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99 FEMMES

 

99 FEMMES
(Der heiße Tod)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1969
Scénariste : Harry Alan Towers
Pays : Italie, Espagne, Allemagne, Angleterre
Genre : Aventure, Women in Prison
Interdiction : -16 ans
Avec : Maria Schell, Maria Rohm, Herbert Lom, Rosalba Neri...

L'HISTOIRE : De jeunes prisonnières sont envoyées au beau milieu du Pacifique, sur une île où se situe le pénitencier Castillo de la Muerte, dirigé d'une main de fer par le Gouverneur Santos et la cruelle directrice Thelma Diaz. Les nouvelles arrivantes portent le numéro 97, 98 et 99. Suite à plusieurs décès, une inspectrice, Leonie Caroll, débarque également sur l'île afin de vérifier les conditions de détention. Cette dernière va se prendre d'amitié pour Marie, la prisonnière 99...

MON AVIS : La collaboration entre le réalisateur Jess Franco et le producteur Harry Alan Towers a donné lieu à une série de neuf films de qualité, dont Le Trône de Feu, Venus in Furs, Les Nuits de Dracula ou Justine ou les Vices de la Vertu entre autres. Parmi les titres les plus emblématiques de la filmographie du réalisateur ibérique figure un certain 99 Femmes, réalisé en 1969 et qui est aussi une production d'Harry Alan Towers. Un film connu pour être l'un des premiers du genre Women In Prison, dont les prémices remontent au film Caged de John Crowell (1950). Si on trouvait déjà dans ce dernier les codes principaux du genre, avec la méchante directrice et le comportement violent des gardiens envers les prisonnières par exemple, Jess Franco va aller encore plus loin, en accentuant la violence, les châtiments et surtout en développant l'aspect érotique, élément qui deviendra la marque de fabrique de ce genre fort apprécié des amateurs de cinéma Bis. Sur un scénario assez simpliste (des femmes se retrouvent incarcérées dans une prison pour femmes et deviennent les jouets de la cruelle directrice et du Gouverneur, pendant qu'une détachée du gouvernement doit faire la lumière sur ce qu'il se passe dans cette prison...), Jess Franco livre une oeuvre soignée, correctement mise en scène, avec toujours ses traditionnels zooms au rendez-vous. Le film nous donne le plaisir de voir à l'écran la blonde Maria Rohm (troisième actrice qu'il a le plus dirigée avec Lina Romay et Soledad Miranda), Luciana PaluzziElisa Montés et surtout l'incendiaire Rosalba Neri, qui interprète une prisonnière qui aime trouver du réconfort auprès des femmes. L'aspect lesbien est ici développé et on assiste à quelques scènes saphiques très soft en fin de compte mais joliment filmé, mise à part la première qui ne donne à voir pas grand chose si ce n'est du... flou ! Peut-être un test de la part de Franco mais l'effet n'est pas formidable car il nous prive du joli corps dénudé des deux actrices. Heureusement, il se rattrapera ensuite, tout en restant assez prude par rapport à ses films à venir. La méchante directrice est jouée par Mercedes McCambridge, célèbre entre autres pour avoir été la rivale de Joan Crawford dans Johnny Guitar mais aussi la voix du démon Pazuzu dans L'Exorciste ! Le Gouverneur de l'île, qui dirige aussi la prison et n'hésites d'ailleurs pas à prendre du bon temps avec les prisonnières, est quant à lui joué par le non moins célèbre Herbert Lom, vedette du film noir durant les années 40 et 50 et interprète du Fantôme de l'Opéra dans le film de Terence Fisher réalisé en 1962. L'agent du gouvernement chargé d'enquêter sur la prison est joué par Maria Schell et son personnage est intéressant car elle va ressentir de l'humanité pour les prisonnières et tenter de faire que leur condition d'emprisonnement soit moins rude. Un casting solide donc pour un film qu'on pourra trouver un peu académique et finalement assez sage, même si on retrouve bien la patte Franco lors de deux scènes de flashback, nous dévoilant pourquoi Maria Rohm et Rosalba Neri ont atterri en prison. D'une durée de 89 minutes environ, 99 Femmes joue dans le registre du W.I.P durant une bonne heure avant d'aller flirter vers le film d'aventure en jungle lors de la dernière demi-heure. Un final aventureux bien dépaysant, avec serpent, marécage et chasse à l'homme, ou à la femme devrais-je plutôt dire. 99 Femmes est sortit en France sous le titre Les Brûlantes, avec un autre montage et parfois caviardé de séquences pornographiques rajoutées et qui discréditent l'oeuvre originale. En tout cas, un titre référence pour tout amateur de W.I.P. et une oeuvre fondatrice du genre. 

* Disponible en DVD et BR chez -> ARTUS FILMS <-
Bonus
Montage français sans inserts X (exclusivité BluRay)
Présentation par Stéphane du Mesnildot
Diaporama d’affiches et photos
Film-annonce original




LE TRÔNE DE FEU

 

LE TRÔNE DE FEU
(Il Trono di Fuoco / The Bloody Judge / The Night of Blood Monster)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1970
Scénariste : Enrico Colombo, Jess Franco, Michael Haller, Anthony Scott Veitch
Pays : Italie, Espagne, Allemagne, Liechtenstein
Genre : Aventure, Historique, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Christopher Lee, Maria Schell, Leo Genn, Maria Rohm, Margaret Lee...

L'HISTOIRE : Angleterre, 1685. A la mort du roi Charles II, Jacques II monte sur le trône. Mais une grande partie de la population est fidèle à Guillaume d'Orange, en exil. Afin de contrôler les conspirateurs, le juge Jeffreys est chargé de faire régner l'ordre. Il exécute sa mission avec beaucoup de zèle, torturant et faisant périr sur le bûcher de nombreuses femmes soi-disant sorcières. La famille de Lord Wessex, et notamment son fils Harry, va s'opposer au juge sanguinaire...

