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L'AVION DE L'APOCALYPSE

L'AVION DE L'APOCALYPSE
(Incubo sulla città contaminata)


Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1980
Scénariste : Antonio Cesare Corti, Luis María Delgado, Piero Regnoli
Pays : Italie, Espagne, Mexique
Genre : Horreur, infectés
Interdiction : -16 ans
Avec : Hugo Stiglitz, Laura Trotter, Maria Rosaria Omaggio, Francisco Rabal, Sonia Viviani...

L'HISTOIRE : Un accident a eu lieu dans une centrale nucléaire. Le journaliste Dean Miller doit se rendre à l'aéroport pour interviewer un professeur spécialiste sur le sujet. Un avion non identifié atterrit et libère une horde de personnes infectées par les radiations, ce qui les rend particulièrement agressives et assoiffées de sang. Dean Miller parvient à s'échapper et rejoint l'hôpital dans lequel travaille sa femme. Pendant ce temps, le général Murchison tente de gérer la situation, qui devient rapidement incontrôlable, chaque blessure provoquée par un infecté entraînant une nouvelle contamination...

MON AVIS : Bon, premièrement, on va régler la question numéro un quand on parle de L'Avion de l'Apocalypse : ce n'est pas un film de zombies ! Voilà. Comprendo ? C'est un film d'infectés, de contaminés, et c'est même quasiment le premier, à l'exception de La Nuit des Fous Vivants de George A. Romero en 1973, du Rage de David Cronenberg en 1977 ou du film de Jean Rollin, Les Raisins de la Mort en 1978. Donc vous n'aurez pas de gens qui marchent lentement ou se relèvent de leurs tombes mais des infectés qui peuvent taper un sprint, manier avec dextérité diverses armes ou contaminer les autres personnes qu'ils agressent afin de propager la contamination. Alors oui, ils ont une gueule pleine de pustules, on croirait même qu'ils ont une pizza sur le visage pour certains d'entre-eux et oui, il faut leur tirer une balle dans la tête si on veut s'en débarrasser pour de bons. Mais ce ne sont pas des morts vivants. OK ? C'est bon, vous ne ferez plus l'erreur ? Et en plus, c'est validé par le réalisateur lui-même donc bon, ça a le mérite d'être clair. Umberto Lenzi, puisque c'est de lui qu'il s'agit, véritable touche-à-tout qui a œuvré dans divers genres du cinéma Bis, étant même le précurseur du film de cannibales avec son Cannibalis - Au pays de l'exorcisme en 1972, va donc mettre en scène cette invasion d'infectés en 1980, soit 22 ans avant 28 Jours plus tard ! Considéré par les amateurs de Bis rital comme un fleuron du genre et ce, malgré ses défauts, L'Avion de l'Apocalypse a pour lui son rythme trépidant, dynamique, qui ne laisse pas beaucoup de repos au spectateur, subjugué (ou atterré, c'est selon) par les maquillages outrancier des contaminés ou par les nombreuses scènes dans lesquelles le gore a sa place, avec des effets souvent bricolés et voyants mais qui participent au charme de cette production qui n'a pas peur d'en faire trop. Les infectés ne lésinent pas sur leurs efforts pour massacrer à tour de bras, à grand coup de hache, de couteau, de machette, de bâton, de pistolet-mitrailleur ou de morsures sanglantes, déversant sans retenue le précieux liquide rouge dont ils raffolent ! Qui plus est, ils sont un peu pervers ces contaminés, car dès qu'ils choppent une pauvre femme innocente qui passait par là, hop, ils ne peuvent s'empêcher de lui ôter ses vêtements afin d'abreuver le public de nombreux plans nichons ! Quitte à s'amuser ensuite à découper un sein au couteau hein, on n'est plus à ça près ! Dans ce tourbillon de meurtres incessants, on trouve quelques personnages principaux qui tentent de survivre à tout ça, comme le journaliste Dean Miller (Hugo Stiglitz) et sa femme médecin, le docteur Anna Miller (Laura Trotter), qui vont évoluer dans différents décors urbains où la menace n'est jamais absente. On trouve aussi Mel Ferrer qui joue un général devant solutionner le problème ou quelques charmantes actrices comme Maria Rosaria OmaggioStefania D'Amario ou Sonia Viviani entre autres. On a même un sous-texte engagé en filigrane, notamment sur le fait que l'évolution des découvertes scientifiques, comme le nucléaire, ne représentent pas un danger au départ mais que c'est la faute de l'être humain si ça le devient ! L'armée en prend pour son grade et la religion est aussi égratignée ici, comme c'est souvent le cas dans les films Bis italien. Personnellement, je ne porte pas aux nues L'Avion de l'Apocalypse, je lui préfère largement les films de Lucio Fulci par exemple. Néanmoins, je prend un certain plaisir à le revoir, me disant presque que ça pourrait être Bruno Mattei derrière la caméra tant le film ne s'encombre guère d'un scénario travaillé et mise tout sur le divertissement horrifique, bien présent. C'est un film fun, délirant, parfait pour se vider la tête. La musique de Stelvio Cipriani est assez sympa aussi et que dire de la scène finale, qui ne manquera pas de vous faire hurler un Oh Lenzi, t'abuses là !!! Le complément parfait à un double-programme avec Virus Cannibale !  

* Disponible en combo DVD+BR chez ARTUS FILMS
Superbe copie, présentée en version intégrale de 91 minutes, en VF et VOSTF.
Bonus : 
- Présentation du film par Emmanuel Le Gagne et Sébastien Gayraud
- Diaporama d’affiches et de photos
- Film-annonce original
- Pour aller plus loin : livret 64 pages de David Didelot « L’avion de l’apocalypse, l’horreur malgré soi »


MEURTRE PAR INTÉRIM

 

MEURTRE PAR INTERIM
(Un Posto ideale per Uccidere)

Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1971
Scénariste : Lucia Drudi Demby, Antonio Altoviti, Umberto Lenzi
Pays : Italie, France
Genre : Giallo
Interdiction : -12 ans
Avec : Irene Papas, Ray Lovelock, Ornella Muti, Michel Bardinet, Calisto Calisti...


