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L'EVALUATION

 

L'EVALUATION
(The Assessment)

Réalisateur : Fleur Fortuné
Année : 2024
Scénariste Nell Garfath Cox, Dave Thomas, John Donnelly
Pays : Angleterre, USA, Allemagne
Genre : Science-fiction, drame
Interdiction : /
Avec : Elizabeth Olsen, Alicia Vikander, Himesh Patel, Minnie Driver...


L'HISTOIRE Dans un futur proche où la parentalité est strictement contrôlée, Mia et Aaryan ont la bonne surprise de voir leur dossier pour avoir un enfant être accepté. Mais pour devenir parent, il leur faudra réussir un test de sept jours, durant lesquels une examinatrice, Virginia, va rester avec eux à chaque moment de la journée et de la nuit, se faisant passer pour un enfant pour voir leur réaction. L'évaluation va rapidement tourner au cauchemar pour le couple...

MON AVIS : Décidément, la question de la parentalité dans un monde futuriste est à la mode en ce moment. En 2023, le couple Emilia ClarkeChiwetel Ejiofor était déjà confronté à cette question dans The Pod Génération. En 2024, c'est Elizabeth Olsen / Himesh Patel qui se voit à leur tour confronter à cette thématique dans L'évaluation, premier film de la Française Fleur Fortuné. Dans les deux cas, ce qui doit logiquement être une source de bonheur, à savoir accueillir prochainement un enfant au sein de sa famille, va devenir un cauchemar pour le couple, fragilisant ce dernier jusqu'au point de rupture. Dans les deux cas, on nous présente un avenir peu réjouissant, avec une ambiance qui lorgne vers la série-télévisée Black Mirror. Si The Pod Génération conservait toutefois une approche comédie de science-fiction romantique à travers son sujet, L'évaluation offre de la science-fiction réflexive dépressive, qui plombe le moral, à l'image de ses deux protagonoistes qui vont en voir de toutes les couleurs. Les années 70 proposaient déjà ce type de S-F, on pense à des films tel L'âge de cristal, Génération Proteus, Soleil Vert, Population Zéro ou Silent Running par exemple, des dystopies nihilistes qui ne font guère sourires et ne donnent pas une vision très optimiste de l'avenir. A travers cette évaluation, la réalisatrice traite des difficultés à devenir parent, à gérer cette intrusion d'un nouvel élément au sein d'un couple, intrusion qui chamboule le quotidien et qui peut se révéler une redoutable épreuve pour ceux qui ne sont pas prêt à faire des sacrifices vis à vis de leur vie d'avant. Alicia Vikander interprète l'examinatrice Virginia, qui va donc, durant sept jours, se faire passer pour un bébé ou un jeune enfant, enchaînant les bétises pour pousser le couple dans ses derniers retranchements. La vie privée du couple va totalement disparaître une fois Virginia sur place : aucune intimité, même durant une relation sexuelle ; comportement colérique de l'enfant, pour voir la réaction des parents et leur capacité à gérer les situations difficiles et j'en passe, l'évaluation vire au cauchemar pour les futurs parents, qui voient leur couple se fragiliser, s'ébrêcher jour après jour. Les failles sont mises à nu, implacables et le malaise s'installe durablement, autant pour les protagonistes que pour les spectateurs, malmenés par les images et l'ambiance oppressante du film. Les séquences dans lesquelles Alicia Vikander joue à être une enfant capricieuse sont perturbantes et amènent le film dans une sorte d'absurdité visuelle, qui déstabilise et interroge. On se croirait dans un délire à la Mother! de Darren Aronofsky, où tout part en vrille et où tout est fait pour maltraîter, bousculer le public, lui faire perdre ses repères et l'amener dans un univers perturbant et perturbé, sous couvert d'une allégorie sociétale (pourquoi vouloir un enfant, telle est la question que pose le film), teintée de questions écologiques dans le cas de L'évaluation. Si la prestation du casting est très bonne, Elizabeth Olsen et Alicia Vikander surnageant au dessus du reste, il n'en reste que le film de Fleur Fortuné demande un effort, tant il s'éloigne du simple divertissement du samedi soir. Souvent contemplatif, très minimaliste, traité à la manière d'un huis-clos, avec parfois quelques scènes extérieures tout de même, il reste assez difficile d'accès et ne donne pas vraiment envie d'être parent dans ce type de futur post-apocalyptique. Visuellement, il est très travaillé, normal pour une réalisatrice qui vient du monde des clips-vidéos. Intrigant, posant des questions intéressantes sur l'humanité elle-même, source de sa propre destruction. Une expérience à part. 

 

KILL YOUR DARLINGS

 

KILL YOUR DARLINGS
(Kill your Darlings)


Réalisateur : John Krokidas
Année : 2013
Scénariste : John Krokidas, Austin Bunn
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Biographie
Interdiction : /
Avec : Daniel Radcliffe, Dane DeHaan, Michael C. Hall, Ben Foster, Elizabeth Olsen...


L'HISTOIRE : Allen Ginsberg, Jack Kerouac, William S. Burroughs… ils sont les plus grands écrivains américains du 20ème siècle. Kill your Darlings retrace l’histoire de leur rencontre et de leur révolte contre la société américaine. Au milieu d’une frénésie de fêtes, d’alcool et de passions interdites, tous ces jeunes gens enflammés perdent peu à peu leurs repères… jusqu’au meurtre...

MON AVIS : Honnêtement, j'ai visionné ce film parce que le casting inclut la magnifique Elizabeth Olsen, qu'on ne voit d'ailleurs malheureusement que cinq petites minutes ici, la comédienne interprétant la femme de Jack Kerouac dans ce qui s'avère un rôle plutôt anecdotique. Pas grave en soi. Kill Your Darlings est un drame biographique qui nous présente la rencontre au milieu des années 40 de Lucien CarrAllen Ginsberg, Jack Kerouac et William S. Burroughs, soit les fondateurs du mouvement né dans les années 50 et appelé Beat Génération. Un mouvement artistique et littéraire prônant la liberté, la libération sexuelle, la spontanéité de l'écriture, brisant les codes établis depuis des années. Un peu à la manière du Cercle des Poètes Disparus, nos apprentis écrivains / poètes veulent s'affranchir des règles imposées par leurs prédécesseurs et mettre la liberté d'écriture en avant. Ce quatuor de jeunes rebelles est interprété par des acteurs de qualité, dont certains cassent leur image ici, on pense évidemment à Daniel Radcliffe dans un rôle de poète juif homosexuel bien éloigné de celui d'Harry Potter ! Dane DeHaan (Lucien Carr), Ben Foster (William S. Burroughs) et Jack Huston (Jack Kerouac) sont ses compagnons d'aventure. Kill Your Darlings tente donc de nous immerger dans la genèse de la Beat Génération mais n'y parvient qu'à moitié, le scénario se focalisant sur d'autres éléments qui n'apportent pas grand chose à l'histoire, à l'image des scènes avec la mère d'Allen Ginsberg par exemple. De plus, on a du mal à cerner l'importance de ce mouvement une fois le film terminé, surtout si on n'a pas une connaissance plus accrue de ces auteurs et de ce qu'ils ont apporté à la littérature américaine entre autres, ce qui est mon cas. Le film met en avant la thématique de l'homosexualité au sein de ce cercle d'amis, un thème qui sera à l'origine du drame qui aura lieu le 14 août 1944, durant la nuit au cours de laquelle Lucien Carr assassine David Kammerer - joué par Michael C. Hall - un prédateur homosexuel, ami de Burroughs. Un fait divers sordide qui deviendra le sujet du premier roman de Burroughs / Kerouac : Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines qui ne sera publié qu'en 2008 et qui a servi de base au scénario de Kill Your Darlings ! Sans être déplaisant, soutenu par un casting de qualité, le film de John Krokidas nous laisse sur notre faim au final, avec la sensation que le principal a juste été survolé...



