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PINOCCHIO DÉCHAÎNÉ

PICHOCCHIO DÉCHAÎNÉ
(Pinocchio: Unstrung)

Réalisateur : Rhys Frake-Waterfield
Année : 2026
Scénariste : Rhys Frake-Waterfield
Pays : Angleterre, Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Richard Brake, Cameron Bell, Jessica Balmer, Jack Art Grey, Karolina Knight...


L'HISTOIRE : James, un adolescent orphelin, vient de perdre son meilleur ami, emporté par un cancer. Pour l’aider à faire son deuil, son grand-père, Geppetto lui offre une poupée de bois dotée d’une âme, baptisée Pinocchio. Comme tout garçon de son âge, James ignore les mises en garde de son grand-père et présente Pinocchio au monde extérieur. Mais très vite, Pinocchio aspire à devenir humain et à prouver qu’il mérite l’amitié de James en le protégeant. Il va alors se lancer dans une croisade sanglante pour éliminer quiconque pourrait nuire à James, et se procurer les parties du corps dont il a besoin pour devenir humain. Pinocchio, encouragé à poursuivre sa quête par le diabolique Cricket, une autre des créations de bois de Geppetto, se retrouve entraîné dans une véritable frénésie meurtrière !

MON AVIS : Nouvelle entrée dans le Twisted Childhood Universe ou L'univers de l'enfance pervertie en français, débuté en 2023 avec Winnie l'Ourson : du sang et du miel et poursuivi en 2024 avec Winnie l'Ourson : du sang et du miel 2, en 2025 avec Le Cauchemar de Peter Pan et l'excellent Bambi la vengeance. Les figures phares de notre enfance revues et corrigées à la sauce horrifique, voilà ce que nous propose le T.U.C. et c'est donc le gentil Pinocchio qui vient rejoindre cet univers déjanté et gore avec Pinocchio déchainé, réalisé par Rhys Frake-Waterfield. Si l'histoire reste bien éloignée du roman de Carlo Collodi écrit en 1881 ou du dessin-animé de Walt Disney réalisé en 1940, les personnages principaux sont par contre bien présents : on retrouve Geppetto en inventeur de marionnettes en bois et créateur de Pinocchio, Jiminy Cricket en (mauvais) conseiller de Pinocchio et qui aborde ici la voix de Robert Englund en version originale, et bien sûr Pinocchio, marionnette au look très réussi et qui, soulignons-le, n'a pas été crée en images de synthèses mais bien à l'ancienne, en animatronique, sous la direction de Todd Masters. Même les mouvements de yeux, les expressions de visage et la bouche sont animés en direct et sans recours aux CGI. Par contre, Jiminy Criquet a été conçu en CGI. Mais Pinocchio déchaîné marque des points car, dans la très grande majorité, le réalisateur a voulu éviter le plus possible les CGI et avoir recours aux effets pratiques. Et franchement, ça bonifie vraiment le film. Notamment au niveau des séquences bien gore qui parsèment l'oeuvre de Rhys Frake-Waterfield. Le réalisateur et son équipe d'effets spéciaux et de maquillages s'en sont donnés à cœur joie dans la violence visuelle et graphique, ne lésinant jamais sur les débordements gore que n'aurait pas renié un chapitre de Terrifier. Peau du visage arraché par les doigts de bois de Pinocchio, femme dentiste qui se fait casser les dents à coup de maillet, seringue introduite dans l’œil, poids d'haltère fracassant un visage, dos rompu en deux, nez de Pinocchio qui 'introduit dans le nez d'une victime et qui grandit, grandit et grandit encore à l'intérieur de cette dernière, étant donné que le pantin ne cesse de mentir exprès (et oui, les codes sont respectés au niveau de notre anti-héros de bois), explosion de tête d'un enfant à la carabine, scalp intégral et autres joyeusetés sont de la partie et franchement, ça dépote sévère, planquez les enfants de devant l'écran !! Niveau érotisme, ça reste très sage par contre même si on aperçoit un sein de la plantureuse blondinette Karolina Knight. Pinoçcchio déchainé emprunte clairement au film de monstre mais aussi au slasher movie, puisque notre pantin va poursuivre et décimer les gens qui ne se sont pas montrés très gentils avec son nouvel ami humain. En effet, Geppetto a créé Pinochhio pour qu'il devienne le nouvel ami de James, un jeune garçon très attristé par la mort de son meilleur ami. Et James est régulièrement embêté par une bande de crétins au collège. La nature même de Pinocchio n'est pas malfaisante au départ. Le pantin se forge une âme de meurtrier dans le seul but de protéger son nouveau compagnon mais aussi par envie car il désire devenir de chair et de sang lui aussi ! Un postulat intéressant, qui joue aussi avec la thématique de l'être différent et incompris, rejeté par les autres et qui veut tout faire pour s'adapter et s'intégrer au monde dans lequel il vit. Ses deux missions, Pinocchio va donc les accomplir avec un certain brio, traquant inlassablement les enquiquineurs et, sur les conseils de Jiminy Criquet, leur prélevant par la même occasion divers organes afin de devenir plus humain. Le final, dans lequel on va en apprendre plus sur Geppetto lui-même, nous propose des décors assez réussis, qui auraient pu servir à un épisode de la saga Hellraiser je trouve. L'antre de Geppetto, peu rassurant ou cette curieuse Mère des Bois plonge le film dans le lugubre et s'avère efficace. L'acteur Richard Brake, qui prête ses traits au marionnettiste, se révèle assez inquiétant et donne de l'épaisseur à son personnage. Quant à la star du film, Pinocchio, comme déjà dit, c'est clairement une réussite au niveau du look et de sa conception, de son animation également et on prend un réel plaisir à le voir massacrer le casting avec une vraie ferveur sanguinaire. Un petit budget qui procure pas mal de plaisir, une petite série B qui ne se prend jamais au sérieux mais qui assume son côté tordu et n'hésites pas à envoyer du lourd dans les effets gore, un scénario assez simpliste mais néanmoins travaillé, une ambiance inquiétante parfois, des acteurs plutôt corrects et une réelle volonté de bien faire font de ce Pinocchio déchainé le meilleur film de la franchise T.U.C. avec Bambi la Vengeance. Ceux qui s'attendaient à une adaptation horrifique bas de gamme en seront pour leur frais parce que le film de Rhys Frake-Waterfield en a clairement sous le pied pour satisfaire le plus grand nombre. 

