Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




lundi 14 janvier 2019

MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE 2

MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE 2 
(The Texas Chainsaw Massacre 2)

Réalisateur : Tobe Hooper
Année : 1986
Scénariste : L.M. Kit Carson, Tobe Hooper
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Dennis Hopper, Caroline Williams, Jim Siedow, Bill Moseley, Bill Johnson...


L'HISTOIRE : Stretch est animatrice radio. Un soir, elle reçoit un appel de deux jeunes fêtards qui vont être massacrés en direct par un psychopathe armé d’une tronçonneuse. L’enregistrement audio du drame sanglant va intéresser le lieutenant Lefty Enright, qui pourchasse depuis quatorze ans la famille de bouchers responsable de la mort de son frère Franklyn et de l’internement en hôpital psychiatrique de sa sœur Sally Hardesty. Sûr et certain d’avoir retrouvé la trace de Leatherface et du reste du clan, le lieutenant va leur tendre un piège et se servir de Stretch comme appât…

MON AVIS : 1974. Tobe Hooper réalise Massacre à la tronçonneuse, le plus grand film d’horreur de tous les temps malgré la quasi absence d’effets gore. Ce manque de sang est compensé par une ambiance hallucinée et par un final qui plonge protagonistes et spectateurs dans une représentation de la folie humaine encore inégalée à ce jour. 1986. Tobe Hooper réalise Massacre à la tronçonneuse 2. Douze ans après son chef-d’œuvre, le réalisateur texan se voit offrir par la firme Cannon l’opportunité d’en réaliser une suite. D'abord réticent, il accepte finalement. Après quelques soucis au niveau du casting, Hooper voulant reprendre les acteurs de l’original, ce qui n’aboutira pas à l’exception de Jim Siedow, le voilà qui se lance à corps et à cris dans le tournage du film. Déçu que le public du film de 1974 n’ait pas perçu l’humour noir qui se dégageait de nombreuses séquences, il va alors jouer de la surenchère en ce qui concerne les éléments de comédie, tout comme il va prendre à revers l’aspect suggestif qui faisait toute la force de Massacre à la tronçonneuse. Voulant avoir des effets gore qui ne lésinent pas à déverser le précieux liquide rouge, les effets-spéciaux sont confiés au spécialiste en la matière, le génial Tom Savini, qui va se faire plaisir et nous faire plaisir mais qui, du coup, va provoquer les foudres de la censure. Bref, le tournage du film, la phase de montage et la distribution se révèlent être un véritable calvaire pour le réalisateur. À l’arrivée, que reste-t-il de Massacre à la tronçonneuse 2 ? On se trouve en présence d’un film qui prend le contre-pied total du film de 1974. Une vraie comédie horrifico-gore, voilà à quoi il faut s'attendre ! Un gros foutoir grand-guignolesque, digne d’un dessin-animé de Tex Avery ! C’est simple, Massacre à la tronçonneuse 2, c’est comme un tour de train fantôme : on alterne entre le rire et l’horreur, quand ces deux genres ne sont pas tout simplement réunis la plupart du temps. Hooper et son scénariste L. M. Kit Carson ne se sont fixés aucune limite : faisant tomber Leatherface amoureux de Stretch, romance qui trouve sa plus belle représentation quand notre tronçonneur fou offre à sa dulcinée un visage de peau humaine qu’il vient fraîchement de prélever en guise de cadeau romantique ; intégrant le personnage de Lefty Enright, admirablement interprété par un Dennis Hopper (qui déteste le film au passage) qui se révélera encore plus dingue que la famille tronçonneuse elle-même ; chorégraphiant un duel entre Leatherface et Lefty, les colts des westerns ayant fait place aux tronçonneuses ; plaçant sa famille de dingues dans le décor d’une ancienne fête foraine abandonnée, ce qui contraste totalement avec la maison vue dans le premier film. Bref, on nage en plein délire et ceux qui s’attendaient à retrouver l’ambiance malsaine et glauque du Massacre original en seront pour leur frais. Pourtant, Hooper ne nous prend pas en traître : l'affiche du film est déjà un énorme clin d'oeil à celle de Breakfast Club. Et dès la première séquence avec les deux yuppies qui vont se faire malmener par un Leatherface perché sur le toit d’un van et agitant sa tronçonneuse comme un dément, le corps empaillé de son frère l’auto-stoppeur accroché à lui, on sait que le film va nous emmener très loin dans la frénésie visuelle. En clair, Massacre à la tronçonneuse 2 s’avère être le parfait spectacle à savourer entre potes : délirant, fun, déjanté. Ou comment douze ans plus tard, Tobe Hooper nous livre, dans une autre ambiance, le film d'horreur le plus fou des 80’s ! Jouissif et culte évidemment !

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME

Pour les fans de Massacre à la Tronçonneuse 2, le Chat qui Fume propose une superbe édition qui permettra de revoir ce film de fous furieux avec une qualité d'image qui enterre évidemment celle de nos vieilles VHS et même de nos DVD. VOSTF et VF sont proposés, ainsi que de multiples bonus dont :
- un commentaire audio de Tobe Hooper
- un commentaire audio de Bill Moseley, Caroline Williams et Tom Savini
- "Le Texas de Tobe" par Julien Sévéon
- le documentaire "La maison de la douleur" (42')
- des scènes inédites
- le scénario du Massacre du Texas
- divers modules dont "l'art du grabuge", "une série de personnages", "Viande de premier choix : sur le plateau avec Tom Savini", "Père de la Tronçonneuse", "Requiem pour une suite"
- des bandes-annonces.




 

dimanche 13 janvier 2019

DANS LA BRUME

DANS LA BRUME
(Dans la Brume)

Réalisateur : Daniel Roby
Année : 2018
Scénariste : Guillaume Lemans, Jimmy Bemon, Mathieu Delozier
Pays : France
Genre : Science-Fiction
Interdiction : /
Avec : Romain Duris, Olga Kurylenko, Fantine Harduin, Michel Robin ...


L'HISTOIRE : Le jour où une étrange brume mortelle submerge Paris, des survivants trouvent refuge dans les derniers étages des immeubles et sur les toits de la capitale. Sans informations, sans électricité, sans eau ni nourriture, une petite famille tente de survivre à cette catastrophe... Mais les heures passent et un constat s'impose : les secours ne viendront pas et il faudra, pour espérer s’en sortir, tenter sa chance dans la brume...

