Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !

Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


mardi 17 octobre 2017

VENDREDI 13 CHAPITRE 3 - MEURTRES EN 3 DIMENSIONS

VENDREDI 13 CHAPITRE 3 - MEURTRES EN 3 DIMENSIONS
(Friday the 13th part 3)

Réalisateur : Steve Miner
Année : 1982
Scénariste : Martin Kitrosser, Carol Watson
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Slasher
Interdiction : -12 ans
Avec : Dana Kimmell, Tracie Savage, Richard Brooker, Larry Zerner, Nick Savage...


L'HISTOIRE : Un groupe d'amis, emmené par la jolie Chris, se rend dans une ferme située près de Crystal Lake. C'est une épreuve pour Chris que de revenir dans cet endroit car elle a subi deux ans auparavant une agression dans les bois avoisinant. Ce qu'elle ignore, c'est que son agresseur n'était autre que Jason Voorhees. Ce dernier rôde toujours dans les parages, et après avoir fait deux victimes pour se procurer de nouveaux vêtements, il se réfugie dans la grange jouxtant la ferme où Chris et ses amis passent du bon temps. Le massacre ne va pas tarder à recommencer...

MON AVIS : "Et ça continue, encore et encore, c'est que le début, d'accord, d'accord". Ces paroles d'une chanson de Francis Cabrel (oui, bon, je fais ce que je peux hein...) résument très bien la saga consacrée à Jason Voorhees. Fort du succès des deux premiers chapitres, réalisés en 1980 et 1981, la Paramount enclenche la production d'un troisième épisode, qui sortira aux USA le 13 Août 1982 et en France le 16 février 1983. Toujours réalisé par Steve Miner, la particularité de ce troisième volet est d'avoir été conçu en 3 dimensions, d'où son titre français de Meurtres en 3 Dimensions. Pour sa sortie en DVD, le film a été rebaptisé Vendredi 13 chapitre 3 - Le Tueur du Vendredi 2 ! Vous suivez ?? OK. La 3D a fortement marqué les années 80 puisque de nombreux films ont bénéficié de cette technologie cette décennie là : on citera Amityville 3, Parasite, WesternLe Guerrier de l'Espace, Silent Madness, Starchaser, Dogs of HellLe Trésor des Quatre Couronnes, Emmanuelle 4 ou Les Dents de la mer 3 qui est sûrement l'exemple le plus connu. Même le porno s'y met puisque Pierre B. Reinhard réalise Le pensionnat des petites salopes (1982) en 3D ! Pour ce qui est de Vendredi 13 chapitre 3, on voit bien que Steve Miner s'est focalisé à mettre en scène des gestuelles destinées à mettre en avant les effets de jaillissements 3D. Forcément, regarder le film en 2D nous prive de cet impact et pourra même faire sourire quelque fois, car ce qui fonctionne en 3D au niveau du jeu d'acteurs peut vite se révéler un peu ridicule en 2D. Je rêverais de voir ce film en 3D en tout cas, car tout est fait pour qu'on s'en prenne plein la vue. Pour ce qui est du film lui-même, on notera que Meurtres en 3 Dimensions n'a eu qu'une interdiction aux moins de 13 ans à l'époque de sa sortie. Et ça se ressent nettement sur la violence des meurtres je trouve, qui sont vraiment très "light", si on excepte la flèche d'un harpon venant se ficher dans un œil ou l'énucléation d'un œil (décidément) jaillissant vers l'écran (pour la 3D) par compression d'une tête par les deux mains de Jason (avec un effet spécial plutôt raté d'ailleurs, on voit clairement que c'est une fausse tête). Hormis ces deux scènes très sympa, le reste est assez commun et pas très sanglant. J'ai aussi apprécié la scène dans laquelle la machette de Jason perfore la poitrine d'une victime par derrière. Un effet vraiment bien réalisé, un peu à la manière de la flèche perforant le cou de Kevin Bacon dans le premier Vendredi 13. L'histoire du film débute au lendemain des événements du Tueur du Vendredi, on voit d'ailleurs l'unique survivante de ce second épisode (Amy Steel) être emmenée en ambulance aux informations télévisées. Le film prend son temps et se focalise sur les personnages, notamment Chris (Dana Kimmell), qui semble mal à l'aise dans cette ferme, et Shelly (Larry Zerner), un garçon solitaire et un peu gauche, qui passe son temps à faire de mauvaises blagues pour attirer l'attention. Ce personnage n'a rien de transcendant MAIS c'est grâce à lui que notre bon vieux Jason va adopter son fameux masque de hockey donc rien que pour ça, il faut vénérer Shelly ! Car cet objet, banal à priori, va changer la donne pour Jason et faire de lui un Boogeyman autrement plus terrifiant et charismatique que lorsqu'il portait un sac à patate sur la tête. Il devient véritablement iconique une fois ce masque adopté (au bout d'une heure de film) et bien plus menaçant. De même, son aspect "indestructible" est mis en avant, notamment avec l'une des scènes finales, où il se retrouve pendu après une belle chute. On se dit que c'est terminé pour lui mais que nenni ! Comme s'il n'avait rien senti, il ôte la corde et poursuit sa besogne comme si de rien n'était. Cool. Et ce sera la même chose quand il se prendra un coup de hache en pleine tête. Sinon, comme dans Le Tueur du Vendredi, l'action et le "bodycount" s’accélèrent lors de la dernière demi-heure, vraiment bien rythmée et efficace. Auparavant, il faut avouer que même si la réalisation est correcte, les situations sont un peu mollassonnes et pas très entraînantes. On appréciera l'intervention d'un trio de loubards pour dynamiser un peu tout ça. Par contre, il faudra m'expliquer comment leur chef de bande, qui se fait bien chahuter par Jason en milieu de film (il lui assène même plusieurs coups de machette) peut revenir en pleine forme à la fin ?? Mystère et boule de gomme mais on n'est pas à ça près dans un Vendredi 13 ! Pour les amateurs de plans "nichons", vous pouvez passer votre chemin car là aussi, le film fait dans le très très soft. A peine apercevra-t-on les seins d'une des actrices. Triste. Sinon, le film reste assez fun et divertissant, surtout dans sa dernière partie et on voit même la tête de Jason sans son masque; Dire qu'il ne sera pas élu plus bel homme de l'année est un euphémisme. Le cadre de la ferme change un peu de celui de Crystal Lake et apporte de la nouveauté. Bon, OK, hormis le cadre, rien n'est vraiment nouveau dans Meurtres en 3 Dimensions, Steve Miner s'était plus impliqué dans la 3D que dans l'effort de renouveler la recette gagnante des deux précédents films. Pas de quoi se relever la nuit mais un film à voir pour tout amateur de slasher en tout cas. A noter que le compositeur Harry Manfredini, toujours fidèle au poste, a composé une musique bien différente cette fois-ci, aux accents électro plutôt sympathiques, surtout durant le générique. J'ai même eu l'impression de ne pas avoir entendu une seule fois le fameux thème avec les "Tchi, Tchi, Ah Ah Ah".

BODYCOUNT : 12 morts

NOTE : 3/6 


lundi 16 octobre 2017

SAW 5

SAW 5
(Saw 5)

Réalisateur : David Hackl
Année : 2008
Scénariste : Patrick Melton, Marcus Dunstan
Pays : Etats-Unis, Canada
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Scott Patterson, Costas Mandylor, Tobin Bell, Betsy Russell, Julie Benz...


L'HISTOIRE : Le lieutenant Hoffman est le seul héritier des plans machiavéliques de Jigsaw. Il est promu capitaine après avoir libéré la petite fille retenue prisonnière du tueur au puzzle. Malheureusement pour lui, l'agent Strahm n'est pas mort et le soupçonne fortement d'avoir était l'un des complices du tueur au puzzle. Hoffman va devoir jouer serré s'il ne veut pas éveiller d'autres soupçons. Dans le même temps, il place cinq personnes dans une nouvelle salle de jeu...

