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mercredi 29 janvier 2020

GAME OF THRONES SAISON 2

GAME OF THRONES SAISON 2
(Games of Thrones season 2)

Réalisateur : Alan Taylor, Alik Sakharov, David Petrarca, David Nutter, Neil Marshall
Année : 2012
Scénariste : David Benioff, D.B. Weiss
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Aventure, heroic fantasy
Interdiction : -16 ans
Avec : Emilia Clarke, Peter Dinklage, Kit Harington, Lena Headey, Sophie Turner...


L'HISTOIRE : Les Sept Couronnes sont en guerre, et chaque camp cherche à nouer de nouvelles alliances. Grâce au soutien de la puissante Maison Lannister, Joffrey Baratheon, héritier de Robert, détient désormais le trône de fer. Mais la légitimité de son règne est contestée alors que Stannis et Renly, les oncles du jeune roi, revendiquent également la couronne. De son côté, Robb Stark poursuit sa rébellion pour venger son père et libérer sa sœur Sansa retenue captive à Port-Réal. Au Mur, le commandant Jeor Mormont, soutenu par Jon Snow, continue de mener la Garde de Nuit face aux Sauvageons. Pendant ce temps, Daenerys Targaryen arrive à la cité de Qarth où elle espère trouver de nouveaux alliés afin de reconquérir le trône...

MON AVIS : Une seconde saison qu'on qualifiera de plus posée, de moins énergique que la précédente, et qui fait la part belle aux personnages ainsi qu'aux préparatifs de la guerre pour le trône de fer, revendiqués par plusieurs personnes qui conteste son appartenance au roi Joffrey. Un roi qui se montre de plus en plus psychotique et cruel et ce, pour notre plus grand plaisir, l'acteur Jack Gleeson étant une nouvelle fois parfait dans ce rôle. Trois arcs narratifs sont principalement développés dans cette saison 2 : celui de Robb Stark, celui d'Arya Stark et celui de Jon Snow, avec, dans une moindre mesure, celui de Bran Stark. Daenerys, toujours merveilleusement interprétée par Emilia Clarke, est un peu délaissée dans cette saison même si son périple vers la cité de Qarth va lui réserver quelques déconvenues malheureuses. Ses trois dragons seront par contre un peu plus visible et leur confection numérique est franchement de grande qualité, leur intégration avec les personnages réelles étant très réussie.  Mais elle n'est clairement pas le personnage central de la saison, son temps de présence à l'écran étant moindre que celui des trois autres personnages précités. On appréciera l'apparition de nouvelles têtes, dont celle de la charmante Margaery Tyrell (Natalie Dormer), de l'incendiaire sorcière Melisandre (Carice van Houten), de Brienne de Torth (Gwendoline Christie), de l'étrange Jaqen H’ghar (Tom Wlaschiha), de la sauvageonne Ygritte (Rose Leslie), du fidèle Lord Davos (Liam Cunningham), de la sœur de Theon Greyjoy, Yara (Gemma Whelan) ou de Stannis Baratheon (Stephen Dillane). Parmi les personnages déjà connus, Tyrion Lannister (Peter Dinklage) est assurément celui qui évolue le plus et qui s'attire la sympathie des spectateurs ! Comme je le disais, l'action n'est pas prédominante dans cette seconde saison, on navigue entre les divers protagonistes et les divers lieux pour mieux les connaître, comprendre leur doutes, leurs forces et leurs faiblesses. Les décors, naturels ou numériques, sont toujours d'une qualité haut de gamme et emmènent le public dans un dépaysement total, que ce soit la splendide cité de Qarth ou les terres enneigées situées après le Mur. Les costumes, maquillages et objets divers participent à nouveau à l'immersion. Le fantastique, outre la présence des trois petits dragons de Daenerys, amplifie sa présence dans cette seconde saison, notamment avec Melisandre bien sûr, qui nous offre un accouchement de "monstre" assez hallucinant. L'un des maîtres de la cité de Qarth possède également des pouvoirs magiques et le final season voit apparaître les fameux Marcheurs Blancs. Si les dix épisodes qui composent cette saison 2 se montrent souvent contemplatifs, ils n'ennuient jamais car les enjeux, les dialogues, les complots sont toujours légion et maintiennent un intérêt constant. Et puis arrive l'épisode 9 et la bataille de la Néra, qui va mettre tout le monde d'accord ! Une bataille très attendue par les lecteurs des romans de George R.R. Martin et qui trouve un superbe écrin à l'écran ! On comprend alors le choix fort judicieux des showrunners d'avoir mis derrière la caméra de cet épisode le réalisateur britannique Neil Marshall. Celui qui nous a offert Dog Soldiers, The Descent, Doomsday ou Centurion va tout simplement éradiquer toute la concurrence en terme de bataille vue dans une série-télévisée ! Montage nerveux, combats sanglants, affrontements barbares sont au programme, le tout présenté avec une lisibilité exemplaire qui met la barre encore plus haute pour ce qui est l'épisode le plus épique des deux premières saisons. Si la violence et la nudité sont toujours présentes au fil des épisodes, c'est véritablement le travail sur les personnages qu'on retiendra ici (l'évolution de Theon Greyjoy entre autres), ainsi que l'épisode 9 bien sûr. Impossible de ne pas mentionner le travail sur la musique de Ramin Djawadi ainsi que le sublime générique évolutif de la série. Si on trouve souvent comme reproche à cette seconde saison son aspect moins spectaculaire, je trouve que le parti-pris d'avoir privilégié l'évolution des personnages à l'action est en fait positif et avec la menace qui apparaît à la fin de l'épisode 10, nul doute que les amateurs d'action en auront pour leur argent dans les saisons suivantes...

LES ÉPISODES

S02E01 - Le nord se souvient

L'exécution d'Eddard Stark a plongé Westeros dans la guerre. Dans le Nord, pendant que Jon Snow et la Garde de Nuit poursuivent leur expédition au-delà du Mur, les Stark, menés par Robb, qui veut venger la mort de son père, poursuivent leur offensive contre les Lannister. Ils veulent renverser Joffrey, discrètement surveillé par Tyrion, la nouvelle Main du Roi. Le frère cadet de Robert Baratheon, Stannis, annonce son intention de prendre le pouvoir. Il est accompagné par une mystérieuse prêtresse, Mélisandre. A l'Ouest, Daenerys et sa horde s'enfoncent dans le désert...

S02E02 - Les Contrées nocturnes

Pour contrer le clan Lannister, Stannis Baratheon pousse Davos à trouver de nouveaux alliés. Sur la route du Nord, Arya Stark, qui fuit Port-Réal depuis l'exécution de son père, se confie à Gendry. Dans sa stratégie militaire pour contrer le roi Joffrey, Robb Stark demande à Theon Greyjoy de nouer une alliance avec son père. Il espère aussi gagner le ralliement des féroces guerriers des Iles de Fer. A Port-Réal, Cersei et Tyrion affichent leurs différences sur la façon de gouverner...

S02E03 - Ce qui est mort ne saurait mourir

Dans le conflit qui oppose les Stark aux Lannister, Catelyn tente de nouer des alliances et traite ainsi avec Renly Baratheon dans l'espoir de trouver un terrain d'entente. A Port-Réal, là où les complots rythment la vie de la cour, Tyrion Lannister s'engage dans un plan complexe pour mettre à jour un de ses ennemis. Pendant ce temps, à Winterfell, Bran continue de faire des rêves étranges et troublants que Luwin tente d'interpréter...

S02E04 - La Cité de Qarth

A Port-Réal, Tyrion Lannister connaît bien les codes de la Cour royale et use de toute son intelligence pour étendre son influence. Modéré et stratège, il veut limiter les accès de cruauté du roi Joffrey, parfois imprévisible. De son côté, Catelyn Stark s'emploie à négocier une paix entre Stannis et Renly Baratheon, indispensable dans le conflit qui oppose les Stark aux Lannister. Toujours sur la route avec ses quelques fidèles, Daenerys Targaryen arrive à la grande cité de Qarth et espère y trouver refuge...

S02E05 - Le Fantôme d'Harrenhal

Dans la perspective de nouer des alliances entre les différentes maisons du royaume, Catelyn Stark doit prendre une décision urgente et même s'enfuir aux côtés d'un allié inattendu. Dans le chaos politique qui règne, Petyr Baelish tente de tirer profit de la situation et des opportunités qui se présentent. De son côté, Theon Greyjoy veut prouver sa valeur à son père dans la bataille. Quant à Arya Stark, elle reçoit une promesse de la part de l'énigmatique Jaqen H'ghar...