MON AVIS : Tiens, un film de science-fiction français, ça ne court pas les rues en ces temps où les comédies balourdes ou les drames larmoyants semblent n'être que le seul intérêt des réalisateurs dans notre pays, à quelques exceptions près bien sûr (Xavier Gens, Pascal Laugier, Coralie Fargeat, Daniel Moreau, Julia Ducournau...). Mais combien de projet sortant des sentiers battus ou ne faisant pas partie des deux genres sus-nommés voit le jour en France ? Très peu, trop peu. Dans la Brume mérite donc toute notre attention et se doit d'être visionné par nous, oui, nous, qui se disons défenseurs du cinéma "de genre", ou du cinéma fantastique si on veut ciblé un peu plus. Qu'on aime ou pas le film de Daniel Roby, l'effort reste à saluer, se veut méritant dans sa démarche de se démarquer et d'oser se confronter au domaine de la science-fiction. Certes, la France est l'inventeur du genre (George Méliès, ça date hein...) mais on l'a vite oublié. Alors, ça donne quoi Dans la Brume au final ? Eh bien franchement, c'est une bonne surprise et pour un film français, ça a de la gueule, c'est clair ! Voir la ville de Paris entièrement recouverte d'une brume épaisse dont nous ne saurons jamais l'origine, hormis qu'elle semble provenir des profondeurs de la terre suite à des secousses sismiques, donne lieu a de très belles images et cette vision de la capitale vue des toits parisiens est originale et intrigante. La brume s'étant pour le moment arrêtée au niveau des derniers étages des immeubles, les rares survivants se sont donc réfugiés dans les appartements les plus hauts ou carrément sur les toits, ce qui permet au réalisateur de nous offrir ces séquences visuellement superbes, tout en se servant de ce décor pour dynamiser l'action, notamment quand le personnage principal, très bien campé par un Romain Duris totalement investit par son rôle, va devoir se frayer un chemin de toits et toits, manquant de tomber ou de glisser sur ce parcours sinueux et plutôt dangereux. Car la brume n'est pas le seul danger qui guette les protagonistes principaux. Si cette dernière se révèle effectivement mortelle et que s'y plonger sans masque à oxygène est une vaine tentative, ceux qui ont un équipement adéquat ne sont pas sauvés pour autant. Si on ne saura pas non plus pourquoi certains chiens survivent dans cette brume par rapport à d'autres qui sont raides morts, Romain Duris et sa femme (jouée par Olga Kurylenko) devront en tout cas échapper à l'un d'eux, devenu particulièrement agressif, ce qui viendra pimenter un rythme assez contemplatif. Car Dans la Brume est avant tout un film d'ambiance, qui possède un côté réaliste et qui ne verse pas dans une surenchère d'action. Les personnages principaux n'agissent pas sans réfléchir, prennent le temps d'analyser la situation et ne se jettent pas à corps perdu dans l'inconnu. Pourtant, il y a urgence pour eux. Car la bonne idée du film est de leur avoir adjoint une fille, Sarah (Fantine Harduin), victime d'une maladie génétique rare et qui est obligée de vivre continuellement dans une bulle. Seulement, cette bulle a besoin d'énergie et suite à une coupure d'électricité, elle fonctionne désormais sur batterie, batterie qui ne dure pas éternellement et qu'il va falloir changer pour assurer la survie de la jeune fille. C'est la mission principale qui va puiser toute la force du couple Duris / Kurylenko et leur faire affronter la brume et ses dangers. Les séquences se déroulant à même le sol, dans des rues recouvertes de brume et dans lesquelles des tas de cadavres jonchent le sol, sont assez saisissantes et très bien mises en scène. Le silence qui règnent dans les rues bardées de voitures laissées à l'abandon est assez anxiogène et nous fait prendre conscience du fléau dévastateur qui a surgit d'un coup, lors d'une impressionnante séquence qui n'a rien à envier aux films américains. L'histoire de cette bulle stérile dont il faut remplacer les batteries donne un but crédible à ce couple dont on se sent proche et en totale empathie. Le personnage du vieux monsieur joué par Michel Robin est extrêmement attachant lui aussi. Alors oui, Dans la Brume peut laisser un peu perplexe sur divers points : pourquoi certains animaux survivent à la brume et d'autres non ? Quelle est l'origine de cette dernière ? Pourquoi n'esquisser que très légèrement le fait que des survivants se regroupent à Montmartre et que la loi de la survie semble se manifester, avec des départs de feu qu'on voit quelques instants et qui nous laisse à penser que la situation dégénère ? Pourquoi le réalisateur ne nous donne aucune explication et termine son film en "queue de poisson", avec un final qui fait très épisode de La Quatrième Dimension certes, mais qui nous laisse tout de même sur notre faim ? Malgré ces quelques défauts et parfois un manque de logique, j'ai néanmoins été happé par l'atmosphère qui se dégage du film, par sa photographie soignée, par le jeu des acteurs et par le pessimisme ambiant qui règne en maître. Dans la Brume demeure pour ma part une belle tentative de science-fiction à la française, qui mise avant tout sur le comportement humain de ses personnages. Le réalisateur aurait pu plagier The Mist de Frank Darabond mais a eu le bon sens de ne pas le faire. Bien vu de sa part ! Ça fait bien plaisir de voir quelques prises de risque dans le paysage du cinéma français actuel en tout cas ! 


  

jeudi 10 janvier 2019

LE LAC DE DRACULA

LE LAC DE DRACULA
(Noroi no yakata : chi o su me / Lake of Dracula)

Réalisateur : Michio Yamamoto
Année : 1971
Scénariste : Ei Ogawa, Masaru Takesue
Pays : Japon
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : Midori Fujita, Chôei Takahashi, Sanae Emi, Shin Kishida...


L'HISTOIRE : Akiko, une petite fille, court après son chien qui s'est enfui et se retrouve dans une étrange demeure. Elle a la peur de sa vie en découvrant un homme avec la bouche en sang et deux canines proéminentes. Dix-huit ans plus tard, Akiko est devenue une belle jeune femme et vit dans une maison jouxtant un lac, en compagnie de sa sœur Natsuko. Le docteur Takashi Saeki, l'ami des deux femmes, est sous le charme d'Akiko, qui continue de faire des cauchemars dans lesquels elle revoit l'homme à la bouche ensanglantée. Peu de temps après qu'une voiture ait déposé un cercueil auprès de Kyûsaku, l'homme à tout faire du village, ce dernier se met à agir de curieuse manière. A l'hôpital où travaille le docteur Saeki, une femme décédée est amenée, totalement vidée de son sang. Des événements étranges semblent se dérouler près de la demeure d'Akiko. Même Natsuko, qui a le teint de plus en plus pâle, se met à avoir un comportement différent de d'habitude... 

