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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




dimanche 22 juillet 2018

LES GUERRIERS DE LA NUIT

LES GUERRIERS DE LA NUIT
(The Warriors)

Réalisateur : Walter Hill
Année : 1979
Scénariste : Walter Hill, David Shaber
Pays : Etats-Unis
Genre : Action
Interdiction : -12 ans
Avec : Michael Beck, James Remar, Dorsey Wright, Brian Tyler, Terry Michos...


L'HISTOIRE : Chef des Gramercy Riffs, le plus grand gang de New York, Cyrus a convié à une réunion neuf membres de chaque gang de la ville. Il a pour but de pérenniser une trêve générale et d'associer tous les membres de gangs en un seul groupe afin de devenir les maîtres de la ville. Un discours rassembleur qui semble être fortement apprécié par tous les voyous présents à la réunion. Le chef d'un petit gang rival ne l'entend pas ainsi et abat froidement Cyrus. Il proclame à la foule que les membres des Warriors sont responsables de cet assassinat. Ces derniers vont vivre une nuit très agité pour rentrer à leur fief situé à Coney Island, traqués par tous les gangs de New York...

MON AVIS : Film culte à l'aura légendaire, Les Guerriers de la Nuit n'en finit pas de déchaîner les passions quelques 40 ans après sa sortie, en 1979. A l'époque, le film subit les foudres de la censure, se voit interdit de diffusion dans de nombreux pays. Pourtant, à bien y regarder, on ne peut pas dire que la violence soit très frontale dans le film. Certes, il y a quelques scènes de bagarres, dont une très réussie dans les W.C du métro, mais rien de bien choquant comparé aux classiques des 70's tel Delivrance, Massacre à la Tronçonneuse, La Colline a des Yeux, Orange Mécanique, Rollerball ou Taxi Driver entre autres. Il faut plutôt aller chercher dans l'aspect idéologique du film pour comprendre le scandale et le tollé qu'il a provoqué dans les institutions. Pensez donc ! On a quand même, en scène d'introduction, une sorte de gourou (Cyrus), qui explique à des milliers de voyous bagarreurs que s'ils unissent leurs forces au lieu de se battre entre eux, ils constitueraient une véritable armée dont le nombre serait supérieur à celui des représentants de l'ordre ! De quoi donner à réfléchir aux véritables bandes existantes dans les rues des divers villes du globe ! Et c'est bien cet aspect que la commission de classification des films aux USA a retenu pour l'interdire : "La commission de contrôle juge en effet le film doté d'une portée incitative, dans la mesure où il donne une vision très réaliste de la guérilla urbaine que des gangs peuvent développer pour conquérir une ville." Adapté d'un roman de Sol Yurick, Les Guerriers de la Nuit bénéficie de la compétence de son réalisateur, Walter Hill, qui livre un survival filmé quasiment un temps réel. Le scénario tient en une ligne : un gang, les Warriors, accusé à tort d'un assassinat, est pourchassé durant une nuit entière par tous les gangs de New York. Point. On peut même dire qu'il ne se passe pas grand chose durant ces 92 minutes, si ce n'est cette traque, cette chasse à l'homme urbaine. Et pourtant, ça fonctionne ! La musique composée par Barry De Vorzon et les chansons funky participent à créer une ambiance unique, associées à une galerie de personnages marquants. Les membres des Warriors sont évidemment en haut de la pyramide. Comment oublier Swan (Michael Beck), Ajax (James Remar), Snow (Brian Tyler), Cochise (David Harris), Cowboy (Tom McKitterick), Vermin (Terry Michos), Rembrandt (Marcelino Sánchez) et Cleon (Dorsey Wright), devant lutter pour leur survie, aidé par l'élément féminin principal du film, Mercy, interprétée par Deborah Van Valkenburgh ? Les autres gangs ne sont pas en reste, chacun arborant fièrement leur "couleur" : les Gramercy Riffs, les Rogues, les Boppers, les Electric Eliminators, les Lizzies (gang féminin), les High Hats, les Moon Runners, les Turnbull ACs, les Orphans ou les célèbres Baseball Furies entre autres. Chaque rencontre entre les Warriors et un autre gang donnent lieu à un affrontement ou une course poursuite. Chaque rue, chaque parc peut devenir un piège pour les Warriors, qui doivent en plus échapper à la police. Avec une mise en scène maîtrisée et des chorégraphies parfaitement exécutées (la bagarre dans les toilettes pour hommes a été répété durant cinq jours et filmée en une seule prise), avec des vues iconiques de New York (Coney Island et sa grande roue, la 72ème rue, Riverside Park), avec des séquences se déroulant dans le métro aérien et souterrain, Les Guerriers de la Nuit est un film totalement ancré dans son époque. L'ambiance poisseuse est typique de la fin des 70's et du début des 80's. Nul doute que la nouvelle génération découvrant ce film dans la décennie 2010's sera peut-être un poil déçu par rapport à tout l'aspect subversif mis en avant à l'époque. L'aspect brut de décoffrage du scénario, le peu de rebondissements et des bagarres qui vont dix fois moins vite que celles de Jet Lee ou Jason Statham pourra aussi jouer en sa défaveur. Mais les fans du film continueront à le défendre bec et ongles, car il reste une oeuvre phare du genre, à replacer évidemment dans son contexte d'époque pour l'apprécier à sa juste valeur.

* Pour tout savoir sur le film : THE WARRIORS.FR


samedi 21 juillet 2018

ORGIE SATANIQUE

ORGIE SATANIQUE
(Devils of Darkness)

Réalisateur : Lance Comfort
Année : 1965
Scénariste : Lyn Fairhurst
Pays : Angleterre
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : William Sylvester, Hubert Noël, Carole Gray, Tracy Reed, Diana Decker...


L'HISTOIRE : En vacances dans la campagne anglaise, Paul, Karen, et leurs amis, font la connaissance d’Armand du Molière, un aristocrate français. Après la mort d’un des amis et la disparition de Anne, Paul va mener son enquête. Il va découvrir qu’Armand est très proche d’une secte satanique vivant dans un cimetière, et dont le chef pourrait être le comte Sinistre, un vampire assassiné au XVIème siècle...