KODACHROME

 

KODACHROME
(Kodachrome)


Réalisateur : Mark Raso
Année : 2017
Scénariste : Jonathan Tropper
Pays : Etats-Unis, Canada
Genre : Drame, romance
Interdiction : /
Avec : Ed Harris, Jason Sudeikis, Elizabeth Olsen, Dennis Haysbert...


L'HISTOIRE : Atteint d'un cancer et ne lui restant plus que 2 ou 3 mois à vivre, Ben, un photographe de renom, demande à son fils Matt, qu'il n'a pas vu depuis plus de dix ans, de l'accompagner au Kansas, jusqu'au dernier laboratoire photo qui va arrêter de développer la pellicule Kodachrome et ce, afin d'y développer quatre pellicules Kodachrome datant de plusieurs dizaines d'années. D'abord réticent, Matt se laisse convaincre par Zooey, l'infirmière de Ben, de les accompagner dans ce périple de plus de 3000 km...

MON AVIS : Après avoir tourné quelques court-métrages, Mark Raso s'essaye au format long en 2014 avec Copenhagen puis en 2017 avec ce Kodachrome, dont le nom évoque bien évidemment la célèbre pellicule qui fut produite par la firme américaine Kodak de 1935 jusqu'en juin 2009. Le 30 décembre 2010, l'unique laboratoire traitant encore les films Kodachrome, Dwayne's Photo Service, a cessé d'assurer ce service. Cette nouvelle et cet arrêt de développement de ce type de pellicule a provoqué l’affolement parmi les photographes, ce qui a donné à Jonathan Tropper l'idée de base du film de Mark Raso. De là est né cette histoire nous présentant Ben, un père narcissique et pas franchement sympathique, atteint d'un cancer et qui veut se rendre au Kansas, au dernier laboratoire afin d'y faire développer 4 pellicules Kodachrome qu'il a toujours en sa possession. Sachant que sa fin est proche, il souhaite faire le voyage en compagnie de son fils, qu'il a délaissé depuis des dizaines d'années. La relation entre Ben et Matt est ce qu'on peut clairement appeler une relation conflictuelle, le fils reprochant à son père d'avoir trompé à maintes reprises sa mère, de l'avoir abandonné, de n'avoir jamais été là pour s'occuper de lui. On s'en doute, parcourir 3000 km en voiture va leur donner la possibilité de jouer carte sur table, de vider leur sac et, pourquoi pas, de se pardonner ou, du moins, de se réconcilier un tant soit peu. Ce père peu empathique est interprété par un Ed Harris absolument parfait dans ce rôle, jouant là ce qui est peut-être son plus beau rôle. Dans la peau de son fils Matt, l'acteur Jason Sudeikis n'est pas en reste et assure tout ce qu'il faut pour faire que ce duo fonctionne à l'écran, faisant des rancœurs, voire même de la haine que le fils porte à son père, un carburant dans cette relation conflictuelle, permettant de jouer avec les émotions et de toucher le spectateur lors des nombreux moments forts du flm. Le personnage joué par Ed Harris se comporte souvent comme un sacré connard, se montrant odieux dans ses propos, blessant, auto-centré sur lui-même (la scène avec son frère) mais sous ce verni un peu cruel, on sent des failles, des craquelures qui finiront par éclater pour mieux jouer sur la corde sensible du public. Kodachrome est donc un road movie sensible et intelligent, qui réserve de beaux moment d'émotions et qui traite de la fuite du temps, du temps qui passe inexorablement, l'arrêt du Kodachrome étant une manière métaphorique de mettre en avant cette thématique, qui trouve sa plus belle représentation lors de la séquence dans laquelle Ben arrive au laboratoire et explique ce qu'est un photographe à d'autres photographes qui l'ont reconnu. Bien sûr, on aura tous deviné le final et pourquoi Ben tenait tant à faire développer ses quatre pellicules mais même en sachant à l'avance ce qu'elles contiennent, impossible de retenir une petite larme lorsque Matt les dévoile à l'écran. Cette belle histoire de réconciliation et de rédemption entre un père et un fils possède également un autre atout majeur, celui d'avoir donné le rôle de l'infirmière qui s'occupe de Ben à Elizabeth Olsen ! Avec son charme naturel, l'actrice compose elle aussi un personnage touchant, qui jouera un rôle essentiel dans la relation père / fils, et permettra aussi de développer une petite romance au sein de l'histoire. Dire qu'Elizabeth est talentueuse relève de fait vérifié par votre serviteur. A noter également une bonne bande sonore et la découverte du groupe 90's Live que je ne connaissais pas et que j'ai découvert grâce à Kodachrome. Bref, si vous aimez les jolies histoires portées par des acteurs performants, n'hésitez pas...

PEACE, LOVE & MISUNDERSTANDING

PEACE, LOVE & MISUNDERSTANDING
(Peace, Love & Misunderstanding)


Réalisateur : Bruce Beresford
Année : 2011
Scénariste : Christina Mengert, Joseph Muszynski
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Romance
Interdiction : /
Avec : Jane Fonda, Catherine Keener, Elizabeth Olsen, Chace Crawford, Jeffrey Dean Morgan, Nat Wolff, Kyle MacLachlan...


L'HISTOIRE : Après avoir entendu son mari demander le divorce, Diane Hudson, une avocate rigide et coincée, décide d'aller se changer les idées et emmène son fils Jake et sa fille Zoé chez sa mère qu'elle n'a pas vu depuis vingt ans et qui vit dans une ferme. Cette dernière est une hippie qui se croit encore à Woodstock et qui mène une vie décalée et libre, au antipode de la vie de Diane...

