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LA MAISON DE LA TERREUR

 

LA MAISON DE LA TERREUR
(La Casa con la scala nel buio)

Réalisateur : Lamberto Bava
Année : 1983
Scénariste : Dardano Sacchetti, Elisa Briganti
Pays : Italie
Genre : Giallo
Interdiction : -16 ans
Avec : Andrea Occhipinti, Anny Papa, Fabiola Toledo, Michele Soavi, Valeria Cavalli...


L'HISTOIRE : Engagé afin de composer la musique d’un film d’horreur, Bruno emménage dans une vaste villa, dans la banlieue de Rome, dont le propriétaire est Tony Rendina, un ami d’enfance. Très vite, Bruno réalise que la maison est le cadre de faits étranges et inexplicables. Il fait bientôt la connaissance de Katia, une voisine, laquelle est sauvagement assassinée à l’arme blanche dans le jardin bordant la propriété. Un tueur rôde dans les parages, et le cauchemar ne fait que commencer... 

MON AVIS : Difficile d'être le fils de pour un réalisateur, surtout quand le paternel n'est autre que l'illustre Mario Bava ! C'est ce que va découvrir son fils Lamberto, qui sera de tout temps comparé à son père et ce, pas en sa faveur. Il est vrai que le rejeton n'a pas le talent de sa papa mais comme ils ne font pas du tout le même type de cinéma, la comparaison n'a pas vraiment lieu d'être. Lamberto Bava joue dans la catégorie du cinéma bis décomplexé, à base de relation nécrophile (Baiser Macabre), de monstre aquatique (Apocalypse dans l'Océan Rouge), d'ex-policier vengeur (Blastfighter), de démons sortant des écrans de cinéma ou de télévision (Démons 1 & 2) ou de tueurs fous (Body Puzzle, Delirium) entre autres. Il ira même côtoyer l'univers de la féérie avec des mini-séries de qualité, telles La Caverne de la Rose d'Or. En 1983, pour son second long métrage, il décide de tâter de l'univers du giallo, genre-phare du cinéma italien dans les 70's et dont le chant du cygne a été entamé depuis belle lurette, avec des exceptions tout de même, à l'image du formidable Ténèbres de Dario Argento bien sûr, réalisé en 1982. C'est suite à l'achat d'une luxueuse villa par le réalisateur Sergio Martino que le projet de La Casa con la scala nel buio voit le jour. Le célèbre réalisateur italien se dit que sa nouvelle maison serait le cadre idéale pour une histoire policière et les scénaristes Dardano Sacchetti et Elisa Briganti imaginent donc une intrigue faisant de la villa un personnage à part entière. Conçu au départ pour être une mini-série télé en quatre parties, le projet redevient un film quand les chaînes télévisées le rejettent à cause de sa trop grande violence. Avec La Maison de la Terreur, ou La Maison avec l'Escalier dans le Noir pour le titre original, Lamberto Bava, et surtout ses scénaristes, ont allégrement puisé chez d'autres metteurs en scène tels Brian de Palma, dont les influences issues de Blow-Out et de Pulsions sautent aux yeux, mais aussi chez Dario Argento et son Ténèbres déjà cité et même, n'y allons pas par quatre chemin, chez Alfred Hitchcock. Le résultat final est malheureusement décevant, La Maison de la Terreur étant un giallo assez paresseux, bien trop long (106 minutes au compteur) et qui a pour principal défaut un casting peu avantageux. Bruno, le héros, est interprété par le très fade Andrea Occhipinti, qu'on a envie de secouer tout au long du film tant sa prestation est maussade et peu enjouée. Le casting féminin n'est pas non plus très reluisant, à l'exception de Lara Lamberti qui tire son épingle du jeu. Le rythme est assez mollasson, un comble pour un thriller, les situations sont répétitives et on s'ennuie souvent devant le film. Dommage car il y a tout de même de bonnes choses à retenir, comme une certaine habileté à créer le doute chez le spectateur en ce qui concerne les multiples suspects potentiels par exemple ! Le meurtrier au cutter serait-il cette réalisatrice de film d'horreur qui n'est jamais présente quand le héros désire la voir ? Ou bien ce curieux gardien de maison qui a accès à toutes les pièces ? Le héros lui-même, devenant fou de part son travail de compositeur ? La petite amie de ce dernier, qui aime se balader à l'improviste armée d'un long couteau ? Mystère, mystère ! Autre point positif, la violence exacerbée lors des quelques meurtres qui parsèment le film et notamment, celui dans la salle de bain qui est vraiment choc et filmé avec une complaisance certaine qui réjouira les amateurs. La musique de Guido et Maurizio De Angelis est également à prendre en compte, tout comme le twist final, bien déviant. Encore une fois, il est dommageable que tout cela s'éternise et s'étire en longueur, une durée de 85 minutes aurait nettement profité au film je pense. On notera la bonne utilisation des diverses parties de la maison ainsi que la présence du jeune Giovanni Frezza, ce petit blondinet que Lucio Fulci a traumatisé dans La Maison près du Cimetière et La Malédiction du Pharaon en 1981 et 1982. Pas un giallo de référence malgré des intentions fort louables...