* Disponible en DVD et combo BR+4K chez ARCADES



   
 

REDUX REDUX

 

REDUX REDUX
(Redux Redux)

Réalisateur : Kevin McManus, Matthew McManus
Année : 2025
Scénariste : Kevin McManus, Matthew McManus
Pays : USA
Genre : Drame, Science-fiction
Interdiction : -16 ans
Avec : Michaela McManus, Stella Marcus, Jeremy Holm, Jim Cummings...


L'HISTOIRE : Irene a perdu sa fille Anna, kidnappée et assassinée par Neville, un prédateur sexuel. Détentrice d'un caisson permettant de se déplacer dans le multivers, elle arpente inlassablement toutes les dimensions pour retrouver et tuer le bourreau de sa fille. Un jour, dans un des univers parallèle, elle croise la route de la jeune Mia, qu'elle sauve de Neville. Une relation se noue entre les deux femmes, qui poursuivent ensemble cette quête infinie de vengeance...

MON AVIS : Gagnant du Prix du Public lors du festival de Gerardmer 2026, Redux Redux est un film familial, dans le sens où les réalisateurs Kevin McManus et Matthew McManus sont frères et l'actrice principale, Michaela McManus, est leur sœur.L'aspect familial s'arrête ici puisque le film est un vigilante movie science-fictionnel qui verse dans la violence froide, sans atteindre des extrêmes toutefois. Le scénario est des plus intéressants, puisqu'il met en scène une femme qui possède une sorte de télé-porteur lui permettant d'aller dans des univers parallèles et ce, afin de tuer encore et encore le meurtrier de sa fille Anna. Une vengeance à répétition donc, qui fait perdre petit à petit à cette héroïne tragique son humanité. Elle le dit elle-même : "Je ne sais même plus qui je suis". Le drame vécu, la perte de son enfant, et cette capacité à se déplacer dans le multivers pour traquer le meurtrier et le mettre hors d'état de nuire a fait d'elle une sorte d'exécutrice sans émotion, qui met sa vie en danger puisque le prédateur sexuel a parfois le temps de se défendre, et qui n'a plus aucun but dans sa vie que celui de l'exterminer de la surface de la Terre, encore et encore. Enfin si, elle a un but en fait : trouver un multivers dans lequel le tueur ne s'en serait pas encore pris à sa fille. Une quête désespérée, touchante, émouvante, qui semble ne jamais pouvoir arriver. Sa rencontre inopinée avec Mia, lors d'une traque au domicile du pervers, va apporter un peu de lumière à cette vie de noirceur et de violence. On s'en doute, Irene va voir en Mia sa fille disparue et faire de cette dernière un nouvel objectif dans sa vie, à savoir la protéger. Mais Mia n'est pas une jeune fille facile : élevée de foyer en foyer depuis son plus jeune âge, c'est une ado rebelle, qui ne se laisse pas dicter facilement sa loi et qui va avoir, elle aussi, le désir de rendre les coups à l'assassin d'enfants. Une situation déjà vue dans d'autres films, on ne compte plus les œuvres dans lesquelles un adulte doit gérer un enfant sans repère dans un environnement hostile. A ce niveau, Redux Redux ne fait pas dans l'originalité mais ça passe assez bien, car les situations proposées restent tendues, notamment vers la fin. D'une durée assez longue d'1h48, Redux Redux aurait peut-être pu être un peu raccourci, mais dans l'ensemble, le rythme est au rendez-vous, il y a assez d'action pour nous maintenir éveillé, entre exécutions sommaires, courses-poursuites et voyages temporels. Bien sûr, dans ce type de films à boucle temporelle, même si c'est un peu différent ici, on revit souvent les mêmes séquences, mais avec quelques petits changements. C'est le cas ici, notamment avec le décor du dîner, et cette tasse de café qui change de couleur pour nous faire comprendre qu'on est dans un autre univers par exemple. Les deux réalisateurs, qui sont également scénaristes, ont réfléchi pour faire que cette impression de répétitivité ne joue pas en défaveur du film  et c'est plutôt réussi puisque je ne me suis jamais dis "oh encore, ça soûle" durant mon visionnage. Concernant la séquence dans le désert, clin d'oeil à Terminator 2 peut-être, l'héroïne pouvant être vue comme une sorte de Sarah Connor en effet, je ne la trouve pas essentielle au récit et elle m'a donné l'impression de débarquer comme ça, sans réelle utilité, si ce n'est d'allonger la durée du film et de rajouter une scène d'action. Tout l"inverse de la séquence dans un autre univers où il va se passer quelque chose de vraiment prenant et intense. Avec un budget réduit, les frères McManus ont fait de Redux Redux une bonne surprise et prouve que le cinéma indépendant a encore de quoi nous surprendre dans le bon sens. On félicitera leur sœur Michaela, vu dans Les Frères Scott ou plus récemment dans Memory of a Killer. Elle assure vraiment ici, avec ce personnage de femme forte et déterminée mais fragile à la fois. Il en va de même pour la jeune Stella Marcus, parfaite en ado rebelle, grain de sable dans le rouage parfaitement huilé d'Irene. Mais un grain de sable salvateur, libérateur, qui transforme cette quête vengeresse en une sorte de rédemption et de parcours initiatique, nous rappelant le duo du film Thelma et Louise entre autres. Le final verse plus dans la série B classique et attendue mais fait le job. Redux Redux est une proposition sincère, originale, qui aurait peut-être pu pousser le concept encore plus loin, mais qui, en l'état, s'avère divertissante, intéressante et rondement menée. A découvrir. Ah oui, la scène introductive est carrément excellente et donne clairement le ton de ce qui va suivre.  