MON AVIS : L'épouvante gothique à l'anglaise est principalement célébrée par la Hammer Films dans les années 60. Depuis le succès de Frankenstein s'est échappé et surtout du fabuleux Le Cauchemar de Dracula, cette firme britannique est devenue la référence du genre. D'autres petites sociétés de productions anglaises se sont engagées elles aussi dans cette voie, telles la Amicus, la Tyburn ou la Tigon par exemple, afin de surfer sur le succès de la Hammer, avec plus ou moins de réussite. En 1965, la société Planet Film Production s'y colle à son tour et permet au metteur en scène Lance Comfort de réaliser Devils of Darkness, que les distributeurs français ont préféré rebaptiser Orgie Satanique, histoire d'attirer les foules en jouant sur un possible aspect érotique, pourtant totalement absent du film, si ce n'est la beauté de ses deux actrices principales, Carole Gray et la sublime Tracy Reed. J'adore les films d'épouvante gothique, avec leurs ambiances, leurs décors, leurs couleurs et leurs thématiques qui me procurent quasiment à chaque fois un plaisir non dissimulé. Orgie Satanique m'a offert tout cela malgré la faiblesse de ses moyens. Rien que la scène d'introduction est un pur régal visuel, avec cet homme drapé d'une toge d'un rouge flamboyant venant placer une bougie sur la tombe du comte Sinistre, personnage maléfique qu'on accusait être un vampire au XVIème siècle. La suite nous montre une fête de mariage tzigane, avec une ambiance folklorique parfaitement restituée à l'écran. L'apparition de Tania (Carole Gray) enflamme nos rétines jusqu'à ce que la pauvre femme soit victime du mauvais œil et tombe raide morte. Le mariage devient funérailles et on assiste, impuissant, à la résurrection de Tania par le comte Sinistre, un aristocrate français joué par Hubert Noël. Ce dernier possède un médaillon aux pouvoirs occultes qui va devenir le centre d'intérêt de l'histoire. Une très belle séquence introductive donc, qui laisse augurer du meilleur pour la suite. L'histoire se déplace alors dans un environnement bien plus contemporain et nous présente Paul Baxter (l'acteur William Sylvester), le héros du film. Suite à la mort et à la disparition de ses amis, Paul va se retrouver en possession du médaillon du comte Sinistre, ce dernier étant présent avec sa femme Tania. La perte de cet objet placera le comte Sinistre en position de faiblesse et il fera tout pour le récupérer. Le spectateur, contrairement au héros, comprend rapidement que le vampire a de nombreux alliés dans ce petit village breton, lieu de réunion d'une secte satanique qui lui est entièrement dévoué. Orgie Satanique se perd un peu en son milieu dans des scènes qui ralentissent le rythme et dans des séquences de dialogues un peu laborieuse. L'enquête de police de l'inspecteur Malin nous apparaît assez déconcertante, ce dernier semblant préférer manger des croissants que de mener ses investigations. Le fameux médaillon devient donc le centre d'intérêt du film, Paul menant des recherches chez un ami scientifique ou à la bibliothèque, consultant de nombreux ouvrages qui pourraient éclairer sa lanterne. La situation se complexifie pour lui car tous ceux qui veulent l'aider trouvent la mort dans de mystérieuses circonstances. Rien de bien rassurant. Ce qui est intéressant dans cette partie du film, c'est le fait que Lance Comfort, dès 1965 donc, insère des scènes de fêtes londoniennes se déroulant dans un appartement, et ce, bien avant que la Hammer ne fasse de même pour dynamiser ses productions, avec Dracula 73 par exemple, qui date de 1972. Sept ans d'avance donc pour Orgie Satanique avant que les autres studios n'exploitent cet effet d'interconnexion entre épouvante à l'ancienne et décors et costumes totalement contemporains. En tout cas, ces soirées festives à Londres, bien éloignées des cimetières et autres châteaux gothiques, nous permettent de découvrir l'actrice Tracy Reed, pure beauté à la plastique généreuse qui va raviver les désirs du comte Sinistre, décidément sensible à la grâce féminine. Mais ce dernier a oublié qu'il a déjà une femme et la jalousie de Tania va se retourner contre lui. Ah les femmes. La dernière demi-heure retourne aux racines du film d'épouvante et vaut le coup d'oeil, avec membres de la secte encapuchonnés, sacrifice, croix qui repousse le vampire, éboulement, et j'en passe. Le tout joliment filmé par Lance Comfort, dont la mise en scène et le soin apporté aux décors et aux costumes  n'ont pas à rougir face à ses concurrents. Orgie Satanique est une petite série B plaisante  et ce mélange entre vampirisme et magie noire se regarde sans déplaisir aucun. Encore une bien bonne idée de part d'Artus Films que de nous l'avoir fait découvrir dans une copie impeccable ! 

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS



vendredi 20 juillet 2018

LE SECRET DES MARROWBONE

LE SECRET DES MARROWBONE
(Marrowbone)

Réalisateur : Sergio G. Sánchez
Année : 2017
Scénariste : Sergio G. Sánchez
Pays : Espagne
Genre : Thriller, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : George MacKay, Anya Taylor-Joy, Charlie Heaton, Mia Goth, Matthew Stagg...


L'HISTOIRE : Pour ne pas être séparés, Jack, 20 ans, et ses frères et sœurs plus jeunes, décident de cacher à tout le monde le décès de leur mère qui les élevait seule. Ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans la ferme familiale isolée. Bientôt, d’étranges phénomènes indiqueraient qu’une présence malveillante hante leur unique refuge…

MON AVIS : Scénariste en 2007 de l'excellent film de J.A. Bayona, L'Orphelinat, Sergio G. Sánchez décide de passer derrière la caméra en 2017 avec Le Secret des Marrowbone, parrainé par Bayona justement. On le sait, le cinéma fantastique espagnol contemporain est assez remarquable dans son refus de jouer uniquement sur la violence visuelle, préférant privilégier l'ambiance, l'atmosphère et surtout l'histoire à proprement parler. C'est tout à fait ce que nous propose Le Secret des Marrowbone. Dès sa superbe séquence d'introduction, le réalisateur nous plonge dans un univers énigmatique, fait de la demeure ancienne un décor de choix pour faire naître le suspense et nous dépeint avec justesse sa galerie de personnages. Les quatre acteurs qui composent la famille Marrowbone, à savoir George MacKay (Frank), Charlie Heaton (Billy), Mia Goth (Jane) et Matthew Stagg (Sam) sont épatants de justesse et livrent une composition saisissante qui tire le film vers le haut. On sent une réelle cohésion entre les acteurs, ce qui permet d'apporter une vraie crédibilité à leur rôle respectif et, surtout, de nous faire ressentir l'amour profond qui unit ces trois frères et leur sœur. Le réalisateur ménage les révélations sur cette famille unifiée, qui semble cacher un lourd et terrible secret. Durant une bonne heure, il joue avec les non-dits, les faux-semblants, instaure le doute dans notre esprit (le fameux "secret" du titre serait-il que les enfants cachent au monde environnant que leur mère est décédée, événement que le spectateur apprend assez tôt dans le film...) et parsème son histoire d'éléments troublants, qui flirtent avec le fantastique. Pourquoi les miroirs sont-ils systématiquement retirés ou recouvert d'un drap ? D'où viennent ces sons étranges qui semblent émaner des murs même de la demeure ? Quel est l'origine de cette tâche au plafond ? De qui les quatre protagonistes principaux ont-ils peur ? La maison serait-elle hantée par un esprit revanchard et que s'est-il passé dans cette dernière ? Autant d'interrogations qui nous titillent l'esprit et dont les réponses ne nous serons données que lors du final. On sent que Sergio G. Sánchez connaît bien les classiques du film de trouille et de fantômes (Les Innocents, La Maison du Diable, Les Autres, L'Orphelinat...) et il réinjecte ces influences dans Le Secret des Marrowbone avec un certain talent, transformant une simple partie de dès en scène à suspense assez flippante par exemple, tout comme le sera la stressante séquence du petit Sam caché sous un drap et se regardant dans un miroir. Simple mais efficace. La mise en scène est maîtrisée et pour un premier film en tant que réalisateur, c'est plus que prometteur. Les personnages secondaires ne sont pas oubliés et viennent même donner de l'épaisseur à l'intrigue. La mignonne  Anya Taylor-Joy (The VVitch, Split) va devenir le témoin de ce "secret" qu'on aimerait bien connaître, nouant une relation avec l’aîné des Marrowbone, tandis que Kyle Soller joue un notaire amoureux éconduit qui va, lui aussi, tenter de découvrir ce qui se trame autour de cette famille. Sans jamais recourir à la démonstration de force, Le Secret des Marrowbone est au final un joli film mettant en avant des problèmes familiaux qui viennent phagocyter la vie et le bien-être des protagonistes, le tout dans une atmosphère gothico-fantastique à l'ancienne qui fonctionne bien la plupart du temps. Le twist reste intéressant même si on sent encore une fois l'influence d'autres films, ce qui peut en atténuer l'impact. Présenté en ouverture du Festival du film fantastique de Gerardmer 2018, Le Secret des Marrowbone est souvent émouvant, parfois flippant; Il est superbement interprété en tout cas et saura satisfaire les amateurs d'angoisse feutrée.

* Disponible en DVD et BR chez Metropolitan Filmexport



dimanche 15 juillet 2018

SANCTUAIRE

SANCTUAIRE
(La Chiesa / The Church)

Réalisateur : Michele Soavi
Année : 1989
Scénariste : Dario Argento, Franco Ferrini, Michele Soavi
Pays : Italie
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Hugh Quarshie, Tomas Arana, Feodor Chaliapin Jr., Barbara Cupisti, Asia Argento...


