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SANGLANTE PARANOÏA

 

SANGLANTE PARANOÏA
(Brain Dead)

Réalisateur : Adam Simon
Année : 1990
Scénariste : Charles Beaumont, Adam Simon
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Bill Pullman, Bill Paxton, Bud Cort, Nicholas Pryor, George Kennedy...


L'HISTOIRE : Pour faire avancer ses recherches et sa carrière, le Dr. Rex Martin, brillant neurologue, accepte une opération dangereuse organisée par la mystérieuse entreprise Eunice. Il doit opérer le cerveau d'un mathématicien soufrant de paranoïa aiguë ayant massacré sa famille. L'opération semble bien se passer, mais rapidement, Rex se rend compte que les visions qui ont conduit Hasley à la folie sont maintenant les siennes...

MON AVIS : Avec ce visuel particulièrement efficace et intrigant, Sanglante Paranoïa a tout pour attirer le fan de cinéma fantastique et horrifique. Son titre original peut par contre prêter à une légère confusion puisqu'il se titre Brain Dead, avec un espace, ce qui le différencie en fait du culte Braindead de Peter Jackson. Réalisé en 1990 par Adam Simon, il est intéressant de revenir à la genèse du film. Vers la fin des années 80, Julie Corman, femme du célèbre Roger Corman, demande à des stagiaires de lire des centaines de vieux scénarios entassés ici et là. Ils remontent à la surface une histoire rédigée dans les années 60 par Charles Beaumont, personnalité qui a écrit les histoires de 22 épisodes de la série La Quatrième Dimension entre 1959 et 1964 mais aussi les scénarios de films tels The Intruder, L'enterré vivant, Brûle sorcière brûle, la Malédiction d'Arkham, Le cirque du docteur Lao ou bien encore Le Masque de la Mort rouge entre autres. Séduite par le récit trouvé par les stagiaires, Julie Corman propose donc son adaptation cinématographique à  Adam Simon, jeune recrue de l'écurie Corman, qui trouve l'histoire excellente mais désire la moderniser, pour ce qui deviendra donc Sanglante Paranoïa, son premier film en tant que metteur en scène. C'est également lui qui réalisera Carnosaur en 1993. Tourné en vingt jours seulement, Sanglante Paranoïa nous évoque dès son générique le fameux Ré-Animator de Stuart Gordon, tout comme ses premières images d'ailleurs : on y voit Bill Pullman débarquer dans une salle contenant des dizaines et des dizaines de cerveaux enfermés dans des bocaux, ainsi qu'un assistant jouer à un cerveau qui contrôle donc ce fameux "masque humain" vivant présent sur le visuel de l'affiche. Ça démarre fort ! Sauf que la suite va rapidement prendre à contre-pied notre première impression. Alors qu'on pouvait s'attendre à un délire comico-gore qui aurait fait honneur aux expériences du dr. Herbert West, Sanglante ParanoÏa s'en éloigne totalement pour plonger dans un délire certes, mais de double personnalité qui réussira certainement à perdre le spectateur dans ses tortueuses méandres. Le docteur Rex Martin est interprété par Bill Pullman, qui s'en sort ici avec les honneurs. Il est secondé par un autre Bill, à savoir Bill Paxton, plutôt sous-employé ici. Cheveux gominé à fond la caisse, ce dernier vient trouver Bill Pullman pour lui confier une mission : allez rendre visite à un certain docteur Hasley, qui réside dans un hôpital psychiatrique car souffrant de délire paranoïaque aiguë. Ancien scientifique travaillant dans le firme ou bosse également Bill Paxton, il semblerait que ce docteur Halsey détienne dans sa mémoire des chiffres ou une équation qui intéresse le big boss de ladite firme, d'où la requête auprès du docteur Martin pour que ce dernier, de par ses travaux sur le cerveau, parvienne à approcher Halsey pour lui soutirer cette formule mathématique ou... faire en sorte qu'il ne s'en souvienne plus jamais, via une opération du cerveau à double tranchant. Bon, jusque là, ça va, l'histoire se suit et se tient. Les plus perspicaces auront noté que le nom même d'Halsey et l'allusion à l'institut Miskatonic mentionné par le personnage de Bill Pullman sont des références directes à Lovecraft ainsi qu'au film Ré-animator ! Comme quoi, notre première pensée survenue au début du film n'était pas si farfelue que ça. Par contre, c'est maintenant que ça va se corser. Suite à une altercation avec un SDF, le docteur Martin se fait renverser par une voiture. Un accident sans grande conséquence, il se contente de se tenir un peu la tête et de frotter l'endroit de l'impact de son crâne sur le pare-brise. Sauf qu'en réalité, cet accident, ainsi que celui survenu dans le laboratoire, avec un bocal contenant un cerveau qui tombe au sol, est le début de visions qui semblent directement provenir de l'esprit du docteur Halsey. Bill Pullman fait des cauchemars, il développe lui aussi un sentiment de paranoïa, pensant que sa femme le trompe avec Bill Paxton par exemple. Petit à petit, un engrenage se met en marche et la frontière entre réel et irréel se floute et déconcerte totalement le spectateur, qui ne sait plus ce qu'il regarde. Des tas de questions viennent alors nous assaillir l'esprit : le docteur Halsey existe-t-il réellement ? Le docteur Rex Martin est-il victime d'un dédoublement de personnalité  ? Est-ce, comme dans Shutter Island, un jeu de rôle dans lequel on fait croire au docteur Martin qu'il est spécialiste du cerveau afin d'obtenir des informations ? Ou bien, comme dans Le Cabinet du docteur Caligari, est-ce que le docteur Martin ne serait pas en réalité le patient et Halsey le vrai docteur ? Autant de question qui transforme Sanglante Paranoïa en un film parfois délirant et scénaristiquement souvent complexe, baigné par des images assez hallucinantes, comme de voir Halsey au bord de mer, la calotte crânienne exposée au grand jour ou Bill Pullman ouvrir une porte et se retrouver confronter au néant par exemple. Il est intéressant de voir comment Rex Martin semble perdre la raison, ne sachant plus faire la différence entre la réalité et des rêves et cauchemars, qui, peut être, ne lui appartiennent pas. Véritable thriller psychologique labyrinthique au allure de cauchemar éveillé, le film d'Adam Simon joue avec intelligence avec ses décors, avec la temporalité, qu'il n'hésite pas à distordre pour mieux malmener la perception du public sur ce qui est réel ou ne l'est pas. Pour la petite histoire, il paraît que c'est en découvrant la prestation de Bill Pullman dans ce film que le réalisateur culte David Lynch a décidé de l'engager pour le rôle principal de Lost Highway en 1997. Et quand on connaît les similitudes thématiques entre les deux films – la perte d'identité, les boucles mentales, la folie – cette connexion prend tout son sens. Alors oui, il faut souvent s'accrocher pour ne pas décrocher, ici il n'est pas question d'aiguiller ou d'aider le spectateur à comprendre l'intrigue, qui fait effectivement très Quatrième Dimension ! Amateur de film kafkaïen, insolite, autre, Sanglante Paranoïa pourra vous satisfaire si vous appréciez qu'on joue avec vous alors que la réponse a tout ce bazar est potentiellement dans le titre même du film : Brain Dead. Réfléchissez-y ! 