L'HISTOIRE : À Copenhague, Ingrid Sjoman et Dick Butler forment un jeune couple de marginaux qui subsiste tant bien que mal en vendant à la sauvette des revues et photos pornographiques. Ils décident de partir en Italie, dans l’espoir de gagner plus d’argent. Là-bas, en Toscane, recherchés par la police, ils trouvent refuge dans une vaste villa isolée, près de Florence, où vit Barbara Slater, femme issue d’un milieu aisé. Si, dans un premier temps, celle-ci se montre hostile à leur égard, ils finissent par se faire accepter d'elle sans imaginer dans quel traquenard ils sont tombés...

MON AVIS : Avec plus de soixante films à son actif, le réalisateur italien Umberto Lenzi est l'une des personnalités les plus appréciées des fans de cinéma populaire, ayant œuvré tout aussi bien dans le péplum que dans le film d'aventure, le film de guerre, le film d'espionnage, le western, le film d'horreur, le film policier et bien sûr le giallo ! Il en a déjà réalisé trois depuis 1969 quand il s'attelle, en 1971, à la mise en scène de Meurtre par Intérim. Avertissons de suite les amateurs de tueur masqué et ganté trucidant à tour de bras à l'arme blanche que Meurtre par Intérim est un giallo de machination, qui ne possède aucun meurtre sanglant, ni tueur mystérieux vêtu de noir et maniant le couteau en virtuose. Lenzi a voulu faire de son film une sorte de road movie mettant en scène deux jeunes hippies (Ray Lovelock et Ornella Muti) partis vagabonder sur les routes à bord de leur voiture Spider et qui vont s'arrêter là où il ne fallait pas, à savoir dans la demeure de Barbara Slater (Irene Papas), suite à une panne d'essence. Très rapidement, le film, après avoir joué sur un petit aspect subversif en faisant vendre des photos pornographiques à nos deux jeunes héros, ce qui était sûrement tabou à l'époque (même si Lenzi, qui n'est pas à l'origine de cette idée du scénario, due au producteur Carlo Ponti, reconnaît qu'en 1971, ce tabou était déjà dépassé et qu'on trouvait déjà de nombreux magazines érotiques ou pornos en Italie et ailleurs), va se transformer en un huis clos à trois personnages, qui va concentrer la majorité de son action dans la maison de madame Slater et faire évoluer la machination mise en place par cette dernière. Rassurez-vous, ce n'est point un spoiler, on le devine aisément et le fait que l'on sache cette information permet à Meurtre par Intérim de maintenir un intérêt constant puisqu'on se demande perpétuellement comment cette dernière va réussir à faire porter le chapeau à nos jeunes héros et comment ceux-ci vont réussir à se sortir d'affaire. C'est un vrai jeu du chat et de la souris auquel nous convie Umberto Lenzi, qui va donc en faire voir de toutes les couleurs à ses trois personnages. Si le choix de Ray Lovelock a été immédiat pour le réalisateur, les deux protagonistes féminins ont posé plus de souci. Pour interpréter madame Slater, on suggère Carroll Baker à Lenzi mais celui-ci refuse car il a déjà tourné avec cette ravissante actrice à deux reprises et ne souhaite pas s'enfermer dans la redite. Une autre actrice est retenue mais face à son incapacité à pouvoir être présente sur le tournage, le choix se tourne donc vers la Grecque Irene Papas, qui s'en sort plutôt bien dans ce rôle fort ambigu et machiavélique. La jolie Ingrid est quant à elle interprété par la sublime Ornella Muti, qui n'avait que 17 ans lors du tournage. Son personnage ayant des scènes dénudées, Umberto Lenzi a du avoir recours à une doublure. Désolé messieurs, ce ne sont donc pas les seins d'Ornella qu'on voit dans ce film ! Le réalisateur est également un peu déçu qu'on l'ait obligé à tourné des scènes ne servant qu'à meubler et à allonger la durée du film, comme celles avec le motard fou par exemple, qui, c'est vrai, n'apportent rien à l'intrigue elle-même. Meurtre par Intérim se révèle au final assez académique et possède un rythme en dent de scie. Le film est principalement porté par son trio d'acteurs et le charme d'Ornella Muti. Il est joliment mis en scène par contre, avec de beaux mouvements de caméra mais on reste tout de même un petit peu sur sa faim. Le final est plutôt bien pensé par contre, avec un revirement de situation qui sera à l'avantage de... je vous laisse la surprise. Un film de machination correct donc mais qui manque de tonus et n'atteint pas le niveau de ses rivaux dans le genre. A noter que Lenzi s'était permis de filmer quelques images plus crues au niveau de l'érotisme qui ont été supprimé du montage final. On peut voir ces images en bonus sur l'édition du Chat qui Fume qui fait définitivement bien les choses. 

* Disponible en BR chez -> LE CHAT QUI FUME <-
Excellente copie, proposée en VF et VOSTF
BONUS:
• Le crime imparfait avec Umberto Lenzi (23 mn)
• Scènes coupées
• Film Annonce




DES FLEURS POUR UN ESPION

 

DES FLEURS POUR UN ESPION
(Le spie amano i fiori)

Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1966
Scénario : Umberto Lenzi
Pays : Italie, Espagne
Genre : Policier, Action
Interdiction : /
Avec Roger Browne, Emma Danieli, Daniele Vargas, Marino Masé...

