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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




samedi 31 août 2019

LE SEUIL DU VIDE

LE SEUIL DU VIDE
(Le Seuil du Vide)

Réalisateur : Jean-François Davy
Année : 1971
Scénariste : Alain Gerber, André Ruellan, Jean-François Davy
Pays : France
Genre : Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Dominique Erlanger, Odette Duc, Catherine Rich, Jean Servais, Michel Lemoine...


L'HISTOIRE : Wanda Leibowitz doit quitter son amant, ce dernier devant retourner aux Etats-Unis. A nouveau seule, la jeune artiste peintre désire rester sur Paris et cherche un appartement à louer. Lors d'une discussion dans un bar, elle fait connaissance avec Léonie Gallois, une vieille dame qui lui propose de louer un petit studio pour une somme dérisoire. Une fois installée dans le petit appartement triangulaire, Wanda découvre que ce dernier comporte une pièce dont la porte est condamnée. La curiosité l'emporte et Wanda réussit à ouvrir la porte, qui débouche sur une pièce entièrement plongée dans le noir, et dans laquelle la lumière même ne semble pas se diffuser...

MON AVIS : Ce film est l'adaptation cinématographique d'un roman de Kurt Steiner (alias André Ruellan), publié en France en 1956 dans la prestigieuse collection Angoisse chez Fleuve Noir. Il a été réalisé par Jean-François Davy, dont ce sera la seule et unique incursion dans le cinéma fantastique, ce réalisateur étant bien plus connu des amateurs pour ses nombreux films pornographiques, dont le célèbre documentaire Exhibition mis en scène en 1975. Le Seuil du Vide, titre éponyme au roman de Steiner, est donc un film fantastique français. On le sait, ce n'est pas du tout un genre de prédilection dans notre beau pays et il est souvent synonyme de "film chiant" chez les amateurs, qui ont tendance à rejeter en bloc les films fantastiques français de manière générale de toute façon. On ne va pas encore citer le cas Jean Rollin, réalisateur qui s'est battu contre vents et marées pour qu'il existe un fantastique à la française dans les années 70 principalement. Le film de Jean-François Davy pourra tout à fait être ranger ou classer à côté des films de Rollin dans une vidéothèque, car on y retrouve presque le même style, le même rythme lancinant (ou cette absence de rythme) qui en font, soit des "films chiants" pour certains, soit des classiques du cinéma poétique pour d'autres. Le Seuil du Vide ne propose lui aussi aucune scène d'action, aucun rythme endiablé. C'est un film atmosphérique, qui prend son temps et diffuse petit à petit une ambiance étrange qui fait plonger aussi bien les spectateurs que les protagonistes de l'histoire dans un climat onirique parfois inquiétant, histoire dont certains aspects nous font irrémédiablement penser à des œuvres telles Le Locataire ou, plus encore, Rosemary's Baby. On pourrait même, au niveau de la thématique principale, le rapprocher d'une oeuvre qui lui est postérieure, à savoir La Nuit de la Mort de Raphaël Delpard. En effet, le thème de la vieillesse, du temps qui s'échappe et surtout celui du refus de vieillir sont les principales caractéristiques de l'histoire du Seuil du Vide, auxquelles on peut ajouter celle du sentiment d'abandon lors d'une rupture amoureuse. Le personnage de Wanda, jouée par Dominique Erlanger, qui remportera d'ailleurs le prix d'interprétation féminine pour ce rôle en 1972 au festival de Trieste, est victime d'une solitude désespérée, comme en témoigne les nombreuses scènes de flashback qui interviennent dans la narration, et qui sont toutes dirigées vers son amant repartit dans son pays (et joué par Michel Lemoine). La rencontre avec une vieille dame fort aimable (Odette Duc) va la plonger dans un univers nonsensique, dans lequel sa raison va vaciller petit à petit, au fur et à mesure qu'elle s’évertuera à franchir le "seuil du vide" de la mystérieuse pièce plongée dans l'obscurité présente dans son appartement. Un appartement à la forme triangulaire, comme nous le montre un superbe plan aérien de la caméra. Si on y prête attention, la première discussion entre Wanda et la vieille femme nous donne déjà un indice sur les événements qui vont suivre et qui vont faire bifurquer le film de Jean-François Davy dans une dimension onirique qui en fait tout le charme. Si on comprend rapidement de quoi il va retourner, on aura plus de mal à expliquer réellement ce qui se passe dans cette pièce obscure. Est-ce vraiment une sorte de faille spatio-temporelle qui aspire la jeunesse et fait voir des images de situations futures qui vont vraiment se produire par la suite ? Est-ce la raison ou le mental de Wanda qui s'enfonce dans la folie ? La poésie initiale du film fait place à une étrangeté inquiétante qui prendra la forme de divers personnages, celle du docteur Liencourt (Pierre Vaneck) qui possède un portrait dans son cabinet ressemblant comme deux gouttes d'eau à Wanda, celle du responsable de la galerie d'art Arnold De Gournais (le fascinant Jean Servais) et bien sûr celle de la vieille Léonie Gallois entre autres. Plus les événements bizarres se produisent et se suivent, plus on sent que le piège se referme sur la pauvre Wanda, qui tentera d'échapper à son destin, malheureusement déjà tout tracé. Le Seuil du Vide est un film assez inclassable et devrait solliciter l'attention des amateurs curieux, qui désirent découvrir une autre facette du cinéma fantastique. Bien sûr, le film de Jean-François Davy  n'échappe pas aux stéréotypes du film de genre made in France. Comme déjà souligné, le rythme est aux abonnés absents, le jeu des acteurs est souvent théâtral, les dialogues prononcés de manière pas toujours très naturelle. Ceux qui sont totalement hermétiques au cinéma de Jean Rollin peuvent malheureusement passer leur chemin, ils n'y trouveront pas plus leur compte avec Le Seuil du Vide. Pour ma part, sans avoir été emballé plus que ça, je reconnais que cette oeuvre possède des qualités et qu'elle donne envie de lire le roman de Kurt Steiner, pour voir si l'auteur a approfondi ou donné plus d'explication sur les faits déroutants qui se passent dans l'histoire. En tout cas, on félicitera Jean-François Davy de s'être essayé au genre de façon sérieuse et respectueuse. L'appréciation du résultat final, de cette histoire qui virevolte entre réalité, rêves, cauchemars et visions, sera jugée au ressenti de chaque spectateur évidemment. A noter l'apparition de Roland Topor dans le film.


jeudi 29 août 2019

LE BAL DE L'HORREUR

LE BAL DE L'HORREUR
(Prom Night)

Réalisateur : Paul Lynch
Année : 1980
Scénariste : William Gray
Pays : Canada
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Leslie Nielsen, Jamie Lee Curtis, Casey Stevens, Anne-Marie Martin, Michael Tough...


L'HISTOIRE : Une petite fille meurt accidentellement au cours d'un jeu organisé par ses camarades. Devant l'horreur de la situation, ils décident de ne jamais révéler la vérité. Mais la scène a eu un mystérieux témoin. Dix ans plus tard, alors que les enfants sont devenus des lycéens, ce témoin décide de se venger à l'occasion du bal de fin d'année...