QUE MA VOLONTÉ SOIT FAITE

 

QUE MA VOLONTÉ SOIT FAITE
(Que ma Volonté soit faite)

Réalisateur : Julia Kowalski
Année : 2025
Scénariste : Julia Kowalski, Simon Beaufils
Pays : France, Pologne
Genre : Drame, folk horror, sorcellerie 
Interdiction : -12 ans
Avec : Maria Wróbel, Roxane Mesquida, Wojciech Skibinski, Przemyslaw Przestrzelski...


L'HISTOIRE : La jeune Nawojka, qui vit avec son père et ses deux frères dans la ferme familiale, cache un terrible secret : un pouvoir monstrueux, qu’elle pense hérité de sa défunte mère, s’éveille chaque fois qu’elle éprouve du désir. Lorsque Sandra, une femme libre et sulfureuse originaire du coin, revient au village, Nawojka est fascinée et ses pouvoirs se manifestent sans qu’elle ne puisse plus rien contrôler...

MON AVIS : En 2023, Julia Kowalski réalise le moyen-métrage J'ai vu le visage du Diable, qui mettait déjà en vedette l'actrice Maria Wróbel ainsi que Wojciech Skibinski. L'histoire était celle d'une jeune fille se croyant possédée et demandant l'aide d'un prêtre-exorciste. En 2025, la réalisatrice française, qui a été biberonné au cinéma polonais mais aussi au cinéma de genre, décide de faire un film ayant également la thématique de la possession, tout en y incluant des éléments de folk horror et de sorcellerie, prenant pour cadre de l'action un tout petit village rural où vit une famille d'immigrés polonais éleveur de bétails. Ces thématiques liées au cinéma de genre, la réalisatrice les dilue dans ce qui l'intéresse réellement ici, à savoir la condition féminine, le machisme, les violences sexistes et la place de la femme dans notre société. Dans Que ma Volonté soit faite, rien n'est expliqué, rien n'est certifié. Ce sera au spectateur de décider si le personnage de Nawojka est la descendante d'une sorcière, et si elle en est une elle-même, ou si elle n'est qu'une jeune fille perdue dans un monde essentiellement masculin, tiraillée par des désirs de plus en plus brûlants et par une soif d’émancipation qui la pousserait à ne plus différencier la frontière entre rêve et réalité. Le film est avant tout un drame rural, où le destin de la jeune fille semble tout tracé. Elle rêve de devenir vétérinaire mais qui s'occupera de la ferme, de faire à manger, de prendre soin de son père et de ses deux frères, pourtant pas très sympathiques à son égard, la prenant pour une véritable bonniche ? Un destin qui va se voir chamboulé par le retour au village de Sandra, une jeune femme libre, sans carcan, fière de son corps et qui ne laisse aucun mâle lui dicter ce qu'elle doit faire. La figure maternelle étant absente chez Nawojka, Sandra devient son nouveau repère, et la liberté que cette dernière affiche au grand jour, se baladant dans des tenues sexy, fait prendre conscience à la jeune fille qu'une autre vie est possible. Une prise de conscience qui va se traduire par des crises frénétiques, convulsives, proches de celle qu'avait Linda Blair dans L'Exorciste.Mais attention, point d'effets spéciaux ici, point de maquillage outrancier, tout passe par le jeu d'actrice, les grimaces, la crispation du corps. L'ambiance, le grain de la pellicule 16MM renvoie aux films des 70's que la réalisatrice adore. On trouve dans Que ma Volonté soit faite une longue scène de mariage héritée de Voyage au bout de l'Enfer, on trouve une partie de chasse nocturne qui renvoie à celle de Réveil dans la Terreur par exemple. Film féministe avant tout, la menace dans le film prend divers visages, mais surtout l'apparence des hommes du village, rednecks qui aiment la chasse, l'alcool et qui en oublient les bonnes manières envers la gente féminine. La superstition rurale est également mise en avant, le retour de Sandra (la toujours charmante Roxane Mesquida, vue dans Sheitan entre autres), considérée comme une femme de peu de vertu et qui semble avoir un lourd passif ici, devenant le symbole facile, la proie toute désignée des événements négatifs qui apparaissent au village : une étrange contamination du bétail provoque l'abattement des troupeaux et il n'en faut pas plus pour provoquer une chasse aux sorcières. Plus que du fantastique, c'est bien de l'insolite, de l'étrangeté, qui vient s'immiscer au sein de cette famille et des villageois, troublant autant leur perception cartésienne que celle du spectateur. Sans jamais expliquer ou définir les événements proposés, Que ma Volonté soit faite joue dans la cour du folk horror contemplatif, pour un résultat souvent déroutant, toujours intrigant, à l'image des premières paroles du film : "Ma mère s'agenouilla devant Satan. Elle avait le Mal en elle. Je l'ai en moi." Bien sûr, on est loin du cinéma Bis ici, le film a des allures bien plus auteurisantes évidemment, mais la proposition de Julia Kowalski est intéressante et s'éloigne des sentiers battus du cinéma français. La mise en scène est très bonne, la photographie superbe et certaines images sont très belles, notamment celles du final. Un film à découvrir, qui change des comédies françaises à la gomme.  

* Disponible en  DVD chez BLAQ OUT  



 


SATAN WANTS YOU

 

SATAN WANTS YOU
(Satan wants you)

Réalisateur : Steve J. Adams, Sean Horlor
Année : 2023
Scénariste : Steve J. Adams, Sean Horlor
Pays : Canada
Genre : Documentaire
Interdiction : /
Avec : Michelle Smith, Lawrence Pazder, Sarah Marshall, Marilyn...


L'HISTOIRE : En 1980 sort le livre Michelle Remembers, qui présente l'histoire de Michelle Smith, qui aurait été victime d'une secte sataniste lors de son enfance, et dont les souvenirs de cette période ont refait surface grâce à la thérapie du docteur Lawrence Pazder. Devenu Best-seller, le livre a provoqué un véritable vent de panique sur les USA et le Canada, déclenchant une "panique satanique" sans précédent. Mais l'histoire de Michelle Smith est-elle bien réelle  ? 