L'HISTOIRE : Une arme secrète, l'Electroscomètre,  pouvant neutraliser tout courant électrique dans un rayon de 50 km a été dérobé. L'agent secret Martin Stevens parvient à la récupérer et la rapporte à son supérieur des services spéciaux britanniques. Ce dernier lui confie une nouvelle mission, toujours en rapport avec l'Electroscomètre : trois hommes ayant participé au vol connaissent des données scientifiques sur cette arme et doivent donc être éliminés. Martin s'envole alors pour Paris et Genève  afin d'éliminer les deux premières cibles. En cours de route, il va faire connaissance avec Geneviève, une jolie journaliste de Paris Match, qui va se retrouver mêler à la mission de Martin Stevens bien malgré elle. Tous deux vont ensuite partir pour Athènes pour localiser le troisième homme à abattre, suite à un message codé disant "les roses bleus sont arrivés ce matin"...

MON AVIS : Alors que le péplum est sur le déclin et que le western italien et le film d'épouvante cartonnent, le succès de James Bond contre Dr. No en 1963 va créer un nouveau courant en Europe : l'Euro Spy. Des films d'espionnage donc, avec des personnages d'agents secrets qui copient allègrement le style Sean Connery, et qui intègrent tous les éléments nécessaires à enthousiasmer le public : créatures féminines attrayantes et sexy, bagarres, fusillades, méchant machiavélique, armes secrètes ou données scientifiques en péril pouvant menacer la sécurité mondiale et surtout dépaysement total, les missions de ces divers héros les emmenant en vadrouille à travers le monde entier. Même si l'Euro Spy a ses admirateurs et ses fans, ce sous-genre policier n'a pas connu un succès très important, la faute principalement à des scénarios trop terre-à-terre, qui se contentaient de recycler des histoires de vol d'armes secrètes ou de données gouvernementales justement. C'est d'ailleurs le cas avec Des Fleurs pour un Espion, réalisé par Umberto Lenzi en 1966. Ce célèbre réalisateur italien est principalement connu pour ses polars ultra-violent, ses gialli ou ses films d'horreur dont Cannibalis: Au pays de l'exorcisme (1972), un des tout premier film de cannibales. Il débarque dans l'Euro Spy dès 1965 avec deux films : Suspense au Caire pour A008 et Super 7 appelle le sphinx, ce dernier mettant en vedette l'agent Martin Stevens, interprété par Roger Browne. Le film qui nous intéresse ici, Des Fleurs pour un Espion, est donc la seconde et dernière aventure de Martin Stevens. Le vol d'une arme secrète n'est ici qu'anecdotique puisque notre héros à la mâchoire carré la récupère dès le début du film. Il va devoir par contre aller tuer trois hommes qui ont eu accès à cette arme et en connaissent trop sur ses spécificités. Trois cibles et donc trois terrains de jeu pour notre agent secret. L'aspect carte postale est ici respecté puisque le public va se retrouver à Paris, à Genève et à Athènes. La mission parisienne est vite expédiée et on n'aura guère le temps d'admirer la capitale française. Genève aura plus de chance et on fera de plus connaissance avec la charmante héroïne du film, la blonde Emma Danieli, qui va se retrouver embarquer à la suite de notre héros sans vraiment le vouloir. Mais elle va prendre du plaisir à cette vie plus mouvementée et se mettra en danger malgré elle. La partie la plus longue du film va se dérouler à Athènes et c'est plutôt bien vu puisque les paysages de Grèce et les divers monuments présentés sont magnifiques. On fera également connaissance avec l'actrice japonaise Yôko Tani, qui interprète une chinoise plutôt louche, qui tient un commerce de fleurs. S'il y a une chose qui interpelle dans Des Fleurs pour un Espion, c'est la totale retenue dont fait preuve Umberto Lenzi. Si le film est divertissant, si la mise en scène est carré, il lui manque ce qui est souvent reproché aux films du courant de l'Euro Spy : de l'exubérance, un petit grain de folie. Lenzi ne se démarque jamais de sa ligne directrice et affiche un sérieux à toute épreuve mais sans jamais proposer un petit quelque chose qui le différencierai des autres films du genre. La trame reste très classique, les scènes de bagarres fort peu nombreuses. Et niveau violence, c'est plus que tout public, il n'y a même pas une goutte de sang lors des impacts de balles. On a connu Lenzi plus enragé et plus porté sur le précieux liquide rouge. Reste que Des Fleurs pour un Espion fait tranquillement le job, n'ennuie pas et sait divertir le temps du visionnage. Le scénario propose un petit twist aux trois-quart temps et le film se fait plus nerveux à partir de là. Les amateurs s'en satisferont assurément.

* Disponible en DVD chez -> ARTUS FILMS <-


LE COUTEAU DE GLACE

LE COUTEAU DE GLACE
(Il Coltello di Ghiaccio)

Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1972
Scénariste : Luis G. de Blain, Umberto Lenzi
Pays : Italie, Espagne
Genre : Thriller, Giallo
Interdiction : /
Avec : Carroll Baker, Alan Scott, Evelyn Stewart, Eduardo Fajardo, George Rigaud...


