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BODY SNATCHERS

 

BODY SNATCHERS
(Body Snatchers)


Réalisateur : Abel Ferrara
Année : 1993
Scénariste : Stuart Gordon, Nicholas St. John, Dennis Paoli
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Gabrielle Anwar, Meg Tilly, Terry Kinney, Reilly Murphy, Christine Elise...


L'HISTOIRE : Marti Malone se rend avec son père, sa belle-mère et son petit frère Andy dans une base militaire en Alabama. Le père de Marti, chimiste de profession, doit faire des tests sur les produits toxiques entreposés dans la base. Après avoir fait connaissance avec Jenn, la fille du commandant, et Tim, un pilote d'hélicoptère, Marti se rend compte que quelque chose de bizarre se déroule à la base, parmi les résidents. Son petit frère ne cesse de répéter que ce n'est plus sa mère qui vit dans leur maison et certains voisins sont emmenés de force par la police militaire durant la nuit...

MON AVIS : Il est assez étonnant de retrouver Abel Ferrara aux commandes de Body Snatchers en 1993. Après The King of New York et Bad Lieutenant, l'enfant terrible d'Hollywood se voit confier un projet qu'on pourrait presque qualifier d'anecdotique au sein de sa filmographie si controversée. Sous l'égide de la Warner, Ferrara se voit donc confier la mission de mettre en scène une nouvelle adaptation du roman de Jack Finney, L'invasion des Profanateurs. Un roman de science-fiction paru en 1955 et qui a déjà fait l'objet de deux adaptations cinématographiques : une en 1956 avec L'invasion des Profanateurs de Sépultures de Don Siegel et une en 1978 avec L'invasion des Profanateurs de Philip Kaufman. 15 ans plus tard, voici donc Body Snatchers. On pensait que Ferrara allait peut-être vouloir en faire encore plus que ses deux prédécesseurs dans le domaine du spectaculaire mais en fait, pas du tout. Ce qui frappe avant tout quand on visionne le film, c'est son aspect immédiat, son efficacité, sans jamais en faire trop. Bien conscient que les amateurs de cinéma fantastique connaissent déjà l'histoire et les deux films précédents, Ferrara ne s’embarrasse pas d'effets superflus ou d'effets de style imposants. Avec une mise en scène sobre et une durée de 87 minutes et des poussières, Body Snatchers est un petit modèle de série B 90's, concise, sans temps morts. Avec pour cadre de l'action l'enceinte d'une base militaire, le réalisateur place ses protagonistes principaux dans une enclave déjà un peu anxiogène, la liberté de déplacement étant soumise à des règles strictes et à l'autorité militaire. La jeune adolescente Marti, interprétée par la ravissante Gabrielle Anwar (j'ai été voir le film trois fois au cinéma à l'époque rien que pour elle), est une ado comme les autres : elle doit gérer une situation familiale difficile, avec un père souvent absent (Terry Kinney), une belle-mère qu'elle n'apprécie pas trop (Meg Tilly) et un petit frère qui réclame de l'attention (Reilly Murphy). Ballottée de ville en ville de part le travail de son paternel, elle n'a que peu d'occasion de se poser ou d'avoir des amis. Par petites touches, Ferrara place des indices sur ce qui attend la jeune fille et sur ce qui se passe dans la base : que contiennent ses sacs poubelles que les habitants apportent aux éboueurs chaque matin ? Pourquoi la police militaire vient embarquer avec force des militaires de chez eux, sans que le reste de leur famille ne tente d'intervenir ? A quoi servent ces curieux cocons que lesdits militaires extraient du lac avoisinant ? Pourquoi le petit Andy est persuadé que sa mère n'est pas sa "vraie" mère, après avoir vu le corps de cette dernière se décomposer sous ses yeux, alors qu'elle est bien là, devant lui ? Bien sûr, si vous connaissez le roman de Finney ou si vous avez vu les films de 1956 et 1978, vous savez à quoi vous attendre au final. Le remplacement des militaires et de leurs familles par des extra-terrestres ayant pris leurs exactes apparences est bien présent dans Body Snatchers, comment pourrait-il en être autrement d'ailleurs ? Cette transformation a lieu durant le sommeil des futures victimes, à l'aide des fameux cocons que les militaires ayant déjà subit un remplacement mettent discrètement sous les lits ou dans des endroits propices au repos chez les nouveaux arrivants. La scène de la baignoire, avec Marti qui sombre dans le sommeil, met bien en avant le processus, peu ragoutant il faut bien l'avouer, avec ces espèces de filaments qui rentrent dans le nez, la bouche de la victime et qui pompent son énergie pour recréer un clone parfait. Une fois le processus terminé, le clone n'a plus qu'à mettre les résidus poussiéreux de son hôte dans un sac poubelle ! Heureusement, si vous vous réveillez au cours du processus, celui-ci est stoppé. Ce sera le cas avec Marti, heureusement. Plus on avance dans le film, plus le réalisateur joue avec la paranoïa et nous fait douter, ne sachant plus vraiment si on est en présence d'un humain ou de son clone. Le fameux cri d'alerte des clones pour avertir leurs semblables de la présence d'un humain est aussi de la partie et n'a pas à rougir avec ses prédécesseurs, surtout quand c'est Meg Tilly qui le scande, avec force et détermination ! Franchement, pour un simple produit de commande, Abel Ferrara a fait du très bon boulot et Body Snatchers est un vrai plaisir de fantasticophile, cette nouvelle vision venant à nouveau le confirmer en ce qui me concerne ! Le film est parfois mal aimé mais il mérite bien mieux que la relative indifférence dans lequel il est enfermé. Une quatrième adaptation verra le jour en 2007 sous le titre Invasion, avec Daniel Craig et Nicole Kidman.

