Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




mardi 31 décembre 2019

SCARY STORIES

SCARY STORIES
(Scary Stories to Tell in the Dark)

Réalisateur : André Øvredal
Année : 2019
Scénariste : Dan Hageman, Kevin Hageman
Pays : Etats-Unis, Canada
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec : Zoe Margaret Colletti, Michael Garza, Gabriel Rush, Austin Zajur, Kathleen Pollard...


L'HISTOIRE : En 1968, le soir d'Halloween. Poursuivi par une bande de jeunes à qui ils ont fait une mauvaise blague, un groupe d'amis se réfugie dans un manoir abandonné réputé hanté, et trouve une pièce secrète ainsi qu'un livre qui raconte des histoires terrifiantes. L'ouvrage appartenait à Sarah Bellows, une jeune fille qui s'est pendu en 1898 après avoir été accusé de l'empoisonnement de plusieurs enfants de la ville. Mais cette trouvaille n’est pas sans conséquence : la lecture du livre permet à ses effroyables créatures de prendre vie. Stella, Auggie, Chuck et Ramon vont tenter de percer le mystère du livre avant que ce dernier n'en fasse des victimes...

MON AVIS : Parmi les nombreux livres d'épouvante destinés principalement aux adolescents, on cite souvent les fameux Chair de Poule écrits par  R. L. Stine. Mais un autre auteur américain est également à mettre en avant, Alvin Schwartz, auteur des Scary Stories to Tell in the Dark, des histoires à faire peur prenant racine dans les légendes urbaines et qui ont connu un très grand succès, notamment grâce aux sublimes et terrifiants dessins en noir et blanc de Stephen Gammell illustrant les ouvrages. Des histoires tellement horrifiantes qu'elles ont été interdites dans les bibliothèques scolaires anglaises depuis 1984. Passionné par ces histoires et les dessins des Scary Stories to Tell in the Dark, le prestigieux réalisateur Guillermo Del Toro rêve d'en faire une adaptation au cinéma. Un projet qui date de 2014, repris en main par Del Toro en 2016, qui a décidé tout compte fait de ne pas le réaliser lui-même mais d'en confier la tâche à André Øvredal, à qui l'on doit le sympa Troll Hunter (2010) et l'excellent The Jane Doe Identity en 2016, tout en assurant la production, en supervisant de très près l'avancée du projet et le design des différentes créatures du film. Un gage de qualité donc que de voir ces deux personnes rattachés à Scary Stories, ce que viendra confirmer la vision du film. Principale surprise en ce qui me concerne : je m'attendais à voir un film à sketch, pensant que les histoires lues à travers le livre trouvé dans le vieux manoir allaient prendre vie indépendamment du fil conducteur, comme c'est le cas dans ce type de films dont le plus fier représentant reste le Creepshow de George A. Romero. Raté ! L'originalité de Scary Stories tient dans le fait que les différentes histoires vont prendre vie dans l'intrigue principale et impacter les personnages principaux et ce, de manière très intelligente et maîtrisée. On n'a pas l'impression d'assister à un film décousu mais bel et bien à une histoire structurée dans laquelle vient s'intégrer les éléments issus des récits du livre. C'est franchement bien foutu et très efficace. Principalement destiné à un public adolescent de par sa source d'inspiration, Scary Stories met en avant un casting composé de jeunes acteurs et une ambiance qui n'est pas sans nous rappeler les productions Amblin des 80's ou plus récemment Ça chapitre 1 ou la série Stranger Things. Bien que se déroulant en 1968, les mésaventures que vont vivre Stella (Zoe Margaret Colletti), Ramon (Michael Garza), Auggie (Gabriel Rush) et Chuck (Austin Zajur) nous renvoient au Goonies et autres productions du même genre, version horrifique bien sûr. Le casting est impeccable, les acteurs ados remplissent parfaitement leur rôle, la jeune Zoe Margaret Colletti étant au-dessus du lot. Stella, son personnage, on aurait tous aimé l'avoir pour petite copine ! Une nana plutôt jolie qui a des affiches de vieux films d'épouvante dans sa chambre, lit des comics d'horreur et connaît par cœur les dialogues de La Nuit des Morts Vivants, le rêve ! Autre atout majeur de Scary Stories, outre sa mise en scène chiadée, millimétrée, ses superbes décors (l'intérieur décrépi du manoir entre autres) et son casting, ses monstres ! Avec Guillermo Del Toro à la production, on se doutait que les créatures du film bénéficieraient d'un traitement particulier, lui qui leur voue un culte si particulier. Rien à dire à ce sujet, elles sont juste superbes et, cerise sur le gâteau, réalisées en grande partie à l'ancienne, avec prothèses, latex et acteur crevant de chaud sous les costumes, bénéficiant de l'ajout d'images de synthèse uniquement quand il le faut. Épouvantail revanchard, zombie cherchant son orteil, Dame Pâle au sourire glaçant, araignées s'extirpant d'une pustule s'étant développée sur la joue d'une pauvre fille, spectre blafard ou monstre contorsionniste cauchemardesque (l'impressionnant Jangly Man, interprété par l'acteur noir Troy James à l'incroyable flexibilité corporelle), tous ont bénéficié d'un traitement aux petits oignons et chacun aura ses minutes de gloire, laissant un souvenir tangible dans l'esprit du spectateur. Alors oui, on pourra parfois faire la fine bouche en disant que la scène de l'épouvantail reste du déjà-vu, que la profusion de jump-scares parfois téléphonés est un peu envahissant et qu'il n'y a quasiment pas la moindre goutte de sang à l'horizon, à l'exception de l'encre servant à écrire les histoires. Des points légèrement négatifs qui ne feront pas oublier la beauté visuelle du film ni son efficacité à maintenir l'intérêt du public tout au long du déroulement de l'histoire. Largement au-dessus de la moyenne en terme de réalisation et de production-design, Scary Stories s'avère le film parfait à visionner entre ados pour fêter Halloween ! Aventure, rire et frisson s'entremêlent dans une bonne alchimie et le film contient un sous-texte historique plus intelligent qu'il n'y paraît, le choix de l'année 1968 n'étant pas un hasard (Nixon, le Vietnam...). C'est aussi une belle déclaration à l'écriture et aux pouvoirs des mots. Même si le public visé est clairement les adolescents, Scary Stories ravira tout autant les adultes car le film adopte un ton assez mature dans son ensemble. C'est un bon tour de train fantôme pour tout les publics en somme ! Et le film donne envie de découvrir les histoires d'Alvin Schwartz, dont un ouvrage de 352 pages est paru en France en 2019 chez Castelmore, avec les dessins de Stephen Gammell en prime ! 

* Disponible en DVD et BR chez METROPOLITAN VIDEO
Qualité de l'image superbe, VO et VF en DTS 5.1 et nombreux bonus au programme, nous faisant aller à la rencontre du réalisateur, de Del Toro, du casting et de l'équipe derrière la confection des créatures. Il y a même un bonus caché, comme à la grande époque ! 



lundi 30 décembre 2019

LE ROI LION (2019)

LE ROI LION
(The Lion King)

Réalisateur : Jon Favreau
Année : 2019
Scénariste : Jeff Nathanson
Pays : Etats-Unis
Genre : Aventure, Drame, Animation
Interdiction : /
Avec : /


L'HISTOIRE : Au fond de la savane africaine, tous les animaux célèbrent la naissance de Simba, leur futur roi. Les mois passent. Simba idolâtre son père, le roi Mufasa, qui prend à cœur de lui faire comprendre les enjeux de sa royale destinée. Mais tout le monde ne semble pas de cet avis. Scar, le frère de Mufasa, l'ancien héritier du trône, a ses propres plans. La bataille pour la prise de contrôle de la Terre des Lions est ravagée par la trahison, la tragédie et le drame, ce qui finit par entraîner l'exil de Simba. Avec l'aide de deux nouveaux amis, Timon et Pumbaa, le jeune lion va devoir trouver comment grandir et reprendre ce qui lui revient de droit…

