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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




dimanche 18 août 2019

LA CHASSE SANGLANTE

LA CHASSE SANGLANTE
(Open Season / Recon Game)

- En hommage à Peter Fonda (23/02/1940 - 16/08/2019) -

Réalisateur : Peter Collinson
Année : 1974
Scénariste : Liz Charles-Williams, David D. Osborn
Pays : Etats-Unis, Angleterre, Espagne, Suisse
Genre : Drame, Survival
Interdiction : -16 ans
Avec : Peter Fonda, Cornelia Sharpe, John Phillip Law, Richard Lynch...


L'HISTOIRE : Trois hommes, anciens soldats au Vietnam, déjà auteurs du viol d'une jeune fille durant leur jeunesse sans en être déclarés coupables, partent en week-end. Sur la route, ils kidnappent un jeune couple adultère, Martin et Nancy, et les emmènent dans une cabane, au fin fond de la montagne. Là, ils vont les réduire à de simples esclaves, leur faisant faire les tâches ménagères et les traitant comme des bêtes. Jusqu'au jour où les trois amis décident de laisser partir le couple. Mais Martin et Nancy viennent de comprendre le pourquoi de ce geste amical : ils vont servir de gibiers aux trois hommes, devenus adeptes de la chasse à l'homme...

MON AVIS : Après avoir réalisé de nombreux épisodes de séries télévisées, Peter Collinson se tourne vers le cinéma et met en scène son premier film en 1967, La Nuit des Alligators. Un film dont le sujet se rapproche beaucoup de celui dont on va parler ici, à savoir La Chasse Sanglante qui date quant à lui de 1974. En effet, dans les deux films, un couple adultère va être pris en otage et maltraité par des individus. Dans La Chasse Sanglante, qui, pour l'anecdote, fût l'un des premiers films à être classé X en France pour incitation à la violence et non pour un motif pornographique, le trio d'agresseurs a sacrément de la gueule car on retrouve des acteurs bien connus pour interpréter Ken, Artie et Gregg. Dans l'ordre : Peter Fonda, Richard Lynch et John Phillip Law, excusez du peu. Des acteurs qui n'ont pas peur de froisser leur image et d'interpréter de véritables salauds, comme ce sera le cas dans ce drame sordide de Peter Collinson. L'introduction du film met déjà mal à l'aise car on assiste à un entretien entre un inspecteur de police et une mère venue avec sa fille, cette dernière accusant trois étudiants de viol. Mal à l'aise car le discours du policier, faisant bien comprendre à la pauvre mère de famille que le fait pour ces agresseurs de faire partie de la prestigieuse équipe de foot du lycée va les sauver de toute sentence, nous rappelle de tristes faits divers, comme celui de Steunbeville en 2012 par exemple. Mal à l'aise car Peter Collinson fait preuve d'efficacité dans sa mise en scène et alterne discours nuancé du policer et images dans laquelle la jeune fille est clairement abusée dans une voiture. Un début choc pour un film qui ne le sera pas moins. La suite fait un bond dans le temps et nous présente les trois agresseurs à l'âge adulte, participant à une fête d'anniversaire. Laissant leur famille, ils partent pour un week-end de chasse qu'on n'imaginait pas se dérouler de cette façon. Enfin si, un peu quand même, vu que la jaquette du film nous met clairement sur la voie. Le trio apparaît comme étant d'une arrogance et d'un machisme assez élevé. On se surprend à les voir trouver drôle le fait qu'ils aient abusé de petites vietnamiennes durant la guerre, sans en éprouver le moindre remord. La guerre rend fou et dans ce cas précis, on ne peut nier son impact sur le comportement des trois hommes (bien qu'ayant déjà des penchants pour la sauvagerie durant leur adolescence). Une fois un jeune couple pris en otage par le trio, La Chasse Sanglante va poursuivre sur sa lancée nihiliste et nous dépeindre les agissements de ce groupe d'individus sans état d'âme, pour qui la vie humaine ne semble pas avoir grande importance. Les pauvres Martin (Alberto de Mendoza) et Nancy (la jolie Cornelia Sharpe) vont vivre un véritable calvaire, qu'on pourra certes trouver assez soft à notre époque, mais qui, dans les années 70, a sûrement fait sensation. Humiliations, brimades, tout est fait pour asservir ce jeune couple qui se retrouve à l'état d'esclaves, de serviteurs. Le trio use plus de tortures psychologiques que physiques pour obtenir ce qu'ils souhaitent, le film n'étant pas du tout sanglant. C'est principalement le personnage de Martin qui va subir cette asservissement et être mis à mal, notamment quand Nancy se laisse dominer sexuellement par Peter Fonda et ses deux amis, sous prétexte d'essayer de séduire l'un des hommes pour pouvoir s'en servir comme protecteur au cas où les choses tourneraient mal. Une réaction de survie légitime mais pas aux yeux de Martin. Découpé en trois parties, La Chasse Sanglante se montre, dans les deux premières parties que je viens de vous décrire sommairement, assez sombre et abject, nous faisant même penser à un rape and revenge dans l'esprit. La troisième partie est bien évidemment consacrée à la fameuse chasse à l'homme tant attendue. Car Ken, Artie et Gregg sont de dignes descendants du fameux comte Zaroff, personnage immortalisé à l'écran par Leslie Banks dans La Chasse du comte Zaroff (1932) et qui connût bon nombre d'imitateurs, comme on a pu en voir entre autres dans A Game of Death (1945), Bloodlust (1959), La Comtesse Perverse (1974), Les Week-ends maléfiques du comte Zaroff (1976) et même dans l'épisode d'Ulysse 31, Le Magicien Noir. La traque de La Chasse Sanglante a recours au même procédé et prend des allures de survival redneck, le décor et la musique country de Ruggero Cini nous évoquant également le Délivrance de John Boorman. Une chasse à l'homme qui va nous réserver quelques rebondissements, dont un assez inattendu et qui va faire le lien avec la scène introductive et une séquence vue lors de la fête d'anniversaire. C'est assez bien vu et ça apporte un peu d'originalité à un dénouement qu'on croyait connaître à l'avance. Comme déjà dit, on aura un peu de mal à comprendre pourquoi La Chasse Sanglante a écopé d'une interdiction totale puis d'une interdiction aux moins de 18 ans lorsqu'il a pu être diffusé sur les écrans français en août 1982. Le film mise vraiment plus sur une violence psychologique que graphique. Le sujet et le traitement infligé au couple Martin / Nancy est par contre plus sujet à caution et c'est certainement cet aspect qui a choqué la commission de censure. En tout cas, La Chasse Sanglante bénéficie d'une réalisation soignée, d'un casting solide et investit, de scènes efficaces et ce film de Peter Collinson mériterait bien une sortie sur support numérique, la copie de la Vhs éditée par René Château n'étant pas formidable. La Chasse Sanglante est le film N°7 de la fameuse collection Les Films que vous ne verrez  jamais à la télévision ! Toute une époque ! 


samedi 17 août 2019

FREAKS - LA MONSTRUEUSE PARADE

FREAKS - LA MONSTRUEUSE PARADE
(Freaks)

Réalisateur : Tod Browning
Année : 1932
Scénariste : Leon Gordon, Willis Goldbeck
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Epouvante
Interdiction : -16 ans
Avec : Wallace Ford, Leila Hyams, Olga Baclanova, Harry Earles, Johnny Eck...


L'HISTOIRE : Dans le cirque de madame Tetrallini, des "freaks" sont les vedettes de nombreux numéros et doivent cohabiter avec le reste du personnel. Cleopatra, une belle trapéziste, utilise ses charmes pour piéger Hans, un gentil nain qui vient d'hériter d'une grosse fortune. Avec l'aide d'Hercule, l'homme fort du cirque, Cleopatra va tout faire pour s'accaparer l'argent de Hans : elle le demande même en mariage, au grand dam de Frieda, sa fiancée actuelle, qui a bien compris le stratagème des deux escrocs. Mais les "freaks" ont un code d'honneur et Cleopatra, pour son plus grand malheur, va le découvrir...

