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mardi 13 novembre 2018

LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES

LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES
(Laissez bronzer les cadavres)

Réalisateur : Hélène Cattet, Bruno Forzani
Année : 2017
Scénariste : Hélène Cattet, Bruno Forzani
Pays : France, Belgique
Genre : Western, Policier
Interdiction : - 12 ans
Avec : Elina Löwensohn, Stéphane Ferrara, Bernie Bonvoisin, Hervé Sogne, Pierre Nisse...


L'HISTOIRE : La Méditerranée, l’été : une mer d’azur, un soleil de plomb… et 250 kilos d’or volés par Rhino et sa bande! Ils ont trouvé la planque idéale : un village abandonné, coupé de tout, investi par Luce, une artiste en manque d’inspiration. Hélas, quelques invités surprises et deux flics vont contrecarrer leur plan : ce lieu paradisiaque, autrefois théâtre d’orgies et de happenings sauvages, va se transformer en un véritable champ de bataille… impitoyable et hallucinatoire !

MON AVIS : On le sait depuis Amer (2009) et L'étrange Couleur des Larmes de ton Corps (2013), le cinéma référentiel du duo Hélène Cattet et Bruno Forzani est un cinéma avant tout sensoriel et visuel, à la beauté picturale certaine et à la mise en scène innovante, mais qui peut laisser une large majorité de spectateur sur le carreau tant il peut apparaître comme étant hermétique et loin des standards "normaux". Ces deux talentueux réalisateurs ont un univers bien à eux, une façon de concevoir le cinéma qui ne peut que déboussoler le public qui n'aura que deux choix possibles : soit se laisser embarquer dans ce déluge avant-gardiste d'images et de sonorités et y trouver tout ce que le cinéma actuel ne propose pas ou à peur de proposer par souci de rentabilité ; soit rester en dehors de cet univers hors norme et trouver que tout cela est vain et inutile. Choisi ton camp camarade cinéphile ! Avec leur troisième film, Laissez bronzer les cadavres, Cattet et Forzani offrent au public un film plus accessible, moins hermétique que leurs deux œuvres précédentes. Mais sans renier leur vision du cinéma, bien au contraire. Tout leur univers est bien présent dans cette adaptation d'un roman de série noire écrit par Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid en 1971, au titre éponyme. Western policier totalement déjanté, composé de plan hyper court qui donne le vertige, Laissez Bronzer les Cadavres pourrait apparaître comme un pur exercice de style, vibrant hommage au cinéma de Sergio Leone, Sergio Corbucci et aux polars italiens entre autre, avec moult gros plan sur les yeux des acteurs et une utilisation du superbe décor corse qui permet à la caméra des mouvements virtuoses. Il y a des clins d'oeil à tout un pan du cinéma bis, on note par exemple un petit hommage à Ténèbres de Dario Argento et à la séquence du talon-aiguille par exemple. Si l'histoire, pourtant simple et classique, paraît un peu alambiquée parfois, si on ne sait pas trop où veulent nous emmener les réalisateurs avec certaines scènes iconiques dont on cherche la signification, l'ensemble du film est pourtant un pur plaisir pour amateur d'insolite et d'O.FN.I. cinématographique. Le casting, aux petits oignons, nous fait le plaisir d'admirer Stéphane Ferrara (Rhino), Bernie Bonvoisin (la brute, qui passe le plus clair du film... à poil !), Elina Löwensohn (Luce l'artiste déjantée), Hervé Sogne (le policier aux yeux bleus façon Henry Fonda) ou bien encore la radieuse Dominique Troyes, plus connue des cinéphiles en herbe sous son nom de Marilyn Jess, qui n'est pour votre serviteur que la plus belle actrice X française, voir mondiale (juste derrière Traci Lords bien sûr) et qui joue ici le rôle d'une policière. D'autres "gueules" s'invitent à la fête et toutes et tous servent admirablement le récit, qui bénéficie d'un rythme alerte qui ne donne jamais l'occasion de s'ennuyer. Le tout avec la "Cattet / Forzani's touch", à savoir une composition des plans et une utilisation de la couleur et de la lumière qui font que chaque plan, chaque séquence ressemble à un tableau de maître. Cette histoire de braqueurs en plein paysage westernien est picturalement sublime et diablement jubilatoire dans ce qu'elle nous offre en terme d'innovation et d'originalité. On a vraiment l'impression d'assister à un film à part, une sorte de trip hallucinatoire, totalement hypnotique, dans lequel la notion de temps et d'espace n'a pas vraiment lieu d'être. Peut-être conscient de la modernité de leur vision du cinéma mais aussi du fait qu'elle peut perdre le spectateur, le duo semble prendre plus son temps au fur et à mesure que le film avance, s'amuse même à se la jouer "Rashomon" en nous présentant la même scène mais vue par des personnes différentes, ce qui est diablement réussi. Proposition vraiment attachante et jusque-boutiste dans sa radicalité, Laissez Bronzer les Cadavres est une vraie expérience de cinéma qui ne laissera personne indifférent. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, impossible de ne pas saluer cette tentative de proposer un film aux antipodes des codes et des clichés du cinéma français classique. Chapeau bas pour ça !  

* Disponible en combo BR / DVD chez LE CHAT QUI FUME


vendredi 2 novembre 2018

HALLOWEEN - LA NUIT DES MASQUES

HALLOWEEN - LA NUIT DES MASQUES
(Halloween)

Réalisateur : John Carpenter
Année : 1978
Scénariste : John Carpenter, Debra Hill
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur, Slasher
Interdiction : - 12 ans
Avec : Donald Pleasence, Jamie Lee Curtis, Tony Moran, Nancy Kyes, Nick Castle...