MON AVIS : Un documentaire édifiant sur la manipulation des foules ou comment un mensonge peut être pris pour une vérité vraie par des millions de personnes. En 1980, lorsque sort le livre co-écrit par le docteur Lawrence Pazder et sa patiente Michelle Smith, Michelle Remembers, l'effet est immédiat. Invités sur tous les plateaux télévisées pour raconter cette fascinante histoire d'abus sur une enfant jetée en pâture à une secte sataniste, les deux auteurs provoquent ce qu'on a appelé par la suite une véritable panique satanique à travers le pays, une véritable hystérie collective dans laquelle des millions d'Américains et de Canadiens ont pris peur pour leurs enfants, susceptibles d'être à leur tour kidnappés pour servir de proies à des rituels à la gloire de Satan. Satan wants You revient sur la base de ce récit, nous présente la rencontre entre Michelle et son psychanalyste, donne la parole aux sœurs de Michelle, à l'ex-femme du docteur Pazder, à des agents du FBI, à des journalistes et décortique l'effet du livre sur la population, l'effet sur les médias, et met en exergue la relation ambiguë entre Lawrence Pazder, psychanalyste qui a toujours voulu devenir célèbre, et Michelle Smith, qui finiront par se marier ensemble. Images d'archives, reconstitution, extrait audio des séances de psychanalyse, interviews se succèdent pour mettre à jour l'un des plus gros mensonges inventés, mensonge qui a tout de même été pris au sérieux par des millions de personnes, prouvant la puissance de la manipulation de foules quand tout est méticuleusement organisé. Un mensonge qui a ensuite été repris par d'autres personnes, qui auraient été elles aussi victimes de sectes satanistes durant leur enfance, obligées de sacrifier des bébés, de les manger et j'en passe. Seul souci, ce mensonge devenu viral a provoqué des arrestations intempestives, a envoyé en prison des innocents, accusés à tort d'être des satanistes. Anton Lavey, créateur de l'Eglise de Satan, présent en image d'archives, a même intenté un procès contre Michelle et Lawrence, pour diffamations et allégations mensongères. Le documentaire fait la part belle a la relation qui s'est initiée entre le médecin et sa patiente, cette dernière étant tombé amoureuse de son psychanalyste et ce dernier ayant vu en sa patiente un moyen d'accéder à la notoriété. Bref, un véritable phénomène publique, encore plus gros que l'affaire Amityville, et qui a pourtant fonctionné, recevant même l'aval de certains prêtres, qui, selon le documentaire, y ont vu un excellent moyen pour attirer de nouvelles ouailles vers l'Eglise, dernier rempart contre Satan ! Un lavage de cerveau à grande échelle, précurseur des fake news qui pullulent à notre époque.  

DOLLY

 

DOLLY
(Dolly)

Réalisateur : Rod Blackhurst
Année : 2025
Scénariste : Rod Blackhurst, Brandon Weavil
Pays : USA
Genre : Horreur, survival
Interdiction : -16 ans
Avec : Fabianne Therese, Seann William Scott, Russ Tiller, Kate Cobb, Max the Impaler...


L'HISTOIRE : Macy part en week-end dans la forêt avec Chase, son fiancé. Ce dernier souhaite la demander en mariage durant le séjour. Intrigué par une curieuse petite musique qui semble provenir des alentour, Chase s'éloigne de Macy pour découvrir d'où provient cette musique. Il croise alors la route d'une femme curieuse, à la force herculéenne, qui porte un masque de poupée en porcelaine sur le visage et qui l'agresse brutalement. Macy se fait kidnapper par cette curieuse créature, qui l'emmène dans sa maison perdue au milieu de la forêt. Rapidement, Macy comprend que cette femme monstrueuse veut faire d'elle... son enfant !

L'AVIS : En 2022, le réalisateur Rod Blackburst signe Babygirl, un court-métrage de quatre minutes, dans lequel une jeune femme prénommée Macy se fait enlever par des individus monstrueux qui veulent faire d'elle leur enfant. Un postulat qui est resté ancré dans l'inconscient du réalisateur, qui a donc décidé de le remanier sous forme de long-métrage avec Dolly, un film qu'on ne citera pas pour son originalité, puisqu'il bouffe à tous les râteliers du survival, de Massacre à la tronçonneuse à Détour Mortel, avec une ambiance poisseuse, des agressions brutales, un côté malsain provenant du  postulat même de l'histoire et surtout avec son curieux personnage principal, Dolly, femme-enfant corpulente à la force prodigieuse, qui, à la manière de Leatherface, semble avoir un retard mental certain, ne s'exprimant que par signe ou gargouillis sonore, s'énervant à la moindre contrariété et portant également un masque sur le visage, à savoir ici, un masque de poupée en porcelaine très réussi et assez perturbant. Dolly est interprété par Max the Impaler, quel nom, une star de catch, non binaire et transmasculin, qui concourrait jusqu'à il y a peu à la NWA. Une personnalité atypique, qui convient parfaitement pour le rôle de par sa puissance, qu'on ressent à travers l'écran, quand Dolly soulève d'une main un protagoniste ou envoie valser ses victimes à travers une pièce. Dolly, c'est un vrai Jason Voorhees en puissance, qui a fait de son environnement, sa maison et la forêt avoisinante, son terrain de jeu, qu'elle connaît par cœur, ce qui lui donne toujours une longueur d'avance sur ses victimes. A la manière du tueur de Vendredi 13, Dolly poursuit une victime, disparaît d'un coup pour réapparaître plusieurs mètres plus loin devant cette dernière, comme si elle s'était téléportée. L'intérêt principal de ce nouveau boogeyman est cette recherche incessante d'avoir un enfant à s'occuper. Venant elle-même de perdre sa mère, Dolly, passionnée par les poupées, qu'elle dissémine à travers toute la maison et dans les bois, ressent ce besoin d'être mère et veut transformer ses proies en enfant, leur donnant de la bouillie à manger, leur faisant porter des couches, les enfermant dans une chambre d'enfant avec un petit lit à barreau pour couchage. Le malaise ressentit par le spectateur lors de sa vision du film provient réellement de cette caractéristique du personnage et des situations cocasses mais peu enviables des victimes forcées à régresser à un stade infantile. On pense évidemment à la situation un peu similaire du héros de Calvaire de Fabrice de Welz, avec cette homme forcé de devenir une femme par un Jackie Berroyer bien taré. Dans Dolly, c'est donc la charmante Fabienne Therese qui va devoir tout faire pour survivre aux agissements de Dolly et tenter de rester en vie. Cette actrice, on a pu la voir dans John dies at the end en 2012, dans Starry Eyes en 2014 ou dans 666 Road en 2015 entre autres. Elle assure très bien dans le film de Rob Blackburst et se révèle la parfaite antagoniste de Dolly dans le sens où, elle, ne veut pas devenir mère. Et ce n'est pas ce qu'elle subir dans le film qui va lui en donner l'envie, ça c'est sûr. On le voit, Dolly se veut un hommage à des classiques du survival 70, et il le fait de manière plutôt efficace, à défaut d'être original donc. Le film a été tourné en 16 mm, pour réussir à obtenir le grain des anciens films et ça fonctionne bien, on se retrouve de suite dans l'ambiance crasseuse de Massacre à la Tronçonneuse ou La Colline a des yeux. Niveau effets spéciaux, idem, tout est fait à l'ancienne, pas de CGI ici et c'est une très bonne chose. Dolly ne lésine pas sur la violence graphique, les coups sont puissants et font mal, comme cette pelle brisant la jambe ou la mâchoire du pauvre Seann William Scott, oui, oui, le fameux Stifler d'American Pie, qu'on ne s'attendait pas à retrouver dans un film d'horreur. Des effets gore assez crédibles, qui se montrent parfois un peu grotesques, comme cette fameuse mâchoire déjà évoquée et qui pend sur le visage du jeune fiancé qui a vu sa demande de mariage être repoussée à plus tard suite à sa rencontre avec Dolly. Mais cet aspect grotesque semble voulu par le réalisateur, qui s'autorise tous les excès et situations cocasses à même de malmener le spectateur. Un réalisateur qui place un autre protagoniste au sein de l'histoire, qui semble lui aussi retenu prisonnier par Dolly et qui permettra d'étoffer un peu le background de cette dernière. Dolly ne révolutionne donc rien dans le paysage cinématographique horrifique, on reste dans le déjà-vu mais le but de Rod Blackburst étant de rendre un vibrant hommage aux survival qu'il vénèrent, de ce point de vu, c'est assez réussi à défaut d'être surprenant ou novateur. La violence frontale est bel et bien au rendez-vous, les effets à l'ancienne assurent un spectacle souvent barbare qui ravira les amateurs et le personnage de Dolly est des plus intrigants, ce qui ne gâche rien. 