MON AVIS : Changement de réalisateur pour Saw 5 ! Darren Lynn Bouseman, auteur des chapitres 2, 3 et 4 laisse la place à David Hackl, qui ne débarque pas de nulle part pour autant. Ce dernier a en effet été chef décorateur sur Saw 2, Saw 3, Saw 4 mais aussi assistant-réalisateur de la seconde équipe sur Saw 3 et Saw 4. Bref, c'est un membre de la famille qui connait bien les codes de la saga initiée par James Wan en 2004. Il faut avouer que l'entreprise n'est pas évidente pour David Hackl car pour son premier film en tant que réalisateur, il doit composer avec un personnage... mort ! Et qui est en plus la star du film ! Pas simple mais on fait confiance aux scénaristes pour nous trouver le moyen de faire réapparaître Jigsaw d'une manière ou d'une autre. La solution qu'ils ont trouvé n'est pas plus bête qu'une autre : faire de multiples flash-back pour nous en apprendre toujours plus sur le passé de John Kramer ! Tobin Bell peut donc reprendre son rôle de tueur au puzzle sans problème et y aller de ses explications sur son système de rédemption assez violent mais d'une grande utilité selon lui. Si Jigsaw apparaît dans de nombreuses scènes, il n'est pas pour autant le personnage central de Saw 5. Ici, c'est bien le lieutenant Hoffman qui tient le rôle de protagoniste principal. Toujours interprété par Costas Mandylor, on va découvrir pourquoi ce policier s'est associé à Jigsaw et comment il en est arrivé à devenir son véritable bras droit, alors qu'on pensait qu'il s'agissait d'Amanda. Ce qui est vraiment bien dans Saw 5, ce sont toutes ces séquences qui nous renvoient aux films précédents, avec la préparation des différents pièges qu'on a eu plaisir à voir en action. Toujours aussi malin, le scénario tient la route et reste cohérent, jusque dans les moindres détails, un exploit en somme. Attention tout de même à bien connaître les quatre premiers épisodes sous peine d'être totalement paumé ! Avec une approche beaucoup plus portée sur le thriller et sur l'ambiance, Saw 5 ne se prive tout de même pas de ce qui a fait le succès de la saga : les pièges et les supplices des victimes. Si l'agent Strahm réchappe d'un piège en s'auto-trachéotomisant, à la grande surprise d'Hoffman qui n'avait pas prévu ça, c'est un groupe de cinq individus qui va devoir jouer aux jeux macabres d'Hoffman, qui devient donc l'héritier de Jigsaw et doit poursuivre son oeuvre selon les règles imposées par ce dernier. Car même mort, c'est bien le tueur au puzzle qui a les cartes en main. Moins gore que les deux précédents films, Saw 5 contient toutefois quelques morceaux de bravoure bien sanguinolents, à l'image du piège dans lequel il faut mettre son bras dans un conduit qui contient une lame de scie circulaire en action ! Vous imaginez bien les dégâts, je ne vous fais pas de dessin. J'ai également bien apprécié la première séquence et sa référence au fameux pendule d'Edgar Poe. Bien sûr, un film de la saga ne serait rien sans un final renversant et celui de Saw 5 ne déroge pas à la règle, avec un ultime rebondissement peut-être moins marquant que dans les films précédents mais qui laisse une porte grande ouverte pour Saw 6, qui sera réalisé l'année suivante. Dans mon souvenir, Saw 5 était l'un des épisodes les plus faibles de la série. En fait, il est plutôt pas mal, les flash-back y étant pour beaucoup. Assez bien rythmé, il n'ennuie pas et se montre intriguant, possède un bon suspense et la réalisation est maîtrisée. David Hackl s'en est plutôt bien sorti en accentuant le côté "enquête" et l'aspect thriller. Une bonne suite en fait !

NOTE : 4/6



VENDREDI 13 CHAPITRE 2 : LE TUEUR DU VENDREDI

VENDREDI 13 CHAPITRE 2 : LE TUEUR DU VENDREDI
(Friday the 13th part 2)

Réalisateur : Steve Miner
Année : 1981
Scénariste : Ron Kurz
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Slasher
Interdiction : -16 ans
Avec : Betsy Palmer, Amy Steel, John Furey, Kirsten Baker, Warrington Gillette...


L'HISTOIRE : Un nouveau projet de colonie est sur le point de voir le jour, non loin du lieu du drame qui a ensanglanté le camp de vacances de Crystal Lake cinq ans plus tôt. Paul a fait venir de nombreux moniteurs pour parfaire leur apprentissage, dont Ginny, sa petite amie. Au coin du feu, il leur raconte l'histoire tragique de Jason Voorhees et de sa mère, une histoire qui fait dorénavant partie du folklore local. Mais est-ce seulement une légende ? Jason est-il réellement mort noyé comme les autorités l'affirment ? Ou serait-ce lui qui est revenu se venger, comme vont l'apprendre à leur dépens les moniteurs du nouveau camp ?

MON AVIS : Après le succès inattendu de Vendredi 13 en 1980, le studio Paramount est conscient d'avoir une poule aux œufs d'or et lance rapidement la production d'une suite. C'est dès l'année suivante, en 1981 donc, que débarque sur les écrans Vendredi 13 chapitre 2 - Le Tueur du Vendredi. Sean S. Cunningham ne rempile pas au poste de réalisateur. C'est le débutant Steve Miner qui s'y colle, ayant été producteur associé sur le premier film. Niveau scénario, la lourde tâche de succéder à Victor Miller incombe à Ron Kurz. N'ayant que peu de temps pour rédiger une histoire correcte, le film devant être rapidement proposé aux spectateurs, Kurz fait ce qu'il peut et rate parfois le coche. En témoigne la séquence d'introduction qui fait réapparaître le personnage d'Alice (Adrienne King), unique survivante du premier épisode. A grand coup de flash-backs issu des cauchemars d'Alice, on revoit la scène finale de Vendredi 13, avec la rectification du prénom de Jason, appelé Jackie dans la VF du film de 1980. Jusque là, il n'y a rien à reprocher au scénario. Sauf qu'Alice habite en ville et qu'elle va se faire occire par un mystérieux tueur qui a déposé la tête décapitée de Mme Voorhees dans son frigo. Pourquoi pas me direz-vous mais bon, on sait tous qu'il s'agit de Jason et le savoir déambuler en ville ne me parait pas très crédible. Bref. On fait un saut dans le temps de cinq ans ensuite, afin de nous présenter une nouvelle équipe de moniteurs. Handicapé en fauteuil roulant, fille sexy, guignol de service, brun au regard ténébreux et autres stéréotypes se partagent l'affiche, ce qui deviendra un passage obligé dans les futures suites. Parmi tout le casting, on retient tout de même la charmante Amy Steel, petite blondinette qui deviendra rapidement le personnage principal du film et peut-être l'un des plus intéressants de toute la série, de par sa combativité lors du final. La caméra de Steve Miner joue les perverses en filmant au plus près les courbes et les fessiers de son casting féminin, surtout celui de Kirsten Baker d'ailleurs, qui nous gratifiera d'un nu intégral lors d'une séance de bain de minuit. Cette même caméra se montre assez à l'aise pour créer un semblant de suspense, filmant les pieds du mystérieux individu qui épie les nouveaux arrivants ou jouant avec la subjectivité, comme son illustre modèle. Des efforts louables mais un peu vain en fait, puisque l'identité du tueur se devine dès le début, et je ne parle même pas des spectateurs actuels qui découvriraient en 2017 le film. Impossible de n'avoir jamais entendu parler de Jason Voorhees. Qu'importe ce détail, cette suite est-elle à la hauteur et surtout, comporte-t-elle son lot de morts violentes ? Dans mon souvenir, ce Tueur du Vendredi n'était qu'un vague remake du premier. En le revoyant pour cette chronique, je le réévalue à la hausse. Son principal défaut est d'être assez anémique en terme de mort durant la première heure. Seulement 4 victimes en 50 minutes, c'est peu pour un slasher. Qui plus est, en terme de violence graphique, Le Tueur du Vendredi se montre un peu moins gore que son prédécesseur, Tom Savini n'étant pas de la partie. On aura tout de même droit à une strangulation au fil de fer barbelé, à un coup de marteau venant s'enfoncer dans un crâne, à une machette planté en plein visage, à un égorgement avec cette même machette ou à une lance traversant le corps de deux moniteurs faisant l'amour (idée pompée sur La Baie Sanglante, en moins réussie dans le cas présent). Ça reste un peu léger pour ma part, une suite se devant de jouer avec la surenchère, ce qui n'est pas franchement le cas ici, sauf pour la séquence topless déjà citée plus haut. Par contre, la mise en scène de Steve Miner est supérieur à celle de Sean S. Cunningham. Plus fluide, plus dynamique, elle permet de maintenir un certain rythme même quand il ne se passe pas grand chose à l'écran. Elle devient même franchement efficace lors de la dernière demi-heure, qui va voir s’accélérer les rebondissements et les situations critiques, comme si Steve Miner venait de se rendre compte qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps pour caser la fin. On découvre enfin Jason dans toute sa splendeur (bon, ok, avec son sac à patate sur la tête, il est encore loin de la figure iconique de Boogeyman !) et il est déjà animé d'une certaine volonté à finir le travail commencé, encaissant assez bien les coups, même de machette ! Un final vraiment cool, assez tendu, qui joue agréablement sur les ambiances et bénéficie de la partition stridente d'Harry Manfredini, qui, même si elle lorgne sur celle de Psychose de Bernard Hermann, se montre efficace. Si Le Tueur du Vendredi n'innove en rien et se montre assez classique, se contentant de reprendre la formule de Vendredi 13, si on sent fortement des influences du Halloween de John Carpenter dans la mise en scène, si l'aura de Psychose plane sur le film avec cette pièce délabrée contenant un autel funéraire sur lequel est déposé la tête de maman Voorhees, il n'en reste que le film ne déçoit que par son manque de gore car au niveau de l'atmosphère et de l'ambiance, il est plus réussi que le premier volet. Une suite correcte donc, que j'ai plus apprécié lors de cette nouvelle vision. Pour l'anecdote, la fameuse scène de l'empalement devait être beaucoup plus graphique à l'origine, montrant la lance perforant les deux corps. De même, la scène de sexe qui précède était plus longue et montrait la nudité intégrale de l'actrice Marta Kober. Mais le studio découvrit que cette dernière était mineure et à donc décidé de tout supprimer. Il existe une photo montrant les deux corps empalés. La censure américaine a exigée 48 secondes de coupes au niveau des meurtres. Le film a été présenté 8 fois à la MPAA, qui lui a attribué un X à chaque fois.

