Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




jeudi 29 avril 2021

LE DÉMON AUX TRIPES

 

LE DÉMON AUX TRIPES
(Chi Sei ? / Beyond the Door)

Réalisateur : Ovidio G. Assonitis, Robert Barrett
Année : 1974
Scénariste : Ovidio G. Assonitis, Antonio Troiso, Robert Barrett
Pays : Italie
Genre : Horreur, Possession
Interdiction : -16 ans
Avec : Juliet Mills, Richard Johnson, Gabriele Lavia, Nino Segurini, Barbara Fiorini...

L'HISTOIRE : Dimitri est le serviteur du Diable. Pour avoir sauver Jessica, une jeune fille choisie par Satan lui-même et qui devait engendrer sa progéniture, Dimitri se voit être victime d'un terrible accident de voiture, provoqué par son maître diabolique. Juste avant qu'il ne trouve la mort, Dimitri se voit proposé un marché par Satan : il a dix ans pour retrouver Jessica et faire que sa grossesse arrive à terme. Jessica est devenue une séduisante jeune femme, marié, avec deux enfants. Elle a tout oublié de son tragique passé. Lorsqu'elle se retrouve inexplicablement enceinte, son comportement va changer du tout au tout, comme si elle était possédée. Son mari reste impuissant, tout comme le médecin de famille. C'est alors que Dimitri fait son apparition dans la vie du couple...

MON AVIS : Après avoir lu le roman L'Exorciste de William Peter Blatty, le réalisateur grecque Ovidio G. Assonitis se renseigne pour en acheter les droits afin d'en faire une adaptation pour le cinéma. Malheureusement, la Warner Bros a déjà acheté les droits et William Friedkin en fera le sommet de la terreur que l'on connaît en 1973. Pas découragé, Assonitis et deux autres scénaristes retravaillent l'histoire, bien décidés à surfer sur le succès de L'Exorciste. Et pour ce faire, autant inclure des allusions à un autre classique, le Rosemary's Baby de Polanski. Mis en scène en Italie, le mélange des deux donnera donc Chi Sei ? que l'on connaît aussi sous le titre de Beyond the Door et qui est sortit en France sous le titre un peu ridicule de Le Démon aux Tripes. Petit souci : Ovidio G. Assonitis n'a pas le talent de Polanski ou de Friedkin. Il le prouvera d'ailleurs dans avec les fades Tentacules en 1977 ou Madhouse en 1981. Il semblerait qu'il ait aussi participer à la mise en scène de Piranha 2 les Tueurs Volants de James Cameron en 1981. Avec seulement six films dans sa carrière en tant que réalisateur, il reste assez méconnu du grand public. Et ce n'est donc pas Le Démon aux Tripes qui va venir rehausser son aura. Avec Juliet Mills (Jessica Barrett), Richard Johnson (Dimitri) et Gabriele Lavia (Robert Barrett) au casting, le film ne parvient jamais à réellement décoller, ni même à être un sous-Exorciste convaincant. Alors oui, on a quelques petites séquences sympas, qui reprennent les éléments cultes du film de 1973, avec une Jessica allongée sur son lit dont la tête pivote à 180°, des vomissements de matières verdâtres, une lévitation, une voix guttural blasphématoire qui remplace celle de Jessica, des portes de meubles qui s'ouvrent et se referment frénétiquement, et bien sûr une chambre à coucher située en haut d'un escalier. Original non ? Quand bien même tous ces éléments restent du domaine du déjà-vu, le film aurait pu s'avérer plaisant s'il n'était pas alourdi par un scénario dont on ne comprend pas grand chose et qui est en plus assez illogique dans son cheminement. On se demande sans cesse pourquoi le Diable, qui redonne pour mission à Dimitri de retrouver Jessica et de veiller sur elle jusqu'au terme de sa grossesse, ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues et de lui compliquer la tâche, allant même jusqu'à mettre en péril la naissance de l'Antéchrist. Bizarre et incompréhensible. La première partie du film, qui se rapproche donc plus de Rosemary's Baby, tient encore un peu la route et n'est pas trop mal ficelée, même si l'ennui vient souvent poindre le bout de son nez. Un ennui qui ne cessera de se ressentir tout au long des 108 minutes de film, une durée bien trop longue quand on n'a pas grand chose à dire ou à raconter. La pauvre Juliet Mills doit se demander ce qu'elle fait dans cette galère, affublée d'un maquillage outrancier rappelant un peu celui de Linda Blair, en nettement moins réussi tout de même. Richard Johnson, le célèbre Dr John Markway de La Maison du Diable ou le célèbre Dr. Menard de L'Enfer des Zombies entre autres, doit se dire la même chose, interprétant Dimitri, le serviteur du Diable qui est amoureux de Jessica et qui ne sait plus trop à quel saint se vouer. Gabriele Lavia, vu dans quelques films de Dario Argento, est peut-être celui qui s'en sort le mieux, dans le rôle du mari totalement dépassé par la situation. Son attitude reste assez crédible et il se doit de composer avec les aberrations du scénario. Vous laisseriez votre femme enceinte et malade comme pas une seule dans votre maison avec un parfait inconnu qui vous dit que lui seul à la solution pour la sauver ? Pas si sûr. C'est d'ailleurs ce que se dit le docteur de Jessica, qui ne comprend pas l'attitude de son mari, qui ne veut pas la faire transférer à l'hôpital. La seconde partie du film, se référant à L'Exorciste donc, manque cruellement d'ambiance, ne provoque jamais la peur ou la moindre tension et s'avère assez vaine en fin de compte. La scène finale est encore plus tarabiscotée et vient clore ce film de possession sur une touche de ridicule assez prononcée. Grosse déception donc que Le Démon aux Tripes, dont la bande-annonce m'avait pourtant donné envie et qui est bien plus fun que le film lui-même. A noter que des producteurs, toujours aussi malins, se sont amusés à re-titré le Shock de Mario Bava en Beyond the Door 2 ! Bah voyons ! Et en 1989, un Beyond the Door 3 a fait son apparition, sous la direction de Jeff Kwitny. Ces deux films n'ont évidemment rien à voir avec le film d'Ovidio G. Assonitis comme vous vous en doutez ! Sacré mercantilisme sauvage quand même ! En tout cas, pour ma part, je me demande si je ne vais pas plutôt aller voir du côté de Behind the Green Door, une certaine Marilyn Chambers rendant l'intrigue plus distrayante à mon avis... 

* Disponible en BR chez -> ARROW VIDEO <-


mardi 27 avril 2021

TOYS ARE NOT FOR CHILDREN

 

TOYS ARE NOT FOR CHILDREN
(Toys are not for Children)

Réalisateur Stanley H. Brassloff
Année : 1972
Scénariste Macs McAree
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Marcia Forbes, Harlan Cary Poe, Evelyn Kingsley, Luis Arroyo, Fran Warren...

L'HISTOIRE : Vouant une passion hors norme envers son père depuis sa plus tendre enfance, Jamie Godard a du vivre sans lui après que sa mère l'ait mis dehors suite à ses nombreuses aventures avec des prostituées. La jeune fille, désormais âgée de vingt ans, s'est renfermée dans son monde à elle, continuant à s'amuser avec tous les jouets que son père lui a offert depuis sa naissance. Elle se marie avec son collègue de travail, Charlie Belmond, mais se refuse à lui, préférant rester enfant dans un corps de femme. Sa rencontre avec Pearl Valdi, une prostituée qu'a fréquenté son père, et Eddie, le mac de cette dernière, va radicalement changer le comportement de Jamie, au grand dam de Charlie, qui reste impuissant face à la situation...