MON AVIS : En 1980, le slasher movie n'en est qu'à ses balbutiements. Mario Bava a posé quelques bases dès 1971 avec La Baie Sanglante, suivi par Bob Clark et son Black Christmas en 1974, par Charles B. Pierce et son The Town That Dreaded Sundown en 1976 puis par John Carpenter avec Halloween, la Nuit des Masques en 1978. Le réalisateur Paul Lynch a envie de surfer sur le succès de ces deux derniers titres et décide de mettre en scène un gynécologue fou adepte du scalpel. Un sujet qui ne plaît guère à un producteur canadien, Irwin Yablans, qui lui demande de changer d'histoire. En passant près d'un motel, Paul Lynch remarque une enseigne sur laquelle il est écrit "Prom Night", soit le bal de fin d'année des lycéens. Le terme lui plaît immédiatement et il demande à un de ses amis, Robert Guza Jr., d'écrire une histoire se déroulant lors de ce traditionnel bal de fin d'études. Il tente de revoir le producteur Irwin Yablans mais celui-ci n'est pas disponible. Lors d'une soirée, il fait connaissance avec un autre producteur canadien, Peter R. Simpson, qui s'intéresse vivement à ce projet. Le scénariste William Gray est choisi pour réécrire l'histoire imaginée par Robert Guza Jr. et, comble de la chance, l'actrice Jamie Lee Curtis, dont la carrière ne décolle pas malgré le succès d'Halloween, frappe aux portes de divers studios canadiens qui ont pour projet des films de terreur. Paul Lynch lui fait passer une audition pour voir, non pas si elle sait jouer, mais si elle sait danser le disco (en vu de la grande scène du bal de fin d'année) et l'engage. Le scénario est assez fréquemment remanié, le producteur Peter R. Simpson le trouvant trop mou et pas assez proche du film de Carpenter, et il veut capitaliser sur le fait que Jamie Lee Curtis en est la vedette. Des scènes sont ajoutées régulièrement, le tournage du film dure vingt-quatre jours. Au final, le film sort sur 1200 écrans et remporte un franc succès, rapportant environ 25 fois sa mise initiale de par le monde et ce, malgré des critiques assez sévères et négatives. La présence au générique de Jamie Lee Curtis n'est pas anodine à ce succès et à fortement participé à la rentabilité de cette petite série B non dépourvue de charme mais qui risque de décevoir les fans purs et durs de slasher movie. Il est d'ailleurs assez amusant de voir que le Canada s'est intéressé relativement tôt au slasher, puisqu'en 1980 sort également Le Monstre du Train (avec, je vous le donne en mille, Jamie Lee Curtis !), en 1981 Meurtres à la St-Valentin, Terreur à l'Hôpital Central ou Happy Birthday to Me et en 1982 Meurtre au Téléphone entre autres ! Si on voulait être honnête, il serait plus juste de dire que Le Bal de L'Horreur est avant tout un thriller avant d'être un slasher, même si les codes du genre sont déjà présents. On a en effet une séquence initiale nous présentant un drame (la mort d'une fillette lors d'un jeu qui tourne mal), drame qui va déboucher sur une vengeance des années plus tard. On peut même voir la thématique de Souviens-toi l'été Dernier lors de cette séquence introductive, puisque les enfants responsables malgré eux de la mort de la fillette se jurent de ne jamais révéler la vérité, sans se douter qu'une personne à tout vu du drame et va vouloir leur faire payer chèrement. Et ce, dix-sept ans avant le slasher très sympathique de Jim Gillespie avec Jennifer Love Hewitt et Sarah Michelle Gellar ! Le Bal de l'Horreur nous présente également divers suspects potentiels : le père de la fillette décédée, joué par Leslie Nielsen, est le directeur du lycée ; la mère, jouée par Antoinette Bower, semble ne pas avoir réussi à faire son deuil ; le frère (Michael Tough) et la sœur (Jamie Lee Curtis) ont l'air d'avoir un comportement normal mais est-ce réellement le cas ? On a aussi l'homme à tout faire du lycée, qui a l'air plutôt benêt mais ne serait-ce pas une façade ? Ou pourquoi pas l'un des quatre enfants responsables du décès de la fillette, et qui, avec l'âge, ne supporte plus le poids du mensonge sur les épaules ? A moins que ce ne soit le suspect arrêté injustement à l'époque et dont on apprend qu'il vient de s'échapper d'un centre psychiatrique en ayant pris une infirmière en otage (ah, on la tient, la touche "Halloween-like" voulu par le producteur) et qu'il se dirige vers la ville où ce sont déroulés les faits ? Ou bien encore Lou, un adolescent rebelle, véritable terreur du lycée, bagarreur et macho invétéré ? Ou Wendy, une pétasse blonde qui ne supporte pas de voir Jamie Lee Curtis lui avoir piqué son petit ami ? Pendant une bonne heure, tout se petit monde va évoluer dans l'enceinte du lycée, la police recherchant quant à elle le suspect échappé de l'institut psychiatrique. Une bonne heure dans laquelle il ne se passe pas grand chose il faut bien l'admettre, entre amourettes adolescentes, recherche de cavaliers pour le bal, joute amoureuse entre rivales et mise en avant de l'inspecteur de police se demandant pourquoi le suspect de l'époque veut revenir dans le coin. Pas mal d'arcs narratifs secondaires sont disséminés dans l'histoire pour meubler une intrigue linéaire et classique, sans génie aucun. L'époque étant au disco, on a donc une scène de bal dans laquelle Jamie Lee Curtis et Casey Stevens, tous deux promus reine et roi du lycée, vont exécuter des pas de danse sur une piste dallée, avec lumières en dessous des dalles et boule à facette scintillante au programme !  Sympa mais au fait, le film, il ne s’appellerait pas Le Bal de l'Horreur par hasard ? Parce que là, on a bien le bal (avec des échos de Carrie au Bal du Diable) mais toujours pas d'horreur ! Heureusement, les trente dernières minutes vont enfin voir débarquer le tueur cagoulé qu'on attendait tous, et les meurtres qui vont avec ! Sans être très sanglants, ces derniers font plaisir à voir (faut dire qu'on les a attendu quand même !) et on assiste à quelques jolis coups de couteau, un égorgement avec un morceau de verre et surtout à une superbe décapitation à grand coup de hache, assurément la meilleure scène du film. Quant à savoir qui se cache sous l'identité du tueur, ne comptez pas sur moi pour vous le révéler. Le Bal de l'Horreur mise donc plus sur une ambiance, une atmosphère, que sur un catalogue de meurtres à l'arme blanche. Si on lui ajoute l'efficacité de sa scène d'introduction, le charme de Jamie Lee Curtis, les seins dénudées de l'actrice Mary Beth Rubens, les meurtres sympas de son mystérieux tueur et son aspect plutôt kitsch, on pourra se montrer plus clément envers le film de Paul Lynch, qui peine, il est vrai, de la comparaison avec un autre slasher sorti la même année et qui, lui, a véritablement été le fer de lance de ce genre cinématographique : le Vendredi 13 de Sean S. Cunningham bien sûr, nettement plus gore et démonstratif niveau violence. Le film de Paul Lynch, qui réalisera en 1982 le sympathique Humongous, a connu trois suites, en 1987, 1990 et 1991 et s'est même vu "remaker" en 2008 par Nelson McCormick. Même si les fans trouvent Le Bal de l'Horreur un peu fastidieux dans son ensemble, c'est toutefois un passage obligé pour les complétistes du genre, parce qu'il est l'un des premiers slashers à être sorti sur les écrans, parce que c'est un vrai proto-slasher qui, quoiqu'on en dise, compte dans l'évolution de ce genre tant apprécié.

* Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS

LE COMBO :
Avec un packaging luxueux, identique à celui de Happy Birthday to Me (digipack trois volets sous fourreau, disques sérigraphiés), Le Bal de l'Horreur s'offre une superbe édition comprenant donc un DVD, un BR et un livret très informatif de 20 pages écrit par Marc Toullec. Au niveau de l’image, c'est bien simple : je peux jeter ma copie VHS tant la différence est flagrante. Le film de Paul Lynch a retrouvé de sa superbe avec cette très belle remasterisation qui rend honneur au film et au charme de Jamie Lee Curtis. Il est présenté en VF et VOSTF. Au niveau des nombreux bonus, cette édition reprend quasiment tous ceux présents sur l'édition Blu-Ray parue chez Synapse Films en 2014, hormis le commentaire audio du réalisateur et du scénariste.

LES BONUS :  :
- Le Making of (41 min.)
- L'interview du scénariste William Gray (20 min.)
- Les scènes ajoutées pour la diffusion télévisée (dont une qui aurait mérité de rester dans la version cinéma, puisque nous donnant plus d'information sur un lien de parenté entre deux personnages importants !)
- Des images du tournage (6 min.)
- Une galerie photos et affiches
- Des spots TV
- La bande-annonce



mercredi 28 août 2019

ÉVASION

ÉVASION
(Escape Plan)

Réalisateur : Mikael Håfström
Année : 2013
Scénariste : Miles Chapman, Jason Keller
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Action
Interdiction : /
Avec : Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, 50 Cent, Jim Caviezel, Faran Tahir...


L'HISTOIRE : Ray Breslin est un ingénieur spécialisé dans la conception de prisons ultrasécurisées. Il teste lui-même l’efficacité des bâtiments en se faisant enfermer puis en s’évadant. Contacté par une société privée souhaitant tester un concept révolutionnaire de prison hi-tech, il se retrouve prisonnier. Piégé dans ce complexe ultra-moderne, harcelé par un directeur impitoyable et son gardien corrompu, Ray découvre une conspiration pour le faire disparaître à jamais. Sa seule chance de survie : une alliance avec Emil Rottmayer, un détenu ayant lui aussi un secret. Pour avoir une chance de s’évader, ils vont d’abord devoir se faire confiance...

