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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




lundi 20 mai 2019

TARAM ET LE CHAUDRON MAGIQUE

TARAM ET LE CHAUDRON MAGIQUE
(The Black Cauldron)

Réalisateur : Ted Berman, Richard Rich
Année : 1985
Scénariste : David Jonas, Vance Gerry, Ted Berman...
Pays : Etats-Unis
Genre : Dessin-animé, Heroic fantasy
Interdiction : /
Avec : /


L'HISTOIRE : Au pays de Prydain, le jeune Taram, simple garçon de ferme rêvant de devenir chevalier, se voit confier par son maître une périlleuse mission : il doit empêcher le seigneur des ténèbres de mettre la main sur Tirelire, un cochon qui possède des pouvoirs de voyance. Car le seigneur des ténèbres veut utiliser le don de l'animal pour trouver la cachette d'un mystérieux chaudron magique, objet qui lui donnerait le pouvoir de créer une armée de morts vivants et d’assujettir le monde. Au cours de son périple, Taram va faire la connaissance de Gurgi, un curieux petit animal, de la princesse Eilonwy et de Ritournel, un vieux barde... 

MON AVIS : Au milieu des années 80, l'héroic fantasy est à la mode suite au succès d'Excalibur en 1981 puis de Conan le Barbare en 1982. Suivra alors toute une flopée de films mettant en scène soit des guerriers musclés au prise avec les forces du mal soit des chevaliers et des princesses vivant dans des mondes féeriques et fantastiques. On citera à titre d'exemple des films tels Dar l'invincible, Legend, Dark Crystal, Ladyhawke, KrullKalidor, Princess BrideLes Barbarians ou Willow. Même les films d'animation surfent sur ce thème, avec Les Sorciers de la Guerre en 1977, Le Seigneur des Anneaux en 1978, Le Retour du Roi en 1980, La dernière Licorne en 1982 ou Tygra la Glace et le Feu en 1983. Et même Walt Disney se laissera tenter par l'aventure avec, en 1981, le superbe Le Dragon du Lac de Feu. Côté dessin-animé, désireux de rallier un public moins jeune à sa cause et voulant cibler les adolescents, le studio de la célèbre souris décide de miser, en 1985, sur une adaptation des cinq romans à succès de Lloyd Alexander, Les Chroniques de Prydain. Quatre ans après Rox et Rouky (1981), voici donc que débarque Taram et le Chaudron Magique, un Disney atypique, qui sera froidement accueilli par le public, sa maturité et son aspect "dark fantasy" ayant déstabilisé et même effrayé les plus jeunes enfants. Aucune chanson au programme mais une aventure sombre, gothique, peuplée de monstres divers (orcs, lutins, nains, chiens méchants, sorcières, morts vivants, dragons...) mais aussi de deux charmantes petites créatures, histoire d'attendrir un peu les bambins pas du tout préparés à ce style d'univers. Il s'agit bien sûr du cochon aux beaux yeux Tirelire et de la petite boule de poils répondant au nom de Gurgi. Taram, le héros du film, peut-être vu comme un sosie du Moustic de Merlin l'Enchanteur : c'est un jeune garçon innocent et joyeux, qui rêve de devenir un défenseur des opprimés, un chevalier, un guerrier au service du bien et qui va se voit doté d'une épée magique en plus. Un héros qui plaira avant tout aux garçons mais les filles n'ont pas été oublié puisqu'il y a aussi une princesse courageuse et téméraire dans le film : Eilonwy. Deux personnages qui ne marqueront pas les esprits aussi fortement que certains autres héros Disney, c'est sûr, mais dans l'ensemble, ils remplissent parfaitement leur tâche et participent pleinement à l'aventure. Par contre, s'il y en a un qui va marquer les esprits, c'est bel et bien le seigneur des ténèbres, ce roi cornu au visage squelettique, véritable incarnation du Mal. Avouons que certaines scènes peuvent réellement impressionner les plus jeunes spectateurs, je conseille donc Taram et le Chaudron Magique aux enfants âgés de 7/8 ans. En tout cas, on a affaire à un vrai conte d'heroic fantasy, avec de l'action, un peu d'humour, des rebondissements et des monstres en tout genre. Les fans de Tolkien et autres amateurs d'aventures fantastiques apprécieront le spectacle proposé, tellement différent de ceux à quoi Walt Disney nous a habitué. A redécouvrir et à réévaluer au plus vite !   


lundi 13 mai 2019

SIXIÈME CONTINENT - LE

LE SIXIÈME CONTINENT
(The Land that Time Forgot)

Réalisateur : Kevin Connor
Année : 1974
Scénariste : James Cawthorn, Michael Moorcock
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Aventure, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Doug McClure, John McEnery, Susan Penhaligon, Keith Barron, Bobby Parr...


L'HISTOIRE : En 1916, un navire anglais est torpillé par un sous-marin allemand. Quelques survivants, dont Bowen Tyler, parviennent à rejoindre le sous-marin qui a fait surface et à en prendre le contrôle, forçant le capitaine Von Schoenvorts a leur laisser les commandes du submersible. Anglais et Allemands vont devoir apprendre à cohabiter le temps d'un curieux voyage qui va les amener vers l'île de Caprona, réputée inaccessible et oubliée de tous. Un passage situé sous l'île permet au sous-marin de se retrouver à l'intérieur de celle-ci. Les hommes du capitaine Von Schoenvorts et ceux de Bowen Tyler vont alors avoir la surprise d'apercevoir des dinosaures et des hommes préhistoriques...

MON AVIS : Ah quel beau souvenir de mon adolescence ! La découverte à la télévision de ce film d'aventure fantastique de Kevin Connor, réalisé en 1974 (mon année de naissance !) m'avait littéralement enchanté ! Pensez-vous, le cocktail était on ne peut plus savoureux pour le jeune ado fan de cinéma fantastique que j'étais : une île perdue, des dinosaures monstrueux et agressifs, des hommes des cavernes, de l'aventure, de l'action et du dépaysement, voilà ce que proposait Le Sixième Continent et il aurait fallu être bien regardant pour ne pas apprécier pleinement ce grand film familial. Je ne l'avais pas revu depuis et c'est avec une certaine appréhension mais aussi une certaine confiance que j'ai enclenché mon DVD pour me replonger dans cette aventure extraordinaire, du moins dans mon souvenir. Produit par la Amicus, la firme anglaise concurrente de la prestigieuse Hammer Films, Le Sixième Continent est une adaptation d'un récit de 1924, écrit par Edgar Rice Burroughs, romancier ultra célèbre, principalement connu pour être le papa de Tarzan. La première demi-heure du film nous plonge en plein film de guerre, avec ces survivants d'un torpillage qui vont tenter de prendre les commandes du sous-marin qui a atomisé leur bateau. Une première partie qui mise avant tout sur son casting et sur divers retournements de situations, avec multiples affrontements entre les Anglais et les Allemands au sein du submersible. On y fait donc la connaissance des protagonistes principaux, dont Bowen Tyler (Doug McClure), le capitaine Von Schoenvorts (John McEnery) ou la charmante biologiste Lisa Clayton (Susan Penhaligon). Revu avec un œil aguerri, j'ai bien évidemment remarqué que le sous-marin n'était autre qu'une maquette la plupart du temps, ce qui ne m'avait sûrement jamais frappé quand j'étais adolescent. Mais honnêtement, l'illusion est des plus acceptables et l'effet passe assez bien à l'écran. Bien sûr, même si ces joutes au sein du sous-marin nous donnent du bon temps, on a hâte que cet équipage ennemi bien obligé de cohabiter se retrouve sur l'île perdue. Ce sera chose faîte après une périlleuse expédition à travers des grottes sous-marines, où le talent des deux capitaines sera mis à rude épreuve pour ne pas faire couler leur moyen de transport. Une fois émergé, l'équipage, tout comme le spectateur, va être témoin de ce qui fera tout l'intérêt du film, à savoir la vision de divers dinosaures ! Car le temps semble s'être arrêté au sein de l'île de Caprona et les Allosaures, Diplodocus, Ptérodactyles, Triceratops, Tyrannosaures, Elasmosaures et autres créatures antédiluviennes viendront nous ravir les yeux. Alors certes, on est très loin des effets spéciaux de Jurassic Parc et ses suites ! En 1974, il n'y avait pas d'images de synthèse et pour faire apparaître des dinosaures à l'écran, il fallait ruser. On aurait pu penser que le technique de la stop-motion (animation image par image) allait être de mise dans le film mais en fait, c'est plutôt du côté des effets spéciaux japonais que s'est tourné l'équipe du film. En effet, on distingue parfois assez nettement que nos dinosaures ne sont en fait qu'un comédien enfermé dans un costume, façon Godzilla ! Je ne parle pas des Ptérodactyles qui volent dans le ciel de Caprona car leur rigidité totale nous fait bien comprendre qu'il ne s'agit que d'une armature sur lequel un câble est fixé. Parfois, ça passe et parfois, c'est gros comme une maison. Mais ces effets spéciaux à l'ancienne, tantôt réussis, tantôt ratés, ils participent pleinement au charme et à la nostalgie qui se dégage de l'ensemble et c'est avec un petit sourire jamais méchant qu'on regarde toutes ces créatures préhistoriques s'agiter devant les acteurs qui font tout leur possible pour qu'on y croit. Outre cette faune improbables, l'équipage va aussi rencontrer divers hommes préhistoriques, plus ou moins évolués. Car l'une des bonnes idées du récit de Burroughs, peut-être pas assez exploité dans le film, c'est que l'île de Caprona possède sa propre évolution et sa propre échelle du temps. Plus on s'aventure dans le nord de l'île et plus l'évolution des espèces est accrue. D'où l'existence de plusieurs tribus d'hommes préhistoriques. C'est un peu comme si l'Australopithèque avait vécu avec l'homme de Neandertal et l'Homo Sapiens en même temps ! Intéressant ! Le final sera riche en explosion en tout genre (l'île est volcanique) et on ne peut penser qu'à Adam et Eve lors de l'ultime image. Le Sixième Continent reste donc un film au charme intact et on passe sur ses effets spéciaux assez rudimentaires pour ne retenir que le plaisir de l'Aventure avec un grand A ! Il connaîtra deux suites, à savoir Centre Terre, Septième Continent en 1976 puis Le Continent Oublié en 1977, toutes deux réalisées par Kevin Connor et avec la présence de Doug McClure. Le réalisateur et l'acteur se retrouveront une quatrième fois en 1978 avec Les Sept Cités d'Atlantis