MON AVIS : Après l'excellent The Vampire Doll, réalisé en 1970, le metteur en scène Michio Yamamoto continue sur sa lancée et tourne dès l'année suivante, toujours pour le compte de la firme japonaise Toho, Le Lac de Dracula. Tout en étant des plus agréables à suivre, j'ai trouvé cette seconde tentative d'épouvante à la japonaise de la part de Yamamoto inférieure à la première. Le Lac de Dracula s'avère plus classique dans son approche, moins surprenant, moins beau que The Vampire Doll même si le travail sur les décors et la photographie n'a pas été mis de côté, loin de là. Mais il manque un petit je ne sais quoi à ce film que possédais The Vampire Doll pour ma part et j'ai moins été envoûté. Attention, ça ne veut pas dire que Le Lac de Dracula soit un mauvais film, pas du tout même ! Il mérite largement d'être regardé car ce n'est pas tous les jours qu'on peut admirer un vampire japonais à l'écran. Encore une fois, on y trouve tout ce qui fait le charme des films d'épouvante façon Hammer Films : un manoir lugubre, une jeune femme en danger, des événements mystérieux, des victimes que le spectateur identifie clairement comme étant celles d'un vampire puisque possédant à la base du cou les deux trous symptomatiques de la morsure d'un suceur de sang, des flash-back joliment mis en scène et une ambiance travaillée qui retient notre attention. L'histoire en elle-même est assez basique, il n'y a rien de nouveau ou de franchement innovant dans ce scénario écrit par Ei Ogawa et Masaru Takesue. Il reprend les bases du récit vampirique classique tel qu'on pouvait en trouver dans le cinéma européen. L'originalité, pour le public européen justement, c'est bien évidemment de pouvoir admirer un vampire japonais ! Ce dernier est interprété par Shin Kishida qui, malgré son implication, peine tout de même à nous faire oublier Christopher Lee ou Bela Lugosi. Avouons que voir un acteur japonais jouer un vampire fait plus sourire qu'il n'effraie. Les deux actrices Midori Fujita (Akiko) et Sanae Emi (Natsuko) s'en sortent bien mieux et portent le film sur leurs épaules, parvenant à jouer les femmes en danger ou vampirisées de manière crédible. L'idée du trauma enfantin chez Akiko n'est pas mauvaise car elle permet de douter de la véracité de la présence d'un vampire dans les environs et de mettre en doute la santé mentale de cette dernière, même si nous, public, savons très bien de quoi il en retourne vraiment. A ce titre, le final est franchement sympa, le réalisateur jouant parfaitement avec l'imagerie gothique des grands classiques du genre. Reste que malgré ses points forts, Le Lac de Dracula n'est pas exempt de quelques défauts qui amoindrissent son impact. Le rythme n'est pas très enlevé, ce qui n'est pas forcément négatif quand il s'agit d'un film misant avant tout sur l'ambiance, l'atmosphère, mais néanmoins, on peut trouver le temps un peu long parfois. Le film ne procure jamais de frissons ni de stress et certaines situations sont un peu répétitives. Reste que le fait même que ce soit un film de vampire japonais s'avère intéressant et permet de découvrir cette créature mythique dans un autre contexte que celui qu'on a l'habitude de voir. De quoi séduire l'amateur d'étrangeté filmique.

* Disponible en BR chez ARROW  



lundi 7 janvier 2019

THE VAMPIRE DOLL

THE VAMPIRE DOLL
(Yûrei yashiki no kyôfu: Chi wo sû ningyô / The Legacy of Dracula)

Réalisateur : Michio Yamamoto
Année : 1970
Scénariste : Hiroshi Nagano, Ei Ogawa
Pays : Japon
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : Yukiko Kobayashi, Kayo Matsuo, Akira Nakao, Atsuo Nakamura...


L'HISTOIRE : Kazuhiko Sagawa fait un long voyage pour retrouver Yuko, sa fiancée qu'il n'a pas vu depuis quelques mois. En arrivant dans la demeure familiale de cette dernière, Kazuhiko fait la connaissance de la mère de Yuko, qui lui apprend une bien triste nouvelle : Yuko est morte dans un accident de voiture. Dévasté, Kazuhiko croit voir durant la nuit Yuko gambader dans le jardin. Il se rue à sa poursuite et tombe nez à nez avec sa fiancée, apparemment bien vivante. Six jours après ces événements, Keiko Sagawa s'inquiète de ne plus avoir de nouvelles de son frère. Avec Hiroshi, son fiancé, elle se rend chez la mère de Yuko qui lui annonce que Kazuhiko est repartit sitôt qu'il a appris le décès de Yuko. Keiko trouve l'attitude de la mère de Yuko étrange et, prétextant une panne de voiture, elle et Hiroshi parviennent à se faire héberger pour la nuit. Des plaintes et des gémissements semblent provenir des murs de la maison, perturbant le sommeil de Keiko et Hiroshi. Quel secret se cache dans cette lugubre demeure ?

