attaque de grands fauves (panthères, lions), course-poursuite contre deux crocodiles dans la rivière, enlèvement par une tribu de pygmées, combat dans une fosse contre un gorille hargneux, charge d'éléphants contre le village des pygmées et j'en passe, le tout sur un scénario original, Edgar Rice Burroughs n'ayant donné au studio que les droits du personnage mais pas de ses romans. La principale innovation vient de l'apparition du chimpanzé Cheeta, qui n'existe pas dans les livres et qui deviendra une star au même titre que Tarzan. La romance qui naît entre Jane et Tarzan participe aussi au charme du film. C'est l'actrice Maureen O'Sullivan qui joue Jane Parker et elle reprendra ce rôle dans les cinq films suivants celui-ci. Cette rencontre entre le monde civilisé et le monde sauvage donne lieu à de très belles scènes, comme celle dans laquelle Jane essaie d'apprendre sa langue à Tarzan. Johnny Weissmuller est absolument parfait pour interpréter Tarzan, son corps d'éphèbe imberbe et ses capacités athlétiques étant souvent sollicités. Le fameux cri, que l'acteur a toujours revendiqué être sa création, serait en fait une invention du technicien du son Douglas Shearer, qui aurait utiliser le son d'un yodel autrichien joué à l'envers et en accéléré. On voit d'ailleurs que Weissmuller n'ouvre pas la bouche quand le cri se déclenche, notamment quand il nage contre les deux crocodiles et appelle un hippopotame en renfort ! Mais par la suite, totalement imprégné par le personnage, Weissmuller parvient à reproduire le cri par lui-même. La séquence du combat contre le gorille dans le village pygmées se montre assez violente, voire même un peu sanglante et pourra impressionner les plus jeunes enfants. Quoiqu'il en soit, Tarzan l'Homme-Singe est un superbe film d'aventure qu'on prend toujours plaisir à revoir et Johnny Weissmuller et Maureen O'Sullivan restent à jamais le plus beau couple Tarzan / Jane de l'histoire du cinéma !


NINOTCHKA

 

NINOTCHKA
(Ninotchka)

Réalisateur : Ernst Lubitsch
Année : 1939
Scénariste : Charles Brackett, Billy Wilder, Walter Reisch
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie
Interdiction : /
Avec : Greta Garbo, Melvyn Douglas, Ina Claire, Bela Lugosi, Felix Bressart...

L'HISTOIRE : Iranoff, Buljanoff et Kopalski sont chargés par le gouvernement soviétique d'écouler à Paris des bijoux saisis pendant la révolution, et d'acheter avec l'argent ainsi obtenu des machines agricoles. L'ancienne propriétaire des bijoux, la grande Duchesse Swana, demande à un de ses amis, Léon, d'empêcher la vente et de récupérer les joyaux. Or Léon est précisément le guide, dans la capitale, des trois Russes. Ayant eu vent de l'affaire, les Soviétiques envoient à Paris Ninotchka, qui trouve les trois compères en train de mener la grande vie. Ceux-ci appellent à la rescousse leur ami Léon qui a déjà fait la connaissance de Ninotchka, sans savoir qui elle était...

MON AVIS : Réalisateur américain d'origine allemande, Ernst Lubitsch s'est rapidement spécialisé dans la comédie et cela lui a réussi, avec notamment de purs joyaux tels Le Ciel peut Attendre ou Jeux Dangereux entre autres. En 1939, il réalise Ninotchka, avec la plus grande vedette de l'époque, Greta Garbo, qui s'aventure pour la première fois dans le registre de la pure comédie. Connue pour son visage assez sévère, l'actrice se voit utilisée dans l'argument publicitaire du film, qui clame : Garbo rit ! Et en effet, elle rit et ce, plusieurs fois dans cette comédie fort amusante, qui a bénéficié du talent de trois scénaristes, dont un qui deviendra également très célèbre derrière la caméra, à savoir Billy Wilder. Le film se moque gentiment de la Russie et de Lénine, en nous présentant trois bolcheviques en mission à Paris. Trois "camarades", trois hommes du peuple qui doivent se comporter comme tel. Seulement voilà, les frasques de la vie parisienne, les grands hôtels, le champagne, le divertissement même, va vite leur faire tourner la tête et ils vont vite s'acclimater à cette escapade dans la capitale de France, aux mœurs bien éloignés de celles de leur pays. Un vrai vent de liberté vient s'emparer des trois amis, qui ne savent plus trop comment réagir envers leur pulsion et le bien-être que leur procure la vie française, ce qui nous vaut des scènes assez drôles et aux dialogues travaillés. L'arrivée de leur camarade Ninotchka (Greta Garbo donc), envoyée par le gouvernement pour vérifier si la mission de vente de bijoux se passe normalement, va venir un tant soit peu refréner leurs ardeurs nouvelles. Car Ninotchka est froide, intransigeante, totalement dévouée à la cause soviétique, rigoureuse dans son travail et elle ne laisse aucune place à l'amusement quand elle est en mission. Toutes ses sorties ou découvertes de la vie parisienne ne sont pour elle que des éléments d'enquête à rapporter au régime. Sa première rencontre avec le héros du film, Léon, superbement interprété par Melvyn Douglas, est à ce titre une petite merveille de mise en scène, jouant sur l'opposition des deux personnages, chacun représentant les deux grandes notions que sont le prolétariat et le capitalisme. Une première rencontre qui marque Léon, qui tombe immédiatement sous le charme de Ninotchka, sans savoir qui elle est réellement. Les autres rencontres entre les futurs amants donneront également lieu à des scénettes fort amusantes (celle dans le café parisien) tout en développant l'aspect romance du film. La critique du régime soviétique ne passe pas inaperçue dans Ninotchka, tant les traits sont exagérés et amplifiés. On pourra trouver le film peut être un peu trop manichéen mais le capitalisme est lui aussi critiqué, de façon moins prononcée certes. En tout cas, voir nos quatre russes succombaient aux charmes de la France et de sa douceur de vivre reste très plaisant et donne lieu à une comédie enjouée et divertissante. Les fans de cinéma d'épouvante reconnaîtront l'acteur Bela Lugosi qui interprète le commissaire Razinin vers la fin du film. A noter que le film eut un remake sous forme de comédie musicale en 1957 avec La Belle de Moscou.