MON AVIS : Je savais que les années 70 recèlent des petites perles d'exploitation movie ! En voici un de plus, qui mérite assurément d'être découvert ! Réalisé en 1972 par Stanley H. Brassloff, qui n'a que deux films à son actif en tant que metteur en scène, Toys are not for Children est un drame atypique, psychologique, qui nous plonge dans le trauma de Jamie Godard, la jeune héroïne du film, interprétée par Marcia Forbes, dont ce sera l'unique rôle en tant qu'actrice. Les jouets sont souvent des vecteurs fantasmatiques ou effrayants dans les films, leur rigidité, leur apparence même, offrant aux réalisateurs matière à créer le suspense ou l'effroi. Poupée vivante, clown au rictus inquiétant prenant vie, peluche s'animant pour terroriser l'entourage de son possesseur, le catalogue est vaste, depuis La Quatrième Dimension à Poltergeist, en passant par Magic, la saga Chucky, Teddy, Demonic Toys, la saga Puppet Master j'en passe. Dans Toys are not for Children, les jouets ne déclenchent aucun élément de nature fantastique. Ils restent inertes. Il n'ont pas de volonté propre. Ils n'ont pas d'âmes. Sauf par leur propriétaire. Car la petite Jamie y tient beaucoup, à ces jouets, qui lui ont été offert par sa papa d'amour. Un papa coureur de jupons, qui aimait bien passer du temps avec des prostituées, au détriment de sa femme. Et qui aimait bien passer du temps avec sa fille. Les images du film restent assez ambiguës quand à la nature réelle de leur relation, même si on ne peut s'empêcher d'imaginer qu'un lien plus sordide anime le père et la fille. Les courts flashback, nous montrant le père faire prendre son bain à la petite Jamie ou la couvrir de bisous sur la bouche, laisse planer un sentiment de doute, qui met mal à l'aise. Le possible inceste n'est jamais frontalement montré, et ce n'est pas explicitement montré. Il est possible que le père n'ait rien à se reprocher au final. En tout cas, on est en présence d'un complexe œdipien comme rarement vu au cinéma (ou complexe d'Electre au choix) et cette fascination de l’héroïne pour sa père confère au film un climat perturbant, malsain, déstabilisant. Femme-enfant dans un corps de femme, la névrose de Jamie va bien lui compliquer la vie, et surtout celle de son mari, Charlie (Harlan Cary Poe). Ce dernier va se retrouver complètement désemparé face à sa femme, qui refuse tout attouchement ou relation sexuelle, préférant dormir ou passer du temps avec ses jouets d'enfance, qu'elle a minutieusement conservé et rapporté dans leur nouvelle appartement. Cette apparente frigidité, cette vulnérabilité, cette peur du sexe participent à faire du personnage de Jamie un être des plus troublants. La scène d"introduction, qui nous la montre entièrement nue sur son lit et serrant dans ses bras une peluche, qu'elle fait glisser sur son corps en gémissant "papa" donne le ton. Glauque. Perturbant. Sa relation avec son mari Charlie est là aussi assez dérangeante. Après tout, ne l'a voit-il pas lui-même comme un objet, une poupée qu'il pourrait manipuler, un être inanimé dans lequel il a incarnait ses désirs ? Face aux refus de sa femme de se livrer pleinement au joie du sexe, il fait comme son père avant lui, il l'abandonne, préférant se rendre dans des discothèques pour rencontrer d'autres femmes plus ouvertes. Pourtant, il aime Jamie et tentera de la ramener dans le croit chemin. Car le chemin qu'emprunte Jamie est trouble, sinueux, tout comme l'est son esprit dérangé. Son unique préoccupation est de retrouver son père, la seule personne qui compte dans sa vie. Elle va rencontrer Pearl et Eddie, une prostituée et son mac, et voir en eux la possibilité de retrouver une trace de son père. Si Jamie se refuse à son mari, elle aura moins d'appréhension à devenir elle aussi une prostituée, appelant "papa" les hommes qu'elle va rencontrer au gré de ses passes. Le film évite le voyeurisme pervers ou la complaisance érotique, même si quelques vision du corps nu de Jamie nous seront proposées. Ne sombrant jamais dans le graveleux, du moins en terme d'images, le sujet l'étant, quant à lui, Toys are not for Children déconcerte aussi par ce choix du réalisateur de ne pas verser dans la sexploitation facile auquel le sujet pouvait facilement se prêter. Cela renforce encore plus son impact je trouve et son intérêt. Le fait pour Jamie de devenir prostituée peut s'expliquer par le fait que cette fois, elle n'est plus un objet, c'est elle qui prend les choses en main, qui fait naître le désir chez les autres et qui peut assouvir ses propres fantasmes et non l'inverse. La rencontre final avec son père, qu'elle a fini par retrouver grâce à Pearl, est une des scènes marquantes du film. Sans rien dévoiler, elle se montre choquante, malaisante, tout en jouant avec les apparences. Avec une très bonne mise en scène, avec de jolies couleurs, avec une reconstituions du monde de l'enfance adéquate, avec un casting qui joue bien et un travail sur la personnalité de Jamie fort bien amené, Toys are nor for Children est de ces films méconnus qui se doivent d'être remis en avant, tant il dénote des productions plus formatées qu'on a l'habitude de nous servir. C'est un drame obsédant, touchant, qui traite de manière originale un traumatisme qui provoque des questionnements, des interrogations. Une oeuvre vénéneuse, qui se montre bien moins grindhouse que prévu, ce qui peut expliquer sa mauvaise réception de la part de la critique et du public à l'époque de sa sortie.

* Disponible en BR chez -> ARROW VIDEO <-       


MORTAL KOMBAT (2021)

 

MORTAL KOMBAT
(Mortal Kombat)

Réalisateur : Simon McQuoid
Année : 2021
Scénariste : Greg Russo, Dave Callaham
Pays : Etats-Unis, Australie
Genre : Action, Fantastique, Gore, Arts-Martiaux
Interdiction : -12 ans
Avec : Lewis Tan, Jessica McNamee, Josh Lawson, Joe Taslim, Hiroyuki Sanada...

L'HISTOIRE : La Terre est sous la menace de l'Autre Monde, un lieu ténébreux dirigé par Shang Tsung. Depuis des millénaires, des guerriers de la Lumière combattent les combattants de Shang Tsung dans une compétition universelle baptisée Mortal Kombat. L'Autre Monde a déjà remporté 9 victoires. Si les héros de Shang Tsung remporte une dixième victoire, ce sera l'envahissement de la Terre par les ténèbres. Le dieu du tonnerre, Raiden, protecteur de la Terre, doit réunir une nouvelle équipe de combattants pour contrer Shang Tsung et ses redoutables guerriers, dont Sub-Zéro, Mileena, Reiko, Kabal, Goro ou Nitara. Un jeune boxeur, Cole Young, ainsi qu'un mercenaire, Kano, vont être recrutés par Sonya Blade et Jax, puis emmener au temple de Lord Raiden pour y suivre une formation menée par Liu Kang et Kung Lao. Un entraînement destiné à faire surgir leur pouvoir, une capacité spéciale qui ne sera pas de trop pour affronter la redoutable équipe de Shang Tsung...