MON AVIS : Dans leur projet pharaonique de remettre au goût du jour leurs dessins-animés cultes en version "live", il était impossible pour les studios Disney que le film d'animation plébiscité par une très grande majorité de fans comme étant le meilleur, Le Roi Lion bien sûr,  réalisé en 1994, échappe à ce traitement. Après Cendrillon, Le Livre de la Jungle, La Belle et la Bête, Dumbo ou Aladdin entre autres, et en attendant Mulan ou La Petite Sirène, penchons-nous sur le cas du Roi Lion, qui a divisé les foules lors de sa sortie. C'est le réalisateur Jon Favreau qui s'est collé à la tâche, celui-là même qui avait mis en scène Le Livre de la Jungle en 2016 ainsi que les deux premières aventures du super-héros Iron Man en 2008 et 2010. Les principales critiques autour de sa version en images de synthèse du Roi Lion tiennent principalement au fait que Jon Favreau n'a jamais cherché à s'écarter des sentiers balisés par le dessin-animé de 94. L'histoire est la même, les chansons sont les mêmes (bien que réinterprétées par de nouveaux chanteurs, avec quelques légères variations), les rebondissements sont les mêmes, les répliques sont (quasiment) les mêmes (avec de nouvelles voix par contre) et j'en passe. Quelle utilité alors, me direz-vous, si on vient juste regarder un copié-collé d'une oeuvre culte, qui, en son temps, avait déjà provoqué la polémique en ne disant jamais qu'elle était une adaptation (plagiat ?) du dessin-animé japonais Le Roi Léo ? Il est vrai que si on connaît bien l'animé de 1994, on ne peut s'empêcher tout au long du film d'y penser et de se dire "ah oui, c'est vraiment l'animé refait à l'identique en synthèse". Pourtant, il est difficile de ne pas prendre de plaisir à regarder cette version 2019 malgré cette impression un peu gênante tant la beauté des images proposées vient flatter les rétines. Il faudrait quand même être de mauvaise foi pour ne pas être émerveillé devant la prouesse technique réalisée par Jon Favreau et son équipe de magiciens de l'image. Le réalisme absolument bluffant des divers animaux présentés dans le film nous montre qu'on a encore monté le niveau d'un cran dans ce domaine : les poils, les crinières, le pelage, la texture, les expressions, la fluidité des mouvements sont juste époustouflants. Et même le regard et ce qu'il y a derrière (l'âme ?), cette notion tellement difficile à recréer en image de synthèse (l'exemple de Peter Cushing dans Rogue One est le plus flagrant, le corps et la visage du défunt acteur étant magnifiquement reproduits quand son regard reste froid et sans "âme justement) parvient ici à trouver crédit au yeux du public. Impossible de rester insensible à cette petite boule de poils qu'est bébé Simba au début du film, tout comme la sagesse et la démarche de Mufasa en impose. Timon et Pumba sont également exemplaires en terme de recréation synthétique. La démonstration technique est poussée à son plus haut niveau de crédibilité et bien souvent, je me demandais si j'avais en face de moi de vrais animaux ou des CGI. Il en va de même pour les sublimes décors du film, d'un réalisme incroyable et pourtant entièrement numérisés à partir d'endroits existants au Kenya. Les scènes emblématiques du dessin-animé répondent toutes à l'appel et m'ont procuré tout autant d'émotions, que ce soit la mort de Mufasa, la romance entre Simba et Nala, l'attaque des Hyènes et le combat final par exemple. Alors oui, la version 1994 a encore de beaux jours devant elle et reste indétrônable. Mais cette version 2019 a quand même de sacrés atouts et la magnificence de ses images est franchement à couper le souffle. Un peu plus de prise de risques et d'innovations au niveau de l’histoire n'auraient pas été de trop (quitte à faire rager les puristes) pour insuffler un petit renouveau et donner un réel intérêt à cette modernisation. Je comprends ceux qui trouvent cette version 2019 totalement vaine et inutile du fait de son approche "je refait la même chose au découpage de plan près" mais en ce qui me concerne, j'ai tout de même été happé par l'ambiance et le réalisme des animaux (les hyènes plus vraies que nature) et j'ai trouvé assez intéressant également l'approche du réalisateur qui voulait de l'ultra-réalisme justement : les animaux, quand ils parlent ou chantent, n'ont évidemment pas les mêmes expressions que dans le dessin-animé, leurs expressions sont plus "rigides", moins grandiloquentes sous couvert de ce réalisme. Et bien ça ne m'a pas choqué plus que ça, au contraire, je trouve que le film, de ce point de vu, est même plus "crédible" que le dessin-animé et que dans la "vraie vie", ça se passerait justement comme ça si on avait la chance d'être invisible et de pouvoir assister aux mêmes événements dans la savane. C'est un peu comme si on était dans un documentaire animalier scénarisé en fait. Ça peut déplaire tout autant que ça peut plaire. En tout cas, cette démonstration technologique est d'une réelle beauté et la prouesse réalisée pour ce divertissement sophistiqué mérite d'être saluée. Longue vie au Roi !

* Disponible en BR 4K, BR et DVD chez Walt Disney France


vendredi 27 décembre 2019

TERROR TRAIN - LE MONSTRE DU TRAIN



TERROR TRAIN - LE MONSTRE DU TRAIN
(Terror Train)

Réalisateur : Roger Spottiswoode
Année : 1980
Scénariste : T.Y. Drake, Judith Rascoe
Pays : Canada
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Ben Johnson, Jamie Lee Curtis, Hart Bochner, David Copperfield, Derek McKinnon...


L'HISTOIRE : Lors d'un bizutage, une blague tourne mal pour le jeune Kenny Hampson qui perd la raison et se retrouve placé en hôpital psychiatrique. Trois ans plus tard, les membres de la fraternité décident de fêter la nouvelle année lors d'une soirée costumée ! L'originalité de ce bal organisé est qu'il va se dérouler dans un train, entièrement réquisitionné pour cette occasion et aménagé pour que les étudiants passent une bonne soirée, avec danse, alcool et même spectacle de magie à la clé. Les organisateurs, ceux-là même qui avaient fait une mauvaise blague à Kenny Hampson, vont, un par un, être la cible d'un mystérieux tueur qui semble avoir une vengeance à accomplir...

MON AVIS : Vous ne le savez peut-être pas, mais le réalisateur de Under FireTurner & Hooch, Air America, A l'Aube du Sixième Jour et du James Bond Demain ne Meurt Jamais a débuté sa carrière avec un slasher movie ! C'est en effet à Roger Spottiswoode qu'on doit Terror Train, intitulé en France Le Monstre du Train lors de sa sortie sur les écrans en juin 1981. Pour un premier film, on peut dire que Roger Spottiswoode a plutôt bien été traité puisque le réalisateur novice a embarqué du beau monde avec lui, excusez du peu : pour actrice principale, on a la nouvelle star de l'horreur, Jamie Lee Curtis, forte du succès d'Halloween (1978), de Fog (1980) et du Bal de l'Horreur (1980) ; dans le rôle du responsable de train, on trouve l'acteur vétéran Ben Johnson, qui a tourné pour John Ford ou Sam Peckinpah et a été la doublure d'illustres personnalités comme John Wayne, Gary Cooper ou James Stewart ; dans le rôle du magicien, on a la plus grande star de la profession, David Copperfield lui-même ; pour chef-opérateur, il obtient John Alcott, qui s'est illustré sur des films tels Barry Lyndon ou Shining ; bref, une équipe solide, qui devra également composer avec des acteurs débutants, dont Derek McKinnon, qui interprète Kenny Hampson. L'idée de réaliser un slasher se déroulant intégralement dans un train provient du cerveau de Daniel Grodnik, un jeune homme qui, après avoir vu Halloween puis Transamerica Express a simplement eu l'ingénieuse idée de mélanger les influences des deux films. Il propose son idée au producteur Sandy Howard qui la trouve très bonne. L'histoire rédigée par  Daniel Grodnik est confiée à Thomas Y. Drake, qui la transforme en scénario, aidé par Judith Rascoe, non créditée. Le tournage de Terror Train peut débuter. De l'aveu même de Roger Spottiswoode, le cinéma d'horreur n'est pas sa tasse de thé et il préfère largement le suspense au débordement sanglant. Ce qui explique que la dizaine de morts dans Terror Train soient si peu violentes ou visuelles, ainsi que l'intérêt moindre du public pour ce film vis à vis du concurrent Vendredi 13, largement plus gore. Si Terror Train n'est pas un mauvais film, loin de là, j'avoue qu'il ne m'a pas non plus emballé plus que ça, la faute à un rythme trop déséquilibré, aux nombreuses scènes (pourtant réussies) dans lesquelles David Copperfield fait ses numéros d'illusionniste (on se croirait dans une campagne publicitaire vantant les talents, bien réels, de l'artiste magicien) et au manque flagrant de violence, on se demande encore comment le film a pu avoir une interdiction aux moins de 18 ans lors de sa sortie en France, un -13 ans aurait été largement plus approprié. On a une petite décapitation assez sympa c'est vrai mais bon, le reste est quand même assez soft. Après la traditionnelle séquence pré-générique dans laquelle on assiste à la mauvaise blague qui va virer au drame et donc enclencher l'élément vengeur du film (faire croire à un jeune puceau qu'il va passer une nuit d'enfer avec Jamie Lee Curtis et lui refourguer un cadavre de la fac de médecine à la place, y'a effectivement de quoi devenir fou à lier), le film s'enlise durant une bonne heure dans la soirée étudiante, avec scènes de danse, scène de beuverie et les tours de magie de Copperfield. Bon, il y a bien trois/quatre meurtres à se mettre sous la dent mais pas de quoi réveiller un mort. Dommage car la mise en scène de Roger Spottiswoode est de bonne facture pour un premier film et le travail du chef-opérateur admirable, parvenant à rendre visible une majorité de séquences se déroulant dans la pénombre. L'un des bons points du film reste sans conteste le fait que cette soirée festive est costumée ! Un atout de taille pour le tueur s'étant insidieusement glissé parmi la communauté estudiantine. Un p'tit meurtre et hop, on utilise le déguisement de la victime pour mieux pouvoir approcher les futures victimes et ainsi de suite, sans se faire remarquer ou provoquer de questionnement. Malin ! Groucho Marx, un serpent vert, une vilaine sorcière seront entre autres les différents masques que va revêtir l'assassin, ce qui apporte une vraie touche d'originalité contrairement aux autres slashers, dans lesquels le tueur ne porte qu'un seul masque. Si l'identité du tueur sous les divers déguisements et ses motivations ne font aucun doute, ce n'est pas bien grave en fait et ça ne joue pas en défaveur du film. Le décor du train, avec ses longs couloirs, ses couchettes, ses wagons-lits, ses W.C. ou sa salle des machines, est plutôt bien utilisé même si on aurait aimé plus de suspense car il faut bien avouer qu'on ne ressent que peu de frisson durant la vision du film. Le dernier quart d'heure, correspondant à l'affrontement final tant attendu entre le tueur et Jamie Lee Curtis, qui va pouvoir nous balancer quelques jolis cris de frayeurs dans les oreilles, s'avère bien dynamique  et la révélation finale fort bien amenée, et qui plus est, quasiment impossible à deviner, ce qui fait un point de plus en faveur de Terror Train ! La prestation de l'acteur lors de cette révélation est également à mettre au crédit du film parce que niveau folie, ce personnage en a à revendre. Si on met les défauts du film à côté des points positifs, Terror Train trouve un certain équilibre au final. Et puis rappelons quand même qu'on n'est qu'en 1980 et que ce n'est que les prémices de la future vague slasheresque qui va inonder les écrans durant la décennie, augmentant le nombre de morts et surtout la quantité de sang déversé à l'écran. Pour tous les amateurs de ce sous-genre prolifique du cinéma d'horreur, Terror Train - Le Monstre du Train se doit donc d'être vu car il fait partie des prémices, des œuvres qui ont bâti le mythe !