UN LOUP-GAROU EN ANGLETERRE

 

UN LOUP-GAROU EN ANGLETERRE
(A Werewolf in England)

Réalisateur : Charlie Steeds
Année : 2020
Scénariste : Charlie Steeds
Pays : Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Tim Cartwright, Reece Connolly, Natalie Martins, Jéssica Alonso, Mark McKirdy...


L'HISTOIRE : Dans l'Angleterre victorienne, un conseiller paroissial et un criminel se réfugient dans une auberge de campagne isolée, ignorant que des loups-garous affamés de chair humaine habitent les bois...

MON AVIS : Allez, après Chevaliers contre Loups-Garous, j'enchaîne sur un second film de la société Dark Temple Motion Pictures. Et on a encore du loup-garou avec Un Loup-Garou en Angleterre, film réalisé avant l'oeuvre précitée et dont le titre est évidemment un clin d'oeil au célèbre An American Werewolf in London de John Landis bien sur. En fait, j'ai choisi ce film pour une unique raison : voir comment Charlie Steeds a utilisé ses costumes de loups-garous wish dans ce film et comment il les a recyclé dans Chevaliers contre Loups-Garous. Voilà, le but est avoué. Sans surprise, on retrouve au casting Tim Cartwright et Reece Connolly, acteurs phares des productions Dark Temple mais aussi Natalie Martins, Rory Wilton, Emma Spurgin Hussey ou James Swanton entre autres, des têtes qu'on retrouve dans diverss films de la firme et qu'on reconnaît sans mal. Un Loup-Garou en Angleterre se veut être une sorte de comédie fantastique horrifique. On y suit les mésaventures d'un conseiller paroissial (Tim Cartwright) qui doit ramener un prisonnier accusé de meurtre à la cour pour être jugé (Reece Connolly). Les deux hommes s'arrêtent dans un petite auberge (encore une référence au Loup-Garou de Londres...) pour y passer la nuit, sans se douter que les deux tenanciers ont conclu n paccte avec une horde de loups-garous vivant dans les bois avoisinant. En clair, le couple attire les touristes et les livrent en pature aux monstres poilus en échange de leur sécurité. Le film de Charlie Steeds a donc une approche qui nous fait bien sûr penser au film L'Auberge Rouge, et va développer un comique de situation à travers ce postulat, plaçant les voyageurs égarés en facheuse position et en proie à deux menaces distinctes : le couple de tenanciers tueurs et les fameux loups-garous qui interviendront par la suite. La relation entre le conseiller et le prisonnier est assez drôle, puisque les deux hommes sont menottés ensemble, ce qui donne lieu à des séquences assez amusantes. L'humour noir est omniprésent et on s'amuse avec ce duo improbable, comprenant rapidement que notre prisonnier supposé meurtrier est en fait un brave gars et qu'il va devenir le héros de l'histoire, protégeant une prostituée mère de famille par exemple. On a donc un buddy movie dont les facéties viennent pimenter une histoire classique mais qui trouve un second souffle une fois les loups-garous entrant en jeu. Le film devient un huis clos façon La Nuit des Morts Vivants, avec une menace extérieure parvenant à s'introduire au sein de l'auberge et devenant rapidement mortelle pour les résidants. Le gore s'invite aussi gentiment à la fête et on a même une scène totalement what the fuck?! qui vous fera écarquiller les yeux devant votre écran ! Traqués par les loups-garous, le conseiller et un résidant s'abritent derrière un meuble tandis que la bête poilu se place au dessus d'eux, ne les ayant pas encore repérés. Et là, sous nos yeux incrédules, le lycanthrope se met à... chier ! Oui, vous lisez bien ! Il envoie l'intéreur de ses intestins façon diarrhée et ce, sur le visage des deux malheureux ! C'est dégueulasse, fort drôle et totalement imprévisible et inattendu ! Niveau look, on a donc des costumes enfilés par des acteurs, type costumes d'halloween, sorte de pyjama recouverts d'une tonne de poils pour faire illusion. Alors, les costumes passent mieux que dans Chevaliers contre Loups-Garous, parce que les lumières sont ici plus travaillées, tamisées, et qu'on n'est pas en plein jour. Donc ça reste un peu risible mais pas tant que ça en fait et le résultat est légèrement plus convaincant. Ca n'empêchera pas les spectateurs peu habitués à regarder des micro-budgets de s'esclaffer et de trouver ça complètement nul bien sûr. Bref, à découvrir si vous êtes curieux et amateur de série Z fauchée mais qui veut bien faire et s'en donne les moyens, à la hauteur de son budget, très faible. C'est cool et assez sympa...