L'HISTOIRE : Moyen Âge. Accusés de servir le Diable, les habitants d’un village sont massacrés par des chevaliers teutoniques. Afin d’enrayer la propagation du mal, une église est érigée sur le charnier. De nos jours, lors des travaux de restauration qu’elle dirige, Lisa découvre un parchemin dissimulé dans la paroi des sous-sols de l’église. Elle s’empresse d’en faire part à Ewald, le nouveau bibliothécaire. Imprégné des théories de l’alchimiste Fulcanelli, Ewald, bien résolu à percer le secret du parchemin, va, bien malgré lui, réveiller des forces obscures et malveillantes qui vont se déchaîner en se propageant à tous ceux présents dans l’édifice...

MON AVIS : En 1985 et 1986 sortent sur les écrans Démons et Démons 2, tous deux réalisés par Lamberto Bava et produits par Dario Argento. Des films Bis très fun et très gores, qui remportent un bon succès d'estime chez les fans. Un troisième volet est alors mis en chantier, Dario Argento et Franco Ferrini en rédigent l'histoire. Mais Démons 3 ne se fera pas car Lamberto Bava est occupé sur un autre projet et ne peut le réaliser. Argento fait alors appel à Michele Soavi pour réaliser le film basé sur l'histoire qu'il a écrite. Ce dernier accepte et apporte quelques idées nouvelles. Le scénario est remanié à trois mains et le titre devient Sanctuaire. En 1991, Umberto Lenzi réalisera Black Démons, qui est le vrai Démons 3. Avec Sanctuaire, Michele Soavi s'éloigne totalement de l'ambiance jouissive et grand-guignolesque instaurée par Lamberto Bava. Il livre un film assez sérieux, au rythme contemplatif, qui prend le temps d'installer une ambiance fantastico-ésotérique plutôt réussie. La scène d'introduction, censée se dérouler à l'époque du Moyen-Âge, avec le massacre d'un village par des chevaliers teutoniques, laisse entrevoir son manque de budget mais parvient tout de même à remplir le cahier des charges et se montre assez cruelle, Soavi plaçant ici et là quelques effets gores bien sentis, comme ce cheval frappant à plusieurs reprises une tête fraîchement décapitée. Cette séquence introductive nous permet également de découvrir une toute jeune Asia Argento  alors âgée de quatorze ans. Une fois passé cette première partie, on se retrouve à l'époque contemporaine et on va faire connaissance avec les deux personnages principaux mais aussi avec la majestueuse cathédrale qui va servir de décor principal et dont on sait qu'elle a été construite sur le charnier des supposés suppôts de Satan massacrés par les chevaliers et ce, afin de protéger notre monde des puissances démoniaques. Bibliothécaire chargé de classer de nombreux livres, Ewald (joué par Tomas Arana) va rencontrer la belle Lisa (sublime Barbara Cupisti, vue dans L'éventreur de New York, Bloody Bird ou Opéra), en charge de la restauration du bâtiment. La découverte d'un mystérieux parchemin antique va les entraîner dans une quête dont ils auraient mieux fait de se tenir à l'écart. Cette seconde partie, qui dure une bonne heure, pourra déstabiliser le spectateur s'attendant à voir une horde de créatures infernales s'abattre sur les occupants de la cathédrale. Car Michele Soavi à d'autres ambitions que celle de se plonger à corps et à cris dans le gore décomplexé. Il va au contraire prendre tout son temps, misant plus sur le mystère et l'ambiance, faisant avancer l'enquête des deux héros à pas d'escargot tout en nous offrant des scènes visuellement superbes. C'est redondant dans le cinéma de Soavi d'ailleurs, ce soin apporté à l'imagerie, aux détails, aux couleurs et Sanctuaire a de la splendeur picturale à revendre. Ce qui ne nous empêche pas de trouver que ce manque de péripéties porte un léger préjudice au film malgré de belles idées de mise en scène. Et puis arrive la dernière demi-heure qui s'emporte et bénéficie d'un rythme nettement plus alerte. Une fois un mécanisme antique déniché, la cathédrale devient un lieu totalement hermétique (sauf pour Asia Argento qui connaît un passage secret pour fuguer et aller s'amuser) et les forces du Mal vont pouvoir se déchaîner sur les occupants. Barbara Cupisti va avoir l'honneur de se retrouver nue (chouette) et de se faire chevaucher par un superbe démon, une créature absolument magnifique qui mérite à elle seule de voir le film. Soavi va même jusqu'à reproduire "en vrai" une peinture de 1979 conçu par Boris Vallejo, avec une femme nue enlacée par un démon ailé. Sublime. Le gore est aussi de la partie, avec un suicide au marteau-piqueur (!), une gorge transpercée par la pointe d'une grille de fer, un prêtre empalé sous la pluie, un visage déchiré avec les ongles façon Poltergeist et j'en passe, le tout sous une musique composée par Philip Glass ou Keith Emerson. Si on aura du mal à comprendre pourquoi les occupants de la cathédrale n'ont quasiment aucune réaction face à la violence qui se déchaîne autour d'eux dans cette dernière partie (les puissances infernales ont déjà contaminés leurs âmes ?), il n'en reste que ce final majestueux bonifie le film de Soavi, qui, malgré ses faiblesses au niveau du rythme, ne démérite pas en tant qu'oeuvre du cinéma fantastique respectueuse des codes du genre. Surtout qu'en cette fin de décennie 80, le cinéma d'horreur italien avait diablement perdu de sa superbe. Michele Soavi a repris le flambeau avec un talent certain et ce n'est pas Bloody Bird, Sanctuaire, La Secte ou Dellamorte Dellamore qui viendront me contredire. Hormis cela, et  ça devient répétitif de le dire à chaque fois, Le Chat qui Fume a encore fait un travail remarquable avec ce magnifique combo DVD / BR. Rien que le fourreau et le digipack trois volets est de toute beauté. Au niveau des bonus, c'est à nouveau la panacée puisqu'on trouve de nombreux modules présentés par les stars du film : l'actrice Asia Argento, le maquilleur Franco Casagni, l'acteur Giovanni Lombardo Radice (excellent, avec des répliques à se pisser dessus!), le responsable du design Massimo Antonello Geleng ou bien encore le scénariste Franco Ferrini viennent nous livrer moults informations et souvenirs sur le tournage du film et sa création. Cerise sur le gâteau, même Michele Soavi est présent pour nous en dire plus sur son film. Si Sanctuaire, en tant que film, ne ralliera pas tous les fans de cinéma de genre à sa cause, nul doute que son édition DVD-BR le fera au vu de la qualité du travail fourni ! 

* Dispo en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME



samedi 14 juillet 2018

LA SECTE

LA SECTE
(La Setta)

Réalisateur : Michele Soavi
Année : 1991
Scénariste : Dario Argento, Gianni Romoli, Michele Soavi
Pays : Italie
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Kelly Curtis, Herbert Lom, Mariangela Giordano, Michel Adatte, Tomas Arana...


L'HISTOIRE : 1970, Californie. Une communauté hippie est massacrée par Damon et les membres de sa secte. Vingt-et-un ans plus tard, Francfort. Tandis que des crimes rituels attribués à la secte des Sans-Visage ponctuent l’actualité, Miriam Kreisl, jeune institutrice, manque de renverser Moebius, un vieillard au comportement étrange. S’il refuse de se faire soigner, il accepte en revanche de se reposer quelques heures chez elle. Curieusement, Moebius semble connaître la maison et fait part à Miriam d'une mystérieuse destinée. Bientôt, des faits étranges et sanglants se produisent dans l'entourage de la jeune femme...

