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NOIRES SONT LES GALAXIES

 

 NOIRES SONT LES GALAXIES
(Noires sont les Galaxies)

Réalisateur Daniel Moosmann
Année : 1981
Scénariste Jacques Armand
Pays : France
Genre : Science-fiction, série-télé
Interdiction : /
Avec : Richard Fontana, Catherine Leprince, Catriona MacColl, François Perrot ...


L'HISTOIRE : Le docteur Patrick Piot sauve d'une agression la jeune Coretta. L'agresseur, patron de la jeune femme, meurt dans la lutte. Un inconnu récupère le corps et semble mêler au trafic de cadavres qui a lieu dans la région. Ce dernier retrouve Coretta et lui demande de lui procurer le corps d'une jeune femme de 25 ans en échange d'une grosse somme d'argent. Coretta en parle à Patrick qui refuse. L'inconnu la menace et Coretta parvient à convaincre Patrick, qui, une fois l'affaire terminée, ne veut plus la voir. Un peu plus tard, Coretta tombe sur un homme qui n'est autre que son patron décédé mais ce dernier ne semble pas la reconnaître et se fait appeler Maubourdin ! Paniquée, elle en parle à Patrick et tous deux se rendent à la boutique de bijoux tenue par Maubourdin. Patrick ne peut que constater ce qui semble invraisemblable. Ils se font inviter chez Maubourdin et découvre que sa femme n'est autre que le cadavre de la jeune fille, elle aussi bien vivante ! Un peu plus tard, madame Maubourdin demande à Patrick de venir chez elle et lui dévoile la vérité : elle et son mari sont issus d'une race extra-terrestre déportée sur Terre qui utilise les enveloppes corporelles terriennes pour se fondre dans le décor, leur planète étant ravagée par la pollution...

MON AVIS : De cette mini-série, je n'avais qu'un très vague souvenir à propos de plantes sortant d'un corps et pour cause, j'avais juste sept ans en 1981, date de diffusion sur Antenne 2 des quatre épisodes. Je viens enfin de la revoir en 2025 puisque le Père-Noël m'a apporté le coffret DVD édité par Elephant Films. Il ne devait pas y avoir beaucoup de série française de science-fiction à cette époque, même si, grâce à l'INA, on a pu découvrir pas mal de productions de genre fantastiques made in France tournées pour la télévision. Noires sont les Galaxies en est l'une des plus intrigantes, assurément. Son récit nous rappelle L'invasion des Profanateurs de Sépultures, classique de la S-F 50's. Le premier épisode prend tout son temps et ne nous offre quasiment aucune scène de science-fiction, hormis les yeux d'un personnage qui deviennent blanc lumineux. On y découvre les principaux protagonistes, à savoir Patrick (Richard Fontana) et Coretta (Catherine Leprince), ainsi qu'un mystérieux inconnu à moustache (Stéphane Bouy) qui s'amuse à récupérer des cadavres. Est-ce pour se livrer à un trafic rémunérateur ? On n'en saura pas plus pour le moment. Le second épisode gagne en intérêt puisque deux cadavres semblent être revenus à la vie ! L'un est l'ex-patron de Coretta (François Perrot) et l'autre une jeune femme qui était pourtant raide morte à la morgue (Catriona MacColl, oui, oui, l'actrice des meilleurs films de Lucio Fulci !) Ces deux-là ne semblent avoir aucun souvenir de leur ancienne vie et on se demande, comme les deux héros de l'aventure, qu'est-ce que c'est que ce bazar ! On aura un début d'explication qui fait réellement bifurquer l'épisode dans la pure science-fiction, notamment lors de la dernière image qui nous montre une sorte de base extra-terrestre cachée dans une usine désaffectée. Le troisième épisode enfonce le clou avec plus de détails sur les Exis, des extra-terrestres qui sont venus sur Terre suite à une guerre sur leur planète, poussée à l'exile par une race dominante t qui se servent de l'enveloppe corporelle des défunts pour exister sur notre planète. On plonge même dans l'épouvante quand on découvre un de ces extra-terrestres le corps éventré par... une plante ! Il semblerait que la faction dominante soit aussi sur Terre, bien déterminée à éradiquer les Exis. Une guerre raciale donc, où les plus forts veulent exterminer les plus faibles, et utilisent pour se faire une graine de plante qui se met à pousser à l'intérieur de l'hôte jusqu'à atteindre sa maturité puis sort de manière plutôt brutale de ce dernier. On imagine la tête des téléspectateurs de l'époque ! Le dernier épisode verra Patrick tenter de trouver une solution à cette invasion extra-terrestre. Si le scénario de Noires sont les Galaxies est franchement intéressant, si certaines images restent en mémoire, en particulier suite à l'éclosion des plantes à l'intérieur des corps humains, la série en elle-même porte le poids des années et il faut se remettre dans le contexte de l'époque pour l'apprécier. Ceux qui trouvent que Derrick manque de rythme ne tenteront même pas le premier épisode car la mini-série dans son entièreté est d'une lenteur totale et rien ne viendra augmenter ou dynamiser sa mise en scène mollassonne. Les acteurs ne sont pas mauvais, sans être exceptionnels non plus. La musique, très jazzy, ne m'a pas emballée plus que ça. Lancinante, contemplative à l'extrême, Noires sont les Galaxies ne correspond évidemment plus au canon des films ou séries actuels et il faudra faire preuve de persévérance et de tolérance pour enchaîner les quatre épisodes. Ceux qui le feront en sortiront séduits s'il adhère à la science-fiction, de qualité ici et qui se paraît déjà d'un postulat écologique.