MON AVIS : Tiens, une réunion de deux légendes du cinéma d'action 80's ! Après de très courtes retrouvailles dans la saga ExpendablesSylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger vont avoir (enfin) l'occasion de papoter un peu plus dans Évasion puisque les deux stars jouent ensemble, pour la première fois de leur carrière, les rôles principaux de ce film réalisé par Mikael Håfström, un suédois à qui l'on doit Chambre 1408 en 2007 ou Le Rite en 2011. Si on pouvait s'attendre à un film d'action efficace, Évasion déçoit quelque peu à ce niveau, le film étant d'une facture très classique, enchaînant avec mollesse quelques scènes de bagarres très convenues, notamment entre les deux acteurs. Il faut dire qu'ils ne sont plus tout jeunes nos deux stars et qu'il faut les ménager un peu. En plus, ils ne sont pas des ennemis dans le film, bien au contraire ! Stallone interprète Ray Breslin, un expert en évasion qui va tomber dans un piège et devoir trouver un moyen de s'échapper d'une nouvelle prison high-tech, qui a été conçu selon toutes ses prérogatives en matière de sécurité. Un défi de taille donc, puisque le directeur de cette prison a bien assimilé toutes les défaillances relevées par Breslin lors de ses différentes évasions des autres centres de détention. Une des meilleures séquences du film sera, pour ma part, lorsque Breslin réussit à s'extirper de sa cellule et parvient à atteindre la surface. Ce qu'il va découvrir est franchement original et nous fera bien sourire devant notre écran. Le bon vieux Arnold Schwarzenegger joue quant à lui un prisonnier qui va s'intéresser à Ray Breslin, sans connaître sa véritable identité d'ailleurs, et qui va essayer d'aider ce dernier, en échange de la promesse de l'accompagner en cas d'évasion réussie. On se doute que ce rapprochement soudain entre les deux hommes cache quelque chose de plus complexe qu'une simple amitié naissante entre deux prisonniers, à vous de découvrir de quoi il retourne vraiment. Si Évasion est loin d'être désagréable à regarder, on ne peut pas dire pour autant que Mikael Håfström a fait de l'excellent travail. Son film manque cruellement de rythme et de pep's, l'introduction de la religion dans l'histoire est présentée d'un point de vue assez balourd, les dialogues et les tirades censées faire mouche tombe souvent à plat. Certes, voir Schwarzenegger empoigner une mitrailleuse et dézinguer tout ce qui bouge à la fin du film fait toujours plaisir à voir. Les méchants gardiens de la prison, portant tous des masques noirs dissimulant leur visage, remplissent bien leur rôle, tout comme le cruel directeur Hobbes, interprété par Jim Caviezel. Le docteur de la prison est interprété par Sam Neill et on trouve même le rappeur Curtis "50ct" Jackson au générique. Un casting de qualité malheureusement au service d'un scénario un peu faiblard et aux twists éventés pour la plupart. La mise en scène ne casse pas non plus trois pattes à un canard, on a parfois l'impression d'être dans un épisode d'une série télévisée se déroulant dans un univers carcéral. Reste la réunion de deux grands acteurs qui arrivent en fin de carrière et qu'on ne peut s'empêcher d'apprécier, même dans les mauvais films. Évasion n'en est pas vraiment un mais on aurait aimé mieux pour leur premier duo en commun. Le film a eu deux suites, réalisées en 2018 et 2019, toujours avec Stallone mais sans Schwarzenegger


    

mardi 27 août 2019

KING KONG REVIENT !

KING KONG REVIENT !
(A*P*E)

Réalisateur : Paul Leder
Année : 1976
Scénariste : Paul Leder, Reuben Leder
Pays : Corée du Sud, Etats-Unis
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec : Rod Arrants, Joanna Kerns, Alex Nicol, Nak-hun Lee, Yeon-jeong Woo...


L'HISTOIRE : Un singe géant de neuf mètres de haut est prisonnier dans les cales d'un paquebot qui navigue près des côtes coréennes. L'animal parvient à se libérer et après avoir détruit le navire qui le retenait captif puis avoir affronté un requin, il accoste en Corée où il sème la panique, détruisant tout sur son passage. Les généraux de l'armée américaine, présents sur place, avec l'aide de l'armée coréenne, vont tout faire pour stopper le monstre. Ce dernier tombe sous le charme de Marilyn Baker, une actrice de cinéma. Tom Rose, le fiancé de celle-ci, va tenter de libérer sa dulcinée de son imposant amant...

MON AVIS : Le King Kong de 1933, véritable chef-d'oeuvre du cinéma, a laissé dans son sillage bon nombre de films voulant surfer sur les singes géants, avec plus ou moins de bonheur. Surtout moins d'ailleurs la plupart du temps. Rien que sa suite, également réalisée en 1933, Le Fils de Kong, avait tout du mauvais film. Parmi les œuvres nettement plus sympas, on citera, sans exhaustivité aucune, Monsieur Joe (1949), Konga (1961), Le Colosse de Hong Kong (1977), King Kong (1976), King Kong (2005) ou Kong : Skull Island (2017) par exemple. Le reste est à classer dans la catégorie des navets ou des nanars rigolos, à l'image du film dont je vais vous parler ici, à savoir le fameux King Kong Revient ! Ayant eu vent des intentions du producteur Dino de Laurentis de concevoir en 1976 un remake du film de 1933 (le King Kong de John Guillemin) et voulant concurrencer le Japon dans les films de monstres géants - la saga des Godzilla mais aussi King Kong contre Godzilla (1962) et King Kong s'est échappé (1967) - la Corée du Sud décide de s'allier avec les Etats-Unis afin de réaliser A*P*E, qui se fera également appeler King Kong Revient ! Avec sa fabuleuse affiche, qui laisse augurer de combats titanesques entre le plus célèbre des singes géants et un requin ou un serpent géant, le film de Paul Leder fait saliver et on a plus que hâte de voir le résultat à l'écran. Si je vous dis que King Kong Revient ! est considéré comme étant l'un des plus mauvais films jamais réalisé, vous allez être déçu ou vous n'allez pas me croire. Jusqu'à ce que vous ayez, vous aussi, visionné le film. Imaginez Ed Wood décidant de réaliser sa propre version de King Kong avec ses budgets faméliques et vous aurez une petite idée de ce qui vous attend. Nanar haut de gamme, qui fera la joie des amateurs de films rigolos pas prise de tête, King Kong Revient ! va vous en donner pour votre argent si vous êtes réceptif à ce type de production ultra-fauchée. Rien que la scène d'introduction vaut le visionnage du film. Enfermé dans la cale d'un bateau et destiné à devenir une attraction chez Disneyland, un singe géant parvient à s'échapper et détruit le bateau qui le retenait prisonnier. Ne vous attendez pas à voir une animation image par image comme dans le film de 1933. Pas assez de budget pour ça. On a donc droit (comme c'est quasiment toujours le cas dans les productions asiatiques) à un acteur dans un costume de singe ! Fan de San Ku Kaï, Spectreman ou autre X-Or, vous serez aux anges. Ma femme a vu le gorille à l'écran, elle m'a dit "mais c'est un Chewba-Kong ??" j'étais mort de rire. Le plus drôle arrive ensuite, quand un requin attaque notre singe géant. Bon, très clairement, le squale est mort depuis belle lurette, l'acteur n'a donc qu'à le saisir et à faire du catch avec lui dans le bassin qui sert d'océan, ce qui est totalement ridicule mais hautement épuisant pour nos zygomatiques. Tout le reste sera à l'avenant. Notre héros simiesque va débarquer en Corée du sud et va s'amuser à détruire des tas de maquettes de bâtiments censés être en béton armé, l'acteur déguisé s'acharnant sur les fausses maisons, leur marchant dessus, quitte à perdre l'équilibre et de manquer de tomber parmi les décors de carton-pâte. Bien sûr, un tel comportement va alerter les autorités militaires et on aura droit à des nombreuses scènes de militaires causant aux téléphones en évoquant les divers incidents commis par le monstre poilu. Assez répétitives, ces séquences téléphoniques viennent ralentir le rythme du film, qui n'est déjà pas très soutenu. Heureusement, les scénaristes vont avoir l'idée de s'inspirer du film de 1933 et de créer une petite romance entre le singe géant et une jolie blondinette. Interprétée par Joanna Kerns, la vedette féminine du film est donc une actrice venu jouer dans un film dont le tournage se déroule en Corée. Elle va avoir le redoutable honneur de devenir le centre d'intérêt de ce Kong du pauvre, ce dernier ayant été subjugué par son jeu d'actrice. On se demande encore comment l'équipe technique ne l'a pas aperçu, je rappelle que notre géant est censé mesurer dans les neuf mètres de haut quand même ! C'est d'ailleurs la même chose lors de nombreuses séquences de foule en panique, personne n'a vu Kong arriver !! Neuf mètres de haut, c'est grand pourtant et ça doit se repérer facilement non ? Bon, on est plus à ça près de toute façon puisque tout King Kong Revient ! relève du non-sens absolu. Image surréaliste qui restera dans toutes les mémoires, celle de l'enjambé de vache ! Kong se promène dans un champ et évite d'écraser une pauvre vache qui traînait par là, cette dernière étant un simple jouet que l'acteur déguisé va enjamber ! Impayable. Il en va de même quand notre acteur tient une poupée Barbie dans sa main, censée être l'actrice Joanna Kerns précédemment citée. Il faut le voir pour le croire ! Et quant on sait que le film a été réalisé en 3D (d'où les nombreux plans de lancers d'objets qui foncent, accrocher à des câbles visibles à 1 mètre, vers le spectateur), on se dit qu'on aurait bien aimé voir le film dans cette version. Le final étire en longueur le combat entre Kong et l'armée et multiplie les explosions, les jouets en forme d'hélicoptères devenant la cible des poings de Kong et j'en passe, jusqu'à la mort tragique de notre grand héros.Une telle naïveté confondante durant les 86 minutes que dure le film fait de ce dernier une perle nanaresque idéale pour se payer une bonne tranche de rigolade entre potes...