MON AVIS :  En terme de cinéma d'épouvante, vous ne jurez que par les classiques américains des années 30 de la Universal, les films anglais de la Hammer et les films gothiques italiens de Mario Bava ou Antonio Margheriti ? Et bien n'hésitez pas une seconde à vous ouvrir à d'autres horizons, à partir vers l'Espagne, le Mexique ou même le Japon ! Oui, oui, le Japon ! Je sais ce que vous vous dîtes, des vampires ou des monstres avec des yeux bridés, ça va plus faire sourire qu'autre chose. Bon, déjà, ce serait malvenu de penser ça et puis ça se voit que vous n'avez jamais vu The Vampire Doll de Michio Yamamoto, film de 1970 produit par la firme Toho. Parce que ce film est un petit bijou d'atmosphère, de mise en scène et d'images marquantes. Toute la longue séquence introductive emmenant un jeune amoureux retrouver sa fiancée Yuko est digne des meilleures films d'épouvante gothique européens. On y trouve tout : une nuit d'orage, une somptueuse demeure à l'aspect inquiétante, un majordome bossu, muet et au faciès peu engageant, un mystère, une apparition fantomatique et une musique jouée au clavecin qui plonge de suite le spectateur dans l'ambiance. C'est vraiment une entrée en matière très efficace et qui nous donne envie de continuer le film. Coup de bol, le reste sera à l'avenant et on n'a jamais envie de détourner les yeux ou de faire pause pour aller pisser, tant on est envoûté par l'atmosphère qui se dégage et par les somptueuses images qui nous sont proposées. Bien sûr, avec un titre comme The Vampire Doll, on pense évidemment être en présence d'un film de... vampire ! Bravo, vous suivez bien. Sauf que ce n'est pas si évident que ça quand on regarde le film et c'est ce qui lui donne un intérêt supplémentaire. Car la belle Yuko, interprétée par la ravissante Yukiko Kobayashi, semble, certes, être attirée par le sang, possède un teint blafard et des pupilles étranges et luisantes, qui en font une magnifique créature de la nuit. Mais point de canines acérées par contre, Yuko semble plus être attirée par le maniement d'un poignard. De plus, sa gestuelle, sa tenue vaporeuse nous ferait plutôt penser à un spectre, à un fantôme dont l'esprit ne veut pas quitter notre monde suite à la tragédie ayant entraînée sa mort. Le mystère sur ce qu'est réellement Yuko reste entier et va nous interroger, nous faire douter jusqu'à la révélation finale, qu'on trouvera peut-être un peu tarabiscotée et qui pourrait apparaître comme étant le seul point faible de ce film magnifique. Outre Yukiko Kobayashi, le reste du casting est franchement bon, à commencer par Kayo Matsuo qui joue Keiko. L'actrice joue les femmes inquiètes et apeurées avec brio et s'en sort vraiment très bien. Son fiancé Hiroshi, joué par Akira Nakao, détonne un peu par contre car son physique et son visage le placerait plutôt dans le registre de la comédie. Il apporte d'ailleurs un peu d'humour au film. La mère de Yuko (Yôko Minakaze) est par contre un personnage important et intrigant, de par son comportement, ses mensonges et sa troublante cicatrice qu'elle porte au niveau du cou. Il en va de même pour le médecin du village, en sait peut-être plus qu'il ne le dit. Le scénario joue donc avec tous ces personnages pour plonger le spectateur dans une étrange histoire dont il lui faudra dénouer les nombreux rouages. Une fois la séquence d'introduction passée, on a donc deux personnages qui vont enquêter sur une disparition et se rendre dans une demeure dans laquelle semble planer un terrible secret. Une structure qui nous fait irrémédiablement penser au Psychose d'Hitchcock. On trouve même, vers la fin, une scène qui, à mon avis, est plus qu'un simple clin d'oeil au chef-d'oeuvre du maître du suspense. The Vampire Doll s'avère vraiment surprenant et n'ennuie jamais, de par sa courte durée (71 minutes) et ses nombreux rebondissements. Michio Yamamoto manie la caméra avec dextérité, nous fait sursauter avec quelques jump-scares classiques mais bien en place, dirige ses acteurs correctement, utilise ses décors efficacement et peaufine son ambiance, ses éclairages pour, au final, faire de The Vampire Doll une oeuvre raffinée qu'on prend grand plaisir à découvrir. Michio Yamamoto et la Toho poursuivront dans le domaine de l'épouvante l'année suivante avec Le Lac de Dracula puis Evil of Dracula en 1974.

* Disponible en Blu-Ray avec sous-titres anglais chez l'éditeur ARROW

PS : mon Blu-Ray de The Vampire Doll se bloque de la minute 58 à 1h09 environ (les dix dernières minutes du film à peu près). Je l'ai testé sur plusieurs lecteurs BR, rien à faire. Si d'autres ont le même souci ? Heureusement que j'avais ce film dans un autre format pour pouvoir voir la fin.



dimanche 6 janvier 2019

DOUBLE DÉTENTE

DOUBLE DÉTENTE
(Red Heat)

Réalisateur : Walter Hill
Année : 1988
Scénariste : Walter Hill, Harry Kleiner, Troy Kennedy-Martin
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Action
Interdiction : /
Avec : Arnold Schwarzenegger, Jim Belushi, Peter Boyle, Ed O'Ross...


L'HISTOIRE : Le capitaine Ivan Danko, un policier russe, est envoyé à Chicago pour ramener Rostavili, le trafiquant de drogue responsable de la mort de son coéquipier. Le criminel, tombé aux mains de la police américaine dès son arrivée, attend d'être extradé. Mais, durant le transfert, il s'échappe et Danko doit, par la force des choses, s'associer à la police locale pour retrouver le fugitif. Il fait équipe avec Art Ridzik, un policier qui connaît Chicago sur le bout des doigts. Malgré toutes leurs différences, les deux hommes vont devoir se serrer les coudes pour récupérer le criminel et empêcher une transaction de drogue faramineuse...

MON AVIS : Spécialiste du film d'action, le réalisateur Walter Hill (à qui l'on doit des hits en puissance tels Les Guerriers de la Nuit, Sans Retour, 48 heures, Extrême Préjudice ou bien encore Les Rues de Feu) se retrouve à la tête de Double Détente en 1988 et va devoir diriger l'immense Arnold Schwarzenegger, star n°1 du cinéma d'action suite au succès de Terminator, Commando, Le Contrat, Running Man ou Predator. Une mission que va remplir haut la main le réalisateur californien, en lui associant l'acteur Jim Belushi et en cosignant un scénario qui utilise à la fois les ficelles du comique de situation mélangées aux codes du Buddy movie et à des scènes d'action percutantes. Le Buddy movie, c'est un genre cinématographique à part, qui consiste à faire cohabiter deux protagonistes principaux aux comportements totalement différents, ce qui donnent lieu à des séquences comiques, dues aux dialogues ou aux situations improbables proposées. Ce genre de duo de choc, on le trouvait principalement dans des comédies justement, avant que le cinéma d'action ne s'en empare, avec des films comme 48 heures (de Walter Hill justement !) ou, exemple le plus significatif, L'Arme Fatale, réalisé en 1987 et qui lança une véritable mode, avec Double Détente, Midnight Run, Tango et Cash, La Relève, Le Dernier Samaritain, Bad Boys et j'en passe. Walter Hill applique donc à la lettre les principes du Buddy movie dans son film, faisant de Schwarzenegger un flic russe, froid et méthodique, et de Jim Belushi un flic décontracté, cool et assez bougon. Ou quand L'Ouest rencontre l'Est ! Mais cette fois, cette rencontre ne donnera pas lieu à un affrontement entre les deux pays. Rocky 4 a déjà fait le job en 1985 à ce niveau. Non, Walter Hill a la bonne idée (et, dixit Arnold lui-même, c'est la première fois dans un film) de faire du flic russe un personnage sympathique, qu'on va prendre en empathie et qui va lutter en héros au côté de son homologue américain ! Et ça fonctionne ! A plein régime même, tant est si bien que Walter Hill aura l'autorisation de filmer des scènes sur la Place Rouge. Arnold est très bon dans ce rôle, monobloc, taciturne, avec quasiment toujours la même expression de visage, froide et déterminée. Belushi est son exact opposé et ce tandem hors norme nous fera bien marrer avec des dialogues souvent drôles ("qui c'est ce Clint ?") ou des situations amusantes (l'interrogatoire avec le code Miranda). Mais l'aspect comédie, bien présent, ne fait pas oublier à Walter Hill qu'il doit avant tout mettre en scène un film d'action. A ce niveau, pas de souci, vous en aurez pour votre argent. Dans la grande tradition des films des 80's et 90's, les bagarres et les coups de feu sont légion dans Double Détente, et on trouve évidemment une course-poursuite mémorable, ici entre deux bus lancés à vive allure. La scène d'introduction, se déroulant en Russie, vaut le coup d'oeil, et les amateurs de corps body-buildés seront aux anges. Bien sûr, les scènes d'action de Double Détente pourront apparaître un peu vieillottes par rapport à ce qui se fait de nos jours mais j'ai trouvé que ce film avait plutôt bien vieilli et il reste de toute façon franchement très sympathique. Ce n'est pas le meilleur Schwarzenegger, loin de là, mais il offre un bon moment de détente (ça tombe bien vu le titre !). Mention pour l'acteur Ed O'Ross qui campe un très bon méchant...