* Disponible en Blu-Ray chez -> LE CHAT QUI FUME  
BONUS:
• L'escalier de la mort avec Lamberto Bava (16 min 30)
• Bienvenue à la maison avec le scénariste Dardano Sacchetti (21 min)
• Dans une maison vide avec le chef opérateur GIANLORENZO BATTAGLIA (17 min)
• Film annonce




DELIRIUM

 

DELIRIUM
(Le Foto di Gioia)

Réalisateur : Lamberto Bava
Année : 1987
Scénariste : Gianfranco Clerici, Daniele Stroppa
Pays : Italie
Genre : Giallo
Interdiction : -12 ans
Avec : Serena Grandi, Daria Nicolodi, Georges Eastman, Sabrina Salerno...

L'HISTOIRE : Ancien mannequin de charme, Gloria est désormais à la tête de la revue érotique Pussycat, qu'elle dirige avec l'aide de son amie Evelyn, de son frère photographe Tony et du second photographe Roberto. Après une soirée, Gloria reçoit un coup de téléphone de Mark, son jeune voisin handicapé qui est amoureux d'elle. Ce dernier la prévient q'un meurtre vient d'avoir lieu au abord de sa piscine. Gloria ne découvre aucun cadavre et ne croit pas aux dires de Mark. Le lendemain, elle reçoit une photographie sur laquelle le cadavre est bien présent, positionné devant un poster de Gloria à sa grande époque. Elle prévient la police mais les meurtres continuent...

