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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




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VIGILANTE

VIGILANTE
(Vigilante)

Réalisateur : William Lustig
Année : 1982
Scénariste : Richard Vetere
Pays : Etats-Unis
Genre : Policier
Interdiction : -16 ans
Avec : Robert Forster, Fred Williamson, Richard Bright, Don Blakely, Woody Strode...


L'HISTOIRE : Face à la violence des gangs et du crime organisé qui font régner la terreur dans les rues de New York, les habitants d'un quartier décident de former une milice pour accomplir le sale boulot que la police refuse de faire. Lorsque sa femme est violemment agressée et son jeune fils abattu, Eddie Marino va tenter d'obtenir justice de façon légale, en passant par les tribunaux. Devant le verdict rendu par un juge corrompu, Eddie pète les plombs et se retrouve trente jours en prison. A sa sortie, il va rejoindre la milice du quartier et va faire sa propre justice envers ceux qui lui ont pris son fils et malmener sa femme...

MON AVIS : Après avoir réaliser deux films pornographiques, en 1977 et 1978, William Lustig offre aux spectateurs médusés un sommet de la violence horrifique avec le culte Maniac en 1980. Deux ans plus tard, il replonge dans l'enfer de la violence new-yorkaise avec un film d'auto-défense, Vigilante, qui rend autant hommage aux films de Charles Bronson et de Clint Eastwood traitant de cette brûlante thématique qu'aux polars italiens des 70's. Violent, Vigilante l'est assurément. A ce titre, la scène où l'un des voyous tire au fusil à pompe sur un jeune enfant caché derrière un rideau de douche est juste insupportable et provoque un réel malaise. Cette scène participe également à questionner le spectateur sur la notion tabou de l'auto-défense, surtout quand la justice ne répond pas aux attentes des victimes ou des familles de victimes. Même si on sait que faire sa propre justice est interdit, que celui qui cède à l'appel de la violence deviendra aussi coupable que les auteurs des violences qu'il veut combattre, comment réagir face au verdict de certains juges, que Lustig nous présente comme corrompu par la voyoucratie ? Dans les années 70 et 80, la ville de New York, que Lustig connaît comme sa poche, était l'une des plus dangereuses au monde, avec des crimes et des viols ayant lieu tous les jours, avec une police qui acceptait des pots-de-vin et fermait les yeux, avec des avocats et des juges corrompus qui minimisaient les peines des criminels, ce qui poussa certains habitants à former une milice "légale, les Guardians Angels. Ces faits historiques réels servent de base à Vigilante et Lustig y va franco, avec ses politiciens et ses juges véreux, épargnant tout de même la police mais pas les gardiens de prison. L'annonce du verdict concernant le chef du gang a de quoi nous faire sauter au plafond, comme il provoque l'indignation de l'avocate du héros du film et le pétage de plomb de ce dernier, qui, c'est un comble, devra passer trente jours en prison pour insubordination quand ledit chef de gang, responsable de l'agression de sa femme, s'en sort avec du sursis ! C'est le monde à l'envers et on peut comprendre la rage et l'envie de certains habitants à se faire leur propre justice. Ce qui est intéressant dans Vigilante, c'est que le héros, joué par l'excellent Robert Forster, refuse depuis le début du film de rejoindre la milice composée de quelques hommes de son quartier qu'il connaît pourtant bien. Mais devant la réalité du terrain, face à la corruption des tribunaux, et suite à son passage compliqué en prison, avec des scènes qui jouent avec les clichés de films de prison justement (bagarre, violence dans les douches, soudoiement des gardiens...) et qui nous permettent de revoir le célèbre acteur Woody Strode d'ailleurs, sa façon de voir les choses évolue et honnêtement, même si moralement ce n'est pas bien, on ne peut qu'éprouver de l'empathie pour ce personnage et respecter sa décision de prendre les armes et de venger lui-même son fils. Si on pourra regretter que William Lustig n'ait pas travaillé un peu plus l'aspect psychologique de ses personnages-clés, si son héros n'a pas l'air autant effondré après le drame qu'il a vécu qu'on aurait pu le penser, force est de reconnaître que Vigilante est tout de même bien efficace et qu'il remplit son contrat, nous proposant des scènes de violence brute de décoffrage et des dialogues savoureux, comme ceux prononcés par le charismatique Fred Williamson au début du film et qui valent leur pesant de cacahuètes dans le domaine ! Nerveux, dynamique, complaisant, parfois caricatural, crapoteux, poisseux, provocateur, immoral, Vigilante est tout cela et reste un fleuron du film d'auto-défense, qui ne transforme jamais sa milice en super-héros auxquels on voudrait ressembler et qui ne fait jamais l'apologie de ces actes nécessaires mais répréhensibles. Le tout sur une musique géniale de Jay Chattaway, qui nous offre une partition aux synthétiseurs emblématique, dont un Main Title démentiel, qui sera repris de manière encore plus percutant lors de la scène ou Robert Forster sort de prison et s'en va rejoindre la milice. Franchement, cette musique donne à notre héros une aura quasi divine, avec sa démarche déterminée et son regard froid et glacial et on n'a qu'une envie : qu'il prenne les armes et aille défourailler toutes les ordures qui pullulent dans les rues ! Un western-urbain de grande qualité et un très bon film de William Lustig, à ranger à côté du Justicier de New York et d'Exterminator 2 !  