S02E06 - Les Dieux anciens et nouveaux

Theon Greyjoy accomplit une prouesse qui lui vaut le respect des siens. Pendant ce temps, sentant que la situation se dégrade à Port-Réal, les Lannister décident d'éloigner Myrcella de la ville. Elle la quitte juste à temps. Du côte des Stark, les choses évoluent également : Arya reçoit une visite inattendue, tandis que Robb et sa mère, Catelyn, obtiennent des informations importantes. Au-delà du Mur, Qhorin offre à Jon une chance de se distinguer au cours de leur mission de reconnaissance...

S02E07 - Un homme sans honneur

Installée chez Xaro, important dignitaire de Qarth, Daenerys reçoit l'autorisation de se rendre dans l'hôtel des Nonmourants. Pendant ce temps, sur Westeros, Jaime Lannister rencontre un parent éloigné pendant que sa soeur, la reine Cersei, prodigue quelques conseils à la jeune Sansa Stark. Theon Greyjoy, lui, organise une opération de recherche qui prend des allures de partie de chasse. Plus au Nord, Jon Stark perd son chemin dans les immensités sauvages...

S02E08 - Le Prince de Winterfell

Après son coup d'éclat, Theon doit maintenant tenir sa position. C'est alors qu'un visiteur se présente à lui. A Port-Réal, Tyrion Lannister et Varys, l'ennuque du palais, finissent par passer un accord. Arya s'acquitte de sa dette envers Jaqen d'une manière qui déplaît fortement à ce dernier. Enfin, Stannis et Davos arrivent en vue de leur destination...

S02E09 - La Néra

Stannis Baratheon et ses troupes arrivent par la mer au large de Port-Réal. L'enjeu est pour lui de s'emparer du Trône de Fer. Dans la citadelle, les Lannister doivent se battre pour leur vie. Sur le continent oriental, dans la grande cité de Qarth, Daenerys Targaryen est toujours à la recherche de ses dragons. Avec l'aide de son fidèle Jorah Mormont, elle doit se résoudre à se rendre dans la mystérieuse maison de l'Immortel, où sont censés se trouver ses animaux. Quant à Robb Stark, il apprend une terrible nouvelle à propos de son frère...

S02E10 - Valar Morghulis

La bataille de Port-Réal est terminée, et c'est la victoire des Lannister. Arya Stark retrouve le mystérieux Jaqen H'ghar et Daenerys cherche ses dragons dans la maison de l'Immortel...








jeudi 23 janvier 2020

GAME OF THRONES SAISON 1

GAME OF THRONES SAISON 1
(Games of Thrones season 1)

Réalisateur : Timothy Van Patten, Brian Kirk, Daniel Minahan, Alan Taylor
Année : 2011
Scénariste : David Benioff, D.B. Weiss
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Aventure, heroic fantasy
Interdiction : -16 ans
Avec : Emilia Clarke, Peter Dinklage, Kit Harington, Lena Headey, Sophie Turner...


L'HISTOIRE : A Westeros, un continent chimérique, de puissantes familles se disputent le trône de fer, symbole de pouvoir absolu sur le royaume des Sept Couronnes. Plusieurs années après la rébellion provoquée par les ambitions aveugles d’Aerys II Targaryen, surnommé le roi fou, Robert, de la maison Baratheon, siège sur le trône tant convoité et règne sur le royaume. A la mort de Jon Arryn, son premier conseiller et mentor, Robert se rend dans le nord afin de demander à son ami d’enfance, Eddard Stark, gouverneur du Nord et Seigneur de Winterfell, de devenir la nouvelle Main du roi. De son côté, Jon Snow, le fils bâtard d’Eddard, intègre la Garde de Nuit, une ancienne confrérie dont la mission est de défendre le Mur, une immense forteresse de glace protégeant le royaume de créatures mythiques. Pendant ce temps, sur le continent d’Essos, Viserys et Daenerys, les enfants exilés de la famille Targaryen, complotent pour revenir à Westeros et reprendre le trône de fer. Entre complots, trahisons et luttes de pouvoir, le trône de fer fera l’objet de toute les convoitises...

MON AVIS : Voici donc la première saison de la série-télévisée qui a enflammé et déchaîné les passions de 2011 à 2019, à travers 8 saisons et 73 épisodes, adaptation de l'oeuvre, toujours inachevée à ce jour, du romancier George R. R. Martin. Une oeuvre de fantasy, riche et dense, aux multiples personnages, intrigues et sous-intrigues, qui va donc prendre vie devant nos yeux ébahis. Car oui, si Game of Thrones a suscité autant de passion chez des millions de spectateurs et a accumulé un nombre considérable de récompenses, ce n'est pas pour rien. Le soin apporté à cette série-télévisée, à tout point de vu, que ce soit le scénario, le casting (magistral), les décors, les costumes, les batailles, les effets-spéciaux, la musique (le compositeur Ramin Djawadi est le vrai roi du Trône de Fer tant ses partitions sont magnifiques) et j'en passe, tout confine au sublime et il faudrait vraiment faire la fine bouche pour ne pas se laissé emporter au Royaume des Sept Couronnes et rester de marbre face aux aventures épiques, pleine de sexe et de fureur, auxquelles on va être convié. La profusion de lieux, d'arcs narratifs et surtout de personnages font qu'il va falloir s'accrocher un tant soit peu au début de la saga pour bien associer ce qui doit être associer, comprendre qui est qui et quel est le rôle de chaque personne. Un petit travail qui n'a rien de déplaisant, rassurez-vous. Composée de dix épisodes, cette saison 1 met déjà la barre très haute, montre une ambition de tous les instants et a la lourde tâche de nous présenter les principaux protagonistes, encore que, les fans de la saga ne le savent que trop bien, il faut faire attention à ne pas s'attacher trop à un personnage, même s'il semble avoir une grande importance, il peut mourir bien plus vite qu'il ne faut pour le dire. Sans vous refaire l'historique de la série, nous sommes donc dans une épopée médiévale très réaliste, qui va toutefois bifurquer dans le fantastique avec, entre autres : la menace des Marcheurs Blancs, armée de morts-vivants qui semble s'être réveillée après une très long sommeil ; l'apparition de dragons, créatures majestueuses et ô combien dangereuses et puissantes ; les Sans-Visages, personnages qui, grâce à des masques, peuvent prendre l'apparence de n'importe qui, etc. la liste est encore longue. Le Royaume des Sept Couronnes possède de très nombreuses régions, du Nord, région froide et glaciale, au Sud, chaud et ardent. De très nombreuses familles règnent plus ou moins en paix et la série va principalement s'articuler autour de trois en particulier : les Stark, les Lannister et les Targaryen. Cette première saison va nous faire faire connaissance avec ces trois familles emblématiques et avec des personnages charismatiques auxquels on va rapidement s'attacher, apprendre à aimer ou à détester. Dans des décors naturels absolument sublimes, on va suivre le destin d'Eddard Stark et de sa famille, faire connaissance avec les fourbes Lannister, dont seul le nain Tyrion semble avoir de l'honneur, et, surtout, assister à la "naissance" et à l'évolution de la future héroïne tragique de la série, Daenerys Targaryen, dernière descendante de cette famille royale avec son frère Viserys, celle dont l'arc narratif justifie seul, en ce qui me concerne, de visionner Game of Thrones. Une première saison déjà riche en personnages ambigus (Lord Baelish, Lord Varys), en scènes de sexe explicite (hétéro ou homo) et en violence sanglante, trois éléments qui firent la renommée de la saga et qui sont effectivement présentés à l'écran de manière crue, sans complexe, totalement assumée. Fourberie, trahison, complots de toutes sortes sont aussi de la partie et cette quête du pouvoir subjugue d'entrée de jeu, les divers acteurs donnant vie aux personnages étant d'une exceptionnelle justesse. Comme le disait Alfred Hitchcok, Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film. Game of Thrones ne déroge pas à cette règle et cette saison 1 va nous offrir le premier méchant de la série en la personne du jeune roi Joffrey lors d'une épisode 9 au final inattendu qui laisse pantois. Le final season est tout aussi hallucinant et promet pour la suite. De très grande qualité, les dix épisodes de cette première saison nous mettent parfaitement dans l'ambiance voulue et même les réfractaires au univers médiévaux y trouveront leur compte. Ça démarre fort, c'est le moins que l'on puisse dire...

