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SUCEURS DE SANG

 

SUCEURS DE SANG
(Incense for the Damned)


Réalisateur : Robert Hartford-Davis
Année : 1971
Scénariste : Julian More
Pays : Angleterre
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Patrick Macnee, Peter Cushing, Alexander Davion, Patrick Mower, Imogen Hassall...


L'HISTOIRE : Tony Seymour doit retrouver Richard Foutain, un brillant élève d'université parti en Grèce faire des recherches et qui semble être dans le pétrin car potentiellement lié à une affaire de meurtre. Il est accompagné par le meilleur ami de Richard, Bob Kirby, ainsi que par Pénélope, la future épouse du disparu. Sur place, le petit groupe découvre que Richard s'est entiché d'une jolie jeune femme, Chriseis, qui semble l'avoir totalement envoûté. Aidés par un attaché diplomatique anglais, Tony et ses compagnons vont aller de découverte en découverte au sujet de Richard et de la ténébreuse Chriseis...

MON AVIS : Au début des années 70, le cinéma d'épouvante gothique s'est pris un coup de vieux avec la sortie en 1968 de La Nuit des Morts Vivants et de Rosemary's Baby, deux films qui, faisant suite à Psychose et Les Yeux sans Visage, ont modernisé ce type de cinéma et l'ont ancré dans une réalité plus proche du spectateur, délaissant les vieux châteaux ou les laboratoires de savants fous ainsi que le bestiaire classique (vampire, loup-garou, monstre de Frankenstein) pour s'introduire dans la vie de tous les jours et dans des décors contemporains, afin d'avoir un impact encore plus grand au niveau de la terreur suscitée chez le public. Des studios comme la Hammer en Angleterre ont tenté cette modernisation avec des titres comme Dracula 73 par exemple, ce dernier faisant intervenir le comte Dracula au XXème siècle, au début des années 70 donc, comme le stipule le titre du film ! En 1971, un petit film assez méconnu de Robert Hartford-Davis allait lui aussi tenter de moderniser le mythe du vampire. Renié depuis par son réalisateur, qui a exigé d'apparaître sous le pseudo de Michael Burrowes au générique, Suceurs de Sang risque de surprendre et de désappointer le spectateur s'attendant à un film de vampire traditionnel. Le film était sorti en VHS en France dans la collection culte Fantastic Vidéo. Il a également été diffusé en salle en Province en juillet 1972 mais reste inédit sur Paris. Au casting, on retrouve quelques noms bien connus, comme ceux de Peter Cushing et Patrick McNee entre autres. Le premier, qu'on ne présente plus, n'a ici qu'un rôle assez anecdotique et on ne le voit qu'au début et à la fin du film. Le second, le fameux John Steed de la série Chapeau Melon et Bottes de Cuir évidemment, a un rôle nettement plus étoffé et sera présent durant la majeure partie de l'histoire. Il partage l'affiche avec Alexander Davion, qui joue Tony Seymour, ainsi qu'avec l'acteur noir Johnny Sekka (qui interprète Bob Kirby), l'actrice Madeleine Hinde (Pénélope), Patrick Mower (Richard Foutain) et la sexy Imogen Hassall (Chriseis). Tout ce petit monde va se retrouver dans une drôle d'aventure, à base de culte religieux, d'orgies sexuelles et de... vampires ! Mais des vampires modernes donc, qui n'ont pas de dents pointues, ne craignent ni les gousses d'ail ni les crucifix et peuvent flâner en plein soleil sans risquer de se désintégrer. Et c'est là qu'est l'originalité du film. Car nous n'avons pas affaire à des vampires en tant que tel mais plus à des humains pour qui la vampirisme s'apparente à une déviance sexuelle, au même titre que le sadomasochisme par exemple. Jouir, atteindre l'orgasme en se délectant du sang de son compagnon tel que le ferait un vampire, voici la modernité du propos de Suceurs de Sang, qui est l'adaptation du roman de Simon Raven, Doctors Wear Scarlet. Le personnage ambigu de Chriseis ne cessera de nous questionner : gourou féminine d'une secte sexuelle vampirique ou vraie vampire ? La première solution me semble la plus plausible. Ce qui est original également dans le film de Hartford-Davis, c'est que l'action se situe en Grèce, ce qui donne au film un petit cachet dépaysant et inquiétant pas déplaisant. Par certains aspects, le film préfigure avec deux ans d'avance le Wicker Man de Robin Hardy, puisqu'on a un groupe d'individus se retrouvant sur une île dont certains habitants pratiquent des rites païens assez obscurs, certes pas à un niveau aussi poussé que les adorateurs du Dieu d'osier du film précité mais on ne peut s'empêcher d'y voir une petite corrélation. Autre aspect intéressant, L'aspect sexuel déjà cité, qui est omniprésent puisqu'ici, on parle clairement d'utiliser le vampirisme comme dérive sexuelle permettant de vaincre l'impuissance masculine ou la non-jouissance féminine. Richard Foutain est en effet impuissant, on l'apprend de la bouche de son meilleur ami lui-même, qui n'hésite pas à dévoiler à Tony Seymour que Richard n'a jamais consommé sa relation avec Pénélope suite à ses problèmes d'impuissance. Visuellement, on a une longue séquence d'orgie vers le début du film, dans laquelle l'érotisme n'est pas que suggéré, avec des visions de femmes entièrement nues, s'adonnant à l'amour libre comme chez les hippies. Une séquence qui se termine par un meurtre, ce qui augmente le côté "secte" ou "rituel" de l'orgie. Imogen Hassall ne se fait pas prier pour se dévêtir et ce, pour notre plus grand plaisir de cinéphile déviant. Reste que malgré ses atouts, Suceurs de Sang ne convainc pas totalement. Le fait que l'aspect vampirique soit réduit au minimum et vu comme une perversion sexuelle est original certes, mais déstabilisant et, au final, un peu décevant tout de même. L'action et les rebondissements sont de facture très classique et manque d'envergure, l'ensemble provoquant un ennui poli. On appréciera par contre la séquence finale se déroulant sur les toits de l'académie, avec Richard vêtu de la tenue traditionnelle d'universitaire, ce qui lui donne un côté "Dracula", poursuivit par Tony. Une scène qui nous fait penser au final de certains film de vampires avec Christopher Lee entre autres. La dernière image est encore plus jubilatoire car cette fois, elle rattache clairement le film au récit traditionnel de vampires. Cette tentative de modernisation du film de vampire navigue donc entre qualités et défauts, ces derniers prenant parfois le dessus malheureusement. Mais on saluera l'effort du réalisateur et du scénariste d'avoir adapter ce roman pour livrer une oeuvre atypique dans le cinéma anglais de l'époque, qui sort assurément des sentiers battus en tout cas. A découvrir de toute façon !

