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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




samedi 30 septembre 2017

SAW 3

SAW 3
(Saw 3)

Réalisateur : Darren Lynn Bousman
Année : 2006
Scénariste : Leigh Whannell
Pays : Etats-Unis, Canada
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -18 ans
Avec :  Tobin Bell, Shawnee Smith, Angus Macfadyen, Bahar Soomekh, Dina Meyer...


L'HISTOIRE : Le tueur au puzzle a mystérieusement échappé à ceux qui pensaient le tenir. Pendant que l'inspectrice Kerry et ses coéquipiers se démènent pour tenter de remettre la main dessus, le génie criminel a décidé de reprendre son jeu terrifiant avec l'aide de sa protégée, Amanda. Cette dernière kidnappe le docteur Lynn Denlon, afin qu'elle vienne en aide à John Kramer, de plus en plus souffrant. Dans le même temps, Jigsaw et Amanda place Jeff, un père de famille qui a perdu son petit garçon faute à un chauffard et qui ne rêve que de se venger de ce dernier, dans une nouvelle salle de jeu. De nombreuses épreuves attendent Jeff et Lynn...

MON AVIS : Âmes sensibles ou personnes émotives ne supportant pas la violence, ne vous aventurez pas dans l'univers de Saw 3, vous risqueriez d'y laisser des plumes. Unique film de la saga à avoir écopé d'une interdiction aux moins de 18 ans, Saw 3 va en effet beaucoup plus loin que Saw et Saw 2 dans la représentation graphique de la violence et le moins que l'on puisse dire, c'est que le réalisateur et le scénariste n'ont pas lésiné sur cet aspect et ne se sont imposés aucune censure. Démarrant exactement là où se terminait Saw 2, Saw 3 nous permet de retrouver l'inspecteur Matthews, la charmante Kerry (Dina Meyer) mais aussi Amanda (Shawnee Smith), qui est donc devenue la protégée de John Kramer et son assistante. On en apprendra beaucoup plus sur elle et de nombreux flash-back viendront nous éclairer sur son recrutement, son parcours et ses missions au sein du projet machiavélique de Jigsaw. Tobin Bell, qui interprète toujours le tueur au puzzle bien sûr, nous livre à nouveau une bonne prestation et même en état de fébrilité avancée, il reste maître de son destin, tentant de gagner du temps en ayant recours au docteur Lynn Denlon. Cette dernière ne pourra guère refuser sa proposition puisque pouvant devenir une victime potentielle à chaque instant. Le deal entre Jigsaw et Lynn est simple : elle doit le garder en vie le plus longtemps possible et si son cœur cesse de battre, le système positionné autour du cou de Lynn s'activera, envoyant cette dernière rejoindre la mort de manière instantanée. Sympa ! Outre le petit jeu du chat et de la souris entre Jigsaw, Lynn et Amanda, on assiste également à la partie d'un dénommé Jeff (Angus Macfadyen), père de famille qui ne vit plus que pour se venger du chauffard qui a tué son fils de huit ans. Prisonnier du Jigsaw, Jeff va devoir subir plusieurs épreuves s'il veut avoir la vie sauve. En contrepartie de sa réussite aux défis proposés, Jigsaw lui certifie qu'il pourra assouvir sa vengeance envers le tueur de son fils. Cette histoire parallèle permet au scénariste Leigh Whannell de se déchaîner sur les pièges, quitte à retourner l'estomac des spectateurs. Femme nue qui voit son corps se congeler entièrement, homme enchaîné sur lequel va se déverser du liquide nauséabond issu de carcasse broyé de porc en état de décomposition (à vomir !) et surtout le piège du "chevalet", qui va faire vriller jusqu'à la rupture les articulations de la victime, bras, jambes et tête comprise ! Horrible ! D'autres joyeusetés seront également au programme, comme cet homme attaché à divers endroits de son corps par des chaînes par exemple. La pauvre Dina Meyer verra quant à elle sa cage thoracique relié à un système en acier qui l'éventrera si elle hésite à mettre sa main dans un bac d'acide pour récupérer la clé libératrice ! La violence frontale de Saw 3 joue beaucoup sur les craquements d'os et autres bruits désagréables qui font vite grincer les dents du spectateur, qui souffre autant que les pauvres victimes. Si la brutalité a fait un sacré bond en avant avec ce troisième chapitre, le scénario n'en a pas pour autant été bâclé et se révèle toujours aussi astucieux et intrigant. Le final, dévoilant toutes les subtilités de l'histoire, nous surprend encore une fois par son ingéniosité et laisse une porte ouverte pour Saw 4, qui verra évidemment le jour l'année suivante. Véritable foire aux atrocités, avec de nombreuses scènes dérangeantes et son montage clipesque, Saw 3 reste un fleuron du thriller horrifique extrême, un grand huit horrifique jouissif qui n'a pas peur d'aller au bout de son concept et qui, malgré ses atrocités, se montre des plus divertissants. 

NOTE : 5/6



LE CYNIQUE, L'INFÂME, LE VIOLENT

LE CYNIQUE, L'INFÂME, LE VIOLENT
(Il cinico, l'infame, il violento)

Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1977
Scénariste : Umberto Lenzi, Dardano Sacchetti, Ernesto Gastaldi
Pays : Italie
Genre : Policier
Interdiction : -12 ans
Avec : Maurizio Merli, John Saxon, Tomas Milian, Renzo Palmer, Gabriella Lepori...


L'HISTOIRE : Luigi Maietto, dit « le Chinois », vient de s’évader de prison. Son premier souhait est de faire mordre la poussière au responsable de sa condamnation à vie, l’ex-commissaire de police Leonardo Tanzi, en lui envoyant deux tueurs. En dépit de graves blessures, Tanzi se fait passer pour mort et se cache à Rome pour y donner la chasse à son persécuteur. Le Chinois, qui se croit débarrassé de Tanzi, a repris son activité au sein de la pègre organisée, en s'associant au "boss" italo-américain Frank Di Maggio. Tanzi monte un plan machiavélique pour anéantir « le Chinois » en l’opposant à Di Maggio. Une guerre sans merci va commencer...