MON AVIS : Tiens, voilà encore un film qu'il faudrait montrer aux détracteurs de Jess Franco et aux mauvaises langues considérant que le prolifique réalisateur ibérique n'est qu'un vulgaire tâcheron ! Je ne suis pas de ceux qui glorifient toute l'oeuvre de Jess Franco, quitte à faire passer des vessies pour des lanternes par amour du cinéma Bis, loin s'en faut. Mais force est de constater que sa filmographie recèle de vrais bons films et Le Trône de Feu en est un, assurément. Produit par Harry Alan Towers en 1970, ce film se révèle en effet d'une réelle qualité, que ce soit dans la mise en scène, le casting proposé, le soin apporté aux costumes, au choix des décors naturels ou aux scènes de batailles. Il mêle film d'aventure politique (avec complots à la cour pour renverser le roi Jacques II, révolte menée par des rebelles opposés au pouvoir en place), film historique (le récit prend à son compte un fait historique réel ainsi que des personnages ayant réellement existé) et film d'horreur utilisant le thème de la terrible inquisition, en la personnage du fameux juge sanglant, George Jeffreys, né le 15 mai 1645 et mort le 18 avril 1689 à la tour de Londres. Un personnage antipathique, sans pitié, ayant envoyé à la torture puis à la mort des centaines de personnes et dont les méfaits ont été une source d'inspiration pour des films tels Le Grand Inquisiteur par exemple. Du propre aveu de Jess Franco, sa principale source d'inspiration pour ce film a été le film de Rowland V. Lee réalisé en 1939, La Tour de Londres, avec un Boris Karloff particulièrement inquiétant dans son rôle de bourreau. Dans Le Trône de Feu, c'est Christopher Lee en personne qui va avoir l'honneur d'interpréter ce juge inquisiteur redoutable et le prestigieux acteur s'en sort très bien, avec une interprétation plutôt maîtrisée, sans excès, posée, sans surenchère dans le démonstratif. Il agit par principe, ses principes, et seul son jugement moral est valable, ce qui rend les séquences de tribunal assez glacial car on sait que, quelque soit la défense des accusés, le sort de ces derniers est déjà réglé dans l'esprit du juge Jeffreys, qui a droit de vie ou de mort sur quiconque. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir quelques petits problème de conscience, comme nous le montre une excellente scène de cauchemar dans laquelle il revoit le sort tragique de ses victimes, livrées à son bourreau personnel, et dont les images crues de tortures viennent le hanter. Des images horrifiques soignées et qui de déméritent pas face à la concurrence, même si dans le genre, l'inégalable reste sans conteste le terrible La Marque du Diable, sortit d'ailleurs en cette même année 1970. Dans le film de Franco, le bourreau est interprété par son acteur fétiche, à savoir Howard Vernon bien sûr, qui s'en donne à cœur joie pour terrifier et maltraiter les jeunes filles sans défense ! Même si Le Trône de Feu n'est pas un catalogue de tortures en tout genre, on assistera bien à quelques séquences mettant en vedette flagellations, étirements de membres, fer brûlant posé à même la peau et autres petits supplices fort sympathiques. Encore plus étrange sera la scène dans laquelle Maria Rohm se met à lécher le corps dénudée et ensanglantée d'une suppliciée, sans véritable raison d'ailleurs, sauf à procurer du plaisir à notre fameux bourreau qui n'en rate pas une miette. Maria Rohm qui est d'ailleurs l'actrice principale du film, jouant le rôle de Mary Gray, jeune fille amoureuse du fils de Lord Wessex et qui va se retrouver prisonnière dans les geôles du juge Jeffreys ! Son fiancé Harry (Hans Hass Jr.) fera tout pour la libérer, quitte à risquer sa vie puisque œuvrant aux côtés de rebelles voulant renverser le roi Jacques II. Cette rébellion sera l'un des thèmes principaux du film également, avec une belle scène de batailles entre les deux armées, scène dont Jess Franco était particulièrement fier. Le film enchaîne et mélange donc les jugements de Jeffeys, les tortures dans les donjons, les intrigues politiques, les courses-poursuites à cheval, les exactions des hommes de main du juge, la romance entre Mary et Harry, la rébellion contre le pouvoir, le tout avec une petite touche d'érotisme et de sadisme propre à ce type de film. On sent que le budget a été plutôt conséquent pour le réalisateur, qui a su en tirer parti afin d'offrir le meilleur spectacle possible au public. Vraiment, Le Trône de Feu est un film très soigné visuellement, qui fait tout à fait illusion et qui retranscrit bien l'époque du récit. Du bon cinéma populaire, qu'on prend plaisir à regarder et qui bénéficie de la très jolie partition musicale de Bruno Nicolai ! A noter que le personnage du comte de Wessex devait initialement être interprété par Dennis Price, mais ce dernier quitta le projet à la dernière minute et fut remplacé par Leo Genn. Dennis Price est néanmoins toujours crédité sur certaines affiches et autres matériels publicitaires, comme sur l'affiche française présentée en début d'article.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-    
Superbe qualité d'image pour redécouvrir les sentences mortelles de Christopher Lee, parfait en juge inquisiteur ! VF + VO anglaise (avec quelques passages en Allemand)
BONUS
- Présentation par Stéphane du Mesnildot
- Scène coupée
- Diaporama d’affiches et photos
- Film-annonce original



DEUX ESPIONNES AVEC UN PETIT SLIP A FLEURS

 

DEUX ESPIONNES AVEC UN PETIT SLIP A FLEURS
( Ópalo de fuego: Mercaderes del sexo)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1978
Scénariste : Evelyne Scott, Jess Franco
Pays : Espagne, Portugal
Genre : Comédie, espionnage, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Lina Romay, Nadine Pascal, Olivier Mathot, Joëlle Le Quément, Mel Rodrigo...


L'HISTOIRE : Une traite de blanches est organisée pour de riches clients. Le sénateur Connoly propose la mission à deux prostituées, Cécile et Brigitte, en échange de leur libération de prison. Sous de faux noms, elles se font engager dans un cabaret pour débuter leurs investigations...

MON AVIS : Le prolifique Jess Franco + la firme Eurociné + Lina Romay : je vois déjà les amateurs de cinéma Bis frétiller devant leurs écrans ! Tourné aux Canaries en 1978, ce film avait pour titre de travail L'Opale de Feu, en référence à cette curieuse bague que porte la gérante du trafic de blanches et qui possède le pouvoir d'hypnotiser les futures victimes. Par la suite, le film changea de titre pour un plus simple Deux espionnes, avant que le patron d'Eurociné ne lui donne son titre définitif d'exploitation, à savoir cet amusant Deux Espionnes avec un petit slip à fleurs. Amusant car pas une seule fois on ne verra ce fameux petit slip à fleurs ! Au générique, on trouve les habitués des productions Jess Franco, à savoir par exemple les acteurs Olivier Mathot, Nadine Pascal, Muriel Montossé ou Claude Boisson entre autres mais aussi Daniel White à la musique, jazzy forcément. Avec cette petite production sans prétention, Jess Franco se fait plaisir en mélangeant les genres, à savoir la comédie, le film d'espionnage et l'érotisme bien sûr. On a donc deux prostituées qui viennent de se faire arrêter par la police (Lina Romay et Nadine Pascal) et elles se voient offrir une seconde chance par le sénateur Connoly (Olivier Mathot), qui leur propose de devenir espionne pour son compte et d'infiltrer un vaste réseau de traites des blanches, dirigé par le couple Forbes (la ravissante Joëlle Le Quément et le chauve Claude Boisson, qui a bien la tête de l'emploi). Il faut bien admettre que la partie "espionnage" est très pauvre et qu'on est à des années-lumières des péripéties vécues par James Bond, OSS 117 ou Francis Coplan entre autres ! C'est principalement la belle Lina Romay, ici affublée d'une coupe de cheveux franchement pas terrible, qui va endosser le rôle d'espionne et mettre sa vie en danger. Capturée et torturée par deux méchantes sbires du couple Forbes, elle parviendra à s'enfuir lors d'une scène mémorable dans laquelle elle porte un bikini et un bonnet de bain couleur or et dont le soutien-gorge est bien trop petit pour elle, ce qui laisse passer sa poitrine lors de la course-poursuite où elle doit échapper à ses poursuivants qui, eux, sont en hélicoptère et armées de mitrailleuses ! Impayable ! Pour le reste, l'action est plutôt d'une platitude un brin soporifique. Franco se rattrape toutefois avec un petit côté sadique bienvenu, lors de scènes de tortures sur les prisonnières, avec pincement de tétons ou brûlures à la cigarette. On a même monsieur Forbes qui viole chaque nouvelle arrivante, devant sa femme qui ne ressent plus d'attirance sexuelle pour lui. Sympa tout plein ! Plus gênant par contre, le fait d'avoir doté Lina Romay d'un accent qui rend souvent difficile la compréhension de ses répliques. L'aspect comédie est principalement amené par le personnage masculin principal, à savoir Milton (Mel Rodrigo), un jeune homme homosexuel qui va néanmoins tomber sous le charme de Lina et tout tenter pour la maintenir en vie, quitte à la planquer dans une communauté hippie qui fait partie de ses amis. Quant à l'aspect érotique, c'est clairement celui qui est le plus mis en avant dans le film, avec nombre de séquences où le casting se retrouve à poil et s'adonne au plaisir du sexe. La plastique des actrices fait que le spectacle s'avère agréable mais l'accumulation de ce type de scènes ralentit encore plus un rythme déjà pas bien folichon et nous plonge souvent dans la torpeur au lieu de nous vivifier. On ne dira rien des séquences de cabaret, censées être la couverture de nos deux espionnes de charme, tant elles s'avèrent d'une ringardise à toute épreuve. Même Olivier Mathot est de notre avis, ponctuant les numéros d'un "c'est assez édifiant" qui ne trompe personne ! Bref, on a là un Jess Franco assez mineure dans sa longue filmographie et on a connu le réalisateur ibérique bien plus inspiré. 