LES ÉPISODES :

S01E01 - L'hiver vient

Au delà d'un gigantesque mur de protection de glace dans le nord de Westeros. Robert Baratheon, le roi, arrive avec son cortège au sud du mur de Winterfell pour demander de l'aide à son vieil ami Eddard Stark. Dans le même temps, sur un autre continent, les derniers survivants de l'ancien régime Targaryen sont à la recherche d'une nouvelle alliance pour reprendre leur royaume de "l'usurpateur" roi Robert...

S01E02 - La route royale

Le roi Robert Baratheon et son entourage prennent la direction du Sud avec Eddard Stark et ses filles Sansa et Arya. Sur la route, Arya a des ennuis avec le prince Joffrey, ce qui laisse à Eddard une décision difficile à prendre. Pendant ce temps, Jon Snow et Tyrion Lannister se dirigent vers le Mur, dans le Nord, le premier pour rejoindre la Garde de nuit et le second par curiosité. A Essos, Daenerys apprend ce que cela signifie d'être mariée à un seigneur de guerre Dothraki. Sur les terres de Winterfell, Bran Stark lutte pour ne pas mourir après sa chute...

S01E03 - Lord Snow

Eddard Stark arrive à Port-Réal et ce qu'il découvre le laisse en état de choc. A Castle Black, Jon Snow débute sa formation pour devenir un homme de la Garde de Nuit. Tyrion Lannister se rend compte qu'il n'est pas facile d'être un soldat dans la garnison du Mur. Catelyn se rend secrètement à Port-Réal pour rejoindre son mari Eddard, après avoir reçu des informations sur la personne qui a voulu assassiner Bran. Sur la route de Vaes Dothrak, Daenerys Targaryen a des problèmes avec son frère Viserys...

S01E04 - Infirmes, bâtards et choses brisées

A Port-Réal, Eddard Stark commence son enquête pour savoir qui est impliqué dans la mort subite de son prédécesseur. Un important tournoi est organisé en l'honneur de la nouvelle Main du Roi. Au Nord, Jon Snow se prend de sympathie pour Samwell Tarly, une nouvelle recrue de la Garde de Nuit. Sur l'autre continent, Daenerys Targaryen n'hésite plus à affirmer sa personnalité et son rang en face de son frère. De son côté, Tyrion Lannister, ayant quitté le Mur, fait escale à Winterfell et rencontre le jeune Bran, qui se remet péniblement de ses blessures...

S01E05 - Le loup et le lion

A Port-Réal, les affaires politiques reprennent de plus belle. Sur la grande route qui menait à la capitale des Sept Royaumes, le roi avait fait part à Eddard Stark de ses craintes sur l'avenir et sur les intentions des survivants de la dynastie des Targaryen. Quand il apprend que ceux-ci se sont alliés au peuple Dothraki, son sang ne fait qu'un tour. En réaction, il ordonne un assassinat, contre l'avis d'Eddard. De son côté, ayant capturé Tyrion Lannister, Catelyn Stark l'emmène chez sa soeur. Arya Stark, quant à elle, surprend une conversation qui menace la vie de son père...

S01E06 - Une couronne d'or

Après avoir rendu public son profond désaccord avec le roi Robert Baratheon au sujet de l'organisation de l'assassinat de Daenerys Targaryen, Eddard Stark a été attaqué par Jaime Lannister. L'atmosphère à Port-Réal est plus que tendue et Eddard doit maintenant gérer de nouveaux problèmes. De son côté, à Eyrie, Tyrion Lannister est jugé pour un crime qu'il est censé avoir commis à Winterfell. Enfin, à Vaes Dothrak, Viserys Targaryen entrevoit le fruit de ses efforts et sa récompense pour avoir donné la main de sa soeur à Khal Drogo...

S01E07 - Gagner ou mourir

Eddard décide qu'il est temps d'annoncer l'identité du véritable père du prince Joffrey. Ses révélations accusent directement Cersei d'avoir entretenu une relation incestueuse avec son frère jumeau. Ned entend en informer le roi Robert mais, pris de pitié, il conseille à Cersei et à son rejeton de prendre la fuite sans tarder. C'est alors que Lord Renly arrive paniqué : le roi a été grièvement blessé par un sanglier durant la chasse. Mourant, le souverain exige que Ned assure la régence en attendant la majorité de Joffrey. Par une manoeuvre habile, Ned fait le nécessaire pour que le prince bâtard ne puisse rien obtenir. De son côté, Cersei lève une armée pour reconquérir le rang auquel son fils peut prétendre...

S01E08 - Frapper d'estoc

Eddard se retrouve dans une geôle et accusé de trahison envers Joffrey, intronisé roi. Le clan Lannister informe Robb Stark que son père est prisonnier et qu'il doit se rendre à Port-Réal pour faire allégeance à la nouvelle couronne. Le jeune homme, flairant le piège tendu, réunit toutes les forces armées du Nord et compte bien affronter directement la maison Lannister. De son côté, dans la garnison de la Garde de Nuit, Jon Snow apprend également qu'Eddard est accusé de trahison. Mais un autre danger guette les hommes qui défendent le Mur...

S01E09 - Baelor

Eddard Stark est inquiet pour le sort de sa fille. Il doit prendre une décision difficile. De son côté, Catelyn conclut un arrangement avec lord Walder Frey, à ses risques et périls. Tyrion Lannister, qui se réconforte dans les bras d'une maîtresse, est forcé par son père Tywin à aller combattre la maison Stark. Quant à Robb Stark, il remporte un franc succès sur le champ de bataille en réussissant à capturer un prisonnier de grande valeur. Pendant ce temps, au nord, dans la garnison de la Garde de Nuit, Jon Snow découvre un terrifiant secret sur le maître Aemon. Sur l'autre continent, Daenerys semble défier les us et coutumes de son nouveau peuple en accordant sa confiance à la sorcière Mirri Maz Duur...

S01E10 - De feu et de sang

La nouvelle de la mort d'Eddard se propage à travers les Sept Royaumes. Catelyn interroge Jaime Lannister à propos de la chute de son fils Bran alors que les seigneurs du Nord choisissent Robb comme nouveau roi. Dans la garnison de la Garde de Nuit, Jon Snow veut rejoindre Robb mais ses frères d'armes l'en dissuadent. Sur l'autre continent, Daenerys se réveille et apprend que l'enfant qu'elle portait n'a pas survécu à l'accouchement...








dimanche 19 janvier 2020

IMPERIUM

IMPERIUM
(Imperium)

Réalisateur : Daniel Ragussis
Année : 2016
Scénariste : Daniel Ragussis
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Daniel Radcliffe, Toni Collette, Tracy Letts, Sam Trammell...


L'HISTOIRE : Nate Foster, jeune recrue du FBI, est chargé par sa supérieure d'infiltrer en tant qu'indic un groupuscule néo-nazi. D'abord réticent, Nate comprend vite que pour mettre en confiance les membres de l'organisation, il doit devenir un des leurs. Crâne rasé, prétendument vétéran de guerre, le voilà contraint de participer aux débordements racistes et d'adhérer aux discours haineux du groupe. Tiraillé entre sa morale et les impératifs de sa mission, Nate est pris de vertiges lorsqu'il découvre que le groupe prépare une attaque terroriste sans précédent...