MON AVIS : Holala, qu'est-ce que c'est mauvais ! Lamberto Bava nous a habitué à bien mieux durant sa carrière mais là, c'est vraiment en bas de l'échelle. Certes, Delirium n'est pas aidé par le scénario écrit à deux mains par Gianfranco Clerici et Daniele Stroppa et on comprend que Dario Argento, un temps envisagé derrière la caméra, ait préféré lâcher l'affaire. Le film se veut être un giallo de la dernière chance mais l'histoire est tellement bordélique qu'elle ne risque pas de redorer le blason d'un des genres phares des 70's en Italie. Même Edwige Fenech, prévue au casting, a préféré décliner la proposition, laissant la place à Serena Grandi, qui est loin d'avoir la classe et le talent d'actrice de miss Fenech. Aux côtés de Serena Grandi, on retrouve Daria Nicolodi, qu'on ne présente plus et qui joue le rôle d'Evelyn, mais aussi Georges Eastman, qu'on ne présente pas non plus, Capucine et une certaine Sabrina Salerno ! Oui, oui, la chanteuse du tube interplanétaire Boys, avec le clip dans la piscine, c'est bien elle ! Je vois déjà vos yeux pétiller mais quand vous saurez que la belle italienne se laisse filmer seins nus dans le film, ça va être dur de ne pas vous transformer en loup de Tex Avery ! Qui plus est, la bombe anatomique a droit à une mort assez horrible, piquée par des centaines d'abeilles ! La pauvre ! Mais qui a pu vouloir la tuer ? Ce sera évidemment la question principale de Delirium et de tout giallo : mais qui est l'assassin ? Comme d'habitude, on pense à plusieurs personnes, comme Evelyn justement, dont la coupe de cheveux semble correspondre à celle du meurtrier ! Ou bien encore ce Mark, jeune handicapé qui, comme James Stewart, passe ses journées l’œil collé à son télescope pour épier Gloria et tout ce qui se passe dans la maison luxueuse de cette dernière et dont son médecin proclame que s'il ne marche pas, c'est qu'il ne fait pas d'effort ! Est-il vraiment handicapé ? Mystère ! On peut aussi penser à Georges Eastman, qui réapparaît dans la vie de Gloria après plusieurs années, comme ça, comme par hasard ! Ou bien est-ce le photographe Roberto, homosexuel qui ne supporterai pas que sa patronne se fasse éclipser par de nouveaux mannequins bien plus jeunes ? Ou bien encore à Flora, vieille femme qui voudrait racheter le magazine à Gloria mais qui doit sans cesse faire face au refus de cette dernière. Plein de coupables potentiels donc. Encore plus mystérieux, la façon dont les deux premiers meurtres nous sont présentés : l'éclairage passe du rouge au bleu, et la future victime est vue par les yeux de l'assassin comme étant une sorte de monstre : cyclope à un œil pour le mannequin Kim (Trine Michelsen), avec, avouons-le, un superbe effet de maquillage, certainement la scène la plus réussie du film, ou tête d'abeille pour Sabrina Salerno, ce qui explique la mort par piqûres de dard ! Petit problème, les deux scénaristes ont totalement occulté cette façon de voir les victimes dans les meurtres suivants, si bien qu'on n'aura aucune explication sur un éventuel problème psychologique du tueur concernant ces sortes de visions fantasmées et sur le pourquoi de ces visions ! Dommage, il y a avait là une touche d'originalité qui aurait pu être largement mieux exploitée. Notre tueur aime par contre mettre en scène les cadavres en les photographiant devant un grand poster de Gloria. Une pièce de plus à ajouter au puzzle. Vu comme ça, on pourrait penser que Delirium est en fin de compte un bon film mais non, ne vous laissez pas abuser par ces descriptions. Pour palier au manque de cohésion du scénario, à la mise en scène sans grand éclat de Lamberto Bava qui fait ce qu'il peut pour sortir la tête de l'eau, au jeu d'acteurs assez inconsistant, au rythme bien faiblard, aux scènes sans grand intérêt (celle avec l'inspecteur de police entre autres), il y a une solution pour maintenir un petit intérêt chez le spectateur : dénuder le casting féminin ! Et vu que les actrices choisies sont plutôt généreusement pourvues par Dame Nature au niveau mammaire, cette solution a effectivement un petit avantage, purement visuel il va sans dire ! Serena Grandi et ses deux énormes flotteurs ne se fait donc pas prier pour les exhiber, tout comme Sabrina Salerno comme déjà évoqué. D'ailleurs, il y a une scène avec elle où elle est entouré de momies qui ont le look du Eddie d'Iron Maiden dans l'album Powerslave  et dont on a pu voir certains clichés sur des couvertures de magazines dans les années 80 ! La part érotique dans Délirium est bien mise en avant mais au final, est-ce suffisant pour nous maintenir aux aguets durant  95 minutes ? Personnellement, la réponse est non. Quand à la révélation finale, on peut se demander si les scénaristes avaient vraiment réfléchi à ce coupable ou si l'idée leur est venue en dernier recours parce que bon... Allez je ne vous gâcherai pas le plaisir de la découverte du pot-aux-roses, si vous osez tenter l'expérience bien sûr...




DÉMONS 2

 

DÉMONS 2
(Demoni 2 - l'Incubo Ritorna)

Réalisateur : Lamberto Bava
Année : 1986
Scénariste : Dario Argento, Lamberto Bava, Franco Ferrini, Dardano Sacchetti
Pays : Italie
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : David Edwin Knight, Nancy Brilli, Coralina Cataldi-Tassoni, Bobby Rhodes...


L'HISTOIRE : Dans un immeuble ultra-sécurisé, Sally prépare sa fête d'anniversaire entourée de ses amis. Hannah, enceinte, attend le retour de son mari, George. Tommy, un petit garçon resté seul, attend le retour de ses parents. A la salle de musculation, les adhérents s'entraînent sous la direction de Hank, leur coach sportif. Quand un événement vient contrarier Sally, celle-ci s'enferme dans sa chambre et regarde, comme beaucoup d'autres résidents, le film d'horreur diffusé à la télévision. Bientôt, ce dernier semble prendre vie et va libérer la malédiction des démons. Sally en sera la première victime. Devenue elle-même un démon, elle va propager la contamination parmi ses invités...