* Disponible en combo DVD+BR et steelcase chez ELEPHANT FILMS



LE LOUP-GAROU (1995)

 

LE LOUP-GAROU
(Werewolf)

Réalisateur : Tony Zarindast
Année : 1995
Scénariste : Tony Zarindast, Brad Hornbacher
Pays : USA
Genre : Fantastique, Horreur, Loups-garous
Interdiction : -12 ans
Avec : Jorge Rivero, Richard Lynch, Federico Cavalli, Adriana Stastny...


L'HISTOIRE : Un groupe d'archéologues, dirigé par Noël, découvre un squelette fossilisé qui pourrait être celui d'un authentique loup-garou. L'un des ouvriers se blesse avec un ossement et est emmené à l'hôpital. Yuri, le contre-maître, peu apprécié de ses équipes, décide d'aller voir l'ouvrier à l'hôpital, qui a subit une transformation en homme-loup, afin de lui prélever du sang pour répandre une infection dans son entourage et voir si les effets se transmettent aux contaminés. Dans le même temps, Paul, un écrivain, débarque dans les environs et tombe sous le charme de Natalie, qui fait partie de l'équipe des archéologues, ce qui déclenche la jalousie de Yuri...

MON AVIS : Holala. Je connaissais ce film par sa (triste) réputation mais je n'avais encore jamais tenté l'expérience. Eh bien, c'est quelque chose, vous pouvez me croire ! On a donc ce film mis en scène par un réalisateur iranien, Tony Zarindast, et dans lequel on trouve tout de même un certain Richard Lynch ! Oui, oui, l'iconique acteur vu dans pléthores de séries-télévisées et de films divers et variés, venus cachetonner dans ce Werewolf, interprétant Noël, le boss du groupe d'archéologues. L'introduction du film nous rappelle L'Exorciste, avec ce paysage désertique de l'Arizona et cette découverte enfouie dans le sable, à savoir un étrange squelette en apparence humain, dont le crâne ressemble plutôt à celui d'un loup. Pour les indiens du coin, il s'agirait des ossements d'un skinwalker, soit un magicien indien capable de se métamorphoser en divers animaux, dont le loup. Le film joue donc sur le folklore ainsi que sur le mythe du loup-garou. Intéressant sur le papier mais ce concept est totalement passé à la trappe ensuite. Il faut dire que le film de Tony Zarindast n'a pas grand chose pour lui, étant considéré comme l'un des pires films de loups-garous jamais réalisé, et comme l'un des pires films jamais réalisé, rien que ça ! Une oeuvre qui ferait passer les films d'Ed Wood pour de bons films (ce qu'ils sont !) et qui vous invite à tester votre niveau de résistance face à la médiocrité. Parce que clairement, la vision de Werewolf relève de l'épreuve olympique pour ne pas décrocher avant la fin, tant rien ne vas et ce, dans tous les domaines, que ce soit la mise en scène, le montage effectué à la truelle, le jeu d'acteur, le rythme, le scénario, la bande son et les effets spéciaux ! Ca fait beaucoup ! On tient là un nanar de compétition, que certains n'hésiteront pas à qualifier de navet de compétition, et ce, à raison ! En fait, je pensais avoir atteint un palier avec la vision de Massacre au drive-in mais je me rend compte qu'on peut encore creuser plus profond, ce que réussi à faire notre Werewolf ! La scène introductive dans le désert est donc la meilleure séquence du film, vous voyez le genre. Et après, ça devient totalement improbable et assez hallucinant. On a par exemple une bagarre entre des ouvriers et le fameux Yuri, joué par Jorge Rivero, et je pense que n'importe qui, même vous, feriez mieux. Là, c'est juste à mourir de rire tellement les coups sont loin de leur cible. Je vous passe vite fait les scènes de parlottes interminables, comme lors de la soirée mondaine par exemple, le jeu du casting, qui délivre des émotions comme vous n'en aurez jamais ressenti devant votre écran (j'rigole hein ! ), la romance entre Paul et Natalie, incroyable de réalisme et de romantisme ou les dialogues finement ciselés, à l'image de celui prononcé par Richard Lynch, qui nous explique comment reconnaître un loup-garou, à savoir, "il adopte une série d'habitudes corporelles étranges, comme de dormir le nez collé à l'anus" ! Même Audiard n'aurait pas fait mieux ! Bref, on arrive enfin à ce qui nous et vous intéresse : les fameux loups-garous ! Et là, vous vous dîtes : "p'tet que les effets ou les maquillages sont cool !" Raté !! Là encore, on atteint un niveau de nullité assez incroyable, on est quand même en 1995, les effets-spéciaux ont bien évolué tout de même mais pas ici. On a donc quelques poils posés ça et là du visage, des dentiers avec de grandes canines quand ce n'est pas juste un masque de latex enfilé par l'acteur ou une tête mécanique filmée en gros plan qui se contente d'ouvrir et de fermer sa gueule. Si vous pensiez que les maquillages d'Hurlements 2 étaient mauvais, attendez de voir ceux de Werewolf ! Parmi les scènes anthologiques proposées, on a celle dans laquelle une jeune femme se fait poursuivre par un loup-garou, qui, plutôt que de courir derrière elle, rampe à même le sol ! Pourquoi ? Si quelqu'un a la réponse ? Pas de bol pour elle, elle trébuche dans une grande flaque de boue qui l'empêche de bouger, c'est bête, elle aurait pu la contourner cette flaque mais non. Bon après, il doit y avoir 5 cm de boue hein, logiquement on se relève et on se barre mais toujours pas, elle est coincée. Et donc elle se fait rattraper par l'homme-bête. C'est bête quand même ! Bon, on a quand même un élément récurrent du film de loup-garou, à savoir que lorsqu'il est sous son apparence humaine, le loup-garou regrette les agressions commises sous son apparence bestiale. Ici, pour conjurer les mauvais sort, il décide d'aller faire une partie de billard avec sa copine, pour une séquence encore une fois mémorable de longueur et de langueur mais qui nous permet de constater que l'actrice Adrianna Miles, de son vrai nom Adrianna Stastny, on l'a vu dans un petit rôle dans le Nemesis d'Albert Pyun en 1992, eh ben elle a une poitrine plutôt sympa à mater, et ce, notamment dans cette scène de billard. Dommage, aucune nudité à l'horizon par contre. Mais bon. Par contre, niveau talent d'actrice, là, je vous laisse seul juge. On appréciera aussi les changements intempestifs de coiffure de Jorge Rivero, vous verrez, c'est marrant. En tout cas, on sait grâce à ce film qu'un loup-garou en devenir ne doit pas conduire une voiture sous peine d'avoir un accident ! Voilà, enfin une information utile ! Merci Werewolf ! Assurément le plus mauvais film de loup-garou de la planète.  

