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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




lundi 31 décembre 2018

TOXIC AVENGER 2

TOXIC AVENGER 2
(The Toxic Avenger part 2)

Réalisateur : Michael Herz, Lloyd Kaufman
Année : 1989
Scénariste : Gay Partington Terry, Lloyd Kaufman
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Gore
Interdiction : -12 ans
Avec : John Altamura, Phoebe Legere, Rick Collins, Rikiya Yasuoka, Mayako Katsuragi...


L'HISTOIRE : Toxie vit paisiblement avec Claire, sa petite amie aveugle. Mais il s’ennuie car il n'y a plus aucune criminalité à Tromaville et ses journées lui paraissent bien longues. Sa psychiatre lui apprend que ses problèmes seraient résolus s'il retrouvait son père, qui vivrait au Japon. Tout heureux à l'idée de retrouver le moral, Toxie décide de rejoindre le Japon en planche à voile afin de retrouver son père disparu. Son départ pour le Japon est en fait un stratagème d'Apocalypse Inc. dont les dirigeants ont pour but de régner en maître sur Tromaville et de réintroduire la criminalité et la pollution...

MON AVIS : Bon, comment est-ce possible ? Comment les deux créateurs du Toxic Avenger, Michael Herz et Lloyd Kaufman pour les citer, ont-ils pu foirer cette suite de leur film culte de 1984 ? Déjà, la petite amie de Toxie n'est plus interprétée par Andree Maranda mais par la bimbo Phoebe Legere. Pourquoi pas si l'actrice n'était pas disponible, même si le charme et la fragilité d'Andree collait bien plus au rôle je trouve. Mais alors, POURQUOI l'avoir appelé Claire et pas Sara comme dans le premier Toxic Avenger ??? Déjà là, j'étais énervé devant mon écran. Bref, passons ce détail à forte irritabilité pour nous pencher plus en avant sur ce Toxic Avenger 2. La question qu'on se pose tous quand on enclenche cette suite, c'est "est-ce que ça va être aussi gore et jouissif que l'original ?". Pas de bol, la réponse est non. Un gros non en plus en ce qui me concerne. Pourtant, Lloyd Kaufman a bénéficié d'un budget plus conséquent que sur le premier film, puisque des investisseurs japonais ont participé à son financement, étant devenu fan du personnage de Toxie et désirant le voir débarquer dans leur pays. Ce qui explique que notre vengeur toxique débarque au pays du Soleil Levant avec une explication scénaristique bidon : son père disparu vivrait là-bas ! Seulement, on n'a franchement pas l'impression de voir l'argent à l'écran. Là où Toxic Avenger avait un vrai rendu cinéma, un scénario pas plus bête qu'un autre, une mise en scène des plus corrects et des acteurs motivés qui s'en sortaient franchement bien, Toxic Avenger 2 donne l'impression d'avoir été filmé au caméscope, de se servir de la population locale comme casting et surtout, d'être en totale roue-libre niveau mise en scène. Une fois Toxie débarqué au Japon, l'ennui prend rapidement le pas et ce n'est pas les combats préparés par un apprenti-chorégraphe qui vont venir changer la donne. C'est mou du genou et on se demande vraiment si c'est bien le duo Herz / Kaufman qui est derrière la caméra. Comble de la déception, le gore ultra généreux du premier épisode a quasiment disparu, si ce n'est une ou deux séquences qui rappellent à notre mémoire les excès sanglants de la première aventure de Toxie, comme ce personnage broyé dans un fauteuil roulant ou cette jambe découpée à grand coup de hachoir. Peut-être est-ce une volonté de Lloyd Kaufman de mettre la pédale douce sur le gore afin de toucher un public bien plus large ? Il faut dire que la mise en chantier de Toxic Avenger 2 a également permis à la firme Troma de lancer sur le marché toute une série de produits dérivés à l'effigie de Toxie (tee-shirt, porte-clé, mug, masque et même un dessin-animé...) ce qui pourrait expliquer ce relâchement aux niveau des effets gores. L'humour potache est par contre bien présent mais dans l'ensemble, il tombe aussi à l'eau et ne fera pas souvent sourire. Les gags sont du domaine du slapstick, Lloyd Kaufman étant un fan de Buster Keaton, Mel Brooks et autre Jerry Lewis, mais ça ne fonctionne pas vraiment ici. On a pourtant des tas de personnages bien azimutés et utilisant le folklore japonais, comme des ninjas, des sumos ou des méchants maquillés comme les acteurs du théâtre Kabuki par exemple. C'est sûr que certains combats versent ouvertement dans le délire assumé, comme lorsque Toxie transforme un nain noir en balle de basket et marque un panier avec ou lorsqu'il prépare une soupe dans un jacuzzi. Mais ces petits traits de génie sont éparpillés dans un long-métrage guère passionnant et qui possède un côté amateur assez dérangeant, qui tire le film vers le bas. Tout n'est pas à jeter dans Toxic Avenger 2 bien sûr, le charisme du héros toxique se chargeant de nous faire tenir jusqu'à la fin du film. Mais on ne peut que sortir déçu du visionnage après l'uppercut qu'était le premier Toxic Avenger. Espérons que Toxic Avenger 3, que je n'ai jamais vu, redresse la barre mais d'après les quelques avis que j'ai lu ici et là, ça n'a pas l'air d'être le cas...

* Disponible en combo DVD / BR chez BACH FILMS



dimanche 30 décembre 2018

LES SIRÈNES D'ATLANTIS

LES SIRÈNES D'ATLANTIS
(Siren of Atlantis / L'Atlantide)

Réalisateur : Gregg G. Tallas, John Brahm, Arthur Ripley
Année : 1949
Scénariste : Robert Lax, Rowland Leigh
Pays : Etats-Unis
Genre : Aventure
Interdiction : /
Avec : Maria Montez, Jean-Pierre Aumont, Dennis O'Keefe, Henry Daniell, Alexis Minotis...


L'HISTOIRE : Retrouvé à moitié mort dans le désert du Sahara, le lieutenant André Saint-Avit doit rendre des comptes à son commandement. Il explique que lui et son ami, le capitaine Jean Morthague, ont découvert la cité antique de l'Atlantide, perdue au cœur du Sahara. Leur rencontre avec la reine Antinea, aussi belle que cruelle, a bouleversé leur existence et leur amitié...