dimanche 12 mai 2019

LA REVANCHE DES MORTES VIVANTES

LA REVANCHE DES MORTES VIVANTES
(La revanche des Mortes Vivantes)

Réalisateur : Pierre B. Reinhard
Année : 1987
Scénariste : Jean-Claude Roy
Pays : France
Genre : Gore, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Cornélia Wilms, Kathryn Charly, Anthea Wyler, Véronique Catanzaro...


L'HISTOIRE : Sur une route de campagne, en France, un motard suit un camion-citerne transportant du lait et profite de l'arrêt du véhicule pour introduire un produit toxique dans la cuve. Plus tard, dans un village avoisinant, une future mariée s'effondre après avoir bu un verre de lait. Une mort violente que suivent de près celles de deux autres jeunes femmes dans un bar. Point commun reliant les victimes : toutes trois travaillaient dans une usine d’engrais agricoles. Tandis que les soupçons se portent vers son directeur, les trois victimes sortent de leur tombe à la nuit tombée...

MON AVIS : Amis amateurs de série Z, vous qui êtes fans du fameux Le lac des Morts Vivants, le film dont je vais vous parler aujourd'hui est pour vous ! Réalisé en 1987, dans la Sarthe, cette production française fait partie d'un genre qui était, à l'époque, quasi inexistant dans notre pays : le film gore. On pourrait citer tout de même certains films de Jean Rollin comme Les Raisins de la Mort, La Morte Vivante ou bien encore le Ogroff de Norbert Moutier mais sinon, le cinéma gore n'est franchement pas à la mode chez nous. D'ailleurs, le producteur de La Revanche des Mortes Vivantes, Jean-Claude Roy, savait exactement ce qu'il voulait faire avec ce film : un long-métrage gore français ! Comme le monde est petit, Jean Rollin lui communique le nom de Benoit Lestang, qui a réalisé les effets spéciaux et de maquillage sur La Morte Vivante. C'est donc à ce talentueux artisan que sera confié le soin de réaliser les masques, prothèses et effets gores de La Revanche des Mortes Vivantes et ce, avec un budget microscopique. Le scénario du film est un peu confus : on suit au début un motard qui déverse un produit dans du lait, puis on découvre que le lait est intoxiqué et cause la mort de trois jeunes filles, qui travaillaient pour l'usine chimique de la région. On fait alors connaissance avec la secrétaire du directeur qui connait le motard, loue les services d'une prostituée pour filmer son patron à son insu et j'en passe. Bref, on se dit qu'elle a bien des choses à se reprocher celle-là ! Mais le directeur n'est pas mieux, puisqu'au lieu de payer pour stocker les déchets de son usine, il les fait déverser dans le cimetière du coin. C'en est vraiment trop pour nos trois mortes, qui décident de se lever de leur tombeau et de se venger ! Ça s'annonce bien pour les fans de gros Z ! Elles vont donc commencer leur vengeance en éliminant la femme du directeur. Le gore fait son apparition et notre pauvre dame aura l’œil crevé à coup de talon aiguille. Sympa ! Après leur méfait, nos mortes retournent dans leur tombeau. Intervient un nouveau personnage, Christian, le chimiste de l'usine et amant de la femme du directeur, qui débite ses phrases de dialogues soit comme un poème, soit de façon monocorde du plus bel effet ! Inexpressif au possible, il concours sans soucis pour obtenir la palme du plus mauvais acteur du film ! Et pourtant, il y a de la concurrence ! On poursuit cette drôle d'aventure avec l'homme de main du directeur qui vient reverser ses déchets dans le cimetière, faisant sortir à nouveau les mortes vivantes, cette fois sous l’œil de Christian qui n'en croit pas ses yeux justement ! L'homme de main rencontrera sur la route nos charmantes mortes vivantes qui lui réserveront un sort peu enviable, pour l'une des scènes les plus gores et les plus douloureuses du film, les personnes l'ayant vu savent de quoi je veux parler ! Réalisé par Pierre B. Reinhard, metteur en scène ayant travaillé dans le cinéma X, La Revanche des Mortes Vivantes flirte souvent avec l'érotisme, un érotisme léger, qui ne réveillera pas un mort mais qui égaye notre vision ! Comme chez Jean Rollin, le mariage du gore et du sexe est monnaie courante dans le film, on ne s'en plaindra pas même si ça n'apporte rien de neuf au niveau du déroulement de l'histoire. Par la suite, on assiste encore au réveil de nos trois copines, qui, aussi incroyable que cela puisse paraître, savent conduire ! De plus, on découvre qu'elles sont plutôt perverses car elles réservent une bien étrange punition à une de leur victime, en lui enfonçant une épée dans le vagin après avoir abusé de ses charmes ! Un grand moment de n'importe quoi jubilatoire ! Une autre séquence bien glauque mettra en scène la femme enceinte de Christian, qui voit son ventre fondre sous un effet d'un acide et laisse apercevoir le fœtus ensanglanté. Choquant, quasi gratuit, mais l'effet voulu est bien atteint. Je ne dévoilerai pas le twist final qui vaut aussi son pesant de cacahuètes. Pour l'anecdote, ce twist a été retiré des copies cinéma suite aux plaintes des aficionados. A vous de voir ce que vous en pensez ! Mal joué, proposant des dialogues hilarants, un rythme pas franchement soutenu mais servi par des maquillages et des effets gores de qualité, ainsi que par une bonne partition musicale de Christian Bonneau (sous le pseudo de Christopher Ried)La Revanche des Mortes Vivantes est une oeuvre fauchée qui prête plus à sourire qu'autre chose. Elle ne participera jamais à faire briller de mille feux le cinéma horrifique français mais elle a le mérite d'exister et d'avoir essayer de s'aventurer dans un genre souvent conspué par chez nous. Rien que pour ça, elle mérite d'être découverte !

* Disponible en combo DVD + BR + BO chez LE CHAT QUI FUME

LE DVD / BR
Personne n'aurait pu imaginer que ce film, catégorisé dans la rubrique nanar français cinq étoiles, se soit vu offert une édition de cette qualité ! Digipack trois volets avec fourreau, DVD et BR du film avec, cerise sur le gâteau, le CD de la B.O ! Niveau bonus, on a des interviews de Pierre B. Reinhard, de Jean-Claude Roy, de Benoit Lestang, ainsi qu'un module sur ce dernier traité par Christophe Lemaire qui l'a bien connu. Lemaire signe également un petit livret de deux pages fourni avec cette édition de luxe. Un petit module de 4minutes sur la diffusion du film sur Ciné FX et des bandes-annonces sont aussi au menu. De quoi combler les fans de ce film hors-norme.


AMOUR ET MORT DANS LE JARDIN DES DIEUX

AMOUR ET MORT DANS LE JARDIN DES DIEUX
(Amore e Morte nel Giardino degli Dei)

Réalisateur : Sauro Scavolini
Année : 1972
Scénariste : Sauro Scavolini
Pays : Italie
Genre : Thriller, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Erika Blanc, Peter Lee Lawrence, Ezio Marano, Orchidea de Santis, Rosario Borelli...