L'HISTOIRE : Adolescente, Martha Caldwell a réchappé d’une catastrophe ferroviaire dans laquelle elle a vu mourir ses parents, traumatisme qui l'a rendue muette. Quinze ans ont passé quand Martha, qui vit désormais avec son oncle Ralph, féru d'occultisme, dans une propriété située à Montseny, dans les Pyrénées espagnoles, reçoit la visite de sa cousine Jenny Ascot, célèbre chanteuse résidant en Angleterre. Cette dernière est mortellement poignardée durant la nuit. La police mène son enquête, tandis que d'autres meurtres surviennent. Les soupçons se portent vers une secte sataniste, à moins qu'il ne s'agisse d'un tueur en série isolé. Dans un cas comme dans l’autre, Martha pourrait bien être la prochaine victime…

MON AVIS : Ayant déjà une belle filmographie débutée en 1958, Umberto Lenzi s'attaque au giallo dès 1969 avec Orgasmo et Si Douces, Si Perverses puis Paranoïa en 1970, tous trois avec la blonde Carroll Baker. En 1972, alors que le genre a explosé deux ans auparavant suite au succès colossal du film de Dario ArgentoL'Oiseau au Plumage de Cristal, Lenzi décide de prendre le public à contre-pied des nouveaux standards du genre, à savoir meurtres violents et érotisme, en lui proposant un nouveau giallo dit de machination, en n'ayant jamais recours à l'érotisme ni à la violence. Un pari risqué, les spectateurs recherchant dorénavant des émotions fortes, du sexe et du sang. Bien que Le Couteau de Glace ne contient aucun de ses éléments, le film de Lenzi n'est pas inintéressant pour autant et il puise son originalité dans son refus de jouer avec les codes établis par la nouvelle vague de thriller italien justement. Le réalisateur italien a une idée en tête : prendre la structure narrative du film de Robert Siodmak, Deux Mains la Nuit (1945) et l'inverser. Pour ce faire, il engage, pour la quatrième et dernière fois, Carroll Baker pour être l'héroïne de son film. La prestation de l'actrice dans Le Couteau de Glace est assez admirable puisque son personnage est totalement muet, suite à un grave traumatisme lié à son adolescence. La charmante blondinette, qui sera toujours aussi excellente l'année suivante dans le Baba Yaga de Corrado Farina, va donc devoir faire preuve d'un talent exemplaire au niveau de ses expressions de visage et de son comportement pour palier au manque total de parole qu'exige ce rôle. Et on peut dire qu'elle s'en sort haut la main. Carroll Baker tient littéralement le film sur ses épaules et livre une solide prestation, nous faisant ressentir diverses émotions sans prononcer le moindre mot. Et des émotions, elle va en avoir puisqu'il semble qu'elle soit la future proie d'un maniaque sexuel ou d'un adepte de Satan, qui a déjà assassiné sa cousine Jenny (Evelyn Stewart) ainsi qu'une domestique, madame Britton (Silvia Monelli) qui résidait dans la maison de son oncle Ralph (George Rigaud). Si les meurtres sont tous filmés en hors-champ, le suspense est quant à lui bien présent et Lenzi s'amuse à brouiller les pistes avec sa galerie de personnages qui semblent tous suspects aux yeux du spectateur : l'oncle Ralph atteint d'une maladie cardiaque, a pour passion l'ésotérisme et le satanisme ; le docteur Laurent (Alan Scott), célibataire qui fait tourner la tête des femmes, est souvent présent dans les environs, même quand il ne devrait pas ; Marcos, le chauffeur (Eduardo Fajardo), a un air louche et un comportement un brin macho ; quand au vagabond sataniste aux yeux étranges (Mario Pardo), sa présence au alentour de la maison, dans le cimetière et sa passion pour le satanisme également, peuvent aussi en faire un coupable tout désigné. Il y a aussi le prêtre du village (José Marco) et si on est fan de giallo, on sait que bien souvent, les hommes d'Eglise ne sont pas toujours de bonnes personnes. Comme dans tout bon giallo de machination, ce ne sont donc pas les suspects potentiels qui manque à l'appel et ces derniers remplissent fort bien ce rôle, le spectateur, tout comme la pauvre Carroll Baker, ne sachant plus à quel saint se vouer, ni à qui accorder sa confiance. Bien malin, Lenzi place des symboles sataniques dans le décor (dessin de bouc par exemple) et multiplie les possibilités, pour le plus grand plaisir du public, qui cherche aussi à comprendre les nombreux flashbacks que revit l'héroïne, notamment ces images de corrida. La caméra de Lenzi, aidée par une très belle photographie, se montre des plus habiles et parvient à faire naître une certaine tension lors des scènes à suspense, qui sont rondement menées, surtout quand les lumières s'éteignent et que notre charmante muette se retrouve seule dans le noir. Si le choix de s'éloigner des codes du giallo était risqué pour Umberto Lenzi, la capacité du réalisateur à tirer parti de son casting, de ses décors et de son histoire s'avèrent payant au final et Le Couteau de Glace réussit à maintenir un intérêt constant jusqu'au dénouement final. Un giallo atypique mais convaincant, qui se rangera aisément à côté du Terreur Aveugle (1971) de Richard Fleischer...

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME
Comme toujours chez l'éditeur, boitier digipack trois volets sous fourreau luxueux, qualité d'image excellente, piste anglaise et italienne sous-titrée français et un CD de musique de divers gialli en cerise sur le gâteau 
 BONUS:
• Le couteau de Lenzi par Jean-François Rauger (15 min)
• Umberto, entretien-carrière avec Umberto Lenzi (55min)
• Le silence qui tue avec Umerberto Lenzi (22 min)
• Film annonce
• Un CD de musique de divers gialli


CHATS ROUGES DANS UN LABYRINTHE DE VERRE

CHATS ROUGES DANS UN LABYRINTHE DE VERRE
(Gatti Rossi in un Labirinto di Vetro / Eyeball)

Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1975
Scénariste : Félix Tusell, Umberto Lenzi
Pays : Italie, Espagne
Genre : Giallo
Interdiction : -12 ans
Avec : Martine Brochard, John Richardson, Ines Pellegrini, Andrés Mejuto, Mirta Miller...


L'HISTOIRE : Un groupe de touristes américains parcourt les routes lors d'un voyage organisé en Espagne. Au cours d'une escale à Barcelone, une jeune femme du cru est assassinée. Quand on la découvre, l'œil gauche énucléé, l'image saisissante renvoie les touristes à un crime identique commis un an plus tôt à Burlington. Bientôt, c'est l'une des Américaines qui succombe sous les coups du maniaque. Pour le commissaire Tudela, le groupe de touristes est forcément lié aux crimes. Mark Burton, quant à lui, commence petit à petit à soupçonner que sa femme puisse être la coupable. Insaisissable, le tueur continue à frapper...