samedi 5 janvier 2019

COLD GROUND

COLD GROUND
(Cold Ground)

Réalisateur : Fabien Delage
Année : 2017
Scénariste : Fabien Delage
Pays : France
Genre : Horreur, Found footage
Interdiction : -12 ans
Avec : Doug Rand, Gala Besson, Philip Schurer, Maura Tillay, Fabrice Pierre...


L'HISTOIRE : En 1976, un couple de journalistes se rend à la frontière franco-suisse pour tourner son premier reportage : une enquête sur d’étranges cas de mutilations de bétail. Une fois sur place, l’équipe de chercheurs qui devait les accueillir manque à l’appel. Accompagnés d’un secouriste, d’une biologiste britannique et d’un enquêteur de police américain, Melissa et David vont partir à la recherche du groupe de disparus, au cœur de la montagne. Eux aussi ne donneront plus aucun signe de vie.
40 ans plus tard, on retrouve les enregistrements de David et Melissa. Les images qu'ils ont filmé sont présentées pour la première fois au public...

MON AVIS : J'ai déjà écrit pas mal de louanges à propos du jeune réalisateur français Fabien Delage, notamment après avoir visionné La Rage du Démon, cette superbe déclaration d'amour au cinéma muet et à Georges Méliès en particulier. Fabien a débuté sa carrière de réalisateur en 2012, avec la série télévisée Dead Crossroads qui relevait déjà du domaine du documenteur et du found footage, sous-genre du cinéma fantastique initié avec Cannibal Holocaust et mondialement popularisé avec Le Projet Blair Witch bien sûr. Un procédé cinématographique qui plaît beaucoup à Fabien Delage, qui remettra le couvert en 2015 avec Dead Crossroads : The Forbidden Files puis en 2016 avec le fameux La Rage du Démon, déjà cité. Les rouages du found footage, notre réalisateur en herbe les connaît parfaitement, en a assimilé toutes les techniques, toutes les astuces. Il le prouve dans son nouveau film, Cold Ground, qu'il a mis en scène en 2017, avec un tournage de dix jours seulement et avec un budget plus que modeste. Je ne suis pas spécialement fan de found footage, même si j'ai adoré [Rec] et The Bay, deux exemples que j'ai trouvé très efficace. Avec Cold Ground, encore une fois, Fabien Delage m'a bluffé ! Franchement, dire que ce réalisateur est extrêmement doué n'est pas exagéré. Outre qu'il sait manier une caméra, qu'il a des idées et de l'énergie à  revendre, ce qui ressort le plus de son cinéma, c'est la passion et la sincérité, l'amour du genre. On n'ose imaginer ce qu'il accomplirait avec un budget conséquent. Toujours est-il que si vous êtes fan de found footage, alors ruez-vous sur Cold Ground. En l'état, ce film ne révolutionne pas le genre dans lequel il s'inscrit. On y retrouve tout ce qui en fait son charme ou qui peut rebuter ceux qui ne l'apprécie pas : caméra qui bouge quand les personnages courent ou effectuent des mouvements, scènes nocturnes éclairées à la lampe torche ou à l'aide du projecteur de la caméra, pas beaucoup d'action, pas mal de dialogues et une menace invisible qui va venir foutre la pétoche aux personnages du film et aux spectateurs. Le tout tentant de nous faire croire qu'il s'agit d’événements ayant réellement eut lieu et qui ont été filmé en direct par une équipe de journalistes disparue, dont on n'a juste retrouvé les bandes ou la caméra. Bref, rien de nouveau à l'ouest dans le domaine du found footage mais la maîtrise de Fabien Delage, associé à un casting qui s'en sort vraiment bien (Doug RandGala Besson, Philip Schurer, Maura Tillay ou Fabrice Pierre livrent une composition solide et franchement crédible), à des dialogues intéressants et qui participent bien à faire monter l'angoisse (l'histoire du cas Snippy par exemple), à des situations peu rassurantes (la découverte de carcasses d'animaux dévorés de curieuses manières, puis d'ossements humains...) font de Cold Ground est modèle d'efficacité qui n'ennuie jamais et dont les influences sont à aller chercher, dixit Fabien Delage lui-même, dans les films des années 70 dans lesquels la nature reprend ses droits sur l'humain (Frogs, Long Weekend...) mais aussi sur les films basés sur la légende de Bigfoot, comme The Legend of Boggy CreekSnowbeast ou Creature from Black Lake par exemple. Car oui, il y a une véritable menace dans Cold Ground et les créatures du film, réalisées à l'ancienne, comme les effets de maquillage d'ailleurs (on ne trouve quasiment aucun effet numérique dans le film, hormis l'avalanche), font froid dans le dos même si, found footage oblige, on ne les verra pas énormément. On ne saura pas non plus ce qu'elles sont réellement mais dans ce type de film, garder une part de mystère n'est pas un mal et participe même à l'intérêt général. Au niveau des effets-spéciaux, Fabien Delage a fait appel au talentueux David Scherer, qui a réussi l'exploit de me faire grincer des dents lors de l'abominable séquence de la cheville. J'ai pourtant vu American Guinea Pig et autres atrocités sur pellicule mais j'avoue que cette scène m'a fait viscéralement mal ! Bravo monsieur Scherer ! Une chose est sure en tout cas, c'est que Cold Ground ne donne pas du tout envie d'aller faire une excursion dans les forêts enneigées de la frontière franco-suisse, surtout la nuit ! Tout comme Les Dents de la Mer nous a donné une appréhension du milieu maritime, Le Projet Blair Witch nous a fait voir d'un autre regard la balade en forêt. Cold Ground participe lui aussi à nous faire réfléchir à ce type d'escapade entre amis et lors de mon prochain séjour au ski, il est certain que je réfléchirai à deux fois avant d'accepter de faire une randonnée nocturne dans les bois ! Je félicite donc Fabien Delage et toute son équipe pour sa nouvelle réalisation mêlant found footage, film de monstre et survival. Un film qui n'a pas à rougir face à la concurrence, bien au contraire ! Vraiment un réalisateur à suivre...

