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EROTIK 2 - THE BEYOND

 

EROTIK 2 - THE BEYOND
(eROTik 2 - The Beyond)


Réalisateur : Felice Santulli (Slade Wilson)
Année : 2024
Scénariste : Domiziano Cristopharo
Pays Italie, Turquie
Genre : Horreur, necrophilie
Interdiction : -16 ans
Avec : Ahmet Kartal, William Connor, Angela del Regno, Patrizia de Rosa...


L'HISTOIRE : Dahmer vit toujours dans sa maison délabrée, conservant ses victimes vivantes et des corps putréfiés dans sa cave. Il cherche toujours à faire revivre les morts, étudiant pour cela le livre d'Eibon. Des recherches qui vont encore plus affecter sa santé mentale, déjà soumise à rude épreuve...

MON AVIS : En 2018, Domiziano Cristopharo, sur un scénario de Levent Kaya, offrait aux fans de cinéma underground et extrême une variation des agissements du célèbre tueur en série Jeffrey Dahmer, cannibale et nécrophile à ses heures, avec Tetromaniac : eROTik, film particulièrement glauque et malsain, que les estomacs fragiles ont - à juste titre - évité de visionner. Six ans plus tard, Christopharo décide de remettre le couvert et de donner une suite à son film sulfureux, sous le titre eROTik 2 - The Beyond. Mais cette fois-ci, il se contente de signer le scénario ainsi que la photographie, confiant la réalisation à Felice Santulli, ce dernier agissant sous le pseudonyme plus américain de Slade Wilson. L'acteur interprétant Dahmer dans le premier film, Adam Western, n'étant pas disponible, le rôle est confié à Ahmet Kartal, qui, pourvu d'une perruque afin de ressembler à l'acteur original, se voit donc plonger dans les méandres nébuleuses de l'esprit du psychopathe totalement cinglé. Un rôle toujours aussi difficile puisque dépourvu de dialogues et que l'acteur se balade la plupart du temps totalement nu. Il est d'ailleurs doublé pour certaines séquences par Domiziano Cristopharo lui-même. Comme le faisait le vrai Jeffrey Dahmer, le personnage principal d'eROTik 2 - The Beyond va poursuivre dans sa quête de réanimer un cadavre et ce, avec l'aide d'un livre d'occultisme que les fans de Lucio Fulci connaissent bien puisqu'il s'agit du livre d'Eibon, qu'on trouve évidemment dans son classique L'Au-Dela (1981), ce qui justifie le sous-titre The Beyond d'eROTik 2. Comme dans le premier eROTik, cette suite ne fait pas dans la dentelle et enchaîne les séquences perturbantes et malaisantes, avec scènes de sexe filmées de manière crues et frontales, scènes de nécrophilie vomitives avec des cadavres frais et d'autres en état de putréfaction avancées et j'en passe. Des scènes dont on peut penser qu'elles proviennent de l'imagination même de Dahmer pour la plupart, ce dernier sombrant dans une folie totale, voyant son propre corps être la proie de la putréfaction, ses plaies étant envahies par des vers nécrophages, ce qui donnent à l'écran des images vraiment peu ragoûtantes pour qui à l'estomac sensible. On a bien sûr des scènes homosexuelles puisque les principales victimes du tueur en série étaient de jeunes garçons. On appréciera de revoir l'actrice Angela del Regno, que les amateurs avaient pu découvrir dans Confessions of a Necrophile Girl en 2021. Elle joue ici une prostituée qui va être la proie du psychopathe. Meurtres graphiques, éviscération, cannibalisme, nécrophilie, eROTik 2 - The Beyond ne s'interdit aucun tabous et s'autorise tous les excès, plaçant le curseur assez haut en terme d'ignominie visuelle. Néanmoins, on trouve aussi dans le film des images très poétiques, telles ce spectre que voit Dahmer lors de ses visions infernales. Réalisé avec 50,000$, eROTik 2 - The Beyond fait assurément le job pour qui veut sortir du cinéma d'horreur mainstream et découvrir une facette plus underground. Il est certain que le public lambda - qui n'est pas la cible visée ici de toute manière - ne fera aucun éloge au film de Slade Wilson et le clouera au pilori, se demandant quel est l'intérêt d'une telle œuvre. Personnellement, ce type de proposition ne me laisse pas indifférent et je suis toujours en admiration devant un tel déploiement d'énergie afin de proposer au public les images plus plus crades et choquantes possibles. Maintenant, est-ce des films qu'on peut revoir plusieurs fois, tant ils sont aux antipodes de la notion de divertissement ? La question est posée...


CONFESSIONS OF A NECROPHILE GIRL

 

CONFESSIONS OF A NECROPHILE GIRL
(Tetromaniac: Confessioni di una Necrofila)

Réalisateur : Domiziano Cristopharo
Année : 2021
Scénariste : Domiziano Cristopharo
Pays : Angleterre
Genre : Horreur, nécrophilie
Interdiction : -16 ans
Avec : Angela del regno, Andrea Autullo, Chiara Pavoni, Lorenzo Fedele, Alvia Reale...


L'HISTOIRE : Face caméra, Karen Greenlee nous raconte sa vie, son métier de préparatrice mortuaire et ses penchants nécrophiles...

