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VACANCES ROMAINES

 

VACANCES ROMAINES
(Roman Holiday)

Réalisateur : William Wyler
Année : 1953
Scénariste : Dalton Trumbo, Ian McLellan Hunter, John Dighton
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, romance
Interdiction : /
Avec : Audrey Hepburn, Gregory Peck, Eddie Albert, Hartley Power, Paolo Carlini...


L'HISTOIRE : La jeune princesse Ann ne supporte plus sa condition ni les ennuyeux protocoles auxquels elle doit continuellement se soumettre. En visite à Rome, elle fugue un soir après avoir pris un tranquillisant et fait la connaissance de Joe Bradley, un journaliste qui ne la reconnaît pas de prime abord et qui la prend sous sa protection durant la nuit. Lorsque Joe comprend qui est cette jeune femme qu'il héberge chez lui, il y voit la possibilité d'obtenir un scoop et de s'enrichir. Ann, quant à elle, va vouloir passer une journée d'évasion et de détente sous le soleil romain...

MON AVIS : Quoi de mieux après une semaine passée à Rome que de se replonger dans cette agréable comédie romantique réalisée en 1953 par William Wyler, j'ai nommé Vacances Romaines ? Certains me répondront que visionner des gialli se déroulant dans cette ville serait encore mieux mais même si j'aime beaucoup les thrillers italiens, j'avoue que cette petite virée en compagnie de Gregory Peck et surtout d'Audrey Hepburn possède un charme nostalgique qui fait pencher la balance en sa faveur. Alors oui, l'histoire en elle-même n'est pas des plus incroyables : on a en effet une jolie princesse qui fait une dépression à cause de tout ce que son statut lui fait endurer et qui décide de se rebeller en fuguant un soir alors qu'elle se trouve à Rome. Elle rencontrera un journaliste qui va d'abord tenter d'abuser de la situation en essayant d'obtenir un scoop mais qui se ravisera au final, chacun étant tombé sous le charme de l'autre. Mais une princesse peut-elle tomber amoureuse d'un simple citoyen et vice-versa ? C'est Coup de Foudre à Notting Hill avec 46 ans d'avance ! Bien sûr, on peut aussi y voir plus que ça, on peut creuser sous la carapace de cette balade romantique très fleur-bleue, et mettre en avant l'émancipation d'une jeune fille espiègle et naïve, emprisonnée sous des carcans protocolaires qui la privent de sa jeunesse, et qui va au final devenir une femme comprenant sa fonction solennelle et finissant par l'accepter au nom de son pays. La transition s'opère naturellement en fin de compte, au grès de cette nuit et de cette journée ou elle se permet tout : fumer une cigarette, se promener sans garde du corps, adopter une nouvelle coupe de cheveux, aller danser. Vivre, tout simplement. Evidemment, les féministes pures et dures reprocheront au film de Wyler que cette métamorphose d'une jeune chrysalide en rayonnant papillon s'effectue par l'entremise d'un homme, que notre princesse rencontre par pur hasard et qui va devenir sa soupape de sécurité. Moi personnellement, je m'en contrefout royalement et j'apprécie ce divertissement sans me poser de questions. Vacances Romaines offre donc à Audrey Hepburn son premier grand rôle au cinéma : la future star est quasiment de tous les plans, son sourire, ses yeux, son charme naturel font des ravages immédiats, que ce soit auprès du public que des membres de l'industrie du cinéma. Elle remporte d'ailleurs l'Oscar de la meilleure actrice dans un rôle principal pour ce film, rien que ça ! A ses côtés, Gregory Peck est lui aussi excellent et le duo qu'il forme avec Audrey fonctionne du tonnerre. La légèreté de l'ensemble, le fait que William Wyler préfère axer sa caméra sur son duo tout en reléguant les fabuleux monuments visibles à Rome en arrière plan (ce film n'est pas un guide touristique de Rome !), l'humour des situations, sa balade à Vespa, le charisme de ses interprètes font de Vacances Romaines un petit classique 50's dont on ne se lasse pas.

LE FANTASTIQUE HOMME COLOSSE

 

LE FANTASTIQUE HOMME COLOSSE
(The Amazing Colossal Man)

Réalisateur : Bert I. Gordon
Année : 1957
Scénariste : Mark Hanna, Bert I. Gordon, George Worthing Yates
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Glenn Langan, Cathy Downs, William Hudson, Larry Thor, James Seay...


L'HISTOIRE : En voulant sauver le pilote d'un avion de ligne qui vient de se crasher, le lieutenant-colonel Glenn Manning se retrouve en plein centre de l'explosion d'une bombe à plutonium. Brûlé à 100% sur le corps, il devrait être mort mais il est bel et bien vivant et envoyé dans un hôpital pour grands brûlés. Sa fiancée Carol Forrest vient tous les jours prendre de ses nouvelles puis découvre qu'il a été déplacé de façon top-secrète dans une base militaire. Parvenant à s'introduire au sein du complexe militaire, Carol apprend que son fiancé, suite aux radiations provoquées par l'explosion, a subit une étrange mutation : il a régénéré sa peau qui ne comporte plus aucune trace de brûlures mais plus étrange encore, il se met à grandir, grandir, grandir...

MON AVIS : Si le réalisateur Bert I. Gordon était surnommé Mr. B.I.G., ce n'était pas seulement pour faire un jeu de mot avec son nom mais parce qu'il s'est rapidement spécialisé dans les films ayant pour thème le gigantisme, comme dans The Cyclops, War of the Colossal Beast, The Spider, Village of the Giants, Soudain les Monstres ou L'Empire des Fourmis Géantes entre autres. Ça tombe bien, le film dont je vais vous parler dans cet article est dans cette thématique, il suffit de lire son titre d'ailleurs, très explicite : Le Fantastique Homme Colosse ! Ce n'est que le quatrième film de Bert I. Gordon, c'est un low budget produit par la firme A.I.P. et qui surfe sur la peur des radiations et du nucléaire, thématique phare du cinéma de S-F 50's ! Ici, c'est une bombe au plutonium qui va venir semer la zizanie et faire grandir démesurément le héros du film, le militaire Glenn Manning, joué par Glenn Langan. Science-fiction oblige, notre héros ne va pas mourir après s'être pris une explosion de ladite bombe au plutonium en pleine face ! Encore plus incroyable, il survit malgré le fait que l’entièreté de son corps ait été brûlé, ce qui est médicalement impossible. Là ou ça devient carrément hallucinant, c'est lorsque sa peau toute carbonisée se met à disparaître pour laisser place à une peau saine, comme s'il avait mué telle un serpent. Un phénomène que ne s'explique pas les scientifiques qui étudient son cas, tout comme ils ne s'expliquent pas ce spectaculaire effet secondaire qui le fait grandir jour après jour. Les effets spéciaux pour rendre crédible cette augmentation de taille sont assez simples mais ça fonctionne pas trop mal, avec du mobilier conçu en taille réduite parmi lequel se déplace l'acteur. Par la suite, on aura toute sorte de surimpressions de l'acteur sur la pellicule nous permettant de croire qu'il est réellement un géant marchant dans la foule, plus haut que les bâtiments de la ville. Des effets visuels qui font bien sûr très datés à notre époque mais qui possède un charme certain pour qui apprécie le cinéma d'antan. Fait assez intéressant, notre fantastique homme colosse n'est pas un monstre destructeur sans foi ni loi, même s'il cassera quelques maquettes lors du final et terrorisera un peu la population. Bien au contraire, il prend conscience de sa situation et n'en accepte pas vraiment les règles, se sentant impuissant face à ce curieux phénomène dont il est victime. La présence de sa fiancée à ses côtés, interprétée par Cathy Downs, est tout autant un réconfort qu'une malédiction pour lui. De leur côté, les scientifiques font tout pour trouver une solution pour lui redonner sa taille normale, ce qui nous vaut pas mal de scènes assez bavardes et parfois un peu mollassonnes. C'est le principal défaut du film d'ailleurs, induit par le manque de budget. Le Fantastique Homme Colosse, tout sympathique qu'il est, se montre trop verbeux et pas assez dynamique dans son ensemble pour emporter une adhésion totale. L'année suivante, Bert I. Gordon donnera une suite aux mésaventures de Glenn Manning, avec War of the Colossal Beast !