MON AVIS : En 1931, le studio Universal remporte la mise sur ses concurrents avec deux films d'épouvante qui vont déplacer la foule en masse dans les salles : le Frankenstein de James Whale et le Dracula de Tod Browning. Ce dernier travaille aussi pour la MGM et le directeur de ce studio, Irving Thalberg, désire qu'il réalise le plus terrifiant des films d'épouvante afin de battre la Universal sur son propre terrain. Pour ce faire, la nouvelle "Spurs" de Tod Robbins, parue en 1923, est choisie comme base scénaristique. C'est d'ailleurs Harry Earles, qui interprète le personnage de Hans dans Freaks et qui avait déjà joué pour Tod Browning dans The Unholy Three en 1925 , qui est à l'origine de ce choix. Spurs se déroule dans le milieu du cirque et des freaks, terme générique qui désigne des personnes atteintes de difformités physiques parfois très importantes et qui gagnent leur vie en s'exhibant dans  des "Freakshow" itinérants. La base de l'histoire plaît à Browning, qui demande aux scénaristes Leon Gordon et Willis Goldbeck de la retravailler et d'y ajouter plus de freaks. Le sujet attire Browning car ce dernier connaît très bien le monde du cirque ambulant, ayant vécu dans ce milieu au cours de sa jeunesse (il a été clown, contorsionniste, acrobate) et s'étant pris de passion pour cet univers forain. Il en va de même pour son attrait pour les personnes "différentes", les exclues ou celles atteintes de difformités. Un thème qu'on retrouve en effet dans bon nombre de ses films. A la lecture du scénario, Irving Thalberg déclarera "J'ai demandé quelque chose d'horrifiant et je l'ai eu". Browning prépare le tournage du film et engage plusieurs "freaks" authentiques, dont les nains Harry Earles et ses deux sœurs Daisy Earles et Tiny Earles (Hans, Frieda et un rôle non crédité au générique), les sœurs siamoises Daisy et Violet Hilton, l'hermaphrodite mi-femme, mi-homme Joséphine Joseph, les microcéphales Schlitze Surtees, Jennie Lee et Elvira Snow, le Prince Radian (l'homme tronc), Lady Olga Roderick (la femme à barbe), Peter Robinson (l'homme squelette), les femmes sans bras Frances O'Connor et Martha Morris, l'extraordinaire homme sans jambe Johnny Eck, la femme oiseau Minnie Woolsey (atteinte du syndrome de Seckel, maladie génétique rare caractérisée par l’association d’un nanisme proportionné avec microcéphalie, dysmorphie faciale dite en tête d’oiseau et retard mental) ou le nain Angelo Rossitto entre autres. Un casting hors norme pour un film hors norme. Le tournage s'avère compliqué car les membres de l'équipe sont effrayés par les freaks, qui doivent loger à l'écart et se voient refuser l'accès à la cantine pour la majorité d'entre-eux. Le sujet même du film n'est pas vu d'un très bon œil par les dirigeants de la MGM mais Irving Thalberg parvient à s'imposer et permet que le film se fasse, ayant une toute confiance en son ami Tod Browning. Au final, le film sera, à l'époque de sa sortie, conspué par les critiques et rejeté par le public. Il est vrai que la nature même du casting ne peut laisser indifférent. Conte souvent cruel (la terrible scène du repas de noces), Freaks est avant tout l'un des plus beaux films sur la peur de l'anormalité et sur l'acceptation de la différence. Il met en exergue l'aspect contradictoire, entre fascination et rejet total, que les gens ressentent lorsqu'ils voient des personnes ne rentrant pas dans la case de la normalité physique. La plus belle scène reste celle dans laquelle madame Tetrallini prend la défense de ses freaks, qui ne font que s'amuser dans un parc, et qui se voient alpaguer par le propriétaire, alerté par son gardien que des "monstres" se sont introduits dans le parc. Heureusement, le propriétaire, prenant conscience que les freaks ne représentent aucun danger, n'agissant que comme des enfants selon les propres termes de madame Tetrallini, acceptera de les laisser utiliser son parc. Une scène vraiment forte en émotion (tout comme celle de l'accouchement de la femme à barbe) et qui nous fait déjà prendre conscience que les "monstres" ne sont pas toujours ceux dont l'apparence s'en rapproche le plus. La méchanceté des gens "normaux" est en effet bien pire que l'aspect étonnant des freaks qui nous sont présentés dans le film. C'est d'ailleurs une des grandes forces de ce film magnifique, de nous faire ressentir tout l'amour et la compassion de Tod Browning envers son casting hors norme. On peut comprendre les réactions du public de l'époque, à qui on présente de vraies personnes, n'ayant aucun maquillage sur le visage, aucune prothèse ou effets spéciaux pour transformer leur apparence. On est loin de Dracula ou de la créature de Frankenstein. La méchanceté de Cleopatra (Olga Baclanova) envers le pauvre Hans conduira cette dernière à subir le code d'honneur des freaks, lors d'une séquence se déroulant en plein orage et qui baigne vraiment dans un climat d'épouvante. Drame bouleversant, conte cruel, fable humaniste, film d'épouvante, Freaks est tout cela et bien plus. C'est un film insolite, inclassable, un véritable classique du cinéma, intemporel et magnifique. La durée assez courte du film (une soixantaine de minutes) a souvent été sujet à discussion, certaines rumeurs parlant d'une version originale de 90 minutes, qui aurait subi les coupes de la MGM. Pour Patrick Brion, éminent spécialiste du cinéma, cette rumeur n'est qu'affabulation, un délire d'interprétation non fondée, comme il l'écrira, en se basant sur le scénario original du film daté du 6 novembre 1931 (le tournage débutera trois jours plus tard), dans son somptueux ouvrage Le Cinéma Fantastique paru aux éditions de La Martinière. Il est vrai par contre que plusieurs fins ont été tournées, ces dernières nous sont présentées dans les bonus de l'édition DVD.




vendredi 16 août 2019

TWILIGHT CHAPITRE 5 - RÉVÉLATION partie 2

TWILIGHT CHAPITRE 5 - RÉVÉLATION partie 2
(The Twilight Saga - Breaking Dawn part 2)

Réalisateur : Bill Condon
Année : 2012
Scénariste : Melissa Rosenberg
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Romance
Interdiction : /
Avec : Robert Pattinson, Kristen Stewart, Taylor Lautner, Billy Burke, Ashley Greene...


L'HISTOIRE : Après la naissance de sa fille Renésmée, Bella s’adapte peu à peu à sa nouvelle vie de vampire avec le soutien d’Edward. Se sentant menacés par cette naissance d’un nouveau genre, les Volturi déclarent la guerre à la famille Cullen. Pour préparer leur défense, les Cullen vont parcourir le monde pour rassembler les familles de vampires alliées et tenter de repousser les Volturi lors d’un ultime affrontement...

MON AVIS : Voici donc le chapitre final de cette belle et grande saga de cinéma fantastico-romantique, débuté moyennement par un premier épisode assez faiblard mais pourtant d’une fidélité totale par rapport au roman (qui est plus fascinant que son adaptation malgré des enjeux scénaristiques assez faibles) et poursuivi par trois épisodes qui réussissaient à chaque fois à être supérieur au précédent. Le cliffhanger de l’épisode 4, qui voyait Bella se réveiller avec des yeux rouge vif, symbole de son nouvel état de vampire, est la première image du chapitre 5, qui est donc sa suite directe. Contrairement au chapitre 4, qui débuter par une longue séquence de mariage et mettait donc l'action de côté pour se consacrer au romantisme de ce bel événement, ce cinquième volet ne bénéficie quasiment d’aucun temps mort et c’est sur un rythme alerte et dynamique qu’on va vivre la conclusion tant attendue. Bill Condon, déjà réalisateur de la partie 1, poursuit sur sa lancée et nous propose quelques fulgurances visuelles, peaufine ses images et certaines séquences sont d’une beauté plastique impeccable. Changement encore plus notable par contre pour Kristen Stewart. La Bella fade et renfermée a fait place à une jeune fille souriante, pleine de vie et l’actrice, que je trouvais quelconque dans le premier chapitre, n’a jamais été aussi bien mise en valeur. Les scènes dans lesquelles elle découvre ses pouvoirs de vampire sont dotées d’un humour certes facile mais qui fait mouche et qui nous fait s’amuser avec les personnages. Les effets spéciaux restent de bonne facture et sont beaucoup mieux intégrés aux images réelles que précédemment, même si certains CGI restent perfectibles. Le gros point fort de cet épisode est évidemment son aspect lyrique et émotionnel, absolument pas guimauve comme les « mâles aigris » aiment tant à le prétendre pour discréditer la saga, et les séquences riches en sensation sont légion. Le morceau de choix étant la bataille entre les Volturi et la famille Cullen, cette dernière étant aidée par d’autres clans de vampires et par les loups-garous. On peut dire qu’à ce niveau, Bill Condon ne nous a pas volés. Absent du roman de Stephenie Meyer, cet affrontement se montre épique, virtuose, se déroulant dans un superbe paysage enneigé, et on en prend plein les yeux. On ne compte plus les têtes arrachés et les morts de chaque côté. Bien malin celui qui trouvera le twist scénaristique qu’on nous a concocté. Un twist des plus ingénieux, qui vient modifier le contenu du roman lui-même certes, mais qui est des plus efficaces. Je ne l’ai pas du tout vu venir celui-là et la surprise n’en est que plus grande. Si on aurait aimé que les différents pouvoirs des vampires venus aidés les Cullen soit mis en avant lors de la bataille, si on aurait voulu en savoir plus sur la future relation entre Jacob et Renesmée (juste évoquée lors d'une vision d'Alice), ce Twilight chapitre 5 - Révélation partie 2 se montre maîtrisé de bout en bout et vient clore de belle manière une saga riche, captivante, qui a su se bonifier chapitre après chapitre pour constituer une pentalogie harmonieuse, et qui a su, par ses qualités, rassembler hommes, femmes, adolescents et enfants dans les salles de cinéma. Et ça, c’est pas donné à n’importe quel film fantastique. Ça fait la quatrième fois que je revisionne l'intégralité de la saga et, hormis le chapitre 1 auquel j'ai du mal à adhérer et que je ne regarderais plus je pense, chaque nouvelle vision des chapitres suivants me procure toujours autant de plaisir et d'émotions. Dans mon ordre de préférence, je classerai les chapitres comme suit : 4 - 2 - 5 - 3 - 1. C'est avec un petit pincement au cœur qu'on abandonne à leur destin éternel les personnages qu'on a tant apprécié tout au long de ces années, preuve que les acteurs qui les ont interprété ont su s'investir et y mettre toute leur énergie pour qu'on ne les oublie pas.