L'HISTOIRE : Se rendant dans la petite ville de Spoleto, près de Pérouse, pour des travaux d'études, un ornithologue allemand s'installe dans une propriété isolée au milieu d'un parc immense, abandonnée par les derniers occupants depuis plusieurs années. Au cours d’une de ses promenades, il découvre des bandes magnétiques dissimulées derrière des buissons et entreprend de les écouter. Il entre ainsi dans l'intimité d'Azzurra, jeune femme perturbée à la sexualité déviante, qui se confie à son psychiatre. Le scientifique ignore que la découverte de ces bandes le met en danger de mort...

MON AVIS : Scénariste de nombreux westerns et gialli, Sauro Scavolini décide de passer derrière la caméra en 1972 avec ce film au titre magnifique : Amour et Mort dans le Jardin des Dieux. Un titre qui nous fait penser qu'on va avoir droit à un giallo mais ce ne sera pas le cas puisque le film est avant tout un thriller, voir même un drame psychologique. Frère de Romano Scavolini (Exorcisme Tragique, Cauchemars à Daytona Beach...), Sauro Scavolini demande l'aide de ce dernier pour l'assister sur son film, en tant que producteur mais aussi en tant que directeur de la photographie. Sur ce dernier point, c'est une réussite puisque picturalement, Amour et Mort dans le Jardin des Dieux est visuellement superbe, que ce soit les scènes en intérieur ou celles se déroulant dans un parc gigantesque, boisé et verdoyant. Pour raconter son histoire, Sauro Scavolini utilise un principe simple mais efficace : il place un vieil ornithologue allemand (Franz von Treuberg) dans une luxueuse villa abandonnée, située à l'intérieur d'un immense parc, et dans laquelle un drame a eu lieu. Le scientifique découvre lors d'une promenade un tas de vieilles bandes audio qu'il va écouter. Celles-ci sont les enregistrements des séances de psy d'Azzura, une femme dont on va alors découvrir la vie à travers de multiples flashback. Azzura, interprétée par Erika Blanc, actrice bien connue des amateurs de cinéma Bis, mène une vie assez étrange, puisqu'elle couche avec son mari Timothy (Rosario Borelli) mais semble jouer de son pouvoir de séduction avec son propre frère Manfredi (Peter Lee Lawrence). Ce dernier est en effet totalement sous l'emprise de sa sœur et ne supporte pas de la voir marié à un autre homme. Une situation familiale proche de l'inceste qui permet au film de friser les limites du malsain et de dégager une atmosphère étouffante et oppressante, qui parvient à créer un léger malaise. Une situation qui va mener à un drame bien évidemment, car même si Manfredi tente d'oublier sa sœur avec la très jolie Viola (Orchidea de Santis), les pulsions qu'il ressent pour Azzura sont plus fortes que sa raison. Dans Amour et Mort dans le Jardin des Dieux, tous les personnages semblent avoir un problème psychologique, que ce soit le mari qui adore se soûler, le psy qui n'a pas l'air bien net non plus, Azzura et ses déviances sexuelles bien sûr et Manfredi qui décroche le pompon. Même le gardien de la villa semble avoir un grain, plaçant des pièges à loups partout dans le parc, au risque que les promeneurs se blessent mortellement. Quant à a charmante Viola, elle n'est pas en reste non plus, je vous laisse le découvrir par vous même. Avec une minutie qui se voit et surtout se ressent à l'écran, Sauro Scavolini peaufine son ambiance morbide tout en nous réservant quelques rebondissements de situation bien trouvés. Le rythme du film est très lent, suave mais il correspond bien à ce que veut nous faire ressentir le réalisateur. Plus on avance dans l'écoute des bandes, plus le mystère devient intrigant et plus on se laisse prendre par la main jusqu'au dénouement final. Une bonne pincée d'érotisme et un peu de violence viendront égayer l'ensemble, tout comme la partition de Giancarlo Chiaramello. Pour son coup d'essai, Sauro Scavolini n'a pas réalisé une oeuvre évidente et n'a pas recherché la facilité. Il aurait mettre un scène un simple giallo mais a préféré s'attarder sur une approche psychologique de ses personnages et sur des situations ambiguës qui créent une angoisse qui parvient à incommoder le spectateur. C'est tout à son honneur.

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME

LE DVD / BR :
Image trouble, mal définie, on n'y voit quasiment rien et on se croirait revenu à l'époque de la VHS ! Comment ? Vous ne me croyez pas ? Bon, d'accord, j'aurai encore tenté de dénigrer une édition de notre matou fumeur préféré mais rendons-nous à l'évidence, c'est une mission impossible ! La qualité d'image est impeccable et rend honneur au travail de Romano Scavolini. Le film est uniquement en VOSTF. Parmi les bonus, on trouve deux interviews, une de Erika Blanc et une de Orchidea de Santis qui reviennent toutes les deux sur le film qui nous intéresse ici. Des bandes annonces viennent compléter le superbe combo présenté en digipack avec fourreau.




samedi 11 mai 2019

LE BOSSU

LE BOSSU
(Le Bossu)

Réalisateur : André Hunebelle
Année : 1959
Scénariste : André Hunebelle, Pierre Foucaud, Jean Halain
Pays : France
Genre : Aventure, Cape et d'épée
Interdiction : /
Avec : Jean Marais, Bourvil, Sabina Selman, Jean Le Poulain, Hubert Noël...


L'HISTOIRE : Le chevalier Henri de Lagardère est sur le chemin de l'exil. Il s'arrête une dernière fois au château du Duc de Nevers afin de l'affronter en duel et découvrir sa botte secrète que l'on dit "imparable". Sur place, Lagardère apprend qu'un complot se trame contre le Duc. C'est son cousin, le prince Philippe de Gonzague, qui a décidé de le faire assassiner afin de s'approprier sa fortune. Lagardère combat les conspirateurs aux côtés de Nevers qui est blessé mortellement. Avant de mourir, il fait jurer à son ami chevalier de prendre soin de sa fille Aurore qu'il a secrètement eu avec Isabelle de Caylus. Bien des années plus tard, Lagardère revient enfin en France, accompagné d'Aurore, afin de venger Nevers. Pour ne pas se faire reconnaître, il prend l'apparence d'un bossu et va pouvoir ainsi accomplir sa vengeance…

MON AVIS : Classique du film de cape et d’épée à la française, Le Bossu de André Hunebelle fait partie de ces films indémodables que l’on revoit toujours avec plaisir et nostalgie et dont la simple évocation du titre fait surgir moult souvenirs dans notre esprit, du moins pour ceux qui l’ont découvert étant enfant. S’il ne parvient pas à égaler les chefs-d'œuvre américains du genre, comme Scaramouche, Les trois mousquetaires ou autres films avec Errol Flynn par exemple, il reste néanmoins un divertissement solide et la qualité de son casting y est pour beaucoup. L’illustre Jean Marais joue ici un double-rôle taillé sur mesure, assisté de son fidèle compagnon interprété par Bourvil, qui sera l’élément comique du film bien sûr. Bien que Le Bossu traîne une solide réputation, force est de constater toutefois que certains petits défauts viennent amoindrir son impact quand on le revoit. Jean Marais se montre plus à son aise en bossu qu’en chevalier de Lagardère. Par contre, on trouvera assez étrange qu’il ne vieillisse pas vraiment alors que l’enfant qu’il protège devient une belle jeune femme. Le rythme est parfois un peu mou et certaines scènes auraient gagné à être plus courtes pour gagner en dynamisme. Les duels et les combats à l’épée restent dans une bonne moyenne du genre mais ils manquent tout de même de virtuosité dans l’ensemble. On pourra regretter que la violence, fort sage, soit très aseptisée mais c’est avant tout un film grand public et familial, ce qui explique ce fait. Malgré tout, Le Bossu se savoure encore et toujours, les dialogues sont bien écrits, certaines répliques restent dans les mémoires (« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi »), les costumes, très colorés et les décors, notamment en extérieur, participent au spectacle, tout comme la musique de Jean Marion, qui a composé un thème inquiétant qui accompagne chaque apparition du personnage du bossu. Une bonne idée ! Cette adaptation du célèbre roman de Paul Féval reste en tout cas un beau divertissement que les vrais amoureux des films d’antan sauront apprécier à sa juste valeur. La collaboration entre Hunebelle et Marais se poursuivra après ce film puisque le duo retravaillera ensemble sur six autres films, dont Le Capitan, Le miracle des loups, Les mystères de Paris et la trilogie des Fantômas.

mercredi 8 mai 2019

LE CIRQUE DE LA PEUR

LE CIRQUE DE LA PEUR
(Circus of Fear / Psycho-Circus)

Réalisateur : John Llewellyn Moxey
Année : 1966
Scénariste : Harry Alan Towers
Pays : Angleterre, Allemagne
Genre : Policier
Interdiction : /
Avec : Christopher Lee, Leo Genn, Anthony Newlands, Klaus Kinski, Margaret Lee...