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-
Bonus :
- Présentation par Daniel Lesoeur
- Analyse par Stéphane du Mesnildot
- Diaporama d’affiches et photos
- Film-annonce original




LES NUITS BRÛLANTES DE LINDA

 

LES NUITS BRÛLANTES DE LINDA
(Les Nuits Brûlantes de Linda)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1975
Scénariste : Nicole Guettard, Jess Franco
Pays : France, Italie
Genre : Thriller, drame, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Alice Arno, Lina Romay, Paul Muller, Monica Swinn, Pierre Taylou...


L'HISTOIRE : Marie-France trouve un emploi comme nurse dans une famille française et puritaine résidant en Grèce.  Le père est soupçonné d'avoir assassiné autrefois son épouse adultère et vit dans le remords. A ses côtés, sa fille Linda, paralytique, et Olivia, sa nièce nymphomane. Et enfin, Abdul, l’homme à tout faire simple d’esprit et quasi muet. Les frustrations de la famille vont être chamboulées par l’arrivée de Marie-France…

MON AVIS : Ah Jess Franco ! Des nouveaux titres dans la belle collection qui lui est dédié chez nos amis d'Artus Films ! On attaque avec Les Nuits Brûlantes de Linda, qui aurait très bien pu s'appeler Les Nuis Brûlantes de Lina ! Pourquoi ? Tout simplement parce que la Linda du titre est interprétée par Catherine Lafferiere, qui est, dans le film, une jeune fille infirme et muette alors que sa cousine Olivia, interprétée cette fois-ci par Lina Romay, est une pure nymphomane qui a des nuits bien agitées. Je précise que la version proposée par l'éditeur est la version soft et que le terme "nuits brûlantes" est un peu exagéré vu que le potentiel érotique se montre plutôt très tiède ici. Comme souvent chez Franco, le film a bénéficié de plusieurs versions dont une X, ces séquences hards étant proposées dans la section bonus. Et effectivement, le titre est plus justifié avec sa version X. Mais bon, parlons de la version visionnée : en l'état, on retrouve tout ce qui fait le charme (ou le défaut ?) des films de Franco, à savoir une abondance de zoom à n'en plus finir, sa muse Lina Romay filmée sous toutes les coutures, un montage parfois un peu abrupte, un jeu d'acteurs parfois approximatif, une histoire qui mêle divers genres et dont le fil conducteur semble s'être égaré au fur et à mesure de son déroulement, avec des actions de certains personnages (celui d'Olivia pour être précis) qui semblent tomber comme un cheveu dans la soupe vers la fin et qu'on a du mal à expliquer. Pourtant, ça démarrait plutôt bien : une nurse française (Alice Arno) accepte en travail dans une famille vivant en Grèce et va devoir s'occuper d'une jeune fille infirme. Sur place, elle découvre que les résidents ont tous une grande frustration sexuelle et quelques problèmes psychologiques. Le maître des lieux (Paul Muller) est soupçonné d'avoir tué sa femme à cause d'une sombre histoire d'adultère et ne se remet pas de la perte de cette dernière, continuant à lui parler et à la voir, allongée nue dans le lit conjugal, raide morte. Un policier et une photographe sont d'ailleurs chargés de suivre ses moindres mouvements, l'observant jour et nuit à la jumelle pour tenter de faire la lumière sur cette curieuse affaire. Sa fille Linda est donc infirme, muette et est aidée par le domestique Abdul, lui aussi quasi muet. La cousine de Linda, Olivia, vit avec eux et s'ennuie ferme dans cette grande demeure, passant son temps à se livrer aux plaisirs de l'onanisme tout en ayant des nuits agitées, on apprendra plus tard le pourquoi du comment. Elle profite également de l'infirmité de sa sœur pour avoir du bon temps avec elle et à ce titre, une des scènes de la version X se montre particulièrement sordide, Olivia pénétrant à l'aide d'une banane sa cousine. Une séquence qui fait du personnage de Lina Romay un être encore plus abjecte et folle à lier qu'elle ne l'est dans la version soft.. Avec cette galerie de personnages pas très clairs ni sains d'esprit, Jess Franco parvient à créer un climat assez malsain mais qui, malheureusement, tombe rapidement à l'eau, la faute à une écriture pas assez travaillée du scénario. Le personnage d'Alice Arno se voit par exemple vite reléguée au second plan quand il ne disparaît pas durant de longues minutes à un moment donné. Les films propose de nombreuses scènes de rêves érotiques mais cette version soft est étonnement très (trop) soft et ne provoque au final pas grand chose sur le public. Reste la scène où Lina Romay mange une banane devant Abdul, imitant une fellation sur le délicieux fruit. C'est peu. Même les téléfilms de M6 se montrent plus érotiques que Les Nuits Brûlantes de Linda, c'est dire ! Le manque de consistance de l'histoire, le manque de lien entre les séquences ne jouent pas non plus en sa faveur, on a souvent l'impression que Franco a oublié de suivre une trame et qu'il met bout à bout diverses séquences en espérant que l'ensemble concorde un tant soit peu. Dommage de ne pas avoir approfondi le trauma d'enfance d'Olivia et de ne pas avoir mieux préparé son pétage de plomb meurtrier à la fin du film car là, on ne comprend pas trop pourquoi elle en arrive à cet excès. Bref, petite déception à l'arrivée, ça manque clairement de sensualité et l'aspect foutraque de l'histoire ne tire pas le film vers le haut, alors que ça aurait pu donner quelque chose de bien plus intéressant et malsain. A voir pour Lina Romay avant tout, qui a toujours son charisme naturel qui fait son petit effet.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-
Très beau digipack sous fourreau, avec le film proposé en VF mais incluant des passages en VOSTF. Niveau bonus, on trouve :
- Présentation par Daniel Lesoeur
- Présentation par Stéphane du Mesnildot
- Scènes additionnelles issues de la version X
- Diaporama d’affiches et photos
- Film-annonce original





OPÉRATION RE MIDA

 

OPÉRATION RE MIDA
(Lucky, el intrepido / Agente Special LK)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1967
Scénario José Luis Martínez Mollá, Julio Buchs, Remigio Del Grosso, Jess Franco
Pays : Italie, Espagne, Allemagne
Genre : Policier, Action, Comédie
Interdiction : /
Avec : Ray Danton, Barbara Bold, Dante Posani, Rosalba Neri, Beba Loncar...

L'HISTOIRE Une organisation criminelle dirigée par Goldglasses inonde le monde de faux billets. Alors qu’il se trouve à une soirée costumée, l’agent Lucky Mulligan est contacté par la société secrète Archangel qui lui demande de mener l’enquête. Épaulé le jeune et fougueux Michele, Lucky va remonter la piste des faux-monnayeurs, ce qui va l'entraîner à Rome puis en Albanie pour tenter de neutraliser le réseau...