jeudi 15 août 2019

TWILIGHT CHAPITRE 4 : RÉVÉLATION partie 1

TWILIGHT CHAPITRE 4 : RÉVÉLATION partie 1
(The Twilight Saga : Breaking Dawn part 1)

Réalisateur : Bill Condon
Année : 2011
Scénariste : Melissa Rosenberg, d'après le roman de Stephenie Meyer
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Romance
Interdiction : /
Avec : Robert Pattinson, Kristen Stewart, Taylor Lautner, Billy Burke, Ashley Greene...


L'HISTOIRE : Le grand jour est arrivé : Bella se marie avec Edward, sous l'oeil désapprobateur de Jacob qui sait ce que cela signifie : la jeune mariée va bientôt passer de vie à trépas et devenir à son tour un vampire. Mais pour le moment, Bella compte bien savourer les derniers jours de sa vie humaine et part vivre intensément sa nuit de noces avec Edward. Ce dernier cède face au désir de son épouse et tous deux accomplissent l'acte sexuel de façon passionné. Mais peu de temps après, Bella tombe malade et s'affaiblit de jour en jour. Enceinte d'Edward, Bella ne sait pas de quelle nature sera son bébé. Humain ? Vampire ? La famille Cullen reste également impuissante à guérir Bella, au grand désespoir d'Edward. Apprenant la nouvelle, la famille de Jacob voit d'un très mauvais oeil l'arrivée du nouveau-né et se sent en danger ; ils décident de s'en prendre au Cullen, considérant que le traité à été rompu, et ce malgré la présence de Jacob au côté de Bella...

MON AVIS : Voici donc le moment tant attendu par les millions de fans de cette adaptation cinématographique de la fameuse saga littéraire de Stephenie Meyer ! Le mariage de Bella et d'Edward ! Une longue scène d'environ une demi-heure y est consacrée, ainsi qu'à la torride et amusante lune de miel, et sous la direction d'un nouveau réalisateur (Bill Condon, à qui l'on doit Candyman 2 ou la biographie de James Whale Gods and Monsters entre autres), elle se révèle absolument magnifique, pleine d'émotion, tant le jeune couple est charmant. Kristen Stewart n'a jamais été aussi belle qu'au début de ce film. L'actrice, transparente dans le premier volet de la saga, s'est ouverte à chaque nouveau chapitre et elle va faire preuve d'une belle composition dans ce quatrième chapitre, qui ne va pas la ménager. Car Bill Condon et Stephenie Meyer vont faire prendre une direction époustouflante à l'histoire et à Bella une fois l'acte sexuel consommé. Il est d'ailleurs amusant de voir que cette saga, si puritaine et si sage jusqu'alors, va trouver un souffle digne d'une tragédie grecque grâce à la nuit d'amour torride entre les deux héros. Bien sur, on peut aussi se dire que l'acte d'amour a déclenché la tragédie et qu'il aurait mieux valu que les deux protagonistes vedettes restent vierges. Passons sur cet aspect tant mis en avant par les détracteurs de la saga pour ne retenir que l'essentiel : Twilight chapitre 4 : Révélation partie 1 est le meilleur volet de cette Pentalogie en ce qui me concerne et le réalisateur Bill Condon est parvenu à donner à cet épisode une maturité et une consistance imparable qui l'élève largement au dessus des autres chapitres. Une fois Bella enceinte, on est pris dans un tourbillon émotionnel qui ne s'arrête qu'à la dernière image. Les rebondissements s'enchaînent sans temps morts, les personnages atteignent une nouvelle dimension tragique, la mise en scène est de toute beauté et les séquences d'actions s'avèrent efficaces. La séquence de l'imprégnation de Jacob envers le nourrisson est superbe et Taylor Lautner prouve à nouveau qu'il est assurément le meilleur acteur de la saga, tant il se donne à 100% et réussi à diversifier et à rendre crédible ses émotions à l'écran. La partition musicale de Carter Burwell, qui accompagne admirablement bien les images qu'elle illustre, est magnifique et s'avère être la plus belle B.O. de la saga. Plus sombre, plus désespéré, plus dramatique (le maquillage de Kristen Stewart malade est hallucinant de réalisme, on sent réellement la mort l'envahir et puisser dans ses forces vitales), plus passionné, avec une véritable tension qui progresse jusqu'au final, cet avant dernier chapitre est flamboyant et mérite vraiment qu'on s'y attarde. Une série qui se bonifie d'épisode en épisode.



TWILIGHT CHAPITRE 3 : HÉSITATION

TWILIGHT CHAPITRE 3 : HÉSITATION
(The Twilight Saga : Eclipse)

Réalisateur : David Slade
Année : 2010
Scénariste : Melissa Rosenberg, d'après le roman de Stephenie Meyer
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Romance
Interdiction : /
Avec : Robert Pattinson, Kristen Stewart, Taylor Lautner, Ahsley Greene, Xavier Samuel, Billy Burke...


L'HISTOIRE :  Des morts suspectes dans les environs de Seattle laissent présager une nouvelle menace pour Bella. Victoria cherche toujours à assouvir sa vengeance contre elle et rassemble une armée. Malgré leur haine ancestrale, les Cullen et les Quileutes vont devoir faire une trêve et s'associer pour avoir une chance de la sauver. Mais Bella est obligée de choisir entre son amour pour Edward et son amitié pour Jacob tout en sachant que sa décision risque de relancer la guerre entre les deux clans. Alors que l'armée de Victoria approche, Bella est confrontée à la plus importante décision de sa vie...

MON AVIS : Changement radical de cap pour le réalisateur David Slade qui nous avait offert , coup sur coup, deux très bons films, à savoir Hard Candy en 2005 et 30 jours de nuit en 2007. S'il était déjà question de vampires dans le titre précité, ceux-ci n'étaient pas vraiment du genre romantique et pratiquaient allègrement le carnage sanglant sur les humains. David Slade se retrouve donc pour son troisième long métrage au commande du troisième chapitre de la saga Twilight qui avait péniblement débuté en 2008 pour se bonifier grâce au réalisateur Chris Weitz avec le chapitre 2 l'année suivante. Bonne nouvelle, David Slade est parvenu à maintenir le niveau de qualité instauré par Chris Weitz sur le volet précédent, reprenant à sa sauce les éléments indispensables à la réussite du film. On pouvait penser que changer de réalisateur à chaque épisode n'aiderait pas à assurer une continuité stylistique mais pourtant, ces deux réalisateurs ont amplement réussi leur mission. Twilight chapitre 3 : Hésitation fait la part belle au divertissement, au dépaysement (les décors naturels sont juste magnifiques) et à l'action, accentuant même la violence qui était, jusqu'ici, quasi invisible. En effet, lors du combat entre l'armée de Victoria (jouée cette fois par la non moins charmante Bryce Dallas Howard à la chevelure rousse encore plus incendiaire) et la coalition Cullen / Quileutes, la violence va faire son apparition et David Slade n'a pas oublié son travail sur 30 jours de nuit. Il le prouve ici de façon certes beaucoup moins sanglante mais néanmoins efficace. Si le sang est partiellement absent de ce combat épique, ça n'empêche pas le réalisateur de faire exploser des têtes ou de démembrer ses méchants suceurs de sang, ayant pour cela trouvé une parade visuelle fort judicieuse. Outre l'action et les nombreux rebondissements, ce troisième volet est aussi l'occasion de renforcer le côté conflictuel entre Edward et Jacob et donc de mettre en exergue la dualité des sentiments de Bella, dont le coeur reste divisé. Vampire ou loup-garou ? Devenir une "sang froid" pour roucouler pour l'éternité avec Edward ou rester humaine pour se faire cajoler dans les bras d'un vrai mâle au sang chaud bouillant ? Le réalisateur s'amuse avec tout ce qui fait le charme de l'adolescence, ses questionnements sur le sexe et les relations amoureuses. On pourra évidemment trouver que le côté puritain est bien trop présent et vieux jeu mais c'est un point présent dans les romans. Le romantisme et le triangle amoureux représentent la partie la plus importante du film et les fans y trouveront donc amplement leur compte. Bien vu également le fait d'avoir incorporé des flashbacks. Bref, si la plupart trouveront cette saga bien trop mièvre pour se montrer digne d'intérêt, ceux qui on a un petit côté fleur bleue se laisseront aisément embarquer dans ce "teen soap-opéra romantico-gothique"...