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME

LE COMBO
Toujours rien à dire sur cette sortie du Chat qui Fume : Digipack avec fourreau esthétiquement superbe, remasterisation de l'image impeccable permettant de revoir le film dans les meilleures conditions possibles, avec une piste française en DTS 2.0 quand la VOSTF se pare de pistes DTS 2.0, 5.1 et même 7.1 ! Les bonus sont intéressants, dont un entretien avec le scénariste Fathi Beddiar qui revient sur la définition même du terme "Vigilante", sur le contexte politique du New York des années 70 et 80, sur l'apparition des Guardians Angels et sur le film évidemment, de façon très détaillée. Un commentaire audio du réalisateur William Lustig et de Robert Forster, de Fred Williamson et de Frank Pesce est également proposé, ainsi que des tas de bandes-annonces de Vigilante de nationalité différente. Une édition soignée qui viendra aisément rejoindre les autres titres de cet excellent éditeur.




LE THÈME MUSICAL DE FOLIE:

MANIAC

MANIAC
(Maniac)


Réalisateur : William Lustig
Année : 1980
Scénariste : Joe Spinell, C.A. Rosenberg
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Joe Spinell, Caroline Munro, Abigail Clayton, Kelly Piper, Rita Montone, Tom Savini


L'HISTOIRE : Depuis la mort de sa mère, Frank Zito est devenu totalement fou et il fait régner la terreur dans les rues de New-York où il commet des crimes atroces sur des jeunes femmes, dont il prélève le scalp pour en vêtir les mannequins entreposés chez lui. La police est impuissante et le maniaque continue son horrible collection...

MON AVIS : Je ne vous apprend rien si je dis que Maniac est un film phare des années 80 dans le domaine du cinéma d'horreur et qu'il reste, presque quarante ans plus tard, un fleuron du cinéma indépendant ultra-violent. Il a été réalisé par William Lustig, qui nous offrira des films très sympathiques par la suite, comme Vigilante en 1982 ou la saga Maniac Cop en 1988, 1990 et 1993 par exemple. Sympathique, Maniac ne l'est pas. Absolument pas. On ne rit pas dans Maniac, ni même ne sourit. Ce film peut être considéré comme un monument de la violence sans concession. C'est froid, glacial, direct. Une expérience hors norme, une entrée dans le monde de la folie humaine, tout comme Massacre a la tronçonneuse l'avait si bien fait en 1974. La grande force du film réside en trois points. Le premier, et non des moindres : la composition de Joe Spinell, qui incarne donc Frank Zito, psychopathe très atteint, victime d'une mère possessive qui n'hésitait pas à le brimer pour parfaire son éducation. On retrouve bien sûr du Norman Bates dans Frank Zito. Joe Spinell, qui a co-écrit le film, est juste hallucinant dans ce film. Son apparente tranquillité peut laisser surgir le monstre qui sommeille en lui. Son regard hirsute pendant les scènes de meurtres fait froid dans le dos. Il est totalement investi par le personnage. D'un physique plutôt ingrat, petit et bien portant, Frank Zito pourrait être votre voisin de palier. Quand il a toute sa tête, c'est un homme charmant et courtois, comme le découvrira la séduisante Caroline Munro. Mais quand sa psychose reprend le dessus, mieux vaut ne pas se trouver dans les environs. Le second point est bien sûr les créations de Tom Savini en ce qui concerne les effets-spéciaux. D'un réalisme proprement époustouflant, les scènes de meurtres surfent sur le gore qui éclabousse. Mais pas un gore comique à la Braindead. Non, ici, on parle d'un gore malsain, crade, sordide. Scalp au rasoir, éventrement au sabre, explosion de tête au fusil à pompe et j'en passe, Maniac vous réservera de scènes sanglantes assez inouïes, dont un final paroxysmique impressionnant et dérangeant, qui ne manquera pas de marquer les esprits ! Tom Savini s'est vraiment surpassé dans le réalisme et la violence brute. Le troisième et dernier point est l'ambiance du film. Comme dit précédemment, le film de Lustig respire le sordide, le climat est tendu, malsain à souhait. Pour créer ce climat, la mise en scène de Lustig mais aussi la musique de Jay Chataway remplissent parfaitement leur fonction. Le thème musical principal, que l'on peut entendre au début du film, quand on se retrouve dans l'appartement du tueur, possède une touche bien à lui, il est calme mais fait naître le malaise chez le spectateur. La musique lors de la poursuite dans le métro réussit à nous faire stresser, à nous faire vivre l'état de panique de la future victime poursuivie par Frank Zito. S'il y a bien un film qui ne respire pas la joie de vivre, que ce soit par ses images ou sa bande originale, c'est bien celui-ci. Revu encore une fois pour vous faire cette petite chronique (on a déjà tout dit sur ce film, autant ne pas radoter), Maniac n'usurpe vraiment pas sa réputation de film extrême. Encore aujourd'hui, il reste un véritable choc pour les spectateurs et se hisse haut la main parmi les meilleurs films de violence urbaine ultra réaliste. Un film coup de poing, qui est peut-être même le film le plus violent et le plus glauque de la décennie 80, avec Cannibal Holocaust. A ne pas mettre devant tous les yeux.