MON AVIS : Le mythe de l'Atlantide a inspiré de nombreux écrivains et réalisateurs. Le récit le plus célèbre est dû à Pierre Benoit, écrivain français qui rédigea en 1919 le roman L'Atlantide qui connût un succès phénoménal en France et donna lieu à diverses adaptations cinématographiques. On peut citer par exemple L'Atlantide de Jacques Feyder (1921), L'Atlantide de Georg Wilhelm Pabst (1932), L'Atlantide de Edgar G. Ulmer et Giuseppe Masini (1961) ou L'Atlantide de Bob Swaim (1992). D'autres films ont utilisé l'Atlantide comme thème principal, comme Hercule à la conquête de l'Atlantide (1961), Atlantis, terre engloutie de George Pal (1961), Goldocrack à la conquête de l'Atlantide (1965), Les Sept Cités d'Atlantis (1978), Atlantide, l'empire perdu (2001) ou plus récemment Aquaman (2018) par exemple. En 1949, le roman de Pierre Benoit va servir de base au film Siren of Atlantis, diffusé au cinéma en septembre 1949 en France sous le titre de L'Atlantide et qui se voit re-titrer Les Sirènes d'Atlantis pour sa sortie DVD chez Artus Films. Film d'aventure qu'on regardera avec un brin de nostalgie certain, Les Sirènes d'Atlantis vaut principalement pour son actrice principale, la charmante Maria Montez, qui interprète ici la reine Antinea. Un personnage ambigu, sorte de femme fatale de film noir dont la beauté envoûte littéralement tous les aventuriers trouvant l'entrée de son royaume. Un envoûtement réellement total, qui conduit les nouveaux amoureux jusqu'à la folie quand Antinea se choisit un nouvel amant. Une situation que va vivre le personnage principal interprété par le français Jean-Pierre Aumont, qui n'est autre à l'époque que le mari à la ville de Maria Montez et le père de la non moins jolie Tina Aumont. Facile pour lui donc de jouer avec les sentiments amoureux et de sombrer dans la dépression quand le personnage joué par sa vraie femme le délaisse pour son meilleur ami, interprété par Dennis O'Keefe. Le film se consacre donc principalement à montrer comment Antinea joue avec les hommes, à les vampiriser de toute leur énergie pour n'en faire plus que des loques humaines, les entraînant dans une déchéance souvent fatale. Les Sirènes d'Atlantis n'est pas loin d'être un huis-clos, n'ayant que très peu de scènes filmées en extérieur. Ce n'est absolument pas une grosse production qui avait des moyens pharaoniques pour représenter la cité de l'Atlantide. On peut même dire, sans être méchant, que les décors sont très pauvres et que niveau dépaysement, on a vu largement mieux dans le genre et dans les autres adaptations. Les péripéties ne sont pas très nombreuses non plus et au final, c'est bel et bien le charisme de Maria Montez, morte prématurément à 39 ans, le 7 septembre 1951, en France, qui fait tout l'intérêt de ce film d'aventure qui aurait sûrement sombré dans l'anonymat si l'actrice principale avait été une parfaire inconnue. Il faut tout de même signaler que Les Sirènes d'Atlantis a eu une gestation assez chaotique puisque pas moins de trois réalisateurs se sont attelés à la tâche. Le film fût débuté par Arthur Ripley, des scènes additionnelles furent tournées par John Brahm et c'est le monteur Gregg G. Tallas qui du réussir à se dépatouiller avec tout ça et qui fut crédité également en tant que réalisateur au générique. On parle même d'une participation de Douglas Sirk mais sans certitude. Malgré ces déboires, le film a le mérite d'exister et s'avère une petite friandise rétro pas déplaisante, qui nous rappelle les films diffusés lors de La dernière Séance ou du Cinéma de Minuit.

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS 



ROLLERBALL

ROLLERBALL
(Rollerball)

Réalisateur : Norman Jewison
Année : 1975
Scénariste : William Harrison
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Science-fiction, Action
Interdiction : -12 ans
Avec : James Caan, John Houseman, John Beck, Maud Adams...


L'HISTOIRE : Dans un futur proche, la société est contrôlée par des corporations qui gèrent la vie des citoyens. Les guerres, la pauvreté et la misère ont disparu, tout comme la violence. Cette dernière s'exprime désormais à travers un sport, le Rollerball, dont l'icône se nomme Jonathan E. Ce dernier est convié par l'un des dirigeants influents de la corporation afin de statuer sur sa fin de carrière dans le Rollerball. Une décision que ne comprend pas Jonathan, qui va tout faire pour avoir des explications. Sa rébellion inquiète les dirigeants...

MON AVIS : Quand les deux premiers Hunger Games sont sortis sur les écrans, tout le monde a clamé haut et fort que l'influence majeure était Battle Royale. Personnellement, si je ne nie pas que le film de Kinji Fukasaku a certes des échos dans le jeu même du Hunger Games, j'ai toujours considéré cette saga comme étant une variation moderne du Rollerball de Norman Jewison. Limiter l'influence à Battle Royale serait faire totalement abstraction du côté politique présent dans les adaptations et les romans de Suzanne Collins. Un aspect politique qu'on retrouve totalement dans Rollerball et dont la saga Hunger Games reprend le concept même : à savoir une société entièrement gérée par le pouvoir en place (les corporations dans Rollerball, Panem dans Hunger Games), privant son peuple de sa liberté tout en lui apportant un certain confort et le contrôlant par un jeu abject et mortel, issu des joutes romaines et des combats de gladiateurs. Dans les deux cas, un simple individu (Jonathan dans Rollerball, Katniss dans Hunger Games) va vouloir reprendre le contrôle de sa vie et va devenir une icône pour la population, créant ainsi la panique au sein du pouvoir qui voit sa suprématie être remise en cause et devant faire face à un début de révolte. Car le film culte de Norman Jewison, réalisé en 1975, n'est rien d'autre que ça : une parabole futuriste nous mettant en garde contre un pouvoir voulant tout contrôler (la vie des gens, les livres ou les données auxquels ont peut avoir accès...) et qui nous apparaît, en 2018, pas si éloigné que ça de la triste réalité. Prophétiques Norman Jewison et le scénariste William Harrison, auteur de la nouvelle Roller Ball Murders à l'origine du film ?  Assurément. On est pas loin du 1984 d'Orwell ou du THX 1138 de George Lucas. Evidemment, lorsque j'ai vu Rollerball pour la première fois, le 29 mars 1983, lors d'une diffusion à la télévision sur Antenne 2, j'étais un ado de 9 ans qui n'a pas du tout compris cet aspect politique et qui ne voulait voir qu'une chose : des matchs de Rollerball. Je pense même que j'ai du trouver assez chiant tout ce qui se passe entre les trois matchs mettant en vedette James Caan, John Beck et une dizaines de cascadeurs professionnels qui font des merveilles, que ce soit à moto ou en rollers. Ce n'est que bien plus tard que j'ai pris un réel intérêt à m'intéresser aux séquences "hors matchs", qui font de Rollerball ce qu'il est : un chef-d'oeuvre de la dystopie, un film à la modernité incroyable (surtout à l'époque bien sûr mais honnêtement, il n'a quasiment pas pris une ride pour ma part), à la mise en scène inspirée (on pense à Orange Mécanique de Kubrick quand Jonathan se rend dans les immeubles de la corporation, avec un souci de la symétrie équivalent) et aux scènes de violence percutantes. En 1975, pas d'images de synthèse, il faut mouiller le maillot et ce n'est pas la crème des cascadeurs, engagés par Norman Jewison, qui vont dire le contraire. Après une préparation intensive au côté des acteurs pour apprendre le roller et gérer les motos, c'est le baptême du feu sur cette piste ronde, référence aux arènes romaines et reconstituée dans le stade olympique de Munich. La petite particularité, à laquelle ne s'attendaient pas les cascadeurs, c'est que la piste est inclinée, ce qui augmente la difficulté à se mouvoir dessus. Mais l'implication des cascadeurs est telle que le tournage peut avoir lieu et que le Rollerball peut prendre vie à l'écran. Ce sport inédit, qui puisse ses sources aussi bien dans le roller-derby que dans le hockey sur glace, nous offre un divertissement ultra-violent totalement original, tant est si bien qu'au final, on aurait envie qu'il existe pour de vrai. Boule en acier projetée à toute vitesse, gants cloutés pour frapper les adversaires et surtout une quasi absence de règles font que tous les coups sont permis, comme dans Bloodsport (oui je sais, la référence était facile). Enfin si, il y a des règles au départ, et même des pénalités pour des comportements trop violents ou pas très respectueux. Mais face au refus de Jonathan de se plier aux ordres du pouvoir, les dirigeants des corporations vont faire évoluer les règles à leur façon, histoire que la menace incarnée par Jonathan soit éliminée, si possible, durant un match. L'apogée aura lieu durant l'ultime match des championnats du monde, dans lequel il n'y a plus aucune pénalité et dont la durée est illimitée. En clair, il ne peut en rester qu'un (comme dans Highlander ou... Battle Royale bien sûr !) et ce match à mort aura de sérieuses conséquences, pour Jonathan comme pour les corporations. Car à défaut d'éradiquer le champion qui a conquit le cœur du public et du monde entier via une retransmission planétaire, cet ultime match sera, on le suppose, le déclencheur de la future révolte qu'on ne verra pas mais qui semble tellement logique. Le Rollerball devait servir l'équipe et priver les joueurs de tout individualisme. Avec Jonathan E., l'effet recherché par le pouvoir a lamentablement échoué. Lors de sa sortie en 1975, Rollerball a choqué le public par sa violence, toujours bien présente même si elle nous apparaîtra amoindrie vis a vis de l'époque actuelle. Le public de l'époque n'a retenu que cet aspect du film alors qu'il n'est que secondaire. Toujours est-il que les coups font mal et que les chutes ne sont en rien simulées. Le fait que la caméra réussisse à s'introduire sur la piste, au plus près de ces gladiateurs modernes, renforcent l'impact des affrontements et nous place au cœur de l'action. La mise en scène virtuose finit de nous emporter avec elle et enterre à mille lieues l'affreux remake de 2002. Définitivement un très grand film que le Rollerball de Norman Jewison ! Pour conclure, un détail que je trouve intrigant : je ne sais pas si Norman Jewison est fan de la série télévisée culte Le Prisonnier ou même s'il a vu cette dernière, qui date de la fin des années 60 mais je ne pense pas que Jonathan porte le N°6 involontairement. Car on ne pouvait pas choisir meilleur numéro comme symbole du refus de la privation de sa liberté...  