mercredi 14 août 2019

TWILIGHT CHAPITRE 2 : TENTATION

TWILIGHT CHAPITRE 2 : TENTATION
(The Twilight Saga : New Moon)

Réalisateur : Chris Weitz
Année : 2009
Scénariste : Melissa Rosenberg, d'après le roman de Stephenie Meyer
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Romance
Interdiction : /
Avec : Robert Pattinson, Kristen Stewart, Taylor Lautner, Ashley Greene, Billy Burke...


L'HISTOIRE : "Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, ce sera comme si je n'avais jamais existé." Abandonnée par Edward, celui qu'elle aime passionnément, Bella ne s'en relève pas. Comment oublier son amour pour un vampire et revenir à une vie normale ? Pour combler son vide affectif, Bella court après le danger et prends des risques de plus en plus inconsidérés. Edward n'étant plus là pour la protéger, c'est Jacob, l'ami discret et indéfectible qui va la défendre et veiller sur elle. Mais peu à peu elle réalise l’ambiguïté des sentiments qu'ils éprouvent l'un envers l'autre...

MON AVIS : Après un premier volet en demi-teinte qui manquait cruellement d'ampleur et surtout de fougue et de passion, un comble pour le seul chapitre réalisé par une femme, Twilight chapitre 2 : Tentation vient remettre les pendules à l'heure et efface sans aucune difficulté toutes les maladresses de Twilight chapitre 1 : Fascination. Comme quoi les hommes peuvent être bien plus romantiques que les femmes. En effet, la réalisatrice Catherine Hardwicke a cédé sa place à un homme pour ce second chapitre de la saga. C'est Chris Weitz qui prend le relais et il faut bien l'admettre : il a accompli un travail formidable sur le film, tant visuel qu’émotionnel, m'apportant enfin tout ce qui m'avait manqué dans le volet précédent. Nous avons (enfin) de la passion, des sentiments, de l'action, des rebondissements et ce côté épique et tragique tant attendu. Avec son triangle amoureux (Bella - Edward - Jacob), le film s'envole (enfin) vers une dimension passionnée qui fait mouche et on suit sans ennui aucun et avec un intérêt sans cesse renouvelé les mésaventures de Bella. La mise en retrait du personnage d'Edward, au grand dam de ces dames, permet, de plus, d'approfondir d'autres personnages et principalement Jacob, qui passe de rôle anecdotique à celui de figure emblématique de la saga. La romancière Stephenie Meyer a quand même un bon sens de l'humour puisque dans Twilight chapitre 2 : Tentation, son héroïne Bella se fait larguer par un vampire et là voici qui tombe dans les bras d'un... loup-garou ! Ce qui peut paraître un brin ridicule, dis comme ça, est en fait ce qui fait tout le charme de ce second chapitre, qui porte bien son titre : tentation. Elle viendra de l'acteur Taylor Lautner (j'ai pas réussi à convaincre ma femme que j'étais sa doublure quand l'acteur se balade torse nu, je sais pas pourquoi...) qui s'en sort vraiment bien dans ce rôle d'ami amoureux désirant remplacer Edward dans le cœur de Bella. Il possède un jeu vraiment accrocheur. Les séquences mettant en scène les loup-garous possèdent un certain charme passé la surprise de leur première apparition. Des loups-garous conçus en image de synthèse, d'une taille impressionnante et possédant une force qui se ressent à l'écran, surtout si vous avez un système de son home cinéma chez vous ! Le caisson de basse vrombit à chaque phase de déplacement des loups géants. Même Kristen Stewart, complètement transparente dans le premier chapitre, semble avoir trouvé ses marques et on la sent vraiment plus à l'aise devant la caméra. Rendons donc à César ce qui appartient à César : grâce à Chris Weitz, le film assure le divertissement, se montre beaucoup plus rythmé, bénéficie enfin d'une partition musicale adaptée, qui mêle musique symphonique mais aussi chansons pop bien choisies, et surtout, il a su développer l'aspect émotionnel tellement absent du premier film. Certaines répliques sont très belles, le passage dans lequel Bella dit à Jacob que son cœur appartient à Edward depuis le début est touchante. Il en va de même quand Edward se livre au Volturi suite à une mauvaise interprétation d'une vision d'Alice (la toujours pétillante Ashley Greene). Avec ses arcs narratifs nettement plus intéressants et ses enjeux amoureux mieux développés, j'ai encore apprécié davantage cette nouvelle vision de Twilight chapitre 2 qui se révèle vraiment être un bon film.  Le petit cliffhanger à la fin donne envie de voir la suite...



mardi 13 août 2019

TWILIGHT CHAPITRE 1 : FASCINATION

TWILIGHT CHAPITRE 1 : FASCINATION
(Twilight)

Réalisateur : Catherine Hardwicke
Année : 2008
Scénariste : Melissa Rosenberg d'après les romans de Stephenie Meyer
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Romance
Interdiction : /
Avec : Robert Pattinson, Kristen Stewart, Taylor Lautner, Matt Bushell, Billy Burke, Ashley Greene...


L'HISTOIRE : Isabella Swan, 17 ans, déménage à Forks, petite ville pluvieuse dans l'Etat de Washington, pour vivre avec son père. Elle s'attend à ce que sa nouvelle vie soit aussi ennuyeuse que la ville elle-même. Or, au lycée, elle est terriblement intriguée par le comportement d'une étrange fratrie, deux filles et trois garçons. Bella tombe follement amoureuse de l'un d'eux, Edward Cullen. Une relation sensuelle et dangereuse commence alors entre les deux jeunes gens : lorsque Isabella comprend que Edward est un vampire, il est déjà trop tard...