* Disponible en DVD dans un beau digipack chez CINE 2 GENRE



lundi 26 août 2019

KING KONG (2005)

KING KONG
(King Kong)

Réalisateur : Peter Jackson
Année : 2005
Scénariste : Fran Walsh, Philippa Boyens, Peter Jackson
Pays : Nouvelle-Zélande, Etats-Unis, Allemagne
Genre : Aventure, Fantastique, Romance
Interdiction : /
Avec : Naomi Watts, Jack Black, Adrien Brody, Thomas Kretschmann...


L'HISTOIRE : New York, 1933. Ann Darrow est une artiste de music-hall dont la carrière a été brisée net par la Dépression. Se retrouvant sans emploi ni ressources, la jeune femme rencontre l'audacieux explorateur-réalisateur Carl Denham et se laisse entraîner par lui dans la plus périlleuse des aventures. Ce dernier a dérobé à ses producteurs le négatif de son film inachevé. Il n'a que quelques heures pour trouver une nouvelle star et l'embarquer pour Singapour avec son scénariste, Jack Driscoll, et une équipe réduite. Objectif avoué : achever sous ces cieux lointains son génial film d'action. Mais Denham nourrit en secret une autre ambition, bien plus folle : être le premier homme à explorer la mystérieuse Skull Island et à en ramener des images. Sur cette île de légende, Denham sait que "quelque chose" l'attend, qui changera à jamais le cours de sa vie...

MON AVIS : C'est en 2005 que Peter Jackson réalise son rêve de gosse : rendre hommage à son film préféré, le chef d'oeuvre réalisé en 1933 par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, King Kong. Si cette version moderne d'un des plus grands films de l'histoire du cinéma ne possède pas le charme de l'original, force est de constater qu'au niveau du spectaculaire, le film de Peter Jackson en a sous le capot. Peut-être trop même. Le spectateur est embarqué durant trois heures dans une magnifique aventure, bénéficiant de décors colossaux et d'effets-spéciaux assez époustouflants dans l'ensemble. La reconstitution des années 30 est d'une grande qualité, le soin apporté aux costumes et autres objets de l'époque est phénoménal. La première partie du film, qui nous présente le réalisateur Carl Denham (Jack Black), son scénariste Jack Driscoll (Adrien Brody, assez fade et terne dans le film) et l'actrice Ann Darrow (la très belle Naomi Watts), embarquant à bord d'un bateau pour une expédition en vu de trouver une île mystérieuse et inconnue des marins, dure environ une cinquantaine de minutes, soit à peu près la même durée que dans le remake de John Guillermin. Evidemment, c'est bien la découverte de Skull Island qui constitue l'un des principaux intérêts du film et à ce niveau, Peter Jackson n'y a pas été de main morte : tribu primitive aux maquillages inquiétants qui nous rappelle même les cannibales de Cannibal Holocaust, muraille géante censée protéger la population, dinosaures en pagailles évoluant dans un véritable monde perdu et scènes d'action au rythme effréné viennent dynamiser un spectacle déjà haut en couleur. Honnêtement, on frôle même l'indigestion parfois devant cette frénésie visuelle qui a du mal à nous accorder des séances de répit. La séquence de la caverne, avec tous ces insectes horribles, rend certes hommage à la séquence perdue des araignées du film de 1933 mais elle est presque de trop ici. Il en est de même avec la scène où les hommes de l'équipage se font courser par des diplodocus effrayés, qui, eux, ne bénéficient pas de CGI très convaincants. Bien sur, la présence des monstres antédiluviens sur Skull Island est une bonne chose, comparé à leur absence totale dans le film de 1976, mais un peu plus de sobriété n'aurait pas été inutile, car on  à parfois l'impression d'être dans un épisode de Jurassic Park plutôt que dans un King Kong. A tel point que le temps de présence à l'écran de celui qu'on attend tous n'est pas aussi exhaustif que prévu et qu'il cède trop souvent sa place à des séquences mettant en vedette d'autres monstres. Cet aspect un peu négatif du film de Jackson, qui a voulu trop en faire, trop miser sur le grand spectacle au détriment même de l'émotion, est heureusement contrebalancé avec l'apparition de celui qu'on nomme le roi de Skull Island : Kong ! Le plus célèbre des gorilles est ici d'une beauté et d'un réalisme renversant. Franchement, c'est un véritable tour de force qu'a réalisé l'équipe des infographistes de WETA, ainsi qu'Andy Serkis qui interprète Kong en capture-motion. On pourrait quasiment compté le nombre de poils présents dans la fourrure de Kong dans certain plan. Plus encore, ses attitudes simiesques sont d'un réalisme époustouflant (Serkis a même été au Rwanda pour être en contact avec de vrais gorilles et étudier leur démarche, Kong se tenant à quatre pattes ici, au contraire des versions précédentes) et surtout, son regard exprime plus d'émotions que certains acteurs humains, doit-on citer Adrien Brody encore ? Le duo de Kong avec l'actrice Naomi Watts est tantôt drôle (bon, personnellement, je ne suis pas fan du tout de la séquence où elle se prend pour Charlie Chaplin et tombe exprès pour faire rire Kong), tantôt bouleversant. Car si Peter Jackson nous en met plein la vue à travers des séquences dantesques qui font hurler les enceintes et le caisson de basse du système Home Cinéma, à l'image du combat entre Kong et les Tyranosaurus Rex, le réalisateur n'en oublie pas pour autant que King Kong, c'est avant tout une romance, une histoire d'amour entre une belle jeune femme et un primate gigantesque. La grande réussite du film provient vraiment de ces séquences émotionnelles auxquelles on croit en ce qui me concerne. Certains trouvent ridicule la scène de la patinoire, je la trouve sublime pour ma part. C'est un pur moment de poésie, où le temps est en suspension, comme si plus rien n'existait à part nos deux amoureux si différent l'un de l'autre. Cette scène somptueuse se déroule d'ailleurs après que Kong ait semé le chaos dans les rues de New York et si vous y prêtez attention, vous vous apercevrez qu'il n'y a plus personne alentour une fois sur la patinoire, plus aucun bruit, aucun hurlement, aucune voiture. Juste Kong et sa dulcinée. Le final sur le toit de l'Empire State Building est juste magistral et nous fait oublier les défauts du film (les images au ralenti par exemple, je n'ai pas compris leur utilité...) tant il est spectaculaire mais aussi touchant et bouleversant. Voir ce gorille géant, entièrement crée sur un ordinateur, parvenir à nous arracher des larmes lorsqu'il regarde sa beauté blonde alors qu'il est à bout de force et qu'il sait que cette fois, le combat est perdu, c'est ça la magie du cinéma. Au final, le King Kong de Peter Jackson est un spectacle virtuose mais également un blockbuster parfois dénué d'âme et de charme. Certainement trop long, il alterne le chaud et le froid, provoque un peu d'ennui (rarement quand même), en oublie parfois ses autres personnages humains mais il possède aussi des scènes sidérantes et des plans incroyables, magnifiés par la musique de James Newton Howard. Je crois que je pourrais revoir toute la partie se déroulant à New York et surtout le final sur l'Empire State Building sans jamais me lasser.





dimanche 25 août 2019

KING KONG 2

KING KONG 2
(King Kong Lives)

Réalisateur : John Guillermin
Année : 1986
Scénariste : Steven Pressfield, Ronald Shusett
Pays : Etats-Unis
Genre : Aventure, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Brian Kerwin, Linda Hamilton, Peter Elliott, George Antoni, John Ashton...