* Disponible en DVD et BR COLLECTOR chez L'ATELIER D'IMAGES

LE BLU-RAY
Magnifique transfert HD qui nous permet d'apprécier le film dans des conditions optimales.
L'édition BR est proposée dans un superbe steelbook et nous offre une multitude de bonus, tous plus intéressants les uns que les autres :
- Retour dans l'arène : les coulisses du tournage
- De Rome à Rollerball : la boucle est bouclée
- Bandes-annonces originales
- Commentaire audio du réalisateur Norman Jewison
- Les motards : Craig R. Baxley évoque les cascades à moto dans Rollerball
- La 4ème ville : tourner Rollerball à Munich
- Jeu sanglant avec James Caan
Une édition à posséder impérativement !


samedi 29 décembre 2018

TOXIC AVENGER

TOXIC AVENGER
(The Toxic Avenger)

Réalisateur : Michael Herz, Lloyd Kaufman
Année : 1984
Scénariste : Joe Ritter
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Gore, Super-héros
Interdiction : -12 ans
Avec : Andree Maranda, Mitch Cohen, Jennifer Babtist, Mark Torgl, Gary Schneider...


L'HISTOIRE : Souffre-douleur des membres d'un club de remise en forme, Melvin Junko est victime d'une mauvaise plaisanterie concoctée par Bozo, Slug, Wanda et Julie. Le pauvre garçon est obligé de se défenestrer pour échapper à une foule moqueuse et il atterrit dans une cuve de produit chimique, ce qui va avoir une conséquence inattendue sur son physique de gringalet. De retour chez sa mère, son corps va subir une mutation et Melvin va se transformer en un monstre à la force herculéenne. Il va alors s'employer à éradiquer tous les méchants de la ville de Tromaville, tout en se vengeant de Bozo et sa bande...

MON AVIS : Avec son affiche haute en couleur et son slogan accrocheur nous indiquant qu'on est en présence du "premier film gore 100% comique", Toxic Avenger a de quoi intriguer l'amateur de film d'horreur qui se demande bien à quel spectacle il va avoir droit ici. Petite production US de la firme Troma, société fondée dans les années 70 et qui n'avait pas encore acquis sa célébrité légendaire en cette année 1984, Toxic Avenger s'érigea rapidement en film culte auprès des aficionados et son aura est toujours aussi présente à ce jour, pour preuve le sublime coffret contenant les 4 épisodes de la saga que vient d'éditer Bach Films en cette fin d'année 2018. Il faut dire que le film de Michael Herz et de Lloyd Kaufman a tout pour plaire et qu'il a de solides arguments pour ravir l'amateur de films décérébrés qui n'ont pas peur d'en faire trop et de verser dans le trash et le mauvais goût assumé. Déjà, le slogan cité plus haut dans cette chronique est tout à fait exact et ne ment pas sur la marchandise : on est bien en présence d'un film gore qui verse ouvertement dans la comédie noire et l'humour trash. Drôle, Toxic Avenger l'est assurément sous peu qu'on apprécie ce type d'humour irrévérencieux qui s'autorise pas mal d'excès. Je pourrais réécrire la même phrase concernant l'aspect gore du film, bien présent lui aussi. Certes, on est pas au même niveau que les films gores allemands d'Olaf Ittenbach par exemple mais l'amateur de barbaque et de tripailles trouvera de quoi rassasier sa soif d'hémoglobine et d'effets-spéciaux horrifique. Car le vengeur toxique n'y va pas par quatre chemins quand il s'agit de liquider des méchants ou des voyous : arrachage de bras, mains plongées dans de l'huile bouillante, doigts enfoncés dans les yeux, nez éclaté à coup de coude, coup de poing dans le ventre faisant ressortir les tripes, visage passé au mixeur, calottes crâniennes fracassées, tête broyée par les poids d'un appareil de musculation sont une partie des nombreuses réjouissances qui attendent le spectateur, hilare devant tant de bonne volonté à exterminer son prochain par la plus ignoble des manières. Des atrocités filmées avec moult détails mais toujours placées sous le signe de l'humour, ce qui rend le spectacle totalement jouissif et supportable. Outre les effets gores de bonne qualité, Toxic Avenger marque des points avec sa cohorte de personnages tous plus débiles les uns que les autres. Le pauvre Melvin est joué par Mark Torgl, acteur au faciès étonnant qu'on n'oubliera pas de sitôt, tout comme le quatuor infernal composé par Bozo (Gary Schneider), Slug (Robert Prichard), Julie (Cindy Manion) et la sexy Wanda (Jennifer Babtist), quatre psychopathes en puissance qui nous offriront la séquence anthologique dans laquelle un malheureux garçon à vélo va avoir le malheur de croiser leur chemin. Je n'en dis pas plus pour ceux qui n'auraient pas encore vu le film mais ça vaut son pesant de cacahuètes ! On trouve ensuite le maire de Tromaville (Pat Ryan), personnage répugnant, véritable ripou dont le seul but est de s'enrichir en trafiquant de la drogue et autres substances illicites. A ses côtés, le chef de la police, à l'accent allemand bien prononcé, une caricature du militaire dans toute sa splendeur qui nous rappelle le célèbre personnage du Dr. Folamour. Et puis, il y a la racaille de Tromaville, qui représente sûrement le plus gros de la population, et dont le plus beau représentant est le bien nommé "cigare fêlé (Dan Snow). L'érotisme est bien évidemment présent dans ce long-métrage Troma : Wanda et Vickie nous gratifieront de leurs charmes, alors que la caméra s'attardera longuement sur les maillots des membres féminines du club de sport. Le rythme du film est très soutenu et on ne s'ennuie pas une seconde. La séquence de combat dans le restaurant est excellente et très dynamique. La folle poursuite en voiture entre le vengeur toxique et un Bozo qui pète les plombs en fera rire plus d'un ("donne moi ce volant, donne moi le volant !!" crise de rire assurée). Cerise sur le gâteau, l'amour n'est pas absent du film et notre super-héros toxique fera chavirer le cœur de Sara (Andree Maranda), une jeune aveugle qui trouvera son justicier "très beau". Une romance très fleur bleue, sujette à du comique de situation qui fonctionne très bien. Avec une durée de 82 minutes environ, Toxic Avenger remplit son cahier des charges et laisse une empreinte indélébile dans la mémoire. J'ai encore pris mon pied en le revisionnant une énième fois pour vous donner mon avis dans cette chronique et franchement, le film fonctionne toujours à plein régime. Jamais ennuyeux, toujours aussi fun et déjanté, ce premier volet est une pure réussite, une série B qu'on prend un plaisir monstre à voir et à revoir. Le fleuron du catalogue Troma !