 

LE SANG DE DRACULA

 

LE SANG DE DRACULA
(Blood of Dracula)

Réalisateur : Herbert L. Strock
Année : 1957
Scénariste : Aben Kandel
Pays : Etats-Unis
Genre : Teensploitation, épouvante
Interdiction : /
Avec : Sandra Harrison, Louise Lewis, Gail Ganley, Mary Adams, Heather Ames...


L'HISTOIRE : Nancy Perkins, qui n’apprécie pas que son père se soit remarié si vite après la mort de sa mère, est expédiée dans une école privée pour filles. Au sein de l'établissement, Miss Branding, professeur de sciences, teste sa théorie selon laquelle le potentiel humain recèle un pouvoir qui dépasse celui de l'atome. Grâce à l'hypnose et une amulette spéciale provenant des Carpates, Nancy Perkins devient le sujet idéal de ses expériences qui aboutissent à une série de meurtres...

MON AVIS : Après le succès de La Fureur de Vivre avec James Dean en 1955, les films mettant en vedette des teenagers ont fleuri sur les écrans. La Teensploitation était en marche. Rapidement, les ados ont été les stars d’œuvres de genre divers, allant du Beach Movie à la Bikesploitation en passant par les films de Délinquence Juvénile entre autres. Le public adolescent étant friand de frissons au cinéma ou dans les drive-ins, il était logique que le genre de l'épouvante s'empare du phénomène dans les 50's et mettent en scène nos ados victimes de monstres en tout genre. Le plus célèbre d'entre-eux reste assurément I Was a Teenage Werewolf, réalisé en 1957, la même année que ce Blood of Dracula qui bénéficie d'une renommée nettement moins prestigieuse que le film de Gene Fowler Jr mettant en vedette un certain Michael Landon. Concourant dans la catégorie des Craignos Monsters, Blood of Dracula a été réalisé par Herbert L. Strock, un metteur en scène peu prolifique, ayant plus œuvré dans le domaine de la série-télévisée que dans le cinéma. Il reste néanmoins connu des amateurs de petites séries B d'épouvante pour son quatuor de films bas de gamme mais néanmoins sympathiques : Blood of Dracula bien sûr mais aussi I Was a Teenage Frankenstein (1957), How to Make a Monster (1958) et The Crawling Hand (1963). Sympathique, Blood of Dracula l'est assurément. 69 minutes seulement au compteur, une mise en scène vraiment correcte et un casting qui fait tout à fait le job. On retiendra particulièrement la prestation de Louise Lewis dans le rôle du professeur Branding, de Mary Adams dans le rôle de la directrice madame Thorndyke, de Gail Ganley dans le rôle de Myra et de Sandra Harrison dans le rôle de l'héroïne Nancy Perkins. L'histoire pourra paraître un peu alambiquée puisqu'on y trouve un professeur de sciences (madame Branding) se servant d'une nouvelle élève (Nancy Perkins) pour étayer sa thèse qui ne trouve pas grâce aux yeux des référents masculins. Elle va hypnotiser la pauvre Nancy à l'aide d'un antique médaillon venant des Carpates et qu'on va supposer être en rapport avec Dracula, puisque, grâce à ce médaillon, miss Branding aura tout loisir de transformer Nancy en repoussante créature assoiffée de sang humain ! Mais avant cela, il faut se plonger durant 35 bonnes minutes dans l'univers de cette école privée pour filles. Le côté Teensploitation est présent durant toute cette durée, avec tout ce que le genre possède comme code : chamailleries entre filles, épreuves initiatiques pour intégrer le groupe, amourette avec l'unique garçon de l'école, soirée festive avec arrivée inattendue d'autres garçons dont l'un poussera la chansonnette (Puppy Love, chanson écrite et donc interprétée par Jerry Blaine) et j'en passe. Rien de transcendant ici mais comme déjà dit, c'est plutôt bien mis en scène et c'est traité avec un certain sérieux et une vraie application côté jeu d'acteurs. Bien sûr, on attend principalement de voir la créature vampire, dont le look a provoqué une certaine hilarité chez les spectateurs de l'époque, voire même chez le public contemporain ! Il faut avouer que le visage de Sandra Harrison, maquillé en vampire avec gros sourcils et regard inquiétant, provoque plus le rire que l'effroi. Il faut quand même noter que c'est la première fois dans un film de langue anglaise qu'on voit les dents proéminentes d'un vampire et ce, un an avant Le Cauchemar de Dracula par exemple ! De quoi réévaluer à la hausse ce Blood of Dracula non ? La dernière demi-heure verra se mélanger enquête policière pour tenter de trouver l'auteur de trois meurtres dont les victimes ont été entièrement vidées de leur sang et quelques transformations de Nancy en vampire. Herbert L. Strock n'a pas réalisé ici un classique du genre, ça c'est certain, mais vu la réputation catastrophique de son film, j'ai plutôt été agréablement surpris même si je ne m'attendais pas à ce mélange entre Teensploitation et film de vampire. Un Craignos Monsters qui n'a pas volé cette étiquette mais qui s'avère tout de même plus sympa à regarder que d'autres films du même genre. A réserver tout de même aux amateurs ayant des dispositions à apprécier ce type de spectacle et qui font partie de la catégorie "très bon public", comme moi...

* Disponible en DVD chez -> BACH FILMS
Très belle copie pour ce film présenté en VOSTF




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LE DERNIER RIVAGE

 

LE DERNIER RIVAGE
(On the Beach)

Réalisateur : Stanley Kramer
Année : 1959
Scénario : John Paxton
Pays : Etats-Unis
Genre : Mélodrame, science-fiction, post-apo
Interdiction : /
Avec : Gregory Peck, Ava Garner, Fred Astaire, Anthony Perkins, Donna Anderson...


L'HISTOIRE : Une guerre nucléaire a ravagé la planète et détruit l'humanité. Seul l'Australie n'a pas été impacté. Le commandant d'un sous-marin, Dwight Lionel Towers, débarque avec ses hommes sur ce continent de l'hémisphère sud et va recevoir l'ordre de remplir une nouvelle mission : se rendre dans l'hémisphère nord afin de mesurer le taux de radioactivité, trouver la source d'une liaison en morse qui reste indéchiffrable et voir s'il reste quelqu'un de vivant. Il faut faire vite, les scientifiques annonçant que les flux radioactifs vont arriver en Australie dans cinq mois environ. Avant son départ, Towers fait la connaissance de plusieurs habitants, dont Moira, une femme ayant des souci d'alcool, avec qui il se lie d'amitié, ou le lieutenant Peter Holmes, qui va devoir abandonner sa femme et sa petite fille pour embarquer à bord du sous-marin...