          

THE KING OF NEW YORK

 

THE KING OF NEW YORK
(King of New York)


Réalisateur : Abel Ferrara
Année : 1990
Scénariste : Nicholas St. John
Pays : Etats-Unis, Italie
Genre : Policier
Interdiction : -16 ans
Avec : Christopher Walken, David Caruso, Laurence Fishburne, Janet Julian...


L'HISTOIRE : A New York, Frank White, un gangster impitoyable aux méthodes expéditives, sort de prison. Il décide rapidement de reconquérir son territoire, le Bronx, et d'étendre son empire en reprenant le contrôle total du trafic de drogue sur la métropole. Appuyé par son second, Jimmy, il élimine un à un ses rivaux. Mais cet archange de la pègre a surtout un rêve : fonder un hôpital pour les plus démunis. Une ambition qui le fait surnommer par la presse comme «le roi de New York» et lui confère une stature de tout-puissant qui excède un groupe de policiers, dirigé par Bishop, jurant de l'abattre quitte à enfreindre la loi... 

MON AVIS : Après sa mésaventure en 1984 au sein d'un grand studio quand il réalisa New York 2h00 du Matin, Abel Ferrara s'éloigne pour un temps du milieu du cinéma, tourne quelques épisodes de séries-télévisées, un téléfilm puis fait son retour en 1987 avec une variation moderne de Romeo et Juliette, China Girl. En 1989, il réalise Cat Chaser que je ne connais pas du tout. Et puis, en 1990, il tourne l'un de ses films les plus célèbres, The King of New York, qui se paye le luxe d'entrer directement dans la panthéon des meilleurs films de mafia, au côté du Parrain; de Scarface ou des Affranchis en ce qui me concerne. Avec un Christopher Walken totalement impérial, sidérant et impressionnant en grand caïd de la pègre, avec des scènes de violence brute de décoffrage qui ne font pas dans la dentelle, avec sa galerie de personnages atypiques, parmi lesquels on retrouve des gueules telles David Caruso, Laurence Fishburne, Wesley Snipes, Victor Argo ou la belle Janet Julian entre autres, avec ses gunfights, courses-poursuites et règlements de compte sans concession, avec ses dialogues percutants, avec sa mise en scène impeccable qui nous plonge littéralement au cœur de l'action, The King of New York embarque le spectateur pour ne plus le lâcher, impose son style, son rythme, sa frénésie et parvient même à faire de son anti-héros un personnage attachant. Car derrière sa façade de gangster pur et dur, qui n'hésite pas à éliminer tous ceux qui le gênent, Frank White à un véritable projet humanitaire : récolter suffisamment d'argent avec son business pour financer la création d'un nouvel hôpital dans le Bronx et faire que les plus démunis puissent accéder aux soins de qualité ! Un gangster avec du cœur et qui utilise des méthodes de voyou pour faire le Bien ? C'est toute la contradiction de ce protagoniste charismatique, auquel Christopher Walken donne corps et âme dans une interprétation magistrale, avançant tel un ange déchu dans les froideurs des ténèbres pour tenter de faire jaillir la lumière. Et ce, quel que soit les moyens à utiliser. La notion de Bien et de Mal se trouve au centre du film, tout comme la notion de rédemption également, et Ferrara inverse mêmes les tendances en faisant d'une brigade de flics, dépités de voir comment Frank White acquiert renommée et puissance jusqu'à devenir le roi de New York, des individus utilisant les mêmes méthodes que le milieu pour parvenir à leurs fins et mettre hors d'état de nuire celui qu'ils considèrent comme l'ennemi numéro 1 ! Tous les personnages du film vont vivre une descente aux Enfers qui ne connaîtra aucune échappatoire. Tragique, noir, cruel, désespéré, sombre, violent, The King of New York est un petit bijou qui choqua en son temps de par sa crudité et ses thématiques. Devenu un film culte, il fait désormais partie des films majeurs qui font qu'on aime le cinéma.  