MON AVIS : La fameuse franchise vidéo-ludique Mortal Kombat, apparue en 1992 et qui compte déjà 11 numéros et 3 spin-offs, a eu droit à une première adaptation cinématographique en 1995, qu'on doit à Paul W. S. Anderson et qui met en scène Christophe Lambert dans le rôle de Lord Raiden. Le film a rapporté 122 millions de $ de bénéfices dans le monde. Une suite apparaît en 1997, sans Christophe Lambert, remplacé par James RemarMortal Kombat : Destruction finale, qui reçoit un accueil bien plus mitigé et ne réitère pas le succès de son prédécesseur. Il faudra attendre 2021 pour qu'un reboot fasse son apparition. Reprenant en gros l'histoire du premier jeu vidéo, ce Mortal Kombat version 2021 se veut un gros blockbuster mêlant action, fantastique et gore. Les adaptations de jeux vidéos sont la plupart du temps ratées ou ne recueillent pas souvent les suffrages du public. Le réalisateur Simon McQuoid veut tout faire pour inverser cette tendance et on peut dire qu'il y est parvenu en grande majorité. Adapter un jeu vidéo de combat n'est pourtant pas si facile que ça, notamment en terme scénaristique. Honnêtement, ce Mortal Kombat 2021 s'en sort plutôt bien à ce niveau. Forcément, on ne va pas avoir un scénario Shakespearien, surtout qu'on n'est pas là pour voir ça non ? On veut de la baston, du gore et surtout voir les personnages de pixels prendre vie à l'écran de la manière la plus respectueuse possible vis à vis du jeu vidéo. De ce point de vue là, difficile d'avoir quelque chose à redire : Sub-Zéro est incroyable, Lord Raiden foudroyant, Goro parfaitement conçu, Mileena a bien sa bouche dentée, Jax a ses deux bras robotisés, Kano à bien son œil laser et j'en passe. Les effets visuels sont parfaitement mis en valeur, les différentes facultés des personnages sont respectés et prennent vraiment vie à l'écran, ce qui provoque une vraie jubilation de spectateur-gamer. Voir le chapeau tranchant de Kung Lao en action donne la banane, surtout quand on assiste à une vraie fatality ultra gore ! Il en va de même avec Jax, qui nous offre une brutality de premier ordre ! Ces différents personnages vont donc intervenir dans un scénario somme toute basique mais pas plus bête qu'un autre et qui remplit sa fonction première : divertir. La séquence introductive, se déroulant au Japon médiéval, est sublime et permet a revoir l'acteur culte de mon enfance, Hiroyuki Sanada, le célèbre Ayato de la série San Ku Kaï, qui joue ici le personnage de Scorpion. On le reverra dans sa tenue jaune et noir vers la fin du film, servi par des effets-spéciaux qui rendent justice à ce personnage phare de la saga. La suite nous présente le héros du film, un boxeur du nom de Cole Young, interprété par Lewis Tan. J'entend déjà rugir les haters, regrettant que ce personnage n'existe pas dans l'univers Mortal Kombat. Qu'ils aillent périr en Enfer, les mecs jamais content de rien et qui se plaignent de tout, y'en a ras-le-bol. C'est même plutôt sympa d'avoir créé un nouveau protagoniste pour ce film, ça apporte un peu de nouveauté justement. Poursuivi par Sub-Zéro, qui a reçu pour mission d'éradiquer tous les combattants portant la marque du Dragon sur Terre, Cole Young va faire la rencontre de la belle Sonya Blade (Jessica McNamee), du puissant Jax (Mehcad Brooks) et du mercenaire Kano (Josh Lawson). Ce dernier apporte un peu d'humour au film, avec quelques répliques pas piquées des hannetons et qui font dans le graveleux et le misogyne. Ce n'était peut-être pas obligé de faire de ce personnage une sorte de parodie de mercenaire qui aurait pu jouer dans un Bis italien mais ça passe. On est pas là pour se prendre la tête de toute façon mais pour s'amuser. Le film prend ensuite une tournure sans réel surprise, logique même, avec ces nouvelles recrues se rendant au Temple de Lord Raiden (Tadanobu Asano) pour y suivre un entrainement martial destiné à faire surgir leurs capacités spéciales. Scènes de bagarre s'enchaînent avec rythme, la formation étant menée par Liu Kang (Ludi Lin) et Kung Lao (Max Huang). Bien sûr, de son côté, le méchant Shang Tsung poursuit sa quête et va venir perturber l'entraînement, avec quelques petits rebondissements et retournements de situation qu'on a vu venir. Toute cette partie se déroulant au Temple se montre un peu plus molle que prévue et on regarde ce spectacle sans en être retourné ou bluffé, attendant en fin de compte qu'arrive enfin l'affrontement entre forces du Bien et du Mal ! Là, par contre, c'est du tout bon ! Les divers adversaires vont s'affronter chacun dans des décors différents, ce qui rend une nouvelle fois un bel hommage au jeu vidéo, certains coups étant même repris lors des bagarres. Les effets-spéciaux tiennent largement la route, les apparitions/disparitions de Kabal par exemple sont extraordinaires et d'une belle fluidité. Le film retrouve une bonne dynamique et ces divers combats font plaisir à voir. La dernière partie, avec l'affrontement entre Sub-Zéro et Scorpion est badass à mort et assure un divertissement de bon niveau. Le célèbre thème musical du film de 1995 s'invite à la fête, pour une courte durée il est vrai mais ça fait toujours plaisir de le réentendre. Au final, Mortal Kombat 2021 est un pur entertainment qui n'a pas d'autre objectif que d'en mettre plein la vue au public. C'est fun, coloré, violent, un peu gore, le scénario est un peu passe-partout, possède quelques facilités et défauts, on ne s'en cache pas, mais dans l'ensemble, le contrat est quand même bien remplit. Un pop-corn movie assez solide, nettement plus réaliste que le film de 1995, qui possède pour lui un aspect nostalgique certain. Les deux versions valent le coup d'être vu en tout cas.


dimanche 25 avril 2021

THE WITCH WHO CAME FROM THE SEA

 

THE WITCH WHO CAME FROM THE SEA
(The Witch who came from the Sea)

Réalisateur : Matt Cimber
Année : 1976
Scénariste : Robert Thom
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Thriller, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Millie Perkins, Lonny Chapman, Vanessa Brown, Peggy Feury, Stafford Morgan...

L'HISTOIRE : Serveuse dans un bar, Molly est une femme assez perturbée, qui s'enfonce dans la consommation d'alcool et la prise de médicaments pour faire cesser ses incessants maux de tête. Elle a parfois du mal à dissocier ses rêves de la réalité et entend des voix provenant des idoles qu'elle admire à la télévision. Elle fantasme sur deux joueurs de football célèbres, et fait un rêve où elle se retrouve au lit avec eux, un rêve qui devient cauchemar quand elle finit par les émasculer violemment. Le lendemain, elle apprend aux informations télévisées que deux joueurs de foot ont été retrouvés morts...

MON AVIS : Avec sa superbe illustration, qui n'est autre qu'une variation du dessin réalisé par Frazetta pour la couverture d'un numéro du magazine Vampirella, The Witch who came from the sea interpelle et donne furieusement envie de plonger dans ces eaux qu'on suppose ensanglantées. Réalisé en 1976 par Matt Cimber, qui fût l'un des maris de Jayne Mansfield, le film risque fort de surprendre le public car il ne sera nullement question de sorcellerie, de satanisme ou de créature maléfique venue des profondeurs de l'océan comme on pouvait le penser ou l'imaginer. The Witch who came from the sea est avant tout un drame, humain, celui de Molly, superbement interprétée par Millie Perkins, l'excellente Anne Frank du film de 1959 entre autres. Le début du film nous présente Molly comme étant une tata attentionné, qui emmène à la plage ses deux neveux et prend soin d'eux. Un peu plus loin, des bodybuilders font du sport. Le regard de Molly semble alors sombrer dans le vague, et elle s'imagine les sportifs morts sur les appareils d'entraînements. Une scène introductive qui intrigue et qui nous fait comprendre que Molly a quelques soucis d'ordre psychologique. Ce qui est bel et bien le cas. La dispute entre sa sœur et elle, au sujet de leur père, nous donne un indice. Pour sa sœur, leur père était un enfoiré de marin, un bâtard qui a bien fait de disparaître. Pour Molly, c'est un ressentiment inverse, leur père étant une personne intentionnée, une bonne personne. Plusieurs fois au cours du film, des flashbacks concernant l'enfance de Molly nous seront montrés et la terrible vérité nous sautera au visage, malsaine, glauque au possible, avec des courtes scènes qui mettent littéralement mal à l'aise. La relation entre Molly et son marin de père ne pouvait que provoquer une rupture psychologique chez la jeune femme, qui a toujours refoulé la vérité au point de finir par confondre image fantasme et réalité. Instable, névrosée, frustrée sexuellement, Molly s'invente un monde dans lequel les idoles de la télévision, les stars de cinéma, lui parlent à travers l'écran. Alcoolique et psychotique, Molly désire plus que tout s'abandonner dans les bras et dans le lit de ses idoles et elle y réussit souvent. Seulement, son passé la rattrape et quand sa psychose prend le dessus, elle ne se contente plus de tuer ses idoles en rêve. Le fait que Molly castre ses amants-stars d'une nuit fait écho à son traumatisme d'enfance, où la virilité masculine est perçue comme un danger. Son rapport à la télévision provient également de son enfance, le tube cathodique étant le seul refuge dans lequel elle trouvait un peu de réconfort. The Witch who came from the sea dérange, surprend, incommode. L'érotisme cru et la violence légèrement excessive se mélangent pour dresser un beau portrait de femme aliénée, que la prestation de Millie Perkins transcende totalement. Tous les détails sont bien agencés par le réalisateur, comme ce tatouage de sirène que Molly se fait encrer sur le bas de ventre et qui trouvera une symbolique forte lors d'un ultime flashback révélateur. La déchéance mentale de l'héroïne est traitée avec intelligence, et malgré les actes abominables qu'elle commet, on ne peut s'empêcher de ressentir une certaine empathie à son égard. Avec The Witch who came from the seaMatt Cimber, auteur de trois Blaxploitation 70's qui ont une bonne renommée (The Black 6, The Candy Tangerine Man et Lady Cocoa) et du film d'héroic-fantasy Hundra en 1983, a offert au public un film étrange, onirique et obscur, une de ses pelloches d'exploitation 70's qui ne ressemble à aucune autre, même si l'ombre du Répulsion de Polanski peut être évoqué ici, en ce qui concerne la mise en avant d'un état mental perturbé. Le film possède quelques défauts bien sûr, mais niveau mise en scène et acting, il tient la route et se montre visuellement soigné. Les amateurs d'étrangeté sur pellicule se laisseront emmener au creux de la vague avec Molly, pour un voyage hallucinatoire qui ne peut que mal se terminer...

* Disponible en BR chez -> ARROW VIDEO <- 



HITCH HIKE TO HELL

 

HITCH HIKE TO HELL
(Hitch Hike to Hell)

Réalisateur : Irvin Berwick
Année : 1983
Scénariste : John Buckley
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Robert Gribbin, Russell Johnson, John Harmon, Randy Echols, Dorothy Bennett...