MON AVIS : Sujet tabou par excellence, la nécrophilie est un thème assez peu traité au cinéma au final, malgré son potentiel répulsif. Parmi les quelques œuvres phares de ce genre bien spécifique, on peut citer L'Effroyable secret du docteur Hichcock (1962), Love me Deadly (1973), Baiser Macabre (1980), Nekromantik (1987), Aftermath (1997), Tetromaniac : Erotik (2018) ou Beyond the Omega (2020). En 1996, la réalisatrice Lynne Stopkewich se passionne pour l'histoire vraie de Karen Greenlee, une embaumeuse qui a volé un corbillard qui se rendait à un enterrement et a eu des relations sexuelles avec le corps du défunt qu'il contenait. Par la suite, elle a avoué avoir eu des relations nécrophiles avec 30 ou 40 défunts. Stopkewich s'est servi du récit de Greenlee pour son film Kissed. C'est également l'histoire de Karen Greenlee qui a inspiré le réalisateur bien connu des fans de cinéma extrême, Domiziano Cristopharo, pour son film au titre on ne peut plus explicite : Confessions of a Necrophile Girl. La nécrophilie est un thème qu'il avait déjà abordé de manière choc avec Erotik, inspiré du célèbre tueur en série Jeffrey Dahmer. Dans Confessions of a Necrophile Girl, il aborde le sujet de façon beaucoup plus posée, presque poétique, Karen Greenlee n'étant ni une détraquée ni une tueuse en série. C'est juste une femme qui a développé au cours de son enfance une attirance pour le morbide et pour les défunts au point d'éprouver un désir charnel envers eux. La froideur d'un corps, l'odeur de la mort, le décor funéraire sont autant de stimulus pour elle. Dans un interview qu'elle a donné, elle déclare au sujet de son attirance pour la mort : "C'est quelque chose qui m'a attiré toute ma vie. J'avais l'habitude d'organiser des services funéraires pour mes animaux de compagnie lorsqu'ils mouraient. J'avais un petit cimetière d'animaux. Je vivais dans une petite ville et le barbecue des pompiers était à côté de la maison funéraire. Pour aller aux toilettes, il fallait utiliser les installations du salon funéraire. Je trouvais toutes les excuses possibles pour aller aux toilettes, puis je faisais des détours et me promenais dans la morgueje trouve l'odeur de la mort très érotique. Si tu as un corps qui flotte dans la baie depuis deux semaines, ou un brûlé, ça ne m'attire pas beaucoup, mais un cadavre fraîchement embaumé, c'est autre chose." C'est à partir des renseignements qu'elle a donné dans cet interview que le réalisateur a tiré les scènes de son film. Pour interpréter Karen Greenlee, c'est l'actrice Angela del Regno qui a été choisie. Un rôle pas évident à jouer, on s'en doute. Pourtant, elle s'en sort vraiment bien, apportant une réelle sensibilité à ses actes que la morale réprouve. Elle parvient à transmettre des émotions, à nous faire ressentir cette attirance morbide pour les défunts, rien qu'avec sa façon de les embaumer, de les toucher, de les préparer. On assiste d'ailleurs à plusieurs scènes de préparation, Domiziano Cristopharo ayant été en relation avec un vrai thanatopracteur pour donner une crédibilité et une authenticité à ses images. Fermeture de la bouche à l'aide de fil, toilette funéraire, massage pour empêcher la raideur cadavérique, tout est montré à l'écran, et les effets de maquillages sont assez réussis et provoque autant le rejet ou le dégoût qu'une certaine fascination. Le film s'éloigne durant sa majeure partie d'une oeuvre comme Nekromantik car nous avons affaire ici à des corps fraîchement décédés si on peut dire, qui n'ont pas encore été enterré. Angela se déplace dans les demeures des familles afin de préparer les corps et s'adonnent à ses jeux déviants au sein même de la chambre du défunt, ne pouvant refréner son désir hors-norme. Le réalisateur procède par étape et augmente l'aspect insoutenable de son film en accentuant à chaque nouvelle préparation les plaies ou blessures sur les corps inanimés. Voir l'actrice lécher les cicatrices d'un cadavre, tel Udo Kier dans Chair pour Frankenstein, n'est pas un spectacle très ragoutant il faut bien le reconnaître, même si, comme déjà dit, c'est filmé avec une certaine délicatesse et une certaine poésie macabre. On trouve également dans le film deux séquences de rêve / cauchemar dans lesquelles l'héroïne se voit elle-même en cadavre au fond d'une tombe, avec un maquillage et une tenue qui nous rappelle L'Au-dela de Lucio Fulci, ou devenant la proie de morts lubriques. L'aspect érotique, indissociable de ce type de film, est présent sans être trop dominant et c'est une bonne chose. Le final fera sûrement détourner les yeux des âmes trop sensibles puisque cette fois, c'est un cadavre totalement défraîchi et putréfié (issu du film Erotik je pense ?) qui va être utilisé par l'héroïne, cette dernière se faisant surprendre en plein ébats par les agents de la morgue, comme ce qui est  réellement arrivé à Karen Greenlee. Tourné avec un budget rachitique durant la pandémie de Covid-19 et avec les moyens du bord et pas mal de système D, Confessions of a Necrophile Girl remplit néanmoins son contrat, se montre choquant quand il le faut, risque de révulser les non-amateurs du genre, et dresse un portrait parfois touchant de Karen Greenlee, sans jamais juger sa déviance. On félicitera Angela del Regno pour avoir accepté d'endurer cette épreuve. Les films sur la nécrophilie sont rares, Confessions of a Necrophile Girl ira rejoindre le panel des meilleurs films sur le sujet.  





         

BLUE SUNSET

 

BLUE SUNSET
(Blue Sunset)

Réalisateur Domiziano Christopharo
Année : 2021
Scénariste Andrea Cavaletto, Domiziano Cristopharo
Pays : Italie
Genre : Science-Fiction, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec Daniele Arturi, Irene Baruffetti, Elisa Carrera Fumagalli, Chiara Pavoni...

L'HISTOIRE : Silver 02 est un geek et un programmateur de génie qui travaille pour la Nova, une corporation qui désire cacher des programmes de contrôle de l'esprit dans des jeux vidéos. Silver 02 est approché par un duo de hackers qui tentent de lui faire prendre conscience des dangers que représente le projet de Nova et de le rallier à eux. Sous l'emprise de drogues hallucinogènes, l'esprit de Silver 02 a de plus en plus de mal à distinguer la réalité du virtuel...