MON AVIS : Fort du succès des romans de Stephenie Meyer, voici donc l'adaptation cinématographique de cette histoire d'amour hors norme entre une humaine et un vampire qui a explosé le box-office et fait de ses deux interprètes principaux, la jolie Kristen Stewart et le non moins séduisant Robert Pattinson, deux stars planétaires. Le film étant réalisé par une femme, je m'attendais donc à découvrir une romance passionnée et flamboyante, une tragédie grecque à la manière de la sublime histoire d'amour entre Buffy Summers et Angel dans Buffy contre les vampires. Ce ne sera pas dans ce premier épisode qu'on y aura droit. Sans être désagréable à regarder, Twilight Chapitre 1 : Fascination a un gros problème, que n'aurons pas les épisodes suivants en ce qui me concerne : c'est plat. La romance n'a pas la fougue ni la passion qui se dégage de celle de Titanic ou de Roméo et Juliette par exemple. On en est même très loin. Pourtant, il y avait de quoi réussir le pari. Malheureusement, et c'est un autre problème de taille, le choix de Kristen Stewart pour interpréter Bella ne s'avère pas payant dans ce premier chapitre. Evidemment, j'ai vu les cinq volets de la saga et ce jugement ne concerne donc que Fascination car dans les épisodes suivants, elle se montre nettement plus à l'aise et remplit parfaitement le contrat. Mais dans ce premier Twilight, je trouve que l'actrice ne dégage absolument aucune émotion, elle semble tirer la gueule du début à la fin et n'emmène jamais le spectateur avec elle. Elle reste de marbre face à toutes les situations et ne semble avoir qu'une expression de visage. Ajoutons à ça le manque flagrant de talent de Catherine Hardwicke pour filmer une romance, pour provoquer un flot de sentiments exacerbés. C'est quand même assez incroyable de voir qu'une femme a raté cette première rencontre entre Bella et Edward quand les futurs réalisateurs masculins vont réussir à développer cette romance de manière efficace et surtout nettement plus romantique. Même la partition musicale n'est pas à la hauteur puisque jamais nous n'entendrons un thème prompt à nous faire verser une larme, hormis le très beau Bella's Lullaby composé par Carter Burwell et joué au piano dans une (enfin) très jolie scène du film. Ayant déjà vu le film plusieurs fois, cette nouvelle vision ne m'a pas fait changé d'avis : le film vaut principalement pour la prestation de Robert Pattinson, plus que correct, pour la présence de la séduisante Ashley Greene, pour quelques scènes divertissantes avec le gang de méchants vampires (dont la sublime Rachelle Lefevre dans le rôle de Victoria), et pour ces personnages secondaires assez sympathiques, comme le père de Bella (Billy Burke) ou Jacob (Taylor Lautner). Heureusement d'ailleurs que tout n'est pas à jeter dans Twilight Chapitre 1 : Fascination. Il y a quelques touches d'humour bienvenues (la présentation de Bella à la famille d'Edward) et certaines séquences sont réussies (lorsqu'Edward stoppe la voiture qui va percuter Bella au lycée). Reste que la mise en place de l'univers créé par Stephenie Meyer est un peu laborieuse et que la mise en scène de Catherine Hardwicke manque vraiment d'ampleur. Un rendez-vous à moitié manqué donc pour cette belle love-story d'outre-tombe qui prendra tout son sens dans les suites qui, elles, relèvent vraiment le niveau. Concernant le rejet total de cette saga par les soit-disant fans de films de vampires, aussi ouvert d'esprit que les fanatiques religieux de tout bord qui nous emmerdent avec leurs diktats, ça ne me gène absolument pas que les vampires de Twilight se baladent en plein jour (c'est déjà le cas dans le roman de Bram Stoker hein...) et brillent au soleil au lieu de brûler (une façon de mourir qui est apparu avec le final du Nosferatu de Murnau). Le mythe du vampire, ses forces et ses faiblesses, ses pouvoirs, rien n'est pas écrit dans le marbre, alors pourquoi une romancière ne pourrait-elle pas apporter des variations à ce qui est connu ? Qui plus est, vu le raz de marée du public dans les salles pour cette saga, soyons heureux que le cinéma fantastique "grand public" fasse recette et si cette saga a donné envie aux spectateurs de s'intéresser à d'autres livres ou films de vampires, tant mieux. Le cinéma fantastique n'a pas qu'une facette, il en faut pour tout le monde, pour tout les publics, et cette diversité, c'est ce qui en fait justement sa force. Oui, la saga Twilight s'adresse avant tout aux adolescentes. Et alors ?




lundi 12 août 2019

TRAÎNÉ SUR LE BITUME

TRAÎNÉ SUR LE BITUME
(Dragged Across Concrete)

Réalisateur : S. Craig Zahler
Année : 2018
Scénariste : S. Craig Zahler
Pays : Canada, Etats-Unis
Genre : Policier
Interdiction : -12 ans
Avec : Mel Gibson, Vince Vaughn, Tory Kittles, Jennifer Carpenter, Laurie Holden...


L'HISTOIRE : Deux policiers, Brett Ridgeman et Anthony Lurasetti, sont suspendus pour usage abusif de la force et caractère raciste après une arrestation musclée qui a été filmée au téléphone portable. A court d’argent, ces deux représentants de l’ordre basculent de l’autre côté de la loi pour s’arroger une compensation. Ils prennent en filature de dangereux braqueurs de banque afin de s’emparer de leur futur butin...

MON AVIS : Après Bone Tomahawk en 2015 (qui reçut le Grand Prix du festival de Gerardmer) puis Brawl in Cell Block 99 en 2017, le réalisateur S. Craig Zahler retrouve la star de son second film, Vince Vaughn, pour Traîné sur le Bitume, qu'il réalise en 2018 et dont peu de personne ont entendu parler, moi le premier. Pourtant, ce film policier réunit quelques stars bien connues, comme Mel Gibson, Vince Vaughn donc, Udo Kier, Thomas Kretschmann, Don Johnson, Laurie Holden, Tory KittlesMichael Jai White ou Jennifer Carpenter entre autres ! On a déjà vu casting moins prestigieux ! Cette sortie quasi anonyme en juillet 2019 sur support DVD, BR et VOD chez l'éditeur Metropolitan Filmexport, va lui donner une chance d'être découvert et apprécié. Est-ce sa durée (excessive) de 2h40 qui a empêché une sortie en salle ? Mystère. Avec un sujet très contemporain (une arrestation musclée est filmée au téléphone portable, diffusée sur les réseaux sociaux et le buzz provoque la suspension des deux policiers, les citoyens ne retenant que le caractère violent et "supposé" raciste de l'interpellation sans se soucier que le dealer vendait de la drogue dans les écoles), S. Craig Zahler nous invite dans une longue filature qui débouchera sur un drame dans lequel quasiment personne ne sortira gagnant. Le duo de policiers est interprété par Mel Gibson et Vince Vaughn. Les deux acteurs s'en sortent très bien et Mel Gibson trouve là un rôle à la hauteur de son talent. Ayant besoin d'argent pour emmener sa famille loin de ce quartier mal famé, dans lequel sa fille a déjà subit cinq agressions, sa suspension n'arrive pas au bon moment. Flic intègre et ayant arrêté de nombreux criminels au cours de sa longue carrière, cette situation est inacceptable pour lui et il décide de mener une affaire par ses propres moyens, quitte à passer dans le côté obscur. Son plan est simple : surveiller et arrêter des voyous qui semblent préparer un braquage de banque et leur soutirer l'argent du cambriolage, ni vu, ni connu. Il embarque avec lui son coéquipier (Vince Vaughn), qui a, lui aussi, besoin d'argent car il compte demander sa fiancée en mariage. Le faible salaire des policiers et les conditions de travail qui malmènent leur vie familiale sont évoqués de manière juste et on prend rapidement en empathie ces deux personnages, qui sont plus victimes que coupables. Si le jeu des acteurs est franchement bon, que ce soit les protagonistes principaux comme les secondaires, le rythme du film et sa durée lui font toutefois perdre un peu de points. En effet, le réalisateur, comme s'il avait voulu nous impliquer réellement dans le processus de filature, fait durer les scènes d'observation, de surveillance, dans lesquelles il ne se passent pas grand chose. Certes, on est presque face à du cinéma-vérité, à l'image de French Connection par exemple, et on se doute que ces phases de filature peuvent être effectivement aussi ennuyeuses dans la réalité. En parallèle, on assiste également à la préparation du braquage tout en faisant connaissance avec un autre personnage principal, Henry Jones, joué par Tory Kittles. Comme dans un film de Tarantino, les trois arcs narratifs du film vont finir par se télescoper et tout ce petit monde va se retrouver ensemble une fois le braquage débuté. Le rythme du film s'intensifie alors, la violence augmente (les membres du gang de braqueurs n'étant pas des enfants de chœur et ayant la main leste sur leurs fusils d'assaut) et cette course-poursuite devient diablement existante. Quelques rebondissements viennent encore dynamiser l'action, le gore s'invite même à la fête avec une ignoble éviscération faite au couteau et l'aspect assez nihiliste du final laisse un arrière goût amer dans la bouche. Alors oui, Traîné sur le bitume ne cède pas à la facilité dans sa première partie, qui s'avère, il est vrai, assez molle du genou et qui peut décourager les spectateurs de poursuivre la vision du film. Ce serait dommage de ne pas persévérer car le film de S. Craig Zahler a des qualités certaines, amoindries par ce rythme lent, parfois léthargique, mais voulu par le réalisateur. J'ai trouvé les personnages bien écrits, l'ambiance est froide, il n'y a pas d'humour balourd, pas de scènes d'action surréalistes. Juste un récit dans lequel des personnages abîmés, désabusés, tentent de s'en sortir, pas forcément par le bon moyen. Un polar solide au final, assez éloigné des productions actuelles, et qui mérite d'être découvert.

* Disponible en DVD et BR chez Metropolitan Filmexport


        

dimanche 11 août 2019

LES AILES DE LA RENOMMÉE

LES AILES DE LA RENOMMÉE
(Wings of Fame)

Réalisateur : Otakar Votocek
Année : 1990
Scénariste : Herman Koch, Otakar Votocek
Pays : Pays-Bas
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec : Peter O'Toole, Colin Firth, Marie Trintignant, Walter Gotell, Maria Becker...