MON AVIS : Maurizio Merli versus Tomas Milian ! Une affiche alléchante, surtout dans un polar du à Umberto Lenzi, adorateur des films noirs des 40's et 50's et qui a œuvré avec réussite dans le genre avec des titres tels La Guerre des Gangs (à ne pas confondre avec le titre homonyme de Lucio Fulci), La Rançon de la PeurBracelets de sang, Brigade SpécialeS.O.S Jaguar : Opération casseurs, Le Clan des Pourris, Échec au Gang ou encore Corléone à Brooklyn entre autres. On pourra aisément ajouter Le Cynique, l'Infâme, le Violent à cette liste puisque ce polar nerveux et bien violent est lui aussi réussi et donnera satisfaction aux aficionados de l'Euro-Crime. Il faut dire que le casting se révèle déjà à la hauteur puisque, comme énoncé en début de texte, les deux stars  Maurizio Merli et Tomas Milian sont présents, accompagnés de John Saxon qui ne démérite pas à leur côté et de la séduisante Gabriella Lepori. En fait, Le Cynique, l'Infâme, le Violent est censé être la suite de Brigade Spéciale, réalisé l'année précédente. Merli reprend son rôle du commissaire Tanzi mais se retrouve ici à la retraite, écrivant des romans policiers pour passer le temps. Petit souci, "Le Chinois", interprété par Tomas Milian, vient de s'évader de prison et veut se venger. Je vous laisse lire le résumé de l'histoire pour la suite des événements. Ce qui fait l'originalité de ce polar de Lenzi, c'est sa construction, tout en alternance. Les séquences avec Merli s'entrecroisent avec celles de Milian et les deux acteurs ne sont jamais dans le même plan jusqu'au final du film. La raison en est toute simple : les deux acteurs ne peuvent plus se blairer et refusent de tourner ensemble. Un problème qu'Umberto Lenzi a vite contourné en filmant le parcours des deux personnages de manière non connectée jusqu'à l'affrontement final, qui lui-même nous fait croire à la rencontre des deux acteurs mais n'est le fruit que d'un astucieux montage. Un peu comme dans Heat, où Al Pacino et Robert de Niro ne se rencontrait qu'un cours moment autours d'une table. On aurait pu penser que cette manière de filmer, imposée à Lenzi par ses deux stars, aurait rendu le film bancal mais pas du tout. Cela lui permet en fait de développer deux histoires parallèlement au fil conducteur, soit quasiment trois récits en un qui viendront bien se télescoper à un moment ou à un autre. Ce qui sera évidemment le cas. Les scènes mettant en vedette Maurizio Merli ne lésinent pas sur la distribution de taloches et de coups de pieds, ce dernier devant venger son oncle d'une agression par des voyous, aider une belle femme en détresse, aller récupérer la fille d'un de ses amis retenue prisonnière d'un réseau de prostitution et j'en passe. Tout ça sans oublier sa mission principale : faire passer "Le Chinois" pour un traître aux yeux du patron de ce dernier : le mafieux Frank Di Maggio (John Saxon). Pour ce faire, rien de plus facile : il suffit d'aller piquer quelques millions à Di Maggio et de le laisser croire que c'est le fait du "Chinois" pour que les deux hommes en viennent à douter l'un de l'autre et commencent à ressentir de l'animosité réciproque. Malin le Tanzi ! Il se mouille quand même la chemise pour y parvenir, notamment lors d'une séquence de cascade que Merli a réalisé pour de vrai (comme à chaque fois d'ailleurs), suspendu entre deux immeubles sur un tube d'acier positionné à une hauteur plus que mortelle en cas de loupé. Action, énergie et bagarres rythment donc les séquences avec Maurizio Merli. Pour ce qui est de Tomas Milian, l'acteur participe à des scènes plus posées, moins énergiques mais qui mettent à profit l'aspect "salaud cinq étoiles" de son personnage. Véritable ordure sans foi ni loi, avec toutefois une bonne propension à l'humour noir, principalement dans le choix de ses répliques qui font mouche à chaque fois (et inventées par Milian lui-même généralement), le personnage du "Chinois" est vraiment antipathique mais le charisme et l'interprétation très habitée de Milian fait qu'on jubile à chacune de ses apparitions malgré les exactions qu'il commet. Cassage de jambes à coup de cric, tir d'une balle dans le visage d'un patient hospitalisé et portant un plâtre autour de la tête et autres joyeusetés sont au programme. Le tour de force de Lenzi est d'avoir réussi à donner de l'intérêt à toutes les séquences malgré leur aspect opposé en fonction de leur acteur. Comme on le voit, Le Cynique, l'Infâme, le Violent ne lésine pas sur la violence visuelle, ça flingue à tous les étages et on n'a guère le temps de souffler, emmené par un rythme soutenu. Quelques petites touches de sadisme viennent même pimenter le tout, les mafieux n'étant pas connus pour être des enfants de cœur ! Mention spéciale à John Saxon, plus cruel encore que Tomas Milian, lors d'une partie de golf très originale qui se soldera par un beau cadeau fait à ses deux chiens, je vous laisse la surprise ! Si vous êtes amateur de polar italien, Le Cynique, l'Infâme, le Violent vous comblera d'aise et la maîtrise formelle d'Umberto Lenzi fait encore des étincelles ! A savourer d'urgence ! A noter que c'est Lenzi qui a eu l'idée du titre, hommage au classique de Sergio Leone Le Bon, la Brute et le Truand, les producteurs ayant proposé un titre lambda évoquant un film de casse, ce que n'est pas franchement Le Cynique, l'Infâme, le Violent en fait...

* Disponible en combo BR / DVD chez THE ECSTASY OF FILMS

NOTE : 5/6




mercredi 27 septembre 2017

PUNISHER (1989)

PUNISHER
(Punisher)

- Visionné en version Uncut -

Réalisateur : Mark Goldblatt
Année : 1989
Scénariste : Boaz Yakin
Pays : Etats-Unis, Australie
Genre : Action
Interdiction : -12 ans
Avec : Dolph Lundgren, Louis Gossett Jr., Jeroen Krabbé, Kim Miyori...


L'HISTOIRE : Frank Castle, ancien policier qui a vu sa femme et ses enfants exploser dans leur voiture dans un attentat commandité par les cartels de la drogue, se fait passer pour mort. Vivant désormais dans les égouts de la ville, il traque un à un les malfrats et les patrons de la pègre et les fait passer de vie à trépas sous l'identité du Punisher, véritable ange exterminateur dont la soif de vengeance semble intarissable. Jake Berkowitz, son ancien partenaire policier, est certain que Frank Castle est le Punisher et il le cherche sans relâche. L'affaire se complique quand un puissant cartel de Yakuzas vient faire sa loi dans la ville...

MON AVIS : De l'aveu même du réalisateur Mark Goldblatt, une grave erreur a été commise avec Punisher. Une erreur qu'il s'attribue d'ailleurs, sans jamais chercher à se dédouaner ou à limiter son implication, ce qui est tout à son honneur. Pour résumé le mieux sa pensée, il dira "il y a une chose à retenir avec Punisher : quand vous adaptez un super-héros avec un logo sur le torse, il faut le garder !". Car cette "grave erreur", c'est juste ça : ne pas avoir reproduit la célèbre tête de mort sur le tee-shirt du personnage inventé par Marvel dans son film ! On pourrait penser que ce n'est qu'un simple détail et pourtant ! On attend durant tout le film de la voir, cette tête de mort symbolique et emblématique, mais jamais on ne la verra, hormis sur le manche des poignards dont se sert le Punisher. C'est vraiment dommage car l'aspect iconique du personnage joué par Dolph Lundgren dans cette version des 80's s'en serait trouvé encore élevé. Une erreur que n'ont pas reproduit les deux autres adaptations des années 2000 : The Punisher en 2004 et Punisher : War Zone en 2008. Maintenant, cet "oubli vestimentaire" fait-il de ce Punisher un mauvais film pour autant ? Bien sûr que non ! Film d'action qui ne lésine pas sur la violence, le Punisher de Mark Goldblatt se montre des plus réjouissants et et nous offre une multitude de morts agressives qui ne font pas dans la dentelle. En terme de scènes d'action, de combats et de course-poursuite, Punisher reste ancré dans son époque et les fans de Jason Statham ou autre Jet Li se demanderont s'ils n'ont pas appuyé sur la touche "ralenti" de leur télécommande. Un constat qu'on peut évidemment faire pour tous les films de cette période, n'oubliez donc pas de vous remettre dans le contexte de l'époque pour l'apprécier. Souvent qualifié (injustement pour ma part) de nanar pur jus, Punisher version 1989 nous présente un Dolph Lundgren monolithique, qui vit tel un véritable fantôme dans les égouts de la ville, chevauchant sa moto pour aller assouvir sa vengeance et liquider à tour de bras du malfrat. L'acteur culte de Rocky 4 a abandonné sa blondeur et sa brosse impeccable pour une chevelure brune crasseuse et des vêtements qui sentent la sueur et le sang. Avec un jeu très limité et des expressions de visage réduites au maximum, Dolph Lundgren parvient à retranscrire parfaitement la colère du personnage et la dépression qui le ronge de l'intérieur suite au drame qui a coûté la vie de sa femme et de ses deux enfants. On ressent vraiment la perte de toute notion de joie ou de bonheur en ce qui le concerne, seule la tristesse, l'amertume et une froide détermination le poussent à continuer de vivre. Vraiment au bout du rouleau, le Punisher ne doit sa survie qu'à la présence d'hommes à abattre, la seule chose qui fasse vibrer le sang dans ses veines; Très nihiliste, le film de Mark Goldblatt ne respire franchement pas la joie de vivre et c'est d'ailleurs tout ce qui fait son charme et son originalité pour l'époque. On est loin des films de super-héros tels Superman ou Batman, même si la noirceur est de mise pour ce dernier. Mais Punisher les enterre clairement à ce niveau. Âpre, sombre, violent, se permettant tout de même quelques répliques à l'humour très noir, le Punisher de Mark Goldblatt dénote dans l'univers des séries B d'action produite à l'époque car il ne cède jamais à la facilité et ne fais jamais de concession pour s'attirer le plus large public possible. C'est même tout l'inverse. Une belle prise de risque pour le réalisateur en tout cas et une adaptation que la majorité des fans du Punisher trouve supérieur aux films des années 2000 quand au respect de la psychologie du personnage. Un fait qui ne trompe pas. A noter que l'éditeur The Ecstasy of Films nous permet de voir Punisher dans une très belle copie et nous donne la possibilité de visualiser le film sous trois formes différentes : la version cinéma, la version Uncut (avec des plans de violence en plus, tels des impacts de balle) et la version Workprint, qui dispose d'une longue scène d'introduction nous présentant Frank Castle quand il était flic et que j'ai trouvé très intéressante. Au final, Punisher est un action movie nettement supérieur à sa triste réputation et mérite d'être redécouvert par le plus grand nombre.