BODYCOUNT : 9 morts

NOTE : 4/6



dimanche 15 octobre 2017

VENDREDI 13 (1980)

VENDREDI 13
(Friday the 13th)

Réalisateur : Sean S. Cunningham
Année : 1980
Scénariste : Victor Miller
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Slasher
Interdiction : -16 ans
Avec : Betsy Palmer, Adrienne King, Jeannine Taylor, Robbi Morgan, Kevin Bacon...


L'HISTOIRE : En 1957, un petit garçon meurt noyé dans un lac durant son séjour dans le camp de vacances de Crystal Lake, suite à la négligence des moniteurs. L'année suivante, une série de meurtres ensanglante la colonie, entraînant la fermeture du camp. Vingt ans plus tard environ, Steve Christy décide de rouvrir le camp et embauche six moniteurs pour l'aider à tout remettre en ordre et à effectuer des travaux de rénovation. Le jour d'arrivée des moniteurs est un vendredi 13. Une date fatidique pour la plupart d'entre-eux puisqu'ils vont se faire décimer un à un par un mystérieux tueur...

MON AVIS : En 1971, Mario Bava réalise La Baie Sanglante, qui met en avant une série de meurtres à l'arme blanche assez violente. Sans le savoir, le réalisateur italien a posé les bases d'un nouveau genre horrifique, le slasher. D'autres films marcheront sur ses traces (Black Christmas en 1974, et Halloween en 1978), mais il faudra attendre l'année 1980 pour que soit réalisé le film précurseur, celui qui déclenchera un véritable raz de marée et popularisera le slasher movie sur les écrans. Ce film, c'est évidemment le Vendredi 13 de Sean S. Cunningham. Ce dernier a produit en 1972 le second film de Wes Craven, La Dernière Maison sur la Gauche. Il cherche depuis à renouveler avec le succès. Il a repéré que John Carpenter vient de triompher avec un film d'horreur, Halloween. Ce sera donc dans cette voie qu'il cherchera la recette qui lui fera engranger des tas de billets verts. Il trouve le titre "Vendredi 13" et demande au scénariste Victor Miller d'écrire une histoire avec des morts violentes. Ce dernier va donc rédiger un scénario assez simpliste mais qui réserve son lot de séquences chocs, à intervalle assez régulier. Il privilégie également le suspense, place ses protagonistes dans un cadre réaliste (une colonie de vacances abandonnée, située dans un bois et près d'un lac) et surtout, il ne dévoile pas l'identité du tueur fou qui va massacrer les moniteurs avec une certaine originalité. De son côté, Sean S. Cunningham parvient à récupérer environ 550 000$ pour réaliser le film. Il s'adjoint le talentueux Tom Savini pour concevoir les effets gores ainsi qu'une flopée d'acteurs débutants dont Kevin Bacon et Adrienne King entre autres. Au final, le succès a-t-il été au rendez-vous ? Si vous êtes fans du genre, vous connaissez déjà la réponse ! Rien que pour son premier week-end aux USA, Vendredi 13 rafle la mise et rapporte 5,816,321$ ! Au niveau mondial, le film rapporte 59,754,601$. Un succès phénoménal donc, qui allait engendrer une flopée de suites officielles mais aussi faire apparaître sur les écrans des centaines de slasher movies durant la décennie 80. On peut encore se demander de nos jours qu'est-ce qui a fait que ce film ait connu un tel succès. Revu pour pouvoir vous donner mon avis éclairé (bah quoi, j'ai le droit de me la péter un peu non ?), j'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre l'engouement des spectateurs de l'époque. Attention, j'aime bien ce film et je l'ai revu avec plaisir. Mais force est de constater qu'il n'a rien de renversant non plus. On est en 1980, on a déjà eu droit à L'Exorciste, à Zombie, à Massacre à la Tronçonneuse, à Carrie au Bal du Diable ou aux Dents de la Mer par exemple. Des films nettement supérieur à Vendredi 13 en terme de qualité, de scénario, de mise en scène, de jeu d'acteurs. Alors quoi ? Bien sûr, les meurtres orchestrés par Tom Savini y sont surement pour quelque chose. Hache plantée en plein visage, pointe qui ressort par la gorge (celle de Kevin Bacon), gorge tranchée au couteau, flèche qui transperce un œil ou décapitation à la machette font partie des  quelques joyeusetés proposées par le spécialiste des FX gores. Le suspense est assez bien entretenu, avec notamment l'utilisation de la caméra subjective, qui nous met à la place du tueur lui-même mais aussi par la partition musicale composée par Harry Manfredini. La fameuse musique avec le "Tchi Tchi Ha Ha" fait son petit effet et deviendra le thème référence de toute la saga. L'ambiance bonne enfant qui règne parmi les moniteurs de la colonie contraste bien avec l'angoisse qui va venir les saisir par la suite. Le dernier quart d'heure, qui met Alice en vedette (jouée par Adrienne King) mais aussi la désormais célèbre Mme Voorhees (Betsy Palmer) est franchement réussi et joue avec les nerfs du spectateur à travers une course-poursuite angoissante qui réserve quelques rebondissements. Dire que ce premier Vendredi 13 n'est pas un chef-d'oeuvre est une évidence. Nier que ce film possède une certaine efficacité serait d'une mauvaise foi absolue. Avec son scénario quelconque et ses personnages pas assez travaillés (ca n'intrigue personne que plusieurs monos manquent à l'appel ? Bah non apparemment ! Et puis ce serait bête d'arrêter une party de Strip-Monopoly !), Vendredi 13 fait certes pâle figure face aux grands classiques de l'horreur mais possède un capital sympathie certain et possède des atouts qui rendent sa vision toujours aussi agréable. Quoi qu'on puisse dire ou penser sur ce film de Sean S. Cunningham, qu'on l'apprécie ou qu'on le déteste, il reste le maître-étalon du slasher, celui par qui tout a commencé et rien que pour ça, il mérite sa place d'oeuvre phare du genre. A noter que la VF du film change le prénom Jason en Jackie. Une erreur amusante qui sera réajustée dans le film suivant.

BODYCOUNT : 9 morts + Mme Voorhees + 1 serpent

NOTE : 4/6


samedi 14 octobre 2017

VENDREDI 13 (2009)

VENDREDI 13
(Friday the 13th)

Réalisateur : Marcus Nispel
Année : 2009
Scénariste : Damian Shannon, Mark Swift
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Danielle Panabaker, Jared Padaleck , Amanda Righetti, Derek Mears, Julianna Guill...


L'HISTOIRE : Une bande d'amis va passer le week-end dans une luxueuse maison de vacances, située à Crystal Lake. Ils ignorent que vingt ans auparavant, le camp de vacances a été le lieu de multiples meurtres perpétrés par Mme Voorhees, qui a assassiné tous les moniteurs à qui elle reprochait de ne pas avoir surveillé son jeune fils handicapé Jason, qui serait mort noyé dans le lac. Malheureusement pour eux, Jason n'est pas mort et sa soif de vengeance est loin d'être apaisée. Dans le même temps, Clay Miller, un jeune homme solitaire, tente de retrouver sa sœur disparue à Crystal Lake depuis six mois...