 

THE VAMPIRE BAT

 

THE VAMPIRE BAT
(The Vampire Bat)

Réalisateur : Frank R. Strayer
Année : 1933
Scénariste Edward T. Lowe Jr.
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante, Savants fous
Interdiction : /
Avec Lionel Atwill, Fay Wray, Melvyn Douglas, Dwight Frye, Maude Eburne... 

L'HISTOIRE : Le petit village de Klineschloss vit dans la peur. De nombreux villageois sont retrouvés mort, complètement vidés de leur sang. Les nombreuses chauves-souris vivant alentour font ressortir les superstitions et les légendes locales et il n'en faut pas plus pour que le vampirisme soit désigné comme la cause de ces étranges décès. Une théorie que réfute l'inspecteur Karl Brettschneider, chargé de l'enquête. Avec l'aide de sa fiancée Ruth Bertin, qui travaille pour le docteur Otto von Niemann, il va tenter de faire le voile sur ce mystère. Mais plus les morts s'accumulent et plus la thèse incluant la présence d'un vampire semble se confirmer...

MON AVIS : Le cinéma d'épouvante est l'un des genres les plus prisés dans les années 30, suite au succès phénoménal de Dracula et Frankenstein en 1931. Outre la firme Universal, de nombreuses autres compagnies de production se lancent dans le genre. En 1933, c'est la Majestic Pictures qui s'y essaye, avec The Vampire Bat. La réalisation est confiée à Frank R. Strayer, qui a déjà tâté du genre l'année précédente avec The Monster walks. Pour mettre plusieurs atouts dans son jeu, Strayer n'hésite pas à faire engager un casting confirmé et on retrouve donc à l'écran les têtes bien connues de Lionel Atwill, de Melvyn Douglas, de Dwight Frye et le joli minois de Fay Wray, actrice qui a combattu le sadique Comte Zaroff et qui aura l'honneur de jouer avec le plus grand acteur au monde en cette année 1933, dans le chef-d'oeuvre King Kong. Tout ce beau monde se retrouve donc au générique de The Vampire Bat, qui nous propose une histoire mêlant épouvante et savant fou. L'intrigue tente de nous faire croire à la présence d'un vampire dans ce petit village en proie aux superstitions tenaces mais il ne faut pas beaucoup de temps au spectateur pour deviner ce qui se trame réellement dans les environs. Néanmoins, le début du film fait illusion, avec ses victimes qui possèdent deux petits trous au niveau du cou et qui sont totalement exsangues. La présence de chauves-souris vient réanimer le spectre du vampirisme et les villageois sont convaincus qu'un vampire est présent dans le village. Comme souvent dans les campagnes, l'idiot du village est désigné responsable et comme il a la tête de Dwight Frye, qui excelle toujours dans ce type de rôle, et qu'en plus, il aime les chauves-souris qu'il considère comme des animaux de compagnie, le coupable est tout trouvé. Surtout que d'autres indices laissent à penser qu'il joue bel et bien un rôle dans ces morts effroyables qui frappent la population. Des indices qui ne convainquent pas l'inspecteur Brettschneider, interprété par Melvyn Douglas, acteur qu'on a découvert en 1932 dans The Old Dark House. Résolument cartésien, l'inspecteur n'a que faire des légendes et des racontars et pour lui, le coupable est un meurtrier tout ce qu'il y a d'humain. Reste à découvrir ce qu'il fait de tout ce sang ponctionné ! La présence du docteur Otto von Niemann (Lionel Atwill), qui possède un laboratoire dans son immense demeure, ne tarde pas à nous mettre la puce à l'oreille, surtout que l'acteur fait exprès d'amplifier ses regards et sa façon de jouer pour nous faire comprendre qu'il cache quelques secrets inavouables. Avec sa mise en scène sobre, classique, Frank R. Strayer ne révolutionne pas le cinéma d'épouvante mais utilise ses décors avec efficacité et parvient à maintenir une ambiance qui convient tout à fait à l'atmosphère voulue. Si The Vampire Bat pêche parfois par un humour trop cliché, une constante dans le cinéma d'épouvante 30's, avec le personnage de tante Gussie (Maude Eburne), il s'avère toutefois des plus recommandables et même s'il n'atteint pas la niveau des grands classiques 30's, sa vision reste agréable et ne souffre d'aucun ennui, surtout qu'il ne dure que 63 minutes environ. Les amateurs de vieux films d'épouvante en noir et blanc apprécieront.