MON AVIS : Après s'être fait un nom dans le domaine du cinéma underground extrême, Domiziano Christopharo poursuit sa carrière comme bon lui semble, et réalise, sans contrainte autre que l'argent, les films qu'il désire faire ou participe à des projets d'autres réalisateurs, en tournant des sketchs pour des anthologies horrifiques par exemple. Très influencé par le cinéma d'horreur 80's, il renoue régulièrement avec cette imagerie d'antan, avec ces ambiances particulières, comme dans House of Flesh Mannequins, The House Guest ou Nightmare Symphony par exemple. Personnellement, je trouve que c'est quand il retrouve cette tradition 80's qu'il se montre le plus intéressant et le plus passionnant, parvenant à transcender les sujets abordés avec de faibles moyens et à se montrer franchement très imaginatif. De l'imagination, il en a encore à revendre avec son film Blue Sunset, qui, cette fois, bifurque dans la science-fiction et plus particulièrement le cyberpunk. Avec un budget qui doit représenter 1/1000000000ème du film Matrix, Domiziano Christopharo réussi à nous proposer un film de S-F indépendant qui m'a vraiment surpris, surtout qu'il a été réalisé en pleine période du Covid-19, et donc dans des conditions de tournage peu aisées, les réunions de plusieurs personnes étant proscrites. D'où l'idée de se focaliser sur un personnage principal, le programmateur Silver 02, interprété par Daniele Arturi, qui se verra d'ailleurs attribuer trois autres rôles dans le film, ceux de Silver 03, de Silver 04 et d'Everett Wescott. Avec sa coupe de cheveux et ses lunettes fluo de geek, Silver 02 vit dans un modeste appartement (qui n'est autre que celui du réalisateur dans la vraie vie) et comme la majorité des geeks (cliché ?), il vit seul, s'adonnant au plaisir de la chair via un casque de réalité virtuelle et un sex-toy en forme de vagin, qui s'illumine de jolie façon. Dans ce monde électronique, il retrouve Wasp (Elisa Carrera Fumagalli), sa petite amie virtuelle avec qui il entretient donc des relations sexuelles. Mais il est vite rappeler à l'ordre par Mia (Irene Baruffetti), sa supérieure chez Nova, qui lui remémore qu'il a du pain sur la planche en ce qui concerne le projet diabolique de la firme, à savoir développer un programme de contrôle de l'esprit humain. de manière ingénieuse, Christopharo utilise tout ce qu'il a sous la main et parvient à créer un monde virtuel qui s'interconnecte avec le monde réel, via des images informatique et des effets-spéciaux visuels de très bonne tenue. Franchement, c'est bel et bien au niveau de l'inventivité dont fait preuve le réalisateur que Blue Sunset impressionne. Si l'histoire est parfois un peu confuse, l'imagination et la créativité des images proposées font qu'on a l'impression de voir un film onéreux tant le résultat est assez bluffant. L'apparition de Silver 03, une simple tête qui parle et qui va vouloir s'emparer de l'esprit et du corps de Silver 02, est assez étonnante tout comme l'incroyable reprogrammation de Silver 02, scène à nouveau pourvue d'images de synthèses de grande qualité, dans laquelle s'insère des effets à l'ancienne, avec une gros clin d'oeil à une séquence culte de Terminator, je vous laisse découvrir. Encore plus incroyable sera la séquence avec tous ces corps maintenus en l'air par un appareillage mécanique impressionnant, et on se demande comment Domiziano Christopharo a fait pour concevoir de telles effets. Code de programmation sur l'écran, mur d'une pièce qui devient un décor servant à l'action, intervenante qui sort de l'écran d'un ordinateur façon Videodrome, prélèvement d'un visage humain à la manière des Yeux sans Visage, duo d'hackers mystérieux, vision d'une ville à l'architecture futuriste superbement réalisée, et prise de drogue qui semble pervertir l'esprit de celui qui en absorbe, un peu comme dans le Blue Sunshine de Jeff Lieberman, ce que viendra confirmer le final à twist qui nous réserve une belle surprise, voici les ingrédients de ce Blue Sunset intrigant qui prouve, encore une fois, que les talents de metteur en scène de Domiziano Christopharo existent vraiment. On dit que le manque d'argent transcende la créativité et le système-D, on en a encore une preuve ici. Franchement, vouloir faire du cyberpunk et de la S-F avec un budget plus que limité était périlleux. Le réalisateur romain s'en sort haut la main. Oui, ce n'est pas Matrix mais c'est diablement bien foutu quand même. J'oubliais de spécifier le travail sur l'ambiance sonore. Il faut absolument regarder Blue Sunset avec un casque sur les oreilles, pour pleinement profiter du travail sur les effets sonores, admirablement mixés ou séparés et qui permettent au film d'être encore meilleur. 67 minutes et des poussières de Do It Yourself qui fait plaisir à voir.


THE HOUSE GUEST

THE HOUSE GUEST
(The House Guest)

Réalisateur : Domiziano Cristopharo
Année : 2020
Scénario : Domiziano Cristopharo
Pays : Italie
Genre : Horreur, Fantastique
Interdiction : -16 ans
Avec : Daniele Arturi, Domiziano Cristopharo


L'HISTOIRE : Daniel prend possession de son nouvel appartement. Sur sa terrasse, il découvre une malle qu'il ne parvient pas à ouvrir. Ses nuits sont troublées par des rêves et des cauchemars et il constate un phénomène curieux : l'eau dans sa bouteille semble disparaître régulièrement. Après avoir réussi à ouvrir la malle, il en ressort un curieux livre qui semble être le journal de l'ancien locataire, ainsi qu'un petit magnétophone à cassettes. La lecture de la bande, enregistrée par le précédent locataire, lui confirme que la disparition de l'eau n'est pas anodin et que cet appartement semble posséder un secret terrifiant...