MON AVIS : En 1980, le réalisateur Sean S. Cunningham offre aux spectateurs avec Vendredi 13 le premier chapitre d'une saga à la longévité spectaculaire, symbole du genre horrifique qualifié de "slasher movie". Une saga qui impose dès l'épisode 2 (Le Tueur du Vendredi) un boogeyman du nom de Jason Voorhees, qui deviendra culte grâce à un accessoire trouvé dans l'épisode 3 (Meurtres en trois dimensions) : un masque de hockey ! En 2009, ce n'est pas une nouvelle suite qui va venir tâcher d'hémoglobine les écrans mais un reboot réalisé par Marcus Nispel, celui-là même qui a remis au goût du jour de manière assez efficace il faut bien le reconnaître la tronçonneuse de Leatherface dans sa version de Massacre à la Tronçonneuse en 2003. Pour aborder sa version de Vendredi 13, Marcus Nispel et ses deux scénaristes, Damian Shannon et Mark Swift, veulent innover un peu et faire de Jason un tueur beaucoup moins rigide, beaucoup moins mécanique, moins "robotisé". En gros, il veulent rendre à Jason un peu d'intelligence et en faire un prédateur capable de penser et de concevoir des stratagèmes pour attirer ses victimes. Il en va de même pour son comportement et sa faculté à apparaître partout comme par enchantement. Car non, Jason n'est pas une entité fantastique, un spectre revanchard pour Marcus Nispel. C'est un humain à la puissance physique certes décuplée, mais qui ne possède aucun pouvoir extraordinaire. D'où l'idée ingénieuse d'avoir créée sous Crystal Lake toute une galerie de tunnels qui débouche un peu partout (dans les bois, près du lac, près des habitations...), permettant donc à Jason de se rendre où il veut de manière plus rationnelle. Toutes ces bonnes intentions suffisent-elles à faire de ce Vendredi 13 (2009) un bon Vendredi 13 et un bon slasher ? La réponse est oui ! Marcus Nispel et son équipe connaissent bien leur classique et savent très bien ce que veulent voir les fans de la saga : des ados un peu benêts qui aiment picoler ou fumer de l'herbe, des meurtres brutaux et sanglants, un Jason iconique, un peu d'humour et des jolies filles n'hésitant pas à montrer leurs nichons ! Tout ces éléments, on les retrouve dans Vendredi 13 (2009), quelle aubaine ! Ne prenant pas les spectateurs pour des débiles, Marcus Nispel nous refait la scène finale du film de 1980 dès l'introduction pour mieux pouvoir s'émanciper et proposer sa vision du mythe. Avec son Jason toujours aussi monolithique (Kane Hodder a passé le relais à Derek Mears) tout en étant plus méthodique, et qui, grosse nouveauté, se met à courir après ses victimes, Marcus Nispel nous livre un slasher musclé et percutant, qui dépoussière la saga sans toutefois occulter tous les codes qui ont fait son succès. On reste en territoire connu et pour ma part, ce retour aux sources est salutaire. Jason va en Enfer et Jason X étaient certes originaux, tentant d'apporter des nouveautés dans une saga formatée depuis les 80's mais personnellement, j'ai apprécié avec Vendredi 13 (2009) de retourner simplement dans les bois et les environs de Crystal Lake pour assister aux exactions de notre brave Jason. Et j'ai trouvé très sympa tous les petits clins d'oeil et détails qui rappellent les films précédents, notamment les quatre premiers en particulier. Au début du film, Jason porte son sac de patate en guise de masque comme dans l'épisode 2 et 3 avant de trouver le fameux masque de hockey qui fera sa gloire. Sympa. Niveau meurtres, on reste dans le classique, simple mais efficace : coup de machette à gogo (dont un superbe planté de machette dans le crâne d'une fille cachée sous un ponton), flèche planté dans un œil ou jet d'hache dans le dos constituent la majorité des réjouissances proposées, le tout avec moult gerbes de sang. Jason retrouve de sa superbe dans ce reboot et s'il se montre un brin moins inventif que dans d'autres épisodes, son côté brutal façon rouleau-compresseur est vraiment bien mis en avant. Parmi les personnages féminins en danger, on trouve plusieurs actrices vraiment charmantes : Danielle Panabaker (vue dans The Ward, Piranha 3DD, The Crazies ou plus récemment dans la série télé Flash) joue l'héroïne principale qui va tenter de survivre le plus longtemps possible face à Jason ; Amanda Righetti joue la sœur disparue du héros (Jared Padalecki) pendant que la blonde Willa Ford et la brune America Olivo se dénude pour notre plus grand plaisir. Un péché qui sera bien sûr puni de manière violente par Jason. On retiendra également le physique des plus attirants de la ravissante Julianna Guill, dont les seins volcaniques nous sont offerts gracieusement en pâture. Marcus Nispel n'a pas lésiné sur le mélange horreur / érotisme qui a fait la réputation de la saga et les fans seront donc ravis d'avoir un "fan service" de qualité. Franchement bien foutu, divertissant, nerveux comme il faut, sans aucun temps morts, ce Vendredi 13 (2009) à la sauce néo-slasher est une petite bouffée d'oxygène et se classe aisément parmi les meilleurs films de la saga débutée en 1980. Jason a sûrement de beaux jours devant lui vu que le film a bien cartonné au box-office. Tant mieux !

NOTE : 4/6



jeudi 12 octobre 2017

LA MAISON DE LA MORT

LA MAISON DE LA MORT
(The Old Dark House / Une Soirée Étrange / La Maison Grise)

Réalisateur : James Whale
Année : 1932
Scénariste : Benn W. Levy
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : Boris Karloff, Melvyn Douglas, Charles Laughton, Gloria Stuart, Lilian Bond...


L'HISTOIRE : Surpris par un orage et une pluie diluvienne, des voyageurs égarés trouvent refuge dans une demeure lugubre, appartenant à l’étrange famille Femm. Ils y rencontrent d’inquiétants personnages : Horace, le blafard maître de maison, sa sœur Rebecca, sourde et religieuse obsessionnelle, ou encore Morgan, le domestique défiguré et muet, sujet à des crises de violence lorsqu’il boit. L'atmosphère est lourde et menaçante, et la nuit s’annonce longue…

MON AVIS : Après le succès colossal de son Frankenstein en 1931, qui révéla Boris Karloff entre autres, le réalisateur James Whale poursuit sur sa lancée dès l'année suivante en adaptant un roman de J.B. Priestley. Avec La Maison de la Mort, qui s'appelait à l'époque Une Soirée Étrange, ce qui colle d'ailleurs bien plus avec le contenu du film, James Whale nous propose l'un des premiers films jouant avec les codes des maisons hantées même si celle du film ne l'est pas. Voyageurs égarés durant une nuit orageuse trouvant refuge dans une bâtisse lugubre, propriétaires aux comportements étranges, majordome patibulaire au regard de fou, bruits inquiétants à l'étage, couloirs sombres, secret de famille inavouable et sentiment de menace imminente sont les ingrédients principaux de La Maison de la Mort. Mais à bien y regarder, le film de James Whale ne joue pas dans la même cour que Frankenstein, oeuvre d'épouvante pure quand La Maison de la Mort s'apparente plus à un film mêlant l'épouvante a des éléments de comédie, mais sans toutefois être une comédie fantastique. Le film tient en équilibre sur ces deux genres sans jamais vouloir en choisir un franchement. Les scènes typiquement "épouvante" sont les plus réussies et on retrouve alors tout la maestria de Whale pour créer une ambiance macabre, utilisant les décors intérieurs et les éléments extérieurs (la pluie, le vent) avec ingéniosité. Les jeux d'ombres et de lumières participent également à rendre l'atmosphère moite et suffocante. La pauvre Gloria Stuart en fera d'ailleurs les frais, terrifiée à de nombreuses reprises au cours du film. Ses expressions de visage, sa gestuelle même, rappelle la grande époque du cinéma d'épouvante expressionniste allemand. Boris Karloff est évidemment l'un des éléments majeurs faisant naître la peur chez les protagonistes du film. Majordome muet, balafré, à la stature imposante, ne donnant pas l'impression d'être très accommodant, et ayant la réputation de devenir violent lorsqu'il boit trop, il en impose vraiment à l'écran et se révèle être l'une des principales raisons de visionner La Maison de la Mort. Le problème avec ce film de Whale, c'est qu'il est extrêmement bavard et que certaines séquences de dialogues ne sont pas franchement intéressantes. Tout comme la romance désuète entre l'acteur Melvyn Douglas et une danseuse de cabaret interprétée par Lilian Bond. Ces scènes viennent amoindrir le rythme et casse l'ambiance par à coups, ce qui est dommage. Le jeu des acteurs, assez statique lors de ces séquences, font presque penser à du théâtre filmé. Outre les acteurs précités, on trouve également parmi le casting Charles Laughton, acteur vénérable et réalisateur du culte La Nuit du Chasseur, ainsi qu'Ernest Thesiger, futur docteur Pretorius de La Fiancée de Frankenstein. Ce dernier interprète Horace Femm, propriétaire de la demeure avec sa sœur Rebecca Femm (Eva Moore). Deux personnages très bizarres, surtout Rebecca, vieille bigote à moitié sourde qui n'inspire pas la confiance. Plus le film avance, plus on s'interroge sur ce qu'il y a à l'étage supérieur de la demeure. Le final nous l'apprendra, dans une ambiance bien barrée qui fait monter la tension crescendo. On appréciera également le côté érotique du film. Un érotisme suave et bien sûr suggéré mais néanmoins bien présent, en témoigne la chemise de nuit qu'enfile Gloria Stuart. Le terrible code Hays n'était pas encore en vigueur en 1932 sinon, nul doute que la censure aurait durement frappé cette séquence, totalement inoffensive de nos jours. Alternant le très bon avec le moins bon, La Maison de la Mort a donc le cul entre deux chaises et même s'il est très intéressant et plaisant à regarder, il n'atteint pas le niveau d'excellence des autres films du genre réalisé par James Whale pour ma part. Ce qui ne doit pas vous empêcher de participer, vous aussi, à cette "soirée étrange"...