MON AVIS : Suite au succès de Démons en 1985, Lamberto Bava et ses producteurs se voient quasiment obligés de mettre en chantier une suite. Trop rapidement dirons-nous, puisque Démons 2 se montre bien en deçà du premier film. Sergio Stivaletti et son équipe, qui avaient fait des miracles sur le premier film, doit gérer les effets spéciaux sans vraiment avoir le temps de les préparer, ce qui nous vaut de très bons maquillages de démons, encore plus gluants et verdâtres, mais aussi des effets mécaniques franchement ratés, comme cette tête mécanique représentant Sally se transformant, un chien devenant démoniaque qui ne fait guère illusion et, pire que tout, une sorte de petite créature façon gremlins / ghoulies qui tire le film vers le nanar bas de gamme. Qui plus est, Démons 2 est largement moins gore que le premier, on a juste quelques marques de griffures sur les victimes, c'est bien peu. J'ai toujours trouvé ce second opus très inférieur au premier et cette nouvelle vision ne m'a pas fait changer d'avis, même si je l'ai trouvé un peu plus sympa que lors de mes précédentes visions. Mais rien de transcendant comme a pu l'être la vision du premier. On pourrait dire que Démons 2 est une sorte de version démoniaque de la Tour infernale ou de Piège de cristal 2, l'action se déroulant donc dans un immeuble dernier cri. Si l'écran de cinéma était le vecteur de l'invasion démoniaque dans le premier film, ici, c'est par l'entremise de la télévision qu'elle va se faire au départ, puis par les attaques des démons sur les vivants, qui vont se transformer à leur tour en démons. Petite nouveauté dans cette suite, qu'on ne nous explique pas, le sang qui est comme de l'acide ! Lamberto Bava et ses scénaristes ont-ils trop regarder Alien ? Possible ! Si le premier Démons possédait un rythme trépidant, avec juste de très légères baisses de rythme, ce second volet n'a pas la même hargne et l'action se montre moins entraînante et surtout moins déjantée. On suit les divers habitants courir dans les couloirs, tenter de s'échapper par les ascenseurs ou finir par se regrouper dans la salle de musculation, où la survie va s'organiser, selon les directives du coach sportif, interprété par Bobby Rhodes, qui était déjà au casting du premier film dans un autre rôle. Parmi les points positifs du film, on notera la bonne partition musicale de Simon Boswell, qui remplace Claudio Simonetti, et nous livre un thème vraiment sympa. A noter également la présence de la toute jeune Asia Argento dans un tout petit rôle. Reste qu'au final, on termine le film sur une impression plutôt mitigée. On aurait aimé voir plus de meurtres sanguinolents, plus de séquences What the Fuck comme dans le premier (la chute de l'hélicoptère, la moto sur les sièges de cinéma avec le héros qui dézingue du démon à bout de bras...). Logiquement, et ce n'est pas le personnage de Randy dans Scream qui dira le contraire, une suite se doit d'en proposer plus, de se montrer plus généreuse et de mettre le paquet dans la surenchère. Le souci de Démons 2, c'est qu'on a plutôt l'impression que tout a été revu à la baisse par souci d'économies ou de budget. Et c'est bien dommage. Une suite pas vraiment à la hauteur de son illustre modèle donc, dont tout n'est pas à jeter bien sûr, mais qui s'avère assez décevante tout de même. 

 

DÉMONS

DÉMONS
(Demoni)

Réalisateur : Lamberto Bava
Année : 1985
Scénariste :  Lamberto Bava, Franco Ferrini, Dardano Sachetti, Dario Argento
Pays : Italie
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Urbano Barberini, Natasha Hovey, Karl Zinny, Fiore Argento, Paola Cozzo, Fabiola Toledo, Michele Soavi...