LES DEMONS DU MAÏS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR

 

LES DEMONS DU MAÏS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR
(Children of the Corn 3 : Urban Harvest)

Réalisateur : James D.R. Hickox
Année : 1995
Scénariste : Dode B. Levenson, Matt Greenberg
Pays : USA
Genre : Fantastique, horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Daniel Cerny, Ron Melendez, Jim Metzler, Nancy Lee Grahn, Mari Morrow...


L'HISTOIRE : Eli et Joshua, deux enfants de Gatlin, sont placés dans une famille d'accueil à Chicago, après la mort de leur père. Joshua s'habitue assez rapidement à la vie moderne de la ville, tandis qu'Eli continue de prier pour Celui qui Règne sur les Sillons. Dans une usine désaffectée située juste derrière sa nouvelle maison, Eli recré un champ de maïs et commence à jouer les prédicateur dans son école afin de rallier des adolescents à sa secte...

MON AVIS : Après un très bon premier film en 1984, la saga Les Démons du Maïs, basée sur une nouvelle de Stephen King, se dote d'un second chapitre en 1992 nettement moins convaincant pour ma part. En 1995 sort sur les écrans de cinéma américain Les Démons du Maïs 3 : Les Moissons de la Terreur, qui sera d'ailleurs le dernier volet à bénéficier d'une sortie en salle. Réalisé par James D.R. Hickox, dont c'est le premier film, ce troisième chapitre joue la carte de la différence puisqu'il déplace l'action en zone urbaine, à Chicago, bien loin de étendues rurales de champ de maïs des deux premiers épisodes. Exit l'atmosphère à la folk horror et place à un ersatz de La Malédiction de Richard Donner, musique diabolique à la Jerry Goldsmith à l'appui ! En effet, le héros du film Eli, est un jeune garçon possédant des pouvoirs surnaturels et il nous fait souvent penser à Damien, tout en étant plus âgé. Il peut, par exemple, provoquer des visions et des cauchemars, lancer des éclairs de feu et autres joyeusetés, le tout en gardant son petit visage d'ange qui n'a rien à se reprocher. Il a apporté dans sa valise des épis de maïs made in Gatlin et va les faire pousser dans une vieille usine, histoire d'honorer sa divinité Celui qui Règne sur les Sillons. Les Démons du maïs 3 a un côté plus moderne que ses prédecesseurs et joue la carte du film d'horreur démoniaque, ne lésinant pas sur l'aspect surnaturel et fantastique. Et ça fonctionne plutôt bien en fait, le réalisateur faisant tout son possible pour nous proposer un rythme assez tonique et surtout un panel d'effets spéciaux et de morts diversifiées qui rendent le tout très fun et divertissant. Qui plus est, l'acteur qui joue Eli, Daniel Cerny, s'en sort vraiment bien, nettement mieux en tout cas que le pâle Ryan Bollman, le gourou du second film. Il livre une bonne prestation, sans surjouer ou sombrer dans le ridicule. La scène d'introduction est efficace, avec la musique de Daniel Licht qui nous plonge d'entrée de jeu dans une dimension inquiétante. L'arrivée d'Eli et de son grand frère Joshua à Chicago reprend les clichés déjà vus des petits nouveaux qui ont du mal à s'intégrer dans leur nouvel envirionnement. Joshua y arrivera, n'étant pas un adepte du culte de Gatlin. Il se fera des amis, flirtera même avec une fille, quand Eli lui reprochera de trop s'acclimater à sa nouvelle vie et de le délaisser pour des inconnus. En bon enfant diabolique qu'il est, Eli s'amusera à tourmenter la mère de sa famille d'accueil ou bien le prêtre de son école, à qui il fera vivre des nuits de cauchemars, dans lesquelles ce dernier revivra en rêve des séquences issues du premier et du second film, histoire de faire le lien ! Malin. Petit à petit, Eli va endosser son rôle de prédicateur (la scène du sermon, excellente) et rallier à sa cause les élèves du lycée, en vu de la nuit de la moisson. Ce troisième chapitre n'est pas avare en séquences horrifiques et on n'a guère le temps de s'ennuyer : homme qui se verra transformé en épouvantail, mère de famille se perçant le crâne sur un tuyau, crucifixion à l'envers, tête qui s'ouvre en deux pour laisser s'échapper cafards et autres insectes rampants, maïs vivant attaquent les indésirables et arrachant la tête d'une victime tout en lui extirpant la colonne vertébrale, coups de faucille en veux-tu, en voilà, les festivités proposées sont des plus réjouissantes et font le spectacle. Bon, bien sûr, on se demande qui a eu l'idée de la séquence finale, avec l'apparition d'un monstre géant créé par Screaming Mad George, certes, mais qui tire le film vers le nanar un peu ridicule, malgré un festival d'effets spéciaux un peu gore plutôt sympathiques ! A noter que parmi les ados recrutés par Eli, on aperçoit (rapidement) une toute jeune Charlize Theron, dont c'était d'ailleurs la première appairition en tant qu'actrice. L'idée du maïs de Gatlin qui devient un produit industriel et qui va donc être disséminé à travers le monde est bien trouvé et on sourit en imaginant la contamination du monde par Celui qui Règne sur les Sillons. Sans être d'une folle originalité puisque plagiant La Malédiction comme déjà dit, Les Démons du Maïs 3 est tout de même bien plus amusant et agréable à regarder que le N°2 et s'en sort avec les honneurs, surtout que, et c'est assez rare pour le souligner, la majorité des personnages principaux trouve la mort durant le film. Festif et énergique, une suite qu'on prend plaisir à visionner.