MON AVIS : Inédite en France, cette sympathique comédie romantique mérite mieux que l'anonymat dans laquelle elle est enfermée. Elle est réalisée par Bruce Beresford, celui là même qui nous avait régalé avec Miss Daisy et son Chauffeur en 1989. On lui doit également les thrillers Silent Fall (1994), Dernière danse (1996) ou  Double Jeu (1999). C'est donc en 2011 qu'il met en scène Peace, Love & Misunderstanding, qui a déjà pour lui d'avoir un excellent casting, jugez plutôt : la grand-mère hippie, qui vend de l'herbe et vit dans une ferme avec des poules est interprétée par Jane Fonda et la célèbre actrice est tout à son aise dans la peau de ce personnage empathique ; sa fille Diane, qui l'évite depuis plus de vingt ans et qui retourne la voir suite à une demande de divorce, est jouée par Catherine Keener ; le fils de la future divorcée est interprété par le jeune Nat Wolff et sa grande sœur par l'épatante Elizabeth Olsen, qui joue à nouveau  avec un naturel incroyable et vampirise l'écran à chacune de ses apparitions et elles sont nombreuses. On trouve aussi au générique l'excellent Jeffrey Dean Morgan, acteur qui a terrorisé nombres de spectateurs avec son interprétation de Negan dans la série The Walking Dead et qui interprète ici Jude, un musicien qui va tomber sous le charme de Diane ; Chace Crawford, le beau-gosse star de la série Gossip Girl, qui joue Cole, un jeune boucher qui ne restera pas insensible à la belle Elizabeth Olsen (comment pourrait-il en être autrement ?) ou bien encore Kyle MacLachlan, dans le petit rôle du mari voulant divorcer. Tout ce petit monde va donc interférer dans une histoire assez fleur-bleue et qui nous proposera trois romances à la fois : celle de Diane avec Jude, celle de Zoé avec Cole et celle de Jake avec la jeune Tara (Marissa O'Donnell). Bien sûr, il faudra que les personnages bataillent dur pour obtenir les faveurs de la personne à conquérir et c'est là que le scénario va poser ses thématiques : le droit à la seconde chance, le lâcher prise, la liberté de vivre sa vie comme on l'entend sans se faire juger par les autres, le végétarisme, la famille fracturée, la culture hippie, l'acceptation des autres et j'en passe. Le fait que l'histoire se passe à Woodstock en 2011 n'est pas anodin et permet de faire un beau contraste entre la vie citadine et exténuante de Diane et celle, nettement plus détendue, de sa mère. Il règne une bonne humeur communicative dans Peace, Love & Misunderstanding et elle se transmet facilement au spectateur. Les situations sont souvent amusantes (Zoé qui tombe amoureuse d'un jeune boucher, ce qui va à l'encontre de ses convictions ; Jake qui passe son temps à tout filmer et ne sait pas comment s'y prendre avec une fille ; Diane qui n'arrive pas à s'émanciper de sa rigidité et de sa façon de vivre stricte...) et les acteurs sont tous parfaitement en place pour atteindre l'objectif du réalisateur, qui est tout simplement de nous faire passer un bon moment de détente en utilisant diverses émotions. Alors oui, ce n'est pas le film du siècle, ni la comédie romantique de l'année, mais c'est vraiment un bien joli film qu'on prend plaisir à regarder. Et si vous êtes fan d'Elizabeth Olsen, c'est un incontournable, tant son jeu d'actrice, tout en simplicité, fait des merveilles.

 

AMOUR & MORT

 

AMOUR & MORT
(Love & Death)

Réalisateur : Divers
Année : 2023
Scénariste : David E. Kelley
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Elizabeth Olsen, Jesse Plemons, Lily Rabe, Patrick Fugit, Tom Pelphrey...


L'HISTOIRE : La vie de famille tranquille de deux couples de croyants d'une petite ville du Texas, les Montgomery et les Gore, va prendre une tournure dramatique quand Candy Montgomery décide d'avoir une aventure extra-conjugale avec Allan Gore, afin de pimenter sa vie sexuelle qui sombre dans la monotonie...

MON AVIS : Ah, une nouvelle série avec Elizabeth Olsen ! Cette excellente actrice, devenue mondialement célèbre pour son interprétation de Wanda Maximoff aka La Sorcière Rouge dans l'univers Marvel, n'en finit plus de surprendre de par son talent et son charme à toute épreuve. Elle le prouve à nouveau dans Love & Death, une mini-série en 7 épisodes initiée par David E. Kelley et qui met sur le devant de la scène un fait divers américain s'étant déroulé en octobre 1980, à savoir le meurtre à la hache de Betty Gore par Candy Montgomery. Un fait divers qui avait déjà été récemment traité à la télévision avec la mini-série en cinq épisodes Candy : Meurtre au Texas, avec Jessica Biel, que je n'ai pas vu. Love & Death brille par son casting, Elizabeth en tête bien sûr, mais aussi Jesse Plemons (Allan Gore), Lily Rabe (Betty Gore), Krysten Ritter (Sherry Checkler) ou Tom Pelphrey (l'avocat Don Crowder) entre autres. Les personnages sont exquis, formidablement interprétés et ils donnent tout son intérêt à ce tragique fait divers. La mise en scène est à l'avenant, avec une reconstitution de la fin des 70's et du début des 80's vraiment efficace, que ce soit au niveau du look du quartier, des costumes, des coupes de cheveux mais aussi de la bande-sonore, composée d'une partition musicale de Jeff Russo mais aussi de divers tubes de ces années-là ! Il y a aussi pas mal de petites références à quelques films-phares de l'époque, tels Shining, Grease ou L'Empire contre-attaque par exemple. L'histoire se déroule dans une petite ville texane très croyante, tous les habitants sont des dévots convaincus, participant à la chorale de l'église et éduquant leurs enfants de manière parfois rigoriste, à l'image de Betty Gore qui interdit à sa fille de se déguiser en Bad Sandy, personnage joué par Olivia Newton-John dans Grease bien sûr car trop provocante. Croyante, Candy Montgomery l'est mais elle est surtout une femme délaissée par son mari et qui mène une vie monotone, enfermée dans des carcans et la routine du quotidien. Un quotidien qu'elle compte bien brisée en ayant une liaison avec Allan Gore, le mari de Betty. La relation qui s'installe entre ces deux personnages est rondement menée, avec une progression lente, laissant la place aux doutes, à la prise de conscience, avant de pleinement s'affirmer. Elizabeth Olsen et Jesse Plemons sont épatants dans leurs rôles respectifs et délivrent de nombreuses émotions. Les premiers épisodes sont bercés par un doux humour noir puis virent vers le drame lors du tragique passage à l'acte, évoqué au début de la série puis enfin montré de manière très crue et ultra-violente ! Rappelons que Betty Gore a reçu 41 coups de hache tout de même ! La série dérive ensuite vers le film de procès, avec la reconstitution encore une fois très réussie des préparatifs de l'avocat de la défense puis du procès controversé en lui-même. Les deux derniers épisodes nous plongent en plein cœur de la salle d'audience et c'est réellement captivant. La dualité qui semble exister chez Candy Montgomery en fait un personnage assez fascinant et on en vient tout de même à ressentir de l'empathie pour elle malgré son terrible geste. Bref, encore une pure réussite en terme d'acting pour Elizabeth Olsen et une très bonne mini-série à déguster séance tenante. 


LIBERAL ARTS

 

LIBERAL ARTS
(Liberal Arts / Love and Others Lessons)

Réalisateur : Josh Radnor
Année : 2012
Scénariste : Josh Radnor
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Romance
Interdiction : /
Avec : Josh Radnor, Elizabeth Olsen, Zac Efron, Elizabeth Reazer, Richard Jenkins...


L'HISTOIRE : Jesse Fisher, trente-cinq ans, responsable des admissions dans un établissement post-secondaire de New York, adore la littérature et les poètes romantiques anglais. Suite à une rupture sentimentale, il perdu sa passion dans la vie. Il voit une chance de retrouver cette passion lorsqu'il est invité au dîner de retraite de son deuxième professeur préféré de l'Université de l'Ohio, Peter Hoberg, car c'était là que sa vie était la plus passionnée. Les rencontres que Jesse va faire avec cinq personnes lors de ces retrouvailles vont déterminer s'il retrouve cette passion. Ce sont : Hoberg, qui résiste à l'idée de la retraite ; Judith Fairfield, le professeur préféré de Jesse, bien que pour une raison différente de celle de Hoberg ; Nat, un esprit libre qui navigue dans la vie de l'établissement selon ses propres règles ; Dean, étudiant de premier cycle, que Jesse considère comme une version plus jeune et plus destructrice de lui-même ; et enfin Zibby, étudiante de premier cycle de dix-neuf ans et avec qui Jesse se lance dans une relation amoureuse malgré leur différence d'âge de seize ans...