L'HISTOIRE : Cela fait dix ans que Kong est tombé des hauteurs du World Trade Center et a connu une fin tragique. Mais le primate géant n'est pas mort. Il vit, plongé dans le coma, dans un bâtiment gouvernemental dans l'attente d'une greffe de cœur. Amy Franklin, la scientifique chargée de pratiquer l'opération à haut risque, s'y refuse car Kong a besoin de plasma sanguin en grande quantité durant l'intervention et le laboratoire n'en a pas en stock. Coup de chance, un aventurier du nom de Hank Mitchell parvient à capturer sur l'île de Skull Island un primate femelle baptisé Lady Kong. Cette dernière est ramenée aux Etats-Unis afin d'être prélevée du plasma nécessaire. L'opération sur Kong est une réussite. A son réveil, le roi de Skull Island sent la présence de Lady Kong, pourtant mise à l'écart dans un bâtiment militaire à plus de 2 kilomètres de distance. Cette dernière ressent aussi la présence de son homologue masculin et les deux primates ne vont pas tarder à s'échapper pour se rencontrer...

MON AVIS : L'affiche française du film le clame haut et fort : "Il revient et il n'est pas content..." ! Tu m'étonnes qu'il n'est pas très content notre ami Kong ! Pas content de voir comment la figure mythique qu'il est devenu depuis sa première apparition en 1933 a pris du plomb dans l'aile. Son statut a déjà été légèrement ébranlé dans Le Fils de Kong sorti directement en 1933 également. La fissure s'amplifie en 1962 lorsque les japonais lui font affronter Godzilla dans le sympathique et nanaresque King Kong contre Godzilla. On le retrouve en 1967 dans La Revanche de King Kong (ou King Kong s'est échappé parfois), toujours interprété par un homme dans un ridicule costume de singe. En 1976, il se voit à nouveau ridiculiser avec King Kong Revient mais retrouve aussi de sa superbe cette même année dans King Kong, le sympathique remake écolo de John Guillermin. C'est pourtant ce dernier qui va le mettre définitivement en colère lorsqu'il réalise, dix ans plus tard, en 1986 donc si vous savez compter, l’innommable, l'indéfendable King Kong 2. "Faut pas déconner quand même" se dit Kong et il a bien raison ! Rien que la lecture du synopsis ci-dessus nous met la puce à l'oreille : le film ne va pas voler très haut. La réalité est encore pire : on reste au ras des pâquerettes, et encore. Ils se sont quand même mis à deux pour écrire le scénario et on trouvera très peu de monde pour féliciter Steven Pressfield et Ronald Shusett. Peut-être que ces deux là ont vu le Queen Kong réalisé en 1976 par Frank Agrama et se sont dis que mettre un gorille femelle dans leur histoire serait une bonne idée. Bah non, c'est pas une bonne idée. Ou ça aurait pu l'être si le traitement réservé aux deux primates n'allait pas verser dans le ridicule. Rien que le look de Lady Kong, avec ses deux gougouttes tombantes, nous fait prendre en pitié la pauvre créature, interprétée sous le costume par George Antoni. Car oui, même si on retrouve Carlo Rambaldi au commande des effets-spéciaux, réalisateur et producteurs ont décidé cette fois-ci d'éviter les constructions mécaniques à 1 million de dollars qui ne fonctionnent pas. Sauvé par le talentueux Rick Baker et ses superbes masques en 1976, Carlo Rambaldi n'a pas l'esprit d'équipe ni la reconnaissance aisée. Il décide donc de ne pas refaire appel à Baker pour King Kong 2 et se charge lui-même de la création des masques et costumes simiesques. Le résultat est largement moins probant et efficace malheureusement. Sous le costume de Kong se trouve Peter Elliott, qui fait ce qu'il peut pour avoir une démarche simiesque, tantôt sur deux jambes, tantôt à quatre pattes façon gorille pour de vrai ! S'il parvient à donner le change lors de quelques scènes, la pauvreté des effets-spéciaux vient vite le rattraper et ne lui permet pas d’interpréter un Kong comme le public veut le voir. Les scènes de destruction de maquettes sont faiblardes et les fonds verts se voient comme un pustule au milieu du visage. Pire que tout, l'histoire se focalise sur la relation entre Kong et Lady Kong et là, ça devient carrément insultant pour le roi de Skull Island. Voir nos deux singes géants batifoler dans la nature, se faire des farces puis des câlins, mon dieu, ils ont osé. Je rappelle que les primates sont joués par des acteurs sous un costume et que leur façon de s’asseoir ou de se relever ne fait guère illusion. On atteint assez souvent les limites du ridicule et les images proposées en deviennent pathétiques pour le pauvre spectateur obligé de subir cette indécence simiesque. Les vilains militaires, emmenés par le très méchant Lt. Col. R.T. Nevitt (John Ashton) vont tenter de dynamiser un peu le rythme du film en pourchassant Kong et sa compagne, à grand renfort de jeeps, tanks et autres hélicoptères. A ce niveau, les moyens ont été mobilisés, c'est bien le seul point positif du film peut-être. La charmante Linda Hamilton se demande ce qu'elle est venue faire dans cette galère, après s'être fait remarquer dans Les Démons du Maïs en 84 et avoir brillé dans le Terminator de James Cameron la même année. La pauvre actrice essaye tant bien que mal d'éprouver de la compassion pour son gorille fraîchement implanté du cœur, nous dévoile tout de même sa poitrine lors d'une scène ultra-rapide avec l'acteur Brian Kerwin qui, lui, tente d'avoir de la compassion pour sa Lady Kong. Non vraiment, même en étant très bon public, ce que je suis pourtant, impossible d'éprouver une grande sympathie pour King Kong 2, qui dénature le mythe, le rend obsolète, le maltraite jusqu'à plus soif. C'est sûr que si on le prend comme un nanar, ça peut faire passer une bonne soirée de rigolade. Mais franchement, était-ce le but ? A oublier au plus vite, le plus grand héros du cinéma mérite bien mieux que ça.


   

samedi 24 août 2019

KING KONG (1976)

KING KONG
(King Kong)

Réalisateur : John Guillermin
Année : 1976
Scénariste : Lorenzo Semple Jr.
Pays : Etats-Unis
Genre : Aventure, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Jeff Bridges, Charles Grodin, Jessica Lange, John Randolph, Ed Lauter...


L'HISTOIRE : Dans les années 70, la multinationale Petrox monte une expédition afin de trouver une île mystérieuse qui serait riche d'une formidable ressource en pétrole. Sous la direction de Fred Wilson, l'équipage tente de localiser l'île. Durant le voyage, le capitaine découvre un passager clandestin, le paléontologue Jack Prescott qui semble avoir des informations sur l'île. Peu de temps après, l'équipage récupère une petite embarcation à la dérive dans laquelle se trouve le corps d'une jeune femme, Dwan. Après avoir atteint l'île, cachée par un épais brouillard, Wilson, Prescott, Dwan et des membres de l'expédition découvrent que cette dernière est habitée par une tribu d'indigènes qui semblent vouer un culte au dieu Kong. Dans la nuit, les natifs capturent Dwan et l'offre en sacrifice à Kong, qui s'avère être un singe géant. Le primate prend en affection sa prisonnière. Wilson charge Jack Prescott de la retrouver et de capturer Kong afin de le ramener à New York...