L'HISTOIRE : Une séance de cinéma est organisée afin de promouvoir un film d'horreur. Deux amies se voient offrir des billets d'entrées et se rendent le soir venu à la séance. Dans le hall du cinéma, divers objets qui seront présents dans le film sont exposés, dont un masque de démon. Une des spectatrices porte le masque à son visage et se blesse à la joue. Pendant la projection, les événements se déroulant dans le film se reproduisent dans la réalité. La fille blessée à la joue se transforme en affreux démon et se met à attaquer les autres spectateurs, les transformant à leur tour en monstres assoiffés de sang. La panique règne dans le cinéma, toutes les sorties sont mystérieusement condamnées. Le petit groupe de survivants tente de s'organiser face aux démons…

MON AVIS : Souvent dénigré, le réalisateur Lamberto Bava a pourtant une filmographie bien sympathique. Evidemment, si on compare ses films avec ceux de son illustre papa, le maestro Mario Bava, on en arrive à la conclusion que le fils est loin d'égaler le père. Mais pourquoi toujours chercher à faire des comparaisons ? Prenons Lamberto Bava pour ce qu'il est : un réalisateur de séries B, qui sont beaucoup moins mauvaises qu'on veut nous le faire croire. Son premier film, Baiser Macabre, réalisé en 1980, est d'ailleurs très bon. Tout comme le film qui nous intéresse ici, à savoir Démons, réalisé en 1985. On y retrouve tous les éléments qui font qu'on aime le Bis rital horrifique : du gore, des situations improbables, surréalistes, de l'humour, sans oublier la musique. Bref, nous voilà en présence d'un film fun, décomplexé, qui en donne pour son argent aux spectateurs. Le ton est donné dès le générique avec un thème musical électronique excellent, signé par Claudio Simonetti. On reconnaît également dans le rôle du donneur de places de cinéma le futur réalisateur Michele Soavi, qu'on reverra également dans le film projeté lors de la séance. Cette séquence est l'une des plus intéressantes de Démons. L'idée du film dans le film est ici très bien utilisée, on se retrouve à la place des spectateurs, pour s'apercevoir que se qui se passe sur l'écran de cinéma se déroule dans la salle également. En plus, tout a été millimétré, les images du film projeté étant en parfaite synchronisation avec les faits qui se produisent dans le cinéma. On a vraiment l'impression que ce film est vivant. Une variation horrifique de La Rose Pourpre du Caire en quelque sorte. Niveau horreur, le film de Lamberto Bava n'en est pas avare ! La transformation d'une fille en démon est un grand moment ! Ongles qui poussent, dents qui se déchaussent pour en laisser apparaître d'autres bien plus pointues, les effets spéciaux, dus à Sergio Stivaletti, sont très efficaces et le gore ne tarde pas à faire son apparition, avec gorges déchiquetées et autres tueries sanguinolentes. On retiendra également l'apparition d'un démon sortant du dos d'une victime, image souvent reprise dans les magazines qui parlent du film. Peu de temps mort dans Démons donc, les spectateurs prisonniers se transformant tour à tour en monstres et multipliant les cadavres parmi le casting ! Les survivants tentent par tous les moyens de se barricader dans la salle de cinéma et on suit plus principalement la tentative de survie de quatre personnages principaux, George, Ken, Cheryl et son amie Kathy. On trouvera par contre un peu inutile les passages avec le groupe de voyous circulant dans les rues de la ville et qui finira par se retrouver dans l'enceinte du cinéma. Ces scènes ralentissent un peu le rythme et ne servent guère qu'à apporter de la nouvelle chair fraîche aux démons. Cette petite baisse de régime est vite compensée par la séquence hallucinante où George, tel un chevalier servant, vient à la rescousse de sa princesse Cheryl, chevauchant une moto cross, armé d'une épée à la lame aiguisée comme un rasoir, et qui va trépaner du démon comme le bûcheron abat des arbres. Une séquence comme seuls les Italiens savent en faire ! Le tout sur une musique hard rock bien énergique, provoquant dans notre corps un sentiment de jubilation assez poussé ! Si vous voulez vraiment passer un bon moment avec des copains, avec un film d'horreur de qualité, qui ne se prend pas au sérieux, avec ce qu'il faut de gore et de monstres, Démons est fait pour vous. Le film se laisse voir et revoir avec toujours la même bonne humeur qui s'en dégage, preuve de sa réussite.