L'ANGE DE LA VENGEANCE


L'ANGE DE LA VENGEANCE
(MS.45, Angel of Vengeance)


Réalisateur : Abel Ferrara
Année : 1981
Scénariste : Nicholas St. John
Pays : Etats-Unis
Genre : Rape and Revenge, Drame, Vigilante
Interdiction : -12 ans
Avec : Zoë (Tamerlis) Lund, Albert Sinkys, Darlene Stuto, Helen McGara, Peter Yellen


L'HISTOIRE : Thana est une jeune fille muette, timide et réservée, qui travaille dans un atelier de couture. En rentrant chez elle, elle se fait violer par un inconnu dans une ruelle sombre. De retour dans son appartement, elle surprend un voleur qui va lui aussi la violer mais elle parviendra à lui échapper et le tuera. Ayant découpé son corps en plusieurs morceaux, Thana va chaque jour disperser les bouts de cadavres emballés dans des sacs poubelles. Le choc émotionnel des deux viols et du meurtre va également avoir une lourde conséquence sur sa vie : ne supportant plus la gente masculine, Thana va assouvir sa vengeance nuit après nuit, aidée du pistolet calibre 45 qu'elle a pris au voleur. Les rues de New-York vont devenir le nouveau territoire de jeu de cette ange de la vengeance...

MON AVIS : En 1981, soit deux ans après Driller Killer, Abel Ferrara passe à la vitesse supérieure avec le culte L'Ange de la Vengeance, film choc que les ligues féministes extrémistes doivent se repasser en boucle, le slogan présent sur certaine affiche originale, ça ne va plus être longtemps un monde d'hommes, devant fièrement trôner dans leur salle de réunion ! La maturité dont fait preuve le réalisateur au niveau de sa mise en scène fait des merveilles, là où son film précédent se cherchait encore et revêtait parfois une approche un peu expérimentale et brouillonne, malgré des fulgurances visuelles bien présentes. Ici, tout est fluide, net, direct, sans bavure ni lourdeur, tel un uppercut que le public se prend en pleine face. Je ne sais pas si c'est le succès mondial du film Un Justicier dans la Ville avec Charles Bronson qui a inspiré Ferrara pour ce film, ou bien encore le traumatisant Œil pour Œil de Meir Zarchi (1978), toujours est-il que L'Ange de la Vengeance est le parfait mélange des deux, un rape & revenge mixé avec un vigilante movie qui procure un indéniable plaisir jubilatoire, vision après vision. L'actrice qui interprète le rôle difficile de Thana, cette jeune muette victime d'un double-viol et qui va devenir un ange exterminateur arpentant les rues de New York pour dézinguer du mâle avec son pistolet de calibre 45, se nomme Zoë (Tamerlis) Lund et elle n'avait que 17 ans à l'époque du tournage. C'est assurément le rôle de sa vie, elle n'a d'ailleurs pas fait une grande carrière par la suite, sa filmographie ne comprenant que dix entrées, dont quelques épisodes de séries-télévisées. Elle rédigera néanmoins le scénario de Bad Lieutenant pour Ferrara en 1992 et jouera un petit rôle dedans. C'est étonnant tant l'actrice dégage un charme, une assurance, un charisme indéniable, que ce soit en tant que victime ou en tant que pourfendeuse du machisme. Tout le film repose sur ses frêles épaules et on ne peut nier que le choix du réalisateur s'avère plus que payant. Véritablement sordide, le destin de cette malheureuse employée d'un atelier de couture, qui est muette donc, ce qui rajoute à sa grande timidité, va bifurquer dans la folie après qu'elle ait subit deux viols dans un très court intervalle et dans la même journée. Son mutisme est une aubaine pour les violeurs