* Disponible en BR,  DVD et EDITION COLLECTOR chez THE ECSTASY OF FILMS

NOTE : 4/6



mardi 26 septembre 2017

CONTACT MORTEL

CONTACT MORTEL
(Warning Sign)

Réalisateur : Hal Barwood
Année : 1985
Scénariste : Hal Barwood, Matthew Robbins
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Sam Waterston, Kathleen Quinlan, Yaphet Kotto, Jeffrey DeMunn...


L'HISTOIRE : Au cœur de l'Utah, dans un laboratoire de recherches agronomiques qui sert de couverture à des expérimentations d'armes bactériologiques extrêmement dangereuses, un accident fatal se produit. Une virulente bactérie est libérée et le personnel, contaminé et enfermé dans les locaux, découvre bientôt avec horreur que le terrible agent pathogène a pour effets de les rendre fous et de les pousser à tuer. La quarantaine est gérée à l'extérieur par le gouvernement. Le shérif de la ville, dont la femme est enfermée dans le laboratoire, va demander l'aide d'un ancien scientifique pour tenter de trouver un remède...

MON AVIS : Bien avant que les virus de Resident Evil, Rec ou autre 28 Jours plus Tard ne déciment des populations entières et transforment de paisibles habitants en monstres assoiffés de sang, le réalisateur Hal Barwood nous éclairait dès 1985 sur la menace que représente les expériences bactériologiques qui se déroulent mal avec Contact Mortel. Certes, George Romero avait déjà balisé le terrain en 1973 avec La Nuit des Fous Vivants ainsi que David Cronenberg, dans une moindre mesure, avec Rage en 1977. Avec son petit message politique en sous-texte pour justifier les expérimentations (malgré la signature du traité d'interdiction de recourir aux armes chimiques, que ferait les USA si la Russie les utilisait et que le gouvernement américain n'avait rien à proposer en contre-attaque ?), Contact Mortel nous décrit de manière très réaliste la mise en quarantaine du personnel d'un laboratoire de recherche, dissimulé dans un bâtiment d'agro-alimentaire, suite à une erreur d'inattention qui a entraîné la chute d'un tube à essai, libérant une bactérie pathogène très virulente et très dangereuse. Rien ne nous est épargné : du déclenchement de la procédure d'urgence, de la fermeture des sas, de l'isolement du personnel, de la recherche visuel de signes de contamination à l'intervention extérieure d'une équipe hautement spécialisée, tout y passe. Evidemment, tout ne se déroulera pas comme prévu et bien des embûches vont venir perturber les phases de décontamination et la mise en quarantaine. Les effets du virus ne se font pas attendre ; les contaminés sombrent dans une sorte de coma (peut-être même sont-ils morts ?) avant de se réveiller (ou de revenir à la vie ?) et de développer des instincts très agressifs envers les individus non infectés. La violence graphique est néanmoins très limitée dans le film, on est loin des excès gores des films cités en début de texte. Dans Contact Mortel, les actes de brutalités sont filmés en hors-champ et nous n'aurons droit qu'à la vision de pustules peu ragoutantes sur le visage ou les mains des contaminés en guise d'effets-spéciaux. Si on aurait apprécié un peu plus d'hémoglobine à l'écran, il n'en reste que l'aspect réaliste du film lui permet de s'affranchir du manque de violence visuelle au profit d'une solide reconstitution de ce qui arriverait en pareil cas. L'action du film se déroule dans deux lieux distincts : l' intérieur du laboratoire, hermétiquement sécurisé par la responsable de la sécurité, et l'extérieur du laboratoire, où sont déployés des équipes spécialisées dans ce genre d'incidents, équipes supervisées par leur supérieur interprété par le sympathique Yaphet Kotto. Afin de ne pas créer de mouvement de panique, ce dernier est obligé de mentir à la population locale, provoquant l'indignation du shérif de la ville, dont la femme n'est autre que la responsable de la sécurité du laboratoire. Le shérif et sa femme sont donc les deux personnages principaux de Contact Mortel et on va suivre leurs mésaventures avec un certain intérêt. Fait étonnant, la femme du shérif ne semble pas subir les effets de la bactérie quand la grande majorité du personnel sombre dans la folie meurtrière. L'explication nous sera donné vers la fin du film et la cause de son immunité permettra à un ancien chercheur du centre de concevoir un anti-virus efficace. Entre-temps, il lui faudra lutter pour sa survie, pourchassée à travers le laboratoire par une horde d'hommes et de femmes hystériques. La mise en scène est simple mais efficace et le rythme est des plus corrects pour passer un bon moment. Bien sûr, il faut remettre le film dans son contexte et dans son époque pour l'apprécier à sa juste valeur. Décennie 80 oblige, on est loin du rythme effréné de Rec par exemple et le public actuel pourra trouver le film de Hal Barwood plutôt mou, pas assez nerveux. On imagine bien que Contact Mortel n'a pas du bénéficier d'un gros budget, d'où le choix de faire le film en majeure partie sous forme d'un huis-clos dans les différentes parties du laboratoire. Un choix plutôt intelligent et qui permet de développer un petit côté angoissant et anxiogène. Sans être un grand film, loin s'en faut, j'ai bien apprécié ce sympathique et méconnu Contact Mortel qui, je pense, a posé les bases des futurs films de contamination. A découvrir pour les amateurs du genre et les fans des 80's !

NOTE : 4/6



lundi 25 septembre 2017

MON GARÇON

MON GARÇON
(Mon Garçon)

Réalisateur : Christian Carion
Année : 2017
Scénariste : Christian Carion, Laure Irrmann
Pays : France, Belgique
Genre : Thriller
Interdiction : /
Avec : Guillaume Canet, Mélanie Laurent, Olivier de Benoist, Antoine Hamel, Lino Papa...


L'HISTOIRE : Passionné par son métier, Julien voyage énormément à l’étranger. Ce manque de présence a fait exploser son couple quelques années auparavant. Lors d’une escale en France, il découvre sur son répondeur un message de son ex femme en larmes : leur petit garçon de sept ans a disparu lors d’un bivouac en montagne avec sa classe. Julien se précipite à sa recherche et rien ne pourra l’arrêter...

MON AVIS : Les films mettant en scène des enlèvements d'enfants sont des expériences souvent peu plaisantes à regarder pour le spectateur, surtout si ce dernier est lui-même parent. Et comme malheureusement, la réalité dépasse souvent la fiction, comme nous le rappelle trop souvent les journaux télévisés, il est impossible de prendre ce genre de films comme de simples divertissements. Parmi les derniers films chocs en date sur ce thème, on citera l'excellent Prisoners de Denis Villeneuve, qui n'a laissé personne indemne. Si Mon Garçon n'atteint pas le niveau du film précité, il n'en reste que son réalisateur, Christian Carion, a réussi à nous livrer un thriller assez intense, joué à la perfection par Guillaume Canet et Mélanie Laurent. Il convient d'ailleurs de revenir sur le processus de tournage du film, qui bénéficie des paysages du Vercors. Pour apporter une crédibilité sans faille aux réactions du personnage joué par Guillaume Canet, le réalisateur lui a délibérément interdit de lire le scénario et ne lui a fourni que des informations sur son personnage, à savoir qu'il était géologue, qu'il avait rompu avec sa femme à cause de son travail et qu'il avait un petit garçon dont il ne s'est jamais vraiment occupé. Durant les répétitions avec les autres membres de l'équipe, Guillaume Canet était absent et Christian Carion l'a même isolé dans un hôtel, de peur qu'il ne découvre le scénario. En clair, Guillaume Canet est comme son personnage au début du film : il ne sait pas ce qu'il va trouver, il ne sait pas dans quoi il s'embarque et va devoir agir spontanément, quasiment en temps réel, afin d'avoir des réactions et des sentiments non travaillés en amont. Un processus de tournage qui s'avère payant car l'acteur est transcendé et offre une composition vraiment solide, avec des réactions plausibles. On s'identifie d'ailleurs très facilement à ce personnage de père frappé par ce qu'il peut y avoir de plus horrible : l'enlèvement de son enfant. Les discussions avec la mère de son enfant, les interrogatoires face à la police qui semble impuissante, le désir de faire sa propre enquête, la paranoïa qui se développe, avec le sentiment que tout le monde cache quelque chose, tout est parfaitement mis en scène et on se dit qu'on agirai sûrement de la même façon que Guillaume Canet face à un drame d'une telle intensité. Sans artifice, sans maniérisme, l'acteur incarne un père lambda qui pète les plombs et veut retrouver son fils à tout prix, quitte à faire des erreurs de jugements, quitte à s'improviser justicier, juge et bourreau. La violence n'est pas absente de Mon Garçon et certaines séquences font grincer les dents, à l'image de celle dans laquelle il se sert d'un chalumeau pour faire parler une personne qu'il suspecte de détenir des informations. Le suspense est également bien amené, et la tension progresse au fur et à mesure du déroulement de l'histoire, allant toujours crescendo. Le metteur en scène joue avec le spectateur, qui voit plusieurs pistes possibles. La mise en scène est efficace, la caméra collant au plus près de l'action. L'absence de musique dans certaines scènes à suspense est également à mettre dans les points positifs. Pour un thriller français, Mon Garçon fait bien le job, il n'y a pas à dire le contraire. Le final est peut-être un peu vite expédié, sans qu'on ai vraiment de réponses sur le pourquoi du comment. La belle Mélanie Laurent, qu'on ne voit pas énormément dans le film, illumine néanmoins chaque scène où elle intervient et se montre d'une sensibilité rare. Brutal, poignant, émouvant, Mon Garçon est une belle surprise dans le paysage du thriller à la française. 