L'HISTOIRE : Tué par la chute d’un projecteur après avoir abattu la star de cinéma César Valentin, coupable à ses yeux de s’être approprié son œuvre, l’écrivain Brian Smith débarque sur une île perdue dans les limbes, quelque part entre la vie et la mort. Il y retrouve non seulement sa victime, mais croise aussi d’autres illustres défunts, tous pensionnaires d’un gigantesque hôtel régi par des règles particulières. Les personnalités présentes dans la mémoire des vivants bénéficient de tout le confort dû à leur rang, tandis que ceux dont le souvenir décline croupissent désormais dans d’insalubres mansardes…

MON AVIS : Présenté lors du festival du film fantastique d'Avoriaz en 1991, Les Ailes de la Renommée y reçu deux récompenses : le prix spécial de l'étrange et le prix de la critique. Pourtant, cette oeuvre réalisée par le Pragois Otakar Votocek et produite par Dick Maas (réalisateur de L'Ascenseur, Amsterdamned, Saint ou Prédateur entre autres) demeure très méconnue et a fini par sombrer dans ce qui représente la thématique même du film : l'oubli. Une bonne idée donc de la part du journaliste Marc Toullec et de l'éditeur ESC Distribution que de l'avoir exhumé des limbes pour le remettre dans la lumière. Personnellement, je ne l'avais jamais vu et c'est donc chose faite à l'heure où j'écris ces quelques lignes pour vous le présenter. L'idée du scénario est franchement excellente. Les célébrités, de toutes origines et de tout domaine artistique (littérature, cinéma, médecine, peinture, musique et j'en passe) se retrouve, une fois décédées, sur une île curieuse possédant un grand hôtel de luxe mais aussi des chambres délabrées au niveau inférieur. Après avoir débarquées sur l'île par bateau (référence directe à la traversée du Styx bien sûr, l'embarcation étant dirigée par un homme vêtu de noir et au faciès inquiétant), un réceptionniste va fournir une clé aux nouveaux arrivants, leur permettant d'accéder à leur chambre. Une chambre, et c'est là toute l"originalité du film, choisie en fonction du degré de popularité du défunt chez les vivants. Qui plus est, cette chambre n'est pas acquise et l'occupant peut se voir déloger (par la force) et reclasser, soit à un étage supérieur (avec une chambre plus luxueuse encore) soit à des étages inférieurs, dans des pièces vétustes voir carrément insalubres, et ce, toujours en fonction de sa notoriété dans le monde des vivants. Nul doute qu'Albert Einstein (qu'on croise dans le film !) gardera longtemps sa jolie chambre quand d'autres stars tombent dans l'oubli et se voient reléguées dans les sous-sols. Ce sera le triste sort réservé à un peintre à un moment du film, célèbre avant sa mort puis qui voit sa côte de popularité sombrer irrémédiablement après celle-ci, ses peintures ne se vendant plus et son aura étant remplacé auprès du public des vivants par celui d'un certain Salvadore et d'un certain Pablo. Vers la fin du film, on assiste même à une étrange cérémonie ,réunissant toutes les personnalités qui vivent sur l'île, et qui se solde par la mise au rebut pure et simple des stars qui sont totalement tombées dans l'oubli de la mémoire collective et qui doivent donc quitter l'île. Avec ce film de Otakar Votocek, on est en présence d'un fantastique poétique et Les Ailes de la Renommée  est en effet un beau film, très épuré dans sa mise en scène, qui refuse toute démonstration surnaturelle, qui évite toute utilisation d'effets-spéciaux. Cette recherche de réalisme, alors que le film est purement du domaine du fantastique, provoque chez le spectateur une impression d'étrangeté palpable, ce dernier se demandant si on est dans un rêve, si on est vraiment dans une sorte de purgatoire, de salle d'attente avant la destination finale ou si, comme le pense le personnage jouée par la ravissante Marie Trintignant, qui refuse sa mort, l'île et l'hôtel ne seraient que la façade d'un hôpital psychiatrique. Outre la jeune actrice française, les deux personnages principaux du film sont Peter O'Toole et le jeune Colin Firth. D'après Marc Toullec, c'est le talentueux acteur de Lawrence d'Arabie qui aurait contacté en personne Otakar Votocek pour avoir le rôle de César Valentin, un acteur imbu de sa personne, sur de lui et qui ne vit que pour la célébrité. On ne sait pas comment O'Toole a eu le scénario entre les mains, toujours est-il qu'il a été retenu et qu'il livre ici une admirable composition, qui se conclura sur une très jolie scène que je ne vous dévoilerai pas mais qui est vraiment émouvante. Colin Firth interprète quant à lui le meurtrier de Cesar Valentin et on va découvrir la véritable raison de son acte au fur et à mesure de l'histoire. Etant réunis tous les deux sur l'île, ils vont commencer une relation évolutive, philosophique même, sur le succès, la starification, ses aspects positifs comme négatifs mais aussi la mort, la reconnaissance du public et donc l'oubli dans lequel on peut tomber. Métaphorique, onirique et original, Les Ailes de la Renommée mérite d'être découvert et de sortir de son anonymat car c'est un bien joli film.  

* Disponible en DVD chez ESC DITRIBUTION


    

vendredi 9 août 2019

MIDSOMMAR

MIDSOMMAR
(Midsommar)

Réalisateur : Ari Aster
Année : 2019
Scénariste : Ari Aster
Pays : Etats-Unis, Suède
Genre : Drame, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Florence Pugh, Jack Reynor, Vilhelm Blomgren, Will Poulter...


L'HISTOIRE : Dani et Christian sont sur le point de se séparer quand la famille de Dani est touchée par une tragédie. Attristé par le deuil de la jeune femme, Christian ne peut se résoudre à la laisser seule et l’emmène avec lui et ses amis à un festival estival qui n’a lieu qu'une fois tous les 90 ans et qui se déroule dans un village suédois isolé. Mais ce qui commence comme des vacances insouciantes, dans un pays où le soleil ne se couche pas, va vite prendre une tournure beaucoup plus sinistre et inquiétante...

MON AVIS : Décidément, le réalisateur Ari Aster aime filmer des cérémonies rituelles et placer des couronnes (d'épines ou de fleurs) sur la tête du protagoniste principal de ses films. Car après Hérédité et son rituel de possession démoniaque, voici les rituels païens de Midsommar, dont il signe également le scénario. Si je n'ai que moyennement accroché à Hérédité, qui ne m'a procuré aucun frisson et qui m'a plutôt ennuyé je dois le reconnaître (mais je lui redonnerai sa chance, promis !), c'est tout l'inverse qui s'est produit avec Midsommar, que j'ai trouvé totalement hypnotique et envoûtant. Ce n'était pas gagné d'avance, rien qu'avec l'annonce de la durée du film : 147 minutes au compteur ! Whouah, ça calme ! Pourtant, je n'ai ressenti absolument aucun ennui, je n'ai trouvé aucune longueur à ce film insolite qui nous décrit le calvaire que va vivre un petit groupe d'amis, hôtes d'une étrange communauté vivant en Suède dans un lieu bucolique et enchanteur, et qui va célébrer des festivités qui vont rapidement se révéler effroyables. Disons-le tout net : Ari Aster a mis en scène un film assez terrifiant sur les dérives sectaires, sur l'embrigadement psychologique des esprits fragilisés. Dani, la jeune héroïne, superbement interprété par Florence Pugh, vient de perdre sa sœur et ses parents. Quant à son petit ami Christian (Jack Reynor), il ne lui montre pas grand intérêt, leur relation n'étant pas au beau fixe, la rupture étant même envisagé par ce dernier. Dani est donc une proie toute désignée pour une secte, le sentiment d'abandon total qu'elle éprouve au plus profond d'elle-même devenant un attrait et un moyen de manipulation mentale pour les gourous de tout poil, qui ne se priveront pas de lui procurer attention et amitié, lui faisant comprendre qu'elle peut avoir une "nouvelle famille" qui s'occupera bien d'elle. La duré du film lui permet de réellement nous faire ressentir la notion d'embrigadement, de nous faire comprendre comment un esprit peut être manipulé de façon insidieuse. Tout comme Hérédité, le rythme de Midsommar se veut lent, contemplatif. Le réalisateur prend son temps, expose ses personnages aux spectateurs et peaufine son ambiance par petite touche savamment distillée. Sa mise en scène est admirable, sa caméra virtuose, ses images sublimes. Esthétiquement proche de la perfection, Midsommar déclenche les hostilités par à-coup, et la séquence du premier rituel, avec ce couple de vieillards se donnant la mort de manière atroce, fait franchement froid dans le dos. Intelligemment, Ari Aster nous montre la force des mouvements sectaires à travers sa curieuse communauté, dont les membres influents réussissent à convaincre nos jeunes américains que le rituel macabre dont ils viennent d'être témoins fait partie des croyances locales et qu'ils doivent le prendre comme tel et non comme un crime odieux. Le contraste entre nos citadins américains, vêtus de jeans et baskets, et les membres de la communauté, vêtus de blanc, portant des fleurs dans leur cheveux, participe pleinement à créer une atmosphère rapidement étouffante, dont on comprend peu à peu les enjeux à travers certains dialogues et certaines actions des protagonistes. Anxiogène, Midsommar le devient progressivement, et, tout comme les héros du film, parvient à enfermer le spectateur dans ce monde de folie humaine qui deviendra franchement malsain au fur et à mesure de la progression des événements. Rituel sexuel pour la fertilité (glauque), rituel initiatique, rituel magique et autres festivités attendent les personnages livrés à eux-mêmes et qui, pour ceux qui voudraient se soustraire à l'emprise mentale et physique de la communauté, connaîtront un sort peu enviable, que nous découvrirons lors d'une séquence finale apocalyptique et tétanisante. Si Ari Aster cède de temps à autre à l'imagerie gore, avec des effets spéciaux efficaces et répugnants, il préfère bien sûr miser une horreur sournoise et psychologique pour amener le public dans cet univers païen admirablement retranscrit à l'écran, que ce soit à travers les tenues vestimentaires précités mais aussi par la bande sonore du film ou les chants entonnés par les membres de la communauté. On navigue vraiment à contre-courant des films d'horreur lambda ici, Ari Aster proposant un film mature, adulte, n'utilisant jamais de  jump-scares pour provoquer une montée de tension chez son public. Bien sûr, on pense au film The Wicker Man (et son remake) quand on regarde Midsommar. Et alors ? Bénéficiant de fulgurances visuelles admirables (on cite déjà Ari Aster comme étant le nouveau Stanley Kubrick), d'un scénario à la mécanique totalement huilée et qui ne peut que faire réagir le public (on cite la ville de Waco dans le film, ce n'est pas pour rien), Midsommar est un film qui marque les esprits. Une très grande réussite pour ce cauchemar réaliste et dérangeant. 