MON AVIS : Durant le confinement lié à la Covid-19, on a pu se livrer à des occupations saines, comme lire des livres, jouer à des jeux vidéos ou regarder des tas de séries ou de films ! Le réalisateur italien Domiziano Cristopharo n'a pas chômé non plus puisqu'il a carrément profiter de ce temps libre imposé pour tourner un film, avec pour lieu de tournage, son propre immeuble et son appartement. Restriction oblige, on aura un seul acteur au casting, auquel viendra s'ajouter une petite apparition de Cristopharo en tant que livreur de colis. Une courte scène en extérieur ouvrira le film, puis tout le reste sera filmé en intérieur, pour un huis-clos schizophrénique qui aurait très bien pu être inspiré d'un écrit de Lovecraft ! J'apprécie énormément Domiziano Cristopharo, notamment The House of Flesh Mannequins entre autres. Qui plus est, pour avoir un peu discuté avec lui, c'est un réalisateur qui n'a pas la grosse tête, se montre extrêmement ouvert et surtout, qui est franchement très sympathique, malgré toutes les horreurs qu'il s'amuse à filmer. Son film de confinement, baptisé The House Guest, s'avère pour moi l'un des meilleurs films d'horreur indépendant à micro-budget jamais tourné. Cristopharo a su utiliser toutes les contraintes du confinement pour mettre en oeuvre un film prenant, intrigant, intelligent, bourré de références à Lovecraft mais aussi à des tas de films qu'il affectionne (L'Au-Delà, La Maison près du Cimetière, Démons, Le Locataire, AlienCrimes au Cimetière EtrusqueHellraiser 2 et j'en passe...) et qui, au niveau des effets-spéciaux gores, se montrent ultra-généreux et diablement bien foutus ! L'histoire de ce nouveau locataire, Daniel (très bien interprété par Daniele Arturi) va vous prendre par la main et vous entraînez dans une spirale infernale de visions cauchemardesques et sanglantes, qui semblent à première vue provenir de la raison vacillante du personnage principal, enfermé lui aussi dans cet appartement. Par petite touche subtile, Cristopharo développe l'aspect fantastique de son histoire, place des allusions sur le fait que l'ancien propriétaire pensait que l'appartement était vivant, voire même qu'il était un portail ouvert sur d'autres dimensions et dont la porte serait le miroir. J'ai beaucoup aimé le fait que la couette de lit du héros ait pour motif visuel un ciel étoilé, ce qui indique métaphoriquement que lorsqu'il rêve, les autres dimensions s'ouvrent à lui, comme dans les récits de Lovecraft ! Avec un seul personnage, il ne faut évidemment pas s'attendre à un film d'action. The House Guest est avant tout un film d'ambiance, qui délivre une atmosphère anxiogène, étrange, efficace. Les amateurs de gore en auront pour leur argent et on est vraiment surpris par la qualité de ces derniers, au vu du budget alloué au film. Visage qui fond au contact de l'eau chaude (avec un peu de CGI), couteau qui plonge à plusieurs reprises dans les chairs d'une main, lame de cutter coupant des pustules sur le visage, abdomen ouvert pour laisser apparaître une drôle de créature et autres effets bien sanguinolents nous sont proposés à intervalle régulier et donne au film un aspect horrifique bienvenu. On retiendra particulièrement la superbe scène du miroir, qui voit une créature infernale apparaître de l'autre côté et venir poser ses mains sur la surface de la glace. Un effet vraiment très réussi. Cristopharo utilise à bon escient toutes les pièces de l'appartement, ainsi que les escaliers et la cave, pour créer une tension palpable et accentuer l'aspect labyrinthique qui prend peu à peu possession de la raison du héros. The House Guest parvient à convaincre sans effort et s'avère le meilleur film de son réalisateur en ce qui me concerne parmi tous ceux que j'ai vu de lui ! Vous aimez Lovecraft, Fulci, Polanski ? Plongez dans The House Guest séance tenante ! 

* Disponible en DVD chez TETRO VIDEO


NIGHTMARE SYMPHONY

NIGHTMARE SYMPHONY
(Nightmare Symphony)

Réalisateur : Domiziano Cristopharo, Daniele Trani
Année : 2020
Scénario : Antonio Tentori
Pays : Italie
Genre : Giallo
Interdiction : -12 ans
Avec : Frank LaLoggia, Antonella Salvucci, Poison Rouge, Merita Budakova...


L'HISTOIRE : Réalisateur pour l'industrie du cinéma, monsieur Frank se rend au studio de production afin de rencontrer son amie Isabella, qui s'occupe du montage de son nouveau film. Antonio, le scénariste, n'est pas content du résultat, lui reprochant d'avoir changé trop de choses de l'histoire qu'il avait écrite. Son producteur non plus n'est pas satisfait des avancées, trouvant que ça ne va pas assez vite et réduit le temps mis à disposition pour terminer le montage. A ces ennuis s'ajoutent la mort mystérieuse de Catherine, une actrice que le réalisateur connaissait bien. Perturbé par tous ces événements, monsieur Frank a du mal à trouver le sommeil, surtout quand des meurtres concernant l'entourage de son film se produisent régulièrement...

MON AVIS : Une femme se regarde dans la glace de sa salle de bain. Elle se dénude et tente de prendre une douche mais il n'y a pas d'eau qui coule. La lumière s'éteint également et la femme se retrouve dans la pénombre. Surgit une silhouette portant un masque de paon qui agresse la femme. Une fois à terre, cette dernière voit son visage, sa bouche, ses seins être lacérés à coup de rasoir. Une fois morte, l'assassin dépose une plume de paon sur le ventre de sa victime. Voilà pour la scène d'introduction de Nightmare Symphony, dernier film en date du talentueux réalisateur italien Domiziano Cristopharo. Les fans de giallo auront reconnu les références à des films bien connus, comme L'éventreur de New York de Lucio Fulci pour le meurtre au rasoir, L'oiseau au Plumage de Cristal de Dario Argento pour la plume de paon et Bloody Bird de Michele Soavi pour le masque d'oiseau porté par le tueur. Oui, Nightmare Symphony est un giallo ou un néo-giallo si vous préférez. Mais pour Domiziano Cristopharo, c'est également un film-hommage au Nightmare Concert de Lucio Fulci, film dans lequel le célèbre réalisateur de Frayeurs et de L'Au-Delà jouait son propre rôles et était en proie à des cauchemars récurrents. Ici, c'est Frank LaLoggia qui joue le personnage du réalisateur. Si ce nom nous vous semble pas inconnu, c'est normal puisque LaLoggia est un vrai metteur en scène, responsable de Effroi (Fear No Evil) en 1981 et de Lady in White en 1988. Un réalisateur qui va être malmené par son scénariste (joué par le vrai scénariste Antonio Tentori, auteur de Nightmare Concert justement mais aussi de Demonia, Frankenstein 2000 ou Dracula 3D entre autres), par son producteur, par des actrices voulant obtenir un rôle et j'en passe. De quoi rajouter une pression supplémentaire à notre réalisateur, qui commence à ressentir une vraie fatigue physique mais aussi psychologique et à avoir le sommeil troublé. La question étant de savoir si ce ne serait pas lui sous le fameux masque de paon. Un masque très réussi, qui donne un aspect très fantasmagorique à notre mystérieux tueur. En ce qui concerne les aspects positifs de Nightmare Symphony, j'en citerai plusieurs. La mise en scène de Domiziano Cristopharo est très bonne et le réalisateur rend un bel hommage au giallo d'antan, ainsi qu'à la décennie 70's. Il filme la ville et ses décors totalement dans l'esprit du giallo et s'applique avec un soin particulier en ce qui concerne les quelques séquences de meurtres présentées. Le degré de violence est correct, avec des coups de rasoirs, une strangulation ou un écrasement total d'une tête par une roue de voiture entre autres joyeusetés. Certes, on pouvait penser que Cristopharo irait plus loin en terme de gore, habitué qu'il est aux productions extrêmes mais cette fois, il joue un peu plus en retenu, sans réelle surenchère, ce qui, pour ma part, n'est pas un défaut. La musique conçue par Antony Coia est également parfaite pour rendre hommage au giallo, avec ses nappes de synthétiseurs et ses rythmes rappelant les meilleures partitions des Goblin par exemple. Le jeu des acteurs est également satisfaisant, avec parfois une petite théâtralité chez certains d'entre-eux mais rien de dérangeant. On appréciera également cette mise en abîme des difficultés que peut rencontrer un réalisateur vis à vis des contraintes de budget, l'obligeant à modifier le scénario de base ou vis à vis de son producteur, qui, sans prévenir, réduit le temps disponible au montage par exemple, ce qui entraîne des tensions au sein de l'équipe. Des tensions que doivent connaître bon nombre de réalisateurs je pense. Si Nightmare Symphony est bardé de qualité, le film possède néanmoins quelques défauts qu'on ne peut mettre de côté : le point le plus négatif en ce qui me concerne est la présence de personnages qui n'ont pas de réelles fonctions au sein du film, si ce n'est de devenir une simple proie du tueur. Le plus gênant pour moi reste cette jolie femme brune qui semble suivre monsieur Frank et dont on ne saura jamais l'utilité ni le pourquoi de sa présence. Elle se fera écraser par une voiture sans qu'on sache pourquoi elle suivait le réalisateur. Ou c'est moi qui n'est pas compris le pourquoi de sa présence peut être ? Idem, le voisin alcoolique de monsieur Frank n'a pas une grande utilité si ce n'est de venir dérangé sa tranquillité. Le rythme du film apparaît également peu nerveux, surtout durant les 40 premières minutes, terriblement bavardes et qui ne se focalise plus sur notre tueur masqué, à notre grand regret. Heureusement, les 40 minutes suivantes se montrent plus dynamiques, plus maîtrisées en terme de suspense et d'efficacité. L'histoire même du film peut paraître un peu confuse bien que la fin vient nous l'expliquer plus en profondeur et s'inspire effectivement du Nightmare Concert de Lucio Fulci. Ces quelques défauts n'empêchent pas Nightmare Symphony d'être une belle déclaration d'amour au cinéma italien des 70's et à ses réalisateurs fétiches, à qui il rend un bel hommage et d'être parsemé par des fulgurances visuelles qui justifient sa vision. 