MON AVIS : Le réalisateur italien Umberto Lenzi, célèbre entre autres pour avoir été le premier à mettre en scène un film de cannibales avec Cannibalis en 1972, a déjà touché au genre du giallo dès 1969 avec Une folle envie d'aimer et Si Douces, si Perverses. Il récidivera dans le genre avec Paranoïa (1970), Meurtre par Intérim (1971), Le Tueur à l'Orchidée (1972), Il Coltello di Ghiaccio (1972) ou bien encore Spasmo (1974). Sa dernière participation dans le giallo se fera avec le film dont on va parler ici, à savoir Chats Rouges dans un Labyrinthe de Verre, qu'il réalise en 1975. Avec ce film, Lenzi a un but bien précis : il ne veut pas refaire ce qui a déjà été fait et surtout, il veut s'éloigner de l'archétype du tueur psychotique des films de psycho-killers. Il va alors soigner le scénario, rédigé avec l'aide du producteur Félix Tusell, et tenter de donner une vraie profondeur, une vraie motivation psychologique aux agissements de son maniaque, adepte de l'énucléation de l’œil gauche sur ses victimes. Afin de se différencier de la production giallesque de l'époque, Lenzi va, dans Chats Rouges dans un Labyrinthe de Verre, jouer avec les codes du genre, à savoir présence d'un mystérieux assassin, plusieurs coupables potentiels, une enquête menée par un commissaire sympathique, un peu d'érotisme, un casting féminin sexy (dont les très belles Mirta Miller et Ines Pellegrini) et des meurtres brutaux, tout en s'en éloignant ou en faisant preuve d'originalité puisqu'on n'aura quasiment aucune scène nocturne ou jeu d'ombre censés faire naître le suspense, mais au contraire une multitude de scènes filmées en plein jour et dans lesquelles l'assassin frappe quand même. On citera par exemple le premier meurtre mais aussi celui qui se passe au beau milieu d'une foule, séquence assez marquante car les passants semblent totalement désintéressés par cette pauvre femme qui vient de se faire larder de coups de poignard. Lenzi le dit lui-même, Chats Rouges dans un Labyrinthe de Verre se veut avant tout un Whodunit, un film d'enquête dans lequel des indices sont disséminés tout au long du film pour que le public puisse mener ses propres investigations. Même si la thématique du giallo est bien présente, on est bel et bien en présence d'un film dont la construction et l'élimination progressive des personnages principaux renvoient à des œuvres comme Cluedo ou Un Cadavre au Dessert avec tout de même beaucoup moins d'humour. Cette note d'intention de la part de Lenzi pourra déstabiliser l'amateur de giallo pur et dur qui aura le sentiment d'être en terrain connu... sans vraiment l'être ! C'est ce qui fait tout le charme et l'intérêt de Chats Rouges dans un Labyrinthe de Verre, titre, on ne peut plus poétique que peu de personne ont compris à l'époque et que Lenzi explique comme ceci : les chats rouges (ou "roux") représentent tous les protagonistes principaux qui se verront vêtus d'un habit de pluie rouge à un moment du film et le labyrinthe de verre équivaut au bus qui les emmène à travers la ville. Parmi les acteurs qu'on retient dans ce film, on citera la française Martine Brochard qui s'en sort très bien, tout comme George Rigaud (qu'on a vu également dans Les Rendez-Vous de Satan, édité par Le Chat qui Fume) ou Andrés Mejuto qui joue un savoureux commissaire. Petit bémol par contre pour l'acteur principal John Richardson qui semble bien fade comparé à ses petits camarades. Si l'érotisme, élément quasi indispensable d'un giallo, se veut feutré et très sage ici, avec quelques petites touches de-ci de-là, les meurtres sont par contre assez violents, toute proportion gardée, et la vision des visages privés de leur œil gauche est assez réussie. Le meurtre qu'on retiendra tous est évidemment celui se déroulant à l'intérieur d'un train-fantôme et qui est visuellement superbe. Il inspirera d'ailleurs le visuel d'une des affiches du film, visuel qu'on retrouve sur l'édition du Chat qui Fume et qui est magnifique (le visuel comme l'édition !). Sans être un excellent giallo, Chats Rouges dans un Labyrinthe de Verre fait tout de même le job, nous fait profiter des superbes paysages de Barcelone et se montre divertissant à défaut d'être passionnant. On pourra reprocher au film des situations pas toujours très crédibles (les personnages n'ont pas l'air effrayés plus que ça par les morts qui s'accumulent dans leur rang...) mais dans l'ensemble, on passe un bon moment et les qualités du film parviennent à estomper ses défauts. Cette tentative d'approche différente du genre, un peu atypique, mérite d'être découverte de toute façon.

LE DVD / BR DU CHAT QUI FUME
Je me répète à chaque fois, mais que dire de négatif sur les éditions du Chat qui Fume ? Superbe digipack présenté dans un fourreau au splendide visuel, qualité d'image bien présente qui illumine nos rétines, VOSTF seulement (le film étant inédit en France) et bonus intéressant, avec entretien de 24 minutes avec Umberto Lenzi ou une interview de Martine Brochart (17 min.) Francis Barbier nous dévoile ses 3 gialli préférés et nous dresse une petite rétrospective de l'évolution du genre. Le tout se termine par des bandes-annonces. What else ?