L'HISTOIRE : A Londres, un fourgon blindé transportant des sacs remplis de billets de banque est braqué par un gang près du Tower Bridge. Le butin est ensuite dissimulé dans le Cirque Barberini par l'un des membres. Coïncidence ? Le cirque est bientôt la proie d'étranges meurtres au couteau visant son personnel. Un inspecteur de police chevronné mène alors l'enquête, laquelle s'annonce difficile, tant les suspects au sein de la troupe sont nombreux...

MON AVIS : Réalisateur de nombreux téléfilms et épisodes de séries télévisées, John Llewellyn Moxey a donné au cinéma fantastique un film étonnant traitant de la sorcellerie en 1960, La Cité des Morts. Au générique de ce dernier, on trouve un certain Christopher Lee, acteur mythique que John Llewellyn Moxey retrouvera donc six ans plus tard dans Le Cirque de la Peur. Adaptation d'un roman d'Edgar Wallace, Le Cirque de la Peur est donc un Krimi, ou, plus simplement, un film policier mettant en scène des criminels, des meurtres, des inspecteurs de police, du suspense, de nombreux coupables potentiels et un twist final. Ancêtre du Giallo italien, le Krimi (roman policier allemand) est né en Allemagne et a connu son heure de gloire dès les années 1900. Le romancier Edgar Wallace en est l'emblématique auteur et on compte plus d'une trentaine d'adaptations cinématographiques de ses romans entre 1959 et 1972. Avec Le Cirque de la PeurJohn Llewellyn Moxey signe un Krimi de qualité qui doit beaucoup à son casting anglo-allemand, plus d'ailleurs qu'à son scénario, qui reste assez classique dans ses grandes lignes. On trouve donc au générique des noms tels Klaus Kinski, Leo GennAnthony Newlands, Suzy Kendall ou la jolie blonde Margaret Lee, qui n'était autre que la doublure officielle de Marilyn Monroe ! Un casting séduisant et impeccable donc, qui donne vie à une galerie de personnages ambigus qui vivent pour la plupart au sein d'un cirque qui va devenir le théâtre de meurtres commis au couteau de lancer. Le début du film fait du spectateur le témoin d'un braquage de fourgon blindé minutieusement préparé, du moins jusqu'à ce que l'un des malfaiteurs ne soit pris de panique et tire sur un des convoyeurs. Une erreur qui n'est pas du goût du grand patron, dont tous ses hommes ignorent l'apparence. Le brebis galeuse se voit confier une valise contenant une importante somme d'argent dérobé et doit se rendre à un endroit bien précis s'il veut la vie sauve. Ce dernier se retrouve dans la réserve d'une ferme et se fait tuer. C'est juste à côté de cet endroit que vient s'installer le cirque Barberini et on se doute que la valise contenant le pactole va devenir le centre d'intérêt de plusieurs personnes. Banco, ça ne rate pas. Les choses vont encore plus se compliquer pour les circassiens puisque le brillant inspecteur Elliot (Leo Genn) va venir fouiner et tenter de démêler cette affaire de braquage et de meurtres. L'enquête va prendre des allures certes classiques (on attend presque de voir débarquer Hercule Poirot, Miss Marple ou même John Steed et Emma Peel) mais le film reste divertissant, réserve quelques rebondissements bienvenus et surtout, tente de brouiller les pistes avec une belle énergie. Le dompteur de fauves (Christopher Lee) porte toujours une cagoule noire sur son visage, suite à un terrible accident apparemment. Est-ce bien vrai ? Gina (Margaret Lee) doit se marier avec Mario (Maurice Kaufmann), le lanceur de couteau, mais ce dernier est extrêmement jaloux et fais vivre un enfer à sa dulcinée. Pourrait-il être à l'origine des meurtres ? Ou bien serait-ce le nain maître-chanteur (Skip Martin) ou bien encore Carl, le Monsieur Loyal (Heinz Drache), qui semble être présent dans le cirque pour une raison bien précise ? Même le directeur Barberini (Anthony Newlands) ne semble pas très clair. Et que dire de Manfred (Klaus Kinski), dont on sait qu'il fait partie du gang de braqueurs, qui débarque au cirque à la recherche d'un emploi ? Autant de coupables possibles dont il va falloir faire le tri pour arriver à débusquer le vrai meurtrier. Le Cirque de la Peur marque des points au fur et à mesure de sa progression car il déjoue souvent les intuitions du spectateur et se montre même moins classique qu'on ne le pense quand à la véritable présence de certains personnages au sein du cirque. Avec ses numéros de fauves, son lancer de couteau sur une Margaret Lee positionnée sur une roue de bois qui tourne, ses mystères, ses intrigues, son étonnante galerie de personnages et son enquête policière rondement menée, Le Cirque de la Peur est un film policier bien mis en scène et qui se regarde avec une vraie nostalgie et un charme certain. 

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME 

J'en ai marre de chroniquer les sorties du Chat qui Fume ou, plus précisément, de parler de leurs éditions. Parce que je passe mon temps à me répéter ! J'aimerais pouvoir dire "oh, c'est un cran en dessous par rapport à vos précédentes sorties" mais non, ce n'est pas possible. L'image proposée sur Le Cirque de la Peur est resplendissante, nette, sans bavure aucune, avec de belles couleurs. Le film est bien sûr présenté en version intégrale (dans les bonus, Eric Peretti nous apprend qu'il existe une version allemande tronquée en noir et blanc) et en VOSTF.


DÉMONS

DÉMONS
(Demoni)

Réalisateur : Lamberto Bava
Année : 1985
Scénariste :  Lamberto Bava, Franco Ferrini, Dardano Sachetti, Dario Argento
Pays : Italie
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Urbano Barberini, Natasha Hovey, Karl Zinny, Fiore Argento, Paola Cozzo, Fabiola Toledo, Michele Soavi...


L'HISTOIRE : Une séance de cinéma est organisée afin de promouvoir un film d'horreur. Deux amies se voient offrir des billets d'entrées et se rendent le soir venu à la séance. Dans le hall du cinéma, divers objets qui seront présents dans le film sont exposés, dont un masque de démon. Une des spectatrices porte le masque à son visage et se blesse à la joue. Pendant la projection, les événements se déroulant dans le film se reproduisent dans la réalité. La fille blessée à la joue se transforme en affreux démon et se met à attaquer les autres spectateurs, les transformant à leur tour en monstres assoiffés de sang. La panique règne dans le cinéma, toutes les sorties sont mystérieusement condamnées. Le petit groupe de survivants tente de s'organiser face aux démons…

MON AVIS : Souvent dénigré, le réalisateur Lamberto Bava a pourtant une filmographie bien sympathique. Evidemment, si on compare ses films avec ceux de son illustre papa, le maestro Mario Bava, on en arrive à la conclusion que le fils est loin d'égaler le père. Mais pourquoi toujours chercher à faire des comparaisons ? Prenons Lamberto Bava pour ce qu'il est : un réalisateur de séries B, qui sont beaucoup moins mauvaises qu'on veut nous le faire croire. Son premier film, Baiser Macabre, réalisé en 1980, est d'ailleurs très bon. Tout comme le film qui nous intéresse ici, à savoir Démons, réalisé en 1985. On y retrouve tous les éléments qui font qu'on aime le Bis rital horrifique : du gore, des situations improbables, surréalistes, de l'humour, sans oublier la musique. Bref, nous voilà en présence d'un film fun, décomplexé, qui en donne pour son argent aux spectateurs. Le ton est donné dès le générique avec un thème musical électronique excellent, signé par Claudio Simonetti. On reconnaît également dans le rôle du donneur de places de cinéma le futur réalisateur Michele Soavi, qu'on reverra également dans le film projeté lors de la séance. Cette séquence est l'une des plus intéressantes de Démons. L'idée du film dans le film est ici très bien utilisée, on se retrouve à la place des spectateurs, pour s'apercevoir que se qui se passe sur l'écran de cinéma se déroule dans la salle également. En plus, tout a été millimétré, les images du film projeté étant en parfaite synchronisation avec les faits qui se produisent dans le cinéma. On a vraiment l'impression que ce film est vivant. Une variation horrifique de La Rose Pourpre du Caire en quelque sorte. Niveau horreur, le film de Lamberto Bava n'en est pas avare ! La transformation d'une fille en démon est un grand moment ! Ongles qui poussent, dents qui se déchaussent pour en laisser apparaître d'autres bien plus pointues, les effets spéciaux, dus à Sergio Stivaletti, sont très efficaces et le gore ne tarde pas à faire son apparition, avec gorges déchiquetées et autres tueries sanguinolentes. On retiendra également l'apparition d'un démon sortant du dos d'une victime, image souvent reprise dans les magazines qui parlent du film. Peu de temps mort dans Démons donc, les spectateurs prisonniers se transformant tour à tour en monstres et multipliant les cadavres parmi le casting ! Les survivants tentent par tous les moyens de se barricader dans la salle de cinéma et on suit plus principalement la tentative de survie de quatre personnages principaux, George, Ken, Cheryl et son amie Kathy. On trouvera par contre un peu inutile les passages avec le groupe de voyous circulant dans les rues de la ville et qui finira par se retrouver dans l'enceinte du cinéma. Ces scènes ralentissent un peu le rythme et ne servent guère qu'à apporter de la nouvelle chair fraîche aux démons. Cette petite baisse de régime est vite compensée par la séquence hallucinante où George, tel un chevalier servant, vient à la rescousse de sa princesse Cheryl, chevauchant une moto cross, armé d'une épée à la lame aiguisée comme un rasoir, et qui va trépaner du démon comme le bûcheron abat des arbres. Une séquence comme seuls les Italiens savent en faire ! Le tout sur une musique hard rock bien énergique, provoquant dans notre corps un sentiment de jubilation assez poussé ! Si vous voulez vraiment passer un bon moment avec des copains, avec un film d'horreur de qualité, qui ne se prend pas au sérieux, avec ce qu'il faut de gore et de monstres, Démons est fait pour vous. Le film se laisse voir et revoir avec toujours la même bonne humeur qui s'en dégage, preuve de sa réussite.