L'HISTOIRE : Livreur dans une blanchisserie, Howard Martin a tout du gentil garçon, serviable et un peu timide. Il vit seul avec sa mère pour qui il voue une admiration sans faille. Pour rendre service, Howard n'hésite pas à prendre des auto-stoppeuses lors de ses livraisons. Mais derrière cette apparente façade amicale se cache un serial-killer psychotique. Quand les auto-stoppeuses avouent à Howard qu'elles sont en fugue et qu'elles n'aiment pas leurs mères, celui-ci sombre alors dans une folie meurtrière incontrôlable. Les victimes se multiplient et la police reste impuissante...

MON AVIS : Méconnu, le réalisateur Irvin Berwick est un prodige du piano, qui donnait déjà des concerts avant ses dix ans. Plus tard, il devient coach-dialoguiste pour la Warner dans les années 40 puis est engagé à la Universal dans les années 50, travaillant notamment avec Jack Arnold. Voulant surfer sur le succès de L'étrange Créature du Lac Noir, Berwick, associé avec le maquilleur Jack Kevan, monte une petite boite de production, la Vanwick Productions, utilise des éléments de costumes provenant de divers films, et réalise son premier film en 1959, à savoir The Monster of Piedras Blancas. Il tourne ensuite quelques drames et films noir, comme The 7th Commandment en 1961, Strange Compulsion en 1964, The Street Is My Beat en 1966 ou Ready for Anything en 1968. Dix ans plus tard, il met en scène Suddenly the Light (1978) puis Malibu High en 79. Son huitième et dernier film sera Hitch Hike to Hell, qu'il réalise en 1983. Peu de films au compteur, avec certains qui sont difficilement trouvables, d'où le relatif anonymat dont il est victime. Il faut dire aussi que la plupart sont de toutes petites séries B assez fauchées, de purs produits d'exploitation qui ont fait principalement la joie des Drive-In américain. The Monster of Piedras Blancas et Hitch Hike to Hell sont sûrement ces deux films les plus connus. C'est donc de ce dernier dont on va parler ici. On le sait depuis pas mal de temps déjà, la pratique de l'auto-stop peut s'avérer des plus dangereuses, car on ne sait jamais sur qui on va tomber, ce ne sont pas les victimes de Ted Bundy ou de Ed Kemper qui diront le contraire. Le cinéma s'est emparé assez tôt du phénomène de l'auto-stop et a su mettre en garde ses pratiquants en développant des films où cette pratique n'était guère conseillée. On pense à Le Couteau dans l'eau, à Massacre à la Tronçonneuse bien sûr, à La Proie de l'Auto-stop, à The Hitcher, à Wolf Creek et j'en passe. En 1983, Irvin Berwick s'attaque donc au sujet avec Hitch Hike to Hell. Un titre qui ne fait pas dans la demi-mesure, tout comme la chanson éponyme du générique, chantée par Nancy Adams et qui, elle aussi, est bien explicite : "There's danger on the road when you go thumbing a ride. You can never tell when you hitchhike to Hell. There's danger, there's danger on the road." Ça a au moins le mérite d'être clair. Avec très peu de moyen financier, avec des acteurs qui n'en sont pas vraiment, dont la plupart n'apparaîtront dans aucun autre film d'ailleurs, Hitch Hike to Hell peut être vu comme un virulent pamphlet anti-auto-stop, un film moralisateur, qui appuie également sur le fait que pas mal de fugues d'adolescent(e)s ont pour origine la mauvaise ambiance qui règne au sein du domicile familial. Parents qui passent leur temps à s'engueuler, parents trop fermes, qui donnent trop de restrictions à leurs progénitures, conflits adolescents / adultes, parents qui délaissent carrément leurs enfants et autres difficultés de la vie de tous les jours poussent donc les futures victimes à quitter leur lieu de vie, pensant trouver ailleurs un paradis perdu. Et ce sera bel et bien l'Enfer qui les attendra dans le film, en la personne d'Howard Martin, interprété par Robert Gribbin.Un acteur tout aussi méconnu que son réalisateur, vu dans quelques séries-télévisées dans les années 70/80. Il campe donc ici ce garçon à lunette qui a l'air gentil, voire même un peu benêt, trop couvert par une mère ultra-protectrice qu'il adore. L'absence de figure paternel et une mère protectrice mais qui n'est jamais montrée comme étant trop envahissante ne seront pas forcément à mettre comme élément déclencheur du conflit psychologique qui oeuvre dans la tête d' Howard. On apprendra assez tôt dans le film que c'est la fugue de sa sœur Judy, qui n'a jamais donné de ses nouvelles depuis, qui a profondément perturbé le jeune homme et lui a laissé quelques traces indélébiles dans le cerveau. Une fugue qu'il n'a jamais accepté, ne comprenant pas comment on peut faire de la peine à une mère douce et aimante. Une thématique qui n'est pas sans nous rappeler le Psychose d'Hitchcock bien sûr ou le Maniac de William Lustig entre autres, même si, encore une fois, la maman d'Howard a un comportement bien éloigné de celui de madame Bates ou de madame Zito. Reste que notre gentil Howard pète un câble dès qu'une des jolies auto-stoppeuses qu'il prend en cours de route lui avouent qu'elles sont en fugue et qu'elles détestent leur mères. Avec de gros mouvements de yeux et des grimaces, l'acteur nous fait comprendre qu'il ne supporte pas ces déclarations et qu'il sombre dans le côté obscur de la force. Si l'acting peut prêter à sourire la plupart du temps, avec une théâtralité assez présente, les scènes de mises à mort parviennent par contre à se montrer assez glauques, sans aucun débordement sanglant, mais les cris des jeunes victimes, les strangulations, les viols (filmés hors caméra) et surtout les visions des corps meurtris jetés tel des déchets dans la nature, participent pleinement à créer une petite ambiance malsaine assez plaisante. Le défaut du film serait qu'il ne va cesser de répéter encore et toujours les mêmes séquences par la suite, à savoir Howard parlant au patron de sa blanchisserie (John Harmon, un habitué des films de Berwick) qui en a marre de ses retards, Howard n'ayant plus d'appétit après un meurtre et qui se voit dorloté par sa maman qui l'envoie fabriquer des maquettes (son hobby) et Howard prenant en stop une nouvelle victime, agissant toujours sur le même mode opératoire, le rapprochant en ce sens d'un tueur en série. Des séquences interrompues par l'enquête de la police, menée par le capitaine Shaw (Russell Johnson) et le lieutenant Davis (Randy Echols). Par certains aspects, que ce soit la réalisation, le jeu d'acteurs ou les scènes avec les policiers, Hitch Hike to Hell m'a rappelé le Blood Feast d'Herschell Gordon Lewis, sans l'aspect gore. Le film de Berwick provoque parfois un peu d'ennui mais il se laisse suivre dans réel déplaisir, s'adressant avant tout aux amateurs de low budget, de films d'exploitation pur jus, qui n'hésite pas à mettre dans les mains de son psychopathe une petite fille de 11 ans, que la police retrouvera dans une benne à ordures, sous les hurlements de sa mère. Alors oui, on est très loin d'un Henry, portrait d'un serial killer, car Hitch Hike to Hell ne développe jamais la personnalité de son tueur comme a pu le faire John McNaughton. Mais en l'état, et si vous aimez ce type de films à très faible budget, vous trouverez certainement quelques qualités à Hitch Hike to Hell, que vous visionnerez en double-programme avec un autre film du genre par exemple, ce qui vous fera passer une agréable soirée à n'en point douter ! 

* Disponible en BR chez -> ARROW VIDEO <-  

  

samedi 24 avril 2021

GANJA & HESS

 

GANJA & HESS
(Ganja & Hess)

Réalisateur : Bill Gunn
Année : 1973
Scénariste : Bill Gunn
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Fantastique, Vampire
Interdiction : -12 ans
Avec : Duane Jones, Marlene Clark, Bill Gunn, Sam L. Waymon, Leonard Jackson...

L'HISTOIRE : Alors qu’il fait des recherches sur un peuple africain antique, l’anthropologue Dr Hess Green est frappé d’un coup de dague de cérémonie par son nouvel assistant qui se suicide peu après. Hess se découvre alors une addiction au sang humain. Lorsque Ganja, la femme de l’assistant, arrive chez lui, elle trouve le corps et entame avec le Dr Hess une étrange relation de mort, de sang et de douceur lascive...