THE HAUNTING OF THE TOWER OF LONDON

 

THE HAUNTING OF THE TOWER OF LONDON
(The Haunting of the Tower of London)

Réalisateur : Charlie Steeds
Année : 2022
Scénariste : Charlie Steeds
Pays : Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Tim Cartwright, Reece Connolly, Richard Rowden, Emma Spurgin Hussey, Greg Draven...


L'HISTOIRE : Lorsque les cadavres décomposés de deux jeunes princes devant succéder au roi sont découverts à la tour de Londres, un prêtre troublé doit mettre ses croyances de côté pour se lier d'amitié avec un prisonnier qui a des pouvoirs surnaturels pour communiquer avec les morts. Ils vont tous deux tenter de découvrir qui a assassiné les futurs héritiers... 

MON AVIS : Après avoir vu Chevaliers et Loups-Garous puis Un Loup-Garou en Angleterre, j'avoue être pris d'un vrai sentiment de curiosité et d'affection pour les films de Dark Temple Motion Pictures ainsi que pour leur créateur / producteur / scénariste et réalisateur Charlie Steeds. Budget fauché, voir ultra-fauché, tournage en décor naturel, système D à gogo pour les effets spéciaux, casting qu'on recycle dans pas mal de films, tout comme certains costumes ou accessoires d'ailleurs, et, surtout, une vraie passion, une vraie envie de faire quelque chose de bien au final, avec un résultat pas toujours au rendez-vous certes, mais tellement supérieur à des productions bardées de CGI dégueulasses, suivez mon regard. Pour ma troisième incursion dans l'univers Dark Temple, j'ai choisi ce film de 2022 intitulé The Haunting of the Tower of London. On y retrouve les acteurs désormais bien connus de cette société de production, à savoir Tim Cartwright et Reece Connolly. Le premier interprète Richard III, qu'on soupçonne rapidement d'avoir fomenté l'assassinat des deux jeunes princes pour prendre la suite de son frère malade et accessoirement roi. Le second joue le jeune prètre Isaac Crawgyll, qui va vouloir démêler cette sombre histoire de meurtres. Ses investigations vont l'amener à rencontrer Henry Pedrick, un homme qui semble posséder le pouvoir de communiquer avec les défunts. Malheureusement, Henry va rapidement se faire un ennemi de Richard III, qui va l'incarcérer et lui faire subir quelques séances de tortures de la part de son bourreau. Dans une ambiance médiévale, le film de Charlie Steeds joue donc avec les codes du film d'inquisition, avec donjon et salle des tortures au menu. Bon, niveau violence, on est tout de même loin de La Marque du Diable et de ses sévices raffinées, mais on a tout de même un peu de gore à se mettre sous la dent, dont une éviscération façon Ed Gein, avec un corps en position inversée, suspendu la tête en bas donc. Au film de torture, le réalisateur ajoute donc une dimension fantastique et spectrale, puisqu'on a ce personnage pouvant entrer en contacts avec les fantômes de défunts. Plutôt pratique, surtout que les spectres des deux jeunes héritiers semblent hanter les murs du château et provoquent quelques remous et morts suspectes parmi les résidents. Comme dans les deux autres films de Charlie Steeds que j'ai vu, ce dernier se démène pour créer une ambiance, une atmosphère d'épouvante et ce, malgré ses très faibles moyens. Et il y réussi assez bien ici, avec des visions spectrales baignées dans une jolie lumière très fantomatique par exemple. La première victime des spectres vengeurs sera l'acteur Greg Draven, le colosse chevalier vu dans Chevaliers contre Loups-Garous. Vous voyez, on retrouve plein d'acteurs et actrices vus dans les autres films et c'est assez sympa de les voir endosser différents rôles. Clairement, c'est toujours Tim Cartwright qui tire son épingle du jeu. J'aime bien cet acteur et dans The Haunting of the Tower of London, il joue un sacré enfoiré, ça change de ses prestations du côté du bien. Ah un détail qui m'a bien fait sourire, c'est que le réalisateur, en plus de recycler acteurs et décors, il recycle aussi des accessoires et devinez ce qu'on retrouve dans ce film-ci ? Les mains poilus des loups-garous des deux films précités plus haut ! Système D je vous le disais !! Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! A noter une séquence finale avec le spectre-moine visible sur le visuel de l'affiche, qui est vraiment cool et bien mise en scène. Par contre, ne vous attendez pas à voir le superbe château présent sur l'affiche, on a plutôt affaire à un château en ruine dans le film mais les intérieurs font illusions en tout cas. Si The Haunting of the Tower of London n'a rien d'un grand film ou d'un futur classique du genre bien sûr, j'ai bien apprécié sa vision, dans laquelle transpire toujours la passion comme déjà mentionné. Charlie Steeds ne se fout pas de la gueule de son public et j'aimerais beaucoup assister à un de ses tournages, ça doit vraiment être sympa. Pour le moment, c'est le film que j'ai préféré des trois que j'ai vu de Dark Temple Motion Pictures.    


CHEVALIERS CONTRE LOUPS-GAROUS

 

CHEVALIERS CONTRE LOUPS-GAROUS
(Werewolf Castle)

Réalisateur : Charlie Steeds
Année : 2021
Scénariste : Charlie Steeds
Pays : Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Peter Lofsgard, Jay O'Connell, Greg Draven, Tim Cartwright, Reece Connolly...