mardi 7 mai 2019

LE SEPTIÈME VOYAGE DE SINBAD

LE SEPTIÈME VOYAGE DE SINBAD
(The 7th voyage of Sinbad)

Réalisateur : Nathan Juran
Année : 1958
Scénariste :  Ken Colb
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Aventure, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Kerwin Mathews, Kathryn Grant, Richard Eyer, Torin Tatcher, Alec Mango, Danny Green, Virgilio Teixeira...


L'HISTOIRE : Le magicien Sokurah rétrécit la princesse Parisa, fiancée de Sinbad, et pousse ce dernier à retourner sur l'île de Colossa. C'est ici que Sinbad avait libéré Sokurah des griffes d'un cyclope qui garde une lampe magique. Afin de retrouver sa précieuse lampe, Sokurah a donc joué ce mauvais tour à Sinbad. Le seul remède qui puisse rendre à Parisa sa taille normale se trouve sur cette fameuse île. Pour Sinbad et quelques autres marins, c'est le début d'un long et dangereux périple... 

MON AVIS : Réalisé en 1958 par Nathan Juran, Le septième voyage de Sinbad est un merveilleux film d’aventure fantastique qui fera le bonheur des petits et des grands. Enchantement visuel de tous les instants, le film est un habile mélange des codes du film de piraterie avec ceux des contes des Mille et une nuits, eux même mixés avec des éléments des contes de fées et même de l’Odyssée. Si le scénario reste assez classique dans sa structure et n’a rien d’extraordinaire, on ne peut pas en dire autant des péripéties et des dangers qui attendent Sinbad, très bien joué par Kerwin Mathews. Cyclope, oiseau à deux têtes, dragon et squelette armé d’une épée et d’un bouclier viendront en effet tenter de barrer la route à notre héros qui n’en demandait pas tant et aurait préféré convoler en justes noces avec la princesse Parisa, interprétée par la ravissante actrice Kathryn Grant. Bénéficiant de superbes couleurs, Le septième voyage de Sinbad donne l’occasion au talentueux Ray Harryhausen de montrer au public l’étendu de son talent. Car c’est bien à ce pur génie de l’animation qu’on doit le succès du film, ayant supervisé de A à Z les scènes mettant en vedette ses diverses créatures. Comment ne pas être émerveillé par la première apparition du cyclope, avec ses jambes de chèvre, son œil unique et cette corne figée au milieu de son front ? Une créature réellement sublime, animée image par image avec un brio époustouflant et qui s’intègre vraiment bien avec le décor et les personnages bien réels. Mais le cyclope et ses confrères monstrueux ne sont pas les seuls effets proposés par Harryhausen. On a également une effrayante femme-cobra, un petit garçon qui joue le génie d’une lampe magique et un superbe effet de rétrécissement de la princesse Parisa qui passera la majeure partie du film en ayant la taille d’une poupée ! Le tout sur une jolie partition musicale de Bernard Hermann, qui n’est autre que le compositeur attitré d’Alfred Hitchcock, excusez du peu ! Alors oui, on sent bien que le déroulement de l’histoire ne sert qu’à mettre en valeur les créations de Ray Harryhausen et que c’est bien ce dernier qui impose le rythme du film au réalisateur Nathan Juran. Mais qu’importe ! La réussite et la magie sont au rendez-vous et lorsqu’on revoie ce film de nos jours, le charme et la nostalgie opère instantanément. C’est sur que ceux qui n’ont connus que les images de synthèse vont peut être avoir du mal avec ces effets à l’ancienne mais bordel, c’est tellement beau pourtant ! Le film eut deux suites assez tardives, en 1973 et 1977, avec Le voyage fantastique de Sinbad et Sinbad et l’œil du tigre


lundi 6 mai 2019

DÉMENCE

DÉMENCE
(Trhauma)

Réalisateur : Gianni Martucci
Année : 1980
Scénariste :  Alessandro Capone, Gaetano Russo
Pays : Italie
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Gaetano Russo, Domitilla Cavazza, Roberto Posse, Silvia Mauri, Anna Maria Chiatante...


L'HISTOIRE : Un groupe d'amis viennent passer le week-end dans la charmante villa d'Andrea et de sa femme Lilly. Cette dernière est très riche et n'apprécie pas que son mari dilapide son argent, tout comme elle n'apprécie pas qu'il ait acheté cette villa qu'elle n'aime pas sans lui en parler. Le début du week-end se passe bien, avec soleil et piscine au programme pour les invités. Lorsqu'Olga manque à l'appel après avoir participé à un shooting-photo dans les bois, le malaise commence à s'installer. Les recherches pour la retrouver n'aboutissent à rien. Peu à peu, d'autres personnes deviennent introuvables...

MON AVIS : Avec seulement cinq films à son actif en tant que réalisateur, l'italien Gianni Martucci ne fait assurément pas partie des metteur en scène transalpin les plus connus du cinéma Bis. Après deux sexy-comédies, La collégienne en vadrouille et La toubib aux cours du soir, réalisées respectivement en 1975 et 1976, puis un polar (Coup de gueule en 1978), Gianni Martucci s'essaye au thriller horrifique avec Démence, qu'il met en scène en 1980. Le film se rapproche d’œuvres telles La Tour du DiableHumongous ou même La Baie Sanglante, avec ce groupe d'amis qui va se faire décimer par une présence inquiétante. La scène introductive (absente des éditions VHS française, un comble !) nous met en présence de deux enfants, dont l'un à un œil totalement blanc. Ce dernier semble être sous la domination de l'autre garçon, qui l'oblige à grimper dans un arbre alors qu'il n'en a pas envie et qu'il a peur. S'ensuit une chute de l'arbre et nous faisons un saut dans le temps pour nous retrouver avec l'enfant à l’œil blanc devenu adulte. On peut émettre l'hypothèse que sa chute de l'arbre a entraîné chez lui un retard mental puisqu'il joue avec des sortes de Lego ou Duplo dans un vieux sous-sol humide et peu rassurant. Un début de film assez étrange donc, et qui crée une certaine curiosité chez le spectateur. La suite ne sera pas non plus dénuée d'intérêt puisqu'on découvre deux ravissantes actrices qui n'hésitent pas à se dévêtir pour notre plus grand plaisir. La très jolie blonde Domitilla Cavazza interprète Lilly et la brune Anna Maria Chiatante joue le personnage d'Olga. Celle-ci va faire un shooting-photo et se retrouve très rapidement en tenue d'Eve sous l'objectif du photographe. Quant à Lilly, on découvre qu'elle a une relation assez tendue avec son compagnon Andrea, qu'elle accuse de dilapider son argent. Rien de bien neuf niveau scénario pour le moment et on patiente sagement en espérant que le dément promis par le titre et la jaquette ne tarde pas trop à se montrer. Coup de bol, sans qu'on sache pourquoi, il agresse Olga qui a abandonné son photographe et se livre même à une petite séquence de nécrophilie puisqu'il se met à embrasser le corps nu de cette dernière avant qu'on découvre qu'elle a une profonde blessure à la tempe et qu'elle est morte en fait ! Glauque ! Le réalisateur ne joue pas avec le suspense ou ne cherche en rien à cacher l'identité de l'agresseur puisqu'il filme son visage et son œil blanc en gros plan. Malheureusement pour nous, le reste du film ne vas pas lui permettre de se hisser dans le peloton de tête des meilleurs longs-métrages du genre. Il ne se hissera d'ailleurs pas bien haut ! La faute à une réalisation assez molle, plate et sans envergure. Le rythme n'est pas vraiment au rendez-vous non plus et l'ennui ne tarde pas à pointer le bout de son nez. Au niveau des quelques meurtres qui viendront légèrement égayer notre vision du film, rien de bien mémorable non plus à se mettre sous la dent, tant la violence et les effusions de sang seront aux abonnés absents. Reste une ambiance proche du giallo ou de l'épouvante gothique (Domitilla Cavazza en nuisette qui déambule dans la maison) qui n'est pas inintéressante mais qui ne suffit pas à sauver les meubles. Le pot-aux-roses n'est en rien une surprise, on l'aura tous vu arriver depuis belle lurette et le final en queue de poisson est un grand moment de solitude pour le spectateur qui se demande si Gianni Martucci ne l'a pas pris pour un con ! Un final façon Massacre au Drive-In pour ceux qui ont vu ce film ! Bref, Démence déçoit assez rapidement et ne restera assurément pas dans les mémoires. La quasi-totalité des actrices du film n'ont pas fait carrière ensuite, est-ce un signe ?