MON AVIS : assistant-réalisateur de Dario Argento, Lamberto Bava ou Joe d'Amato entre autres, Michele Soavi décide de passer derrière la caméra en 1987 et réalise Bloody Bird, un giallo horrifique fort bien accueilli par le public. Il récidive deux ans plus tard avec Sanctuaire puis en 1991 avec La Secte. Sur une thématique semblable à celle du Rosemary's Baby de Roman Polanski, à savoir un destin imposé par une secte à une jeune femme, celui de mettre au monde l'Antéchrist, Michele Soavi nous offre un film hermétique, ésotérique, qui semble parfois ne pas savoir dans quelle direction aller mais qui, au final, se montre très intéressant et visuellement superbe. Avec un rythme relativement posé, peu énergique, Soavi focalise son attention sur les deux personnages qui donnent corps au récit : Miriam et Moebius. Comme le dit très justement un historien du cinéma dans les bonus de l'édition du Chat qui Fume, notre jeune institutrice interprétée par Kelly Curtis (soeur de Jamie Lee Curtis) n'agit jamais dans le film et subit tout ce qu'il lui arrive. Logique puisque toute la vie de cette jeune femme a été "prévu", réglé dans ses moindres détails par Moebius et sa secte et ce, depuis sa naissance même ! Sa petite vie monotone, que seul un lapin et un poisson rouge partagent avec elle, va donc être chamboulée par sa rencontre avec Moebius, curieux personnage joué par le célèbre acteur Herbert Lom. A partir de cette rencontre, Michele Soavi va instaurer une ambiance feutrée, mystérieuse et envoûtante. Par petite touche, il parvient à créer un certain suspens et le spectateur se questionne sur ce qu'il voit car le réalisateur refuse de lui fournir des explications, ce qui participe à élever l'intérêt du film. Pourquoi Moebius semble connaître l'appartement de Miriam, allant même jusqu'à trouver, sans chercher, le passage menant à la cave, lieu phare du film qui mène à la découverte d'un puits vertigineux qu'on comprend être une porte vers l'Enfer ? Comment ce dernier, trouvant apparemment la mort, peut-il être encore vivant, tout comme une amie de Miriam, déclarée morte et reprenant soudain goût à la vie à la morgue ? Quel pouvoir possède ce suaire sur lequel les traces du visage de Moebius se sont imprimés ? Pourquoi les membres de la secte, emmenée par Damon (un sosie de Charles Manson dans la séquence d'introduction), pratiquent-ils un rituel dans lequel le visage des victimes est littéralement arraché tel un masque ? Beaucoup de questions restent sans réelle réponse durant une bonne partie du film, aux spectateurs de se faire leurs propres opinions. L'ambiance fantastique et horrifique se fait de plus en plus présente, oppressante, emmenée par la caméra virtuose de Soavi qui s'amuse à nous offrir des plans très ingénieux, comme ceux où cette dernière suit un réseau de tuyauterie de l'intérieur par exemple. L'élément de l'eau est d'ailleurs un élément capital dans le film et nous ramène à certaines histoires de Lovecraft lui-même, dont on retrouve un peu l'esprit dans La Secte. Les scènes de cauchemars de Miriam sont excellentes et bourrées d'idées originales, ça fait plaisir de ne pas voir un simple copié-collé d'influences existantes. Eau bleutée au fond du puits, parasites étranges qui prennent possession d'un aquarium, oiseau marabout qui semble forniquer avec l'héroïne, chêne antique parsemé de bijoux celtes, prélèvements de visage, résurrections inexpliquées, suaire qui semble posséder ceux qui le portent sur le visage, personnages inquiétants, meurtres rituels, symbolisme et satanisme sont donc au programme de La Secte, une oeuvre pas si facile d'accès que ça au final mais qui mérite clairement d'être redécouverte, pour mesurer l'étendue du talent de Michele Soavi. L'édition combo DVD + BR du Chat qui Fume est comme à l'accoutumée de haute qualité, avec une image précise et bien définie. Les nombreux bonus donnent de précieuses informations sur le film, laissant la parole au réalisateur, chef décorateur, cameraman ou scénariste. On retrouve pour notre plus grand plaisir l'acteur Giovanni Lombardo Radice, toujours aussi passionnant et direct dans ses propos. Le tout dans un superbe digipack trois volets. Du tout bon.

* Dispo en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME



  

ELVIRA MAÎTRESSE DES TÉNÈBRES

ELVIRA MAÎTRESSE DES TÉNÈBRES
(Elvira Mistress of the Dark)

Réalisateur : James Signorelli
Année : 1988
Scénariste : Sam Egan, Cassandra Peterson, John Paragon
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Cassandra Peterson, William Morgan Sheppard, Larry Flash Jenkins, Edie McClurg...


L'HISTOIRE : Présentatrice télé de seconde zone, Elvira désire monter un show à Las Vegas mais il lui faut trouver 50000$. Elle apprend alors le décès de sa grand-tante Morgana et doit se rendre dans la petite ville de Fallwell pour la lecture du testament. Elvira hérite de la très vieille demeure de sa tante, d'un petit chien qu'elle s'empresse de relooker et d'un curieux livre de cuisine. Elle décide de restaurer la bâtisse pour la revendre. Mais les habitants de Fallwell n'apprécient pas sa présence qui détone avec leurs valeurs et principes moraux et puritains. Seul son oncle Vincent semble lui porter de l'attention. Il désire en fait récupérer le livre de cuisine, qui serait un livre de magie...

MON AVIS : Inconnue en France mais célèbre aux USA, Cassandra Peterson a acquis sa notoriété dès 1981 quant elle devient la présentatrice du show télévisée Movie Macabre. Elle s'inspire du personnage de Vampira, s'habille toute en noir, porte une perruque, du maquillage gothique, met en valeur ses arguments mammaires dans des tenues sexy aux décolletés plongeant, un humour noir à toute épreuve et se fait appeler Elvira. Le succès est quasi immédiat et Elvira se construit un véritable empire, avec sa société de production Queen B Productions et un merchandising à rendre fou ses admirateurs. C'est un véritable phénomène, une véritable institution aux Etats-Unis. La France reste totalement hermétique aux charmes de cette truculente jeune femme jusqu'au 24 janvier 1990, date à laquelle sort sur les écrans de cinéma le premier long métrage dont elle est la vedette : Elvira Maîtresse des Ténèbres. Le film a été diffusé en avant-première à Cannes lors du festival, avec la présence de Cassandra Peterson grimée en Elvira. Le film est rapidement devenu culte et nombreux sont les fans à s'être arraché la VHS lors de sa sortie. C'est l'un des films que les fans français préfèrent voir en VF car un très bon travail de doublage a été effectué, grâce notamment à la comédienne Evelyne Grandjean qui double la voix d'Elvira. Elvira Maîtresse des Ténèbres est avant tout une comédie, l'aspect "fantastique" n'apparaissant que tardivement. Une comédie entièrement dévouée à sa vedette-phare, qui va devoir lutter contre les préjugés des habitants de Fallwell, composés d'adultes bigots et puritains qui la considèrent comme une sorcière et n'acceptent pas l'emprise qu'elle exerce sur leurs enfants. C'est clair qu'avec sa tenue noire diablement sexy et sa poitrine atomique, elle fait tâche au milieu de cette population bien habillée et vieux jeu. Qui plus est, elle n'a pas sa langue dans la poche et sort des punchlines que Les Nuls auraient pu écrire en leur temps. Irrévérencieuse, trash, drôle, Elvira est une forte femme qui ne se laisse intimider par personne, même pas par son oncle Vincent qui est en fait un sorcier démoniaque. Si durant une bonne partie du film on assiste aux frasques d'Elvira, avec des gags se focalisant principalement sur sa poitrine. L'actrice n'hésite pas à en faire des tonnes, se lance dans une parodie de Flashdance qui se termine façon Carrie au bal du Diable, le goudron et les plumes ayant toutefois remplacé le sang. L'humour est omniprésent et la personnalité extravagante de cette héroïne hors du commun emporte l'adhésion du public malgré des péripéties assez quelconques en fait. Certaines séquences valent le détour, à commencer par cette curieuse préparation culinaire qui nous permet de voir une créature assez réussie et d'assister aux premiers effets spéciaux du film. La scène dans laquelle Elvira fait manger aux habitants de Fallwell une mixture contenant une filtre magique est impayable car nos tristes-lurons sont alors pris d'une irrésistible frénésie sexuelle et le simple pique-nique se transforme en une curieuse orgie (rassurez fort soft, le film est absolument tout public). La dernière demi-heure est ouvertement fantastique, avec l'affrontement entre Elvira et son oncle. Notre égérie gothique découvre qu'elle aussi possède des pouvoirs magiques et elle ne manquera pas de s'en servir dans une débauche d'effets visuels sympathiques. Les fans de Craignos Monsters tiqueront peut-être quand Elvira ne se montre pas très tendre avec le It Conquered the World de Roger Corman ou L'Attaque des Tomates Tueuses de John De Bello. Mais en interview, Cassandra Peterson a toujours affirmé adoré ce type de série B fauchée. L'honneur est sauf. La scène finale nous permet d'assister à un show d'Elvira façon music-hall et ça en jette pas mal, avec danseurs et costumes farfelus. Elvira Maîtresse des Ténèbres est-il vraiment un film culte comme le proclame les fans ? On pourra trouver que le film est relativement sage et, bien que l'ensemble soit généreux et drôle, on aurait aimé plus d'éléments fantastiques, plus de délires avec des effets spéciaux. Certes, la poitrine d'Elvira est un effet spécial naturel à lui tout seul me répondrez-vous. Ok. Hormis cela, ce premier film mettant en vedette Elvira (on la retrouvera dans le tardif Elvira et le Château Hanté en 2001) est assurément bien sympathique et saura convaincre de nouveaux fans grâce à la superbe édition de Bach Films, qui nous propose une copie magnifique en VF et VOSTF, ainsi que de nombreux bonus intéressants, le tout dans divers packaging, tous d'une grande beauté. De quoi se replonger avec délice dans l'univers kitsch et déjanté d'Elvira !  