* Disponible en coffret DVD / BR chez BACH FILMS

LE BR DU FILM :
Superbe copie du film (VF + VOSTF) qui offre une image lumineuse et qui conserve le grain original. Quelques petites tâches de temps à autre mais pour ma part, je n'avais jamais vu le film avec une telle qualité. Bravo pour cette édition bardée de bonus, dont :
- une introduction Christophe LEMAIRE
- une introduction Bluray par Lloyd KAUFMAN
- Behind the scene (diaporama).
- Film annonce.
- Interview Mark TORGL
- Interview Jennifer BABTIST
- Interview Dan SNOW
- Interview Michael HERZ
- Interview Mitch COHEN
- Interview Robert PRICHARD 

vendredi 28 décembre 2018

AVENGERS - INFINITY WARS

AVENGERS - INFINITY WARS
(Avengers : Infinity Wars)

Réalisateur : Anthony Russo, Joe Russo
Année : 2018
Scénariste : Stephen McFeely, Christopher Markus
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Super-héros
Interdiction : /
Avec : Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Chris Evans, Mark Ruffalo, Scarlett Johansson...


L'HISTOIRE : Le titan Thanos est en quête des pierres d'infinité afin d'obtenir le pouvoir ultime. Face à cette terrible menace qui risque d'entraîner la destruction de l'univers tout entier, les Avengers vont devoir faire appel à tous leurs alliés ainsi qu'à divers super-héros prêts à apporter leur soutien et à mener le combat de la dernière chance...

MON AVIS : Honnêtement, les deux premiers Avengers ne m'ont pas séduit plus que ça. Je n'ai même pas réussi à regarder le second chapitre, L’ère d'Ultron, en entier alors que j'ai adoré les épisodes de la saga Captain America (surtout Le Soldat de l'Hiver, une pure bombe du cinéma d'action), les deux Gardiens de la Galaxie ou Dr. Strange par exemple. C'est donc un peu réticent que je me suis embarqué dans les 2h30 de Avengers - Infinity Wars, néanmoins rassuré par le très bon accueil global que ce troisième volet a reçu auprès des fans. Effectivement, Infinity Wars surclasse aisément L'ère d'Ultron et offre aux super-héros Marvel un superbe écrin qui les met quasiment tous en valeur, avec un petit bémol pour Captain America, nettement moins iconique que d'habitude et avec un temps de présence à l'écran revu à la baisse. La seconde partie du film, prévue pour 2019, rectifiera peut-être le tir. Toujours est-il qu'Infinity Wars est un sacré divertissement, qui ne mise pas tout sur une action frénétique en plus, ce qui est tout à son honneur. Des combats, il y en a pourtant pas mal, rassurez-vous, mais l'action reste lisible, même durant l'assaut gigantesque au Wakanda, patrie de Black Panther. Bénéficiant d'effets-spéciaux franchement renversants, Infinity Wars nous fait voyager sur Terre et à travers la galaxie, nous offrant des paysages diversifiés, magnifiques de réalisme. On en prend plein la vue, c'est peu de le dire. Film-somme de l'univers Marvel, je pensais qu'on allait frôler l'overdose de personnages puisqu'on en dénombre plus d'une vingtaine sur l'affiche. Pourtant, la cohabitation se passe très bien, tous les héros n'étant pas réunis au même moment la plupart du temps, ce qui fait qu'on évite l'indigestion. Les grands gagnants sont pour ma part les Gardiens de la Galaxie, toujours aussi drôles. Les prouesses du Dr. Strange sont toujours aussi époustouflantes (un peu moins que dans le film unique qui lui est consacré), Tony Stark est fidèle à lui-même bien qu'un peu plus sérieux face à la nouvelle menace représenté par Thanos. Le reste de l'équipe apporte un petit plus non négligeable et personne n'est laissé de côté, chacun bénéficiant de séquences le valorisant. Certes, on a parfois l'impression d'assister à un film à sketch, avec plusieurs histoires diverses trouvant finalement un lien, un fil conducteur entre-elles. Mais c'est franchement bien fait et ça passe comme une lettre à la poste. Thanos, parlons-en puisqu'il tient littéralement le film sur ses épaules. Josh Brolin est juste parfait sous son maquillage et donne à ce terrifiant personnage toute une palette émotionnelle auquel je ne m'attendais pas. C'est d'ailleurs l'un des points forts d'Infinity Wars : si le film joue sur le registre de l'action et de l'humour, les deux réalisateurs lui ont également injecté une dramaturgie bienvenue, sublimée par l'excellente partition musicale d'Alan Silvestri. On a ainsi plusieurs scènes assez intenses en terme d'émotions, qui trouveront leur apogée lors d'un final terriblement nihiliste et qui nous laisse la gorge sèche et les mains moites. Qui plus est, sans être exceptionnelle non plus, l'histoire même du film tient la route et se montre intéressante, plus mature, plus adulte. Non vraiment, Avengers - Infinity Wars est un film surprenant à bien des égards et il remplit parfaitement son contrat, à savoir nous émerveiller, nous divertir, nous faire ressentir des émotions. J'ai même hâte d'être en 2019 pour découvrir la suite, preuve que le film a fonctionné sur moi. Du très bon boulot, bien joué les Russo ! Après 18 films sur une dizaine d'années, on pensait que la fin des films de super-héros était proche mais Infinity Wars vient remettre les pendules à l'heure. Ah oui, dernière chose, merci d'avoir fait jouer Peter Dinklage dans le film ! 


CHATS ROUGES DANS UN LABYRINTHE DE VERRE

CHATS ROUGES DANS UN LABYRINTHE DE VERRE
(Gatti Rossi in un Labirinto di Vetro / Eyeball)

Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1975
Scénariste : Félix Tusell, Umberto Lenzi
Pays : Italie, Espagne
Genre : Giallo
Interdiction : -12 ans
Avec : Martine Brochard, John Richardson, Ines Pellegrini, Andrés Mejuto, Mirta Miller...


L'HISTOIRE : Un groupe de touristes américains parcourt les routes lors d'un voyage organisé en Espagne. Au cours d'une escale à Barcelone, une jeune femme du cru est assassinée. Quand on la découvre, l'œil gauche énucléé, l'image saisissante renvoie les touristes à un crime identique commis un an plus tôt à Burlington. Bientôt, c'est l'une des Américaines qui succombe sous les coups du maniaque. Pour le commissaire Tudela, le groupe de touristes est forcément lié aux crimes. Mark Burton, quant à lui, commence petit à petit à soupçonner que sa femme puisse être la coupable. Insaisissable, le tueur continue à frapper...