MON AVISLes mots construisent des ponts vers des régions inexplorées. Cette citation d'Adolf Hitler ouvre le premier film de Daniel Ragussis, apparemment tiré d'une histoire vraie. Une histoire d'infiltration d'un jeune agent du FBI au sein d'organisations suprémacistes blanches ouvertement néo-nazies. Et c'est Daniel Radcliffe qui s'y colle, l'acteur œuvrant pour faire oublier qu'il a été Harry Potter et qu'il sait jouer d'autres rôles et prendre des risques. Personnellement, je l'ai trouvé plutôt crédible dans ce rôle de skinhead mais moins que certains autres acteurs qui, eux, font vraiment froid dans le dos, notamment Chris Sullivan, impressionnant en chef néo-nazi. Thriller avant tout, Imperium veut faire comprendre à son public que si la menace islamiste est bien réelle à notre époque, il ne faudrait pas en oublier d'autres, comme la menace des suprémacistes blancs, cherchant par tous les moyens à déclencher une guerre des races, y compris par des actions terroristes censées réveiller les consciences face aux "étrangers". Dans le film, des fûts de produits chimiques d'une dangerosité élevé ont été subtilisé et le FBI doit retrouver leur trace. Si la piste islamiste est avancée, une enquêtrice (Toni Collette) rappelle à ses supérieurs que bien des attentats ont été perpétrés par des blancs racistes et un message entendu sur le site d'un gourou suprémaciste lui fait penser que c'est bel et bien le cas ici. Avec l'aide de Daniel Radcliffe, elle va donc tenter de retrouver ces fûts toxiques en infiltrant le jeune agent dans ces milieux où haine et folie se mélangent sans ménagement. La transformation de Radcliffe est conforme à l'image qu'on se fait d'un skinhead : crâne rasé, doc Martens et Bomber sont donc de sortis, à lui ensuite de réussir à convaincre le premier groupe de skinheads de sa bonne foi et ainsi, de progresser dans son enquête et de rencontrer les vrais leaders, ceux qui auraient la possibilité de préparer un attentat. Un cheminement non sans danger évidemment, certaines scènes nous font bien stresser, surtout quand la conversation se tourne vers la notion de flic infiltré justement ! On serre les dents pour Radcliffe, espérant, tout autant que lui, que sa couverture ne tombe pas. Avec une certaine efficacité, le réalisateur décrit sans complaisance l'existence de ces divers groupes nationaux qui ont pignon sur rue et sont particulièrement bien organisés, et qui font bien plus peur que le célèbre KKK. La citation d'Hitler au tout début du film prend son sens quand Radcliffe rencontre un homme important d'une organisation raciste, qui s'avère extrêmement cultivé, à l'inverse de certains skinheads présentés comme des idiots avinés de première, et qui lui explique que bien des attentats commis par des suprémacistes prennent naissance dans la lecture d'ouvrage vantant la pureté de la race. C'est également par les mots, et non par ses actes, que le personnage joué par Radcliffe va pouvoir réussir à s'infiltrer et à gagner la confiance des groupuscules néo-nazis. Une approche intéressante, bien mise en image et qui bénéficie d'un casting solide. Très peu de violence visuelle mais là n'était pas le sujet. Le film manque parfois d'un peu de punch mais dans l'ensemble, ça se laisse regarder sans ennui. Surtout, le film met bien en avant tous les aspects des divers acteurs qui n'ont qu'un but : prôner la suprématie de la race blanche. Que ce soit le skinhead assoiffé de bière et de bagarre, le gourou qui préfère les longs discours à l'action pour avoir une certaine importance, les néo-nazis froids et méthodiques, on trouve de tout dans ces mouvements, et même des hommes et des femmes très instruits, en témoigne cet ingénieur fan de musique et de lecture, qui, sous une apparence tout à fait recommandable, cache une bête immonde qui développe la haine au sein de sa propre famille. La scène entre Radcliffe et les deux jeunes enfants de l'ingénieur est à ce titre assez emblématique. Malgré quelques petites facilités scénaristiques, Imperium est un film intéressant, à ranger au côté d'American History X entre autres... 

* Disponible en DVD et BR chez CONDOR ENTERTAINMENT


samedi 18 janvier 2020

BLACK EMANUELLE EN AMÉRIQUE

BLACK EMANUELLE EN AMÉRIQUE
(Emanuelle in America)

- Visionné en version intégrale non censurée -

Réalisateur : Joe d'Amato
Année : 1977
Scénariste : Maria Pia Fusco
Pays : Italie
Genre : Érotique, Aventure, X, Horreur
Interdiction : -18 ans
Avec : Laura Gemser, Gabriele Tinti, Roger Browne, Paola Senatore...


L'HISTOIRE : La jolie photo-reporter Emanuelle est toujours à la recherche de scoop pour le journal qui l'emploie. A New York, elle va dévoiler les activités suspectes du milliardaire Eric van Darren puis à Venise, elle devra percer à jour le Duc Alfredo Elvize, ami de Van Darren, avant de s'envoler pour les Caraïbes afin de photographier ce qui se passe dans une luxueuse résidence, transformée en bordel pour femmes aisées. Sur place, elle découvrira dans l'une des chambres un mini-film dans lequel des mercenaires torturent et mutilent des femmes pour de vrai...

MON AVIS : Suite au succès planétaire du film français Emmanuelle, qui fera de son actrice principale Sylvia Krystel une star, les Italiens, rois de la copie cinématographique, cherchent à surfer sur la renommée du film de Just Jaeckin réalisé en 1974. C'est en regardant Emmanuelle 2 l'année suivante qu'ils découvrent dans le rôle d'une masseuse l'actrice Laura Gemser, une indonésienne au corps et à la beauté exotique parfaits. Il n'en fallait pas plus pour que les Italiens aient l'idée d'en faire la vedette d'une série de films d'aventures érotique en la renommant simplement Black Emanuelle, avec un seul "M" pour éviter les procès pour plagiat. L'affaire est dans le sac dès 1975 avec la sortie de Black Emanuelle réalisé par Bitto Albertini. Suivra en 1976  Black Emanuelle en Orient, cette fois-ci réalisé par le célèbre Joe d'Amato, qui va venir pimenter la saga de sa folie, notamment avec le troisième épisode mis en scène en 1977, le fameux Black Emanuelle en Amérique. Un film à la réputation sulfureuse, principalement pour deux séquences qui ont transformé un banal film d'aventure érotico-exotique en oeuvre culte pour les amateurs de cinéma bis déviant. Car sans ses deux séquences sur lesquelles je vais revenir par la suite, il faut bien avouer que Black Emanuelle en Amérique ne se démarquerait pas vraiment du lot des productions érotiques de l'époque, si ce n'est par la présence toujours radieuse de son actrice principale. Le scénario, si on peut appeler ça comme ça, est on ne peut plus léger et on a plus l'impression d'assister à une sorte de film à sketchs avec un maigre fil conducteur, avec des scénettes se déroulant dans divers pays, qu'à une véritable histoire. Emanuelle à New York, Emanuelle à Venise, Emanuelle au Caraïbes, Emanuelle en Amérique Latine, Emanuelle en Afrique, on ne peut pas dire que Black Emanuelle en Amérique ne nous fasse pas voyager ! Laura Gemser promène sa gracieuse silhouette dans ces divers paysages et use de ses charmes à maintes reprises pour se sortir de situations périlleuses ou juste pour prendre du bon temps. La jolie reporter est une adepte de l'amour libre et elle donne autant qu'elle reçoit. Elle se fait kidnapper par une jeune homme qui lui reproche de faire des photos nue de sa petite amie et la menace d'un pistolet ? Hop, une petite fellation plus tard, le danger est écarté ! La directrice d'un harem clandestin a découvert sa véritable identité ? Hop, un numéro de charme, un peu d'alcool et la voilà tirer d'affaire ! Elle sait y faire notre Black Emannuelle, il n'y a pas de problème insurmontable pour elle ! Reste que les très nombreuses séquences érotiques qui ponctuent régulièrement le film finissent pas ennuyer plus qu'à exciter, tant elles sont répétitives et pas franchement originales, si on excepte celle dans laquelle une jeune femme recouverte de gâteau se fait "manger" par les invités d'une orgie organisée par le personnage joué par Gabriele Tinti, mari de Laura Gemser à la ville. Comme bien souvent, Black Emanuelle en Amérique dispose de nombreuses versions en fonction de la censure des divers pays. Dans la version intégrale, l'érotisme soft se partage avec des scènes ouvertement pornographiques, qui n'apportent pas grand chose au final et qui ne mettent jamais Laura Gemser en scène qui plus est, ce qui amoindri encore plus leur intérêt. Les pérégrinations de la belle Emanuelle sont sans réelle saveur au final et rien ne fait vraiment décoller ce film. Rien sauf la folie de son réalisateur. Joe d'Amato, bien connu des fans de cinéma d'horreur puisqu'il leur a offert des films tels Blue Holocaust, Anthropophagous ou Horrible entre autres, va totalement se lâcher dans deux séquences qui donnent tout son sel à Black Emanuelle en Amérique et qui lui valent sa solide réputation.La première est une séquence dite de zoophilie dans laquelle les invités d'une soirée festive vont aller espionner l'une des invités qui a une attirance non pas pour le sexe masculin mais plutôt pour celui chevalin ! Devant la foule agglutinée, l'actrice va prodiguer une masturbation au cheval qui semble apprécier cette attention toute particulière. Une scène qui sera reprise par Joe d'Amato dans son Caligula la Véritable Histoire en 1983. Si cette séquence pourra choquer le spectateur non préparé, le réalisateur va mettre la barre encore plus haute avec la fameuse séquence du snuff movie. Si ce mythe (?) du film dans lequel on torturerait et assassinerait pour de vrai des acteurs a fait son apparition en 1975 dans le film Snuff de Michael Findlay, les séquences imaginées par Joe d'Amato dans Black Emanuelle en Amérique vont encore plus loin dans le sordide et reste peut-être encore à ce jour les plus atroces jamais réalisées sur ce sujet, dépassant même celle de Salo ou les 120 jours de Sodome de Pasolini. En mission d'infiltration, Emanuelle observe les relations sexuelles de femmes riches dans un luxueux harem clandestin situé dans les Caraïbes. Dans une chambre, un couple fait l'amour; Emanuelle remarque qu'une caméra super 8 projette un film qui semble les exciter. La curiosité étant un vilain défaut, Emanuelle ne peut s'empêcher de regarder les images projetées sur un petit écran blanc. Et là, le spectateur sera tout autant sidéré que la belle photographe. Sur l'écran, dans un format vidéo assez dégueulasse, ce qui renforce l'impression de réalisme, on voit des sortes de mercenaires en tenues militaires abuser sexuellement de plusieurs femmes tout en les torturant, les mutilant de manière vraiment atroce. Ce snuff movie, on en verra d'autres images encore plus horribles vers la fin du film, Emanuelle ayant réussi à remonter le filon et à trouver une personne le possédant et ayant connaissance d'où il a été filmé. La belle se retrouve en Amérique du Sud et va assister en direct live à la torture et aux diverses mutilations subies par de pauvres femmes considérées comme un simple objet : femme brûlée au chalumeau, gode géant enfoncé dans la bouche et dans lequel on va déverser de l'huile bouillante, femme marquée au fer incandescent, femme prise en levrette avec un mors dans la bouche qui va lui ouvrir la mâchoire en deux, femme dont on va couper le sein au couteau et autres joyeusetés sont proposés au public avec une complaisance absolue et une envie de choquer qui emmène le film très loin dans l'abject le plus sordide. Emanuelle va se réveiller et son amant de lui expliquer que tout ça n'était qu'un cauchemar du à la prise de LSD. Pourtant, une fois chez son patron, Emanuelle découvre des photos qui viennent corroborer que ce snuff movie était bel et bien réel et qu'il existe donc une organisation mafieuse qui tire profit de ces atrocités. Malheureusement pour la reporter, son patron lui annonce qu'il ne pourra pas diffuser son article et les photos et que cette décision de censure est politique, ce qui la mettra dans une rage folle. Avec ces séquences vraiment choquantes, Joe d'Amato a réussi son pari : faire d'un film érotique assez fade en fin de compte une oeuvre qui possède toujours un statut de film culte auprès des aficionados et qui continue, année après année, de faire parler de lui. Il est malin ce Joe ! Egalement en 1977, il poursuivra sur sa lancée et mixera encore érotisme et horreur en envoyant Laura Gemser dans l'enfer vert se confronter à une peuplade cannibales dans Emanuelle et les Derniers Cannibales.