MON AVIS : Il aura fallu 43 ans pour qu'un studio de cinéma décide de réaliser le remake de King Kong, chef-d'oeuvre de 1933 réalisé par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack. Alors que la Universal est pressentie, c'est finalement la Paramount qui hérite du projet. La première partie des 70's a vu le succès des films dits catastrophe, à l'image de Airport, L'Aventure du Poséidon, 747 en péril ou Tremblement de Terre par exemple. En 1975, c'est La Tour Infernale de John Guillermin qui bat des records d’affluence dans les salles et c'est logiquement à ce réalisateur que va échoir la lourde tâche de mettre en scène un remake des aventures du singe géant. La Paramount contacte le célèbre producteur italien Dino de Laurentiis pour mener à bien ce projet qui se veut pharaonique. Ce dernier ne souhaite pas reproduire à l'identique l'histoire du film de 1933, tout comme il ne désire pas utiliser le même procédé pour animer Kong. Il charge Carlo Rambaldi de construire un singe géant mécanique à taille réelle, qui se révélera être un véritable fiasco financier (plus d'un million de dollars pour cette construction grandeur nature!), cette réplique gigantesque ne s'avérant pas du tout pratique ni réussie. Elle n'apparaîtra d'ailleurs que quelques secondes vers la fin du film, et effectivement, ce n'est pas très beau à voir. Glen Robinson, autre spécialiste des effets mécaniques, construit de son côté les deux bras de Kong, qui seront actionnés par d'énormes vérins hydrauliques et qui serviront dans les séquences où Kong tient Jessica Lange dans ses mains. De Laurentiis se retrouve donc avec seulement deux bras opérationnels pour son Kong. Heureusement, un jeune homme qui s'est pris de passion pour les singes et les gorilles, et qui est extrêmement doué dans l'art de la création de masque et costumes simiesques réalistes, va venir sauver le projet. Son nom : Rick Baker, celui-là même qui nous offrira, entre autres, le superbe maquillage du Loup-Garou de Londres, maquillage qui lui vaudra d'ailleurs de remporter un Oscar en 1981. Baker montre ses masques au producteur italien et se propose même d'enfiler le costume pour interpréter Kong. De Laurentiis accepte. Aux équipes techniques de réussir à faire cohabiter Baker dans son costume et les bras mécaniques de Robinson, le tout supervisé par Rambaldi. On se doute que le tournage n'a pas du être simple, avec des conditions météos parfois peu clémentes et diverses techniques d'effets-spéciaux qu'il a donc fallu réunir pour tenter de créer une illusion parfaite. Malheureusement, l'illusion ne le sera pas, parfaite, et on distingue assez nettement les fonds verts, les décors en surimpression, la superposition de l'acteur avec les bras mécaniques et j'en passe. Du moins lorsqu'on revoit le film aujourd'hui. Sûrement qu'en 1970, l'illusion fonctionnait bien mieux, le spectateur n'ayant pas l’œil de lynx qui lui permet, de nos jours, de distinguer les effets spéciaux de ce type. Après, même si cette version 1976 n'atteint pas la perfection de celle de 1933 (qui le pourrait d'ailleurs ?), il faut tout de même admettre qu'il y a quand même pas mal de moments réussis dans le film de John Guillermin et que les masques de Rick Baker sont vraiment très réussis. La première partie du film, à savoir le début de l'expédition jusqu'à la première apparition de Kong, soit une bonne cinquantaine de minutes environ, est agréable à suivre et nous permet de faire amplement connaissance avec les trois personnages principaux, à savoir le paléontologue Jack Prescott (Jeff Bridges), le méchant exploitant pétrolier Fred Wilson (Charles Grodin) et l'ingénue Dwan, interprétée par la débutante Jessica Lange qui fait ici sa première apparition à l'écran, directement en rôle principale et ce, grâce à Dino de Laurentiis qui avait vu le potentiel chez la jeune femme de 27 ans. Le scénario et la nature même des personnages, différente du film de 1933 où on était en présence d'une équipe de cinéma, permet de mettre en avant un aspect écologique absent de ce dernier. La recherche de filon pétrolier par des multinationales peu soucieuses de s’accaparer la richesse d'autrui, quitte à s'imposer et à détruire la faune, la flore et même le lieu d'habitation des natifs, est un thème qui est, malheureusement, toujours d'actualité et qui est très présent dans le film de John Guillermin. Pour Fred Wilson, seul compte le profit, l'enrichissement personnel et celui de la compagnie Petrox. Capturer Kong et le soustraire aux indigènes ne représentent rien pour lui, il croit même faire une bonne action vis à vis de la population locale. Un jugement hâtif, superbement contrebalancé par un dialogue puissant de Jack Prescott, qui lui répond que bien au contraire, priver l'île de Kong va revenir à à priver les indigènes de leur Dieu, pour qui ils vouaient certes un culte de peur mais aussi d'admiration. Pour Prescott, sans Kong, les indigènes sont voués à la disparition ou à devenir alcooliques, leur île allant devenir le lieu de rendez-vous des touristes étrangers qui vont apporter et imposer leurs "coutumes" occidentales sans se soucier des dégâts qu'elles vont occasionner pour les locaux. On le voit, ce King Kong version 1976 colporte un beau message écologique qui, comme d'habitude, n'a pas plus été entendu dans les années 70 qu'à notre époque. Concernant la première apparition de Kong, elle est également réussie, tout comme la très jolie séquence où notre singe géant place Jessica Lange sous une cascade d'eau pour qu'elle enlève la boue sur ses vêtements et ses jambes avant de la laisser tomber dans un lac. Le masque crée par Rick Baker parvient à rendre crédible l'émotion que ressent Kong pour sa protégée. Les jolies décors naturels participent à la détente et au dépaysement et le film se laisse suivre sans ennui aucun. Les choses se gâtent un peu avec l'affrontement entre Kong et un anaconda géant, pas très bien réalisé et qui ne possède pas le charme des affrontements du film de 1933. Il est d'ailleurs dommage que le film de John Guillermin ait totalement mis de côté l'aspect monde perdu censé régner sur l'île. Là où de nombreux dinosaures vivaient dans Skull Island en 1933, l'île de 1976 semble avoir été dépouillée de toutes créatures antédiluviennes et c'est un gros point négatif. On pourra également trouver que certains dialogues frisent le ridicule, notamment quand Dwan balancent à Kong des répliques hallucinantes, lui demandant son signe astrologique par exemple !! Les séquences se déroulant à New York manquent d'émotions et de puissance, la faute à des effets spéciaux pas toujours au top et à des maquettes un peu trop voyantes. Certes, on me dira que les effets spéciaux de cette version 1976 sont plus modernes que ceux de 1933 mais honnêtement, je trouve que ces derniers sont bien plus cohérents au niveau de l'ensemble du film et, au final, se révèlent bien plus efficaces. Les fans purs et durs de la version 1933 crieront également à l'hérésie en voyant Kong délaissé l'Empire State Building pour aller se jucher en haut du World Trade Center (ce qui provoqua, à l'époque, la colère des employés de l'Empire State Building, qui firent grève tout en portant un masque de singe !). Je trouve pour ma part que l'idée n'est pas mauvaise en fait, surtout lorsqu'elle est mise en relation avec les images des deux montagnes existantes sur Skull Island, qui rappellent donc des souvenirs à Kong, d'où son désir de se rendre à cet endroit de New York. Le final est assez émouvant, les pleurs et les suppliques de Jessica Lange pour que Kong la prenne dans sa main afin que les militaires arrêtent de lui tirer dessus risquent de vous faire verser quelques larmes. Au final, cette superproduction 70's possède son charme, ses qualités mais aussi ses nombreux défauts. Était-il utile de faire ce remake d'un des plus grand film de l'histoire du cinéma ? Même s'il est très inférieur au film de 1933, ce King Kong de John Guillermin n'est pas non plus l'infâme navet que certains fans nous présentent et sa vision n'est pas déplaisante. Elle l'est certainement moins que King Kong 2, la suite mise en chantier par le même réalisateur en 1986 et dont je vous vous parler incessamment sous peu...   



vendredi 23 août 2019

KING KONG (1933)

KING KONG
(King Kong)

Réalisateur : Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack
Année : 1933
Scénariste : James Ashmore Creelman, Ruth Rose
Pays : Etats-Unis
Genre : Aventure, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Fay Wray, Robert Armstrong, Bruce Cabot, Frank Reicher, Sam Hardy...


L'HISTOIRE : Durant les années 30, le réalisateur Carl Denham monte une expédition pour aller filmer dans une île mystérieuse baptisée "Skull Island" et dont il connaît l'emplacement grâce à une carte maritime. Après avoir débarqué sur l'île, Denham et son équipe découvrent un monde fantastique, peuplé de dinosaures et d'une tribu de natifs semblant vénérer un dieu inconnu, Kong. Dans la nuit, les indigènes kidnappent Ann, l'actrice principale du film, et désirent l'offrir à leur dieu. En voulant sauver Ann, Denham et ses hommes font alors la connaissance de Kong : un singe géant à la puissance redoutable...