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME

LE COMBO DU CHAT QUI FUME :
Vous pouvez jeter votre VHS René Château (bon, je blague hein !), mettre de côté votre édition DVD de chez Opening  et même ranger au fond d'une armoire le BR paru chez Blue Underground car Le Chat qui Fume vient de sortir l'édition définitive de MANIAC, qu'on se le dise ! Elle sera un peu moins définitive pour celles et ceux qui n'ont pas précommandé le film et qui vont l'acheter lors de la sortie officielle en boutique puisque le CD de la bande originale sera absent. Pour ceux qui ont précommandé l'édition limitée à 1000 exemplaires, c'est juste le nirvana ! Boitier digipack 4 volets avec fourreau reprenant le visuel culte, soit 2 DVD + 1 BR + 1 CD ! Qualité d'image saisissante qui n'enlève en rien le côté malsain du film, présenté en VF 2.0 ou VOSTF 5.1 et 7.1 pour le Blu-ray et en VF + VOSTF 2.0 pour le DVD. Et une pléthore de bonus comme on en a rarement vu !
Au programme :
• Commentaire audio de William Lustig, Tom Savini, Lorenzo Marinelli (montage) et Luke Walter (assistant personnel de Joe Spinell) (vostf)
• Commentaire audio de William Lustig et du producteur  Andrew W. Garroni (vo)
• Bill & Joe par Fathi Beddiar
• Les remakes de Lustig par Fathi Beddiar
• Maniac Outtakes (19 mn)
• Retour sur la scène du crime (8 mn)
• Anna et le Maniac (13 mn)
• Le trafiquant de mort (12 mn)
• Les Notes sombres (12 mn)
• Les Maniacs (10 mn 30)
• Caroline Munro, interview TV (2 mn 50)
• Grindhouse Film Festival : Q&A avec William Lustig, Andrew Garroni et Sharon Mitchell (22 mn)
• Bill Lustig chez Movie Madness (47 mn)
• Joe Spinell au Joe Franklin Show (13 mn)
• Joe Spinell à Cannes (1 mn)
• Newsbeat - les films violents (12 mn30)
• Newsbeat - La violence dans les films (8 mn)
• MR.Robbie (7mn30)
• L’histoire de Joe Spinell (50 mn)
• Les Critiques du sac à vomi (2 mn)
• MIDNIGHT BLUE - Al Goldstein mutile sa poupée (2mn 40)
• MIDNIGHT BLUE - Al Goldstein contre les films violents (4 mn)
• Les nouvelles de Chicago ( 2mn 15)
• Les nouvelles de Los Angeles (8 mn)
• Les nouvelles de Philadelphie (3 mn45)
• Films annonces américain hard et soft (3 mn)
• Film annonce international (3 mn 50)
• Films annonces Allemand - Italien - Français (8 mn 30)
• 9 spots télé (3 mn)
• Le film en mode VHS
C'est bien simple, il y en a tellement que tout ne tient pas sur le BR et que des bonus ont du être placé sur le DVD de bonus ! Une édition que le monde entier va nous envier, c'est sûr !