* Disponible en DVD (avec The Legend of Boggy Creek en bonus) chez CINE2GENRE 



vendredi 4 janvier 2019

TOXIC AVENGER 4 - CITIZEN TOXIE

TOXIC AVENGER 4 - CITIZEN TOXIE
(The Toxic Avenger 4 - Citizen Toxie)

Réalisateur : Lloyd Kaufman
Année : 2000
Scénariste : Lloyd Kaufman, Trent Haaga, Patrick Cassidy, Gabriel Friedman
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Gore
Interdiction : -16 ans
Avec : David Mattey, Heidi Sjursen, Paul Kyrmse, Joe Fleishaker, Debbie Rochon...


L'HISTOIRE : Toxie et son compagnon Gras du Cul vont tenter de stopper le gang de la mafia des couches culottes qui vient de prendre en otage une classe d'élèves attardés. Afin d'éviter de voir une bombe exploser, Grad du Cul va manger cette dernière mais l'explosion aura tout de même lieu, ce qui va entraîner la création d'un univers parallèle à Tromaville : Amortville. Toxie est précipité dans ce nouvel univers inversé dans lequel son alter-ego maléfique Noxie fait régner le mal et la corruption avec l'aide des autorités et du sergent Kabukiman, adepte à la cocaïne. Noxie se retrouve quant à lui à Tromaville et va commettre bien des méfaits aux yeux de la population qui croit avoir affaire au gentil Toxie et qui ne comprend pas l'attitude de son super-héros. Ce dernier va tout faire pour réintégrer sa dimension et retourner à Tromaville...

MON AVIS : Après l'excellent Toxic Avenger réalisé en 1984, Lloyd Kaufman et son associé Michael Herz décide de donner deux suites aux aventures comico-gore de Toxie en  1989, avec Toxic Avenger 2 et Toxic Avenger 3. Deux films qui déçoivent les fans du vengeur toxique et qui ne réjouissent pas non plus Lloyd Kaufman au final. Ce dernier attendra donc onze ans avant de remettre sur le devant de la scène le super-héros du New Jersey à qui il a donné vie. En 2000 débarque alors l'incroyable et hallucinant Toxic Avenger 4, sous-titré Citizen Toxie, tout un programme qui a pour but d'en mettre plein les yeux à Orson Welles. Bon, ok, il est mort en 1985 mais ce n'est pas grave, c'est l'intention qui compte. Dès le début du film, Kaufman se montre cash et nous dit clairement qu'il n'est pas fan de Toxic 2 & 3 et que Citizen Toxie est la véritable suite du film de 1984 ! Une fois passée cette note d'intention, c'est partie pour 109 minutes de folie furieuse, de politiquement incorrect, de gore qui éclabousse, de filles aux gros seins dénudés, de blagues scatologiques douteuses et d'un je-m'en-foutisme total vis à vis des conventions et de la bienséance. Citizen Toxie ne se refuse aucun délire et assume à 1000% son côté trash irrévérencieux, comme si Lloyd Kaufman voulait réaliser le film Troma ultime après le non moins explosif et décadent Terror Firmer réalisé en 1999. Les amateurs de gore, déçus de la retenue des deux épisodes précédents (Toxic Avenger 3 n'étant pas aidé par sa version cut nous privant de la seule scène réellement bien gore du film, version cut malheureusement présente dans le beau coffret édité par Bach Films), seront aux anges avec Citizen Toxie, le vengeur toxique et les autres personnages se livrant à des débordements sanglants ultra jouissif qui semblent ne connaître aucune limite. Impossible d'énumérer toutes les scènes gores du film tant elles sont nombreuses. Vous allez en avoir pour votre argent à ce niveau, c'est moi qui vous le dit ! Ça gicle, ça explose, ça charcle, ça étripe, ça éventre, ça décapite, ça démembre à tour de bras et dans une bonne humeur plus que communicative. Véritable comédie gore jusqu'au-boutiste, Citizen Toxie étonne dans son désir d'aller toujours plus loin, toujours plus fort dans le scabreux et nul doute que le film ne plaira pas à tout le monde ! Rien que la scène d'introduction se déroulant dans une classe d'handicapés mentaux et moteurs risque de faire grincer des dents ! Mais rassurez-vous, il n'y a pas que les handicapés qui sont visés, tout le monde en prend pour son grade dans Citizen Toxie : les politiciens, les forces de l'ordre, les Mexicains, les noirs, Stephen Hawkins, le KKK, les néo-nazis, Dieu lui-même et j'en passe. Je vous le disais, Lloyd Kaufman ne s'est imposé aucun carcan ici, quitte à scandaliser le public néophyte de son univers qui voudra certainement jeter dans les toilettes son film. Une place qui lui irait à ravir de toute façon, le caca étant l'un des éléments majeurs de cette quatrième aventure, je ne vous en dis pas plus mais les estomacs fragiles vont prendre chers ! Dans ce capharnaüm gore et d'une débilité totalement assumé, on retrouve pas mal de références à d'autres films mais aussi quelques têtes bien connues, comme celle de Ron Jeremy, célèbre acteur porno qui joue le maire de Tromaville ; Lemmy Kilmister, célèbre chanteur de Motorhead Debbie Rochon, célèbre scream queen aux formes généreuses ; Corey Feldman, célèbre acteur qu'on ne présente plus, vu dans Gremlins, Les Goonies, Génération Perdue, Stand by Me entre autres et qui interprète ici le gynécologue de la petite amie aveugle de Toxie ; James Gunn, célèbre réalisateur de Horribilis, Super ou des Gardiens de la Galaxie ; Julie Strain, autre scream queen à la poitrine volcanique... la liste serait trop longue pour tous les citer mais cerise sur le gâteau, le final du film voit le retour de Mark Torgl, le premier Melvin dans le film de 1984 !  Généreux, entièrement dédié aux amoureux des films de la Troma, Citizen Toxie est franchement une pure réussite pour qui apprécie les films indépendants totalement décomplexés du bulbe et qui se moquent de tout, sauf de son public. Citizen Toxie est l'une des productions Troma qui a bénéficié d'un budget plutôt confortable (environ 500 000$) et cette histoire délirante d'univers parallèle dans lequel sévit un méchant Toxie, du nom de Noxie, s'avère clairement l'un des meilleurs films de cette sympathique société. On prend plaisir à revoir le Sergent Kabukiman (qui a aussi un alter-ego maléfique à Amortville), la petite amie de Toxie (Heidi Sjursen) s'appelle enfin Sara comme dans le premier film et en clin d'oeil à Toxic 2 et 3 qui avait zappé ce prénom au profit de Claire, son alter-ego à Amortville s'appelle justement... Claire ! Lloyd Kaufman a bien retenue la leçon et il s'est fait un plaisir monstre avec Citizen Toxie ! Plaisir amplement partagé pour ma part, j'ai juste halluciné devant ce refus du conformiste et cette liberté créatrice totale sans tabou aucun. Ça fait du bien par où ça passe ! Jubilatoire, à savourer séance tenante ! 