* Disponible en DVD chez -> BACH FILMS <-

JEANNE D'ARC (1935)

 

JEANNE D'ARC
(Das Mädchen Johanna)

Réalisateur Gustav Ucicky
Année : 1935
Scénariste Gerhard Menzel
Pays : Allemagne
Genre : Drame, Historique
Interdiction : /
Avec Angela Salloker, Gustaf Gründgens, Heinrich George, René Deltgen...


L'HISTOIRE A la fin de la Guerre de Cent ans, la France va de défaites en défaites face aux Anglais. Seule la ville d’Orléans résiste, défendue par La Trémoille, Dunois, et d’Alençon. A Domrémy, en Lorraine, une jeune fille de 17 ans, Jeanne, entend la voix de l’archange Michel. Il lui dit d’aller retrouver le dauphin Charles pour le faire couronner à Reims. Après le sacre, lui seul pourra bouter les Anglais hors de France...

MON AVIS : Personnage emblématique, Jeanne d'Arc a inspiré de nombreux cinéastes et ce, dès la naissance du cinéma. Méliès lui-même a réalisé Jeanne d'Arc en 1900 par exemple. Par la suite, on trouvera La Vie de Jeanne d'Arc (1909), Joan the Woman (1916), La Passion de Jeanne d'Arc (1928), Jeanne d'Arc (1948), Jeanne au Bûcher (1954), Sainte Jeanne (1957), Procès de Jeanne d'Arc (1962), Jeanne la Pucelle (1994), Jeanne d'Arc (1999) ou bien Jeanne (2019), cette liste étant loin d'être exhaustive. Plus étonnant sera Das Mädchen Johanna, réalisé en 1935 par Gustav Ucicky et qui est donc un film allemand. En 1935, le cinéma allemand est déjà totalement sous contrôle de Joseph Goebbels, qui n'hésite pas à se déplacer sur les tournages pour être sûr que les films ne contiennent rien d'anti-allemand ou ne font pas de propagande contre les nazis. Est-ce à dire que le Jeanne d'Arc de Gustav Ucicky est un film de propagande nazi ? On n'ira pas jusque là puisqu'on a plutôt affaire à un film de divertissement historique, qui va d'ailleurs pas mal broder ou modifier les faits véritables. Il n'empêche que la figure même de Jeanne d'Arc et ce qu'elle représente, à savoir un sauveur venu libérer le peuple des méchants assaillants étrangers, peut difficilement être détournée de comment le peuple allemand a considéré son Führer, qui, le concernant, a toujours eu de l'admiration pour les grandes figures historiques libératrices. Sans être clairement étiqueté film de propagande, Das Mädchen Johanna en a quelques relents en son sein, souvent présentés de manière allégorique. Au delà de ça, le film de Gustav Ucicky est avant tout un beau livre d'images, ayant dans son casting quelques grands acteurs allemands de l'époque, comme Gustaf Gründgens ou Henrich George par exemple. Si le film peut apparaître comme fort théâtral dans le jeu d'acteurs, notamment avec la séquence d'ouverture qui verse presque dans le burlesque à grand renfort de mimiques et de gestuelles amplifiées, le travail sur les décors est très bien mis en avant, de même que les costumes. L'actrice qui joue Jeanne, Angela Salloker, est dans une bonne moyenne, même si on lui préférera évidemment Ingrid Bergman. Le personnage de Jeanne est d'ailleurs légèrement mis à l'écart ici, n’apparaissant qu'au bout de trente minutes environ, et servant plus de faire-valoir au roi Charles VII, qui est la véritable vedette du film en fait. Un roi malin, fin stratège, qui a compris comment utiliser la foi de Jeanne pour donner l'envie au peuple et à l'armée de la suivre au combat. Il est également assez habile pour se défaire de l’influence néfaste de ses conseillers, tous présentés comme des personnages exubérants, alcooliques, tricheurs et peu fidèles à leur souverain, ce qui renforce à nouveau le côté théâtral de l'oeuvre, qui pourra déplaire à certain. Reste que visuellement, le film assure ce qu'il faut et c'est surtout pour son esthétisme pictural qu'il mérite d'être découvert. Les fans de cinéma allemand des années 30 seront en tout cas en territoire connu et devrait pleinement apprécier cette Jeanne d'Arc produite par l'UFA...

* Disponible en combo Mediabook DVD + BR chez ARTUS FILMS    
Diaporama d’affiches et de photos
- Livret 80 pages rédigé par David Didelot : J’ai nom Jeanne la pucelle



LA MORT PREND DES VACANCES

LA MORT PREND DES VACANCES
(Death Takes a Holiday)

Réalisateur : Mitchell Leisen
Année : 1934
Scénario : Maxwell Anderson, Gladys Lehman
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Comédie, Drame
Interdiction : /
Avec : Fredric March, Evelyn Venable, Guy Standing, Katharine Alexander, Kent Taylor...


L'HISTOIRE : Intrigué par la vie humaine et sur la crainte qu'elle inspire chez les vivants, la Mort décide de s'accorder trois jours de vacances et se rend au domicile du Duc Lambert, qui vient de frôler la mort lors d'un trajet en voiture le ramenant chez lui, afin de lui proposer de vivre parmi ses invités. Sous l'apparence du Prince Sirki, la Mort va étudier le comportement des personnes qui l'entourent, découvrir les plaisirs de la nourriture terrestre et même tomber amoureuse d'une belle jeune fille, Grazia...