* Disponible en DVD collector chez BLUE UNDERGROUND (avec version française)

* PS : Didier Lefèvre du fanzine Médusa nous précise qu'en 1969, il y a eu Io Emmanuelle de Cesare Canevari qui utilisait la même recette que le film de 1974.


vendredi 17 janvier 2020

THE HOUSE OF THE BLUE SHADOWS

THE HOUSE OF THE BLUE SHADOWS
(La casa del buon ritorno)

Réalisateur : Beppe Cino
Année : 1986
Scénariste : Beppe Cino
Pays : Italie
Genre : Giallo, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Stefano Gabrini, Amanda Sandrelli, Fiammetta Carena, Lola Ledda...


L'HISTOIRE : Lors d'une partie de cache-cache, le jeune Luca provoque par maladresse la chute mortelle de son amie Lola, sous le regard médusé de son copain Bruno. 15 ans plus tard, Luca, accompagné de sa future femme Margit, réinvestit la maison de son enfance et du drame. Très vite, les souvenirs morbides assaillent Luca, qui devient irritable et agressif envers Margit. Dans la maison située en face de celle de Luca vit toujours Bruno. Le jeune couple reçoit la visite d'Ayesha, une femme qui connaissait bien Luca, Lola et Bruno quand ils étaient enfants. Peu de temps après, des événements troublants ont lieu dans la maison de Luca et une ombre menaçante et masquée semble vouloir terroriser le couple...

MON AVIS : Du propre aveu du réalisateur Beppe Cino, The House of the Blue Shadows est un giallo qu'il a voulu expurgé des principaux clichés du genre. Il tenait surtout à ce que le scénario et les événements proposés soient les plus réalistes possibles et ne versent pas dans une ambiance d'épouvante gothique ou dans une violence visuelle amplifiée. Pour se faire, il a choisi de jouer sur un trauma lié à l'enfance du personnage principal, Luca (joué par Stefano Gabrini), et de laisser planer le doute quand à l'état mental de ce dernier lorsque, 15 ans après un drame dont il est responsable, il revient dans la maison dudit drame justement. Les souvenirs qui vont se raviver une fois dans la maison, les visions qui se multiplient concernant l'époque de la tragédie, nous font penser que Luca sombre dans une sorte de névrose, de psychose lié à ce trauma. Un aspect du film qui renvoie à la notion de psychiatrie et qui, en effet, paraît crédible. Reste aux spectateurs de se demander si l'inconnu qui se dissimule sous un vêtement noir et qui porte un masque japonais est bel et bien Luca, cédant à des pulsions meurtrières ou voyant sa raison vaciller. Un masque japonais du plus bel effet, choisi par Beppe Cino en hommage à un film de 1964 qu'il adore, Onibaba - Les Tueuses de Kaneto Shindô. Bien sûr, d'autres suspects ne manqueront pas de venir complexifier l'intrigue : pourquoi ne serait-ce pas Bruno, l'étrange voisin qui épie la maison de Luca, et qui était également présent lors du drame ? Ou bien Ayesha, une femme également bien étrange, qui a aussi assisté à la mort de la petite Lola ? Si la première partie du film se consacre à développer le personnage de Luca, à nous faire vivre ses sautes d'humeur et à nous faire prendre conscience que sa santé mental n'est pas au beau fixe, le futur marié n'arrêtant pas de "voir" Lola, la seconde partie de The House of the Blue Shadows évolue vers le giallo classique, avec comme déjà dit ce mystérieux personnage masqué qui terrorise la pauvre Margit (Amanda Sandrelli, la fille de Stefania Sandrelli) et qui semble avoir un but précis. Cette seconde partie est nettement plus attractive que la première et réserve de jolies séquences au public, tout en évitant la violence ou l'érotisme. L'ambiance se veut atmosphérique, inquiétante et on sent que le réalisateur veut bien faire, avec une mise en scène certes scolaire mais pas dénué d'intérêt, notamment avec quelques mouvements de caméra travaillés. La musique de Carlo Siliotto est tout à fait dans l'esprit et fait partie des bons points qu'on attribuera au film. Si The House of Blue Shadows fait parfois penser au film de Puppi Avati La Maison aux Fenêtres qui Rient, il s'avère avant tout une petite curiosité et une petite rareté que les amateurs de giallo prendront le temps de découvrir. Plus psychologique que la plupart de ses confrères transalpins, nettement moins violent également, cette oeuvre de Beppe Cino divisera le public à coup sûr, le jeu de certains acteurs n'aidant pas à la tirer vers le haut, tout comme son pot-aux-roses qu'on aura deviné depuis belle lurette. Reste tout de même quelques petites surprises, un scénario bien écrit qui joue sur plusieurs thématiques en fonction des personnages présentés, un travail sur les décors et les objets bien mis en avant et de très bons flashbacks avec de jeunes acteurs qui remplissent parfaitement le contrat. A noter qu'en 1987, le film remporta le Best First Film Award au FantaFestival et Beppe Cino reçu le prix des mains de Christopher Lee ! Visible uniquement en VHS depuis, The House of the Blue Shadows est désormais disponible en DVD grâce à l'éditeur Tetro Vidéo qui vient de l'éditer pour la première fois sur ce support. 

* Disponible en DVD chez TETRO VIDEO (avec sous-titres français)


samedi 11 janvier 2020

OPERA MORTEM

OPERA MORTEM
(Opera Mortem)

Réalisateur : David Fleas
Année : 1973
Scénariste : David Fleas
Pays : Angleterre
Genre : Expérimental, Horreur, Insolite
Interdiction : -16 ans
Avec : Daniel Flat, Amber Toad, Simone Oreille, Cristine Macareux...