évidemment. Si le premier viol dans une ruelle par un homme masqué (Abel Ferrara lui-même) est présenté de manière assez rapide, le second s'attarde plus sur les expressions de visage du violeur et de la violée, et provoque un certain malaise. On a envie que Thana en réchappe, et Ferrara nous donnera satisfaction, le violeur étant tué à coup de fer à repasser. Malheureusement, deux viols et un meurtre ne peuvent qu'avoir une répercussion négative sur le psychisme de la victime. Thana se renferme encore plus sur elle et ne supporte plus le regard des hommes, ne supporte plus les contacts avec la gent masculine. Le réalisateur en rajoute dans l'abjecte en faisant démembrer le violeur par son héroïne, unique moyen pour elle de se débarrasser du corps. Petit à petit, Thana prend de l'assurance, s'endurcit, se transforme. De jeune fille ultra-timide, craintive, elle devient une femme méthodique, posée, sur d'elle. Elle s'habille en femme séduisante, met du rouge à lèvres pour attirer le regard des hommes. Cette métamorphose s'effectuant sur une base malsaine, notre jeune chrysalide, au lieu de devenir un gentil papillon, va se muer en mante religieuse implacable et déterminée à faire que ce qu'elle a vécu ne se reproduise plus. La solution : éradiquer la gent masculine, sans réel distinction. Pour Thana, tout homme représente un potentiel danger. Armée du pistolet calibre 45 du second violeur, elle va chasser, traquer les mâles un peu trop engageant, les attirant par ses tenues provocantes et sexy, son maquillage, pour mieux les abattre froidement. La scène du parc, dans laquelle Thana est au milieu de cinq hommes menaçants, voyous de seconde zone dont les intentions vis à vis d'elle semblent claires, est mise en scène avec un réel brio. Malgré son aspect malsain, L'Ange de la Vengeance possède tout de même un peu d'humour, représenté par cette voisine exubérante et le petit chien de cette dernière, auquel Thana n'hésite pas à donner des morceaux du cadavre qu'elle a passé à la moulinette en guise de repas ! Jamais ennuyeux, le film progresse à son rythme, hypnotisant le spectateur avec sa bande sonore et son saxophone criard et va se conclure sur une séquence anthologique, qui nous rappelle celle du final de Carrie au bal du Diable. Motivé par son patron et ses collègues, Thana accepte d'aller à une fête d'Halloween organisée par le salon de couture où elle travaille. On sait que Ferrara est très croyant et que la Foi et la religion font parties intégrantes de ses films. Il revêt donc Thana d'un costume de nonne et envoie son ange vengeresse accoutrée de la sorte pour le plus grand plaisir des fans de cinéma Bis qui écarquillent grand les yeux devant cette sublime beauté portant bas et porte-jarretelles sous son habit de bonne sœur ! Devant le jeu ambigu de son patron, qu'on pense pourtant être homosexuel, Thana sombre alors dans une furie dévastatrice et exécute implacablement les hommes présents à la fête, le tout filmé au ralenti pour un rendu proprement hallucinant, quasi onirique. Une séquence mythique, qui mérite à elle seule la vision de ce petit classique qui n'a rien perdu de sa force et de son intensité. L'empathie que Ferrara offre à son héroïne, malgré ses agissements, se ressent dans chaque image, chaque plan qu'il filme d'elle. Film emblématique dans la filmographie du réalisateur, L'Ange de la Vengeance remue les tripes et s'avère sans concession. Incontournable.