MANIAC COP

MANIAC COP
(Maniac Cop)

Réalisateur : William Lustig
Année : 1988
Scénariste :  Larry Cohen
Pays : Etats-Unis
Genre : Policier, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Tom Atkins, Bruce Campbell, Laurene Landon, Robert Z'Dar, Richard Roundtree...


L'HISTOIRE : La ville de New York vit dans la terreur. Il semblerait qu'un policier soit l'auteur de nombreux meurtres et la population se met à craindre les agents en uniforme autant que les voyous. Le lieutenant Frank McCrae tente de faire la lumière sur cette affaire. Lorsque le policier Jack Forrest est arrêté après le meurtre de sa femme, la police pense détenir le coupable. Mais il va rapidement s'avèrer que Jack Forrest n'est qu'un bouc émissaire et que le "maniac cop" court toujours dans les rues, bien décidé à éliminer ceux qui pourraient découvrir sa véritable identité...

MON AVIS : Quand Larry Cohen propose à William Lustig le scénario d'un film appelé Maniac Cop, ce dernier accepte derechef, épaté par la qualité de l'histoire et trouvant très intéressant de pouvoir réaliser un film policier horrifique. L'horreur et la violence en milieu urbain, un thème que connaît bien William Lustig, puisque le monsieur est l'auteur de Maniac (1980) et de Vigilante (1983). N'ayant plus rien réalisé depuis, le voici donc aux commandes de Maniac Cop en 1988. Nanti d'un tout petit budget d'un million de dollars et des poussières, le tournage du film s'effectue sur trois mois pour un résultat assez réussi. Série B sans prétention, bénéficiant de la présence d'acteurs solides comme Tom Atkins ou le génial Bruce Campbell, Maniac Cop, malgré ses airs de téléfilm parfois, a connu un joli succès en vidéo et a érigé en personnage culte Matt Cordell, le flic défiguré et psychopathe. Un nouveau croquemitaine qui vient rejoindre la longue liste des tueurs fous au cinéma, se plaçant à côté de Freddy, Jason et autre Michael Myers. Il reviendra d'ailleurs dans deux suites : Maniac Cop 2 (1990) et Maniac Cop 3 (1993), étant toujours interprété par Robert Z'Dar, acteur à la stature imposante qui avait déjà joué un sérial-killer en 1987 dans The Night Stalker, film inspiré par le vrai tueur en série Richard Ramirez. Dans Maniac Cop, il apparaît le plus souvent dans l'ombre et ne dévoilera son visage ravagé par les coups de cutter reçu en prison que vers la fin du film. Un effet classique dans le cinéma fantastique, qui crée une certaine tension et surtout une attente chez le spectateur, désireux de voir quel look possède cette nouvelle icône de l'horreur. Un choix gagnant, la dissimulation du visage étant compensée par une carrure monolithique, une force impressionnante et un sadisme non fin dans les meurtres. Mais c'était surtout un choix obligatoire pour William Lustig, aucun maquillage n'ayant été retenu définitivement concernant ce personnage au début du tournage. Les premières séquences de meurtres sont particulièrement efficaces et montrent déjà tout le potentiel du personnage. Le scénario est assez consistant pour nous tenir en haleine et propose des péripéties certes classiques (désignation d'un faux coupable, taupe chez la police qui renseigne le tueur...) mais qui donnent au film un rythme assez soutenu. On ressent un petit passage à vide vers les trois-quarts du métrage mais le final, avec un Matt Cordell faisant le ménage dans un commissariat façon Terminator, enchaîné à une course-poursuite infernale dans les rues de New York, nous tient plus qu'éveillé et apporte un vrai "pep's" au film. Le cinéphile appréciera de voir pas mal de visages connus au casting, comme ceux de Sam Raimi ou Richard Roundtree par exemple. Avec une réalisation soignée et une envie de bien faire qui se voit à l'écran, William Lustig nous propose donc avec Maniac Cop une bonne petite série B 80's, divertissante et rondement menée. Du bel ouvrage.

NOTE : 4/6