MON AVIS : Après avoir connu un beau succès en 1958 avec La Chaîne, un film traitant du racisme, Stanley Kramer décide de mettre en scène une adaptation d'un roman de Nevil Shute pour son quatrième film, qui sera donc Le Dernier Rivage. Un récit science-fictionnel, à base de guerre nucléaire, nous présentant une planète décimée de toute vie humaine à l'exception de l'Australie, pays dont les jours sont néanmoins comptés avant que les nuages radioactifs ne l'atteignent, c'est à dire dans cinq mois environ. Dernier rivage encore habitable pour le moment, l'Australie n'en reste pas moins un futur cimetière et les habitants le savent bien. C'est d'ailleurs l'un des intérêt du film, à savoir nous montrer comment les derniers habitants de la Terre vont passer les cinq mois qu'ils leur restent à vivre et ce, malgré la fatalité et l'inexorabilité de la situation. La progression de l'histoire se fait en trois parties distinctes : Après une introduction se déroulant dans un sous-marin dans lequel on fait connaissance avec le commandant, interprété par Gregory Peck, le récit va prendre place en Australie et nous présenter les autres personnages principaux, joués par des stars ou des étoiles montantes : Ava Gardner, Fred Astaire ou un certain Anthony Perkins qui explosera l'année suivante dans le Psychose d'Alfred Hitchcock bien sûr. Le destin de ces quatre protagonistes va se retrouver mêlé par le drame en devenir et leur évolution ne prendra pas le même chemin, certain se transformant positivement face à l'adversité (Ava Gardner et Gregory Peck) quand d'autres vont sombrer dans la déprime et ne voir que la fatalité (Anthony Perkins). Alors qu'on pourrait penser que le rythme du film va se montrer dynamique, le temps étant compté pour les personnages, Stanley Kramer fait l'exact opposé de ce qu'on avait imaginé et prend tout son temps pour développer la psychologie de ses héros, faire naître une romance entre Peck et Gardner par exemple, tout en la rendant complexe. Petit à petit, Le Dernier Rivage verse dans le beau mélodrame hollywoodien, tout en se montrant néanmoins d'un pessimisme redoutable, avec la présence de thématique particulièrement sombre, comme l'euthanasie ou le suicide entre autres, thématique qui trouve une représentation visuelle assez poignante dans le film, qui est bercé par la jolie partition musicale de Ernest Gold. La seconde partie du film nous emmène à bord du sous-marin, qui va partir en mission dans des zones fortement contaminées par les radiations. Contrairement aux classiques du film post-apo, qui nous montrent des paysages détruits, des immeubles ravagés, des cadavres à même le sol dans les rues, Stanley Kramer prend une direction autre et nous offre des décors, des villes n'ayant subit aucun dommage mais étant complètement vidés de toute présence humaine. Ce refus de faire dans la surenchère est à l'image même du Dernier Rivage et se montre cohérent en fin de compte, surtout que le très beau noir et blanc renforce la force des images présentées. On aura aussi droit à une mission hors sous-marin, avec un sous-marinier entièrement revêtu d'une combinaison anti-radiation et devant se rendre dans les rues désertes à la recherche de ce fameux signal en morse qui ne cesse d'émettre. Une lueur d'espoir, la possibilité d'une présence humaine ? Puis vient le retour en Australie, les retrouvailles de nos héros, et la fin qui approche à grand pas. Que faire de notre temps quand la mort est à notre porte ? Cette partie finale va développer cette thématique, et nous montrer que certains vont tout faire pour vivre leur rêve avant le drame. Cela nous vaudra l'unique séquence d'action du film, avec un Fred Astaire désireux de participer à une course d'automobiles. Malgré ces petits moments de bonheur (une partie de pêche, une course de voiliers...), le pessimisme reprend vite la première place et une fois le générique de ce beau film mélodramatique terminé, on pense aux tensions actuelles avec la Russie et on se prend à frémir en repensant au dialogue prononcé par Fred Astaire sur qui a déclenché la guerre atomique. En espérant que ce dialogue ne soit pas prophétique. Un joli classique que ce Dernier Rivage donc, au casting somptueux et bien en place. Le film, jugé trop nihiliste, n'a pas bénéficié du soutien de l'armée américaine et il a donc fallu aller tourner directement en Australie, le pays accueillant le tournage avec une grande joie, allant jusqu'à prêter un sous-marin au réalisateur et lui facilitant grandement la tâche. En tout cas, le récit se montre assez glaçant et ne prête guère à sourire. C'est l'une des grandes forces du film de Stanley Kramer, qui mérite assurément d'être (re)vu par les fans de beau film. C'en est un, clairement. Remake par Russel Mulcahy en 2000.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> RIMINI EDITIONS <-  
- Master haute définition
- Boîtier Digipack 2 volets avec étui
- Interview de Marie-Odile Probst, traductrice du roman
- "Le dernier rivage" par un journaliste du site Culturopoing



LA BELLE ET LE CORSAIRE

 

LA BELLE ET LE CORSAIRE
(Il Corsaro della Mezzaluna)


Réalisateur : Giuseppe Maria Scotese
Année : 1957
Scénariste : Mario Amendola, Riccardo Pazzaglia, Giuseppe Maria Scotese
Pays : Italie
Genre : Aventure
Interdiction : /
Avec : John Derek, Gianna Maria Canale, Ingeborg Schöner, Alberto Farnese...


L'HISTOIRE : Le Baron Alfonso di Camerlata vit dans un immense château avec sa nièce Angela, son capitaine Alonzo de Carmona et ses sujets. Avare et proche de ses sous, le Baron rogne sur tout ce qu'il peut pour économiser, y compris sur la poudre à canon, alors que des pirates venus du Moyen-Orient sillonnent les mers avoisinantes. L'annonce de la venue de Catherine d'Autriche et de sa cour au château du Baron intéresse le corsaire Nadir El Krim, qui recherche désespérément un homme responsable de plusieurs massacres sous le régime de Charles Quint...

MON AVIS : Réalisé par Giuseppe Maria Scotese, un réalisateur italien qui m'est totalement inconnu même s'il est crédité en tant que co-réalisateur sur un film également disponible en DVD chez Artus Films, à savoir le film d'Edgar G. Ulmer, Le Pirate de Capri en 1949, La Belle et le Corsaire promettait de par son titre une aventure romanesque à souhait à base de piraterie et de jolies filles. En ce qui concerne ses dernières, elles sont au rendez-vous puisque figure au casting Gianna Maria Canale, qui joue Catherine d'Autriche, et surtout Ingeborg Schöner, qui interprète la fort charmante Angela. C'est une actrice d'origine allemande, qui a principalement fait carrière dans son pays et qui est vraiment ravissante dans La Belle et le Corsaire. On notera que le titre original du film est Il Corsaro della Mezzaluna, soit Le Corsaire au croissant de Lune. Un croissant de lune qui évoque les peuples sarrasins du Moyen-Orient, et pour cause puisque le corsaire du titre, et héros du film donc, est de confession musulmane. Il est interprété par John Derek, qui s'en sort correctement ici. Le souci est que les fans de piraterie seront sûrement déçus par le résultat final car ils n'auront pas grand chose à se mettre sous la dent. Il est certain que le réalisateur n'a pas dû bénéficier d'un budget conséquent car hormis les costumes et les décors naturels, tout fait affreusement cheap, à commencer par la vision du seul bateau pirate qu'on verra dans le film et qui n'est clairement qu'une maquette de mauvaise qualité. Tout le reste de l'histoire se déroule sur la terre ferme, principalement dans l'enceinte du château et le peu de rebondissements proposés nous tirent quelques bâillements polis. Il faut dire qu'on croule sous les dialogues et que le manque d'action se fait cruellement ressentir jusqu'aux vingt dernières minutes, qui se trouvent enfin dynamisées par quelques scènes de batailles et des duels à l'épée pas trop mal chorégraphiés. Clairement, La Belle et le Corsaire se veut nettement plus être un film d'aventure et de cape et d'épée qu'un réel film de pirates. Mais la faiblesses des moyens, la mise en scène anémique et un scénario somme toute peu palpitant tirent le film vers le bas et entraînent le spectateur dans les affres de l'ennui. La romance entre le beau corsaire et la jolie Angela n'est pas très développée non plus et c'est plutôt dommage. Film assez anecdotique, La Belle et le Corsaire aura bien du mal à tirer son épingle du jeu face à la concurrence car il lui manque beaucoup d'éléments pour nous emporter dans son sillage. 