* Disponible en combo DVD / BR chez LE CHAT QUI FUME 


LE CYNIQUE, L'INFÂME, LE VIOLENT

LE CYNIQUE, L'INFÂME, LE VIOLENT
(Il cinico, l'infame, il violento)

Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1977
Scénariste : Umberto Lenzi, Dardano Sacchetti, Ernesto Gastaldi
Pays : Italie
Genre : Policier
Interdiction : -12 ans
Avec : Maurizio Merli, John Saxon, Tomas Milian, Renzo Palmer, Gabriella Lepori...


L'HISTOIRE : Luigi Maietto, dit « le Chinois », vient de s’évader de prison. Son premier souhait est de faire mordre la poussière au responsable de sa condamnation à vie, l’ex-commissaire de police Leonardo Tanzi, en lui envoyant deux tueurs. En dépit de graves blessures, Tanzi se fait passer pour mort et se cache à Rome pour y donner la chasse à son persécuteur. Le Chinois, qui se croit débarrassé de Tanzi, a repris son activité au sein de la pègre organisée, en s'associant au "boss" italo-américain Frank Di Maggio. Tanzi monte un plan machiavélique pour anéantir « le Chinois » en l’opposant à Di Maggio. Une guerre sans merci va commencer...

MON AVIS : Maurizio Merli versus Tomas Milian ! Une affiche alléchante, surtout dans un polar du à Umberto Lenzi, adorateur des films noirs des 40's et 50's et qui a œuvré avec réussite dans le genre avec des titres tels La Guerre des Gangs (à ne pas confondre avec le titre homonyme de Lucio Fulci), La Rançon de la PeurBracelets de sang, Brigade SpécialeS.O.S Jaguar : Opération casseurs, Le Clan des Pourris, Échec au Gang ou encore Corléone à Brooklyn entre autres. On pourra aisément ajouter Le Cynique, l'Infâme, le Violent à cette liste puisque ce polar nerveux et bien violent est lui aussi réussi et donnera satisfaction aux aficionados de l'Euro-Crime. Il faut dire que le casting se révèle déjà à la hauteur puisque, comme énoncé en début de texte, les deux stars  Maurizio Merli et Tomas Milian sont présents, accompagnés de John Saxon qui ne démérite pas à leur côté et de la séduisante Gabriella Lepori. En fait, Le Cynique, l'Infâme, le Violent est censé être la suite de Brigade Spéciale, réalisé l'année précédente. Merli reprend son rôle du commissaire Tanzi mais se retrouve ici à la retraite, écrivant des romans policiers pour passer le temps. Petit souci, "Le Chinois", interprété par Tomas Milian, vient de s'évader de prison et veut se venger. Je vous laisse lire le résumé de l'histoire pour la suite des événements. Ce qui fait l'originalité de ce polar de Lenzi, c'est sa construction, tout en alternance. Les séquences avec Merli s'entrecroisent avec celles de Milian et les deux acteurs ne sont jamais dans le même plan jusqu'au final du film. La raison en est toute simple : les deux acteurs ne peuvent plus se blairer et refusent de tourner ensemble. Un problème qu'Umberto Lenzi a vite contourné en filmant le parcours des deux personnages de manière non connectée jusqu'à l'affrontement final, qui lui-même nous fait croire à la rencontre des deux acteurs mais n'est le fruit que d'un astucieux montage. Un peu comme dans Heat, où Al Pacino et Robert de Niro ne se rencontrait qu'un cours moment autours d'une table. On aurait pu penser que cette manière de filmer, imposée à Lenzi par ses deux stars, aurait rendu le film bancal mais pas du tout. Cela lui permet en fait de développer deux histoires parallèlement au fil conducteur, soit quasiment trois récits en un qui viendront bien se télescoper à un moment ou à un autre. Ce qui sera évidemment le cas. Les scènes mettant en vedette Maurizio Merli ne lésinent pas sur la distribution de taloches et de coups de pieds, ce dernier devant venger son oncle d'une agression par des voyous, aider une belle femme en détresse, aller récupérer la fille d'un de ses amis retenue prisonnière d'un réseau de prostitution et j'en passe. Tout ça sans oublier sa mission principale : faire passer "Le Chinois" pour un traître aux yeux du patron de ce dernier : le mafieux Frank Di Maggio (John Saxon). Pour ce faire, rien de plus facile : il suffit d'aller piquer quelques millions à Di Maggio et de le laisser croire que c'est le fait du "Chinois" pour que les deux hommes en viennent à douter l'un de l'autre et commencent à ressentir de l'animosité réciproque. Malin le Tanzi ! Il se mouille quand même la chemise pour y parvenir, notamment lors d'une séquence de cascade que Merli a réalisé pour de vrai (comme à chaque fois d'ailleurs), suspendu entre deux immeubles sur un tube d'acier positionné à une hauteur plus que mortelle en cas de loupé. Action, énergie et bagarres rythment donc les séquences avec Maurizio Merli. Pour ce qui est de Tomas Milian, l'acteur participe à des scènes plus posées, moins énergiques mais qui mettent à profit l'aspect "salaud cinq étoiles" de son personnage. Véritable ordure sans foi ni loi, avec toutefois une bonne propension à l'humour noir, principalement dans le choix de ses répliques qui font mouche à chaque fois (et inventées par Milian lui-même généralement), le personnage du "Chinois" est vraiment antipathique mais le charisme et l'interprétation très habitée de Milian fait qu'on jubile à chacune de ses apparitions malgré les exactions qu'il commet. Cassage de jambes à coup de cric, tir d'une balle dans le visage d'un patient hospitalisé et portant un plâtre autour de la tête et autres joyeusetés sont au programme. Le tour de force de Lenzi est d'avoir réussi à donner de l'intérêt à toutes les séquences malgré leur aspect opposé en fonction de leur acteur. Comme on le voit, Le Cynique, l'Infâme, le Violent ne lésine pas sur la violence visuelle, ça flingue à tous les étages et on n'a guère le temps de souffler, emmené par un rythme soutenu. Quelques petites touches de sadisme viennent même pimenter le tout, les mafieux n'étant pas connus pour être des enfants de cœur ! Mention spéciale à John Saxon, plus cruel encore que Tomas Milian, lors d'une partie de golf très originale qui se soldera par un beau cadeau fait à ses deux chiens, je vous laisse la surprise ! Si vous êtes amateur de polar italien, Le Cynique, l'Infâme, le Violent vous comblera d'aise et la maîtrise formelle d'Umberto Lenzi fait encore des étincelles ! A savourer d'urgence ! A noter que c'est Lenzi qui a eu l'idée du titre, hommage au classique de Sergio Leone Le Bon, la Brute et le Truand, les producteurs ayant proposé un titre lambda évoquant un film de casse, ce que n'est pas franchement Le Cynique, l'Infâme, le Violent en fait...