MON AVIS : Si la production en matière de cinéma fantastique et d'épouvante est dominée par la firme Universal durant les années 30, les autres studios ne sont pas en reste non plus et tentent eux aussi de proposer des œuvres de qualité dans ce domaine. En 1934, la Paramount permet au réalisateur Mitchell Leisen d'adapter une pièce de théâtre à succès pour le troisième film de sa carrière. Ce sera donc La Mort prend des Vacances, qui propose un postulat assez amusant et original : la Grande Faucheuse veut en apprendre plus sur la vie terrienne et décide de s'accorder trois jours de vacances afin de vivre parmi nous ! Car la Mort considère nos vies, nos actions, comme étant bien futiles et guère intéressantes et ne comprend pas l'énergie qu'on déploie à vivre ainsi, que ce soit pour être à la recherche de plaisirs simples ou, à l'opposé, se faire la guerre et s'entre-tuer. On le voit, on nage en plein fantastique, en pleine fantasmagorie avec cette idée de départ et pourtant, plus le film avance, plus cet élément fantastique va se faire oublier pour laisser place à une comédie dramatique souvent philosophique, parfois satirique, mais toujours intéressante et divertissante. La séquence du trajet en voiture au début du film nous présente la Mort sous la forme d'une ombre qui suit les véhicules sur la route, voire même les dépasse pour les empêcher de voir un danger potentiel devant eux. Ayant évité de justesse l'accident mortel, tous les protagonistes de l'histoire, et ils sont nombreux, se retrouvent chez le Duc Lambert pour y passer quelques jours. Alors que ce dernier reste seul, la Mort lui apparaît dans une scène fort poétique et bénéficiant d'effets visuels simples mais efficaces puisque le réalisateur a réussi à lui donner un aspect intangible, translucide même. Pas de faux à la main mais vêtue d'un linceul noir qui nous empêche de voir son visage, cette représentation de la Mort telle qu'on se l'imagine est visuellement impeccable et fait son petit effet. Après une discussion enflammée, la Mort propose donc un marché au Duc : elle prendra apparence humaine pour vivre trois jours auprès de ses convives et comprendre le fonctionnement des êtres humains. Et c'est le grand acteur Fredric March qui va incarner cette célèbre entité crainte de tous, après avoir été le docteur Jekyll et son alter-ego Hyde dans le Dr. Jekyll & Mr. Hyde de Rouben Mamoulian en 1931. Habillé tel un prince oriental, Fredric March va donner à la Mort une personnification souvent jubilatoire, et ce, principalement grâce à des dialogues finement écrits, qui ont un double-sens que nous, spectateurs, comprenons et qui nous font bien sourire, à l'inverse des invités du Duc qui ne savent pas qui est réellement ce charmant Prince Sirki. Les quiproquos, les sous-entendus verbaux apportent une légèreté à La Mort prend des Vacances, oeuvre qui s'avère bien éloigné des autres films de cette époque, qui misaient principalement sur la peur et l'effroi à travers une galerie de monstres propres à terroriser le public qui en redemandait. L'humour des situations, enrichi par le texte et le jeu parfois théâtral du casting, font que le film de Mitchell Leisen fonctionne très bien et qu'on prend beaucoup de plaisir à suivre la vie terrestre de la Mort. Comment ne pas sourire lorsque les journaux font état de diverses catastrophes dans lesquelles personne n'a trouvé la mort ? Incendie d'école avec zéro victime, crash spectaculaire d'un bolide de course dont le chauffeur ressort totalement indemne et même guerre qui ne fait aucun dommage humain sont l'apanage des médias durant ces trois jours. Car oui, ne l'oublions pas, la Mort est en vacances ! Charismatique, notre fameux Prince Sirki attire même l'attention des trois jeunes femmes, qui prendraient sûrement leur jambe à leur cou si elles savaient avec qui elles sont en présence ! Et voilà que la Mort, qui trouvait bien futile les roucoulades humaines, se met à éprouver des sentiments, à ressentir une émotion quand les lèvres d'une des jeunes femmes se posent sur les siennes. La situation se complexifiera davantage avec la présence de Grazia (charmante Evelyn Venable) qui va carrément lui faire perdre la tête. L'Amour, plus fort que la Mort ? Film méconnu, La Mort prend des Vacances mérite largement le détour, fait preuve d'une certaine originalité dans le traitement de son histoire et se révèle une bonne découverte pour ma part. A noter que le film se fait aussi appeler Trois Jours chez les Vivants et qu'un remake a vu le jour en 1971, réalisé par Robert Butler...

* Disponible en combo DVD + BR chez ELEPHANT FILMS



LE CORBEAU

LE CORBEAU
(The Raven)

Réalisateur :  Lew Landers
Année : 1935
Scénario : David Boehm
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : Bela Lugosi, Boris Karloff, Irène Ware, Lester Matthews, Samuel S. Hinds...