* Disponible en DVD chez -> ARTUS FILMS <-  
- Film proposé en VF et VOSTF
- Présentation du film par Christian Lucas
- Diaporama d’affiches et de photos
- Film-annonce
 
  



I WAS A TEENAGE WEREWOLF

 

I WAS A TEENAGE WEREWOLF
(I Was a Teenage Werewolf)

Réalisateur : Gene Fowler Jr.
Année : 1957
Scénariste : Herman Cohen, Aben Kandel
Pays : Etats-Unis
Genre : Teensploitation, épouvante
Interdiction : /
Avec : Michael Landon, Yvonne Lime, Whit Bissell, Cynthia Chenault, Charles Willcox...


L'HISTOIRE : Tony est un adolescent très impulsif, qui se bagarre souvent et se crée de nombreux ennuis avec la police. Pour tenter d’apaiser son comportement explosif, il décide d’aller consulter le docteur Brandon, un hypnothérapeute. Ce dernier va alors se servir de Tony pour se livrer à de curieuses expériences. Il lui injecte un sérum qui va transformer l’adolescent en… loup-garou !

MON AVIS : Titre phare du cinéma d’exploitation, I was a Teenage Werewolf mélange épouvante et teensploitation dans un succulent cocktail, qui eut un grand succès à l’époque puisqu’il rapporta plus de 2 millions de dollars, devenant l'un des plus gros hits de la firme A.I.P. Le film est également connu car l’acteur qui va se transformer en monstre poilu n’est autre que Michael Landon, oui, oui, le célèbre Charles Ingalls de La petite maison dans la prairie, alors âgé de  21 ans. Réalisé en 1957 par Gene Fowler Jr., I was a Teenage Werewolf est un pur plaisir de cinéphile déviant, une petite série B sans budget mais qui fonctionne parfaitement et qui fait tout pour satisfaire le public ciblé, à savoir les adolescents ! Idéal pour une projection en drive-in, ce film à tout compris aux attentes desdits ados, en leur proposant du rock n’ roll, du suspense, de l’épouvante, de l’action, tout en mettant en avant les difficultés de la jeunesse à travers le personnage de Tony, un gentil rebelle dont l’attitude violente est expliquée ici par l’absence de repère maternelle et par une relation père / fils anecdotique, sans réelle implication. Un jeune homme un peu perdu, qui n’a que sa petite amie Arlene (Yvonne Lime) pour le ramener dans le droit chemin. Niveau effets-spéciaux, ils sont certes assez rudimentaires et la transformation s’effectue à l'ancienne, en surimpression d’images floutées, avec ajout de prothèses et de poils sur le visage et les mains de Michael Landon, pour un résultat qui ravira les amateurs de Craignos monsters ! Reste que le look du loup-garou, vêtu d’un teddy, l’iconique veste américaine, est franchement excellent et les scènes dans lesquelles il apparaît sont très jouissives, comme celle où Tony regarde une jolie fille faire des assouplissements dans le gymnase du lycée et se transforme en loup-garou pour l'attaquer. On ne peut que ressentir de l’empathie pour Tony, victime de l’esprit dérangé d’un savant fou qui s’est servi de lui sans se soucier des répercussions tragiques que son expérience allait entraîner sur son avenir. Notons qu’ici, la pleine lune est au abonné absent, puisque la transformation est due à un sérum. Bref, n’hésitez pas à visionner I was a teenage werewolf, c’est vraiment un super film 50’s, bien foutu, bien réalisé, bien interprété, et qu’on prend plaisir à voir et à revoir. La comédie fantastique Teen Wolf lui doit beaucoup. Le groupe The Cramps a utilisé le titre du film pour une des chansons de leur premier album et Michael Landon lui-même a rendu hommage à ce rôle de loup-garou la saison 4 des Routes du Paradis, dans l'épisode 5: J'étais un drôle de loup-garou !


CALTIKI LE MONSTRE IMMORTEL

 

CALTIKI LE MONSTRE IMMORTEL
(Caltiki il mostro immortale)

Réalisateur : Riccardo Freda, Mario Bava
Année : 1959
Scénariste : Filippo Sanjust, Riccardo Freda
Pays : Italie, Etats-Unis
Genre : Science-fiction, épouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : John Merivale, Didi Sullivan, Gérard Herter, Daniela Rocca, Daniele Vargas...


L'HISTOIRE : Une expédition archéologique fait des recherches dans un ancien temple maya au Mexique. Les chercheurs découvrent au fond du temple un grand lac et une statue de la déesse Caltiki, surnommée "l'immortelle". Quand un des explorateurs décide d'aller fouiller le fond du lac, lequel produit une forte radioactivité, il trouve de nombreux squelettes et trésors. Tout aurait pu bien se passer s'il n'avait réveillé un monstre gélatineux qui s'attaque à lui et le tue. Le reste du groupe parvient à s'enfuir mais le monstre a laissé un bout de son enveloppe spongieuse sur le bras de Max, un autre archéologue. Le morceau du monstre parvient à être enlevé du bras et va être examiné par des scientifiques...

MON AVIS : La science-fiction n'existe quasiment pas en Italie, alors que c'est un genre ultra-populaire aux USA et ce, depuis le début des années 50. Il faudra attendre 1958 pour que les Italiens propose un film de S-F avec Le Danger vient de l'Espace, réalisé par Paolo Heusch, qui aurait également bénéficié de l'aide d'un certain Mario Bava, non crédité au générique à ce poste. Bava a par contre assuré la photographie et les effets-spéciaux. Cette première tentative sera le point de départ d'autres productions de science-fiction et ce, dès l'année suivante, puisqu'en 1959 verra débarquer sur les écrans italiens Caltiki, le Monstre Immortel ! Cette fois, le film est attribué à Riccardo Freda, crédité au générique sous son pseudo américain de Robert Hampton. Mario Bava fait aussi partie du projet, toujours au poste de la photographie et des effets-spéciaux. Dans certain interview, Freda dit que Bava l'a également aidé à la mise en scène et dans d'autres, il dit qu'il a réalisé le film seul. Bref, un imbroglio pas vraiment important en fait, attardons-nous plutôt sur le film lui-même. La lecture du scénario mais surtout la vision du film vous a certainement fait penser à un petit classique US de la science-fiction, du moins en ce qui concerne le monstre : le Blob, Danger Planétaire de Irvin S. Yeaworth Jr. avec Steve McQueen et qui date de 1958. En effet, on a une quasi réplique de ce monstre gélatineux et grossissant dans Caltiki le Monstre Immortel. Une forme spongieuse, rampante, qui, ici, grossit et prend vie en fonction du taux de radioactivité présent autour d'elle et qui absorbe la vitalité des proies qu'elle rencontre, le corps des victimes étant identiques à ceux d'une vieille momie. Le début du film joue dans le registre du récit d'aventure, avec ces archéologues explorant un ancien temple maya. Les décors et les matte-paintings conçus par Bava s'avèrent la plupart du temps très réussis, notamment l'intérieur du temple, avec cet escalier de pierre menant à un lac et à la statue de la déesse Caltiki. La séquence sous-marine dans le lac, avec ses fonds jonchés de squelettes et de trésors mayas, est convaincante et assure le spectacle. La première victime du monstre puis l'apparition de ce dernier permet à Mario Bava de créer des maquillages horrifiques vraiment sympas, avec comme ce visage qui n'est plus qu'un crâne sans peau, comme s'il avait été rongé par la masse spongieuse. On assistera également à la vision d'un bras rongé lors du retrait d'un morceau de monstre qui était resté collé à cette partie du corps. A bien y regarder, Caltiki le Monstre Immortel joue en fait sur trois tableaux : aventure, science-fiction et épouvante et nous rappelle également un autre film, anglais celui-ci, à savoir Le Monstre de Val Guest, une production Hammer Films réalisé en 1955. C'est d'autant plus flagrant avec le personnage de Max, le chercheur qui a vu son bras être rongé par le morceau de monstre. Cette lésion va l'entraîner dans une certaine folie et s'il ne va pas muter comme dans le film de Val Guest, on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement entre ces deux œuvres. On note d'ailleurs que c'est ce personnage qui est mis en avant sur l'affiche ci-dessus. Tout ça pour dire que Le Monstre + Le Blob = Caltiki ? Une opération primaire qui tient la route ! Malgré un budget pas très conséquent, Freda et Bava parviennent à nous offrir un film bien sympathique, pas exempt de petits défauts bien sûr mais qui se montre efficace dans son genre, surtout qu'il ne dure que 76 minutes. Le casting ne possède pas de stars en son sein mais ce n'est guère gênant. Le final se montre assez riche en péripéties, avec notre monstre qui ne cesse de grossir, qui s'insinue dans une maison pour tout détruire (avec de très jolies maquettes), qui se multiplie même et dont la dangerosité va nécessiter le renfort de l'armée ! Certains verront même une influence de Lovecraft dans ce film, notre monstre pouvant en effet être comparé à une sorte de Grand Ancien et Bava étant un grand fan de l'écrivain. Sans être un film de référence, Caltiki le Monstre Immortel ravira les amateurs de ces petites bandes de science-fiction 50's qui inondaient les écrans à cette époque.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-
Superbe copie qui magnifie le noir et blanc. Film en VF et VOSTF
Bonus :
- Bava et Freda par Christian Lucas
- Présentation du film par Stéphane Derderian
- Générique français
- Diaporama d'affiches et de photos
- Film annonce original
- Livre de 60 pages par Christian Lucas