NEW YORK 2H00 DU MATIN

 

NEW YORK 2H00 DU MATIN
(Fear City)

Réalisateur : Abel Ferrara
Année : 1984
Scénariste : Nicholas St. John
Pays : Etats-Unis
Genre : Policier, Thriller
Interdiction : -16 ans
Avec : Tom Berenger, Billy Dee Williams, Jack Scalia, Mélanie Griffith, Janet Julian...

L'HISTOIRE : Ancien boxeur ayant arrêté suite au décès d'un adversaire, Matt Rossi s'est reconverti avec son meilleur ami Nicky Parzeno dans la gestion de strip-teaseuses et tous deux alimentent les night-clubs new-yorkais. Le commerce marche bien, la clientèle est au rendez-vous et les filles sont bien traitées. La police surveille leur activité mais ne leur pose plus de problème que ça. Matt tente de se rabibocher avec Loretta, l'effeuilleuse-vedette des clubs, avec qui il a eu une liaison qui s'est mal terminée. La situation va se compliquer pour les deux amis quand un tueur en série s'en prend aux filles de leur réseau, créant des tensions au sein des diverses mafias gérant ce business lucratif...

MON AVIS : Après l'expérimental Driller Killer en 1979 puis l'excellent rape & revenge L'Ange de la Vengeance en 1981, l'indépendant Abel Ferrara se voit solliciter par un grand studio, la Twentieth Century-Fox, qui lui propose un budget nettement plus élevé pour mettre en chantier son troisième film, New York 2h00 du Matin en 1984. Un thriller sordide mais tout de même plus grand public, avec un casting plus prestigieux, composé de Tom Berenger, Billy Dee Williams, Mélanie Griffith, Rae Down Chong ou Janet Julian entre autres. Si l'argent est au rendez-vous, ça n'empêche pas Abel Ferrara de composer avec ce qu'il aime ni de se montrer provocateur. La ville de New York est bien sûr au premier plan, de même que ses quartiers les moins fréquentables, avec ses boites de strip-teases et ses night-clubs qui attirent la faune nocturne en mal de sensation. Il semblerait pourtant que la majorité du tournage a eu lieu à Los Angeles mais on n'y voit que du feu. Ce décor urbain sert de trame à l'histoire, qui, par certain aspect, peut faire penser au film Le Justicier de Minuit réalisé en 1983 par J. Lee Thompson. Dans ce dernier, un serial-killer traquait et tuait des femmes en se baladant à poil. Dans New York 2h00 du Matin, on est également en présence d'un tueur en série qui s'en prend aux strip-teaseuses, pratique les arts-martiaux entièrement nu et connaît très bien l'anatomie humaine, frappant ses victimes à des endroits bien précis. On ne connaîtra jamais le nom de ce tueur dans le film, l'acteur n'étant même pas crédité au générique ! Plus embêtant, ses motivations ne sont pas explicitement exposées même s'il ne faut pas être né de la dernière pluie pour les comprendre à partir des indices entrevus : on est face à un rédempteur qui veut éradiquer la perversion, l'obscénité, la dépravation et qui s'en prend donc au commerce du sexe, en frappant celles qui usent de leur corps pour gagner de l'argent, ce qui met dans l'embarras, par la même occasion, ceux qui les gèrent et travaillent dans cette industrie. Plus étrange, notre mystérieux tueur, adepte des arts-martiaux et de l'anatomie humaine, semble écrire un livre s'intitulant Fear City, qui est le titre original du film en passant. On aurait aimé en savoir plus sur l'écriture de cet ouvrage, sur le pourquoi du comment des actes de notre tueur mais Ferrara ne donnera pas plus d'explications. Dommage. Toujours est-il que le film se suit sans aucun souci, avec ses personnages forts et bien écrits, à l'image du protagoniste principal joué par Tom Berenger. Un homme qui possède un passé peu glorieux, qu'il ne cesse de ressasser dans son esprit et qui donne une vraie épaisseur au personnage. Un anti-héros qui tente de se racheter malgré ses activités dans le monde de la nuit, et qu'on prend en empathie de par ses actes, notamment envers la belle Loretta, strip-teaseuse interprété par la non moins charmante Mélanie Grifith, qui allait devenir une star avec son film suivant, le Body Double de Brian de Palma. Nul doute que ce dernier a été subjugué par l'actrice grâce au film de Ferrara. Il faut dire que Mélanie Griffith n'a pas froid aux yeux ici, et s'investit à fond dans son rôle, se dénudant lors d'un strip-tease torride, sans aucune gène. Ses fans seront aux anges à n'en point douter. Avec New York 2h00 du Matin, Ferrara utilise les codes du film noir 50's et les modernise d'habile manière : on a en effet tous les éléments du genre : intrigue policière, ville aux multiples dangers, la mafia, les femmes fatales, une menace tangible, un inspecteur badass (l'excellent Billy Dee Williams), des flashbacks sur le passé du héros et j'en passe. On appréciera le thème de la dualité qui émane du héros et du tueur : le premier ne veut plus entendre parler de la violence quand le second utilise cette dernière pour mener à bien sa croisade. La confrontation entre les deux hommes restent inévitables et aura lieu lors de la séquence finale. La thématique de la rédemption et la Foi, à travers la scène de l'Eglise, est également au rendez-vous. Pour sa première réalisation pour un grand studio, Abel Ferrara livre un thriller solide, avec de la violence et de la nudité, ce qui n'a pas franchement plus à la Twentieth Century-Fox (il s'attendait à quoi ?) qui a exigé de nombreuses coupes avant de carrément vendre les droits à un petit studio indépendant pour assurer la sortie en salle. Ce qui a profondément perturbé le réalisateur qui attendra 1987 avant de refaire un film pour le cinéma. Ce sera China Girl...



DRILLER KILLER

 

DRILLER KILLER
(The Driller Killer)

Réalisateur : Abel Ferrara
Année : 1979
Scénariste : Nicholas St. John
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Abel Ferrara, Carolyn Marz, Baybi Day, Harry Schultz, D.A. Metrov...

L'HISTOIRE : Reno Miller est un artiste-peintre qui tente désespérément de percer et de rempoter le gros lot avec un de ses tableaux. Il vit dans un appartement en compagnie de sa fiancée Carole et de l'amie de celle-ci, Pamela. En pleine création de sa nouvelle toile, Reno voit débarquer dans l'appartement du dessous un groupe punk qui va venir troubler la tranquillité du lieu de par leurs nombreuses séances de répétition. Peu à peu, Reno sombre dans une douce folie, se montre agressif envers Carole, ne supporte plus le succès du groupe punk ni les clochards qui hantent les rues de New York. Armé d'une perceuse, il sort certain soir pour massacrer des S.D.F...