MON AVIS : Plus connu en tant qu'acteur, Josh Radnor passe également derrière la caméra de temps à autre. Liberal Arts est son second film en tant que réalisateur et pour ne pas se faciliter la tâche, il s'offre aussi le rôle de scénariste ainsi que le rôle principal en tant qu'acteur ! Mis en scène en 2012, c'est une comédie romantique très réussie, mais qui va au-delà de ce simple statut de film fleur-bleue. Connu aussi sous le titre de Love & Others Lessons, Liberal Arts est rempli de poésie, de romantisme, de jolies valeurs et traite du difficile passage à l'âge adulte mais aussi de la peur de vieillir (avec le personnage du professeur Peter Hoberg, joué par Richard Jenkins) ou des problèmes émotionnels et dépressifs chez les étudiants (avec le personnage de Dean, joué par John Magaro) entre autres. Le sentiment d'inadaptation sociale est aussi de mise, avec le héros Jesse Fisher, interprété par Josh Radnor donc, qui est un passionné de lecture et surtout des poètes romantiques, et qui, à 35 ans, ne trouve plus ses marques et ne se sent plus à sa place parmi la population qui l'entoure et qui vit avec la modernité de l'époque. Sa rencontre avec une jeune étudiante de 19 ans, Elizabeth, jouée avec grâce et perfection par Elizabeth Olsen, va le reconnecter avec le monde qu'il aime, le faire redevenir vivant, tout en le questionnant sur ce qu'il est réellement. La relation naissante entre ces deux personnages est fort touchante, traitée avec une grande sensibilité. Les dialogues sont savoureux et ciselés, jouant avec la nostalgie mais aussi l'humour, notamment lorsque nos deux tourtereaux parlent du roman Twilight de Stephenie Meyer. A travers ses rencontres, Jesse Fisher prend le statut de psychologue de la vie et il leur apporte sa vision des choses tout comme eux vont le mettre face à lui-même et lui ouvrir les yeux sur ses propres difficultés, le faisant enfin avancer dans sa vie. La mise en scène de Josh Radnor est franchement bonne et Liberal Arts est proche dans son approche et dans sa réflexion sur le sens de la vie et du temps qui passe d'un film comme Le cercle des poètes disparus par exemple. Déjà citée plus haut, Elizabeth Olsen est rayonnante et d'une justesse incroyable, elle offre une crédibilité parfaite à son personnage de jeune fille plus mature que la moyenne. Son duo avec Josh Radnor fonctionne à merveille et son jeu d'actrice permet de faire naître bien des émotions chez ce dernier mais aussi chez le spectateur. Talentueuse, un terme qui semble avoir été inventé pour miss Olsen. Si vous aimez les films touchants, intelligents, qui ne jouent pas trop sur la corde sensible mais dégagent de belles émotions et donnent le sourire, Liberal Arts est fait pour vous. Les différents personnages mis en avant ont tous leur utilité et ont bien été défini en amont du film, aucun n'est superficiel et tous apportent quelque chose à la réflexion proposée par le scénario. Belle découverte donc, qui mérite mieux que l'anonymat dans lequel il s'est retrouvé.   


INSTALIFE

 

INSTALIFE
(Ingrid goes West)

Réalisateur : Matt Spicer
Année : 2017
Scénariste David Branson Smith, Matt Spicer
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Drame
Interdiction : /
Avec Aubrey Plaza, Elizabeth Olsen, O'Shea Jackson Jr., Wyatt Russell...


L'HISTOIRE : Depuis le décès de sa mère, Ingrid vit recluse dans son appartement, passant ses journées et ses nuits sur Instagram, fascinée par la vie de rêve que font miroiter les starlettes d'Instagram. Elle décide de s'installer à Los Angeles afin de s'immiscer dans la vie de l'influenceuse qu'elle adule, Taylor Sloane. Pour parvenir à rencontrer cette dernière et devenir son amie, Ingrid va user de tous les stratagèmes possibles. De follower à stalker, il n'y a qu'un pas...

MON AVIS : Premier film pour Matt Spicer, qui nous offre une oeuvre indépendante mettant en avant les travers des réseaux sociaux et notamment la dépendance et l'influence néfaste que ces derniers peuvent avoir sur des personnes fragiles psychologiquement. Présenté au festival du cinéma américain de Deauville, Ingrid goes West, devenu Instalife en France, puisqu'il utilise le réseau social Instagram, nous présente la vie compliquée d'Ingrid (Aubrey Plaza), jeune femme fragile et instable qui n'arrive pas à remonter la pente suite au décès de sa mère avec qui elle entretenait une relation fusionnelle. Après avoir subit une thérapie de groupe, Ingrid se trouve un centre d'intérêt en suivant l'influenceuse Taylor Sloane, superbement interprétée par la toujours divine Elizabeth Olsen. Totalement fascinée par la vie de rêve de Taylor, Ingrid décide de partir à Los Angeles afin de la rencontrer et de devenir sa meilleure amie. Pour se faire, tous les moyens seront bons, quitte à kidnapper le petit chien de Taylor pour lui rapporter et devenir celle qui a retrouvé le chien, ce qui lui vaut les faveurs de l'influenceuse. Cette dernière va se prendre d'affection pour Ingrid, sans se douter des fêlures psychologiques de celle-ci. Mais peu à peu, la relation amicale entre les deux jeunes femmes va se transformer en harcèlement et provoquer un clash qui entraînera Ingrid plus profondément dans la perdition de son esprit. Sur le ton de la comédie noire, Instalife développe un propos intelligent sur ce phénomène des influenceuses, qui sont devenues les nouvelles stars de la génération 2.0, supplantant  les stars de cinéma ou de la musique. Le scénario met pourtant en lumière que la vie parfaite de ces jeunes femmes n'est qu'apparence et illusion, les photos postées sur leur compte étant relookées, retouchées, filtrées et que leur vie de rêve n'est qu'une façade quasi commerciale. Le diktat des apparences fragilise les adulescents de notre temps et Ingrid en est une parfaite représentante. Avec beaucoup de tendresse, mais aussi un regard sévère sur le phénomène des réseaux sociaux qui rythment notre vie dorénavant, Matt Spicer dresse un joli portrait de femme perdue, déboussolée, qui sombre dans une lente folie identitaire, se vivant à travers la vie de celle qu'elle admire. La prestation d'Aubrey Plaza est convaincante et l'actrice marque des points avec ce rôle principal bien développé. Quant à Elizabeth Olsen, il n'y a toujours rien à redire, elle est parfaite, comme à son habitude et même si elle a un rôle plus secondaire - mais essentiel - elle marque les esprits par sa prestance, son charisme. On trouve également au casting le rappeur O'Shea Jackson Jr., très à son aise ici. Sur un sujet assez grave en réalité, Instalife se permet une certaine légèreté, use d'un humour volontairement acerbe mais ne se moque jamais de son sujet, ce qui en fait un film intéressant, porté par un duo d'actrices en parfaite osmose.

  

I SAW THE LIGHT

 


I SAW THE LIGHT
(I Saw the Light)

Réalisateur : Marc Abraham
Année : 2015
Scénariste : Marc Abraham, Colin Escott, George Merritt
Pays : Etats-Unis
Genre : Biographie, Drame, Romance, Musical
Interdiction : /
Avec : Tom Hiddleston, Elizabeth Olsen, Maddie Hasson, Cherry Jones, Bradley Whitford...


L'HISTOIRE : La vie de Hank Williams, star mythique de la country music durant les années 40/50...