* Disponible en combo DVD + BR + Livret chez RIMINI EDITIONS
Une édition toujours aussi soignée, présentée dans le traditionnel digipack trois volets sous fourreau au couleur de la collection. La copie est très bonne, les scènes sombres clairement visibles. Le film est proposé en VF, VO et VOSTF. Marc Toullec est comme d'habitude l'auteur du livret, toujours très informatif. Niveau bonus, on trouve un interview de Roger Spottiswoode, un interview de Judith Rascoe ainsi qu'un portrait de Jamie Lee Curtis.



jeudi 26 décembre 2019

WAXWORK

WAXWORK
(Waxwork)

Réalisateur : Anthony Hickox
Année : 1988
Scénariste : Anthony Hickox
Pays : Etats-Unis, Angleterre, Allemagne
Genre : Fantastique, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Zach Galligan, Deborah Foreman, Jennifer Bassey, Michelle Johnson, David Warner...


L'HISTOIRE : Dans une petite ville de banlieue américaine, le mystérieux David Lincoln ouvre un musée de cire consacré aux monstres légendaires issus du folklore fantastique. Un groupe d'étudiants est invité par le propriétaire à une visite nocturne des lieux. Une fois à l'intérieur, les jeunes découvrent les scènes reproduisant les forfaits de ces créatures, sans se douter que chacune d'entre elles est en réalité un portail dimensionnel conduisant à leur repaire. Lincoln compte bien ramener à la vie chacune de ces entités maléfiques et sacrifier, dans ce but, ses visiteurs…

MON AVIS : Pour son premier film derrière la caméra, le jeune Anthony Hickox, 29 ans, nous offre avec Waxwork une très sympathique série B qui mêle comédie, fantastique et horreur dans une bonne humeur communicative. Au programme, un musée de cire qui possède une bien curieuse particularité : celle de posséder dix-huit portails dimensionnels, dissimulés dans les dix-huit reproductions de scènes mettant en vedette les mannequins de cire, représentant les monstres et méchants les plus emblématiques, comme par exemple Dracula, la Momie, le Loup-Garou, la créature de Frankenstein, le Fantôme de l'Opéra, le Mort Vivant et même le Marquis de Sade ! On remarquera que dans de nombreuses compositions, il n'y a que le méchant et aucune victime. D'où la présence des portails dimensionnels puisque ceux-ci vont permettent au gérant du musée de propulser le visiteur malchanceux à l'époque où vécu le monstre et d'en faire une victime qui viendra harmoniser la représentation une fois transformée en mannequin de cire. Le tout dans un but encore plus machiavélique : une fois les dix-huit victimes trouvées et statufiées, les dix-huit monstres vont pouvoir reprendre vie dans notre monde et provoquer chaos et destruction. Un scénario très original, fun et horrifique, rédigé par Anthony Hickox lui-même, qui a su s'entourer des bonnes personnes pour réussir son premier film. Au casting, on trouve en effet Zach Galligan, star de Gremlins en 84, la sexy Michelle Johnson en poupée blonde caricaturale, la charmante Deborah Foreman en jeune fille (apparemment) sage, mais aussi des acteurs renommés comme David Warner, John Rhys-Davies ou Patrick MacNee, qu'on ne présente plus. Un casting de qualité, dont on ressent la complicité et l'implication. Mais ce n'est pas tout ! Pour les effets de maquillages et la conception des divers créatures, le réalisateur novice a réussi à avoir  Bob Keen et son équipe, excusez du peu ! Avec un budget serré d'environ deux millions de dollars et des poussières et un tournage de six semaines seulement, Waxwork réussi son coup et deviendra l'un des titres les plus prisés des amateurs à la fin des années 80, le cocktail humour et horreur fonctionnant la plupart du temps vraiment bien. Un humour pas toujours très fin, qui vire carrément dans la parodie certaine fois, et qui pourra faire perdre quelques points de sympathie au film lors d'un nouveau visionnage. Par contre, niveau gore et effets-spéciaux, Waxwork tient encore bien la route et à une époque où les images de synthèses n'existaient pas encore, on peut clairement dire que les techniciens ont fait du bon boulot. Qui dit musée de cire (lieu emblématique qui servit de décor à de belles réussites dans le genre, comme dans Masques de Cire en 1933, L'Homme au masque de Cire en 1953, Le Piège en 1979 ou plus récemment La Maison de Cire en 2005 entre autres) dit donc divers personnages de cire mis en vedette. Ce sera bien le cas dans Waxwork et l'originalité de ce dernier est de carrément projeter le visiteur à l'intérieur même de la scène reproduite, grâce au portail dimensionnel si vous avez tout suivi ! Le début du film, très rythmé, nous emmène donc dans une maison de bois perdue au milieu d'une forêt à la rencontre d'un superbe loup-garou ainsi qu'à l'intérieur d'un château où va dîner le Comte Dracula et de sa famille vampire, avec une séquence ultra gore et bien jouissive dans laquelle le sang gicle à gros bouillon dans une pièce immaculée. On peut presque penser que Waxwork la joue film à sketch avec ces deux séquences rondement menées. Le spectateur aura aussi le plaisir de suivre quelques futures victimes en Egypte pour rencontrer la Momie et même en France pour faire un petit bout de chemin avec le sadique Marquis de Sade. Evidemment, on aurait aimé aller à la rencontre de tous les monstres présents dans le musée mais il fallait faire des choix, le film ayant déjà une durée de 97 minutes. Si Waxwork accuse un petit coup de mou au milieu de son déroulement pour ma part, la longue séquence finale, totalement foutraque et déjantée, vient faire oublier les petites faiblesses qui ponctuent régulièrement l'oeuvre d'Anthony Hickox (un jeu d'acteurs inégal ou trop théâtral parfois pour certains) pour qu'au final, on ne retienne que ses points positifs. Pur produit estampillé 80's, Waxwork a raflé le Prix de la Peur au festival d'Avoriaz et conserve une très bonne réputation chez les aficionados de la comédie horrifique. Malgré de menus défauts, cette modernisation de la thématique du musée de cire est quant même bien agréable à visionner et il fait toujours partie des meilleurs films de son réalisateur, qu'on reverra derrière la caméra pour Waxwork 2 en 1992 mais aussi pour Hellraiser 3, Warlock : The Armageddon ou Full Eclipse par exemple. 