MON AVIS : Le réalisateur italien Umberto Lenzi, célèbre entre autres pour avoir été le premier à mettre en scène un film de cannibales avec Cannibalis en 1972, a déjà touché au genre du giallo dès 1969 avec Une folle envie d'aimer et Si Douces, si Perverses. Il récidivera dans le genre avec Paranoïa (1970), Meurtre par Intérim (1971), Le Tueur à l'Orchidée (1972), Il Coltello di Ghiaccio (1972) ou bien encore Spasmo (1974). Sa dernière participation dans le giallo se fera avec le film dont on va parler ici, à savoir Chats Rouges dans un Labyrinthe de Verre, qu'il réalise en 1975. Avec ce film, Lenzi a un but bien précis : il ne veut pas refaire ce qui a déjà été fait et surtout, il veut s'éloigner de l'archétype du tueur psychotique des films de psycho-killers. Il va alors soigner le scénario, rédigé avec l'aide du producteur Félix Tusell, et tenter de donner une vraie profondeur, une vraie motivation psychologique aux agissements de son maniaque, adepte de l'énucléation de l’œil gauche sur ses victimes. Afin de se différencier de la production giallesque de l'époque, Lenzi va, dans Chats Rouges dans un Labyrinthe de Verre, jouer avec les codes du genre, à savoir présence d'un mystérieux assassin, plusieurs coupables potentiels, une enquête menée par un commissaire sympathique, un peu d'érotisme, un casting féminin sexy (dont les très belles Mirta Miller et Ines Pellegrini) et des meurtres brutaux, tout en s'en éloignant ou en faisant preuve d'originalité puisqu'on n'aura quasiment aucune scène nocturne ou jeu d'ombre censés faire naître le suspense, mais au contraire une multitude de scènes filmées en plein jour et dans lesquelles l'assassin frappe quand même. On citera par exemple le premier meurtre mais aussi celui qui se passe au beau milieu d'une foule, séquence assez marquante car les passants semblent totalement désintéressés par cette pauvre femme qui vient de se faire larder de coups de poignard. Lenzi le dit lui-même, Chats Rouges dans un Labyrinthe de Verre se veut avant tout un Whodunit, un film d'enquête dans lequel des indices sont disséminés tout au long du film pour que le public puisse mener ses propres investigations. Même si la thématique du giallo est bien présente, on est bel et bien en présence d'un film dont la construction et l'élimination progressive des personnages principaux renvoient à des œuvres comme Cluedo ou Un Cadavre au Dessert avec tout de même beaucoup moins d'humour. Cette note d'intention de la part de Lenzi pourra déstabiliser l'amateur de giallo pur et dur qui aura le sentiment d'être en terrain connu... sans vraiment l'être ! C'est ce qui fait tout le charme et l'intérêt de Chats Rouges dans un Labyrinthe de Verre, titre, on ne peut plus poétique que peu de personne ont compris à l'époque et que Lenzi explique comme ceci : les chats rouges (ou "roux") représentent tous les protagonistes principaux qui se verront vêtus d'un habit de pluie rouge à un moment du film et le labyrinthe de verre équivaut au bus qui les emmène à travers la ville. Parmi les acteurs qu'on retient dans ce film, on citera la française Martine Brochard qui s'en sort très bien, tout comme George Rigaud (qu'on a vu également dans Les Rendez-Vous de Satan, édité par Le Chat qui Fume) ou Andrés Mejuto qui joue un savoureux commissaire. Petit bémol par contre pour l'acteur principal John Richardson qui semble bien fade comparé à ses petits camarades. Si l'érotisme, élément quasi indispensable d'un giallo, se veut feutré et très sage ici, avec quelques petites touches de-ci de-là, les meurtres sont par contre assez violents, toute proportion gardée, et la vision des visages privés de leur œil gauche est assez réussie. Le meurtre qu'on retiendra tous est évidemment celui se déroulant à l'intérieur d'un train-fantôme et qui est visuellement superbe. Il inspirera d'ailleurs le visuel d'une des affiches du film, visuel qu'on retrouve sur l'édition du Chat qui Fume et qui est magnifique (le visuel comme l'édition !). Sans être un excellent giallo, Chats Rouges dans un Labyrinthe de Verre fait tout de même le job, nous fait profiter des superbes paysages de Barcelone et se montre divertissant à défaut d'être passionnant. On pourra reprocher au film des situations pas toujours très crédibles (les personnages n'ont pas l'air effrayés plus que ça par les morts qui s'accumulent dans leur rang...) mais dans l'ensemble, on passe un bon moment et les qualités du film parviennent à estomper ses défauts. Cette tentative d'approche différente du genre, un peu atypique, mérite d'être découverte de toute façon.

LE DVD / BR DU CHAT QUI FUME
Je me répète à chaque fois, mais que dire de négatif sur les éditions du Chat qui Fume ? Superbe digipack présenté dans un fourreau au splendide visuel, qualité d'image bien présente qui illumine nos rétines, VOSTF seulement (le film étant inédit en France) et bonus intéressant, avec entretien de 24 minutes avec Umberto Lenzi ou une interview de Martine Brochart (17 min.) Francis Barbier nous dévoile ses 3 gialli préférés et nous dresse une petite rétrospective de l'évolution du genre. Le tout se termine par des bandes-annonces. What else ?

* Disponible en combo DVD / BR chez LE CHAT QUI FUME 


jeudi 27 décembre 2018

LES ANIMAUX FANTASTIQUES

LES ANIMAUX FANTASTIQUES
(Fantastic Beasts and Where to Find Them)

- Visionné en Blu-Ray 3D -

Réalisateur : David Yates
Année : 2016
Scénariste : J.K. Rowling
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec : Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Alison Sudol, Colin Farrell, Dan Fogler...


L'HISTOIRE : New York, 1926. Le monde des sorciers est en grand danger. Une force mystérieuse sème le chaos dans les rues de la ville : la communauté des sorciers risque désormais d'être à la merci des Fidèles de Salem, groupuscule fanatique des Non-Maj’ (version américaine du "Moldu") déterminé à les anéantir. Quant au redoutable sorcier Gellert Grindelwald, après avoir fait des ravages en Europe, il a disparu et demeure introuvable. Ignorant tout de ce conflit qui couve, Norbert Dragonneau débarque à New York au terme d'un périple à travers le monde : il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques dont certaines sont dissimulées dans les recoins magiques de sa sacoche en cuir – en apparence – banale. Mais quand Jacob Kowalski, Non-Maj’ qui ne se doute de rien, libère accidentellement quelques créatures dans les rues de la ville, la catastrophe est imminente. Il s'agit d'une violation manifeste du Code International du Secret Magique dont se saisit l'ancienne Auror Tina Goldstein pour récupérer son poste d'enquêtrice. Et la situation s'aggrave encore lorsque Percival Graves, énigmatique directeur de la Sécurité du MACUSA (Congrès Magique des États-Unis d'Amérique), se met à soupçonner Norbert… et Tina. Norbert, Tina et sa sœur Queenie, accompagnés de leur nouvel ami Non-Maj’ Jacob, unissent leurs forces pour retrouver les créatures disséminées dans la nature avant qu'il ne leur arrive malheur. Mais nos quatre héros involontaires, dorénavant considérés comme fugitifs, doivent surmonter des obstacles bien plus importants qu’ils n’ont jamais imaginé. Car ils s'apprêtent à affronter des forces des ténèbres qui risquent bien de déclencher une guerre entre les Non-Maj’ et le monde des sorciers...

MON AVIS : Après avoir ravi des millions de lecteurs et de spectateurs avec sa saga Harry Potter, la romancière J.K. Rowling fait son grand retour dans l'univers qui l'a rendu riche et célèbre en signant un scénario original qui deviendra le film Les Animaux Fantastiques. L'idée était de nous présenter le personnage de Norbert Dragonneau, auteur du livre Les Animaux Fantastiques qu'étudie Harry Potter dans la saga culte. Une histoire qui se déroule donc bien avant les événements qui verront notre petit sorcier préféré affronter l'immonde Lord Voldemort ! Exit l'Angleterre et l'Ecosse donc et bienvenue aux USA et à New York plus précisément, dans les années 20. Un changement de décor qui permet aux Animaux Fantastiques de s'affranchir quasi totalement de la saga Harry Potter et de se forger une identité propre, une existence à part entière. Bien sûr, on appréciera de retrouver des éléments communs, comme les baguettes magiques ou certains noms de sorts ("Petrificus", "Alohomora" par exemple...) mais dans l'ensemble, c'est bel et bien à un nouvel univers auquel nous sommes confrontés. Rassurez-vous, niveau magie et effets-spéciaux, Les Animaux Fantastiques n'a pas à rougir par rapport à son illustre aîné. C'est visuellement très réussi et les images de synthèses sont franchement bluffantes, s'intégrant parfaitement  avec leurs homologues de chair et de sang. Le bestiaire présenté dans le film est divers et varié, allant du Billywig, petit insecte ailé bleuté, à l'impressionnant Oiseau-Tonnerre, du Grapcorne à l'imposant Eruptif et j'en passe . Elfes et gobelins sont également de la partie, tout comme le puissant Obscurus, le grand méchant du film qui donnera bien des sueurs à Norbert Dragonneau et ses amis. Action, aventure et féerie se conjuguent souvent pour le meilleur et on ne voit pas passer les 2h10 que dure le film, tant le rythme est assez soutenu. L'humour n'est pas au abonné absent, notamment avec le personnage de Jacob Kowalski, un non-sorcier a qui il va arriver bien des situations cocasses. La reconstitution d'un New York des années 20 est également à mettre dans les points positifs tout comme l'aspect assez mature du film. Parmi les bémols, je dirais que j'ai eu du mal avec l'acteur principal, qui manque de charisme pour ma part, et que l'intrigue est tout de même assez complexe, certains personnages restent entourés de zones de mystères, comme ce Gellert Grindelwald, qui semble représenter un véritable danger pour le monde des sorciers mais dont on ne sait au final pas grand chose. Des zones d'ombres qui seront évidemment éclaircies lors des prochains films, Les Animaux Fantastiques n'étant que le premier chapitre d'une future saga. Un grand spectacle familiale en tout cas, qui saura ravir petits et grands et qui prend une vraie dimension en 3D.