L'HISTOIRE : Le jeune Thorfinn Garstang assiste au massacre de son village par une horde de loups-garous dirigée par le cruel Wolfstan. Son seigneur, encore en vie, demande l'aide de quatre chevaliers pour éradiquer la menace lycanthrope. Thorfinn, rongé par la culpabilité de n'avoir rien tenté pour secourir sa fiancée, propose ses services pour guider les chevaliers à travers la contrée, ce qui n'enchante guère Hal Balfanger, l'un des chevaliers...

MON AVIS : En 2016, le réalisateur indépendant britannique Charlie Steeds décide de monter sa propre boite de production, à savoir Dark Temple Motion Pictures. Il va alors produire et réaliser des tas de films à micro-budget, qui sont soit des commandes d'acheteurs basées sur les idées de ces derniers, soit des films basés sur les histoires originales des membres de Dark Temple. On a donc des titresg comme Deadman Apocalypse, Escape from Cannibal Farm, Death Ranch, Vampire Virus, A Werewolf in England, Freeze, The Haunting of Tower of London ou ce Chevaliers contre Loups-Garous entre autres. Ces films font le tour de festivals indépendants et sont disponibles sur support physique ou sur les chaînes de streaming. En France, c'est Prime Vidéo qui en diffuse la plupart. En 2020, Charlie Steeds réalise donc A Werewolf in England, inspiré par Le Loup-Garou de Londres de John Landis bien sûr. Il se dit, comme Roger Corman l'aurait fait, qu'il peut tirer encore partie des costumes de loups-garous utilisés sur ce film et il va donc les recycler l'année suivante dans Werewolf Castle, titre original de ce Chevaliers contre Loups-Garous. Avec des acteurs récurrents au sein de Dark Temple, tels Tim Cartwright ou Jay O'Connell par exemple, Charlie Steeds, animé d'une belle passion pour le cinéma de genre, va donc tenter de recréer un univers médiéval avec ses faibles moyens budgétaires. Il va filmer en décors naturels et fait tout son possible pour faire illusion, avec cette histoire d'un jeune couard, Thorfinn Garstang, qui va vouloir racheter sa lâcheté en prenant part à une quête digne du Seigneur des Anneaux ! Bon, j'exagère bien sûr, le budget de Chevaliers contre Loups-Garous devant être équivalent au budget sandwichs de la trilogie de Peter Jackson, et encore ! Le pauvre réalisateur n'a même pas pu avoir de montures pour ses chevaliers, qui se déplacent donc... à pied. Pas très grave en fait. Il donne à ses héros un aspect très RPG, avec un chevalier maniant l'épée, un autre taillé comme un géant et préférant une lourde massue et j'en passe. Parmi eux, on trouve un élément rebelle, pas très accueillant, sorte de chien fou qui ne semble pas avoir le même code d'honneur que ses compagnons. On se demande si ce ne serait pas un espion, un traître à la solde du chef des loups-garous bien sûr. Et puis on a donc Thorfinn, qui lui dispose d'une hache dont la lame est en argent. Ah, ça peut aider ça ! Il n'y a plus qu'à espérer qu'il se montre brave et ne s'enfuit pas à la moindre encartade. Et c'est donc parti pour des périgrinations à travers bois et plaines sauvages, avec quelques jolis plans de caméra, sûrement filmés à l'aide d'un drône pour les vues aériennes. Le rendu visuel manque de grain, l'image est très lisse et ne possède pas un rendu très cinématographique mais c'est un micro-budget, il faut garder ça en tête. Les mésaventures de notre groupe héroïque se montrent assez plates et guère originales, le but étant de réussir à se rendre au château du roi afin de réclamer son aide. Bon, vu le titre original du film, le petit twist est eventé avant même de démarrer. Reste qu'on sent réellement une envie de bien faire chez Charlie Steeds, ce qui donne un petit côté bien sympathique à son oeuvre, même si elle peine à convaincre sur la durée. On a un peu de violence, un peu de gore de temps à autre et on a donc une armada de loups-garous en guise de menace. Petit souci : hormis leur faciès qui est plutôt crédible, les costumes utilisés semblent provenir du marchand de farce et attrape du coin, sorte de pyjama tout velu, tout poilu mais assez risible de prime abord. Il faut dire que les attaques de nos lycnathropes d'Halloween se passent souvent en plein jour et que l'effet n'est pas vraiment celui escompté en terme d'efficacité. Bah oui, on a vraiment l'impression de voir des acteurs en pyjama se déplacer dans les bois ou la campagne. Par contre, les scènes d'attaques nocturnes passent nettement mieux, sans être extraordinaires bien sûr, mais ça passe. On aura une seule scène de transformation, le méchant Wolfstan (joué par Reece Connolly) s'ouvrant le crâne pour laisser surgir son faciès lycanthropique. On a donc pas besoin de pleine lune ici, puisqu'on nous explique que si un homme commet de vilaines choses, sa nature bestiale prend le dessus durant un certain laps de temps, avant de l'autoriser à retrouver sa forme humaine, à l'exception de ses canines qui restent bien pointues. Je ne sais pas si c'est issu d'une légende médiévale existante mais pourquoi pas après tout. Bon, on ne saura pas non plus pourquoi il faut parfois de l'argent et parfois non pour tuer les loups-garous, ni pourquoi notre jeune héros deviendra une créature hybride à la fin. Les aléas du scénario. Chevaliers contre Loups-Garous est donc un film de passion sans pognon, qui subira flopée de critiques négatives à n'en point douter et qui se fera sans aucun doute traiter de nanar de haute volée. Je ne vous dirais pas que c'est un bon film mais je louerai tout de même l'énergie de Charlie Steeds a faire de son mieux avec les moyens du bord et à aller au bout de ses rêves et de ses projets, que la qualité soit au rendez-vous ou non, ça reste à l'appréciation de chacun. C'est clairement le type de films qu'on ferait entre potes, avec du système D, pas d'argent mais des idées et de l'envie. Y'a mieux, mais y'a aussi pire. Si vous appréciez les séries Z, tentez une vision ! 