L'HISTOIRE : Médecin réputé, le Dr. Vollin est appelé en urgence par le juge Tatcher afin de sauver sa fille Jean qui vient d'avoir un terrible accident de voiture. D'abord réticent, Vollin accepte. Une fois Jean hors de danger, une relation amicale naît entre la patiente et son praticien. Mais pour ce dernier, passionné par l'univers d'Edgar Allan Poe, cette amitié se transforme en véritable amour. Malheureusement, Jean est fiancée au docteur Halden. Petit à petit, Vollin sombre dans la folie. Quand Edmond Bateman, un meurtrier recherché par la police, vient lui demander de changer son visage, Vollin saisit l'occasion de mener à bien ses projets meurtriers : il défigure Bateman afin d'en faire son esclave et invite Jean, son fiancée, le juge Tatcher et quelques autres personnes à venir passer un week-end dans sa demeure. Il ordonne alors à Bateman de kidnapper le juge Tatcher, Jean et le docteur Halden afin de leur faire découvrir sa salle des tortures, inspirée par l'oeuvre de Poe...

MON AVIS :  La firme Universal peut se targuer d'avoir été une référence majeure dans le domaine de l'épouvante au cinéma dans les années 30 et 40. Si elle avait déjà touchée au genre à l'époque du cinéma muet, avec Le Fantôme de l'Opéra (1925) par exemple, c'est réellement à partir de 1931 qu'elle va produire les plus spécimens et ouvrir la voie à la célébration du monstre sur pellicule. En 1931, elle produit deux classiques, le Dracula de Tod Browning, avec Bela Lugosi dans le rôle du Comte vampire et le Frankenstein de James Whale, avec Boris Karloff dans le rôle de la créature. Ces deux acteurs allèrent devenir les deux premières superstars de l'épouvante cinématographique, si on excepte Lon Chaney à l'époque du muet. Il semblait évident que Lugosi et Karloff allaient être amenés à tourner ensemble et ce fût le cas dès 1934, avec Le Chat Noir. L'année suivante, ce sera donc dans Le Corbeau que les deux talentueux acteurs se rejoignirent à nouveau. Un film réalisé par Lew Landers, dont le vrai nom est Louis Friedlander et qui reste certainement l'oeuvre majeure de sa longue filmographie qui comprend tout de même 175 entrées. Petit film par la durée (1h seulement) mais grand par le plaisir qu'on éprouve à le visionner, Le Corbeau bénéficie d'une excellente prestation de Bela Lugosi, qui domine totalement le reste du casting avec ce personnage inquiétant vouant une admiration sans borne à Edgar Allan Poe, au point d'avoir recréé dans le sous-sol de sa demeure une chambre des tortures avec moult instruments de mort, dont le célèbre pendule, lame tranchante qui descend vers sa victime au rythme d'un balancier. L'acteur hongrois joue de son regard ténébreux sans en faire trop ("ah bon ?" diront certains !) et il est vraiment incroyable dans ce film. De toute façon, le côté théâtral de son jeu d'acteur est justement ce pour quoi on l'apprécie. C'est très certainement sa plus grande composition et il parvient à éclipser Boris Karloff, pourtant payé le double de son ami-rival ! On remarquera que Le Corbeau inverse le postulat du Chat Noir puisque dans ce dernier, c'était Karloff le méchant et Lugosi le gentil. Si la réalisation de Lew Landers est un peu académique et scolaire, il se dégage du film une vraie atmosphère macabre emprunte de sadisme bienvenue qui ravira les amateurs. La charmante actrice Irene Ware remplit parfaitement son rôle de jeune femme terrorisée quant Lester Matthews fait le job dans le rôle de son fiancé devant la sauver. Le maquillage de Karloff, hideusement défiguré, a certainement du impressionner les foules dans les années 30. Si son faux œil ne trompera personne aujourd'hui, l'acteur en impose toujours autant et c'est un vrai régal que de le voir à l'écran. De par sa courte durée et son rythme alerte, Le Corbeau n'ennuie jamais et parvient sans peine à tirer son épingle du jeu, notamment lors de séquences magistrales comme celle où Karloff découvre son nouveau visage monstrueux à travers plusieurs miroirs. Un très bon film du studio Universal.

* Disponible en COMBO DVD + BR et DVD simple chez ELEPHANT FILMS



KING KONG (1933)

KING KONG
(King Kong)

Réalisateur : Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack
Année : 1933
Scénariste : James Ashmore Creelman, Ruth Rose
Pays : Etats-Unis
Genre : Aventure, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Fay Wray, Robert Armstrong, Bruce Cabot, Frank Reicher, Sam Hardy...


L'HISTOIRE : Durant les années 30, le réalisateur Carl Denham monte une expédition pour aller filmer dans une île mystérieuse baptisée "Skull Island" et dont il connaît l'emplacement grâce à une carte maritime. Après avoir débarqué sur l'île, Denham et son équipe découvrent un monde fantastique, peuplé de dinosaures et d'une tribu de natifs semblant vénérer un dieu inconnu, Kong. Dans la nuit, les indigènes kidnappent Ann, l'actrice principale du film, et désirent l'offrir à leur dieu. En voulant sauver Ann, Denham et ses hommes font alors la connaissance de Kong : un singe géant à la puissance redoutable...