AMERICAN NIGHTMARE 4 - LES ORIGINES

AMERICAN NIGHTMARE 4 - LES ORIGINES
(The First Purge)

Réalisateur : Gerard McMurray
Année : 2018
Scénariste : James DeMonaco
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Y'lan Noel, Lex Scott Davis, Joivan Wade, Mugga, Rotimi Paul...


L'HISTOIRE : Pour faire passer le taux de criminalité en-dessous de 1% le reste de l’année, les « Nouveaux Pères Fondateurs » testent une théorie sociale qui permettrait d’évacuer la violence durant une nuit dans une ville isolée. Mais lorsque l’agressivité des tyrans rencontre la rage de communautés marginalisées, le phénomène va s’étendre au-delà des frontières de la ville test jusqu’à atteindre la nation entière...

MON AVIS : Après une trilogie débutée en 2013 et poursuivit en 2014 et 2016 sous l'égide du réalisateur James DeMonaco qui dirige les trois opus, voici qu'un quatrième volet voit le jour en 2018. DeMonaco cède sa place de réalisateur à Gerard McMurray mais reste présent en tant que scénariste. Le titre original, tout comme le titre français, ne joue pas sur l’ambiguïté. Ce quatrième chapitre va nous dévoiler les origines de la purge, comment cette idée folle de permettre à la population de commettre n'importe quel méfait durant une nuit entière, sans se soucier des conséquences ou de la loi, en vu d'éradiquer la violence quotidienne le reste de l'année, a vu le jour. Ou comment un simple test est devenu une norme dans une société enclin à la violence, au racisme, à la lutte des classes. Car American Nightmare 4 n'est pas autre chose que la représentation (un peu trop caricaturale) de l'éternel luttes des classes. Les minorités, les pauvres, les délaissés sont clairement identifiés comme étant responsable de la décadence de l'Amérique par un gouvernement nouvellement promu dont les fiers représentants se sont baptisés "Les Nouveaux Pères Fondateurs". Pour tester la théorie d'une psychologue qui pense que laisser la violence s'exprimer au cours d'une nuit permettra d'endiguer cette même violence le reste de l'année, le gouvernement choisit une petite ville insulaire de Staten Island, représentative de la pauvreté et lieu multiculturel ou chacun essaye de s'en sortir comme il peut. Le réalisateur du film étant noir, Gerard McMurray laisse donc s'exprimer ce qu'il pense de l'Amérique voulue par Trump à travers son film et se focalise sur la population latino et noire. Il apparaît clairement que pour "Les Nouveaux Pères Fondateurs", le but de cette première purge est de débuter une sorte de nettoyage ethnique visant à faire de la population "blanche" la grande gagnante au final. Une manœuvre politique inavouable, qu'on cache derrière le terme "d'expérimentation" pour faire passer la pilule. Assez radical dans son propos, American Nightmare 4 ne fait que mettre en lumière les tares de notre société actuelle, rongée par le racisme et l'inégalité sociale. Le réalisateur ne lésine pas sur les attaques frontales, la purge étant clairement soutenue par le NRA, le KKK et autres fascistes suprémacistes de tout bord. Si on peut trouver que l'approche de Gerard McMurray  est un peu trop clichée et manichéenne (en quasi majorité et à quelques exceptions près, les gentils du film sont les gens de couleurs, les blancs sont les méchants venant purger et sont habillés soit en militaires soit carrément en officier SS pour ce qui est du chef des mercenaires engagés par le gouvernement pour accentuer la purge), il n'empêche que sa vision n'est pas très éloignée de la réalité des mœurs des USA et cela donne à réfléchir. Si la première partie du film se montre assez tranquille, nous laissant le temps de faire connaissance avec les protagonistes principaux (un caïd de la drogue, un jeune un peu perdu, une femme qui veut s'en sortir, un psychopathe du nom de Skeletor...) qui sont interprétés par un casting de qualité, une fois la purge démarré, le film accentue petit à petit son rythme pour finir par dériver du thriller horrifique au pur film d'action. Le héros, tel Bruce Willis ou Sylvester Stallone, va se retrouver seul contre tous dans un immeuble imposant, mitraillant à tout va. Un peu exagéré honnêtement, on se croirait presque dans The Raid vers la fin, mais bon, c'est du cinéma de divertissement. Etant donné qu'il s'agit de la première purge de l'histoire, les débuts se font à tâtons, jusqu'au premier meurtre qui va faire s'embrasser la ville. Bien malin, Gerard McMurray choisit de ne pas faire de la population des psychopathes en puissance, la grande majorité se déclarant contre la purge. Le gouvernement se voit donc contraint d'avoir recours à des mercenaires pour déclencher les hostilités. En clair, la purge est née sur un mensonge et sur une malhonnêteté du gouvernement. Niveau violence, American Nightmare 4 est dans la bonne moyenne des autres films de la saga, ni plus, ni moins. Une violence assez brutale tout de même, avec des effets spéciaux réussis. Les fameux masques qui ont marqués les épisodes précédents ne sont pas encore de sortie même s'il y en a quelques-uns. Logique vu que c'est les origines de la purge. Bref, une préquelle de qualité qui viendra sans souci rejoindre les trois autres chapitres de cette saga intéressante, jusqu'au prochain épisode. A noter que le film est sorti le 4 juillet aux USA (et ailleurs), tout un symbole...



mercredi 26 décembre 2018

LES RENDEZ-VOUS DE SATAN

LES RENDEZ-VOUS DE SATAN
(Perché quelle strane gocci di sangue sul corpo di Jennifer ?)

Réalisateur : Giuliano Carnimeo
Année : 1972
Scénariste : Ernesto Gastaldi
Pays : Italie
Genre : Thriller, Giallo
Interdiction : -12 ans
Avec : Edwige Fenech, George Hilton, Paola Quattrini, Giampiero Albertini, Carla Brait...


L'HISTOIRE : Deux jeunes femmes sont assassinées coup sur coup dans le même immeuble appartenant à l'architecte Andrea Antinori. Ce dernier, en échange d’une séance photo pour une campagne de publicité, propose à deux mannequins, Jennifer et Marilyn, de venir s’y installer. Tandis que Jennifer, au passé trouble, échappe de peu aux assauts du tueur, les soupçons de la police se portent sur Andrea, devenu son amant...