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ESC EDITIONS <-   
- Film proposé en VF et VOSTF.
- Présentation du film par Nicolas Stanzick
- Livret 20 pages


 

LA GORGONE

LA GORGONE
(The Gorgon)

Réalisateur : Terence Fisher
Année : 1964
Scénariste : John Gilling 
Pays : Angleterre
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Christopher Lee, Peter Cushing, Richard Pasco, Barbara Shelley, Michael Goodliffe...


L'HISTOIRE : Depuis cinq ans, la mort frappe les habitants d'une petite région d'Europe centrale. Les meurtres, inexpliqués et non résolus par la police locale, présentent tous le même schéma : certains soirs de pleine lune, on retrouve une victime changée en pierre ! Le docteur du village falsifie le compte-rendu de ses autopsies afin de ne pas alerter la population. Le dernier meurtre en date voit un jeune homme accusé à tort. La police retrouve ce dernier pendu à un arbre. Le père du pendu débarque au village pour mener son enquête et rendre justice à la mémoire de son fils. Peu de temps après, il est retrouvé transformé en statue de pierre. Son second fils décide de démêler ce curieux mystère. Pour les villageois, ces morts seraient attribués à une créature mythologique, la Gorgone, qui vivrait dans le château abandonné des Borski...

MON AVIS : Le célèbre réalisateur Terence Fisher ne souhaite plus mettre en scène de films avec Dracula ou des vampires, malgré l'immense succès de ses deux films : Le Cauchemar de Dracula et Les Maîtresses de Dracula. Après avoir mis en vedette la momie (La Malédiction des Pharaons), le loup-garou (La Nuit du Loup-Garou), Jekyll et Hyde (Les Deux Visages du Dr. Jekyll), le fantôme de l'Opéra (Le Fantôme de l'Opéra) et bien sûr le baron Frankenstein (Frankenstein s'est échappé et La Revanche de Frankenstein), il va s'attaquer à une autre créature mythique, à savoir la terrible Gorgone, sur la base d'une idée du canadien John Llewellyn Devine, qui a carrément été sonné à la porte du créateur de la Hammer Films, James Carreras. Ce dernier est enthousiasmé par cette idée et demande à John Gilling de réécrire et d'adapter le simili-scénario de John Llewellyn Devine. Gilling est envisagé pour le mettre en image mais c'est donc Terence Fisher qui remporte la mise. Les spécialistes en mythologie grecque, dont Christopher Lee, qui fera partie du casting du film, auront remarqué une erreur au niveau du nom du monstre lui-même. En effet, Mégère est le nom d'une des Furies et n'est donc pas une Gorgone, ces dernières étant composées de Méduse bien sûr et de Euryale et Sthéno. Une erreur qui passe à la trappe malgré le signalement de Lee, ce qui ne manquera pas de hérisser le poil des connaisseurs. Une seule personne en tient compte, le traducteur responsable de la version française, qui rebaptise donc Mégère en Méduse. Toujours est-il que le film se tourne, et que Fisher rencontre des difficultés au niveau des effets-spéciaux censés donner vie à la Gorgone. Avec des moyens financiers trop faibles, la chevelure contenant de nombreux serpents a du mal à se montrer réaliste et les reptiles en plastique doivent être animés indépendamment les uns des autres, pour un résultat assez cheap au final. Le mystère entourant l'identité de la Gorgone quand elle revêt une forme humaine n'est pas non plus ce qui semble intéresser Fisher, et il faut vraiment être aveugle pour ne pas comprendre assez rapidement que la charmante Barbara Shelley, qui interprète une infirmière au service de Peter Cushing, représente cette menace capable de changer ceux qui croisent son regard en pierre. Mais si le pot-aux-roses est aussi visible qu'un nez au milieu d'un visage, si les effets mécaniques des serpents ne sont pas très bons, si cette erreur de nom dans la version originale peut faire sourire sur le manque de rigueur du scénariste qui n'a pas vérifié ou écouté l'information donné par Christopher Lee et si la pauvre Barbara Shelley n'a pas eu l'autorisation d'incarner la Gorgone sous son aspect monstrueux, étant remplacée par l'actrice Prudence Hyman qui ne lui ressemble pas vraiment, tous ces petits défauts ne font pas de La Gorgone un mauvais film pour autant. Bien au contraire même. Souvent considéré comme une oeuvre mineure dans la filmographie de Terence Fisher, La Gorgone ne mérite pas ce manque relatif d'intérêt du public, qui n'a pas non plus apprécié de voir Peter Cushing jouer un personnage assez antipathique (pour la