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME
Pour les fans de Waxwork, cette édition leur permettra de revoir leur film favori dans des conditions optimales au niveau de l'image. Il pourront également se satisfaire d'un making of dans lequel réalisateur, acteurs et autres techniciens viennent parler du film.


mardi 24 décembre 2019

HALLOWEEN 3 - LE SANG DU SORCIER

HALLOWEEN 3 - LE SANG DU SORCIER
(Halloween 3 - Season of the Witch)

Réalisateur : Tommy Lee Wallace
Année : 1982
Scénariste : Tommy Lee Wallace, Nigel Kneale
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Tom Atkins, Stacey Nelkin, Dan O'Herlihy, Ralph Strait, Brad Schacter...


L'HISTOIRE : Il se passe des choses bien étranges à Santa Mira, petite ville d'apparence tranquille. Suite à l'assassinat de l'un de ses patients, le Dr Daniel Challis vient y enquêter, accompagné d'Ellie Grimbridge, la fille du défunt, déterminée à retrouver les coupables. La présence d'un masque de Halloween près de l'homme assassiné conduit le duo jusqu'à l'usine de jouets dirigée par l'inquiétant Conal Cochran...

MON AVIS : Suite au succès de Halloween 2 sorti en 1981, il était évident que les producteurs allaient vouloir mettre en chantier un troisième chapitre à la saga. Problème de taille, la fin du film de Rick Rosenthal ne laissait que peu d'espoir de retrouver Michael Myers à l'écran, ce dernier étant totalement brûlé suite à une violente explosion dans l'hôpital d'Haddonfield. John Carpenter et Debra Hill ont alors une idée, pas plus bête qu'une autre : produire un film d'horreur chaque année, qui sortirait à l'époque d'Halloween bien sûr et qui utiliserait la thématique de la fête des morts. Le scénariste Nigel Kneale, inventeur du personnage du professeur Quatermass, est contacté pour rédiger l'histoire. Son scénario est jugé bon par l'équipe mais il faut tout de même lui apporter des modifications, ce que n'admet pas Nigel Kneale, qui demandera à ce que son nom soit retiré du générique. D'après le réalisateur Tommy Lee Wallace, 50 à 60% de l'histoire conçue par Kneale se retrouve dans le film. C'est donc en 1982 que débarque dans les salles Halloween 3, qui a eu la malheureuse idée de mettre un "3" derrière le titre justement. Car les spectateurs, croyant voir une nouvelle aventure horrifique de Michael Myers, en seront pour leur frais et le bouche à oreille sera catastrophique, cataloguant le film dans les navets et lui attribuant une triste réputation, ce qui est, en réalité, tout à fait injustifiée. On le sait, les "fans", terme dérivé de "fanatique", ont souvent des œillères devant les yeux et il ne faut surtout pas se montrer original et aller à contre-courant de leurs attentes. Rian Johnson en sait quelque chose (private joke). Ou même Danny Steinmann, qui a eu le malheur de na pas mettre en scène le vrai Jason dans son pourtant très sympa Vendredi 13 chapitre 5, au bodycount très élevé. Vous imaginez donc bien ce qu'un Halloween sans Michael Myers a provoqué. Et provoque encore, en 2019 ! Pourtant, si on prend juste le film en tant que film indépendant de la saga justement, ce rejet (quasi) unanime n'a pas franchement lieu d'être. Car Halloween 3, sous-titré Le Sang du Sorcier en France quand le titre original préfère La Saison de la Sorcière, est un film fantastique de qualité et qui, c'est un comble, s'avère plus en adéquation avec le thème de la fête d'Halloween que les deux premiers films. Car le scénario nous met en présence d'un fabriquant de masques d'Halloween qui a une idée bien précise en tête pour fêter comme il se doit le Samhain : concevoir des masques dotés de puces électroniques qui vont s'activer lors de la diffusion d'un clip publicitaire vantant lesdits masques, ce qui provoquera la mort horrible de millions d'enfants ! Ou la technologie au service du Mal ! Le sous-titre français nous a donné une bonne information : le fabriquant est un sorcier se servant des enfants portant ses masques comme autant de proies sacrificielles. Sorcellerie et technologie moderne donc au programme, ce qui était assez rare dans le cinéma fantastique à l'époque, on citera tout de même le Messe Noire d'Eric Weston (1981). Sur ce postulat original, Tommy Lee Wallace, qui avait refusé de réaliser Halloween 2, va nous servir une mise en scène maîtrisée et carrée, et propulser ses deux personnages principaux, le dr Challis et Ellie, interprétés respectivement par le très bon Tom Atkins et la charmante Stacey Nelkin, dans une enquête qui va se montrer intrigante et assez stressante, la tension et l'ambiance étant renforcées par la solide partition électronique de Carpenter et Alan Howarth, qui préfigure pour ma part celle de Christine par certaines sonorités, et qui appuie bien là où il faut. Les éléments mis en place par l'histoire, comme ces hommes en noir qui avancent, imperturbables, comme des robots, et qui semblent posséder une force hors du commun (il en faut pour broyer les orbites oculaires ou carrément arracher une tête à mains nues !) ou cette puce électronique qui s'est décollé d'un masque et qui balance dans le visage d'une pauvre femme une sorte de rayon laser aux conséquences horribles, nous intriguent au plus haut point et on se demande bien ce que trafiquent les employés de cette curieuse usine de jouets, basée dans une petite ville qu'on croirait être dirigée par Big Brother lui-même, des caméras-espions étant disséminées partout, aucunes rues ou bâtiments n'étant pas sous surveillance vidéo ! Quelques effets gores viendront s'inviter au spectacle, dont une atroce mort d'enfant, ce dernier ayant eu le malheur de porter un masque de citrouille qui, sous l'effet du spot publicitaire, va fondre et laisser échapper vers, mouches et serpents du corps du pauvre petit garçon, sous les yeux effarés de ses parents ! La société de consommation, la technologie et la récupération à des fins commerciales de la fête d'Halloween sont donc prises pour cible dans ce scénario qui tente de sortir des sentiers battus et qui fonctionne vraiment bien. On pourra émettre un léger bémol lors de l'avant-dernière scène, qui verse un peu trop dans le délire avec ce robot qui n'arrête pas de se relever, tel un Terminator n'existant que dans deux ans. La séquence finale est quant à elle d'une réelle noirceur, le cri poussé par Tom Atkins résonnant dans notre esprit et nous faisant comprendre que malgré tous ses efforts pour stopper le plan machiavélique du sorcier moderne joué par Dan O'Herlihy, la propagation du Mal a tout de même eu lieu. Pure série B faisant honneur au genre de par son sérieux et ses bonnes intentions, Halloween 3 mérite vraiment d'être apprécié à sa juste valeur, loin du déversement de haine arbitraire de ses détracteurs fans du tueur au masque blanc.

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME
Comme d'habitude, remasterisation de l'image efficiente et présentation soignée dans un digipack trois volets. Comme pour l'édition d'Halloween 2, on retrouve ici Eric Peretti qui nous parle longuement de Nigel Kneale et du film. Le making of d'Halloween 3 est également présent, avec des interventions du réalisateurs, acteurs, directeur de la photographie ou compositeur...



lundi 23 décembre 2019

THE WITCHER - SAISON 1

THE WITCHER - SAISON 1
(The Witcher - season 1)

Réalisateur : Alik Sakharov, Charlotte Brändström, Alex Garcia Lopez, Marc Jobst
Année : 2019
Scénariste : Lauren Schmidt, Declan De Barra, Beau DeMayo, Jenny Klein...
Pays : Pologne, Etats-Unis
Genre : Heroic-Fantasy, Série-Télévisée
Interdiction : -16 ans
Avec : Henry Cavill, Freya Allan, Anya Chalotra, Joey Batey, Anna Shaffer...


L'HISTOIRE : Dans un monde où se côtoient humains, mages, elfes, nains, dragons et créatures diverses, Geralt de Riv, mutant et sorceleur qui loue ses services de chasseur de monstres, va voir son destin chamboulé lorsqu'il va devoir devenir le protecteur de Ciri, une jeune princesse d'une douzaine d'années qu'il n'a jamais rencontré et qui semble être l'objet d'attention de plusieurs personnes, dont les hordes du Nilfgaard, qui désirent envahir et conquérir les autres territoires du monde par la force et la magie. La quête de Geralt et ses activités de tueur de monstres va également l'amener à faire connaissance avec deux sorcières, Triss et Yennefer, ainsi qu'avec le barbe Jaskier. La destinée de chacun semble être liée à celle de Ciri...