MON AVIS : Le succès de Shaft et Sweet Sweetback's Baadassss Song en 1971 lance le mouvement de la Blaxploitation, des films réalisés par des noirs, avec des acteurs noirs et pour les noirs. Si les polars et les films d'action représentent la grosse majorité des titres de Blaxploitation produits dans les années 70, le cinéma fantastique n'échappera pas à la vague, avec notamment l'incroyable succès de Blacula, le Vampire Noir en 1972. Des producteurs demandèrent à Bill Gunn, un nouveau metteur en scène qui n'a qu'un film à son actif pour le moment, mais qui est plus connu pour son travail en tant que scénariste, d'écrire et de réaliser un autre film de vampire. Ce sera donc Ganja & Hess, tourné en 1973, et qui à la particularité d'avoir l'acteur Duane Jones au générique pour interpréter le personnage du docteur Hess Green. Un acteur devenu célèbre grâce à son interprétation de Ben dans La Nuit des Morts Vivants de George A. Romero en 1968 bien sûr. Bill Gunn écrit donc une histoire de vampire noir assez classique, qu'il présente à la production. Mais il a une autre idée en tête et détournera son scénario pour réaliser le film qu'il veut vraiment faire, sans prévenir ses producteurs. Si Ganja & Hess est bien un film de vampire, jamais ce mot ne sera prononcé dans le film. 22 ans avant The Addiction d'Abel Ferrara, Bill Gunn détourne déjà le mythe vampirique pour en faire une pathologie, ce qui sera également le cas de George A. Romero avec son Martin réalisé en 1977, et qui entretient pas mal de point commun avec Ganja & Hess d'ailleurs. Il est important de préciser que ce film de Bill Gunn est une oeuvre singulière, atypique, déstabilisante, et qui se montre assez hermétique de prime abord. C'est un film à la limite de l'expérimental, qui nécessite une vision exigeante pour en décrypter quelques clés de compréhension. Ce qui ne sera pas chose aisée de toute façon, le film méritant diverses visions pour comprendre là où a voulu en venir son réalisateur, qui a retiré de lui-même des plans ou des séquences par trop explicatives, préférant laisser le soin au spectateur de comprendre, d'analyser les images proposées et leur signification par lui-même. On peut comprendre la réaction des producteurs à la vision du film, bien éloigné du rendu auquel il avait pensé ! Ils ont tellement été abasourdi par le résultat final, qui n'était pas très vendeur, qu'ils ont engagé un nouveau monteur pour tenter de ressortir le film avec plus de trente minutes en moins (le montage original dure 1h52), ce nouveau montage cut de 78 minutes étant connu sous le titre de Blood Couple et a la particularité d'avoir utilisé des rushs non retenus par Bill Gunn qui apporte des éclaircissements à l'intrigue. Une intrigue des plus curieuses en effet, qui laissera pas mal de spectateurs sur le carreau à la première vision, si tant est qu'ils aient envie de revoir le film une seconde fois, ce qui n'est pas certain. Dommage pour eux. Sur un rythme particulièrement lent, contemplatif, Duane Jones, frappé par trois fois par une dague africaine qui contient un poison rendant dépendant au sang humain, va arpenter les rues de New York et de Brooklyn à la recherche de sang frais, non pas par désir mais par besoin. Un protagoniste plus victime que prédateur donc, et qui va devoir faire face à une terrible dualité en son for intérieur, sa chrétienté étant mise à rude épreuve avec ce nouvel aspect vampirique non désiré de sa personnalité. L'apparition de Ganja, interprétée par Marlene Clark, va compliquer encore plus les choses, cette dernière devenant petit à petit le personnage principal de l'histoire. Sa relation avec le docteur Hess Green va aller crescendo et prendre une tournure pas si inattendue mais originale dans son inversion du rapport de force. Certaines images font sensations, et la bande sonore est très travaillée. Reste que le côté arty, voire même cinéma d'auteur, reste omniprésent et qu'on ne sait pas trop comment réagir devant un tel ovni cinématographique. Même l'aspect Blaxploitation est pris à contre-courant et on est loin des films avec Pam Grier par exemple. Ganja & Hess est une expérience visuelle et sonore vraiment à part, pas facile d'accès, psychédélique, horrifique, érotique, et dont l'aura de film culte attisera la curiosité du cinéphile aguerri, toujours prompt à découvrir des œuvres qui refusent la facilité. Ganja & Hess en est assurément une ! A noter que Spike Lee a fait un remake du film de Bill Gunn en 2014, avec Da Sweet Blood of Jesus.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> CAPRICCI <-
Superbe édition de ce film méconnu, proposé en DVD et en Blu-Ray (VOSTF uniquement). Outre un livret de 16 pages, on trouve en bonus le documentaire Ganja & Hess, Blood of the Thing (29 min.), une superbe étude de Jean-Baptiste Thoret en deux parties qui éclaircie bien des points obscures et donne envie de retourner dans l'univers de Bill Gunn, ainsi qu'un module sur la musique du film. 


SORCIÈRE

 

SORCIÈRE
(The Reckoning)

Réalisateur : Neil Marshall
Année : 2020
Scénariste : Neil Marshall, Charlotte Kirk, Edward Evers-Swindell
Pays : Angleterre
Genre : Drame, Fantastique, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Charlotte Kirk, Sean Pertwee, Steven Waddington, Joe Anderson, Ian Whyte...

L'HISTOIRE : Angleterre, 1665. Le pays est ravagé par la Grande Peste tandis que la chasse aux sorcières bat son plein. Après avoir contracté la maladie, un jeune fermier, Joe, se pend plutôt que de contaminer sa femme, Grace, et leur nouveau-né. Abandonnée, Grace doit faire face au propriétaire de leur ferme, le notable du comté Pendleton, qui réclame le loyer en retard et lui propose de s'offrir à lui. Mais elle refuse ses avances et il l'accuse aussitôt publiquement de sorcellerie. Désormais à sa merci ainsi qu'à celle du plus grand chasseur de sorcières, le juge Moorcroft, qui s'est spécialisé dans l'extraction de confessions des femmes soupçonnées d'être des sorcières, Grace subit les pires douleurs physiques et psychologiques jusqu'à ce qu'elle reçoive la visite du Diable en personne…

MON AVIS : Le réalisateur anglais Neil Marshall fait partie des nouveaux petits chouchous des fans de cinéma de genre depuis 2002, année où il offrit aux spectateurs le fameux Dog Soldiers qui donnait un coup de fouet aux films de loups-garous. Il enchaîna avec le stressant The Descent en 2005, le post-apocalyptique Doomsday en 2008, le péplum burné Centurion en 2010 puis orienta sa carrière de metteur en scène dans le domaine des séries-télévisées, réalisant des épisodes de Black Sails, Constantine, Hannibal, Timeless ou Westworld entre autres. Les showrunners de Game of Thrones le sollicitèrent également pour deux épisodes épiques, celui de La Néra en 2012 (saison 2 - épisode 9) et Les Veilleurs au rempart en 2014 (saison 4 - épisode 9). En 2015, il participe au film à sketch Tales of Halloween avec le segment Bad Seed puis livre une nouvelle vision de Hellboy en 2019, vision conspuée par le public mais défendu par le créateur du personnage lui-même, Mike Mignola. Et en 2020, on le retrouve derrière la caméra pour Sorcière, un film classé dans le registre du film d'inquisition, sous-genre popularisé par Le Grand Inquisiteur et La Marque du Diable entre autres. Personnellement, je suis assez friand des films basés sur cette période trouble de l'Histoire, qui vit plus de 500 000 femmes être accusées de sorcellerie en Angleterre et en Europe de l'Est, torturées et brûlées vives sur de fausses déclarations ou via des aveux obtenus avec force par la Sainte Inquisition. Longs-métrages historiques à costumes, mettant souvent en avant des scènes de tortures que personne ne peut envier, les films d'inquisition peuvent être vus comme des œuvres misogynes, destinés à un public avide de voir de frêles jeunes femmes être soumises brutalement par des hommes se déclarant fidèles de Dieu et n'ayant que cet argument pour faire valoir leur position de force. Avec Sorcière, Neil Marshall s'aventure donc sur ce terrain glissant, aidé au niveau du scénario par Edward Evers-Swindell mais également par une femme, Charlotte Kirk, qui n'est autre que l'actrice principal du film et la petite amie de Neil Marshall. Si vous vous promenez un peu sur le net, vous verrez que Sorcière ne recueille pas énormément de suffrage en sa faveur. Pourtant, le film est très loin d'être le navet cité par certains et j'ai du mal à comprendre cette envolée de bois vert à son encontre, car il remplit parfaitement le cahier des charges. Il s'avère bien filmé, avec parfois des scènes superbement éclairées (celle durant l'orage par exemple), le casting est plutôt bon, avec une Charlotte Kirk totalement investit dans son personnage, tout comme Sean Pertwee, détestable dans son rôle de John Moorcroft, le grand inquisiteur. Les scènes de tortures sont bien présentes, présentées de manière assez réaliste et crue, sans toutefois versées dans la pure exploitation Bis. On en, en tout cas, pas envie d'être à la place de Grace, le personnage principal qui va endurer ces abominations avec force et résilience, refusant d'admettre être une sorcière pour céder aux menaces de l'inquisiteur. Plus les jours de tortures passent, plus la santé psychologique de Grace vacille, tenant bon par amour pour sa fille née récemment. Un vacillement qui, lié à un épuisement physique, va provoquer chez elle des visions, des hallucinations, qui, cette fois, versent dans le pur cinéma Bis. L'apparition de Lucifer lui-même, dans toute sa splendeur de démon cornu et ailé, donnera la banane aux fans de série B et de maquillage outrancier. Et quand Neil Marshall rend un vibrant et sublime hommage visuel à la célèbre peinture de Boris Vallejo, montrant un démon ailé enlaçant une femme nue, on ne peut qu'acclamer le réalisateur ! Avec un rythme soutenu, avec des retournements de situation, avec son actrice charismatique, Sorcière marque des points et parvient à maintenir un intérêt certain tout au long de ses 110 minutes. Le film n'est pas exempt de quelques défauts bien sûr mais franchement, il tient bien la route dans son ensemble et ne mérite certainement pas d'être cloué au pilori. Certes, on peut trouver qu'il manque un peu de personnalité, on a parfois l'impression d'être dans un épisode de GOT en terme visuel par exemple, mais rien de bien méchant. On appréciera la séquence avec les adeptes de Dieu portant le célèbre masque de médecin luttant contre la Peste noire, tout comme on trouvera très intrigante l'alliée de John Moorcroft, Ursula, une femme brûlée sur l'ensemble de son corps et du visage, qui a subit le courroux de son maître mais qui en a réchappé, devenant son plus fidèle compagnon de route dans sa croisade contre le Mal. Mais le plus intéressant dans Sorcière, c'est ce qu'il nous renvoie. La condition de la femme est évidemment mise en exergue ici, le sort de Grace pouvant être une métaphore de toutes les violences vécues par la gent féminine depuis des millénaires. Le fait que Charlotte Kirk soit autant scénariste qu'actrice sur le film n'est pas non plus anodin : peu connue, elle a fait récemment trembler Hollywood, avec deux affaires de liaison non consentie qui ont mis à l'échafaud deux producteurs. Le combat mené par son personnage dans ce film qui se déroule en 1665 et qui ne veut pas fléchir face à l'agressivité des hommes, retentit alors comme comme un écho du monde moderne, où ces questions sont toujours de premier ordre. Tout comme la place des croyances au sein de notre société, croyances qui peuvent mener au chaos, au meurtre, tout comme c'était le cas à l'époque de l'Inquisition, où la rationalité passait après le religieux. Sorcière est-il un film militant qui ne veut pas le dire ? A vous de voir...