MON AVIS : Faisant parti de la fameuse liste des Video Nasties, ces 72 films totalement interdits en Angleterre, Driller Killer possède une odeur de souffre et une petite réputation de film choc qui a évidemment intrigué et intéressé l'adolescent que j'étais dans les 80's, le visuel de la VHS n'étant pas anodin à la fascination exercée par le second long-métrage réalisé par Abel Ferrara. Pensez-vous : un tueur armé d'une perceuse électrique et d'une ceinture contenant des batteries pour la faire fonctionner, déambulant dans les rues de New York pour exterminer des clochards, il n'en fallait pas plus pour donner envie de visionner le film ! Et forcément, deux options interviennent : le film répond à nos attentes ou le film ne répond pas à nos attentes. Ou, troisième option : un peu des deux ! Honnêtement, si vous avez moins de vingt ans et que vous voulez du film d'horreur efficace et qui envoie du lourd, vous serez déçu par Driller Killer. Car Abel Ferrara, avec peu de budget, nous propose avant tout un drame humain, celui d'un artiste qui veut accéder à la gloire et se met à haïr tout ce qui représente l'échec, la désillusion. Les clochards, les S.D.F entrent dans cette catégorie pour lui, ce qui fait qu'il les prendra pour cible lors de ses accès de folie passager. Les quelques rares meurtres à la perceuse sont placés là pour pimenter un peu le film, lui donner un aspect plus violent, plus sordide, plus malsain. Mais dans son ensemble, Driller Killer est plus un drame qu'un véritable film d'horreur. Un drame qui prend son temps puisqu'il faudra attendre quarante minutes pour voir la perceuse en action une première fois. Avant ce premier excès sanguinolent, Ferrara, qui interprète avec brio le personnage du peintre Reno Miller, va laisser sa caméra filmer les rues de New York (sa ville de cœur qui fait partie des thèmes centraux de ses œuvres), la pauvreté environnante, les déboires de son héros face à la créativité artistique, face au jugement des autres, et nous asséner de très nombreuses séquences, un peu rébarbative il faut bien l'avouer, avec le groupe Tony Coca Cola and the Roosters, un groupe punk inventé par le réalisateur, qui représente la facette du succès puisque ces derniers ont déjà enregistré un album et se produisent dans des clubs. On comprend alors, petit à petit, pourquoi notre peintre raté commence à leur en vouloir et à les prendre en grippe. Il représente ce qu'il voudrait être, un artiste reconnu, qui a des fans. Ce n'est malheureusement pas le cas. Pire que tout, sa nouvelle peinture, un buffle, ne va pas du tout plaisir au gérant d'une galerie d'art, ce qui entraînera Reno dans une descente aux Enfers, qui le verra faire exploser toute sa colère dans une croisade sanglante, toujours armé de sa perceuse électrique. Filmé avec des acteurs amateurs, porté par une ambiance quasi-documentaire, Driller Killer est en fait une oeuvre assez déconcertante, surtout quand elle est vendue pour ce qu'elle n'est pas réellement. L'ennui s'y fait ressentir à de nombreuses reprises malgré une atmosphère pas inintéressante, reflet d'une époque, d'un New York crasseux et bien éloigné de sa version contemporaine et actuelle. Le réalisateur de L'Exorciste, William Friedkin, a été apparemment impressionné par Driller Killer, si bien qu'il donna des moyens plus conséquents à Abel Ferrara pour qu'il réalise un autre film. Ce sera l'excellent L'Ange de la Vengeance. Reste qu'en l'état, Driller Killer peut se voir comme un brouillon de ce qui fera le style Ferrara par le futur. On y trouve même une scène d'introduction dans une Eglise et une crucifixion à la perceuse. La Foi étant bien présente dans la filmographie du réalisateur, on ne s'en étonnera pas ici. A voir comme une curiosité underground bien ancrée dans son époque, une sorte de trip hallucinatoire qui a pris un bon coup de vieux, et en ayant à l'esprit que l'horreur n'est pas l'enjeu principal de l'histoire. 

* Disponible en DVD chez BACH FILMS




THE ADDICTION

 

THE ADDICTION
(The Addiction)

Réalisateur : Abel Ferrara
Année : 1995
Scénariste : Nicholas St. John
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Lili Taylor, Christopher Walken, Annabella Sciorra, Edie Falco... 

L'HISTOIRE : Brillante étudiante en philosophie à l’Université de New York, Kathleen prépare activement sa thèse de doctorat. Un soir, elle croise sur son chemin une étrange et séduisante femme qui la conduit de force dans une impasse avant de la mordre au cou. Bientôt, Kathleen va développer un appétit féroce pour le sang humain qu’elle assouvira en attaquant ses proches ou des inconnus...