MON AVIS : N'étant pas du tout un connaisseur de musique country, même si ça ne me dérange pas d'en écouter de temps à autre, je n'aurai jamais eu l'idée de regarder I Saw the Light, qui retrace la vie et la carrière d'une personnalité mythique de ce genre musical, si ne figurait pas au générique la sublime Elizabeth Olsen, dont j'explore la filmographie actuellement. I Saw the Light est donc un biopic consacré à Hiram King « Hank » Williams, un chanteur de country né en 1923, qui a vendu plus de 11 millions d'albums et qui a été classé 74e sur la liste des « 100 plus grands artistes de tous les temps » par le magazine Rolling Stone en 2004. On a donc affaire à du lourd et une rapide recherche sur internet viendra confirmer ce statut de star de légende. Réalisé par Marc Abraham, on trouve au casting du film l'excellent Tom Hiddleston dans le rôle principal, celui-là même qui incarne Loki dans la série Marvel entre autres, et franchement, il livre une solide prestation, parfaitement accompagné par miss Olsen, qui interprète l'amour de sa vie, Audrey Williams, avec qui il se mariera en 1944. Le duo formé par ces deux acteurs donne réellement tout son intérêt au film, puisque le couple alternera entre amour passionné et relation houleuse voire orageuse, Hank Williams devenant rapidement accro à l'alcool et aux médicaments. Une addiction qui n'a rien d'un vice mais qui lui sert à apaiser son mal de dos, le chanteur ayant été diagnostiqué d'un spina bifida occulta, un problème de colonne vertébrale qui l'accompagnera toute sa vie et lui procurant un terrible mal de dos chronique. Il y a toujours une part de ténèbres chez les grands artistes et Hank Williams avait donc la sienne. Le film met également en avant le rôle de sa mère, jouée par Cherry Jones, qui ne trouvait jamais les petites amies de son fils à son goût, ce qui entraînera également des tensions au sein du couple. Bien sûr, I Saw the Light fait la part belle aux chansons de Hank Williams et on en entend plusieurs, dont celle qui donne son titre au film et qui est une chanson religieuse. Il faut préciser que Hank Williams a écrit des titres à la gloire de Dieu sous le pseudonyme de Luke the Drifter. Et bien sûr, qui dit accès à la plus haute marche du podium dit forcément chute et celle de Hank Williams, liée à son alcoolisme et sa dépendance aux médicaments, aura lieu au début des années 50, trouvant même une fin tragique puisque le chanteur décédera à l'âge de 29 ans, le 1er janvier 1953. Comme toute biographie, le film possède des qualités et des défauts, surtout si on n'est pas concerné plus que ça par le sujet de l'étude. Reste que j'ai apprécié découvrir cet artiste, son univers musical, ses ambitions, sa starification et sa déchéance. Elizabeth Olsen joue admirablement bien, comme à son habitude aurais-je envie de dire, l'ambiance des années 40/50 est bien restituée, que ce soit au niveau des décors, des vêtements portés ou des coupes de cheveux. A découvrir...

   

GODZILLA (2014)

 

GODZILLA
(Godzilla)

Réalisateur : Gareth Edwards
Année : 2014
Scénariste : Max Borenstein
Pays : Etats-Unis, Japon
Genre : Action, film catastrophe, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Bryan Cranston, Ken Watanabe...


L'HISTOIRE : Le physicien Joseph Brody a perdu sa femme il y a 15 ans quand un incident nucléaire a irradié la région de Tokyo. La thèse officielle parle de tremblement de terre mais le scientifique est sceptique et mène son enquête avec son fils Ford, soldat dans la Navy. En fait de catastrophe naturelle, il s'agit plutôt des dégâts d'une créature gigantesque créée à la suite d'essais nucléaires dans le Pacifique. D'autres monstres menacent l'archipel d'Hawaï et la côte Ouest des Etats-Unis. L'armée est mobilisée et menée par l'Amiral William Stenz. Au même moment, la compagne de Ford, infirmière et jeune maman, gère les blessés dans un hôpital de San Francisco...

MON AVIS : Godzilla. Un nom référence pour tout fan de cinéma fantastique qui se respecte. Apparu pour la première fois sur un écran de cinéma en 1954, ce célèbre monstre japonais a depuis été la vedette de dizaines de films tournés au Japon, avant que les Américains ne tentent de se l'approprier en 1997 avec le Godzilla de Roland Emmerich. En 2014, c'est le réalisateur de Monsters, Gareth Edwards, qui se retrouve avec la périlleuse mission de livrer une nouvelle aventure du monstre atomique, une sorte de film hommage à la créature de la firme Toho mais avec une modernité de tous les instants. A ce niveau, on peut dire sans hésitation que la mission est remplie : on a un véritable film catastrophe bardé d'effets visuels absolument bluffants, de décors ravagés restituant parfaitement la destruction massive engendrée par les monstres du film, avec un travail sur le réalisme qui fait plaisir à voir : façades de bâtiments détruits, ponts ravagés, rues défoncées et emplies de gravats, tout est fait pour nous mettre en situation de catastrophe extrême. Les effets spéciaux sur les deux créatures se révélant être une menace pour l'humanité sont également au diapason, même si on regrettera un peu que leur look renvoie aux monstres du film Cloverfield. Quant à Godzilla lui-même, il est majestueux et vraiment superbe. Maintenant, le film risque de provoquer un double-sentiment de par son traitement : l'enthousiasme et la frustration. L'enthousiasme pour tout ce que je viens d'évoquer et qui font du film de Gareth Edwards un bon film, auquel viendra s'ajouter le choix du casting, avec Aaron Taylor-Johnson qui joue le héros principal du récit, la magnifique Elizabeth Olsen dans un rôle secondaire mais qui irradie chaque scène dans laquelle elle apparaît, Bryan Cranston, le Walter White de Breaking Bad bien sûr, dans un rôle assez court mais ça fait toujours plaisir de le voir à l'écran, Juliette Binoche, une française dans un rôle encore plus court mais intéressant ou Ken Watanabe, qui joue un savant asiatique. Tout semble donc réuni pour faire de Godzilla 2014 une pure réussite. Seulement, il y a un hic tout de même : le temps de présence à l'écran des monstres et, plus encore, de Godzilla, reste trop en deçà des attentes du public. Il faut quand même attendre plus de 50 minutes avant de voir Godzilla et encore, pour une scène où il disparaît de l'écran assez rapidement. Il manque également une vraie part de titanesque aux séquences d'action faisant se combattre les monstres, on est loin d'un Kong Skull Island ou même d'un Pacific Rim par exemple en matière de démesure ou d'affrontements spectaculaires. Ce qui entraîne donc une réelle frustration chez le public, qui s'attendait à assister à un choc des titans, qu'il n'aura donc pas vraiment. Reste donc une production à gros budget qui a soigné son design, son casting, son récit mais qui manque de scènes vraiment épique pour convaincre totalement, surtout que la plupart des séquences mettant en vedette les monstres se déroulent dans la pénombre la plupart du temps. Même s'il parvient à convaincre, on se dit que ce Godzilla 2014 aurait pu encore plus percutant ou impressionnant.

  

OLD BOY (2013)


OLD BOY
(Old Boy)

Réalisateur : Spike Lee
Année : 2013
Scénariste : Mark Protosevich
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller
Interdiction : -16 ans
Avec : Josh Brolin, Elizabeth Olsen, Samuel L. Jackson, Sharlto Copley...


L'HISTOIRE : Fin des années 80. Joe Doucette, un père de famille, est enlevé sans raison et séquestré dans une cellule. Il apprend par la télévision de sa cellule qu'il est accusé du meurtre de sa femme. Relâché 20 ans plus tard, il est contacté par celui qui l'avait enlevé. Joe n'a plus qu'une envie : retrouver son ravisseur pour se venger. Sa quête de vengeance lui fera rencontrer Marie, une jeune fille qui travaille bénévolement dans une association d'aide aux personnes en détresse...