* Disponible en DVD et BR chez -> METROPOLITAN VIDEO <-



vendredi 23 avril 2021

MA

 

MA
(Ma)

Réalisateur : Tate Taylor
Année : 2019
Scénariste : Scotty Landes
Pays : Etats-Unis, Japon
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Octavia Spencer, Diana Silvers, Juliette Lewis,  McKaley Miller, Corey Fogelmanis...

L'HISTOIRE : Nouvelle venue au sein du lycée de la ville de son enfance, Maggie se fait rapidement des amis et ceux-ci lui proposent une petite soiré festive, qu'elle accepte. Mineurs, le petit groupe ne peut se procurer de l'alcool. Devant la boutique, ils demandent à plusieurs passants de les aider à acheter quelques bouteilles. Une femme noire, surnommée Ma, accepte. Elle renouvellera l'opération une seconde fois mais emmènera cette fois Maggie et ses amis dans son sous-sol, qu'elle a transformé pour que les jeunes du coin puissent y faire la fête en toute sécurité. Toutes ces attentions font que Ma devient très appréciée de Maggie et de ses camarades. Mais cette personnalité attachante ne cacherait-elle pas de sombres secrets ? 

MON AVIS : Et encore une production Blumhouse, une ! Décidément, la boite de Jason Blum n'arrête plus de produire à tout va des thrillers et des films d'horreurs, avec plus ou moins de réussite. On pense au thriller raté Un Voisin trop parfait par exemple, produit en 2015. Alors, Ma se range dans quelle catégorie ? Les réussites ou les ratés ? Réalisé en 2019 par Tate Taylor, qui nous avait offert la très bonne adaptation La Fille du Train en 2016, Ma est un thriller correct, porté par la très bonne prestation de l'actrice Octavia Spencer, bien inquiétante dans la peau de ce curieux personnage qu'on prend rapidement en empathie même si on se doute bien que quelque chose ne va pas, que son comportement accueillant cache anguille sous roche. La mise en scène et le déroulement de l'histoire ne perdent pas de temps pour nous indiquer qu'effectivement, Ma, sous son apparence de bonne copine, a une idée bien précise dans la tête. Au départ, on se dit que cette femme déjà âgée veut simplement avoir des amis, qu'elle se sent seule et que la venue d'adolescents dans son sous-sol redécoré pour leur permettre de faire la fête lui donne du baume au cœur et lui rend de sa jeunesse perdue. Mais ce serait trop simple et surtout, ça ne pourrait suffire à une production Blumhouse. Dès qu'elle se met à faire des recherches via Facebook sur Maggie et ses nouveaux amis, on sent l'entourloupe. Reste à savoir ce qu'elle cherche à faire. On le devinera petit à petit, via des flashbacks jamais encombrants et qui éclairent par petite touche le pourquoi du comment. Hormis Octavia Spencer, le reste du casting s'en sort également bien, comme Diana Silvers qui interprète Maggie avec conviction ou bien encore McKaley Miller et Corey Fogelmanis entre autres. Des ados un peu moins bête que d'habitude (bon, OK, ils cherchent de l'alcool pour se retourner la tête mais bon...) même si, au final, les clichés les rattraperont, pour mener à terme le scénario du film. On trouve également Juliette Lewis qui joue la mère de Maggie. Un casting de qualité pour Ma donc. Reste qu'en fin de compte, malgré quelques bonnes idées, le film ne décolle jamais vraiment, et cède au déjà vu, avec cette thématique de la vengeance qu'on ne présente plus. Le mélange teen movie / thriller ne provoque que peu de tensions, et on ne tremble pas vraiment pour nos ados en proie à cette Ma bien dérangée du ciboulot et qui ronge son frein depuis tant d'années. Quand elle leur demande de ne jamais monter les escaliers qui mènent du sous-sol à sa maison, on a hâte que les héros transgressent cet interdit pour découvrir ce qui se cache là haut. La découverte n'est pas des plus percutantes. On pense parfois à l'héroïne de Misery quand on regarde le personnage de Ma évoluer. Le final du film est bien sympa, avec quelques scènes plus intenses et un peu plus sadiques. Honnêtement, pas de quoi se relever la nuit mais le film de Tate Taylor fait tranquillement passer le temps. On retiendra en tout cas la prestation d'Octavia Spencer qui porte le film sur ses épaules et qui applique bien le slogan "la vengeance est un plat qui se mange froid". 

    

THE CHILL FACTOR

 

THE CHILL FACTOR
(Demon Possessed)

Réalisateur Christopher Webster
Année : 1989
Scénariste Julian Weaver
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Possession
Interdiction : -12 ans
Avec : Dawn Laurrie, Aaron Kjenaas, Connie Snyder, David Fields, Eve Montgomery...

L'HISTOIRE : Un groupe de jeunes couples, passionnés de scooter des neiges, va voir leur week-end se transformer en cauchemar après que l'un d'eux, Tom, soit tombé dans le coma suite à une course entre amis, une erreur de pilotage l'ayant envoyé percuté un arbre. Le petit groupe parviennent à se réfugier dans un refuge abandonné, qui aurait servi de lieu de vie pour des camps d'été apparemment placés sous le signe de la religion, comme le suggère la décoration intérieure. Pendant que Tom, toujours inconscient, se fait soigner, une des filles trouve un curieux Ouija. Les amis s'offrent une petite partie de doux frissons, sans se rendre compte qu'ils viennent de réveiller une force mystérieuse, qui va prendre possession de Tom...