bonne cause pourtant), tout comme il n'a pas apprécié de voir Christopher Lee affublé d'une moustache et d'une coupe de cheveux hirsutes qui lui font perdre un peu de sa superbe. Si l'aspect film d'épouvante est bien présent, notamment lors des deux premières apparitions de la Gorgone qui ne se dévoile pas trop, le film se veut avant tout une histoire d'amour impossible entre cette créature mythologique possédant une apparence humaine et les deux protagonistes principaux, ce qui n'est pas habituel dans les films de la Hammer de l'époque. Si le rôle tenu par Peter Cushing se montre antipathique comme déjà dit, c'est uniquement par amour, car il connaît la vérité et fait tout pour conserver le terrible secret, quitte à mentir sur les rapports médicaux des autopsies afin de ne pas mettre en danger sa dulcinée. Quant à Paul Heitz, joué par Richard Pasco, il tombera amoureux de la forme humaine de la Gorgone et, ne connaissant pas son secret, fera tout pour la protéger, sans se douter du grave danger qu'il court. La mise en scène de Terence Fisher fait encore des merveilles et sert habilement son propos. La scène dans laquelle une victime, dont on ne sait pas encore qu'elle est en pierre même si on le devine, est amenée sur un brancard par Barbara Shelley et que celle-ci heurte la main de pierre sans le faire exprès, entraînant la cassure d'un doigt, est remarquable. L'idée de l’amnésie est également très bonne car elle permet de faire de Shelley une victime plus qu'une menace, cette dernière n'ayant aucun souvenir de ses agissements sous sa forme monstrueuse. Malgré un déroulement assez classique, le film n'ennuie jamais, la confrontation entre Lee et Cushing fonctionne à plein régime, l'ambiance est savamment distillée et le film se pare de jolies couleurs qui renforcent l'impact des séquences d'épouvante, souvent originales, comme lors de l'utilisation d'un miroir ou d'un reflet dans l'eau pour nous signaler la présence de la Gorgone. Comme les autres films de la Hammer de cette décennie, La Gorgone propose un spectacle divertissant, correctement interprété et brillamment mis en scène. Son monstre est d'autant plus intrigant qu'il n'a été que rarement visible au cinéma, même s'il s'est rattrapé depuis. On notera qu'il apparaîtra deux fois en cette année 1964, dans La Gorgone bien sûr mais aussi dans Le Cirque du Docteur Lao. En 1962, on l'avait déjà vu dans le péplum Les Titans, ainsi qu'en 1963 dans Persée l'Invincible. On reverra la femme à la chevelure de serpents et au regard foudroyant dans Le Choc des Titans en 1981 et dans son remake (2010) ou dans Percy Jackson le voleur de Foudre en 2010 entre autres. Original, poétique et inventif, La Gorgone de Terence Fisher mérite assurément un petite réévaluation.

* Disponible en Mediabook chez ESC DISTRIBUTION

LE MEDIABOOK :
L'éditeur ESC poursuit sa collection British Horrors et nous offre une très belle copie de La Gorgone, présentée en VF ou VOSTF. L'image est précise, les couleurs flamboyantes, pas de défauts apparents. Le livret 16 pages de Marc Toullec contient bon nombre d'informations sur le film et sa réalisation. Niveau bonus, Nicolas Stanzick nous propose une présentation de la Hammer quand Noël Simsolo nous donne son avis éclairé sur le film. Une belle édition.






TENDRE DRACULA

TENDRE DRACULA
(Tendre Dracula / La Grande Trouille / Vampire)

Réalisateur : Pierre Grunstein
Année : 1974
Scénariste : Justin Lenoir
Pays : France
Genre : Comédie, Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Peter Cushing, Alida Valli, Bernard Menez, Miou-Miou, Nathalie Courval...


L'HISTOIRE : Le producteur d'une série-télévisée d'épouvante sombre dans la dépression à cause de son acteur vedette, le grand MacGregor, qui a décidé d'arrêter sa carrière dans l'horreur et désire désormais tourner dans des séries romantiques. Alors qu'il va licencier ses deux scénaristes, le producteur a une brillante idée : envoyer ces derniers, accompagnés par deux jolies actrices, dans le château où vit MacGregor et son épouse Héloïse, afin de faire croire à l'acteur qu'il va jouer dans une série romantique, qui devra en réalité verser dans l'épouvante. Arrivés sur place, Alfred, Boris, Marie et Madeleine découvrent un MacGregor qui semble toujours être en train de jouer un rôle, vêtu comme le comte Dracula, à tel point que la joyeuse équipe en vient à se demander s'ils ne seraient pas réellement en présence d'un vampire...