* Disponible en combo DVD + BR chez BACH FILMS



mardi 10 juillet 2018

TENDER FLESH

TENDER FLESH
(Tender Flesh / Carne Fresca)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1997
Scénariste : Jess Franco
Pays : Espagne, Etats-Unis
Genre : Érotique, Survival
Interdiction : -16 ans
Avec : Amber Newman, Lina Romay, Monique Parent, Aldo Sambrell, Alain Petit...


L'HISTOIRE : Strip-teaseuse dans une boîte de nuit, Paula se fait remarquer par un étrange couple, certainement riche, et prônant l’amour libre. Il l’invite alors à venir passer quelques jours dans un palace sur une île. Là, au milieu du luxe et des mœurs dépravées des protagonistes, elle va découvrir que ses hôtes sont plutôt portés sur la chasse et la chair humaine...

MON AVIS : Si vous connaissez un peu les films de Jess Franco ou si vous possédez ceux qui ont été édité par Artus Films, la lecture du synopsis de Tender Flesh vous aura très certainement fait penser à celui de La Comtesse Perverse, que le réalisateur espagnol a réalisé en 1974. Et vous aurez raison puisque Tender Flesh est le remake moderne de ce dernier. Malheureusement, il est loin d'en avoir les qualités. La Comtesse Perverse mélangeait érotisme et chasse à l'homme avec un certain brio. Les scènes saphiques, la présence de Lina Romay et d'Alice Arno, les décors, dont la maison des maîtres de l'île avec son escalier renversant ou le thème du cannibalisme étaient traités avec raffinement et cette relecture du classique Les Chasses du Comte Zaroff marquait des points et remplissait largement son contrat. Lina Romay est également au générique de Tender Flesh mais avec 23 ans de plus au compteur et il faut bien reconnaître que la jolie brune a perdu de sa superbe avec ses cheveux coupés ultra-court et ses traits marqués. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à se dévêtir devant la caméra de son mari. Mais honnêtement, ce n'est pas très érotique. Plus sexy et excitante est la jeune vedette du film, Amber Newman. Elle joue le rôle de Paula et se livre sans retenue aux différents acteurs et actrices du casting, que ce soit la jolie blonde Monique Parent (la comtesse Irina) ou le jeune Mikail Kronen, qui joue un rabatteur. La plastique de l'actrice, son charme, sa fraîcheur et sa ravissante poitrine sont assurément ce qu'il y a de plus intéressants dans le film, tout comme l'aspect fétichiste qui se dégage de certaines séquences. Vêtements très aérés et bottes en cuir sont mis en avant par Jess Franco, qui filme même l'actrice Analia Ivars faire une fellation au talon-aiguille de sa maîtresse. Le passage du strip-tease d'Amber Newman, entourée de deux mannequins en plastique ressemblant à des sortes de momies et pourvus de membres turgescents est également à mettre dans les points positifs du film, nous rappelant des œuvres décalées comme Café Flesh par exemple (en plus soft bien sûr). Mais hormis cela, on ne peut dire qu'il y a grand chose à retenir de Tender Flesh. Jess Franco mise avant tout sur le côté érotique du film mais peine à rendre les (trop) nombreuses séquences déshabillées ne serait-ce que jolies. J'ai trouvé que le film n'était pas très bien filmé et sur les 90 minutes que dure ce dernier, il y en a 75 qui sont uniquement consacrées à des scènes sexuelles. Heureusement, les ultimes quinze dernières minutes rattrapent un peu l'ensemble car dédiées à la partie de chasse à l'homme, ou plutôt à la chasse à Amber Newman puisque c'est la plus jolie actrice du film qui va devenir la proie de ce groupe de riches adeptes de la traque et de la chasse à l'arc, leurs victimes étant ensuite cuisinées avec raffinement par un Alain Petit qui assure en cuistot cannibale. La dernière image, avec une Monique Parent rôtie à point, est succulente et bien déjantée. Dommage de Franco n'a pas accordé plus d'importance à la chasse à l'homme et qu'il a préféré mettre en scène un simple film érotique avant toute autre considération. Reste donc la prestation bien en chair d'Amber Newman et quelques scènes un brin fantaisiste. Pas suffisant pour préférer Tender Flesh à La Comtesse Perverse en tout cas. A noter que l'édition 2 DVD d'Artus Films nous permet de visionner en bonus un making of sous forme de journal filmé à l'époque et durant le tournage par Alain Petit. De quoi découvrir Jess Franco sur un plateau, dirigeant ses comédiens et comédiennes. Très intéressant.

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS


lundi 9 juillet 2018

LES EXPÉRIENCES ÉROTIQUES DE FRANKENSTEIN

LES EXPÉRIENCES ÉROTIQUES DE FRANKENSTEIN
(La Malédiction de Frankenstein)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1973
Scénariste : Jess Franco
Pays : France, Espagne
Genre : Fantastique
Interdiction : -16 ans
Avec : Britt Nichols, Anne Libert, Alberto Dalbés, Howard Vernon, Daniel White...


L'HISTOIRE : Le docteur Frankenstein parvient à greffer un cerveau humain dans le corps de sa créature. Il est alors attaqué par un être mi-femme, mi-oiseau. Cette dernière tue le docteur Frankenstein ainsi que son assistant et kidnappe la créature pour l'apporter à son maître, le mage Cagliostro. Vera Frankenstein, fille du docteur, parvient à ressusciter temporairement son père pour obtenir des informations sur son décès. En apprenant que le meurtre est l'oeuvre de Cagliostro, elle décide de se rendre chez ce dernier afin de venger son père. Cagliostro a quant à lui le désir de créer la femme parfaite et de l'accoupler avec la créature de Frankenstein...