MON AVIS : Réalisateur très apprécié par les fans de western, Giuliano Carnimeo décide de changer de registre et de réaliser un giallo, genre devenu très populaire en Italie depuis le succès phénoménal en 1970 du film de Dario Argento, L’Oiseau au Plumage de Cristal. Avec l’aide du scénariste Ernesto Gastaldi, il va mettre en scène fin 1971 Perché quelle strane gocci di sangue sul corpo di Jennifer ? qui sortira sur les écrans italiens en 1972. En France, le film devra attendre 1979 avant de se voir proposer au public, sous le titre ridicule de Les Rendez-vous de Satan. Est-ce pour surfer sur le succès des films tels L’Exorciste ou La Malédiction que le distributeur a eu l’idée de ce titre vraiment saugrenu ? Toujours est-il que si rendez-vous il y a dans le film, pas la moindre trace de Satan à l’horizon, pas la moindre référence à des pratiques occultes non plus. Bref, passons sur ce détail qui peut néanmoins induire le spectateur en erreur (tout comme l’affiche française d’ailleurs qui est également assez hors-sujet) et occupons-nous du film lui-même. L’une des bonnes idées présentées ici est d’avoir à nouveau réuni à l’écran l’un des couples vedettes du giallo, Edwige Fenech et George Hilton, qu’on a pu voir dans deux classiques du genre réalisés par Sergio Martino : L’étrange Vice de Mme Wardh et Toutes les Couleurs du Vice, respectivement en 1971 et 1972. Dans Les Rendez-vous de Satan, Hilton interprète un architecte, propriétaire d’un immeuble gigantesque dont il a lui-même conçu les plans. Deux meurtres viennent d’avoir lieu dans l’immeuble et la police est sur les dents pour identifier l’assassin. La magnifique Edwige Fenech joue quant à elle Jennifer, un modèle de charme qui va louer, en compagnie de son amie Marilyn, l’appartement d’une des victimes, suite à la proposition du personnage joué par George Hilton. Evidemment, le charme ténébreux de ce dernier va subjuguer miss Fenech. Mais la déesse du cinéma Bis n’a pas fini d’en voir de toutes les couleurs. Le scénariste Ernesto Gastaldi ne l’a pas gâté niveau vécu puisque, en plus de devoir échapper au mystérieux tueur qui sévit dans les parages, elle doit aussi gérer son ex-mari, gourou d’une secte qui ne supporte pas de voir son ex-femme échapper à son emprise psychologique. Edwige Fenech n'est jamais aussi belle que lorsqu'elle joue les femmes apeurées et ce n'est pas le film de Carnimeo qui viendra changer la donne : chacune de ses apparitions est un pur instant de grâce qui plonge le spectateur (masculin) dans une sorte d'hypnose sensuelle, ne pouvant détacher son regard de l'écran. La première apparition d'Edwige dans ce film est assez saisissante puisqu'elle y aborde une coupe de cheveux courte, le corps dénudé mais "body-paint" de façon ultra réaliste. On est immédiatement sous le charme, comme le sera le personnage joué par George Hilton. Si l'aspect sensuel et sobrement érotique fait partie des points positifs du film, le jeu des différents acteurs n'est pas en reste, tout comme la partition musicale de Bruno Nicolai ou la mise en scène finement ciselée de Carnimeo. Ce dernier fait preuve d'une dextérité certaine à manier la caméra, nous proposant des plans travaillés, qui participent à créer une atmosphère angoissante. La photographie et le travail sur l'éclairage sont également très bons, notamment dans les scènes sombres, comme celle où l'actrice noire Carla Brait se retrouve seule dans son appartement, sans lumière aucune si ce n'est la flamme d'une gazinière, qui permet de distinguer l'action. Le réalisateur utilise avec brio ses éléments de décor, comme les divers appartements présents dans cet immeuble aux nombreux étages, pourvu d'un escalier qui semble sans fin vu d'en haut et d'un ascenseur. Cet dispositif mécanique nous vaut d'ailleurs un premier meurtre qui nous fait immédiatement penser au film Pulsions de Brian de Palma car on y trouve un assassin ganté, vêtu de noir, chapeauté et adepte du scalpel. Le look du tueur renvoie également à celui du classique Six Femmes pour l'Assassin de Mario Bava. Le film de Carnimeo s'est donc inspiré d'autres films comme il a inspiré de futurs réalisateurs. l'intrigue du film se relève efficace et le scénariste s'amuse bien à brouiller les pistes, laissant le spectateur se dépatouiller avec sa propre enquête aux multiples coupables possibles. Il faut dire que les habitants de cet immeuble semblent tous avoir quelque chose de louche, que ce soit une vieille femme qui n'achète que des publications horrifiques et semble cacher un secret ou une voisine ouvertement lesbienne qui garde son vieux père qui passe son temps à jouer du violon. George Hilton est également sur la liste des suspects puisqu'il a conçu l'immeuble et en connaît donc tous les recoins. L'ex-mari de Jennifer n'est pas bien net non plus et même cette dernière semble avoir des névroses qui pourrait très bien en faire une meurtrière. L'inspecteur de police, divinement joué par Giampiero Albertini, a donc fort à faire pour démêler cette tragique histoire de meurtres. Les crimes sont assez diversifiés (coup de scalpel, noyade dans une baignoire...) et toujours joliment filmés. Toutefois, il conviendra d'apporter un bémol concernant le scénario lui-même. S'il se révèle efficace dans son ensemble comme je l'ai déjà dit, force est de constater qu'il pêche parfois par des approximations un peu gênante : par exemple, difficile de trouver crédible la scène dans laquelle l'ex-mari de Jennifer s'introduit chez elle et lui clame franchement qu'il va la violer car on retrouve juste après la jeune femme un peu déboussolée certes, mais néanmoins souriante et disposée à aller batifoler avec son bel architecte. D'autres petits détails de ce genre viennent amoindrir l'impact du film et on regrettera également que Gastaldi n'ait pas développer certaines de ses idées, comme la secte que dirige l'ex-mari de Jennifer et cette histoire d'iris qui, au final, ne sert pas à grand chose. Pas de quoi bouder son plaisir néanmoins, Les Rendez-vous de Satan étant suffisamment plaisant pour nous faire passer un bon moment. Et puis le charme d'Edwige Fenech est tellement puissant qu'on pardonne bien vite ces quelques fausses notes. 

LE COMBO DVD / BR DU CHAT QUI FUME :
Encore une fois présenté dans un luxueux digipack trois volets, Les Rendez-vous de Satan bénéficie grâce au Chat qui Fume d'une édition de haute volée. La qualité de la copie donnera entière satisfaction aux spectateurs, avec un grain présent lui conférant un bel aspect cinéma, magnifiant la beauté d'Edwige Fenech. VF et VOSTF sont disponibles dans cette édition. Niveau bonus, on trouve une interview de George Hilton et de l'actrice Paola Quattrini (Marilyn), cette dernière ayant l'honnêteté de dire qu'elle ne se souvient de pas grand chose. Francis Barbier nous livre son analyse du film de façon intéressante et assez détaillée. 

* Disponible en combo DVD / BR chez LE CHAT QUI FUME


mardi 25 décembre 2018

DIRTY DANCING

DIRTY DANCING
(Dirty Dancing)

Réalisateur : Emile Ardolino
Année : 1987
Scénariste : Eleanor Bergstein
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Romance, Film musical
Interdiction : /
Avec : Patrick Swayze, Jennifer Grey, Jerry Orbach, Cynthia Rhodes...


L'HISTOIRE : Dans les années soixante, Bébé passe des vacances familiales monotones jusqu'au jour où elle découvre qu'un groupe d'animateurs du village estival forment un groupe de danse. Pour la jeune fille sage, c'est le début de l'émancipation grâce au "dirty dancing", cette danse ultra-sensuelle, et la rencontre avec Johnny Castel, le professeur de danse...