L'HISTOIRE : A six ans, Michael Myers a tué sa sœur durant la nuit d'Halloween. Interné dans un hôpital psychiatrique sous la surveillance du docteur Loomis, il parvient à s'en échapper dix-sept ans plus tard, le jour d'Halloween, et retourne à Haddonfield, sa ville natale. Laurie Strode doit faire du baby-sitting cette nuit là. Durant la journée, elle a l'impression que quelqu'un la suit constamment. Dans le même temps, le docteur Loomis arrive à Haddonfield et prévient le shérif que Michael Myers est de retour. La nuit na va pas être de tout repos...

MON AVIS : Même s'il a été précédé par La Baie Sanglante de Mario Bava (1971), Torso de Sergio Martino (1973) et le Black Christmas de Bob Clark (1974), il est impossible de nier l'impact majeur que le film de John Carpenter a eu sur le slasher movie, précédant de deux ans un autre film qui fit date dans le genre : le Vendredi 13 de Sean S. Cunningham bien sûr. Si les trois films précités au début de cette chronique ont posé l'armature et quelques codes de ce genre hautement apprécié par les fans de cinéma d'horreur, Halloween - La Nuit des Masques a cimenté le tout et a en plus apporté sa touche personnelle en imposant la figure du boogeyman, ce tueur immédiatement reconnaissable de par son attirail vestimentaire ou son apparence visuelle. Ici, un simple masque d'Halloween, blanc comme la neige, va devenir un signe distinctif culte dont la simple vision est associée au film de Carpenter et au nom de Michael Myers dans l'inconscient collectif, même des néophytes en la matière. Tobe Hooper avait déjà créé un célèbre boogeyman en 1974, Leatherface et ses masques de peau humaine (Massacre à la Tronçonneuse), la saga Vendredi 13 fera de même avec Jason Voorhees et son masque de hockey puis Wes Craven écrasera la concurrence avec la création de Freddy Krueger en 1984, peut-être le boogeyman le plus célèbre du cinéma d'horreur. Il récidivera en 1996 avec le Ghostface de la saga Scream. Mais là où John Carpenter fait fort, c'est qu'en plus du personnage iconique de Michael Myers, il a composé un thème musical qui sera indissociable de l'univers qu'il met en scène et que tout le monde connaît, parfois même sans n'avoir jamais vu un seul film de la saga Halloween. Un thème qui reste dans la mémoire donc et que Carpenter utilise comme un personnage à part entière dans son film, l’utilisant pour illustrer chacune des apparitions de Michael Myers, aussi insignifiante soit-elle et qui permet de créer un suspense, une tension qui ira crescendo, aussi bien pour les personnages que pour les spectateurs. Telle une ombre, Michael Myers est partout et nulle part, apparaissant ou disparaissant à volonté, à l'image d'un fantôme, tant est si bien qu'on en arrive à se demander si la pauvre Laurie (excellente Jamie Lee Curtis) n'est pas victime d'hallucinations. Bien sûr, on sait que non mais la réalisation impeccable de Carpenter joue avec cette impression avec une réelle maestria. Le rythme de Halloween - La Nuit des Masques est résolument posé et risque de décontenancer la jeune génération qui voudrait découvrir le film après avoir vu celui de 2018. A moins que ce rythme assez contemplatif ne réussisse à produire son petit effet, comme il l'a fait en 1978. Oui, Carpenter prend son temps, ne bouscule jamais l'emploi du temps de ses personnages. Il se feront trucider quand il le faudra par son boogeyman emblématique, qui va éliminer les ami(e)s de Laurie Strode afin que cette dernière devienne la "final girl", l'ultime survivante qui va devoir affronter le Mal absolu, comme le dira le fameux docteur Loomis, interprété avec brio par le regretté Donald Pleasence. Le dernier quart-d'heure est à ce titre une magistrale leçon de cinéma (tout le film ne l'est-il pas ?), la caméra étant toujours placée là où il faut pour nous faire frissonner et ressentir toute l'angoisse de la situation vécue par Laurie. Chaque pièce de la maison devient un lieu où la mort peut frapper et nul endroit ne peut servir de cachette. Pire, rien ne semble pouvoir arrêter Michael Myers ! Le docteur Loomis nous avait prévenu mais force est de constater qu'il avait raison. Son patient résiste à tout et l'ultime plan du film ne laisse guère de place à l’ambiguïté. Si on ne sait pas vraiment pourquoi Michael Myers a décidé de s'en prendre à Laurie Strode et ses amis, le film affiche néanmoins une belle efficacité grâce à sa simplicité apparente. Le fait que la seule survivante du film soit une petite fille sage sous tout rapport, vierge de surcroît, alors que ses amies s'adonnent aux joies du sexe, a posé la question de savoir si John Carpenter l'avait fait exprès, au nom de d'un quelconque ordre moral ou religieux. Le réalisateur a toujours trouvé ce questionnement très drôle, qui n'a pas lieu d'exister pour lui. Quoiqu'il en soit, on a avec Halloween - La Nuit des Masques un véritable classique du genre, qui impressionne toujours autant, tant l'ensemble des ingrédients mixés par Carpenter fonctionnent à plein régime. Considéré comme le slasher fondateur, c'est effectivement une oeuvre séminale qui possède un pouvoir attractif qui perdure à travers le temps. Une référence incontournable.

PS : La VF du film nous présente non pas Michael Myers mais "Michel Myers"... à mourir de rire...