NOTE : 4/6 



dimanche 24 septembre 2017

SAW 2

SAW 2
(Saw 2)

Réalisateur : Darren Lynn Bousman
Année : 2005
Scénariste : Leigh Whannell, Darren Lynn Bousman
Pays : Etats-unis
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Tobin Bell, Donnie Wahlberg, Beverley Mitchell, Franky G, Dina Meyer...


L'HISTOIRE : Chargé de l'enquête autour d'une mort sanglante, l'inspecteur Eric Matthews est persuadé que le crime est l'oeuvre du redoutable Jigsaw, un criminel machiavélique qui impose à ses victimes des choix auxquels personne ne souhaite jamais être confronté. Cette fois-ci, ce ne sont plus deux mais huit personnes qui ont été piégées par Jigsaw, dont le fils de l'inspecteur et Amanda, unique survivante d'un précédent jeu du tueur au puzzle. Ayant découvert le repaire de jigsaw, Eric Matthews va devoir accepter les règles du jeu de ce dernier s'il veut revoir son fils vivant...

MON AVIS : Avec un budget de 1,2 millions de dollars, le premier Saw, réalisé par James Wan en 2004, a rapporté plus de 55 millions de dollars, rien que sur le territoire américain. Un énorme succès, basé sur un bon bouche à oreille, du notamment à l'excellent twist final, qui allait, bien évidemment, engendrer une suite dès l'année suivante. Saw 2 change de réalisateur et c'est Darren Lynn Bousman qui s'y colle. Qui dit suite dit généralement surenchère. Saw 2 n'échappe pas à la règle et va se montrer plus généreux que son prédécesseur sur bien des points : nombre de victimes piégées par Jigsaw, nombre de morts plus élevé donc et une violence plus accrue seront au programme des réjouissances. Cerise sur le gâteau, on va en apprendre beaucoup plus sur ce mystérieux Tueur au puzzle et l'acteur Tobin Bell va être mis en lumière dans de nombreuses séquences, nous expliquant son but et le pourquoi du comment. La construction du film est assez maligne puisqu'elle joue sur deux univers différents présentés en alternance : le repaire de Jigsaw, dans lequel se trouve l'inspecteur Matthews et le tueur au puzzle, et une nouveau salle de jeu dans laquelle sont enfermées huit personnes qui vont devoir subir les terribles épreuves de rédemption proposées par Jigsaw. Si le spectateur a une vision de ces deux lieux durant le film, Jigsaw et Matthews l'ont également puisque tout ce qui se passe dans la salle de jeu est diffusé sur des écrans dans le repaire du tueur ! Logique puisque le fils de l'inspecteur fait partie des personnes piégées. Ces allers-retours entre les deux lieux de l'action permettent à Saw 2 de se montrer plus dynamique que le premier volet et d'avoir un rythme plus percutant. Les séquences avec les huit nouvelles victimes, enfermées dans un local contenant plusieurs pièces et couloirs cette fois, permettent aux scénaristes de développer l'ingéniosité du tueur au puzzle et de proposer de nouveaux pièges dont les effets sont assez dévastateurs et mettent particulièrement bien en avant la nouvelle tournure que va prendre la saga avec les épisodes suivants : le sadisme ! On en arrive même à se demander si les pièges proposés dans Saw 2 laissent vraiment une possibilité de s'en sortir vivant, ce qui devrait logiquement être le cas. Mais ici, pas vraiment d'échappatoire possible hormis la mort. Une interrogation qui trouvera réponse dans l'épisode 3 bien sûr. Car les scénaristes sont machiavéliques et ont pensé à tout, s'adaptant même aux reproches faits par les spectateurs. C'est d'ailleurs la grande force de cette saga : tout se tient et jamais les scénaristes ne se perdent en chemin. Très fort à ce niveau là ! Saw 2 est donc nettement plus violent que Saw et dérive vers le genre décrié baptisé "torture porn", à savoir une accumulation de séquences cruelles et sadiques, dans lesquelles le corps humain n'est là que pour subir tortures et souffrances. Il n'en reste que Saw 2 propose également un solide suspense et que son côté thriller n'a pas été écarté. Si les scènes avec les huit potentielles victimes et l'unité de lieu font fortement penser au film Cube, notamment avec le personnage du dealer totalement cinglé et qui se la joue solo, celles se déroulant dans le repaire de Jigsaw renvoie plus à l'ambiance du premier film et se concluront sur deux révélations finales dont l'une est introuvable et concerne le fils de l'inspecteur. Celui qui me dit qu'il avait deviné ce twist serait un mythomane de niveau 10 ! Le final est d'ailleurs vraiment excellent et deviendra une marque de fabrique dans la saga : on nous remontre des images du début du film, on nous fait réentendre des répliques de Jigsaw, l'ensemble nous donnant quasiment la solution au défi proposé par le tueur au puzzle ! Ingénieux et vraiment efficace. Une suite de qualité donc, avec une réalisation correcte et qui conserve l'esprit du premier film. On en redemande et on va être plus que servi avec l'ultra-sadique Saw 3 ! A noter que l'affiche française présentée en début d'article a été jugée trop choquante aux USA et qu'elle a été légèrement transformée, avec un zoom sur les doigts pour ne plus laisser apparaître le fait qu'ils soient sectionnés. 

NOTE : 4/6




vendredi 22 septembre 2017

L'UN DANS L'AUTRE

L'UN DANS L'AUTRE
(L'un dans l'autre)

Réalisateur : Bruno Chiche
Année : 2017
Scénariste : Bruno Chiche, Nicolas Mercier, Fabrice Roger-Lacan
Pays : France
Genre : Comédie
Interdiction : /
Avec : Stéphane De Groodt, Louise Bourgoin, Aure Atika, Pierre-François Martin-Laval...


L'HISTOIRE : Deux couples, Pierre et Aimée, et Eric et Pénélope, partagent tous les quatre plusieurs années d’amitié sans nuage. Seul souci, Pénélope et Pierre sont devenus amants. La situation devenant intenable, ils décident de rompre. Mais après une ultime nuit d’amour passionnée, le sort leur joue un tour : Pierre et Pénélope se réveillent chacun dans le corps de l’autre ! Pour protéger leur secret, ils se retrouvent chacun à devoir vivre la vie de l’autre. C’est le début des complications...