jeudi 8 août 2019

LE CONTINENT OUBLIÉ

LE CONTINENT OUBLIÉ
(The People that Time Forgot)

Réalisateur : Kevin Connor
Année : 1977
Scénariste : Patrick Tilley
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Aventure, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Patrick Wayne, Doug McClure, Sarah Douglas, Dana Gillespie, Thorley Walters...


L'HISTOIRE : 1917. Le major Ben McBride réunit un petit groupe d’aventuriers pour partir à la recherche de Bowen Tyler, un de ses collègues disparu dans une région inexplorée du globe. Contraints de se poser en catastrophe après l’attaque de leur hydravion par un ptérodactyle, les membres de l’expédition découvrent l'île de Caprona, un monde étrange, peuplé d’hommes préhistoriques et de dinosaures. Leur rencontre avec Ajor, une sauvageonne parlant l'anglais, va les mener sur les traces de Bowen Tyler...

MON AVIS : En 1974, le réalisateur Kevin Connor réalise un très bon film d'aventure fantastique, basé sur un récit d'Edgar Rice Burroughs : Le Sixième Continent. Ce film nous présentait le personnage de Bowen Tyler (joué par Doug McClure) ainsi que l'île de Caprona (également appelé l'île de Caspak dans les romans du papa de Tarzan). Une île incroyable puisqu'elle possède sa propre évolution et sa propre échelle du temps, ce qui explique la présence de dinosaures mais aussi d'hommes préhistoriques en son sein. Suite au succès du Sixième Continent, Kevin Connor enchaîne sur un autre film d'aventure fantastique en 1976 avec Centre Terre, Septième Continent, qui bénéficie toujours de la présence de l'acteur Doug McClure mais aussi de celle de Peter Cushing et de la sublime Caroline Munro. L'année suivante, une mission est confiée au réalisateur : faire la suite du Sixième Continent ! La base de travail est la nouvelle People that Time Forgot de Burroughs, qui se voit remanier de façon drastique par le scénariste Patrick Tilley, qui ne garde que le début de la nouvelle (l'expédition vers l'île) et le combat entre un hydravion et un ptérodactyle. Un remaniement qui n'est pas trop du goût de Kevin Connor mais il accepte tout de même de réaliser le film, qui sera baptisé en France Le Continent Oublié. C'est donc la suite directe du Sixième Continent et l'histoire se focalise sur une expédition en partance vers l'île de Caprona afin de retrouver le capitaine Bowen Tyler, qui est toujours interprété par Doug McClure. Parmi l'équipe de recherche, on trouve Patrick Wayne, le fils de John Wayne, qui interprète le major McBride. L'acteur sera la même année la vedette de Sinbad et l'Oeil du Tigre. Même s'il s'en sort correctement ici, on ne peut pas dire qu'il possède le talent de son illustre papa. Pour l'accompagner dans son périple, on a une jolie photographe-reporter en la personne de Charly, jouée par la ravissante Sarah Douglas, qui arbore au début du film une coupe de cheveux quasi similaire à celle de Carrie Fisher dans Star Wars ! Ce dernier datant lui aussi de 1977, difficile de dire qui a copié qui ? Pour Sarah Douglas, cette question ne se pose pas et c'est bien Carrie Fisher qui a copié sa coupe de cheveux, comme elle le dira, non sans humour, dans l'interview proposé parmi les bonus de cette belle sortie de chez Rimini Editions ! En ce qui me concerne, je la préfère nettement les cheveux détachés comme dans la dernière partie du film, ou sa beauté crève l'écran ! Le Continent Oublié a été une excellente aubaine pour cette jolie brune, puisque grâce à sa prestation, elle remportera l'audition pour jouer la méchante Ursa dans un certain Superman et Superman 2  ! On la retrouvera aussi dans la série V, dans Conan le Destructeur ou dans Les Guerriers du Soleil entre autres. Dans le film de Kevin Connor, elle est toujours habillée avec classe, jouant une jeune femme un brin timide mais qui n'a tout de même pas sa langue dans sa poche, n'hésitant pas à rembarrer le major McBride et à faire valoir son statut de femme forte et libérée. Nettement plus sexy au niveau vestimentaire, la non moins ravissante Dana Gillespie joue celle dont la présence est obligatoire dans un film d'aventure préhistorique, à savoir la sauvageonne vêtue de cuir ou de peau de bêtes. L'actrice ne manquera pas de faire tourner les têtes des spectateurs masculins, qui ne resteront sûrement pas insensible à son somptueux décolleté contenant deux magnifiques attributs mammaires qui durent être scotchés à la tenue de cuir que portait l'actrice afin qu'ils ne se fassent pas la malle lorsque cette dernière se mettait à courir pour échapper aux nombreux dangers présents sur l'île, ce qui aurait préjudiciable au film, que les producteurs désiraient très familial. Nul doute que les jeunes spectateurs de l'époque (et leurs papas) se rappellent encore de la vision de Dana Gillespie dans ce film ! Le vieil acteur Thorley Walters est également de la partie, tout comme Shane Rimmer, le pilote de l'hydravion qui préférera rester sagement à côté de son appareil plutôt que d'aller s'aventurer dans les contrées étranges de l'île de Caprona. Ce qui a fait le succès du Sixième Continent, c'est bien sûr la présence de dinosaures divers et variés. Le Continent Oublié rempile donc et va nous présenter un stégosaure, un ptérodactyle et quelques autres créatures préhistoriques qui, il faut bien l'avouer, sont largement moins réussies que celles du Sixième Continent. L'aspect carton-pâte ne fait guère illusion et la rigidité des monstres antédiluviens prêtera fort à sourire. Certes, nous sommes en 1977, le budget du film n'est pas très élevé et les images de synthèse n'existaient pas encore mais quand même ! Il faudra faire preuve de beaucoup d'indulgence et d'une bonne grosse dose de nostalgie pour ne pas se moquer des dinosaures du film. Mais rassurez-vous, Le Continent Oublié a d'autres arguments à faire valoir afin de vous faire passer un agréable moment. Les paysages naturels, issus d'une véritable île volcanique des Îles Canaries, font le job et assurent le dépaysement. Le méchant peuple des Nagas sera là pour venir agresser les héros du film et dynamiser l'action. Cerise sur le gâteau, le film de Kevin Connor va, d'un coup, sans prévenir, bifurquer du film d'aventure fantastique vers le film d'héroic fantasy ! L'entrée du "château des crânes" (en matte painting) est tout bonnement hallucinante et il est impossible que les créateurs des jouets Les Maîtres de l'Univers ne s'en soient pas inspirés pour concevoir le fameux château du crâne ! Je n'en revenais pas, étant un grand fan de Skeletor et de Musclor. Une fois à l'intérieur, on nage dans un univers coloré inspiré du dessinateur Frazetta (on remarque même une de ses créations sur une tenture du palais), avec crânes, serpents, bourreau musclé (normal, il est interprété par David Prowse, monsieur Dark Vador !), volcan et le chef de la tribu (l'incroyable acteur Milton Reid) dont le look fait clairement penser à l'univers de l'héroic fantasy et ce, cinq ans avant Conan le Barbare ! C'est vraiment cette partie qui mérite toute notre attention et fait gagner des points au film. Le final est lui aussi assez sympa, avec une multitude d'explosions en tout genre et ce, durant quinze bonnes minutes non stop ! S'il est moins réussi que Le Sixième Contient, Le Continent Oublié réserve tout de même de sympathiques moments d'aventure et cette série B au charme suranné se laisse apprécier pour son aspect kitsch et bon enfant.