MON AVIS : Le roi du cinéma New-Yorkais 80's, Abel Ferrara, auteur de bombes telles Driller Killer, L'Ange de la Vengeance, New York 2h du matin, China Girl, The King of New York ou Bad Lieutenant décide de s'attaquer au film de vampire en 1995 avec The Addiction. Un film que le réalisateur parvient à monter grâce à l'appui de son équipe technique et du casting retenu, qui acceptent tous de ne pas être payés durant le tournage, ne touchant un salaire qu'une fois le film exploité en salles. Le titre même choisi par Ferrara, The Addiction, sonne d'entrée de jeu comme étant métaphorique, du moins pour les spectateurs connaissant son univers et son addiction à la drogue et à l'alcool. Une impression qui se confirmera à la vision de ce film unique, une référence dans sa filmographie. Filmé dans un somptueux noir et blanc, du à l'un de ses directeurs de la photographie préféré, Ken Kelsch, interprété par des acteurs convaincants, dont une incroyable Lili Taylor et les charismatiques Christopher Walken et Annabella Sciorra entre autres, The Addiction dépeint le vampirisme comme une maladie, une dépendance totale, de celle qu'on peut ressentir en étant accroc à la came comme le précise Abel Ferrara lui-même. A l'image de Moi, Zombie, Chronique de la douleur d'Andrew Parkinson, qui nous fera vivre en 1998 le calvaire d'un homme qui se voit devenir un zombie et dépérir chaque jour un peu plus, The Addiction nous présente la déchéance de Kathleen, physique et morale, après que celle-ci se soit fait mordre par une sublime femme qui s'avère être un vampire. Crampe d'estomac, nausée, et surtout une soif de sang continue, une faim qui vous lacère l'estomac, vous vrille le cerveau, vont continuellement assaillir notre pauvre étudiante qui ne sait pas comment gérer sa nouvelle condition, cette nouvelle vie qu'on lui a imposé. Cette dépendance, vitale, est l'un des sujets principaux du film mais d'autres thématiques vont venir se greffer petit à petit au fur et à mesure de l'évolution de Kathleen et de son rapport à la faim et à sa condition de vampire, telles l'éternité, la vie, la mort, notre rapport au Bien et au Mal, la condition humaine, la repentance, la désintoxication, la résurrection et j'en passe. Certains pourraient qualifier The Addiction d'oeuvre intello tant les pensées et les dialogues philosophiques sont nombreux au sein du film, qui pose énormément de questions d'ordre universel. On sent que le scénariste, Nicholas St. John, ami fidèle d'Abel Ferrara, avait beaucoup de choses personnelles à faire resurgir à travers cette histoire et que l'angle vampirique lui a permit de traiter des sujets qui lui tenaient à cœur, comme la rédemption ou la place de la Foi et de la religion, une constante dans le cinéma de Ferrara également. L'ultime séquence et surtout la dernière image du film sont très marquantes à ce niveau. Toutes ces allusions philosophiques n'empêchent pas le film de se montrer totalement hypnotisant, même s'il pourra en rebuter certains, de par son approche tellement "autre". Nous ne sommes clairement pas dans un film de la Hammer avec Christopher Lee ici. Ni même dans un divertissement pour tout dire. Film d'auteur, oui, film chiant, non. Si on se laisse prendre par la main, Ferrara nous embarque avec lui et ce voyage, spirituel, visuel, sensoriel également, fera mouche à coup sûr. Ponctué de séquences chocs mais qui ne misent pas sur le sensationnalisme, d'une direction d'acteurs impeccable (la séquence avec Christophe Walken est épatante), d'une mise en scène quasi poétique et très inspirée, et donc d'une photographie à tomber, The Addiction est à placer très haut dans la filmographie d'Abel Ferrara, qui livre ici un film métaphorique de haute voltige. Saisissant. 

* Disponible en DVD et BR chez -> CARLOTTA <-
La copie présentée sur le Blu-Ray, en VOSTF uniquement, est à tomber tant les contrastes et la définition sont exemplaires. En bonus, on trouve :
* ENTRETIEN AVEC LES VAMPIRES (31 mn)
Dans ce documentaire réalisé en 2018 par Abel Ferrara, les acteurs Christopher Walken et Lili Taylor, le compositeur Joe Delia et le chef opérateur Ken Kelsch évoquent leurs souvenirs du tournage.
* ENTRETIEN AVEC ABEL FERRARA (16 mn)
Le réalisateur développe la métaphore du vampire et salue l’incroyable investissement de son équipe sur The Addiction.
* ANALYSE DE BRAD STEVENS (9 mn)
Quelques pistes de lecture du film par le critique de cinéma britannique Brad Stevens.
* ABEL FERRARA PENDANT LE MONTAGE DE "THE ADDICTION" (9 mn)
Le cinéaste présente son film The Addiction, alors en pleine phase de montage à New York.
* BANDE-ANNONCE ORIGINALE



CHINA GIRL

CHINA GIRL
(China Girl)

Réalisateur : Abel Ferrara
Année : 1987
Scénariste : Nicholas St. John
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Romance
Interdiction : -12 ans
Avec : James Russo, Richard Panebianco, Sari Chang, Russell Wong, David Caruso...