MON AVIS : Bien, bien bien. Par quoi commencer ? Dire que je ne sais pas trop par quel bout débuter cette chronique n'est pas exagéré. Car il faut bien avouer que la vision de cet unique réalisation de Pierre Grunstein a de quoi laisser perplexe. J'ai ce film depuis belle lurette en VHS, mais dans une autre édition (Century Vidéo), avec un visuel différent et aussi un titre différent, celui de Vampire. Ma jaquette représente Miou-Miou dénudée, le corps sectionné au niveau du ventre et posé sur une table ensanglantée. Une photo alléchante, comme le casting d'ailleurs puisque les noms de Peter Cushing et d'Alida Valli se mêlent à celui de Miou-Miou donc mais aussi à celui de Bernard Menez ! Le choc des cultures, le choc des générations pourrait-on dire ! La présence de ce dernier au générique nous fait supposer qu'on se trouve en présence d'une comédie fantastique, ce qui sera bien le cas. Mais Tendre Dracula est bien plus que cela, j'y reviendrai. Ce film n'a pas reçu un accueil très favorable à l'époque de sa sortie, le 7 août 1974, que ce soit de la part des critiques ou du public. Le distributeur tentera une seconde sortie quelques temps plus tard, en le rebaptisant La Grande Trouille mais le résultat sera tout aussi mitigé, tant est si bien qu'il finira par tombé dans l'oubli. Seuls les fans invétérés de Peter Cushing recherchent ce titre pour y voir leur acteur fétiche au sein de cette production française pas très glorieuse, dans laquelle il s'en sort pourtant assez bien. Les années 70 ont vu les deux plus célèbres acteurs de la Hammer, Peter Cushing et Christopher Lee bien sûr, débarquer en France pour jouer dans des comédies : Tendre Dracula pour Cushing en 1974 ; Dracula, Père et Fils pour Lee en 1976. Toutes deux avec Bernard Menez tiens ! Le film de Pierre Grunstein est ce qu'on appelle un ovni cinématographique. On reste assez souvent hagard devant les images proposées et on se demande souvent ce que sont venus faire Peter Cushing ou Alida Valli dans cette galère. Comédie balourde jamais drôle, film fantastique aux situations nonsensiques, mascarade érotique potache, Tendre Dracula est un mixe de tout ça et même le spectateur aguerri aux nanars aura bien du mal à comprendre ce qui se passe à l'écran, tant la mise en scène, le découpage et le scénario même du film semblent avoir été exécuté à la serpe. L'intrigue de base voudrait qu'on en arrive à se demander si Peter Cushing est juste un acteur se prenant pour Dracula ou Dracula se prenant pour un acteur. Honnêtement, je serais bien incapable de vous donner la réponse, même si j'aimerais pencher pour la seconde solution mais rien n'est vraiment sûr. Le cultissime acteur britannique promène sa silhouette tantôt drapé d'une cape et d'un costume de vampire, tantôt vêtu d'une toge blanche façon gourou sectaire. L'un des points positifs du film, car, oui, malgré tous ses défauts, il y en a, c'est justement le personnage joué par Cushing. Si on part sur le postulat que c'est bel et bien un acteur jouant des rôles dans des films d'épouvante, alors Tendre Dracula peut se voir comme étant un constat poignant (et avéré) que le cinéma d'épouvante connaît ses derniers jours en ce début de décennie 70's, bientôt remplacé par d'autres formes d'expression, comme l'horreur pure ou la pornographie. C'est ce que clame ce curieux personnage, MacGregor, a plusieurs reprises dans le film : les gens n'ont plus d'attrait pour l'épouvante et veulent autre chose, d'où sa résolution d'abandonner ce genre. Ce constat, implacable, on peut le mettre en parallèle avec la fin de carrière de la firme Hammer justement, et le fait que ce soit Peter Cushing qui joue ce personnage n'est à mon avis pas une coïncidence. Il en va de même pour l'une des dernières scènes du film, celle de l'orgie sexuelle. Le producteur débarque dans le château de MacGregor avec les membres de son équipe et ces derniers, attirés par une superbe jeune femme, vont aller se livrer à la débauche dans une pièce dont ils fermeront la porte. En regardant l'orgie par le trou de la serrure, le producteur a (encore) une idée : filmer les accouplements par ce trou de serrure ! Et il dira au cameraman "c'est l'avenir du cinéma" ou une phrase approchante, l'érotisme et la pornographie devenant un genre phare dans les années 70 après le succès de films comme Derrière la Porte Verte, The Devil in Miss Jones ou Emmanuelle par exemple. Derrière son aspect bordélique, fourre-tout, où on trouve, entre autres, un serviteur au faciès inquiétant et adepte du maniement de la hache, des scènes de rêves bizarres dont une dans laquelle Miou-Miou est donc coupée en deux, la même Miou-Miou et sa copine Nathalie Courval nues qui chantent une chanson sympa ("j'ai peur du noir, j'ai peur du loup"), Peter Cushing et Alida Valli qui dansent une valse, des morts pour rire, Cushing qui donne la fessée à Miou-Miou (!!), Bernard Menez qui se fait torturer par Valli, le serviteur qui se coupe un orteil, un château qui décolle comme une fusée, des personnes habillées en fantômes, des couloirs garnis de masques blancs, des répliques qui versent dans une apparente poésie, de l'humour qui ne fonctionne que rarement et j'en passe, Tendre Dracula apparaît d'un coup, après réflexion, comme plus intéressant que prévu au final. Reste qu'en l'état, il faut quand même être sacrément bon public pour lui accorder un quelconque intérêt. C'est toutefois une expérience vraiment à part, qu'on peut voir comme un mélange pas toujours digeste de, allez, osons le dire, Jean Rollin et Luis Bunuel. J'espère vous avoir donné envie de le découvrir avec cette chronique qui ne le met pas forcément en lumière mais qui pourra en intéresser certains je pense.