MON AVIS : Je n'ai toujours pas vu le Old Boy de Park Chan-wook (honte sur moi, je sais), qui date de 2003. Dix ans plus tard, Spike Lee se retrouve à diriger un remake américain, avec Josh Brolin, Samuel L. Jackson et la délicieuse Elizabeth Olsen. Vous l'avez compris si vous êtes des fidèles lecteurs de ce blog, c'est ma nouvelle muse et je me promène actuellement au sein de sa filmographie, qui prouve qu'en plus d'être d'une beauté incroyable, elle est surtout très talentueuse en tant qu'actrice. Me voici donc à visionner cette version 2013 d'Old Boy, un thriller ultra-violent, qui semble, d'après ce que j'en ai lu, être assez proche de l'original en ce qui concerne l'histoire principale, à quelques changements près. Vierge du film de 2003, je ne peux donc pas dire si ce remake lui est supérieur (ça m'étonnerait tout de même), s'il est dans la bonne moyenne ou s'il ne sert à rien. J'ai donc pris ce film indépendamment de son statut de remake et j'ai trouvé le résultat final plutôt bon et percutant, tout en étant parfois déstabilisant et outrancier. On peut clairement dire qu'Old Boy est dans le haut du panier des films dits de vengeance puisqu'ici, nous en avons une double, de vengeance: le personnage joué par Josh Brolin va cherché à se venger de celui qui l'a enfermé durant 20 années, a assassiné sa femme, kidnappé sa fille et lui a fait porter le chapeau, tandis que ce mystérieux kidnappeur cherche vraisemblablement à se venger du personnage joué par Brolin, qui a du faire un sacré truc dans sa jeunesse pour mériter de telles représailles, une telle vendetta ! Être enfermé 20 ans, ça n'est pas rien tout de même. Ce qu'il y a de déstabilisant, ce sont les scènes de violence, très rentre-dedans et brutales (les coups de marteau font très mal !) mais qui sont chorégraphiées comme dans un film de kung-fu (ce qui renvoie bien sûr aux films que regarde Josh Brolin dans sa cellule), ce qui leur donnent un côté surjoué, amplifié par le jeu des acteurs qui en font des tonnes également. La longue scène de bagarre, filmé en faux plan-séquence, en devient même surréaliste, tout comme certains rebondissements, on se croirait presque dans un John Wick sauf qu'à première vue, Old Boy ne joue pas du tout dans cette catégorie du film d'action survitaminé et décomplexé. Au milieu de tout ça, Elizabeth Olsen fait preuve d'une retenue à toute épreuve et garde une crédibilité touchante, avec ce rôle qu'on pense au départ être assez secondaire mais qui prendra toute sa dimension lors d'une étonnante révélation finale qui en laissera plus d'un bouche bée. L'actrice elle-même ne connaissait pas cette conclusion lors du tournage et ne l'a découverte qu'en voyant le film pour la première fois en salle, ce qui n'a pas manqué de la choquer. Une révélation finale qui en rajoute dans le mécanisme de vengeance concocté par le mystérieux kidnappeur, qui s'est réellement donné les moyens d'aller jusqu'au bout de son projet. Cette partie finale donne vraiment plus d'ampleur au drame qui s'est joué devant nos yeux et possède un impact certain sur le spectateur. Cerise sur le gâteau, on a une petite scène de sexe entre Josh Brolin et Elizabeth Olsen, les deux acteurs ne se privant pas de se dévoiler entièrement nus à l'écran. Samuel L. Jackson est aussi de la partie, et on ne lui envie pas vraiment sa présence, surtout lors de la séquence où il subit le courroux de Josh Brolin, qui, armé d'un cutter, va s'amuser d'une bien drôle de façon avec lui. Si on a du mal à retrouver le style de Spike Lee ici, avec un récit bien éloigné de ses précédentes revendications sociétales ou politiques, ce Old Boy 2013 a, en ce qui me concerne, plutôt bien remplit sa mission, ne m'attendant pas à une violence aussi crue, parfois cartoonesque il est vrai, ni à ce dénouement malsain et anti-conformiste. Quant au temps de présence d'Elizabeth Olsen, il était supérieur à ce que je pensais donc les indicateurs sont au vert ! 

 

WIND RIVER

WIND RIVER
(Wind River)

Réalisateur : Taylor Sheridan
Année : 2017
Scénariste : Taylor Sheridan
Pays : Etats-Unis, Angleterre, France
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Elizabeth Olsen, Jeremy Renner, Graham Greene, Kelsey Asbille, Jon Bernthal ...


L'HISTOIRE : Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une fille en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue, Jane Banner, pour aider les autorités locales à élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, Cory va aider Jane à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…

MON AVIS : Un thriller se déroulant dans les plaines enneigées du Wyoming, ce qui nous vaut de magnifiques paysages, superbement filmés par la caméra de Taylor Sheridan qui signe ici son second long-métrage, l'homme étant plus connu en tant que scénariste de talent. La beauté des lieux contraste avec le drame survenu dans ces contrées où la nature règne en maître : une jeune fille a été retrouvée morte, certainement après avoir été violé. La victime faisait partie d'une tribu amérindienne. C'est dans ce contexte que la magnifique Elizabeth Olsen, interprétant une jeune recrue du FBI, va venir tenter d'élucider les causes du meurtre et d'appréhender le meurtrier. Une jeune recrue un peu gauche mais déterminée, qui se retrouve en milieu hostile et qui lui est totalement inconnu. La réserve amérindienne de Wind River ne ressemble pas aux villes dans lesquelles elle travaille. Heureusement, elle pourra compter sur l'aide de Cory Lambert, un chasseur et garde-forestier qui connaît le coin comme sa poche, et très lié avec la population amérindienne  et qui voir dans cette affaire un penchant du drame qui lui est arrivé, sa fille étant elle aussi morte dans des circonstances qui restent à expliquer. Aucun rapport entre les deux drames mais le fait que la victime était une amie de sa fille lui rappelle de douloureux souvenir. Ce personnage est superbement interprété par Jeremy Renner, qui m'a vraiment surpris. Je ne connaissais cet acteur que pour son rôle d'Oeil de Faucon dans la saga Avengers et franchement, il assure vraiment ici, donnant une réelle épaisseur à son personnage. Wind River n'est pas un thriller nerveux, c'est un film qui prend son temps, comme le fait Cory Lambert pour analyser les traces dans la neige, qui sont pour lui autant d'indices que ne comprend pas la jeune agent du FBI. Leur duo fonctionne très bien et pour une fois, nous n'aurons pas la classique romance qui se noue entre les deux héros du film, ça change un peu des poncifs régulièrement assénés aux spectateurs. Il n'en reste que l'enquête proprement dite est tendue, haletante, et qu'elle réserve, notamment vers la fin, deux séquences fortes en émotion et surtout en violence. Deux scènes chocs assez percutantes et d'un réalisme qui met mal à l'aise, surtout au moment du flashback explicatif. En filigrane, Taylor Sheridan se livre à l'étude de la population amérindienne, un sujet qui lui tient à cœur : manque d'évolution technique dans cette région, population toujours en proie au racisme, problème lié à la drogue, jeunesse en perdition et sans repère, force de l'ordre qui peine à faire régner la loi et à résoudre les affaires criminelles ou les nombreuses disparitions, jamais élucidées. "J’ai souhaité donner une voix à ces personnes que le monde ignore" proclame Taylor Sheridan qui, avec Wind River, a trouvé le bon équilibre entre film engagé, film d'aventure et thriller sombre. Bénéficiant d'une solide mise en scène (qui a reçut un prix à Cannes) et d'un casting parfaitement utilisé et géré, Wind River est un thriller qui en a sous le pied et qui mérite clairement d'être visionné.