* Disponible en coffret DVD et BR chez RIMINI EDITIONS, avec un Livret de Marc Toullec



    


VENGEANCE DIABOLIQUE

 

VENGEANCE DIABOLIQUE
(Sometimes, they come back)

Réalisateur : Tom McLoughlin
Année : 1991
Scénariste : Lawrence Konner, Mark Rosenthal
Pays : USA
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec : Tim Matheson, Brooke Adams, Robert Rusler, Chris Demetral, William Sanderson...


L'HISTOIRE : Jim, professeur, revient dans sa ville natale pour enseigner. De douloureux souvenirs se rappellent à lui, dont la mort tragique de son frère, agressé sous ses yeux par des voyous quand il était enfant. Des voyous qui ont trouvé la mort en même temps que son frère, dans un tunnel, percutés par un train. La reprise dans un lycée est un peu tendue, avec des élèves pas faciles. Mais Jim ne va pas être au bout de ses surprises quand, suite au décès d'un élève, il découvre que le nouvel étudiant est le sosie du chef de gang responsable de la mort de son frère. Lorsque d'autres élèves décèdent, c'est tout le gang qui réapparaît dans la classe de Jim, qui ne sait plus s'il est en train de craquer psychologiquement..

MON AVIS : En 1991, suite au succès du téléfilm Ca, il est revenu l'année précédente, on s'attendait à voir fleurir de nouvelles adaptations de Stephen King. C'est ici la nouvelle Cours, Jimmy, Cours présente dans le recueil Danse Macabre, qui a été retenue et confiée à Tom McLoughlin et aux deux scénaristes Lawrence Konner et Mark Rosenthal. Qui dit adaptation dit bien souvent prise de liberté et les scénaristes ont donc changé quelque peu la nouvelle originale, qui n'était déjà pas bien transcendente. Au rayon des ajouts, Ils ont dôté Jim d'un fils (pour l'aspect émotionnel), ils ont supprimé la mort de sa femme, ils ont fait mourir la bande de voyous en même temps que le frère de Jim dans le tunnel, percuté par un train, ils ont envoyé la bande de voyous agresser la femme et le fils de Jim chez eux, ce qui conduit ces derniers dans une église, ils ont augmenté la somme d'argent réclamée par le gang (de 4 cents dans le livre, on passe à 12 cents dans le téléfilm), ils ont ajouté une séquence où Jim retrouve le quatrième voyou qui avait échappé à la mort lors de l'agression de son frère, ils ont placé l'ancien policier chargé à l'époque de l'enquête dans une maison de retraite, ils ont fait intégré Jim à la mort de Billy pour qu'on se demande si ce ne serait pas lui qui devient fou et s'imagine des choses ils, l'ont dôté de visions lui permettant d'aider la police à trouver le corps pendu de Kate et ils ont enlevé toute la partie de la nouvelle dans laquelle Jim, à l'aide d'un livre de démonologie, trace un pentagramme dans une salle de classe, fait un pacte en se coupant deux doigts afin de faire revenir son frère de l'au-delà pour qu'il l'aide à détruire une bonne fois pour toute les trois esprits vengeurs. Ah oui, ils ont aussi eu l'idée de faire que, dans la scène du tunnel, Jim vole les clés de voiture du gang, ce qui ne leur a pas permis de redémarrer leur voiture, entraînant le choc avec le train. D'où, dans le téléfilm, leur retour pour mener à bien leur vengeance diabolique. Bon. Pas mal de changement donc, même si la trame principale est conservée. Pour interpréter Jim, c'est l'acteur Tim Matheson qui a été choisi et il fait plutôt bien le taf, tout comme Brooke Adams dans le rôle de sa femme. Les amateurs du genre reconnaîtront sans souci l'acteur qui joue Richard Lawson, le chef du gang de voyou, puisqu'il s'agit de Robert Rusler, vu dans Une Créature de Rêve et surtout dans La Revanche de Freddy !  Un casting correct mais au final, rien de vraiment très palpitant. La mise en scène est assez classique, avec toutefois des séquences sympathiques, comme celles mettant en vedette la jolie voiture rétro du trio de revenants, avec des flammes qui sortent du pot d'échappement, c'est presque la version automobile de la moto du Ghost Rider ! Le film traite des événements du passé qui rattrapent toujours les personnages dans le présent et on a donc pas mal de flashbacks concernant l'enfance de Jim et notamment la séquence dans le tunnel. Le réalisateur joue avant tout la carte de l'émotion, les scènes de classe nous rappellent un peu Class 1984 de Mark Lester, et, production destinée à la télévision oblige, le côté horrifique est quasiment absent, le film préférant accentuer le registre fantastique. L'ensemble est tout de même assez mou du genou et ça tire un peu en longueur vu que ça dure 97 minutes, je pense que ça aurait pû être torché en 80 minutes. C'est tout de même dommage d'avoir éliminé la séquence de satanisme qui était le climax de la nouvelle. A la place, on a une scène larmoyante avec le spectre du frère de Jim qui apparaît dans un halo de lumière pour lui venir en aide. Mauvais choix à mon avis. Bref, une adaptation lambda, qui ne marque pas les esprits, loin s'en faut. A voir une fois si vous êtes fans de Stephen King bien sûr.        