BONUS : la chanson de Miou-Miou et Nathalie Courval
              

LA REVANCHE DE FRANKENSTEIN

LA REVANCHE DE FRANKENSTEIN
(The Revenge of Frankenstein)

Réalisateur : Terence Fisher
Année : 1958
Scénariste : Jimmy Sangster
Pays : Angleterre
Genre : Épouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Peter Cushing, Francis Matthews, Eunice Gayson, Michael Gwynn...


L'HISTOIRE : Le baron Frankenstein a échappé à l'échafaud. Il s'est fait engager dans un hôpital misérable sous le nom de Stein et profite de cette situation privilégiée pour poursuivre ses recherches. Il récupère des membres sur des cadavres frais et, assisté par le docteur Kleve, fabrique un nouveau corps pour son assistant, Karl. Une fois le cerveau transplanté, la créature ainsi créée se révèle extrêmement dangereuse...

MON AVIS : Devant le succès vertigineux de Frankenstein s'est échappé en 1957, le studio anglais de la Hammer décide d'embrayer directement sur une suite, qui sera donc réalisée dès 1958, toujours par Terence Fisher. La Revanche de Frankenstein reprend donc là ou le premier film s'est terminé : le baron Frankenstein est conduit à l'échafaud pour y être décapité. Par un habile tour de passe-passe, ce dernier échappe à son sort tragique et part s'installer dans une petite ville sous un nom d'emprunt (le docteur Stein). Toujours interprété par le génial Peter Cushing, notre brave savant fou semble s'être racheté une conduite puisqu'il est devenu le médecin le plus prisé de la population (ce qui provoque l'énervement de ses confrères qui perdent petit à petit leur clientèle) mais également le médecin qui ne compte pas ses heures et vient en aide aux plus démunis, aux plus défavorisés, les soignants gratuitement dans un hôpital de charité. Bien sûr, on se doute qu'il y a anguille sous roche et les véritables intentions du docteur ne tardent pas à nous être dévoilées. Car ce brave homme, du moins en apparence, n'a pas digéré son échec passé et il compte bien réussir à insuffler la vie au nouveau corps qu'il a construit lui-même. Mais cette fois, il se montre bien plus malin puisqu'il n'utilise pas de cadavres déterrés par des apprentis-fossoyeurs mais des membres qu'il ampute sur ses pauvres patients qui n'y voient que du feu. Sous son air de bon samaritain, le docteur Stein est en réalité encore plus monstrueux, encore plus déterminé qu'auparavant et le scénariste Jimmy Sangster lui a confectionné une histoire qui va le mettre en avant, bien plus que sa malheureuse créature. C'est d'ailleurs toute la différence entre la saga des Frankenstein des années 30/40 et la saga produite par la Hammer : faire du savant le protagoniste principal, là où les films précédents faisaient du monstre la vedette, créant d'ailleurs chez le public une confusion quand au nom même de Frankenstein. Car non, Frankenstein n'est pas le nom du monstre mais bel et bien celui de son créateur et il en a toujours été ainsi, même dans le roman de Mary Shelley. Si la prestation de Peter Cushing est évidemment de très grande qualité dans La Revanche de Frankenstein, celle du jeune Francis Matthews l'est également, interprétant le docteur Kleve, médecin débutant connaissant la véritable identité du docteur Stein et voulant enrichir ses connaissances médicales auprès de l'éminent savant n'ayant qu'un seul but dans sa vie : créer un homme mieux que Dieu lui-même. Car là est toute la contradiction du personnage culte : son but est louable finalement, seuls les moyens mis en oeuvre pour y parvenir s'avèrent répréhensibles, puisqu'ils peuvent aller jusqu'au meurtre, comme dans Frankenstein s'est échappé. Le fait que dans cette suite, le docteur Stein ne tue personne complexifie d'avantage cette dualité Bien / Mal et intensifie la psychologie de ce dernier. Un but que comprend donc le docteur Kleve, qui deviendra l'assistant privilégié du docteur et l'aidera à transplanter le cerveau du difforme et handicapé Karl dans un corps flambant neuf et sans défaut aucun. Cette nouvelle créature est totalement différente de celle incarnée par Christopher Lee dans Frankenstein s'est échappé. Là où ce dernier était monstrueux, la créature de La Revanche de Frankenstein est en effet parfaite, interprétée par Michael Gwynn, dont l'apparence est seulement marquée par une cicatrice autour de son crâne. Et l'opération est une pure réussite qui plus est, ce qui, pour le docteur Stein, est donc une belle revanche, ce qui explicite le titre du film. Evidemment, nous sommes dans un film d'épouvante et l'ombre va venir ternir cet exploit médical et ce, grâce à une idée qui a fait scandale à l'époque et imaginée par Jimmy Sangster : suite aux chocs sur sa boîte crânienne, le monstre, doux comme un agneau au départ, va développer un penchant pour le cannibalisme, reproduisant d'ailleurs ce qu'il se passe avec Otto, un singe qui s'est vu transplanter le cerveau d'un orang-outan et qui est devenu adepte de la consommation de viande ! Si on ne verra jamais le monstre mangé quelqu'un, son comportement va néanmoins changer au fil du déroulement de l'histoire et son instinct "carnassier" va prendre le dessus et lui faire commettre quelques atrocités, plongeant à nouveau le docteur Stein dans le désarroi. Autre bonne idée de Sangster, le fait que l'infirmité de Karl, dont le cerveau a donc été transplanté dans la créature pour ceux qui ne suivent pas, réapparaissent progressivement dans cette dernière, ce qui va également la rendre furieuse et peu reconnaissante envers le travail accompli. On le voit, le scénario de La Revanche de Frankenstein est plus abouti, plus riche que celui du premier film, qui se contentait la plupart du temps à reproduire la trame du roman de Mary Shelley (logique en même temps). Pour autant, j'apprécie plus Frankenstein s'est échappé que La Revanche de Frankenstein. Bien sûr, cette suite est de haute qualité, la mise en scène de Fisher est excellente, le travail sur les décors est excellent, surtout le laboratoire secret, et la photographie est magnifique, comme dans la majorité des films de la Hammer. Néanmoins, j'ai trouvé le rythme du film un peu mou parfois, l'ensemble manquant fortement de tension, le côté "épouvante" étant également moins présent que dans le premier film. La présence de l'actrice Eunice Gayson est assez anecdotique et même si elle est fort ravissante, on sent bien qu'elle n'est là que pour remplir le quota de présence féminine dans le film. Le succès de La Revanche de Frankenstein a été beaucoup moindre que celui de son prédécesseur en Angleterre, ce qui poussa la Hammer a ne pas enclenché de nouvelle suite dans l'immédiat. Il faudra attendre 1964 pour que ce cher docteur Frankenstein refasse son apparition chez le studio anglais, avec L'Empreinte de Frankenstein, qui sera suivi de trois autres films.