* Disponible en combo BR / DVD chez THE ECSTASY OF FILMS

NOTE : 5/6




KRIMINAL

KRIMINAL
(Kriminal)

Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1966
Scénariste : Umberto Lenzi, David Moreno, d'après les fumetti de Luciano Secchi
Pays : Italie, Espagne
Genre : Policier, Aventure
Interdiction : -12 ans
Avec : Glenn Saxson, Helga Liné, Andrea Bosic, Ivano Staccioli, Susan Baker


L'HISTOIRE : Kriminal est un redoutable criminel spécialisé dans les vols spectaculaires. Son dernier méfait, le vol de la couronne royale d'Angleterre, lui a valu son arrestation et il doit être exécuté par pendaison. Heureusement, la corde cède au moment fatidique et Kriminal parvient à s'échapper. Ce que notre super-criminel ignore, c'est que sa chance n'est due qu'à l'inspecteur Milton, qui avait préparé cette évasion afin de le faire suivre pour retrouver la couronne royale. Mais Kriminal est bien plus malin que les policiers et il parvient à leur échapper. Bon joueur, il rend la couronne à Milton tout en se moquant de lui. Quelques temps après, Kriminal apprend de son ex-femme qu'un important transport de diamants doit avoir lieu. Une aubaine pour notre super-criminel qui va rivaliser d'ingéniosité pour s'en emparer. Mais d'autres personnes ont également dans l'idée de s'approprier les diamants...

MON AVIS : Adaptation cinématographique d'un célèbre Fumetti (les bandes-dessinées italiennes, la plus connue étant Diabolik, adaptée par Mario Bava au cinéma en 1968), Kriminal est un divertissement fort enjoué, sans temps morts, du à Umberto Lenzi, qu'on ne présente plus. On peut voir dans le personnage de Kriminal l'antithèse de James Bond, même si nos deux héros ont énormément de points  communs. Kriminal est en effet un beau gosse d'une trentaine d'années, qui parvient toujours à se tirer d'affaire, utilisant moult déguisements pour passer inaperçu ou se sortir de situations impossibles. Homme à femme, Kriminal les fait toutes tomber dans ses bras et plus si affinités. Il maîtrise également l'art du combat, se montre très agile pour escalader les façades d'immeubles ou sauter sur le toit d'un train en marche. Principale différence avec le héros d'Ian Fleming, Kriminal n'agit que pour son plaisir personnel et tous ses actes sont répréhensibles par la loi. Il n'hésite pas à frapper les femmes, à tuer ses ennemis ou tout ce qui se met en travers de sa route. Bref, Kriminal est le mal incarné sous une apparence d'ange et le pire dans tout ça, c'est que nous, spectateurs, on se place de son côté, du côté du méchant, et qu'on en redemande, applaudissant quand il parvient à ridiculiser la police par des stratagèmes hors du commun. J'ai adoré son costume, en forme de squelette, et c'est un vrai plaisir que de le voir sous ce déguisement. Le film n'est pas avare en action, avec de nombreuses bagarres, les séquences prennent place en divers endroits du globe (Italie, Angleterre, Istanbul...), et les femmes que rencontrent Kriminal sont toutes d'une beauté renversante, notamment Helga Liné qui incarne deux jumelles au sourire ravageur. Aventure, dépaysement, rebondissements à tout va, action et humour, voilà donc un cocktail hautement sympathique pour un bon moment de détente avec un super-vilain charismatique, qu'on retrouvera deux ans plus tard dans Le Retour de Kriminal !

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 4/6




CANNIBAL FEROX

CANNIBAL FEROX
(Cannibal Ferox / Make them die slowly)

Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1981
Scénariste : Umberto Lenzi
Pays : Italie
Genre : Aventure / Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Giovanni Lombardo Radice, Lorraine De Selle, Danilo Mattei, Zora Kerova, Walter Lucchini ...


L'HISTOIRE : Gloria Davis, étudiante en anthropologie, se rend avec son frère Rudy et une amie en Amazonie, afin d'aller démontrer que le cannibalisme n'existe pas et n'est qu'une invention des colons blancs. L'aventure s'avère périlleuse dans cette contrée inhospitalière. En chemin, le trio fait la connaissance de Mike et Joe, deux trafiquants de drogue à la recherche d'un filon d'émeraudes. Le groupe découvre un petit village de primitifs dont les quelques individus semblent effrayer à la vision de Mike. Gravement malade, Joe raconte à Gloria et Rudy les horribles méfaits de Mike sur la population locale. Des méfaits qui vont changer à jamais la vie de Gloria et de ses amis quand le reste de la tribu revient au village...