HURLEMENTS 6 - THE FREAKS

HURLEMENTS 6 - THE FREAKS
(Howling 6 : the Freaks)

Réalisateur : Hope Perello
Année : 1991
Scénariste : Kevin Rock
Pays : Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Brendan Hughes, Michele Matheson, Bruce Payne, Sean Sullivan, Antonio Fargas...


L'HISTOIRE :Ian débarque dans une petite ville perdue, Canton Bluff, qui subit une forte canicule. Il est engagé par le pasteur, afin de remettre en état l’église. Il rencontre la fille de ce dernier, Elizabeth, qui tombe sous son charme. C’est alors qu’une troupe de forains s’installe dans la ville. L’attraction phare est « la parade des monstres », dirigée par monsieur Harker. Quand celui-ci découvre que Ian est un loup-garou, il décide de lui faire rejoindre sa troupe de freaks…

MON AVIS : S’il y a bien une saga dans le cinéma fantastique qui frappe par son irrégularité en termes de qualité, c’est bien celle des Hurlements. Après un premier film en 1981, les suites se sont succédées sans jamais égaler l’œuvre de Joe Dante, sombrant inlassablement dans la médiocrité. Hope Perello tente en 1991 de redorer l’image de la saga avec Hurlements 6, sous-titré The Freaks, clin d’œil appuyé au chef-d’œuvre de Tod Browning bien sûr. Le film essaye la carte de l’originalité en nous présentant une galerie de monstres, qui sont les vedettes d’un cirque ambulant. Homme-caïman, nain à trois bras, hermaphrodite, ils sont tous sous la coupe de monsieur Harker (Bruce Payne), qui semble plutôt avoir de nobles intentions à leur égard, voulant que plus jamais on ne se moque d'eux ou qu'on leur manque de respect. Les maquillages de ces Freaks sont corrects, on a même Antonio Fargas parmi eux, le célèbre Huggy les bons tuyaux de la série Starsky et Hutch, et la scène de déambulation de Ian et Elizabeth au sein de cette monstrueuse parade est assez réussie au niveau de l'atmosphère. Seulement, on veut voir avant tout voir un film de loup-garou quand on enclenche un Hurlements et c’est là où le bat blesse : on aura droit à seulement deux ou trois scènes de transformations assez quelconques, et le look de la créature poilue n’est quand même pas terrible. Elle a certes un faciès plus humain, inspiré des films du genre des années 40, mais bon, je préfère quand même quand il y a un museau et des dents apparentes. On a tout de même la fameuse dualité qui habite ce personnage du bestiaire du cinéma fantastique, qui ne supporte pas les actes qu’il commet lorsqu’il se transforme. On a aussi une jolie romance entre la charmante fille du pasteur (Michele Matheson) et notre héros lycanthrope (Brendan Hughes). Et puis, il y a cette révélation finale concernant Harker, qui fait sombrer ce sixième épisode dans les affres du nanar, avec un maquillage assez risible, je ne vous dévoilerai pas son identité même si elle se devine en réalité. Au final, il ne se passe pas grand-chose dans ce film, le rythme est aux abonnés absents, c’est assez mou et soporifique. Le scénario a tenté d’innover un peu mais ça reste raté quand même...   

ECHEC ET MORT

 

ECHEC ET MORT
(Hard to Kill)

Réalisateur : Bruce Malmuth
Année : 1990
Scénariste : Steven McKay
Pays : USA
Genre : Policier, action
Interdiction : /
Avec : Steven Seagal, Kelly LeBrock, William Sadler, Frederick Coffin...


L'HISTOIRE : Pour avoir enregistré une conversation compromettante entre un mafioso et un député, le détective Mason Storm et sa femme sont abattus par deux policiers corrompus. Laissé pour mort, Storm reste sept ans dans le coma. Lorsqu'il en sort, un tueur arrive à l'hôpital pour l'achever mais parvient à échapper à l'exécution grâce à une infirmière chargée de ses soins, Andy Stewart. Après avoir récupéré et retrouvé ses forces, Storm se met en quête de se venger en retrouvant les responsables...

MON AVIS : En 1988, on découvrait Steven Seagal - expert en aikido, possédant la ceinture noire 7ème dan et premier américain à être professeur dans un dojo d'aikido - dans le film Nico d'Andrew Davis. Avec ce premier film, il fait déjà forte impression, avec ses cheveux noir de jais tirés en arrière et sa queue de cheval, mais aussi lors des scènes de bagarre ou sa technique de l'aikido impressionne et apporte une touche de nouveauté dans le cinéma d'action US. Deux ans plus tard, on le retrouve dans Echec et Mort de Bruce Malmuth, le film pour lequel il a Kelly LeBrock en partenaire féminine. L'actrice, qui a fait sensation dans Une Créature de Rêve, deviendra sa femme. Si Echec et Mort se laisse tranquillement regarder et bénéficie d'une dernière demi-heure assez explosive, enchaînant bagarres et gunfights bien chorégraphiés, la première heure se montre plus poussive et passionne moins. Une fois la séquence introductive terminée, laissant le personnage campé par Seagal dans un état critique, le film prend son temps pour développer la relation naissante entre son infirmière et lui, tout en mettant en avant le système politique corrompu qui a fait que Seagal soit dans le coma durant sept ans. Une fois réveillé, notre monolithique acteur va devoir se dévérouiller après ses sept ans de coma et on aura droit aux scènes classiques d'entraînement, typique du ciné d'action 80's. Il pourra compter sur Kelly LeBrock bien sûr pour l'aider à se remettre physiquement sur pied, si vous voyez ce que je veuxc dire. Reste que notre Steven Seagal, il a une mission à mener : se venger et venger la mort de sa femme, massacrée par des flics ripoux à la solde du gouverneur véreux du coin. Tout ça prendra donc une bonne heure un peu anémique, jusqu'au déferlement de violence finale, qui, lui, vaut le coup d'oeil, surtout que Seagal balance des répliques savoureuses et pas piqué des hannetons, qui font mouches et nous font bien sourire. Si le talent d'acteur de Seagal n'a jamais été sa marque de fabrique, il s'en sort tout de même assez bien ici. Voilà donc un petit polar 90's qui possède la patine de son époque, qui s'avère plaisant et distrayant mais dont on ressort tout de même avec une petite pointe de frustration du fait de son manque de nervosité durant la première heure. Les répliques cinglantes compensent tout de même cette petite fébrilité rythmique...  