MON AVIS : Que dire sur ce chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma ? Pas grand chose car King Kong est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. En effet, à bien y regarder, King Kong est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Si on voulait vraiment disserter sur ce film, on évoquerait le fait que King Kong est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Bon, allez, trêve de plaisanterie, je sais bien que vous savez tous que King Kong est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Comment pourrait-il en être autrement d'ailleurs, puisque chaque séquence fait de King Kong un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. A la différence des classiques du cinéma fantastique de l'époque, comme Dracula, Frankenstein, Freaks, Dr. Jekyll et Mister Hyde, La Chasse du Comte Zaroff, Le Fantôme de l'Opéra, Double Assassinat dans la rue Morgue ou The Old Dark House par exemple, King Kong, chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma, n'est pas une adaptation d'une nouvelle ou d'un roman. Bien sûr, le fait que l'île de Skull Island soit habitée par des dinosaures nous fait penser au film Le Monde Perdu, adaptation datant de 1925 de la célèbre histoire d'Arthur Conan Doyle. La romance entre Ann et la singe géant peut également se voir comme une variation de La Belle et la Bête, conte bien connu des enfants dont la première apparition daterait du IIème siècle. Mais toute l'histoire est née de l'imagination de Merian C. Cooper et d'Edgar Wallace, dont les idées ont ensuite été scénarisées par James Ashmore Creelman et Ruth Rose, qui ont permis de faire que King Kong est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Impossible évidemment de ne pas citer les trois hommes derrière cette formidable réussite : les deux réalisateurs Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, et le responsable des effets spéciaux, un pionnier dans le genre, le talentueux Willis O'Brien. C'est à ce dernier qu'on doit l'animation des dinosaures du Monde Perdu en 1925 puis ceux peuplant l'île du roi Kong en 1933. O'Brien est également celui qui donna vie à Kong, ce singe géant qui n'a jamais été interprété par un homme dans un costume mais qui fût animé principalement en stop-motion (en image par image). Des animations et des techniques d'effets spéciaux diverses de haute qualité qui ont fait (et font toujours) de King Kong un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Comment ne pas être émerveillé devant les images proposées, comment ne pas ressentir d'émotions quand Kong soulève un imposant tronc d'arbre sur lequel tente de rester accroché l'équipe de tournage et les matelots ayant débarqué sur Skull Island ? Comment ne pas ressentir d'émotions quand Kong se bat contre un tyrannosaure, un serpent géant ou un ptérodactyle afin de protéger la jolie blonde qu'il a enlevé ? Comment ne pas être émerveillé devant cette scène dans laquelle un singe géant déshabille tendrement l'actrice Fay Wray et lui souffle dessus tout doucement pour la réanimer ? Ou celle dans laquelle il détruit le village indigène ? Faut-il citer la séquence où Kong est enchaîné et présenté aux spectateurs médusés à New York ? Celle où il crée la panique dans les rues de la ville ? Celle où il gravit l'Empire State Building et se retrouve mitraillé par des avions de chasse ? Autant de séquences magiques, à la beauté foudroyante, qui font de King Kong un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. La phrase finale du film, "Eh bien M. Denham, les avions l'ont eu. / Oh non, ce ne sont pas les avions. C'est la Belle qui a tué la Bête" résume parfaitement le spectacle démesuré auquel on vient d'assister. Car King Kong, sous couvert d'être un beau film d'aventure (qui nous présente également la crise économique américaine au début du film, notamment quand Denham cherche son actrice dans les rues de New York), est avant tout un mélodrame, un film d'amour dans lequel un "monstre" tombe sous le charme d'une jeune femme et va mourir pour elle. Il faut vraiment avoir de la merde dans les yeux pour ne pas réaliser à quel point King Kong est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Si la magie du cinéma existe, elle porte un nom : celui du roi Kong. Le remake de 1976 et celui de 2005 sont bien sûr de très beaux films, aux effets spéciaux même assez ahurissants pour la version de Peter Jackson, mais il leur manque un petit quelque chose que possède la version de 1933, qui fait que cette dernière est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Ah oui, pour l'anecdote, quand le studio appela Fay Wray pour lui dire qu'elle allait tourner avec le plus grand acteur du cinéma, cette dernière a cru qu'il s'agissait de Clark Gable

PS : N'oubliez pas de regarder King Kong en VOSTF car la durée du film est de 100 minutes quand le même film en VF ne dure que 85 minutes sur le DVD. Quant au BR du film édité par Warner, il propose une version de 104 minutes et une très belle remasterisation  de l'image.






FREAKS - LA MONSTRUEUSE PARADE

FREAKS - LA MONSTRUEUSE PARADE
(Freaks)

Réalisateur : Tod Browning
Année : 1932
Scénariste : Leon Gordon, Willis Goldbeck
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Epouvante
Interdiction : -16 ans
Avec : Wallace Ford, Leila Hyams, Olga Baclanova, Harry Earles, Johnny Eck...


L'HISTOIRE : Dans le cirque de madame Tetrallini, des "freaks" sont les vedettes de nombreux numéros et doivent cohabiter avec le reste du personnel. Cleopatra, une belle trapéziste, utilise ses charmes pour piéger Hans, un gentil nain qui vient d'hériter d'une grosse fortune. Avec l'aide d'Hercule, l'homme fort du cirque, Cleopatra va tout faire pour s'accaparer l'argent de Hans : elle le demande même en mariage, au grand dam de Frieda, sa fiancée actuelle, qui a bien compris le stratagème des deux escrocs. Mais les "freaks" ont un code d'honneur et Cleopatra, pour son plus grand malheur, va le découvrir...