MON AVIS : Après Sous le même Toit, la charmante Louise Bourgoin poursuit sa carrière sous le signe de la comédie avec L'Un dans l'Autre de Bruno Chiche. Une comédie avec une petite touche de fantastique puisque deux personnes vont se retrouver dans le corps de l'autre, ce qui va provoquer quelques situations assez drôles. Une idée pas très originale puisqu'on la retrouve déjà dans de nombreuses comédies, telles Un vendredi dingue, dingue, dingue de Gary Nelson (1976), Dans la Peau d'une Blonde de Blake Edwards (1991),  Freaky Friday de Mark Waters (2003) ou bien encore Echange Standard de David Dobkin (2011). Bruno Chiche va donc de nouveau faire appel à ce thème usité en mettant Louise Bourgoin (Pénélope) dans le corps de Stéphane De Groodt (Pierre) et vice-versa. Le premier réveil de nos deux héros inversés est des plus savoureux puisqu'un ami de Pierre lui demande de venir sur le pont de son petit voilier de bon matin et que c'est évidemment Louise qui y va, encore à moitié endormi et surtout torse nu comme un mec, si vous voyez ce que je veux dire ! Une vision des plus agréables et qui va lancer la flopée de situations rocambolesques et plutôt marrantes que vont vivre les deux acteurs qui jouent le jeu à fond et sans retenu. La principale difficulté du scénario pour les acteurs est d'arriver à se comporter comme le ferait le sexe opposé. A ce petit jeu, je dirai que c'est Stéphane De Groodt qui remporte la victoire (normal vu son prénom...) car il arrive à prendre des postures et des gestuelles très féminines qui nous font bien sourire (le port de sa sacoche de travail façon sac à main de femme par exemple). L'acteur semble beaucoup s'amuser et ça se ressent chez le spectateur. Louise Bourgoin a un peu plus de mal à faire transparaître son côté masculin et les gags qui la mettent en scène sont plus voyants, plus appuyés. Ce qui ne l'empêche pas de s'en sortir correctement malgré tout, comme lors de la scène chez le psy qui doit valider le dossier d'adoption ou elle (il) fait tout rater suite à des réactions typiquement masculines et ce, devant son compagnon qui ne comprend plus ce qu'il se passe. Ce dernier est très bien interprété par Pierre-François Martin-Laval, qui, par son attitude et son incompréhension, provoque également bien des sourires. Bruno Chiche a répertorié pas mal de situations qui pourraient prêter à confusion si un homme se retrouvait en femme et inversement, et il nous les propose de manière bien rythmée, ce qui fait qu'on ne s'ennuie jamais durant la vision de L'Un dans l'Autre. La scène chez le dentiste est particulièrement réussi et utilise son comique de situation de manière fort appropriée, tout comme celle des règles ! Pour donner un peu plus d'intérêt à son film et pour qu'il ne se contente pas d'être une simple succession de gags, le réalisateur et ses scénaristes ont inséré également quelques ressorts dramatiques qui fonctionnent bien, comme le fait que Pénélope ne puisse pas avoir d'enfant, ce qui donne à cette comédie une petite touche romantique et sentimentale. Si on n'est jamais pris de fous-rires, L'Un dans l'Autre parvient en tout cas à nous faire passer un bon moment de détente pas prise de tête et ne cherche jamais à péter plus haut que son cul. On sait d'avance qu'on ne va pas voir la comédie de l'année et effectivement, elle ne l'est pas. Il n'y a rien de mémorable dans L'Un dans l'Autre mais la bonne alchimie entre les quatre acteurs fait le travail et le sourire de Louise Bourgoin fait le reste... Idéal pour se changer les idées et passer à autre chose ensuite. Il ne faut rien en attendre de plus...

NOTE : 3/6


jeudi 21 septembre 2017

GRAVE

GRAVE
(Grave)

Réalisateur : Julia Ducournau
Année : 2016
Scénariste : Julia Ducournau
Pays : France, Belgique, Italie
Genre : Drame, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Nait Oufella, Laurent Lucas, Joana Preiss...


L'HISTOIRE : Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école vétérinaire où sa sœur aînée est également élève. Mais, à peine installées, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature...

MON AVIS : Encensé par la presse (même Télérama !), bénéficiant d'une aura de "bête de festival" (de nombreuses récompenses ont été décernées au film, dont le Grand Prix du festival de Gerardmer 2017), ayant (apparemment) provoqué de fortes réactions chez les spectateurs horrifiés par le côté gore et trash insoutenable, je me devais de visionner Grave, premier long métrage de la réalisatrice française Julia Ducournau. J'ai donc vu à l'instant, via le combo Blu-Ray/DVD édité par Wild Side Vidéo, ce "renouveau du cinéma de genre français", cette "bombe" (Télérama), ce "gros, gros choc" (Première), ce "coup d'éclat" (Le Monde) et j'en passe. Euh, sérieusement, c'est de l'humour non ? Non parce que là, dire que j'ai été déçu, c'est peu de le dire justement. Je cherche encore "le choc" censé nous mettre mal à l'aise ou nous faire détourner le regard. Je cherche encore le gore (oui, il y a bien quelques petits effets sanglants effectivement mais bon, parler de gore, faut pas déconner non plus) et je cherche en quoi Grave serait une bouffée de fraîcheur dans le paysage fantastique français (et Belge). Forcément, si vous n'y connaissais rien en cinéma fantastique et horrifique, oui, vous serez peut-être mal à l'aise, voire même un peu choqué par certaines images de cannibalisme. Par contre, si vous connaissez vos classiques, vous ne verrez rien de bien neuf à l'horizon, David Cronenberg, entre autres, étant déjà passé par là. Quand à la métaphore du récit initiatique, du passage à l'âge adulte de l'héroïne (excellente Garance Marillier, seul point positif du film) et de son éveil à la sexualité, sérieux, on n'en peut plus ! Ginger Snaps, Teeth, It Follows et consorts, on connait quoi. Certes, l'idée du cannibalisme n'est pas mauvaise pour l'évoquer mais malheureusement, tout est plombé par une mise en scène travaillée mais qui fait terriblement "exercice de style" ou "je fais mon film d'auteur en essayant de choquer un maximum le public lambda". Des tas de scènes inutiles, qui n'apportent rien à l'histoire, du bizutage qui dure des plombes au colocataire homo (évidemment), des séquences de soirées festives au combat ridicule entre les deux sœurs au beau milieu d'élèves scotchés à leur téléphone portable, Grave ne provoque rien et n'a suscité chez moi qu'un ennui total, le temps, long, très long, semblant ne jamais m'apporter le mot salvateur annonçant le générique final : "Fin". Même si Julia Ducournau a mis pas mal d'humour noir dans son film, la dernière séquence étant assez réussie je l'avoue, le sentiment que Grave a le cul entre deux chaises ne cesse jamais de venir s'imposer à notre esprit, ou du moins, au mien. Pour élever encore le supposé côté subversif de son film, la réalisatrice balance des tas de scènes à connotations érotiques (Justine qui se fait épiler les poils pubien par sa sœur, le dépucelage avec le coloc homo...) qui m'ont paru bien vaines. Franchement, si Grave a quelque chose à raconter, j'aimerai bien savoir quoi. Le film n'a absolument pas fonctionné sur moi et pourtant, vous savez bien que je suis super bon public (trop même, diront certain). Ennuyeux au possible, Grave reste une coquille vide dont je ne comprend pas l'engouement qu'il a suscité. Je n'aime pas avoir un avis aussi négatif sur un film de genre, français qui plus est, car il faut défendre ce cinéma. Après, d'autres ont beaucoup aimé, donc ça compense !

* Disponible en BR et DVD chez WILD SIDE VIDEO

NOTE : 1/6


mercredi 20 septembre 2017

LES PROIES

LES PROIES
(The Beguiled)

Réalisateur : Sofia Coppola
Année : 2017
Scénariste : Sofia Coppola, Irene Kamp, Albert Maltz
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame
Interdiction : /
Avec : Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning, Colin Farrell, Oona Laurence...


L'HISTOIRE : En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d'un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu'elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l'atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu'à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous...