BODY TRASH


BODY TRASH
(Body Melt)

Réalisateur : Philip Brophy
Année : 1993
Scénariste : Philip Brophy, Rod Bishop
Pays : Australie
Genre : Horreur, Gore
Interdiction : -16 ans
Avec : Gerard Kennedy, Andrew Daddo, Ian Smith, Regina Gaigalas...


L'HISTOIRE : Une nouvelle vitamine est testée en secret sur les habitants d’une petite ville australienne, alors que les précédents tests se sont révélés mortels. Le chercheur qui a découvert la molécule tente de donner l’alerte, mais, contaminé, il décède dans des circonstances atroces. Deux policiers mènent l’enquête, tandis que mutations, effets secondaires violents et hallucinations se multiplient dans la population...

MON AVIS : Le cinéma australien a toujours fait figure de vilain petit canard irrévérencieux et ce n'est pas Body Trash, titre français de Body Melt, qui viendra contredire cet état de fait. Avec ses visuels détonnants, le film de Philip Brophy se range généralement dans la catégorie Gore. Et au vu de ses effets spéciaux dégoulinants, ça lui va plutôt bien. Mais attention tout de même ! Les amateurs de barbaque et de tripailles s'attendant à ce que ça gicle du début à la fin pourront ressortir déçus de leur vision du film, tant ce dernier mixe plusieurs univers et joue dans divers registres, qui font que, dans la grande majorité du temps, le gore est aux abonnés absents. Par contre, quand il est présent à l'écran, ça fait le job, avec de grosses influences façon Ré-animator ou Street Trash, notamment lors du final qui évoque clairement le classique de Jim Muro quant aux couleurs fluos qui giclent des corps en folie. Les effets visuels sont de bonne qualité et versent dans le trash déjanté, avec un placenta tentaculaire qui explose le ventre de sa génitrice, des sortes de vers qui pénètrent dans la gorge et le nez, une langue qui n'en finit plus de grossir dans la petite bouche de son hôte ou des corps qui fondent et se liquifient entre autres. De quoi satisfaire le public venu assister à ce que le film promettait. Mais voilà, Philip Brophy a des choses à revendiquer et il les expose longuement dans Body Trash, à travers le destin de plusieurs personnages : le célibataire, les deux ados, le sportif, le couple avec la femme enceinte ou les inspecteurs de police par exemple. Brophy veut principalement mettre en avant l'idiotie du culte du corps, pointant du doigt les personnes absorbant des pillules à foison pour refaçonner leur corps, afin de se fondre dans le moule. Il passe à la moulinette les couples parfaits mariés depuis peu, les pulls en laine, les livres de prénoms à donner aux bébés, les cours d'aérobic, les véhicules à quatre roues motrices, les lotissements fraîchement sortis de terre et par tout ce qui se rapporte à des modes de vie complaisants. Eh ben, il en a des revendications le Philip Brophy ! Voulant tourner en dérision la prise de substances affectant le corps humain lui-même, il décide de créer une vitamine dont les effets secondaires sont catastrophiques pour qui en ingère, avec trois phases de détérioration : hallucinations / dysfonctionnement des organes / liquéfaction du corps ! Et bien sûr, il pointe aussi du doigt les laboratoires qui vendent ces produits sans réellement se soucier de leurs effets néfastes ! En clair, Body Trash joue dans la cour du Body Horror si cher à David Cronenberg. Sur le papier, ça donne clairement envie. Un peu moins à l'écran. Dans un lotissement caricatural façon Edward aux mains d'argent, les protagonistes principaux vivent leur vie monotone et on a souvent l'impression de suivre une sorte de film à sketches, passant de l'un à l'autre avec un ennui poli. Les scènes avec les deux ados donneurs de sperme m'ont paru interminables par exemple. Ils débarquent dans une ferme isolé pour s'approvisionner en essence et se retrouvent en compagnie d'une famille de bogans, l'équivalent des rednecks américains. Dents pourris, consanguinité, enfants débiles et femme à la masculinité prononcée vont sévir auprès des deux ados et on a la facheuse impression d'être dans un autre film que celui qu'on suivait au début. Alors oui, c'est irrévérencieux, trash aussi, mais comme déjà dit, ça donne l'aspect d'être un sketch qui n'a pas vraiment de lien avec l'histoire principale et qui ne sert qu'à atteindre une durée correcte de film. Personnellement, je ne comprends pas trop l'utilité de ce (long) passage avec les deux ados au sein de ce film-ci. Dans un pur film de rednecks, ça serait nettement plus efficace. Idem pour les séquences avec les deux policiers, qui ne font guère avancer le schilmblick et ne servent finalement que de fil conducteur entre le récit des divers personnages. Avec sa structure plus que bancale, Body Trash ne coche pas toutes les cases et cette satire comico-gore risque de déstabiliser le public, trop alléché par les images gore qui circulent dans les magazines ou sur le net. Comme tout film australien, ça reste une expérience hors norme, à part, et ça interpelle autant que ça déboussole. A voir pour ses séquences à effets spéciaux, qui valent le détour.

* Disponible en combo DVD + BR  chez RIMINI EDITIONS
* Master HD
* Édition collector limitée
* Boîtier Digipack 3 volets avec étui
BONUS :
- livret écrit par Marc Toullec (24 pages)
- Body Horror et Fitness au pays des kangourous » (16’)


TICKS

 

TICKS
(Ticks)

Réalisateur : Tony Randel
Année : 1993
Scénariste : Brent Friedman
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Seth Green, Rosalind Allen, Ami Dolenz, Alfonso Ribeiro...