MON AVIS : De l'aveu même d'un comédien-danseur du film, Dirty Dancing est un long-métrage à petit budget qui semblait n'être destiné qu'au marché de la vidéo. Sa sortie inespérée au cinéma a changé la donne et en a fait un film culte inter-générationnel, dont le succès est principalement basé sur le duo d'acteurs Patrick Swayze / Jennifer Grey et sur une bande son composée de quelques tubes 80's dont le She's Like the Wind chanté par Swayze lui-même et le (I've had) The Time of my Life du duo Bill Medley et Jennifer Warnes entre autres. Célébrant ses trente années d'existence, Dirty Dancing est ressorti dans une superbe édition combo DVD / BR, avec plus de 3H de bonus. De quoi faire un joli cadeau de Noël à ma femme et de découvrir enfin ce film d'Emile Ardolino que je n'avais encore jamais vu. Bon, je vais être franc et direct, j'ai du mal à comprendre comment ce film musical peut être considéré comme culte parce qu'il faut bien avouer que ce n'est quand même pas bien formidable, de mon point de vu du moins. Je ne sais pas si c'est les voix françaises qui m'ont dérangé mais j'ai trouvé la plupart des dialogues assez catastrophiques et tirant le film vers le bas. Certes, les beaux muscles de Patrick Swayze et les numéros de danse sont plutôt bien foutus, j'avoue que je serais bien incapable de reproduire la moindre danse de Dirty Dancing, mélange de Mambo et de Cha cha cha, dans laquelle les corps se touchent, fusionnent dans des poses lascives et torrides. Impossible de nier que les chorégraphies sont bien en place et font leur petit effet. Je suis beaucoup moins fan de tout le reste par contre. J'ai trouvé Jennifer Grey totalement inexistante et pas du tout charismatique. La petite fille sage qui s'émancipe grâce à la danse sexy, mouais, pourquoi pas, mais le traitement de l'histoire, basée sur la vie de la scénariste Eleanor Bergstein, est franchement niais et manque clairement de profondeur. L'ensemble est très mièvre et c'est pourtant un fan de la saga Twilight qui parle ici ! La mise en scène est des plus basiques, avec un rendu très téléfilm je trouve. Les situations sont abracadabrantes, les personnages ultra caricaturaux et le casting ne joue pas très bien. L'histoire d'amour entre Bébé et son prof de danse musclé ne provoque guère de remous et s'avère assez indigeste au final. Alors voilà, j'ai enfin vu Dirty Dancing et je ne l'ai pas apprécié plus que ça. Le film possède toujours sa cohorte de fans qui connaissent les répliques par cœur ("on laisse pas Bébé dans un coin", franchement, c'est d'un ridicule...), preuve de son pouvoir attractif sur une certaine catégorie du public. Oui, le film fait nettement plus fureur chez les spectatrices que chez les spectateurs. C'est un fait avéré. Il en faut pour tous les goûts de toute façon. Pour ma part, vu une fois pour ne pas mourir idiot, ce sera déjà bien assez. Dans le genre film musical, je préfère largement Grease ou les comédies musicales hollywoodiennes des années 50...

* Disponible en combo DVD / BR + Livret chez ESC DISTRIBUTION



lundi 24 décembre 2018

HELL FEST

HELL FEST
(Hell Fest)

Réalisateur : Gregory Plotkin
Année : 2018
Scénariste : Seth M. Sherwood, Blair Butler, Akela Cooper
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Slashers
Interdiction : -12 ans
Avec : Amy Forsyth, Reign Edwards, Bex Taylor-Klaus, Christian James, Roby Attal...


L'HISTOIRE : Bienvenue au Hell Fest. Dans ce parc d'attraction géant à ciel ouvert, on vient pour se faire peur. Décors  angoissants, mises en scènes effrayantes, les visiteurs rivalisent d’invention pour se terroriser les uns et l’autres. Ça crie, ça hurle et ça se poignarde... pour de faux bien sûr ! Sauf qu’un tueur, bien réel, a décidé de faire du parc son terrain de chasse. Il prend pour cible Natalie et ses amis, venus fêter leurs retrouvailles. Comment convaincre les autorités qu’un serial killer sème la mort autour de lui quand la mort est l’attraction la plus festive du lieu ? Au Hell Fest, tout le monde vous entend crier, mais personne ne vous croira !

MON AVIS : En 1981, Tobe Hooper envoyait déjà un groupe d'ados se faire décimer dans un parc d'attraction dans son Massacres dans le Train Fantôme. The Park 3D (2003), Destination Finale 3 (2006), Dark Ride (2006) ou Funhouse Massacre (2015) ont eux aussi utilisé le décor d'un parc d'attraction pour faire frissonner le spectateur en mal d'émotions fortes. Dernier rejeton en date qui s'inscrit dans cette mouvante, le Hell Fest de Gregory Plotkin (à qui l'on doit Paranormal Activity 5), qui se classe d'emblée et sans aucun problème dans le TOP 3 des films utilisant cette imagerie de la fête foraine. Cerise sur le gâteau, c'est la période d'Halloween qui a été choisi pour situer l'action du film, ce qui fait que tout le parc n'est dédié qu'aux monstres et aux attractions qui font peur ! A l'écran, le résultat est hors du commun : jamais on ne s'est retrouvé autant immergé dans cette ambiance à la fois festive et macabre. Si certaines scènes ont été filmées en studio, une grande partie du film se déroule en décor naturel et on ne rêve que d'une chose : se retrouver à la place des acteurs pour naviguer dans les coursives et les labyrinthes de ce parc gigantesque peuplé de créatures aux costumes saisissants qui n'hésitent pas à vous poursuivre ou vous sauter dessus pour vous foutre la frousse de votre vie. On saluera l'équipe technique dédiée aux décors et aux costumes parce que leur travail est tout bonnement prodigieux. Le meilleur parc d'attraction dédié à l'horreur, c'est bel et bien ce Hell Fest qui va nous en donner pour notre argent. Bien sûr, si le film se contentait de nous faire suivre les six protagonistes principaux déambuler parmi les attractions, ça deviendrait peu excitant à la longue même si, visuellement et esthétiquement, on en prend plein la vue. Gregory Plotkin, qui connaît bien ses classiques du genre, va donc aller jouer du côté du slasher movie en incluant un mystérieux tueur dans son casting. Evidemment, le fait que la thématique du parc soit Halloween ne va pas aider nos six héros à s'en sortir face à cette menace puisque tous les employés du parc ainsi qu'une grande majorité du public sont déguisés en monstres ! Le tueur passe donc totalement inaperçu au beau milieu de cette foule masquée et costumée, ce qui lui permettra de commettre ses méfaits de façon quasi invisible. Les codes du slasher sont utilisés à bon escient par le réalisateur et le tueur semble faire fi des limites du temps et de l'espace, apparaissant ou disparaissant comme par enchantement auprès de ses futures victimes, comme Jason Voorhees dans la saga Vendredi 13 par exemple. Un tueur qui sait prendre son temps, qui observe ses proies tel un prédateur, qui joue avec elles comme un chat avec une souris. Si le nombre de meurtres n'est pas très élevé dans Hell Fest, le réalisateur privilégiant l'angoisse, le suspense et les effets de mise en scène pour faire monter la tension et le stress du public, on note quand même deux tueries assez réjouissantes et bien gores, avec par exemple un éclatement de visage à la masse ou une seringue enfoncée entièrement dans un œil, aiguille et tube compris ! Alors oui, Hell Fest ne révolutionne en rien le slasher movie mais cette série B fort sympathique tire sa force de son hallucinant décor, de sa charmante actrice principale (Amy Forsyth, vue dans Torment en 2013 ou A Christmas Horror Story en 2015), de ses scènes à suspense rondement menées, de son imagination visuelle (la très belle séquence se déroulant au milieu de mannequins portant des masques blancs) et de sa mise en scène qui fait le job. L'ultime séquence permet même à Hell Fest de se clôturer sur une bonne touche d'humour noir. Le film de  Gregory Plotkin est au final un neo slasher de qualité, bien filmé, bien photographié, interprété très correctement par un casting d'acteurs et d'actrices qui s'en sort bien, parrainé il faut dire par monsieur Tony "Candyman" Todd,qui vient faire un petit caméo pour l'occasion, comme il en a l'habitude. Niveau parc d'attraction horrifique, Hell Fest n'a rien à envier au célèbre festival de musique métal français du même nom : tous les deux sont bourrés d'énergie et d'envie de bien faire. Dans les deux cas, la mission est réussie...

* Disponible dès le 19 janvier en DVD et Blu-Ray chez Metropolitan Vidéo
Qualité d'image parfaite, VF et VOSTF en 5.1. 
Niveau bonus, on trouve un making of de 16 minutes environ qui fait la part belle aux somptueux décors vus dans le film. Il y a aussi un petit bonus caché.
On félicitera également le créateur du menu d'accueil, et notamment la partie concernant le chapitrage du film, présenté sous la forme d'une carte du parc d'attraction ! Excellente initiative et c'est très chouette !!