MON AVIS : L'auteur polonais Andrzej Sapkowski a débuté sa saga du Sorceleur en 1990. Une saga littéraire qui compte actuellement 7 tomes narrant les aventures et mésaventures de Geralt de Riv et de ses amis, dans un monde peuplé de magie, de monstres et d'affrontements pour le pouvoir. De la Dark Fantasy qui a trouvé une seconde jeunesse avec trois adaptations videos-ludiques de grande qualité, dont le premier est sorti en 2007, le second en 2011 et le troisième, véritable chef-d'oeuvre, en 2015. Nul doute que les romans de Andrzej Sapkowski vont connaître une troisième vie avec l'apparition fin 2019 de la série-télévisée The Witcher, produite par Netflix sous l'impulsion de Lauren Schmidt. Une première saison de huit épisodes d'une durée avoisinant plus ou moins les 60 minutes et qui était très attendue par les fans de Geralt de Riv, sorceleur expert dans l'extermination de monstres. Pour interpréter ce personnage emblématique, c'est Henry Cavill qui est sélectionné et l'ex-Superman est absolument parfait dans ce rôle, ayant le physique et la gueule de l'emploi ! Le manque total d'émotion du personnage est bien rendu (un mutant n'a pas d'émotion, d'où le très peu d'expression de visage) et on sent que Cavill s'est investit à 100% dans le rôle, étant lui-même fan de The Witcher. On appréciera encore plus la prestation de Anya Chalotra, qui joue la sorcière Yennefer. L'arc narratif de ce personnage est le plus intrigant et le plus intéressant pour ma part. J'avais quelques doutes concernant le choix de cette actrice, j'aurai plutôt vu Eva Green dans le rôle (par rapport au jeu vidéo) mais en fait, ce choix de casting est excellent et l'actrice devient de plus en plus empathique au fur et à mesure des épisodes, le numéro 5 n'étant pas étranger au déclic mais ça, c'est une autre histoire (rires). La jeune Ciri n'est pas en reste et l'actrice Freya Allan est également un choix payant, j'ai hâte de la voir grandir dans les futures saisons et de découvrir comment elle va développer ses pouvoirs. En tout cas, une chose est claire : connaître un peu l'univers de The Witcher avant d'entamer la série est un plus non négligeable car si vous êtes totalement néophytes, ça ne va pas être facile à appréhender. Le principal problème que vont rencontrer les non-initiés va être l'aspect chronologique des événements présentés dans ces huit épisodes. Déjà que pour les initiés, ce ne sera pas simple non plus, alors j'imagine pour les autres ! La sensation d'être complètement paumée va certainement vous sauter au visage car cette première saison ne se décline pas dans un ordre chronologique classique mais, au contraire, "s'amuse" à nous présenter des séquences qui ne se déroulent pas dans l'ordre. La scène qu'on vient de voir se passe-t-elle avant, pendant ou après celle qui précède ou qui suit ? Ce questionnement sera présent tout au long des six premiers épisodes et l'impression de ne rien comprendre risque d'en décourager certain. Rassurez-vous, il faut s'accrocher et l'épisode 7 viendra remettre un peu d'ordre dans tout ça et vous aurez la satisfaction de vous dire "ah ok, j'ai compris !" Les trois arcs narratifs principaux (Geralt / Yennefer / Ciri), qui ne semblent pas avoir d'incidences ou de rapports entre-eux, vont finir par se télescoper et donner tout son sens à la saga, qui s'avère bien plus dense et complexe qu'on ne le suppose de prime abord. En tout cas, The Witcher est vraiment une série plaisante à regarder, dont chaque épisode est meilleur que le précédent. Les décors naturels se conjuguent très bien avec ceux en CGI, les effets-spéciaux sont de qualité diverses mais dans l'ensemble, ils tiennent la route, les monstres du bestiaire sont intéressants et bien réalisés, les combats dynamiques et assez violents, l'humour présent (notamment avec le personnage de Jaskier), l'érotisme n'est pas en reste, la série n'est pas interdite aux moins de 16 ans pour rien. Et par pitié, ne comparez pas cette série avec Game of Thrones, ça n'a franchement pas grand chose en commun. Avec un très bon potentiel, The Witcher saison 1 saura sûrement captiver son public tout autant qu'elle le déroutera, mais elle augure de bien bonnes choses pour la suite en tout cas. A noter que chaque générique de début propose un logo-emblème différent et l'épisode 8 saura s'en rappeler !

LES ÉPISODES :

S01E01 - Le début de la fin
Une population hostile et un mage rusé accueillent Geralt dans la ville de Blaviken. Ciri voit son royaume en proie à la panique lorsque Nilfgaard s'en prend à Cintra.

S01E02 - Quatre marks
Malmenée et humiliée, Yennefer trouve par hasard le moyen de s'en sortir. L'enfer attend Geralt alors qu'il chasse un diable. Ciri trouve refuge dans un groupe.

S01E03 - Lune de trahison
Geralt reprend la mission inachevée d'un autre sorceleur dans un royaume traqué par une bête féroce. Yennefer se forge un avenir magique au prix d'un terrible sacrifice.

S01E04 - Des banquets, des bâtards et des obsèques
Contre son intuition, Geralt accompagne Jaskier à un bal royal. Ciri erre dans une forêt enchantée. Yennefer tente de veiller sur ses protégées.

S01E05 - Désirs inassouvis
Ignorant les avertissements, Yennefer cherche un remède contre l'irréparable. Par inadvertance, Geralt met Jaskier en danger. Ciri est plus que jamais en ligne de mire.

S01E06 - Espèces rares
Un homme mystérieux tente d'inciter Geralt à rejoindre une quête prisée pour chasser un dragon déchaîné. Ciri ne sait plus à qui faire confiance.

S01E07 - Avant la chute
Sur le Continent menacé par la montée en puissance de Nilfgaard, Yennefer renoue avec son passé, tandis que Geralt remet en cause sa soumission au droit de surprise.

S01E08 - Bien plus
Une terrifiante horde d'ennemis neutralise Geralt. Yennefer et les autres mages se préparent pour le combat. Encore sonnée, Ciri s'en remet à la bonté d'une inconnue.




dimanche 22 décembre 2019

HALLOWEEN 2 (1981)

HALLOWEEN 2
(Halloween 2)

Réalisateur : Rick Rosenthal
Année : 1981
Scénariste : John Carpenter, Debra Hill
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence, Lance Guest, Charles Cyphers, Dick Warlock...


L'HISTOIRE : Après lui avoir tiré dessus pour sauver Laurie Strode, le docteur Loomis découvre que le corps de Michael Myers a disparu. Il se lance à sa recherche avec l'aide de la police locale mais le tueur au masque blanc demeure introuvable. Ce dernier se rend à l'hôpital  d'Haddonfield dans lequel a été administré Laurie...