MON AVIS : Tiens, un Evil Dead-like ! Un groupe d'amis, une ancienne cabane et un objet qui va réveiller des forces mystérieuses, on a tout l'attirail pour surfer sur le succès du chef-d'oeuvre de Sam Raimi. Manque juste le talent, la virtuosité et l'imagination débridée de ce dernier, qui n'est clairement pas au rendez-vous dans The Chill Factor ! Réalisé en 1989 par Christopher Webster, ce sera l'unique film de ce dernier, et vu le résultat, on ne peut que le féliciter d'avoir eu l'honnêteté de comprendre qu'il n'était pas fait pour être derrière la caméra. Il s'est recyclé en producteur pour quelques films et c'était sûrement le mieux à faire. Comme vous le savez, j'ai vu un paquet de films de genre depuis 1986 et je suis extrêmement bon public, appréciant la majorité des films que je visionne la plupart du temps. Mais là, avec The Chill Factor, ça a été une véritable torture pour arriver jusqu'au bout, j'ai même du m'y reprendre à trois fois, sombrant souvent dans un sommeil provoqué par la nullité de l'ensemble. Casting passable, mise en scène moribonde qui ne provoque que l'ennui, rythme aux abonnés absents, deux légères scènes érotiques terriblement soft, ambiance et suspense inexistant, dialogues à rallonge et j'en passe sont au menu, ce qui, vous l'avouerez, ne donne pas vraiment envie. Mais quand vous ne connaissez pas le film, forcément, vous ne savez pas ce que vous allez devoir endurer ! Le visuel de l'édition Arrow donne envie par contre, les illustrateurs sont toujours aussi fort pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Dès le début, The Chill Factor annonce la couleur : des fans de scooters des neiges zigzaguent entre les arbres et foncent à toute berzingue sur les tracés enneigés puis vont se restaurer dans une petite auberge. Là, un mâle blanc aviné au bar ne supporte pas de voir que l'une des filles du groupe soit noire et commence à faire un scandale Pas de bol pour lui, son petit ami est taillé comme Lou Ferrigno et met fin à la querelle. La serveuse de l'auberge le remercie et tape la discute avec nos héros de pacotille. Deux des garçons se lancent un défi, leur égo devant leur petite amie respective les faisant devenir un peu neuneu ! Ils décident de s'affronter lors d'une course de vitesse à scooter des neiges et malgré les réticences d'une fille, les voilà qui s'en vont s'affronter, torse bombé sous leur anorak d'hiver ! Manque de bol, l'un des concurrents, Tom, s'en va percuter un arbre et tombe dans le coma ! Bah voilà, il aurait mieux fait de pas jouer au coq celui-là. Pendant ce temps, les minutes défilent au compteur et de l'autre côté de l'écran, on trouve le temps long, très long. Parce qu'il faut bien avouer qu'il n'y a rien d'intéressant pour le moment. Une fois les couples et le comateux installés dans un refuge perdu au milieu de nul part, on se dit que l'action et l'horreur vont enfin intervenir. Et bien c'est raté ! On nous a bien eu ! Pourtant, le refuge avait été barricadé, au niveau des portes et des fenêtres, et la décoration intérieure, avec tout plein de statues de Jesus, de chandeliers et autres croix ornant les murs, nous intriguait et nous promettait une petite montée d'ambiance. Qui a bien pu résider dans ce refuge ? Le groupe découvre que c'était un camp de vacances et on apprendra un peu plus tard que ce lieu servait de refuge à un culte sataniste. Rassurez-vous, je ne dévoile rien, de toute façon, y'a rien à voir dans ce film. Les protagonistes ne trouvent rien de mieux à faire que d'ôter le casque du comateux alors que la logique aurait voulu qu'il n'y touche pas mais bon, passons, et les filles s’apitoient sur son sort. Le mec costaud décide de partir pour alerter les secours et laisse les autres dans le refuge. Et nous, on s'ennuie toujours autant. L’apparition d'un Ouija va-t-il enfin nous sortir de notre torpeur ? Il a un look bien sympa, avec un œil au milieu de la flèche indiquant les lettres ou les mots présents sur le cadre. On a une petite séance de spiritisme improvisée, qui semble réveiller une quelconque force obscure, enfin, on ne sait pas trop en fait et on pense que le comateux vient d'être possédé par ladite force, vu qu'il se réveille et retrouve ses sens. S'ensuit des scènes d'un ridicule totale, avec quelques meurtres rigolos à la rigueur, dont un sympa tout de même, celui où un stalactite vient se planter dans l’œil d'une victime. Je crois que c'est la seule image qui me restera de ce navet haut de gamme. La possession de Tom vous fera bien marrer, tellement c'est mal foutu et... ridicule (oui je l'ai déjà dit mais que voulez-vous, je trouve pas d'autres termes). Enfin voilà, je n'ai pas grand chose à dire sur The Chill Factor ! Certes, il ne devait pas y avoir beaucoup de budget, ça c'est sûr, mais quand même, ça ne justifie pas tout. C'est très mauvais, tout simplement. Si y'a des fans, exprimez-vous ! 

* Disponible en BR chez ARROW VIDEO


mercredi 21 avril 2021

UN VOISIN TROP PARFAIT

 

UN VOISIN TROP PARFAIT
(The Boy next Door)

Réalisateur : Rob Cohen
Année : 2015
Scénariste : Barbara Curry
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Jennifer Lopez, Ryan Guzman, Kristin Chenoweth, Ian Nelson, John Corbett ...

L'HISTOIRE : Une mère, récemment divorcée, a une aventure avec Noah, un jeune homme de son quartier. Quand ce dernier sympathise avec son fils et qu'elle décide de mettre fin à leur relation, les problèmes commencent...

MON AVIS : Mais qu'est-il donc arrivé à Rob Cohen ?  Même s'il ne nous a jamais offert de chef-d'oeuvre, il a toujours su livrer au public des films divertissants, à l'image de Dragon : la véritable histoire de Bruce Lee, Coeur de Dragon, The Skulls, Fast and Furious, XxX ou La Momie : La Tombe de l'Empereur Dragon par exemple. Avec Un Voisin trop Parfait, réalisé en 2015, le voici qui s'enlise dans un thriller érotique soft qui fait peine à voir, recyclant tout ce qu'on a déjà vu ailleurs, en moins bien ! Le titre original, The Boy Next Door pouvait laisser penser qu'on allait être en présence d'une comédie façon The Girl Next Door avec la charmante Elisha Cuthbert mais pas du tout. On est dans une histoire façon Liaison Fatale, avec une Jennifer Lopez qui interprète Claire Peterson, une professeur de lettres divorcée, qui va faire la connaissance d'un nouveau voisin, le jeune et ténébreux Noah (Ryan Guzman). Celui-ci va se lier d'amitié avec son fils Kevin (Ian Nelson) et va peu à peu s'incruster dans sa vie, jusqu'au soir fatidique où elle ne réussira pas à lutter contre ses sens et son attirance pour Noah. Il faut dire que notre bel étalon ne fait pas son âge (20 ans, sérieusement ?) et qu'il est bien mature dans sa tête, mettant à profit son corps et ses abdos en béton armé pour faire craquer Jennifer. Mission réussie donc, lors d'une scène érotico-sensuelle soft mais qui place la célèbre actrice dans des positions assez sulfureuses. Pas de quoi réveillez un mort mais bon, les fans de miss Lopez seront ravis de la voir dans ce film, c'est certain. Le seul souci, c'est tout ce qui suit et qui est téléphoné et ultra-prévisible au possible ! Noah va se révéler psychologiquement instable, et il ne supporte clairement pas qu'on lui résiste. Comme Jennifer préfère renouer avec son ex-mari, le charmant voisin va péter un câble et devenir un harceleur de premier ordre, n'hésitant pas à retourner Kevin contre sa mère et son père, affichant des dizaines de photos compromettantes dans la classe de Claire, s'invitant dans sa demeure pour discuter avec son ex-mari et j'en passe. Le suspense reste bas de gamme et malgré toutes ses bonnes intentions, c'est bien l'ennui qui finit par gagner du terrain et par l'emporter. La morale est en plus bien rétrograde (houlala, faire l'amour avec un petit jeunot, c'est mal !!) et aucune scène ne vient transcender ce film bien trop cliché. Ce n'est pas avec ça que Jennifer Lopez va revenir sur le devant de la scène cinématographique. Banal et sans grand intérêt.


dimanche 18 avril 2021

EDGE OF THE AXE

EDGE OF THE AXE
(Al filo del hacha)

Réalisateur José Ramón Larraz
Année : 1988
Scénariste Joaquín Amichatis, Javier Elorrieta, José Frade
Pays : Espagne
Genre : Thriller, Horreur, Slasher
Interdiction : -16 ans
Avec : Barton Faulks, Christina Marie Lane, Page Mosely, Patty Shepard, Alicia Moro...

L'HISTOIRE : La communauté rurale de Paddock County se retrouve sous la coupe d'un désaxé, vêtu d'un imperméable noir et d'un masque, qui s'amuse à massacrer des femmes à coups de hache. La police locale est impuissante à arrêter le psychopathe et tente de ne pas déclencher la panique en faisant passer les meurtres pour de simples accidents. Deux adolescents, Gerald Martin et sa petite amie Lillian, adepte des nouvelles technologies liées à l'informatique, vont tenter de découvrir qui se cache derrière le masque du meurtrier...