L'HISTOIRE : Les visions morbides d'une jeune fille suicidaire s'entremêlent avec celle d'un tueur nécrophile...

MON AVIS : Bon, pas facile de donner un avis sur ce type d'expérience visuelle et auditive. Parce que Opera Mortem n'est pas un film au sens strict du terme. Pas de scénario, pas de réel fil conducteur mais une suite d'images déroutantes, pas toujours compréhensibles, un kaléidoscope quasi non-sensique sur lequel la musique toute aussi expérimentale de Anthony Harris vient se poser. Réalisé sur une période de dix ans d'après certaines sources par un peintre anglais, David Fleas, qui était aussi sataniste, Opera Mortem a longtemps été considéré comme un film maudit, invisible, et qui n'a bénéficié que d'une seule projection en salles, durant l'année 1973 au Nottingham Odeon Film Theatre. Le réalisateur a utilisé différents formats vidéos tout au long de ces dix années, comme le Super 8 ou la VHS. C'est grâce à un collectionneur, Giovanni Mele, que cette oeuvre on ne peut plus insolite peut enfin s'offrir aux amateurs d'étrangeté filmique. Et dans une version un peu plus longue que celle de l'unique projection de 1973, puisque cette dernière faisait alors 62 minutes alors que la version proposée par l'éditeur Tetro Vidéo dure 70 minutes. Impossible de savoir précisément quel est la durée exacte du film, il est fort possible que d'autres bandes soient éparpillées à travers le monde, peut-être en possession chez d'autres collectionneurs. Le mystère demeure intact. C'est donc après de nombreuses recherches sur David Fleas que Giovanni Mele a retrouvé des membres de la famille de ce peintre considéré fou et qu'il a pu acquérir les droits d'Opera Mortem. D'après Mele, il semble que la famille de Fleas n'ait pas trop envie d'être mêlée à ce film et notamment son fils, bien content que quelqu'un lui achète les droits pour se débarrasser de cet héritage non désiré. Cette succession d'images pourrait contenir de manière détournée ou dissimulée un code susceptible d'être lié à une incantation satanique, et ce, selon des experts en occultisme qui ont décelé des éléments venant corroborer cette thèse, comme des chiffres, des symboles, des artefacts. Si l'image de Baphomet, la présence de bouc ou du chiffre 666 entre autres indiquent clairement que nous sommes en présence d'un film sataniste, un théologien va encore plus loin en disant que Opera Mortem est purement et simplement une transposition métaphorique d'un rituel de magie noire. On fera confiance à ces experts et on arborera dans leur sens. Toujours est-il que la vision d'Opera Mortem m'a plutôt déçu. Ce maelström d'images en noir et blanc et de quelques séquences en sépia s'avère vite ennuyeux au possible et ne présente en réalité que très peu d'intérêt. C'est un trip hallucinatoire aux images somme toute très sage : un peu d'érotisme avec une vision fugace d'une fellation et d'une pénétration, un peu de violence et de sang, avec ces allusions au tendances suicidaires d'une femme brune, et beaucoup d'autres images ou scènes qui constituent un puzzle démoniaque à remettre en ordre ou à interpréter mais que le néophyte ne comprendra guère. Alors oui, Opera Mortem est peut-être une oeuvre blasphématoire, artistique, sataniste, dadaïste, surréaliste, avant-gardiste et tout ce qu'on veut, mais en l'état, il faut quand même être sacrément réceptif à ce type de film expérimental pour pouvoir l'apprécier à sa juste valeur. Dans le même genre, j'ai largement préféré Beggoten par exemple. A découvrir malgré tout.

* Disponible en Bookbox DVD chez TETRO VIDEO


    

jeudi 9 janvier 2020

BLOOD HUNT

BLOOD HUNT
(Blood Hunt)

Réalisateur : Sam Curtain
Année : 2017
Scénariste : Danny Beaton, Sam Curtain, Thomas Roach
Pays : Australie
Genre : Drame, Horreur, Rape & Revenge, Survival
Interdiction : -12 ans
Avec : Dean Kirkright, Kahli Williams, Thomas Roach, Benjamin Denmeade...


L'HISTOIRE : Dean et sa fiancée Claire partent pour un week-end romantique sur les routes de l'Australie. Malheureusement, ils vont croiser en chemin Knuck et sa bande, trois voyous qui vont les kidnapper et les emmener dans une ferme abandonnée. Malmenée, frappée et violée, Claire va vivre un véritable enfer, sous les yeux de Dean, forcé par Knuck de regarder. Quand Claire parvient à s'enfuir, la tension monte d'un cran...

MON AVIS : Pour son premier film, Sam Curtain n'a pas fait dans l'originalité puisque Blood Hunt nous présente l'histoire classique du couple kidnappé et séquestré par une bande de rednecks, ces derniers allant passer du statut de prédateur à celui de proie à la fin du film. Survival + rape & revenge au programme donc, avec tous les clichés et les codes du genre respectés à la lettre. La première demi-heure nous présente les deux protagonistes principaux, à savoir Dean (Dean Kirkright) et Claire, sa jolie fiancée blonde (Kahli Williams). Une demi-heure dans laquelle les tourtereaux partent en week-end, papotent dans la voiture, se prennent un peu la tête à cause du projet d'étude de Claire qui devrait aller vivre loin de Dean, arrivent à l'hôtel, font quelques cochonneries avant d'aller se balader en forêt. Rien de bien neuf à l'horizon si ce n'est un arrêt à une station-service qui nous fait découvrir un certain Knuck (le très bon Thomas Roach, co-auteur du scénario), un bad boy peu porté par le féminisme et qui va prendre la tête de Claire de façon plutôt virulente, tout ça pour une histoire de briquet. Un incident presque anodin si on n'était pas dans un film d'horreur évidemment. Pas besoin d'être devin pour savoir que le jeune couple va retomber par la suite sur Knuck et ses copains et que cette bande de rednecks australiens vont les prendre en chasse ! Bingo, c'est exactement ce qui va se passer, dingue non ? Sam Curtain nous offre à ce titre une très chouette course-poursuite entre deux voitures, plutôt bien filmé, avec de beaux champs / contre-champs, très dynamiques et efficaces. Elle est peut-être un peu longue mais bon, pas de quoi hurler au scandale. Une fois le couple kidnappé et emmené dans une ferme crasseuse perdue au beau milieu d'une espèce de décharge de voitures, la violence prend le dessus sur l'action et la pauvre Claire va bien en baver, le trio diabolique, disons-le clairement, ayant une grosse envie de se la farcir, et si possible devant les yeux de son fiancé, attaché avec du fil de fer barbelé, au cas où il aurait envie de jouer les super-héros. Un peu de tortures et un méchant viol plus tard, avec une tentative d'évasion ratée au milieu, les deux héros tout sanguinolent réussissent enfin à se barrer de l'enfer. Pas de bol, la jolie Claire est bien plus gravement blessée que prévue et le week-end romantique va se terminer tragiquement pour elle. De quoi rendre fou son fiancé, qui, en vrai mâle, décide de retourner en enfer pour réclamer sa vengeance ! Le survival vire donc au rape & revenge comme dit plus haut dans ce texte, et notre amoureux malchanceux ne va pas y aller avec le dos de la cuillère pour faire la peau des trois briseurs de rêve et ce, pour notre plus grand plaisir ! Un dernier quart-d'heure bien sanglant et bien violent, comme on les aime. Si on se doute que le budget de Blood Hunt n'a pas du être très élevé (on le ressent à la qualité de l'image par exemple, qui est correcte mais qui ne provient sûrement pas de la dernière caméra HD dernier cri, loin de là), si le film est un peu long à se mettre en route, s'il lorgne clairement vers Wolf Creek et consorts, ne proposant rien qui sorte vraiment des sentiers balisés du genre, ce petit film de vengeance se révèle tout de même fort sympathique et remplit fort bien le cahier des charges avec ses faibles moyens. Le casting est des plus convenables, Kahli Williams et son bourreau Thomas Roach étant les deux qui s'en sortent le mieux, et les quelques effusions de sang qui viennent colorier en rouge la peau des protagonistes s'avèrent assez réalistes. La courte durée de Blood Hunt, moins de 80 minutes au compteur, lui permet de ne pas ennuyer et le calvaire vécu par notre joli couple saura se montrer brutal et sordide quand il le faut. S'il ne se démarque jamais de ses confrères, Blood Hunt fait néanmoins le job et on sent la passion derrière ce projet. 