    

EN SECRET


EN SECRET
(In Secret)

Réalisateur : Charlie Stratton
Année : 2013
Scénariste : Charlie Stratton
Pays : Serbie, Hongrie, Etats-Unis
Genre : Drame, romance
Interdiction : /
Avec : Elizabeth Olsen, Oscar Isaac, Tom Felton, Jessica Lange, Matt Lucas...


L'HISTOIRE : Après la mort de sa mère, la jeune Thérèse est placée chez sa tante, madame Raquin, qui vit seule avec son fils Camille, un souffreteux chronique. Madame Raquin organise un mariage entre Thérèse et son fils. Tous trois partent pour Paris où madame Raquin ouvre une mercerie avec Thérèse. A son nouveau travail, Camille retrouve Laurent, un ancien ami. Rapidement, Thérèse tombe sous le charme de Laurent et réciproquement. La passion grandit entre les deux amants, qui organisent un plan pour se débarrasser du mari gênant...  

MON AVIS : Une très belle adaptation du roman d'Emile Zola, Thérèse Raquin bien évidemment. Pour son premier film, Charlie Stratton s'offre un film en costumes, l'histoire se déroulant dans les années 1860 environ. Il a eu l'excellente idée de choisir la magnifique et surtout très talentueuse Elizabeth Olsen pour incarner cette héroïne tragique et passionnée, qui, après une enfance difficile, a envie de s'épanouir pleinement et de vivre une vie de passion intense. Avec son mariage imposé avec le fils de sa tante qui l'a élevé suite au décès de sa mère et à l'abandon de son père, la jeune Thérèse n'a jamais connu les joies de la sexualité et de l'amour, son mari, Camille (très bon Tom Felton) étant constamment souffrant et ne sachant pas comment se comporter face à une femme. Sa rencontre avec Laurent, ami de Camille, va changer la donne. Laurent est joué par Oscar Isaac, futur star de la postologie Star Wars. Le duo qu'il forme avec Elizabeth Olsen est parfait, les deux amants se révélant fusionnels. Agissant en cachette de Camille et de sa mère (Jessica Lange), chacune de leur retrouvaille donne lieu à un acte d'amour filmé sans vulgarité ni voyeurisme. Une passion réelle, qui ne se voit contrarier que par la présence d'un mari au bras de Thérèse. De film romantique, En Secret bifurque lentement vers le drame passionnel, et nos beaux amants prennent une voie qui ne pourra que les transformer en amants maudits. Une fois leur plan mis à exécution, tout leur univers va vaciller, le poids de la culpabilité étant trop lourd à porter. L'ambiance se pare alors d'une réelle tension, surfant même parfois avec le film d'épouvante, notamment lors d'une scène de cauchemar dans laquelle le corps décomposé de Camille vient perturber le sommeil de Thérèse. Acculée, sentant la suspicion de la mère de son défunt mari envers elle, Thérèse se révèle psychologiquement trop fragile pour endosser le rôle qu'elle a pourtant voulu et désiré. Le duo romantique qu'elle formait avec Laurent ne sera plus que l'ombre de lui-même et on sombre clairement dans la tragédie. Avec une belle mise en scène, des costumes d'époque qui font illusions et une interprétation de grande qualité, En Secret marque des points et se révèle bien moins fleur-bleue que je ne le pensais, n'ayant jamais lu le roman de Zola.  

VERY GOOD GIRLS

 

VERY GOOD GIRLS
(Very Good Girls)

Réalisateur : Naomi Foner
Année : 2013
Scénariste : Naomi Foner
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Drame, Romance
Interdiction : /
Avec : Elizabeth Olsen, Dakota Fanning, Boyd Holbrook, Demi Moore, Ellen Barkin...


L'HISTOIRE : Lilly et Gerri sont deux copines inséparables. Elles vivent à New York, chacune dans leur famille respective, très différente en matière d'éducation. Toujours vierges à 18 ans, elles aimeraient bien perdre leur virginité avant d'entrer à l'université. Les vacances d'été étant propices à l'amour, elles attendent le prince charmant. Sur la plage, elles rencontrent David, un vendeur de glace, qui ne les laissent pas indifférentes. Lilly s'amourache du jeune homme, sans le dire à Gerri. Mais celle-ci est également sous le charme du séduisant jeune homme. Leur amitié va-t-elle être ébranlée par les non-dits et les secrets ?

MON AVIS : Dakota Fanning (Lilly) et Elizabeth Olsen (Gerri) réunies au sein du même film. Déjà, ça démarre bien, les deux jeunes actrices possédant un charme et un charisme indéniables, ma préférence allant à Elizabeth Olsen. Very Good Girls est réalisé par Naomi Foner, qui n'est autre que la mère de Maggie Gyllenhaal et Jake Gyllenhaal. Elle a rédigé le scénario du film 20 ans avant que celui-ci ne soit produit. Elle avait envisagé les actrices Kristen Stewart et Jennifer Lawrence pour tenir les rôles principaux mais ces deux actrices n'étant pas assez connues à l'époque, elle ne trouva aucun producteur pour financer le film. C'est donc à 67 ans qu'elle peut enfin mettre en image l'histoire qu'elle a imaginé des années auparavant, s'attribuant les postes de réalisatrice et scénariste, histoire que personne ne dénature ses idées et son récit. A l'arrivée, on obtient un film rafraîchissant, comédie romantique douce-amère sur la fin de l'adolescence et ce difficile passage à l'âge adulte, transition périlleuse qui se voit pimentée par des problèmes familiaux (Lilly surprend son père avec une autre femme, Gerri doit surmonter le décès de son père) et surtout par le désir de ne pas briser une amitié sincère et inaliénable. L'amitié, c'est le thème principal de Very Good Girls, et cette notion va être mise à mal quand les deux copines tombent sous le charme du même garçon, David (Boyd Halbrook), un vendeur de glace et street-artiste. David se sentant plus attiré par Lilly, cette dernière ne parviendra pas à avouer sa relation à sa meilleure amie, même quand celle-ci a des rencarts avec lui. Les deux actrices sont d'une complémentarité folle et jouent avec une sincérité et un naturel déconcertants, apportant une note d'authenticité à ce récit attendrissant et touchant. La ville de New York s'avère un décor propice à cette gentille romance et permet une belle mise en scène de ce dilemme qui risque de briser une complicité qui semble pourtant à toute épreuve. Si Dakota Fanning a nettement plus de temps de présence à l'écran que sa partenaire, Elizabeth Olsen s'en tire admirablement elle aussi et continue de convaincre le spectateur de ses capacités en tant qu'actrice. Dans les seconds rôles, on trouve Demi Moore et Ellen Barkin, qui interprètent les mères de des héroïnes. Very Good Girls est un joli petit film en tout cas, à réserver aux romances fleur-bleues mais jamais niaises.   


SILENT HOUSE (2011)

 

SILENT HOUSE
(Silent House)

Réalisateur : Chris Kentis, Laura Lau
Année : 2011
Scénariste : Laura Lau
Pays : Etats-Unis, France
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : /
Avec : Elizabeth Olsen, Adam Trese, Eric Sheffer Stevens, Julia Chan, Haley Murphy...