* Disponible en DVD et BR chez BACH FILMS 


jeudi 3 janvier 2019

JACKALS

JACKALS
(Jackals)

Réalisateur : Kevin Greutert
Année : 2017
Scénariste : Jared Rivet
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur, Home Invasion
Interdiction : -12 ans
Avec : Stephen Dorff, Deborah Unger, Johnathon Schaech, Nick Roux, Chelsea Ricketts


L'HISTOIRE : Jimmy Levine est spécialisé dans l'aide aux victimes de sectes, n’hésitant pas à recourir à la violence si nécessaire pour les en sortir. Il est engagé par une famille dont le fils est sous l’emprise d’un culte satanique. Levine parvient à le kidnapper pour le ramener aux siens. Les membres du culte ne vont pas en rester là : ils encerclent la maison familiale, décidés à récupérer leur bien. La nuit va être longue...

MON AVIS :  Après avoir passé les années 90 et le début des années 2000 en tant que membre du département éditorial sur de nombreux films, Kevin Greutert passe derrière la caméra en 2009 et 2010 en mettant en scène Saw VI et Saw 3D, deux volets de la saga au succès planétaire. Il fait son retour en 2014 avec le très sympa et assez flippant Jessabelle puis en 2015 avec Visions, que je n'ai pas vu. Deux ans plus tard, on le retrouve aux commandes de Jackals, un film qu'on classera dans la mouvance du home invasion, sous-genre très en vogue dans la décennie 2010, avec des films tels Ils (2006), le remake de Funny Games (2008) ou de La Dernière Maison sur la Gauche (2009), The Strangers (2008), Mother's Day (2010), American Nightmare (2013), You're Next (2013), Home Sweet Home (2013), Intruders (2015), Knock Knock (2015), Pas un Bruit (2016) ou Don't Breathe (2016) par exemple. Des films dans lequel une gentille famille voit son quotidien être perturbé par l'intrusion d'un groupe de personnes aux comportements violents et meurtriers. Jackals joue donc avec les codes de ce genre assez flippant au final, car quoi de plus terrifiant que de voir l'intimidé de sa maison, lieu protecteur par excellence, être violée et mis à mal par des inconnus qui n'ont pas vraiment de bonnes intentions. Quand ces derniers sont en plus masqués et armés de hache ou autres armes peu rassurantes, on imagine le stress et la tension chez les pauvres résidents qui n'ont rien demandé. Ça tombe bien, les méchants dans Jackals sont justement masqués et bien armés. Ils sont en nombre conséquent également et d'une détermination absolue. Leurs revendications ? Retour de l'ISF, CICE pour les PME, augmentation du pouvoir d'achat, baisses des taxes diverses ? Pas du tout ! Aucun gilets jaunes parmi les agresseurs, tous vêtus de noir et portant des masques aux formes animales assez lugubres et menaçantes. Non, la seule chose qu'ils veulent, c'est récupérer Justin Powell (Ben Sullivan), le fils de la famille dont ils vont venir troubler la quiétude. Pourquoi ? Car le jeune homme est membre de leur secte et totalement sous l'emprise de son gourou dont on ne verra jamais le visage. Seulement, les membres de sa vraie famille, aidés par un spécialiste dans l'aide aux victimes de sectes (interprété par Stephen Dorff) l'ont kidnappé et ramené chez eux pour commencer une thérapie devant le ramener dans le droit chemin et lui faire retrouver la raison, surtout qu'il est papa d'une petite fille de quelques mois. Ce kidnapping n'est pas du tout du goût du gourou qui débarque donc avec toute sa tribu de psychopathes armés jusqu'au dents, dont une séduisante et sexy jeune femme portant un masque de renard et adepte du maniement de couteau (Alyssa Julya Smith), bien décidé à reprendre celui qui lui appartient. Sans être d'une folle originalité, présentant des scènes relevant du déjà vu, Jackals remplit toutefois son cahier des charges et procure ce qu'on peut attendre de ce type de films : de la violence frontale, qui fait assez mal et s'avère assez réaliste ; des personnages qui, de victimes, vont s'armer et lutter ensemble, resserrant leur lien familial pour résister à l'assaut des assaillants ; des scènes d'intrusions jouant sur le suspense ; une mise en scène efficace ; de la torture gratuite qui met mal à l'aise et j'en passe. Kevin Greutert connaît ses classiques et s'en inspire plutôt bien, livrant un film qui ira sans souci rejoindre la liste des titres cités plus haut dans cette chronique. Pour ma part, hormis l'actrice Deborah Unger que j'ai trouvé un peu quelconque et pas vraiment impliquée, ainsi que certaines réactions des personnages pas toujours crédibles dans ce genre de situations, j'ai bien apprécié le film, qui a pour défaut d'arriver après la bataille, mais qui n'est en rien déshonorant et assure le spectacle. J'aurais bien aimé en savoir plus sur la secte elle-même, sur son gourou également, sur ses méthodes de conditionnement mental mais on n'en saura pas plus, le réalisateur ne livrant aucun détail sur ces points précis. Dommage. A moins qu'une suite ne voit le jour, le final étant particulièrement ouvert pour nous le faire croire. A noter une excellente introduction, façon Halloween de Carpenter. Certains plans de caméra, certaines séquences (la montée d'escaliers par Samantha pour aller voir son petit ami Justin par exemple) nous évoquent aussi L'Exorciste, le film s'amusant parfois à surfer sur les codes du film de possession. 

* Disponible en DVD et BR chez METROPOLITAN VIDEO



    

mardi 1 janvier 2019

TOXIC AVENGER 3

TOXIC AVENGER 3
(The Toxic Avenger part 3 - The Last Temptation of Toxie)

Réalisateur : Michael Herz, Lloyd Kaufman
Année : 1989
Scénariste : Gay Partington Terry, Lloyd Kaufman
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : John Altamura, Phoebe Legere, Rick Collins, Lisa Gaye, Jessica Dublin...


L'HISTOIRE : Après son périple au Japon, Toxie fait son grand retour à Tromaville afin de chasser le président d'Apocalypse Inc. et ses sbires. Le vengeur toxique va d'abord nous raconter comment il a failli devenir un membre actif d'Apocalypse Inc., délaissant sa petite amie Claire et la population pour privilégier sa carrière, avant de se reprendre en main et de livrer un ultime combat contre le président de cette entreprise, qui n'est autre que le Diable lui-même...