FRAYEURS

FRAYEURS
(La Paura, Paura nella Citta dei Morti Viventi, The Gates of Hell, City of the Living Dead)


Réalisateur : Lucio Fulci
Année : 1980
Scénariste : Lucio Fulci, Dardano Sacchetti
Pays : Italie
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Catriona MacColl, Christopher George, Carlo de Mejo, Fabrizio Jovine, Giovanni Lombardo Radice, Antonella Interlenghi, Daniela Doria


L'HISTOIRE : Lors d'une séance de spiritisme, la jeune Mary Woodhouse voit durant sa transe le père Thomas se pendre dans le cimetière de la ville de Dunwich, ouvrant par son geste les portes de l'Enfer. La séance se termine tragiquement par la mort de Mary. Un journaliste, Peter Bell, découvre que la jeune femme n'était en fait que dans un profond coma et la sauve d'une mort effroyable, allant être enterrée vivante. Mary et son sauveur décident de trouver la ville de Dunwich pour aller refermer la porte de l'Enfer. Dans la ville maudite, des événements horribles sont déjà en train de se produire et le spectre du père Thomas n'en finit pas de provoquer des morts violentes. Le temps est compté car la Toussaint approche et si la porte n'est pas refermée, les morts ne trouveront pas le repos éternel et reviendront hanter le monde des vivants à jamais...