 


LE GÉANT DE LA STEPPE

 

LE GÉANT DE LA STEPPE
(Ilya Muromets)

Réalisateur : Alexandre Ptouchko
Année : 1956
Scénariste : Mikhail Kochnev
Pays : Russie
Genre : Aventure, Heroic Fantasy
Interdiction : /
Avec : Boris Andreyev, Shukur Burkhanov, Andrei Abrikosov, Ninel Myshkova...


L'HISTOIRE : Avant de s’endormir pour toujours, le géant Svyatogor remet son épée à des pèlerins, leur ordonnant de la donner au preux qui sera digne de défendre sa terre. Alors que les Tougars pillent la région, les pèlerins remettent l’épée à Ilya, un paysan vivant à Mourom qui a les jambes paralysées. Grâce à une potion magique, Ilya retrouve ses forces et s’en va se battre contre l’envahisseur qui a enlevé son épouse Vassilissa. Il devra affronter mille dangers pour devenir le preux qui mérite gloire et immortalité...

MON AVIS : Fort de ses succès en tant que réalisateur (La Fleur de Pierre en 1946, Le Tour du Monde de Sadko en 1953 entre autres), Alexandre Ptouchko, spécialiste des effets-spéciaux et de l'animation, surnommé le Walt Disney russe, se voit attribuer un budget plus que conséquent pour son nouveau film, qui mettra en scène un héros qui a réellement existé, Ilya Muromets. Un héros qui est devenu le centre d'intérêt de nombreux contes et légendes par la suite et qui s'est même vu canonisé ! Comme à son habitude, Ptouchko nous offre un véritable enchantement visuel, un maelström de couleurs et de tableaux picturaux dont il a le secret avec Le Géant de la Steppe. Un film aux allures de super-production, puisqu'il est fait mention de la présence de plus de 106000 figurants et plus de 11000 chevaux ! Des chiffres à vérifier puisque notre magicien des images connaît les techniques pour multiplier les figurants à l'écran et ce, sans l'aide d'un ordinateur ! C'est également le premier film russe a bénéficié d'un format cinémascope et d'une bande sonore stéréo quatre voies ! Véritable épopée entièrement dédiée à la grandeur de la Russie, Le Géant de la Steppe mélange aventure et héroic fantasy, avec de la magie, des créatures fantastiques (on a par exemple un être qui, en soufflant, provoque un véritable ouragan, une nappe qui fait apparaître de la nourriture ou la présence d'un dragon à trois têtes...), une héroïne en danger, des complots au sein de la cour du prince, des méchants peu commodes (les vils Tougars, représentant le peuple ennemi désirant conquérir Kiev) et de nombreuses scènes de batailles. Spectacle familial avant tout, Le Géant de la Steppe évoque vraiment un conte féerique, avec des numéros musicaux et quelques touches d'humour. La glorification de la Russie est omniprésente mais ce n'est en rien gênant ici. Outre les effets-spéciaux que l'on regarde avec tendresse et nostalgie, c'est bien le travail sur les couleurs, la lumière, qui émerveille, à juste titre. Le cinéma fantastique russe possède un univers et une façon de faire qui lui est propre et mérite qu'on s'y attarde. Maintenant, j'avoue que même si je suis sensible à ce type de féerie, je n'ai pu m'empêcher de lui trouver quelques longueurs et autres menus défauts qui m'ont parfois fait regarder le compteur du lecteur blu-ray. Le Géant de la Steppe reste tout de même un très joli film, que j'aurai sûrement d'avantage apprécié enfant. Il reste à découvrir en tout cas pour qui s'intéresse au cinéma fantastique atypique et dépaysant.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-    
Superbe mediabook proposant le film en VF et VOSTF.
- Présentation par Christian Lucas et Stéphane Dederian
- Diaporama d’affiches et photos
- Film-annonce original
- Pour aller plus loin : livret 64 pages par Nicolas Bonnal


RAZZIA SUR LA CHNOUF

 

RAZZIA SUR LA CHNOUF
(Razzia sur la Chnouf)

Réalisateur : Henri Decoin
Année : 1955
Scénariste : Henri Decoin, Maurice Griffe
Pays : France
Genre : Policier
Interdiction : /
Avec : Jean Gabin, Lino Ventura, Albert Remy, Magali Noël, Marcel Dalio...

L'HISTOIRE : De retour sur Paris, Henri Ferré, dit "Le Nantais" est chargé par Paul Liski de réorganiser le réseau de drogue de la région, avec l'aide du "Catalan" et de ses hommes. Ayant pour couverture le bar-restaurant Le Troquet, Henri s'acquitte de sa tâche avec efficacité et remet de l'ordre dans toutes les strates de l'organisation. Il s’amourache de Lisette, une jeune serveuse de 22 ans qui travaille au Troquet. Mais la police veille au grain et effectue une descente musclée dans le bar-restaurant. Henri est relâché faute de preuve. Il va devoir jouer serré, se sachant surveillé de près...