* Disponible en DVD et BR chez RIMINI EDITIONS

LE BR : 
Présenté dans un boitier blu-ray avec fourreau orné d'un joli visuel, Le Continent Oublié a bénéficié d'une remasterisation en HD très satisfaisante, qui conserve le grain cinéma et permet de bien mettre en avant les jolies couleurs du film, disponible en version française et version originale sous-titrée français. Niveau bonus, on trouve un commentaire audio de Kevin Connor et Brian Trenchard-Smith, ainsi qu'un interview de Sarah Douglas et Dana Gillespie. Les deux actrices reviennent sur le tournage du film, leur collaboration avec les autres membres du casting et se livrent à de savoureux détails, le tout dans une bonne humeur communicative. La bande-annonce du film est également présente. L'éditeur nous gratifie également d'un bonus tourné spécialement pour cette édition : Retour sur Caspak, présenté par le journaliste et réalisateur Alexandre Jousse. C'est un bonus très intéressant, dans lequel Alexandre Jousse revient sur les conditions de tournage, sur l'origine du film mais aussi sur ses effets-spéciaux, avec des reproductions nous permettant de comprendre comment tel effet a été réalisé, que ce soit sur l'animation des dinosaures ou sur les matte painting par exemple. Réellement passionnant.


mercredi 7 août 2019

CRAWL

CRAWL
(Crawl)

Réalisateur : Alexandre Aja
Année : 2019
Scénariste : Michael Rasmussen, Shawn Rasmussen
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Kaya Scodelario, Barry Pepper, Morfydd Clark, Ross Anderson...


L'HISTOIRE : Quand un violent ouragan s’abat sur sa ville natale de Floride, Hayley ignore les ordres d’évacuation pour partir à la recherche de son père porté disparu. Elle le retrouve grièvement blessé dans le sous-sol de la maison familiale et réalise qu’ils sont tous les deux menacés par une inondation progressant à une vitesse inquiétante. Alors que s’enclenche une course contre la montre pour fuir l’ouragan en marche, Haley et son père comprennent que l’inondation est loin d’être la plus terrifiante des menaces qui les attend…

MON AVIS : Dans la longue liste des animaux vedettes des films dits d'agressions animales, les crocodiliens n'arrivent pas en tête de liste. Largement moins représenté que les requins par exemple, nos amis les crocodiles et autres alligators ont toutefois le vent en poupe ces dernières années. Si l'un des premiers films les mettant en vedette est Le Crocodile de la Mort de Tobe Hooper (1977), le début des années 80 et 90 s'y intéresse un peu plus avec des titres comme Crocodile (1980), Alligator (1980), L'Incroyable Alligator (1982), Les Dents de la Mort (1987), Killer Crocodile (1989), Killer Crocodile 2 (1990) ou Alligator II : La Mutation (1991). Il faudra ensuite attendre l'année 1999 pour qu'ils reprennent du poil de la bête avec Lake Placid puis Crocodile (2000), Blood Surf (2001) et Crocodile 2 (2002).  Nouvelle période de vaches maigres jusqu'en 2007 où plusieurs films les utilisent, comme dans Supercroc , Primeval, L'attaque du Crocodile Géant et surtout les deux excellents films que sont Black Water et Solitaire. La décennie 2010 n'est pas tendre avec nos crocodiliens puisque, hormis la saga Lake Placid (5 suites réalisées après le film de 1999), les autres films s'apparentent plus à des nanars qu'autre chose. Il faudra donc attendre l'année 2019 pour que ces animaux à la mâchoire ultra-puissante reviennent sous les feux de la rampe et brillent de mille feux. Sous la direction du talentueux Alexandre Aja (Haute Tension, La Colline à des Yeux, Piranha 3D, Horns...), ce sont les alligators qui vont avoir les honneurs d'être les grands méchants d'une série B de luxe : Crawl. Très franchement, ce nouveau film d'Alexandre Aja représente assurément ce qui se fait de mieux dans le genre. 85 minutes sans temps morts, avec certes une histoire assez classique (un père et sa fille, qui ont des relations assez tendues, se retrouvent coincés ensemble dans le sous-sol d'une maison et vont devoir mettre de côté leur rancœur et s'entraider afin de survivre face à un violent ouragan, à des litres et des litres d'eau et surtout à plusieurs alligators qui profitent de cette montée des eaux justement pour s'infiltrer dans le quartier résidentiel et les habitations...) mais qui permet de se concentrer sur l'essentiel : les attaques d'alligators. Une fois que l'actrice Kaya Scodelario est arrivée chez son père et le retrouve blessé dans les sous-sol de la maison, c'est parti pour un tour de grand huit qui ne prendra fin qu'avec l'apparition du générique final. Crawl prend rapidement des allures de huis-clos, mettant en avant ses deux acteurs principaux : Barry Pepper et l'efficace Kaya Scodelario déjà citée. Ce duo fonctionne parfaitement bien et les deux scénaristes Michael et Shawn Rasmussen leur ont réservé bien des péripéties pour leur pourrir la journée et surtout faire frissonner le spectateur. Avec ses alligators qui surgissent là où on ne les attend pas toujours, Alexandre Aja parvient à faire monter la tension et utilise les codes du film d'agression animale avec brio : vue suggestive, vue sous-marine, quelques jump-scars et surtout une mise en scène ciselée et efficace permettent au film d'être réellement angoissant. Le réalisateur avait d'ailleurs une idée clair de ce qu'il voulait voir à l'écran avec Crawl : l'anti-thèse de son Piranha 3D ! En clair, éliminez quasiment toute trace d'humour et faire un vrai film de terreur là où Piranha 3D relevait plus de la gaudriole gore et ultra-fun. Aja veut également que son nouveau film soit plus réaliste : même si les alligators sont tous réalisés en images de synthèse, ils font vraiment de l'effet une fois à l'écran et les blessures qu'ils infligent aux personnages sont crédibles. En effet, les alligators n'ont pas de dents aiguisées comme les requins et leurs mâchoires broient plutôt que tranchent, ce qui expliquent que l'héroïne parvient à extraire son bras sans que celui-ci ne soit déchiquetés ou en lambeaux par exemple. Un réalisme n'empêche pas d'avoir de jolies marques de morsures à l'écran tout de même, rassurez-vous ! Et parfois, Aja oublie ce réalisme et certains seconds rôles se font quand même bien mettre en charpie et ce, pour notre plus grand plaisir ! Le nombre d'attaques des alligators dans le film ne décevra pas les amateurs d'émotions fortes qui en auront pour leur argent ! En fin connaisseur du genre, Alexandre Aja a réalisé un véritable survival dépouillé de tous artifices et reste constamment concentré sur son sujet. C'est sûr qu'on aurait aimé voir les alligators s'en prendre à une colonie de vacances par exemple et bouffer des tas de gamins mais ce type de scènes, on les a déjà vu dans Piranha 3D et dans d'autres films du genre et c'était justement ce que voulait éviter le réalisateur, préférant miser sur l'ambiance anxiogène et le suspense à couper au couteau. Avec sa maison et ses sous-sols inondés, Aja transforme ce simple décor en labyrinthe de la mort, multiplie les attaques brutales et les plans qui font trembler. On sait que les tournages "dans l'eau" sont particulièrement complexes à mettre en scène. Alexandre Aja a parfaitement réussi le sien, faisant de Crawl une série B pleine de fureur, pleine d'énergie et qui ne ment pas sur la marchandise. Tendu, nerveux, généreux, efficace, tout en étant tout de même bien fun, Crawl rentre sans difficulté dans le haut du panier des films d'agressions animales les plus réussis et on lui pardonnera aisément certaines facilités scénaristiques et le fait que notre belle héroïne est quand même vachement résistante aux dents d'alligators !