MON AVIS : Du réalisateur ibérique José Ramón Larraz, je ne connaissais que son très chouette Vampyres, réalisé en 1974. C'est donc avec un intérêt certain que j'ai débuté le visionnage de ce Edge of the Axe, alléché entre autres par la nouvelle cover dessinée pour la sortie du film en BR chez l'éditeur Arrow et qui fait bien saliver ! Slasher movie au programme donc, avec ce tueur masqué et armé d'une hache pour commettre ces sanglants méfaits. Un slasher assez tardif puisque le film date de 1988 mais comme c'est un film espagnol, on lui laisse sa chance car on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise; Et puis un slasher, ça ne se refuse jamais ! 91 minutes plus tard, le verdict tombe : ce n'est pas un grand slasher mais ça passe plutôt bien. Niveau meurtres, puisque c'est ça qui nous intéresse le plus dans ce sous-genre du cinéma horrifique, le contrat est rempli, avec au moins cinq ou six victimes au compteur, frappées de manière virulente et énergique par l'outil meurtrier utilisée ici, à savoir la hache donc. Bah oui, c'est quand même dit dans le titre du film hein ! Le premier meurtre, qui sert donc de scène introductive, est assez original puisque notre mystérieux tueur masqué se rend à l'intérieur d'une station de lavage et passe entre les rouleaux en action pour atteindre le véhicule contenant sa victime ! Et là, vlan, grand coup de hache dans le pare-brise puis sur la pauvre conductrice ! Ça démarre plutôt bien tout ça. Les autres meurtres seront du même acabit, avec une bonne violence et des impacts bien dosés. La caméra ne détourne jamais le regard lorsque la hache s'abat sur les corps et ça, c'est plutôt sympa. Les motivations du tueur restent floues durant une bonne partie du film et on s'amusera à voir le shérif local, à l'instar du maire d'Amity des Dents de la Mer, amoindrir les dramatiques tueries, histoire de ne pas avoir de mauvaises publicités sur sa ville de la part des journalistes ! Entre les meurtres, le rythme du film ralentit un peu et on suit la romance naissante entre le héros (Barton Faulkset sa petite amie (Christina Marie Lane), deux geeks passionnés d'informatique, et qui vont utiliser leur ordinateur pour tenter de faire la lumière sur cette sombre affaire. Bien sûr, de notre côté, on essaye aussi de deviner qui sa cache sous le masque du tueur et pas mal de personnes passent dans notre ligne de mire : le héros lui-même, qui semble s'intéresser aux meurtres, Lillian découvrant qu'il a la liste des victimes sur son ordinateur); son pote, qui ne sert pas à grand chose et que le film met un peu de côté ; la femme de ce dernier, plus âgé que lui et qui frôle la faillite ; le curé, car on a vu les Fulci et on sait que derrière la soutane se cache souvent des psychopathes; le prof de musique, qui mate les jeunes filles lors de la chorale à l'Eglise et j'en passe. Plus le film avance et plus on reste dans le vague, attendant de nouveaux éléments qui pourraient nous aiguiller. Pendant ce temps, les victimes s'entassent, avec quelques scènes de suspense bien menées et qui utilisent tous les clichés du slasher. Moins drôle, notre tueur masqué va même aller jusqu'à tuer un petit chien qui n'avait rien demandé ! Salaud ! On s'approche de la fin et les nouveaux éléments débarquent enfin, mais pas ceux qu'on attendait. Le réalisateur connaît bien les codes du slasher et nous balance un trauma d'enfance, un grand classique du genre. Ça ne résout pas grand chose mais ça fait prendre une nouvelle direction au film. Le final surprendra son monde, et déjouera les pronostics à coup sûr. L'ultime image nous fera bien sourire. Sans être exceptionnel, loin s'en faut, Edge of the Axe est un petit slasher sympa, pas transcendant, mais loin d'être mauvais, qui aurait pu insister un peu plus sur l'utilisation de l'informatique pour trouver la solution par exemple. Mais dans l'ensemble, les meurtres sont bons, le masque du tueur intéressant (tout blanc, façon Michael Myers) et le final est plein de surprise. Laissez-vous tenter ! 

* Disponible en BR chez -> ARROW VIDEO <-
(VO anglaise ou espagnole, avec sous-titres anglais)


GENEVIÈVE DE BRABANT

 

GENEVIÈVE DE BRABANT
(Genoveffa di Brabante)

Réalisateur : Riccardo Freda, José Luis Monter
Année : 1964
Scénariste Riccardo Freda, José Luis Monter
Pays : Italie, Espagne
Genre : Aventure, Drame
Interdiction : /
Avec : María José Alfonso, Alberto Lupo, Stephen Forsyth, Franco Balducci...

L'HISTOIRE Au XIIe siècle, dans le duché de Brabant, le comte palatin Siegfried de Trevire part pour les Croisades, laissant son épouse Geneviève, enceinte, aux soins du perfide intendant Golo. Ce dernier se voit refuser ses avances et emprisonne la malheureuse. Geneviève parvient à s’enfuir et se réfugie dans la forêt. Elle et son enfant vont y rester cachés durant quatre ans, attendant le retour du comte...

MON AVIS : Totalement inédit en France, Geneviève de Brabant est l'oeuvre d'un certain José Luis Monter, apparemment assisté par Riccardo Fredaque ce soit à la réalisation ou au scénario. De là à dire que Freda est le principal réalisateur du film, il n'y a qu'un pas et la vision pourrait conforter cette hypothèse tant on retrouve son style. L'histoire s'inspire de la légende moyenâgeuse de Geneviève de Brabant, qui a inspiré bon nombre de romancier, d'auteurs de pièce de théâtre mais aussi de réalisateur puisqu'on trouve de multiples adaptations cinématographiques de cette légende et ce, dès 1907 ! On dénombre à six les adaptations qui datent d'avant le film de Monter Freda mettant en scène cette personnalité obligée de se cacher dans la forêt avec son jeune fils et nourrit par le lait d'une biche qui s'attacha à eux. Le film qui nous intéresse ici date donc de 1964 et clairement, il mérite de sortir de l'anonymat car c'est un très beau film d'aventure, qui bénéficie d'une solide mise en scène et qui possède tous les éléments à même de ravir les fans des cinémas de quartier d'antan et de cinéma populaire. Il bénéficie de moyens assez conséquents, avec de beaux décors naturels (le château de Manzanares el Real et le parc national de la Sierra de Guadarrama en Espagne) et d'autres reproduits en studio en Italie. Les costumes sont de qualités, de même que les scènes de combats entre vassaux ennemis. On y trouve même un duel final filmé avec brio et qui remplit parfaitement son contrat, s'étalent sur une durée correcte et ponctuée de cascades correctement chorégraphiées. Niveau casting, ce n'est pas mal non plus, avec une María José Alfonso très touchante dans son interprétation de Geneviève de Brabant, pleurant toutes les larmes de son corps lors des séquences émotionnelles qui sont nombreuses. Alberto Lupo campe un solide Siegfried de Trevire et nous rappelle un peu le personnage interprété par Robert Hossein dans la saga Angélique, série de films à succès qu'on peut rapprocher Geneviève de Brabant au niveau de la romance, de l'action, des intrigues au château et même du sadisme dont il fait parfois preuve. Un sadisme incarné par un jeune Stephen Forsyth, absolument détestable dans son rôle de Golo. Un être perfide, violent, sans honneur, qui, une fois son seigneur parti à la guerre, va tenter de s'attirer les faveurs de Dame Geneviève, n'hésitant pas à la mettre aux fers suite à ses refus incessants. Pratiquant la torture avec un plaisir non dissimulé, empêchant les lettres d'amour de Geneviève d'arriver à son mari et inversement, il représente le traître fourbe dans toute sa splendeur et on n'a qu'une envie, que Siegfried soit de retour pour lui botter les fesses à grand coups d'épée ! Le film surprend par ses petites touches de violence et par l'utilisation d'un sang très rouge qui marque bien les blessures infligées. La romance est sobre mais fort belle et les notes de religieux ne sont pas envahissantes mais participent à donner une vraie personnalité à Geneviève. L'effet de la biche est aux fraises par contre, ils auraient pu prendre une vraie biche plutôt qu'un animal empaillé peu crédible mais ce n'est pas bien grave. En tout cas, j'ai pris bien du plaisir à visionner ce Geneviève de Brabant,et je pense que vous en ferez de même car c'est vraiment un divertissement agréable qui se suit sans ennui. A découvrir !

* Disponible en DVD + livret chez -> ARTUS FILMS <-