MON AVIS : Après le succès de Touchez pas au Grisbi de Jacques Becker en 1954, Jean Gabin poursuit dans le film policier dès l'année suivante avec Razzia sur la Chnouf, dans lequel il retrouve Lino Ventura. Réalisé par Henri Decoin, Razzia sur la Chnouf est un pur polar français, qui surprend par sa noirceur et son ton résolument austère. Il n'y a pas une once d'humour dans le film, qui présente de manière réaliste les dangers de la drogue, que ce soit pour ceux qui en consomment mais surtout pour ceux qui se livrent à son trafic. Un milieu sordide, brutal, duquel il est très difficile de sortir, même si on a été un bon élément. Jean Gabin joue ici un personnage charismatique, froid, méthodique, respectueux mais qui veut que le travail soit fait et bien fait. Même si peut éprouver de l'empathie, il est déterminé à mener à bien sa mission, et attention à qui vient se mettre en travers de sa route. Reste que le sale boulot, il le fait exécuter par deux hommes de main pour qui la violence et la brutalité ne sont pas un problème. Ce duo est joué par Lino Ventura et par Albert Rémy, tous deux parfaits dans leur rôle respectif. La séquence dans laquelle ils vont passer à tabac le chimiste de l'organisation ainsi que la femme de ce dernier, qui tente de s'imposer, est assez cruelle et violente. Le monde de la pègre n'est pas rose et on le comprend très bien dans le film. Le film prend le temps de créer son ambiance, à travers les personnages et les dialogues et son rythme est assez posé, ne cédant que rarement à l'action en fait. La mise en scène, classique, ne cherche pas à se montrer spectaculaire mais participe à cette impression de lenteur, de lourdeur même, d'oppression. On ressent la menace qui pèse sur les "petits" membres de l'organisation, sur les livreurs, les passeurs, menace qui va s'amplifier pour atteindre les plus hautes sphères de cette dernière. La romance entre Gabin et la charmante Magali Noël apporte un peu de douceur au film, qui nous réserve un final totalement inattendu et assez surprenant. Reste que j'aurais aimé un peu plus de dynamisme, de rythme et d'action pour être totalement sous le charme de ce film de qualité.

ARIANE

 

ARIANE
(Love in the Afternoon)

Réalisateur : Billy Wilder
Année : 1957
Scénariste : Billy Wilder, I.A.L. Diamond
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Romance
Interdiction : /
Avec : Audrey Hepburn, Gary Cooper, Maurice Chevalier, John McGiver, Van Doude...

L'HISTOIRE : Fille d'un détective privé, la jeune Ariane se passionne pour les enquêtes menées par son père. Ce dernier n'aime pas que sa fille étudie ses dossiers qui ne parle que d'adultère, de liaisons inavouables et de drame passionnel, car il veut la protéger de toute cette débauche. Lorsque son nouveau client lui demande d'espionner sa femme qui aurait une liaison avec Frank Flannagan, richissime célibataire qui ne cesse de multiplier les conquêtes et de faire la Une des journaux, il ne se doute pas qu'Ariane va se prendre de passion pour cet homme plus âgé et que, de fil en aiguille, une romance passionnée va naître entre eux-deux...

MON AVIS : Célèbre réalisateur américain, spécialisé dans le film noir mais aussi la comédie savoureuse puisqu'on lui doit dans ce domaine des titres tels Sabrina, Sept ans de Réflexion, Certains l'aiment chaud, Irma la Douce ou Embrasse-moi, Idiot entre autres, Billy Wilder nous offre en cette année 1957 un pur classique de la comédie romantique, un petit bijou finement ciselé, intitulé Ariane en France, du prénom de la charmante ingénue interprétée par la non moins charmante Audrey Hepburn. On nage ici en pleine romance qui ne pourra qu'émouvoir tous ceux qui ont un côté fleur bleue en eux, le duo Audrey Hepburn / Gary Cooper étant d'un ravissement de tous les instants. Avec un sens de la mise en scène absolument parfait, associé à des dialogues merveilleusement écrits, d'une finesse exquise et qui possède un sens de l'humour certain, Ariane nous prend par la main et nous emmène dans une relation qu'on pourrait quasiment qualifier de tabou pour l'époque puisque le personnage d'Ariane à 28 ans et celui de Frank Flannagan en a 56, si on se réfère à l'âge réel des deux acteurs à l'époque du tournage. Mais avant de verser dans une très belle histoire d'amour, Ariane se veut également être une comédie fort amusante, qui multiplie les situations cocasses et les répliques humoristiques, sur un rythme efficace qui augmente de manière exponentielle. Le début du film, avec ce mari jaloux voulant tuer Gary Cooper qu'il soupçonne d'être l'amant de sa femme, ce qui est effectivement le cas, est fort drôle, l'acteur John McGiver qui joue donc le mari, n'y étant pas pour rien. Ses mimiques, ses expressions, son comportement, tout est fait pour nous faire sourire et ça fonctionne parfaitement. Dans le rôle du détective privé, on trouve le célèbre artiste français Maurice Chevalier, parfait dans ce rôle de papa-poule sur-protecteur, qui ne veut que du bien à sa fille unique dont il assure l'éducation suite au décès de sa femme. Sa fille, Ariane donc, est campée par une Audrey Hepburn absolument adorable, qui fera fondre le cœur des plus endurcis, de par son naturel et son envie de vivre un grand amour. Victime du syndrome de madame Bovary, la jeune fille voit dans les frasques de Frank Flannagan de quoi exalter sa vie monotone de violoncelliste, et se prend à rêver d'amour, avec un grand A. Après avoir sauvé la vie de ce dernier, elle se laisse séduire par ce célibataire insatiable, riche, pour qui amour ne rime qu'avec rencontres multiples et passagères et certainement pas avec engagement. Une conception loin des idéaux de la jeune Ariane mais petit à petit, celle qu'on prenait au départ pour une simple ingénue va développer un jeu de la séduction qui va se retourner contre Flannagan. Si le personnage joué par Gary Cooper mène le jeu de la romance en premier lieu, l'imagination débordante d'Ariane va avoir raison de lui et c'est bel et bien Audrey Hepburn qui va tenir les rênes ensuite, ce qui donne tout son piquant et son humour au film. Le célibataire romantique mais un brin macho tout de même va se voir piéger à son propre jeu, ce qui nous permet d'assister à des séquences absolument irrésistibles, comme celle dans laquelle Ariane lui a laissé sur un répondeur la liste de ses conquêtes imaginaires, liste qui le va rendre fou de jalousie. De nombreuses touches d'humour ponctuent le film, que ce soit ce quatuor de musiciens qui jouent inlassablement la même partition, qu'elle que soit la conquête s'aventurant dans l'appartement de Flannagan ou cette voisine qui punit son petit chien qui n'a en fait rien à se reprocher. Et puis comment ne pas craquer devant cette autre facette que s'invente Ariane pour faire flamber le cœur de son amant, qu'elle ne voit que l'après-midi, d'où le titre original du film ? Rire et émotion s'unissent dans une alchimie parfaite, les acteurs ont une classe impériale, l'action se déroule à Paris, ce qui ne gâche rien et tout est réuni pour faire d'Ariane un pure réussite, ce que le film est, assurément. 


 

LES SURVIVANTS DE L'INFINI

 

LES SURVIVANTS DE L'INFINI
(This Island Earth)

Réalisateur : Joseph M. Newman
Année : 1955
Scénariste : Franklin Coen, George Callahan
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Jeff Morrow, Faith Domergue, Rex Reason, Lance Fuller, Russell Johnson...

L'HISTOIRE : Le scientifique Cal Meacham travaille sur la production d'énergie atomique. Un jour, il reçoit un énorme colis présenté sous la forme de plusieurs paquets ainsi qu'une notice. Avec son associé, il construit une curieuse machine qui le met en relation avec le professeur Exeter. Ce dernier lui propose de venir rejoindre le groupe de travail qu'il a créé afin de faire bénéficier de ses connaissances les autres scientifiques déjà présents. Intrigué, Meacham accepte de monter dans un avion sans pilote et se retrouve en Georgie. Il est accueilli par le docteur Ruth Adams, qu'il a déjà rencontré il y a quelques années mais celle-ci fait mine de ne pas le connaître. Exeter fait visiter à Meacham son laboratoire. Le scientifique est conscient que quelque chose ne tourne pas rond et qu'on lui cache quelque chose. Son investigation auprès de ses autres collègues vont l'amener à vivre une incroyable aventure, sur Terre mais aussi sur une autre planète, Metaluna...