MON AVIS :  De l'aveu même de Jess Franco, ce dernier s'est carrément fait chier durant le tournage de son film Les Nuits de Dracula réalisé en 1970. Il fallait faire un film trop sérieux, trop respectueux du roman de Bram Stoker et l'expérience n'a pas vraiment plu au réalisateur espagnol. Franco s'est donc "vengé" dès 1972 avec Dracula Prisonnier de Frankenstein, La Fille de Dracula et La Malédiction de Frankenstein, ce dernier ayant été re-titré en France en Les Expériences érotiques de Frankenstein. Trois films illustrant des figures mythiques du cinéma fantastique mais à la sauce Jess Franco ! Si La Fille de Dracula est celui qui possède le plus de retenu sur les trois, les deux autres font preuve d'une exubérance totale et n'hésitent pas à verser dans le délire le plus absurde. La lecture du synopsis de ces Expériences érotiques de Frankenstein nous indique que Jess Franco n'y a pas été avec le dos de la cuillère au niveau des situations improbables et que les admirateurs des classiques de la Universal avec Boris Karloff risquent fort d'avoir une crise cardiaque à la vue des images proposées. Le fan de cinéma Bis délirant sera, quant à lui, comblé d'aise devant ce spectacle dégénéré et qui part en vrille à chaque séquence. Véritable capharnaüm d'idées farfelues et de séquences hallucinantes et nonsensiques, Les Expériences érotiques de Frankenstein est un film qui se moque des conventions et les détourne au profit d'une liberté créatrice qui fait plaisir à voir. Certains diront qu'il s'agit d'un manque de respect envers les films de la Universal mais après tout, rien n'est écrit dans le marbre et un réalisateur a bien le droit de s'amuser à livrer sa vision des choses, aussi délirante soit-elle. Un délire qui commence d'ailleurs par ce titre français qui est un peu à côté de la plaque puisque ce n'est pas du tout le docteur Frankenstein qui se livre à de curieuses expériences ici mais le mage Cagliostro, superbement interprété par un Howard Vernon en roue libre. Le docteur Frankenstein (Dennis Price) se contente de donner un cerveau à sa créature au tout début du film et... c'est tout. Rien d'érotique dans tout ça vous en conviendrez. Alors que le cas Cagliostro, c'est différent. Mais son nom est moins vendeur que celui de Frankenstein a du se dire le publicitaire. Certes. Reste que c'est donc bien Howard Vernon qui va se livrer à des expériences légèrement érotiques en kidnappant la créature de Frankenstein afin que cette dernière aille à son tour kidnapper de jolies jeunes filles pour que son nouveau maître puisse lui construire la femme parfaite en utilisant plusieurs parties du corps des futures victimes. Une relecture totalement Bis de La Fiancée de Frankenstein donc ! Il s'embête bien Cagliostro par contre puisque la première victime, qu'il va décapiter pour n'en conserver que la tête (logique !), n'est autre que la sublime Britt Nichols ! Pourquoi s’embarrasser à coudre diverses parties de corps ensemble quand on a déjà la femme parfaite entre les mains ? Un peu tordu dans leur tête ces savants fous mais c'est pour ça qu'on les aime me direz-vous et ce n'est pas faux. L'équipe chargée des effets spéciaux a du lire dans mes pensées en tout cas puisque cette fameuse créature femelle qu'on nous fera découvrir vers la fin du film aura bel et bien la tête et le corps de Britt Nichols, et sans aucune trace de couture sur le corps en plus ! Impayable ! Des moments "hors du temps" comme ça, il y en a légion dans Les Expériences érotiques de Frankenstein. La palme revient sans aucun doute au rôle qu'interprète Anne Libert : Melissa, une créature mi-femme, mi-oiseau ! Entièrement nue, elle est recouverte à certains endroits de son corps par des plumes bleues ! Elle se lance tantôt dans des invocations qui n'en finissent plus ou alors se met à parler... en cri d'oiseau ! Hallucinant. Je sais pas ce qu'il a fumé le Jess Franco sur le tournage mais ça devait être de la bonne. Cette étrange créature est en plus aveugle apparemment, et Anne Libert retranscrit cette cécité en passant tout le film à lever les yeux vers le ciel pour bien nous faire comprendre qu'elle n'y voit rien. Ah ça oui, ça vaut son pesant de cacahuètes. Cerise sur le gâteau, Melissa adore se repaître de chair humaine. N'en jetez plus, la coupe est pleine. Mais c'est sans compter sur la folie de Jess Franco qui en rajoute encore une couche supplémentaire avec la créature de Frankenstein (un mec plutôt grand et baraqué, dont le corps est entièrement peint avec une couleurs aluminium du plus bel effet) mais aussi avec la cour des miracles de Cagliostro : on ne sait pas très bien d'où viennent toutes ces créatures bizarroïdes (de ses précédentes expériences ?) mais le look de certaines valent le détour, c'est le moins que l'on puisse dire. Bref, vous l'avez compris, avec Les Expériences érotiques de FrankensteinJess Franco n'a pas du tout voulu rendre hommage aux films des années 30. Si vous visionnez cette oeuvre avec l'optique d'assister à un film d'épouvante sérieux et cherchant à faire flipper le spectateur, vous aurez tout faux. Pour apprécier cette oeuvre, il faut laisser la logique au vestiaire et se laisser embarquer durant 75 minutes dans un délire érotico-fantastique qui ne recule jamais à en faire trop. En ce qui me concerne, c'est dans cet état d'esprit que je l'ai visionné et je me suis franchement bien marré, sans jamais m'ennuyer. N'hésitez pas à tenter l'expérience !

PS : Artus Films a encore BIEN fait les choses puisque l'éditeur nous offre le montage français mais aussi le montage espagnol du film. Si vous voulez voir des actrices (et un acteur) totalement nues, foncez tête baissée sur le montage français. Le montage espagnol a supprimé toute la notion érotique du film, rhabillant le casting pour l'occasion et effectuant de grosses coupes lors de certaines scènes un peu dénudées. Pour compenser ces coupes, Jess Franco a du tourner des séquences additionnelles pour ce montage espagnol. Ces dernières se focalisent donc sur un groupe de gitans dont l'une n'est autre que la belle Lina Romay dont c'est la première apparition à l'écran. Malgré la présence succincte de cette actrice, on préférera le montage français.

 * Disponible en combo DVD + BR chez ARTUS FILMS

dimanche 8 juillet 2018

LA FILLE DE DRACULA

LA FILLE DE DRACULA
(La Fille de Dracula)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1972
Scénariste : Jess Franco
Pays : France, Portugal
Genre : Fantastique, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Britt Nichols, Anne Libert, Alberto Dalbés, Howard Vernon, Daniel White...


L'HISTOIRE : Luisa se rend dans le manoir familial où l’attend sa grand-mère, la baronne Karlstein. Celle-ci, mourante, lui dévoile la malédiction qui pèse sur leur famille depuis des générations. En effet, dans la crypte repose leur ancêtre, Dracula, qui a toujours besoin de sang de jeunes femmes...