MON AVIS : Quand je pense que certains osent affirmer haut et fort que Jess Franco est un mauvais réalisateur et qu'il n'a fait que des navets ! C'est quand même bien mal connaître le réalisateur espagnol. Certes, sa filmographie n'est pas exempte de navets ou de nanars, il faudrait être de mauvaise foi pour dire le contraire mais elle comprend aussi des films moyens et des bons films, voire même d'excellents films. Le quatorzième film de Jess Franco se rangera aisément dans la catégorie des bons films puisque, avec Opération Re Mida, connu aussi sous le titre de Lucky l'Intrépide, il nous offre un Euro Spy loufoque et bien délirant, qui fait preuve d'une vraie originalité et surtout de beaucoup d'inventivité. Réalisé en 1967 et inspiré par des bandes-dessinées espagnoles, comme nous l'a appris le livre Les mémoires de l'Oncle Jess, que Christophe Bier remet en avant dans son bonus présent sur le DVD, Opération Re Mida est avant tout une parodie des films d'espionnage à la James Bond, qui ne se prend jamais au sérieux mais sans jamais sombrer dans le ridicule et c'est bien là tout son intérêt. L'exercice aurait pu devenir calamiteux et fort lourd mais le père Franco réussi à mélanger les divers ingrédients avec un certain brio, prenant le partie-pris de transformer son film en une vraie bande-dessinée live, en témoigne certaines images du film qui ont l'apparence d'une planche de BD, avec photos et bulles contenant du texte. Comme je l'ai dis, Franco propose beaucoup d'inventivité dans ce film, qui est un de ses préférés d'ailleurs. C'est un véritable catalogue de gags et de répliques loufoques qui attend le spectateur, qui se prendra au jeu grâce à une mise en scène des plus correctes et travaillées et un rythme qui n'a vraiment rien de contemplatif. C'est bien simple, l'aventure de ce super-héros sans pouvoir enchaîne les péripéties sans interruption, il se passe toujours quelque chose à l'écran et le rythme ne faiblit jamais. Le public se retrouve dans divers endroit du monde, tel Londres, Rome, l'Albanie et une île des Caraïbes ! Le dépaysement est donc au rendez-vous, les divers décors naturels et paysages permettant au film de ne jamais ennuyer. Un peu à la manière du Bob Sinclar interprété par Jean-Paul Belmondo dans Le Magnifique, qui sera tourné bien plus tard, notre intrépide Lucky, joué par l'excellent Ray Danton, est un agent secret déterminé, qui maîtrise toutes les situations et fait fondre le coeur des demoiselles qu'il rencontre durant ses périlleuses missions. Uniquement armé de son pistolet fétiche, qui ne rate jamais sa cible, Lucky a pour acolyte un jeune homme dynamique, Michele (Dante Posani) qui va l'accompagner et l'aider à trouver l'organisation criminelle qui veut inonder le monde de faux billets. Le duo fonctionne bien et sert aussi d'éléments humoristiques lors de certaines situations parodiques fort amusantes et de savoureux dialogues. Qui plus est, c'est Michele qui va se servir de multiples petits gadgets, nous rappelant une certaine saga avec un dénommé 007. Pilule pouvant faire exploser 27 hommes ou gaz qui arrête littéralement le temps (si, si, vous verrez), Franco n'hésite pas à verser dans l'outrance au niveau des gadgets présentés et ce, pour le plus grand plaisir du spectateur. Notre duo qui va bien sûr être amené à croiser la route de fort jolies dames, leur présence étant incontournable de tous films d'espionnages. Le casting féminin est donc fort agréable à regarder, avec de belles actrices comme Teresa Gimpera, Beba LoncarBarbara Bold et notre Rosalba Neri adorée, qui interprète ici la responsable de la police en Albanie, une vraie tigresse armée d'un fouet dont elle use et abuse mais qui ne restera pas insensible au charme de Lucky l'intrépide. On le voit, Opération Re Mida possède tous les éléments à même d'en faire un film fort divertissant. Je ne savais pas que le film versait ouvertement dans la parodie-hommage mais au contraire de certains autres films qui utilisent la même recette, ça ne m'a jamais dérangé ici et j'ai souvent eu un sourire sur le visage devant les facéties présentées. Et l'aspect technique du film est aussi à mettre en avant, car avec peu de moyens, Franco a réussi à nous faire croire que le film a eu un budget correct, que ce soit au niveau des costumes, des scènes d'action ou des nombreux véhicules utilisés (voitures, trains, avion...). Franchement, Opération Re Mida est une chouette découverte qui méritait bien cette sortie DVD !

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS



LES POSSÉDÉES DU DIABLE

LES POSSÉDÉES DU DIABLE
(Lorna the Exorcist)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1974
Scénario : Jess Franco, Robert de Nesle, Nicole Guettard
Pays : France
Genre : Fantastique, Erotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Pamela Stanford, Guy Delorme, Lina Romay, Jacqueline Laurent...


L'HISTOIRE : De retour d’un voyage d’affaires afin de pouvoir fêter les dix-huit ans de sa fille Linda, Patrick Mariel reçoit un appel d’une certaine Lorna qui se montre extrêmement dure et sévère, l’obligeant à modifier ses projets ; il se rend avec sa femme et sa fille en Camargue et sans éveiller les soupçons de sa famille, il retrouve Lorna qui lui réclame sa fille. Refusant de céder à la pression, la vie de Patrick va sombrer dans le chaos, Lorna étant une puissante sorcière possédant des pouvoirs surnaturels lui permettant de dominer et de soumettre qui bon lui semble. Elle va d’abord s’en prendre à la femme de Patrick puis à Linda afin que soit respecté le pacte diabolique que Patrick a accepté il y a dix-huit ans…

MON AVIS : Le titre français Les possédées du Diable est bien plus approprié que le titre original de Lorna the Exorcist qui veut surfer évidemment sur le succès mondial de L’exorciste l’année précédente. Pourtant, point d’exorcisme dans le film et, comble d’incohérence, le personnage de Lorna représente la face du Mal, la sorcière possédant ses victimes et non un quelconque religieux venant combattre le démon. Par contre, des possédées, on en trouve plusieurs. L’amateur sera donc moins surpris et aura moins l’impression de s’être fait vendre un film d’exorcisme qui n’en est pas un avec le titre français. Ceci étant établi, passons au contenu. Comme a son habitude, Jess Franco nous gratifie de nombreuses séquences érotiques, et ce, dès l’introduction. Le casting féminin se voit continuellement dénudée, ce qui n’est pas pour nous déplaire vu qu’il s’agit de Lina Romay, Pamela Stanford et Jacqueline Laurent. Le réalisateur aime les femmes et les filme avec amour, peut-être trop même, car sa caméra s’attarde sur les corps nus de manière parfois trop insistante, contemplative, ralentissant le rythme et l’action du long métrage. En tout cas, on remarquera que Lina Romay a un rôle plus travaillé ici et qu’en plus des scènes érotiques dans lesquelles elle s’en sort très bien, elle « joue » un vrai personnage et se révèle même surprenante lors du final qui la voit être possédée à son tour. Son visage, sa bouche, ses yeux, ses cris, associés à la position de la caméra, lui donne un air véritablement angoissant, qui parvient à faire frissonner, sans aucun recours à des effets-spéciaux. Une possession à l’état brut, qui relève plus de la folie et qui nous fait penser aux images de certains pensionnaires des hôpitaux psychiatriques vues dans des documentaires. Troublant. Les possédées du diable baigne d’ailleurs dans un univers trouble, fantasmagorique, pas dénué d’intérêt. On a l’impression d’être dans un cauchemar éveillé qui puise son inspiration dans le mythe de Faust, avec cet homme qui fait un pacte avec une femme juste pour pouvoir la posséder sexuellement, sans prendre réellement conscience des enjeux que cela entraînera dans le futur. Jess Franco utilise tout ce qu’il a à disposition pour parvenir à créer cette ambiance particulière. Les décors, les façades d’immeubles, le casino, le maquillage de Lorna. En outre, il met en scène quelques images chocs, comme celles où Jacqueline Laurent, en proie au pouvoir de Lorna, croit voir des crabes se promener sur son corps : une séquence qui renvoie à nouveau à la notion de folie, le personnage n’ayant plus de lien avec la réalité. Autre scène qui reste en mémoire, celle où Lorna donne son sein au personnage joué par Lina Romay afin de lui transmettre son pouvoir et la déflore à l’aide d’un godemiché. Le passage de l’adolescence à l’âge adulte se fait grâce au diable pour la jeune fille qui ne sera plus jamais la même, ce que confirme la séquence finale. Bref, Jess Franco nous plonge dans un univers réaliste et psychédélique à la fois qui ne laissera personne indifférent.