* Disponible en Bookbox DVD chez TETRO VIDEO (film avec sous-titres français) 



mercredi 8 janvier 2020

LES MALÉFICES DE LA MOMIE

LES MALÉFICES DE LA MOMIE
(The Curse of the Mummy's Tomb)

Réalisateur : Michael Carreras
Année : 1964
Scénariste : Michael Carreras
Pays : Angleterre
Genre : Aventure, Epouvante
Interdiction : /-12 ans
Avec : Terence Morgan, Ronald Howard, Fred Clark, Jeanne Roland, George Pastell...


L'HISTOIRE : Une expédition archéologique, menée par le professeur Dubois, qui est accompagné par sa fille Annette et son fiancé John Bray, ainsi que par l'éminent égyptologue Sir Giles, met à jour la tombe du Prince Ra-Antef. Alexander King, homme spécialisé dans le show-biz et financeur de l'expédition, décide de monter une attraction autour des vestiges ramenés de la tombe de Ra-Antef, et propose notamment de faire payer au public l'ouverture du sarcophage contenant la momie du Prince égyptien. Parallèlement, Annette Dubois fait la rencontre d'Adam Beauchamp, qui parvient à la charmer par ses connaissances sur le monde égyptien. Lors de la première représentation du spectacle de King, la foule découvre que le sarcophage est vide. Peu de temps après, King est retrouvé assassiné. La malédiction des pharaons, qui veut que les profanateurs de tombes soient victimes d'une momie ressuscitée, est-elle en marche ?

MON AVIS : Second film de la Hammer à mettre en vedette le personnage de la momie, après l'excellent La Malédiction des Pharaons datant de 1959 et réalisé par Terence Fisher. Malheureusement, cette nouvelle aventure est loin de bénéficier des qualités du titre précité. Michael Carreras fut producteur, compositeur, acteur et réalisateur, notamment à la Hammer Films où il rejoignit son père James Carreras en 1945. C'est principalement lui qui fit prendre à la célèbre firme anglaise une nouvelle direction dans les années 70, en accentuant la violence et l'érotisme présents dans les films. En tant que réalisateur, on lui doit par exemple Maniac en 63, Les Femmes Préhistoriques en 67, Le Peuple des Abimes en 68 ou bien encore Les Maléfices de la Momie en 64. On trouve souvent dans les films de Michael Carreras la notion de film d'aventure, associée ou non à l'élément fantastique, comme en témoigne les titres cités ci-dessus, si on excepte Maniac qui se réclame du thriller. Et ce ne sont pas Les Maléfices de la Momie qui me contrediront puisque les cinquante premières minutes relèvent principalement du film d'aventure justement. Qui dit film de monstres dit héroïne en péril. C'est à Jeanne Roland qu'incombe la tâche de devenir la Hammer Girl de ce film. Bien que charmante, sa prestation ne lui permettra pas de rester dans les mémoires aux mêmes titres que d'autres actrices de la Hammer comme Ingrid Pitt, Caroline Munro, Valérie Léon, Yvonne Furneaux ou Barbara Shelley par exemple. On reconnaîtra par contre Michael Ripper, un habitué des seconds rôles dans les films de la Hammer. L'ensemble du casting, sans être d'une efficacité époustouflante, tient la route et on appréciera plus particulièrement le personnage d'Alexander King, interprété par Fred Clark. Ce spécialiste du show-biz nous fera bien rire avec son idée de spectacle grandiose mettant en scène les découvertes de l'équipe d'archéologie, et la première représentation, face aux journalistes, avec musique, effets de lumière, jeu de scène, est assez jubilatoire. On pense un peu aux représentations destinées à montrer King Kong au public dans les différents films mettant en scène cet autre monstre du bestiaire fantastique. Comme dans quasiment tous films mettant en scène une momie, nous aurons droit à des séquences se passant à l'époque des Pharaons. Rien de très original ici, les décors de studios se devinent aisément, apportant une touche rétro à la séquence. Comme d'habitude, le Pharaon sera victime d'un complot et se verra momifié, après s'être fait préalablement couper la main au sabre. Une séquence assez violente pour l'époque, et auquel on a déjà assisté au début du film quand le père d'Annette se fait tuer également. Bref, nous sommes en terrain connu et le film sombre dans sa première partie dans une débauche de dialogues ou de joutes amoureuses qui ne provoquent guère l'intérêt, Annette tombant sous le charme d'Adam Beauchamp, personnage étrange qui semble avoir un certain intérêt à côtoyer les membres de l'expédition. Le fiancé d'Annette assiste impuissant aux tentatives de séduction de Beauchamp et on a parfois l'impression de se retrouver au beau milieu de la série-télévisée Les Feux de l'Amour. On suit donc passivement le déroulement de l'histoire, n'attendant qu'une seule chose, que le corps de la momie se mette enfin en action ! Notre monstre en bandelette décidera de s'animer au bout de cinquante minutes de film, ce qui peut paraître long. Néanmoins, cela permettra de ranimer notre attention. La momie est plutôt réussie, elle est bien monolithique comme on l'aime, ne craignant ni les balles, ni le combat au corps à corps. Sa première apparition est efficace, faisant basculer ce film d'aventure romanesque vers l'épouvante. Qui peut bien commander la momie ? Plusieurs suspects s'offrent à nous et pour une fois, les scénaristes ont inventé un mobile plus original que d'habitude. En effet, généralement, c'est le gardien du tombeau qui commande la momie afin de venger la profanation de sa tombe. Oubliez ça, c'est tout à fait différent dans ce film, et ça apporte une petite touche de nouveauté bienvenue. Notons également une séquence très efficace, où les forces de police tendent un guet-apens à la momie. Honnêtement, je ne l'avais pas vu venir et cette scène est très réussie car surprenante. Pour ma part, Les Maléfices de la Momie n'est qu'un film mineur de la Hammer. Comme toujours, la beauté des décors et des costumes et l'éclairage raffiné, sont bien présents. Mais une première partie bien trop bavarde vient entacher notre intérêt pour ces aventures. On aurait aimé voir apparaître la momie bien avant, ce qui aurait donné bien plus de rythme au film de Michael Carreras. Une demi réussite ou une demi déception, choisissez votre camp...

* Disponible en Mediabook DVD + BR chez ESC DISTRIBUTION
Une édition soignée, présentée dans le traditionnel packaging de la collection British Terrors. Comme d'habitude, Marc Toullec nous offre un livret informatif de qualité quand Nicolas Stanzick nous fait une présentation de la Hammer ainsi qu'une chronique du film.


mardi 7 janvier 2020

LE CONTE DU TSAR SALTAN

LE CONTE DU TSAR SALTAN
(Skazka o tsare Saltane)

Réalisateur : Aleksandr Ptushko
Année : 1967
Scénariste : Igor Gelein, Aleksandr Ptushko
Pays : Russie
Genre : Féerie, Fantastique
Interdiction : /
Avec :  Vladimir Andreyev, Larisa Golubkina, Oleg Vidov,  Kseniya Ryabinkina...


L'HISTOIRE : Le tsar Saltan choisit son épouse parmi trois sœurs. Tandis que la cadette devient tsarine, les deux aînées, pleines de jalousie, font tout pour lui nuire. Alors que le tsar est parti guerroyer, la tsarine met au monde le prince Gvidon. Avec l’aide du traître conseiller, les deux sœurs parviennent à se débarrasser de la mère et du fils en les jetant à la mer dans un tonneau. Naufragé sur l’île de Bouïane, le prince grandit à une vitesse déconcertante. Un jour, il sauve un cygne des griffes d’un aigle. Le cygne est en fait une princesse victime d’un sort, et va l’aider à faire justice...