MON AVIS : Le début des années 70 est une période sacrément prolifique pour Jess Franco puisque ce dernier enchaîne les films comme une petite fille enfile des perles. Quatre films en 1971, six films en 1972, dix films en 1973, huit films en 1974 et j'en passe, c'est une véritable locomotive productive qui oeuvre à un rythme infernal, avec des tournages rapides de quelques jours. La Fille de Dracula date de 1972 et on retrouve au générique un casting que Jess Franco va réutiliser plusieurs fois en ce début des 70's. On pense par exemple aux actrices Anne Libert et Britt Nichols ainsi qu'aux acteurs Howard Vernon et Alberto Dalbés qu'on verra dans Dracula prisonnier de FrankensteinLes expériences érotiques de Frankenstein, La Fille de Dracula, Les Démons ou encore Une Vierge chez les Morts Vivants (ce dernier sans Alberto Dalbés). Avec La Fille de Dracula, Franco veut s'illustrer dans le film de vampires, un sujet qu'il connaît déjà puisqu'il a mis Christopher Lee en scène dans Les Nuits de Dracula en 1970 et Soledad Miranda dans Vampyros Lesbos en 1971. Conscient que les spectateurs connaissent tout des vampires vu la multitude de films ayant traités ce thème depuis le Nosferatu de Murnau, le réalisateur ibérique ne va pas s’embêter à nous raconter encore une fois une histoire traditionnelle ou à jouer avec les clichés inhérents à ce genre de film. La Fille de Dracula va donc s'avérer un spectacle assez détonnant dans le paysage vampirique, ce qui lui valut nombre de critiques négatives à l'époque de sa sortie. Visionné en 2018, on pourra trouver ces critiques dépassées ou tout du moins usant de la méchanceté gratuite. Certes, La Fille de Dracula n'est pas le meilleur film de vampires que j'ai vu, loin s'en faut. Mais c'est également loin d'être le pire. Le soin apporté aux images et à la mise en scène font de ce film une oeuvre intrigante et non dénuée d'attrait. En ce qui me concerne, le principal intérêt du film est la présence de la très belle Britt Nichols qui interprète le rôle-titre. De son vrai nom Carmen Yazalde, cette actrice possède un véritable pouvoir hypnotique dont les grands yeux en sont l'instruments, auxquels on ajoutera des formes plutôt appétissantes qu'elle n'hésite pas à exibher au grès des demandes de Jess Franco. La scène d'amour saphique entre Britt Nichols et Anne Libert, au son du piano de Daniel White (compositeur attitré de Franco, qui interprète ici le baron Max Karlstein) est très jolie et les deux actrices rivalisent de beautés et de charme. L'érotisme, notion rattachée aux films de vampires, est évidemment présent dans La Fille de Dracula mais de manière assez soft et sans prendre le dessus sur l'intrigue. Une intrigue somme toute basique, sans véritable enjeu scénaristique, qui a un peu trop tendance à zapper son héroïne aux canines acérées au profit de séquences mettant en vedette l'inspecteur de police joué par le très bon Alberto Dalbés ou Jess Franco lui-même qui s'est offert un rôle assez conséquent, celui du domestique du Baron Karlstein. Un domestique qui croit aux mythes, aux légendes et aux malédictions ancestrales et qui se lance dans de longues tirades poétiques finement ciselées qui participent au plaisir ressenti à la vision du film. Franco utilise avec talent les magnifiques décors intérieurs et extérieurs d'un château que le réalisateur filmera à nouveau dans Une Vierge chez les Morts Vivants. Les scènes se déroulant dans la crypte sont fort belles et l'ambiance gothique n'est gâchée que par la découverte d'Howard Vernon reposant dans son cercueil. L'acteur fétiche de Franco interprète ici le Comte Dracula et on ne peut pas dire qu'il soit très crédible avec son maquillage blafard et ses deux canines qu'il ne cesse d'exhiber à la caméra. On passera rapidement sur ce bémol pour s'intéresser avant tout à la tentative de Franco de créer un certain suspense concernant l'identité d'un mystérieux assassin, et ce, en utilisant les codes du giallo italien. L'individu est vêtu de noir, ganté, chapeauté et on ne verra jamais son visage. Une tentative un peu inutile en faite puisque dès le début du film, nul doute n'est permis quand à l'identité de la femme vampire. Mais ça permet au film de maintenir l'attention du spectateur et de développer une intrigue policière qui prend le pas sur l'aspect fantastique du récit. Même si elles viennent "casser" l'atmosphère gothique du film, elles ne sont pas ennuyeuses et les dialogues sont bien écrits. Si le final semble un peu expéditif (on se demande comment le domestique connaît l'identité de la femme vampire, comment sait-il l'endroit où elle se cache et surtout, pourquoi n'a-t-il pas agit avant les meurtres ?), si le rythme lancinant pourra déconcerter la majorité des spectateurs s'attendant à un film de vampires classique, La Fille de Dracula, malgré ses défauts, m'a fait passer moment agréable. Rien de transcendant non plus, j'aurai bien aimé que Franco se lâche un peu plus au niveau de la violence par exemple et nous offre plus d'agressions vampiriques. Mais vu la beauté de cette fille de Dracula, on lui pardonne cette retenue. A ranger à côté des classiques de Jean Rollin (La Vampire Nue par exemple) et à savourer comme un film de vampire atmosphérique à l'ambiance policière...

* Disponible en combo DVD + BR chez ARTUS FILMS



samedi 7 juillet 2018

KING KONG REVIENT

KING KONG REVIENT
(A*P*E)

Réalisateur : Paul Leder
Année : 1976
Scénariste : Paul Leder, Reuben Leder
Pays : Corée du Sud, Etats-Unis
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec : Rod Arrants, Joanna Kerns, Alex Nicol, Nak-hun Lee, Yeon-jeong Woo...


L'HISTOIRE : Un singe géant de neuf mètres de haut est prisonnier dans les cales d'un paquebot qui navigue près des côtes coréennes. L'animal parvient à se libérer et après avoir détruit le navire qui le retenait captif puis avoir affronté un requin, il accoste en Corée où il sème la panique, détruisant tout sur son passage. Les généraux de l'armée américaine, présents sur place, avec l'aide de l'armée coréenne, vont tout faire pour stopper le monstre. Ce dernier tombe sous le charme de Marilyn Baker, une actrice de cinéma. Tom Rose, le fiancé de celle-ci, va tenter de libérer sa dulcinée de son imposant amant...

MON AVIS : Le King Kong de 1933, véritable chef-d'oeuvre du cinéma, a laissé dans son sillage bon nombre de films voulant surfer sur les singes géants, avec plus ou moins de bonheur. Surtout moins d'ailleurs la plupart du temps. Rien que sa suite, également réalisée en 1933, Le Fils de Kong, avait tout du mauvais film. Parmi les œuvres nettement plus sympas, on citera, sans exhaustivité aucune, Monsieur Joe (1949), Konga (1961), Le Colosse de Hong Kong (1977), King Kong (1976), King Kong (2005) ou Kong : Skull Island (2017) par exemple. Le reste est à classer dans la catégorie des navets ou des nanars rigolos, à l'image du film dont je vais vous parler ici, à savoir le fameux King Kong Revient. Ayant eu vent des intentions du producteur Dino de Laurentis de concevoir en 1976 un remake du film de 1933 (le King Kong de John Guillemin) et voulant concurrencer le Japon dans les films de monstres géants - la saga des Godzilla mais aussi King Kong contre Godzilla (1962) et King Kong s'est échappé (1967) - la Corée du Sud décide de s'allier avec les Etats-Unis afin de réaliser A*P*E, qui se fera également appeler King Kong Revient ! Avec sa fabuleuse affiche, qui laisse augurer de combats titanesques entre le plus célèbre des singes géants et un requin ou un serpent géant, le film de Paul Leder fait saliver et on a plus que hâte de voir le résultat à l'écran. Si je vous dis que King Kong Revient est considéré comme étant l'un des plus mauvais films jamais réalisé, vous allez être déçu ou vous n'allez pas me croire. Jusqu'à ce que vous ayez, vous aussi, visionné le film. Imaginez Ed Wood décidant de réaliser sa propre version de King Kong avec ses budgets faméliques et vous aurez une petite idée de ce qui vous attend. Nanar haut de gamme, qui fera la joie des amateurs de films rigolos pas prise de tête, King Kong Revient va vous en donner pour votre argent si vous êtes réceptif à ce type de production ultra-fauchée. Rien que la scène d'introduction vaut le visionnage du film. Enfermé dans la cale d'un bateau et destiné à devenir une attraction chez Disneyland, un singe géant parvient à s'échapper et détruit le bateau qui le retenait prisonnier. Ne vous attendez pas à voir une animation image par image comme dans le film de 1933. Pas assez de budget pour ça. On a donc droit (comme c'est quasiment toujours le cas dans les productions asiatiques) à un acteur dans un costume de singe ! Fan de San Ku Kaï, Spectreman ou autre X-Or, vous serez aux anges. Ma femme a vu le gorille à l'écran, elle m'a dit "mais c'est un Chewba-Kong ??" j'étais mort de rire. Le plus drôle arrive ensuite, quand un requin attaque notre singe géant. Bon, très clairement, le squale est mort depuis belle lurette, l'acteur n'a donc qu'à le saisir et à faire du catch avec lui dans le bassin qui sert d'océan, ce qui est totalement ridicule mais hautement épuisant pour nos zygomatiques. Tout le reste sera à l'avenant. Notre héros simiesque va débarquer en Corée du sud et va s'amuser à détruire des tas de maquettes de bâtiments censés être en béton armé, l'acteur déguisé s'acharnant sur les fausses maisons, leur marchant dessus, quitte à perdre l'équilibre et de manquer de tomber parmi les décors de carton-pâte. Bien sûr, un tel comportement va alerter les autorités militaires et on aura droit à des nombreuses scènes de militaires causant aux téléphones en évoquant les divers incidents commis par le monstre poilu. Assez répétitives, ces séquences téléphoniques viennent ralentir le rythme du film, qui n'est déjà pas très soutenu. Heureusement, les scénaristes vont avoir l'idée de s'inspirer du film de 1933 et de créer une petite romance entre le singe géant et une jolie blondinette. Interprétée par Joanna Kerns, la vedette féminine du film est donc une actrice venu jouer dans un film dont le tournage se déroule en Corée. Elle va avoir le redoutable honneur de devenir le centre d'intérêt de ce Kong du pauvre, ce dernier ayant été subjugué par son jeu d'actrice. On se demande encore comment l'équipe technique ne l'a pas aperçu, je rappelle que notre géant est censé mesurer dans les neuf mètres de haut quand même ! C'est d'ailleurs la même chose lors de nombreuses séquences de foule en panique, personne n'a vu Kong arriver !! Neuf mètres de haut, c'est grand pourtant et ça doit se repérer facilement non ? Bon, on est plus à ça près de toute façon puisque tout King Kong Revient relève du non-sens absolu. Image surréaliste qui restera dans toutes les mémoires, celle de l'enjambé de vache ! Kong se promène dans un champ et évite d'écraser une pauvre vache qui traînait par là, cette dernière étant un simple jouet que l'acteur déguisé va enjamber ! Impayable. Il en va de même quand notre acteur tient une poupée Barbie dans sa main, censée être l'actrice Joanna Kerns précédemment citée. Il faut le voir pour le croire ! Et quant on sait que le film a été réalisé en 3D (d'où les nombreux plans de lancers d'objets qui foncent, accrocher à des câbles visibles à 1 mètre, vers le spectateur), on se dit qu'on aurait bien aimé voir le film dans cette version. Le final étire en longueur le combat entre Kong et l'armée et multiplie les explosions, les jouets en forme d'hélicoptères devenant la cible des poings de Kong et j'en passe, jusqu'à la mort tragique de notre grand héros.Une telle naïveté confondante durant les 86 minutes que dure le film fait de ce dernier une perle nanaresque idéale pour se payer une bonne tranche de rigolade entre potes !