MON AVIS : Après avoir été le fer de lance du cinéma d'épouvante dans les années 30 et 40, la firme Universal va s'aventurer dans le domaine de la science-fiction dans les années 50, avec un peu de retard d'ailleurs sur ses concurrents. Qu'importe, il faut s'activer et la Universal décide de s'associer avec un petit studio qui n'a pas les moyens de mettre en images une histoire de Raymond F. Jones dont elle a acquis les droits. L'histoire est un peu modifié par les deux scénaristes choisis, Franklin Coen et George Callahan, qui doivent répondre aux cahiers des charges imposés, en intégrant par exemple au récit une créature extra-terrestre absente de l'histoire originale. Le casting ne comporte pas de stars mais des acteurs tout de même chevronnés, en contrat avec Universal, dont Rex Reason, qui devient le héros du film, à savoir le scientifique Cal Meacham, ainsi que Faith Domergue, qui va interpréter le docteur Ruth Adams. Universal veut que le film soit tourné en Technicolor, afin d'emmener le public dans un voyage extraordinaire. La majeure partie du budget sera également alloué aux effets-spéciaux afin d'offrir aux spectateurs des images dont ils doivent se souvenir. Pour réaliser Les Survivants de l'Infini, c'est Joseph M. Newman qui est retenu. Une rumeur persistante voudrait que Jack Arnold soit venu l'aider à tourner certaines séquences mais aucune preuve à ce jour ne peut étayer cette rumeur. Au fil du temps, Les Survivants de l'Infini a acquis une certaine réputation auprès des fans de cinéma de science-fiction, c'est un titre qui est régulièrement cité dans les discussions et la présence du Metalunien, cette incroyable créature mutante colorée et particulièrement impressionnante, n'y est certainement pas pour rien. Maintenant, il faut tout de même reconnaître que malgré ses innombrables qualités, Les Survivants de l'Infini n'est pas dénué de quelques défauts qui l'empêchent d'être un chef-d'oeuvre. Le film dure 82 minutes environ et plus de 50 minutes se déroulent sur Terre. Si le début du film se montre fort intrigant, avec la création de la curieuse machine permettant d'entrer en communication avec Exeter, un homme tout aussi curieux dont le front, proéminent, ne laisse guère planer de doute quand à son appartenance à un peuple extra-terrestre, une fois l'action se déplaçant dans la majestueuse demeure de ce dernier, le rythme devient moins entraînant et l'action se ramollit quelque peu, avec pas mal de dialogues et de séquences pas toujours intéressantes. Le doute quant aux intentions réelles d'Exeter permet toutefois de maintenir un certain intérêt et on se questionne sur sa véritable nature : agit-il pour le bien ou pour le mal, son but étant d'acquérir l'énergie atomique ? 50 minutes plus tard, Les Survivants de l'Infini nous plonge enfin de la véritable science-fiction, avec un voyage en vaisseau spatiale nous emmenant sur la planète Metaluna. Une planète dont on découvre qu'elle est en guerre et qui subit les assauts répétés des habitants d'une autre planète, qui ne cessent de la bombarder de météores. Une planète qui se meurt littéralement, ayant utilisée toutes ses réserves en énergie atomique, d'où la présence des savants terriens pour tenter de débloquer la situation. Une fois sur Metaluna, le spectacle prend forme et les effets-spéciaux, qu'on doit bien sûr remettre dans leur contexte d'époque, s'avèrent ingénieux et assez impressionnants. Matte-painting, surimpression, jeu sur les couleurs, explosions, on a réellement l'impression d'être sur une autre planète et on ressent le danger des bombardements de météores au même titre que les personnages du film. Les deux terriens vont devoir s'acclimater à la pesanteur de Metaluna, rencontrer le chef de la planète, qui leur indique clairement qu'il veut emmener les derniers survivants de son peuple sur Terre, s'introduire dans une machine à tube pour renforcer leur corps, ce qui nous vaut une excellente séquence à effets-spéciaux, où l'on voit le squelette et les vaisseaux sanguins de ceux qui se trouvent à l'intérieur par exemple. L'apparition du mutant Metalunien constitue bien sûr la séquence choc du film et le costume est remarquable en effet, impossible d'oublier cette créature une fois vue. Ces trente minutes passées sur Metaluna valent donc largement le déplacement et donc la vision du film. Ce qui a précédé également malgré des baisses de régime qu'on ne peut zapper. Mais dans son ensemble, Les Survivants de l'Infini reste une oeuvre on ne peut plus agréable à regarder, et on comprend qu'il fasse toujours partie des films régulièrement cités quand on parle de S-F 50's ! Son sous-texte, sur les dangers potentiels de la mauvaise utilisation de l'arme atomique, fait aussi partie de son charme. Et preuve de son aura encore intact chez ses plus ardents défenseurs, le nom Metaluna est devenu celui d'un fanzine, d'un magazine et celui d'une célèbre boutique parisienne entièrement dédié au cinéma de genre ! 

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ELEPHANT FILMS <-



CRIMES AU MUSÉE DES HORREURS

CRIMES AU MUSÉE DES HORREURS
(Horrors of the Black Museum)

Réalisateur :  Arthur Crabtree
Année : 1959
Scénariste :  Herman Cohen, Aben Kandel
Pays : Angleterre
Genre : Epouvante
Interdiction : -16 ans
Avec : Michael Gough, June Cunningham, Graham Curnow, Shirley Anne Field...

L'HISTOIRE : La police de Scotland-Yard enquête sur une série de crimes horribles, commis avec divers instruments ingénieux, comme une paire de jumelles qui peut faire surgir deux pointes acérées par exemple. Sans indice, l'enquête piétine, ce qui fait les choux gras du journaliste Edmond Bancroft, qui est aussi un écrivain réputé dont les romans sont spécialisés dans les histoires de meurtres sordides. Ce dernier, suivi par un psychiatre, voue une obsession sans faille à l'univers du crime, et possède dans un sous-sol secret un véritable musée des horreurs avec plusieurs mannequins de cire. Responsable des meurtres, Edmond Bancroft veut prouver l’inefficacité de la police et son incompétence à le démasquer. Il tient également sous sa coupe son jeune assistant, qu'il envoie parfois commettre de vils méfaits...