MON AVIS : Adaptation du conte en vers d'Alexander Pushkin écrit en 1831, Le Conte du Tsar Saltan est l'avant-dernier film de celui qu'on a surnommé le Magicien RusseAleksandr Ptushko ou Alexandre Ptouchko pour plus de facilité. Le réalisateur s'est spécialisé dans les films féeriques et il est devenu l'un des meilleurs artisans en effets-spéciaux de son pays et ce, dès 1935 avec le film d'animation Le nouveau Gulliver. Il a ensuite peaufiné son art avec d'autres merveilles sur pellicule, comme The Golden Key (adaptation du Pinocchio de Carlo Collodi et ce, un an avant celle de Walt Disney), Le tour du monde de Sadko (1953), Le Géant de la Steppe (1956), Les Voiles écarlates (1961) ou Rousslan et Ludmilla (1972) entre autres. Avec Le Conte du Tsar Saltan, c'est à un véritable conte de fée que nous convie Alexandre Ptouchko, un enchantement de tous les instants, qui pourra même paraître naïf aux yeux du spectateur contemporain, tant les bons sentiments et les événements heureux viennent s'accoler les uns aux autres. L'aspect théâtral de l'interprétation, les dialogues et les chansons "en vers", comme dans le conte original, pourront aussi surprendre le spectateur peu ouvert d'esprit, qui cataloguera trop rapidement cette oeuvre dans la catégorie "nanar". Tout ce qu'elle n'est pas évidemment. On l'a dit, Le Conte du Tsar Saltan est une féerie, un film faisant partie de la catégorie du merveilleux au cinéma et qui est un pur enchantement visuel qui ravira avant tous le jeune public mais aussi les grands qui ont su garder leur âme d'enfant ou qui aiment les films façon Le Septième Voyage de Sinbad ou Peau d'Âne, autres films d'aventure fantastique au charme désuet mais toujours aussi efficace. Les aventures du prince Gvidon et de sa mère la Tsarine, victime d'un odieux complot fomenté par les deux sœurs de cette dernière, jalouse comme pas une de ne pas avoir été choisi par le Tsar, et le conseiller même de celui-ci, vont nous enchanter de par la poésie et l'inventivité proposées par Alexandre Ptouchko. A travers des décors aux couleurs magnifiques, avec des effets-spéciaux fantaisistes et réussis, avec un travail sur la lumière et le jeu de couleur approprié, le réalisateur russe parvient à restituer à l'écran le folklore russe en le parant de ses plus beaux atouts. L'acteur blond comme les blés, Oleg Vidov, joue le prince Gvidon et la beauté de ses traits font de lui un prince absolument parfait. Il en va de même pour la tsarine, campée par la ravissante Larisa Golubkina et pour la princesse-cygne, qui prend ici les traits d'une danseuse du Bolchoï, Kseniya Ryabinkina. Dans leur costume qui brille de mille feux, l'ensemble du casting se donne à fond, cabotinant même un peu trop parfois, mais tous participent pleinement à faire du Conte du Tsar Saltan un divertissement enchanteur qui donne le sourire et nous fait oublier la grisaille de la vie quotidienne. Alors oui, on se croirait plonger dans l'attraction des poupées à Eurodisney, ça chante, c'est coloré, il n'y a pas de violence, tout est beau, lumineux, l'écureuil chantant va ravir les plus jeunes, tout comme les transformations du prince en insectes, il y a de l'humour, de l'amour, bref, on est chez les Bisounours durant 85 minutes et rien ne viendra troubler cet effet de plénitude ressenti devant les images. Et alors ? Franchement, ça fait du bien et ce conte de fée remplit donc parfaitement sa mission : celle de nous transporter dans un monde bien éloigné de l'Amérique de Trump, des ravages en Australie et des tracas de la vie de tous les jours.

* Disponible en Mediabook DVD + BR chez ARTUS FILMS
Superbe Mediabook concocté par Artus Films, qui nous offre le film dans un sublime master 2K restauré, en DVD et en BR. Le gros plus vient du livret de 96 pages bourré d'information sur le réalisateur, sa carrière, ses films et qui contient également, et c'est une excellente idée, le conte original qui a servi de base au film. Une édition vraiment soigné qui mérite une place de choix dans votre vidéothèque.



lundi 6 janvier 2020

ONCE UPON A TIME IN... HOLLYWOOD

ONCE UPON A TIME IN... HOLLYWOOD
(Once Upon a Time in... Hollywood)

Réalisateur : Quentin Tarantino
Année : 2019
Scénariste : Quentin Tarantino
Pays : Etats-Unis, Angleterre, Chine
Genre : Comédie, Drame
Interdiction : /
Avec :  Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie, Margaret Qualley, Julia Butters...


L'HISTOIRE : En 1969, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, tentent de poursuivre leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus. Ils vont croiser le chemin des nouvelles stars du cinéma, comme Bruce Lee, Roman Polanski ou Sharon Tate. Leur route va également croiser celle de Charles Manson et de sa "famille"...

MON AVIS : Quand on a appris que Quentin Tarantino allait réaliser un film utilisant le drame de Cielo Drive, à savoir l'atroce meurtre de l'actrice Sharon Tate, enceinte du réalisateur Roman Polanski, par la "famille" de Charles Manson, le 9 août 1969, les attentes les plus folles se sont créées. A l'arrivée, on peut dire que c'est une surprise de taille que nous a concocté Tarantino. Car avec Once Upon a Time in...Hollywood, le réalisateur cinéphile nous offre en fait une sincère déclaration d'amour à tout un pan du cinéma qui n'existe plus, et dont l'année 1969, et les meurtres perpétrés par la secte de Manson, représentent le levier qui a tout fait basculer et qui a tout fait changer. Le Hollywood d'antan n'est plus, l'Amérique est en train de changer de visage, drogue, violence et meurtres deviennent monnaie courante, et le pays de l'Oncle Sam s'enlise dans le Vietnam. L'industrie du cinéma évolue également, les westerns n'ont plus la côté, les stars des séries-télévisées tentent de poursuivre leur carrière au cinéma, parfois avec succès mais le plus souvent avec des échecs. Avec un regard emplit de nostalgie et de bienveillance, Tarantino, qui n'avait que six ans en 1969, se met à fantasmer cette époque révolue, et on comprend assez rapidement qu'il aimerait bien pouvoir remonter le temps et se replonger dans l'ancien Hollywood. A travers ses deux personnages principaux, c'est lui-même qu'il met en scène, sans le dire. Mais personne n'est dupe. Interprétant avec une maestria sans pareille Rick Dalton et Cliff Booth, Leonardo di Caprio et Brad Pitt excellent dans leur rôle de ces deux losers que la modernité et la transformation de l'industrie cinématographique s’apprêtent à laisser sur le carreau. Margot Robbie en Sharon Tate est absolument divine et le reste du casting est à l'unisson. La reconstitution ultra-minutieuse du Hollywood de 1969 est juste époustouflante, et ce, dans ses moindres détails. La mise en scène de Tarantino est au diapason de tous les talents qui ont travaillés sur ce film, que ce soit le directeur de la photographie, les équipes de décorateurs, les acteurs et j'en passe. Tout en faisant preuve d'une réelle mélancolie pour cette époque révolue, Once Upon a Time in... Hollywood distille son émotion à travers sa galerie de personnages haut en couleur, et en leur compagnie, on prend un réel plaisir de cinéphile. Ce serait d'ailleurs le petit reproche qu'on pourrait faire à ce neuvième opus de mister QT, celui de s'adresser avant tout aux fans de cinéma, à ceux qui sauront qui est Sergio Corbucci ou Antonio Margheriti par exemple. Les autres pourront se sentir un peu exclus des allusions et références qui émaillent le film. Il leur restera tout de même le plaisir indiscutable d'assister aux facéties du fameux Rick Dalton, tout à tour colérique, passionné et émouvant (la séquence avec la petite actrice est formidable, tout comme la scène dans laquelle elle vient lui dire qu'elle n'a jamais assisté à une aussi bonne prestation de la part d'un acteur), de jubiler devant les reconstitution de séries-télévisées ou de scènes de film, de délirer au côté d'un Brad Pitt charismatique comme jamais, et surtout, d'halluciner devant la séquence finale, qui voit la violence se déchaîner enfin (jamais film de Tarantino n'a été aussi sage en la matière) et prendre le contre-pied de nos attentes, en nous balançant à la figure une version totalement fantasmée de la réalité. Une version de la réalité qui devient un conte de fée, comme le laissait pourtant entendre le titre même du film, peut-être la version que Tarantino aurait voulu être la vraie réalité. Malheureusement, quand le générique de fin se termine et que les lumières se rallument, on sait que cette fin n'est que du cinéma. On aurait aussi aimé y croire. Mais non, les événements de 1969 ont bel et bien eu lieu à Cielo Drive. Un final prétexte à polémique, comme la fameuse séquence avec Bruce Lee qui a enflammé les réseaux sociaux. Qu'importe. Once Upon a Time in... Hollywood est un film brillant, plus complexe, plus dense qu'il n'y paraît de prime abord et qui méritera d'autres visions pour en comprendre toutes les ficelles. Assurément le film le plus personnel, le plus intime de Quentin Tarantino.  

* Disponible en DVD, BR et BR 4K chez SONY PICTURES