LE BR DU CHAT QUI FUME :
J'ai toujours l'impression de me répéter quand je parle des éditions du Chat qui Fume mais que voulez-vous, il faut bien accepter cet état de fait : c'est encore un travail de grande qualité qui nous est proposé ici. La copie du film de Franco est certes imparfaite, avec quelques scories à l'image mais il s'agit tout de même de la plus belle copie du film à ce jour. Le travail de restauration a été minutieux et réalisé à partir de deux copies 35mm et le résultat enterre la version présente sur l'édition DVD de Mondo Macabro. Ajoutons à cela des bonus intéressants, avec une présentation du film par le spécialiste Alain Petit et une interview de Pamela Stanford et Jacqueline Laurent. Ce combo DVD / BR est donc l'achat obligatoire pour découvrir dans les meilleures conditions cet étrange objet qu'est Les Possédées du Diable.

* Disponible en BR chez LE CHAT QUI FUME






TENDER FLESH

TENDER FLESH
(Tender Flesh / Carne Fresca)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1997
Scénariste : Jess Franco
Pays : Espagne, Etats-Unis
Genre : Érotique, Survival
Interdiction : -16 ans
Avec : Amber Newman, Lina Romay, Monique Parent, Aldo Sambrell, Alain Petit...


L'HISTOIRE : Strip-teaseuse dans une boîte de nuit, Paula se fait remarquer par un étrange couple, certainement riche, et prônant l’amour libre. Il l’invite alors à venir passer quelques jours dans un palace sur une île. Là, au milieu du luxe et des mœurs dépravées des protagonistes, elle va découvrir que ses hôtes sont plutôt portés sur la chasse et la chair humaine...

MON AVIS : Si vous connaissez un peu les films de Jess Franco ou si vous possédez ceux qui ont été édité par Artus Films, la lecture du synopsis de Tender Flesh vous aura très certainement fait penser à celui de La Comtesse Perverse, que le réalisateur espagnol a réalisé en 1974. Et vous aurez raison puisque Tender Flesh est le remake moderne de ce dernier. Malheureusement, il est loin d'en avoir les qualités. La Comtesse Perverse mélangeait érotisme et chasse à l'homme avec un certain brio. Les scènes saphiques, la présence de Lina Romay et d'Alice Arno, les décors, dont la maison des maîtres de l'île avec son escalier renversant ou le thème du cannibalisme étaient traités avec raffinement et cette relecture du classique Les Chasses du Comte Zaroff marquait des points et remplissait largement son contrat. Lina Romay est également au générique de Tender Flesh mais avec 23 ans de plus au compteur et il faut bien reconnaître que la jolie brune a perdu de sa superbe avec ses cheveux coupés ultra-court et ses traits marqués. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à se dévêtir devant la caméra de son mari. Mais honnêtement, ce n'est pas très érotique. Plus sexy et excitante est la jeune vedette du film, Amber Newman. Elle joue le rôle de Paula et se livre sans retenue aux différents acteurs et actrices du casting, que ce soit la jolie blonde Monique Parent (la comtesse Irina) ou le jeune Mikail Kronen, qui joue un rabatteur. La plastique de l'actrice, son charme, sa fraîcheur et sa ravissante poitrine sont assurément ce qu'il y a de plus intéressants dans le film, tout comme l'aspect fétichiste qui se dégage de certaines séquences. Vêtements très aérés et bottes en cuir sont mis en avant par Jess Franco, qui filme même l'actrice Analia Ivars faire une fellation au talon-aiguille de sa maîtresse. Le passage du strip-tease d'Amber Newman, entourée de deux mannequins en plastique ressemblant à des sortes de momies et pourvus de membres turgescents est également à mettre dans les points positifs du film, nous rappelant des œuvres décalées comme Café Flesh par exemple (en plus soft bien sûr). Mais hormis cela, on ne peut dire qu'il y a grand chose à retenir de Tender Flesh. Jess Franco mise avant tout sur le côté érotique du film mais peine à rendre les (trop) nombreuses séquences déshabillées ne serait-ce que jolies. J'ai trouvé que le film n'était pas très bien filmé et sur les 90 minutes que dure ce dernier, il y en a 75 qui sont uniquement consacrées à des scènes sexuelles. Heureusement, les ultimes quinze dernières minutes rattrapent un peu l'ensemble car dédiées à la partie de chasse à l'homme, ou plutôt à la chasse à Amber Newman puisque c'est la plus jolie actrice du film qui va devenir la proie de ce groupe de riches adeptes de la traque et de la chasse à l'arc, leurs victimes étant ensuite cuisinées avec raffinement par un Alain Petit qui assure en cuistot cannibale. La dernière image, avec une Monique Parent rôtie à point, est succulente et bien déjantée. Dommage de Franco n'a pas accordé plus d'importance à la chasse à l'homme et qu'il a préféré mettre en scène un simple film érotique avant toute autre considération. Reste donc la prestation bien en chair d'Amber Newman et quelques scènes un brin fantaisiste. Pas suffisant pour préférer Tender Flesh à La Comtesse Perverse en tout cas. A noter que l'édition 2 DVD d'Artus Films nous permet de visionner en bonus un making of sous forme de journal filmé à l'époque et durant le tournage par Alain Petit. De quoi découvrir Jess Franco sur un plateau, dirigeant ses comédiens et comédiennes. Très intéressant.

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS


LES EXPÉRIENCES ÉROTIQUES DE FRANKENSTEIN

LES EXPÉRIENCES ÉROTIQUES DE FRANKENSTEIN
(La Malédiction de Frankenstein)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1973
Scénariste : Jess Franco
Pays : France, Espagne
Genre : Fantastique
Interdiction : -16 ans
Avec : Britt Nichols, Anne Libert, Alberto Dalbés, Howard Vernon, Daniel White...


L'HISTOIRE : Le docteur Frankenstein parvient à greffer un cerveau humain dans le corps de sa créature. Il est alors attaqué par un être mi-femme, mi-oiseau. Cette dernière tue le docteur Frankenstein ainsi que son assistant et kidnappe la créature pour l'apporter à son maître, le mage Cagliostro. Vera Frankenstein, fille du docteur, parvient à ressusciter temporairement son père pour obtenir des informations sur son décès. En apprenant que le meurtre est l'oeuvre de Cagliostro, elle décide de se rendre chez ce dernier afin de venger son père. Cagliostro a quant à lui le désir de créer la femme parfaite et de l'accoupler avec la créature de Frankenstein...