XXX : DARK WEB

 

XXX : DARK WEB
(XXX : Dark Web)

Réalisateur : Domiziano Cristopharo, Adam Ford, Alex Hernández, Emanuele Marchetto,
Daniel Valient, Lorenzo Zanoni
Année : 2020
Scénario : Domiziano Cristopharo, Adam Ford, Alex Hernández, Emanuele Marchetto,
Daniel Valient, Lorenzo Dante Zanoni
Pays : Italie
Genre : Horreur, Film à sketch, Extrême
Interdiction : -16 ans
Avec : Chiara Pavoni, Alex D'Alascio, Emanuele Marchetto, Franz Dicarolo, Daniel Cruz...

L'HISTOIRE : Un adolescent se rend sur le dark net et accède au site extrême Queen of Hearts. Là, il va visionner des vidéos à ne pas mettre devant tous les yeux...

MON AVIS : Après XXX : Deep Web en 2018, le réalisateur et producteur Domiziano Cristopharo décide de remettre le couvert et d'aller encore plus loin dans l'extrême avec XXX : Dark Web ! Pour ce faire, il fait appel à plusieurs de ses amis réalisateurs, tels Adam Ford, Alex Hernández, Emanuele Marchetto ou Lorenzo Dante Zanoni pour repousser les limites et offrir aux fans une oeuvre choquante à ne pas mettre devant tous les yeux. Si j'avais trouvé au final XXX : Deep Web assez inoffensif, malgré le très bon segment Cruising réalisé par Christopharo justement, force est d'admettre qu'avec XXX : Dark Web, le niveau est largement monté d'un cran et que les différentes vidéos proposées sont franchement bien plus extrêmes que celles vues dans le film de 2018. D'ailleurs, Domiziano Cristopharo ne considère pas XXX : Dark Web comme une suite mais plutôt comme un reboot, laissant entendre qu'effectivement, le film de 2018 n'allait pas assez loin dans le démonstratif. Le principe est donc le même : une personne se connecte au dark web et va cliquer sur diverses vidéos, nous entraînant avec lui dans le visionnage de séquences que le public lambda trouvera totalement abjectes et ne parviendra sûrement pas à comprendre où se trouve l'intérêt. Il est vrai que ce type de film possède un scénario qui tient sur un timbre poste et n'a qu'un seul but : se montrer le plus choquant possible et provoquer la révulsion et / ou la fascination chez un public de connaisseurs qui a l'estomac bien accroché. Logiquement, on sait à quoi s'attendre quand on enclenche XXX : Dark Web et, pour sûr, il n'y a pas tromperie sur la marchandise. La première vidéo se nomme TeknoBarbie et elle est mise en scène par Domiziano Cristopharo. Sur une musique techno (logique !), l'actrice Chiara Pavoni, vue dans Xpiation du même réalisateur, danse, à moitié dénudée, puis se met à se griffer le corps avec ses ongles, entaillant la chair et faisant jaillir le sang. Puis, à l'aide d'une aiguille, elle se perce la peau, le téton puis les grandes lèvres de son intimité. Un premier segment qui nous met d'entrée de jeu dans le bain. Le second segment ne fait pas non plus dans la dentelle, c'est le moins que l'on puisse dire. Avec The Prosperity of Vice, le réalisateur mexicain Alex Hernández (Blood for Flesh) ne lésine ni sur le sexe ni sur la violence et offre un spectacle bien glauque qui démarre sur les chapeaux de roue : un homme se masturbe en regardant des photos de cadavres en décomposition puis il se remémore les actes de cruauté qu'il a commit sur un homme. Masqué et aidé d'un complice, les deux bourreaux vont faire subir les pires outrages à leur pauvre victime masculine : fellation avec section du pénis à coup de dents, pétage des dents à coups de pince, tuyau d'aspirateur enfoncé dans l'anus, découpage d'une jambe en dessous du genou et j'en passe, le tout sans aucun hors-champ. Les effets-spéciaux sont de qualité et on en prend plein la vue. On pourra se poser la question de savoir s'il faut être mentalement sain d'esprit pour visionner ce type de séquence mais ce n'est que du cinéma après tout ! La troisième vidéo, baptisée Dolls, est mise en scène par Emanuele Marchetto. Et elle est excellente elle aussi, enfin, si on peut dire ça ! On y voit un homme s'acharner sur un mannequin en plastique avant de s'en prendre à une femme, bien vivante quant à elle. L'idée bien déjantée de ce segment est que l'homme va prélever divers éléments sur sa victime humaine (peau, bout de sein, viscères, cœur..) pour les mettre sur et dans le mannequin inanimé ! Classe non ? Vous voyez, je vous avais dit que XXX : Dark Web était vraiment plus trash que XXX : Deep Web ! Vidéo suivante :  Deconstructing Roberto d'Adam Ford. Une vidéo bien plus calme en apparence dans son traitement et sa mise en scène mais qui risque de vous faire grincer des dents tout de même : on y suit un homme enfermé dans une pièce, qui va devoir obéir à des ordres et résister à la douleur. Et quelle douleur ! Aiguilles enfoncées dans les testicules, couteau en plastique inséré dans l'anus, plug à urètre introduit dans... l’urètre, bien joué et autres joyeusetés sont au menu de ce repas assez particulier ! La dernière vidéo est encore plus hallucinante puisqu'il s'agit des courts-métrages du performer Daniel Valient, qui pratique, pour de vrai cette fois, l'auto-mutilation avec l'aide d'une demoiselle nommée  Allison Simon. Coup de ciseau, coup de marteau et, aussi dément que cela puisse paraître, section d'une phalange de l'auriculaire, qu'Allison ne manquera pas d'aller faire cuire pour le manger ! Ok, ok... On atteint une certaine forme d'art corporel ici, à vous de voir si vous êtes réceptif ou pas ! Le film se termine avec le fameux fil rouge, réalisé par Lorenzo Dante Zanoni, qui voit notre ado trop curieux être victime de son voyeurisme, le dark net n'étant pas une zone très recommandé, je vous laisse la surprise ! Amateurs de perversion extrêmes et d'ambiance malsaine, XXX : Dark Web est une expérience à vivre, surtout pour ceux qui ne vont jamais sur la face obscure d'internet. Je suppose qu'on trouve bien pire sur le vrai dark net, néanmoins, Domiziano Cristopharo et ses copains nous en montre un aspect de manière bien frontale, qui ne plaira évidemment pas à tout le monde, c'est le but recherché ! Une curieux objet donc que ce film mais comme il faut être ouvert à tout, une vision est conseillé pour se faire son propre avis. Pour ma part, j'ai trouvé ça intéressant même si je préfère un film avec un scénario, une histoire...