L'HISTOIRE : Des adolescents à problèmes de Los Angeles se joignent à un projet de réadaptation en milieu naturel et tentent de renouer avec les priorités de la vie, sous la direction d'Holly et de Charles, leurs moniteurs. Lorsqu'ils arrivent au camping, ils ont du mal à s'adapter à la vie sauvage et quelques tensions naissent entre eux. Ils ignorent que la région sert de base à des cultivateurs de marijuana qui utilisent des stéroïdes pour accélérer la croissance des plantes. Une fuite de liquide stéroïdien contamine des tiques qui se mettent à muter et à devenir particulièrement agressives. Elles vont attaquer le petit groupe...

MON AVIS : Le réalisateur Tony Randel est principalement connu pour avoir mis en scène Hellraiser 2 - les écorchés en 1988, la suite du film culte de Clive Barker. Il réalise ensuite Les Enfants des Ténèbres en 1991 puis Amityville 1993  - Votre heure a sonné en 1992 et North Star - la légende de Ken le survivant en 1995. C'est en 1993 qu'on le trouve derrière la caméra de Ticks, qui recueille un joli succès lors de son exploitation en vidéo. Avec ce film - et comme son titre l'indique - il choisit de mettre en vedette ces saletés de bestioles avides de sang qu'on retrouve sur nos amis canins et qui peuvent également provoquer la maladie de Lyme chez les humains. Bien sûr, vu la taille extrêmement réduite d'une tique, il fallait trouver une astuce pur les rendre intéressante à l'écran. Rien de plus simple que de les faire muter via une substance chimique et c'est la solution qui est retenue ici, via un liquide contenant des stéroïdes. Nos minuscules bébêtes vont donc voir leur taille augmenter de manière exponentielle, ce qui sera bien plus amusant pour le public et permettra aux équipes d'effets-spéciaux de s'amuser tout autant à manipuler leurs bestioles et à les faire attaquer l'ensemble du casting ! Parmi celui-ci, on reconnaîtra aisément Seth Green, qui deviendra célèbre quelques années plus tard en devenant acteur récurrent dans Buffy contre les Vampires ou Alfonso Ribeiro qui jouait dans Le Prince de Bel-Air. Film d'attaque animale typique, Ticks est un pur produit 90's dont le seul but est de divertir et de mettre en avant ses effets-spéciaux tout en gratifiant le spectateur de quelques scènes gore amusantes. Tiques se déplaçant sous la peau, victimes au visage déformé et ensanglanté, piqûre sanguinolente et, cerise sur le gâteau, une monstrueuse tique géante s'extirpant d'un corps humain lors d'un final qui en donne pour son argent au public ! Dommage d'ailleurs que le film ne décolle vraiment que vers la fin et que toute la première heure recycle tous les clichés possibles et inimaginables. On a la bande d'ados à problème, avec le garçon timide qui deviendra le héros, le noir qui se la joue racaille, la bimbo fainéante, le portoricain macho, l'asiatique muette et j'en passe. On a aussi les rednecks qui reluquent les adolescentes. On sait d'office quel personnage va y passer et quel autre va faire partir des survivants. On a la séquence classique de l'invasion de tiques dans une cabane. Bref, pas grand chose de neuf à se mettre sous la dent et niveau originalité, on repassera. Reste donc l'animation à l'ancienne des tiques, qui sont franchement bien faites et qui courent et grimpent partout à une vitesse soutenue, des effets gore bien fun et donc un dernier quart d'heure qui fait dans la débauche d'effets-spéciaux et qui s'avère assez jubilatoire. Ticks, une petite série B sympa, pas forcément inoubliable de par ses défauts, mais qui a quelques arguments à faire valoir !

  

TAMMY AND THE T-REX

 

TAMMY AND THE T-REX
(Tammy and the T-Rex)

Réalisateur : Stewart Raffill
Année : 1994
Scénariste : Stewart Raffill, Gary Brockette
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Science-fiction, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Denise Richards, Paul Walker, Ellen Dubin, Terry Kiser...


L'HISTOIRE : Tammy est amoureuse de Michael mais leur relation est compliquée à cause de Billy, l'ex de Tammy qui refuse de la voir dans les bras d'un autre. Pour se venger d'une altercation, Billy kidnappe Michael et le laisse seul au milieu d'un parc dans lequel les animaux sauvages sont en liberté. L'adolescent est attaqué par un lion et emmené à l'hôpital. Dans le coma, l'établissement fait appel au docteur Wachenstein, qui s'empare du corps de Michael dans un tout autre but que de le sauver. Il va en effet transplanter le cerveau du garçon dans le crâne de son dinosaure en animatronique ! L'opération réussie et le Tyrannosaure se voit doté de la conscience de Michael. Parvenant à s'échapper du laboratoire, le dinosaure va tenter de retrouver Tammy...