MON AVIS :  De l'aveu même de Jess Franco, ce dernier s'est carrément fait chier durant le tournage de son film Les Nuits de Dracula réalisé en 1970. Il fallait faire un film trop sérieux, trop respectueux du roman de Bram Stoker et l'expérience n'a pas vraiment plu au réalisateur espagnol. Franco s'est donc "vengé" dès 1972 avec Dracula Prisonnier de Frankenstein, La Fille de Dracula et La Malédiction de Frankenstein, ce dernier ayant été re-titré en France en Les Expériences érotiques de Frankenstein. Trois films illustrant des figures mythiques du cinéma fantastique mais à la sauce Jess Franco ! Si La Fille de Dracula est celui qui possède le plus de retenu sur les trois, les deux autres font preuve d'une exubérance totale et n'hésitent pas à verser dans le délire le plus absurde. La lecture du synopsis de ces Expériences érotiques de Frankenstein nous indique que Jess Franco n'y a pas été avec le dos de la cuillère au niveau des situations improbables et que les admirateurs des classiques de la Universal avec Boris Karloff risquent fort d'avoir une crise cardiaque à la vue des images proposées. Le fan de cinéma Bis délirant sera, quant à lui, comblé d'aise devant ce spectacle dégénéré et qui part en vrille à chaque séquence. Véritable capharnaüm d'idées farfelues et de séquences hallucinantes et nonsensiques, Les Expériences érotiques de Frankenstein est un film qui se moque des conventions et les détourne au profit d'une liberté créatrice qui fait plaisir à voir. Certains diront qu'il s'agit d'un manque de respect envers les films de la Universal mais après tout, rien n'est écrit dans le marbre et un réalisateur a bien le droit de s'amuser à livrer sa vision des choses, aussi délirante soit-elle. Un délire qui commence d'ailleurs par ce titre français qui est un peu à côté de la plaque puisque ce n'est pas du tout le docteur Frankenstein qui se livre à de curieuses expériences ici mais le mage Cagliostro, superbement interprété par un Howard Vernon en roue libre. Le docteur Frankenstein (Dennis Price) se contente de donner un cerveau à sa créature au tout début du film et... c'est tout. Rien d'érotique dans tout ça vous en conviendrez. Alors que le cas Cagliostro, c'est différent. Mais son nom est moins vendeur que celui de Frankenstein a du se dire le publicitaire. Certes. Reste que c'est donc bien Howard Vernon qui va se livrer à des expériences légèrement érotiques en kidnappant la créature de Frankenstein afin que cette dernière aille à son tour kidnapper de jolies jeunes filles pour que son nouveau maître puisse lui construire la femme parfaite en utilisant plusieurs parties du corps des futures victimes. Une relecture totalement Bis de La Fiancée de Frankenstein donc ! Il s'embête bien Cagliostro par contre puisque la première victime, qu'il va décapiter pour n'en conserver que la tête (logique !), n'est autre que la sublime Britt Nichols ! Pourquoi s’embarrasser à coudre diverses parties de corps ensemble quand on a déjà la femme parfaite entre les mains ? Un peu tordu dans leur tête ces savants fous mais c'est pour ça qu'on les aime me direz-vous et ce n'est pas faux. L'équipe chargée des effets spéciaux a du lire dans mes pensées en tout cas puisque cette fameuse créature femelle qu'on nous fera découvrir vers la fin du film aura bel et bien la tête et le corps de Britt Nichols, et sans aucune trace de couture sur le corps en plus ! Impayable ! Des moments "hors du temps" comme ça, il y en a légion dans Les Expériences érotiques de Frankenstein. La palme revient sans aucun doute au rôle qu'interprète Anne Libert : Melissa, une créature mi-femme, mi-oiseau ! Entièrement nue, elle est recouverte à certains endroits de son corps par des plumes bleues ! Elle se lance tantôt dans des invocations qui n'en finissent plus ou alors se met à parler... en cri d'oiseau ! Hallucinant. Je sais pas ce qu'il a fumé le Jess Franco sur le tournage mais ça devait être de la bonne. Cette étrange créature est en plus aveugle apparemment, et Anne Libert retranscrit cette cécité en passant tout le film à lever les yeux vers le ciel pour bien nous faire comprendre qu'elle n'y voit rien. Ah ça oui, ça vaut son pesant de cacahuètes. Cerise sur le gâteau, Melissa adore se repaître de chair humaine. N'en jetez plus, la coupe est pleine. Mais c'est sans compter sur la folie de Jess Franco qui en rajoute encore une couche supplémentaire avec la créature de Frankenstein (un mec plutôt grand et baraqué, dont le corps est entièrement peint avec une couleurs aluminium du plus bel effet) mais aussi avec la cour des miracles de Cagliostro : on ne sait pas très bien d'où viennent toutes ces créatures bizarroïdes (de ses précédentes expériences ?) mais le look de certaines valent le détour, c'est le moins que l'on puisse dire. Bref, vous l'avez compris, avec Les Expériences érotiques de FrankensteinJess Franco n'a pas du tout voulu rendre hommage aux films des années 30. Si vous visionnez cette oeuvre avec l'optique d'assister à un film d'épouvante sérieux et cherchant à faire flipper le spectateur, vous aurez tout faux. Pour apprécier cette oeuvre, il faut laisser la logique au vestiaire et se laisser embarquer durant 75 minutes dans un délire érotico-fantastique qui ne recule jamais à en faire trop. En ce qui me concerne, c'est dans cet état d'esprit que je l'ai visionné et je me suis franchement bien marré, sans jamais m'ennuyer. N'hésitez pas à tenter l'expérience !

PS : Artus Films a encore BIEN fait les choses puisque l'éditeur nous offre le montage français mais aussi le montage espagnol du film. Si vous voulez voir des actrices (et un acteur) totalement nues, foncez tête baissée sur le montage français. Le montage espagnol a supprimé toute la notion érotique du film, rhabillant le casting pour l'occasion et effectuant de grosses coupes lors de certaines scènes un peu dénudées. Pour compenser ces coupes, Jess Franco a du tourner des séquences additionnelles pour ce montage espagnol. Ces dernières se focalisent donc sur un groupe de gitans dont l'une n'est autre que la belle Lina Romay dont c'est la première apparition à l'écran. Malgré la présence succincte de cette actrice, on préférera le montage français.

 * Disponible en combo DVD + BR chez ARTUS FILMS

LA FILLE DE DRACULA

LA FILLE DE DRACULA
(La Fille de Dracula)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1972
Scénariste : Jess Franco
Pays : France, Portugal
Genre : Fantastique, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Britt Nichols, Anne Libert, Alberto Dalbés, Howard Vernon, Daniel White...


L'HISTOIRE : Luisa se rend dans le manoir familial où l’attend sa grand-mère, la baronne Karlstein. Celle-ci, mourante, lui dévoile la malédiction qui pèse sur leur famille depuis des générations. En effet, dans la crypte repose leur ancêtre, Dracula, qui a toujours besoin de sang de jeunes femmes...