MON AVIS : En 1931, le studio Universal remporte la mise sur ses concurrents avec deux films d'épouvante qui vont déplacer la foule en masse dans les salles : le Frankenstein de James Whale et le Dracula de Tod Browning. Ce dernier travaille aussi pour la MGM et le directeur de ce studio, Irving Thalberg, désire qu'il réalise le plus terrifiant des films d'épouvante afin de battre la Universal sur son propre terrain. Pour ce faire, la nouvelle "Spurs" de Tod Robbins, parue en 1923, est choisie comme base scénaristique. C'est d'ailleurs Harry Earles, qui interprète le personnage de Hans dans Freaks et qui avait déjà joué pour Tod Browning dans The Unholy Three en 1925 , qui est à l'origine de ce choix. Spurs se déroule dans le milieu du cirque et des freaks, terme générique qui désigne des personnes atteintes de difformités physiques parfois très importantes et qui gagnent leur vie en s'exhibant dans  des "Freakshow" itinérants. La base de l'histoire plaît à Browning, qui demande aux scénaristes Leon Gordon et Willis Goldbeck de la retravailler et d'y ajouter plus de freaks. Le sujet attire Browning car ce dernier connaît très bien le monde du cirque ambulant, ayant vécu dans ce milieu au cours de sa jeunesse (il a été clown, contorsionniste, acrobate) et s'étant pris de passion pour cet univers forain. Il en va de même pour son attrait pour les personnes "différentes", les exclues ou celles atteintes de difformités. Un thème qu'on retrouve en effet dans bon nombre de ses films. A la lecture du scénario, Irving Thalberg déclarera "J'ai demandé quelque chose d'horrifiant et je l'ai eu". Browning prépare le tournage du film et engage plusieurs "freaks" authentiques, dont les nains Harry Earles et ses deux sœurs Daisy Earles et Tiny Earles (Hans, Frieda et un rôle non crédité au générique), les sœurs siamoises Daisy et Violet Hilton, l'hermaphrodite mi-femme, mi-homme Joséphine Joseph, les microcéphales Schlitze Surtees, Jennie Lee et Elvira Snow, le Prince Radian (l'homme tronc), Lady Olga Roderick (la femme à barbe), Peter Robinson (l'homme squelette), les femmes sans bras Frances O'Connor et Martha Morris, l'extraordinaire homme sans jambe Johnny Eck, la femme oiseau Minnie Woolsey (atteinte du syndrome de Seckel, maladie génétique rare caractérisée par l’association d’un nanisme proportionné avec microcéphalie, dysmorphie faciale dite en tête d’oiseau et retard mental) ou le nain Angelo Rossitto entre autres. Un casting hors norme pour un film hors norme. Le tournage s'avère compliqué car les membres de l'équipe sont effrayés par les freaks, qui doivent loger à l'écart et se voient refuser l'accès à la cantine pour la majorité d'entre-eux. Le sujet même du film n'est pas vu d'un très bon œil par les dirigeants de la MGM mais Irving Thalberg parvient à s'imposer et permet que le film se fasse, ayant une toute confiance en son ami Tod Browning. Au final, le film sera, à l'époque de sa sortie, conspué par les critiques et rejeté par le public. Il est vrai que la nature même du casting ne peut laisser indifférent. Conte souvent cruel (la terrible scène du repas de noces), Freaks est avant tout l'un des plus beaux films sur la peur de l'anormalité et sur l'acceptation de la différence. Il met en exergue l'aspect contradictoire, entre fascination et rejet total, que les gens ressentent lorsqu'ils voient des personnes ne rentrant pas dans la case de la normalité physique. La plus belle scène reste celle dans laquelle madame Tetrallini prend la défense de ses freaks, qui ne font que s'amuser dans un parc, et qui se voient alpaguer par le propriétaire, alerté par son gardien que des "monstres" se sont introduits dans le parc. Heureusement, le propriétaire, prenant conscience que les freaks ne représentent aucun danger, n'agissant que comme des enfants selon les propres termes de madame Tetrallini, acceptera de les laisser utiliser son parc. Une scène vraiment forte en émotion (tout comme celle de l'accouchement de la femme à barbe) et qui nous fait déjà prendre conscience que les "monstres" ne sont pas toujours ceux dont l'apparence s'en rapproche le plus. La méchanceté des gens "normaux" est en effet bien pire que l'aspect étonnant des freaks qui nous sont présentés dans le film. C'est d'ailleurs une des grandes forces de ce film magnifique, de nous faire ressentir tout l'amour et la compassion de Tod Browning envers son casting hors norme. On peut comprendre les réactions du public de l'époque, à qui on présente de vraies personnes, n'ayant aucun maquillage sur le visage, aucune prothèse ou effets spéciaux pour transformer leur apparence. On est loin de Dracula ou de la créature de Frankenstein. La méchanceté de Cleopatra (Olga Baclanova) envers le pauvre Hans conduira cette dernière à subir le code d'honneur des freaks, lors d'une séquence se déroulant en plein orage et qui baigne vraiment dans un climat d'épouvante. Drame bouleversant, conte cruel, fable humaniste, film d'épouvante, Freaks est tout cela et bien plus. C'est un film insolite, inclassable, un véritable classique du cinéma, intemporel et magnifique. La durée assez courte du film (une soixantaine de minutes) a souvent été sujet à discussion, certaines rumeurs parlant d'une version originale de 90 minutes, qui aurait subi les coupes de la MGM. Pour Patrick Brion, éminent spécialiste du cinéma, cette rumeur n'est qu'affabulation, un délire d'interprétation non fondée, comme il l'écrira, en se basant sur le scénario original du film daté du 6 novembre 1931 (le tournage débutera trois jours plus tard), dans son somptueux ouvrage Le Cinéma Fantastique paru aux éditions de La Martinière. Il est vrai par contre que plusieurs fins ont été tournées, ces dernières nous sont présentées dans les bonus de l'édition DVD.