MON AVIS : Il aura fallu attendre trois ans avant que ne débarque une suite au classique Halloween la Nuit des Masques de John Carpenter. Suite au succès de Vendredi 13 en 1980, les producteurs veulent plus de slasher movie et l'idée de produire la suite des aventures de Michael Myers fait donc son chemin. John Carpenter ayant pour projet de réaliser The Thing, il n'a pas le temps d'être derrière la caméra pour Halloween 2, dont il co-signera tout de même le scénario et aura un poste de producteur. Après avoir envisagé Tommy Lee Wallace en tant que réalisateur, le relais est passé à Rick Rosenthal, Wallace n'ayant pas apprécié le scénario et ayant décliné l'offre. Trois ans se sont donc passés entre la réalisation d' Halloween 1 et d'Halloween 2 mais cette suite débute pourtant pile poil à la fin du premier film ! Après avoir tiré six balles dans le corps de Michael Myers, qui fait une chute hors de la maison de Laurie Strode, le docteur Loomis découvre que le corps du tueur masqué a disparu ! Les images du film de Carpenter sont réutilisées et Rick Rosenthal peut embrayer directement, tout en devant faire face à quelque souci d'ordre physique, notamment en ce qui concerne l'apparence de Jamie Lee Curtis, qui a donc trois ans de plus et doit porter une perruque pour tenter de ressembler le plus possible à la jeune fille qu'elle était dans le film de 1978. Honnêtement, même si on voit que l'actrice a un visage plus marqué, l'illusion passe assez bien, surtout que le scénario lui a concocté un rôle très reposant durant une bonne partie du film (peut-être pour camoufler la différence d'apparence physique d'ailleurs) : emmenée en ambulance à l'hôpital d'Haddonfield, notre Jamie Lee va passer le plus clair de son temps alitée, et donc ne sera pas celle qu'on va filmer le plus souvent. Malin et astucieux ! L'actrice se retrouvera en station debout lors de la dernière demi-heure, se livrant à une course-poursuite contre un Michael Myers toujours aussi monolithique et intraitable, qui désire l'occire pour une raison que je laisse découvrir à ceux qui n'auraient jamais vu le film. Hormis cela, que vaut cet Halloween 2 ? Si la fin du film de Carpenter était effectivement ouverte, il semblait difficile à un éventuel successeur de retrouver une telle maestria dans la mise en scène. Un pari risqué que Rick Rosenthal a néanmoins réussi pour ma part, restant dans la lignée du film de 78, privilégiant le suspense aux débordements sanglants, ce qui lui valut d'ailleurs de voir son montage retouché et agrémenté de nouvelles scènes afin de satisfaire les producteurs qui trouvaient que le film manquait de morts violentes par rapport à Vendredi 13. En l'état, le film n'est pas non plus très sanglant mais les quelques meurtres se montrent suffisamment sympathiques pour provoquer l'enthousiasme, je pense par exemple à cette gentille introduction de l'aiguille d'une seringue hypodermique dans le visage, à ce puissant coup de marteau en plein crâne et surtout à cette pauvre infirmière qui va se faire planter à l'aide d'un surin dans le dos et voir son corps décoller du sol par la seule force de monsieur Myers ! Toujours aussi iconique, Michael Myers est servi par une solide mise en scène, qui rappelle souvent celle de Carpenter d'ailleurs, avec utilisation de la vue subjective, placement de caméra savamment choisie pour faire monter le suspense et jeu sur l'ombre et la lumière, avec une superbe apparition du visage blanc de Michael Myers dans un fond noir entre autres. Certes, Halloween 2 pourrait paraître un peu paresseux car il se contente de reprendre à son compte la recette gagnante du premier film mais le choix de déplacer l'action dans un hôpital s'avère payante, les nombreux couloirs et chambres de patient, pouvant être autant de cachette pour Michael Myers, permettant au réalisateur de jouer avec ce décor labyrinthique et de multiplier les séquences stressantes et les agressions sauvages du personnel hospitalier. Le film se montre également plus généreux que son prédécesseur en matière de "plan nichons", le summum étant atteint avec le scène du bain thérapeutique entre un ambulancier et une jolie infirmière peu avare de ses charmes. Evidemment, comme dans tout bon slasher, sexe rime avec mort assurée et ce n'est pas Halloween 2 qui viendra contredire cette règle immuable écrite sur les tables divines du slasher movie ! Donald Pleasence assure toujours dans le rôle du bon docteur Loomis un peu dépassé par les événements, Jamie Lee Curtis se montre donc plus discrète mais reprend du poil de la bête lors de l'affrontement final et le petit nouveau Lance Guest se montre tout à son aise en ambulancier / chevalier servant amoureux de Laurie Strode. Franchement, on peut féliciter Rick Rosenthal pour son travail respectueux de l'oeuvre originale et son savoir-faire. Halloween 2, sans égaler son illustre modèle, se veut une suite efficace et saura combler les fans de Michael Myers, entité dont le côté maléfique est encore plus mis en avant ici.

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME
Image impeccable, nette et précise, piste VF 2.0 et VO 2.0 / 5.1, le tout dans l'habituel digipack trois volets sous fourreau. Niveau bonus, Eric Peretti vient nous parler du film puis on aura droit au making of en vostf qui revient sur le tournage avec interventions de nombreux protagonistes. Les scènes inédites de la version télévisées sont présentes, tout comme la fin alternative inédite. Encore du bel ouvrage.



vendredi 20 décembre 2019

SUNDAY IN THE COUNTRY

SUNDAY IN THE COUNTRY
(Sunday in the Country / Self-Defense / Vengeance is Mine)

Réalisateur : John Trent
Année : 1974
Scénariste : John Trent, Robert Maxwell, 
Pays : Canada, Angleterre
Genre : Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Ernest Borgnine, Michael J. Pollard, Hollis McLaren, Louis Zorich, Cec Linder...


L'HISTOIRE : Dans la campagne de Locust Hill, le vieil Adam, aigri par la mort de sa fille, tente d’élever sa petite-fille Lucy selon ses principes de rédemption religieuse. Il se rend à l’office dominical quand il apprend que trois voyous sont en fuite après un braquage dans la ville d’à côté. Selon la police, ils rôderaient dans les parages. Ce serait une aubaine pour Adam de retrouver les voyous avant la police et de leur donner la leçon qu’ils méritent. Çà tombe bien, les trois braqueurs débarquent dans sa ferme...

MON AVIS : Après le succès de Delivrance de John Boorman en 1972,  le film de rednecks, ces ploucs vivant dans le fin fond du sud des Etats-Unis, a vu sa côté de popularité augmenter de façon considérable et les cul-terreux aux dents pourris ont envahi le paysage cinématographique dans divers genres, dont le cinéma d'horreur bien évidemment, la famille de Massacre à la Tronçonneuse en étant la plus belle illustration. Réalisé la même année que le chef-d'oeuvre de Tobe Hooper, 1974 donc, Sunday in the Country joue quant à lui dans le domaine du drame et du film d'auto-défense. C'est d'ailleurs pour ça que le film a été rebaptisé Self-Défense lors de son exploitation en VHS en France, dans une version expurgé d'au moins quinze bonnes minutes, mutilation qui n'existe plus grâce à Artus Films qui vient de l'éditer en combo DVD + BR et version intégrale.  C'est à John Trent qu'on doit Sunday in the Country, ce dernier ayant eu l'excellente idée de confier le rôle principal à l'acteur Ernest Borgnine qui livre vraiment une prestation solide ici. Homme âgé ayant perdu sa fille pour d'obscures raisons (qui ne seront pas vraiment explicitées), il s'est réfugié dans la religion et tente d'éduquer Lucy, sa petite-fille, dans le respect et les traditions. Mais on va vite s'apercevoir que l'amour de Dieu n'en fait pas un Saint pour autant et que notre homme est aussi partisan du châtiment divin pour les hommes qui se sont écartés du droit chemin. Lucy est interprétée par la canadienne Hollis McLaren, et la jeune actrice se débrouille également très bien avec ce personnage tiraillé entre les préceptes religieux imposés par son grand-père et sa soif d'émancipation. On sent tout l'amour qu'elle porte à celui qui l'élève dans le jeu de l'actrice mais également sa désapprobation et son incompréhension vis à vis de lui quand ce dernier va devenir un vigilante, voulant faire sa propre justice vis à vis des trois braqueurs de banque qui vont avoir le malheur de pénétrer dans sa ferme. Ou comment John Trent nous fait une version inversée de La Dernière Maison sur la Gauche de Wes Craven, film scandale sorti en 1972. Car dans Sunday in the Country, les voyous ne vont pas se retrouver chez les victimes mais bel et bien chez leur bourreau et c'est là toute l'originalité du film, de nous offrir un home invasion dans lequel le propriétaire n'est jamais une victime justement ! Franchement, c'est vraiment bien vu de la part du réalisateur car il m'a surpris dans le bon sens et je ne m'attendais pas du tout à ce traitement vis à vis de l'histoire ! Une fois les trois crapules en approche de la ferme d'Adam et Lucy, je m'attendais à ce que ces derniers, et notamment Leroy, chien-fou psychotique superbement interprété par Michael J. Pollard, en fasse voir de toutes les couleurs au grand-père et à sa petite-fille. Que nenni ! C'est qu'il les a vu venir le grand-père Borgnine et surtout qu'il a écouté les informations radiophoniques et qu'il sait à qui et à quoi s'attendre ! Comme le dit le slogan, mieux vaut prendre le taureau par les cornes et c'est donc à grand coup de fusil de chasse qu'il accueille le premier braqueur de banque qui ne s'attendait pas à se faire exploser la paillasse d'entrée de jeu. La suite du film va prendre une tournure plus dramatique et mettre à mal la relation Adam / Lucy. Car Adam ne va pas s'arrêter en si bon chemin et s'en va séquestrer les deux voyous restants pour bien leur faire comprendre que leur comportement et leurs actes ne sont pas sans conséquence et qu'ils vont passer un mauvais quart-d'heure avant qu'il ne mette la police au courant, tant est qu'il décide de la prévenir. Cette prise de position radicale, cette justice sans sommation, Lucy a beaucoup de mal à l'accepter et ne comprend pas pourquoi son grand-père se met d'un coup à braver la loi, lui qui est d'habitude si prompt à la faire respecter et à l'enseigner. Cette dualité du personnage joué par Ernest Borgnine est vraiment très intéressante car sous couvert de donner une bonne leçon aux voyous tout en tentant de faire comprendre ce cheminement et ses décisions à sa petite-fille, le spectateur en vient à se demander s'il n'agit pas par pur sadisme ou par pur plaisir de mettre au placard deux ordures responsables de nombreux meurtres, qui, comme il le dira, ne vont sûrement pas avoir une grosse peine de prison s'ils sont jugés, la police n'étant pas assez efficace pour régler les problèmes de violence urbaine ou rurale. Adam (prénom biblique qui n'a pas été choisi inconsciemment bien sûr) s'apparente donc à une version redneck de Charles Bronson ou de l'inspecteur Harry et malgré sa réelle dévotion, il n'arrive pas à réguler ses pulsions sauvages, qu'il laissera s'exprimer à de nombreuses reprises dans le film. Avec sa musique country, son personnage a salopette sachant manier les armes à feu, son décor champêtre, sa thématique religieuse, son atmosphère étouffante, sa violence assez soft mais malaisante, sa relation grand-père / petite-fille qui peut mettre mal à l'aise car parfois ambiguë, son jeu de miroir entre Adam et Leroy, sa scène finale, Sunday in the Country s'avère un hicksploitation de grande qualité, au traitement plus sérieux et dramatique que des œuvres comme Les Marais de la Haine et sa suite par exemple (qui sont bien plus Bis que le film de John Trent). On remerciera l'éditeur de l'avoir exhumé de l'oubli et de permettre au plus grand nombre de le découvrir à travers une édition elle aussi de qualité !