MON AVIS : Célèbre directeur de la photographie, Arthur Crabtree s'est également illustré dans la réalisation et ce, dès l'année 1945. Dans le genre du fantastique, on lui doit quelques œuvres sympathiques, comme Les Monstres invisibles en 1958 et surtout ce Crimes au Musée des Horreurs en 1959, qui fit les délices du public et des amateurs de film d'épouvante de l'époque. L'originalité de ce petit classique du genre vient du fait que l'identité du meurtrier est dévoilée assez rapidement ou, du moins, elle ne reste pas cachée très longtemps. Des tas d'indices nous conduisent à émettre des soupçons sur le personnage d'Edmond Bancroft et il s'avérera qu'on avait raison. Magnifiquement interprété par un Michael Gough inquiétant et fou à lier, Edmond Bancroft possède une personnalité complexe, qui prend un malin plaisir à narguer la police et qui voue une véritable passion pour l'art du crime. Son but ultime est de prouver qu'on peut commettre le crime parfait et on ne peut pas dire qu'il ne s'y emploie pas avec fougue et une certaine appétence. Outre son criminel, Crimes au musée des Horreurs possède d'autres originalités. L'emploi d'armes du crime on ne peut plus fantasques par exemple, qui change littéralement du classique pistolet ou couteau. Dans le film de Crabtree, on tue avec des jumelles qui peuvent faire surgir deux pointes acérées, on décapite avec une pince à glace ou grâce à une guillotine ou on utilise un rayon laser pour tuer avant de faire disparaître le corps dans une cuve d'acide ! Original donc ! La présence d'un musée de cire chez notre criminel, représentant de nombreuses scènes de crimes, fait aussi partie du charme de cette série B anglaise de qualité. On pense évidemment aux classiques Masques de cire de 1933 dû à Michael Curtiz ou L'Homme au masque de cire de 1953 avec Vincent Price, deux œuvres emblématiques du genre. Mais Crimes au Musée des Horreurs ne s'arrête pas là au niveau des références. Le scénario brasse large en effet puisqu'on a aussi droit à une variation de Dr Jekyll et Mr Hyde au sein de l'histoire ! En effet, Michael Gough a un jeune associé sous sa coupe, qu'il domine grâce à son pouvoir hypnotique et à qui il injecte parfois une dose de sérum transformant le jeune homme en monstre bestial qui va commettre des crimes sur sa demande. L'entremêlement de tous ces éléments peuvent parfois donner au film un petit aspect disparate, un peu comme si il y avait plusieurs films en un. Mais en fait, l'ensemble reste plutôt cohérent et donne au final un film vraiment intrigant. Les petites touches de sadisme qui l'égrène, ainsi qu'une connotation érotique suave mais bel et bien présente, notamment lors d'une scène où une future victime se retrouve en petite tenue devant l'écran, ont scandalisé la censure de l'époque, tout comme le public d'ailleurs. La censure anglaise de l'époque a d'ailleurs envisagé un classement spécial pour Crimes au Musée des Horreurs, à savoir l’appellation SO - for Sadist Only : pour sadiques seulement ! La vision du film en 2021 nous fera évidemment sourire concernant cette levée de boucliers des bien-pensants vis à vis du film d'Arthur Crabtree car on trouvera cette violence fort légère évidemment. Le film sortit en France avec une interdiction aux moins de 16 ans. Exagéré mais rappelons que nous sommes en 1959 et que l'horreur en couleur est encore assez récente, popularisé par le Frankenstein s'est échappé de la Hammer en 1957. En tout cas, ce Crimes au Musée des Horreurs vaut le détour et mérite d'être redécouvert pour tout amateur de cinéma d'épouvante d'antan !



THE INVISIBLE MAN VS THE HUMAN FLY

 

THE INVISIBLE MAN VS THE HUMAN FLY
(Tômei ningen to hae otoko)

Réalisateur :  Mitsuo Murayama
Année : 1957
Scénariste :  Hajime Takaiwa
Pays : Japon
Genre : Policier, Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Ryûji Shinagawa, Yoshirô Kitahara, Junko Kanô, Ikuko Môri,  Yoshihiro Hamaguchi...

L'HISTOIRE : Le capitaine de police Wakabayashi doit faire face à une multiplication de meurtres étranges, car aucun témoin n'a vu l'agresseur. Seul un bourdonnement de mouche semble avoir été entendu juste avant que le meurtrier frappe ses victimes d'un coup de poignard dans le dos. Sans aucun indice, l'enquête piétine. Les investigations de Wakabayashi l'amène à découvrir que certaines victimes avaient un point commun : elles ont toutes été à l'armée au même endroit et il semblerait que des expériences militaires avaient lieu à l'époque, visant à pouvoir réduire la taille d'un humain à celle d'une mouche. Wakabayashi se demande si ces meurtres ont également un point commun avec les expériences menées par le docteur Hawakaya sur un rayon pouvant rendre invisible des objets...

MON AVIS : Considéré comme l'un des tous premiers films à effets-spéciaux japonais, The Invisible Man Appears avait recueilli un joli succès au Japon en 1949, adaptant à sa sauce le roman de H.G. Wells qu'on ne présente plus. Quelques années plus tard, en 1957, l'homme invisible refait son apparition, si on peut le dire ainsi, sur les écrans japonais, sous la houlette du réalisateur Mitsuo Murayama et du scénariste Hajime Takaiwa, avec The Invisible Man vs The Human Fly ! Ça c'est du titre qui donne envie !  Je ne sais pas si le but était de surfer sur les films de la Universal qui faisaient se rencontrer plusieurs créatures de son bestiaire au sein d'un même long-métrage, possible. Toujours est-il qu'on va logiquement avoir droit à deux entités fantastiques ici : un homme invisible et une mouche humaine. Bon, calmons les ardeurs des lecteurs, le spectacle proposé ne sera pas aussi enthousiasmant que prévu. Déjà, le film, tout comme son prédécesseur de 1949, est avant tout un film policier, qui intègre des éléments de science-fiction. Ici, on suit les investigations de l'inspecteur Wakabayashi (Yoshirô Kitahara) qui doit résoudre une série de crimes sans meurtrier ! On se dit que si aucun témoin n'a vu l'agresseur, c'est qu'il est invisible évidemment ! Tout faux ! Le bourdonnement de mouche entendu avant le méfait nous aura mis la puce à l'oreille : le tueur fou est l'homme-mouche ! Ce curieux personnage, qui peut donc faire rétrécir sa taille grâce à des fioles de produits chimiques, est d'ailleurs bien plus mis sur le devant de la scène que son collègue invisible, qui, lui, n'apparaîtra que vers le milieu du film. L'homme-mouche, qui n'a donc pas l'allure d'une mouche mais juste d'un humain à taille très réduite, est un tueur à gages engagé par un homme d'affaires peu scrupuleux, qui veut se venger de ses anciens camarades connus à l'armée et qui veut également subtiliser la machine à rayons permettant de se rendre invisible du docteur Hawakaya. Je précise de suite que l'intrigue en elle-même est assez bordélique et qu'on est souvent un peu paumé, tentant de comprendre la logique des événements vus à l'écran. Ce qui complique la tâche de l'inspecteur, c'est que notre homme-mouche voit sa raison défaillir au fur et à mesure de ses transformations et qu'une certaine démence s'empare de lui, lui faisant commettre des crimes non commandités par son employeur. La question qui reste en suspens, et que je ne m'explique pas vraiment au final, c'est : pourquoi a-t-on besoin de l'invisibilité pour confondre et arrêter l'homme-mouche ? OK, on en voit l'utilité à un moment, puisque l'homme invisible, ami de l'inspecteur, parvient à s'introduire chez l'employeur de l'homme-mouche et entend tout ce qui se trame entre les deux hommes. C'est un peu léger mais pourquoi pas. Le film est donc avant tout une enquête policière, qui manque cruellement de rythme il faut bien l'avouer et qui s'avère bien trop longue avec ses 96 minutes au compteur. On aurait aimé voir plus d'actions de la part de l'homme invisible et que ce dernier intervienne plus souvent. Niveau effets-spéciaux, on est dans le domaine du correct même si l'ensemble est moins réussi que dans The Invisible Man Appears. L'homme-mouche est presque mieux servi que son confrère, avec des séquences amusantes comme celle où il marche sur le corps d'une danseuses de cabaret ou qu'il se fait aspirer dans une bouche d'aération. Le film se dynamise un peu vers la fin, propose plus d'action, plus de rebondissement. The Invisible Man vs the Human Fly n'est pas aussi percutant que le laissait prévoir son titre. Il reste néanmoins une curiosité qui ne manquera pas d'intriguer le cinéphile curieux ou le fan de science-fiction. Un peu déçu pour ma part, j'ai préféré le film de 1949 mais ça mérite tout de même d'être découvert...

* Disponible en BR chez -> ARROW VIDEO <-