dimanche 5 mai 2019

BASIL DÉTECTIVE PRIVÉ

BASIL DÉTECTIVE PRIVÉ
(The Great Mouse Detective)

Réalisateur : Ron Clements, Burny Mattinson, David Michener, John Musker
Année : 1986
Scénariste : Peter Young, Vance Gerry, Steve Hulett
Pays : Etats-Unis
Genre : dessin-animé
Interdiction : /
Avec : /


L'HISTOIRE : En 1897, à Londres, Basil la souris détective est appelé à l'aide par la petite Olivia. En effet, celle-ci a été témoin de l'enlèvement de son père, l'inventeur M. Flaversham, par une inquiétante chauve souris. L'enquêteur comprend alors qu'il s'agit de Fidget, le sous-fifre de l'ignoble Ratigan. Ce dernier a pour ultime dessein de prendre la place de la Reine des Souris ! Basil va alors tout faire pour l'en empêcher et ramener M. Flaversham sain et sauf auprès de sa fille, aidé par le docteur David Dawson...

MON AVIS : Avec Basil Détective privé, nouveau dessin-animé des studios Disney sorti en 1986, nous avons droit à une adaptation du roman de Paul Galdone et Eve Titus, "Basil of Baker Street", lui-même inspiré des célèbres histoires de Sherlock Holmes imaginées par Conan Doyle bien sûr. Tout y est, que ce soit l'appartement situé au 221 rue Baker Street, les célèbres tenues du détective (redingote et chapeau pour les enquêtes, robe de chambre pour le repos), le caractère dépressif du détective, sa passion du violon, son fidèle associé le docteur Watson (rebaptisé docteur Dawson) et même la présence du terrible Moriarty appelé ici Ratigan. Rebaptisé n'est d'ailleurs pas le bon terme car l'originalité de ce dessin-animé est de nous faire voir le vrai Sherlock Holmes et le vrai docteur Watson mais de ne pas s'intéresser à eux mais bien aux petites souris qui vivent dans cet immeuble et qui vont devenir les véritables héros de cette aventure ! Basil est donc la version souris de Holmes, Dawson la version souris de Watson et Ratigan la version rat de Moriarty ! Simple mais efficace ! Les auteurs de ce dessin-animé ont même poussé les clins d'oeil encore plus loin car le prénom Basil n'a rien d'anodin : il est une référence évidente au célèbre acteur Basil Rathbone qui a interprété le personnage de Sherlock Holmes à maintes reprises. Basil Détective privé nous entraîne donc au pays des souris, qui vit dans la terreur de Ratigan, véritable génie du Mal qui a kidnappé un concepteur de jouet afin d'obligé ce dernier à mettre au point son plan machiavélique : remplacer la Reine des souris par un robot ressemblant comme deux gouttes d'eau à cette dernière et obtenir ainsi la place de Roi du pays des souris ! Heureusement pour nos petites créatures à la longue queue, Basil, le plus célèbre détective privé du pays des souris va se trouver sur sa route. Comme toujours chez Walt Disney, on assiste à un divertissement non dénué de charme, misant sur l'humour des situations et proposant quelques chansons. Pour qui connaît les aventures de Sherlock Holmes, l'effet est encore plus efficace et on se surprend à sourire à de multiples reprises face aux gags et aux situations parfois rocambolesques proposées dans cette aventure. Maintenant, je n'ai pas retrouvé la magie des grands classiques Disney ici. Certes, quelques séquences tirent leurs épingles du jeu (celle à l'intérieur de Big Ben par exemple, une des premières qui a bénéficié de l'aide d'un ordinateur pour l'animation), le rythme est assez dynamique, l'humour fonctionne bien mais dans l'ensemble, il n'y a rien de vraiment extraordinaire. On passe un bon moment mais ça reste pour ma part un Disney assez mineur en fait. Reste en tout cas un bel hommage à Sherlock Holmes. A noter que la voix de Ratigan en VO est celle de Vincent Price, excusez du peu !


CANNIBAL HOLOCAUST

CANNIBAL HOLOCAUST
(Cannibal Holocaust)

Réalisateur : Ruggero Deodato
Année : 1980
Scénariste : Gianfranco Clerici
Pays : Italie
Genre : Aventure, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Robert Kerman, Francesca Ciardi, Perry Pirkanen, Luca Barbareschi, Carl Gabriel Yorke...


L'HISTOIRE : Quatre jeunes reporters, travaillant pour une grande chaine de télévision, sont partis en Amazonie afin de tourner un documentaire sur les peuples cannibales qui vivent encore dans la région. On ne les a jamais revus. Le professeur Monroe, un ethnologue renommé, décide de monter une expédition afin de les retrouver. En arrivant en Amazonie, il est accompagné par un guide et de son assistant. Après un long périple, Monroe parvient à se faire accepter par la plus dangereuse des tribus cannibales, le peuple des arbres. Il comprend très vite que les quatre reporters sont morts. En faisant des dons au peuple des arbres, il parvient néanmoins à récupérer les bandes vidéos. De retour à New-York, le professeur Monroe ainsi que l'équipe de télévision vont visionner ces bandes afin de pouvoir en faire un film choc pour les spectateurs. Mais ce qu'ils vont découvrir sur les images va changer leur perspective...