* Disponible en Mediabook DVD + BR + Livret chez ARTUS FILMS
Pour ce troisième titre à paraître dans la collection Rednecks, Artus Films a changé de packaging et propose donc un Mediabook contenant un excellent livret de 64 pages rédigé par le spécialiste du genre, Maxime Lachaud, très informatif évidemment. Le film offre une belle image et surtout une version intégrale, en VF et VOSTF. 

mardi 17 décembre 2019

HOUSE OF FLESH MANNEQUINS

HOUSE OF FLESH MANNEQUINS
(House of Flesh Mannequins)

Réalisateur : Domiziano Cristopharo
Année : 2009
Scénariste : Domiziano Cristopharo
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Domiziano Arcangeli, Irena Violette, Giovanni Lombardo Radice, Jerred Berg...


L'HISTOIRE : Sebastian est un artiste introverti à la santé mentale fragile, qui a vécu une enfance difficile auprès de son père. Passionné par l'image depuis son plus jeune âge, il voue un véritable culte à sa caméra, objet fétiche que son père lui a offerte quand il était enfant. Vivant seul dans un appartement, Sebastian passe ses nuits à regarder des petits films vidéos qu'il a lui-même filmé, mettant en scène des sujets assez violents. Sa vie va changer quelque peu quand sa voisine, Sarah Roeg, commence à s'intéresser à lui et à ses travaux de photographe et de cinéaste...

MON AVIS : Passionné par l'art visuel, le réalisateur italien Domiziano Cristopharo se lance dès 2009 dans le cinéma, avec House of Flesh Mannequins. Il a depuis mis en scène plus d'une quinzaine de films, qui verse dans l'underground extrême et l'horreur, à l'image de Hyde's Secret Nightmare, Doll Syndrome, The Transparent Woman, Deep Web XXX ou Xpiation entre autres. Avec son premier film, tourné aux Etats-Unis, Domiziano Cristopharo frappe très fort et propose au public un film ovniesque, atmosphérique, visuellement maîtrisé, à l'imagerie érotico-horrifique, voir porno-horrifique, travaillée et à la photographie soignée. Avec une histoire qui mêle réel et fantasme, qui emporte le spectateur dans un univers bizarre, à la fois poétique et malsain, House of Flesh Mannequins marque des points et ne laissera personne indifférent. Le spectateur éclairé ne manquera pas de trouver quelques similitudes entre le film de Domiziano Cristopharo et le classique Le Voyeur de Michael Powell. Une influence ouvertement revendiquée par le réalisateur d'ailleurs, puisqu'on verra l'affiche de ce film de 1960 collée sur un mur à un moment. Le héros du film sera même habillé de la même façon que l'acteur Karlheinz Böhm dans le film de Powell, avec imperméable et caméra en bandoulière à l'appui. Néanmoins, nous ne sommes pas en présence d'un remake pur et dur mais plutôt d'une variation, d'une exploitation sous un autre angle de la thématique du Voyeur. L'histoire nous entraîne à la suite de Sebastian Rhys (l'excellent Domiziano Arcangeli), un photographe vivant seul dans un appartement dans lequel il a transformé une pièce en salle de projection. Des flashbacks vont nous décrire son enfance au côté d'un père qui se comporte franchement bizarrement, ne cessant de le réveiller la nuit pour le filmer par exemple. On comprend assez rapidement que l'esprit de Sebastian est dérangé suite à son enfance traumatisante, les films vidéos qu'il regarde sur son écran ne l'aidant pas à à avoir une vie normale. L'habileté de Domiziano Cristopharo a nous placer dans l'esprit de son héros est remarquable et on ressent la folie de ce personnage, comme si on était à ses côtés. Bien malin, le réalisateur ne nous explique pas grand chose au départ et on ne sait pas si les films vidéos que regardent Sebastian, qui semblent être du snuff movie, ont juste été filmé par ce dernier ou s'il est aussi acteur des sévices et tortures vus à l'écran. La vie de ce curieux personnage va évoluer quand la Sarah (la ravissante Irena Violette) va venir toquer à sa porte et s'intéresser à lui. Petit à petit, le climat, l'ambiance du film glisse progressivement vers le glauque et le malsain, le réalisateur ne s'interdisant aucun tabou, comme lors de la séquence qui traite ouvertement des films pédo-pornographiques. La relation entre Sebastian et la jolie Sarah ne sera pas en reste et ira crescendo dans l'immoralité et le nauséabond, pour trouver son accomplissement total lors d'un final anthologique qui n'est pas à mettre devant tous les yeux ! On n'est pas loin du Cercle du Sang du Salo de Pasolini en matière d'horreur et de visions extrêmes et les âmes sensibles risquent fort de tourner de l’œil devant les images ultra-chocs proposées par le final du film. Je me suis même demandé à un moment s'il s'agissait vraiment d'effets-spéciaux ou si certaines images étaient réalisées par des performeurs underground, je pense par exemple à la perforation des deux seins d'une jolie brune par une longue aiguille montée sur une perceuse ! On félicitera en tout cas l'équipe des effets horrifiques car dans leur grande majorité, ils se montrent très réalistes et bien choquants. Et on félicitera aussi les pratiquants de BDSM et autres piercings extrême, car y'a très certainement des effets réalisés sans trucages. Cette plongée dans l'esprit torturé du héros n'est, de plus, jamais gratuite, la violence étant justifiée par son passé, qui renvoie au Voyeur de Powell donc. Esthétiquement parlant, le film est souvent somptueux, le travail sur les plans, le cadre et les couleurs (la symbolique du rouge notamment) est réfléchi et bien mis en avant. Parfois, le film semble rendre hommage au giallo italien de la grande époque tout en restant d'une étonnante modernité. Toute la séquence de rêve dans la fameuse maison des mannequins de chairs est sublime et met encore plus en avant la folie du protagoniste principal, puisqu'on assiste, du moins je l'ai compris comme ça, à ses fantasmes, à ce qu'il aime voir, ou à ce qu'il aimerait filmer. Des fantasmes qui mélange sexe et horreur, le film ayant un côté érotique prononcé, glissant même vers un peu de pornographie sauvage, avec une très courte fellation non simulée par exemple. Ce qui n'exclut pas un aspect poétique, onirique également très présent. Si on ne comprend pas toujours tout, une seconde vision sera nécessaire pour décortiquer et analyser les images proposées,dont certaines sont empruntes d'un mysticisme et d'un aspect biblique non dissimulés. On sait en tout cas qu'on est en présence d'une oeuvre originale, artistiquement séduisante, à la cruauté des images assez répulsive et au symbolisme intrigant. Une première oeuvre qui a tout d'un électro-choc, et qui s'avère rapidement hypnotique. Le film est très contemplatif mais ce n'est jamais un défaut, car, en ce qui me concerne, j'ai été happé par la puissance des images et je ne me suis jamais ennuyé. Quand on voit le fade Xpiation du même réalisateur, on ne peut qu'être surpris à la vision de House of Flesh Mannequins, tant ce dernier lui est supérieur en tout point. A réserver en tout cas à un public très averti, un public qui aime être malmené et assez ouvert d'esprit pour accepter ce que Domiziano Cristopharo lui propose ici. A noter la participation de l'acteur culte Giovanni Lombardo Radice, que je ne vous ferai pas l'indécence de vous présenter, ainsi que de l'actrice X Roberta Gemma

* Disponible en Bookbox DVD chez TETRO VIDEO (avec sous-titres français) 



lundi 16 décembre 2019

IDILA

IDILA
(Idila / Killbillies)

Réalisateur : Tomaz Gorkic
Année : 2015
Scénariste : Tomaz Gorkic
Pays : Slovénie
Genre : Horreur, Gore
Interdiction : -16 ans
Avec : Nina Ivanisin, Lotos Sparovec, Nika Rozman, Sebastian Cavazza, Jurij Drevensek...