MON AVIS : Le roman de Thomas Cullinan a déjà été adapté au cinéma en 1971 avec Les Proies de Don Siegel, avec Clint Eastwood et Geraldine Page dans les rôles principaux. En 2017, Sofia Coppola décide d'en livrer une nouvelle adaptation, avec un casting prestigieux, dont Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning ou Colin Farrell. Pas de surprise au niveau de l'histoire, elle reste rigoureusement la même : un soldat yankee blessé à la jambe est recueilli dans un pensionnat de filles et va jouer avec leurs sentiments en misant sur l'attirance qu'il provoque chez elles. Un petit jeu de séduction qui ne va pas se passer aussi bien qu'il l'aurait voulu. Voilà, rien de nouveau à l'ouest mais le plaisir de voir réuni à l'écran un casting féminin bien en place, composé d'actrices de talent, au beau milieu desquelles pavoise comme un paon Colin Farrell. La présence d'un homme dans ce pensionnat exclusivement féminin va évidemment créer des troubles parmi les six femmes présentes, qu'elles soient jeunes (certaines ont dix/onze ans) ou plus âgées (Nicole Kidman est la directrice de l'établissement, Kirsten Dunst est l'institutrice). Toutes n'ont d'yeux que pour le beau soldat blessé et toutes vont vouloir se montrer sous leur meilleur jour pour attirer son attention. Une attirance que notre soldat a très bien comprise et dont il va se servir pour éviter que l'une des pensionnaires ne le dénonce aux soldats sudistes. Si on perçoit parfois les soubresauts d'un climat sensuel et érotique qui s'instaure dans le pensionnat (principalement du à l'attitude espiègle d'Elle Fanning, toujours aussi charmante depuis Super 8, Twixt ou The Neon Demon), ils n'iront jamais plus loin et la retenue de Sofia Coppola dans ce domaine ne permet jamais au film de décoller ou de se montrer réellement intéressant. Les relations entre le soldat et son harem de femmes ne dépassent jamais celle de l'amitié ou de la relation sentimentale digne du collège. D'après ce que j'ai pu lire sur le roman de Thomas Cullinan et sur le film de 1971, il semble que Sofia Coppola a épuré de manière drastique certains aspects de la personnalité de la directrice (sa relation incestueuse avec son frère par exemple, dont il est seulement fait mention de manière anonyme dans le film quand Colin Farrell demande à Nicole Kidman si elle avait quelqu'un avant la guerre) pour se contenter de placer ses personnages dans un huis clos psychologique qui a bien du mal à se montrer intriguant. Même si les actrices s'en sortent plutôt bien, même si la mise en scène est classieuse, Les Proies version 2017 ne peut s'empêcher de provoquer un ennui poli tant il ne recèle quasiment d'aucun moment susceptible de dynamiser son rythme ou de relancer l'intérêt de son intrigue. Oui, le film est beau visuellement, les décors, les costumes, la reconstitution d'époque fait parfaitement illusion. Mais on ne peut s'enlever de l'esprit que c'est un grand film vide, qui veut jouer sur la frustration féminine, mais qui, au final, rate totalement le coche. Je n'ai ressenti aucune émotion durant toute la vision du film de Sofia Coppola car je n'y ai vu aucune alchimie entre l'acteur et les actrices. Pour un drame, c'est un peu embêtant. Certes, je savais que j'allais voir un film contemplatif mais Sofia Coppola a été bien trop timide sur ce coup et l'atmosphère de son film s'en ressent fortement. Un coup d'épée dans l'eau.

NOTE : 2/6


mardi 19 septembre 2017

MOTHER !

MOTHER !
(Mother !)

Réalisateur : Darren Aronofsky
Année : 2017
Scénariste : Darren Aronofsky
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Insolite, Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris, Michelle Pfeiffer...


L'HISTOIRE : Mother vit une relation passionnelle avec Lui, un poète qui ne trouve plus l'inspiration. Dans leur belle maison, que Mother a entièrement refaite, la vie se déroule paisiblement. Jusqu'à ce qu'un inconnu frappe un soir à leur porte. Recueilli par Lui, l'inconnu ne tarde pas à profiter de l'hospitalité de ce dernier et invite sa femme à venir le rejoindre, sans se soucier de l'incompréhension de Mother, qui ne comprend pas le comportement de Lui...

MON AVIS : Si Darren Aronofsky voulait faire réagir avec son nouveau film intitulé Mother !, il y est parvenu ! Le réalisateur de Requiem for a Dream, The Fountain, Black Swan ou Noé a en effet divisé la critique, et les avis de spectateurs diamétralement opposés sont légions en ce qui concerne Mother ! Logique vu que le film est présenté comme un thriller anxiogène et schizophrène, ce qu'il est dans sa première partie, mais absolument pas comme un film totalement métaphorique sur le processus de la création artistique (ce que moi j'y ai vu personnellement, quand d'autres y ont vu une interprétation de la Bible, avec de nombreuses références religieuses effectivement, comme ces deux frères qui vont jusqu'à s’entre-tuer, tel Cain et Abel par exemple ou alors une allégorie de la Nature...). Si le film peut être interprété de différentes façons, il ne peut laisser personne indifférent en tout cas. Véritable Ovni moderne dans le paysage cinématographique actuel tellement formaté, on se demande comment Darren Aronofsky a réussi à imposer un pareil projet, un pareil scénario, avec, qui plus est, Jennifer Lawrence en vedette. Bon, OK, Jennifer est la petite amie de Darren, ça peut aider ! Mais quand même, on est loin de la saga Hunger Games. Une prise de risque qui s'avère payante pour Jennifer Lawrence en tout cas, car, même si Mother ! n'est pas un succès planétaire, l'actrice fait preuve ici d'un talent formel et livre une composition absolument saisissante qui enverra knock-out ses détracteurs. Franchement, on ne peut que s'incliner devant sa performance. Elle est certes aidé par la caméra de son fiancé qui la filme au plus près, la rendant quasiment hypnotique. Il en va de même pour Javier Bardem, qui campe un personnage totalement déboussolant dans ses agissements, ce qui provoque bien des questionnements chez le spectateur, qui en arrive à se demander s'il comprend quelque chose au film au fur et à mesure de la progression de ce dernier. Car Mother ! est un film très difficile d'accès, nul doute que les ados fans de l'actrice qui iront voir ce film en pensant être en présence d'un thriller lambda risquent d'être fortement perturbé et de ne pas comprendre grand chose au final de ce que veut nous dire le réalisateur. Il en sera d'ailleurs de même pour les adultes qui ne feront pas l'effort d'aller voir "derrière le miroir" pour analyser les métaphores disséminées dans tout le film, qui est lui-même une métaphore globale. Pour faire simple, on se croirait dans un film de David Lynch, de Lars von Trier et de Ken Russell ! Très posé au départ, le film prend petit à petit une tournure cauchemardesque lancinante pour se clôturer sur un final apocalyptique totalement fou et hystérique, qui finit par nous laisser K.O. Personnellement, lorsque j'ai vu la bande-annonce, je m'attendais à un film de type Rosemary's Baby, avec une secte satanique et tout le toutim. J'avais tout faux ! On saluera l’énorme travaille sur le son, qui participe pleinement à nous imprégner d'une ambiance malsaine et singulière. Pour ma part, comme déjà dit plus haut, Mother ! représente pour moi la métaphore de la création artistique : la maison est l'esprit du poète (Javier Bardem) ;  Jennifer Lawrence sa muse, auquel il ne prête attention que dans son intérêt personnel ; le cristal est "l'inspiration de l'artiste", ce qu'il a de plus important au monde ; les visiteurs sont le public de l'artiste, qui vont s'approprier sa création au fur et à mesure du succès rencontré, certains allant même jusqu'au fanatisme (la scène finale) ; la cave représente les démons intérieurs de l'artiste, qu'il ne veut pas faire sortir, d'où les travaux pour emmurer une partie de cette pièce et j'en passe. Cela reste mon interprétation de Mother ! et du scénario tortueux de son réalisateur. Un film "autre" en tout cas, qui interpelle et marque les esprits, pouvant entraîner des réactions violentes de rejet ou d'admiration. Choisissez votre camp.

NOTE : 4,5/6





samedi 16 septembre 2017

THE MUNSTERS' REVENGE

THE MUNSTERS' REVENGE
(The Munsters' Revenge)

Réalisateur : Don Weis
Année : 1981
Scénariste : Don Nelson, Arthur Alsberg
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie Fantastique
Interdiction : /
Avec : Fred Gwynne, Yvonne De Carlo, Al Lewis, K.C. Martel, Jo McDonnell, Robert Hastings...