MON AVIS : Après le succès phénoménal de L'Enfer des Zombies en 1979, Lucio Fulci se tourne ensuite vers le polar bien violent avec La Guerre des Gangs. Durant le tournage de ce dernier, son désir de réaliser un nouveau film d'horreur le titille tellement qu'il enchaîne directement après cet excellent poliziottescho avec Fabio Testi le film que je considère comme son chef-d'oeuvre horrifique, le bien nommé Frayeurs. Avec une histoire et un scénario écrits par Dardano Sacchetti et Lucio Fulci lui-même, preuve de son implication dans ce projet, Frayeurs comblera d'aise tous les fans de films d'horreur qui ne versent pas dans l'humour et veulent avant tout créer une ambiance macabre propre à terrifier le public. Le film démarre très fort, avec ce cri strident sur lequel vient se greffer la musique de Fabio Frizzi qui est d'une puissance horrifique totale. La scène qu'elle illustre, à savoir la pendaison du père Thomas, ne laisse planer aucun doute sur ce qui va suivre : le film va envoyer du lourd, du très lourd même ! Cette séquence introductive dans un cimetière plonge instantanément le spectateur dans une atmosphère délétère qui ne le quittera plus jamais durant les 93 minutes que dure le film. Par un habile montage, la pendaison du père Thomas dans la ville de Dunwich, point de départ de tous les malheurs qui vont s'abattre sur les personnages principaux, est entremêlée avec une séance de spiritisme se déroulant à New York et dans laquelle l'héroïne de Frayeurs, la sublime Catriona MacColl (dont c'est la première participation à un film de Fulci), va être témoin de ce drame et de l'ouverture d'une porte de l'Enfer qui libérera les morts vivants. Un choc assez rude que cette vision puisque la pauvre jeune femme va tomber dans un état de mort apparente après avoir fait une crise d'hystérie assez perturbante. A partir de ces deux événements morbides, Frayeurs va enchaîner sans temps mort les scènes chocs et déployer la puissance de ses images, telles les ténèbres envahissant petit à petit la ville de Dunwich. Evidemment, ce nom n'est pas inconnu des fans de littérature d'épouvante puisqu'on le doit au célèbre H.P. Lovecraft, auquel Frayeurs rend donc hommage ici. Pour donner l'impression d'être dans une veille en proie aux forces du mal, Fulci peaufine les détails et joue avec le vent et le brouillard, qui seront présents dans toutes les séquences à venir. On a réellement l'impression que Dunwich est une sorte de ville-fantôme et rien ne respire la joie de vivre dans sa représentation à l'écran. Les protagonistes principaux de l'histoire sont : Mary la jeune médium (Catriona MacColl), le journaliste Peter Bell (Christopher George), le psychologue Gerry (Carlo de Mejo), l'artiste-peintre Sandra (Janet Agren), Bob le paumé (Giovanni Lombardo Radice) et la ravissante Emily (Antonella Interlenghi). Tout ce petit monde va vivre des journées éprouvantes, en particulier Emily, qui va devenir l'une des proies du père Thomas, et Mary, enterrée vivante avant d'être sauvée in extremis par Peter Bell lors d'une séquence à suspense assez prodigieuse. Par la suite, Mary, Peter, Gerry et Sandra vont faire route commune après leur rencontre à Dunwich pour tenter de stopper la puissance infernale qui s'abat sur cette ville. Le père Thomas (Fabrizio Jovine) devient donc le symbole du Mal à l'état pur, une sorte de spectre vengeur se manifestant dans la ville pour mener à bien sa mission et apporter l'apocalypse sur le monde. L'une de ses apparitions restera dans la mémoire de tous ceux qui ont vu le film, je parle bien sûr de la fabuleuse et écœurante séquence dans laquelle l'actrice Daniela Doria vomit littéralement ses entrailles devant le pauvre Michele Soavi, futur réalisateur de Bloody Bird, Sanctuaire, La Secte ou Dellamorte Dellamore. Autre célèbre scène gore, aussi culte que celle que je viens de vous décrire, la mort du pauvre Bob, dont le crane sera transpercé par une perceuse d'établi. Une pluie d'asticots, des crânes broyés à pleine main par les morts vivants et autres joyeusetés vous attendent également. On le voit, Lucio Fulci ne lésine pas sur les artifices pour en donner pour son argent aux spectateurs avides d'émotions fortes. Mais il n'en oublie pas la poésie pour autant, une poésie macabre et lugubre certes mais néanmoins bien présente, à l'image de la sublime descente des héros dans l'antre du Mal à la fin du film, le tout bénéficiant, comme déjà évoqué, de la superbe partition musicale de Fabio Frizzi, qui s'est ici surpassé. Les détracteurs de Frayeurs ont souvent dit que ce film n'avait pas de scénario et se contentait d'enchaîner les séquences gores. C'est tout à fait inexact, même s'il est souvent surréaliste. En tout cas, c'est à une réelle symphonie de l'horreur que nous convie Lucio Fulci avec Frayeurs, film d'une beauté picturale certaine. Si beaucoup plébiscitent L'Au-Delà comme oeuvre maîtresse de son réalisateur, je lui préfère réellement Frayeurs, qui fera toujours partie de mon Top 5 horrifique.

LE MEDIABOOK D'ARTUS FILMS
Comme pour L'Enfer des Zombies et L'Au-Delà, l'éditeur Artus Films nous offre un sublime mediabook contenant le Blu-Ray, le Dvd et un livre de 80 pages mettant en exergue le film de Fulci et l'influence de Lovecraft dans le cinéma fantastique. L'image du film est parfaite, aucun défaut à signaler. Parmi les bonus, Lionel Grenier du site luciofulci.fr nous livre son interprétation personnelle de FrayeursCatriona MacColl revient sur le tournage du film et sa relation avec Fulci. Encore plus à l'aise, Giovanni Lombardo Radice se fend lui aussi d'un long entretien avec moult anecdotes qu'on prend un réel plaisir à découvrir. Le chef décorateur Massimo Antonello Geleng nous parle de son travail sur le film. Enfin, une galerie d'affiches et de photos vient compéter le tout. Du bel ouvrage, comme d'habitude !