* Disponible en DVD chez TETRO VIDEO 

XXX : DEEP WEB

 
XXX : DEEP WEB
(XXX : Deep Web)

Réalisateur : Domiziano Cristopharo, Elisa Carrera Fumagalli, Martyna Madej, 
Emanuele Marchetto, Sam Mason-Bell, Tony Newton, Davide Pesca
Année : 2018
Scénario : Francesco Foletto et divers
Pays : Italie, Angleterre
Genre : Horreur, Film à sketch, Extrême
Interdiction : -16 ans
Avec : Mark Thompson-Ashworth, Elisa Carrera Fumagalli, Martin W. Payne, Jessica Hunt...


L'HISTOIRE : Un homme décide d'aller sur le dark web afin de visionner diverses vidéos extrêmes...

MON AVIS : En tant qu'utilisateur lambda d'internet, nous ne connaissons qu'une infime partie de ce réseau informatique, grâce aux moteurs de recherche. Tel un iceberg, nous ne surfons que sur la partie visible. La partie immergée, nommée Deep Web, recèle tous ce que les moteurs de recherche classique n'affichent pas. Accessible via un navigateur dédié, le Deep Web s'apparente à un univers où tout est possible, comme acheter de la drogue, des armes, louer les services d'un tueur et autres joyeusetés totalement hors-la-loi. Lieu où tous les vices de l'être humain peut s'exprimer, où rien n'est sous contrôle, le Deep Web est un enfer sans tabou, ou la violence et le sexe sont légion et peuvent atteindre des degrés assez insupportables puisque pedo-pornographie et autres violences physiques s'y côtoient sans restriction, à travers des millions de vidéos chocs réservées à un public ultra-averti. XXX : Deep Web se veut une anthologie nous faisant découvrir cet univers de violence et de sexe extrême. Le fil conducteur est simple : un homme se connecte au Deep Web et accède au site Queen of Hearts, qui propose un univers sado-masochiste à première vue. Il va alors visionner plusieurs vidéos, nous entraînant à sa suite et nous faisant assister à ces différents spectacles. Cette anthologie est mise en scène par 7 réalisateurs différents, ce qui inclut qu'on va donc visionner avec le protagoniste principal du fil rouge 7 vidéos de nature diverse. Le souci des anthologies ou des films à sketchs, c'est que bien souvent, la qualité varie d'un segment à l'autre. Ce sera également vrai dans le cas dans XXX : Deep Web où la qualité des vidéos présentées n'est pas la même. La première vidéo, nommée Queens, No Hearts est réalisé par Martyna Madej. On y suit un groupe de jeunes filles qui semble avoir organisé une soirée masquée d'un genre particulier. Elles invitent quelques garçons afin de les humilier et les violenter, avec introduction d'un gode anal, crachats sur le visage et autres soumissions. En gros, elles font subir à ces hommes ce qu'elles subissent dans les films pornos. Un segment assez anecdotique en fait et pas franchement très trash. La seconde vidéo, Exposition, du réalisateur Tony Newton, montre un homme séquestrer une jolie blonde et la menacer avec divers armes (cutter, couteau, marteau), avant de vouloir la dégrader sexuellement et la mutiler en lui coupant un téton. Ce segment fait assez amateur et n'a pas vraiment l'effet recherché tant j'ai trouvé qu'il ne provoquait pas grand chose au final, ni révulsion, ni gène. Arrive la troisième vidéo, réalisé par le très doué Domiziano Cristopharo. Baptisé Cruising, titre hommage au film avec Al Pacino réalisé par William Friedkin, c'est le segment le plus extrême et le plus choc du film : dans un club fétichiste, un homme va se faire fister pour son plus grand plaisir, la main de celui qui pratique cet acte sexuel s'enfonçant jusqu'à ressortir par sa bouche ! Les effets-spéciaux sont de qualité et ne laissent personne de marbre ! On retombe dans le classique avec la vidéo suivante, Eucharist, mise en scène par Elisa Carrera Fumagalli. Une nonne fait quelques jeux sexuels avec une femme attachée sur une croix. Rien de bien fascinant à se mettre sous la dent dans cette vidéo très courte. Un peu plus intéressant sera Test 424 de Sam Mason-Bell dans lequel trois jeunes filles prennent une drogue très dure. On va suivre leur période d'euphorie puis leur descente aux enfers, entre tremblements, vomissements puis mort, le tout avec une voix-off nous présentant ces diverses phases tel un documentaire. Vient ensuite Feed Me More de Davide Pesca, qui s'amuse avec la nourriture, qu'une femme est forcée d'ingurgiter. Mouais. Passons au dernier segment, intitulé Stalker et réalisé par Emanuele Marchetto, et qui est bien trash puisqu'on y voit un homme regardant une vidéo à la télé, ce qui semble l'exciter au plus au point. On comprend rapidement que cet homme est celui qui suit une femme sur la vidéo et qui la kidnappe pour la tuer. Semblant complètement timbré, l'homme, qui revoie donc son acte meurtrier via le petit écran, se met à se couper le pénis à l'aide d'un couteau. On sert les dents et on apprécie les effets-spéciaux bien gores. On termine XXX : Deep Web sur le fil conducteur, réalisé lui aussi par Domiziano Cristopharo, qui nous a réservé une petite surprise pour ce final bien sympathique. Reste que je m'attendais à voir un film vraiment extrême avec XXX : Deep Web, un spectacle ultra-déviant, choquant, qui allait me mettre mal à l'aise voire me faire détourner le regard de l'écran et qu'en fin de compte, cette anthologie se révèle bien inoffensive. On trouve sur l'internet "normal" des vidéos bien plus choquantes ou déviantes que ce qui vient de nous être montrés. Déception donc pour ma part, heureusement que Domiziano Cristopharo est présent pour dynamiser tout ça et apporter la touche de scandale auquel on s'attendait. A noter que la quasi majorité des vidéos ne possèdent pas de dialogues ou que ces derniers sont en anglais quand il y en a, sans sous-titres, un peu comme si on était nous même sur le Deep Web.