MON AVIS : Fort du succès de son film Le dernier monde cannibale en 1978, Ruggero Deodato va tenter de réaliser le film ultime sur ce thème. Et c'est en 1980 qu'il livre aux spectateurs ébahis le terrifiant et somptueux Cannibal Holocaust, film définitif, jamais surpassé, véritable choc cinématographique ! Un sommet de la barbarie et de la cruauté à l'écran. Si quelquefois le mot culte est galvaudé et utilisé à tort et à travers, il est vraiment tout désigné pour classer ce film maudit, dont la censure s'en fit l'un de ses films de chevet pour aiguiser ses ciseaux et tailler dans le vif. Des versions cut, il y en a eu, et il y en aura toujours, même aujourd'hui, où le film est encore totalement interdit dans certains pays. La faute à des scènes de massacres d'animaux filmées en "live" et à des scènes d'horreurs ultra réalistes et vraiment glauques. Tellement réalistes que Deodato du prouver à la police et aux tribunaux italiens que les acteurs étaient toujours vivants et qu’il n’avait pas réalisé un snuff  movie ! Il du aussi expliquer certains effets-spéciaux, comme la femme empalée, scène culte inoubliable. Cannibal Holocaust est un film qui parvient à faire naître une vraie impression de malaise à sa vision. Il est construit en deux parties distinctes mais complémentaires. La première partie du film est à classer dans la catégorie film d'aventure, film de jungle. On suit l'expédition du professeur Monroe, parti chercher les quatre reporters disparus. On se retrouve donc en dépaysement total avec ces images de forêt amazonienne, où vivent animaux dangereux et indigènes. Monroe, aidé par un guide local, découvrira une première peuplade de cannibales et également certains de leurs rites, dont certains d'une rare sauvagerie, comme la punition d'une femme adultère. Une première scène choc qui ne fait guère dans la dentelle et ne prête guère à sourire. Aucun humour, aucune distance ne vient délivrer le spectateur de ce spectacle barbare. Ce qu'on peut retenir de cette première partie, c'est que Monroe a du respect pour les peuplades cannibales et qu'il ne se comporte pas comme un blanc dominateur. Il n'impose rien car il n'est pas chez lui. Grâce à son comportement, il parviendra à récupérer les bandes vidéos tournées par les reporters, les seules choses qu'il reste de leur expédition. Monroe comprend que les quatre amis sont morts. De retour à New-York, le spectateur va alors visionner ces fameuses bandes en même temps que lui et les responsables de chaînes de télévision. Une idée originale, que reprendront bien plus tard les réalisateurs du Projet Blair Witch. On entre alors dans la seconde partie du film. On assiste à la vision des images tournées par Alan Yates, le chef de l'équipe, entouré de ses trois amis. Et là, c'est bien d'horreur absolue qu'il faut parler. Des images chocs, terribles, quasi inhumaines, mêlant scènes de cannibalisme, meurtres d'animaux, scènes à connotation sexuelle (la séquence horrible de l'accouchement). Mais le plus terrible reste à venir. Car les méchants ne sont pas ceux que l'on croit. En effet, les images des bandes vidéos vont nous montrer le vrai visage de ces quatre reporters. Afin d'obtenir du sensationnel, ces jeunes gens ne vont pas se gêner et vont faire subir aux peuplades cannibales de nombreuses brimades, violant des femmes, mettant le feu à un village pour pouvoir filmer la panique des primitifs. Un comportement révoltant et en totale opposition avec l'attitude de Monroe dans la première partie du film. On se retrouve avec un blanc qui tente de vivre en harmonie avec ce qu'il ne connaît pas, et quatre blancs qui n'ont aucun respect pour autrui, qui se comportent en dominateurs et n'hésitent pas à tuer, piller et massacrer pour satisfaire leur envie de ramener un "scoop" ! C'est le thème principal que voulait faire passer Ruggero Deodato dans son film. La dénonciation des pratiques de certains journalistes, avides de sensationnalisme, prêts à tout pour leur reportage, y compris à commettre eux-mêmes des actes de cruauté gratuite. Le spectateur n'éprouve alors plus aucune compassion pour la jeune équipe et leur mort nous semble logique, voire compréhensible et justifiée. Pour contrebalancer ces scènes de brutalité inégalées, Riz Ortolani, le compositeur de la partition musicale, a opté pour une musique légère, un thème enivrant, tranquille, presque reposant. Comme il le dit lui-même, les images sont déjà assez choquantes, il ne servait donc à rien de mettre en plus une musique violente par dessus. Cette opposition "brutalité / musique légère" est une vraie réussite et on se souvient longtemps après de cette mélodie qui revient souvent. Si Cannibal Holocaust est considéré à juste titre comme étant le meilleur film de cannibales, on ne peut qu'en être persuadé à sa vision. Beaucoup ont voulu le surpasser mais aucun n'a su mettre en images des situations aussi malsaines, choquantes et surtout aussi réalistes. Un film choc à ne pas mettre devant tous les yeux et qui continuera encore longtemps à faire fantasmer ceux qui ne l’ont pas vu (ou qui n’osent pas le voir) et à hanter l’esprit de ceux qui l’ont vu. Ruggero Deodato peut être fier de son chef-d’œuvre et même si de nombreuses personnes continuent à lui reprocher les meurtres d’animaux (Deodato regrette d’avoir filmé ses séquences), il n’empêche qu’il a réalisé l'un des films le plus controversé de tous les temps et qui possède toujours son pouvoir de fascination de nos jours.

vendredi 3 mai 2019

HAPPY BIRTHDAY TO ME

HAPPY BIRTHDAY TO ME
(Happy Birthday to Me)

Réalisateur : J. Lee Thompson
Année : 1981
Scénariste : John C.W. Saxton, Peter Jobin, Timothy Bond
Pays : Canada
Genre : Horreur, Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Melissa Sue Anderson, Glenn Ford, Lawrence Dane, Jack Blum, Lenore Zann...


L'HISTOIRE : Virginia Wainwright a réussi à se faire admettre parmi les "Crawford 10", l'élite de son école, des élèves aux conditions financières aisées, et qui aiment bien faire la fête et braver les interdits, se sentant sous la protection des richesses de leurs parents. Virginia va bientôt fêter son dix-huitième anniversaire. A l'approche de la date fatidique, de nombreux meurtres et disparitions se produisent parmi les "Crawford 10". Virginia, qui a eu un grave accident de voiture deux ans auparavant, entraînant le décès de sa mère, a du subir une lourde opération du cerveau et elle est souvent victime d'absences, ne se rappelant pas certains souvenirs. Les meurtres sont-ils liés au passé de Virginia ?

MON AVIS : Le réalisateur J. Lee Thompson a déjà une longue filmographie derrière lui en 1981, année durant laquelle il décide de réaliser Happy Birthday to Me, puisque sa carrière débute dans les années 50. A son palmarès, on lui doit par exemple Les Canons de Navarone en 1961, Les Nerfs à Vif en 1962, Les Rois du Soleil en 63, La Bataille de la Planète des Singes en 73 ou bien encore quelques aventures policières mettant en vedette Charles Bronson dans les années 80. Avec Happy Birthday to Me, J. Lee Thompson décide de s'attaquer au genre vedette du film d'horreur des années 80, à savoir le slasher movie, ou comment décimer la majeure partie du casting à l'arme blanche tout en tenant secrète l'identité du tueur. Mettant principalement en scène des jeunes aimant faire la fête, le slasher de Thompson ne déroge pas à cette règle et nos protagonistes principaux sont de jeunes étudiants friqués, regroupés en une sorte de fraternité difficile d'accès. On a là tous les clichés du genre, avec le sportif, le blagueur, le fan de moto-cross, le garçon timide mis un peu à l'écart, et bien sûr de nombreuses jeunes filles qui ne refuse pas un joint ou un verre de bière. C'est dans ce petit groupe que vient d'entrer Virginia, fille au passé douloureux, puisque ayant été victime d'un grave accident de voiture il y a deux ans. Sa mère trouva la mort et Virginia du subir une intervention du cerveau assez complexe, servant de cobaye à une nouvelle méthode de régénération des tissus par ultra sons. Sa mémoire n'a pas encore retrouvé toutes ses fonctions et la jeune fille souffre souvent de troubles passagers, ne se rappelant pas des événements qui se sont passés. Virginia est interprétée par Melissa Sue Anderson, un nom qui vous fera sûrement tiquer, surtout si vous êtes fan de la série culte La petite maison dans la Prairie. Le passé de Virginia en fait donc la coupable parfaite. Fragile, ayant des problèmes de mémoires, revivant certains événements par flashs lorsque ses nouveaux amis font certaines choses, comme une course de voiture sur un pont élévateur, tout concourt à nous faire croire que l'assassin ne pourrait être une autre personne. Et si c'était réellement le cas ? L'habileté du réalisateur fera tenir ce suspense jusqu'à la fin. On le sait, tout est possible dans un slasher, l'assassin peut aussi bien être la personne dont on s'occupe le moins que le héros ou l'héroïne du film. D'ailleurs, des suspects, il y en a d'autres. Pourquoi pas Rudi, jeune garçon timide, souvent mis à l'écart du groupe ou victime de plaisanterie, et qui semble sous le charme de Virginia ? Pourquoi pas Etienne, beau gosse un peu voyeur, qui n'hésite pas à s'introduire la nuit dans la chambre de Virginia pour l'épier prendre son bain ? Pourquoi pas John, le blagueur, attiré lui aussi par Virginia malgré qu'il a déjà une petite amie ? Pourquoi pas une fille jalouse ? N'oublions pas le docteur Faraday, joué par Glenn Ford, acteur mythique, qui suit l'avancée du traitement de Virginia. Néanmoins, cette dernière hypothèse est vite écartée puisqu'il apparaît clairement que les victimes connaissent très bien leur meurtrier, le laissant s'approcher sans aucune crainte ni doute. Bref, autant de possibilités que de personnages ce qui nous donne de quoi bien se creuser la tête ! Bien sûr, les diverses pistes vont aller en s'amenuisant, les nombreuses victimes commençant à réduire le nombre de coupable potentiel. Parmi les clichés du slasher, on retrouve aussi la caméra subjective, le port de gants noirs, les fausses scènes de tension nous mettant sur de fausses pistes, bref, nous sommes bien en terrain connu et J. Lee Thompson fait un travail des plus honnêtes à ce niveau. Parfois, on serait tenté de dire que Happy Birthday to Me se rattache même plus au giallo ou au thriller, puisque les scénaristes ont fait un effort côté histoire, développant l'intrigue et le personnage de Virginia de façon intéressante, en tout cas de façon bien plus approfondie que dans les autres films de ce genre. C'est ce qui fait d'ailleurs toute l'originalité du film, ce scénario bien plus élaboré que la moyenne. Si les meurtres ne sont pas très sanglants, les amateurs apprécieront par contre le final grand guignolesque et particulièrement macabre, avec moult rebondissements et retournements de situations. D'une durée inhabituelle de 110 minutes, Happy Birthday to Me est une oeuvre à redécouvrir et qui se bonifie avec le temps. Je l'ai beaucoup plus apprécié lors de cette nouvelle vision via le superbe Blu-Ray édité par Rimini que lorsque je l'avais vu en VHS. 