* Disponible en DVD chez ELEPHANT FILMS

NOTE : 4/6



mardi 10 octobre 2017

LA LA LAND

LA LA LAND
(La La Land)

Réalisateur : Damien Chazelle
Année : 2016
Scénariste : Damien Chazelle
Pays : Etats-Unis, Hong-Kong
Genre : Romance, Comédie musicale
Interdiction : /
Avec : Ryan Gosling, Emma Stone, Rosemarie DeWitt, Terry Walters, Callie Hernandez...


L'HISTOIRE : Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent. Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

MON AVIS : En 2014, le réalisateur américain Damien Chazelle, qui est aussi scénariste à ses heures perdues, a surpris son monde avec Whiplash, impressionnante plongée dans l'univers du jazz et de la batterie. Un drame puissant qui fut acclamé unanimement par la presse et le public. Deux ans plus tard, Chazelle fait son retour au cinéma avec La La Land, un film qui fait toujours la part belle au jazz mais pas uniquement cette fois. L'art du cinéma vient en effet se mélanger à celui de la musique à travers ses deux héros, pour mieux mettre en avant des thématiques et des problématiques ancrées dans la réalité de tous les jours. Et Chazelle le fait dans une forme inattendue : celui de la comédie musicale. Mais attention : on parle ici de comédie musicale au sens noble du terme, à savoir ces films des années 50 qui firent les beaux jours des spectateurs : Chantons sous la pluie, Tous en scène, Un Américain à Paris, Beau Fixe sur New YorkBrigadoon ou bien encore La Belle de Moscou entre autres. Des films féeriques, aux numéros de danses exécutés à la perfection. Avec La La Land, Damien Chazelle rend un vibrant hommage à tout un pan du cinéma d'antan. La spectaculaire séquence d'introduction, sur une autoroute totalement bloquée par un gigantesque bouchon, procure d'entrée de jeu des frissons : les conducteurs, les passagers sortent des voitures à l'arrêt et se livrent à un prodigieux ballet urbain qui en met plein la vue tant la maîtrise, aussi bien des danseurs que du réalisateur, est totale. Car la scène est tournée en un seul plan, on imagine bien la minutie des répétitions pour arriver à un tel résultat. Cette séquence permet l'introduction des deux personnages qui vont nous faire vivre un joli moment de cinéma : Mia (Emma Stone) et Sébastian (Ryan Gosling). Elle, rêve de devenir actrice, enchaînant les castings sans succès ; lui, pianiste émérite, rêve de gérer un bar d'ambiance dédié à la musique jazz. Le destin va les faire se croiser et nous de suivre leur parcours de vie, fait de joie, de peine mais surtout de passion intense pour leur rêve personnel. Le tout sur de nombreux numéros de danse servis par des chansons originales qui participent pleinement à créer la magie visuelle et sensorielle ressentie par le spectateur durant la vision du film. La très jolie scène en haut d'une colline, visuellement sublime, dans laquelle Emma Stone et Ryan Gosling se livrent à un numéro de danse vraiment rafraîchissant et envoûtant, nous embarque définitivement dans cet univers coloré et enchanteur. Il faut dire que l'alchimie entre les deux acteurs fonctionne à plein régime. Emma Stone et sa jolie frimousse se montre touchante, espiègle et attachante. Sa voix est en plus vraiment agréable à écouter lors des passages chantés. Ryan Gosling, malgré des expressions de visage toujours un peu figées, se montre incroyablement à l'aise avec son personnage, étonne lors qu'il effectue des pas de danse chorégraphiés à la perfection, joue du piano avec passion. Un couple magique, réuni pour la troisième fois à l'écran, après Gangster Squad et Crazy Stupid Love. Pourtant, tout n'est pas rose dans La La Land. Même si on a un peu l'impression d'être dans le village des poupées des parcs Disney, l'illusion n'est qu'éphémère. Car nos deux héros ont un sacré problème, qui fait tout l'enjeu narratif du film : oui, Mia et Sebastian sont amoureux l'un de l'autre. Mais leur passion respective pour la musique et le cinéma va-t-elle autoriser une liaison sur la durée ? Pendant que Mia perd espoir en ne réussissant jamais ses castings, Sebastian renoue avec le succès en jouant dans un groupe de jazz moderne et enchaîne les tournées, délaissant Mia pour vivre pleinement sa passion. Car oui, la passion, la vraie, peut être destructrice si on veut la vivre à fond. Il faut faire des choix difficiles et les assumer, quitte à briser une relation ou la mettre en péril. La La Land est une vraie réussite, aussi bien sur le fond que sur la forme. Un film qui donne le sourire, joue avec diverses émotions, assume totalement son hommage aux films de Gene Kelly, Fred Astaire, Cyd Charisse et apporte une vraie bouffée d'oxygène dans un univers cinématographique formaté la plupart du temps. Chapeau Damien Chazelle !

NOTE : 5/6


samedi 7 octobre 2017

SAW 4

SAW 4
(Saw 4)

Réalisateur : Darren Lynn Bousman
Année : 2007
Scénariste : Patrick Melton, Marcus Dunstan
Pays : Etats-Unis, Canada
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Tobin Bell, Scott Patterson, Costas Mandylor, Betsy Russell, Lyriq Bent...


L'HISTOIRE : Le Tueur au puzzle et sa protégée, Amanda, ont disparu, mais la partie continue. Après le meurtre de l'inspectrice Kerry, deux profileurs chevronnés du FBI, les agents Strahm et Perez, viennent aider le détective Hoffman à réunir les pièces du dernier puzzle macabre laissé par le Tueur pour essayer, enfin, de comprendre. C'est alors que le commandant du SWAT, Rigg, est enlevé. Forcé de participer au jeu mortel, il n'a que 90 minutes pour triompher d'une série de pièges machiavéliques et sauver sa vie. En cherchant Rigg à travers la ville, le détective Hoffman et les deux profileurs vont découvrir des cadavres et des indices qui vont les conduire à l'ex-femme du Tueur, Jill. L'histoire et les véritables intentions du Tueur au puzzle vont peu à peu être dévoilées, ainsi que ses plans sinistres pour ses victimes passées, présentes... et futures.

MON AVIS : Whouah, quelle séquence d'introduction ! L'autopsie de Jigsaw, mort des suites de sa blessure à la gorge dans Saw 3, rien que ça ! Et le tout filmé avec une complaisance malsaine, la caméra scrutant les moindres détails de l'opération ! Une véritable entrée en matière ultra gore qui marque les esprits et risquera assurément de retourner les estomacs fragiles. Une fois passée cette séquence anthologique (si, si !), on se demande bien à quoi on va avoir droit pour la suite parce que le niveau de violence est déjà bien élevé là. Forcément, il sera difficile de faire plus fort mais il y a quelques pièges qui feront bien grincer les dents quand même, je pense notamment à celui dans lequel une femme voit son cuir chevelu s'arracher de son crâne. Pour le reste, je trouve assez malin que le réalisateur et ses deux scénaristes aient décidé de revenir à une approche plus "thriller" et moins "torture porn" pour Saw 4. En effet, il ne servait pas à grand chose de poursuivre sur cette voie, Saw 3 ayant déjà balisé le terrain de manière fort efficace. Ce quatrième chapitre, toujours réalisé par Darren Lynn Bousman, va donc se focaliser sur une enquête policière qui va réserver son petit lot de surprises. Si deux nouveaux personnages font leur apparition, à savoir les deux agents du FBI, on retrouve dans Saw 4 des têtes bien connus des fans de la saga : le lieutenant Mark Hoffman, interprété par Costas Mandylor, et le lieutenant Daniel Rigg (Lyriq Bent), co-équipier de la pauvre Kerry (Dina Meyer) qui a trouvé la mort de manière brutale dans le précédent volet. En découvrant le cadavre de Kerry, le lieutenant Rigg va se sentir investit d'une mission pour mettre à jour le plan machiavélique de Jigsaw et son enquête personnel va en faire une victime de choix pour le tueur au puzzle. C'est donc Rigg qui va avoir le privilège de devenir le nouveau joueur principal dans le film, avec pour simple règle : attendre 90 minutes pour sauver la vie d'un de ses amis. 90 minutes durant lesquelles il devra tout de même affronter une série d'épreuves et suivre un parcours le mettant en présence de plusieurs personnes qui ne sont pas ce qu'elles semblent être. Choisira-t-il de sauver toutes ces personnes qui ne le méritent pas des pièges mis en place par Jigsaw ou de se rendre rapidement à l'endroit où est retenu son ami ? Parallèlement, les deux agents du FBI remonte la piste de Jill Tuck, ex-femme de John Kramer. L'interrogatoire de cette dernière va nous en apprendre davantage sur Jigsaw et ses motivations, avec de nombreux flashbacks mettant en vedette Tobin Bell. Des scènes toujours intéressantes pour comprendre la façon de penser de ce personnage emblématique. Les deux agents pensent également que le Jigsaw a d'autres complices, en plus d'Amanda, ce qui relance l'intérêt et le suspense. Si le scénario de Saw 4 peut se révéler un peu complexe pour ceux qui n'auraient pas vu les épisodes précédents (on y voit de nombreux personnages des trois premiers films), il n'en reste qu'encore une fois, tout se tient parfaitement et donne lieu à un final carrément excellent et très ingénieux. Impossible de ne pas s'exclamer avec un grand sourire sur le visage un "ha les enfoirés !!" à l'attention des scénaristes car on ne le voit pas venir non plus ce twist machiavélique ! Si on pourra noter tout de même une petite baisse de rythme durant le film ainsi qu'une prolifération pas toujours réussie d'effets façon video-clip, Saw 4 fait honneur aux trois précédents volets et tient la route. Une route pavé de mauvaises intentions mais comme on en redemande, pourquoi se priver...