* Disponible en DVD chez TETRO VIDEO


EROTIK

EROTIK
(eROTik)

Réalisateur : Domiziano Cristopharo
Année : 2018
Scénariste :  Levent Kaya
Pays : Turquie
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Adam Western, Simone Avincola...


L'HISTOIRE : Un homme, traumatisé par le décès de sa mère, passe le plus clair de son temps en compagnie d'un cadavre. Parfois, il ramène des hommes chez lui, fait l'amour avec eux avant de les tuer, de les démembrer et de se livrer à de curieuses expériences qui prennent racine dans un ouvrage égyptien...

MON AVIS : Qu'on aime ou pas les films de Domiziano Cristopharo, impossible de nier que ce réalisateur italien en a sous le pied et qu'il possède un vaste univers à même de satisfaire les amateurs de cinéma horrifique underground et extrême. Avec House of Flesh Mannequins, Red Krokodil, Doll Syndrome, Xpiation ou Deep Web XXX entre autres, il a su se forger une solide réputation dans le milieu. Il faut dire que Domiziano Cristopharo n'est pas un vulgaire tâcheron et qu'il possède un réel sens de la mise en scène et qu'il soigne particulièrement l'esthétisme de ses œuvres, que ce soit au niveau de la photographie, des effets-spéciaux, des cadrages ou de la lumière. En 2018, il s'inspire des tristes exploits du tueur en série nécrophile et cannibale Jeffrey Dahmer et livre avec eROTik un film malade et bien crade, qui rend tout autant hommage à Jorg Buttgereit qu'à Andreï Tarkovski, avec une petite pincée de Herschell Gordon Lewis pour le livre de rituel égyptien, qui n'est pas sans nous rappeler les expériences de Fuad Ramses dans Blood Feast. Âmes sensibles attention, eROTik ne fait pas dans la dentelle et mêle nudité crue, meurtres sanglants et scènes nécrophiles nauséabondes, le tout sans quasiment aucun dialogue, ni prise de position. Domiziano Cristopharo nous entraîne juste dans la psyché de son personnage principal, et nous fait juste assister à un moment de sa vie, tout en s'inspirant comme déjà dit de Jeffrey Dahmer. Tout comme ce dernier, le héros de eROTik a de graves problèmes psychologiques : il garde dans son lit un cadavre en état de décomposition avancé avec qui il se livre à des pratiques sexuelles que le réalisateur filme plusieurs fois, de manière frontale et directe, ce qui risquera de faire vomir les personnes non habituées au film nécrophile ; il amène chez lui des hommes avec qui il couche aussi, avant de les tuer et de leur percer le crâne pour déverser dans la partie frontale du lobe de leur cerveau de l'acide chlorhydrique ou de l'eau bouillante afin d'en faire des zombies (ce que faisait réellement Dahmer !!), ce qui, pour ceux qui ne le savent pas, explique l'ultime image de eROTik ! Avec une durée de 67 minutes au compteur, eROTik amène le spectateur dans un univers de folie humaine et de dépravation sans lui laisser le temps de souffler et lui assène, minute après minute, choc visuel après choc visuel, le tout filmé avec application. On félicitera l'acteur Adam Western car ce n'est guère un rôle facile à jouer, passer quasiment tout le film entièrement nu, devoir simuler des actes sexuels avec un cadavre et autres petites joyeusetés n'étant pas à la portée de tous. On appréciera également la musique, composée par Domiziano Cristopharo et Antony Coia, qui installe une bonne ambiance et participe à créer le malaise recherché. eROTik n'est évidemment pas un film à mettre devant tous les yeux et il remplit son rôle, à savoir déstabiliser et choquer. Jorg Buttgereit a du apprécier ! A noter que le film est disponible en couleur mais aussi dans une version en noir et blanc ! Personnellement, je préfère la version noir et blanc, l'absence de couleur renforce l'aspect malsain de l'oeuvre je trouve et lui donne un cachet esthétique supplémentaire. En tout cas, Domiziano Cristopharo est décidément un réalisateur à suivre de près ! 

* Disponible en Bookbox DVD + BR chez -> TETRO VIDEO <-


HOUSE OF FLESH MANNEQUINS

HOUSE OF FLESH MANNEQUINS
(House of Flesh Mannequins)

Réalisateur : Domiziano Cristopharo
Année : 2009
Scénariste : Domiziano Cristopharo
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Domiziano Arcangeli, Irena Violette, Giovanni Lombardo Radice, Jerred Berg...