* Disponible en mediabook DVD + BR + Livret chez ESC DISTRIBUTION
BONUS :
- Présentation de la Hammer par Nicolas Stanzick
- Frankenstein ne meurt jamais par Gilles Penso
- Le matérialisme fantastique par Nicolas Stanzick
- Terence Fisher par-delà le bien et le mal par Noël Simsolo
- Livret de Marc Toullec




LA NUIT DE LA GRANDE CHALEUR

LA NUIT DE LA GRANDE CHALEUR
(Night of the Big Heat / Island of the Burning Damned)

Réalisateur : Terence Fisher
Année : 1967
Scénariste : Ronald Liles, Pip Baker, Jane Baker
Pays : Angleterre
Genre : Science-Fiction
Interdiction : /
Avec : Christopher Lee, Patrick Allen, Peter Cushing, Jane Merrow, Sarah Lawson...


L'HISTOIRE : Un curieux phénomène climatique a lieu sur la petite île de Fara. Alors que le reste du contient est en période hivernale, l'île subit de plein fouet une canicule inexpliquée. Jeff Callum, romancier et propriétaire d'un hôtel sur l'île, se questionne sur ce phénomène, tout comme le docteur Stone et l'un des clients de l’hôtel, le curieux Godfrey Hanson. Ce dernier est un scientifique qui a transformé sa chambre en laboratoire car pour lui, cette vague de chaleur a une seule explication : l'île serait le lieu d'invasion de créatures extra-terrestres...