MON AVIS : En 1980, Ruggero Deodato frappe un grand coup en réalisant Cannibal Holocaust, l'un des films les plus controversés et les plus chocs jamais réalisé ! Son confrère Umberto Lenzi s'était lui aussi lancé dans le film de cannibales et ce, dès 1972 avec Cannibalis : au pays de l'Exorcisme, puis en 1980 avec La secte des Cannibales. Il récidive en 1981 avec Cannibal Ferox, qui deviendra l'un des fleurons du genre avec le film de Deodato. Interdit de diffusion dans 31 pays lors de sa sortie, Cannibal Ferox contient tout ce qui fait le charme (!) des films de cannibales : aventure, exotisme, érotisme, faunes dangereuses (anaconda, araignées vénimeuses, sangsues...), maladie tropicale, scènes gores répugnantes, sadisme, barbarie et pseudo discours intello (ici, "la violence engendre la violence"). Umberto Lenzi a également sacrifié à la pratique répréhensible de la mise à mort d'animaux pour apporter une touche de réalisme à son "enfer vert". Le meurtre d'un pauvre petit cochon n'est pas vraiment justifié et on félicitera l'acteur Giovanni Lombardo Radice d'avoir refusé de le faire, une doublure ayant fait le travail. Il en va autrement pour la séquence du repas dont le plat principal est une tortue puisque là, c'est la population locale qui s'en charge pour réellement se nourir, idem pour l'alligator. La séquence où un anaconda étouffe un pauvre petit tapir sous l'oeil de la caméra fait aussi sensation. Bref, c'est bien là un des aspects les plus abjects du cinéma de cannibales. Hormis celà, Cannibal Ferox est un bon film, bien rythmé, qui nous projette dans un univers inhospitalier qui ne donne pas vraiment envie d'aller s'y aventurer. Le casting est très bon, Giovanni Lombardo Radice campe un personnage détestable dans toute sa splendeur et sa prestation tient le film sur ses épaules tant son jeu est intense. Le flashback raconté par Joe à Gloria dans lequel on voit les exactions qu'il commet sur la peuplade primitive remplit amplement sa mission et on est presque content du sort que les cannibales lui font subir. Oeil pour oeil, dent pour dent ! Niveau gore, le film tient ses promesses sans toutefois être aussi excessif que sa réputation peut le laisser croire. On en a quand même pour notre argent avec une castration à coup de machette, une énucléation, une éviscération suivie d'une dégustation d'entrailles, un tranchage de main, un scalpage cranien avec dégustation du cerveau ou bien encore la scène culte de la pendaison de Zora Kerova par les seins à l'aide de crochets ! De quoi largement satisfaire l'amateur d'atrocités ! On appréciera également l'excellente partition musicale qui accompagne les images et surtout le thème principal composé par  Roberto Donati et Fiamma Maglione, qui reste dans toutes les mémoires et confère au film une ambiance macabre et malsaine très efficace. Même s'il est inférieur au chef-d'oeuvre de Ruggero Deodato, car traité de manière beaucoup moins sérieuse, Cannibal Ferox ne démérite pas, se montre intéressant à plus d'un titre, plus fun aussi dans ses excès sanglants. Il a pour principal défaut ses séquences filmées à New York, avec cette enquête policière pour retrouver la trace de Mike, qui ne semble être là que pour allongr la durée du film. Du superflu pour ma part. Reste un pur film bis, divertissant et dépaysant, et qui comblera vraisemblablement les amateurs de "cannibal movies" !

NOTE : 4/6




LA RANCON DE LA PEUR

LA RANCON DE LA PEUR
(Milano Odia : La Polizia non puo sparare, The Death Dealer)

Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1974
Scénariste : Ernesto Gastaldi
Pays : Italie
Genre : Polar
Interdiction : -16 ans
Avec : Tomas Milian, Henry Silva, Laura Belli, Gino Santercole, Ray Lovelock, Rosita Toroch 


L'HISTOIRE : Giulio Sacchi est un petit truand de bas étage, qui sert d'homme de main à des caïds de la mafia. Lassé d'être exploité et sans le sou, Giulio décide de kidnapper avec l'aide de deux complices la jeune Marilù Porrino, fille d'un homme très riche et de demander une énorme rançon. Devenant de plus en plus hystérique et sous l'emprise de la drogue, Giulio va transformer un simple enlèvement en horrible carnage. Pendant ce temps, le commissaire Walter Grandi est chargé de l'enquête et tente de retrouver Marilù...

MON AVIS : Le réalisateur italien Umberto Lenzi est, comme tous ses compatriotes, un artisan du cinéma Bis et un touche à tout. Aussi bien à l'aise dans le giallo que dans le film de cannibales ou le film d'aventure exotique entre autre, Umberto Lenzi s'est également distingué dans le polar ultra violent, comme en témoigne La Rançon de la Peur, réalisé dans les années 70, période faste pour le cinéma de genre italien. Le contexte politico-social du pays à cette époque (terrorisme, mafia) a largement contribué à radicalisé les films tournés durant les "années de plombs" et la violence s'est durcie et a explosé dans ce qu'on appelle en Italie les "Poliziotteschi". La Rançon de la Peur peut d'ailleurs se targuer d'être l'un des polars les plus violents et les plus nihilistes de cette période. Le film est en effet une inexorable descente aux Enfers d'un gang de truands qui, sous l'influence de leur chef, un petit malfrat totalement psychotique désirant devenir un vrai caïd, va multiplier les exactions, tuant tout ce qui bouge, que ce soit hommes, femmes, personnes âgées et même un enfant. La noirceur la plus totale prédomine durant tout le film, et le personnage de Giulio Sacchi, incarné par l'excellent Tomas Milian est l'une des pires pourritures jamais vue sur un écran. Aucun remord, une détermination à toute épreuve et un "je m'en foutisme" de la vie humaine qui fait froid dans le dos. En face de lui, la police, totalement désemparée, et une composition toute en retenue du monolithique Henry Silva, qui contraste avec l'exubérance de Tomas Milian. La Rançon de la Peur est un polar nerveux, violent, malsain même, qui ne recule devant rien et qui s'avère l'un des meilleurs du genre !

NOTE : 5/6