* Disponible en combo DVD + BR + LIVRET chez RIMINI EDITIONS

L'éditeur Rimini Editions nous propose ce film de J. Lee Thompson dans une très belle édition. Le packaging est très classe, avec un fourreau reprenant le célèbre visuel de l'affiche originale puis un digipack trois volets contenant un livret de 20 pages, très informatif, de Marc Toullec ainsi que le DVD et le BR. Ce dernier propose une image de très bonne qualité qui comblera d'aise les fans du film. Cerise sur le gâteau, le documentaire de 78 minutes sur l'histoire et les codes du slasher movie, Slice and Dice : The Slasher Film Forever, est proposé en bonus en VOSTF ! Une chouette idée qui permettra aux nombreux intervenants de nous parler de ce genre très apprécié tout autant qu"'il peut être décrié. Bref, une édition à ne pas rater pour voir ce Happy Birthday to Me dans les meilleures conditions possibles.


mercredi 1 mai 2019

SALO OU LES 120 JOURS DE SODOME

SALO OU LES 120 JOURS DE SODOME
(Salo o le 120 giornate di sodoma)

Réalisateur : Pier Paolo Pasolini
Année : 1975
Scénariste : Pier Paolo Pasolini, Sergio Citti
Pays : Italie, France
Genre : Drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Paolo Bonacelli, Giorgio Cataldi, Umberto Paolo Quintavalle, Aldo Valetti, Caterina Boratto, Hélène Surgère...


L'HISTOIRE : En 1943, dans la république fasciste fantoche de Salò, quatre riches notables enlèvent neuf jeunes garçons et neuf jeunes filles de la région pour les emprisonner dans un somptueux palais. Dans ce décor luxueux, les adolescents seront soumis aux plaisirs de leurs geôliers, à leur jouissance sadique de pouvoir exercer une domination totale sur ces jeunes corps, de décider de leurs souffrances, de leur survie ou de leur mort… 

L'AVIS : Œuvre choc basée sur le sulfureux roman inachevé du Marquis de Sade, Salo ou les 120 jours de sodome en est une adaptation moderne, transposée en 1943, et qui reprend les grandes lignes de l’œuvre littéraire. Avec ce film, réalisé en 1975, Pasolini avait pour but de mettre en lumière les dangers de la remontée du fascisme en Italie et du consumérisme qui régit son pays. Politiquement engagé, et n’ayant pas sa langue dans sa poche, il sera assassiné peu de temps avant la sortie du film. Une sortie qui fit scandale puisque Salo sera interdit de diffusion dans de nombreux pays. Outre son aspect politique dénonçant la bourgeoisie et se vices, Salo n’est pas à mettre devant tous les yeux car il regorge de scènes chocs et malsaines, dans lesquelles les pires perversions humaines sont montrées sans censure aucune. Comme dans le roman du Divin Marquis, le film de Pasolini est un véritable catalogue d’atrocités en tout genre, allant du voyeurisme au viol, de l’urologie à la coprophagie, de l’avilissement au meurtre et à la torture. La nudité, masculine comme féminine, est présentée de manière frontale, sans tabou aucun. Composé de quatre parties, le film risque de retourner les estomacs fragiles, notamment lors du « Cercle de la merde » et du « Cercle du sang » qui portent très bien leur nom. L’asservissement total de l’être humain, le pouvoir qui permet de faire qu’un homme ou une femme ne soit plus considéré que comme une simple chose est une thématique importante du film et nul doute que jamais la folie humaine ne trouvera plus grande illustration que dans Salo. Même la scène du repas dans Massacre à la tronçonneuse est en deçà de ce qui est proposé par Pasolini. La vision du film n’est pas chose aisée, on est dans l’antithèse totale du film de divertissement. Le rythme est contemplatif, ce qui renforce l’impact des images révoltantes qui nous sont offertes. Le casting est assez incroyable et malgré la gravité de l’ensemble, le tournage s’est déroulé dans la bonne humeur dixit certaines acteurs ou actrices. Les quatre notables sont absolument parfaits dans leurs rôles respectifs, notamment Aldo Valleti (et son faciès troublant) et Paolo Bonacelli. Cruel et totalement nihiliste, Salo ou les 120 jours de sodome est souvent cité comme faisant partie des dix films les plus importants de l’Histoire du cinéma par des réalisateurs comme Gaspar Noé, Claire Denis ou Michael Haneke. C’est réellement un film qu’il faut « digérer » après l’avoir visionné. A noter qu’à l’origine, le film devait durer 145 minutes mais le vol de plusieurs bobines font que la durée est de 111 minutes. Ce qui est déjà bien long quand on est en Enfer...


AMITYVILLE 3

AMITYVILLE 3
(Amityville 3D)

Réalisateur : Richard Fleischer
Année : 1983
Scénariste : William Wales
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante, Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Tony Roberts, Tess Harper, Robert Joy, Candy Clark, Lori Loughlin, Meg Ryan...


L'HISTOIRE : Journalistes pour un magazine à scandales, John Baxter et son associée Mélanie démasquent un duo d’arnaqueurs qui se servent de la demeure réputée hantée d’Amityville pour escroquer des familles crédules. Devant gérer son divorce, et séduit par la maison, John l’achète à bon prix à un promoteur immobilier qui décède de façon mystérieuse le jour de la vente. D’autres événements étranges et inquiétants se produisent dans l’habitation et Mélanie en fait les frais, refusant désormais de venir travailler chez John. Ce dernier émet des doutes quant à la véracité des faits reprochés à sa nouvelle demeure…

MON AVIS : Troisième chapitre de la grande saga Amityville, débutée en 1979 et poursuivie en 1982, Amityville 3 a pour originalité d’avoir été réalisé en 3D et par Richard Fleischer, célèbre cinéaste à qui l’ont doit des classiques tels Le voyage fantastique, Les vikings, 20000 lieues sous les mers ou Soleil vert entre autres. L’apport du relief est d’ailleurs la principale raison qui a décidé Fleischer à prendre part à l’aventure. Largement décrié lors de sa sortie en 1983, Amityville 3 ne mérite pas sa triste réputation et s’avère un divertissement plutôt sympathique. Certes, il s’éloigne de l’aspect terrifiant du premier film et du côté malsain du second. Avec l’ajout des effets 3D, on est plus dans un tour de train fantôme dans le cas présent et ce n’est pas le final, grand-guignolesque à souhait, qui viendra me contredire : apparition de fantôme, d’une créature démoniaque sortant d’un puits, objets et immobiliers qui volent en éclats et causent pas mal de dégâts sur l’équipe de para-psychologues venue étudier la maison et explosions diverses sont au programme. Tout au long du film, et ce, dès le générique, on note le réel effort fourni par Fleischer pour mettre en avant le procédé 3D. On ne compte plus, en effet, le nombre d’objets qui jaillit de l’écran, que ce soit une torche électrique, des micros, un frisbee, un tuyau qui perfore un pare-brise de voiture, un espadon empaillé et j’en passe. Comme dans la majorité des films tournés en relief, on se doute qu’une vision d’Amityville 3 en 2D vient amoindrir le résultat, voir même lui donner un aspect limite ridicule parfois. Mais en 3D, le film prend toute sa dimension jubilatoire, n’ennuie jamais et remplit tout à fait son contrat. Le suspense est au rendez-vous, les mouches aussi ! Richard Fleischer parvient même à surprendre son auditoire lors d’une séquence assez flippante mettant en vedette un escalier et la jeune actrice Lori Loughlin, qui deviendra célèbre en jouant le personnage de Rebecca Donaldson dans le sitcom La fête à la maison. On appréciera également la participation dans un rôle secondaire de la toute jeune Meg Ryan. Franchement, il n’y a pas de quoi dénigrer cette série B qui poursuit de manière efficace les deux premiers films de la saga. Spiritisme, fantôme et démon en donnent pour leur argent aux spectateurs et le look de la maison reste toujours aussi efficace et angoissant. Une troisième épisode de bonne facture, qui mérite d’être réévalué et surtout d’être vu en 3D !  

* Disponible en DVD ET BR 3D chez BACH FILMS