MON AVIS : Le début des années 70 est une période sacrément prolifique pour Jess Franco puisque ce dernier enchaîne les films comme une petite fille enfile des perles. Quatre films en 1971, six films en 1972, dix films en 1973, huit films en 1974 et j'en passe, c'est une véritable locomotive productive qui oeuvre à un rythme infernal, avec des tournages rapides de quelques jours. La Fille de Dracula date de 1972 et on retrouve au générique un casting que Jess Franco va réutiliser plusieurs fois en ce début des 70's. On pense par exemple aux actrices Anne Libert et Britt Nichols ainsi qu'aux acteurs Howard Vernon et Alberto Dalbés qu'on verra dans Dracula prisonnier de FrankensteinLes expériences érotiques de Frankenstein, La Fille de Dracula, Les Démons ou encore Une Vierge chez les Morts Vivants (ce dernier sans Alberto Dalbés). Avec La Fille de Dracula, Franco veut s'illustrer dans le film de vampires, un sujet qu'il connaît déjà puisqu'il a mis Christopher Lee en scène dans Les Nuits de Dracula en 1970 et Soledad Miranda dans Vampyros Lesbos en 1971. Conscient que les spectateurs connaissent tout des vampires vu la multitude de films ayant traités ce thème depuis le Nosferatu de Murnau, le réalisateur ibérique ne va pas s’embêter à nous raconter encore une fois une histoire traditionnelle ou à jouer avec les clichés inhérents à ce genre de film. La Fille de Dracula va donc s'avérer un spectacle assez détonnant dans le paysage vampirique, ce qui lui valut nombre de critiques négatives à l'époque de sa sortie. Visionné en 2018, on pourra trouver ces critiques dépassées ou tout du moins usant de la méchanceté gratuite. Certes, La Fille de Dracula n'est pas le meilleur film de vampires que j'ai vu, loin s'en faut. Mais c'est également loin d'être le pire. Le soin apporté aux images et à la mise en scène font de ce film une oeuvre intrigante et non dénuée d'attrait. En ce qui me concerne, le principal intérêt du film est la présence de la très belle Britt Nichols qui interprète le rôle-titre. De son vrai nom Carmen Yazalde, cette actrice possède un véritable pouvoir hypnotique dont les grands yeux en sont l'instruments, auxquels on ajoutera des formes plutôt appétissantes qu'elle n'hésite pas à exibher au grès des demandes de Jess Franco. La scène d'amour saphique entre Britt Nichols et Anne Libert, au son du piano de Daniel White (compositeur attitré de Franco, qui interprète ici le baron Max Karlstein) est très jolie et les deux actrices rivalisent de beautés et de charme. L'érotisme, notion rattachée aux films de vampires, est évidemment présent dans La Fille de Dracula mais de manière assez soft et sans prendre le dessus sur l'intrigue. Une intrigue somme toute basique, sans véritable enjeu scénaristique, qui a un peu trop tendance à zapper son héroïne aux canines acérées au profit de séquences mettant en vedette l'inspecteur de police joué par le très bon Alberto Dalbés ou Jess Franco lui-même qui s'est offert un rôle assez conséquent, celui du domestique du Baron Karlstein. Un domestique qui croit aux mythes, aux légendes et aux malédictions ancestrales et qui se lance dans de longues tirades poétiques finement ciselées qui participent au plaisir ressenti à la vision du film. Franco utilise avec talent les magnifiques décors intérieurs et extérieurs d'un château que le réalisateur filmera à nouveau dans Une Vierge chez les Morts Vivants. Les scènes se déroulant dans la crypte sont fort belles et l'ambiance gothique n'est gâchée que par la découverte d'Howard Vernon reposant dans son cercueil. L'acteur fétiche de Franco interprète ici le Comte Dracula et on ne peut pas dire qu'il soit très crédible avec son maquillage blafard et ses deux canines qu'il ne cesse d'exhiber à la caméra. On passera rapidement sur ce bémol pour s'intéresser avant tout à la tentative de Franco de créer un certain suspense concernant l'identité d'un mystérieux assassin, et ce, en utilisant les codes du giallo italien. L'individu est vêtu de noir, ganté, chapeauté et on ne verra jamais son visage. Une tentative un peu inutile en faite puisque dès le début du film, nul doute n'est permis quand à l'identité de la femme vampire. Mais ça permet au film de maintenir l'attention du spectateur et de développer une intrigue policière qui prend le pas sur l'aspect fantastique du récit. Même si elles viennent "casser" l'atmosphère gothique du film, elles ne sont pas ennuyeuses et les dialogues sont bien écrits. Si le final semble un peu expéditif (on se demande comment le domestique connaît l'identité de la femme vampire, comment sait-il l'endroit où elle se cache et surtout, pourquoi n'a-t-il pas agit avant les meurtres ?), si le rythme lancinant pourra déconcerter la majorité des spectateurs s'attendant à un film de vampires classique, La Fille de Dracula, malgré ses défauts, m'a fait passer moment agréable. Rien de transcendant non plus, j'aurai bien aimé que Franco se lâche un peu plus au niveau de la violence par exemple et nous offre plus d'agressions vampiriques. Mais vu la beauté de cette fille de Dracula, on lui pardonne cette retenue. A ranger à côté des classiques de Jean Rollin (La Vampire Nue par exemple) et à savourer comme un film de vampire atmosphérique à l'ambiance policière...

* Disponible en combo DVD + BR chez ARTUS FILMS



LES DÉMONS

LES DÉMONS
(Les Démons)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1972
Scénariste : Jess Franco
Pays : France, Portugal
Genre : Drame, Érotique, Horreur, Historique, Nunsploitation
Interdiction : -16 ans
Avec : Anne Libert, Britt Nichols, Karin Field, Doris Thomas, Cihangir Gaffari...


L'HISTOIRE : Condamnée au bûcher, une sorcière lance un anathème visant ses persécuteurs : le juge Jeffries, William Renfield et Lady de Winter. Ses filles, Margaret et Kathleen, prétend-elle, seront l’instrument de sa vengeance. Effrayé par cette menace, le grand inquisiteur Jeffries fait chercher les filles, réfugiées dans le couvent de Blackmoor, où elles sont sur le point de prononcer leurs vœux...

MON AVIS : En 1970, Michael Armstrong réalise le terrible La Marque du Diable, maître-étalon du film basé sur les méfaits de l'inquisition. La même année et sur le même thème, Jess Franco réalise Le Trône de Feu, avec Christopher Lee dans le rôle de l'ignoble juge Jeffries, personnage ayant réellement existé et qui a été maints fois représenté au cinéma. Deux ans plus tard, Jess Franco retrouve d'ailleurs le juge Jeffries, interprété cette fois par l'acteur iranien Cihangir Gaffari, dans Les Démons. Coproduction Franco-portugaise, Les Démons mélange plusieurs thèmes, plusieurs influences, pour un résultat des plus satisfaisants. Pur film d'exploitation Bis, on y trouve en effet des vrais châteaux et de très beaux costumes (pour l'aspect historique), de nombreuses séquences de tortures infligées par des bourreaux au cœur de pierre (pour l'aspect inquisition et horrifique) et bien sûr de très nombreuses séquences d'érotisme, principalement saphiques. Une partie du film se déroulant dans un couvent, Franco a également intégré les clichés du film de Nunsploitation et ce, pour notre plus grand plaisir. L’hypocrisie cléricale est bien sûr montrée du doigt par le réalisateur ibérique, avec le personnage de la Mère Supérieure, interprétée par Doris Thomas. Cette dernière n'hésite pas à dénoncer les nonnes qui se livrent à la masturbation ou ont des pensées impures alors qu'elle-même ne peut s'empêcher d'avoir du désir et de se livrer également à ces pratiques. Le film verse également dans le fantastique pur puisque les sorcières ont de réels pouvoirs sataniques, comme on le verra lors de la vengeance finale, dans laquelle un simple baiser réduit la victime embrassée en un vulgaire squelette ! D'une durée assez longue (118 minutes dans sa version intégrale), Les Démons, malgré quelques petites longueurs, se laisse regarder sans ennui ni déplaisir. Si vous aimez les Nunsploitation et les films traitant de l'Inquisition, alors vous serrez comblé, surtout que Franco a soigné ses décors, ses costumes et son casting. Même si le budget n'a pas dû être exubérant, le film apparaît comme étant assez luxueux. Le casting féminin se montre quant à lui des plus torrides et saura faire monter la température. Doris Thomas (la Mère Supérieure), Karin Field (Lady de Winter), Anne Libert (Kathleen) et la ravissante Britt Nichols (Margaret) ne se font pas prier pour se dénuder à tour de bras et se livrer à des scènes d'attouchements ou de relations lesbiennes. Très nombreuses, ces séquences érotiques sont plutôt bien filmées (avec abondance de zoom évidemment, on est chez Jess Franco) et parfois même un peu dérangeantes (les examens intimes des deux sœurs par Lady de Winter pour tester leur virginité). Réservée et assez prude, la belle Margaret va avoir l'honneur de se faire prendre violemment par Satan lui-même afin de pouvoir mener à bien la terrible vengeance liée à l'exécution de sa mère qui était une sorcière. La séquence dans laquelle elle s'offre à Lady de Winter est assez chaude si je puis dire et ne devrait pas vous laisser de marbre. L'érotisme se conjugue donc à merveille avec des séquences de tortures raffinées et l'imagination des bourreaux de l'Inquisition devrait satisfaire les amateurs de cruauté. Dieu sait qu'il ne faisait pas bon être dénoncé pour actes de sorcellerie à cette époque. Le célèbre juge Jeffries est donc à l'honneur, interprété par le ténébreux Cihangir Gaffari qui lui offre une certaine prestance. Si l'interprétation de certains membres du casting fait parfois dans le théâtrale (la sorcière du début, peu aidée par une VF qui en rajoute aussi dans cette théâtralité), si les abus de zoom et dé-zoom peuvent fatiguer à la longue, on prendra toutefois un plaisir certain à visionner cette débauche de tortures et de sexe en costume mise en scène par un Jess Franco plutôt inspiré. Les Démons est une oeuvre d'exploitation tout à fait recommandable et si le film a subit les foudres de la censure à l'époque de sa sortie (en 1973 pour la France), l'éditeur Artus Films a encore fait un travail remarquable en nous proposant la version intégrale en combo DVD + BR. Pas de quoi bouder son plaisir donc !