L'HISTOIRE : Trois modèles, Zina, Mia et Dragica, se rendent avec leur photographe Blitcz dans un coin reculé, perdu en pleine nature, afin de réaliser un shooting-photo. Alors que la prise de photo va débuter, le petit groupe est pris à partie par deux rednecks peu commodes, qui parviennent à les kidnapper. Pour Blitcz, Zina et ses amies, la journée idyllique va virer au cauchemar...

MON AVIS : Après avoir réalisé plusieurs courts-métrages depuis 2005, Tomaz Gorkic décide de passer à la vitesse supérieure en 2015 et s'active donc sur son premier long-métrage, Idila. En fan de cinéma d'horreur, le réalisateur slovène prouve ici qu'il connaît bien ses classiques et va recycler Massacre à la Tronçonneuse, Délivrance et surtout la saga Détour Mortel, avec cette histoire de rednecks qui vont s'en prendre à de malheureux citadins venus troubler leur havre de paix. Si le scénario ne fait guère dans l'originalité, on ne peut en tout cas pas retirer à Tomaz Gorkic de connaître les codes du genre sur le bout des doigts et de se montrer très efficace quand il s'agit de régurgiter ses influences à l'écran. Qui plus est, le mec est adroit derrière une caméra et nous le prouve souvent, grâce à une mise en scène carrée, maîtrisée et à une direction d'acteurs convaincante. La première partie du film nous présente le personnage principal, à savoir Zina, une jolie brune interprétée par Nina Ivanisin. Une fille qui a l'air d'avoir la tête sur les épaules et qui, malgré son look de rockeuse, n'est en rien une fille facile, sachant même se défendre quand un ivrogne vient la taquiner. Après une séquence dans un bar dans laquelle elle converse avec trois de ses amies, puis le départ dans la voiture du photographe en compagnie de Mia (Nika Rozman), une blonde qui possède tous les clichés de la blonde justement, véritable moulin à parole superficielle et égocentrique, le film va rentrer dans le vif du sujet. Cette première partie, qui nous rappelle aussi celle du Hostel d'Eli Roth, joue habilement avec les codes et les stéréotypes du genre et nous permet de faire connaissance avec les protagonistes de l'histoire, avant que ceux-ci ne deviennent de la chair fraîche à massacrer. Malin, le réalisateur fait faire une petite halte au photographe avant le shooting-photo, au abord d'une route paumée où se trouve une femme et un jeune homme qui vendent de l'alcool fait maison. Deux personnages qui nous mettent dans l'ambiance puisqu'on est en présence de deux rednecks, malpolis, aux dents pourris, et qui vouent une haine palpable pour les citadins qui s'aventurent près de leur territoire. Une petit mise-en-bouche avant que l'horreur ne fasse réellement son apparition. Si vous êtes fans des films précités plus haut, Idila saura vous en donner pour votre argent. Car les deux rednecks suivants vont en faire voir de toutes les couleurs aux protagonistes du film ! Un père et un fils, au faciès totalement ravagé et au comportement de bouseux cinq étoiles, voilà ce que nous propose Tomaz Gorkic, en plus d'autres petites joyeusetés qui vont vous donner le sourire ! Car une fois la petite équipe du shooting-photo kidnappé, Idila va se parer d'une belle couleur rouge, celle du sang bien sûr, qui ne va pas tarder à couler. Séquestration, processus de fabrication d'un alcool-maison assez original, tortures, tentative de viol, intimidation, course-poursuite dans la forêt et violences physiques vont alors s'enchaîner sans temps mort aucun, le tout servi par un jeu d'acteurs tout à fait correct (le père redneck, interprété par l'imposant acteur Lotos Sparovec, est réellement impressionnant), une mise en scène percutante, une très belle photographie (avec des paysages magnifiques) et surtout, des effets gores super efficaces et très bien réalisés, avec notamment un fracassage de crâne à l'aide d'une pierre, une décapitation à la hache mémorable, une main sectionnée, j'en passe et des meilleurs. Idila se transforme en survival intense, avec un suspense bien géré et de l'action rondement menée. Encore une fois, on peut se dire qu'on a déjà vu tout ça dans d'autres films mais franchement, ça le fait vraiment bien ici, la violence est bien brutale et ce voyage en pays rednecks est des plus plaisants pour l'amateur. Je ne sais pas s'il y a beaucoup de films d'horreur produits en Slovénie mais en tout cas, Idila mérite notre attention car on sent qu'il y a eu beaucoup de travail et d'effort derrière pour réussir à offrir au public un film de qualité. Ce qu'Idila est, sans contestation possible.  

* Disponible en Bookbox DVD chez TETRO VIDEO (avec sous-titres français)




dimanche 15 décembre 2019

BLOOD FOR FLESH

BLOOD FOR FLESH
(Sangre para la Carne)

Réalisateur : Alex Hernández
Année : 2019
Scénariste : Alex Hernández
Pays : Mexique
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Christian Camara, Érika López, Juan Manuel Martínez, Luis Navarro...


L'HISTOIRE : Une étrange relation familiale va être bouleversée par l'arrivée d'un groupe de cannibales qui va faire subir bien des sévices aux trois membres de la famille, notamment la femme...

MON AVIS : Film indépendant à micro-budget en provenance du Mexique, Blood for Flesh a été réalisé en 2019 par Alex Hernández, âgé de 23 ans seulement et qui n'avait qu'un seul court-métrage à son actif. Très honnêtement, cette chronique va être difficile à rédiger car j'avoue que je n'ai pas compris grand chose aux intentions du réalisateur, ni même à l'histoire en elle-même d'ailleurs. J'ai cherché des interviews d'Alex Hernández pour tenter de comprendre son film mais sans grand succès. Si l'affiche laissait penser qu'on allait être en présence d'un film de type Cannibal Holocaust, on se retrouve en fait avec une oeuvre expérimentale, plutôt dépourvue d'une réelle structure scénaristique et qui risque de perdre bon nombre de spectateurs en chemin, malgré sa courte durée de 56 minutes. Ce manque de structure, associé à une photographie bien trop sombre, a fait que je reste assez dubitatif sur ce que j'ai vu. Il est très compliqué d'expliquer ce qu'on regarde tant on a l'impression de ne rien comprendre justement. Blood for Flesh s'articule en sept chapitres, qui portent tous un nom et propose diverses thématiques, enfin, je le suppose. Dans les grandes lignes, on a une famille composée d'un père (Juan Manuel Martinez), de sa fille (Érika López) et de son fils (Luis Navarro), qui semble entretenir des relations incestueuses. C'est une famille qui vit dans une maison perdue au milieu de la nature, sans voisins et qui ont l'air d'avoir l'esprit assez dérangé. Leur relation familiale va être mise à mal quand une tribu de cannibales débarquent dans les parages et vont s'en prendre à eux. Ne me demandez pas ce que font les cannibales dans le coin, je n'en sais fichtre rien. Est-ce une métaphore de la destruction de la cellule familiale ? C'est fort possible. De durée différente, les sept segments de l'histoire ont également une tonalité différente, le réalisateur utilisant divers filtres (rouge, sépia...) lors de certaines scènes. La violence est bien présente à l'écran, le liquide rouge également, on assiste à de l'inceste, à une pénétration filmée à l'intérieur du vagin, à des viols par les cannibales des membres de la famille, à de l'anthropophagie et à d'autres petites joyeusetés, réalisés avec les moyens du bord, c'est à dire pas grand chose. Le souci, c'est qu'on n'y voit pas grand chose non plus. Est-ce pour masquer les effets-spéciaux bricolés avec du système D que le réalisateur a choisi une photographie très sombre ? Toujours est-il qu'il faut être sacrément nyctalope pour essayer de discerner ce qui se passe à l'écran ! Déjà qu'on n'y comprend rien, si en plus on n'y voit rien, vous comprendrez que le visionnage de Blood for Flesh n'est pas chose aisée ! Nudité, masculine comme féminine, se mélange avec les scènes de violence qui ont l'air d'en faire baver aux acteurs. Ces derniers affirment eux-mêmes qu'ils n'ont pas toujours compris là où voulait en venir le réalisateur (ça me rassure) et que le tournage n'a pas été de tout repos. Juan Manuel Martinez et Érika López se donnent en tout cas à 100% et payent de leur personne. Histoire métaphorique sur la vengeance, la trahison, la rédemption, le morcellement de la cellule familiale, libre à vous d'expliquer Blood for Flesh. C'est une expérience qui a sûrement un intérêt, qui propose des choses qu'on aimerait mieux comprendre, qui possède une touche artistique certaine mais qui, au final, se révèle bien trop obscure pour emporter l'adhésion. N'hésitez pas à venir donner votre avis et votre interprétation du film en commentaire si vous l'avez vu !

* Disponible en Bookbox DVD chez TETRO VIDEO (avec sous-titres français)