LA MAISON DE LA MORT

LA MAISON DE LA MORT
(The Old Dark House / Une Soirée Étrange / La Maison Grise)

Réalisateur : James Whale
Année : 1932
Scénariste : Benn W. Levy
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : Boris Karloff, Melvyn Douglas, Charles Laughton, Gloria Stuart, Lilian Bond...


L'HISTOIRE : Surpris par un orage et une pluie diluvienne, des voyageurs égarés trouvent refuge dans une demeure lugubre, appartenant à l’étrange famille Femm. Ils y rencontrent d’inquiétants personnages : Horace, le blafard maître de maison, sa sœur Rebecca, sourde et religieuse obsessionnelle, ou encore Morgan, le domestique défiguré et muet, sujet à des crises de violence lorsqu’il boit. L'atmosphère est lourde et menaçante, et la nuit s’annonce longue…

MON AVIS : Après le succès colossal de son Frankenstein en 1931, qui révéla Boris Karloff entre autres, le réalisateur James Whale poursuit sur sa lancée dès l'année suivante en adaptant un roman de J.B. Priestley. Avec La Maison de la Mort, qui s'appelait à l'époque Une Soirée Étrange, ce qui colle d'ailleurs bien plus avec le contenu du film, James Whale nous propose l'un des premiers films jouant avec les codes des maisons hantées même si celle du film ne l'est pas. Voyageurs égarés durant une nuit orageuse trouvant refuge dans une bâtisse lugubre, propriétaires aux comportements étranges, majordome patibulaire au regard de fou, bruits inquiétants à l'étage, couloirs sombres, secret de famille inavouable et sentiment de menace imminente sont les ingrédients principaux de La Maison de la Mort. Mais à bien y regarder, le film de James Whale ne joue pas dans la même cour que Frankenstein, oeuvre d'épouvante pure quand La Maison de la Mort s'apparente plus à un film mêlant l'épouvante a des éléments de comédie, mais sans toutefois être une comédie fantastique. Le film tient en équilibre sur ces deux genres sans jamais vouloir en choisir un franchement. Les scènes typiquement "épouvante" sont les plus réussies et on retrouve alors tout la maestria de Whale pour créer une ambiance macabre, utilisant les décors intérieurs et les éléments extérieurs (la pluie, le vent) avec ingéniosité. Les jeux d'ombres et de lumières participent également à rendre l'atmosphère moite et suffocante. La pauvre Gloria Stuart en fera d'ailleurs les frais, terrifiée à de nombreuses reprises au cours du film. Ses expressions de visage, sa gestuelle même, rappelle la grande époque du cinéma d'épouvante expressionniste allemand. Boris Karloff est évidemment l'un des éléments majeurs faisant naître la peur chez les protagonistes du film. Majordome muet, balafré, à la stature imposante, ne donnant pas l'impression d'être très accommodant, et ayant la réputation de devenir violent lorsqu'il boit trop, il en impose vraiment à l'écran et se révèle être l'une des principales raisons de visionner La Maison de la Mort. Le problème avec ce film de Whale, c'est qu'il est extrêmement bavard et que certaines séquences de dialogues ne sont pas franchement intéressantes. Tout comme la romance désuète entre l'acteur Melvyn Douglas et une danseuse de cabaret interprétée par Lilian Bond. Ces scènes viennent amoindrir le rythme et casse l'ambiance par à coups, ce qui est dommage. Le jeu des acteurs, assez statique lors de ces séquences, font presque penser à du théâtre filmé. Outre les acteurs précités, on trouve également parmi le casting Charles Laughton, acteur vénérable et réalisateur du culte La Nuit du Chasseur, ainsi qu'Ernest Thesiger, futur docteur Pretorius de La Fiancée de Frankenstein. Ce dernier interprète Horace Femm, propriétaire de la demeure avec sa sœur Rebecca Femm (Eva Moore). Deux personnages très bizarres, surtout Rebecca, vieille bigote à moitié sourde qui n'inspire pas la confiance. Plus le film avance, plus on s'interroge sur ce qu'il y a à l'étage supérieur de la demeure. Le final nous l'apprendra, dans une ambiance bien barrée qui fait monter la tension crescendo. On appréciera également le côté érotique du film. Un érotisme suave et bien sûr suggéré mais néanmoins bien présent, en témoigne la chemise de nuit qu'enfile Gloria Stuart. Le terrible code Hays n'était pas encore en vigueur en 1932 sinon, nul doute que la censure aurait durement frappé cette séquence, totalement inoffensive de nos jours. Alternant le très bon avec le moins bon, La Maison de la Mort a donc le cul entre deux chaises et même s'il est très intéressant et plaisant à regarder, il n'atteint pas le niveau d'excellence des autres films du genre réalisé par James Whale pour ma part. Ce qui ne doit pas vous empêcher de participer, vous aussi, à cette "soirée étrange"...

* Disponible en DVD chez ELEPHANT FILMS