NOTE : 4/6 


jeudi 5 octobre 2017

THE UNDERTAKER AND HIS PALS

THE UNDERTAKER AND HIS PALS
(The Undertaker and his Pals)

Réalisateur : T.L.P. Swicegood
Année : 1966
Scénariste : T.L.P. Swicegood
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, gore
Interdiction : -12 ans
Avec : Ray Dannis, Warrene Ott, James Westmoreland, Marty Friedman, Sally Frei...


L'HISTOIRE : Un trio de motards commet des crimes atroces sur de jolies jeunes femmes, ce qui fait bien les affaires de l'entreprise de pompes funèbres de la ville. Le responsable de cette dernière est le chef de la bande, les deux autres motards étant deux restaurateurs qui cuisinent les membres fraîchement prélevés sur leurs victimes pour les faire déguster aux clients. Une affaire juteuse pour les deux parties mais lorsqu'ils s'en prennent à la secrétaire du détective privé Harry Glass, les choses vont se compliquer, celui-ci se mettant à les suspecter...

MON AVIS : J'aime beaucoup ce film ! Voilà, c'est dit. Il est bourré de défauts mais je m'en fous, moi il m'éclate et je prends toujours un grand plaisir à le revoir. The Undertaker and his Pals est un film d'exploitation ultra fauché au niveau du budget et mis en scène par T.L.P. Swicegood, dont ce sera d'ailleurs l'unique réalisation. C'est une comédie à l'humour particulièrement noir, et parsemée de quelques effets gores, dans la pure tradition des films de Herschell Gordon Lewis. Il aurait d'ailleurs très bien pu être réalisé par le papa de Blood Feast, tant on retrouve totalement l'esprit de ce dernier dans les images, dans les personnages et dans les situations proposées. The Undertaker and his Pals est un mauvais film si on l'évoque seulement en terme de "cinéma", de mise en scène, de jeu d'acteurs. On peut même dire qu'il est du niveau de Blood Feast pour en avoir une idée plus précise, bien que je le trouve néanmoins supérieur à ce dernier. En terme de gore, le film de T.L.P. Swicegood va nettement moins loin que celui de Lewis mais on reste dans les effets bricolés avec trois francs six sous et une bonne dose de système D, ce qui lui ajoute un réel capital sympathie. Visage ensanglanté après avoir reçu de coups de chaînes, hachoir dans le crâne, jambes coupées au couteau (en hors champ), main coupée enfoncée dans un broyeur à viande, corps plongé dans un bac d'acide ou ventre ouvert au scalpel avec palpation des intestins sont au programme des réjouissances. Et tout ça dans une bonne humeur communicative car je le rappelle, nous sommes en présence d'une comédie d'humour noir. On est d'ailleurs tout de suite dans le vif du sujet puisque la séquence pré-générique (d'abord en sépia puis en couleur, ne me demandez pas pourquoi) nous montre les trois motards agresser une jolie blonde chez elle devant le portrait de son fiancé, portrait qui change d'expression de visage en fonction des sévices subis par la victime ! On nage en plein burlesque et le reste sera à l'avenant. Les situations et les dialogues sont vraiment fort drôles, à l'image de la scène dans laquelle le gérant des pompes funèbres explique le tarif exorbitant de sa prestation à la mère de la victime en lui disant de manière "cash" qu'il lui a fallu reconstituer les jambes de sa fille et que ça coûte des sous ! Impayable ! C'est odieux bien sûr mais on ne peut s'empêcher de sourire béatement devant pareilles excentricités. Bourré d'idées farfelues, The Undertaker and his Pals n'hésite jamais à verser dans le trash irrévérencieux avec notamment les quelques séquences se déroulant dans le restaurant miteux des deux acolytes du croque-mort en chef. Car nos deux larrons servent une drôle de cuisine aux clients, les diverses recettes étant élaborées en fonction des parties du corps prélevées sur leurs victimes ! Vous pourrez donc manger du "Leg of Lamb", avec de la viande provenant des jambes de la pauvre Sally Lamb ou bien encore des "Breast of Chicken", composés des seins de la malheureuse Anne Poultry ! Comme vous le voyez, les jeux de mots basés à partir de l'identité des victimes sont légion et nous font bien marrer ("poultry" étant un synonyme de "chicken"). Encore plus horrible sera la confection des hamburgers dont je vous laisse la primeur de la recette. Petite touche de cannibalisme au programme donc dans ce joyeux foutoir, le tout sur de la musique excentrique qui rappelle encore une fois les œuvres de H.G. Lewis et qui colle parfaitement à l'ambiance. Les acteurs ont tous un jeu théâtral ce qui renforce encore le côté kitsch de l'ensemble et lui donne une patine des plus divertissantes. L'enquête du détective Glass (joué par James Westmoreland) est vraiment sommaire, il faut dire que le film ne dure que 63 minutes donc on n'a pas vraiment le temps d'avoir un scénario digne de ce nom. Ce personnage, homme à femmes évidemment, nous offre aussi des moments fort drôles, comme lorsqu'il découvre le cercueil qu'a confectionné le gérant des pompes funèbres pour sa défunte secrétaire (il faut dire qu'il ne voulait pas payer des suppléments). Encore plus amusant, son apparente tristesse suite à la mort de ladite secrétaire va s'envoler d'un coup d'un seul quand apparaîtra sa nouvelle secrétaire, une fort jolie blonde du nom de Friday (l'actrice Warrene Ott, qui joue aussi le personnage de Thursday). Bref, si vous aimez les film d'exploitation à micro-budget, les méchants bikers, le gore rigolo et fauché, les acteurs et actrices qui ne savent pas vraiment jouer et l'humour macabre, alors The Undertaker and his Pals est fait pour vous. On regrettera de ne pas avoir une seule scène de nudité mais bon, le film est suffisamment divertissant, revigorant et décalé pour qu'on lui pardonne ce petit oubli. A noter un final cocasse dans lequel tous les morts réapparaissent à l'écran pour se présenter au public ! Fun à souhait !

NOTE : 4/6



LE FILM COMPLET (VO)

mardi 3 octobre 2017

CREEPOZOIDS

CREEPOZOIDS
(Creepozoids)

Réalisateur : David DeCoteau
Année : 1987
Scénariste : David DeCoteau, Dave Eisenstark
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : -12 ans
Avec : Linnea Quigley, Ken Abraham, Michael Aranda, Ashlyn Gere...


L'HISTOIRE : Après un cataclysme nucléaire, un petit groupe de survivants tente de rester en vie, devant trouver de quoi manger et devant surtout éviter les terribles pluies acides qui tombent régulièrement. Alors que l'une d'elles semble imminente, le groupe trouve refuge dans un bâtiment qui semble inhabité. Après examen des lieux, il semble que l'édifice est un ancien centre de recherches et que l'équipe de scientifiques qui menait des travaux ait été décimé par une menace née de leurs expérimentations. Les survivants ne vont pas tarder à comprendre qu'ils ne sont effectivement pas seuls et que la mort rôde dans les couloirs du centre...