MON AVIS : Que dire sur ce chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma ? Pas grand chose car King Kong est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. En effet, à bien y regarder, King Kong est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Si on voulait vraiment disserter sur ce film, on évoquerait le fait que King Kong est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Bon, allez, trêve de plaisanterie, je sais bien que vous savez tous que King Kong est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Comment pourrait-il en être autrement d'ailleurs, puisque chaque séquence fait de King Kong un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. A la différence des classiques du cinéma fantastique de l'époque, comme Dracula, Frankenstein, Freaks, Dr. Jekyll et Mister Hyde, La Chasse du Comte Zaroff, Le Fantôme de l'Opéra, Double Assassinat dans la rue Morgue ou The Old Dark House par exemple, King Kong, chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma, n'est pas une adaptation d'une nouvelle ou d'un roman. Bien sûr, le fait que l'île de Skull Island soit habitée par des dinosaures nous fait penser au film Le Monde Perdu, adaptation datant de 1925 de la célèbre histoire d'Arthur Conan Doyle. La romance entre Ann et la singe géant peut également se voir comme une variation de La Belle et la Bête, conte bien connu des enfants dont la première apparition daterait du IIème siècle. Mais toute l'histoire est née de l'imagination de Merian C. Cooper et d'Edgar Wallace, dont les idées ont ensuite été scénarisées par James Ashmore Creelman et Ruth Rose, qui ont permis de faire que King Kong est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Impossible évidemment de ne pas citer les trois hommes derrière cette formidable réussite : les deux réalisateurs Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, et le responsable des effets spéciaux, un pionnier dans le genre, le talentueux Willis O'Brien. C'est à ce dernier qu'on doit l'animation des dinosaures du Monde Perdu en 1925 puis ceux peuplant l'île du roi Kong en 1933. O'Brien est également celui qui donna vie à Kong, ce singe géant qui n'a jamais été interprété par un homme dans un costume mais qui fût animé principalement en stop-motion (en image par image). Des animations et des techniques d'effets spéciaux diverses de haute qualité qui ont fait (et font toujours) de King Kong un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Comment ne pas être émerveillé devant les images proposées, comment ne pas ressentir d'émotions quand Kong soulève un imposant tronc d'arbre sur lequel tente de rester accroché l'équipe de tournage et les matelots ayant débarqué sur Skull Island ? Comment ne pas ressentir d'émotions quand Kong se bat contre un tyrannosaure, un serpent géant ou un ptérodactyle afin de protéger la jolie blonde qu'il a enlevé ? Comment ne pas être émerveillé devant cette scène dans laquelle un singe géant déshabille tendrement l'actrice Fay Wray et lui souffle dessus tout doucement pour la réanimer ? Ou celle dans laquelle il détruit le village indigène ? Faut-il citer la séquence où Kong est enchaîné et présenté aux spectateurs médusés à New York ? Celle où il crée la panique dans les rues de la ville ? Celle où il gravit l'Empire State Building et se retrouve mitraillé par des avions de chasse ? Autant de séquences magiques, à la beauté foudroyante, qui font de King Kong un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. La phrase finale du film, "Eh bien M. Denham, les avions l'ont eu. / Oh non, ce ne sont pas les avions. C'est la Belle qui a tué la Bête" résume parfaitement le spectacle démesuré auquel on vient d'assister. Car King Kong, sous couvert d'être un beau film d'aventure (qui nous présente également la crise économique américaine au début du film, notamment quand Denham cherche son actrice dans les rues de New York), est avant tout un mélodrame, un film d'amour dans lequel un "monstre" tombe sous le charme d'une jeune femme et va mourir pour elle. Il faut vraiment avoir de la merde dans les yeux pour ne pas réaliser à quel point King Kong est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Si la magie du cinéma existe, elle porte un nom : celui du roi Kong. Le remake de 1976 et celui de 2005 sont bien sûr de très beaux films, aux effets spéciaux même assez ahurissants pour la version de Peter Jackson, mais il leur manque un petit quelque chose que possède la version de 1933, qui fait que cette dernière est un chef-d'oeuvre qui a bercé des générations d'adultes et d'enfants à travers les décennies et qui reste, plus de 86 ans après sa réalisation, un pur classique, un film qui fait aimer le cinéma. Ah oui, pour l'anecdote, quand le studio appela Fay Wray pour lui dire qu'elle allait tourner avec le plus grand acteur du cinéma, cette dernière a cru qu'il s'agissait de Clark Gable

PS : N'oubliez pas de regarder King Kong en VOSTF car la durée du film est de 100 minutes quand le même film en VF ne dure que 85 minutes sur mon DVD. Après recherche, le BR du film édité par Warner proposerait une version de 104 minutes et une très belle remasterisation  de l'image d'après les commentaires.






jeudi 22 août 2019

AFTER CHAPITRE 1

AFTER - CHAPITRE 1 -
(After)

Réalisateur : Jenny Gage
Année : 2019
Scénariste : Tom Betterton, Tamara Chestna, Jenny Gage, Susan McMartin
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Romance
Interdiction : /
Avec : Josephine Langford, Hero Fiennes Tiffin, Khadijha Red Thunder, Dylan Arnold...


L'HISTOIRE : Depuis son plus jeune âge, Tessa était promise à un avenir tout tracé : une vie rangée, une brillante carrière, un mariage tranquille avec son fiancé de toujours. Jusqu’à sa rencontre avec Hardin à son arrivée à l’université. Grossier, provocateur, cruel, c’est le garçon le plus détestable qu’elle ait jamais croisé. Et pourtant, ce bad boy tatoué pourrait bien lui faire perdre tout contrôle…

MON AVIS : Tiens, voici une autre saga littéraire à succès qui se voit adapter au cinéma. A l'origine, l'écrivaine Anna Todd a débuté ce roman à l'eau de rose via son smartphone. La communauté ciblée, à savoir les adolescentes et les femmes, devient rapidement adepte de la romance entre Tessa et Hardin, le nombre de lectrices ne cessant se s'amplifier. Anna Todd transforme ses écrits en roman qui est publié en 2014 et qui devient un best-seller dans de nombreux pays, à l'image de la saga 50 Nuances de Grey. A ce jour, la saga After comporte cinq romans plus de nombreux dérivés (Before 1 & 2, Nothing more 1 & 2). L'adaptation cinématographique de la trilogie 50 Nuances de Grey ayant remporté un joli succès auprès du public, il semblait logique de le phénomène After allait suivre. C'est une femme qui est choisie pour réaliser le premier film : Jenny Gage. Quatre scénaristes + Anna Todd se chargent du scénario et de ses variantes vis à vis du roman original. Pour interpréter Tessa Young, c'est la ravissante Josephine Langford qui est retenue. L'actrice a été vu dans le film d'horreur I Wish en 2017 ou dans la série télévisée Wolf Creek. After Chapitre 1 est réellement sa première apparition en tant qu'actrice principale. Il en va de même pour Hero Fiennes Tiffin qui joue le personnage de Hardin Scott, un quasi inconnu qui a fait une apparition dans Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé en 2009 et qui a joué dans quelques séries télévisées. Un choix de casting que la production ne pouvait pas louper puisque d'autres chapitres sont prévues au cinéma dans les années à venir, 2020 pour After Chapitre 2 par exemple. Très honnêtement, Josephine Langford est un choix payant. Son visage angélique, son sourire, en font une parfaite ingénue, vierge de surcroît, une proie idéale pour un bad boy tatoué arrogant et narcissique. Elle tient le film sur ses frêles épaules et lui donne tout son intérêt. J'ai été un peu moins enthousiasmé par la prestation de Hero Fiennes Tiffin, qui s'avère correcte, sans plus. Comme les romans, After Chapitre 1 s'adresse avant tout aux adolescent(e)s, bien plus que la saga Twilight par exemple ou la saga 50 Nuances de Grey. J'ai lu que les romans d'Anna Todd ont souvent été décrits comme étant la version adolescente des romans de E. L. James. Si on zappe l'aspect des jeux sadomasochistes de Christian Grey, on peut effectivement y voir quelques similitudes, notamment dans l'attitude très machiste de Hardin ou lorsqu'il emmène Tessa au bord d'un lac, dans sa voiture de riche. Ce garçon curieux, sûr de lui, colérique, mais qui voue une passion pour les romans d'amour de la littérature classique, a également une histoire de famille qui a provoqué en lui une fêlure pouvant expliquer son comportement abrupte. Le film n'ayant reçu aucune interdiction aux mineurs lors de son exploitation au cinéma, il ne faut s'attendre pas à une romance très démonstrative quand il s'agit de filmer les premières relations sexuelles entre les deux héros. Pas le moindre bout de seins ou de fesses à l'horizon, After Chapitre 1 se montrant on ne peut plus sage en terme d'imagerie érotique, quand les publicitaires le vendent comme étant un film à l'ambiance torride. Si la mise en scène de Jenny Gage est plutôt bonne et propose de belles images, si la bande originale, composée de chansons pop , se montre diablement efficace, si Josephine Langford et Hero Fiennes Tiffin assurent le job, je ne peux pas dire pour autant que j'ai été vraiment emballé par l'ensemble. C'est une joli bluette, pas très originale, qui nous réserve un petit twist final qu'on a vu venir à des kilomètres, et qui peine vraiment à décoller, surtout quand les deux héros sont entourés par des seconds rôles assez transparents et assez inutiles. Il semblerait que la personnalité de Hardin a été également adouci dans le film par rapport au livre et c'est vrai que son côté "bad boy" s'estompe assez rapidement dans cette adaptation cinématographique. Je comprends que le charme de Tessa fasse rapidement effet mais quand même. Quand j'ai vu la bande annonce, je m'attendais à voir quelqu'un de plus méchant, plus mesquin, plus rentre-dedans avec les filles et au final, il est plutôt doux comme un agneau ce ténébreux jeune homme. Pas mal de clichés au final pour cette love-story gentillette et assez sage, très commerciale certes mais pas désagréable pour autant. Le public cible a sûrement du apprécier.