MON AVIS : Vous avez bien lu, vous ne rêvez pas, vous n'êtes pas dans la quatrième dimension. Ce film au scénario totalement what the fuck ?! provient d'une opportunité donnée au réalisateur, à savoir pouvoir se servir durant deux semaines d'un dinosaure en animatronique avant que ce dernier ne soit envoyé dans un parc d'attraction. Un défi qui ne fait pas peur à Stewart Raffill, metteur en scène de Philadelphia Experiment, Les Guerriers des étoiles ou Mac et Moi, qui va donc saisir cette occasion et réaliser un véritable ovni cinématographique, écrivant le scénario au fur et à mesure des jours de tournage avec son scénariste Gary Brockette, pour un résultat assez surprenant et plutôt réussi au final ! Forcément, avec un tel sujet et pas beaucoup de budget, il ne faut pas s'attendre à un remake de Jurassic Park, sorti l'année précédente. L'option comédie délirante et farfelue est donc retenue, ce qui s'avère en effet être la meilleure option car le dinosaure en animatronique est assez rigide en plus de ça. Pour interpréter Michael, qui verra donc son cerveau atterrir dans le crâne métallique du T-Rex, c'est le tout jeune Paul Walker qui est sélectionné, oui, oui, la star de Fast and Furious. Il a bien de la chance puisque sa fiancée folle amoureuse dans le film ne sera autre que la sublime Denise Richards, qui trouve ici son premier rôle principal pour ce qui est sa seconde apparition dans un film. Un duo vraiment charmant et qui fonctionne du tonnerre, bien mieux que le dinosaure en tout cas. Une fois que le monstre préhistorique se voit doté du cerveau de Michael, lors d'une séquence bien gore car oui, Tammy and the T-Rex se montre aussi généreux dans ce domaine, c'est parti pour le grand n'importe quoi jubilatoire, qui voit donc Denise Richards faire les yeux doux à un monstre de plus de 3m de haut et pas franchement très sexy ! Oui mais elle est toujours amoureuse de Michael, et ce, quelque soit son apparence ! C'est beau l'amour ! Le film aligne les séquences hallucinantes de surréalisme mais l'ambiance est tellement fun qu'en fait, ça passe tout seul si on accepte le délire proposé. Le reste du casting est tout aussi sympa, que ce soit Terry Kiser qui joue le savant fou, Ellen Dubin dans le rôle de son assistante au décolleté plongeant ou  bien encore l'équipe de policiers pieds-nickels entre autres. Voir Denise Richards dans une superbe rouge rouge chevaucher le T-Rex est un grand moment, les morts violentes provoquées par la bestiole jouent avec le gore bon enfant, l'amputation du cerveau de Paul Walker est jubilatoire, bref, Tammy and the T-Rex avait tout du navet en puissance et se transforme en nanar hautement sympathique au final, qui à en plus la bonne idée de se terminer par un strip-tease sexy de mademoiselle Richards ! Vous voulez vous marrer, ce film est fait pour ça ! A noter qu'au départ du projet, et même dans le générique de fin, le personnage de Denise Richards est nommé Tanny avec 2N et on ne sait pourquoi c'est devenu Tammy, avec 2M... 

 

LA NUIT DÉCHIRÉE

 

LA NUIT DÉCHIRÉE
(Sleepwalkers)


Réalisateur : Mike Garris
Année : 1992
Scénariste : Stephen King
Pays : USA
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Brian Krause, Mädchen Amick, Alice Krige, Cindy Pickett, Frank Novak...


L'HISTOIRE : La troublante Mary Brady et son fils Charles s’installent discrètement à Travis, une tranquille petite localité de l’Indiana. Des nouveaux résidents semble-t-il ordinaires sauf que, cette fois, les apparences sont trompeuses : ces deux-là sont les derniers représentants de la race des félidés, des créatures monstrueuses qui ne peuvent survivre qu’en buvant le sang des vierges. Très vite, Charles Brady jette son dévolu sur Tanya Robertson, une belle lycéenne à laquelle il prend le risque de révéler sa véritable nature…

MON AVIS : Oui, je sais que La Nuit Déchirée n'est pas un chef-d'œuvre, loin de là. Pourtant, j'aime beaucoup ce film de Mike Garris, que j'ai été voir trois fois au cinéma lors de sa sortie en 1992. Oui, trois fois. La faute au groupe Enya et son superbe titre Boadicea qui accompagne l'introduction et le générique final du film. Un thème mélancolique, poétique, qui vous transporte dès les premières notes. Issu de l'imagination de Stephen King, qui signe ici un scénario original qui ne provient d'aucun de ses romans ou de ses recueils de nouvelles, La Nuit Déchirée nous présente une race en voie d'extinction, les Félidés. Des créatures polymorphes, qui peuvent dissimuler leur apparence de gros monstres félins sous une enveloppe humaine tout à fait banal. Pour survivre, ils ont besoin de se nourrir de l'énergie vitale de vierges. Et ils n'ont qu'un seul type de prédateurs : les chats ! Des Félidés, il n'en reste plus que deux : Mary et son fils Charles, joués respectivement par Alice Krige et Brian Krause, ce dernier étant plus connu pour son rôle de Leo dans la série Charmed. Devant sans cesse quitter les villes où ils commettent des meurtres pour se nourrir, les voilà qui s'installent dans la petite ville de Travis. Les chats errants semblent attirer par leur présence et Mary n'a de cesse d'installer des pièges dans le jardin. Devant prochainement se nourrir, Mary charge son fils de trouver une jeune vierge. Charles jette son dévolu sur la jolie Tanya, qui est en cours avec lui. Tanya, c'est l'actrice Mädchen Amick, star de la série Twin Peaks bien sûr et qui est, dans le film de Mike Garris, absolument craquante et ravissante. Si le début de La Nuit Déchirée est relativement sérieux, le film va ensuite bifurquer dans la série B foutraque, à grand coup de morphing, certes pas toujours réussie (la technique commençait à se développer) et de maquillages caoutchouteux qui font que certains n'hésiteraient pas à qualifier le film de nanar ! Ce qu'il n'est pas pour ma part. Avec ses effets gore qui n'hésitent pas à en faire trop et ses deux monstres improbables, La Nuit Déchirée fait dans le décomplexé et ne s'embarrasse pas d'une quelconque crédibilité, misant sur le divertissement festif avant tout, à l'image de cette séquence purement gratuite dans laquelle quelques têtes bien connues comme celle de Stephen King, Tobe Hooper, Clive Barker, John Landis ou Joe Dante viennent faire un petit caméo. On a même Mark Hamill qui passe faire un coucou et Ron Perlman qui s'amuse à jouer les officiers de police. Certaines séquences mettant en scène des dizaines de chats sont très réussies et les mésaventures de Mädchen Amick, qui pensait avoir trouvée le prince charmant en la personne de Charles ne manqueront pas de vous ravir si vous savez à quoi vous attendre. La relation incestueuse à laquelle se livrent nos deux Félidés est parfois malaisante mais dans l'ensemble, le film de Mike Garris ne cherche pas à effrayer mais à divertir sans prise de tête et c'est peut être en ça que La Nuit Déchirée fonctionne aussi bien sur moi et sur ses admirateurs. Pour sa première collaboration avec Stephen King, le réalisateur de Critters 2 et Psychose 4 s'en tire plutôt bien, ce qui explique que cette collaboration entre les deux hommes a été maintenue pendant des années par la suite. Pour ma part, j'ai encore grandement apprécié cette nouvelle vision de La Nuit Déchirée, qui ne sera pas la dernière assurément.   


* Disponible en DVD et BR chez BQHL