BAMBI LA VENGEANCE

 

BAMBI LA VENGEANCE
(Bambi : The Reckoning)

Réalisateur : Dan Allen
Année : 2025
Scénariste : Felix Salten, Rhys Warrington
Pays : USA
Genre : Horreur
Interdiction : -16ans
Avec : Roxanne McKee, Samira Mighty, Tom Mulheron, Nicola Wright, Adrian Relph...


L'HISTOIRE : Le jeune Bambi voit ses parents être tués par des braconniers. Apprenant à vivre seul, il devient adulte et croise la route d'une jeune biche, qui lui donne un faon. Mais les humains provoquent la mort de la biche et kidnappe le faon, laissant Bambi pour mort. Ce dernier va boire des produits chimiques que les kidnappeurs ont déversé dans la forêt. ce qui le transforme en un cerf monstrueux, bien décidé à venger la mort de sa bien-aimé et à récupérer sa progéniture. C'est ce que vont découvrir Xana et son jeune fils Benji, après que Bambi ai pris d'assaut le taxi qui les emmenait rejoindre leur famille dans une maison perdue au fond des bois. La soirée familiale se transforme rapidement en un effroyable cauchemar...

MON AVIS : En 2023, le réalisateur indépendant Rhys Frake-Waterfield a la curieuse idée de vouloir transformer les héros de notre enfance en monstres abominables. Un projet qui s'intitule Twisted Childhood Universe et qui débute donc par Winnie the Pooh - Blood and Honey et qui va enchaîner avec Winnie the Pooh - Blood and Honey 2 en 2024 puis avec Peter Pan's Neverland Nightmare et ce Bambi la Vengeance en 2025. Entre-temps, d'autres réalisateurs indépendants vont surfer sur cette idée bizarroïde et faire de même avec d'autres personnages iconiques, à l'image de Popeye the Slayer Man qui met en scène le célèbre marin dans une version horrifique ou de Screamboat qui fait de la gentille souris Mickey Mouse un personnage monstrueux. On nous annonce prochainement des versions horrifiques de Blanche Neige, de Mary Poppins, de Pinocchio, de la Belle et la Bête et même de Tigrou, ainsi que des suites aux films déjà réalisées et même un rassemblement façon Avengers ! Tout un programme ! Mais revenons au film qui nous intéresse ici, à savoir Bambi la Vengeance. J'avoue en toute honneteté n'avoir encore vu aucun des titres précités ci-dessus, même si j'ai visionné leur bandes-annonces. Ma première impression me faisait plutôt penser qu'on avait affaire à des nanars un peu gore et ça ne m'attirait pas trop pour le moment. J'avais un peu d'appréhension en enclanchant Bambi la vengeance et le résultat m'a donc assez surpris ! Déjà, on note que la mise en scène est des plus correctes et qu'un travail sur l'ambiance a été fait. On se doute que c'est un film avec un petit budget mais l'atmosphère horrifique fonctionne bien ici, notamment l'aspect lugubre de la forêt, lieu dans lequel on n'a pas trop envie de s'aventurer. L'histoire en elle-même reste assez classique, on a une mère et son fils qui se rendent dans une maison familiale située dans les bois, on note l'absence du père qui semble ne pas trop s'occuper de son fils vu les dialogues, ce qui créée quelques tensions. En parralèle, on a un groupe de chasseurs qui semblent savoir quelle menace règne dans la forêt et qui ont pour mission de l'éradiquer. Tout ce petit monde va bien sûr se téléscoper à un moment donné. Pas de quoi se relever la nuit, mais ça fait le taf. Le casting est plutôt bon, notamment le personnage principal interprété par Roxanne McKee, qu'on a vu dans le rôle de Doreah dans Game of Thrones entre autres ! Le jeune acteur Tom Mulheron se montre également très à l'aise et livre une bonne prestation. Le traitement des chasseurs par Dan Allen fera plaisir puisqu'on ne peut pas dire qu'ils respirent l'intelligence. On a quelques séquences de cascades, dont un renversement de voiture dû à notre cerf mutant qui s'avère efficace. Bon, ce fameux cerf, parlons-en puisque c'est lui la star du film ! Il est dôté d'un aspect réellement monstrueux et transforme Bambi la vengeance en vrai film d'agressions d'animales, n'hésitant pas à s'incruster dans une maison en broyant tout sur son passage, à courser les personnages s'enfuyant en voitures et à provoquer quelques morts bien violentes, qui bénéficient d'effets spéciaux convaincants et joliment gore : corps sectionné en deux, décapitation et arrachage de tête à coup de dents font parties des quelques joyeusetés proposées. Notre Bambi radioactif est principalement animé en CGI, mais on a aussi une tête en animatronique pour les gros plans. Franchement, si les CGI se distinguent évidemment, y'a pas le budget d'Avatar ici, j'ai trouvé que ce n'était pas ridicule et que ça s'intégrait plutôt bien avec l'environnement réel, et clairement, j'ai pris mon pied à voir cette version colossale et terrifiante de Bambi dézinguer le casting à tour de bras ou à tour de cornes plutôt ! Le réalisateur a même pensé à inclure le fameux lapin Panpan dans le film, sous une forme horrifique lui aussi, et ça nous vaudra deux séquences festives et réussies d'attaques de lapins qui nous feront bien jubiler devant notre écran. Bien sûr, en sous-texte, on a un message écologique sur le respect de la nature et des animaux qui y vivent, sur le fait que la vraie menace reste l'homme, qui s'en fout et déverse des produits toxiques dans la forêt et j'en passe. Très librement inspiré du livre Bambi, l'histoire d'une vie dans les bois de Felix Salten, paru en 1923 et interdit en 1936 par le régime nazi, ce Bambi la vengeance m'a agréablement convaincu de par ses réelles qualités, son envie de bien faire, d'en donner pour son argent au public et de remplir son contrat visant à faire du gentil Bambi un monstre vengeur, protecteur de la forêt. Sur un sujet des plus casse-gueules, Dan Allen s'en sort vraiment bien et l'annonce d'une suite potentielle à la fin du film me ravie déjà ! 

* Disponible en DVD, combo BR + 4K chez ARCADES