MON AVIS : Tiens, et si on allait faire un petit tour du côté de chez David DeCoteau en ce mardi 3 octobre 2017 ? Allez, c'est parti ! On allume le magnétoscope, on allume le vidéoprojecteur, on envoie la K7 (si, si, ça existe encore !) et on se mate Creepozoids sur un écran de 3,10 m de diagonale (format 4/3). Logiquement, ça devrait le faire ! Quelques 65 minutes et des poussières plus tard, plusieurs choses apparaissent clairement à mon esprit. La VHS, c'est vachement bien mais niveau qualité d'image, y'a quand même pas à tortiller, l’avènement du DVD reste une bénédiction divine. Bon, ça, je le savais depuis belle lurette évidemment, mais à chaque fois que je remate une K7, ça saute toujours aux yeux. Surtout dans les scènes sombres ou nocturnes, qui restent quand même assez pénibles à regarder en VHS. Pas de bol, il y en a des tonnes dans Creepozoids. Bon, faudra faire avec, pas le choix. Nanti d'une filmographie de 133 titres en tant que réalisateur (!), David DeCoteau n'est pas un inconnu dans le monde de la série B fauchée. Si l'homme a bifurqué vers les productions érotico-horrifiques à tendance homo à partir des années 2000, il n'en a pas toujours été ainsi. Bien avant d'avoir pour passion de filmer de beaux mâles torse nu, DeCoteau filmait de belles demoiselles torse nue aussi, principalement durant la décennie 80, où un certain Roger Corman le choisit comme assistant producteur de la société New World Pictures. Il devient également le protégé de Charles Band, qui lui permis de mettre en scène Dreamaniac en 1986. Un an plus tard, il offre aux yeux incrédules des spectateurs ce fameux Creepozoids, peut-être le titre le plus connu de ce réalisateur atypique, à qui l'on doit tout de même des œuvres telles Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama, Puppet Master 3, Prey of the Jaguar, Murder Weapon et autre The Killer Eye. Réalisé avec un budget tout riquiqui d'environ 75 000$, Creepozoids est donc une série B ultra fauchée mais pétrit de bonnes intentions. Qui dit faible budget dit décors au rabais et si le scénario évoque un apocalypse nucléaire, il ne faut surtout pas vous attendre à voir des plaines désertiques ou des villes dévastés. La seule séquence se déroulant en extérieur a lieu au début du film et bien conscient de ses moyens limités, DeCoteau a tôt fait d'envoyer son casting à l'intérieur d'un bâtiment parsemé de couloirs et de pièces exiguës. Parmi les membres du casting composant le groupe de survivants, on trouve deux actrices bien connues des fans. Tout d'abord la blondinette Linnea Quigley, célèbre Scream-Queen à l'impressionnante filmographie (145 titres) qu'on découvrit dans Graduation Day, Savage Streets (avec sa copine Linda Blair), Douce Nuit Sanglante Nuit et bien sûr lors de la scène culte du fameux Le Retour des Morts Vivants de Dan O'Bannon en 85. Dans Creepozoids, elle interprète Blanca et nous gratifiera d'une petite scène sous la douche dans laquelle elle nous dévoile, comme souvent, sa charmante anatomie. L'autre actrice, c'est Ashlyn Gere, star de films X des années 90, qui apparaît ici sous son vrai nom Kim McKamy. Le reste de l'équipe se compose de Ken AbrahamMichael Aranda ou Richard L. Hawkins. S'il débute comme un film post-apocalyptique, Creepozoids devient vite un huis-clos qui lorgne du côté d'Alien le Huitième Passager. Lorgner étant d'ailleurs un faible mot, puisqu'on a même la scène du repas qui est repiquée, avec un membre du groupe qui se met à cracher du sang à foison et voit sa main se liquéfier, le maquillage étant assez réussi. Ne manque à l'appel que l'apparition d'un alien dans son ventre. Niveau monstres, on aura droit à des rats mutants et surtout à une grosse créature en caoutchouc dont le look est un peu similaire à celle du film de Ridely Scott. Imposant, ce monstre est tapi dans des conduits d'aération dont l'entrée est située sous le bureau sur lequel est posé un ordinateur, objet qui va servir plusieurs fois au court de cette aventure hors norme. Pourtant, malgré sa stature, les protagonistes du film ont un peu de mal à le voir puisqu'ils foncent tête baissée dans ses griffes ! Drôle. Tout le métrage est à l'avenant, on retiendra particulièrement cette scène hallucinante dans laquelle un des acteurs court dans un couloir entièrement vide et réussi tout de même à trébucher ! Impayable. Cerise sur le gâteau, la musique qui accompagne le film, jouée au synthétiseur bien sûr, risque de vous faire saigner les oreilles. Parmi les autres extravagances du film, impossible de passer sous silence le fameux bébé mutant qui s'extirpe de la dépouille du gros monstre précédemment cité. Avec son look assez proche de celui du film Le Monstre est Vivant de Larry Cohen, ce bébé pas particulièrement beau va bien amuser la galerie même si les effets mécaniques ne passent pas vraiment inaperçus. Malgré ses nombreux défauts qui font de Creepozoids un véritable nanar de compétition (certains dialogues valent leur pesant de cacahuètes), le film de David DeCoteau s'avère toutefois assez sympathique et divertissant, si on le prend pour ce qu'il est. Car on sent que le réalisateur a essayé de faire de son mieux malgré un budget anémique et que s'il filme cinquante fois les mêmes couloirs et les mêmes conduits d'aération, c'est qu'il n'avait pas vraiment d'autres choix à sa disposition. Dans le genre "film de couloir", on peut même dire que Creepozoids fait figure de pièce maîtresse ! C'est véritablement un classique du "mauvais film sympathique", sa courte durée faisant qu'en fait, on ne s'y ennuie pas tant que ça en plus et qu'on rigole assez souvent. Le monstre en caoutchouc fera son petit effet sur les amateurs de Craignos Monsters, tout comme notre fabuleux bébé mutant. Personnellement, j'ai bien conscience que Creepozoids n’atterrira jamais dans les dictionnaires de cinéma, mais pour ma part, si un éditeur français le sortait en DVD ou BR, je me ferais un plaisir de le revoir avec une belle image car la copie de ma VHS n'aide certainement pas à juger le film de la manière la plus convenable qui soit. Ce n'est pas qu'avoir une belle image lors des multiples scènes nocturnes hissera Creepozoids au niveau d'Alien, entendons-nous bien, mais bon, mon expérience avec Carnage (The Burning), que j'ai détesté en VHS alors que je l'ai adoré en DVD (pour les mêmes raisons : scènes nocturnes illisibles en VHS), fait que j'y jetterai volontiers un coup d'oeil, surtout quand je vois le trailer ci-dessous, dont la qualité d'image est à des années lumières de ce que moi j'ai vu. Certains trouveront ma note un peu trop généreuse mais j'assume et puis je savais à quoi m'attendre...

NOTE : 3/6



lundi 2 octobre 2017

ZEDER - LES VOIX DE L'AU-DELÀ

ZEDER - LES VOIX DE L'AU-DELÀ
(Zeder / Revenge of the Dead)

Réalisateur : Pupi Avati
Année : 1983
Scénariste : Pupi Avati, Antonio Avati, Maurizio Costanzo
Pays : Italie
Genre : Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Gabriele Lavia, Anne Canovas, Paola Tanziani, Cesare Barbetti, Bob Tonelli...


L'HISTOIRE : Dans les années 50, à Chartres. Des morts mystérieuses, apparemment dues à des phénomènes paranormaux, attisent la curiosité d'un scientifique qui va utiliser une jeune fille dotée de pouvoirs extra-sensorielles pour localiser la source du Mal. Cette dernière, en pleine transe, indique un endroit qui correspond à l'emplacement du cercueil d'un dénommé Paolo Zeder, autre scientifique qui aurait découvert des lieux aux pouvoirs occultes qui offriraient la possibilité aux défunts de revenir à la vie. Des années plus tard, Stefano, un jeune romancier, se voit offrir par sa compagne Alessandra une belle machine à écrire électrique. En voulant la réparer, Stefano découvre que le ruban encreur contient des écrits semblant avoir été rédigés par un fou. Les textes trouvés sur le ruban évoque des "terrains K" et le fait de pouvoir revenir à la vie. Intrigué, Stefano va mener son enquête pour approfondir ce sujet, tout heureux d'avoir trouvé matière pour son nouveau roman. Ses investigations vont l'amener aux travaux de Paolo Zeder...