MON AVIS : Tourné en même temps (ou à la suite, on ne sait pas très bien) que le très laborieux second épisode des aventures du vengeur toxique, Toxic Avenger 3 - La Dernière Tentation de Toxie traîne la réputation d'être le plus mauvais film de la quadrilogie imaginée par Lloyd Kaufman et Michael Herz. Eh bien figurez-vous que j'ai largement plus apprécié ce troisième film que le second ! Comme quoi, il faut toujours se faire son propre avis. Pourtant, ce n'était pas gagné pour Toxic Avenger 3 qui se prive d'un élément majeur (ou censé être majeur) quand on évoque cette saga : le gore. Si vous avez trouvé que Toxic Avenger 2 était déjà bien avare dans ce domaine comparé au premier film, alors vous allez tomber des nues avec cette troisième partie puisqu'elle ne contient quasiment aucune scène, aucun effet gore, si ce n'est lors de la première séquence dans le vidéo-club au début du film. Après, nada, Toxic Avenger 3 devient quasiment un film tout public, dont le final lorgnera même vers des séries comme Spectreman ou X-Or, avec la transformation du président d'Apocalypse Inc. en démon, costume en latex à l'appui et combats façon Tokusatsu. Le tout sans la moindre once de violence trash comme avait pu nous faire jubiler Toxic Avenger premier du nom. Pourtant, croyez-le ou non, mais ça passe. Ça passe parce que la mise en scène fait le job, parce que c'est bien filmé, parce que c'est plutôt drôle et que ce côté film de super-héros pour (quasi) toute la famille est tout à fait assumé et qu'il y va à fond. Contrairement à Toxic Avenger 2, j'avais cette fois l'impression de regarder un vrai film, avec de menus défauts certes, mais largement plus travaillé que le film précité. Exit ce côté totalement amateur des pérégrinations de Toxie dans les rues japonaises par exemple, qui donnait à ce second épisode la mauvaise impression d'être bâclée ou filmée à la va comme j'te pousse. Avec Toxic Avenger 3, on revient à une "norme" plus cinématographique, de mon point de vue du moins. Lloyd Kaufman propose, de plus, un sous-texte intéressant dans ce troisième épisode. Car à bien y regarder, Toxic Avenger 3 est un brûlot anti-grand studio assez décapant et corrosif et Kaufman n'y va pas avec le dos de la cuillère pour expliquer qu'il défendra contre vents et marées sa vision du cinéma. La séquence la plus emblématique de cet état de fait se situe justement au début du film, dans un vidéo-club parsemé des VHS et d'affiches des films de la Troma. Des voyous pénètrent dans ce lieu saint et s'en prennent aux clients, leur disant que désormais, ils n'auront plus que le choix de louer des films figurant dans le TOP 20. Une cliente réplique qu'elle aime avoir un choix de films divers et variés, ce à quoi le chef de la bande (interprété par Pericles Lewnes, réalisateur de Redneck Zombies) lui rétorque qu'il y a du choix ici, comme MGM, Columbia et Paramount ! Et que lui et sa bande se nomment les Warner Brothers ! Difficile de faire plus cinglant à l'encontre des grosses compagnies de productions cinématographiques non ? Surtout quand débarque le vengeur toxique et qu'il met une bonne ratatouille à ces voyous. Le message est clair ! D'autres petites allusions du même acabit parsèment les 102 minutes du film et Toxic Avenger 3 apparaît alors comme étant un véritable plaidoyer pour les films à petits budgets, pour les films indépendants produits avec les moyens du bord. Impossible également de ne pas voir dans le personnage du président d'Apocalypse Inc. les grands pontes des grands studios précités, qui a grand coup de contrat parviennent à se mettre la majorité des intervenants travaillant dans l'industrie du cinéma dans la poche ! Ce sera d'ailleurs le cas avec notre brave Toxie, qui va avoir le cerveau tout retourné quand ce fameux président lui propose une somme fort intéressante pour rallier son équipe. Le gentil monstre, héros de Tromaville, va oublier toutes ses convictions et passer du côté obscur, s'attirant la désaffection des habitants de la ville. Ça partait pourtant d'un bonne intention puisque l'argent récolté lui permet de faire opérer sa dulcinée afin de lui rendre la vue. Mais même cette dernière ne supporte pas de voir son amoureux changer du tout au tout, privilégiant sa carrière et jouant le jeu d'Apocalypse Inc. Bien sûr, tout rentrera dans l'ordre et Toxie finira par revenir du côté des gentils et fera tout pour éradiquer les méchants. Encore une façon détournée et amusante pour Lloyd Kaufman de s'attaquer aux lobbys des puissants studios de cinéma. J'ai même lu sur internet que Toxic Avenger 3 avait été financé en partie par un grand studio, ce qui expliquerait pourquoi Lloyd Kaufman ne le porte pas trop dans son coeur cet épisode et en aurait interdit pendant longtemps l'exploitation dans les pays hors USA. Une information à vérifier mais si c'est bel et bien le cas, on peut même dire que Toxic Avenger 3 est autobiographique et que dans ce film, c'est Lloyd Kaufman lui-même le vengeur toxique qui a cédé durant un temps aux forces du Mal. Tout ça pour dire que malgré son absence de gore, cette troisième partie a des arguments à faire valoir. L'aspect un peu trashouille des deux premiers films est tout de même bien présent, avec un Toxie qui fait des tas de bruits bizarres sur les toilettes alors que sa mère est là par exemple. Le personnage le plus trash reste tout de même Claire, toujours interprétée par la bimbo Phoebe Legere, et qui passe tout le film dans des tenues affriolantes, culotte et porte-jarretelles de rigueur ! Un rôle nettement plus étoffé que dans le second épisode, l'actrice se donnant à fond pour jouer la bécasse de service et grimacer à n'en plus finir. Il est fort dommage que l'acteur Mark Torgl, qui interprétait Melvin dans le premier film, ait refusé de reprendre son rôle pour cause de salaire trop bas. Car oui, Melvin fait son retour dans ce troisième épisode, je vous laisse découvrir comment et pourquoi ! Honnêtement, je me suis vraiment bien amusé à regarder Toxic Avenger 3, film qui vaut ce qu'il vaut mais qui ne mérite pas sa triste réputation.

PS : Attention, ce n'est pas la version totalement Uncut qui est proposée ici. Il manque plusieurs plans gores dans la séquence du vidéo-club, notamment quand Toxie enfonce son balai dans la tête du chef des voyous. Il manque toute la suite, dans laquelle le balai ressort de l'autre côté et Toxie finit par arracher la tête du méchant et la projeter sur des affiches de films. Plus quelques plans très courts ici et là qui, eux, ne remettent pas en cause le manque de gore du film.

-> LA SEQUENCE UNCUT <- 

* Disponible en combo DVD / BR chez BACH FILMS