* Disponible dans un beau digipack chez CINE 2 GENRE



LES DÉMONS

LES DÉMONS
(Les Démons)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1972
Scénariste : Jess Franco
Pays : France, Portugal
Genre : Drame, Érotique, Horreur, Historique, Nunsploitation
Interdiction : -16 ans
Avec : Anne Libert, Britt Nichols, Karin Field, Doris Thomas, Cihangir Gaffari...


L'HISTOIRE : Condamnée au bûcher, une sorcière lance un anathème visant ses persécuteurs : le juge Jeffries, William Renfield et Lady de Winter. Ses filles, Margaret et Kathleen, prétend-elle, seront l’instrument de sa vengeance. Effrayé par cette menace, le grand inquisiteur Jeffries fait chercher les filles, réfugiées dans le couvent de Blackmoor, où elles sont sur le point de prononcer leurs vœux...

MON AVIS : En 1970, Michael Armstrong réalise le terrible La Marque du Diable, maître-étalon du film basé sur les méfaits de l'inquisition. La même année et sur le même thème, Jess Franco réalise Le Trône de Feu, avec Christopher Lee dans le rôle de l'ignoble juge Jeffries, personnage ayant réellement existé et qui a été maints fois représenté au cinéma. Deux ans plus tard, Jess Franco retrouve d'ailleurs le juge Jeffries, interprété cette fois par l'acteur iranien Cihangir Gaffari, dans Les Démons. Coproduction Franco-portugaise, Les Démons mélange plusieurs thèmes, plusieurs influences, pour un résultat des plus satisfaisants. Pur film d'exploitation Bis, on y trouve en effet des vrais châteaux et de très beaux costumes (pour l'aspect historique), de nombreuses séquences de tortures infligées par des bourreaux au cœur de pierre (pour l'aspect inquisition et horrifique) et bien sûr de très nombreuses séquences d'érotisme, principalement saphiques. Une partie du film se déroulant dans un couvent, Franco a également intégré les clichés du film de Nunsploitation et ce, pour notre plus grand plaisir. L’hypocrisie cléricale est bien sûr montrée du doigt par le réalisateur ibérique, avec le personnage de la Mère Supérieure, interprétée par Doris Thomas. Cette dernière n'hésite pas à dénoncer les nonnes qui se livrent à la masturbation ou ont des pensées impures alors qu'elle-même ne peut s'empêcher d'avoir du désir et de se livrer également à ces pratiques. Le film verse également dans le fantastique pur puisque les sorcières ont de réels pouvoirs sataniques, comme on le verra lors de la vengeance finale, dans laquelle un simple baiser réduit la victime embrassée en un vulgaire squelette ! D'une durée assez longue (118 minutes dans sa version intégrale), Les Démons, malgré quelques petites longueurs, se laisse regarder sans ennui ni déplaisir. Si vous aimez les Nunsploitation et les films traitant de l'Inquisition, alors vous serrez comblé, surtout que Franco a soigné ses décors, ses costumes et son casting. Même si le budget n'a pas dû être exubérant, le film apparaît comme étant assez luxueux. Le casting féminin se montre quant à lui des plus torrides et saura faire monter la température. Doris Thomas (la Mère Supérieure), Karin Field (Lady de Winter), Anne Libert (Kathleen) et la ravissante Britt Nichols (Margaret) ne se font pas prier pour se dénuder à tour de bras et se livrer à des scènes d'attouchements ou de relations lesbiennes. Très nombreuses, ces séquences érotiques sont plutôt bien filmées (avec abondance de zoom évidemment, on est chez Jess Franco) et parfois même un peu dérangeantes (les examens intimes des deux sœurs par Lady de Winter pour tester leur virginité). Réservée et assez prude, la belle Margaret va avoir l'honneur de se faire prendre violemment par Satan lui-même afin de pouvoir mener à bien la terrible vengeance liée à l'exécution de sa mère qui était une sorcière. La séquence dans laquelle elle s'offre à Lady de Winter est assez chaude si je puis dire et ne devrait pas vous laisser de marbre. L'érotisme se conjugue donc à merveille avec des séquences de tortures raffinées et l'imagination des bourreaux de l'Inquisition devrait satisfaire les amateurs de cruauté. Dieu sait qu'il ne faisait pas bon être dénoncé pour actes de sorcellerie à cette époque. Le célèbre juge Jeffries est donc à l'honneur, interprété par le ténébreux Cihangir Gaffari qui lui offre une certaine prestance. Si l'interprétation de certains membres du casting fait parfois dans le théâtrale (la sorcière du début, peu aidée par une VF qui en rajoute aussi dans cette théâtralité), si les abus de zoom et dé-zoom peuvent fatiguer à la longue, on prendra toutefois un plaisir certain à visionner cette débauche de tortures et de sexe en costume mise en scène par un Jess Franco plutôt inspiré. Les Démons est une oeuvre d'exploitation tout à fait recommandable et si le film a subit les foudres de la censure à l'époque de sa sortie (en 1973 pour la France), l'éditeur Artus Films a encore fait un travail remarquable en nous proposant la version intégrale en combo DVD + BR. Pas de quoi bouder son plaisir donc !

* Disponible en DVD et BR chez ARTUS FILMS