* Disponible en combo mediabook BR /DVD chez ARTUS FILMS




LADY OSCAR

LADY OSCAR
(Lady Oscar)

Réalisateur : Jacques Demy
Année : 1979
Scénariste : Jacques Demy, Patricia Louisianna Knop
Pays : France, Japon
Genre : Drame, Romance
Interdiction : /
Avec : Catriona MacColl, Barry Stokes, Christine Böhm, Jonas Bergström, Anouska Hempel...


L'HISTOIRE : Déçu de n'avoir que des filles, le général de Jarjayes décide que le bébé qui vient de naître, une fille encore, sera un garçon ! Il l'appelle Oscar-François, l'entraîne au maniement des armes et de l'épee, l'habille comme un garçon et l'oblige à avoir pour compagnon de jeu André, le fils de la nourrice. En 1775, le général apprend à Oscar qu'elle va devenir officier de la garde personnelle de la Reine Marie-Antoinette. André ira travailler aux écuries royales. Pendant qu'elle veille sur la Reine, Oscar fait la connaissance de l'amant de cette dernière, Axel de Fersen et ressent pour lui des émotions typiquement féminines, provoquant la jalousie d'André, amoureux d'elle depuis leur enfance. Les événements qui se déroulent en France font prendre conscience à Oscar que le peuple français est au bord de la misère et que la révolution gronde...

MON AVIS : Quel film curieux ! Adaptation cinématographique d'un manga japonais qu'on connait en France grâce au dessin-animé du même nom, c'est d'ailleurs un producteur japonais qui a demandé à Jacques Demy de réaliser ce "manga-live". Oui, Jacques Demy, le réalisateur des Parapluies de Cherbourg, Peau d'Âne ou des Demoiselles de Rochefort. Le principal intérêt pour les Japonais d'avoir Demy derrière la caméra était que le réalisateur allait peut-être avoir accès au château de Versailles pour tourner le film, ce qui se passa effectivement ! Tourner à Versailles même aurait du apporter une touche de crédibilité au film mais cela ne le sauvera pourtant pas. Car il faut bien l'admettre, Lady Oscar est un bon gros nanar des familles. L'Histoire de France vue par les Japonais (de 1775 au 14 juillet 1789) donne certes lieu à quelques reconstructions historiques véridiques mais l'ambiance et les couleurs ultra-kitsch du film confinent à la gentille bluette académique. Manquant cruellement de lyrisme et de dimension épique (même la prise de la Bastille ne parvient à convaincre), Lady Oscar rate le coche et cette histoire de "chevalier d'Eon" s'oublie aussi vite qu'elle est vue. On a tous les clichés possibles sur Louis XVI et Marie-Antoinette, sur le peuple criant famine et préparant sa révolte ou sur l'affaire du collier de la Reine. Maintenant, ne soyons tout de même pas trop dur avec ce nanar de compétition. J'avoue que je ne me suis pas trop ennuyé (un peu quand même) durant les 124 minutes que dure le film. Les aventures plutôt rigolotes de la belle Catriona MacColl (qui jamais ne donne l'illusion d'être un garçon), ont certes beaucoup moins d'attrait que celle d'Angélique, la célèbre Marquises des Anges, mais elles possèdent tout de même un petit charme rétro que le côté nanar amplifie. En plus, Catriona nous régale d'une scène dans laquelle elle nous dévoile sa jolie poitrine, les fans de Lucio Fulci apprécieront ! Malgré tous ses défauts, Lady Oscar a pourtant fait un carton au Japon, s'est plutôt bien exporté également mais n'a connu qu'une sortie très tardive en France, en 1997 pour être précis après une première projection en 1980 dans un festival ! A découvrir donc si vous en avez l'occasion, le film étant assez rare par chez nous...

NOTE : 2/6