MON AVIS : L'Italien Pupi Avati est principalement connu des amateurs de cinéma fantastique pour son célèbre La Maison aux fenêtres qui rient, qu'il réalisa en 1976. En 1983, il réalise Zeder, qui deviendra son second succès auprès des fans du genre. Le titre du film n'étant apparemment pas très vendeur pour les Américains, ceux-ci décidèrent de le rebaptiser en un Revenge of the Dead bien plus percutant, le dotant par la même occasion d'une affiche qui n'hésite pas à verser dans la surenchère outrancière avec un visuel qui ne reflète franchement pas ce qu'on trouve dans le film. Car si mort-vivant il y a bien dans Zeder, le film de Pupi Avati est avant tout un film d'ambiance et l'amateur de "zombie movie" alléché par l'extravagante affiche américaine en sera certainement pour ses frais. Mais ne vous-y trompez pas. Si Zeder - Les Voix de l'Au-delà n'est absolument pas un film d'horreur, il comblera ceux qui préfèrent être envoûtés par une atmosphère délétère, inquiétante, intrigante. L'histoire, si l'aurez remarqué, n'est pas si éloigné que ça du roman de Stephen King paru la même année : Simetierre, dont Mary Lambert fit une belle adaptation. Car dans Zeder, on parle effectivement de lieux qui peuvent faire revenir à la vie les morts qui y sont enterrés. Ces endroits sont baptisés dans le film par l’appellation étrange de "terrain K". Il n'y a pas vraiment d'explication plausible dans ce terme si ce n'est que Pupi Avati éprouve une certaine phobie envers la lettre K, qui lui rappelle l'accent des allemands durant la seconde Guerre mondiale. Ce petit aparté étant terminé, revenons à nos moutons. Zeder, après une longue séquence d'introduction qui laisse de nombreuses questions en suspens et ne manque pas d'éveiller notre intérêt (on y trouve des forces occultes, une jeune fille qui a des pouvoirs extra-sensoriels, des morts violentes...), se focalise sur Stéfano (Gabriele Lavia) et sa fiancée Alessandra (la française Anne Canovas). Ces deux héros, et principalement Stefano, vont voir leur petite vie tranquille bifurquer vers un monde de ténèbres, ou l'étrangeté le dispute à l'épouvante. L'ambiance instaurée par Avati devient de plus en plus oppressante au fur et à mesure des révélations ou des découvertes faites par ce jeune romancier. Rencontres avec des personnages louches qui se font passer pour d'autres, discussions avec des prêtres qui semblent cacher une vérité innommable et j'en passe. Innommable ai-je écrit ? Comme dans les écrits de Lovecraft ? Tout à fait mesdames messieurs ! Car Zeder aurait parfaitement pu être une adaptation issue d'un récit du maître de Providence. Par de nombreux aspects, Zeder aurait même pu être réalisé par Lucio Fulci tant l'ambiance macabre et surtout la musique de Riz Ortolani nous renvoie à certains films du maître de la poésie macabre. Les différents lieux et décors que fait visiter Pupi Avati à ses deux héros participent pleinement à la montée crescendo d'un suspense savamment dosé. Le plus impressionnant reste cet immense bâtiment abandonné, dans lequel se passe des choses pas forcément très catholiques. Bénéficiant de quelques séquences stressantes, qui ne cèdent jamais à la facilité du gore, d'idées ingénieuses et de trouvailles scénaristiques intelligentes, Zeder marque des points et dénote dans le paysage des productions fantastico-horrifiques des 80's par sa retenue dans la violence graphique. Le rythme n'est pas spécialement enlevé ou soutenu mais on ne s'y ennuie pas en tout cas. C'est vraiment un film auquel le mot "étrange" convient le mieux. N'hésitez pas à venir, vous aussi, enquêter sur ces fameux "terrains K". Kolchak, Mulder ou Scully auraient sûrement apprécié d'y être convié en tout cas !

* Disponible en combo DVD / BR chez THE ECSTASY OF FILMS

NOTE : 4,5/6




dimanche 1 octobre 2017

OPÉRA

OPÉRA
(Opera / Terreur à l'Opéra)

Réalisateur : Dario Argento
Année : 1987
Scénariste : Dario Argento
Pays : Italie
Genre : Giallo
Interdiction : -16 ans
Avec : Cristina Marsillach, Ian Charleson, Urbano Barberini, Daria Nicolodi...


L'HISTOIRE : Après un accident survenu à la cantatrice Mara Czekova, la jeune soprano Betty se voit propulser en haut de l'affiche et doit la remplacer pour les représentations de Macbeth, célèbre opéra adapté de façon plus moderne par le réalisateur Marco. Peu de temps après, Betty se voit harcelée par un psychopathe qui l'oblige à regarder les meurtres qu'il commet. L'opéra devient le théâtre de nombreux drames et l'inspecteur Santini se charge de l'enquête...

MON AVIS : Deux ans après Phénomena, Dario Argento fait son retour avec Opéra, un giallo qui a connu pas mal de difficultés lors de sa production, comme le désistement de l'actrice Vanessa Redgrave dans le rôle de la cantatrice Mara Czekova, des problèmes pour diriger Cristina Marsillach et surtout la mort d'un acteur. Le film subit également diverses coupes lors de sa sortie en vidéo, certains pays supprimant par exemple tout le final se déroulant en Suisse. Tous ces problèmes ont un peu découragé Dario Argento qui ne garde pas vraiment un bon souvenir d'Opera. L'accueil du film en Italie n'a pas non plus été très bon. En France, le film n'a pas eu les honneurs d'une sortie en salle et il ne fût disponible qu'en 1990 en vidéo sous le titre Terreur à l'Opéra. Souvent considéré par les fans comme le dernier bon film d'Argento (ce qui n'est pas mon cas), Opéra est en tout cas un film qui mérite qu"on s'y attarde, car même s'il n'a pas la puissance de Ténèbres ou de Suspiria, il démontre clairement la maîtrise de Dario Argento en terme de mise en scène, d'inventivité et de travail sur les ambiances (sonores, visuelles). Clairement, Opéra regorge de séquences au cadrage assez hallucinant qui nous laisse souvent pantois d'admiration. L'envolée des corbeaux lors du final dans l'opéra, avec cette caméra en vue subjective nous mettant dans le plumage de l'un d'eux, à la recherche du psychopathe dans l'assistance, est juste époustouflante. Et que dire de cette scène culte du tir de pistolet à travers un judas, avec vision de la balle qui s'engage dans le canon, est propulsé dedans et vient traverser ledit judas pour exploser le crâne du personnage qui regardait dedans ? Dario Argento semble avoir voulu innover, essayer des techniques propres à faire réagir de le spectateur et à lui proposer de l'inédit au niveau des plans et de l'aspect visuel. Le jeu et le travail sur les couleurs vers la fin du film renvoie à Mario Bava et on se croirait presque dans Six Femmes pour l'Assassin. On sent également les influences du roman Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux, Argento étant un grand fan de l'adaptation de 1943 avec Claude Rains. Après l'accident de la cantatrice, la charmante Betty (Cristina Marsillach) reçoit en effet un appel d'un mystérieux inconnu qui lui annonce que le rôle de Lady Macbeth va lui échoir. Impossible de ne pas penser au Fantôme de l'Opéra et de se dire que l'accident de la cantatrice n'est peut-être pas aussi anodin qu'on aurait pu le penser. Betty aurait-elle un admirateur secret qui veut la rendre célèbre ? C'est certainement le cas, sauf que ce dernier n'est pas vraiment sain d'esprit et qu'il va se lancer avec sa protégée dans un jeu teinté de masochisme et de perversion. Les séquences dans lesquelles il attache Betty et lui appose sur la paupière inférieure un morceau de scotch sur lequel sont disposés des épingles, empêchant alors la jeune femme de fermer les yeux sous peine de se déchirer les paupières, sont devenues des images-références quand on parle d'Opéra. Grâce à ce procédé on ne peut plus sadique, le mystérieux tueur portant gants et masque (figure traditionnel du giallo) va donc obliger Betty a le regarder commettre des meurtres brutaux à l'arme blanche (ciseaux de couturières, poignard...), ce qui s'avère assez malsain. Argento a stylisé les meurtres comme à son habitude et ceux-ci sont particulièrement efficaces et violents. Opéra possède également d'autres éléments typiques du giallo, à savoir une héroïne qui a des visions et des cauchemars récurrents qui semble lui évoquer son passé, le fameux trauma de l'enfance propre à de nombreux films du genre. Les coupables potentiels sont nombreux (pourquoi pas le petit ami de Betty ou bien le metteur en scène ou bien la couturière qui ne peut pas blairer le metteur en scène ou bien l'assistante de Betty ou bien...?) et Argento prend le temps de les mettre en avant chacun leur tour pour mieux nous perdre dans les méandres de son scénario tortueux. Il apporte aussi de la modernité à l'ensemble en utilisant, comme il l'avait fait dans Phénoména, de la musique hard-rock tout aussi bien que de la musique symphonique. Bénéficiant d'un suspense correct (la scène dans l'appartement de Betty est assez stressante), d'un rythme posé mais jamais ennuyeux, Opéra fait vraiment preuve d'une belle maestria au niveau de la mise en scène et s'avère un spectacle des plus corrects. Personnellement, je trouve que la scène finale en Suisse n'apporte pas grand chose et qu'on aurait effectivement pu s'en passer. Surtout que visuellement, elle dénote avec le reste et apparaît comme une pièce rapportée. Le scénario en lui-même n'est pas mauvais, loin de là, mais il aurait pu être encore plus travaillé, tout comme certains personnages. Les réactions de Betty après les meurtres sont à ce titre assez incroyables car la jeune femme ne semblent pas vraiment en être émue ou choquée plus que ça. Mais ces quelques défauts, certes un peu gênant parfois, surtout pour ceux qui ne connaîtraient pas la filmographie de Dario Argento, ne viennent pas vraiment gâcher le plaisir ressenti lors de la vision du film. Bien plus qu'un film mineur, Opéra est une oeuvre attachante, ambitieuse, visuellement superbe, qui flirte souvent avec l'excellence mais aussi avec le moins bon. Une oeuvre un peu hybride en fait, sorte de ligne de démarcation entre le cinéma d'avant et le cinéma d'après de son réalisateur. Une oeuvre à redécouvrir et à réévaluer en tout cas !

* Disponible en combo BR / DVD chez LE CHAT QUI FUME. Comme d'habitude, superbe packaging, bonus à gogo et image luxueuse qui rend hommage au travail du chef opérateur. 

NOTE : 4/6