MON AVIS : On ne présente plus Terence Fisher, réalisateur de talent à qui l'on doit des classiques du cinéma d'épouvante britannique, à l'image des célèbres Le Cauchemar de Dracula, Frankenstein s'est échappé, La Revanche de Frankenstein, Le Chien des Baskerville, Les Vierges de Satan ou La Malédiction des Pharaons pour n'en citer que quelques-uns. Outre le film d'épouvante et le film policier, Terence Fisher a aussi œuvré dans le cinéma de science-fiction et ce, dès 1953 avec Le Triangle a quatre Côtés et Spaceways. Il reviendra à la S-F en 1964 avec The Earth dies Screaming, en 1966 avec L'île de la Terreur et enfin, en 1967 avec La Nuit de la Grande Chaleur. Réalisé en fin de carrière, La Nuit de la Grande Chaleur est un film assez mineur de Terence Fisher, qui ne laissera pas une forte impression une fois sa vision terminée. Le réalisateur n'a pas du avoir un budget très conséquent pour le mettre en scène et il a également du composer avec un gros problème de scénario, puisque l'histoire scénarisée par Ronald Liles, d'après un roman de John Lymington, a été abandonné à la dernière minute pour cause d'impossibilité d'adaptation à l'écran ! Appelés en renfort, Pip et Jane Baker ont du modifier le script sur le tas et y insérer de nombreux ajouts et dialogues pour qu'il soit accessible à la mise en scène. Bref, un tournage chaotique, qui, en plus, s'est effectué au milieu de l'hiver alors que l'histoire parle d'une vague de canicule inexpliquée ! Christopher Lee et les autres membres du casting ne gardent pas un bon souvenir de ce tournage car ils devaient porter des vêtements légers et être recouverts de glycérine et d'eau pour simuler la transpiration alors que la température extérieure était assez fraîche. Malgré tous ces ennuis techniques, on ne peut pas dire que Terence Fisher a fait du mauvais boulot. Bien qu'anecdotique, La Nuit de la Grande Chaleur se laisse gentiment regarder et ce, grâce à son casting bien choisi et plus particulièrement Patrick Allen et Christopher Lee, qui portent le film sur leurs épaules. Patrick Allen interprète Jeff Callum, qui est la personne la plus influente de l'île de Fara. Un homme au passé trouble, qui est venu s'expatrier sur l'île afin de préserver son mariage avec sa femme Frankie. Homme de poigne, il est respecté de tous les résidents. Christopher Lee joue quant à lui le curieux Godfrey Hanson, un homme peu aimable, qui s'enferme dans sa chambre d'hôtel ou n'en sort que pour aller installer des dispositifs de photographies à certain endroit de l'île. Ces deux personnages sont vraiment la force du film et leur prestation est digne d'intérêt. Plus l'intrigue progresse, plus on en apprend sur eux et plus ça devient intéressant, notamment quand Hanson explique pourquoi il est sur l'île et à quoi sert son petit laboratoire de fortune. Parmi les autres personnages principaux, on citera la séduisante Jane Merrow, qui joue Angela, la maîtresse de Jeff Callum, fraîchement débarquée sur l'île afin de reconquérir son amant. Grâce à cette jolie actrice, Terence Fisher va appuyer sur l'aspect érotique de son film, insistant sur son décolleté inondé de sueur par exemple, ce qui amplifie son côté sexy et désirable qui ne laissera pas Jeff Callum insensible, ni les autres résidents masculins de l'île non plus d'ailleurs. Peter Cushing, crédité en "guest-star", sera le docteur Stone et même si son temps de présence est assez réduit, c'est toujours avec grand plaisir qu'on le voit évoluer à l'écran. La Nuit de la Grande Chaleur est donc un film de science-fiction puisqu'on y parle d'une possible invasion extra-terrestre, qui se traduit par cette canicule en plein mois hivernal. Le manque évident de budget alloué à Fisher ne permet pas à ce dernier de mettre en avant les créatures, à contrario de celles de L'ïle de la Terreur par exemple. Pour contrecarrer le faible budget, il a l'idée d'utiliser une sonorité particulière pour signifier la présence des envahisseurs. En effet, les résidents de l'île perçoivent comme un sifflement étrange parfois, sifflement qui ira jusqu'à provoquer la mort de certains d'entres-eux, leur cerveau ne pouvant résister à la puissance de ces ondes sonores. Des envahisseurs qui ont besoin d'énergie pour vivre et génèrent de la chaleur, d'où cette canicule meurtrière présente uniquement sur l'île de Fara. Une chaleur telle que le corps des victimes est réduit en cendres. Fisher et ses scénaristes multiplient les idées de ce genre pour faire bonne figure et tenter de maintenir le spectateur éveillé. Mais l'aspect science-fictionnelle du film est tout de même mis de côté la majeure partie du temps et on a plus l'impression d'assister à un drame conjugal avec le triangle amoureux Jeff Callum / Frankie Callum et Angela. Le rythme du film n'est pas non plus très dynamique et même si la réalisation tient la route et que les acteurs assurent à l'écran, on sent pointer un peu d'ennui face à ces maigres péripéties. Pour l'anecdote, le titre du film a inspiré un distributeur français qui a eu l'idée d'insérer des scènes érotiques dans le film et de le sortir dans les salles spécialisées du cinéma pour adulte en 1975. La supercherie a fonctionné puisque le film, ainsi modifié, à rameuter plus de deux millions de spectateurs dans les salles ! Evidemment, le nom des acteurs a été supprimé et les deux actrices ont été doublé dans les scènes érotiques. Y'a quand même des petits malins hein ! 

* Disponible en DVD et BR chez ESC DISTRIBUTION

STAR WARS 4 - UN NOUVEL ESPOIR

STAR WARS 4 - UN NOUVEL ESPOIR
(Star Wars 4 - A new hope)

Réalisateur : George Lucas
Année : 1977
Scénariste : George Lucas
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-Fiction
Interdiction : /
Avec : Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher, Peter Cushing, David Prowse ...


L'HISTOIRE : Il y a bien longtemps, dans une galaxie très lointaine. La guerre civile fait rage entre l'Empire galactique et l'Alliance rebelle. Capturée par les troupes de choc de l'Empereur menées par le sombre et impitoyable Dark Vador, la princesse Leia Organa dissimule les plans de l'Etoile Noire, une station spatiale invulnérable, à son droïde R2-D2 avec pour mission de les remettre au Jedi Obi-Wan Kenobi. Accompagné de son fidèle compagnon, le droïde de protocole C-3PO, R2-D2 s'échoue sur la planète Tatooine et termine sa quête chez le jeune Luke Skywalker. Rêvant de devenir pilote mais confiné aux travaux de la ferme, ce dernier se lance à la recherche de ce mystérieux Obi-Wan Kenobi, devenu ermite au coeur des montagnes de Tatooine...