L'HISTOIRE : A New York, dans les années 80, la guerre des gangs fait rage entre Italiens et Chinois. Ces derniers étendent leur territoire en implantant de nombreux restaurants dans le quartier de Little Italy, ce qui suscitent jalousie et haine raciale de la part des jeunes italiens vivant dans le quartier. C'est dans cette atmosphère violente que Tony rencontre dans un club de rock la belle chinoise Tye. De cette rencontre naîtra un amour interdit, mal vu par les deux communautés...

MON AVIS : Après Driller Killer (1979), L'Ange de la Vengeance (1981) et New York Deux Heures du Matin (1984), le cinéaste anarchiste et provocateur Abel Ferrara poursuit son exploration des rues de New York avec China Girl, qu'il réalise en 1987. La lecture du scénario a évidemment dû vous évoquer la plus célèbre et tragique des histoires d'amour : celle de Roméo et Juliette bien sûr ! Sans jamais le dire, Abel Ferrara reprend, à sa sauce, la tragédie shakespearienne et en déplace l'action dans le Chinatown 80's, en proie à un début de guerre raciale entre Italiens et Chinois. Les deux communautés se toisent, se méfient l'une de l'autre, chacune se sentant menacée par l’expansionnisme de l'autre. Si les Italiens voient d'un mauvais œil l'arrivée de restaurants asiatiques dans leur quartier, les Chinois quant à eux ne se sentent pas en sécurité, étant même menacés par les membres de leur propre communauté, qui n'apprécient pas de voir leurs concitoyens sympathiser et s'installer avec l'ennemi. "Les Chinois travaillent pour les Chinois" proclame la jeunesse chinoise désemparée, réunit en gang afin de ne pas se laisser marcher sur les pieds par le gang italien d'en face. Fidèle à son habitude, Abel Ferrara filme de manière crue les rues sordides de New York, dans lesquelles les affrontements font rages. On assiste à de nombreuses bagarres de rues, où barres de fer, chaînes, flingues et coups de poing exécutent de violents ballets. J'emploie le mot "ballet" intentionnellement car les affrontements de China Girl ne prennent pas la peine de cacher qu'ils sont chorégraphiés (hommage à West Side Story ?) et ça se ressent lors de leur vision mais ce n'est un point faible du film dans le cas présent. On sera plus surpris par contre par la tournure inattendue que fait prendre Ferrara à l'histoire originale. En effet, dans China Girl, les adultes ne se font pas la guerre, à l'inverse des Capulet et des Montaigu chez Shakespeare. Bien au contraire. Ils tentent même d'adoucir les relations entre les communautés, se rencontrent fréquemment, discutent des solutions à apporter pour vivre dans un semblant d'harmonie. Leur principal problème vient de la jeunesse, insoucieuse, incontrôlable, en manque de repère et d'identité. Une jeunesse qui refuse même l'autorité des "parrains" et ne désire que prendre l'ascendant sur le gang rival. A chaque bagarre, les "parrains" interviennent de manière brutale afin de leur faire comprendre qui fixe les règles mais sans jamais y parvenir. Un détournement de situation déconcertant de prime abord mais qui apporte un vent de fraîcheur à cette histoire archi-connue et qui n'empêche en rien Abel Ferrara de faire ce qu'il sait faire de mieux : dynamiter les conventions, se montrer subversif, transgressif et contourner les codes des genres dans lesquels il s'illustre. Même si China Girl peut être perçu comme son film le plus archétypal, le réalisateur underground nous propose, quoi qu'on en dise, une véritable incursion dans son univers, qui bénéficie de fulgurances visuelles qui en font tout le charme. On le voit d'ailleurs dans la façon qu'il a de filmer la romance entre Tony (Richard Panebianco) et la belle Tye (Sari Chang) : l'histoire d'amour n'est que secondaire ici, et n'empiète quasiment jamais sur le thème central du film, à savoir le conflit de générations. La romance n'est pas non plus traitée par dessus la jambe mais je m'attendais à ce qu'elle prenne plus d'espace au sein de l'intrigue, qu'elle soit encore plus désespérée, tragique, ce qu'elle est toutefois. Car il est impossible de nier que China Girl ne respire pas l'optimisme, il est même d'un pessimisme assez poignant, notamment lors de la fameuse scène finale, qu'on attend tous et dont on voudrait qu'elle n'arrive pas. Profondément ancré dans son époque, les années 80, China Girl a pourtant bien vieilli pour ma part. Les chansons pop rock font toujours leur effet (dont l'excellent Walk this Way de Run D.M.C.), les scènes dans la boite de nuit, malgré les coupes de cheveux et les fringues 80's, ne sont pas ridicules. S'il n'atteint pas le niveau d'excellence des futurs The King of New York ou Bad Lieutenant, le China Girl d'Abel Ferrara reste tout de même une oeuvre attachante, qu'on prend grand plaisir à visionner, ne serait-ce que pour son duo charismatique. A noter la présence du jeune David Caruso parmi les membres du gang italien.