mercredi 21 août 2019

LES DEUX VISAGES DU DR. JEKYLL

LE S DEUX VISAGES DU DR. JEKYLL
(The Two Faces of Dr. Jekyll)

Réalisateur : Terence Fisher
Année : 1960
Scénariste : Wolf Mankowitz
Pays : Angleterre
Genre : Épouvante
Interdiction : /
Avec : Paul Massie, Dawn Addams, Christopher Lee, David Kossoff...


L'HISTOIRE : Passionné par ses recherches sur la dualité Bien / Mal qui sommeille en chaque être vivant, le docteur Henri Jekyll vit en ermite dans son laboratoire et délaisse son épouse Kitty Jekyll, qui trouve du réconfort dans les bras de son amant Paul Allen, le meilleur ami de son mari. Henri parvient à créer un sérum qui fait émerger le côté sombre de la personnalité. Après l'avoir testé sur un petit singe, il s'injecte la drogue et se transforme en séduisant dandy, Edward Hyde. Ce dernier possède un charme qui ne laisse pas indifférent les femmes qu'il croise. Mais Hyde se montre également violent et psychotique. Qui l'emportera, de Jekyll ou de Hyde ?

MON AVIS : Avant de parler du film lui-même, évoquons d'entrée de jeu la chose qui fâche vis à vis de la nouvelle édition médiabook DVD / BR qui vient de paraître chez ESC Distribution. Si l'image est franchement jolie, avec de belles couleurs et un beau grain cinéma, le gros souci de cette édition provient du format du film lui-même : réalisé en cinémascope 2.35 par Terence Fisher, le format présenté ici est en 1.78, soit le format des diffusions télévisées, ce qui implique donc une image recadrée qui nous fait perdre beaucoup d'informations sur les côtés et donne l'impression que l'ensemble du film est constamment "zoomé". Une erreur de choix de master qui se révèle assez préjudiciable pour qui voudrait (re)découvrir ce très beau film dans des conditions optimales. C'est vraiment dommage car Les Deux Visages du Dr. Jekyll est une variation très intéressante de l'histoire écrite par Robert Louis Stevenson en 1886 tout en étant l'une des plus belles mise en scène de Terence Fisher. Il était évident qu'après Dracula, Frankenstein, la Momie ou le Loup-garou, le personnage emblématique du docteur Jekyll allait intéresser le studio Hammer. C'est le scénariste Wolf Mankowitz qui est chargé de l'adaptation et ce dernier va avoir de brillantes idées, qui ne seront pourtant pas toutes du goût de Fisher, qui va en garder la plupart mais aussi en modifier certaines. Parmi l'idée la plus ingénieuse de Mankowitz, celle qui consiste à prendre tout le monde de revers en faisant l'inverse de la nouvelle de Robertson et des adaptations cinématographiques qui en ont découlé ! A savoir, nous présenter un docteur Jekyll au visage peu engageant, aux épais sourcils et à la barbe hirsute et un monsieur Hyde à l'allure guindée et au physique charmeur ! Tout le contraire donc des films de 1912 (Lucius Henderson), 1913 (Herbert Brenon), 1920 (John S. Robertson), 1931 (Rouben Mamoulian) ou de 1941 (Victor Fleming) entre autres, dans lesquels Jekyll était un séduisant jeune homme et Hyde une brute au physique monstrueux ! Dans Les Deux Visages du Dr. Jekyll, c'est l'acteur Paul Massie qui va interpréter, avec un réel brio, les deux facettes du personnage. Méconnaissable en docteur Jekyll sous ses épais postiches grisonnants, son beau visage, son sourire, sa blondeur et ses yeux perçants prennent tout leurs éclats en monsieur Hyde et c'est vraiment une bonne trouvaille qui fait l'un des intérêts principaux de cette adaptation. Autre bonne idée, celle de ne pas avoir confié le rôle à Christopher Lee (trop cliché) mais de lui avoir confié celui de Paul Allen, personnage antipathique qui dépense tout son argent dans les jeux, mène une vie dévergondée dans les bars et les clubs privés et se tape même la femme de son meilleur ami, le docteur Jekyll justement. Il est donc très intrigant de voir comme monsieur Hyde va réagir et se comporter lorsqu'il découvre la liaison adultère de la femme de son alter-ego avec Paul Allen lors d'une séquence très réussie, dans laquelle la mise en scène sophistiquée de Fisher fait des merveilles. Le comportement de Hyde, parfois raffiné mais souvent odieux, va évoluer au fur et à mesure de ses apparitions et de ses transformations, pour atteindre son apogée lors de la scène qui fit scandale à l'époque mais qui trouve, avec la mise en scène flamboyante de Fisher, un superbe écrin qui m'a même fait penser à du Bava, pour le jeu de couleur mais aussi le sadisme qu'il en découle : le viol de Kitty Jekyll et le suicide de cette dernière. Oui, viol, car même si Hyde EST son mari, Kitty Jekyll ne le sait pas et on est bien en présence d'une agression sordide et brutale, qui va se clore tragiquement mais avec une esthétique visuelle époustouflante. L'actrice qui interprète la femme du docteur Jekyll est la séduisante rousse Dawn Addams, qui sera la même année à l'affiche du film Le diabolique docteur Mabuse de Fritz Lang et qu'on verra également dans le célèbre La Tulipe Noire avec Alain Delon en 1964 par exemple. Elle participe pleinement à l'aspect érotique du film, un aspect très sage évidemment mais qui ne peut être nié tant on le retrouve dans de nombreuses séquences, comme avec les danseuses de French Cancan soulevant leurs jupes ou lors de la relation entre Hyde et la danseuse exotique Maria, cette dernière, lors d'une danse incendiaire, enfournant dans sa bouche la tête d'un serpent, représentation phallique on ne peut plus explicite. La dualité entre Jekyll et Hyde est bien évidemment au centre de l'intrigue, l'odieux personnage représentant la liberté d'agir, de vivre comme on l'entend, sans tabou ni carcan d'aucune sorte. Ses virées avec Paul Allen dans des bars à opium, dans des clubs avec prostituées, sont autant d'interdits bravés que le personnage de Jekyll n'aurait jamais pu s'offrir, le gentil docteur incarnant la retenue, la vie morne et sans réelle saveur. Le côté obscur de Jekyll tente, à chaque résurgence, de prendre le dessus et d'éliminer totalement le bon côté de sa double personnalité. La scène dans laquelle Jekyll, face à un miroir, voit Hyde en tant que reflet et que c'est ce dernier qui répond à ses interrogations est admirable et, encore une fois, diablement bien mise en scène par le réalisateur. Les Deux Visages du Dr. Jekyll est vraiment une oeuvre aboutie et d'un raffinement exquis. Alors oui, l'aspect épouvante qui a fait le succès des films de la Hammer n'est pas vraiment au rendez-vous cette fois-ci. Pas de scènes de transformations, pas de violence graphique, pas de sang déversé à l'écran. C'est aussi une des originalités de ce film : jouer sur une violence plus psychologique, plus insidieuse, plus suggestive que sur un déferlement d'atrocités visuelles. La Hammer se rattrapera à ce niveau en 1971, avec une autre variation de ce mythe, toute aussi réussie et originale : le violent Dr. Jekyll et Sister Hyde.

* Disponible en mediabook DVD + BR + Livret chez ESC DISTRIBUTION (voir le début de "Mon Avis" pour le souci du format d'image)