L'HISTOIRE : La famille Munster se rend dans un musée de cire consacré à l'horreur et à l'épouvante. Herman, Lily, Grandpa, Eddie et Marilyn sont amusés de découvrir leurs propres répliques de cire dans le musée. Tard dans la nuit, une fois le musée fermé, les statues de cire se mettent à bouger et vont terroriser les habitants. Herman et Grandpa sont accusés par la police d'avoir commis des infractions. Ils vont tout faire pour prouver leur innocence. En enquêtant dans le musée, ils découvrent que les statues de cire sont des robots dirigées par le Dr. Diablo. Ce dernier veut se servir de ses inventions pour cambrioler une exposition égyptienne. Il va falloir beaucoup d'énergie à la famille Munster pour faire admettre à la police l'existence des robots du Dr. Diablo et permettre à Herman et Grandpa de fêter Halloween comme il se doit...

MON AVIS :  Quinze ans après Munster, Go Home, première adaptation cinématographique de la série culte Les Monstres, le studio Universal décide de remettre le couvert avec The Munsters' Revenge, un téléfilm de Don Weis, metteur en scène spécialisé dans la réalisation d'épisodes de séries-télévisées. On lui doit également la comédie fantastique The Ghost in the Invisible Bikini en 1966 ou le film d'aventure The King's Pirate en 1967. On retrouve au générique de The Munsters' Revenge trois acteurs de la série originale : Fred Gwynne (Herman), Yvonne De Carlo (Lily) et Al Lewis (Grandpa), qui reprennent donc, quelques 17 ans plus tard, le rôle qui les a rendu célèbre (au grand détriment de Fred Gwynne qui ne supportait pas d'être cantonné au rôle d'Herman). Il faut avouer que sous leur couche de maquillage, les effets de l'âge ne se voient absolument pas, hormis peut-être pour Yvonne de Carlo qui a pris quelques kilos. Eddie Munster est joué dans ce téléfilm par K.C. Martel et Marilyn par Jo McDonnell. Cette dernière a beaucoup de mal à nous faire oublier Pat Priest et même la charmante Debbie Watson du premier film. Qu'importe, le plaisir de retrouver la famille Munster est intact et The Munsters' Revenge nous réserve encore d'agréables moments de divertissement. Bénéficiant toujours d'un humour bon enfant, ces nouvelles aventures s'avèrent délicieusement kitsch et mettent principalement en avant Herman et Grandpa. Lily et Eddie sont très en retrait et n'apparaissent pas beaucoup dans ce téléfilm. Marilyn a un rôle un petit peu plus important, l'inspecteur de police s'occupant de l'affaire n'étant pas insensible à son charme. Don Weis a par contre choisi de mettre sous les feux de la rampe le personnage du Fantôme de l'Opéra et ce dernier fera partie intégrante de l'histoire, sa voix cristalline et puissante, façon la Castafiore de Tintin, servant à de nombreuses reprises à casser verres et vitres mais pas seulement. Un personnage qui nous rappelle aussi le barde d'Astérix. Ce qui est assez sympa dans The Munsters' Revenge, c'est la présence des robots de cire : on trouve un Quasimodo version Lon Chaney, un bourreau, des monstres divers et surtout la superbe Créature du Lac Noir. Les amateurs de cinéma fantastique apprécieront. Le comique de situation provenant du fait qu'Herman et Grandpa figurent également parmi les robots de cire fait souvent sourire, à l'image de la séquence dans laquelle nos deux pauvres héros vont devoir supporter une décharge électrique de 2000 volts, les bandits pensant avoir affaire à leurs robots et voulant les réparer. L'humour fonctionne bien, les mimiques d'Herman sont savoureuses et la prestation d'Al Lewis donne tout son pétillant à ce téléfilm. Le spectacle reste assez puéril bien sûr mais n'est-ce pas ce qu'on recherche en visionnant un épisode des Monstres ? Légèrement moins réussi que Munster, Go Home peut-être, encore que, The Munsters' Revenge fait le job et amusera petits et grands. Il lui manque peut-être un peu de douce folie et d'une séquence aussi dynamique que la course de voiture dans le film de 1966. Mais dans l'ensemble, je me suis bien amusé, je ne me suis jamais ennuyé et c'est avec plaisir que j'ai retrouvé cette drôle de famille. 

* Disponible en DVD chez ELEPHANT FILMS

NOTE : 4/6



vendredi 15 septembre 2017

TERMINATOR 2 - LE JUGEMENT DERNIER (3D)

TERMINATOR 2 - LE JUGEMENT DERNIER
(Terminator 2: Judgment Day)

- visionné au cinéma en 3D -

Réalisateur : James Cameron
Année : 1991
Scénariste : James Cameron, William Wisher Jr. 
Pays : Etats-Unis, France
Genre : Science-Fiction
Interdiction : /
Avec : Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Edward Furlong, Robert Patrick, Earl Boen...


L'HISTOIRE : En 2029, après leur échec pour éliminer Sarah Connor, les robots de Skynet programment un nouveau Terminator, le T-1000, pour retourner dans le passé et éliminer son fils John Connor, futur leader de la résistance humaine. Ce dernier programme un autre cyborg, le T-800, et l'envoie également en 1995, pour le protéger. Une seule question déterminera le sort de l'humanité : laquelle des deux machines trouvera John la première ?

MON AVIS : Petit retour dans le passé. En 1984, James Cameron lance sur les écrans un robot tueur à l'apparence humaine et lui trouve un nom emblématique : le Terminator, qui fait de son interprète Arnold Schwarzenegger une star mondiale. Sept ans plus tard, James Cameron, passionné par les effets-spéciaux et les techniques numériques, donne une suite à son chef-d'oeuvre avec Terminator 2 - Le Jugement Dernier et fait un carton planétaire au box-office en présentant au public des effets visuels jamais vus sur un écran. Il avait déjà surpris avec les effets-spéciaux d'Abyss réalisé en 1989 mais avec Terminator 2, il élève encore d'un cran le niveau et nous laisse abasourdi dans notre fauteuil. Il faut dire que plus de la moitié du budget du film a été consacré à la création des effets-spéciaux, James Cameron ayant carrément engagé trois sociétés spécialisées dans les FX : Fantasy II Film Effects (pour les séquences dans le futur), 4-Ward (pour la scène de l'explosion nucléaire et le rendu du métal fondu) et  ILM, la célèbre société de George Lucas, qui a du animer le T-1000 principalement. Le jeu en valait la chandelle car ce nouveau robot tueur envoyé cette fois pour tuer John Connor lui-même est la véritable star du film : composé d'un alliage liquide, il peut prendre des formes diverses, se liquéfier pour mieux se reformer, adopter l'apparence de n'importe qui ou se fondre dans le décor (l'incroyable scène dans laquelle il se met à surgir du sol). Sa capacité liquide lui permet d'être totalement insensible aux balles et de pouvoir se mouvoir n'importe ou, aucun obstacle ne pouvant l'arrêter. Le T-1000 est interprété par l'excellent Robert Patrick qui a bien du s'amuser durant le tournage. Comme vous le savez tous, le principal changement de Terminator 2 vis à vis du premier Terminator est que notre cher Arnold Schwarzenegger n'est pas le méchant du film cette fois. Il est en effet passé du côté des gentils, une idée qu'il n'a pas vraiment apprécié à la lecture du scénario et qu'il a signalé à James Cameron. Mais ce dernier a su le convaincre d'accepter ce concept et le succès du film lui a donné raison. Personnellement, je préfère largement Arnold en méchant Terminator mais bon, avouons qu'il s'en sort haut la main dans le rôle du gentil robot venu du futur. Un concept qui a apporté un autre changement notable dans Terminator 2 : l'ajout d'une bonne dose d'humour, alors que le premier film en était quasiment dépourvu et se montrait nettement plus sombre et pessimiste. Sombre et pessimiste, Terminator 2 l'est tout de même, ne serait-ce qu'à travers la fabuleuse séquence d'introduction située dans le futur ou bien lors du cauchemar de Sarah Connor dans lequel on assiste à la terrible explosion nucléaire qui a exterminé plus de 3 millions d'êtres humains. La quête de Sarah Connor (toujours admirablement bien interprétée par une Linda Hamilton au physique de guerrière) et sa détermination à changer le futur en empêchant le scientifique Miles Dyson de créer Skynet, l'intelligence artificielle qui va déclencher la guerre des machines contre les humains, ne prête pas non plus à sourire et fait partie des aspects dramatiques du film. Néanmoins, ces éléments tragiques sont contrebalancés par l'évolution des rapports entre le gentil Terminator et le jeune John Connor (l'excellent Edward Furlong qu'on reverra dans Simetierre 2, Brainscan, Pecker ou American History X entre autres). Ce dernier, adolescent rebelle, va en effet se servir de son "jouet grandeur nature" de manière assez drôle la plupart du temps, tout en lui apprenant des phrases cool, dont le célèbre "Hasta la vista, Baby" bien sûr. Je ne sais pas si James Cameron a voulu avec Terminator 2 faire un film plus familial, moins violent (le T-800 a interdiction de tuer des humains et ne fait que les blesser si nécessaire ici) et donc plus accessible afin de toucher un plus large public. Encore une fois, je préfère la violence brute de décoffrage de Terminator mais Terminator 2 possède d'autres atouts non négligeables qui en font une suite différente, certes, mais néanmoins très réussie. Avec ses scènes d'action tonitruantes, ses folles courses-poursuites, ses explosions en pagaille, son casting hors-pair, sa mise en scène brillante, son rythme dynamique et son déluge d'effets-spéciaux révolutionnaires, il mérite amplement sa réputation et se permet même le luxe de tenir encore largement la route de nos jours. Revu le 14 octobre 2017 au cinéma dans sa version 3D supervisée par James Cameron lui-même, je me suis retrouvé tel l'adolescent de 17 ans que j'étais en 1991, avec un sourire aux lèvres durant tout le film. Revoir la scène d'introduction sur grand écran puis entendre le générique ou la musique des Guns N' Roses n'a pas de prix. Ce n'était évidemment pas la première fois que je revoyais le film depuis 1991 mais force est de reconnaître que le revoir au cinéma fait son petit effet jubilatoire ! La maîtrise de James Cameron est vraiment évidente dans Terminator 2. Concernant la conversion 3D, elle est franchement très réussie durant la première séquence dans le futur mais ensuite, j'avoue qu'elle tombe à plat et ne sert quasiment à rien, on ne ressent même pas l'impression de profondeur la plupart du temps. Bref, j'adore les films en3D mais là, pour le coup, assez déçu à ce niveau. Celle de Titanic était plus réussie et profitable pour le film à titre de comparaison. Toujours est-il que Terminator 2 reste un sacré film de S-F et assurément l'un des meilleurs films des 90's !