BAISER MACABRE

BAISER MACABRE
(Macabro)

Réalisateur : Lamberto Bava
Année : 1980
Scénariste : Antonio Avati, Pupi Avati, Lamberto Bava, Roberto Gandus
Pays : Italie
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Bernice Stegers, Stanko Molnar, Veronica Zinny, Roberto Posse...



L'HISTOIRE : A La Nouvelle-Orléans, Jane Baker délaisse ses deux enfants pour rejoindre son amant, Fred Kellerman. Lucy, la fille aînée de Jane, qui ne supporte pas le comportement de sa mère, tue son frère en le noyant dans la baignoire. Jane croit à un drame domestique. Elle demande à Fred de vite la raccompagner. Sur le trajet, ils sont victimes d'un tragique accident qui coûte la vie à son amant. Traumatisée, elle perd la raison. Après un an d'internement, Jane sort de l’hôpital psychiatrique. Elle s’installe dans l’appartement de son amant défunt. La femme entretient  des rapports ambigus avec le jeune concierge aveugle, Robert Duval. Dès le premier soir, Jane se prête d’une façon morbide à honorer la mémoire de Fred sous la surveillance de Robert. Lucy reprend contact avec sa mère. La jeune fille n’a pas dit son dernier mot…

MON AVIS : Fils du célèbre Mario Bava, Lamberto Bava évolue dans le monde du cinéma depuis son plus jeune âge. Assistant-réalisateur depuis 1966 sur de nombreux films de son père, il l'a aussi été avec Dario Argento sur Inferno et Ténèbres ou Ruggero Deodato sur Le Dernier Monde Cannibal et Cannibal Holocaust. En 1980, il est contacté par Pupi Avati (réalisateur de La Maison aux Fenêtres qui rient) pour passer à nouveau derrière la caméra mais en tant que réalisateur cette fois. Son premier film sera donc ce Baiser Macabre, "le film qui a terrorisé Dario Argento" lui-même si on en croit la jaquette VHS ! Pas sûr que ce fût réellement le cas mais en tout cas, Baiser Macabre s'avère une bonne entrée en matière de la part de celui qui nous a offert par la suite La Maison de la TerreurBlastfighter, Apocalypse dans l'Océan Rouge, Démons, Démons 2 ou la série La Caverne de la Rose d'Or par exemple. Sur un rythme assez posé et sans jamais jouer dans la cour de la surenchère horrifique, Lamberto Bava nous dresse dans Baiser Macabre le portrait d'une femme dont le destin va basculer dans la névrose la plus totale lorsque son amant trouve la mort dans un accident de voiture. De retour dans l'appartement dans lequel elle s'adonnait au plaisir du sexe avec ce dernier, Jane Baker ne peut se résigner à faire son deuil et à aller de l'avant. Amoureuse éperdue de son défunt amant, elle tente coûte que coûte de faire "revivre" son aura en installant des photos de lui et des bougies, comme si elle préparait une sorte de messe satanique commémorative. Plus inquiétant encore, le concierge aveugle entend des gémissements la nuit provenant de la chambre de Jane Baker dont il est secrètement amoureux. La femme s'adonnerait-elle aux plaisirs solitaires en se remémorant sa passion enflammée avec Fred ? Quel secret cache-t-elle dans cette chambre ou dans ce frigo cadenassé ? Le spectateur aura tôt fait de deviner quel macabre trophée est dissimulé dans le frigo, surtout que certaines affiches du film dévoile directement le pot-aux-roses. Comme Blue Holocaust l'année précédente, Lamberto Bava flirte avec le sujet tabou de la nécrophilie, mais de façon bien plus retenue que le film de Joe d'Amato qui, lui, tentait de nous retourner l'estomac avec ses images chocs. Dans Baiser Macabre, tout est fait pour retarder au plus tard "la révélation", qui n'interviendra réellement qu'après une bonne heure de film. Lamberto Bava préfère travailler l'ambiance de son film, rendre l'atmosphère moite, malsaine et il y réussit plutôt bien. Outre la névrose de son personnage principal, les scénaristes ont également développé celui de Lucy, la jeune fille de Jane. Une enfant effroyable dans sa perversité et sa méchanceté, peut-être l'une des plus ignobles et sadiques qu'il m'a été donné de voir : ne reculant nullement pour noyer son petit frère ou pour torturer psychologiquement sa mère déjà bien affaiblie mentalement. Une petite fille qui fait vraiment froid dans le dos. Si Baiser Macabre pourra surprendre, voire décevoir ceux qui s'attendaient à visionner un film d'horreur graphique et gore, il plaira avant tout aux amateurs d'ambiance feutrée et fétide à la fois, les entraînant dans une histoire d'amour immorale et funeste, qui se conclura malheureusement sur une ultime séquence d'un ridicule total. 