L'HISTOIRE : Sebastian est un artiste introverti à la santé mentale fragile, qui a vécu une enfance difficile auprès de son père. Passionné par l'image depuis son plus jeune âge, il voue un véritable culte à sa caméra, objet fétiche que son père lui a offerte quand il était enfant. Vivant seul dans un appartement, Sebastian passe ses nuits à regarder des petits films vidéos qu'il a lui-même filmé, mettant en scène des sujets assez violents. Sa vie va changer quelque peu quand sa voisine, Sarah Roeg, commence à s'intéresser à lui et à ses travaux de photographe et de cinéaste...

MON AVIS : Passionné par l'art visuel, le réalisateur italien Domiziano Cristopharo se lance dès 2009 dans le cinéma, avec House of Flesh Mannequins. Il a depuis mis en scène plus d'une quinzaine de films, qui verse dans l'underground extrême et l'horreur, à l'image de Hyde's Secret Nightmare, Doll Syndrome, The Transparent Woman, Deep Web XXX ou Xpiation entre autres. Avec son premier film, tourné aux Etats-Unis, Domiziano Cristopharo frappe très fort et propose au public un film ovniesque, atmosphérique, visuellement maîtrisé, à l'imagerie érotico-horrifique, voir porno-horrifique, travaillée et à la photographie soignée. Avec une histoire qui mêle réel et fantasme, qui emporte le spectateur dans un univers bizarre, à la fois poétique et malsain, House of Flesh Mannequins marque des points et ne laissera personne indifférent. Le spectateur éclairé ne manquera pas de trouver quelques similitudes entre le film de Domiziano Cristopharo et le classique Le Voyeur de Michael Powell. Une influence ouvertement revendiquée par le réalisateur d'ailleurs, puisqu'on verra l'affiche de ce film de 1960 collée sur un mur à un moment. Le héros du film sera même habillé de la même façon que l'acteur Karlheinz Böhm dans le film de Powell, avec imperméable et caméra en bandoulière à l'appui. Néanmoins, nous ne sommes pas en présence d'un remake pur et dur mais plutôt d'une variation, d'une exploitation sous un autre angle de la thématique du Voyeur. L'histoire nous entraîne à la suite de Sebastian Rhys (l'excellent Domiziano Arcangeli), un photographe vivant seul dans un appartement dans lequel il a transformé une pièce en salle de projection. Des flashbacks vont nous décrire son enfance au côté d'un père qui se comporte franchement bizarrement, ne cessant de le réveiller la nuit pour le filmer par exemple. On comprend assez rapidement que l'esprit de Sebastian est dérangé suite à son enfance traumatisante, les films vidéos qu'il regarde sur son écran ne l'aidant pas à à avoir une vie normale. L'habileté de Domiziano Cristopharo a nous placer dans l'esprit de son héros est remarquable et on ressent la folie de ce personnage, comme si on était à ses côtés. Bien malin, le réalisateur ne nous explique pas grand chose au départ et on ne sait pas si les films vidéos que regardent Sebastian, qui semblent être du snuff movie, ont juste été filmé par ce dernier ou s'il est aussi acteur des sévices et tortures vus à l'écran. La vie de ce curieux personnage va évoluer quand la Sarah (la ravissante Irena Violette) va venir toquer à sa porte et s'intéresser à lui. Petit à petit, le climat, l'ambiance du film glisse progressivement vers le glauque et le malsain, le réalisateur ne s'interdisant aucun tabou, comme lors de la séquence qui traite ouvertement des films pédo-pornographiques. La relation entre Sebastian et la jolie Sarah ne sera pas en reste et ira crescendo dans l'immoralité et le nauséabond, pour trouver son accomplissement total lors d'un final anthologique qui n'est pas à mettre devant tous les yeux ! On n'est pas loin du Cercle du Sang du Salo de Pasolini en matière d'horreur et de visions extrêmes et les âmes sensibles risquent fort de tourner de l’œil devant les images ultra-chocs proposées par le final du film. Je me suis même demandé à un moment s'il s'agissait vraiment d'effets-spéciaux ou si certaines images étaient réalisées par des performeurs underground, je pense par exemple à la perforation des deux seins d'une jolie brune par une longue aiguille montée sur une perceuse ! On félicitera en tout cas l'équipe des effets horrifiques car dans leur grande majorité, ils se montrent très réalistes et bien choquants. Et on félicitera aussi les pratiquants de BDSM et autres piercings extrême, car y'a très certainement des effets réalisés sans trucages. Cette plongée dans l'esprit torturé du héros n'est, de plus, jamais gratuite, la violence étant justifiée par son passé, qui renvoie au Voyeur de Powell donc. Esthétiquement parlant, le film est souvent somptueux, le travail sur les plans, le cadre et les couleurs (la symbolique du rouge notamment) est réfléchi et bien mis en avant. Parfois, le film semble rendre hommage au giallo italien de la grande époque tout en restant d'une étonnante modernité. Toute la séquence de rêve dans la fameuse maison des mannequins de chairs est sublime et met encore plus en avant la folie du protagoniste principal, puisqu'on assiste, du moins je l'ai compris comme ça, à ses fantasmes, à ce qu'il aime voir, ou à ce qu'il aimerait filmer. Des fantasmes qui mélange sexe et horreur, le film ayant un côté érotique prononcé, glissant même vers un peu de pornographie sauvage, avec une très courte fellation non simulée par exemple. Ce qui n'exclut pas un aspect poétique, onirique également très présent. Si on ne comprend pas toujours tout, une seconde vision sera nécessaire pour décortiquer et analyser les images proposées,dont certaines sont empruntes d'un mysticisme et d'un aspect biblique non dissimulés. On sait en tout cas qu'on est en présence d'une oeuvre originale, artistiquement séduisante, à la cruauté des images assez répulsive et au symbolisme intrigant. Une première oeuvre qui a tout d'un électro-choc, et qui s'avère rapidement hypnotique. Le film est très contemplatif mais ce n'est jamais un défaut, car, en ce qui me concerne, j'ai été happé par la puissance des images et je ne me suis jamais ennuyé. Quand on voit le fade Xpiation du même réalisateur, on ne peut qu'être surpris à la vision de House of Flesh Mannequins, tant ce dernier lui est supérieur en tout point. A réserver en tout cas à un public très averti, un public qui aime être malmené et assez ouvert d'esprit pour accepter ce que Domiziano Cristopharo lui propose ici. A noter la participation de l'acteur culte Giovanni Lombardo Radice, que je ne vous ferai pas l'indécence de vous présenter, ainsi que de l'actrice X Roberta Gemma

* Disponible en Bookbox DVD chez TETRO VIDEO (avec sous-titres français)