NOTE : 5/6



jeudi 14 septembre 2017

MUNSTER, GO HOME

MUNSTER, GO HOME
(Munster, Go Home)

Réalisateur : Earl Bellamy
Année : 1966
Scénariste : Joe Connelly, Bob Mosher, George Tibbles 
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie Fantastique
Interdiction : /
Avec : Fred Gwynne, Yvonne De Carlo, Al Lewis, Butch Patrick, Debbie Watson...


L'HISTOIRE : Herman Munster apprend qu'il vient d'hériter d'un magnifique manoir en Angleterre baptisé le Munster Hall. Tout excité à l'idée de devenir Lord, Herman quitte les Etats-Unis et emmène sa femme Lily, son fils Eddie, Grandpa (le grand-père de Lily) et Marilyn (la fille de la sœur de Lily) en Angleterre à la rencontre de leurs cousins, Freddie et Grace Munster, ainsi que de la mère de ces dernier, Lady Effigie. La branche anglaise de la famille Munster n'est en revanche pas très enjouée à l'idée qu'Herman devienne Lord et s'approprie leur manoir. Ils vont fomenter un plan diabolique pour faire disparaître Herman, afin que Freddie Munster devienne le Lord de Munster Hall. Durant son séjour au manoir, Herman et Grandpa vont découvrir que le manoir sert de repaire à une bande de faux-monnayeurs dirigée par leur chef qui se fait appeler le Griffon...

MON AVIS : Série télévisée culte de 70 épisodes, Les Monstres sont apparus sur le petit écran en 1964 aux USA, quasiment en même temps que l'autre série phare du moment : La Famille Addams. Comédie fantastique pour toute la famille, les épisodes des Monstres mettent en vedette Herman, créature très fortement inspirée du monstre de Frankenstein, et sa femme Lily, une femme vampire qui n'est pas sans évoquer le personnage de Carole Borland dans La Marque du Vampire. Tous deux vivent dans un manoir hanté bien sûr, en compagnie de leur jeune fils Eddie (un loup-garou), de Granpa (un vieux vampire aristocrate) et de Marilyn, leur nièce et seule personne au physique "normal" de cette drôle de famille. Leurs aventures rocambolesques ont procuré bien du plaisir aux spectateurs de l'époque. En France, la série a débarqué en 1986 sur Canal+. En 1988, une seconde série voit le jour sous le titre Les Nouveaux Monstres sont arrivés. En tout cas, fort du succès rencontré à l'époque par les aventures délirantes de la famille Munster à la télé, le studio Universal décide en 1966 d'en réaliser un film baptisé Munster, Go Home et fait appel au casting original pour interpréter ces personnages emblématiques, à l'exception de Marilyn Munster. Cette dernière a été joué par deux actrices dans la série : Beverly Owen (pour les 13 premiers épisodes de la saison 1) puis Pat Priest pour le reste des épisodes. Dans Munster, Go Home, c'est Debbie Watson qui fera Marilyn. Hormis ce changement, tout le reste des acteurs répond à l'appel : Fred Gwynne (Herman), Yvonne De Carlo (Lily), Al Lewis (Grandpa) et Butch Patrick (Eddie). Outre Marilyn, il y a quand même un autre changement et de taille celui là : si la série est en noir et blanc, Munster, Go Home est en Technicolor ! Et figurez-vous que ça provoque un sacré choc en fait ! J'ai tellement l'habitude de voir ces chers monstres en N/B que j'ai baissé les couleurs de ma télé à fond tellement l'effet "en couleurs" m'a un peu perturbé au début. J'ai quand même vaincu mon "trouble oculaire" et j'ai finalement regardé ce film en couleurs. Munster, Go Home n'a rien a envié aux épisodes de la série télévisée : c'est une pochade tout public, aux gags sympathiques et qui réussi, sans forcer, à vous mettre de bonne humeur. Le pari n'était pas gagné d'avance car les épisodes de la série ne durent que 25 minutes et n'ont donc pas le temps d'ennuyer le spectateur. Adapter Les Monstres en version film de 92 minutes était-il judicieux ? Franchement, ça passe bien et les fans de la série ne devraient pas être déçus le moins du monde. L'humour et les situations comiques ne versent pas dans la finesse et s'adressent avant tout au jeune public. On pourra assurément trouver ce spectacle très bon enfant, voire même très enfantin mais le comique de situation et les répliques correspondent bien à ce qu'on pouvait trouver dans la série télévisée. Si on ne rira pas aux éclats, la plupart des gags font sourire et fonctionne assez bien. Si Herman reste le vrai héros du film, de nombreux gags sont également basés sur Grandpa, l'acteur Al Lewis s'amusant à en faire des tonnes. On retiendra également la prestation de l'acteur Terry-Thomas qui interprète le cousin britannique Freddie Munster. Terry-Thomas nous livre une composition des plus savoureuses, sa folle envie de tuer Herman lui offrant la possibilité d'exécuter des mimiques hystériques à l'écran qui nous amusent beaucoup. Munster, Go Home nous propose plusieurs rebondissements réjouissants, le plus fameux étant la découverte de l'usine de faux billets dans le manoir. Ce qui vaudra d'ailleurs au film, lors de sa sortie en Belgique, d'être re-titré Frankenstein et les Faux-Monnayeurs. Le point d'orgue du film reste son délirant final : on assiste en effet à une folle course automobile, avec Herman qui conduit son bolide adapté pour l'occasion et baptisé "Dragula" ! Un nom qui ne manquera pas de faire réagir les fans de Rob Zombie, ce dernier s'en étant servi pour intituler l'une de ses chansons phares. La romance entre un jeune anglais et Marilyn (la ravissante Debbie Watson donc) sera également l'occasion de nous servir des situations drolatiques. Bref, si vous avez gardé votre âme d'enfant et si vous êtes fan de la série originale, alors ruez-vous sur Munster, Go Home. Inédit en France, ce film sort enfin chez nous grâce à l'éditeur Elephant Films ! Merci à lui de nous le proposer dans un coffret contenant également The Munster's Revenge

NOTE : 4/6