* Disponible en DVD et BR chez ARTUS FILMS





LES NUITS DE DRACULA

LES NUITS DE DRACULA
(Nachts, wenn Dracula erwacht)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1970
Scénariste : Augusto Finocchi   
Pays : Espagne, Allemagne, Italie, Liechtenstein
Genre : Épouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Christopher Lee, Herbert Lom, Klaus Kinski, Maria Rohm, Soledad Miranda...



L'HISTOIRE : Jonathan Harker se rend au château du Comte Dracula pour lui faire signer des documents d'acquisition d'une nouvelle demeure. Très vite, il se rend compte que son hôte a un comportement étrange. Une nuit, il est attaqué par trois créatures femelles qui se révèlent êtres des vampires. Sombrant dans la folie, Jonathan parvient à s'enfuir du château. Il est recueilli dans un hôpital psychiatrique dirigé par le professeur Van Helsing. Ce dernier fait venir la fiancée de Jonathan, Mina, ainsi que son amie Lucy. Dracula est également dans les parages et il vampirise la pauvre Lucy, hébergée à l'hôpital. L'état de cette dernière, qui a perdu beaucoup de sang, inquiète Van Helsing, qui commence à croire les histoires incroyables racontées par Jonathan sur son séjour au château de Dracula...

MON AVIS : Le prolifique Jess Franco qui adapte le roman de Bram Stoker et qui se paye Christopher Lee, Klaus Kinski, Herbert Lom et Soledad Miranda au casting, ça promet ! Surtout que le réalisateur ibérique veut mettre en scène une adaptation fidèle du roman de Stoker paru en 1897. C'est d'ailleurs cette approche qui a convaincu Christopher Lee d'endosser encore la cape du plus célèbre vampire et de fausser compagnie pour une fois à la Hammer Film, qui a produit en cette même année 1970 Une Messe pour Dracula et Les Cicatrices de Dracula. Dans Les Nuits de Dracula, Christopher Lee apparaît avec des cheveux blancs et une grosse moustache, pour bien rendre l'impression de vieillesse de son personnage, qui rajeunira au fur et à mesure qu'il boira le sang de la pauvre Lucy. Un look qui correspond tout à fait à la description du personnage faite par Stoker dans son livre et qui est bien éloigné du look de dandy aristocratique présent dans l'imaginaire collectif. Stature monolithique, expression un peu figée, prestation sobre, Lee campe un Dracula beaucoup moins majestueux et iconique dans le film de Franco que dans la saga de la Hammer, ce qui ne rend pas sa prestation dénué d'intérêt, au contraire. C'est une autre façon d'interpréter le personnage qui l'a rendu célèbre, plus fidèle au texte original. Klaus Kinski a pour sa part droit au personnage de Renfield. Une prestation en demi-teinte, voire même assez anecdotique pour le prestigieux acteur allemand. Plus intéressant est la composition de la belle Soledad Miranda pour le personnage de Lucy. La pauvre se fera vampiriser à plusieurs reprises par Dracula, devenant de plus en plus livide suite à la perte de sang. On aura le plaisir de la voir en femme vampire qui n'hésite pas à emmener avec elle un jeune enfant pour lui planter (en hors champ) ses canines dans le cou. Belle et sensuelle, elle promène sa divine silhouette sous l’œil aguicheur de la caméra de son pygmalion. Maria Rohm (vue dans La Vengeance de Fu Manchu, Le Sang de Fu Manchu, 99 Women ou Venus in Furs entre autre) interprète quant à elle la jolie Mina, fiancée de Jonathan Harker. Le docteur Van Helsing, Némésis de Dracula, est joué par le talentueux Herbert Lom, qu'on a pu voir dans de nombreux films d'épouvante 70's, tels La Marque du Diable, Murders in the Rue Morgue, Asylum ou And Now the Screaming Starts! par exemple. Comme Christopher Lee, son interprétation de Van Helsing ne fait pas dans l'extravagance et manque même de relief au final. C'est d'ailleurs ce qui caractérise un peu Les Nuits de Dracula. Une réalisation sobre, qui manque d'ampleur, de rythme et qui s'avère des plus classiques de la part de Jess Franco qu'on a connu plus exubérant. Pas le moindre petit bout d'érotisme non plus et niveau horreur visuelle, on reste aussi dans le soft tout public, avec quelques gouttes de sang autour de la bouche de Dracula et un semblant de décapitation à l'aide d'une pelle pour un effet spécial bricolé assez peu crédible. C'est également le cas d'une scène assez ridicule, dans laquelle des animaux empaillés semblent devenir vivant sous l'emprise du vampire. Seulement voilà, pour donner l'illusion qu'il se passe quelque chose vis à vis de ces animaux empaillés, c'est la caméra qui bouge autour d'eux et qui effectue des zooms en veux-tu en voilà (une des spécificités du cinéma de Franco) pour un résultat pas franchement réussi, Sam Raimi fera beaucoup mieux dans Evil Dead et Evil Dead 2. Un peu bancal dans son ensemble, Les Nuits de Dracula possède toutefois des qualités, à commencer par ses décors naturels, dont un sublime château magnifiquement mis en valeur dans la première partie, celle concernant les mésaventures de Jonathan Harker. Cette première partie est d'ailleurs la meilleure du film et même si elle rivalise pas avec celle du Cauchemar de Dracula (comment le pourrait-elle ?), on y prend un réel plaisir. Franco y ajoute même une petite idée originale puisqu'il fait des trois femmes vampires des sortes de fantômes lorsqu'elles se réveillent, avant de redevenir des créatures de chair et de sang ! Sympa ! Par contre, toutes les séquences dans l'asile psychiatrique, et notamment celle mettant en scène Klaus Kinski, sont franchement soporifiques et guère entraînantes. Dommage également que le combat final soit si vite expédié. Au final, Les Nuits de Dracula est un film de vampire correct, mais qui ne décolle jamais de son cadre assez rigide. A noter que j'ai visionné le film en version française et que lors de certaines séquences, c'est la musique que Fabio Frizzi a composé pour L'Au-Delà qui retentit ! Une drôle de version donc...

NOTE : 3/6