MON AVIS : Mon père m'a emmené voir La Guerre des Étoiles alors que j'avais quatre ans. Forcément, à cet âge là, l'émerveillement était de mise mais sans réellement pouvoir profiter pleinement de toutes les qualités du film. Depuis, j'ai évidemment revu le film à de nombreuses reprises et il est clair que la magie fonctionne toujours autant. Qui plus est, ce qu'on pouvait ne pas comprendre à l'époque de la sortie du film, notamment sur certain rapport entre les personnages, nous apparaît aujourd'hui des plus limpides grâce aux épisodes 1, 2 et 3 qui sont venus faire toute la lumière sur cette saga inter-galactique, tout en amoindrissant par contre certaines révélations à venir qui furent un grand choc dans le passé. Je pense notamment à l'épisode 5 et la fameuse révélation concernant qui est le père de Luke par exemple. J'ai donc à nouveau revu La Guerre des Étoiles, devenu aujourd'hui Star Wars 4 - Un nouvel espoir. Malgré le poids des années, ce film reste toujours aussi magique et les effets spéciaux, remis au goût du jour par George Lucas pour que la fracture entre cette première trilogie et les nouveaux épisodes ne soit pas trop visible, tiennent encore largement la route. Ils sont même largement supérieur à ceux de La Menace Fantôme, un comble quand on sait que Star Wars 4 à été réalisé en 1977 et Star Wars 1 en 1999 ! Pourtant, tout semble mieux intégré aux paysages, aux personnages. L'apparition de Han Solo, magnifiquement interprété par Harrison Ford, est un de nombreux points positifs du film, ce dernier apportant une touche d'humour jamais lourde, comme pouvait l'être le personnage de Jar-Jar Binks par exemple. Mark Hamil est parfait dans le rôle de Luke, tout comme la ravissante Carrie Fisher, séduisante Princesse Leia. Si le film pourra sembler un peu mou en terme d'action comparé aux trois épisodes précédents, prenant le temps de bien détailler l'histoire et ses personnages, certaines scènes restent toujours aussi culte, à l'instar de la bataille contre l'Etoile Noire à la fin. Le côté nostalgique pour ceux qui ont vu ce film dans son montage originale emporte l'adhésion et si ce n'est pas mon épisode préféré, impossible de nier l'influence de cette oeuvre sur le cinéma de science-fiction ou sur l'histoire du cinéma tout court. En 1977, La Guerre des Étoiles apportait son souffle innovant, spectaculaire et malgré son côté très manichéen, personne n'a jamais oublié la première fois où il a vu ce film.

NOTE : 4/6





LA LEGENDE DU LOUP-GAROU

LA LEGENDE DU LOUP-GAROU
(Legend of the Werewolf)


Réalisateur : Freddie Francis
Année : 1975
Scénariste : Anthony Hinds
Pays : Angleterre
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Peter Cushing, Ron Moody, David Rintoul, Lynn Dalby, Hugh Griffith, Michael Ripper


L'HISTOIRE : Un petit cirque itinérant recueille un jeune garçon dans les bois. Ce dernier à un comportement sauvage, car il a été élevé par des loups après la mort de ses parents. Le directeur du cirque y voit une bonne occasion de faire du profit et fait de l'enfant, baptisé Etoile, son attraction principale. Devenu adulte, Etoile est resté avec sa famille d'accueil. Durant une nuit de pleine lune, Etoile se transforme en loup-garou et massacre l'un des forains. Il s'enfuit et se fait embaucher comme homme à tout faire dans un zoo. Là, il tombe amoureux de Christine, une prostituée qui n'est pas non plus insensible à ses charmes. Mais en découvrant sa dulcinée dans les bras d'autres hommes, la colère d'Etoile réapparaît et à chaque pleine lune, les amants de Christine sont retrouvés sauvagement assassinés. Le docteur Paul, médecin légiste de la ville, va alors se mettre à enquêter sur ces crimes étranges...

MON AVIS : Voyant que le studio Hammer est sur le déclin, le fils de Freddie Francis a l'idée de créer la Tyburn Films Productions, avec son célèbre papa pour l'aider. La nouvelle firme ne produira que trois films, tous en 1975, et sera vite dépassée par la violence plus réaliste et crue des films d'horreurs américains des années 70. Elle refera une timide apparition pour trois téléfilms dans les années 80 avant de disparaître. Les productions Tyburn feront appel aux fers de lance des productions Hammer, et on retrouve des réalisateurs, scénaristes et autres acteurs bien connus des fans dans les trois long-métrages mis en chantier (Persécution, La légende du Loup-Garou et The Ghoul). Dans le film qui nous intéresse ici, ce sera donc Freddie Francis à la réalisation, Anthony Hinds au scénario et le rôle principal du docteur Paul sera tenu par le vieillissant mais toujours aussi talentueux Peter Cushing. Si on retrouve des éléments clés qui ont fait le succès des productions Hammer dans La légende du Loup-Garou, le film n'en possède néanmoins pas l'éclat ni le pouvoir d'attraction, et s'avère plutôt moyen, surtout si on le compare à La Nuit du Loup-Garou réalisé en 1961 et qui bénéficiait lui d'excellents effets de maquillages et d'une véritable ambiance. Peter Cushing tire son épingle du jeu en incarnant un médecin légiste qui tient tout autant de Sherlock Holmes, personnage qu'il a maintes fois interprété. Les transformations du loup-garou sont sobres et réalisées sans grande conviction et on ne le verra entièrement dévoilé que lors de la séquence finale dans les égouts de la ville, qui est assez réussie et qui joue sur l'aspect dramatique de l'existence du loup-garou, personnage en perpétuelle dualité avec le bien et le mal. La légende du Loup-Garou est une oeuvre rare et peu connue, qui plaira avant tout aux nostalgiques des anciennes productions anglaises tout en leur paraissant bien fade par rapport aux classiques de la Hammer.

NOTE : 3/6