* Disponible en combo Blu-Ray/DVD chez The Ecstasy of Films

NOTE : 4/6


APOCALYPSE DANS L'OCÉAN ROUGE

APOCALYPSE DANS L'OCÉAN ROUGE
(Shark: Rosso nell'oceano / Devil Fish / Le Monstre de l'Apocalypse)

Réalisateur : Lamberto Bava
Année : 1984
Scénariste : Gianfranco Clerici, Hervé Piccini, Dardano Sacchetti
Pays : Italie, France
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Michael Sopkiw, Valentine Monnier, Gianni Garko, Iris Peynado...


L'HISTOIRE : Un corps affreusement mutilé a été retrouvé en pleine mer par des gardes-côtes. Le médecin légiste reste très perplexe face au blessures présentes sur le cadavre. Une équipe de chercheurs spécialisés en océanographie va découvrir que le terrible prédateur est un vrai fossile vivant, victime de manipulation génétique. Le monstre est doté de l'intelligence du dauphin, de l'agressivité du requin blanc et  de la force d'une pieuvre géante...

MON AVIS : Réalisé par Lamberto Bava, fils du célèbre Mario Bava, Apocalypse dans l'Océan Rouge ne bénéficie pas d'une très bonne réputation, même aux yeux des fans de cinéma bis. Pourtant, la superbe affiche qui l'illustre fait dans le sensationnel et donne plus qu'envie de le visionner. Évidemment, on pourra juger le résultat décevant si on s'attend à voir de nombreuses attaques de ce monstre impressionnant, du moins sur l'affiche. Car Lamberto Bava n'aimait pas la créature qu'il devait mettre en image, tout comme il n'aimait pas vraiment le scénario en lui-même. Le réalisateur italien se contente donc de faire le minimum et préfère filmer ses acteurs plutôt que le prédateur tentaculaire qui aurait du être la véritable star de son long métrage. Il faudra donc être plutôt patient pour voir le monstre à l'écran. On aura droit à  un rapide plan de sa dentition vers le début puis plus rien pendant une bonne heure environ avant une véritable attaque à base de tentacules caoutchouteux sur un bateau, auquel viendra s'ajouter le final où on le verra un petit peu plus ; Apocalypse dans l'Océan Rouge ne fera donc pas vraiment la joie du public venu voir un ersatz des Dents de la Mer. Le film se concentre plus sur son casting, dénudant quelques actrices (un bon point !), se focalisant sur le duo Michael Sopkiw / Valentine Monnier (déjà vu ensemble l'année précédente dans le 2019 après la chute de New York de Sergio Martino), tentant de faire monter le suspense (mais qui peut bien avoir intérêt à saboter les projets des océanographes et à ne pas tuer le monstre ???? C'est insoutenable même si c'est tellement évident...!), le tout avec quelques visions sous-marines (c'est pas très profond dis donc Lamberto...) et pas mal de temps passé sur des bateaux. Heureusement que la police tente de dénouer l'affaire et qu'une musique très tendance 80's (ça tombe bien, le film date de ces années là !) vient rythmer l'ensemble qui se montre un brin poussif et redondant. Pourtant, même si au final ça ne vole pas bien haut, le spectacle proposé est en fait éminament divertissant et flirte parfaitement avec l'esprit ciné bis italien. On a déjà vu largement mieux dans les plagiats de Jaws mais Apocalypse dans l'Océan Rouge possède un petit capital sympathie nanaresque qui fait qu'on y prend quand même du bon temps si on est amateur de ce cinéma là et ce n'est pas si  nul qu'on veut bien le dire !

* Disponible en Dvd chez Alexx Prod, avec un bonus sur le film très sympa (et surtout instructif), présenté par Claude Gaillard, le sympathique créateur d'Ecran Bis.com !

NOTE : 3/6