L'HISTOIRE : Sarah revient avec son père et son oncle Peter dans leur vieille maison de vacances, laissée  à l'abandon, afin de débarrasser le superflu et la retaper pour la vendre. La jeune femme entend des bruits inquiétants et pense que des individus sont cachés à l'intérieur de la bâtisse. Lorsqu'elle retrouve son père inconscient après avoir été agressé, Sarah sombre dans la panique...

MON AVIS : En 2010, un film uruguayen, La Casa Muda de Gustavo Hernandez, avait fait sensation avec son concept technique : filmer en temps réels les événements et en un seul plan séquence ! Si on avait découvert que cet unique plan séquence avait été réalisé en plusieurs fois tout de même, on a salué cette performance ainsi que le jeu de l'actrice principale que la caméra ne lâche pas d'une seconde. Seulement un an plus tard, les Américains décident d'en faire un remake en gardant ces deux idées du temps réel et du long plan séquence. Deux réalisateurs, Chris Kentis et Laura Lau, seront en charge de réaliser le remake, intitulé tout simplement Silent House. Chris Kentis, on le connaît pour avoir mis en scène un huis-clos aquatique assez stressant avec Open Water en 2003. Ce nouveau film étant aussi un huis-clos, il semblait être la personne toute désignée pour réussir ce pari et provoquer de belles montées d'angoisse chez le spectateur. On le félicitera déjà d'avoir choisi l'actrice Elizabeth Olsen en tant qu'héroïne, un choix plus que judicieux tant elle parvient ici à dégager des émotions et à faire ressentir la peur, l'effroi, le désespoir. Ce n'est que son second film et elle confirme tout son potentiel qu'elle nous avait fait découvrir dans Martha Marcy May Marlene. Si elle a avoué que l'unique plan séquence n'en est pas un et que le film a été tourné en plusieurs plans séquences de 12 minutes environ, il convient de saluer l'effort technique et d'interprétation de l'équipe du film ainsi que la prestation d'Elizabeth Olsen, qui est donc constamment suivie par l’œil de la caméra. Ceux qui ont vu le film de guerre 1917 de Sam Mendes voient de quoi je parle et la difficulté d'un tel exercice ! Tous les déplacements des acteurs et de la caméra au sein des décors doivent être travaillés à l'avance et avec une minutie de tous les instants pour conserver une fluidité de mouvement et parvenir à immerger le spectateur dans l'ambiance voulue. Honnêtement, le pari est réussi pour ma part. La progression des événements au sein de cette maison délabrée, l'intensité dégagée par Elizabeth Olsen qui s'enfonce de plus en plus dans l'inquiétude et la frayeur, la menace sourde et insidieuse qui règne dans le bâtiment, les quelques jumps-scares efficaces qui feront monter votre tension, le travail sur la lumière ou l'absence de lumière (tétanisante séquence uniquement éclairée par des flashs d'appareil-photo) et l'ambiance musicale savamment orchestrée font de Silent House un savoureux moment de stress jouant avec les codes du home invasion. Et puis arrive le twist final, annoncé par de petits détails tout au long du film et qui va donner une nouvelle atmosphère à Silent House. Sans révéler quoi que ce soit, on pourra trouver ce retournement de situation un peu alambiqué mais en fait, non. Le réalisateur du film original s'est servi d'un fait divers survenu en Uruguay et a fait des recherches sur la thématique traitée pour s'assurer de la crédibilité de ce twist final. A vous de voir si vous adhérer ou pas à ce rebondissement inattendu et assez malsain, qui donne une tonalité bien plus dramatique à Silent House.  


MARTHA MARCY MAY MARLENE

 

MARTHA MARCY MAY MARLENE
(Martha Marcy May Marlene)

Réalisateur : Sean Durkin
Année : 2011
Scénariste : Sean Durkin
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Elizabeth Olsen, Sarah Paulson, John Hawkes, Christopher Abbott, Louisa Krause...


L'HISTOIRE : Après avoir fui une secte et son charismatique leader, Martha tente de se reconstruire et de retrouver une vie normale. Elle cherche de l’aide auprès de sa sœur aînée, Lucy, et de son beau-frère avec qui elle n’avait plus de contacts, mais elle est incapable de leur avouer la vérité sur sa longue disparition. Martha est persuadée que son ancienne secte la pourchasse toujours. Les souvenirs qui la hantent se transforment alors en effrayante paranoïa et la frontière entre réalité et illusion se brouille peu à peu...

MON AVIS : Alors que ses deux sœurs aînées sont mondialement connues (qui ne connaît pas les jumelles Mary-Kate et Ashley Olsen, stars, entre autres, de la série télévisée La Fête à la Maison ?), Elizabeth Olsen est restée dans l'ombre malgré une petite apparition en 1994 dans Deux Jumelles dans l'Ouest. Il aura fallu attendre 2011 et Martha Marcy May Marlene pour que la beauté et surtout le talent d'Elizabeth Olsen explose à la face du monde. Que de chemin parcouru depuis, avec une vingtaine de films et de séries à son actif et une reconnaissance mondiale avec son intégration à l'univers Marvel en tant que Wanda Maximoff alias La Sorcière Rouge. Mais revenons en 2011. C'est donc le réalisateur Sean Durkin qui lui offre son premier rôle à l'écran, lui-même étant pour la première fois derrière la caméra. Film indépendant américain, Martha Marcy May Marlene est un drame psychologique qui nous plonge dans le trauma et la psyché de sa jeune héroïne, Martha, interprétée par la novice Elizabeth Olsen comme vous vous en doutez. Une jeune femme qui a passé deux ans de sa vie dans une secte et qui a subit un lavage de cerveau de la part de Patrick, son gourou. Brisant son identité, Martha est devenue Marcy May et se fait parfois appeler Marlene ! Trois prénoms pour mieux déstructurer la carapace mentale de notre jeune et innocente victime et lui donner une nouvelle identité au sein de sa "nouvelle famille". On pense bien sûr à la "famille" de Charles Manson, la ferme de Patrick, lieu perdu et autogéré, nous rappelant le célèbre Spahn Ranch. Patrick est lui aussi un hippie qui abuse sexuellement des membres féminines de sa secte, joue de la guitare et possède un charisme et un "pouvoir hypnotique" lui permettant de rallier les brebis égarés à sa cause. Lorsque Martha parvient à s'échapper et à retrouver sa sœur Lucy avec qui elle n'avait plus de lien depuis deux ans, on se dit que la jeune femme est tirée d'affaire. C'est là où le film de Sean Durkin dévoile ses enjeux : montrer que s'échapper d'une secte n'est que le premier pas vers une liberté retrouvée mais que le chemin qui mène à cette liberté est semée d'embûches et tortueux. Une fois chez sa grande sœur, Martha, qui ne parvient pas dire à Lucy ce qu'elle a vécu ni qu'elle faisait partie d'une secte, va sombrer peu à peu dans une paranoïa lascive, dans une sorte de schizophrénie dans laquelle elle ne sait plus si elle est Martha ou Marcy May. La réalité se confond avec le rêve, le passé se confond avec le présent et vice-versa, et cette sensation est transmise aux spectateurs grâce au montage du film, qui alterne sans cesse présent et passé. Elizabeth Olsen est juste admirable dans ce rôle difficile, parvenant à jouer sur diverses émotions avec une fascinante habileté et un naturel assez hallucinant. Éblouissante, fragile, d'une sensibilité à fleur de peau, elle porte littéralement le film sur ses épaules. Le final pourra déconcerter le public, qui ne saura pas si l'intuition de Martha, qui se croit épier par la secte, est vrai ou non. A vous de vous faire votre propre idée. Un beau film, qui a rempoté de nombreux prix dans les divers festivals où il a été projeté, dont Cannes et Sundance.